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 (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]

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MessageSujet: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Ven 27 Fév - 17:24




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


(dialogue en italique: néerlandais)

Songeur. Maarten était songeur en sortant de la maternité. Songeur, parce qu’il ne savait pas vraiment sur quel pied danser. Songeur, parce que contre toute attente, ou plutôt toutes ses prédictions et prévisions, il commençait vraiment à considérer Hope comme sa propre fille et c’en était plus que déroutant. Pour un homme qui, comme lui, avait de gros problèmes pour gérer autant sa violence naturelle que les relations sociales quelles qu’elles soient, se sentir devenir de plus en plus responsable d’une petite chose aussi fragile que la gamine qui respirait actuellement par le biais de tuyaux et de moniteurs performants aux battements grinçant pour ses oreilles… se sentir devenir quelqu’un pour ce petit truc perdu dans un berceau trop grand pour lui, c’était une expérience déroutante. Voilà. Et songeur, donc, Maarten se glissa hors du bâtiment pour s’échouer dans une rue trop animée pour ses sens engourdis. Enfin, lorsqu’il trébucha sur le trottoir, lissa son costume et se passa une main machinale dans ses cheveux coupés courts, le Néerlandais s’autorisa un sourire qui ne devait pas le quitter jusqu’à son arrivée aux laboratoires, une bonne heure avant ses horaires officiels, dix minutes après ses horaires quotidiens. Quelques pas suffirent pour qu’il atteigne le poste de contrôle, que son badge glisse sur les détecteurs que qu’il puisse pénétrer dans les laboratoires de recherche du Gouvernement, un monde à part entière dans lequel il se sentait chez lui, mais un chez lui dans lequel il se sentait constamment surveillé. Ce qui était le cas. Pas le droit à l’erreur, dans un sens, pas le droit aux faux pas, on attendait de lui qu’il produise des publications, qu’il expose des constats, qu’il ait des résultats concluants ou tout simplement qu’il avance dans cette forêt vierge où on l’avait projeté bientôt… quinze, dix-huit mois ?, plus tôt. Et il produisait, il exposait, il avait, il avançait… à petits pas, malgré son expertise dans la matière et malgré l’expertise de l’autre chercheur. Qui n’était pas encore là.

Lorsque Maarten fit glisser son doigt sur l’ordinateur pour l’allumer et consulter ses mails, il poussa un soupir résigné à l’idée de n’avoir qu’une petite heure de tranquillité devant lui. Efficacité, expertise, c’était bien joli d’avoir ces capacités rassemblées dans deux chercheurs travaillant sur le même projet, mais ça ne suffisait pas. Et même s’il respectait – vraiment – le savoir de Lindenberg, ce n’était en rien suffisant pour qu’il l’apprécie. Il y avait trop de petites choses que l’exaspérer chez son collègue, de sa manie de ne pas respecter les principes pourtant simples d’étiquetage qu’à sa seule façon de respirer lorsque l’ingénieur avait besoin de réfléchir. En un mot comme en dix, Maarten ne savait pas travailler en équipe. Il n’était productif que seul, dans son coin, dans son laboratoire avec ses échantillons, ses livres, ses calculs et sa blouse maculée de tâches diverses et variées. Et le pire dans tout ça, c’était sûrement que quelque part, Maarten savait que c’était de sa faute ou plutôt une conséquence directe de son côté plus que maniaque lorsqu’on parlait travail. Ca n’allait peut être pas jusqu’au toc de comportement, mais avoir une paillasse propre, rangée, avoir des étagères bien ordonnées et ne rien laisser dépasser, ne rien laisser au hasard, creuser chaque sujet au maximum pour établir des conclusions précises, concises, complètes, dans son esprit tout cela formait un tout indissociable. Calme toi, imbécile. Dans un grincement, sa chaise de bureau pivota et le Saarloos se glissa jusqu’à l’armoire réfrigérée où patientaient les derniers extraits d’ADN reçus la veille. Puisque Lindenberg n’était pas encore là, il allait pouvoir extraire son propre ADN de Skinchanger et le mêler aux autres échantillons, comme à chaque fois que c’était possible. Selon leurs emplois du temps respectifs, même, le Néerlandais estimait qu’il lui restait à présent une grosse demi-heure de temps libre ce qui était amplement suffisant pour se faire une prise de sang avec le matériel qu’ils avaient et faire passer son propre sang pour celui d’un des sujets tests du Gouvernement. Pourquoi se livrer à ce petit jeu alors que sa nature n’était pas connue de ses employeurs et que c’était très bien comme ça ? Peut être parce que depuis qu’il avait découvert le milieu de la génétique, Maarten avait toujours été fasciné par ses origines et son identité génétique. De ses parents biologiques, il ne savait rien. Et il ne pouvait plus rien savoir depuis les catastrophes naturelles intrinsèquement liées à l’ouverture de Darkness Falls. De ses parents biologiques, aussi, il ne voulait rien savoir depuis des années, parce qu’il avait toujours vécu en ignorant tout d’eux et qu’il avait fini par s’y faire. Mais il conservait malgré tout cette fascination, accentuée d’un cran encore lorsqu’il avait changé définitivement de nature.

Serrant les dents, il releva une de ses manches et entreprit d’y placer un garrot d’une main maladroite, pestant lorsque le lien récalcitrant lui échappa et s’échoua au sol. « B#rdel » grincèrent ses dents dans sa langue maternelle aux sonorités plus que rugueuses dans ces cas là. Une deuxième tentative, un deuxième échec, Maarten fronça les sourcils en considérant l’horloge qui tournait et son temps qui s’envolait. Il était peut être large en arrivant, mais les secondes étaient en train de lui filer entre les doigts. Alors qu’il allait se résoudre à ne pas prendre de risque supplémentaire, le Néerlandais parvint enfin à nouer le garrot avant de tendre consciencieusement le bras, avec habitude. Depuis le début, ou presque, du programme de recherche, il se livrait à ce petit jeu. Pour comprendre, pour se comprendre, un peu plus. Pour s’accepter tel qu’il était aussi, sûrement. Mais s’il était généticien, Maarten ne s’était jamais intéressé à la psychanalyse et planta l’aiguille d’un geste expert dans l’une de ses veines saillantes sans s’attarder davantage à s’expliquer ses choix. Et comme s’il n’avait attendu que ça pour arriver, les pas de Lindenberg claquèrent dans le couloir et ouvrirent la porte avant que le Métamorphe n’ait pu effectuer le moindre mouvement pour cacher l’ensemble de l’installation. Pour la deuxième fois, un juron néerlandais dégringola de ses lèvres. « P#tain… ». Mal à l’aise, Maarten considéra l’échantillon sanguin, ôta la seringue et le garrot d’un mouvement de poignet. « T’arrives tôt, Lindenberg. » Il aurait pu le faire, Maarten aurait crié cette phrase et l’aurait chargée lourdement de reproches et de jurons plutôt ou moins vulgaires. Mais étrangement, l’instinct du Saarloos sentait qu’il valait mieux jouer profil bas et cette phrase sonna plus comme un constat qu’autre chose.


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Dernière édition par Maarten D. Joen le Ven 19 Juin - 18:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mer 4 Mar - 23:42




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


L'aube. Cet infime instant du jour où la lumière prenait la relève sur l'ombre, et par ailleurs, le moment précis où l'homme déverrouilla ses paupières sur le monde. Hébété, hagard, si subitement arraché du monde de Morphée , où le rêve est maître incontesté et incontestable. Le poids et les pêchés de sa chair lui tombèrent dessus et son souffle en fut coupé. Là-bas, tout ses crimes absous ; ici, tout ses vices omniprésents. Chaque nouvelle journée qui passait était synonyme de défi. Il vivotait, loin de ceux qu'il aime, et plus loin encore de ceux qu'il avait aimé. Il poussa un soupir, et, dans un douloureux effort qu'on pouvait lire jusque dans ses iris, il se redressa pour affronter la société. Avec sarcasme, il songea que jamais son nom n'avait aussi bien révélé son état d'esprit, bien que par le passé, ses vengeances sur le monde furent telles que son nom résonnait encore dans les cathédrales italiennes. Comme tout homme en peine, Anger jetait son dévolu sur l'honnête et fidèle maîtresse qu'est la besogne. Son emploi était sa drogue, sa purge, son amnistie. Son seul réconfort. Déterminé, le magicien quitta son taudis et s'élança dans les rues de la Nouvelle-Orléans, chaotiques au possible, dont l'annonce de la réouverture des jeux n'avait fait qu'accentuer le malaise sous jacent des derniers représentants des bipèdes pensants. Sous l'influence de Neal, Anger aurait probablement regretté cette décision du gouvernement, mais désormais libre de  tout jugement, il s'en badigeonnait allègrement  avec le pinceau de l'indifférence. Narquois par ailleurs, la frayeur extrême des passants lui semblait si ridicule comparativement à  ce qu'il avait pu vivre antan, captif en  Italie. Des types qui s'affrontent à mort dans une arène ? Une plaisanterie puérile, un jeu pour assoiffés de combat. Mais qu'était-ce face à la mise à mort de chaque esclave considéré trop lent ? Qu'était-ce donc face à la torture subie au quotidien dans un régime totalitaire, sans aucun droit, mais avec tant de devoirs ? L'amertume du passé lui étreignit le cœur, et il s'obligea à penser à autre chose. Et pourtant, le sorcier ne put s'empêcher de songer que même lorsque l'humanité était aux portes de la mort, elle continuait de se mener à sa propre fin.

