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 L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée

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MessageSujet: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Dim 1 Mar - 19:04




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Le bureau était toujours le même.
Toujours.
C’était toujours ce petit espace clôt, confiné, où la lumière avait du mal à rentrer. Aubin ne faisait qu’écrire, il n’avait pas besoin du faste des quartiers des diplomates, des ministres. Il n’avait pas besoin de dominer les autres du haut de sa tour de verre pour se sentir exister au contraire des puissants de ce monde. Aubin ne faisait qu’écrire. Il n’avait besoin que du confort spartiate d’un bureau, un peu d’encre et des pages vierges à noircir.
Mais les quelques mètres carré qui faisaient cet espace qui était le sien avaient fini par se teinter de son image, il avait fini par imprégner les lieux y passant le plus clair de son temps.
L’endroit était sombre, souvent éclairé alors par une vieille lampe grésillante jetait sur les murs sa fade lumière. L’espace de la pièce ne semblait que plus dense à cause de l’importante collection de livres du maitre des lieux. Les murs étaient chargés de bibliothèques, d’ouvrages divers et variés qui non content d’emplir les étagères formaient des piles çà et là dans toute la pièce, se mélangeant aux carnets griffonnée ainsi qu’au feuilles volantes. Toutes ces tours bancales aux voilages de papiers se trouvaient agités par la langueur de l’air frais qui s’échappait de cette unique fenêtre toujours ouverte, sans que malgré cela la forte odeur de cigarette et de café qui empreignait les lieux réussisse à partir.
Le bureau d’Aubin était à son image, austère et sombre aux premiers abords, il se voulait secret, recelant de mystères et de trésors cachés entre les livres. Sur le secrétaire de l’écrivain étaient abandonnés divers travaux en cours quelques déclarations de membres de l’assemblée sur la situation économique, d’autre sur les montées de l’inquiétude au sein du peuple et autres monceaux d’immondices, de données brutes et sales qu’Aubin devait, par quelques tours de plumes rendre plus acceptables à l’oreille de tous.
Mais celui qui aurait dû se trouver derrière ce bureau à ce moment-là, éternellement éveillé, bercé simplement par le bruit de son stylo plume sur les feuilles ayant un jour été vierges, était aux abonnés absent. Sa chaise entre le bureau et la fenêtre était complètement vide.
La pièce était complétement vide. La seconde chaise, servant à recevoir quelques invités aussi, était vide. Mais là pas de nouveauté, il était plutôt étonnant de voir quelqu’un assis sur cette chaise, en face d’Aubin.
Le silence dominait la pièce, seulement troublé par les doux crissements du papier. Une cigarette abandonnée dans un cendrier se consumait d’elle-même, nouant dans un jeu savant d’arabesques des volutes de fumées sombres qui se dévoilaient à la lumière hésitante de la vielle lampe de bureau.
Il aurait fallu remarquer peut être, aux pieds de la chaise, quelques vêtements abandonnés ainsi que quelques plumes de hibou.


Aubin volait, un instant, savourant ce moment de quiétude si rare. Un moment de douceur qui n’était que le maigre réconfort que lui apportait sa condition, et qui était aussi beau qu’éphémère.
Et déjà malheureusement l’euphorie il touchait à sa fin, il sentait ses membres duveteux le piqueter de part en part, il sentait encore son cœur se serrer, se déformer dans une angoisse étrange. Il s’envola à tire d’ailes vers l’espace exigu de son bureau découvert par la fine ouverture de la fenêtre. Dans un fracas qui lui était peu commun et qui devrait surement déranger le silence de son bureau, le hibou passa la fenêtre pour débouler sous son bureau.
Un gémissement douloureux et des craquements d’os, c’était le bruit type de ces transformations, il reprenait sa forme humaine dans quelques déchirements de muscles. Aubin se mit à tousser, pris d’une quinte de toux et d’un frisson intense à cause de l’air léchant son corps nu. Voulant se relever il se cogna au bureau. Se frottant le crane il émergea lentement et c’est là que son regard se posa sur Timothée, sur le coup de la surprise, il lâcha un couinement étranglé avant de reculer vivement, se cognant encore à la chaise au passage. Il chercha frénétiquement ses habits autours de lui, tâtonnant avec ses mains tremblantes et trouvant les étoffes tant recherchée il essaya tant bien que mal de cacher sa nudité avec.
Là sur ce moment il avait l’impression d’être vulnérable, bien trop vulnérable. Pantelant, tremblant d’effroi sous le coup de la surprise, comme pour le contrecoup de sa transformation, il ramena ses bras maigres, tordu et abîmés autour de lui et laissa échapper dans un soupir de voix plus rauque et encore plus faible qu’a l’habitude :

«  T-Timothée… q-qu’est-ce  que vous faites là ? »





Dernière édition par Aubin Malaussène le Dim 5 Avr - 10:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Mer 11 Mar - 16:24


« Un hibou ? Et pourquoi pas une autruche ? »



Aubin & Timothée
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Le batiment s'impose dans l'obscurité comme en plein jour avec ses nombreux étages et grandes fenêtres. Il n'y a pas beaucoup de batiment de ce type dans la nouvelle Orléans et ils sont presque tous réservés au personnel de ce nouveau gouvernement. Je peux facilement comprendre pourquoi, après j'ai l'impression d'être un insecte face à sa carrure. Qui s'amuserait à se dresser contre ce type de batisse? Personne. Personne ou des rebelles contre un gouvernement qui ne leur convient pas. J'enfonce les mains dans mon sweat shirt et traverse la rue en quelques foulées. Mon souffle a reppris sa fonction avec une aisance que j'apprecie retrouver. Mes muscles interagissent ensemble sans me causer la moindre douleur, où tout du moins, sans que je n'y prête attention. Je n'étais plus à un stade de douleur et de fatigue où mon lit me semblait prendre les contours d'un paradis. Certains coups restent visible mais ont pris une teinture qui se dissimulait parfaitement dans la nuit. En relevant le visage vers cette tour d'ivoire, je constate qu'il n'y a plus âme qui vive. Entrer dans ce batiment n'a jamais été quelque chose de compliqué malgré la sécurité. J'entre un code subtilisé à un employé qui a tendance à repasser le soir à son bureau et passe la grande porte sans difficulté. J'ai appris depuis un moment à trouver des solutions à toute éventualité, devoir replacer la caméra dans le bureau d'Aubin n'en est qu'une de plus. Ayant vérifié que mon alibi se trouvait bien dans les bras de morphée, je n'avais aucune crainte de créer un double passage sur l'ordinateur. PAR-FAIT. Je grimace à ce simple mot. La dernière fois que je l'avais trop utilisé, je n'ai fait qu'enchainer les difficultés au point de me retrouver presque mort et allité pendant près d'une semaine. Afin de me remettre en forme, j'opte pour les escaliers et les grimpe à bonne allure avec un sourire collé sur le visage. Les petits triomphes me faisaient, au final, le plus grand bien. Une philosophie que j'aspirai à maintenir dans mon esprit dans l'espoir d'écarter toute autre pensée. La rage avec laquelle je m'éveillais et m'endormais ne doit pas me faire perdre l'once de patience qui me maintient la tête sur les épaules. Je soupire une fois arrivée au bon étage, je passe la porte du couloir en toute discretion. Je marche jusqu'au fond de celui-ci et tourne à droite, dépasse deux autres portes et m'arrête à la troisième. Fouillant dans mes poches j'en sors deux crochets dont je ne me sépare plus. Un instant, j'observe mes mains et les caresse mutuellement d'un geste pris d'un nouveau toc. J'y sens chaque cicatrice, grimace, me renfrogne. Pourquoi en arrivaient-ils là ? Les rebelles s'enfonçaient dans des actes qu'on ne pouvait que condamner quitte à oublier les méfaits du gouvernement.

