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 Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte

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MessageSujet: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Mer 4 Fév - 19:27

Fin de journée, début de soirée... Tout dépendait du point de vue. Morgan l’avait bien voulu cela dit. Argent ou informations, il prenait tout en ce moment, pourvu que ça serve. En avait-il réellement besoin ? Il n’aurait pas su le dire et dans l’immédiat, il s’en foutait totalement. Pour tout dire, il se foutait de tout tant il était de mauvaise humeur. Et pour cause... Il avait faim, de cette faim dévorante et très différente de celle que l’on peut ressentir l’estomac vide. Il se sentait vide, comme dans le coton, ressentant de loin sans ressentir. Un aspect de sa nouvelle nature qui l’emmerdait prodigieusement. Rares étaient ces moments-là mais, quand ils survenaient, c’était plus que désagréable et ça l’irritait.
Mais, il se faisait violence. Il ne lui restait plus qu’un trajet. Un et un seul, et ensuite... il pourrait remédier à ses petits soucis de faim surnaturelle. Pour lui-même, il sourit - chose qu’il faisait rarement - prenant trop de soin à se cacher derrière des expressions qui n’étaient pas les siennes.

Il bifurqua, penchant dangereusement vers l’intérieur d’un tournant. Heureusement que la Nouvelle-Orléans était un endroit sec ou, il aurait très bien pu glisser. Un constat qui, pour le moment, ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se foutait réellement de l’image qu’il pouvait donner pour l’instant, il voulait juste en finir rapidement.
Il savait précisément où il allait et à cette heure-ci, il préférait quand même être prudent, surtout là-bas. Ça n’avait rien à voir avec une livraison habituelle, même pour ce genre de livraison. S’il savait plus ou moins ce qu’il transportait, il ne voulait pas réellement voir ses suppositions le confirmer. Il avait déjà bien assez de choses en tête et surtout, de méfiance à avoir à l’égard de son commanditaire. Ce qu’il transportait, au final, il ne voulait vraiment pas savoir ce que c’était. Heureusement, ses charges - en tant que coursier à vélo - ne pouvait être que limitée. Ce qu’il livrait - quoi qu’il livrait - pesait son poids même en quantité limitée.

Quand il parvint enfin à destination, il y repassa plusieurs fois, arrivant par des chemins différents - comme s’il cherchait une adresse, un chemin. Une fois satisfait, il s’approcha de ce lieu qu’il connaissait mal et en observa les moindre recoins. Tout dans cet endroit semblait être immobile, abandonné. Pas étonnant qu’il serve finalement à faire passer ce type de transaction. Mais, ça n’était pas dans son enceinte qu’on lui avait dit de livrer. C’était en dehors et il trouvait ça pour le moins ridicule. Tout ce terrain offrait une planque tranquille.
De son côté, il n’en connaissait pas l’histoire, il ne connaissait même pas les rumeurs. Au mieux avait-il entendu que cette bicoque avait la poisse. Qui ne l’avait pas ces temps-ci ? Il frissonna finalement, avant de rejoindre le point de rendez-vous. À l’abri des regards malgré tout, il s’avança à pied tout en s’allumant une cigarette, coffre fermement tenu par de solides poignées et sac sur le dos. Il entendit d’abord un crissement de semelle avant de voir apparaître un visage, puis un deuxième. Il sut dès qu’il aperçu le second visage qu’il y avait un problème. Il n’aurait su dire lequel mais, il y en avait bel et bien un. Personne ne fixe quelqu’un avec un tel regard... si ce n’est parce que cette même personne a envie de voir l’objet de son attention, mort et enterré. Cependant, il agit normalement et déposa son chargement pour mieux reculer et observer la scène. Un seul des deux hommes s’approcha, l’autre continuant à le fixer et puis sans un mot, ils disparurent tout deux avec leurs colis. Ça n’était plus son problème.

Persuadé que son travail était fini, Morgan fit demi-tour pour rejoindre son vélo, sur ses gardes. Toujours sur ses gardes dans ce genre de transaction, encore plus de ce genre-là. Il ne pouvait pas s’en empêcher pour la bonne et simple raison que cette livraison, il la faisait pour Breckenridge et, il n’avait aucunement confiance en ce type. Il s’en félicita lorsqu’un nouveau bruit l’obligea à se retourner. Ce deuxième visage encore mais, clairement buriné par la haine cette fois. Ce n’est que par un heureux hasard qu’il put esquiver la première attaque, venue d’un tout autre endroit mais, qui lui entailla malgré tout l’avant-bras. Son sang noircit s’écoula lentement. Son humeur de chien étant à présent proportionnelle à sa faim, attisa cette dernière. Quoi qu’il y ait dans ce qu’il avait livré, ça resterait dans le coin, avec leurs corps. Par expérience, il pouvait dire que des gens qui vous attaquent ne vous veulent jamais du bien, surtout pas avec ce regard.

- « Tu aurais pu être utile à notre cause. »

Cause ? Si en plus ils voulaient discuter...

- « Mais, tu t’es opposé à nous. »

Il leva les yeux au ciel, affamé, agacé. Comme s’il savait de quoi ils parlaient. Il n’avait jamais vu ni l’un, ni l’autre gars. Voyant que Morgan ne réagissait pas. Le deuxième visage précisa le grief qu’ils avaient contre lui.

- « Trois hommes, dans une ruelle. Deux morts, un blessé. »

Ok. La situation était peu courante et il n’en trouva que plus rapidement l’image dans sa mémoire. Sa rencontre avec les résistants. Ainsi donc, le second était mort lui aussi et apparemment, celui qu’il avait pris pour un décérébré avait pu le décrire. Ne jamais laisser de témoin... il tâcherait de s’en souvenir cette fois.

- « Des crétins avec des explosifs et des plans digne d’un mauvais film à l’ancienne. C’est ce que vous êtes. »

Il laissa tomber l’image qu’il donnait de lui et attaqua sans se soucier d’être vu ou non. Dans les parages, avec la bâtisse qui les couvrait de son ombre et leurs positions, personne ne verrait rien. Probablement.
Quelque part, la possibilité qu’ils soient vus se perdit dans son esprit. Il se laissa blesser pour pouvoir attraper le premier homme, le plus réfléchi. Il ne put pas vraiment s’en nourrir comme il l’aurait voulu, même si l’autre ne semblait pas revenir de ce à quoi il était en train d’assister. Par sadisme, il en aurait bien fait une horreur mais, il n’en avait ni le temps, ni la possibilité. Il l’acheva proprement avant de cibler le second qui ne semblait plus tout à faire d’humeur à se venger. Il voulait vivre, sans aucun doute et pourtant... Pourtant, il y passerait. Plus de témoin, plus de survivant. Le premier homme l’avait mis en appétit.
C’est précisément au moment où il finit par le rattraper qu’il entendit un bruit, une explosion, trop proche. La douleur fusa mais, sa prise se resserra. Il ne chercha même pas à le garder en vie. Pour quelle raison au juste aurait-il agi comme ça ? Il avait faim, il voulait le voir mort...

En plusieurs endroits, sa veste était maculée de tâches noires et sous la clavicule droite, plus qu’ailleurs, on aurait pu croire qu’il avait rampé dans la boue si ça n’avait pas semblé aussi... liquide. Une balle. Il ricana avant de passer les limites de cette propriété qui l’avait fait frissonner. Il assit les corps, façonnant une scène morbide.
Cette fois, ce fut le bruit d’une caisse que l’on dépose qui attira son attention. Lui... toujours lui... encore lui... Breckenridge, en chair et en os. Tout en lui, laissait penser qu’il avait assisté à la totalité de la scène. De la livraison à son action mortifère. Il avait dû récupérer son chargement pour le refourguer à quelqu’un de bien vivant. Ce gars-là devait sans doute être tout aussi opportuniste que lui.

- « Est-ce que je te dois cette mascarade ? »

Il ne demanda même pas ce qu’il avait vu. Il préférait sauter aux conclusions malgré toute sa prudence et sa réflexion. Il songeait même fortement à éliminer un témoin gênant de plus... Du moins, jusqu’à ce que la raison frappe à nouveau à la porte et lui rappelle qui était l’homme en face de lui.

Ce cadavre-là serait nettement moins simple à abandonner.
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Ven 6 Fév - 20:20


Il n’aura fallu qu’un seul coup de fil. De quelques paroles savamment étudiées et de la promesse d’un payement des plus importants pour que l’offre soit accepté. Un seul coup de fil et la machine s’est lancée d’elle-même. Du haut de sa tour de verre, il domine la ville. Immobile derrière la baie-vitrée, il laisse son regard de glace parcourir l’étendue qui s’étend devant lui. Le décor est bien dérisoire en comparaison de la splendeur urbaine qu’offrait New York, mais le frisson reste le même. Il n’était rien là-bas. Rien de plus qu’un être humain, un anonyme qui attirait déjà les regards suspicieux puis fuyants de ses congénères. La peur. L’intérêt. La méfiance, Calyxte s’est enfermé derrière les remparts forgés dans ces sentiments. Ceux qu’il éveille chez ses semblables. Les passions malsaines qu’il attise dans le cœur de ceux qui croisent sa route. Et l’homme qui se dresse seul devant le vide a appris à aimer cette sensation de pouvoir. Cette part imposante de lui-même restée en sommeil pendant des années. Sa montée en grade a entraîné sa chute, il en a conscience. Et lorsqu’il abaisse ses prunelles pour les poser sur sa main droite dont il déplie et tend les doigts, un fourmillement vient troubler la surface de ce visage d’ordinaire impassible. De sa mise à mort, il en garde de profondes cicatrices. Physiques, visibles pour qui prend le temps de parcourir ses traits sans oser s’attirer sa colère. Elles cisaillent la surface et abîment un portait qu’il adorait. Celui d’une ressemblance troublante avec la personne qui a réellement compté dans sa vie. Sa tante. Sa seule mère. La ressemblance a été abîmée, lacérée et écrasée par la folie d’un seul homme. Les cicatrices sont visibles mais d’autres restent en sommeil. Sous sa peau. Le visage n’a pas été le seul à souffrir de ce déferlement de haine gratuite. Contraint d’apprendre à vivre avec un reflet qui lui retourne le cœur, l’ancien Major a dû réapprendre à contrôler la partie droite du haut de son corps. Et courantes sont les pertes de contrôle. L’instant se fige, les ordres ne parviennent plus jusqu’à ses doigts. Ce n’est que le temps de quelque battement de cœur, et tout s’efface dans un battement de cils. Mais une infime perte de contrôle dans la vie d’un homme qui affectionne le pouvoir et l’ordre,   c’est tout un édifice qui s’effondre.  

Et comme s’il cherchait à se prouver que rien ne parviendrait à ébranler ce qu’il s’était échiné à bâtir, Calyxte se redresse, toise le monde de tout son impérieux dédain et sans accorder un autre regard au théâtre dont il fut le spectateur pendant de longues minutes, il quitte la fraîcheur de son bureau. Il abandonne la cage d’acier du Gouvernement et s’extirpe de ce lieu de pouvoir lorsque les premières ombres de la nuit commencent à étendre leurs griffes sur la ville. Son chauffeur est déjà là, souriant au possible. La portière ouverte n’attend que son bon vouloir, et pendant un instant, Calyxte hésite. Le doute s’appose sur son visage, le fige dans une expression qui jure affreusement avec ce que renvoie sa stature. Ce n’est qu’un murmure, le temps que la réflexion se fasse dans son cerveau et il s’engouffre déjà dans le véhicule, goûte à la douce caresse du cuir contre ses phalanges alors qu’il croise les jambes et se laisse charmer par le ronronnement délicat du moteur qui se met en route. L’adresse a déjà été donnée. La réputation du lieu où il s’apprête à se rendre à pousser sa secrétaire à le regarder avec un air des plus incrédules. Tout bonnement stupide. Il n’appelait pas à la discussion et un simple haussement de sourcil a fait comprendre à la demoiselle qu’il valait mieux pour elle qu’elle s’exécute sur le champ. Il ignore ce qui le pousse à vouloir être présent. Un manque flagrant de confiance peut-être. Des coursiers, il y en a d’autres. Il aurait été tellement plus simple d’en changer plutôt que de s’acharner à vouloir traiter avec cet homme. Seulement Calyxte refuse de perdre son temps. Thorne sait se faire discret, et être efficace. Et pourtant, le mage est à présent en route pour s’assurer que la transaction a bien lieu. En bonne et due forme. Le doute l’assaille et c’est une sensation qu’il exècre. Il a besoin d’avoir la certitude que tout est sous son contrôle. Surtout lorsque son argent entre en jeu.

