AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Fake your death ▬ Li & Gawain

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Fake your death ▬ Li & Gawain   Dim 15 Fév - 17:04


Smooch, Smack. Répugnant baiser. Je la regardais peiner à entrer dans son jeans. Elle me les casse… ‘Non chérie, ce n’est pas le jean qui est trop petit, mais ton cul qui est trop gros.’J’ai ricané. Cette trainé me dégoute, à tel point que j’ai envie de vomir à chaque fois qu’elle vient ici. Elle me répugne et c’est pour cela que je l’appelle. Encore et encore. J’ai envie de gerber sur son corps nu quand elle se trémousse sous le mien, puis finalement j’achève seul ma course pour qu’elle se taise en absorbant assez d’énergie pour la voir sombrer. Ah comme tu me dégoutes la catin, je croyais que je ne m’en lasserais pas de tant de bassesse. Que je pourrais te regarder faner, jour après jour. Mais c’est arrivé ; brutalement. Ma lassitude ce matin là quand tu m’as giflé. Ma chérie.

Slack. Elle m’a frappé. Elle a voulu jouer. J’ai attrapé son bras et elle m’a ordonné de la lâcher. Je l’ai laissé courir jusque là porter et… Bang, bang. Kaboom. Un sourire satisfait. Son corps dégoulina le long du bois. Jolie décoration. Elle s’est crue trop familière envers ma personne. Elle a pensé pouvoir réclamer un semblant de fierté. Elle a pris des libertés qu’elle n’aurait jamais du franchir. Pétasse. Elle ne manquera à personne. J’ai pris son verre d’alcool pour le vider dans la cuvette et j’ai pissé par-dessus. Un coup d’œil à l’horloge. Le temps qui file sans le moindre intérêt. Un coup d’œil dans le miroir. Ce n’est pas le reflet qui est difforme, mais ma gueule. Elle a eu beau me salir, je me trouve toujours aussi peu cool ; j’en suis ravi. Ring a ling a ling. Ce téléphone ne va jamais la fermer. Enfin, tu tombes bien toi. J’ai besoin d’une femme de ménage. « Si t’as faim dépêche toi. La viande est encore fraiche. » Imbibée d’alcool certainement. Mais ce n’est pas mon problème.

Je me suis installé dans le canapé, observant la chaine animalière. Une émission assez particulière. Un charognard dévorant une putain. On pourrait presque en faire un titre de porno. Elle a l’air à son gout, elle n’avait plus été du mien. Seulement, il ne me restera que l’ennui après ça. Ba-dumm, bumm bumm. Tiens, déjà mon cœur s’emballe à l’idée d’une partie de chasse…

« Salut… » Elle me regarde, me fit remarquer que j’empeste la mort. J’assure n’avoir rien mangé d’avarié. Pas moi en tout cas. Je souris et entre dans le ‘vestiaire’. Les filles sont là, en train de se préparer, c’est à peine si je les regarde. En fait ce que je cherche, c’est un endroit où planquer à l’avenir quelques jouets. Je ne suis pas là pour voir si mon petit investissement n’est pas une erreur, d’ailleurs je n’ai pas de rôle à jouer là dedans. Officiellement, je ne possède rien. Je ne blanchis que mon argent d’un accord sellé avec la seule propriétaire des lieux, même si j’avais tendance à faire comme chez moi. Mais je n’avais fait que prendre au pied de la lettre un contrat amusant à mes yeux. Finalement, je me suis retrouvé à patienté, le cul sur le bar à regarder la pianiste rejouer quelques notes. Cette aubaine qu’ils avaient tous de travailler ici et d’être pour le moment indispensable.

Je me retrouvais face à Li. Tiens, je n’avais pas vu cette asiatique depuis quelque temps… Ou bien que je n’y avais tout simplement pas prêté attention. Je n’ai pas d’ami, juste des connaissances. Je ne m’inquiète de personne. Les gens vont et viennent. C’est ça la vie. Je n’ai aucune passion pour les bridées, mais Li est un monstre. J’ai tendance à m’accoquiner avec les aberrations de ce monde. Elle en était une belle. « C’est un vrai moulin ici… » Les gens reviennent de l’on ne savait quel enfer. Ils affichent cette mine, fière. Comme si rien ne c’était passé. J’adore cette armure. J’ai souris, froidement. Il est vrai que nous discutions rarement, j’étais plutôt ce type qui la regardais danser et qui ne demandait rien de particulier. Elle va danser toute la nuit… Mes doigts se faufilent sur la corde de son corsage et défit lentement le nœud avec un regard espiègle avant de serrer sèchement celui-ci pour comprimer ce corps parfait. Serrant ses cotes et gonflant cette triste poitrine. Ce corps qu’ils vont tous admirer. Ah, comme j’aimerais que ces corps si somptueux agonisent avec toujours ce même sourire. « Umh… Désolé… » Menteur… « Alors, quelle fourberie a-ton prévue ce soir ? » Fourberie, le mot était plutôt faible, cependant les oreilles trainent dans cet endroit. Je lui donnais tout mon intérêt à cet instant, pourvu qu’elle ne me déçoive pas ou je serais probablement de bien mauvais poils... Personne n’a envie de cela.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Sam 21 Fév - 14:40



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

La chaleur vient caresser ton visage par vagues lorsque la scène s'ouvre aux coulisses discrètement. Les uns succèdent les autres, guitare à la main, tenues affriolantes et autres accessoires dignes du Masquerade. De petites fourmis ouvrières qui se pressent, se gênent, mais ne se bousculent que rarement, pour rejoindre leurs coiffeuses et vestiaires, et faire machinalement ce pour quoi ils sont payés. Ce pour quoi tu es payée, danseuse. Et pourtant, tu restes tranquillement assise dans un coin, le menton dans la paume, à observer d'un œil, tantôt amusé tantôt ennuyé, cette étrange fourmilière. Tu n'es pas la reine de ces galeries, Lili, tu fais aussi partie des ouvrières alors qu'attends-tu pour te mettre au travail ? Déjà quelques regards se posent sur toi, se demandent ce que tu fous, ce qui peut tant t'intéresser et si ta fainéantise sera récompensée comme devrait l'être ton travail, ou si une certaine « justice » baissera ton salaire. Enfin... ce sont là les pensées des idiots. Si l'intelligence faisait briller leurs pupilles, ils s'arrêteraient alors, regarderaient autour d'eux et souffleraient un bon coup avant de comprendre qu'il n'y a rien à comprendre.

Dépliant tes jambes, tu te mets enfin en marche, abandonnant ta chaise dans ce coin de la pièce sans intention de la ranger. Tu pourrais avoir envie de l'utiliser une prochaine fois, n'est-ce pas ? Tes pas lents et mesurés t'amènent devant ton miroir encombré de lumières et accessoires de maquillage. Combien de temps as-tu passé à contempler le verre, à remarquer ses nombreuses taches et autres cassures ? Trop de minutes et d'heures, pourtant tu ne regrettes aucun geste, aucune seconde. Pour sûr, tu aimes la danse plus que ta propre vie ou celle des autres, Lili, et l'on t'en a souvent fait le reproche. Mais qu'y peux-tu, au fond ? Tu as grandi avec l'élégance d'un autre temps, tu as évolué avec la force des arts. Certains oseraient dire, sans réfléchir, que tu as ça dans le sang, ma sœur. Pourtant, tu sais à quel point mes gestes étaient aussi pâteux que les tiens sont gracieux. Et il n'y a, de toute façon, dans ton sang, que les molécules du diable et ses pouvoirs monstrueux qui animent ce qui est mort et tuent ce qui est animé. Ca non plus, ma jolie, ça ne se transmet pas.

Avec toujours cette lenteur presque provocatrice à l'égard des fourmis qui se pressent sans cesse, tu laces tranquillement ton corsage. Peut-être t'en voudrait-on moins si tu ne donnais pas l'impression de venir quand ça te chante. Certes, il y a un planning à respecter, tu ne danses pas et ne t'occupent pas du bar tous les soirs. Il n'empêche que, récemment, tu sembles préférer l'absence à la présence. Tu n'aurais pas pu venir travailler avec tes blessures qui s'enchaînent les unes aux autres. A peine étais-tu remise de ton escape forcée dans l'ombre du siège gouvernemental, qu'un loup s'est permis de tirer sur ton corps, ratant le cœur, touchant l'épaule. Tu y ressens, d'ailleurs, toujours quelques élancements douloureux qui te font grimacer dans l'ombre. Tu ne t'abaisses pas encore à le faire en public pour ne pas déposer de soupçons sur ta personne, puisque la marque, déjà, ne se voit presque plus. Presque.

Sa voix glisse sur ton visage comme un serpent le long de ton dos, tandis que tu relèves à peine les yeux vers les siens. Tu avais repris, dans ton idiotie infinie, l'observation silencieuse de la pièce. Un vrai moulin ? Oui, l'allusion semble parfaite, bien que tu n'aies jamais mis un seul pied dans un moulin et qu'il est certain que peu de gens le font encore de nos jours. C'est ainsi avec les expressions, n'est-ce pas ?

Une fourmilière avec ses petites ouvrières qui se pressent à leur galère en prenant soin de polir la reine.

Essaies-tu de perdre ton emploi, ma sœur ? Tu serais capable de trouver une autre scène où lentement glisser avec tes capacités, c'est certain. Et cet endroit te donne parfois envie de vomir, souvenir persistant de tes précédentes mésaventures. Mais faire face, au lieu de fuir, renforce le lien entre la femme et le monstre qui devient plus grand de jour en jour. Toi qui résistais avec tant de vigueur, vois comme tu te laisses tenter par le côté obscur maintenant. N'est-ce d'ailleurs pas pour ça que Gawain vient te parler ? Aussi monstrueux que tu ne peux l'être, prêt à tout pour calmer sa soif d'énergie. Et sa soif de sadisme, n'est-ce pas ?
Ton souffle se coupe quelques secondes, tes côtes comprimées réveillant une douleur que tu n'avais plus connue depuis un certain temps. Depuis que les amis de Stain ont pris soin de toi. Etouffant un gémissement derrière tes lèvres serrées, tu retiens également une remarque acerbe en réponse à son désolé bien loin d'être sincère. Mais à quoi ça servirait, au final ? Tu préfères te retourner face à lui et laisser glisser tes mains le long de ton corps, comme pour constater que tout est bien mieux ainsi.