Je secoue la tête, introduis les crochets et avant de faire quoique ce soit, m'apperçoit que la porte n'est pas vérouillé. J'hausse un sourcil, recule pour voir les possibles rayons de lumière sous la porte et décide de toquer. Après tout, j'étais venu assez souvent pour ne plus l'étonner de ma présence bien que cela faisait plusieurs jours que je n'étais pas passé, le soulageant surement. Personne. J'ouvre doucement la porte, passe un oeil puis deux et décide d'entrer en refermant derrière moi. Je me prends les pieds dans une pile de livre au passage "mer**, c'est une vraie bibliothèque ici ! ". Je m'abaisse et commence à rempiler ces livres lorsqu'un son me fait sursauter. Je tourne la tête vers l'objet de ma stupeur et découvre un hibou entrant dans la pièce. Les yeux ronds, je me laisse tomber sur la pile que je venais plus ou moins de compléter lorsque d'un oiseau, un homme apparait. Aubin. Le bruit de la transformation me fait hirisser le poil. J'ai beau avoir déjà vu Marteen se changer devant moi ou l'autre cabot, je ne peux réprimer un haut le coeur de dégout et, paradoxalement, de fascination. Dire que j'aurais pu faire ça... Je secoue une nouvelle fois la tête, puis recule. Il n'est pas temps de penser à cette éventualité. Il était temps de quoi d'ailleurs ? Bonne question puisque je reste là, stupéfait face à cette rencontre. Face à cette découverte. Un instant je me surprends à penser qu'en arrêtant de respirer, il ne me verrait même pas. Je l'esperai pour plusieurs raisons. La première est évidente : je ne voulais pas qu'il sâche que je venais de découvrir sa nature. La seconde c'est que je ne tenais pas particulièrement à faire face tout de suite aux conséquences de ma découverte. Eviter de devoir lui expliquer ma présence dans son bureau est une très bonne troisième raison. Et la plus déroutante de toutes; j'esperai pouvoir oublier à jamais sa nudité. Ce n'est pas comme si je ne me suis pas déjà changé dans un vestiaire, mais là, dans un tout autre contexte, un collègue (si je puis dire) qui plus est et au final, une personne que j'appreciai bien malgré moi....c'est justement un peu trop pour mon cerveau fatigué.

Son regard s'illumine dans l'obscurité avant que sa réaction ne me fasse penser à un vieux film des années 90. Je me fais presque sourire. Presque. Malgré toute la gêne partagée, je ne parviens pas à détourner mon regard du sien puis de son visage quand celui se détourne. C'était bien Aubin. AUBIN. L'homme le plus réservé, timide, presque associable que je connaisse. Je comprends enfin l'une de ses raisons, valait peut être mieux limiter les fréquentations gouvernementales au maximum dans sa situation.... qui sait sur qui on pouvait tomber ? Je l'observe en me demandant si les rouages de son cerveau étaient déjà en plein calcul. Suis-je un ami ou un enemi ? un allier ? un maitre chanteur ? une erreur ? Jene sais pas si ses neurones en sont déjà arrivés à cette simple question, pourtant existentiel, mais le mien tente d'y répondre. « T-Timothée… q-qu’est-ce que vous faites là ? » Bonne question. Très bonne question mon cher Watson. Qu'est-ce que je fichais là ? Je secoue la tête de haut en bas comme si je cherchais à faire rentrer en connexion mes neurones. Jugeant que mon silence était sur le point de devenir étrangement long, je remue mes lèvres. Je.. euh... excuse moi mais ... mais y a deux secondes t'étais un HIBOU ! UN PUTAIN D OISEAU ! je... tu viens de griller mes neurones mon gars... Difficile de faire plus sincère vu la sensation de vide abyssal que je ressentais depuis son apparition. Je secoue la tête, bouge de mon siège de fortune et me redresse à peine. J'étais dans le bar du coin de la rue... me suis demandé si tu étais encore dans le coin... un de tes collègues m'a ...ouvert... Bon sang si j'avais su ! un PI-GEON...fin hibou.... je t'aurai plus vu en autruche avec ces piles de boukin... un joli remake de Franklin... Un instant je revis très clairement ce dessin animé de mon enfance. Il m'arrivait de bloquer dessus quand le coeur ne m'inspirait à rien d'autre. Je baisse la tête et la redresse avec un mince sourire. Mon enfance. Cette blague. Mon regard se repose alors sur Aubin et sa nudité à peine caché. Je me relève en faisant tomber encore des livres et sors de la pièce le temps qu'il se change. Sur le pas de la porte, j'hésite un instant à disparaitre dans la pénombre et fini par m'y refuser. Qui sait ce qui pouvait advenir de cette découverte...


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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Ven 20 Mar - 20:29




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Le souffle rauque de sa voix était sorti avec difficulté. Etait-ce là le témoin d’un choc ? D’une surprise trop grande ? Ou même d’une profonde fatigue ?
N’est-ce pas les trois en même temps ?

Il tremblait dans tout son corps, de froid et d’harassement. Le souffle d’air frais qui remontait de la fenêtre se coulait dans la pièce et venait lécher son dos nu. Ah oui, nu. Il avait oublié un instant dans sa stupeur, la vulnérabilités qui était la sienne en cet instant. Il avait encore dans les oreilles les bruit de chaire tordue et la douleur de la transformation dans ses membres transis.  Mais plus que tout. Plus que tout cela, ce qui le dégoutait au plus haut point était de sentir ce regard sur sa personne, regard étonné qu’il fuyait avec application ; deux gros yeux rond de stupeur il s’en doutait. Mais il se doutait bien par le même moyen que ces yeux devaient être chargé d’une peur raisonnée et d’un dégout violent. Un dégout par sa personne qu’il risquait surement de se prendre de plein fouet s’il osait lever ses yeux sombres vers ceux de son vis-à-vis.
La gêne qu’il ressentait en cet instant précis consumait toute la froideur dont il se servait par habitude pour se défendre, son tel état de démunissions le laissait même sans les mots les plus élémentaires, ces seuls remparts pour se défendre. Tétanisant son corps tout entier.

« Je.. euh... excuse moi mais ... mais y a deux secondes t'étais un HIBOU ! UN PUTAIN D OISEAU ! je... tu viens de griller mes neurones mon gars... »
Ses mains se crispèrent violement sur les habits dont il se servait pour se couvrir a peine, ses muscles se raidirent à leur acmé. Il ne pouvait toujours pas relever la tête et affronter celui qui lui fait face.  Il était transparent. Livide. Il se laissait traverser par les mots, faisant peut être comme s’il ne les entendait pas. Il voyait bien la gêne de Timothée dans ses mots, il n’y sentait pourtant pas le dégout qu’il avait peur de croiser dans son regard.
Il avait l’habitude pourtant, de ces regards en biais qu’on lui jetait. Il passait au yeux de tous pour un être abject et froid. Il cherchait même à être cette personne qui trouvait écho dans les yeux de ses collègue. Il aspirait à devenir ce mensonge humain. Pourtant à chaque fois, ces regards dégoutés lui faisaient toujours aussi mal, comme bruler de l’intérieur, la simple brindille qu’il était ébranlée par la violence d’un regard.

