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 Love Song Requiem [Maarten]

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MessageSujet: Love Song Requiem [Maarten]   Ven 6 Mar - 22:55

Ce n’est même pas un cri. Le son est diffus, quasiment fantomatique. Il s’allonge et se rétrécit jusqu’à devenir soupir contre ses lèvres entrouvertes. Envolée de boucles, elle bascule. Sa peau opaline recouvre les ténèbres, s’y unit sans crainte et glisse ultimement sur les doigts du métamorphe. Ses remerciements se dissolvent en un sourire. Elle s’effondre dans la nichée qu’il lui construit avec l’espace de ses bras. Pas un mot. Plus un seul bruit. Le silence l’emporte sans attendre, omettant l’altercation, négligeant l’agitation. Il n’en reste rien. Plus un seul souffle. Le vide pénètre sa rétine, la dispense de son âme brutalement. Elle s’évade sans demander la permission. Essence noire filant déjà hors de la plaie béante pour contaminer la pièce. Sa tête roule brutalement, désarticulée. Elle n’appartient plus à son corps. Plus à ce Monde. Et plus jamais à lui. Bastien défait lentement sa prise sur le manche de l’arme. Ses phalanges craquent, souffrent mais le choc patiente, estompe les marques physique que cette lutte a provoqué. Sa main remonte sans comprendre, pour atteindre ses cheveux emmêlés. Il les dévale lentement. Tendre caresse qu’il répète, encore, encore. Et encore. La réalité fait trembler les murs, vibrer le sol, elle finit par le persécuter sans tact. Son thorax accueille la vérité sans jamais l’avoir invité. L’onde brise chacun de ses os, son squelette se démantèle et empale son cœur sans aucune pitié. Il veut hurler, la rappeler, lui rappeler mais ses intonations frémissent contre la mort alors que sa bouche cueille la sienne, embrassant son déni pour repousser la douleur. Mais le froid s’insinue par la commissure de ses lèvres et infecte ses veines. Le givre lui fait claquer des dents, secoue sa carcasse. Les spasmes lui font courber l’échine, le rapproche du corps inerte qu’il retient encore tout contre lui. Ses premières larmes s’écrasent contre les joues de la défunte et lui  prête alors une émotion qui dénature sa condition,  affaiblit l’humanité qui s’attarde encore. Un artifice qui clame les événements, donne du relief à ce qu’il s’est produit. Le couteau luit encore dans sa chair. Il veut sans doute se séparer de cette idée en le retirant violemment. Cependant, l’hémoglobine le marque à nouveau.

Assassin.  

Il balance le couteau, propulsant dans son espace une multitude de filament à l’ébène prononcé. La blessure déborde, atteste, témoigne et il succombe à la démence. Sa gorge soutient son agonie sur plusieurs octaves mais ce n’est pas suffisant, ça ne remplit pas assez le néant qu’elle a engendré. Sa voix grimpe, gravit des montagnes jusqu’à se briser au plus haut sommet. Il tombe sur elle, se noie dans son sang. Ses bras la ramènent contre sa poitrine une centaine de fois, le cadavre cogne son buste dans des convulsions dérangeantes, imitation grotesque de pulsations évanouies.  Il l’implore. Encore, encore. Et encore. Il se met même à prier des dieux auxquels il ne croit même pas et qu’il méprisera quand le miracle ne se produira pas.  Son hypocrisie se métamorphose en colère. Il se remet à crier jusqu’à brûler son larynx, incendier ses poumons. Aucun centimètre de sa peau n’est épargné par la perte. Il ne différencie plus les sensations, elles ne sont plus à même de se dissocier. L’oxygène s’enfonce dans son système respiratoire, une dague qui dérange ses inspirations. Son enveloppe rejette la vie. Elle rejette cette tragédie. Elle rejette absolument tout pour lui revenir. Drapé de contestations, il l’étreint encore. Des heures dans cette position sans jamais remuer. Ses sanglots se dispersent après une éternité, le recrachent vide de toute émotion, vide de toute intention. Une ombre parmi les ombres. Mais le jour, ce salaud, se lève ce matin-là encore. Insulte au drame, il écorche les débris, alimente les faits. Les pleurs reviennent mais ses yeux abimés ne supportent pas leurs poids. Ils finissent alors par pourrir contre ses paupières fermées, le rendent aveugle. Il rêve que ses autres sens suivent cet exemple. Il souhaite qu’on lui reprenne tout, de l’odorat au toucher. Il en crève pendant encore de longues heures, léché par la lumière matinale. Les souvenirs lui interdisent l’oubli, ils l’assomment dès que les questions remontent pour écarter son propre décès cérébral.

Abigaëlle, dans l’encadrement de la porte, le suppliant de mettre fin à ses jours. Jeu sadique qu’il refuse. Elle le provoque, le blesse, le torture. Il ne sait même plus à quel moment le couteau est tombé entre ses doigts, il ignore encore ce qu’il s’est réellement passé. Elle l’a bousculé, elle a suscité le mouvement mais c’est lui au final. Lui qui lui a porté le coup fatal. Un accident, un homicide et un suicide.C’est trop pour une seule pièce, pour une seule passion, pour un seul homme. Les interrogations tambourinent contre ses tempes, lui arrachent les tripes, le tirent vers des enfers qu’il n’arrive à nommer. Les pires cauchemars viennent sans visage et sans dénomination. Contre son cou, le visage de son amante se décompose. Entre ses mains, son corps raide se glace de minute en minute. Autour d’eux, le cruor s’étend. Océan noir qui amène le survivant aux pieds du néant. Il sent le liquide poisseux transpercer ses vêtements, il le goûte même quand sa langue claque sur ses lèvres entaillées par la sécheresse. Tout son appartement empeste la mort, sa propre odeur s’est confondue à ce ballet sensoriel. Cela renforce son opinion. Lui aussi, il en a terminé avec cette existence. L’injustice, l’impuissance, l’incompréhension le fusillent encore par vague. Sa conscience vacille entre lucidité foudroyante et aphasie opaque. La première lui délivre suffocation et fièvre, la seconde, l’absence de réflexion et de réalité. Il tangue depuis plus de douze heures entre ces deux états, épreuve éprouvante entre combat vain et acceptation de l’amnésie.

Il espère qu’il mourra vite. On ne peut qu’en crever de cette peine. Ce n’est pas physiquement possible de l’endurer un jour de plus, c’est impossible qu’on puisse supporter ça durant des mois. Encore moins des années. L’être humain n’est pas conçu pour porter en son sein un mal aussi vicieux, aussi tranchant, aussi pesant. Il lui dérobe tout ce qu’il est, tout ce qu’il aurait pu être. Il perd son identité. Il l’a relâchée quand elle est partie. A quoi bon vouloir la rattraper ? Il n’a pas pu la sauver d’elle-même. Il n’a pas pu se sauver d’elle. Ils n’ont pas réussi à se sauver. Maintenant effondré sur le parquet, calé entre sa table et son fauteuil, enlisé dans le sang de sa moitié, attaché chair contre chair à un cadavre depuis la moitié d'une journée, le meurtrier inopiné voudrait réclamer sa vengeance. Mais même dans cette chute, sa lâcheté raisonne. Il reste collé à ses raisons, persuadé qu’elle va l’emporter, d’une seconde à l’autre. Elle reviendra le chercher, forcément, ils traverseront ensemble l’inconnu, l’après. C'est écrit. C'est obligatoire. C'est nécessaire.

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Dernière édition par Bastien Shepard le Mar 28 Avr - 1:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Sam 7 Mar - 0:10

Une respiration. Deux. Trois. Maarten ne se lasse pas de les compter et de contempler ses petites lèvres qui s’agitent à chaque fois qu’elle expire. Il ne s’en lasse pas, pourrait la regarder toute la journée sans cligner des yeux ou donner le moindre signe que l’ennui s’étend et souhaite l’extirper à cette petite pièce. Une respiration. Deux. Trois. Il respire même en même temps qu’elle, sous le charme. Avant de fermer les yeux, de murmurer quelques mots en néerlandais, avant qu’on ne veuille le chasser de la pièce contre son gré. Partir avant qu’on ne le lui impose, disparaître avant qu’on ne le force à sortir, c’est un moyen comme un autre qu’il a trouvé pour se contrôler. Mieux vaut prévenir que guérir. Un soupir, le voilà en dehors des couloirs oppressants, à l’air libre, à respirer cet air vicié de pollution, cet air qui loin de s’immiscer dans ses veines pour le faire sortir de ses songes le force à contempler l’hôpital qu’il ne s’imaginait pas fréquenter aussi assidument quelques semaines plus tôt. Une moue se dessine sur son visage lorsqu’il s’aperçoit que le temps a filé aussi vite entre ses doigts, sans que cet enchaînement de causes et de conséquences ne daigne lui offrir une explication logique à laquelle se raccrocher et une excuse convenable à donner à Bastien pour ce silence et cette absence qui frôlent la désertion dont il est le maître. Ses doigts glissent sans peine sur son visage pour masser ses tempes et évacuer un peu de cette tension qu’il sent naître et ce mal de tête qui se pointe.

