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 "If a violin string could ache, i would be that string." [PV: Kyran]

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MessageSujet: "If a violin string could ache, i would be that string." [PV: Kyran]   Lun 16 Fév - 0:38

L’animal blanc gambadait allégrement, ne se doutant un instant du prédateur qui le fixait. Il avançait naïvement, tandis que le félin attendait patiemment que sa proie s’approche. Puis, soudainement, le lapin huma l’air. Sentant un danger, il s’enfuit. Feulant dans sa détresse, le chat sauvage bondit, les crocs dévoilés. Quelques bonds furent suffisants pour réduire la distance qui les séparait à néant. La peau du lagomorphe ne montra qu’une piètre défense face à la mâchoire puissante du mammifère. Des goutes écarlates vinrent tacher son pelage immaculé tandis qu’il poussait son dernier souffle.

Sanjana se cambra dans son lit. Les yeux clos, l’esprit toujours engloutit dans le monde des rêves, son corps réagit cependant au froid qui se fit ressentir. Une brise. Un cri. Un battement d’aile. Puis, soudainement, l’indienne se réveilla en sursaut, sentant quelque chose glisser le long de sa joue. Tâtant du bout des doigts cette substance visqueuse, elle remarqua, avec dégoût, qu’il s’agissait de déchet naturel d’un oiseau, qui trônait sur le dossier de ta chaise, regardant sa victime d’un air moqueur. D’un geste vif, elle attrapa un oreiller, qu’elle lança à l’animal. Il n’eut le temps de s’échapper, et succomba face au choc, trop puissant pour son frêle corps.

La femme sauta hors du lit et effaça immédiatement la fiente d’oiseau avec un tissu qui traînait là. Son regard agacé se dirigea vers la fenêtre scellée. Il fut évident que cette créature n’était entrée par là. Soufflant brutalement, ses pas l’emmenèrent vers la source de la brise qu’elle ressentait sur sa peau. Quelques mètres lui suffirent pour voir une fenêtre ouverte dans le couloir.

Une plainte mélangée à un cri sauvage s’échappa du plus profond de ton âme. Kyran. Voilà ce que disait ce mot déformé par la haine. Ses genoux fléchirent, son dos se replia, tandis que la haine se dévoilait dans son appel. Frappant le mur, elle s’élança pour rentrer dans cette pièce richement décorée qui lui servait de chambre. Sa main attrapa sans gêne le pied ce qui avait, autrefois, avait été un pigeon obèse.

Se retournant vivement, Sanjana courut jusqu’à l’endroit où elle pensait retrouver ce monstre séduisant qui lui servait d’hôte et d’amant, occasionnellement. La porte alla se fracasser contre le mur lorsqu’elle entra dans la chambre de son compagnon. Il était là, assis paresseusement sur son fauteuil, comme si le cri qu’elle venait de pousser n’avait été suffisant pour le faire bouger. Jetant le détestable oiseau sur son visage, la brune hurla :


-Putain, t’es con ou quoi? Ouvrir la fenêtre pour qu’un putain d’oiseau aille me chier dessus. Tu vas le regretter, je peux te l’assurer.

Si Sanjana n’avait pas été aveuglée par la haine, si elle n’était pas si frustrée qu’elle ne portait pas vraiment attention aux détails, elle aurait pu rire. L’homme se retrouvait, en effet, rempli de plumes grises qui gigotaient à chacun de ses gestes. Mais elle ne pouvait rire. Elle ne voulait pas rire. Dans son esprit tordu, tout était clair : il avait ouvert la fenêtre, sachant très bien qu’un oiseau rentrerait pour venir la déranger. C’était sot, car prétendre qu’il contrôlait la nature était alimenter son égocentrisme démesuré.


-T’es payé pour pourrir ma vie, ou ça t’éclate juste?

Elle recula d’un pas, alors que l’air froid vint, une nouvelle fois, caresser sa peau. Mais ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle remarqua le manque de vêtement sur son épiderme : en effet, elle ne portait que des sous-vêtements en dentelle. Ce n’était pas dans ses habitudes de se trimballer dénudée dans les couloirs du manoir, mais ça ne la dérangea pas plus que ça. Après tout, ce n’est pas comme s’il n’avait pas vu ce corps maintes fois. D’ailleurs, cette seule pensée fit renaître en elle un désir charnel face au corps du mâle en face d’elle, ainsi qu’un dégoût de l’avoir laissé caresser son corps – et d’avoir aimé ça.