Les grands bâtiments gris du gouvernement surgirent aux coins d'une rue comme venus de nulle-part. Des touristes en auraient été surpris, si tant est qu'il existât encore des joyeux drille assez riches pour voyager en ce monde corrompu, mais pour Anger, l'ébahissement du premier jour avait laissé place à la morosité de l'accoutumance. Tous les jours, il marchait à grand pas vers son unique défouloir qui prenait place dans ces hautes tours synonymes de puissance, s'insérant dans la masse mouvante de fonctionnaires d'état. Sur certains visages, on pouvait lire que ces 48 étages de métal et de verre étaient une prison, mais Anger n'en avait que faire. Que pouvait bien lui importer le mal d'autrui, puisque personne ne se préoccupait du sien ? Dans un instant de faiblesse, il projeta une image magique de Charisma devant lui, que seul lui pouvait voir. Et elle se tenait là, devant lui, aussi séduisante et malicieuse que dans ses souvenirs. Elle lui sourit, comme si son écœurante trahison n'avait été qu'une mauvaise farce, et il aurait presque été tenté de lui rendre son sourire s'il pouvait oublier la pénible vérité. Agacé d'être si romantique après des années à avoir verrouillé soigneusement l'antre de sa passion, il laissa exploser le fantôme de son ex-amante et fixa son regard au loin, sur les deux tours jumelles. Il pressa le pas, désireux d'en finir au plus vite avec les cauchemars et de se plonger dans les folles expériences de son métier.

Il était en avance sur l'horaire, pour une fois. Son style habituel, c'est plutôt d'arriver pile, ni plus, ni moins. Un sourire crapuleux étira son visage angélique, car il savait d'hors et déjà quelle serait la réaction de son coéquipier, Maarten. Il l'imaginait déjà s'énerver de sa présence, le réprimander pour avoir déplacé toutes ses fioles si soigneusement étiquetées, lui demander avec une rage contenue ce qu'il avait fait de ses outils de travail qu'il lui avait prêté la veille. Oui, Maarten était le parfait maniaque, si tant est qu'on puisse dire parfait pour ce trait de caractère si pervers aux yeux du germain. Les deux généticiens ne faisaient guère plus que cohabiter dans leur travail, et même s'il étaient censés collaborer pour le projet donné, aucun n'y mettait du sien. Des hommes et leur égo, rien de très exceptionnel. C'est donc amusé qu'Anger monta les étages du building, prêt à pousser joyeusement la porte du laboratoire pour travailler et à exaspérer autant que possible son collègue, bien loin de l'accablement du matin. Pourtant, lorsqu'il passa ladite porte du ledit laboratoire, la stupéfaction vint chasser toute autre émotion. Sous ses yeux ébahis, Maarten, une aiguille profondément plantée dans le bras. Aussi désemparé que lui, ce dernier tenta un reproche quant à l'avance d'Anger, mais la mayonnaise ne prit pas. Passé l'ahurissement, il tendit son bras vers l'ustensile pointu et interrogea l'homme : « Tu fous quoi, Joen ? » Avec calme, il s'interrogea. Pourquoi ? Quel intérêt ? La désagréable sensation de ne comprendre que la moitié de ce qui se tramait ici l'irritait au plus haut point. « Quoi qu'il en soit, vire ça vite. J'ai pas envie d'avoir des comptes à régler avec les supérieurs » Il resta planté dans l'entrée, attendant que son égal s'exécute sous ses yeux et qu'il lui fournisse une excuse valable. Maarten n'avait aucun compte à rendre au sorcier,  mais Anger espérait que son regard inquisiteur lui procure quelque réponse.


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mar 10 Mar - 20:34




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Maarten n’osa pas se demander s’il avait la poisse ou si c’était simplement un coup du sort. Dans les deux cas de toute façon, la conclusion restait la même : il se retrouvait face à Lindenberg au pire moment. Parce que rien, strictement rien, ne lui venait pour justifier le fait qu’il soit en train de se faire une prise de sang. Et pire encore : il ne pouvait même pas nier être en train d’en faire une puisque le généticien en face de lui devait avoir compris au premier regard, en bon expert qu’il ne manquait pas être malgré son souci visible avec l’ordre et le rangement. Un soupir. Le Néerlandais décida qu’à défaut d’être capable de réfléchir et d’articuler autre chose qu’un reproche péniblement camouflé en constat, il pouvait au moins d’installer le matériel pour éviter de perdre tout son sang dans l’opération. D’un geste d’habitué, il ôta la seringue, le garrot, appliqua un bref instant un coton totalement inutile sur sa veine déjà réparée, histoire de faire illusion, et redescendit prestement les manches de sa chemise. Pourquoi cet imbécile s’était il senti obligé d’être soudainement en avance sur ses horaires ? « Tu fous quoi, Joen ? » Excellente question. Mais s’il partait sur ce ton là, Maarten ne comptait pas vraiment lui offrir d’explications surtout qu’il n’en avait aucune sous la patte pour le moment, et ce n’était pas faute d’en chercher. Sans quitter un seul instant du regard l’autre généticien, tendu comme un arc en se demandant ce qui pouvait être en train de se passer dans la caboche de l’allemand, Maarten ferma le flacon de sang. « Quoi qu'il en soit, vire ça vite. J'ai pas envie d'avoir des comptes à régler avec les supérieurs » Un soupir. Etait-ce du soulagement ? Certainement un peu, oui. Beaucoup même. Dans un haussement d’épaules voulu nonchalant mais que trahit une crispation bien trop visible au niveau des omoplates, Maarten entreprit de jeter dans un évier ce qui pouvait être lavé avant de replacer bien minutieusement le reste dans les placards. Ce n’était pas seulement son perfectionnisme qui frôlait le maniaque, pourtant, qui le poussait à ce point à prendre son temps et à s’appliquer à aligner correctement les garrots. Ce n’était pas seulement son côté méticuleux qui lui intimait de ranger immédiatement l’échantillon de sang au frigo. Maarten essayait, discrètement ou non, de gagner du temps. Parce qu’il ne savait toujours pas quoi dire à Lindenberg mais ne supportait pas l’idée de le laisser faire des déductions dans son coin. Au bout de cinq longues et interminables minutes dans un silence plus que gênant, le Saarloos finit par rendre les armes et s’appuyer à la paillasse la plus proche dans un soupir qui en disait plus que nécessaire sur son état intellectuel du moment. De la fatigue. Un petit peu de désespoir. De la peur en grande quantité en revanche, pour changer.