« J'étais dans le bar du coin de la rue... me suis demandé si tu étais encore dans le coin... un de tes collègues m'a ...ouvert... Bon sang si j'avais su ! un PI-GEON...fin hibou.... je t'aurai plus vu en autruche avec ces piles de boukin... un joli remake de Franklin... »

Il se perdait au fil des explications maladroites du jeune en face de lui, après tout, il n’arrivait plus vraiment à aligner deux pensées correctes pour l’instant. D’ailleurs, il ne comprenait vraiment pas ce que Benjamin Franklin avait à voir avec la situation actuelle…
Aubin sentait du bruit autour de lui, mais persistait à garder son regard rivé vers le sol, les muscles de ses bras, de tout son corps tendu à l’extrême.
Il entendait clairement le mouvement, serra les dents à chaque bruits de chute de livre, à chaque papiers froissés. Puis le bruits des pas, de la porte. Du silence à nouveau.
Lentement, Aubin ferma les yeux, relâchant la pression de son corps meurtri et bien trop maigre. Il pris son visage entre ses mains et resta un instant dans cette position étrange, de silence, d’inaction, dans le froid qui lui coulait toujours sans arrêt sur l’échine.
Il releva la tête, lentement. Il voyait la lumière du couloir filtrer par-dessous la porte, et il y distinguait très clairement l’ombre de deux pieds. Ceux de Timothée, très certainement.
Il avait réussi à se rhabiller, ses habits étaient certes froissés et certains boutons de sa chemise étaient mal mis à cause des tremblement de ses doigts fins, mais il était du moins plus présentable. Passant une main dans ses cheveux en bataille, il fit le tour de son bureau, titubant légèrement et se tenant contre celui-ci. Appuyé contre lui, il fixait la porte qui lui faisait face. Il la fixait tant et si bien, avec toute la force que le lui permettaient ses yeux gris, qu’elle aurait peut-être pu se trouer devant lui, être transpercée de part en part.
Que faire ? Il ne savait que faire .
Que faire maintenant qu’il s’avait. Que lui savait pour lui. Que faire, qu’allait-il faire ?
Ses questionnements l’assaillirent avec toute la violence et la force d’une marée montant dans son être. Un panique croissante vint faire battre son cœur de plus en plus fort dans sa poitrine chétive, tant et si bien qu’il sentait presque cet organe fou s’empaler au bout de ses côtes.
Cette décharge d’adrénaline vint combler le vide qu’il ressentait dans son corps, et lui donna l’impulsion suffisante pour qu’il se rue près de la porte ou semblait l’attendre Timothée.
Mais sa main se stoppa, dans son élan désespéré  au-dessus de la poigné. Immobile d’abord, elle s’agita lentement de tremblement, puis plus vite, de plus en plus vite, elle semblait presque incontrôlable. Et ce mal sembla s’entendre a son corps entier.
Il recula d’un pas, et se laissa choir contre le mur près de la porte, se prenant à nouveau le visage dans les mains, enfonçant ses ongles dans sa peau au milieu des tressauts de son corps malingre. Il ne se sentait pas prêt à affronter le regard de quelqu’un, pas dans cet état-là. Quand bien même Timothée avait eu la bonté de l’habitué à sa présence grâce à ses visites intempestives. Les autres le terrifiant, au plus profond de lui-même. Il ne s’était sentit que rarement bien en leur présence, préfèrant une certaine solitude, qu’il se construisait grâce à son image de froideur.
Mais en l’occurrence, il ne pouvait pas cette fois ci couper aux explications, et il allait devoir affronter les question, la verve et la fougue du garçon.
Il essayait de calmer ce début d’hyperventilation, s’obligeant à respirer calmement, même malgré le manque d’air. Il se reprenait.
Prenant une grande inspiration, il se décida enfin à ouvrir la porte. Timothée attendait dans le couloir, d’un signe de main léger il l’intima de rentrer à nouveau dans son bureau, lui désignant la chaise devant son secrétaire.
Il ferma la porte derrière lui, lentement. Depuis tout à l’heure il n’avait pas décroché un mot. Ceux-ci semblaient mort-né à l’intérieure de sa gorge. Au passage, il ramassa les livres que Tim avait fait tomber, en se penchant il faillit tomber, pris d’un certain malaise, mais se rattrapa au dernière moment, s’évitant une chute. Il espérait que l’autre n’avait rien vu.
Il remit les livres en place, caressant un instant la couverture reliée d’un obscure ouvrage, appréciant sa présence sous ses doigts, le rassérénant quelques peu.

Lentement il vint prendre place à son bureau, en face de son « hôte ».  Il croisa les mains sur son bureau, s’il semblait impassible, ses mains étaient toujours agitées de ces tremblements qu’il n’arrivait pas à refréner.
Il releva les yeux et fixa l’homme en face de lui. Ces deux orbes sombres et souvent d’humeur égales étaient rougies et fuyantes. Par plusieurs fois ses lèvres tremblèrent dans un étrange rictus avant de parler. Aubin ne se contrôlait absolument plus.

« V-vous… » Sa voix était un murmure, tremblant et incertain. Il passa sa langue sur ses lèvres  «   Je c-comprends que vous soyez… surpris… J-je.. » Tu quoi ? Tu quoi  Malaussene ?
Il avait du mal à parler, lui qui n’était déjà pas très bavard.
Puis soudain, chose nouvelle devant quelqu’un, Aubin craqua.
Une nouvelle fois, il pris sa tête entre ses mains et s’accouda misérablement contre son bureau. Il resta ainsi un instant, marmonnant dans sa barbe.
«  Compliqué… Pourquoi faut-il que ce soit si compliqué ?... »
Puis lentement, il remonta son regard, ses yeux vides rencontrèrent ceux plus vif de l’homme en face de lui.
« Vous avez l’air…. Fatigué Timothée. »

Bien sûr qu’il avait remarqué l’état a peine caché de son vis-à-vis, il n’était pas le plus aveugle des hommes. Il était juste drôle que cette phrase sorte de ses lèvres, lui qui semblait à cet instant prêt à laisser son corps s’abandonner à la fatigue et la douleur de la transformation.





Dernière édition par Aubin Malaussène le Dim 5 Avr - 10:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Lun 30 Mar - 21:36


« Un hibou ? Et pourquoi pas une autruche ? »