La belle recula. Car elle ne voulait pas insulter son hôte plus que cela; elle avait juste voulu vider ce sentiment sombre qui la hantait de temps en temps, et elle venait de le faire. Certes, il serait naïf de croire qu’elle eut finit avec sa punition, mais ici, en ce moment, ainsi vêtue, elle se sentit ridiculement vulnérable. Elle répugnait ce sentiment, décidant de reculer jusqu’au couloir sans quitter de ses yeux ceux de Kyran.
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MessageSujet: Re: "If a violin string could ache, i would be that string." [PV: Kyran]   Ven 20 Fév - 20:07

D’un gris acéré, ses rétines parcourent les lignes du journal officiel des rebelles. Quelques ricanements viennent briser le silence à mesure que les lignes défilent. Il ne peut s’empêcher de commenter de temps à autres à voix haute certaines absurdités, même s’il est seul dans la pièce. Des grossièretés ponctuent également sa lecture tant les auteurs ont le don de l’irriter. Même s’il a toujours affirmé que ce torchon devrait uniquement être utilisé en remplacement du papier toilette, il juge préférable de se tenir au courant de ce qui s’y raconte. Il est encore loin d’avoir deux coups d’avance sur cette bande de bras cassés, et ce constat amer le pousse à faire du zèle. Le journal se retrouve subitement froissé entre ses doigts, lorsqu’un cri lugubre vient percer ses tympans. Il esquisse un mouvement pour se lever, puis se ravise et revient se couler dans le moelleux de son fauteuil. Il connait suffisamment la propriétaire pour reconnaitre l’urgence du caprice sans avoir à se déplacer, et il s’agit clairement de la seconde option. Il ne doute pas que s’il est concerné, la charmante tornade n’hésitera pas à le lui faire savoir en personne et à lui tomber dessus. Les pas empressés de la furie résonnent déjà sur le parquet ciré et ses lippes s’ourlent malgré lui d’un sourire corrosif. Le mafieux n’a pas besoin de sortir pour la visualiser en train de courir, complètement enragée.

La porte claque avec violence contre le mur, manque presque de le faire sursauter tant elle y a mis toute sa force. Son air amusé disparait toutefois aussi vite qu’il est apparu, lorsqu’il se reçoit le cadavre d’un volatile putride en pleine figure. Le scandinave se lève aussitôt de son siège, crache avec dégout les plumes écœurantes et ensanglantées du funeste animal. Sa paume vient essuyer d’un geste hargneux son visage et il fusille du regard son assaillante. « - Mais t’es devenue complètement hystérique ma pauvre fille ! Putain j’hallucine… » S’époumone-t-il, pas le moins du monde effrayé par ses menaces. Il est loin de la sous-estimer, il en a simplement l’habitude. Et la femelle apte à le faire trembler de peur n’est pas encore née, même si sa compagne d’infortune manie les explosifs comme personne. Un rire moqueur s’échappe de ses lèvres abimées, alors qu’il s’avance dangereusement vers l’indienne. Il crève d’envie d’entourer son joli petit cou gracile et de serrer jusqu’à sentir ses vertèbres craquer sous ses phalanges. « - Tu m’as percé à jour. Je ne vis que pour ça. J’élève une armée de pigeons en secret et l’un d’eux vient de réussir brillamment son test d’admission. C'est triste que tu viennes de lui couper les ailes. » Persifle t’il, en prenant l’air le plus sérieux possible.

Le prédateur furibond continue de se rapprocher lentement, s’arrange pour qu’elle recule jusqu’au mur opposé du couloir. Et se retrouve coincée entre lui et la tapisserie. « - En revanche toi, c’est dommage que tu ne sois pas payée à chaque connerie que tu débites, on pourrait s’offrir un palace plus grand et faste que celui-là. » Susurre-t-il, faussement aguicheur. Il ne plaisante qu’à moitié. Ils ont beau patauger dans un luxe opulent, ce n’est jamais suffisant. Il a trop souffert de la misère et de la pauvreté dans son enfance pour s’en satisfaire entièrement. « - Laisser la fenêtre ouverte pour qu’un pigeon te défèque dessus… Non mais sérieusement, t’en as d’autres des comme ça ? Je paye pas le chauffage pour que ça se barre dehors, d’une, et de deux j’aurais installé une caméra pour filmer. Réfléchis deux minutes. » Son index vient appuyer contre le crâne de son amante à plusieurs reprises, comme s’il cherchait à vérifier que cela ne sonne pas creux à l’intérieur. Ses prunelles claires dévient ensuite sur ses courbes généreuses, n’en perdent pas une miette. Il se rapproche sensiblement de son oreille, laisse son souffle brûlant la caresser avant d’y déverser son venin. Sa main droite se glisse dans sa chevelure d’ébène, avec une douceur plus que suspecte venant de lui. Il espère la faire frémir, arracher à son épiderme des frissons de colère. « - Va t’habiller, les vigiles n’ont pas besoin de profiter de ta lingerie fine. » Rugit-il subitement, avant d’empoigner férocement les boucles brunes et d’envoyer quasiment sa silhouette enjôleuse se fracasser sur le sol. Pas assez brutalement pour qu’elle se rétame réellement par terre, à son grand regret. « - Et tu vas me faire le plaisir de laver mes draps et de jeter l’oiseau avant que le chat ne s’en occupe et répande cette merde partout. Merci bien. » L’ordre hautain n’appelle pas à la discussion, même s’il sait d’avance qu’elle ne s'y pliera pas, même sous la torture. Trop fière et orgueilleuse pour s’abaisser à ça. Et il n'en attend pas moins d'elle.

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