Le véhicule noir s’immobilise à quelques mètres de l’imposante demeure. Le moteur se coupe et le silence vient peser dans l’habitable. De son siège, Calyxte parcourt le décor du regard. Au doute s’ajoute l’inconfort. Quelque chose dans ce lieu le dérange. Caresse ses instincts de sorcier et fait courir des doigts de glace le long de son dos. Dans un raclement de gorge, il s’apprête à quitter le refuge et le confort de son véhicule. « - Monsieur, vous êtes certain que… Enfin, je veux dire, vous êtes au courant de ce qu’on raconte ? Vous ne préféreriez pas que… » La fin de la phrase se meurt lorsque les lèvres du chauffeur se scellent. Privées de leur mobilité par le regard que vient de jeter Caly à l’importun. Un subalterne n’a aucunement le droit de lui indiquer qu’elle ligne de conduite adopter. Alors sans attendre la suite, il se laisse happer par la chaleur moite qui embrasse les lieux. Il parcourt la distance qui le sépare du point de rencontre à grandes enjambées. Puis s’arrête net à quelques pas de l’imposant portail, et son visage se ferme. Une expression de profonde animosité s’appose sur ses traits lorsque ses prunelles viennent à se poser sur une boite, abandonnée là au pied d’un pilier. Sa mâchoire se crispe et il se baisse pour ramasser le butin solitaire, ignorant les murmures qui ne cessent de lui parvenir depuis qu’il s’est rapproché du manoir. Il les entend, ces voix venues d’un autre monde. Elles lui glacent le sang, agitent son cœur et éveillent ses anciennes passions. Des éclats de voix couvrent alors la symphonie lugubre et des bruits de lutte lui parviennent. Telle une ombre, il se dirige en direction du bruit et assiste à la mise à mort de ses deux commanditaires.  Si la fascination est de mise, les réminiscences de ce qu’il a lui-même connu viennent gâcher l’instant. Il perd pied l’espace d’une poignée de secondes, laisse l’assassin jouer à la poupée avant de décider qu’il est temps pour lui de sortir de l’ombre. Le mage pose avec toute la délicatesse du monde, le colis abandonné sur un pilier brisé et s’avance en direction de Morgan. L’accueil fait naître sur ses lèvres un infime sourire.

« - Navré de te décevoir. Je n’ai pas encore le pouvoir nécessaire pour les contrôler » Lâche-t-il dans un souffle, analysant la situation. Ses prunelles se posant tour à tour sur les résistants et sur le coursier. « - Non, si j’avais dû jouer un rôle dans cette affaire, crois-moi, j’aurais vu les choses en bien plus grand. » S’il avait dû être mêlé à une telle mascarade, il aurait fait en sorte que les deux hommes repartent en vie. Leur butin entre les mains. Et Morgan serait certainement la face contre terre à se noyer dans son sang. Les mains jointes dans le dos, Calyxte se rapproche, contourne Morgan, le regard figé sur les visages convulsés des victimes. « - J’ignorais que je te payais aussi gracieusement pour te voir éliminer mes clients. » Le ton devient glacial, se pare de ce que le sorcier possède de plus intimidant. Il sait, que ce jeu ne prend pas sur Morgan. Qu’il est différent de tous les pions qu’il manipule à sa guise. Et d’une certaine manière, il apprécie la résistance de cet adversaire de choix.

« - Deux morts, un blessé. La liste de tes victimes se rallonge Morgan, tout comme celle de tes ennemis j’en ai peur. » Il fait mine de compter sur ses doigts tout en prenant place contre la rampe des escaliers menant au porche de la demeure. Lentement, il croise les bras sur sa poitrine et laisse le froid polaire de ses prunelles venir s’ancrer à celles de Morgan. Et ce contact fait courir sur sa peau la morsure de doux frissons.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Sam 14 Fév - 16:08

Si Morgan refusait rarement un extra, peut-être aurait-il dû le faire cette fois. Il n’aurait pu deviner ce qui allait se produire. Cependant, mieux que quiconque, il savait que les méfaits, les exactions passées ne s’effacent pas, elles attendent. Ainsi, peut-être aurait-il pu envisager que la monnaie de sa pièce lui soit rendue un jour. Avec un peu de réflexion, il aurait même pu facilement comprendre que le commanditaire de la livraison n’y était pour rien. Mais, ce soir, Morgan n’avait pas les idées claires, la faim qui l’avait tiraillé avait été plus forte que la prudence et ses vieux instincts beaucoup plus virulents. Dire qu’il n’aimait pas voir et sentir la vie de quelqu’un disparaître aurait été un mensonge. Il n’y avait aucune place à la spéculation quant au mérite de la punition qu’avait été Darkness Fall. Voilà pourquoi il ne regrettait jamais rien, plus rien, depuis son retour. Il était un monstre avéré. Pire, il avait choisi cette condition, il avait voulu devenir ce monstre avide de l’énergie d’autrui.
Ceux qui n’assumaient guère leur choix dans cette histoire, c’était les résistants, à ses yeux. Ces gens se planquaient derrière une cause pour faire ce que lui faisait de son plein grès contre argent comptant, dans le fond. Les explosions, les enlèvements, les morts très probables... Il avait même entendu des rumeurs sur des transformations. Vraiment, ils n’étaient pas si différents de lui, ils se voilaient juste la face. Qu’ils soient en colère parce qu’il avait tué et blessé des amis, voire de la famille était sans doute normal. Mais, il voyait ça comme du gâchis, surtout maintenant. Les résistants n’avaient pas le chargement et ils avaient deux personnes de moins. Lui n’allait pas s’en plaindre, il se sentait nettement moins à cran à présent qu’il avait pu déverser toute sa rage et probablement sa frustration de mener une vie prudente mais fade. Alors, qu’il considère Breckenridge comme responsable de tout ça, ça n’avait rien d’étonnant ce soir. Après tout, il était celui qui l’avait envoyé sur place non ? Mais, pour changer, Morgan écouta ce qu’il avait à dire.

- « Un pouvoir que tu adorerais avoir si je ne me trompe pas. » Le pouvoir, une chose que tous voulaient, lui compris, même s’il luttait pour ne pas retomber dans cet ancien travers. En attendant, ce soir, il était à mille lieux de jouer un rôle. « Mais, tu as raison. C’était bien trop grossier. » Il eut un sourire. Il réfléchissait de nouveau. « Oui... ça n’avait rien de prémédité. C’était une attaque tout ce qu’il y a de plus ridicule. Vraiment pas à ta hauteur n’est-ce pas ? »

Morgan était parfaitement conscient que cet homme-là était une menace et qu’il en restait une. Il avait pu douter cette nuit-là, quand il lui avait volé son énergie et avait failli le tuer parce qu’il avait le cœur fragile. Pourtant, ils avaient encore travaillé ensemble pour l’amour de l’argent. Dans son cas, en tout cas.

- « Si ta clientèle tente de me tuer, je ne vais pas la laisser faire même si je ne doute pas du fait que tu aurais grandement apprécié l’ironie de la situation. Mais, cela te rappelle peut-être un mauvais souvenir. »

Il aurait pu ajouter un pardon très ironique. L’effet aurait été parfait si seulement il savait la pratiquer en dehors d’un rôle quelconque. De lui-même, il ne l’aurait pas fait. De plus, s’excuser n’était pas dans ses habitudes.

- « J’avais des ennemis bien avant ta naissance » Il ne laissait volontairement plus de place aux doutes. « Quant à ceux que je me fais actuellement... et bien je les dois ironiquement à un sauvetage de l’un des membres de cette machine qu’est le gouvernement. De plus, ne parle pas d’une liste dont tu ne sais rien. Serais-tu froissé d’avoir bien failli y figurer avec d’illustres inconnus de plus ou moins bonne famille ? »

Le jeu auquel il était en train de jouer était de mauvais augures. Ne pas tenter de dissimuler ce qu’il était, qui il était n’était pas sa meilleure idée. Hors, il était persuadé que tenter de le faire n’aurait mené à rien. Breckenridge avait oublié d’être un idiot mais, ça n’était pas pour autant qu’il lui concéderait un minimum d’influence sur lui ou qu’il le laisserait voir qu’il en avait. Ses inflexions de voix, son attitude parvenaient peut-être à effrayer ses employés ou ses clients habituels mais, sur lui, c’était une autre histoire. Et ça, ils le savaient tous les deux, bien avant qu’il ne puisse se rendre compte que Morgan était un monstre d’une nature différente de la sienne.

- « Nous sommes deux monstres à notre manière alors cesse de faire semblant que ce qui est arrivé te dérange. C’est la perte d’argent qui te défrise, pas les morts. »

L’opportunisme est quelque chose d’identifiable, surtout quand on est doté du même trait. Il était plus facile de discuter de compensation dans ces cas-là. Du moins, Morgan l’espérait. Il avait bien conscience de s’en remettre au pire côté de cet homme-là. Lui-même n’en faisait-il pas autant ? Après tout, quelqu’un de plus avisé, avec un fragment de conscience aurait très bien pu apporter des preuves de la revente de quelques objets, à l’utilité douteuse, à un gouvernement qui pratiquait systématiquement la chasse aux monstres. Et puis, récolter des informations était un autre travail qu’il pratiquait avec assiduité et il ne se serait certainement pas privé d’en revendre s’il savait seulement à qui les vendre en toute impunité.

- « Ton chauffeur semble s’impatienter, il doit avoir peur pour son patron. Ou alors, un de tes collègues à quelque chose à faire dans le coin. »

Ce genre de véhicule n’étant pas à la portée de tout le monde, une voiture comme celle-là détonnait dans le décor. Il supposait, évidemment, il ne pouvait pas être sûr mais, quand on bluffe, quelle que soit la réponse, ça reste une bonne réponse à analyser.
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Lun 16 Fév - 20:11


Un ombre vient se poser sur son visage, s’accompagne d’un froissement qui s’appose sur ses lèvres pour les étirer en un sourire froid. Et avec cette manifestation amère d’amusement, s’ajoute les échos d’un rire sarcastique. Il est aisé de lire la façade qu’il appose sur ses épaules. De comprendre ce qu’il laisse filtrer pour se forger une image publique. Calyxte est un homme de pouvoir. Attiré par le gain et épris de la sensation grisante que le contrôle d’autrui peut provoquer. Il est devenu cet être vénal et froid à sa sortie d’hôpital, balayant d’un revers de mains principes et ancienne attitude pour endosser une armure beaucoup plus résistante face à la stupidité du monde. Le pouvoir est un trophée derrière lequel tout le monde court, surtout en ces jours sombres. C’est une évidence pour quiconque prend le temps de s’attarder sur ce qui brûle dans les prunelles azurées de l’ancien Major. « - De si petites rencontres et tu m’as déjà si bien cerné, j’en suis touché. » Le sarcasme mord ses lèvres et se partage la place avec une infime dose de flatterie. Au fond, ils se ressemblent. Plus qu’ils ne voudraient bien l’admettre. Et ce sont ces différences qui rendent le jeu auquel ils jouent depuis cette fameuse exposition bien dangereux que n’importe quel autre. Il sait aussi, que ces parties ne mèneront à rien. Que ses tactiques habituelles s’effondrent devant Morgan et qu’il va devoir les revoir toutes en détails pour parvenir à ses fins. Le visage de l’ancien soldat se referme, les traits se font à nouveau de fer et un pli de contrariété évidente vient déranger son front. Il sent, courir le long de son échine, les doigts glacés de frissons qui le déroute. Pendant un instant, la glace se défait sous les pas du coursier. Calyxte perd de son aplomb et crispe ses doigts contre ses bras, frôlant du pouce l’endroit de son torse où les vibrations de son cœur sont les plus fortes. Il serre les mâchoires et la contrariété n’en devient que plus grande. L’affront reste là, marqué au fer dans sa mémoire. Et dans les fibres abîmer de l’organe faible niché entre ses côtes. Une erreur de parcours qui aurait pu lui être fatale mais qui étrangement, ne l’empêcherait pas de réitérer l’instant. Il a conscience des enjeux, connait les risques qui pèsent sur ses épaules, et si la prudence est de mise la plupart du temps, il affectionne les excès. S’enlise parfois dans les dangers de l’inconscience pour se rétracter au dernier instant.