Merci. Murmuré comme une provocation qui te semble taire ta douleur. Un grand coup ici, ton doigt se pose à l'emplacement de son cœur, tes yeux plantés dans les siens, qui réveillera leur corps et fera briller leur œil. Puis nous nous retrouverons derrière le bâtiment pour recevoir le cadeau qu'ils offriront pour ma danse. Comment avouer un crime aux oreilles indiscrètes qui ne comprennent rien. Pas de fourberie, juste mon travail, tu t'inclines légèrement, presque moqueuse, sous la surveillance du chef.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Mar 24 Fév - 23:09

Elle me provoque et j’adorais cela. Je crois que j’ai toujours eu une fascination pour l’audace. N’est-ce pas elle qui m’eut donné un tic à mon horloge déréglé, quand au tac ; je crois que ce n’est qu’une question de détonateur… Je joue avec ces poumons, habituellement c’est un organe un peu plus bas que je m’amuse à torturer. Mais elle. Lui voulais-je du mal ? Non pas le moins du monde, c’était une si jolie poupée. Ces mêmes dont les fillettes tenaient dans leurs mains crasseuses, se s choses en porcelaine si fragiles que je regardais du coin de l’œil. Oh bien sur, les hommes ne jouent pas à la poupée… Les hommes jouent aux cowboys et aux voitures en bois. Mon père voulait toujours que je joue avec cette maudite locomotive. Mais il se trompait. Moi. J’avais envie de jouer à la poupée. Et j’ai toujours envie de jouer. J’aime glisser mes doigts vicieux dans leurs cheveux, les vêtir et les dévêtir. Leur faire prendre leur bain et les noyer parfois. Les maltraiter, après tout, ce ne sont que des poupées. Oui, j’adore les contrôler. Bouger, leur bras, leurs jambes. Ce sont des si jolis poupées qui ne crient pas. Leurs yeux se ferment tendrement quand je les allonge. Dans un cercueil. Oui, j’adore jouer aux poupées. C’est bien un jeu de mec. Papa se trompait.

Son doigt sur mon cœur. Enfin, s’il y en avait un. Bien sur, quelque chose se trouvait bien dans mon poitrail. Un organe qui me tenait en vie. Pourtant, symbolique, cela ne voulait plus rien dire. Charmeuse. Elle pourrait essayer, je ne suis de ceux qui ne parlent pas avec leur cœur, mais peut-être bien avec un organe beaucoup plus bas en matière d’attirance. Mais les étoiles dans les yeux, le cœur qui palpite et le souffle anarchique… Ce n’était pas pour moi. J’avais cessé de respirer depuis que je m’étais pendu. Oh oui, j’avais si lentement asphyxié qu’il ne m’est plus jamais venu l’idée de retenir ma respiration. Je la détaille, un léger sourire en coin. Je ne suis peut-être pas aussi séduisant qu’elle. Mais je sais mettre à profit sa beauté. Qu’est-ce qu’elle avait à y gagner ? Elle gardait son emploi et moi, je faisais disparaître dans la nuit ; le passage des monstres. Ainsi, s’achèvera notre bal.

« Cette dernière danse m’est d’autant plus plaisante si elle m’est accordée. » La tradition veut que l’honneur soit remis à la première danse. Je me suis toujours fichu de l’honneur. C’est pour cela que je crois que nous nous entendions à merveille. J’étais plutôt ravi de savoir qu’elle était revenue, bien qu’elle ne m’ait aucunement manqué. Personne n’occupe mes pensées, mis à part moi-même. Mon égocentrisme surdimensionné ne m’avait jamais fait défaut. Ne se soucier que de soit était une façon fabuleuse de se soustraire à la stupidité des sentiments des autres ou même de se soucier de leur pensées. Je n’avais pas besoin d’elle ; mais c’était une manigance qui mettait si divertissante. La seule complexité rendait le jeu excitant. Parfois, poser mes yeux sur un autre monstre, me renvoyait à ce sentiment de toute puissance que je puisse exercer sur l’humanité. C’était bien de cela dont j’avais besoin. « Elle sera mienne évidement. » Ce n’était pas même discutable je le crains. J’ai tendu le bras pour attraper l’un de ces cocktails préparé en avance pour se parer à la potentielle vague de clients s’apprêtant à entrer dans le cabaret. Je jetais un air dédaigneux au barman. Quelle atroce substance…

Je plaçais le verre entre ses doigts délicieusement fins. Bois-donc ma jolie. Je sais à quel point c’est écœurant. Mais ce n’est rien à coté de ce que nous accomplirons ce soir. Nous serons à vomir, plus que jamais. « Ce soir est le retour du grand carnaval ; a ta place. Pantin. » J’ai penché la tête, un air rieur. Oh bien sur qu’elle détestera cela. Mais tout cela n’est qu’un jeu. Un bras de fer ou nous tremblotions. Elle sait se battre, je sais user de mes pouvoirs à la perfection. Les choses semblent s’harmoniser parfaitement autour d’elle. Ma gracieuse.

La règle du jeu est si simple pourtant. Je dors sur un flingue et garde un œil sur toi. Je te regarderais exciter cette bande de chiens et je te laisserais choisir pour moi. Elle a le contrôle de cette part, du choix et moi pendant ce temps… Je n’avais qu’à savourer ce délicieux spectacle. Que le show commence. J’ai glissé mes doigts le long de son bras. Si peu d’habits ; je crois que cet endroit est l’incarnation de l’enfer. Brulons mes chéris. Je suis allé m’asseoir à cette table dans la pénombre, bercé par le doux souvenir de cette fille que je m’étais dégoté moi-même à l’arrière de cette boite. Et l’attente interminable de sa revanche réclamée à son oreille. Les moutons entrent, leur regard plein de vices. L’idée de tromper leur vieille épouse devenue trop fade ; quel bonheur pour eu alors de voir la peau de porcelaine de Li. Laissons leurs yeux savourer, puis nous nous régalerons.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Ven 27 Fév - 14:10



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ? Vous êtes liés dans cette illégalité malsaine qui offre aux monstres de quoi survivre en cette fin de monde. Et, il détient sur toi un contrôle évident. De quelle nature est-il ? Peut-être est-ce de savoir qu'il est plus puissant que toi, prêt à te casser entre ses doigts lorsque l'occasion se présentera. Va savoir. Toujours est-il qu'il est bien présent, enserrant tes petites épaules de ses mains froides. Et puis, avouons les choses comme elles sont, tu as toujours aimé jouer avec la mort, te laisser glisser dans son étreinte meurtrière pour mieux lui échapper. N'est-ce pas pour ça, après tout, que tu as si longtemps traqué le loup ? Tu ne voulais pas le tuer, tu voulais qu'il te tue, qu'il essaie au moins. Oh oui, il a essayé. Et, un jour, il ne manquera pas de réussir.
Ne serais-tu pas un peu maso, dans le fond, ma sœur ? Ne réponds pas, je ne veux pas savoir. Mais regarde-toi, tu traînes volontiers avec ce genre de gars, prêt à tout pour te faire souffrir. Le loup ne te suffit plus, il faut croire, que tu te presses au devant de Gawain, attendant le jour où il se lassera de petits larcins et finira par te planter un couteau dans le cœur. Pour le moment, tu te contentes de supporter ce corset qu'il a resserré et cette boisson qu'il a placée au creux de ta main. Il est ce que tu es, monstrueusement inhumain, il sait donc qu'il n'y a pas plus écœurant que ce qui n'a plus de goût au fond de vos gorges. Pourtant, tu relèves le menton de quelques millimètres et, sans cesser de le fixer, tu lèves le coude, poses à peine les lèvres sur le verre et bois d'une traite son contenu, retenant habilement une grimace de dégoût. Il ne faudrait pas t'avouer vaincue.

Surveille les fils, Geppetto. Le pantin pourrait essayer de les couper. Tu mimes d'un bras les mouvements désarticulées d'une marionnette qui, rapidement, deviennent plus fluides et se muent en révérence. Ne loupe pas une miette de mon grand retour sur scène.

Redressant ton petit corps, tu repousses ta chevelure ébène et diriges tes pas derrière la scène, pour te préparer au spectacle de ce soir. Ses doigts semblent avoir brûlé ta peau douce et redonné du courage à ta vilaine âme. Les jeux sont toujours plus amusants lorsqu'ils sont joués à deux. Il est vrai, n'empêche, que ta tenue laisse à désirer. Si l'on t'avait dit, à tes dix ans, que tu apprenais l'art ancien de ton pays pour finir en si petite tenue à éveiller les hommes de leur cauchemar quotidien, qu'aurais-tu dit, qu'aurais-tu fait, ma jolie ? Certainement aurais-tu levé un bras, plié un genou et repris ton entraînement là où il fut arrêté pour ce genre de... broutilles. Tu as toujours aimé ignorer les remarques, pas que tu en reçoives un plaisir insolent, simplement que tu les as toujours trouvées inutiles. Tu danseras dans la boue ? Tu glisseras sur la scène d'un cabaret ? Qu'importe, au final, tant qu'il t'est permis de danser. Et tu n'as jamais plus aimé la danse que maintenant, alors qu'elle t'offre de quoi subsister. Aah... tu as enfin cessé de lutter. La symbiose entre la femme et le monstre est si agréable.