Bastien. Quel piètre ami que voilà qu’un Maarten incapable de se soucier de son meilleur ami. Il lui aura suffi du retour de Cate dans sa vie, de la réapparition de Nikolaas et d’un peu de fatigue pour qu’il cesse immédiatement de songer à son Français. A croire que même s’il tente de faire le moindre effort pour s’améliorer, il n’est au final qu’un cas désespéré. Un lâche. Un fuyard. Un déserteur. Un frisson parcourt l’échine du chien-loup qui fronce les sourcils et se laisse porter par son instinct lorsqu’il pose un jour de congé sans même songer à attendre le moindre retour et se laisse porter vers l’appartement de celui qu’il a de plus en plus l’impression d’avoir laissé de côté ces derniers temps. Être envahi par ses démons et les fantômes d’un passé qu’il souhaitait oublier, est-ce une excuse suffisante ? Non. Il en a la conviction : il n’a fait que suivre le court normal des choses, c’est déjà étonnant que ce ne se soit pas produit plus tôt connaissant la nature de ce Néerlandais aussi fidèle dans ses amitiés que dans son couple, sans que ce ne soit nécessairement volontaire. Et perdu dans ses pensées, le biologiste se retrouve face à un escalier qu’il connait bien, une porte effrayante lorsqu’il songe à sa dernière venue dans ces lieux exigus, des odeurs troubles se heurtant à ses narines et le tétanisant pendant plusieurs secondes. Le chien-loup se réveille. S’agite. L’homme se contente de froncer davantage les sourcils, incapable de trier les informations fournies par un flair exacerbé par son inhumanité. Sa monstruosité. Par le prédateur qu’il héberge. Des informations dont son intellect d’homme ne lui permet pas immédiatement de saisir pleinement les implications. Cette odeur, il la connait c’est une certitude. Mais ce n’est pas celle de Bastien. Son doigt s’attarde sur la sonnette, fait résonner un sifflement strident dans l’appartement et inhibe un instant son ouïe. Il lui suffit alors d’un battement de cœur et d’un instinct animal trop souvent refoulé pour comprendre.

Et sa main malmène la poignée. Sa voix se brise, s’inquiète, force et tonne un prénom prononcé de plus en plus dans l’accent rugueux de sa panique néerlandaise. Son poing se heurte à la porte. Son épaule fait trembler le montant. Son cœur bat à tout rompre alors que l’affolement le gagne de plus en plus. Et lorsque son talon s’abat définitivement sur une porte dont il vient à bout d’un nouveau coup d’épaule, Maarten titube dans l’entrée, repère des tâches noirâtres d’origine indéterminée et se précipite à la suite du chien-loup dans un salon où se mêlent trop d’odeurs pour que le Néerlandais cesse de paniquer. Le sang. Omniprésent. La panique. La sueur. Le sang, encore. Une odeur qu’il exècre, une odeur âcre et amère qui le renvoie à chaque fois des années en arrière et plus récemment lorsqu’il tenait Myla dans ses bras sur ce banc alors qu’elle pensait avoir perdu son enfant. Leur enfant. Un soupir. Un sifflement plutôt, puisque sa gorge contractée par l’atmosphère morbide l’empêche de respirer ; et il s’immobilise. Tétanisé. Projeté avec force dans un entrepôt d’Amsterdam sans pour autant délaisser une seule fraction de seconde un présent mortifère. Incapable d’articuler le moindre son, le Néerlandais se force à respirer normalement et à regarder ce qui l’entoure, du couteau noirci d’un liquide dense et péguant à la silhouette recroquevillée de son meilleur ami qui tient dans ses bras une autre silhouette que Maarten confond un instant avec celle de Christyntje.

Ce n’est pas de la folie, ce n’est pas de la peur, c’est de l’incompréhension qui l’empêche d’agir à cet instant. Il ne sait pas vraiment combien de temps il reste ainsi figé dans un mélange d’angoisse et de surprise, mais lorsqu’il fait un pas en avant, c’est hésitant qu’il l’esquisse et se place dans le champ de vision de Bastien pour contempler ce qu’il nomme inconsciemment carnage dans son esprit et qu’il cesse une nouvelle fois de respirer. Avant de se reprendre. Peut être est-ce parce qu’il a déjà vécu cette scène en en étant le principal protagoniste qu’il se projette sans peine dans l’esprit de son meilleur ami. Ou peut être est-ce parce qu’ils sont trop différents dans leurs réactions face à la mort qu’il commence à reprendre ses esprits pour mieux lutter contre son instinct qui le supplie de fuir, de disparaître, de s’éloigner de cette odeur de mort qui lui emplit les narines. Peut être sont-ce ces deux raisons mélangées qui lui permettent de chuchoter un « Bast… Bastien ? Ik ben hier. » Il se reprend, toujours dans un souffle imperceptible qui résonne comme en écho dans le silence qui l’étouffe. « Bastien, c’est Maarten. Je suis là. Tu m’entends ? Tu… » Que veut-il lui demander ? S’il va bien. Non, bien sûr que non. Le biologiste ose amoindrir la distance qui les sépare pour s’accroupir afin de capter un éclat des yeux de son meilleur ami. « Tu es là toi aussi ? » Question stupide extraite de son contexte mais Maarten s’attend à recevoir un non en réponse, un non justifié alors que Bastien s’attarderait à des années lumière de cette pièce pour y chercher une âme déjà perdue dans les abysses de Darkness Falls.

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He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Dim 8 Mar - 2:28

L’éclat se joue de l’obscurité. Ce n’est pas un assaut, ni même une allégorie pour sublimer l’éternelle rivalité entre le jour et la nuit. Avec cruauté, les contraires se rassemblent au centre du carnage, divisent la pièce en deux couleurs distinctes. Le Monde se pare de noir et de blanc. Les extrêmes colorimétriques escaladent les murs, touchent les objets et s’étalent pesamment sur les silhouettes échouées. Désormais, il est voué au ballotement, à l’infernal remous et au voyage éprouvant d’une palette à l’autre sans transition. Plus de nuances, plus de neutralité.  L’opale ou l’ébène mais sans aucun choix et sans aucun rythme défini. La violence de cet inévitable trajet le préserve d’un retour à la conscience. La lucidité s’éloigne sans lui adresser le moindre murmure, sans lui témoigner la moindre once de compassion. Elle s’enfuit, galope pour s’enfermer à double tour dans une forteresse en ruine. Cette achromatopsie déchire son visuel et s’attaque grossièrement à son environnement sonore. Accordés à cette fréquence, ses silences grésillent. Univers parallèle, déconstruit, inachevé, pendu à l’infini par un unique cordon dont l’épaisseur relative s’amenuise de minute en minute. Oui, d’un instant à l’autre, il cédera, expédiant dans une chute totalement libre, dans un espace indéfini sans gravité et sans contours, l’âme fracturée du métamorphe. Pour l’instant,  ce dernier subit la mégalomanie d’un artiste ignoré à l’extase incommensurable. La lubie d’un fantaisiste qui jubile encore devant ses aquarelles rendues monochrome. Certains le rattachent à une entité concrète. D’autres lui portent un concept abstrait mais quantifiable. Ils le nomment Destin pour se rassembler sous une même bannière. Intitulé controversé qui peint ses dernières heures avec un cynisme mordant, avec une décadence qu’il dédie à la beauté des douleurs disproportionnées. Une ode à la Mort mais surtout à la vie qui s’attarde sans savoir pourquoi. Une esquisse fissurée, une lésion qui s’infecte. La fin d’une ère. L’arrêt d’une identité.

Perché au-dessus du vide, il attend donc. Pas après un signe, pas après une réaction. Mais après son retour. Il roule dans des délires chimériques pour endurer les crevasses de lumière qui projettent sans la moindre pudeur leur langueur sur les débris. Une illusion. Elle l’éblouit, lui explique. Manœuvre hasardeuse, manipulation inédite. Elle joue. Abigaëlle s’amuse forcément. Ses lèvres se fendent en un sourire déplaisant. La folie guettant la rétine asséchée, il perçoit à peine l’écho détérioré de sa propre voix. « Arrête ça, j’ai compris maintenant. J’ai compris. Ramène-moi. Ramène-moi auprès de toi. » Ses mains se convulsent autour de sa carrure rigide, la souffrance s’évade comme elle peut. Il étouffe de nouveaux cris en écrasant sa bouche contre le front putride de la défunte. « Allez, Abi… Arrête ça. Je ne partirai plus. Je serai à toi. Pour toujours. Je t’en supplie. Arrête. » Ses lèvres redescendent sur son nez et gagnent les lippes violacées de son amante. « Abi… Ne me fais pas ça. » Il se brise contre son menton. Les griffes creusent toujours plus profondément sa cage thoracique, elles extirpent ses organes sans jamais toucher les parois. Coquille déjà vide, il subit les battements oppressants de son nouveau membre fantôme. Son cœur impose sa dictature sans jamais consulter le reste de son organisme. C’est un coup sur coup, un hurlement constant, un poing qui lui somme d’ouvrir lui-même sa poitrine pour l’arracher à sa prison. Il croit que c’est encore cet insolent qui hurle, qui tambourine jusqu’à l’orée de ses tympans. Mais non. A l’extérieur, les autres ignorent que le temps a cessé. Les autres, ils ne savent pas qu’il n'existe déjà plus.