« Lindenberg. » C’était un bon début. Mais si Maarten ne s’était jamais intéressé à la politique ou à tout ce qui pouvait demander une certaine élocution et exiger de jolies phrases, ce n’était pas pour rien. Un pas, cinq plutôt, le Néerlandais ferma la porte pour mieux s’y adosser. « Quoique tu puisses être en train de penser dans ta petite tête, c’est pas ce que tu crois. » Belle entrée en matière. Maarten se sentait déjà partir du mauvais côté sans parvenir à trouver comment faire efficacement demi-tour ; ça le désespérerait presque s’il n’avait pas depuis longtemps fait une croix sur la possibilité d’être un jour un peu doué dans ce domaine. « Dans tous les cas, j’suis pas du genre à laisser ça tourner dans ton crâne et te laisser faire des conclusions totalement hors de propos. » Tiens ? Il était en train de dire que ce n’était pas dans ses habitudes de fuir les situations compliquées, d’ignorer les problèmes et de murer dans un déni si violent que lui-même ne savait plus vraiment où il en était ? Amusant. Risible, surtout. Mais si vrai que ça le laissait perplexe de se voir aussi… buté. Parce que le déni, il nageait dedans. Il s’en recouvrait les paupières pour mieux filtrer ce qu’il pouvait voir du reste du monde, il s’en badigeonnait les tympans pour ne plus entendre ce qu’il pouvait raconter comme mensonges dont il parvenait à se convaincre lui de la véracité infondée. Et ses pensées elles-mêmes commençaient à ne plus avoir ni de sens ni de structure. « Du coup… quelles sont tes conclusions ? »


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Ven 13 Mar - 11:57




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Un malaise palpable s'était installé entre les deux généticiens, une incommodité asphyxiante tant pour l'un que pour l'autre, qui procura un curieux plaisir au magicien noir. Le mystère, le conflit, l'inquiétude palpable qui crispait le visage de Joen lui rappelait Darkness Falls. Il se souvint que là-bas, il était quelqu'un, et le doux sentiment de puissance qui se déversait en lui maintenant ravivait les braises de son immensité d'antan. Anger s'était libéré des principes de son mentor, qui l'avaient enchaînés dans cette seconde vie, et se redécouvrait petit à petit, comme un amnésique retrouve la mémoire. De toute évidence, le néerlandais craignait qu'Anger ne découvre la raison de cette prise de sang, et ce dernier se délectait d'être en position de force, regrettant par la même occasion de n'avoir exigé plus d'explications. Il pouvait sentir la dopamine se décharger en lui et venir piquer son épiderme avec l'apaisante douleur que lui avait toujours procuré le pouvoir.
 
Pour ne pas paraître ce qu'il était réellement, il mura son visage en un masque de sérénité, attendant que Maarten se défasse du dispositif de prise de sang, les bras croisés, comme on attend qu'un enfant répare sa bêtise. C'était presque risible étant donné le sérieux avec lequel s'appliquait d'habitude le néerlandais comparativement au capharnaüm qu'était la paillasse de l'allemand. Les rôles, inversés, leur conventions, bousculées. C'était la première fois qu'il arrivait en avance, et avec cette découverte, il était légitime de se demander si ce rituel avait lieu tous les matins avant son arrivée. L'homme cligna des yeux, une, deux, trois fois, activant ses si précieuses cellules grises pour arriver à la conclusion la plus proche de la vérité possible car, au vu de leur sens de la communication à tous deux, il était peu probable qu'ils se livrent à un interrogatoire poussé. Ils n'étaient pas amis, pas même copains, juste des collègues forcés de bosser sur un projet sous secret national, qui ne se supportaient pas même malgré leur amour partagé pour la science de la génétique. Lorsque seringue et garrots furent retirés du bras de Maarten, le germain soupira, déçu de perdre toute ascendance envers son collègue, et se retira vers son espace de travail.

Le magicien noir plus éveillé que jamais, en pleine possession de ses moyens. Tout son intellect s'employait à trouver une réponse, et tout comme il avait manipulé tous ces gens à Darkness Falls,  il manœuvrait pour faire cracher le morceau à Maarten. Il était certes un peu rouillé, mais néanmoins convaincu de ne pas avoir oublié comment s'y prendre. Tous ses sens étaient en ébullition, aux aguets des moindres faits et gestes de Maarten. Ce dernier se décida à bouger vers Anger, et, en feignant le désintérêt le plus total, il refermait secrètement sa toile sur son collègue à chaque pas que celui-ci prenait dans sa direction. « Lindenberg. » L'homme susnommé leva la tête en adoptant un air faussement surpris. Il le laissa parler, vider son sac des peurs sous-jacentes qu'il nourrissait depuis l'arrivée de son collègue, et lorsqu'il eut enfin terminé, un sourire en coin malicieux passa en un éclair fugitif sur le visage angélique d'Anger. Il posa ses coudes sur la paillasse, croisa ses deux mains dans une posture de réflexion intense, et lui répondit en ces mots : « Mes... conclusions, tu dis ? Quelle raison aurais-je à te les donner ? » Il haussa les épaules et poursuivit, nonchalant. « D'ailleurs, ce serait bien la première fois que tu me les demandes... Maarten. » Il articula son prénom avec soin, car c'était là une des toutes premières fois qu'il l'employait. De ce fait, il installait entre eux une confidentialité nouvelle, désirant par ce biais faire cracher le morceau au néerlandais. Sa magie pétillait au bout de ses doigts, et il la contenait du mieux qu'il le pouvait. Jouer l'homme fragile et inoffensif lui avait rendu service en bien des cas durant les âges qu'il avait traversé. « J'entre ici et je te découvre en pleine prise de sang, mais c'est à moi de fournir des explications ? Ne me fais pas rire. » Il laissa échapper un mince rire de gorge pour illustrer son propos, tout en conservant son calme. Il plongea son regard dans celui de son associé, et dans ce même regard il semblait lui dire  : « Explique-moi! » Ce qu'il avait toujours désiré par dessus-tout, c'est savoir.


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mer 18 Mar - 22:05




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


(dialogue en italique: néerlandais)

Prendre les devants. Ca lui avait semblé une bonne idée, ou plutôt la solution moins désastreuse que les autres possibilités qu’il s’était hasardé à envisager. Mais mis au pied du mur, Maarten n’était plus si sûr de ça devant le sourire de son collègue. « Mes... conclusions, tu dis ? Quelle raison aurais-je à te les donner ? » Pardon ? Maarten laissa sa stupéfaction écarquiller ses paupières. Il se foutait de sa g#eule ou il était juste encore plus c#n que ce qu’il pensait jusque là ? Sa nonchalance, son sourire… Pendant un bref instant, Maarten considéra très sérieusement la possibilité de lui faire sauter deux trois dents histoire de lui faire comprendre que des raisons, cet imbécile de généticien n’avait pas à aller chercher bien loin pour en trouver. « D'ailleurs, ce serait bien la première fois que tu me les demandes... Maarten. »Va te faire f#utre, b#tard. Maarten se contenta de son regard pour transmettre le message si amical qu’il avait envie d’offrir à Lindenberg dans sa langue maternelle, fort de cette habitude qu’il commençait à prendre d’arrêter de parler avant de réfléchir à ce qu’il pouvait dire et ne pas dire. Un soupir. Retenant insultes et jurons, il finit par lâcher un âcre « Et je te rassure, ce sera la dernière… Anger », s’appliquant non pas à articuler le prénom de l’autre mais à l’écorcher consciencieusement en disséquant ses origines allemandes pour mieux y saupoudrer du Néerlandais. Pendant une fraction de seconde, Maarten se demande d’ailleurs si en parlant chacun dans sa langue natale, ils parviendraient à se comprendre. Mais ce n’était pas vraiment le moment de s’étendre sur de telles considérations. Pas vraiment. « J'entre ici et je te découvre en pleine prise de sang, mais c'est à moi de fournir des explications ? Ne me fais pas rire. » Il ne riait pas ? Et bien Maarten non plus. Il n’y avait strictement rien d’amusant dans ce qui était en train de se passer et dans cette tension de plus en plus grandissante entre les deux généticiens. Le regard noir du Néerlandais transmit toute sa sympathie à l’autre imbécile. « Oui. Parce que je t’en ai demandé et toi non. » Parfois, Maarten se demandait pourquoi il s’obstinait à ne pas se la fermer lorsque c’était nécessaire. Il faisait peut être des progrès sur ce plan là, ce n’était toujours pas gagné à première vue. Un nouveau soupir. Maarten plia un genou, s’adossant d’avantage à la porte et au mur. Décroisa, recroisa les bras, s’apercevant un peu tard que la piqûre qu’il s’était infligée un peu plus tôt n’était qu’un vieux souvenir, merci les capacités des métamorphes. Son menton se contracta, sa mâchoire se crispa, alors qu’il était en train de prendre une décision. Prendre les devants. Voilà qui lui avait semblé être l’unique possibilité qui limitait les dommages collatéraux, mais il s’empêtrait de plus en plus, visiblement, dans un marécage de complexité qui ne pouvait déclencher chez lui qu’une seule réaction : la fuite. La débâcle. La débandade. L’esquive. Maarten se décolla du mur, rallia sa paillasse, sortit son ordinateur de veille d’un mouvement de souris pour taper sans réfléchir son mot de passe et accéder à la base de donnée du laboratoire. « Puisque nous sommes arrêtés sur nos positions, autant prendre la troisième possibilité. » Ce n’était rien d’autre qu’un grommellement mais Maarten l’espérait audible pour Lindenberg, histoire qu’il n’ait pas à se répéter. Un peu plus soigneusement il articula un « Tu as reçu les résultats des analyses qu’on a demandées ? On a une présentation à faire pour le mois prochain sur nos avancées, je te rappelle. Et ce n’est pas très concluant pour le moment, cet ADN est incompréhensible… » D’un index accusateur, Maarten souligna le rappel sur leurs agendas et les différentes suites de nucléotides qui défilèrent lorsque sa souris revint sur leur application de simulation.