Aubin & Timothée
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Et quelle découverte ! Un skinchangeur. Aubin, un skinchangeur. Un oiseau, un hibou pour être précis. Ma tête rencontre la porte au moment où mon corps la percute avec une force loin d'être maîtrisé. Un instant, j'apprécie qu'elle ne fasse pas partie de ces portes inutiles dont un simple courant d'air a raison d'elle. Je souris brièvement, lève les yeux sur le plafond, enfonce mes mains dans mon sweet. Je soupire, presque lasse ce qui semble tellement contradictoire de mon pouls ou de ces images qui me rappellent déjà à un souvenir marquant. Je le sais à chaque bruissement d'aile, je frissonne. Je ferme un instant les yeux. Un instant qui peut durer autant 30 secondes que 10 minutes tant mon esprit a du mal ces derniers temps. PAR-FAIT. J'y songe, une nouvelle fois et secoue la tête en lachant un juron en français. Je l'avais dit, ce n'était pas une formule a adopter ces derniers temps mais plutôt à proscrire à jamais. Aubin. Skinchangeur. Il est un nouvel être à surveiller, à épier, à balancer. Le souvenir de notre rencontre chatouille mes neurones, sa supeur, sa panique, ma rapidité de réaction, ma lecture, mon énervement, mes excuses.... et cette certitude de devoir le garder à portée de vue. Est-ce pour cela, au final, que mon instinct m'a soufflé de le surveiller ? Pour ce simple instant ? cette rencontre fortuite, bien plus que la première et que toutes celles qui ont suivi. Je revois ses regards fuyant lorsqu'il me découvrait dans le couloir ou dans la rue. Tout son corps avait su m'exprimer son désir de quitter ma mémoire. Je suis sûr qu'avant même cet instant T (ou H...), il aurait pactisé avec le diable pour s'assurer que je ne sois plus dans ses pates. Avait-il seulement conscience qu'il était devenu un outil ? Ou plutôt, non, d'un outil il est devenu autre chose, une relation presque amicale. Je fronce les sourcils les sourcils, ouvre les yeux. Suis-je aussi dénué de sans commun, d'observation, de sentiment pour oser avouer qu'en effet de l'utilité apparente qu'il avait dans ma vie, il avait su, à force de se montrer froid, éveiller ma curiosité et mon amitié. Est-ce pour cela que son visage associé à cet hibou me fait plus peur qu'autre chose ? Je n'ai pourtant aucune peur de lui mais plus de ce que sa nature pourrait me pousser à faire. Encore une décision dont j'aurai préféré me passer.
Quelque semaine plus tôt j'aurai presque rit en lui offrant un marché subtil ou non. J'aurai vu ce hibou comme mon Hedwige personnel, messager d'un point de flexion, une carte maitresse dans ce monde que je voulais comprendre. Comprendre et pour lequel je me devais de statuer. Aujourd'hui, je me rends compte que loin d'être le coup de chance espéré, c'est un malaise. La sensation d'avoir trahi le secret d'un ami. Un sentiment étrange que je ne me comprends pas et que j'imagine difficile de comprendre en l'état. J'aimerai à cet instant oublier Timothée pour prendre possession de ce côé si sombre dont nous tentons tous de nous cacher. Celui qui m'est apparu face à Bastien m'offrant toute la découverte de mes erreurs, de ce que j'avais projeté, surement à tort contre lui et qui, en plus d'être totalement puéril était la marque de ma propre crainte à être "le mauvais". Des additions stupides de mon esprit plus atteint que je ne l'aurai cru. Aujourd'hui encore, je me rends compte de la bassesse de mon esprit. Aubin. Je sens le mouvement. J'anticipe avec une vivacité qui me surprend manquant un battement. Voila que j'ai peur de lui ou, tout du moins, de m'étaler de tout mon long dans sa bibliothèque. Du coin de l'oeil je vérifie son état vestimentaire et me détend presque de le voir totalement recouvert. J'ai beau concevoir qu'il était certainement bien plus mal que moi, je ne peux m'empêcher de pousser le vice de ma détente en ponctuant d'un : Beaucoup plus présentable pour aller boire un verre... quoique t'aurais peut être fait un malheur au sein de la gente féminine... pourvu qu'elles n'aient pas de souci avec les plumes.... Je grimace face à cette pensée. Si j'arrive à ne plus m'étonner de ma capacité à utiliser ma bouche pour me sortir de tout et n'importe quoi (ou, plus souvent, pour me mettre dans le pétrin), je suis presque déconcerté par la facilité soudaine dont je fais preuve pour lui faire face compte tenu de cette découverte. Ai-je un point commun avec le hibou pour me sentir presque autant à l'aise qu'avant de passer la porte pour la première fois ? Assis, je passe ma main sur ma poitrine au niveau de mon cœur afin de vérifier son battement. Geste stupide mais qu'importe. Je fronce les sourcils, coule mon regard vers lui d'abord son visage après ses mains qui semblent être prises de convulsion. Je grimace et ne peut lui en vouloir de bafouiller lorsqu'il tente de parler. Je contemple alors le spectacle en me donnant l'impression 1) d'être devant mon directeur de collège près à me renvoyer 2) alors qu'il est complétement en crise de tétanie 3)ou bien face à un sapin noël se rendant compte que le père noël n'existe pas et étant à deux doigts de craquer en étalant toutes ses décorations, tout son "paraître" sur le sol. Il se prend la tête dans les mains, s'enfonce les doigts dans les cheveux. J'enfonce les miens dans mes poches avant de les en sortir pour les masser avec un peu trop d'insistance.

J'en suis presque sûr, il est perdu. Sa fatigue fait écho à la mienne. Son cerveau s'articule avec difficulté et pourtant, une agitation bien assez grande pour faire passer l'éléphant pour un trou-de-c*l aux oreilles décollées. J'en suis donc presque sûr, il a dû en arriver à la question de l'ami ou de l'ennemi. Que me dire ? qu'avouer ? Quel stratégie adopter ? Dans une autre situation, avec quelqu'un d'autre, je pourrais me fasciner de son futur choix, de sa manière à aborder les choses, à tenter de s'en sortir et d'éviter de couler à-pic. Seulement, voila, je le regarde et plus je le regarde plus j'ai de la peine. Plus j'ai de la peine, plus j'ai envie de lui faciliter la chose. Je le vois redresser la tête. Ses yeux m'agrippent et je me rends compte que c'est la première fois depuis son apparition qu'il ose ce contact. A sa place, j'en menerai surement pas large non plus... A sa place. Je souris malgré moi, détourne le regard alors qu'il me prend le temps de constater à voix haute mon état. Comme s'il avait vraiment le droit de parler de mon état physique alors que le sien se situe entre deux espèces. Ton sens de l'observation et du timing m'étonnent... je pense que de nous deux, c'est surement toi qui mérite un coma... Me rendant compte de mon temps presque antipathique, je secoue la tête et soupire avant de pencher la tête en arrière accompagné de mes mains. Cet espèce d'étirement me fait grogner en touchant mon flan gauche. Je revois très clairement le point de Sam s'y enfoncer. Samuel. Cette prison. Je grimace non pas pour la douleur physique mais pour le souvenir en lui même. Il s'agirait de mieux observer à présent. De mieux choisir. Je retourne mon regard vers Aubin qui semble plus meurtri qu'une seconde plus tôt. Je me redresse sur la chaise, pose mon avant-bras droit sur l'accoudoir. 'Scuse... Le sachant français, je ne me formalise pas de parler ma langue natale. Aubin... Ne penses-tu pas que nous en cette soirée assez intime pour que tu puisses ENFIN me tutoyer ? Je lui souris essayant tant bien que mal de faire redescendre l'atmosphère et surtout de lui faire oublier ma perte de maitrise. Le silence nous guète, si lourd que j'ai l'impression quand lui laissant trop de place, il pourrait nous écraser sur place pour l'éternité. Le son si particulier de sa transformation me fait secouer la tête, je me frotte l'oreille gauche comme si elle venait d'être attaquée. Détends toi, pour le moment je n'ai pas l'intention de te dénoncer ni de te tuer pour être "autre chose" qu'un humain lambda... tu n'es pas le premier que je vois et du coup.... J'hésite puis hausse les épaules, au point où on en était... Depuis quand .... ? puis... un HIBOU !? T'as un maitre quelque part du nom d'harry potter ? !
J'ai presque envie de rire mais en plus de la situation qui ne s'y prête pas c'est ma propre boutade qui a ses limites. Un hibou une chouette, c'est presque pareil non ? Laissez tomber, je me distrais comme je peux puisque derrière cette dernière question se tient une véritable information. A l'instar de tous ses congénères, il doit avoir un créateur quelque part.... un créateur qui pouvait autant se mettre sous les traits d'une agréable sorcière ou d'un être plus sombre, plus fourbe, capable de rejeter un de ses enfants à la naissance puis de rejeter le second lorsque celui-ci n'a pas les capacités voulues... un être capable de proposer un rituel douteux et, maintenant je le sais, douloureux à son propre fils dans l'espoir dans faire un être plus "fréquentable", plus "des leur", plus.... plus un jouet en somme. Un être comme n'importe lequel de mes parents.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Dim 12 Avr - 10:25




Does he know who you are?
Does he laugh, just to know
what he has?



Mais qu’allais tu faire Malaussène dans ton état pitoyable ? Ne te vois-tu pas tes cheveux en batailles, quelques mèches collés a ton front par une fine pellicule de sueur témoin d’une transformation récente.
Ne vois-tu pas tes mains trembler, comme parcourues par un fluide glacé ?
Ne vois-tu pas que tu n’es qu’un misérable ?