Déflagration inquiétante. Ce n’est sûrement que l’affaissement de son ossature désagrégée, il décide de se vouer à la négligence. Même quand d’autres cliquetis perturbent sa dynastie achevée. Il lui faut le diminutif et puis le prénom pour remonter son regard inexpressif vers un point nébuleux de la pièce, ses deux orbites étripées par le chagrin, par l’épuisement physique et moral fixent sans voir. Les mots sont des projectiles qui entaillent les barrières. Il veut qu’il se taise. Chut. Il ne veut pas perdre le souvenir de son timbre à elle. Il ne veut pas qu’on superpose à ses derniers lambeaux mémoriels de nouvelles données. Tout est une erreur à partir d’ici. Absolument tout. Il se replie un peu plus sur la carcasse disloquée, la protège du vent, de la tempête, du monde encore en mouvement. « Va-t’en. » Chaque syllabe se casse. Il a mal à la gorge, au bras, surtout au buste mais encore plus à tout ce qui n'est pas apparent. Mais il continue, l’intrus. « Arrête. » Ne peut-il comprendre qu’il froisse le temps ? Qu’il le réactive de sa seule présence, de sa seule mélodie. Il fait tituber le français jusqu’au balancement des dommages. Il la voit alors. Il la voit vraiment. La vision d’horreur trouble son déni, révulse ses yeux, retourne son estomac. Mais il ne la relâche pas. Si elle quitte vraiment ses bras, elle n’est plus rien, elle n’est plus là. Alors non. Elle reste ici, contre lui. Aussi longtemps qu’il respirera. Qui veillera sur elle si ce n’est lui ? Sa moitié, sa créature, son sauveur. Non, meurtrier. Le couteau. La plaie. Les images le décousent et il s’entend assister à son procès, balbutiant en délirant toujours « Je ne voulais pas… Je n’ai jamais voulu ça… C’est elle… C’est elle… » C’est un cauchemar. Il va se réveiller, encore un peu de patience. Juste un peu.  «  Elle m’a forcé… Elle m’a obligé… Je… Je veux que ça s’arrête. Arrêtez-ça… » Il se met à se balancer nerveusement emportant dans ses spasmes le corps de la trépassée. Il incite les démons à s’éloigner, invitant le mouvement à cette apathie pour susciter cet éveil qu’il souhaite ardemment. « Je n’ai pas voulu ça… Je ne lui aurais jamais… Je pouvais pas la blesser… Je ne pouvais pas… Jamais… » Sa nuque se contorsionne afin que sa tête se fiche dans le cou de l’ancienne sorcière. « Ce n’est pas moi… Ce n’est pas moi… Je te jure… Je ne voulais pas… » Les sanglots reviennent sans larmes. Ils s’évaporent aussi sèchement dans son larynx brûlant. Le néant se réapproprie l’enveloppe, l’aphasie survient. Il se fige. Il prétend encore avoir sa place près d’elle, inerte, livide. Absent. Définitivement absent.

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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Mar 10 Mar - 21:28



Maarten est incapable de faire le moindre geste. Il a trop peur que son premier mouvement le ramène à l’entrée et que le second soit un départ sans retour vers l’immensité désertique et glacée qui entoure le dernier refuge de l’humanité. Il a trop peur de tomber à nouveau dans son principal travers qu’est la fuite. Et il ne peut s’empêcher de se retrouver dans l’atmosphère glacée d’un entrepôt où résonne encore contre les armatures de fer les deux claquements létaux qu’il a fait vibrer dans une explosion carmin. Ses yeux se tâchent le temps d’un sursaut, des multiples trainées de sang et de la plaie béante qui dégringolent le corps de la sorcière. Il l’a reconnue, bien sûr. L’odeur de sa mort n’empiète que très légèrement sur cette marque olfactive que tout être vivant daigne posséder. Et même si le sang est omniprésent sur tous les niveaux, il ne parvient pas à effacer le reste des fantômes qui flottent dans cette pièce en quête du chemin les menant vers un purgatoire qu’ils ne peuvent que mériter selon le Néerlandais. Un pas. Finalement. Un chuchotement, qui transcrit plus que le reste le mal-être du Saarloos. Un nouveau pas. Ses genoux acceptent de se plier pour qu’il s’accroupisse et se mettent au niveau de son meilleur ami. « Va-t’en. » Maarten parvient de justesse à ne pas bouger. S’en aller ? Et le laisser ici, fermer les yeux sur cette détresse, sur cette épreuve qu’il connait mieux que quiconque ? Bastien le pense-t-il suffisamment lâche pour partir et obtempérer, pour saisir cette porte de sortie que lui ouvre le Français, pour s’engouffrer dans cette opportunité sans précédent de réitérer, sans se lasser, ce qu’il regrette sans regretter, ce qui le hante alors qu’il se jure qu’il a réussi à tourner la page ? « Non. » Non, il n’en est pas question. Tant qu’il le pourra, Maarten restera là. Il a l’habitude de n’en faire qu’à sa tête, voilà qui ne change pas de ce à quoi il a habitué son ami. La seule variable, c’est que pour une fois, Maarten accepte de regarder la réalité en face et de se confronter à ses démons par amitié pour une personne.  Pourquoi maintenant ? Il n’en sait rien. Il a été capable d’abandonner ses parents adoptifs, d’abandonner son petit frère, d’abandonner Cate et le voilà qui décide soudainement de rester là pour un ami ? Il n’y a rien à comprendre. « Arrête. » Cette fois, Maarten reste silencieux mais ose se redresser pour faire un pas en avant. Encore un. Qui le rapproche de Bastien, qui le rapproche du cadavre, qui le tétanise et s’engouffre dans ses muscles pour mieux les angoisser.

Il a l’impression d’être un étranger venu s’immiscer dans un tableau figé dans le temps. Il a l’impression, la désagréable impression, d’être un intrus dont personne ne veut mais que l’on n’ose pas chasser de peur de briser davantage l’immobilité picturale de la scène. Et implacable, rustre parmi les anges, couleur dans une étreinte en noir et blanc, il s’accroupit à nouveau à quelques centimètres de son meilleur ami. « Je ne voulais pas… Je n’ai jamais voulu ça… C’est elle… C’est elle… Elle m’a forcé… Elle m’a obligé… Je… Je veux que ça s’arrête. Arrêtez-ça… » Arrêtez ? Maarten se fige devant le pluriel et hésite même à regarder dans son dos pour vérifier que les spectateurs se limitent à sa venue impromptue. Le balancement nerveux de Bastien chasse cette hésitation, et Maarten se décide enfin pour poser une main compatissante sur l’épaule du Français. « Je n’ai pas voulu ça… Je ne lui aurais jamais… Je pouvais pas la blesser… Je ne pouvais pas… Jamais… Ce n’est pas moi… Ce n’est pas moi… Je te jure… Je ne voulais pas… » Désemparé. Maarten ne sait plus ce qu’il est supposé faire. Consoler, trouver les mots justes… ce n’est pas dans ses capacités. Bastien attend de lui des choses qu’il ne peut lui offrir. Et Maarten ne s’est que très rarement senti aussi mal à l’idée de ne pas être celui qu’il faut. Les sanglots du Français sont autant de larmes qui ne coulent pas mais qui appuient et marquent l’incapacité du Saarloos à parler. A dire quoique ce soit. Et soudain, tout se fige. « C’est pas ta faute. » Il ne voulait pas dire ça. Bien sûr qu’il ne voulait pas dire ça. C’est un mensonge, c’est la vérité, c’est un fait qui n’a pas à être prononcé pour le moment. Ce que voulait dire Maarten, ce que voulait hurler Maarten, c’était son angoisse pour ce corbeau qui s’est immobilisé de symbolisme, accroché comme il est à ce qui n’est qu’un vestige de ce qui le reliait à sa sorcière. Sa sorcière. Le corbeau. Maarten fronce les sourcils lorsque l’évidence le percute de son non sens. Un frisson de terreur dégringole un peu plus sa colonne vertébrale, alors que sans le préméditer, il se surprend à tenter d’attraper les mains de Bastien pour lui faire lâcher Abigaëlle. Alors qu’avec précaution, il s’efforce de bouger le corps pour aller le déposer sur le canapé le plus proche, dans un respect qu’il s’étonnera plus tard d’avoir eu. « Bastien. Tu m’entends ? Il faut que tu la lâches. Elle ne va pas revenir. Mais toi tu es là, moi je suis là. D’accord ? » Il a l’impression de parler seul. Mais ça ne le dérange étrangement pas. Parce que l’inquiétude qui fronce ses sourcils et ride son front est trop présente pour que son attention s’égare vers d’autres considérations. « Bastien… ? » Non, il n’est pas en train de lui demander la permission de prendre Abigaëlle. Il le lui impose, il lui demande seulement une réaction, quelle qu’elle soit.


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Jeu 12 Mar - 2:15

Le revers de la toile, ce qui se terre derrière le cadre. Une date, un chiffre, un nom, un oubli. Espace vacant dédié, une boutade, un clin d’œil que l’artiste place judicieusement à l’abri des soupçons, des regards. Un secret, une énigme. Derrière cette œuvre, derrière chaque coup de pinceau, ces ébènes pourrissant au sol, ces opales magnifiant la clarté environnante, qu’est-ce qu’ils laisseront ? Un soupire ? Une rature ? Ou plus de sang encore ? La peinture s’écaille déjà, le mystère restera entier. La tragédie rejette sa splendeur, la décadence recrache la beauté sublimée par le mal qui va et vient. Ce corps qui se tend vers la perte, en contemple désormais les restes. La mort démaquille l’existence, laisse peu de traces en dehors des ecchymoses. Le rose s’évanouit et repart avec la faucheuse sans bruit. Égaré, il ne remarque aucunement la trainée colorimétrique qui s’élance et le fuit. Ses teintes à lui observent les traditions. Éloge funèbre qui les dissout à la surface de sa peau, conscientes qu’exposer la vie insulte le trépas, trahit les faits et trompe la victime. Leur propriétaire ne chemine pas encore sur cette pente, il s’obstine à voir l’entité et non, l’enveloppe abandonnée. Caresser sa vanité corrompue, se glisser entre ses bras glacés, il s’agrippe à ce qui lui reste, niant les évidences olfactives, reniant les réalités ténues. Dans la moiteur de cet appartement, dans l’ombrage du crime, le métamorphe collecte aux creux de ses paumes ce qu’il reste de leur passion, la poussière lui pique les yeux mais il traque encore les dorures rancies, rattrape les artifices et chasse les flammèches de l’explosion sans jamais sourciller. Pourtant, les fins violentes remportent toujours ces batailles, rattrapent les déserteurs et les fauchent en pleine en course. Elles raflent leurs chevilles, détruisent leurs paupières jusqu’à ce qu’ils constatent, jusqu’à ce qu’ils voient enfin. Le vrai du faux, qu’ils en mangent la terre sans jamais la digérer. Qu’ils deviennent responsables et martyres de leur propre histoire, qu’ils fassent couler l’encre et s’échouent sur les points, sur les finalités sans comprendre le pourquoi mais en rejouant le comment jusqu’à salir des pages de non-sens.