Le calme de Lindenberg était exaspérant. Ce n’était pas qu’ils ne s’entendaient pas normalement, c’était que Maarten n’était ni sociable, ni particulièrement conciliant sur de nombreux points et à de trop nombreux sujets. Ancien délinquant, ancien braqueur, ancien fugitif, il s’était forcé à se rescolarisé à plus de vingt ans et c’étaient sa détermination et sa discipline qui lui avaient seules permis d’atteindre le niveau d’ingénieur en génétique. Et sa rigueur s’était transformée en perfectionnisme. Et il était devenu maniaque à force d’être sérieux. Et c’était ça qui l’insupportait le plus chez son collègue : cette propension exaspérante à être nonchalant et brouillon dans tout ce qu’il faisait, en dépit de son intelligence et de ses connaissances que Maarten ne pouvait pas ignorer. Un mélange insupportable. Que Maarten ne supportait pas. Et même si ses pensées tournaient en rond à l’instant, et bien soit : ça ne marquait que davantage encore son énervement à l’idée qu’il n’avait aucune idée de comment se sortir de ce mauvais pas.


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mer 1 Avr - 14:54

A chaque nouvelle phrase ingénieusement construite, il pouvait pratiquement voir les mâchoires de Maarten se crisper, et fortuitement, c’en était bel et bien le but. Le néerlandais regrettait déjà d’avoir fait le premier pas, Anger le sentait. D’un autre côté, son collègue était dans l’impasse ; il avait manigancé on ne sait quelle bizarrerie sur lui-même, et ce dans le cadre d’un projet top secret visant à comprendre le fonctionnement génétique des métamorphes. Toute la responsabilité de ses actes retombait sur ses épaules, et Anger ne pouvait que se délecter de ne tremper la dedans, ou du moins, pour l’instant. Car, en entrant dans le secret, il assumerait une certaine part de ce qui s’était tramé ici. Anger avait bien des défauts, mais la traîtrise n’en était pas un ; au contraire, la gestion de tout un clan de sorciers noir pendant des siècles plaidait en sa faveur. Le plaisir délétère de la manipulation irriguait les canaux sanguins du germain, l’incitant à poursuivre ses machinations malsaines. Le néerlandais commençait à perdre pied, et le sorcier haussait simplement les épaules, invulnérable à tout haussement de ton ou propos acerbe de la part de son collègue.

Toutefois, la discussion ne se déroulait pas aussi bien que prévue, si par bien on entendait faire cracher le morceau à son vis à vis en négligeant la tension palpable. Maarten s’était tellement braqué qu’il s’était soudainement arrêté dans sa lancée pour réorienter vers du travail. Anger fronça les sourcils, contrarié de ne pouvoir découvrir au plus vite ce que le saarlos trafiquait en son absence, mais il n’abdiquait pas. Il était prêt à employer bien des moyens pour lui faire cracher le morceau, même l’odieux artifice du chantage.  « Tu as reçu les résultats des analyses qu’on a demandées ? On a une présentation à faire pour le mois prochain sur nos avancées, je te rappelle. Et ce n’est pas très concluant pour le moment, cet ADN est incompréhensible… » Anger le fixa un moment, comme pour déterminer s’il fallait vraiment répondre, et soupira, rangeant sa curiosité de côté l’espace d’un instant mis face à la vérité des échecs auxquels ils faisaient face depuis le début. La menace du Gouvernement planait sur leurs tête, car de Gouvernement cela n’en avait que le nom. C’était plus un diktaat du mensonge et de la magouille, une institution pervertie représentante du pouvoir abusif et de la folie naissante de la race humaine. Du point de vue d’Anger, ils étaient tous drogués, et les rares qui ne l’étaient pas tiraient les ficelles dans l’ombre. Mais soit, c’était une forme d’esclavage moderne, et elle lui convenait mieux que l’ancienne sur bien des points.  « T’es croyant Maarten ? Prie le ciel pour qu’il nous file une réponse. Je suis même pas certain qu’on puisse s’en sortir à deux en si peu de temps sur un casse-tête comme celui-ci. » Affirmer que le projet était irréalisable, c’était fermer les yeux sur leur incapacité à travailler main dans la main, et quelque part, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Au départ, la tâche qui leur incombait les avait motivés la quête en elle-même était attrayante, mais, au fil des jours, leur incapacité à trouver des réponses les avait découragés.

C’est donc à l’idée d’échouer que l’allemand mit un peu d’ordre dans le bazar qui jonchait son espace de travail, histoire de montrer à Maarten qu’il n’était pas aussi désordonné qu’il voulait bien le croire. S’il était ici, sur un projet aussi important, il ne le devait ni à son ancienneté, ni à sa réputation. Non, il ne le devait qu’à son talent, cet engouement qu’il s’était découvert en apprenant aux cotés de Neal. Être généticien, c’était la chance de vivre une nouvelle vie, en tout point différente de son ancienne, si ce n’est qu’il y avait toujours cette souffrance sourde au fond de son coeur qui l’accompagnait ou qu’il aille. Une image fugace de la famille Draper lui coupa le souffle, et aussi fut-il silencieux un moment, réorganisant ses pensées aussi bien que sa paillasse pour mieux attaquer Maarten sur la découverte du jour.
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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Sam 11 Avr - 18:58




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


(dialogue en italique: néerlandais)

Ce n’était pas sa journée. Sa semaine. Son mois. Son année. En fait, s’il remontait aussi loin, autant dire que sa vie dans sa globalité n’était qu’une succession de malchance et de journées plus détestables les unes que les autres. Ce qui était ridicule. Ce n’était pas sa journée, donc, mais ce n’était pas la pire non plus : Maarten devait se rendre à l’évidence, il avait quelque peu cherché le conflit, autant dans son attitude que dans les risques pris. Alors autant les assumer maintenant. Après tout, n’était-ce pas sa nouvelle résolution que d’assumer ses choix au lieu de fuir les responsabilités, d’assumer ses erreurs au lieu de les enfouir sous des monticules d’excuse et une prise de distance mortifère ? Maarten crispa la mâchoire. Détourna la conversation sans prendre de gants, sans même essayer d’être fin et discret : le Saarloos ne faisait pas dans la dentelle après tout, le Néerlandais non plus, reflet qu’il était du comportement canin de son alter-ego animal. Donc autant remettre les échantillons et leurs analyses au milieu de la conversation, terrains aussi neutres que possibles, terrains de diversion, terrains sur lesquels ils déambulaient en égaux et non en rivaux. Et ce n’est pas très concluant pour le moment, cet ADN est incompréhensible… Maarten fixa l’autre généticien, dans ce qui pouvait avoisiner le simple duel de regard infantile qu’il était incapable de gagner. Fort heureusement ce fut l’autre qui soupira le premier et Maarten eut la satisfaction de se voir gagner la première manche en quelque sorte, oubliant le temps d’une respiration que ce n’était pas Linderberg et bel et bien lui qui s’était fait prendre au piège et qui, pis encore, s’était senti le besoin de se justifier. De se sentir menacé. De se défendre péniblement, avant de faire à nouveau marche arrière. Des deux hommes, il était clair aux yeux de Maarten qu’il n’avait aucune chance de gagner face à Anger sur le terrain verbal. Et passer à un duel plus physique n’était pas, pas vraiment du tout, une bonne idée. « T’es croyant Maarten ? Prie le ciel pour qu’il nous file une réponse. Je suis même pas certain qu’on puisse s’en sortir à deux en si peu de temps sur un casse-tête comme celui-ci. » Croyant ? Qu’est ce que ça venait faire dans la conver… ah. Maarten haussa les épaules. « Pas besoin de tomber dans le mélodrame non plus. Ils savent que ce qu’ils nous demandent est de défricher un terrain inconnu parsemé de gouffres et de voies sans issues… » Enfin, c’était ce que Maarten espérait en se retrouvant confronté à un problème insoluble, depuis plus d’un an maintenant. Plus d’un an. Il connaissait des séquences d’ADN humain par cœur, ils avaient isolé des caractéristiques de métamorphe, mais impossible pour eux de fixer clairement sur le papier leurs observations. Une de solution aurait été de travailler main dans la main avec l’un de ces p#tain de sorcier, mais il n’y en avait aucun en qui Maarten avait réellement confiance, suffisamment du moins pour accepter de partager le travail. Déjà que devoir collaborer avec un autre imbécile, c’était hors de sa portée, mais alors travailler avec un sorcier, autant directement monter sur l’échafaud. Vraiment. Maarten secoua la tête, lâchant son ordinateur. « Non mais c’est mort, on n’a pas suffisamment de ressources et de données pour avancer plus vite. Faudrait qu’un Night et un Skin fassent des tests en mêlant le sang du Skin et la magie de l’autre. Je suis certain qu’on irait plus vite… » Maarten pensait à voix haute. Dans son esprit défilaient les hypothèses, sourcils froncés. Sa prise de sang, ses échantillons mêlés à ceux généreusement fournis par le Gouvernement… Au bout d’un an, ils n’avaient strictement rien de plus que les quelques annotations de l’ADN. Mais s’ils y mêlaient magie et technologie… Le Néerlandais avait beau craindre ce qui l’avait transformé de manière irréversible, il devait admettre que se braquer sur une méthode purement scientifique d’analyse d’ADN lorsqu’on parlait de surnaturel, ça frôlait la stupidité. Et il détestait être stupide.