Tapie dans l'ombre de la scène, attendant patiemment ton tour, tu repères d'ores et déjà ta future victime. Un vilain garçon assez robuste pour calmer ta faim, un homme isolé dont l'absence ne saurait être remarquée. Ce genre de personnes qui passe la porte du cabaret tous les soirs dans l'espoir d'oublier un temps qu'une vie existe en dehors des murs. La plupart serait bien en peine d'expliquer à leur dame qu'elle préfère les chanteurs aux danseuses. Le reste les emmène pour leur faire apprécier les danseurs et, ainsi, ne pas avoir à supporter leurs plaintes suraiguës. Les plus intelligents n'ont pas de famille, bien évidemment. Toi, dans tout ça ? Tu joues celle qui s'amuse à déchirer les cœurs, à couper les fils de vie. Tu joues, enfin, presque avec fierté, le monstre que tu as toujours été, prêt à tout pour survivre.

Et pour danser.

La scène s'ouvre à ton corps et tu glisses sous la lumière, dévoilant ta peau colorée à leurs yeux fatigués. L'heure est venue de faire la seule chose que tu sais faire, bouger gracieusement par-ci par-là, errer sur les planches, ton regard sombre inlassablement posé sur tes proies. Il faut leur faire comprendre, laisser pousser en eux l'idée que ce geste est pour eux, ce mouvement les invite, cet autre est timide et celui-ci plein d'audace. Laisse-les imaginer ce qu'ils veulent dans une danse que tu exécutes pour d'autres, tout aussi idiots qu'eux. Laisse-les croire qu'ils ont gagné le cœur froid de l'asiatique, qu'ils auront le droit, ce soir, à rentrer chez eux heureux. Aah... que feront-ils quand ils seront devant toi ? Ils n'oseront pas toucher le mirage de peur qu'il s'effrite, ils ne demanderont pas de danse, ils en rêveront. Tu n'auras qu'à sourire, incliner la tête comme par soumission et attraper les mains qui voudront effacer la fausse tristesse de tes yeux. Comme les mouches sont irrémédiablement attirées par la lumière meurtrière, tu n'auras plus qu'à cueillir la fleur qui se jette, volontairement, entre tes doigts. N'est-ce pas magnifique, ma mie ?

Tu inclines ton petit corps, salues une dernière fois les spectateurs et disparais en coulisses, non sans souffler un grand coup et te presser à l'extérieur du bâtiment pour prendre la brise du soir. Ils ne tarderont pas à arriver, aussi profites-tu de ta solitude pour réarranger ta longue chevelure et t'asseoir sous la fraîcheur de la lune, sur un tabouret du Masquerade étrangement placé là. Oui, ils viendront, tu te nourriras, monstrueusement indifférente, et il restera deux cadavres à déplacer dont tu n'auras pas envie de t'occuper. Il est plus agréable de jouer que de débarrasser, n'est-ce pas ?
Un mouvement proche redresse ton dos bien droit et croise tes bras sous ta poitrine tandis que tes yeux sondent les ténèbres de la nuit là où tout humain ne verrait qu'obscurité terrifiante.

Allons, allons, patron, ne sois pas en retard pour le dîner. Les femmes n'aiment pas attendre quand elles doivent partager.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Mar 17 Mar - 22:40

Le pantin pouvait essayer, il de débattra de ses fils et je rirais de le voir s’étrangler. Je l’aiderai alors à étouffer lentement pour que le pantin puisse sentir la mort l’emporter. Oh que non, je ne raterais pas une miette de ce délicieux spectacle. Elle avait fait tourné les têtes, j’étais resté d’une grande indifférence, je crois que ce qui excite vraiment les hommes c’est qu’elle ne semble pas leur appartenir. Cet exhibitionnisme, cette façon de tout dévoiler sans rien donner. Elle dansait, je les regardais. Pantins. Joli festin… J’avais toujours eu une attirance folle pour la destruction, mais surtout pour la soumission. Le contrôle et pourtant, j’étais tout ce qu’il y avait de plus incontrôlable. J’étais tout et rien à la fois. Parfois si apathique, si cruel. D’autre fois rieur, songeur, mélancolique et capable de chagrin. Douce consolation. J’explose, j’éclate et tout recommence. Je n’ai pas peur de m’effondrer. Je n’ai aucune raison de tenir debout. Je me fiche de tomber, j’adore m’écorcher les genoux. Je peux montrer sans honte mes cicatrices. Je n’ai pas honte de ce que je ne suis pas, mon manque cruel d’humanité si souvent reproché. Je ne suis pas comme les autres, j’ai toujours été à part. Ma différence, ils l’on creusé et maintenant qu’ils assument que moi je l’eu finalement accepté. Je ne les juge pas coupable de mon étrangeté ; je ne leur en dois rien.

Finalement sa prestation cesse enfin. Non pas qu’elle m’ennuyait mais j’étais bien plus excité à l’idée d’un spectacle privé. J’aime que l’on me soit exclusif, par la force des choses. J’ai toujours cette façon d’écraser la concurrence ; de ne pouvoir la tolérer. C’était aussi là l’une des raisons pour laquelle je n’avais vraiment pas d’ami.

Je me levais enfin de ma table, sans empressement. Rien ne sert de se hâter ; laissons la fourmi faire son travail et moi, joyeuse cigale lui déroberait son butin. Je n’aime pas les histoires de morale. Le mal gagne toujours. Je gagne toujours. C’est un fait. Une réalité. Finalement je me joignais à temps pour la petite festivité. Le diner est servi et je devais avouer que la lassitude m’avait emporté depuis le début de la soirée. Pourvu que le final soit brillant. Car je n’aime être déçu, bien qu’à cet instant il serait à mes yeux difficile de faire pire. Je me sentais vide et renvoyé au néant de mon existence. J’avais envie de détruire. Les faux semblants, la manipulation me tenait éveillé. J’allais m’endormir et cette idée seule m’était insoutenable. Je ne peux m’assoupir. Je ne peux dormir, m’accorder ce répit, cette paix. Je m’y refuse. Je ne veux pas la paix, je ne veux que chaos.

« Les hommes mettent les pieds sous la table et les femmes n’ont qu’à servir… » Provoquais-je une fois de plus. Le joli festin est bel et bien servi ; je m’en rejouissais d’avance. J’esquissais un faible sourire, sortant de ma poche un paquet de cigarettes pour en pincer une entre mes lèvres avant d’approcher une bien triste et faible flamme pour y mettre le feu. Je soupirais faiblement en recrachant la fumée blanchâtre de cigarette que je ravalais pour laisser le gout du goudron exploser sur ma langue. Une sensation qui n’éveilla en moi que bien peu de plaisir ; je crois que j’avais grandement besoin de ce buffet. Quand aux corps, ils seront utiles pour d’autres desseins. Rien ne se perd. Ainsi va le cycle de la vie. J’observais ses traits magnifiques, si elle ne m’était pas si utile il y aurait bien longtemps que je me serais chargé d’elle… Jusqu’à ce que je me lasse. Des filles comme elle, il y en avait des centaines. Alors que moi… J’étais un de ces monstres que l’on espère unique et ne jamais plus recroiser. Un de ces cauchemars que l’on veut oublier, mais qui hante tout simplement.

Je souris faiblement, lui proposant généreusement la fin de ma friandise insuffisante. « Je te laisse l’honneur de prononcer les bénédicités… » Ricanais-je ; la reconnaissance était encore bien une chose qui m’échappait complètement. « Le chaos n’est qu’à quelques jours ; l’humanité aura bien besoin de leur bon dieu s’ils espèrent s’en sortir. Rien n’empêchera la gangrène de ce monde et nous serons aux premières loges… »


Désolé cette réponse est moisie oo
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Ven 3 Avr - 0:00



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Les femmes servent... et tu restes totalement indifférente, les yeux inlassablement posés sur le visage du monstre – car il y a bien deux monstre ici, l'un pris de folie, l'autre éperdu de sa nouvelle vie ; je te laisse deviner lequel des deux te correspond, danseuse. L'on peut insulter le beau sexe et le réduire en cendres, tu n'en as rien à faire, fièrement perchée sur ton tabouret, les lèvres moqueuses et le regard amusé. Peu importe que les hommes flânent et les femmes agissent, tu sais combien l'on t'a servie sans que tu n'aies besoin de rien faire en échange. Et puis, tu n'es plus femme depuis longtemps, ne l'oublions pas.

Comme ces nombreuses fois où tu restes silencieuse, ton regard se détache de ses cheveux rouges et divague un instant dans l'obscurité, suivant la ligne du mur avant de détailler les moucherons pris dans la toile d'araignée. Douce utopie que le monde où la danseuse asiatique, cachée derrière une fausse timidité, ouvre son cœur au spectateur conquis. Croient-ils réellement qu'ils auront droit à une danse privée, à un abandon pur et simple devant la lumière de leur âme sœur à la tienne ? Croient-ils que tu les as regardés avec honte, avec embarras ? Tu n'as vu d'eux que la grandeur de corps et la largeur d'épaule, dénotant certainement une puissance énergétique à ne pas bafouer. Tu as fixé tes yeux de monstres, mauvais et rusés, dans les leurs, qui ont cru voir alors une invitation, un appel à l'aide. Peut-être te sens-tu trop seule, ou alors trop entourée, et tu souhaites d'eux qu'ils soient à tes côtés ; l'un pour combler le manque, l'autre pour le vider. Et, par dessus tout, ils ont cru bon de croire qu'ils étaient le seul et unique pour lequel ta main s'est tendue et refermée, pour lequel à l'extérieur tu t'es précipitée.

Deux idiots sur le pas de la porte, portant leur regard vitreux d'un monstre à l'autre, d'un homme à une danseuse. Trois personnes invitées par la même danse ? Ils ne veulent pas y croire et sont prêts à parler, si au moins tu feintais de vouloir les écouter. Ils se taisent, ils réfléchissent, ils s'énervent, enragent de comprendre enfin la machination. Est-ce une mauvaise blague ? Une caméra cachée pour le vile Danny Clocker ? Ils ne laisseront pas faire, ils iront se plaindre à la patronne – si tant est qu'ils la rencontrent, un jour, en personne. Les hommes ont peu d'esprit quand leur ego est ainsi piétiné. Ah ? La danseuse croyait qu'elle pourrait tromper trois hommes à la fois ? Elle apprendrait bien vite où est sa place.
Et ce petit jeu commence délicieusement à t'ennuyer, t'irriter même. Tu es lasse de tout ça, et tu regrettes presque d'être revenue travailler. Peut-être Rafael aurait-il dû te tuer, finalement, laisser ton cadavre pourrir en bord de route, t'abandonner loin de la vie, cette misérable vie. Tu sautes à terre d'un bond, ne lançant qu'un regard indifférent sur ton patron, avant de te retourner vers les deux petits moucherons grognons. Un pas d'abord, imposant ta présence à leur colère inutile, puis un autre et le sourire te revient enfin. Paraît-il que certains monstres sont lunatiques et qu'il est dur de savoir quand ils cesseront de vous aimer pour vous détester.