La culpabilité dévie par lancement intermittent cette peur de l’après. Elle se vaut en douleur, à part égale pour lui balafrer l’aorte et l’avenir. Bastien incruste ses ongles dans la peau du cadavre, signature primitive pour son ouvrage grossier, acceptant la reconnaissance de son pêché, la signalant du bout de ses doigts. L’autre, cette silhouette incertaine s’exprimant depuis un autre plan, loin, bien loin de cet Univers détaché, indépendant de la Terre qui l’a bercé et recueilli, dispense ses mensonges. La faute miroite entre ses bras serrés. Ses paroles sont autant de coups sur ses hématomes. Le dos arqué, il aspire la fragrance putride et la déguste encore un peu avant d’ouvrir ses bronches aux évidences. « Tais-toi. » Qui qu'il soit, il dérange la course temporelle, la force au remaniement afin de le régurgiter dans un monde où elle n’existe plus. Précurseur de la suite, ignorant du passé, il ne peut s’imposer là où les vestiges s’alignent. C’est déjà un lieu sacré, un endroit sans mot, là où les cendres reposent. Mais cet intrus ne l’entend pas. Il franchit les voiles, les réduit même à néant pour s’insérer dans la bordure. Parasite entêtant qui couvre ses mains, ses tympans et amène les conséquences en proférant son prénom pour le rallier à la cause. Il devient un obstacle entre lui et Abigaëlle. Il devient cette personnification perfide, ce qui les sépare déjà.

Le français le repousse, envoyant dans l’air ses poings pour l'abattre, le mette à terre en répétant la même litanie empressée, cette obstination au déni. « Non. Non. Non. » Il refuse d’être là, là avec lui. Mais déjà ses chimères se fissurent. Pour déloger le témoin, il a fallu qu’il défasse sa prise. La rouquine boit son hémoglobine, projetée à terre. Détachée désormais de son assassin, elle subit son sort sans filet. Le trouble devient net, le net devient trouble. La vision de l’oiseau bascule entre mythe et constat. Plus de contact concret entre lui et la défunte, plus de lien à faire si ce n’est ce que les souvenirs divulguent, ce que ce chagrin chirurgical rappelle en lui ouvrant l’abdomen. Ils sont déjà divisés. Ils sont déjà sectionnés. La créatrice au profit de la création. C’est donc vrai, l’œuvre perdure après le concepteur.

Il la reperd pour la seconde fois. Son hoquet d’effroi annonce la chute. L’une de ses paumes, l’une des garces qui ont provoqué le carnage, remonte son propre visage en quête d'identité, palpe ses traits, orne de noir plusieurs parcelles de son épiderme avant de finir cette délimitation entre l’horreur et son être. Elle, là. Lui, ici. Elle ne lui ressemble déjà plus, cette femme à la chair céruléenne. Elle ne lui appartient plus, cette carcasse avariée. Effrayé par les faits, il veut reculer abruptement. Ses mains glissent contre le sang, il s’affole, butte contre l’arme du meurtre en voulant ramper. Les tremblements reprennent, ses dents claquent. Le choc le tétanise. Entre deux convulsions, son murmure lisse le canular. « Qu’est-ce que j’ai fait ? » Ses prunelles s’évadent du cruor au couteau et puis à la plaie béante qui perfore toujours le buste de son amante. Un appel d’air et ça lui revient, une nausée verbale qui lui déchire l’œsophage. « Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? » Des jappements qui s’étouffent. « Je l'ai... Je l'ai vraiment... » Les vertiges emportent sa voix. Encore ces doigts qui se perdent, marquent ses tempes, cherchent la raison qui s’échappe. Son coude le rattrape avant qu’il ne heurte le parquet et s'écroule à son tour dans la mare sombre. L’inconscience veut s’imposer mais quelque chose le sort du coma. Quelqu’un. Une présence fiable qu’il perçoit enfin sans reconnaître pourtant. Une onde qui lui empêche de sombrer dans la folie définitive. L’intuition le rattache au dernier pan d’une lucidité précaire. Cette survie animale à l’état brut qui lui fait rejeter la lame encore proche et le fait embrassé l’incendie, l’amène au terminus. Il y arrive dans cette dimension où elle ne traverse plus ses jours pour les enivrer de sa démence, n’atténue plus le poids de ces nuits trop longues par ses baisers et ses fausses promesses. Il a tout perdu. Du meilleur au pire, il voudrait tout reprendre sans jamais s’épargner la moindre piqûre, la moindre entaille. Il voudrait absolument tout reprendre.

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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Sam 14 Mar - 15:11



Métamorphe. C’est ce qu’ils sont. Tous les deux. C’est ce qui les a rapprochés, c’est ce qui les a séparé, c’est ce qui solidifie l’amitié entre leurs deux personnes. Une amitié qui n’a peut être pas lieu d’être lorsqu’on connait le caractère des deux Skinchanger, mais une amitié indubitable. Les premiers temps, Maarten ne comprenait pas ce qui faisait de lui un Saarloos. Un chien, l’incarnation de la loyauté, l’incarnation de la fidélité. Des valeurs dont il ne savait déjà pas faire preuve, sa nature le poussant à se montrer lâche, trouillard, traître. Les premiers temps, Maarten ne comprenait pas. Puis étaient venues la douleur, l’autodestruction, l’agressivité et l’indépendance du chien-loup, repoussant loin, très loin, toute considération d’une éventuelle loyauté présente au fond de lui. Jusqu’à aujourd’hui. Peut être est-ce cet instinct qui l’a mené vers le Saarloos. Il sait qu’il doit rester pour aider Bastien, il sait qu’il faut qu’il dise quelque chose. Et qu’il ait envie de partir en courant, qu’il ait peur de faire le moindre faux pas ou qu’il ignore les mots à prononcer ne change rien au fait qu’il a conscience de ce qu’il est supposé faire. Un pas, Maarten rompt la distance qui les sépare. Un autre, il franchit le gouffre et pénètre dans cette toile blafarde que toutes couleurs semblent avoir fuie. « Tais-toi. » Non. Maarten balaie d’un revers de la main l’ordre faiblard que tente de lui donner le Français. Quelque part, il comprend la réaction de Bastien mais ne peut se résoudre à se taire, guettant la transformation qui le séparera à jamais de son meilleur ami pour ne lui offrir qu’un stupide volatile à regretter. Le Néerlandais ignore tout de la magie, et presque autant de sa propre nature. Mais s’il sait une chose, c’est bien qu’il ne connaîtra jamais la disparition de sa sorcière, se fondant dans la nature du chien à l’instant où elle expirera sa dernière gorgée d’air pur. Il a longtemps considéré ça comme effrayant, plus longtemps encore comme rassurant. Savoir qu’on ne peut lui infliger de réelle séparation avec Cate lui apportait un certain réconfort. Ebranlé par la présence de Bastien et ce corps inerte qu’il persiste à tenir dans ses bras. Maarten ne comprend ni ce qui est en train d’avoir lieu, ni le passé lourd de douleur qu’étouffe l’atmosphère confinée de la pièce, mais ça ne l’empêche pas de redouter les heures à venir et l’apparition d’une seule plume noire sur l’épiderme cadavérique de son meilleur ami.

S’approchant encore plus du Français, Maarten essaye de défaire l’étreinte mortelle entre la créature et la créatrice. Lâche la, lâche la hurle le Saarloos intérieurement alors que ses mains tremblantes se figent au contact glacé et poisseux. Des poings dégringolent sur son torse, sur ses bras sans que le Néerlandais n’accepte de lâcher prise, arrachant avec douleur le corps d’Abigaëlle qui lui tomber dans les bras au son des « Non. Non. Non. » déchirant de Bastien. Jamais encore Maarten ne s’est senti aussi mal qu’à cet instant, retenant les haut-le-cœur qui s’imposent, contractant ses muscles pour maintenir sa détermination et la silhouette légère de ce qui fut une sorcière et qui n’est plus, à ses yeux, que le fantôme d’un autre corps qu’il a déjà étendu par le passé. Avec une délicatesse qu’il ignore posséder Maarten la dépose non sans une grimace qu’il ne peut retenir, un peu plus loin dans la pièce. Il ne se sent pas de la traîner jusqu’à un meuble, il ne se sent pas de continuer à la porter alors que Bastien s’écroule et se délite à côté de lui, alors que la froideur mortuaire de la sorcière s’insinue dans ses veines comme d’amers reproches venus d’un autre continent.