Il fronça les sourcils, se retournant dans la direction de Linderberg. Collaborer main dans la main. Avec cet énergumène chaotique ? Il n’avait certes pas tort en sous-entendant que leur employeur risquait d’être très déçu s’ils se pointaient une nouvelle fois avec aucune avancée significative mais… Maarten se redressa pour s’appuyer à la paillasse, bras croisés. « T’en penses quoi, Linderberg ? »


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mer 6 Mai - 12:17




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


C’était comme une détonation en pleine nuit. Un bruit soudain, à vous vriller les tympans, qui affolait les battements de votre coeur ; puis, le silence reprenait ses droits dans l’obscurité totale, vous abandonnant à votre effroi, tout en vous persuadant que cela se produirait à nouveau, sans pour autant savoir quand. Cette détonation, c’était Neal, c’était Charisma, c’était tant de souvenirs qu’il tassait au fin fond de son coeur et qui s’acharnaient à refaire surface sans prévenir, l’estomaquant à coup sûr. Des jours, des semaines que cela durait, et qu’il luttait contre cette malédiction qui pesait sur lui par la faute des frater Draper. Avec amertume, il constatait qu’il avait fallu tant de temps pour construire des liens précieux, et d’une erreur pour tout démolir. Il se maudissait de leur avoir ouvert son coeur, se haïssait pour ne pas être resté le même qu’à Darkness Falls, cet homme alors aussi imperturbable que tyrannique. Sans s’en rendre compte, il avait serré ses phalanges sur une fiole et les desserra promptement avant qu’elle n’explose sous la pression. Il ferma les yeux un instant pour repousser tous ces souvenirs ; les jeter plus profondément encore dans le gouffre de son âme, en espérant qu’ils ne réussiraient plus jamais à en remonter. Enfin, lorsqu’il fut satisfait du calme artificiel qui régnait en lui, il rouvrit ses pupilles sombres sur sa paillasse, et revint à sa conversation avec Maarten.

« Pas besoin de tomber dans le mélodrame non plus. Ils savent que ce qu’ils nous demandent est de défricher un terrain inconnu parsemé de gouffres et de voies sans issues… » Ce dernier jouait la carte confiance, ou plutôt, exprimait à voix haute l’espoir qu’ils partageaient de ne pas être sanctionnés pour leur déroute face à l'ampleur du projet. Les attentes du gouvernement étaient trop hautes pour être atteintes dans le temps imparti, voire pour être atteintes tout court. En cela, l’avis de Maarten et d’Anger ne pouvaient diverger. Deux hommes officiellement ordinaires ne pouvaient qu’avancer par tâtonnements, en sachant qu’il leur fallait explorer un continent entier. Autant demander à un cul-de-jatte de rouler en bicyclette. L’ancien esclave était persuadé qu’avec un peu de magie, le projet passerait la seconde, mais il se refusait à avouer à son collègue sa véritable nature. « Non mais c’est mort, on n’a pas suffisamment de ressources et de données pour avancer plus vite. Faudrait qu’un Night et un Skin fassent des tests en mêlant le sang du Skin et la magie de l’autre. Je suis certain qu’on irait plus vite… » Anger hocha négligemment la tête. Maarten prêchait un convaincu.  « T’en penses quoi, Linderberg ? » Voilà qu’il lui demandait son avis, de nouveau. A croire que l’incident en début de matinée les avait inexplicablement rapprochés. Les mains enfoncées dans les poches, le germain fixait le sol en quête d’une réponse, comme si le dallage ennuyeux pouvait la lui fournir. Sous l’intensité de la réflexion, son regard se perdit un instant dans le vague ; des tests, il en avaient fait de toute sorte. Tout le savoir qui était à leur portée, ils l’avaient mis à profit, l’avaient expérimenté sous toutes les formes possibles qu’il était humainement imaginable. Mais, après tout, ce projet n’avait rien d’humain. C’était se jeter dans le vide, dans un gouffre inconnu, en espérant pouvoir s’accrocher à quelque chose, à n’importe quoi pour survivre. C’était espérer qu’au fond, il y aurait de quoi amortir la chute. Il leur fallait trouver des réponses à des questions qui n’avaient pas encore été posées dans la science actuelle. Il leur fallait devenir des génies, mettre au point une nouvelle théorie et la vérifier, ce qui dépassait de loin les compétences pour lesquelles on les avait engagés. Soupir, haussement d’épaules.  « Ce que j’en penses, Joen, c’est que tu as parfaitement raison. Ou au moins nous fournir un cobaye sur lequel faire touts les prélèvement nécessaires, mais ce serait contre nature. Encore que, être métamorphe, c’est déjà contre nature. » Il secoua la tête, songeant qu’il était plus simple de vivre dans l’ignorance que d’être confrontés aux énigmes de la vie. « Est-ce qu’on doit demander un délai supplémentaire ? De l’aide supplémentaire ? » Il n’en savait trop rien, et même si cela ne l’enchantait guère, il préférait ça à se voir retirer son poste pour inefficacité.


Dernière édition par Anger Von Lindenberg le Ven 15 Mai - 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Ven 15 Mai - 16:12




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Au moins : ils avaient changé de sujet de conversation. Mais Maarten n’arrivait pas à s’en satisfaire, puisque de Charydbe ils étaient passés à Scylla, et que le danger non content de rester le même en avait profité pour s’amplifier : leur absence de résultats avait beau être prévisible et totalement normal, elle n’en restait pas moins une déception assurément, et toute déception invitait à la sentence. Et une des façons d’avancer était de revenir sur ce que Maarten essayait précisément de cacher : ses propres échantillons sanguins qu’il connaissait mieux que quiconque puisque c’étaient les siens. C’était son sang. Et ses propres capacités. Dans tous les cas, de toute façon, Maarten se rendait bien compte qu’ils étaient véritablement dans le même navire tous les deux, et que le bâtiment était justement en train de prendre l’eau. S’ils ne commençaient pas à écoper tous les deux activement et à chercher une solution durable plus que ces maigres tâtonnements auxquels ils s’adonnaient depuis bien trop de mois, ils allaient finir par se retrouver en pleine mer ballotés par le mécontentement de leurs supérieurs, et pour un homme tel que le chien qui ne savait pas nager, la métaphore était d’autant plus poignante qu’elle était réelle : ils n’avaient guère plus de temps pour défricher une terre inconnue et ils s’y prenaient maladroitement. Vraiment.