« - Je me serais alors retrouvé privé d'un coursier de talent… Une telle situation n’a rien d’appréciable j’en ai peur. Ton cynisme devient blessant Morgan. » Sa dernière phrase se pare d’une dureté qui n’appelle pas à la réplique. Et qui laisse planer au-dessus de la tête de son interlocuteur tout le ressentiment qu’il lui porte. Certain appellerait cela du masochisme. Pour Caly, ce n’est qu’un intermédiaire nécessaire. Un moyen pour s’assurer la pérennité de son affaire sans prendre le risque d’y être directement mêlé. Bien avant ta naissance.  Il hausse lentement un sourcil et appose à nouvelle fois son regard sur son interlocuteur. Il le scrute comme s’il venait de le rencontrer pour la première fois. La curiosité est de mise, il était persuadé que la différence d’âge était dérisoire. Il sait aussi que les années, pour certains, se muent en siècle et qu’un autre Enfer attend les êtres qui se perdent sur les chemins de la noirceur. Y finira-t-il lui aussi ? Pour avoir pratiqué la magie noire pendant de longues années avant de se repentir et de tout abandonner en même temps que sa carrière militaire ? L’incertitude ne lui fait rien, elle le laisse de glace comme les murmures qui reviennent se heurter contre ses oreilles. « - Un sauvetage qui te fait avancer dans la bonne direction. Ne t’inquiète pas, ils finiront par ne plus avoir le temps pour te détester, les cellules dans lesquelles ils finiront seront trop petites pour cela. Peut-être le suis-je. » Un nouveau sourire s’appose sur les lèvres de l’ancien soldat alors qu’il se redresse et se détache de son appui de fortune. Il hausse les épaules, se pare d’une désinvolture factice et laisse courir son regard sur les cadavres à ses pieds. « - Les dommages collatéraux m'importent peu. En revanche, que ces morts soient dues à un manque de professionnalisme, cela me dérange. Et tu vois juste, j’ai horreur de perdre mon temps et surtout de perdre mon argent. » Ce genre de petit contretemps exacerbe ses passions et alimente le brasier de cette colère tranquille qui dort en permanence sous sa peau. « - Je te rassure, dans cette histoire, nous serons deux à en perdre. Ne compte pas sur moi pour te payer cet échec ridicule. » Calyxte adresse un regard mutin en direction de Morgan, quand tout dans sa stature appelle à la prudence. Une perte aussi grossière d’argent lui noue les entrailles, assèche sa gorge et broie son cœur. L’échec, est un mot qu’il s’efforce d’éloigner de son vocabulaire. Et les corps sans vie qui s’affaissent avec un tel pathétisme, c’est un échec à ses yeux. Il se retient, se fait violence pour garder ce masque impassible, quand il n’aspire qu’à une chose : faire comprendre à cet impudent qui tient les rênes. Qu’il ne soit pas humain, qu’il appartienne à une nouvelle race de monstruosité, peu lui importe. L’incompétence reste la même.

« - C’est les on-dit qui courent sur ce lieu qui l’effraie. Il attendra, il est payé pour cela. » Il scrute les ténèbres et souligne du regard les lignes félines du véhicule qui l’attend. Et un soupir d’agacement lui échappe. Il aurait dû dire à cet incapable de faire demi-tour et de ne pas l’attendre. Il se mord la lèvre, irrité d’avoir omis un tel détail puis se reprend dans claquement de langue impatient. « - Ils en valaient la peine au moins ? » La question s’adresse au néant car il ne prend même pas la peine de regarder Morgan. Il s’abandonne dans la contemplation du vide, et attend la réponse. Tout en devant lutter contre le déchirement qui est en train de se produire sous sa peau. Tiraillé entre l’envie de savoir et celle de rester dans l’ignorance. Entre le besoin de savoir si le fait d’avoir frôlé la mort de si près en valait la peine ou non.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Mer 25 Fév - 22:49

L’agacement aurait pu étreindre Morgan. Il serait - fut un temps - entrer dans une colère noire dont il était le seul à posséder le secret. Comme une enfant dont les caprices n’avaient pas été réalisés, il aurait tempêté tout son saoul, se plaignant, se lamentant. Ces jours-là étaient loin. Au lieu de ça, il restait calme, narquois, insultant même. Après tout, il aurait dû faire preuve d’un certain respect pour cet homme qui lui remplissait les poches. Hors, il savait que ça ne lui servait à rien. Ils étaient désormais bien au-delà des politesses et des faux semblants, surtout maintenant. L’un et l’autre se doutaient ou savaient ce dont l’autre était capable. Au diable les façades et les masques, ils avaient véritablement dépassé ce stade à ses yeux. Peut-être que son vis-à-vis ne partageait pas cet avis mais, de ça, il ne pouvait pas être certain. Nul ne pouvait pénétrer dans la tête de l’autre. Ce qui lui était accessible à lui, c’était les rêves, les cauchemars, l’énergie et leurs saveurs si particulières, pas les pensées des autres. Par ailleurs, il n’en avait guère envie, il avait bien assez à faire avec son propre esprit.
Le sarcasme de la remarque lui passa royalement par-dessus de la tête tant il ne s’en préoccupait pas. Il était évidemment capable de différencier la plupart des sentiments s’infiltrant dans une conversation mais, ici, ça n’avait rien d’intéressant. Il n’avait pas besoin de sonder Brenckenridge pour savoir qu’il était excédé. Il avait cet effet-là sur lui depuis qu’ils s’étaient retrouvés nez-à-nez lors de leur première collaboration extra-professionnelle. Il fallait ajouter à cela qu’il avait volontairement appuyé sur une faiblesse. De quoi énerver à peu près n’importe qui dans n’importe quelle circonstance à l’heure actuelle. La plupart des gens n’appréciaient pas le fait de posséder des faiblesses et ils en avaient pourtant tous. Morgan ne dérogeait pas à cette règle, prisonnier d’une folie qui pouvait se rappeler à lui presque n’importe quand.

Le fait que Calyxte lui mentionne le fait qu’il était blessant ne fit que le faire lever les yeux au ciel. Il n’en pensait pas un mot, contrairement au fait qu’il aurait été agacé de devoir le remplacer. Rien d’étonnant là-dedans, pas plus que ça n’avait rien de neuf. Morgan n’était certainement pas le seul à faire dans le bonus salarial illégal mais, il était très bon et la discrétion était plus qu’appréciée. Il offrait ces avantages, ce qui était un atout non-négligeable. Bien entendu, ça ne l’empêcherait à aucun moment de lui rappeler que ce soir, le plus dangereux des deux semblaient avoir décidé de se passer d’une couverture digne de ce nom. À quoi bon s’encombrer d’un personnage quand l’autre venait d’assister à deux meurtres. Il n’en voyait pas l’intérêt, que du contraire.
En attendant, que les résistants finissent ou non un jour en cellule lui importait peu et la taille des-dites cellules le laissait indifférent. Il n’était pas de ceux qu’on enfermait, il était de ceux que l’on préférait chasser et exécuter. Cela dit, c’était aussi vrai que le gouvernement finirait par se lasser de cette traque. Peut-être même finirait-il par user de son... espèce, pour faire le sale boulot. Très franchement, un mort de plus sur sa conscience n’y changerait plus grand-chose. La note était déjà bien salée avant sa mort et elle l’était d’autant plus aujourd’hui.

- « Encore faut-il que je perde au change Calyxte. Un peu d’argent contre deux vies ? La perte est dérisoire. Quant au professionnalisme... Ma foi, je n’allais pas me laisser tuer pour l’être. Mon éthique ne va pas jusque là. » Et il insista bien sur ce mot : dérisoire... Pour lui, la mort n’était qu’une conséquence dont il ne faisait pas grand cas.

Il jeta finalement un coup d’œil vers la voiture quand il en fit remarquer la présence. Des on-dit ? Il était bien curieux de les connaître. Qu’est-ce qui pouvait effrayer le chauffeur de Brenckenridge ? Au fond, en avait-il réellement quelque chose à faire à l’instant ? Pas qu’il sache. De plus, la conversation devenait plus qu’intéressante. Il voulait savoir.

- « Si ça en valait la peine ? Tu ne pourras jamais imaginer la saveur de l’énergie d’autrui. Ses déclinaisons. » Il se lécha le côté du pouce, longeant juste l’ongle, comme s’il en avait encore le goût sur les doigts alors que c’était impossible. « Si leur acte était stupide, ils ont satisfait un besoin on ne peut plus primaire : ma faim. Si cela peut te rassurer, ton énergie était bien plus satisfaisante que la leur. » Il sourit. « J’ai menti d’ailleurs, vous n’êtes pas égaux dans la mort. Certains sont meilleurs que d’autres. »

Oh, il était à peu près certain que ça n’était pas ce que Calyxte aurait voulu entendre. Peut-être n’avait-il pas voulu les détails. Peut-être en voulait-il plus au contraire. Il ne comptait cependant pas lui faire connaître ses petits secrets de monstre voleur d’énergie et de souvenirs. La plupart du temps, il les oubliait de toute façon. Mais surtout, ce monde était le sien et il n’allait pas lui apprendre qu’il était parfois le dernier témoin de quelques instants de la vie de ses victimes. Si ces souvenirs étaient inutiles, il finissait par les oublier et s’ils étaient utiles, il se les gardait scrupuleusement. Ce fait était malheureusement trop rare pour que l’absorption devienne un nouveau moyen de s’informer et puis surtout, c’était bien trop risqué.

- « Tuer est une option ça attire l’attention, je préfère de loin me nourrir en paix. Mais, je ne pleure pas quand ça arrive. Tout le monde meurt un jour ou l’autre et certains en reviennent. »

Une fois de plus, il laissait peu de place au doute. Les doutes étaient inutiles, encombrants.