De deux doigts tremblants, il referme les yeux de la rousse qu’il détestait, ferme les siens, entend un hoquet de stupeur – ou d’effroi, la distinction est trop fine pour qu’il soit capable de la percevoir – et compte jusqu’à cinq avant de se sentir suffisamment maître de lui pour reporter son attention pleine et entière sur l’autre être vivant de la pièce. C’est lui qu’il faut voir. Ce n'est pas des démons néerlandais qui le poursuivent et ricanent dans un coin de l’appartement, à la commissure des lèvres d’Abigaëlle, dans les reflets de son sang si noir et si dense qu’il n’est pas humain ; ce n'est pas de ces démons là dont Maarten doit se soucier pour le moment. Pour la première fois de sa vie, il faut qu’il prenne son courage à deux mains pour mieux les ignorer et ne se soucier que de l’autre Métamorphe qui vient de ses mains d’un rouge sombre de saisir un couteau de la même couleur. « Qu’est-ce que j’ai fait ? » Maarten se décale, se fige une fois de plus, hésite à retirer des mains de Bastien l’arme blanche. Leurs voix se chevauchent lorsque Maarten tente de répondre dans un grommellement un « Je sais pas… » étouffé par le « Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? Je l'ai... Je l'ai vraiment... » de Bastien. Comment ? La succession des événements est inconnue de Maarten mais les pièces du puzzle tentent inlassablement de se remettre en ordre dans ses pensées, secouées par les vertiges de Bastien qui l’amènent à terre avant que le Néerlandais n’ait pu esquisser le moindre geste. Tout cela le dépasse. Il n’est qu’un chien, il n’est qu’un fugitif, il n’est qu’un généticien. Rien de tout cela ne saurait lui permettre de savoir quoi faire et d’agir pour le mieux. Bastien s’écroule, déjà Maarten se laisse tomber à genoux pour le réceptionner, oublier un instant ce sang qui imbibe ses vêtements et affole l’animal. « Bastien ! » Reste humain, je t’en supplie ! L’angoisse lui fait enfin hausser la voix. Les doigts du Néerlandais s’immiscent dans la main du Français pour mieux lui faire lâcher le couteau et n’ont, au final, qu’à suivre le mouvement de rejet initié par Bastien. La peur du chien de perdre son ami le reprend. Le pousse à redresser le Français. Le pousse à forcer ses pupilles à se figer dans les siennes. « Reste avec moi, Bast’. » La main du Néerlandais percute sans douceur la joue de l’autre métamorphe. Le claquement résonne dans les oreilles du chien. Le voilà qui raffermit sa prise sur les épaules de Bastien pour mieux le secouer. « Qu’est ce qu’il s’est passé ? Tu es blessé ? Tu… es… » La question lui échappe par son incongruité. « Tu es humain ? Tu n’es pas tout seul, tu m’entends ? » Il préfère se taire, là. Plutôt que de s’embarrasser dans des mensonges qu’il ne veut pas prononcer. Que s’est il passé dans cette pièce pour que Bastien soit encore humain mais qu’il tienne entre ses mains le cadavre de sa créatrice ?


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Mer 18 Mar - 1:06


(Italique = français)
La survie s’annonce. Exigeante et terrifiante. Une pulsion qui repousse la mort, invite la vie mais surtout l’amnésie. Elle le surprend, agit, un baume éphémère sur les plaies à vif. Cet esprit mortifié se replie, il se planque dans les résonances mémorielles congédiant le choc, le diluant dans les traces encore brûlantes de cette affection disproportionnée. L’aimer lui a absolument tout coûté de l’essence à l’avenir mais les regrets sont les premiers absents des conclusions hasardeuses. Ressentir pour vivre. Certains croquent des illusions chimiques pour atteindre ce seul objectif. Une existence pour parvenir à éprouver un sentiment aussi fort sans être aidé par des gélules ou par des mensonges. Peut-être que dans sa bouche, ils se sont bousculés, les canulars, peut-être qu’elle a trompé les apparences pour construire des mirages au centre de leur relation. Mais les sensations n’ont pas été brodées à même le sable. Même si avec elle, la douleur s’est toujours confondue au bonheur. Deux parts égales qui ont jalonné la course de leur histoire. Les abus l’ont poussé vers la sortie. Les émotions l’ont ramené à sa porte. Ascendant et descendant, des courants électriques qui ont animé ses veines, fourni des raisons d’être. Cette passion l’a démantelé plus d’une fois. Il s’est perdu. Il s’est retrouvé. Exister, c’est être avec elle, c’est souffrir de ses peines, succomber à ses rires, à ses soupirs. Chaque expression a été une énigme à déchiffrer. Chaque approche, une machination qui déguise pourtant l’attachement. Il sait, il le sait. Soudés par le désir, la magie, les souvenirs et séparés par les circonstances, la peur, les contradictions. Ils se sont aimés jusqu’à se torturer, jusqu’à la blessure. Sur sa peau, elle luit. Sa folie. Leur folie. Un sacrifice consenti. Un mal pour un bien. Oui, même dans les heures les plus noires, ils ont du sens. Et ce qu’il se passe actuellement n’en a aucun.

S’habitue-t-on au vide ? Il préfère ne jamais l’apprendre. Il refuse de s’accommoder à sa perte même quand elle remplit tout l’espace pour lui ôter sa seule identité. Les reflets du passé se sectionnent brutalement quand l’étrange écho submerge ses mécanismes précaires de défense. Son prénom le pousse hors du vortex violemment, un hoquet désarçonne sa gorge, le plancher semble le rattraper mais ce sont des bras qui le cueillent pourtant. Des doigts qui s’invitent sur son épiderme. La réalité s’amorce. Le concret se matérialise, là contre lui. On relève son corps, l’esprit gît toujours en contre bas. On lui parle, il comprend enfin. Des yeux viennent le tirer des tréfonds de sa torpeur. Pour achever son œuvre, son sauveur saccage sa joue. Le bruit grimpe, le léger lancement suit. La première inspiration est brûlante, il veut recracher ce qui encombre ses poumons sans comprendre que la peine maîtrise l’orchestre. Les sirènes hurlent, il s’échoue. Des spasmes lui font porter les mains sur la silhouette si proche, si lointaine. Ses paumes dessinent des ombres sur le textile alors que sa voix rauque hache des tentatives de son. « Maarty… » La marée ramasse l’épave, la traîne péniblement jusqu’au rivage. Les falaises massacrent les ossements. Il succombe, se penche brusquement vers l’avant pour aspirer cet oxygène qui lui échappe. Il respire la mort jusqu’à contracter la nausée. Ses convulsions chassent les appels d’air. La vérité pourrit dans ses entrailles, il doit la crier avant qu’elle ne l’éventre, avant qu’elle ne le tue.

Ses paumes s’accrochent à la seule oreille qu’on lui offre. Elles s’incrustent dans la mâchoire de son allié, forcent le duo de noisette à bousculer les deux océans. Son ténor fluctue, se rompt sur la ponctuation et est précédé si vite par les hurlements du silence. « Je l’ai tuée, Maarty. J’ai tué Abigaëlle. » Il lâche le visage ami et serre ses propres côtes alors que son thorax se fendille sous la pression artérielle. « Je l’ai perdue. » Sa nuque amène ses yeux au cadavre pour s’assurer du contraire mais la fatalité abat chacune de ses cartes sans la moindre pitié. Les sanglots compriment ses joues, son larynx. Il se tord de douleur, se plie en deux et rejette des tonalités dérangeantes, quasiment organiques. L’agonie s’étend, parasite ses constances respiratoires et aligne des faits. « Je l’ai abandonnée. » Seule face à des démons voraces, définitivement seule devant sa dépression. L’impuissance s’enlise dans la culpabilité jusqu’à l’étouffement. Les vérités l’étranglent. Il ne parvient plus à respirer. Ses larmes se pressent contre ses lèvres frémissantes, caressent cette bouche orpheline et le décor vacille à nouveau. Il se rattrape à cet autre, ce témoin insolite d’un drame sordide. « J’aurais dû… Je n’ai pas pu… C’est terminé. J’ai tout perdu. » Le sommet de son crâne cogne l’épaule du métamorphe, ses ongles s’agrippent au tissu qu’il souille de ses doigts. Ils répondent encore du stigmate de ses pêchés. « Mon dieu, j’ai tout perdu. »  L’évidence croise l’arme, là-bas juste un peu plus loin. L’idée jaillit, adrénaline qui pulse vaillamment entre ses veines. Il se voit reculer, ramper maladroitement vers la lame, il s’imagine cette ligne salvatrice qu’il devra tracer pour arrêter cette méprise. Mais il reste là pourtant à éponger ses pleurs sur la carrure du biologiste en projetant le pire pour croire au meilleur.

La lumière roule sur la mare de sang dans laquelle ils baignent encore, renvoie l’ébène sur ses rétines. Il relâche sa prise en deux contractions incontrôlées, se redresse subitement, titube, vacille, s’effondre contre la porte de la salle de bain pour mieux l’ouvrir. Il se jette dans la douche, actionne le jet glacé. Ses mains frottent compulsivement l’hémoglobine qui transperce ses vêtements pour s’incruster à son épiderme, s’infiltrer dans sa mécanique organique. L’oiseau s’emporte quelque part à l’intérieur de cette prison faite de chair et d’incompréhension.  C’est trop tard, abruti. Le meurtre fait partie de lui et s’arracher la peau n’y changera rien. Il s’obstine encore pourtant. Refusant le titre qu’il portera de maintenant à tout jamais. Les filaments transparents se teintent d’homicide et interpelle la colombe au pelage sombre. C’est trop tard.

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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Lun 30 Mar - 20:24

(Italique = français/néerlandais selon le locuteur)

C'est un cauchemar. Une telle coïncidence, toutes ses angoisses rassemblées au même endroit, ça ne peut être qu'un cauchemar. Lorsque Bastien lui intime de se taire, Maarten n'entend qu'une invitation à poursuivre. Lorsque Bastien lui demande de partir, Maarten ne comprend qu'un reste vibrant. Peut être que le Néerlandais fait fausse route, mais il a pris une décision et quoiqu'il lui en coûte, il va s'y tenir. Rester. Être là pour Bastien. Ne pas fuir, pour une fois. Être utile, pour une fois. S'oublier, pour une fois. Maarten n'est pas égocentrique ou égoïste, non, mais il a une telle crainte de regarder le soleil dans les yeux qu'il préfère se camoufler derrière des verres teintés de déni pour ne pas se heurter à la réalité des faits. S'oublier, donc. S'approcher de Bastien, s'approcher au point d'effleurer un corps qui vire marmoréen. Prendre sur soi pour tenter de retirer des mains crispées du Français ce qui n'est plus qu'un cadavre sanguinolent. Prendre sur soi pour ne pas défaillir. Pour être à la hauteur. Les muscles tendus, il voit Bastien lâcher prise autant physiquement que psychologiquement. A-t-il déjà perdu son meilleur ami ou a-t-il l’ironique malheur de le voir se décomposer sous ses yeux ? Maarten guette. Guette le drame supplémentaire. Rien ne semble le prédire, tout le hurle. Du silence étouffant à cette atmosphère morbide. De la détresse d’un Bastien écroulé à la morsure glacée du sang poisseux qui macule désormais les mains du généticien lorsqu’il dépose dans une minutie douloureuse le fardeau dont il vient de se charger.