Oh si, Aubin le voyait bien. Pire il le savait bien.
Il aurait aimé garder son masque de froideur, son ironie calculée avec précision pour éviter de se montrer sous son mauvais jours : son véritable jour.
Il aurait aimé surtout ne pas avoir à craquer devant lui. Timothée après tout n’avait pas sa langue dans sa poche, les mots, il savait les manier comme tout être humain, mais comme un enfant au yeux d’Aubin. Il ne savait pas, non ne connaissait pas aussi bien que lui leur efficience pernicieuse. La portée qu’ils pouvaient avoir une fois prononcés. Mais il ne lui en tenait pas rigueur, comme bien des gens de cette époque Timothée était un garçon d’action, en témoignait leur première rencontre.
Le souvenir de cette entre en matière lui était toujours un peu douloureuse et stressante, après tout Aubin était un être qui n’aimait pas être chamboulé, brusqué. Un être qui fuyait le bruit et la vie. Deux caractéristiques qui définissaient bien Timothée.
Il se montrait souvent froid et cassant avec lui. Il le fuyait souvent. Mais après tout ce n’était pas parce qu’il ne l’appréciait pas, loin de là. Certes au début il n’avait su quoi penser quant à son idée de venir le suivre partout. Mais au fur et à mesure sa présence était devenue une autre routine rassérénante pour Aubin. Un contact frais, autre. Une personne avec qui il n’avait pas besoin de converser mais qu’il pouvait écouter parler, d’un oreille distraite.
Très certainement il ne le considérait pas comme un ami, ce terme lui était devenu dans son essence propre trop étrange. Mais il avait commencé à se sentir plus amical envers lui, moins froid, et peut être attendri en quelque sorte par cette jeunesse qui pour lui, être d’un siècle et de poussière, semblait bien lointaine et perdue.

Le ton cassant et antipathique de Timothée ne le surpris qu’a moitié. Il y avait bien de quoi lui être antipathie, après tout il s’était forgée cette image d’homme exécrable et avait l’habitude que l’on emploie ce ton a son égard. Mais dans la bouche du jeune homme, cela sonnait en lui faisant plus de peine. Etrange.  
Il accepta ses excuses d’un petit geste de la main et d’un signe de tête fatigué, ricanant amèrement de sa propre bêtise.
« En effet… Tu as raison. »
Il savourait le français qu’il pouvait parler avec le généticien. Il retrouvait les rouages de sa langue avec lui, et toujours cela lui faisait autant plaisir que naitre en lui une certaine nostalgie. Il avait remarqué que bien souvent ( quand il se décidait à suivre le flot de paroles intarissables de Timothée ) il ne comprenait pas certains mots employés par le jeune homme. Ni même certaines de ses références trop contemporaines pour un être comme lui, même s’il c’était mis en tête de découvrir des auteurs et autres artistes qui avaient précédé son siècle.
Malgré son apparence farouche, il aurait aimé savoir, il aurait aimé comprendre. Mais il était trop timide, trop mutique pour oser demander a Timothée ( ou a d’autre ) de lui en apprendre plus sur ce monde, ses nouveautés. Enfin, pour cela il aurait fallu que sa condition de changeur centenaire soit révélée au grand jour. Chose qui venait d’arriver à son grand malheur.

Quand le garçon se décida à rompre le silence, tentant surement de le rassurer, Aubin se mit à rire plus amèrement encore, presque dégouté par sa phrase.

«  Pour le moment ? Quelle gentillesse Timothée… Quelle gentillesse. Cela me détend beaucoup en effet.»

Il releva ses yeux vers lui et les planta dans les siens, ramenant ses mains croisées sous son menton pour les empêcher de trembler plus que de raison mais aussi pour tenir sa tête droite et la retenir d’une chute potentielle causée par la fatigue.
Ses lèvres remontèrent sur son visage, pour découvrir l’arc de cercle blanc de ses dents. Ce pâle sourire, insipide, n’avait rien de chaleureux. Non, on pouvait y lire un dégout profond, un mal être à peine caché qui crachait a la pleine face de Timothée.
Non, Aubin n’agissait pas comme d’habitude. Aubin était à bout de nerf, et même les êtres les plus calme peuvent parfois se montrer violent. Mais le hibou lui, était violent dans le silence. Ses colères, ses tourments ne se faisaient que dans une froideur glaciale une violence sourde et muette à vous geler le sang dans les veines, une amertume a vous faire rendre votre petit déjeuné.
Il regardait toujours  le garçon en face de lui, le scrutait comme pourtant il n’avait pas l’habitude de le faire.

«  Je te dégoute n’est pas ? » Il appuya bien sur le tutoiement, pour enfoncer comme un coup de marteau la violence de ses mots.
Mais cette violence sourde, lentement et pourtant visiblement se mua en une profonde détresse, les traits de son visage se décomposèrent, s’adoucirent, pour revenir à leur mélancolie, leur tristesse habituelle.  «  Ne t’en fais pas… Je me dégoute aussi. »
Après tout oui, il n’était qu’une sorte de monstre Hybride, à cheval entre deux espèce. Un créature centenaire pétrie par les années ou au final son humanité s’était retrouvée si brisée qu’elle avait parfois du mal à s’exprimer.
Il haussa un sourcil, marmonnant le nom «  Harry Potter ? » , visiblement il ne connaissait pas non plus cette référence. Ce monsieur Potter était-il un sorcier connu pour avoir transformé beaucoup de pauvres hommes en changeurs ? Il doutais d’ailleurs que ce soit un de ses contemporains. Du moins, il préféra éviter la question.
Cette autre question, celle de Timothée quant à son origine, l’atteignit en plein cœur.
Il revoyait danser devant ses yeux le visage de sa sorcière, et comme à chaque fois il sentait ses mains s’alourdir du poids du sang sur celles-ci. Ce sang qu’il avait tenté de laver, maintes et maintes fois, jusqu’à faire couler de ses mains son propre sang. Mais qui jamais ne semblait vouloir le laisser.
Il sentit son pauvre cœur abîmé et translucide se serrer dans sa poitrine et il porta ses mains à ses yeux, qui imperceptiblement avaient rougis. Il n’avait pas envie de parler d’elle, il n’en n’avait pas la force.
Mais Timothée lui avait posé une question, et actuellement Aubin n’était pas en position de tergiverser car il se pouvait très bien que non content de ses réponses le jeune homme aille rependre la vérité sur sa nature au milieu de ses collègues. Et sa vie qui déjà se rapprochait d’une vision de l’enfer allait achever de le devenir.
Il croisa les bras, et crispa ses mains faméliques sur ses manches.

«  Depuis quand…. Depuis… » Sa voix était empreinte d’une mélancolie palpable. Mais il cherchait ses mots, il cherchait comme le dire avec simplicité, comment enrober la vérité dans quelque chose qui passerait mieux aux oreilles de Timothée. Il avait l’air de le dégouter déjà assez, et ce constat même s’il n’aurait dû l’ébranler, lui serait tout de même un peu le cœur.
Il haussa les sourcil et opta pour un ton qui se voulait plus léger ( la chose était difficile présentement, mais il pouvait bien tenter.) Un fin sourire vint étirer ses lèvres

« hum… Connais-tu Zola Timothée ?... Bien, disons que j’ai eu la chance d’avoir des conférences avec lui lorsque j’étais étudiant... » Il avala sa salive et passa sa langue sur ses lèvres gercées, menaçant de se fendre s’il étirait trop sa bouche. Il sortit de sa poche un paquet de cigarette, les mains tremblantes comme à leur habitude, réussirent au bout de trois fois à de saisir d’un bâton de nicotine. De cette main toujours agité de spasmes il la porta a sa bouche pour l’allumer, reposant le paquet et le vieux briquet devant Timothée au cas où il veuille se servir.
Il tira sur la cigarette. Relâcha la fumé en laissant sa tête pencher vers l’arrière, s’adossant un peu mieux à sa chaise de bureau.
«  Cela répond-il à ta question jeune homme ? » Le jeune, dans sa bouche avait quelque chose de malicieux, puisque dorénavant, et si le message était bien passé, Timothée devait être en mesure de comprendre que par rapport à Aubin, il était très, très, très jeune. Un enfant.