Dernière édition par Morgan A. Thorne le Ven 27 Fév - 21:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Ven 27 Fév - 21:03


Il ne peut imaginer les sensations. Il ne s’essayerait même pas à tenter de les deviner. La chose fait courir d’ignobles frissons le long de son échine. Et l’expérience revient caresser sa chair. D’instinct, Calyxte recule d’un pas, afin d’apposer une distance de sécurité entre lui et celui qu’il devrait considérer comme une menace. C’est ce qu’une part de lui s’échine à faire quand l’autre le considère comme un être relativement semblable. Ils se ressemblent plus qu’ils ne veulent bien le croire. Sa faim. Le terme tire les traits de l’ancien sorcier tant il lui parait mal choisi. Il sait pourtant, que ces créatures ne ressentent plus la faim comme le ferait un simple mortel. Il sait que seuls ces immondes larcins les maintiennent en vie. Et là se niche tout le paradoxe. La fascination qui se mêle à la répulsion. Il n’est pas humain lui non plus, bien qu’il s’échine à agir comme tel depuis son accident. Il a abandonné la magie et tout ce qui peut la toucher de près ou de loin dès l’instant où il a quitté son lit d’hôpital. Après une longue année de supplices et de douleur. Et le geste de Morgan qui accompagne ses sombres paroles n’arrangent en rien les festivités des tressaillements qui lui mordent la peau. Il y a quelque chose d’affreusement obscène dans ce simple geste. Une provocation silencieuse qui lui tiraille les nerfs et attise les passions sombres de l’ancien soldat. « - Tu as parfaitement raison, je ne pourrais jamais m’imaginer une telle chose. Et je préfère amplement rester dans l’ignorance. »  Sa réponse se pare d’une douce amertume. Et il se renfrogne légèrement sans pour autant délester son interlocuteur du poids de son regard. Ce n’est qu’un mensonge. L’ignorance est la pire des choses à ses yeux. Le besoin de savoir est une soif insatiable chez Calyxte. Rester dans l’ignorance reviendrait à se forger de nouvelles faiblesses et ce cas de figure n’a pas sa place dans l’existence du sorcier. Il offre un nouveau regard en direction de sa voiture, essaye de deviner les tourments qui peuvent agiter son pauvre chauffeur puis jette un regard sur la bâtisse qui s’élève au-dessus de leur tête. Imposante et terrifiante, tout comme les êtres chimériques qui la peuple. Ne les entend-il pas ? Lui qui est aussi doté de dons aussi particuliers que ceux de l’ancien soldat. La question lui brûle les lèvres, mais il la laisse en suspens sur sa langue.

« - Dérisoire ? Moi qui pensais qu’une somme importante pouvait te faire oublier le reste. Ton éthique… C’est un bon joli mot derrière lequel se cacher dis-moi. » Lâche-t-il en s’éloignant de quelque pas afin de récupérer la boite qu’il a abandonné quelque instant plus tôt. Il l’ouvre avec toutes les précautions du monde et en extrait l’arme à feu. Qu’il contemple un instant, sous tous les angles afin de s’assurer qu’il n’y a eu aucun heurt. Avant de la faire disparaître sous sa chemise. « - Tuer est bien plus souvent une nécessité qu’une simple option. Et tu fais partit de ces quelques privilégiés n’est-ce pas ? Depuis combien de temps ? » Il n’y avait pas de place au doute c’était certain. Et Calyxte fait preuve d’une curiosité déplacée. Se perd dans ses propres mots comme jamais il n’a pu le faire auparavant en présence du coursier. Ce qui ne devait être qu’une relation professionnelle a trop rapidement dérapé en quelque chose de plus privé. Et l’homme qui se révèle être un mystère pour lui, l’intéresse et pousse sa curiosité à son paroxysme. « - Tu ne les entends pas ? » La question se suspend dans l’air vicié au-dessus de leurs têtes. Un pied posé sur la première marche de la demeure, le mage pose un regard intrigué en direction de Morgan. Le silence s’éternise, et les voix qui le harassent depuis son arrivée en ce lieu maudit semblent elles aussi s’être suspendues aux lèvres du coursier. L’attente perdure et se brise dans un raclement de gorge de la part du politicien. Le malaise s’installer, Calyxte le sent gratter contre sa gorge. Il se redresse légèrement puis joint les mains dans son dos. Comme il peut le faire à chaque fois que l’inconfort vient titiller ses nerfs.

« - Tu as l’intention de les laisser là ? Pour que les prochains visiteurs admirent ta nouvelle œuvre ? » La question désinvolte s’accompagne d’un mouvement de tête en direction des deux cadavres sagement installés sur les marches. Ce serait un bon avertissement pour tous ceux qui se verraient posséder d’envie suicidaire. Un bon moyen de calmer les élans d’adrénalines des adolescents en quête de sensations fortes. Un énigmatique sourire s’appose sur les lèvres fines du sorcier, qui rompt la distance qu’il avait lui-même instauré entre eux d’une seule enjambée. « - Ce n’est pas très prudent cela dit. Les artistes laissent toujours une signature sur leurs œuvres… » Il s’approche, laisse son murmure se couler contre l’oreille de Morgan et frôler sa peau, tandis que ses phalanges viennent effleurer la courbe de son épaule. Ce n’est qu’une énième provocation de la part du mage qui se délecte de la proximité dangereusement enivrante. Il sent l’ivresse, la cacophonie engendrée par un afflux soudain d’adrénaline. Il flirte avec le danger et cette position a quelque chose d’affreusement plaisant. C’est bien connu, un soldat, même à la retraite ne parvient pas à se défaire de ses anciens travers. Et ce besoin constant de jouer avec le feu est quelque chose qui n’a de cesse de dicter l’existence du sorcier. Un défaut tenace qu’il ne cherche même pas à dissimuler ou à brider.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Dim 1 Mar - 2:38

Morgan était loin de connaître suffisamment Calyxte pour savoir que sa réponse, bien que claire, le laisserait sur sa faim. Il ne pouvait pas le deviner. Certes, il avait gardé pour lui une partie du réel effet d’un vol d’énergie mais, qui avait envie de révéler tous ses petits secrets ? De plus, il connaissait déjà bien assez son vis-à-vis à son goût. Il en savait déjà beaucoup et, même s’il était rare qu’il ne veuille pas trop en savoir, c’était le cas ici. Cette retenue n’avait évidemment rien d’une envie quelconque de laisser à l’autre ses petits secrets. Ses considérations n’avaient rien de noble. Ce qui le guidait dans ce cas précis, c’était juste le bon sens. Il en savait assez. Pour le moment du moins. Somme toute, c’était la base de leur relation de travail. Si l’on pouvait nommer ça ainsi...

Il n’y avait rien de surprenant dans le fait que son commanditaire ne voulait rien savoir de plus. Pourtant, il était tenté d’en rajouter. Par curiosité. Voir quelle serait la réaction de Calyxte devant son absence évidente de remords et son plaisir à voler la vie d’autrui, parfois jusqu’à la mort. Cependant, il s’en abstint, ne voyant en ce désir qu’un relent passager de son ancienne façon d’agir. Il était sadique et il le savait. Ce trait de caractère avait été une faiblesse et il ne se permettrait plus de se faire dépasser à cause d’elle.

- « Étrange venant d’un homme qui aime à ce point le pouvoir. Car, c’est bien ce dont il s’agit... de pouvoir. Un pouvoir de vie ou de mort. Une incursion dans l’existence d’un autre être humain. » Un viol, aurait-il pu ajouter, car il pouvait aussi s’agir de cela. Il violait l’intimité des gens dont il se nourrissait et il n’en avait cure. Il ne poussa d’ailleurs pas plus loin, ayant passé sous silence l’autre aspect de ses repas.

Sans surprise, il ne comprend pas qu’une somme d’argent, quelle qu’elle soit, soit dérisoire dans le cas de figure qu’il évoque. De l’argent ? Contre un repas tel que celui qu’il a fait ? Jamais. La faim qui le tiraille n’est rien en comparaison de ce qu’il éprouvait autrefois, de son vivant. Elle est réellement dévorante, pernicieuse même. Elle n’offre aucune concession, aucune alternative. Il vivait avec elle, la sentant chaque jour, même après s’être nourri. Lentement, elle grignotait encore et toujours. Il n’était jamais satisfait, jamais vraiment. Il se surprit à éprouver une pointe d’amertume. Quand donc pourrait-il enfin éprouver la sensation de ne plus être... en manque.

- « Admettons tous les deux que l’éthique n’existe que parce que la moralité l’exige et que la morale est quelque chose de bien trop subjectif pour être défini correctement. Je ne me cache pas derrière. J’utilise simplement ce mot pour ce qu’il est. Un mot, précisément, définit d’une tout autre manière à mes yeux. »

Suivant son interlocuteur du regard, Morgan alluma une cigarette, n’ayant pu finir la dernière correctement. S’attendant à presque tout, il ne fut pas surpris de voir que sa livraison contenait au moins une arme. S’il n’avait pas voulu le savoir, c’était désormais chose faite malgré tout. Il prendrait des dispositions supplémentaires la prochaine fois, c’était évident désormais.
La curiosité de Calyxte devant encore être satisfaite, il le regarda droit dans les yeux. Devait-il mentir ? Devait-il lui dire ? Il ne devait rien, en réalité, car il choisirait quoi répondre. Il choisit malgré tout de lui dire quand cela s’était produit. Mais, il choisit également de lui dire comment et pourquoi.

- « Tu nous vois comme des privilégiés ? C’est étrange et très intéressant. Tu ne semblais pas tant apprécier l’idée tout à l’heure. » Tirant encore sur sa cigarette, il poursuivit. « Je suis devenu ce que je suis avant que New York ne soient pris dans les glaces, j’ignore quand exactement. J’ai choisi d’être ce que je suis, j’ai choisi d’être pire encore que ce que j’étais autrefois. » Il ignorait comment il réagirait à ça. « Mais tu as tort. Tuer n’est pas une nécessité pour nous. C’est un dommage collatéral. Tu connais bien ce mot n’est-ce pas ? La preuve, tu n’es pas mort et si tu l’avais été, je n’en aurais pas porté la responsabilité. »

Morgan imaginait aisément que ça soit incompréhensible. Il ne s’attendait d’ailleurs pas à ce que Calyxte puisse ne fut-ce qu’un instant, envisager qu’un tel choix soit pris. Ah ça, il avait pris des risques là-bas. Mais, ça ne lui avait pas semblé horrible comme décision. Ça n’avait même pas été difficile à mettre en application. Tout ce qu’il avait désiré, c’était sortir, se donner la possibilité de se venger, de devenir un redoutable fléau. Et pourtant... Pourtant, il faisait profil bas parce qu’il avait découvert qu’il pouvait possiblement vivre dans ces circonstances. Paradoxalement, il détestait une bonne partie de la vie qu’il vivait. Trop de choses commençaient à lui manquer depuis qu’il s’ancrait à nouveau dans ce monde.
Il fut détourné de sa réflexion lorsqu’il posa une question à laquelle il ne s’attendait pas. Comme quoi, il pouvait encore être surpris. Il se retourna, restant méfiant, observant la maison, se concentrant un minimum. L’exercice était bien plus dur depuis qu’il n’était plus un sorcier. Ça n’était déjà pas son fort lorsqu’il l’était.

- « Nous ne les ressentons pas aussi fort. Ils ne sont... que des échos, un bruit de fond. » Et les dieux savaient à quel point il avait déjà bien assez de parasites auditifs à gérer pour ne pas devoir prendre en compte des murmures supplémentaires. « Te dérangeraient-ils par hasard ? » Et c’est là qu’il comprit le peu d’histoires qu’il avait entendues. « C’est donc ça. » Il n’ajouta rien. Prenant bonne note du lieu. Le taux de suicide avait dû battre des records dans les parages.

Sans pouvoir en être certain, il soupçonnait Breckenridge de détourner la conversation. Il n’avait jamais compris pourquoi l’écho des morts mettait ainsi mal à l’aise.

- « Figure toi que je n’ai pas encore vraiment eu le temps d’y penser. Je n’aime pas laisser les cadavres en vue. C’est inutile et de mauvais goût. Ça attire trop l’attention. Fut un temps, j’aurais probablement envoyé quelques morceaux à qui de droit en guise d’avertissement mais, de nos jours, la science fait trop de merveilles pour que je ne m’y essaie. Aurais-tu une idée par hasard ? »

Il n’y comptait pas, il devait l’admettre. Pourquoi s’en remettrait-il à lui ? L’un et l’autre se supportait mais, il n’y avait aucune confiance entre eux. En revanche, il appréciait grandement le petit jeu de Calyxte.