Eh bien, les enfants... ne vouliez-vous pas jouer ? Qu'attendons-nous ?

Poussant l'un vers un mur, tu t'accroches aux vêtements de l'autre et guettes dans son regard l’étincelle de vie, d'intelligence, le soupçon et enfin la compréhension de la situation. Tu aimes à te délecter de la peur et de l'abandon, des cris qui sont rares et des coups encore moins. Tu ne peux plus renier le monstre en toi, ma sœur, alors que tu l'es plus que jamais, prête à tout pour rassasier cette faim constante qui fatigue ton petit corps. Et là, enfin, quand le courant passe entre tes intentions véritables et l'instinct endormie, le prédateur glisse ses doigts sur la peau de sa proie et se délecte de quelques souvenirs qu'il ne veut nullement connaître. Que t'importe les fils, les filles, les mères et les pères qui hantent les crânes, les guerres et les paix, les haines et les amours, tant qu'il sait te donner une grande partie de ce qu'il a, de ce qui le tuera, de son énergie délicieuse.
Un deuxième qui s'écrase contre le mur, plus violemment que le premier tandis qu'il ne saurait plus se lever, et tu reprends une grande inspiration, gonflant ta maigre poitrine d'air nocturne. Tu aimerais ne plus avoir à sentir la faim, cesser de fouiller dans le passé, d'éviter les cadavres sur ta route. Mais les utopies doivent être rêvées, et tu ne sais, en réalité, si tu en rêves vraiment. Un chasseur sans chasse n'est plus bon qu'au suicide ou à la lente dépravation du corps et de l'esprit.

Un pas de côté et tu fermes la sortie, glissant ensuite dans l'obscurité comme sur scène, avant de t'arrêter à hauteur de Gawain. Tes yeux se lèvent sur les siens et les idées se pressent dans ton petit cerveau, Lili, toutes si étranges, si dénuées de sens ou d'intérêt en l'instant. Tu le fixes pourtant, méditant ses paroles, réfléchissant à combien la gangrène est si lente à tuer le monde, à débarrasser enfin l'existence de l’existant, à tuer tous ces idiots qui ne servent à rien, à enfin achever le monstre qui erre péniblement.

Aux premières loges ? Voilà qui est alléchant mais... qui sait... peut-être que je serai morte avant que ce monde ne se déchire enfin, car il semble si entêté à vouloir m'éliminer, qu'il finira bien par y arriver. Non ?

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Jeu 9 Avr - 9:54

Les deux hommes sont là, étonné d’être au nombre de trois. Je ne leur prête pas attention, fumant une cigarette comme si de rien n’était. Au point qu’ils se mirent à douter de la raison de ma présence ici. Je n’écoutais aucunement ce qu’il se passait ; contemplant la lune qui reflétait sur ma peau laiteuse. Je l’observe simplement comme le ferait un poète, mais il n’y a aucune autre poésie qui m’enlace que les rimes de la mort. A quoi cela rime ? Je ne sais pas, je crois qu’il ne faut pas savoir et suivre le plan que la mort a pour nous. La mort a vu les choses en grand pour moi, je le sens. Puis un jour elle me frappera et je lui cracherais au visage. Mais je ne peux me venger de la mort, d’ailleurs je ne le ferais pas. Pas cette fois. Revenir avait été une grotesque et fabuleuse erreur. Quelque chose que j’avais du faire, je ne suis pas de ceux qui regrettent. Animé par ma haine j’ai voulu invoquer la destruction de ce monde qui se portait encore trop bien. A présent, le chaos viendra faire le reste. Je serais toujours là, près à le voir s’étendre sur leur âme emplie d’espoir. J’apprécie ce moment où, l’espoir se meurt.

Puis je me tourne vers la scène, la découvrant en pleine action. Qu’il y avait-il de plus excitant que le voyeurisme ? Pas grand-chose à vrai dire. Je regardais cette femme se nourrir sans le moindre scrupule. J’aurais les restes. Ce n’était pas noble en soit. Mais tellement divertissant. J’étais bien affaiblis ce soir là, et même si j’avais un talent inné pour la comédie à faire comme si j’étais indestructible. Je pouvais en duper certain. Je n’avais vraisemblablement jamais assez de nourriture. Et si les restes sont leur ultime étincelle de vie. Je dirais plutôt que je prenais le meilleur.

Sa question me prit au dépourvu, parce que je ne me suis jamais soucié de savoir si quelqu’un en avait après elle. Je ne me souciais pour ainsi dire : que de moi. Ma petite personne seule, parce que les amis sont de cruel puits à emmerdes. Voila ce qu’ils sont. Les amis m’ont toujours déçue et trahi. Je n’aime pas avoir des amis. La vérité, je n’aime pas les gens. « Nous sommes des monstres, ce n’est pas sans conséquence. Le monde se débat ; n’est-ce pas plus excitant après tout. De le voir chercher à survivre. Mais ils plongeront tous. Ils basculeront de l’autre coté pour sauver leur vie. Ils abandonneront toute solidarité et croyance. C’est à ce moment là que le diable achètera leur âme. A moins que quelqu’un les ai déjà dérobée… » Je prendrais leur âme. Les éliminer, petit à petit. La population diminuait de jour en jour et pourtant l’espoir continu. Je ne savais à quoi ils s’accrochaient, probablement à cet amour que je n’ai jamais compris. Je n’ai connu alors que le plaisir comme unique joie. Le plaisir de chair et surtout, le plaisir de tuer. « Si tu meurs. Le monde qui t’y attend est fait sur mesure pour quelqu’un comme toi. » Ou plutot, comme nous. Etait-ce une façon de vouloir la rassurer ? Je n’en savais rien. Peut-être… Je ne parle jamais de l’enfer. Je ne parle jamais de ma mort. Probablement n’imaginait-elle pas mon âge véritable. Ma mort si… Merveilleuse. J’avais échangé ma vie pour ne plus jamais souffrir. Je ne pleure plus le soir avec la rage de vivre. Je suis mort dans le fond, je le serais toujours. Les morts ne souffrent pas.

Je me suis détourné, m’accroupissant devant le premier des deux pervers pour l’attraper par la nuque et lui relever la tête. Le contact visuel était inutile pour s’alimenter, mais que j’aimais follement cela. Son énergie se véhiculait lentement vers moi, je sentais cette douceur m’envahir et son regard planté dans le mien alors que ces souvenirs le quittaient doucement. Je vis bien des choses ; le plus alléchant fut d’achever sa vie par la vision de son monstre à la crinière rouge. Il s’éteignait lentement et sa tête bascula en avant. Lourdement. Les yeux encore ouverts, tétanisé. Le deuxième, constatant la scène malgré son épuisement se mit… A pleurer… Répugnant. Je l’ai empoigné de façon brutale. Ivre de force ; je me suis relevé en l’encastrant dans le mur « Les lâches m’inspirent bien plus encore… » Ils feraient vraiment n’importe quoi pour vivre. L’une de mes mains caressait les quelques boucles qui coiffaient ce visage abimé par le temps « Allons… Je suis persuadé que personne ne t’as jamais vraiment aimé après tout… Ai-je tord ? » Je me souviendrais toujours de ce gamin qui me regardait à Darkness Falls d’un air abasourdi. Désolé de ta l’apprendre, mais c’est bien toi : tu es mort. Alors demain, il entendra la nouvelle comme quoi, il était mort.

J’ai lâché sa carcasse vide après avoir vérifié ma version des faits. Je me suis tourné vers l’asiatique avant de lui dire avec dédain « Sa femme l’a aimé, mais elle est morte après tout. » Qu’il la rejoigne. Je fis le tour de la jeune femme ; glissant mes mains sur sa taille en venant poser mon torse contre son dos. N’est-ce pas romantique ? Un sourire s’étirait sur mes lèvres fines et je murmurais à son oreille  « Réjouissons-nous, de n’avoir personne à aimer. » Ou plus personne... Je pensais que Li faisait parti de cette seconde catégorie. Elle semblait brisée de l'intérieur ou d'autres raisons que les miennes.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Mar 14 Avr - 10:35



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Voilà qui est bien dit. Des monstres, des conséquences et le plus excitant : la survie des dépravés, leur lutte vaine contre le Diable. Dévorez leurs âmes, déchirez les corps, rendez l'enfer de leurs souvenirs. Tuez-les tous ou laissez-les se dépraver, lentement, entre tes doigts glacés, car il est peu d'hommes capable de faire face à la Mort qui guette au coin de la rue. La peur, le stress, la folie qui ronge et l'humiliation, qui les mènera tous à la tombe. C'est ce que le baiser de l'araignée offre aux moucherons pris dans sa toile. Et tu te délectes de savoir que tu n'es pas la seule à être épiée, suivie et persécutée, touchée là où les dégâts sont le plus important : dans ton esprit déjà bien amoché. Mais ne médis pas sur ton sort, voyons. S'ils te laissaient tranquille alors la femme qui dort dans ton cœur pourrait se réveiller et casser tous mes plaisirs. Le monstre doit être le seul à vivre, ma sœur, car il est le seul à être ce que tu es réellement. Monstre de chair et de sang prêt à tuer quiconque se jette entre ses bras.