Parce que Maarten commençait à se demander si deux humains, tout généticiens qu’ils soient, avaient vraiment les capacités requises pour décrypter un génome surnaturel. Un Skinchanger, après, tout, qu’était-ce réellement ? Un humain, un hybride, un animal ? Le métamorphe avait beau connaître son ADN et ses gènes, il ignorait tout, absolument tout, de ce qui l’avait transformé. Il n’en avait, après tout, que de rares souvenirs tenant plus de cauchemars que de réels réminiscences. Et il était hors de question de s’engager sur ce terrain de discussion avec Myla : il tenait à sa vie. Qu’en penses-tu, Lindenberg ? La question était au cœur de leur discussion, après tout. L’autre en était il arrivé à la même conclusion ? Le Skinchanger, même si son collègue l’ignorait, ils l’avaient à portée de main. Il ne manquait qu’un Nightkeeper pour avoir la deuxième partie de l’équation et obtenir des réponses simples sur le processus exact d’une transformation. Depuis le début, après tout, ils pensaient avoir leurs réponses dans le génome des échantillons sanguins. Mais… et si la réponse résidait avant tout dans la sorcellerie et ce qu’elle faisait exactement à l’homme pour le transformer en bête ? « Ce que j’en pense, Joen, c’est que tu as parfaitement raison. Ou au moins nous fournir un cobaye sur lequel faire tous les prélèvement nécessaires, mais ce serait contre nature. Encore que, être métamorphe, c’est déjà contre nature. »

Le sang du métamorphe se glaça devant ce constat. Contre-nature ? Contre-nature ? Oui, ça l’était. Mais dit comme ça, Maarten avait presque l’impression d’être condamné et d’être coupable de ce qu’il était devenu. C’était contre-nature de se transformer en bête, voilà qui était certain, mais ça l’était davantage de maîtriser les arcanes d’une science – était-ce véritablement une science – occulte, malsaine, dangereuse et avilissante. Maarten fronça les sourcils, se contraignant au calme. « Est-ce qu’on doit demander un délai supplémentaire ? De l’aide supplémentaire ? » Une moue dédaigneuse répondit à cette dernière question. Ces dernières questions. De l’aide ? Alors qu’ils n’étaient déjà pas capables de travailler à deux ? Ce serait avouer l’impossibilité de leur collaboration. Un délai supplémentaire ? L’ingénieur haussa les épaules. « Un délai, ils vont bien être obligés s’ils ne veulent pas abandonner le programme. Et pour qu’ils envisagent de lui donner un peu de temps, il faut qu’on ait un minimum de preuves que le sérum est effectivement synthétisable… Et donc il faut qu’on comprenne comme ça marche. C’est le serpent qui se mord la queue… » Il secoua la tête. « Pas question de demander de l’aide supplémentaire. Ou alors la collaboration de sorciers. » D’un claquement de langue agacé, Maarten se ouvrit sa blouse puisque de toute manière elle ne lui était pour le moment d’aucune utilité, et ramena au centre de la pièce l’un des grands tableaux blancs qu’ils avaient à leur disposition. Attrapant un feutre, il s’arrêta un instant comme suspendu. « Je pense qu’on s’est totalement fourvoyé depuis le début. Tu l’as dit : les Skinchangers sont contre nature. Hors, on essaye d’étudier leur ADN comme s’il était similaire à celui des humains. » D’un mouvement de poignet, il esquissa la double hélice d’ADN qui leur était si familière et réinscrivit les bases de la génétique contenue dans les quatre composants de base du génome. « Ca, on maîtrise. » Le feutre traça la fin de l’addition pour que se retrouve écrit au tableau une équation abstraite. [ADN + ?? (sorcellerie) = SKINCHANGER]. Faisant tourner le stylo entre ses doigts, Maarten recula d’un pas pour se retrouver aux côtés d’Anger. « Nous, on maîtrise la première partie sur le bout des doigts. Le problème, c’est que la sorcellerie, c’est quoi ? De la physique ? De la chimie ? Du surnaturel ? C’est contre-nature tout simplement. En clair : tant qu’on ne comprendra pas ce que c’est, on ne sera jamais capable d’aller plus loin. » Et c’était frustrant, véritablement frustrant, de se heurter de cette manière à la réalité. Maarten détestait les échecs autant qu’il haïssait le danger. Croisant les bras, il lutta pour chasser une idée saugrenue qui lui venait. Sans effet. « Tu parlais d’expérimentations sur cobaye. Tu pensais à quel genre de tests ? »


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Mar 19 Mai - 15:09




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Si Maarten pensait qu'en déviant la conversation sur le travail, Anger oublierait les actes du matin, il se fourrait un doigt dans l'œil, et voire même la main entière. Le sorcier n'était pas dupe, et en homme expérimenté dans l'art de la manipulation, on n'apprenait pas au vieux singe à faire la grimace. Cependant, il devait admettre que son collègue l'avait contraint à discutailler du sujet épineux qu'était l'avancement de leur projet. Sur ce point là, il ne pouvait faire la sourde oreille, et force était de reconnaître qu'il leur fallait se concerter pour une fois s'ils espéraient voire avancer la chose un jour. Intérieurement, il grognait d'avoir à jouer les hommes sociables lorsqu'il savait pertinemment que tous deux ne s'appréciaient pas. « Un délai, ils vont bien être obligés s’ils ne veulent pas abandonner le programme. Et pour qu’ils envisagent de lui donner un peu de temps, il faut qu’on ait un minimum de preuves que le sérum est effectivement synthétisable… Et donc il faut qu’on comprenne comme ça marche. C’est le serpent qui se mord la queue…  Pas question de demander de l’aide supplémentaire. Ou alors la collaboration de sorciers. » Lorsqu'il avait énoncé à voix hautes ses propositions, il sut d'emblée, avant même que Maarten ne réponde, que celui-ci répondrait par la négative. S'il y avait bien quelque chose qu'ils avaient en commun, c'était leur incommensurable orgueil. Ni l'un ni l'autre n'aimait collaborer, persuadés de tout pouvoir régler par eux-mêmes, convaincus d'être d'éminents génies que rien ne pouvait arrêter. Seulement voilà, leur génie connaissait là ses limites, et ils avaient beau grimper depuis des mois le mur qui se dressait comme obstacle entre eux et la réussite, la hauteur du problème semblait infinie. Cependant, s'il avait su que Maarten ne désirait pas d'aide, il ne s'était pas attendu à ce que celui veuille collaborer avec des sorciers. Surpris, comme si sa véritable nature était découverte, il fit taire la magie qui coulait en lui pour ne pas qu'on l'entende, si toutefois elle produisait un son audible, ce dont il doutait fortement. Mais, Anger était bien trop prudent pour se permettre le bénéfice du doute. Et puis, quelque part, l'idée de se révéler à lui pour faire avancer leur projet était alléchante, car il était évident que se serait plus simple ainsi. Mais pouvait-il donner sa confiance à cet homme ? Où d'ailleurs, est-ce que quelqu'un méritait seulement qu'il se confie à nouveau, après tout ce que la vie et l'humanité lui avait infligés comme souffrances ? Il se tordit nerveusement les doigts, espérant que la conversation qu'ils menaient masquerait son stress évident, et focalisa son attention sur le discours de Maarten pour oublier ses craintes.

« Je pense qu’on s’est totalement fourvoyé depuis le début. Tu l’as dit : les Skinchangers sont contre nature. Hors, on essaye d’étudier leur ADN comme s’il était similaire à celui des humains. » Son collègue s'affairait au tableau, exposant son idée à l'allemand. Il hocha la tête, lui intimant de poursuivre son raisonnement. « Nous, on maîtrise la première partie sur le bout des doigts. Le problème, c’est que la sorcellerie, c’est quoi ? De la physique ? De la chimie ? Du surnaturel ? C’est contre-nature tout simplement. En clair : tant qu’on ne comprendra pas ce que c’est, on ne sera jamais capable d’aller plus loin. Tu parlais d’expérimentations sur cobaye. Tu pensais à quel genre de tests ? » Il l'observa écrire une équation faite de notions, intrigué, avant de lui répondre. « Honnêtement, j'en sais rien. J'me disais juste que si on pouvait avoir un changeur de peau sous la main, avec qui collaborer, qui nous exprimerait ce qu'il sait sur sa nature et qui serait prêt à nous aider pour des tests physiques et pour les prélèvements sanguins, capillaires, etc, ça serait plus simple. Et pour la magie, ta théorie se tient. » Cela le tuait d'avoir à avouer ceci, mais il était bien obligé de se rendre à l'évidence. Cet aveu le contraignait à se livrer à Maartent, tôt ou tard, et il n'aimait pas ça. D'un côté il y avait son amour-propre et ses peurs, qu'il lui intimaient de se cacher aux yeux du monde ; et de l'autre, sa curiosité éléphantesque, le désir de savoir, qui le poussait à tout mettre en œuvre pour la réussite du projet. Il soupira. « De toute façon, tant qu'on a pas tout essayé, c'est pas plus bête qu'autre chose. » Il lui semblait que la balance penchait plus d'un côté que de l'autre, sans qu'il ne puisse réellement choisir. Il se sentait tiré vers la confidence, bien qu'il en soit encore loin. Et maintenant, quoi ? Il se jetait à l'eau ? Puéril, il attendait que Maarten lui révèle ses manigances du matin, et si l'aveu était satisfaisant, il y avait une chance qu'il lui montre sa véritable nature. Du moins, en partie.
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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Ven 29 Mai - 16:04




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Il était certes toujours sur un terrain glissant, mais au moins Maarten n’avait plus cette sensation dérangeante d’être en équilibre, une corde autour du coup, sur un tabouret menaçant de s’effondrer au moindre coup de vent. Il était certes toujours sur un terrain glissant, mais c’était un terrain qu’il maîtrisait sur le bout des doigts et la discussion avait le mérite d’être pertinente et intéressante. Un peu tendue, oui, mais il y avait déjà clairement un mieux. Et si le fantôme de sa prise de sang errait encore dans le laboratoire, il était fermement maintenu à distance par ce tableau, cette équation, par ces hypothèses retranscrites et matérialisées, par cette jungle qu’ils s’efforçaient de défricher depuis bien trop de mois sans aucun résultat.