- « Prends garde Breckenridge, tu pourrais bien salir ton beau costume. » Ce dont Morgan n’avait rien à faire bien entendu. Il était effectivement d’une propreté douteuse après son combat avec les deux rebelles, sans compter qu’il avait saigné, si cela s’appelait ainsi dans son cas. Ça n’était pas son problème évidemment. Tâcher le costard sur-mesure n’était pas un problème dont il se préoccupait. « Peut-être es-tu en manque de sensations fortes ? » Sur ces mots, eux aussi susurrés, il les rapprocha. « Aurais-tu la mémoire courte au point d’oublier ce qui a failli t’arriver lors de notre première rencontre ? » Comment aurait-il pu oublier ?
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Lun 2 Mar - 20:58


Semer le chaos et replanter les graines de la vie ensuite. C’est une partie de dés à laquelle l’homme joue depuis la nuit des temps. Et Calyxte  serait prêt à jouer à ce sombre jeu pour parvenir à ses fins. La mort est une fatalité dans la vie d’un soldat. Il a tué, plus que de raison. En se persuadant qu’il faisait cela pour de nobles causes. Les premières années de son enrôlement du moins. Avec le temps, le soldat s’est détaché. A appris à ne plus sourciller au moment de presser la détente. La mort est une conséquence. Une cause inévitable pour tout être qui foule le sol. Il a joué avec, se perdant corps et âme dans les arcanes de la nécromancie. Acceptant cette part sombre de son être comme une évidence. Pouvoir de vie ou de mort… C’est une forme de domination qu’il exècre autant qu’il l’adore. Une poignée de frissons lui dévora l’échine, et ses dents se serrèrent.

« - J’apprécie ton sens de la réflexion. Si juste. La morale n’existe malheureusement plus de nos jours. Elle n’est elle aussi qu’un mot, totalement dénué de sens. » Il ne peut empêcher sa langue de claquer quand l’odeur du tabac vient se frayer un chemin jusqu’à ses narines. La cigarette l’insupporte. Au plus haut point. Il se fait pourtant violence pour effacer son envie d’éteindre le vil cylindre incandescent et surtout pour l’ignorer. Privilégiés… Il a usé du terme afin de caractériser les membres de son espèce, mais au fond, il n'arrive pas à savoir s'il les considère vraiment comme ou non. « - Oui et non. Vous êtes détestables, des parasites qui se sustentent en détruisant des existences. Mais je dois l'avouer, ce que vous possédez est un véritable privilège. » Dans ses paroles suinte un profond dédain, mais son timbre vibre d’une étrange fascination. Une excitation qui s’éveille devant les perspectives qu’offre cette nouvelle espèce. Et cela, ses supérieurs feraient mieux de s’en rendre compte au plus vite. Ils n’ont pas hésité à asservir les membres de sa race, pourquoi pas ceux de celle de Thorne ? Au lieu de les éradiquer. Cette absence de réflexion irrite l’ancien soldat. Il approuve l’ordre en place, l’admire et l’adore, c’est indéniable, mais certaines des décisions prises et les choix qui en découlent le laissent perplexe. Appose sur sa langue un acide corrosif qui lui donne envie de frapper sur la table. Visionnaire à sa manière, Calyxte n’apprécie que très légèrement de rester dans l’ombre. De courber l’échine quand trop de choses mériteraient de changer. Un membre de l’Assemblée, c’est une place bien dérisoire. Un fauteuil qu’il occupe faute de mieux. En attendant de gravir de nouvelles marches. Il vise haut, tout en ayant conscience que sa chute n’en sera que plus douloureuse. Si chute il y a. Les utiliser pour mieux régner, cette délicieuse tentation n’a de cesse de revenir le hanter. A chaque session, chaque discours, il y pense. Il écoute, et ne prend pas la peine de répondre à ses questions. Ce qu’il entend lui suffit amplement, et parvient à tarir le flot de sa verve. Il n’y a rien à dire, si ce n’est que l’être qui se tient à ses côtés possède une existence qui se perd dans les trames du temps.    

« - Fortement oui. C’est étrange tout de même… Il fut un temps où ces présences fantomatiques me fascinaient, et où je faisais tout pour les provoquer. » Il se perd dans la contemplation de la bâtisse. Fronce les sourcils en captant de nouveaux murmures. Il a bien changé. Il est loin derrière lui, ce temps où la magie occupait une place proéminente dans sa vie. Ou les spectres devenaient ses amis imaginaires et parvenaient à apaiser ses tourments. « - Mon pauvre chauffeur ne les perçoit pas, mais il a une fâcheuse tendance à prêter trop de vérité aux racontars. Qui dans ce cas, s’avèrent exacts. » Il y a de la taquinerie dans sa voix, tout comme dans l’expression qui s’appose sur son visage. Mais son regard jure avec ce qu’il renvoie. Il y a de la suffisance dans ses yeux. Et cet éternel mépris qu’il a pour la race humaine et toutes les créatures qui peuplent cette terre désolée. Un rire amer lui échappe, un rictus nerveux provoqué par des mots qui sonnent faux à ses oreilles. « - De mauvais goût… Les installer comme tu l’as fait n’es pas une marque de mauvais goût ? » L’ancien soldat lève un sourcil, légèrement interloqué par la question. Il n’est pas venu ici pour s’improviser croque-mort et encore moins pour réparer les dégâts d’un être incapable de maîtriser ses instincts. « - Les cadavres qui ont jonchés mon existence étaient laissés sur place. Les cacher n’était pas une priorité. Mais au vue du lieu, des fantômes supplémentaires ne seraient pas de trop. » Il désigne la bâtisse d’un infime signe de tête, sans détacher son regard du coursier.

« - Peut-être, la vie du bureau est bien monotone quand on a été forgé par l’action. » Il hausse les épaules et une moue innocente vient s’apposer sur ses lèvres. Il ne se l’avouera jamais réellement, mais l’adrénaline des champs de bataille lui manque. Les crachats des balles, la peur au ventre, ce savant mélange s’est figé dans ses veines et le plonge dans une apathie qui le rend fou. Il se rapproche et Calyxte ne peut s’empêcher de frissonner. La répulsion est comme une claque contre une de ses joues qu’il aurait tendu à l’ennemi. Le délice est une caresse sur l’autre qui serait restée à l’abri de cette folie. « - Comment pourrais-je l’oublier ? Tu as tout fait pour la rendre mémorable. » Il le murmure tout contre cette peau qui a brûlé la sienne. Sa voix prend des intonations corruptrices, se fait ronronnante, et il autorise ses phalanges à courir le long du torse du coursier avec une impudeur presque déplacée. Les premières rencontres ne s’effacent pas, surtout si elles se teintent d’écarlate et de douleur. Dans sa poitrine, son cœur se crispe et s’insurge. Il bute sur plusieurs battements avant de reprendre sa course morne. Pas d’accélération brutale cette fois, Calyxte s’enferme dans un carcan de contrôle qui bride ses envies. La proximité se défait dans un soupir de frustration, l’ancien soldat recule, s’éloigne de la tentation et jette un nouveau regard sur les corps.

« - Il va falloir que tu t’en occupes, Thorne, je n’ai aucunement l’intention d’abîmer mon ‘beau costume’ en réparant tes bêtises. » Il toise le coursier, et l’ombre d’un dédain provoqué par le rang qu’il se donne s’appose sur ses traits alors qu’il pose un pied sur la première marche. Mais dans le regard qu’il jette à l’homme, la lueur est toute autre. C’est un jeu, une brûlure qui incendie le bleu glacé de ses prunelles. Une provocation pour faire ployer cet homme qui n’a de cesse de lui tenir tête. « - Ils seront plus à leur aise dans une des pièces de ce manoir. » Impudent provocateur, Caly esquisse un sourire à l’adresse de son comparse. Ebauche qui reste une énigme, même pour son propriétaire tant elle est porteuse de choses radicalement différentes. Il gravit les marches restantes et une fois sur le porche, il hésite un instant. Sa gorge se serre, mais ses phalanges ne tremblent pas quand elles viennent s’enrouler autour de la poignée pour ouvrir la porte dans un grincement lugubre. Et dans les tréfonds de sa chair, le sorcier s’éveille. Déjà lorsqu’il est passé à côté des cadavres, que sa jambe a malencontreusement frôlé l’un d’eux, il l’a ressenti. Cette envie assassine d’éveiller les morts. Il est parvenu à ignorer ses dons pendant plus de quatre longues années. A trop faire taire ses instincts, leur retour à la surface lui fait le même effet qu’une décharge électrique. Il n’en fera rien cependant, et continuera à se borner dans cette vie d’humain lambda qu’il s’échine à mener. Et le frisson qui court contre sa peau une fois la porte de la demeure ouverte parviendra à souffler ces désirs pendant quelques heures supplémentaires.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Mar 17 Mar - 22:31

Morgan haussa un sourcil. Calyxte croyait-il réellement que la morale n’était qu’un mot ? Il avait des doutes. Il avait plutôt l’impression que cette constatation sonnait comme une fatalité. Quelque chose de regrettable, une forme de nostalgie. Le « malheureusement » tendait à le démontrer.

- « La morale n’a certainement jamais existé Breckenridge. Le moralement acceptable n’est jamais identique d’un coin à l’autre de la terre et ne le sera jamais. C’est une construction de l’homme, rien de plus qu’une loi orale douteuse et parfaitement contournable pour qui se fiche des conséquences ou du laisser paraître. Tenterais-tu de me faire croire que la moralité est une chose à laquelle tu attaches de l’importance ? »

Dans sa tournure de phrase, tout sonnait comme un reproche, une faiblesse. Il avait bien conscience de jouer avec le feu, de tirer sur la corde sensible de son vis-à-vis... le paraître, le pouvoir, la faiblesse. Il était persuadé d’avoir saisi une chose capitale concernant cet homme, c’était son dédain envers la faiblesse, quelle qu’elle soit. Il saurait bientôt s’il s’était trompé mais, il en doutait fortement. Ce jeu auquel il jouait, il était conscient de pouvoir le perdre mais, arriverait-il à repousser les limites de cette fameuse moralité élastique dont semblait faire preuve l’armurier ?
De nouveau, il recommence... réarrangeant ses propos comme on efface une phrase qui ne convient pas. Parasite. S’il en était un, qu’était-il lui ? À vendre des armes à des rebelles pour se faire de l’argent, tout en soutenant un gouvernement prêt à décimer pour... le bien de la population. Tant d’aveuglement pour si peu. Si tant est que c’était bien ça. Il avait comme un doute. Asseoir le pouvoir par la peur, ça c’était déjà vu.

- « C’est ironique, sortant de la bouche d’un homme qui se fait de l’argent sur le dos d’un groupuscule activement recherché par son employeur. »

Cette réflexion aurait aisément pu passer pour une tentative de défense, sauf que Morgan se fichait d’être traité de parasite. Il entendait parfois bien pire que ça le concernant et au final, il était un parasite mais, un parasite parfaitement assumé. De plus, il avait tendance à prendre avec des pincettes tout ce qui pouvait sortir de la bouche d’autrui. Non pas qu’il se croyait meilleur que les autres mais, l’Homme était ainsi fait que même sans le vouloir, il servait ses propres intérêts, surtout celui qu’il avait en face de lui.
En revanche, qu’il continue sur la voie du privilège avait tendance à lui faire dire que Calyxte avait quelques idées concernant son espèce, qui n’auraient probablement pas plu au pouvoir en place. Bien conscient d’être un plus proche de l’outil que du collaborateur dans cette pensée probable, il l’était tout autant d’être une arme d’exécution sans bavures. Leur façon de tuer était très souvent confondue avec une asphyxie quasi naturelle, facile et rapide si on savait s’y prendre. L’idée lui avait déjà traversé l’esprit... exécuter pour le compte d’autrui tout en se nourrissant tranquillement au passage. L’utile à l’agréable en somme. Malheureusement, l’idée restait incompatible avec cette volonté de rester en retrait, un monstre invisible aux yeux du monde.