Le sourire revient sur ton vilain visage, amusé, attiré par la perspective d'une mort meilleure que ta misérable vie. Meurs donc, idiote, et le Diable viendra baiser tes pieds pour ton travail acharné, pour ta folie et ta monstruosité. Il est moins abîmé que toi, le pauvre bouc, et finira par t'enfermer pour ne pas avoir à craindre tes doigts ensorcelés. Quel dommage, tout de même, de devoir se priver de ton corps pour le mal qu'il a fait et qu'il continuera de faire.

Si le Diable vient me trouver en personne, alors je pourrais me laisser tenter.

Sans aucun doute une vision utopique de la vie après la mort, ma sœur. Mais ne te fourvoie pas, Lili, je suis ton Diable, le seul et unique, et c'est moi qui viendrai te chercher pour te porter dans mes bras de l'autre côté des flammes. Il ne faudrait pas abîmer tes petits pieds ou tu ne pourras plus jamais danser. Tu n'en doutes pas, étonnamment, et tu profites qu'il te tourne le dos pour fixer ton regard dans l'obscurité, dans le noir que tu ne vois pas. Tu sais que je t'attends, que je suis celui qui frappe à la porte de ta vie, attendant impatiemment le jour où tu daigneras m'ouvrir. Et tu déglutis, tu respires un peu plus mal. Ce n'est pas la mort qui te fait si peur, c'est ce qu'elle cache. Que peut bien t'importer les corps que tu as tués, les hommes qui voudront poser leurs mains décharnées sur ta peau d'ange, tu n'as peur que d'un et d'un seul, unique soupçon de culpabilité, un homme trop vite abandonné. Et s'il restait un peu de femme en toi, tu n'hésiterais pas à pleurer sur l'horloge qui tourne au creux de ton oreille. Tic, tac, ma sœur, le temps est presque venu pour toi de m'accompagner.

Tu feins de ne pas avoir sursauté, trop concentrée sur le vide de ta vie pour suivre la mort de deux idiots. Tu reposes alors ton regard sur celui qui pleure, brutalement collé au mur frais de cette nuit d'enfer. Peut-être aurais-tu dû rester un peu plus dans le coma de tes pensées torturées, ma douce, car déjà les mots du Diable rouge atteignent tes oreilles et transpercent ton vilain cœur qui suinte et bloque ta respiration. Tu ne sais pas, tu ne sais plus, tu aimerais répondre qu'il a tort, que l'on t'a aimée, que l'on t'a appréciée, que ce n'est que la mort qui te fait détester, mais la question ne t'était pas posée. Tu secoues la tête, écartant l'accusation de ton esprit, essayant de te convaincre toi-même qu'il ne cherchait pas à t'atteindre, à te détruire avec ses paroles vénéneuses. Ooh... je ne doute pas qu'il se fera un plaisir de te réduire en bouillie, ma sœur. Tu es une distraction et tout joueur finit par se lasser, tu ne crois pas ?

Le deuxième coup de couteau te fait sourire amèrement, tes yeux essayant de s'accrocher aux siens, d'y déceler, peut-être, la raison profonde de ses mots. Il est trop près de la vérité, au pied de la faille qui déchire la muraille autour de ton esprit. Un coup, deux coups, peut-être, et tu ne répondras plus de rien, perdue dans ta culpabilité, ta folie et ton humanité bafouée, oubliée. Ils t'ont aimée et ils sont morts, tous autant qu'ils sont, tous et moi avec eux. Tu es une gangrène dans ta propre sociabilité, tuant, brisant quiconque osant approcher trop près de ton cœur qui pue la mort et la solitude. Le tueras-tu lui aussi ? Non, bien sûr que non, on ne tue pas la Mort qui vient vous chercher.

Ses mains glissent sur ton corps et tu sens son torse tout contre ton dos. Vient-il réclamer un dessert après le souper ? Tu pourrais ricaner de ta bêtise, de la mienne, s'il ne frappait pas ton cœur une fois de plus. Cherche-t-il à te briser ? Qu'est-ce que ça change, au final ? Tu ne mérites que ça, ma sœur, et il a raison : tu n'as plus personne à aimer et plus personne ne veut t'aimer. Tes jambes tremblent un instant et tu voudrais t’asseoir, dissimuler ta faiblesse, reprendre contenance et répondre comme tu le dois. A la place de quoi tu te retournes, glissant tes bras sur ses épaules, tes mains dans sa nuque et tes doigts dans ses cheveux rouges. Si beau rouge, flamboyant, guidant ton âme égarée vers la sortie de ce sinueux tunnel qu'est ta vie. Ne change pas, tu voudrais lui dire, lui crier, ne change pas car tu es le Diable qui m'emportera. N'as-tu pas déjà promis ta carcasse à un autre, danseuse ? Vile femelle que tu es, prête à tout pour que la Mort t'emporte enfin, tout en espérant que ce soit le plus loin possible de moi. Mais je suis partout, prêt à t'accueillir, et je saurai être là où tu seras quand tu me rejoindras.

Réjouissons-nous, oui... car j'ai tué tous ceux qui m'aimaient, alors... Gardant une main dans sa chevelure rouge, tu glisses un doigt le long de sa mâchoire et murmures, par pure provocation : prends garde à toi.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Ven 17 Avr - 14:52

Le diable nous tentera tous. Le diable proposera à toutes leurs âmes d’échapper au trépas pour la plus longue des tortures. Il viendra. Pas pour moi. Il m’avait déjà tout entier. Il me tenait à sa parfaite disposition. Le diable a gagné. Le diable m’a remporté. Un doux prix. Il m’a gagné au moment même ou ma bouche c’est ouverte pour hurler sur la table d’accouchement. Il était resté à mon chevet. Ma mère a prié si fort que je vive et Dieu trop occupé pour ceux qui vivent déjà a laissé la besogne au diable. Le diable c’est amusé à me faire croitre dans un corps chétif ; un corps qui ne m’aurait jamais permis d’être un homme comme les autres. Puis je lui ai tout cédé. Diable, quitte à ne jamais être cool, pourquoi essayer encore et encore ? J’ai laissé les ombres me dévorer. Fichue solitude, intolérance à l’humanité qui m’eut donné naissance. Je leur ai tourné le dos, parce qu’ils ne m’auront jamais tendu la main. Tu n’as pas eu beaucoup de chance mon fils, mais je n’en avais pas besoin mère. Je n’avais pas besoin de toi. Je n’avais besoin de personne. Cette ère était close à tout jamais. Je me suis redressé, plus sombre que jamais. Plus vide. Je me suis relevé et l’ombre ne se met pas à genoux. Jamais. « Il n’y a qu’une façon de combattre les ombres… » C’est d’éteindre la lumière. Mais à la lueur de leur espoir, je survivrais.

J’ai senti son petit corps trembler contre le mien. Allons… Pourquoi tant de faiblesse ? Trop humaine. Je devrais laisser la colère m’envahir, mais je restais calme. Il n’y avait qu’à lui aspirer ce poison à présent. La faire à mon image. Elle se tourna pourtant et j’ai laissé ses serpents de bras s’enrouler autour de moi. Ses doigts glissent contre ma peau si froide, mordu par la mort depuis si longtemps. Mon regard vert se perdait dans ses prunelles si sombres. Tu es sombre ma petite. Ses mots glissent dans mon oreille alors que ses doigts provoquaient chez moi une onde étrange. J’ai perdu le sens du contact. J’ai perdu le sens de tant de douceur.

J’esquisse un fin sourire. Les émotions ? Quelle atroce idée. Je ne savais pas où elle avait été pécher l’idée que je puisse ressentir quelque chose à son égard. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas ressenti de désir viscéral. Oh bien sur, je me divertissais souvent. L’on me considérait alors comme un homme à femmes. Un homme qui aime séduire. Mais aucune personne n’avait jamais provoqué en moi… Pourtant, un visage me parvenait à cette pensée. Il y avait bien celui-ci, qui avait provoqué cette obsession. Cette volonté de le détruire, morceau par morceau. Voila donc une réalité des plus dérangeantes à mes yeux. « Tu les as tué, mais cela ne peut t’empêcher d’aimer à nouveau… Je me suis fait amputé du cœur il y a des décennies de ça… » A vrai dire, l’on pourrait parler d’un siècle. Mais je n’avais aucun intérêt à lui révéler mon âge véritable. J’ai remonté ma main gauche à l’emplacement de son corps. Mes doigts n’auraient qu’à plonger sous sa chair pour écraser ce misérable organe. Elle n’en sera que soulagé. Si elle savait…

Ma bouche c’est approchée de la sienne. Voulant gouter à la tentation de son être ; mais plus j’approchais et moins cela semblait tentant car j’étais sur le point de céder. Allez savoir pourquoi je suis si compliqué… Je suis un garçon malsain. Alors mes lèvres prennent un virage et s’approchent de son oreille pour lui souffler « Je pourrais arracher le tien… Maintenant… Ça brûle un peu… » Je ricanais faiblement, diaboliquement avec un naturel effroyable. Je me suis peu à peu reculé alors que mes doigts se crispent à l’emplacement de son palpitant avant de lui dire d’un ton fataliste. « Mais il faut le vouloir… Sans quoi, l’on en meurt. » Oui, l’on meurt de regret. Je n’avais jamais rien regretté, certainement pas ma mort. La vie m’avait abandonné et même si mon organisme fonctionnait encore tel un être vivant, j’étais… En train de pourrir peu à peu… « Ta vie se fane Li. » Elle s’y accrochait encore. Mais ça ne durera pas. Elle finira par accepter et elle s’arrachera le cœur d’elle-même. Sur ce verdict cruel, je l’ai relâché. Mes bras retombent doucement et même si j’ai froid là dedans, je me sens… Vide. Alors je vais bien. Tout va si bien à l’ombre des cadavres.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Sam 18 Avr - 11:41



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Un murmure, pas plus qu'un souffle, qui sonne faux à vos deux oreilles et bourdonne un instant dans ton crâne comme une vulgaire menace sans fondement. Tu sais qu'il ne t'aimera jamais et tu ne veux pas qu'il le fasse, tu préfères savoir que le monde te hait, prêt à refermer ses griffes acérées sur ton frêle cou de danseuse. Tu veux penser que l'un d'entre eux finira par te donner la mort qui échappe à tes doigts, encore et encore. Combien de temps vas-tu devoir continuer de survivre aussi lamentablement ? Tu n'es qu'une épave, un pâle reflet de la femme que tu fus avant tout ça, rien de plus qu'un cadavre qui respire, aussi méprisable et dégoûtante qu'un rôdeur en mal de chair. Tu ne vaux pas mieux qu'eux, Lili, alors tu mourras comme eux, méconnue et méconnaissable, abandonnée dans une fosse parmi tant d'autres de ton espèce, traitée comme une morte qui n'a pas voulu mourir quand on le lui proposait.