Ils faisaient fausse route, depuis le début. C’était si… logique que Maarten s’en voulait de ne pas s’en être rendu compte plus tôt. Ils faisaient fausse route depuis le début, et si le Métamorphe avait été seul dans le laboratoire, il s’en serait donné à cœur joie pour exprimer sa frustration. Comment avaient-ils pu s’engouffrer sur cette voie et faire ce raccourci aussi violent que stupide ? Comment avaient-ils cru aussi longtemps que les métamorphes étaient de simples êtres humains au code génétique légèrement modifiés ? La réponse était simple. Trop évidente, d’ailleurs, pour que Maarten – même avec toute la mauvaise foi qu’il savait si bien rassembler – puisse la nier : s’il avait considéré tout ce temps les métamorphes comme des humains, c’était parce qu’il ne voulait pas être autre chose. Et même si les mots de Lindenberg faisait mal, il était bien forcé de reconnaître leur véracité : les métamorphes étaient des créatures contre nature. Et il était totalement incohérent de fermer les yeux sur cet état de fait. Maarten se pinça l’arête du nez en délaissant le tableau pour rejoindre Lindenberg. Il parlait de tests, précédemment. De tests sur des cobayes consentants, de tests sur des métamorphes. Le Néerlandais était partagé entre l’envie de parvenir enfin à des résultats et la crainte de voir son statut de métamorphe dévoilé. Ce qui l’avait poussé à relancer la discussion sur la possibilité d’avoir un métamorphe sous la main ? Une idée, totalement stupide, totalement inattendue si on considérait sa nature lâche et profondément peureuse. « Honnêtement, j'en sais rien. J'me disais juste que si on pouvait avoir un changeur de peau sous la main, avec qui collaborer, qui nous exprimerait ce qu'il sait sur sa nature et qui serait prêt à nous aider pour des tests physiques et pour les prélèvements sanguins, capillaires, etc, ça serait plus simple. Et pour la magie, ta théorie se tient. » Maarten acquiesça lentement.

Ca se tenait. L’ensemble de leur discussion commençait à tenir en équilibre précaire, à construire un raisonnement fragile. Davantage que la dizaine de mois de collaboration qui venait de s’écouler. Tests physiques. Prélèvements. Mais avant cela… définir exactement la force naturelle – ou surnaturelle – qui avait transformé l’humain en… autre chose. Le soupir de Lindenberg trouva un jumeau entre les lèvres de Maarten. « De toute façon, tant qu'on a pas tout essayé, c'est pas plus bête qu'autre chose. » Le biologiste arqua un sourcil interrogateur ? « Qu’est ce que tu entends par là ? » La question était sortie d’elle-même sans attendre l’accord de son propriétaire. « Je veux dire… l’idée n’est certes pas stupide, mais… nous n’avançons toujours pas au final. Nous piétinons. Des métamorphes cobayes, je peux potentiellement en trouver. Mais tant qu’on ne sera pas capable de mettre des mots sur ce qui les a fait passer de simple être humain à… quelque chose d’autre et de plus bestial,… on ne p… » Maarten s’interrompit.

Il était stupide. Ils étaient stupides. Fronçant les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté comme toujours lorsqu’il cherchait dans sa mémoire, tic résiduel du chien qu’il hébergeait, il s’avançant à nouveau vers le tableau, tapotant d’un mouvement songeur le point d’interrogation qui ponctuait son équation. Myla. Qu’avait-elle comme livres chez elle, déjà ? Qu’avait-elle comme grimoires de poser sur son étagère lorsqu’ils habitaient encore ensemble ? « Attends… » Il ne les avait jamais ouvert. Par absence d’intérêt, dans un premier temps, puis par crainte. Superstition. « Des potions… » Son murmure résonna désagréablement dans le laboratoire. Mentir. Tout de suite. Maarten fronça les sourcils en se tournant vers Lindenberg. « J’ai cru comprendre que les sorciers pouvaient faire des potions ou des mélanges dans le genre. Mais… ces mélanges ont forcément un fond organique, des composants de base. Qu’on peut étudier. Je ne me souviens pas vraiment de comment est lancée la malédiction pour faire devenir Skinchanger, mais peut être repose-t-elle en partie sur ces potions et en partant de ça, on pourrait… » A nouveau, Maarten s’interrompit. Blanchit. Je ne me souviens pas. Comme s’il l’avait déjà su. De sa transformation, il n’avait que de très, trop vagues souvenirs. Myla était totalement saoule, lui endormi. Il n’y avait qu’une douleur, de la surprise. Et au réveil, un chien-loup. « on pourrait peut être synthétiser quelque chose. »


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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Lun 8 Juin - 21:44




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.
Ironiquement, c’était probablement la discussion la plus constructive qu’ils aient jamais eu. Sans qu’il ose l’admettre, c’était agréable de pouvoir partager pour une fois son ressenti sur l’avancée du projet avec son collègue, de pouvoir extérioriser toute cette frustration qu’ils accumulaient avec celui qui le comprendrait le mieux. Anger, en loup solitaire, avait érigé une barrière autour de lui tous ces mois durant pour ne pas qu’un lien s’établisse entre eux, mais, inévitablement, les journées entières à plancher ensemble dans ce laboratoire avaient trouvé la faille, et enfin une certaine entente naissait. En vérité, cette entente était intéressée, car le sorcier gardait l’espoir que Maarten lui révèle le secret découvert en matinée, et par le biais de cette conversation, il tentait d’endormir la méfiance de son comparse. C’était vil, mais c’était lui ; ce personnage sans foi ni loi qui avait mis à mal des clans entiers sans aucun remords. Ce n’était pas l’idée de manipuler son collègue pour lui faire cracher ses secrets qui allait le faire frissonner. Mais dans l’immédiat, ce n’était pas ce but qu’il l’importait ; c’était ce raisonnement hésitant qu’ils échafaudaient qui retenait son attention, tant sa soif de réussite et de compréhension était grande.