Les fantômes... les échos. Il avait dit « nous » mais, en vérité, il ne pensait qu’à lui. Dans son cas, ils n’étaient plus que nuisance de fond, des sons qui l’accompagnaient parfois sans qu’il s’en préoccupe. Il était doué pour ça, faire abstraction. Ce qui ne l’intéressait guère était relégué au second plan et était négligé, un peu comme ses dons passés en guérisons, qu’il avait jugés inutile en dehors d’une utilisation personnelle.
Aussi, d’entendre Calyxte traiter son chauffeur comme quantité négligeable, vermine sur le bas côté, n’avait rien de surprenant. Chacun passait en bruit de fond quelque chose de négligeable. Lui, c’était le chauffeur. On a tous besoin d’un paillasson. Du moins, c’était ce qu’il estimait mais, après tout, il avait tendance à mépriser beaucoup de monde. Il évitait au moins de commettre l’erreur de les sous-estimer.

- « Je te l’accorde. Les mauvaises habitudes ont la vie dure. »

Suivant le regard de son interlocuteur, il observa un moment la maison, se contentant de se concentrer sur les sons. L’odeur ne gênerait personne et personne n’y mettrait les pieds avant longtemps. Ce lieu dont il ne connaissait pas la réputation ce matin pourrait bien devenir d’une utilité remarquable. Il ne faudrait cependant pas en abuser.

- « Ajoutons donc un peu d’horreur dans cette maison. »

Mais, auparavant, il avait un contact à savourer, un souvenir à raviver bien qu’il n’en ait nullement besoin. Ils jouaient tout deux avec le feu et ne semblaient pas vraiment gêné par une probable brûlure. Cette association était décidément une idée comparable à une lame à double tranchant. Morgan aurait très bien pu être titillé par l’envie de se rappeler à ce bon souvenir et il aurait été mal venu de tenter de faire croire que l’idée ne lui avait pas traversé l’esprit. Fort heureusement, l’espace mis entre eux par Calyxte fut salutaire et l’empêcha de s’orienter vers des pensées et des penchants qu’il préférait enfuir. Il jouait la sécurité mais, les frissons du passé lui manquait, comme une drogue pouvait rappeler un repenti.
Jetant un coup d’œil au cadavre puis à la bâtisse, il se baissa pour évaluer le poids des deux corps et leur encombrement respectif. Le constat fut vite fait, il lui serait impossible de porter les deux. Il choisit l’option la plus simple, entrer un corps à la fois et les installer ensuite. Habitué aux piques, il releva à peine le commentaire sur ses bêtises même si ça l’avait titillé et une fois les deux cadavres à l’intérieur, il observa. Toutefois, il ne manqua pas l’hésitation. D’où provenait-elle, ça, c’était une autre histoire parce qu’il ne pouvait pas le savoir.

- « Tu sembles bien connaître le lieu pour un sorcier qui parle de ses dons au passé. Méfie-toi, il revient toujours et lorsqu’il reparaît, il le fait avec vigueur. »

Cet avertissement n’avait rien d’une menace, il parlait en connaissance de cause. Sa fille était un exemple parfait d’un retour de bâton. Ce que l’on sème, on le récolte... Aucun proverbe ne semblait plus vrai que celui-là.

Toujours était-il que, même sans être sorcier, ce lieu avait quelque chose de profondément morbide et malsain, il avait un arrière goût de mort indéniable. Une sensation qui, même pour lui, n’avait rien de négligeable. Il faut se méfier des échos, tout comme il faut se méfier des ombres...
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Jeu 19 Mar - 19:54


Ses pas le tirent à l’intérieur mais les griffes de sa raison tentent vainement de le retenir en arrière. Il s’engouffre dans les entrailles du manoir avant Morgan. Et ne prend pas la peine de lui accorder un regard. Ce qui reste sur les marches de la bâtisse ne le concerne qu’à moitié. Et cette moitié est largement suffisante pour que l’ancien Major ne se sente concerné. Calyxte laisse ses chaussures soulever la poussière et ses doigts courir sur le bois des meubles. Le luxe qui s’étale sous ses pupilles bleutées le fascine. Figé dans un autre temps, l’endroit s’enferme dans un charme suspendu entre deux époques. En ignorant les frissons qui lui lacèrent l’échine, le lieu exerce sur lui une étrange fascination. Il titille ses sens, déploie ses facultés et les murmures deviennent des échos bien plus forts. Dans un coin de la pièce, il croit même discerner une forme floue. Elle ne reste devant ses yeux qu’une maigre seconde, disparaît après qu’il ait eu l’idée de ciller. L’apparition le plonge dans une étrange apathie. A mi-chemin entre l’inconfort provoqué par l’angoisse et la satisfaction enfantine qui est sienne il y a bien longtemps. Calyxte ne connait rien de cet endroit. Hormis ce que l’on peut raconter à son sujet. Ces histoires insensées et morbides. Il ne sait rien, mais les manoirs hantés, il les connait. Il y en avait un, à côté de chez sa tante. Une vieille bâtisse délabrée près de laquelle il aimait vagabonder étant enfant. Près de laquelle il avait appris à aimer les présences surnaturelles. Un fin sourire s’appose sur les lèvres de l’ancien soldat, une réponse invisible au coursier puisque Calyxte lui tourne le dos. « - Je ne le connais qu’au travers de ce qu’on a pu me dire à son sujet. » Il caresse la pièce du regard, embrasse le décor comme un acteur qui prendrait possession de la scène sur laquelle il s’apprête à jouer. Il étend sa présence jusque dans les recoins du lieu, l’habitude étant devenue un réflexe chez le politicien qui use et abuse de ce qu’il peut renvoyer. « - Je te remercie pour l’avertissement. Tu parles en parfaite connaissance de cause j’ai l’impression. » Que cela soit vrai ou non, il s’en fiche. Et ne tient pas à savoir ce qui pousser Morgan à dire de telles choses. Il sait qu’un jour, ce qu’il s’échine à enfouir sous sa peau reviendra s’y écraser avec force. Qu’il est impossible d’oublier ce que l’on est vraiment, même si cette particularité vous blesse et réveille de vieux démons. Le retour à la surface a déjà commencé d’ailleurs. Le simple fait de se tenir dans cette pièce lui prouve que l’humain qu’il prétend être n’en a que le nom.  

Les mains dans les poches de son pantalon, Calyxte s’abîme alors dans la contemplation des deux corps. Déposés là pour venir pourrir entre les murs d’une bâtisse abandonnée. Et plus ses pupilles détaillent les deux silhouettes, plus un pli de contrariété vient abîmer la surface de son visage. Le changement s’opère, se manifeste par un froncement de sourcils et l’affaissement du coin de ses lèvres. La contrariété s’élève sous sa peau et la colère vient effleurer son cœur, qui se met à battre plus fort. Maintenant qu’ils se retrouvent vraiment seul, emprisonnés entre des murs vides, l’échec taillade la peau de Calyxte. Et il ne doit cette affreuse sensation qu’à une seule personne. Il relève vivement la tête, posant ses prunelles acérées sur Thorne. Avant de rompre la distance qui les sépare d’une seule enjambée. Il agrippe avec une violence difficilement contenue la gorge de l’homme, le propulse en arrière jusqu’à ce que son dos heurte durement le mur. La pièce tremble sous le choc, des livres vacillent sur leurs étagères et s’échouent au sol dans un nuage de poussière.

« - Je me fiche de ce que tu es. Des besoins qui t’animes. Ce genre de bavures… » Il s’interrompt et désigne d’un index rageur les cadavres. « - Quand tu travailles pour moi, tu oublies Thorne. Que ta petite vie pitoyable n’ait aucune valeur à tes yeux, que le reste du monde ne te concerne pas, c’est ton choix. Joue encore au con avec moi, et tu vas regretter l’enfer dans lequel tu as pu pourrir. » Les belles paroles s’accompagnent d’une voix qui ne tremble pas. D’un ton qui emplie la pièce et qui se pare d’éclats courroucés. Calyxte ne lève pas la voix pourtant. Il n'en a pas besoin pour parer ses paroles d'une intensité écrasante. Il n’y a pas de bavure dans son attitude, tout est méticuleusement calculé. La pression qu’il exerce contre la gorge de Morgan, l’espace qu’il a apposé entre eux. Cet espace le tiraille pourtant. Le souvenir se heurte à sa peau et la brûlure s’étend jusqu’à ses doigts. Ils s’éloignent un instant de leur proie, dans un spasme, avant de revenir s’y agripper avec une certaine convoitise. La respiration calme du soldat bute, s’affole légèrement, au même titre que les battements du pauvre organe qui lutte dans sa poitrine. « - Si ce genre de bavures me font chuter, tu tomberas avec moi Morgan. » Le murmure égoïste s’échoue contre la peau du coursier lorsque l’ancien soldat se penche en avant. Il abandonne l’écart que sa haute taille lui confère sur son auditeur. La faiblesse tiraille cet être qui fait tout pour éviter ce genre de situation. Tout est prétexte pour assoir son autorité. Pour manipuler afin de parvenir à ses fins. Et ses lèvres qui viennent se heurter contre celles du coursier avec cette même brutalité mal contenue, font partie des moyens dont il dispose. Il se leurre en se disant que ce contact n’est qu’un élément prévu et posé au bon moment. Calyxte n’a rien prévu. Rien de ce qui a pu se passer entre eux lors de ce vernissage. Rien de ce qui est en train de se passer en cet instant.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Jeu 19 Mar - 23:39

Si la maison faisait une cachette parfaitement adaptée à deux cadavres, ça n’en faisait pas pour autant un lieu idéal. Avec la journée qu’il avait passé, la faim qui l’avait tiraillée et finalement les deux cadavres qui l’avaient sustenté... Ses anciens travers étaient bien trop proches et les tentations se multipliaient à mesure que les secondes s’égrenaient. Tout en ce lieu lui rappelait un élément de sa vie passée, de par son ambiance, de par son odeur... Il était hanté par un seul et unique passé mais aussi, par une multitude de présents. Tout à ses réflexions, il en abandonna les corps de façon quasi-grotesque. Ils n’étaient plus que le résultat pathétique d’un événement qu’il était déjà en train de reléguer au rang de désagrément mineur. L’atmosphère avait quelque chose qui réveillait chez lui beaucoup trop de choses et pire que tout, de la nostalgie. De la nostalgie envers une époque révolue mais, dangereuse au possible.
Dans cette contemplation malsaine, s’il en oublia les cadavres, il en oublia presque également Calyxte. Une erreur de taille qui prouvait à elle seule que cet endroit n’allait finalement pas lui rendre qu’un service. Il choisit d’ailleurs de ne pas répondre. Il n’avait aucun besoin de savoir qu’il avait effectivement déjà expérimenté ce problème et à plusieurs reprises qui plus est. Il était hors de question de donner à cet homme-là plus de connaissance que nécessaire sur sa personne. Il en savait déjà bien assez comme ça. Malheureusement, la connaissance de l’autre marchait dans les deux sens si on avait un adversaire de taille.

Trop tard, il se rendit compte que quelque chose clochait. Une nouvelle erreur qu’il se reprocherait probablement. Il ne put ni empêcher le choc contre le mur, pas plus qu’il ne put empêcher Calyxte de le prendre à la gorge. Mais s’il avait fait une erreur, le sorcier également. Il ne bougea pas, ne cilla pas. L’orage Breckenbridge était loin de le terrifier. Les quelques années qu’il avait passées à Darkness Fall avait au moins remis les choses en perspective au niveau des menaces réelles. Oui, il pourrait lui pourrir la vie mais, ça ne serait jamais à la hauteur.

- « Ne parle pas de choses dont tu ignores tout Breckenridge. Tu ne veux pas savoir à quoi ressemble cet enfer-là. » Et il insista précautionneusement sur les mots.