Mais il faut avoir aimé pour aimer à nouveau.

Ne cherche pas à te décharger d'un sentiment trop grand pour ton cœur, à essayer de duper le monde avec tes jeux de mots et tes sous-entendus bidons. Même si tu ne l'avoues pas, ma sœur, je sais ce qu'il en est en vérité. Je sais quelles émotions t'ont toujours habitée. Crois-tu que tu crèverais lentement de ta putain de culpabilité si tu n'avais jamais aimé ? Aah... peu importe. L'idiot s'enfonce dans l'idiotie à mesure qu'il vit. Tu es trop bête pour comprendre quoi que ce soit.
Tes yeux tombent sur son torse, inspectant ce corps qu'il dit sans cœur, enviant cette condition qui changerait tout à ta mort en sursis. Mais dis-moi ce que ça changerait, ma sœur, alors que le tien n'a jamais su exprimer le moindre sentiment sur ton visage de fer, alors qu'il bat si discrètement au fond de ta poitrine, si tant est qu'il bat encore. Avec ou sans, tu restes un monstre de chair et de sang, née monstre, morte monstre, tu ne t'en échapperas pas, et cette fausse femme que tu crois en toi finira bien par disparaître, que ton palpitant le veuille ou non. Non, vraiment, ma mie, ton cœur est mort depuis longtemps.

Ses doigts se posent sur ton cœur et tu relèves les yeux vers son visage, si près du tien maintenant. Tu vois le vert de ses iris, le rouge de ses cheveux et la peau bien vivante qui pourrait tant donner à ton corps décharné. Tu n'y penses pourtant pas à un seul instant, bien trop perdue pour oser ce genre de choses.
La proposition explose à ton oreille comme une révélation, un tournant décisif à ta misérable vie. Ce n'est pourtant pas une solution, danseuse. Tu es peut-être un monstre mais aucun corps ne survit sans son palpitant, jamais tu ne guériras d'une blessure de cette importance. Tu es trop fragile, trop futile. Peut-être, oui, peut-être que si tu avais laissé parler le monstre en toi dès le premier jour, dès les premiers instants de ta monstruosité, alors peut-être aurais-tu pu t'arracher le cœur de tes propres mains, en rire et le jeter dans les eaux du Styx, immortel mais sans corps, quel malheur.

Écoute-le, ma sœur, écoute la raison qui parle. Il faut vouloir vivre sans cœur, vivre plus mort que vivant, plus proche encore du zombie que du monstre. N'est-ce pas vrai ? Comment le Diable pourrait-il ne pas posséder de cœur, dis-le moi. Pourrait-il s'enticher des vivants et les malmener jusqu'à leur mort s'il ne possédait cet organe vital à chacun ? Crois ce que tu veux, idiote, moi je n'y crois rien et tu finiras bien par me comprendre et me donner raison. Je saurai ancrer l'idée à ton cerveau putréfié.

Pourquoi ne pas le faire, alors ? Un pas de plus vers ma fin... de quoi rendre jaloux plus d'un idiot.

Prendre ta vie dans l'instant, libérer le monde de ta putride présence, t'offrir à mes bras décomposés par le temps. Quelle joie pour tant de gens ! Et pour moi également. Mais tu n'as pas encore assez vécu, assez souffert, Lili. Tes fautes ne sont pas pardonnées, d'ailleurs elles ne le seront jamais. Il n'est pas temps pour toi de me rejoindre. Je préfère te suivre dans ta décadence, te guider au bord du gouffre de la mort et t'y pousser lentement. Je veux te voir prendre des vies jusqu'à ce que tu ne puisses plus prendre que la tienne. Alors, et seulement à ce moment, tu dégringoleras dans les ténèbres et tu atterriras dans mes bras pour des souffrances que tu n'as jamais connues jusqu'alors. N'est-ce pas alléchant, ma sœur ?

Tes bras se croisent sur ta poitrine et ton regard se fait presque méprisant, presque. Le constat est réel et tellement évident que tu pensais qu'il ne méritait pas d'être prononcé. Ta vie se fane Li. Et alors quoi ? Que veut-il faire ? Il devrait rire, se moquer, admirer la lente dépravation de ton corps et de ton esprit, pousser ton âme un peu plus encore dans les flammes des enfers. Il devrait aimer, non ? Savoir que tu n'es ni vivante ni morte, à mi-chemin du tunnel sombre, si proche et si loin de la fin. Qu'importe que ta vie s'égare puisqu'elle ne ressemble à rien. Ta vie se fane comme les plus belles fleurs le font toujours, et les plus moches aussi, Lili, ma belle fleur de prune.

Toute vie se fane un jour ou l'autre, qu'importe que la mienne approche de sa fin. Elle s'éteint depuis la première nuit si lentement que tous les pétales ne sont pas encore tombés. Ils finiront par le faire mais ils résistent inutilement. Qu'est-ce ça change pour toi ? Ne me fais pas croire que ça t'intéresse car même moi ça ne m'intéresse pas.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Ven 24 Avr - 14:21

Elle prétendait ne jamais avoir aimé. Quel méprisable mensonge. Je savais qu’elle mentait car comme tout être humain, elle a aimé. Ne serait-ce qu’elle-même. Les humain peuvent être narcissique au point de s’aimer et de se croire idéal. Fabuleux. De croire que cet être est capable de prouesse. Ah ah ! Quelle grotesque idée. Typiquement humain. J’observe cette créature qui pourrait être si imparfaite, pourquoi se vautrer dans l’idée d’être… Quelqu’un de bien ? De ne vouloir faire de mal à personne… C’était dans notre nature. Pourquoi lutter contre de pareils instincts ? Ne serait-ce pas préférable d’abandonner ? Elle me proposa de lui soustraire son cœur, si elle savait… C’est déjà en marche. Je me propagerais lentement en elle, je préoccuperais ses pensées de lugubres desseins et elle se déchainera dans la populace aliénée qui ne demande que sa fin. Je ferais naitre son désir pour le mal ; d’une façon ou d’une autre pour que l’humanité ne soit qu’une espèce éteinte. Nous n’avons que faire de cette sous espèce, de ces parasite qui hantent les rues de leur peur. Et quand il n’y aura plus rien, nous nous entre tuerons avant que la faim nous ronge.

Elle croise les bras, je l’observe alors quelle ne semble comprendre le sens de ce que je venais de lui dire. Bien plus qu’un simple constat, mais la prophétie de ce qui allait advenir à sa misérable existence. J’ai faiblement souris avant de lui rétorquer « Cela change bien des choses… Tu pourrais choisir de disparaître comme toutes ces choses qui grouillent sur cet immonde caillou qu’est ce monde. » Quel gâchis n’est-ce pas ? Elle pourrait finir comme ces deux minables… Je sortais mon téléphone de ma poche, j’avais projet grandiose pour les dépouilles. Après un court silence je relevais les yeux vers elle pour reprendre toujours d’une façon aussi posée « Ou alors… Je pourrais te promettre un enfer où il n’y a place pour aucun cœur. Aucun ne remord. Je peux t’y conduire. » Mes pas eux, me conduisait à l’approche des deux corps, je fis les poches pour prendre les téléphones portables et pièces d’identité. Je laissais les quelques billets pour le cabot qui viendra les débarrasser. Qu’il est si doux d’être riche. C’était une source de pouvoir différente qui me simplifiait grandement l’existence. Leurs noms m’étaient inconnus, je ne m’en souciais pas. Humains. C’était si pitoyable. Finalement je me suis arrêté dans le dos de la jeune femme et mes doigts se faufilent lentement le long de ses cheveux interminables. « Si tu suivais la voie que je te trace, tu y accédera sans encombre. Cela ne dépend que de toi… Quel gâchis que de te laisser aller à la dérive de tes émotions. » Alors qu’elle pourrait servir de plus grands projets. Qu’elle pourrait donner son âme à la destruction de ce monde. J’aime détruire, c’est un amour malsain. Un amour à double sens. Parce que la destruction m’adore et tente toujours de m’atteindre, mais elle m’épargne ; comme si elle avait besoin de moi. Absurde diriez-vous, personne n’est indispensable à ce monde. Je ne le sais que trop. Mais il est amusant de défier cette loi cruelle.

Je me suis replacé face à elle ; observant la femme qui me faisait face. « Voudrais-tu connaître l’avenir de ces hommes ? » Je désignais les cadavres d’un geste vague de la main. Est-ce qu’elle était prête à mettre les mains dans de sombres histoires, bien plus lugubres d’un simple meurtre. Après tout, les homicides courent les rues et il n’y avait plus rien d’exceptionnel au fait d’autre une vie dans cette ville. Leur course n’était pas terminée. La nuit ne faisait que commencer.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Jeu 30 Avr - 0:32



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Disparaître. Oui... c'est ce que tu souhaites plus qu'aucune autre chose au monde, ce que tu cherches constamment, traînant ta carcasse devant qui voudrait bien la détruire. Et tu t'y accroches, pourtant, tu frôles la mort et la nargues pour mieux la trouver par la suite. Sans aucun doute, tu la veux et tu la trouveras. Un jour. Seulement, ce jour ne vient pas, tarde à montrer le bout de son nez, en tout cas, et tu piétines, tu piaffes d'impatience. Regarde les choses en face, idiote, si tu n'es pas encore morte c'est seulement que tu ne veux pas mourir. Si tu ne t'entêtais pas à te sortir de toutes ces situations délicates qui pimentent ton quotidien, Lili, tu serais morte depuis longtemps, plusieurs fois même. Tu ne penses pas ? Mais il n'y a rien à penser, danseuse, c'est la simple vérité, et tu ne peux plus te cacher derrière un soi-disant monstre qui ne veut pas mourir, lui. Pourquoi ? Parce que je ne sais plus qui, de la femme ou du monstre, souhaite la vie et qui souhaite la mort.