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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Ven 24 Avr - 18:21

Pour le moment  ? Quelle gentillesse Timothée… Quelle gentillesse. Cela me détend beaucoup en effet. Je laisse échapper une expiration en souriant. Son sarcasme pouvait presque me flatter. Je n’ai pas être gentil dans cette situation. Je n’ai pas à faire semblant. Je suis un analyste du gouvernement et plus encore, j’enquête pour lui. Rajoutons à ça mon récent kidnapping et je suis très bien placé pour suspecter toute personne travaillant pour le gouvernement et ne se déclarant pas de nature différente. Qui sait ? Peut-être est-il de la résistance comme Brashen… Je secoue la tête lorsque mon esprit me ramène des détails de nos précédents échanges. Oui, je sais, il n’a rien d’un rebelle. Joue-t-il un rôle ? Il serait bon comédien … comme moi, comme mes parents. Tss. Encore eux. Mes parents. Je grimace, me crispe légèrement sur mon siège et détourne le regard. J’ai encore cette impression stupide que n’importe qui peut lire mes pensées, entrer dans ma tête, prendre une bière et observer tout ce qui s’y passe. C’est idiot. L’esprit humain n’est pas ouvert à tous, pas aussi facilement, pas avec assez de précision pour tous y lire. Nous ne faisons que des suppositions en prenant en compte ce qu’on voit et le peu de chose qu’on sait de l’autre puis, quand on est vraiment bon à ce jeu, on devine plus de choses. Mais, heureusement, personne n’a cette capacité. Personne ne peut lire en l’autre sans y être invité. J’ai beau m’en convaincre, je pose un regard suspicieux sur l’homme en face de moi. De ce que je sais, sa nature ne lui permet pas de s’introduire en moi comme si on entrait dans la famille de Dora et, il faut le dire, là tout de suite, il ne ressemble pas vraiment à la parfaite exploratrice bilingue. Je secoue la tête, passe mes mains dans mes cheveux en soupirant. Mes avant bras rencontrent le froid des accoudoirs, je frissonne pendant qu’Aubin semble disparaitre petit à petit de notre conversion. Je l’imagine très bien voleter au dessus de nous sous sa forme de pigeon et moi, incapable de l’attraper pour avoir des réponses. Je te dégoute n’est pas ? Mes yeux sursautent si ce n’est tout mon corps, subtilement à cette violence verbale. Mes sourcils se froncent faisant ressortir une petite veine. Ce changement de comportement m’étonne, comme le précédent changement d’humeur. Se joue-t-il de moi ?de nous tous ? Je n’arrive pas à statuer car je sens le doute s’immiscer en moi avec plus de facilité qu’il y a dix jours. C’est fou ce qu’une séquestration pouvait faire sur les réflexions humaines. Là où j’aurai juré son innocence la semaine dernière basée sur mon simple instinct, sur mes observations et échanges avec lui, ne reste que la place à un immense point d’interrogation entre nous. Ne t’en fais pas… Je me dégoute aussi. Là encore, j’hallucine sur mon siège dans lequel je m’installe mieux, près à bondir sur lui au cas où. Parano me dirait Zoey ou même Misha. J’ai beau sentir qu’ils auraient parfaitement raison, je ne peux empecher mon cœur de me sentir tout le stress que la situation m’inflige. S’il voulait m’achever, il ne s’y prendrait pas autrement. J’ai bien l’impression que mon plus grand combat devra se passer sur un terrain que j’espérai avoir conquis depuis longtemps : ma conscience. Alors que j’imagine très clairement mon minimoys s’armer tel un guerrier pour le combat du siècle, Aubin se décide à rouvrir la bouche, apparemment pas satisfait du bordel que sa bipolarité pouvait entretenir dans ma tête. Le fourbe. hum… Connais-tu Zola Timothée ?... Bien, disons que j’ai eu la chance d’avoir des conférences avec lui lorsque j’étais étudiant... Des conf…érences ?

Sourcils harqués, je venais de relever le détail le moins significatif pour ma quête d’information. Zola donc. Zola. Zola c’est un vieux celui là, et un sacré fourbe, comme Aubin, mort depuis deux siècles il continuait à pourrir les bancs d’écoles françaises… Plus question de faire attention à ma posture, je m’échoue dans le siège dont semble sortir tout un tas de petits piques. Guillautin venez m’achever…. Et au lieu de voir ce cher mécanicien des bourreaux, je vois Aubin sous sa forme de pigeon avançait vers moi avec un petit pique, simple efficace « …jeune homme… ». Mon minimoys lâche l’arme, sourit, et part à l’opposer se cacher derrière un sapin. Rapide efficace, Aubin avait plus de matière à frapper que moi. Ce n’est pourtant pas le premier changeur que je rencontre. Ce n’est pourtant pas le premier que j’apprécie avant de découvrir la vérité. Ce n’est pourtant pas le premier qui se joue de moi. Ce n’est pourtant pas le premier qui ment pour se protéger. Brashen. Maarten. Noah. Bastien qui préfère jouer les ignorants à assumer son existence mensongère. Puis moi, faut se l’avouer, je suis le premier à jouer ce double jeu avec qui veut bien faire un petit tour en ma compagnie. Zoey, Maarten, Noah, Bastien, Brashen, Judith…. Aucun d’eux n’a la moindre idée de qui je suis. Pi, soyons honnête, la simplicité qu’à Aubin de pousser ma conscience sur un champ de bataille montre bien ma propre incapacité à savoir qui je suis. Qui je suis, qui je veux être, qu’importe la bataille fait rage. Le silence s’installe durant je ne sais combien de temps. Tout d’abord je distingue ce minimoys qui se débat contre le pigeon puis contre d’autres formes incongrues de mon imaginaire fantasque. Je me sens légèrement noyé par ces images qui flottent autour de moi bien trop sanglantes avec leur point d’interrogation géant pointés sur moi. Si je n’avais pas appris à me relever pour connaitre toutes les vérités, j’aurai probablement déposé les armes tout de suite pourtant, mon regard s’éclaircie et je me rends compte que je le fixe. Loin d’arrêter, je reste dans la même position seule une grimace trahit mon changement de réflexion. Je l’observe fumer en silence. Se joue-t-il de moi ? Est-il de la résistance ? Son comportement se traduit-il par la pression ou par des desseins que je piétine ? Malgré moi, mes lèvres s’étirent dans un sourire ironique. Il y a 10 jours j’aurai répondu sans grande hésitation faisant confiance à mon instant qui, jusque là, ne m’avait pas trop défaut. En vie grace à lui, je lui devais bien de croire ce qu’il me soufflait. Mais là…. Là… Pour moi tu gardes tes… 30 ans… c’est pas ta liaison avec Zola et Flaubert qui vont m’intimider… Rien dans ma posture ne semble prouver le contraire, pourtant ma phrase tente surtout de me convaincre. Ce que je veux savoir c’est si tu es un danger ou non. Je suis…flic mais pas un monstre… si je peux éviter de pourrir la vie de quelqu’un, j’ai tendance à le faire. Ton existence peut être un danger qu’importe ton âge… il devait avoir des psychopathes à ton époque aussi c’est pas très contemporain… Je me redresse, pose mes avants bras que le bureau et attrape d’une main le paquet. J’en tire une cigarette et joue avec sans la poser sur mes lèvres. Je ne fume pas mais j’aimerai bien faire disparaitre la pression qui s’accumule en moi dans un nuage de fumée. Comme lui.

Je secoue la tête, soupire. Tu as du le comprendre quand on s’est rencontré, je ne suis pas favorable aux morts inutiles surtout en ce qui concerne les hunter’s seasons… je considère pas que te dénoncer soit une bonne chose… les gens meurent pour moins que ça ces dernières semaines… Je m’arrête avec la sensation d’avoir de la bile dans la bouche, le merveilleux gout apre et déguelasse de la menace. Exercice dont, jusque là, je n’étais pas féru et encore moins un habile utilisateur. Preuve est faite, on peut devenir son pire mépris. Enfin.. je t’aime bien.. ou j’aime bien celui que je pense connaitre que j’espère être le vrai Flaubert. Manque de peau, on m’a déjà trompé et je ne veux pas que ça recommence. Alors dis moi juste si je peux te faire confiance, juste assez pour garder ce secret… Dis moi de qui je dois me méfier, de toi ? de ta créatrice ? Mon regard perse le sien, je le sais, je le sens. Les récents événements m’ont offert une possibilité que je n’avais pas jusque là : celle de vouloir et pouvoir faire souffrir. Quelque part au fin fond de mes circuits sonne une alarme, un brin de conscience ; mon humanité. Je secoue une nouvelle fois la tête ; recule annulant presque tout le sérieux de mes propos. Non… tu n’es pas celui qui me dégoute le plus dans la pièce… Mes poings se serrent faisant apparaitre ses jointures saillantes.