Pendant une fraction de seconde, Maarten contempla sa main tremblante, le temps qu’il se reprenne et ferme les yeux de la sorcière. Dans ses oreilles bien trop sensibles à l’écho qui sonne et résonne aux mots du Français, les interrogations de Bastien le percutent et le blesse. Qu’a-t-il fait ? Maarten n’en sait rien ou plutôt ne veut rien savoir de plus. L’a-t-il tué ? Le pragmatisme du Saarloos acquiesce dans un haussement d’épaules alors qu’il n’y a plus un mais deux métamorphes qui se décomposent dans l’appartement. Un couteau. Du sang. Des plaies. Un fantôme qui plane au dessus d’eux dans un ricanement à glacer leur sang pour mieux lui ressembler. Un fantôme dont le rire illusoire fait exploser les tympans du Néerlandais lorsque Bastien s’écroule devant lui. Un cri, Maarten se précipite cueillir entre ses mains le Français. Reste humain, hurle le métamorphe en pensées. Reste humain, ne me laisse pas tout seul. Reste avec moi, ne m’abandonne pas. Une claque. La panique guide les gestes d’un Néerlandais qui aurait déjà des larmes mêlées à sa barbe naissante si l’angoisse ne muselait pas ses glandes lacrymales d’une main de faire. Reste avec moi, parle moi, reste humain. Tu n’es pas seul alors ne me laisse pas seul. Maarten n’est pas égocentrique, non, il a juste tendance à vouloir se protéger et le protéger les autres en veillant à fuir dès que la situation se désagrège sous ses doigts. Comme le contact de Bastien. Il n’est pas sûr de pouvoir tenir, s’il se retrouve à serrer dans sa main des plumes noires d’un corbeau de mauvais augure. Il n’est pas sûr de ce qu’il fera si pour la deuxième fois de sa vie, il a le droit de contempler l’explosion de son univers. « Maarty… » Est-ce la vérité ou un nouveau jeu de son esprit ? Est-ce un grain de folie qui vient de s’immiscer dans l’oreille de Maarten qui n’entend dans son surnom qu’un croassement prémonitoire ? Il n’arrive plus à respirer. Son angoisse se densifie dans sa gorge, le contact de Bastien le brûle. Il n’a qu’une envie : partir. Partir et ne pas voir Bastien se ramasser, se recroqueviller, se transformer irrémédiablement en un oiseau de malheur. « Je l’ai tuée, Maarty. J’ai tué Abigaëlle. Je l’ai perdue. » Même s’il le souhaitait, Maarten ne parviendrait pas à soutenir le regard de Bastien. Alors il détourne son attention sur ses paumes, sur ses jambes qui trébuchent en arrière, sur ses genoux qui fléchissent et cèdent pour le voir s’appuyer au mur le plus proche. Il l’a tuée ? Lui aussi ? Maarten aimerait bien trouver les mots qu’il faut. Il aimerait bien savoir ce qu’il convient d’offrir à Bastien en réconfort, quelle vérité lui concéder, avec quel mensonge le cajoler pour l’extirper des limbes dans lesquelles il s’enfonce. Chaque mouvement de Bastien accentue l’angoisse de Maarten, lui intime de partir avant qu’il ne soit trop tard. Seules ses mains posées à plat sur le mur l’obligent à rester, même immobile, même silencieux, même inutile « Je l’ai abandonnée. » Que répondre à cela ? « Je sais. » articulent en silence les lèvres du Néerlandais impuissant face à la détresse du Français. Péniblement, Maarten se relève, se décolle du mur, hoquette deux pas en avant pour saisir les épaules d’un Bastien chancelant. « J’aurais dû… Je n’ai pas pu… C’est terminé. J’ai tout perdu. » La vibration s’amplifie dans la colonne vertébrale du Maarten. J’ai tout perdu. Le chien hurle à la trahison alors que l’homme se projette à la place de son meilleur ami. Il a tout perdu, à son tour. « Mon dieu, j’ai tout perdu. » La barrière de la langue se délite et s’effondre devant le ton, le regard, la compréhension entre les deux amis. La souvenir pour l’un, la souffrance pour l’autre : l’évidence est telle que Maarten ne sait pas comment réagir à tout ça. « Je suis là, moi. » Petite réponse. Inutile réponse. Inutile ami. Les larmes menacent à nouveau de poindre au coin de son regard, refoulées à nouveau par l’angoisse lorsque Bastien se détache, s’écarte, recule, se redresse. S’échappe. « Bastien ?! » Une question, sans réponse, Maarten titube. Maarten s’écroule. Maarten ferme les yeux lorsqu’il entend un jet d’eau s’enclencher dans la pièce adjacente.

C’est un sursis, rien de plus. Un sursis dont il doit profiter. Une main nerveuse dégringole son visage, une main poisseuse qui lui soulève aussitôt un haut-le-cœur. Un pas, Maarten glisse dans la cuisine et s’asperge le visage, les mains, ce qu’il peut atteindre d’une eau glacée qui l’extirpe correctement de sa panique maintenant que Bastien n’est plus dans la pièce pour lui rappeler dans un portrait achromatique les erreurs qu’il a pu commettre de l’autre côté de l’Océan. Un soupir, une main dans la barbe qui la lisse, qui ferme ses paupières, qui remontent ébouriffer ses cheveux, Maarten revient dans le salon, attrape la couverture échouée sur le canapé pour l’étendre maladroitement sur Abigaëlle. Lorsqu’il se relève, son regard oscille entre les différentes tâches qui parsèment la pièce, fin ruisseau dense et poisseux, tableau morbide, histoire écrite dans le sang et la puanteur de la mort. A côté, l’eau ne cesse pas. L’inquiétude de Maarten non plus, Maarten qui ignore ce qu’il est supposé faire à présent. Le Saarloos lui propose de leur préparer un café, l’homme étrangle un nouveau haut-le-cœur à cette seule pensée. Ses mains retournent saisir un torchon dans la cuisine, torchon qu’il jette au sol pour mieux l’imbiber de sang et maculer ses mains dans une vaine tentative de nettoyer un sol marqué. Trop marqué. Comme Bastien. L’eau continue de couler. L’inquiétude de Maarten continue d’enfler. Et son regard se pose une nouvelle fois sur la porte de la salle de bain. Un pas, son poing s’écroule contre le montant en bois. « Bastien ?! » Sa question guette une réponse sans l’attendre. Une nouvelle fois son poing s’abat sur la porte, et le Saarloos prend le dessus pour démonter d’un coup d’épaule cette barrière entre lui et l’autre métamorphe qu’il extrait d’une main autoritaire de la douche glacée. « B#rdel, sors de là tu vas attraper la mort, imbécile ! » Sa poigne maintient le trop fragile Français, Maarten le pousse dans le salon sans la moindre délicatesse. Il sera l’ami qu’on attend plus tard. Il sera celui qui tapote l’épaule, murmure des mots consolateurs, fait ce qu’il faut, plus tard. Pour le moment, c’est le Saarloos qui contrôle, c’est le Saarloos qui angoisse, c’est le Saarloos qui pousse encore une fois Bastien vers le canapé pour le forcer à s’y écrouler. Et c’est le Saarloos qui grogne et qui jappe dans la moindre retenue. « Arrête. Arrête b#rdel. Reviens. Ca ne sert à rien. Tout ce que tu vas pouvoir tenter ne va servir à rien. Sois déjà content de ne pas être devenu un piaf parce que sinon j’aurais fait de toi mon dîner. S’il te plait Bastien, écoute moi. » Maarten se place face à son meilleur ami. Face à l’ombre de son meilleur ami. « Abigaëlle est morte. Mais toi non. Alors je te laisse deux possibilités : soit tu te mets une claque tout seul pour te remettre les idées en place, soit c’est moi qui te la mets. Parce que je ne vais pas t’autoriser à… à… A ne plus être toi. A m’abandonner. A t’abandonner. Pigé ? » Il est prêt à le faire. Vraiment. Parce que même s’il ne sait pas ce que c’est de perdre sa créatrice, il devient fou à la seule idée de perdre sa Canadienne. Parce que même si deux décennies se sont écoulées depuis son dernier meurtre, Maarten se réveille encore en sursaut en entendant le coup de feu, s’imaginant cette fois faire exploser une fleur pourpre sur le corps de Myla. « Bastien… ne te sous-estime pas, d’accord ? » Son angoisse cesse un instant de se muer en colère dans sa voix. « Ne me sous-estime pas non plus. Tu n’es pas tout seul, nous sommes deux, et s’il faut que ce soit moi qui prenne les coups que tu veux te porter, et bien je les prendrai. » Il ne sait peut être pas ce qu’il raconte, mais il le pense. Vraiment. La loyauté du Saarloos, qui lui a tant fait défaut, la voilà qui pointe le bout de sa truffe. Qui s’impose. Qui prend ses aises. Qui s’installe pour ne plus partir.