Un regard plus dur que les autres, un court soupir entre tes dents serrées et tu prouves une fois de plus l'instabilité de ton esprit perturbé. Tu es lasse, déçue même, soûlée par deux mots de trop. Une promesse, une nouvelle, un autre mensonge que l'on murmure à ton oreille pour t'appâter, tirer sur les ficelles de ta vie sans les briser. Combien de promesses comptent-ils te faire sans jamais les tenir ? Un loup a un jour promis qu'il tuerait tous les sorciers de ce monde, un autre jour il a aussi promis de te tuer. Le temps est passé sur vos mauvais jours et qu'a-t-il accompli... Nouveau soupir, plus discret encore que le précédent et ton regard suit le Daybreaker dans sa fouille des dépouilles. Aujourd'hui, voici que le démon rouge se met lui aussi à promettre, à t'ouvrir un horizon qui pourrait te sembler plus beau. Qui pourrait te plaire. Mais comment mourir si tu n'as plus de cœur pour accueillir ni lame ni balle ? Il t'est déjà bien assez difficile de crever qu'il souhaite réduire un peu plus la probabilité de ton trépas.

Émotions ? Voilà ton plus grand souci, ma jolie. Tu es coincée entre la femme et le monstre, tu te laisses tirer entre toutes ces émotions contraires qui assaillent ton esprit en permanence. Tue donc, tu culpabiliseras plus tard. Mais plus tu tues, ma belle, plus tu t'enfonces dans le néant, plus tu ouvres le trou béant au fond de ton corps. Tu vas te perdre, te perdre dans ta culpabilité, dans l'obscurité de ton âme. Et alors tu n'auras plus les yeux du monstre pour sonder l'insondable, ni ses doigts meurtriers et son sang maléfique pour te sauver. Tu ne seras ni vivante ni morte, à demi-cadavre, errant ici et là, à la merci du monde entier. Ne crois pas, alors, que je voudrai de toi. Il est hors de question que la mort accepte de t'envoyer dans mes bras si tu ne ressembles pas même à un zombie, si tu es plus laide encore que rien au monde ne l'a un jour été. Tu dois être grande et forte, belle et monstrueuse, ange aussi bien que démon, pour que je veuille de toi. Alors accepte la main qui se tend à toi, accepte de tomber dans le côté obscur, ma sœur. Tu verras comme il est brillant.

Tes yeux tombent sur les deux cadavres, désintéressés, pas le moins du monde dégoûtés. Tu es habituée à la charogne, désormais. Tu sais quel bel état est celui du corps dans les minutes de sa mort, et tu sais ce qu'il deviendra s'il reste là plusieurs semaines, offert aux voleurs et charognards, à ces animaux maudits qui traînent en ville la nuit. Tu connais les meurtres au quotidien, que tu en sois l'auteur ou non, ce n'est plus la vue du sang qui pourrait te faire vomir, si au moins tu avais de quoi vomir. Et ces pauvres idiots n'ont même pas versé une goutte de liquide carmin.
Savoir ce qu'il compte en faire ? Est-ce que ça a une quelconque importance, au final ? Ces corps sont intacts, ils pourraient servir à tant de choses encore que tu n'es pas sûre de vouloir connaître leur avenir. Non pas que tu saches d'avance que tu en seras dégoûtée, écœurée, plutôt justement parce que tu n'es pas sûre d'être étonnée. C'est qu'il y a un quartier dans cette ville, un joli petit endroit sombre et répugnant qui pue la mort et le vice. Un lieu de recueillement pour tous les grands criminels de la Nouvelle-Orléans et tu connais bien ce petit paradis de minuit qui ne passe pas une nuit sans qu'un corps nouveau n'apparaisse dans une rue. Charmant, à n'en pas douter, et l'avenir des cadavres est tout aussi divers que la population de Storyville.
Mais il y a un monstre en toi qui veut parler, un monstre qui veut s'enchaîner dans sa cruauté, un monstre qui ment à longueur de journée. Un monstre qui a toujours cru que le mensonge était la solution, la seule vérité. Un monstre qui sourit à un autre, un monstre qui a tant à apprendre d'un autre. Un monstre plus faux qu'aucun autre, un monstre comme tant d'autre, au fond, qui souhaite mourir pour mieux vivre.

Savoir ce que tu feras de mon corps après m'avoir détruite ? Le défi fait briller tes iris sombres. Voilà qui est excitant... mais il faudra te presser, j'en connais plusieurs qui feront tout pour être le premier à le réduire en bouillie. J'aurais aimé pouvoir être là pour admirer ça. Tu souris seule de ta connerie. Dis-le donc, Gawain, que vas-tu faire de ces cadavres ? Surprends-moi, petit démon, la Guerre a déjà prouvé à quel point un mort peut être utile aux vivants.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Sam 16 Mai - 13:47

Je ne sais quelles pensées traversent cette petite tête, je n’avais pourtant aucune curiosité à les connaître. Je n’ai que rarement le loisir de m’intéresser aux autres, il m’est si rare de porter intérêt à quelqu’un d’autre que moi-même. Je soupirais faiblement face à la lueur qui habitait ses yeux. Excitant disait-elle, j’en doutais. Je souris railleur alors qu’elle prétendait être convoité. Sa mort. Je ne me battrais pas pour elle. Probablement d’autres avaient de meilleures raison de vouloir sa mort, pour ce qui me concernait, cela ne changerait pas grand-chose qu’elle soit vive ou non. Qu’elle puisse disparaître à tout moment ne changeait rien à mon existence. Je continuerais à vivre comme si elle n’avait jamais existé. J’étais doué pour cela. Et puis, j’étais persuadé qu’elle serait bien plus heureuse à Darkness Falls. Oui, c’était un monde fait pour les monstres. Je m’en étais échappé, et parfois je m’en trouvais nostalgique. Mais l’on vit avec le présent et je savais que tôt ou tard j’y retournerais. D’une façon ou d’une autre. Je ne suis pas immortel. Je suis seulement pourri.

J’ai saisi sa mâchoire entre mes doigts fins et vicieux. Plongeant mon regard dans le sien avec un sourire en coin sur les lèvres. Tant d’audace. Ma traiter de petit démon. Elle qui n’avait jamais visité l’enfer. « Je ne concoure pas pour ta mort Li. Je n’ai que faire de carcasse vide ; les âmes seules m’inspirent. Je laisse les corps à la sorcellerie. » La sorcellerie appartenait au passé à présent. Mes doigts dégoulinent sur sa gorge sans la serrer. Je devrais vraiment arrêter de toucher cette petite garce. Mais cette peau si parfaite m’inspirait. Oui, c’était particulièrement créatif ce que l’on puisse faire sur une peau si irréprochable cachant une âme si noire. C’était le plus fascinant chez elle. Cette beauté trompeuse. « La mort coute cher, les cadavres valent leur pesant d’or. Voudrais-tu m’accompagner et assister à leur transformation… » Alimenter le monde en zombi, alimenter le monde en monstre. Un travail que je pourrais faire moi-même si cela n’étais pas à ce point éreintant. J’approchais les lèvres de son oreille pour lui souffler un « J’en doute… » Cruel et au hautain. Mais à m’approcher de la sorte de cette femme, son odeur m’envouta un bref instant. Eveillant en moi la curiosité que l’on puisse éprouver envers un autre corps que le sien. La soif de découverte et de destruction. Je déposais un baiser glacé sur sa tempe. Une fleur fanée.

Je l’ai relâché, reculant légèrement avant de fouiller dans mes poches et sortir quelques billets que mes doigts froissaient doucement avant de les lisser. Papier si fade. Je les lui tendais effleurant sa poitrine, je crois que c’est là que ces femmes aiment se voir glisser quelques papiers verts. Mais je les descendais vers sa main pour les déposer dans sa paume avant de refermer moi-même ses doigts sur ceux-ci « Ta part. » Je mentais si bien, ou mal. Allé savoir, il est facile de donner l’illusion de n’être qu’un gars qui jure par son fric. Tant de pognon que cela m’en sortirais par les orifices. Tant d’argent, les riches s’en ventent, dépensent et achètent plus que raison. Je faisais simplement comme si. Mais les motivations qui animent ma vie sont bien plus lugubres ; elles sont de l’ordre de la destruction et ces foutu morceau de papiers n’étaient rien à mes yeux. J’étais en quête de pouvoir et non de moyen. Comme si… Je cherchais tout simplement à devenir indestructible ; m’enfermer dans un cocon de maléfices pour que la lumière ne puisse plus jamais m’atteindre. Je cherche à m’y engouffrer ; à m’y noyer ; à ne plus entrevoir la moindre lueur d’espoir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Mar 26 Mai - 19:08



Fake your death.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Au contact de ses doigts froids sur ton visage, tu frissonnes légèrement, ni de peur ni de rage, mais d'appréhension. Tu sais ce qu'il pourrait te faire, ce qui lui serait si facile à faire. Tu sais aussi ce que tu mérites, ce que tu cherches sans relâche. Mais, avouons les choses, Lili, si tu ne sais pas ce que tu veux vraiment, tu sais ce que tu ne veux pas. Ou, du moins, commences-tu à le comprendre. La mort t'effraie, ma sœur, plus que la douleur qui devient ton quotidien. Tu cries au monde de t'achever sans jamais te résoudre à le laisser faire. Et, au fond de toi, tout au fond de ton cœur pourri, tu trembles devant la vie, la survie que l'on te réserve. Mais, ça… tu ne l'avoueras pas.