Non, c’est moi.

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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Jeu 25 Juin - 16:42




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C’est avec inconscience qu’il s’était livré à ces confessions. Mais après tout faisait-il encore les choses consciemment ? Il regarda sans trop comprendre, sans trop savoir ce que Timothée pouvait ressentir, l’impact de ses révélations sur le jeune homme.
Petite marionnette expressive, ses sourcils s’arquèrent, sa bouche se tordit dans un rictus de contrition. Qu’était-ce alors que ces émotions que le hibou était incapable de lire. Du dégout ? De la surprise ? Diable il n’était pas aisé pour lui de comprendre , et cela ne le serait surement jamais.
Pourtant, dans sa petite tête de hibou asocial perçait une impression, une impression infime mais pourtant…
Cela faisait longtemps que le jeune n’était pas venu mettre quelques grand coups d’airs dans son bureau, avec cette effervescence qui caractérisait ceux de son genre. Ces drôles d’optimistes ,à l’image de Loon, qu’Aubin appréciait mais savait qu’il n’arriverait jamais à comprendre.
Aubin avait toujours évité les regards de ceux à qui il parlait, évitant de s’y confronter de peur de s’y perdre, mais lorsqu’intimement il croisa celui de Timothée, la manière dont il le fixa ne lui plus  nullement. Et encore moins la façon qu’il eut de poser ses mains sur son bureau. SON bureau. Son espace vital, son espace de travail. Les feuilles tremblèrent un peu. En d’autre circonstances, il n’en n’aurait eu cure, Timothée aurait bien pu danser sur son bureau il n’aurait pas été vexé. Mais cet air, la façon dont il se tenait dont il lui parlait… La façon dont il venait d’envahir son territoire montrait plus une volonté de le soumettre à ses dires qu’un geste amical.
Aubin secoua la tête, chassant ces idées saugrenues il était encore trop hanté par l’animal pour parler ainsi de territoire.
Les mots de Timothée, cru et dur l’atteignirent bien  facilement. En d’autre circonstance peut-être aurait-il feint un rire moqueur, et l’aurait-il envoyé paître. Mais il avait fini par apprécié Timothée et aimé à croire que c’était réciproque. Au final lui aurait-il mentit ? Bien malheureusement alors avait-il une fois de plus, une fois de trop, été naïf ? Etait-ce pour cela alors qu’à ces mots il se sentait peiné ?
«  Penses-tu vraiment ce que tu dis… » Laisse-t-il échapper la voix triste.
Il continue de le regarder en silence, il l’écoute monologuer. Il le voit jouer avec la cigarette, lui qui ne fume pas. Il s’occupe les mains, se retranche derrière quelque chose, comme un gamin qui essaie de se donner contenance. Mais après tout de quoi as-tu peur Timothée ? Pas de Aubin j’espère.
« Enfin.. je t’aime bien.. ou j’aime bien celui que je pense connaitre que j’espère être le vrai Flaubert. Manque de peau, on m’a déjà trompé et je ne veux pas que ça recommence. »

Aubin arqua un sourcil. Il y avait de la maladresse, de la nervosité, de la fatigue dans ses mots, et cela même lui pouvait le sentir. Non Timothée n’était pas comme d’habitude et cela ne devenait que plus clair pour la petite tête du hibou. Ce constat passé, il commença à se dire demander s’il s’était passé quelque chose, durant ces quelques jours qu’il ne l’avait point vu…

« Alors dis-moi juste si je peux te faire confiance, juste assez pour garder ce secret… Dis-moi de qui je dois me méfier, de toi ? de ta créatrice ? »

Aubin se crispa à cette mention, instantanément. Le regard de Timothée perçant le sien le cloua au fond de son siège. Les lèvres de l’écrivain se mirent à trembler. Comment ? Comment pouvait-il savoir ça ? Comment diable pouvait-il connaitre l’existence de sa sorcière. Il sentit sa respiration se faire plus forte, légèrement saccadé comme à chaque approche d’une angoisse.
Et qu’importe que Timothée recule, qu’il se radoucisse. Qu’importe tout cela : ses mots avaient été trop loin. Beaucoup trop loin.
Qu’importe qu’il ne soit qu’un enfant, qu’il soit perdu et qu’il ne mesure pas la portée de ses dires.
Qu’importe qu’Aubin l’aime bien.
Il y avait des choses à ne pas dire devant lui. Des sujets épineux à ne pas aborder. Des cicatrices qu’il ne fallait pas rouvrir, sous aucuns prétextes. Cette sorcière en faisait partie.
La mâchoire tendu à l’extrême, et le ton froid, glacial, il pesa ses mots pour qu’il brise, tombe, crissent dans le silence.

« Un danger Timothée ? T’entends-tu parler. Crois-tu que je veuille ces morts ? Que je cautionne ces actes ? Me crois-tu un tel monstre ? » Ses mains n’arrêtaient pourtant pas de trembler. «  Je ne fais qu’écrire des discours, je mets en scène les données qu’on me donne mais je n’en pense pas un mot, et tu le sais. Je ne suis qu’un pauvre pantin, mes mots que l’eau qui rendent la pilules moins dure à avaler. »

Il se leva de son siège, dominant ainsi Timothée de sa taille et agrippa ses mains au bureau d’une telle force que ses jointures en blanchirent. Aubin n’était pas énervé. Aubin n’en était pas capable. Mais il était capable de cette fébrilité, de cette folie froide qu’il usait pour repousser les autres : avec des mots.

« Et même si d’aventure je me révoltais, même si je m’amusais à tromper mon monde, a résister crois-tu que cela ferait une différence ? Aucunement : je ne suis qu’un pion. Si je me brise, me casse on me remplace ; et personne n’en verrait la différence. Je n’ai aucune importance, aucune efficience sur quoique ce soit. » Sa gorge le brûlait de tant parler, lui qui n’avait pas pour habitude de faire preuve de telles démonstrations de son pouvoir de discours. Et peut-être était-ce la première fois que Timothée le voyait dans un tel état.

«  Maintenant, si tu es là pour t’amuser de me voir croupir sous le poids d’une fausse culpabilité que tu me portes. Si cela t’amuse de me causer tant de tourments alors que toi-même ne sais pas ce que tu cherches mon garçon, je préfèrerais que tu prenne la porte. Elle t’es ouverte dans les deux sens. »

Son ton n’était pas sec mais équivoque. Il n’etait pas méchant. Juste réaliste.