Il n’imaginait pas. Aucune imagination n’était capable de se rapprocher, ne fut-ce que de façon infime, de la réalité de ce lieu maudit. Mais, l’attitude si bien étudiée du soldat s’évaporait lentement, changeante. Imperceptible et puis brutale malgré quelques autres paroles pour appuyer sa menace... Une menace à laquelle il ne donnait pas plus de crédit qu’à la précédente.

- « La place qui est la nôtre, on la perd, fais-toi une raison et prépare-toi à la chute. Elle viendra, tôt ou tard. » Les mots furent prononcés sur le même ton que la menace.

L’ouverture, il s’y engouffra, avide, se fichant des raisons, encore plus des conséquences. Bientôt, ses propres doigts allèrent rejoindre sa nuque. Aucune douceur, pas une once de tendresse. Sa prise, il l’assura, serrant plus que de raison. Et si Calyxte avait changé d’attitude, c’était au tour de Morgan bien que dans son cas, ce ne fut pas volontaire. Quel que fut le moment où la situation avait basculé, il ne s’en était pas rendu compte. C’était peut-être le pire dans son cas.
Loin d’être totalement lucide, certaines odeurs qui n’auraient pas dû être vinrent chatouiller ses narines. Dérangé, il éloigna son visage de force du sien. Son regard ne pouvait plus être comparé à ce qu’il avait pu en voir. Il était toujours aussi froid mais, il était bien plus sombre et quelque part, aux aguets et furieux. Les traits déformés, il se mit à dévisager le marchand d’armes sans réellement le voir. Il fixait autre chose, derrière lui. Il relâcha la nuque qu’il avait très certainement malmenée dans cette pression trop forte et du même mouvement, repoussa l’homme qui venait à peine de le menacer. Et puis, sans crier gare, il reporta sa fureur sur lui.

- « Ne joue pas avec mes sens Brenckenridge. Je connais cette magie, ne l’oublie pas. » Il posa ses deux mains de chaque côté du visage qu’il considérait comme ennemi dans l’immédiat. « Je suis peut-être devenu une bête gérable et gérée mais, n’oublie jamais ce que je suis et ce que je suis capable de te faire. Je te le répète, ne joue - pas - à ça. Tu n’aimeras pas ce qui en découlera. »

S’il ne risquait pas d’apprécier, lui non plus. Son esprit fracturé était une faiblesse qu’il ne voulait pas afficher mais, encore fallait-il se rendre compte de prime abord que la faille s’ouvrait. Sur ces mots, il absorba un peu d’énergie avant de le relâcher. Son esprit déjà légèrement fragilisé par le lieu et les circonstances s’avança plus loin sur un chemin dangereux. Si Morgan était clairement instable dans cette situation, il était aussi une menace. Plus proche de ce qu’il était autrefois mais, avec les capacités qui étaient les siennes aujourd’hui, il pouvait facilement déraper. Les images qu’il aperçut en agissant de la sorte n’aidèrent en rien. Ce qui se superposa à sa vision lui fut extrêmement désagréable. Aucune mort ne pouvait le hanter puisqu’il n’avait de considération pour aucune de ses victimes mais, une mort avait laissé un arrière goût de rage profonde et de gâchis. La silhouette qu’il pensait apercevoir et pour laquelle il se mettait dans cet état, c’était celle de sa fille.
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Ven 20 Mar - 22:14


Le coursier insiste sur des mots qui se brisent contre les tympans du sorcier. Il les entend mais ne peut en saisir le sens. Imperceptiblement, des frissons viennent courir le long de son échine. Il a frôlé la mort et s’il n’avait pas eu la force d’appuyer sur le bouton ‘retour’, sa vie se serait perdue dans le néant de cet enfer. L’idée appose un nouveau regard sur sa renaissance, bien plus souvent considérée comme une chance pitoyable qu’il aurait préféré ne pas recevoir. Il ne veut pas savoir et en même temps, l’ignorance le rend avide de connaissance. Mage noir jusque dans les plus infimes fibres de son être, il aurait dû y pourrir. Comme tous les autres. Comme Morgan. L’évidence le blesse, il se sent vide d’avoir échappé à une telle menace. Il ne fait qu’imaginer, apercevoir des ombres qui ne sont sûrement en comparaison de celles qui auraient pu le hanter s’il s’était retrouvé à côtoyer ce désert vide. La mâchoire de l’ancien soldat se crispe, la contrariété étend son emprise sur son visage et jusque dans ses prunelles. Assombries par une folie vorace, le bleu se perd dans des nuances menaçantes. L’homme en resserrer alors la prise qu’il peut exercer sur la gorge de sa proie. Pousse le vice jusqu’à le contraindre à se hisser sur la pointe des pieds. « - Le plus tard possible. Et ce ne sera certainement pas à cause d’une créature pathétique dans ton genre. » Il le murmure contre la bouche du voleur de vie. Frôle le danger, ô combien enivrant et cède à ses envies. Ignobles et assassines, elles le gouvernent bien plus que sa raison. Il reste faible, qu’importe ce qu’il dise ou pense, Calyxte est un être de faiblesses. Et de corruption. La réponse qui accueille le geste, le brise. Attise les brûlures qui lui déchirent le ventre et le cœur. Et les phalanges qui se posent sur sa nuque et l’agrippe exacerbe ses passions funestes. La caresse ses change en morsure, se teinte d’une avidité assassine. Avant que l’incendie ne s’éteigne dans un souffle empli de frustration. Sous la peau, le soldat vacille, et le pli sur son front revient le marquer. L’orgueil se flétrit sous le rejet, et l’inachevé qui s’appose sur sa langue le déchire plus que de raison.

Le contact perdure, Calyxte se perd dans les prunelles étrangement différentes de son partenaire d’infortune. Il peut y lire tant de choses, sans parvenir à en comprendre le sens. Et l’accusation qui se brise contre les récifs de sa déraison appose sur le fer de ses traits, la douceur de la perplexité. Le mage ne comprend pas. Et il frissonne à nouveau sous le contact de cette peau contre la sienne. « - Jouer avec tes… Tu t’imagines que je suis à l’origine de ce qui perturbe ton pauvre esprit ? Si je parle de mes dons au passé, ce n’est pas par fantaisie. » Sa voix tremble. Brisée par le tourment qui sévit en son sein. Il s’en veut de se laisser submerger par ce qui ne devrait qu’un égarement d’un instant. Un interlude hargneux et voluptueux dans son petit univers si bien rangé. Rien de plus. S’il perçoit les présences qui les entourent, Calyxte n’est en aucun cas responsable des effets qu’elles peuvent avoir sur le coursier. Les illusions, il les a manié avec la dextérité que l’on est en droit d’attendre de la part d’un sorcier. Il a appris à les contrôler sans y trouver de réelle satisfaction. Alors après de si longues années d’inutilisation, ce n’est certainement pas vers les chimères que ses pouvoirs se tourneraient, s’ils devaient refaire surface. « - Bien, te voilà de retour. Menace-moi, je t’en prie. » Un demi-sourire s’appose sur les lèvres de l’ancien soldat. Aussi énigmatique que ce qui anime ses pupilles. Ancrées à celles de Thorne, elles perçoivent le changement mais ne font rien pour rester à l’abri du danger. Le contact se brise, et la sensation désagréable revient creuser un trou dans le cœur du sorcier qui recule d’un pas. L’organe a accéléré sa course, contraint de battre plus fortement en une vaine tentative pour repousser le larcin dont il a été une nouvelle fois victime.

« - Quel jeu Morgan ? Eclaire-moi, car j’ai peur d’être perdu. » Sa voix se cisaille d’éclats courroucés, tout en restant suave. La situation le dépasse totalement. Engendre chez le sorcier une colère certaine qui se couple avec une curiosité nouvelle. « - Ne joue pas les victimes effarouchées, ça ne te sied guère. Tu ne disais pas cela la dernière fois que je sache. » Le rappel s’accompagne d’un sourire sarcastique alors qu’il bat l’air de sa main en direction de Morgan. Dédain et convoitise se disputent la place dans son regard de glace. Et voilà qu’il se retrouve tiraillé entre l’envie indécente de faire taire l’importun en revenant se briser contre cette bouche fielleuse, quitte à frôler une nouvelle fois les flammes de trop près. Et l’envie hasardeuse de mettre un terme à cette rencontre qui n’apportera rien de bon. A l’un comme à l’autre.

« - Tu accordes bien trop de crédit à ces pauvres dons que tu te traînes. Il y a bien d’autres manières de détruire un être humain. Et à ce jeu-là, nous risquons d’être perdants tous les deux. » L’homme parle en connaissance de cause. Et si Morgan possède des pouvoirs qui dépassent les siens, en sommeil depuis des années, le politicien n’est pas démuni pour autant. Ce n’est pas dans ses habitudes d’user des créations qu’il fabrique pour ses clients. Au vu de l’état de ses commanditaires, il serait prêt à faire une exception si la situation venait à l’exiger. « - Face aux rappels constants dont tu m’accables, il serait bien ardu de l’oublier. Tu te caches derrière tout ça, c’en est risible. » L’ironie de la chose, est telle qu’il en perd son éternel sourire altier. Lui aussi se dissimule derrière une barricade qui se veut infranchissable. Lui aussi se croit au-dessus des autres à cause d’une infime différence. Ils se ressemblent bien trop pour que cela en devienne amusant. Ses ressemblances les rendent extrêmement dangereux, et ils en ont parfaitement conscience.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Sam 21 Mar - 22:06

Que Calyxte l’écoute ou non, cela n’avait pas grande importance. Morgan le soupçonnait d’avoir une place réservée là-bas, tout comme lui qui y retournerait certainement. Cette vie-ci n’était pas plus empreinte de remords et de regrets que la précédente. Il n’y avait pas de place pour le doute quant à sa place lorsque la mort reviendrait le chercher. Mais, ça n’y changeait rien, il ne pouvait pas savoir de quoi cet enfer était fait. Il y avait pourri assez longtemps pour savoir qu’il n’en parlerait pas comme il le faisait s’il savait.
Il était en colère, il lui reprochait une action dont il se fichait désormais. Ce qui était fait était fait et il ne pourrait rien y changer. S’il devait recommencer, il le ferait sans aucun doute mais, il prendrait son temps. Le coursier aimait tuer, c’était le pouvoir ultime. La vie ou la mort au creux de la paume de sa main, ses mains. Tout dépendait de son bon vouloir à épargner ou non.

Il savait qu’il n’aurait pas dû se laisser aller à la faiblesse de ce partage. Il savait qu’il le regretterait mais, le regret ne venait pas de cet échange qui ravivait les souvenirs exquis d’une nuit avec un parfait étranger. Non, sa faiblesse avait ouvert la pire de ses failles. Pourquoi ? Il n’en savait rien. Parfois, il n’avait besoin de rien de plus qu’une bribe de souvenir pour ça. Ici, tout lui rappelait ou presque, un événement passé et les images volées ne faisaient qu’en rajouter. Morgan ne pouvait faire qu’une chose, tenir Calyxte pour responsable. Ça n’était pas son esprit qui se fracturait, c’était sa faute à lui, sa faute pleine et entière. Oui, il jouait avec son esprit, c’était l’évidence même. Reconnaître sa faiblesse était hors de questions. Il fallait que ce soit lui, que ce soit sa faute.
Malheureusement, la réponse ne lui plaisait guère. Il mentait. Était-ce pour ça qu’il lui avait volé cette énergie dont il était dépendant ? Était-ce pour lui rappeler qu’il était dangereux ? Avait-il à ce point besoin de réaffirmer une position de force à cause de cette faiblesse ? Il n’en savait rien. Il n’aimait pas être mis devant le fait accompli. Colère, caprice ou rage, il l’agrippa avec force, collant presque son front contre le sien pour lui parler.