Tes lèvres se pincent et tes paupières se rapprochent imperceptiblement. Soulagement ? Déception. Il ne veut pas plus de ta mort que de ta vie, ma Lili, et tu es déçue de l'apprendre. Tu pensais pouvoir lui confier tes derniers instants, lui cracher au visage ton dernier souffle. Tu pensais que la mort serait plus belle de sa main, plus sûre à refermer ses doigts glacés sur ton cou. Mais il ne veut pas de toi, il ne veut pas s'abaisser à perdre son temps avec toi. Meurs donc dans les bras d'un autre, traînée dans la boue du gouvernement, ça ne l'intéresse pas. Et tu ne lui manqueras pas. A quoi bon, alors, être avec lui, ma sœur ? Pourquoi te donner du mal à lui trouver de quoi passer la nuit, à partager ta faim avec lui ? Au final, tu lui donnes ce qu'il veut et il ne te rendra jamais la monnaie de ta pièce, ma chérie. Tu lui fais le plaisir de le servir, mais il ne sera jamais ton bourreau. Il ne sera jamais plus qu'un homme d'argent qui a parié sur le mauvais cabaret. Ne perds plus ton temps avec le faux diable, danseuse, et va donc chercher un autre monstre à provoquer.

Un frissonnement, qui traverse tes épaules et court le long de ton dos, ranimant en toi une ancienne peur, un dégoût que tu as su taire au fil du temps. Les zombies. Quelles belles créatures, tu ne trouves pas ? Bravant la mort, revenues à la vie pour mieux la détruire, prêtes à tout pour emmener un seul vivant de l'autre côté. Réveille leurs cerveaux endormis, ma sœur, et le monde mourra. Plus aucun souffle d'air, plus aucun battement. Plus que chair et sang, pourriture et décomposition. N'est-ce pas le monde parfait pour les lâches comme toi ? Tu ne m'as pas laissé t'emmener avec moi, Lili, mais je parie que tu te laisserais faire si aucun autre ne devait survivre. Aah… mais tu serais prête à te tuer avant qu'ils n'osent croquer ta peau douce et goûter ta beauté. Tu te perds dans tes peurs, danseuse, mais regarde-toi, c'est la douleur qui t'effraie le plus, tu ne crois pas ?

Tu accueilles le murmure sans un geste, sans un bruit, stoppée dans ton propre espace-temps, bloquée dans un monde qu'il ne comprendrait pas. Tes oreilles perçoivent à peine les mots et tes yeux ne voient plus le monstre mais derrière lui, presque à travers lui. Comme une ombre, qui sourit à ta folie, qui épouse ton cou et empêcher l'air d'y passer. Comme un fantôme du passé, un vengeur du royaume des morts, un souvenir persistant, une culpabilité meurtrière. Comme un éclat inquiétant dans l'obscurité. Comme un visage connu dans l'inconnu.
Et la détonation, terrible, qui ramène ton esprit dans son enveloppe, concentre ton attention sur le diable rouge qui se permet des familiarités. Tu oublies l'inutile baiser pour passer tes doigts fins sur ta gorge, t'assurer que tu rêves éveillée alors que tes yeux fouillent l'ombre à la rechercher d'un mouvement suspect. Il a raison, à ce point raison que tu voudrais l'étrangler. Tu n'aimes pas que l'on touche ton cœur endormi, et il tremble, en cet instant, de quelques paroles de trop. Tu ne voudrais pas assister à ça, à la transformation d'un cadavre en mort-vivant, car je suis ton zombie. Tu ne serais pas capable de supporter la mort qui revient à la vie, après m'avoir vu détruire ta survie. Mais ça non plus, tu ne l'avoueras jamais.

Tes doigts se referment sur les billets verts, froissant le papier fragile d'une pression trop forte. Croit-il que tu veux de son argent, que tu as besoin de son argent ? Tu pourrais tout aussi bien vivre plus pauvre que le plus pauvre des mendiants du monde, qu'est-ce que ça changerait, au final ? Tu n'as besoin ni d'eau ni de nourriture, tes blessures se referment d'elles-mêmes, et tu ne pleurerais pas de vivre dans une rue. Ta maison est presque un égout avec vue sur les étoiles. Et l'argent ne t'aidera jamais à trouver de quoi vivre, les hommes pullulent à la Nouvelle-Orléans, après tout. Non, vraiment, tu ne veux pas de cet argent. Surtout pas d'un démon qui a voulu te faire croire que la mort viendrait de sa cruauté et non de ta folie dévastatrice. Qu'il aille donc se payer d'autres putains avec son pognon et qu'il te raye de ses plans foireux. Tu seras crevée bien avant qu'il ne les mette à exécution.

Si radin… Un sourire sur les lèvres, tu glisses les billets à sa ceinture. Si inutile. Tes iris s'illuminent de provocation inutile. L'argent, bien sûr. Tes doigts attrapent une mèche flamboyante sur ta peau blanche, jouant avec quelques instants. Tu feras le plus beau des Marcheurs, Gawain. Tu le repousses et recules. Mais, laisse-moi te décevoir, je ne te suivrai nulle part. Et même si j'en avais l'envie, je n'en aurais pas le temps. Ma vie se fane ? La voie que tu me traces ? Il n'y a qu'un chemin, un problème. Et les zombies n'en sont pas la solution. Un éclair de lucidité dans ta stupidité, et si… Ma part n'est pas faite d'argent, trouve-toi une autre conne à enrôler.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Fake your death ▬ Li & Gawain   Mer 8 Juil - 14:49

Il y avait bien des choses auxquelles j’étais particulièrement intolérant. Comme ce qu’il était en train de se passer. Perdre le contrôle ; la frustration. C’était deux choses qui m’ont toujours été inadmissibles. Radin, elle replaça les billets en ma possession. Au niveau de ma ceinture, comme si j’étais l’une de ces putains. Oh oui, je sais ce qu’elle cherche. Et je ne suis pas disposé à le lui donner. C’est l’histoire de Sado et Maso. L’un dit : va s’y fais-moi mal. Et l’autre répond : non. Voila ce qu’est finalement, le vrai sadisme. Les autres ne sont que de foutus amateurs, s’ils ne peuvent comprendre cela. Quel bonheur peut-on éprouver à tuer quelqu’un qui y prend plaisir ? Je n’en éprouvais aucun et sa provocation me laissa pourtant songeur. Elle joua avec mes cheveux rouges, et c’est dingue comme cela m’horripile. Je n’ai jamais aimé le contact avec les autres ; le contact souhaité de l’autre. Je préfère les répugner. Je suis bien trop accoutumé au dégout dans leur regard pour me laisser charmer. Je ne misais en rien sur mon physique, j’avais une image assez dégradante de moi-même, je ne cherchais pas à briller dans tous ces ténèbres. Elle me repousse aussi bien physiquement que moralement. Ses mots éveillent en moi l’ardente volonté de l’écrabouiller comme une vulgaire fourmi ; parce qu’elle venait de se débattre. Parce que l’ennui céda brutalement sa place. J’ai saisi l’asiatique par la gorge alors qu’elle se pensait plus maline que moi ; moins conne que les autres. Je peux lui prouver qu’elle est la pire de toutes.

« L’argent achète tout… Ils sont tous près à se ruer sur moi pour en avoir. Mais l’argent m’indiffère. L’argent… N’est rien. Tu es faite de quoi alors Li ma fanée ? Il n’y a que la mort qui m’inspire et au fond de toi ; je sens… Que la mort n’a pas fini de jouer avec toi. Je sens… Que tu es dévorée peu à peu et il serait si dommage… De nous priver de ce spectacle. Et quand tu seras prête pour cette danse macabre, pantin… Je viendrais te chercher. Je viendrais à toi et tu ne pourras m’échapper. » Je gardais mes doigts autour de sa gorge, lui empêchant toute respiration. Aurais-tu encore envie de me toucher trainée à présent ? Maintenant que je t’asphyxie ? Oserais-tu encore me toucher avec cet air presque pensif à présent que je te contrôle. Un sourire se tisse sur mon visage, serein. Je serre toujours cette gorge avec une poigne solide ; cruelle. Je n’ai pas de pitié, pas même pour une ‘semblable’ ; qu’elle n’oublie jamais qui de nous deux est le plus puissant. Qu’elle n’oublie jamais que je pourrais déjà la briser si le cœur m’en disait. Mais mon cœur ne m’en disait rien. Il disait de la laisser vivre car nous nous amuserons plus tard. « Tu es faite de pourriture et j’irais te répandre dans ce monde jusqu’à ce que tu n’es plus rien à salir. » Que tu n’as plus la moindre consistance. Je la relâche finalement, laissant l’air entrer dans ses entrailles nauséabondes avec un sourire marquant mon amusement certain. Qu’elle le veuille ou non, elle n’avait pas le choix. Et si nous avions toujours eu cette façon de fonctionner où elle me servait gentiment mon repas ; cela ne se terminera pas parce qu’elle en a décidé ainsi. « Tous ne sera terminé que lorsque je l’aurais décidé, ma jolie fleur empoisonnée. »

Une voiture s’arrête à ce moment là, deux skinchanger descendent et chargent les cadavres dans le coffre. Je me débarrasse des billets verts accroché à ma ceinture avant de me diriger vers l’automobile. Je lui jette un coup d’œil avant de m’asseoir ; un sourire railleur alors que dans mes yeux brulaient les flammes de l’enfer qu’elle ne connaît pas encore. Je te conduirais à Darkness Fall chérie ; quand tu seras à mes yeux suffisamment folle et donc digne d’y être. « Prend garde, dans l’obscurité, l’on ne fait plus la différence entre ses amis et ses ennemis. » Alors avant que le soleil ne s’enfuit derrière les ténèbres de ta vie ; prends contre ton cœur le peu de personnes qui compte à tes yeux. Car demain il sera trop tard. La portière se referme derrière moi et le moteur gronde tandis que la voiture disparaît.
Revenir en haut Aller en bas
 

Fake your death ▬ Li & Gawain

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ♦ i'm a fake.
» Critique : Death Race
» [Aken] Fake Made [Stylize IC]
» Image drole de Death Note
» I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-