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Mar 7 Avr - 0:56

(italique = français)

Les bourdonnements corrompent les silences, ils raclent le fond de la cabine. Mains invisibles qui grattent le plastique jusqu’à la morbide avidité, qui écorchent le sol pour construire le caveau, pour atteindre les entrailles putrides de ce Monde et l’y jeter sans plus attendre. Elle s’impatiente d’ailleurs, cette marée rouge. Elle entretient pieusement le Styx franchi, si loin de l’azur auquel il a toujours prétendu appartenir. L’eau circule à contrecourant, la purification s’éteint sur ses habits délavés par la perte, par l’impuissance mais avant tout par la faute. Le pêché lacère ses viscères, rouille contre os. La structure ne tiendra pas. Il contracte l’infection en quelques inspirations. Dans cette panique organique, ses doigts cherchent sa peau sans jamais la trouver. Ses ongles déchirent sa chair, crayonnent de longs sillons sanguinolents sur ses tempes. Ses paumes roulent aussi sèchement sur la fusion visqueuse, se buttent aux cicatrices, réarrangent vainement l’incrustation d’hémoglobine sur sa chair honnie par sa conscience. Est-il encore humain ? Est-il encore animal ? A quel état est-il réduit ? Ses bras s’écroulent contre la terre émiettée, il sombre. Les frissons galvanisent la langueur de cette agonie, elle triomphe quand il s’étrangle. Un sanglot à peine parachevé par son auteur, une ligne qu’on arrête quand l’encre s’effondre. Dans l’air, il inscrit de nouveaux points, rature les virgules. Les plaintes bouclent ce récit insensé, ce conte sans moral, sans justice. Cette histoire qui n’a que sa fin pour justifier le début. Il veut souffrir de toutes ses plaies, qu’un nouveau coup lui fracture l’autre joue pourvu que les ombres cessent de tordre ses artères, de provoquer l’incident cardiaque. Il frôle la mort à chaque fois qu’il la prononce à l’intérieur. Le son diffus surpasse le choc, les filaments écarlates contre ses poignets échoués, la nausée qui le traîne à l’orée de sa névrose. Abigaëlle, c’est presque une promesse, presque un serment. Elle sera toujours là. Dans l’oiseau aux ailes fractionnées, sans maître, sans lois, sans guide mais aussi, dans l’homme aux lèvres taries par ces baisers avortés, à l’épiderme marqué par sa décadence, à l’âme rongée par l’absence.

Le froid mâchonne sa nuque, ses paupières closes, ses jambes repliées dans l’urgence contre son palpitant détraqué. La longue et glaciale nuit se poursuivra dans l’éternité d’une mélancolique perpétuelle, nourrie par le sel de ses larmes depuis le flanc de cette cavité. Le vide espace les cris, pas la douleur. Ses dents claquent, la porte l’imite. Déjà, il est là. Maarten. Il peut à peine le discerner, inondé par le chagrin et par la cascade sanguinaire qui luit encore sur son faciès déconstruit par le trépas dans ces trois implacables versions. Elle. Lui. Eux. Son meilleur ami lutte et remporte le combat sur la distance physique qui les sépare. Il le tire, déversant dans les pièces qu’ils traversent, une envolée quasiment lyrique de pluie. L’ondée se poursuit jusqu’au salon, contre un divan élimé, des coussins inconfortables qu’il noie irrémédiablement. Il parle, cet autre. Il l’accule dans la réalité. Le français relève péniblement ses deux bras contre ses oreilles meurtries par le mutisme définitif de la rouquine. Il se recroqueville, contient à peine sa supplique alors que le néerlandais arbore les termes concrets, charnels qui secoue davantage cette salle déjà bercée par la faucheuse. « Je t’en supplie, tais-toi… » Mais il ne l’entend pas. Il continue. Le changeur se laisse glisser contre le textile fané jusqu’à rencontrer l’accoudoir de son crâne. Il replie pour la seconde fois, ses genoux contre son squelette. Il se démantèle perpétuellement, la charpente réduite à ce puzzle incomplet. « Elle était ma vie. Elle était tout ce que j’avais. Elle était la seule. Elle était… » Sa prière s’efface au profit d’un gémissement démantibulé. « Je voulais réparer les choses, j’ai essayé, Maarty. J’ai vraiment essayé. Je lui aurais tout donné, je lui aurais tout promis. Mais elle ne voulait pas de moi. Je n’ai jamais suffi. Je n’ai jamais réussi à la rendre heureuse. Elle voulait que je… Elle m’a forcée à la… » Sa tête contourne l’oxygène et s’enfonce dans le siège qui le maintient à peine plus haut que la terre. Il étouffe ses hurlements, il s’étouffe sans jamais parvenir à se tuer. Il en a mal aux côtes quand il reprend sa respiration, il en a mal de survivre, il en a mal d’exister.

Un haut le cœur le désarçonne, il se redresse brutalement pour accuser les spasmes stomacales. Ses mains se crispent contre le rebord du fauteuil alors qu’il retient l’air entre ses dents serrées par le dégoût chimique. « Frappe-moi. » L’instabilité prête une valeur sordide à ses mots. Il reprend, ligne mélodique arquée mais plus marquée pourtant. « Frappe-moi. Fais-moi disparaitre. Arrête ça. »  Le regard qui défie, la bouche qui tremble d’endormir l’éthique, l’empathie. Mais tout se démantèle déjà. Insalubre tronc, porteur de fruits avariés, racines tordues et crochues qui compriment des enfers pour s’en créer un paradis toxique. L’archange déjà devenu diable. Dans cette course vers la sortie, vers l’issue la plus improbable, il trébuche, se fracasse la mâchoire. Il se plait à s’imaginer au côté de ce qui gît pudiquement sous la couverture là-bas. Peut-être qu’il transpose chimère sur diapositive quand il se la dessine perchée à la balustrade enroulée par ce même tissu. Crépuscule cueilli, à l’aube de leurs années folles. « Qu’est-ce qu’il s’est passé… » Il se laisse choir contre les lattes de bois et rampe jusqu’au cadavre, sa main gauche fouille la décomposition pour unir ses doigts aux siens sans jamais replier le drap pour la contempler. Il oublie la présence délitant ses mirages, il se refuse à nouveau aux perceptions tangibles. Il s’allonge seulement à ses côtés prudemment pour reprendre la place acquise, le seul endroit où il devrait être. Tout près d’elle, ses lèvres remuent. « Pardonne-moi, Abi. » Son autre main effleure machinalement ses traits rendus imprécis par le textile. « Non… ne me pardonne pas. Maudis-moi. Déteste-moi. Fais de ma vie un enfer. Ou reviens-moi, reviens-moi... »  Autour de lui, auréole d’hémoglobine et de sueur. Ses vêtements trempés s’incrustent à sa carcasse et moissonnent les mélanges de fluides crasseux au sol. Entité morcelée, appât pour le désespoir, prémisse pour la déchéance. C’est la fin et donc le début. Le début de sa fin.

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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Dim 12 Avr - 20:02

(Italique = français/néerlandais selon le locuteur)

Son épiderme est glacé. Son regard, fixe. Sa peau, diaphane. Son teint : cadavérique. Et malgré l’horreur et la beauté picturale qui étreignent le corps tétanisé de Bastien, Maarten n’hésite pas un seul instant à le tirer avec violence hors de la salle de beau, hors de son cataclysme, hors de sa détresse. Sa poigne se referme sur celui du corbeau, ses muscles se contractent pour le pousser dans la pièce principale et l’écrouler sur le canapé. Il n’a aucun doute sur l’attitude à avoir : c’est le Saarloos qui est aux commandes maintenant et de toute évidence rien ne saura l’arrêter. Fidèle, il l’est étonnamment. Loyal. Buté. Et face à un corbeau aux ailes brisées, le chien ne sait que japper, grogner, tâter ses plumes de ses pattes maladroites pour le réveiller ; chercher à savoir tout d’abord, si le volatile est encore en vie. « Je t’en supplie, tais-toi… » Ce n’est pas la réaction qu’il attendait, mais le chien s’en contente. Maarten s’en contente. Et surenchérit. Abigaëlle est morte ? Peut être. Même certainement. Belle et bien morte, belle et bien condamnée. Mais… Maarten se refuse à imaginer Bastien la rejoindre. Il ne veut pas, ne l’accepte pas. Et s’il doit le frapper et le frapper encore pour lui faire entendre raison, et bien le Néerlandais est prêt à le faire. De toute façon, le langage de la violence est le seul qu’il a toujours su maîtriser. C’est celui qui lui a permis de grandir, de s’élever, de chuter et de se détruire. Il en connait toutes les parcelles, des plus sombres aux plus inavouables. Du sang sur ses mains à la fuite lâche et traitre dont il est l’expert. « Elle était ma vie. Elle était tout ce que j’avais. Elle était la seule. Elle était… Je voulais réparer les choses, j’ai essayé, Maarty. J’ai vraiment essayé. Je lui aurais tout donné, je lui aurais tout promis. Mais elle ne voulait pas de moi. Je n’ai jamais suffi. Je n’ai jamais réussi à la rendre heureuse. Elle voulait que je… Elle m’a forcée à la… » Non. Ce n’est pas possible. Maarten n’a plus envie de frapper Bastien. Sa colère se jette et le propulse mentalement vers la forme étendue à terre qu’il n’a à présent que l’envie soudaine de heurter, encore et encore, pour lui faire payer ce qu’elle a fait de son meilleur ami. Elle ne le méritait pas, elle ne mérite pas ces larmes, elle ne mérite pas cette culpabilité. Mais même s’il a envie de l’insulter de tous les noms, de profaner son corps, de le lacérer de ce couteau qui l’a tué, Maarten reste immobile. Se concentre pour fixer Bastien du regard. Mâchoire contractée de douleur. Mâchoire contractée de colère. Douleur. Que répondre à ces mots, que répondre à ces phrases ? « Ce n’était vraiment qu’une sal#pe » lui semble malvenu. Mais c’est la seule chose sensée à articuler, Maarten en est persuadée. Il ne l’a jamais appréciée, elle le débecte jusque dans sa mort.