« Qu’est ce que tu entends par là ? » l’interrogea Maarten. Ce qu’il entendait par là, c’est qu’il était prêt à tout essayer, à tout mettre en oeuvre pour réussir. Peu lui importait les moyens, peu lui importait le chemin tant qu’ils arrivaient à destination, soit donc à leur succès le plus total. C’était sa façon d’être, avancer jusqu’à ses buts quitte à écraser tout ce qui se trouvait sur son passage ; c’était l’humanité, cet instinct de survie ancré profondément en lui qui lui indiquait de ne se préoccuper que de lui-même pour arriver à ses fins. C’est ce qu’on lui avait enseigné, ou plutôt, ce qu’il avait découvert au contact des siens durant ces sept cens années. L’autre poursuivait : « Je veux dire… l’idée n’est certes pas stupide, mais… nous n’avançons toujours pas au final. Nous piétinons. Des métamorphes cobayes, je peux potentiellement en trouver. Mais tant qu’on ne sera pas capable de mettre des mots sur ce qui les a fait passer de simple être humain à… quelque chose d’autre et de plus bestial,… on ne p… » Anger devinait la fin de sa phrase sans qu’il n’aie à la prononcer, mais cette soudaine interruption dans le flot de paroles de son collègue le laissa un brin perplexe. N’osant l’arrêter dans son monologue, il attendit la suite pour comprendre. Une lueur s’était allumée dans les yeux du néerlandais. Eurêka, espérait Anger. « Attends… Des potions… » Le coeur d’Anger loupa un battement, et son esprit lui imposa des images du passé. C’est comme ça que tout avait commencé : un chaudron, un feu de camp, un groupe de cultistes de la magie noire. Un soupçon de peur vint s’immiscer dans le sang froid du magicien. Maarten, que savait-il vraiment ? S’il venait à découvrir sa véritable nature, il était comme fichu. Les sorciers avaient toujours été considérés comme des créatures du diable, et, à défaut de pouvoir les contrôler, le gouvernement les exécutait. Aux yeux de l’allemand, le vrai diable, c’était eux, et pourtant il leur offrait ses services. « Quoi ? De quoi tu parles ?! » risqua Anger, masquant tout ce qu’il savait en feignant l’ignorance. Mais Maarten, il continuait. Il expliquait tout ce qu’il savait sur les mages noirs, sans aucune crainte, alors que d’autres avait disparu pour moins que ça. S’il n’avait su se maîtriser, il aurait probablement tremblé. Néanmoins, il ne pouvait le faire taire, car il savait qu’il avait raison. Tout ce temps, il avait fermé les yeux involontairement sur ce projet, alors que l’origine de ces créatures, il la connaissait depuis tout ce temps. Bien évidemment que la réponse se trouvait dans la magie !
« on pourrait peut être synthétiser quelque chose. » Anger serra les dents. Il se retrouvait coincé, et ne pouvait qu’opiner du chef. « Tu t’y connais en magie toi ? Et tu penses qu’on pourrait synthétiser ce truc surnaturel ? En clair, tu voudrais rendre la magie non magique ? C’est bizarre, quand on y pense. » Le scientifique marqua une pause. « Tu sais faire de la magie ? osa-t-il, parce que sinon je vois mal comment on arriverait à faire des potions sans point de départ. » Il ne pouvait couper court à cette conversation, car ce serait trop suspect autrement. Il se forçait à étoffer le raisonnement de Maarten de ses propres remarques, apportant tout son sens critique à contribution du projet. Il ne pouvait plus faire marche arrière, et ça l’effrayait. Il fallait qu’il fasse le vide, qu’il remette de l’ordre dans ses idées pour retrouver son calme. Il ferma les yeux un moment, comme sous l’effet d’une intense réflexion. Du moins il l’espérait.
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MessageSujet: Re: (terminé) « Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition. » [pv Anger]   Ven 19 Juin - 18:37




Dans le vaste laboratoire de la génétique, l'être humain a perdu sa définition.


Au moins, la discussion s’était suffisamment éloignée de Maarten pour qu’il cesse d’être en danger immédiat. L’avantage, donc, c’était qu’Anger était bien trop impliqué dans la conversation pour continuer à poser – ou à attendre ouvertement – des réponses que Maarten n’était pas certain d’avoir envie de fournir. Le désavantage, et pas des moindres, c’était qu’ils avaient tous les deux atterris dans un marécage boueux dans lequel ils s’enfonçaient et duquel ils ne pouvaient sortir qu’en s’entraidant. Et ils avaient prouvé autant l’un que l’autre, au fil des mois, que ni la collaboration ni l’entraide n’était leur fort. Et bien… il fallait bien commencer quelque part. Et pourquoi pas maintenant, alors qu’ils commençaient enfin à réellement discuter ?

Qu’est ce que tu entends par là ? La question de Maarten était aussi intéressée qu’anxieuse. Tester sur des cobayes, prendre des échantillons, les modifier, les injecter… C’était barbare, c’était létal, c’était fonctionnel. Le tout était de savoir ce qu’ils cherchaient, ce qu’ils voulaient faire et surtout avoir des sujets conciliants sous la main. Une chance que Maarten ait récemment compris qu’il n’avait plus vraiment le choix et qu’il devait impérativement faire face à ses responsabilités, une chance que Maarten soit un Skinchanger. Au moins, ils avaient le cobaye, même si Lindenberg n’en était pour le moment pas conscient. Restait la question de ce qu’ils allaient tester, chercher, synthétiser. Et tant qu’ils ne seraient pas capable de… Maarten s’interrompit brutalement, fronçant les sourcils. Une chance que Lindenberg ne soit pas stupide : le Néerlandais n’aurait pas supporter une intervention à cet instant, pas alors qu’il songeait à sa femme, pas alors qu’il essayait de se souvenir de ce qu’il détestait le plus chez Myla. La sorcière. Les potions… C’était ce qu’ils avaient de plus tangibles dans les actes magiques. Des potions… Trop plongé dans ses pensées, le Saarloos manqua la réaction de son collègue. Il faillit même presque ne pas entendre le scientifique s’impatienter. « Quoi ? De quoi tu parles ?! » Maarten fronça un peu plus les sourcils, levant une main pour demander quelques secondes supplémentaires. Myla, Myla avait des grimoires. Qu’il détestait. Myla, Myla avait des connaissances en potions. Qu’il détestait aussi. La sorcellerie était depuis longtemps, depuis sa transformation en fait, un sujet très (trop ?) sensible dans le couple qu’ils formaient. Et même s’ils n’étaient plus à un sujet sensible près, ce devait être le plus dangereux. Les potions, donc. Ils pouvaient les synthétiser. Potentiellement. Le Néerlandais regarda son collègue droit dans les yeux, attendant une réaction, quelle qu’elle soit. Le voir opiner du chef lui fit aussitôt légèrement décrisper les épaules. « Tu t’y connais en magie toi ? Et tu penses qu’on pourrait synthétiser ce truc surnaturel ? En clair, tu voudrais rendre la magie non magique ? C’est bizarre, quand on y pense. Tu sais faire de la magie ? parce que sinon je vois mal comment on arriverait à faire des potions sans point de départ. » Si au départ Maarten offrait un air plus ou moins confiant, assez fier – il fallait bien le dire – de son idée, une ride crispée et soucieuse s’abattit sur ses traits, se creusant un peu plus à chaque phrase de son collègue. Non, il ne s’y connaissait pas en magie. Non, il se contentait d’espérer. Oui, il voulait rendre la magie non magique, pour mieux la démystifier et… Non. Non et re non. Il ne savait pas faire de magie et s’en satisfaisait plus que bien.

Maarten soupira, répondant de cette manière aux questions de Lindenberg. Avant de secouer la tête pour appuyer ses propos inarticulés. « Bien sûr que non je ne sais pas faire de magie : j’ai la tête d’Harry Potter peut être ? » Il n’avait pas pu s’en empêcher. Marchez sur la queue du chien, volez lui ses croquettes, le voilà qui mord sans signe avant coureur. Déjà que Maarten n’était pas particulièrement une personne calme et posée, mais la sorcellerie et lui ne faisaient pas bon ménage. Et il avait beau être un métamorphe depuis dix ans maintenant, il persistait, s’obstinait, se butait à se considérer comme un être humain normal et, plus encore, à estimer que ce n’était pas le cas des sorciers. Lâches. Pleutres. Traitres. Menteurs. Maarten secoua à nouveau la tête, s’éloignant d’Anger pour aller jeter ses idées sur un cahier de brouillon qu’il tenait sur sa paillasse. « Mais nos employeurs, eux, doivent connaître des sorciers. Et j’imagine qu’on ne refuse pas un ordre venant de hauts placés. Je doute que si on parvient à leur prouver qu’avec un peu plus de coopération de la part des sorciers on peut arriver à… » Une sonnerie, une vibration, Maarten fronça les sourcils. « Attends deux secondes… Note tout ça, s’il te plait. » C’était le téléphone professionnel qu’on lui avait mis dans les mains dès qu’il avait commencé à travailler sur ce projet. Maarten décrocha et aussitôt, une nouvelle fois, il fronça les sourcils. Pestant en néerlandais, Maarten cala le téléphone sur son épaule alors qu’il reboutonnait sa blouse pour avoir l’air présentable. « D’accord, je monte tout de suite. »

Rangeant le téléphone dans sa blouse, le Néerlandais fronça les sourcils – encore – avant de se tourner vers son collègue. « Apparemment il y a eu un problème avec les échantillons qu’on a envoyé la semaine dernière, il faut que j’aille voir s’ils ont tout détruit ou s’il reste quelque chose de récupérable ! Fais une note qui résume notre discussion et commence un état de l’art sur ce qu’on sait de la magie ! Même si on n’a aucune connaissance pour le moment, il faut qu’on finisse par en avoir. » Sans attendre de réponse ou de réaction de Lindenberg, Maarten récupéra la copie de la fiche de suivi des échantillons qu’ils avaient au labo et sortit de la pièce. La journée commençait vraiment. Mais sans nul doute, la discussion qu’ils venaient d’avoir allait tourner et retourner dans son esprit pour le reste de la semaine.

RP TERMINE


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