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MessageSujet: Re: L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée   Ven 3 Juil - 1:23

Spoiler:
 

Non c’est moi. Le peu d’ongles qui me restent, s’enfoncent dans mes paumes sans que je ne ressente la moindre douleur. Elle est ailleurs. Dans ses yeux à lui. Je vois son visage. Je vois ses yeux. Je ne peux que transposer cette image à celle de l’homme que je n’ai cessé de côtoyer à tort ou à raison. Un homme simple ayant un grand défaut de sociabilité mais qui, par je ne sais quel trait de caractère, en devient intéressant, sympathique. Je prends le temps, dans ses yeux qui se décomposent, de me rappeler tout le calme dont il a su faire preuve sans qu’un instant j’ai pu entrevoir la portée d’un masque. Je revois ses sursauts à mes assauts. Je revois ces rares sourires arrachés au fin fond de sa barbe. Je revois son mutisme presque maladif comme si l’abus de mot à l’oral pouvait se retourner contre lui. Aubin. Un homme simple, intéressant, sympathique bien que proche de l’asociabilité et skinchangeur. Je me rends compte, surement tardivement que mes propres propos ne me ressemblent pas plus que l’accusation que je fomente. Ses traits sont ceux de l’ancêtre usé. Les miens ceux d’un simple homme et non d’un homme simple. Je soupire m’affesse et le laisse à une noirceur que je lui ai évoqué. Je le devine avant même qu’il ouvre la bouche. Sa posture n’est plus la même, la défense s’est soustraite à une certaine puissance physique et verbale qui ne fait que m’enterrer dans mes propres travers. Un danger Timothée ? T’entends-tu parler. Crois-tu que je veuille ces morts ? Que je cautionne ces actes ? Me crois-tu un tel monstre ? Qui est le plus grand danger : l’écrivain d’un état surpuissant en perte de valeurs humaines ou le généticien qui l’aide à trouver « l’autre » ? L’amalgame dans mes paroles est puissant. Depuis quand suis-je si brouillon ? – ne répondez pas, il parait qu’il ne faut pas frapper un homme déjà à terre… comme je l’ai fait pour Aubin…- Depuis quand la menace est-il une arme que j’emplois ? Depuis quand Aubin est-il passé d’outil à danger public ? D’homme discret à terroriste aux supers pouvoirs ? d’un humain  à un hibou tout droit sorti du royaume de Ga’hoole ? Je secoue la tête. Je ne suis qu’un pauvre pantin, mes mots que l’eau qui rendent la pilules moins dure à avaler. Mes yeux fuient son regard, ils s’intéressent davantage à la lune visible à travers la fenêtre restée ouverte. Le pantin. Sommes-nous tous le pantin de quelqu’un ? Personnellement, j’aimerai me laisser soutenir par ces fils afin de ne plus tenter de rester ou de devenir l’être que j’ai toujours voulu être : meilleur que mon jumeau. Au final, suis-je pire que lui ? L’homme que j’ai rencontré ne ressemblait pas à mon imaginaire mental mais celui que j’ai vu dans ses yeux, lui, ne valait pas grand-chose. Le danger ne provient pas forcement de l’eau qui dort la plus flagrante, il vient d’une nape phréatique bien plus enraciné dans l’humanité de tout individu.

… cela ferait une différence ? Aucunement : je ne suis qu’un pion… Mon regard vrille vers le sien. Il le perce. C’est presque amusant de voir l’effet qu’un terme peut avoir sur nous. Un terme si similaire à un autre, évoquant pourtant une idée proche. Le pantin. Le pion. Les deux expriment le contrôle d’un tier pourtant être un pion ne me semble pas si enviable que le rôle du pantin. Je préfère qu’on m’agite que l’on m’utilise. Je préfère pouvoir couper mes filins qu’être bloqué par les doigts d’un stratège inaccessible. Non, je n’aime pas ça. Qui le peut ? Qui l’accepte sans rechigner ? Aubin ? Maarten ? Moi ? Je soupire. Passe mes mains dans mes cheveux et le laisse m’exprimer toute sa déception, toutes ses chaines, toute sa lassitude. Si cela t’amuse de me causer tant de tourments alors que toi-même ne sais pas ce que tu cherches mon garçon, je préfèrerais que tu prenne la porte. Elle t’es ouverte dans les deux sens. Je vois presque sa main se lever et indiquer la porte. Mon visage suit ce mouvement imaginaire et mon corps réagit tel un automate. Je me relève, effectue un pas-chassé et manque de me prendre les pieds dans la même pile que précédemment. Je la fusille du regard en lâchant un juron en français et percute seulement à cet instant que ce fut la langue employée durant tout l’échange. Je ne peux m’empêcher de sourire. Aubin. Balzac. Des conférences… Je secoue la tête. T’as vraiment parlé à ces types …. ? morts…enterrés… à moins que… Je me retourne, l’observe longuement. Tu t’appelles Aubin depuis ta naissance ou… Mon cerveau s’anime. Mes synapses s’articulent pour former les rouages complexes de ma curiosité maladive. Un instant j’en oublie tout le reste. Un simple instant. Un simple instant j’occulte l’amalgame, mon positionnement, ma menace, mes accusations, les implications de sa transformation… j’outrepasse ces 10 dernières minutes. Je rembobine. J’évacue. Je souris. Je passe une main dans ma barbe. Un instant. Ses yeux parviennent d’autant plus à me clouer sur place. Je suis fauché par ma perdition. Son « mon garçon » fouette mes tympans avec une force cataclysmique. J’avance, et me jette dans le fauteuil. Jambes écartés, coude sur l’accoudoir, tête dans ma paume gauche, je le parcours du regard. Je suis désolé. Je laisse flotter l’excuse. Je ne tiens pas à en faire une de ces phrases qu’on sort pour se dédouaner. Une excuse se veut sincère, se demande. Je n’attends toutefois pas sa réponse. Tu as raison… je ne sais pas ce que je cherche mais ne m’appelles mon garçon… tu auras le droit à mon ancêtre sinon… tu es français après tout, c’est possible… Je souris, secoue la tête vivement en passant mes mains dans mes cheveux et ma barbe. Je grimace et pose une main sur mes côtes puis la glisse dans ma seconde main pour caresser mes cicatrices. Nouvelle grimace. Je ne veux pas t’accuser de vouloir les morts qui s’accumulent à cause du gouvernement ou de la guerre avec les rebelles. Je veux savoir si tu es en tant que skinchangeur, un danger pour l’ordre. Je ne suis pas contre le gouvernement, je ne suis pas foncièrement pour avec lui… je ne sais pas trop où je me situe en réalité mais j’estime que des règles sont obligatoires pour offrir une certaine sécurité dans la ville. Le simple contrôle des entrées et sorties fait par le gouvernement permet de limiter l’arriver de daybreaker ou autre personne pouvant être dangereuse… Je ne veux pas revoir de tuerie. Le pouvoir en place joue ce rôle de garant…mais… mais il outrepasse ses compétences. Je grimace, serre les poings. Aub’, je ne comptais pas te dénoncer … non… en réalité, je comptais juste t’utiliser pour avoir des informations assez en avance pour voir s’il fallait vraiment que je soutienne le gouvernement en fermant les yeux…. Je ne peux rien faire seul, je ne suis rien, comme toi et c’est pour ça que je me suis rapproché de toi… je voulais m’assurer que tu n’avais pas compris mon positionnement ambivalent la première fois qu’on s’est rencontré … J’hausse les épaules conscient de lui avouer bien trop de chose surement. Je laisse apparaitre un sourire au coin de mes lèvres. Je suis naif. J’ai l’impression de jouer au poker au beau milieu d’une pièce de théâtre. Je joue le yin et le yang sans parvenir à comprendre lequel me représente le plus. Je me dégoute autant que je m’estime. Je me redresse. L’homme que j’ai vu avant ne me semble pas capable d’écraser une mouche, ta réaction me semble du coup… assez correspondante …  Je me suis déjà fait avoir, la confiance aujourd’hui est très dure à accorder…. Comme je l’ai dit, les gens meurent pour moins que ça … Je le désigne autant que le fait d’avouer son désaccord avec le gouvernement. …ça me… fait un peu… je ne sais pas… pour tout dire, je ressens encore l’absolue nécessité de préciser que tout ce qui est dit dans cette pièce doit y rester… la menace d’une révélation qui t’embêtera tout autant est devenu une arme de survie ces derniers temps… les rapts n’aident en rien… Je fronce les sourcils, masse mon épaule. J’entrevois le loup. J’entrevois la cage. Je frissonne. [color=blueangel]Non.. rien…[color]

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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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L’Encre, cette noirceur d’où sort la lumière. || Timothée

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