- « Tu es perdu ? Pauvre chéri. » Il lui agrippa le menton et orienta son visage vers la silhouette représentant sa fille mais, qu’il ne pouvait forcément pas voir. « Ceci ne serait pas ton œuvre ? Mon œil. Elle est morte de mes mains, ne tente pas de creuser. Il n’y a rien à trouver. »

Collant à présent sa joue à la sienne, s’égarant un peu plus dans sa folie, il relâcha sa prise sans pour autant s’éloigner. La rage brûlait toujours en lui. Quelle déception... quel gâchis. Cette gamine portait tant d’espoir. Peut-être aurait-il dû transformer lui-même son fils malgré son absence de talent et confier sa fille à un tiers. Quoi qu’il fût, il aurait eu bien plus de valeur, voulant toujours bien faire.

- « Mes chutes ne sont jamais solitaires. Tu l’as dit toi-même, je suis un parasite. J’infecte en symbiose... Je ne laisse à personne l’opportunité de me couler sans dommage collatéraux. Alors oui, nous perdrons tous les deux si besoin est. Mais je te le répète, laisse-la en dehors de ta petite contrariété commerciale. »

L’espace d’un instant il s’éloigna pour aller dans la direction qu’il avait voulu que Calyxte regarde et sans un seul signe avant coureur, il était clair qu’il tentait très certainement d’étrangler quelqu’un, quelque chose. Se rendant compte de son erreur, il ne bougea pas, fixant désormais le vide. Trop fier pour reconnaître que l’autre n’y était pour rien. Bouillonnant de rage, son poing s’écrasa tout droit dans un mur. Sans se décaler, il tourna le visage vers son interlocuteur, les yeux fous, la colère imprimée sur chacun de ses traits.

- « Que veux-tu réellement ? Qu’attends-tu donc de cette collaboration qui nous menace tous les deux ? Et ne me réponds pas que c’est l’argent. La seule chose que je t’apporte réellement en plus, c’est la discrétion et l’absence de questions sur tes activités. »

Sa moralité étant flexible voire inexistante, il savait qu’il n’avait aucun souci à se faire. En dehors du fait qu’il tuait certains clients si ceux-ci l’attaquait bien entendu. La question était à présent, comment allait-il prendre les problèmes que posait l’esprit fragile et l’humeur instable du coursier qu’il employait.
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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Dim 22 Mar - 20:34


Le contact aurait dû cesser à l’instant même où leurs bouches se sont séparées. C’était une évidence, mais la faible distance apposée entre eux n’est en aucun suffisante pour effacer l’idée d’un nouveau rapprochement. Et la prise soudaine que le coursier exècre sur lui, couple le souffle de l’ancien soldat. Pendant un instant, il reste suspendu dans le vide, les poumons dans l’attente d’une nouvelle descente d’oxygène. Et l’attente perdure. Figée au même titre que les traits de fers du sorcier. La perplexité perdure dans ses prunelles qui se déchirent contre les récifs hargneux incendiant celles de Morgan. Il ne comprend pas. Passe à côté d’une évidence qui met le temps à atteindre son cerveau. Les doigts qui s’agrippent à son menton le dérangent. Eveille ses propres démons, attisent une chose qui le dévorent à présent de l’intérieur. Calyxte s’indigne, s’insurge mais ne parvient pas à faire ce qu’il faut pour obliger l’autre à le lâcher. Avec la docilité d’un être soumis, il tourne la tête et fixe le néant. Un vide qui semble se voir rempli dans les pupilles de l’autre. Il ne distingue pas même la forme floue d’un revenant. Rien, hormis la poussière et la décadence du lieu. Un pli s’appose au coin de ses lèvres. Partagée entre un rictus fourbe et la manifestation d’une douleur plus mentale que physique. Ce n’est qu’un infime détail, mais sur les doigts qui s’agrippent à lui, d’autres s’y apposent. L’ancien soldat tressaille et chasse l’inconfort dans un raclement de gorge. Il se fait violence pour ne pas repousser l’importun. Pour ne pas se saisir de l’arme qui sommeille contre ses reins et coller le canon contre la gorge de Morgan. L’exercice est aisé. La rapidité est sa force, mais au milieu de la débâcle qui hurle sous sa peau, il ne fait rien.    

Sa langue claque contre sa palais et lorsque les doigts de Morgan le lâchant, ce sont les siens qui prennent le relais et qui se cramponnent à la nuque du voleur de vie. Ils s’y agrippent, écorchent la peau et emprisonne le monstre dans un étau de fer. Qui se couple aux notes que prend alors sa voix. « - Je ne perds pas mon temps à m’encombrer de l’usage d’illusions. Et quand bien même, qu’y trouverais-je ? Tu te perds dans tes délires Morgan. Il n’y a rien à voir. Seulement la preuve que tu es en train de t’enliser dans la folie. » Le murmure est acide, aussi froid qu’une porte de prison. Calyxte se renferme. Chasse la convoitise physique pour se parer de toute l’aversion que les créatures comme Morgan peuvent engendrer chez lui. Il les exècre tout comme il les adore. « - Petite contrariété… » Le soupir meurt contre ses lèvres, juste avant que Morgan ne se défasse de sa prison de chair et ne s’éloigne. Calyxte se redresse alors, lentement, ses pupilles brûlantes figées sur la silhouette de l’autre. Un sourcil se lève à nouveau, imperceptiblement. Et pour parfaire ce changement d’expression, un sourire s’appose sur sa bouche. Confère à l’ensemble une aura de mystère qui sied au lieu dans lequel il se trouve. « - Et je constate que l’infection est en train de te ronger. Regarde-toi, à étrangler du vide. » Un infime éclat de rire sardonique brise le silence et l’homme prend le temps de lisser un pli venu s’apposer sur sa manche, contrariée d’avoir été ainsi malmenée. La question le prend de court. Tout comme la rage qui émane du coursier. Sa bouche s’entre-ouvre légèrement, mais aucun son n’en sort. Calyxte cherche ses mots. Le pouvoir. Le contrôle et la mainmise sur tout. Voilà ce qu’il veut. Ce qu’il désire plus que n’importe quelle autre chose futile. Le regard se durcit et il joint ses mains dans son dos, pour mieux toiser le pauvre homme.

« - Tu as tout compris, la discrétion et l’absence de doutes sont les seules choses qui me poussent à m’associer avec une créature telle que toi. » La phrase claque dans le vide, emplie d’un mépris sans limite. Il le méprise, comme toutes les autres créatures qui marchent sur cette terre. Comme il peut lui-même se mépriser. Morgan n’est rien de plus qu’un pion dont il peut user. Abuser jusqu’à ce qu’il se lasse et ne le jette. Comme tout le reste. L’intérêt de Calyxte s’essouffle rapidement. S’abime et se ternit pour disparaître. L’homme est détestable, en tous points et c’est exactement ce qu’il cherche. Et il ignore quoi répondre. Certainement pas la vérité. La confiance qu’il a en cet homme n’est pas suffisante pour qu’il commette une telle erreur. « - Contente-toi de penser ce que bon te semble. L’argent, est une excellente raison à cette collaboration. » Sa voix se pare d’une autorité qui n’appelle pas à la discussion. Pour lui, le sujet est clos. Il ne reviendra pas dessus et n’offrira rien de plus à Morgan.

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MessageSujet: Re: Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte   Dim 22 Mar - 22:34

Morgan n’aimait pas perdre le contrôle. À l’instar de Calyxte, il appréciait l’idée qu’il était maître de la situation mais, surtout, de lui-même. Hors, il était très loin d’être maître de sa personne. Son esprit fragmenté et fragile lui jouait des tours dont il se passerait bien.

Encore trop proche de lui, il était capable de se retourner à nouveau contre son commanditaire. Pourtant, cette pensée ne l’effleurait même pas. Il se moquait de le blesser, de le tuer. Il perdrait un excellent client dans la manœuvre, c’était certain. Mais, l’appel de l’argent n’était pour rien dans sa retenue. Ce qui le gênait véritablement, c’était les ennuis qui pouvaient en découler. Il ne pensait jamais en gestion de perte, il pensait en gestion de tranquillité. Hors, paradoxalement, il exécrait la tranquillité. Il ne vivait plus réellement et ce, à cause de cette chasse aux monstres parfaitement ridicule. Dire que cet homme qu’il avait envie de tuer autant que de toucher était une épine dans son pied était loin d’être un euphémisme. Était-il possible de haïr quelqu’un et de le désirer ? Il connaissait déjà la réponse, il ne lui aurait jamais permis de le toucher sinon.
Peut-être était-ce cela, son point de rupture ? L’environnement, les échos, la situation et lui. Lui qui ne voyait rien de ce que son esprit malade pouvait bâtir pour le tourmenter. Il voulait l’obliger à voir, à comprendre. C’était pourtant impossible.

La retenue était peut-être forte, la prise solide mais, lorsque Morgan était dans cet état, il ne pouvait être retenu si aisément. Sa colère, suite à cette tentative ne pouvait que croître encore et toujours. C’était d’autant plus vrai qu’il ne s’amusait de son état de faiblesse qu’il haïssait. Tremblant de rage, il s’était donné en spectacle, pathétique marionnette de ses propres hallucinations. Il savait qu’il n’y avait rien à démentir. Sa folie était avérée et quelqu’un en avait été témoin. Il en avait été témoin. La pire des offenses qui pouvaient lui être faite.

La question flotta dans l’air un moment. Morgan avait besoin de savoir. Il lui était nécessaire de s’ancrer dans le monde réel, d’oublier les odeurs, les sons, les souvenirs, la silhouette qui le fixait d’un air narquois. Il prenait grand soin de rester à distance pour ne pas être distrait par quoi que ce soit qui pouvait lui faire perdre pied. Mais la réponse ne lui convenait tout simplement pas.

- « Une créature que tu haïs autant que tu l’apprécies. De par nature, tu es curieux, tu aimes savoir. Mais, pas dessus tout, tu aimes le pouvoir. Tu aurais pu t’associer à d’autres coursiers à l’éthique tout aussi inexistante que la mienne. Tu aurais pu ne pas utiliser mes services mais, tu l’as fait. L’argent est une bonne excuse mais, cette excuse n’explique pas tout. S’il ne s’agit que de curiosité, méfie-toi, c’est peut-être bien elle, qui te fera tomber. »

Dans sa folie, il n’avait jamais été si étrangement lucide. Sa nature intriguait Calyxte. Le tout était de savoir à quel point il désirait en apprendre plus sur les gens de son espèce. Aussi, tournant le dos à sa folie, la sachant présente. Il s’approcha du sorcier à nouveau, ne laissant entre eux qu’une distance faible mais, bien présente.
Il semblait avoir recouvré ses esprits, semblait être de nouveau maître de lui-même. Il savait qu’il n’en était rien, que n’importe quoi pouvait le faire replonger mais, il s’était reconstitué une attitude, un visage. Il était subitement redevenu l’homme infaillible et froid, une lueur carnassière dans le regard, de celle qui vous oblige à vous demander si vous êtes au menu ou s’il a tout autre chose en tête.

- « À quel point tes précédentes questions étaient-elles intéressées ? Ou innocentes ? »

Sans lui toucher la main ou le bras, il suivit le tracer de ses muscles. Le tissu témoignait qu’il prenait grand soin à ne pas entrer en contact avec lui. Ça n’était ni pour le rassurer, ni pour le tenter. C’était pour s’assurer qu’il était lui-même, parfaitement en état de se contrôler, que le monstre voleur de vie était loin pour le moment. Il n’était pas tenté. Il confirma ce qu’il savait déjà, il avait agi sous le coup de la rage lorsqu’il avait pris l’énergie du marchand d’armes. Mais, si lui n’était tenté par rien, qu’en était-il de son vis-à-vis ? Lui qui n’avait jamais été très joué, l’était à présent. Pourquoi ? Il l’ignorait. Était-ce son énergie ? Les questions en suspends ? Par tous les dieux, il détestait ne pas savoir pourquoi il agissait comme il le faisait.
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Everything is nothing, life in a shallow grave ◖ Calyxte

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