« Frappe-moi. » « Quoi ? » « Frappe-moi. Fais-moi disparaitre. Arrête ça. » Maarten s’écroule. Intellectuellement. Déjà qu’il peinait à trouver les bons mots, mais là… tout lui échappe. La substance de Bastien se délite, glisse entre ses doigts vainement fermés. Il ne reste dans sa paume qu’un squelette, que le regard de son meilleur ami, que quelques plumes d’un corbeau abattu en plein vol et désarticulé dans une flaque de sang. Maarten ne comprend pas le français, mais s’il y a une chose qu’il sait faire, c’est lire dans les pupilles de l’autre métamorphe un souhait semi-avoué, un chuchotement, un gémissement. Il n’est rien, sans Abigaëlle, il n’est plus qu’une coque vide, le son qui y résonne n’est qu’un glas éternel. Et Maarten sent sa salive devenir acide, lorsque le silence s’éternise, s’étire et s’enroule autour de sa gorge pour l’étouffer de son incapacité à venir en aide à Bastien. « Il n’en est pas question. » Son ton, péremptoire, tremble de mensonge. Ne pas le frapper ? Il en est incapable. Parce que s’il y a bien une chose que Maarten ne supporte pas, c’est de s’imaginer simple spectateur de la descente aux Enfers d’un ami. Un ami. Voilà qu’il en est un piètre. Le mensonge, la trahison, il n’est que le minable pantin de sa lâcheté, marionnette agitée par des fils entremêlés, marionnette abandonnée, marionnette écroulée. Il ne fait même pas un geste pour retenir Bastien, il baisse les bras de détresse. Devient ce qu’il déteste. Devient spectateur. Se recroqueville intérieurement dans sa couardise. « Qu’est-ce qu’il s’est passé… Pardonne-moi, Abi. » De simple spectateur, le voilà relégué au rang d’intrus. Il est de trop, Maarten en est conscience. Ces questions, cette main caressée sous un suaire de soie, il n’est pas censé les entendre, il n’est pas censé les voir. Et même s’il est incapable de détourner le regard, Maarten ferme les yeux. « Non… ne me pardonne pas. Maudis-moi. Déteste-moi. Fais de ma vie un enfer. Ou reviens-moi, reviens-moi... » Il ne comprend rien. Quelques mots. Quelques intonations. Il ne sait pas quoi faire parce qu’il n’y a rien à faire. Être là, oui, mais pourquoi ? De toutes les décisions qu’il pouvait prendre, il fallait que ce soit celle là : rester. Envers et contre tout. Pitoyable. Inutile. Calamiteux. Ses pas le glissent au contact de Bastien. Un peu de folie, le Saarloos décide de réagir à sa façon, puisque l’homme ne désire que s’enfuir de ce tombeau. Ses pattes agrippent les épaules de Bastien, le forcent une nouvelle fois à se relever. Le force à le regarder dans les yeux. « Vas-y. » L’homme voulait le secouer, le chien tente une autre approche. Différente. Similaire. Brutale, peut être. « Je ne vais pas te lâcher, moi. Tu ne vas pas te débarrasser de moi. Et je ne supporte pas de te voir comme ça. C’est dommage pour toi. » Le Saarloos gémit au fond de lui, lorsque d’un coup de pied, Maarten fait exploser la peau fragile de la sorcière, agite l’épaule de la morte. « Frappe-moi, toi. Evacue tout. Frappe-moi. Sinon je la piétine. » Mais, b#rdel, sors de ton apathie. Déteste-moi, aiguille ta détresse dans ma direction. Comble ce vide de haine, agite ce corps de haine, mais ne te délite pas. Pas maintenant. Un nouveau coup de pied. Le Saarloos herute le visage, cette fois. Les yeux foncés de Maarten se fixent dans ceux de Bastien. « Tu ne peux pas m’en empêcher. Je suis plus fort que toi pour le moment. Alors frappe-moi, et frappe-moi encore de toute ta rage, sinon je te jure que je n’hésiterai pas à la frapper elle jusqu’à ce que tu ne puisses même plus reconnaître son visage. »


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Sam 18 Avr - 14:42

Allongé, massé par le reflux de l’écume, porté par le linceul du deuil à peine découvert, à peine remarqué mais pleinement ressenti, il attend son sarcophage, la nuit éternelle pour briller ailleurs, isolé dans d’autres galaxies qui n’appartiennent plus à celle qui l’a vu chuté. Le couloir est interminable, la porte en bout semble de plus en plus lointaine à chaque nouvelle inspiration. L’opportunité se déloge à chaque pas, inestimable par son esquisse mais toujours hors de sa portée. Il faut encore respirer. Encore acculer l’oxygène dans le vide thoracique pour s’adonner aux illusions d’un organisme en fuite. La vie s’échappe forcément, minute après minute pour gagner d’autres bras, d’autres émois, alimenter les existences de ceux qui en veulent encore pour répondre à son seul désir. Feindre la rigidité à même le sol pour actionner le feu vert, pour que les lois de cette nature intransigeante se penchent sur son cas et l’épargnent d’une agonie de longue haleine, le rattrapent dans un marathon, une lutte active contre les battements d’un cœur désorienté par le choc, déjà mutilé par l’absence. Le silence de son esprit se permet toutes les entailles mémorielles. La guerre dans sa poitrine s’autorise tous les excès. L’aliénation frôle ses lèvres rendues opales par la détresse, la sécheresse de l’âme. Chaque articulation s’en remet à cette douce névrose pour s’instruire dans la douleur, pour se confondre aux marges et déserter les lignes parallèles d’une page définitivement blanche. Aucun adieu ne sera prononcé. L’échec se refuse à cette seule condition. Il a besoin de plus que ça, plus de substance pour s’accorder à l’effroi de sa perte. Qu’elle soit partie, qu’elle ait renoncé à l’espoir, à lui. Plus l’évidence se délie, plus il s’agrippe aux relents démentiels qui secouent sa carcasse pour lui retirer la lucidité, la conscience de toute chose. Et surtout, sa personnalité. C’est elle, la première fautive. Pas assez fort pour la retenir, pour l’empêcher, pour la relever, ni pour assumer ce qui suit, suivra.

Niché dans ses délires, il s’expose au froid, s’offre sans la moindre pudeur aux lésions grelottantes qui lui transpercent la chair depuis son passage sordide sous la douche. Aussi glacé que ses songes éparpillés, aussi transi que le cadavre contre lequel il se serre pour encore lui appartenir, il se glisse dans l’hiver implacable, observe les flocons recouvrir son propre corps et espère se dérober aux réalités, en devenant statue de glace pour palais en ruine. Au centre des vestiges, la neige crisse pourtant. Parce qu’il est encore là. Habitant d’un autre temps, ami d’un autre homme, il s’obstine à croiser ses pas dans l’étendue immaculée, s’enfonce dans l’incohérence de ses allées parsemées pour finalement le rattraper à nouveau en pleine descente. On le soulève brutalement, l’arrache à tout ce qu’il aime, à tout ce qu’il veut conserver égoïstement. Un hoquet désarticule sa gorge. Ses mains se recroquevillent contre son thorax pour y garder précieusement les sentiments qui s’attardent et rendent humain l’amoncellement d’horreur et d’erreur qu’il représente désormais. Maarten se dissémine en discours décousu. Bastien poursuit sa fugue en se refusant à son regard, fixant les flous de son décor vacillant. Mais il le ramène encore une fois en s’accordant le droit de piétiner l’enveloppe, se mettant à dos les spectres encore présents, profanant un culte implicite, un code tacite. Les ongles du changeur s’enfoncent vivement dans les bras qui le retiennent encore pour ne pas choir à nouveau tandis que la nausée revient et l’emporte dans un tourbillon de lividité. « Arrête ça, Maarty, je t’en supplie. » Ses gémissements s’effondrent, il accuse un nouveau sanglot alors que les prochains mots s’extirpent déjà péniblement de son larynx. « Je ne veux pas te faire du mal. Je ne veux plus faire de mal à qui que ce soit. Ne m’oblige à me détester encore plus que ça. Laisse-la… S’il te plait. » Ses doigts le désertent aussi abruptement pour se réfugier sur la plaie toujours ouverte qui déchire son bras, il appuie jusqu’à devoir retenir une énième plainte.

Tout ce qui se passe, c’est sa responsabilité. Le comportement désespéré de son allié se range aisément dans cette catégorie. La panique ondule de plus en plus dans ses prunelles ternies par la mort, dans ses intonations ébréchées par un chagrin profond. « C’est tout ce qui me reste d’elle, tu ne peux pas la défigurer… Je t’en prie. » La culpabilité l’oblige à s’écarter de la prise du néerlandais alors qu’il regagne le parquet, les genoux accusant âprement les lattes de bois tandis qu’il demeure en position de soumission absolue, se jetant aux pieds du massacre pour prendre les prochains coups à la place d’Abigaëlle. « Je veux bien faire tout ce que tu veux, absolument tout. Mais pas ça. Je ne peux pas te blesser. Je ne peux pas…» Bouclier qui s’impose aux chevilles du bourreau, il compte rester là à la protéger. Gardien de son sommeil éternel. Réduit à ce seul rôle pour l’instant. Pour toujours. A jamais. « Je suis le seul à blâmer. Je suis le seul qui doit prendre ces coups. Elle m’a retrouvé y a plusieurs mois, je n’ai rien pu te dire. Je t'ai tout caché et plus d'une fois. Si je t’avais parlé, si tu avais su, si tu m’avais arrêté peut-être que… Peut-être qu’elle serait… Mais elle est… Elle est… Morte maintenant. » Le terme lui écorche le palais, il croit qu’il va régurgiter la bile mais il la retient tout juste. De nouvelles larmes pour ses paupières déjà trop boursoufflées. Chaque goutte est acide, elles lui brûlent les yeux. « Ca ne devait pas se terminer comme ça. » Son souffle s’absente, il croit à la crise cardiaque. Quand est-ce que son organisme va comprendre qu’il ne peut plus encaisser la moindre onde de douleur ? Quand va-t-il lui concéder le sommeil ? Le métamorphe avise le mur, la proximité de son crâne et son envie de foncer pour se fracasser contre chaque paroi afin de succomber à cette barbare anesthésie.


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Mar 21 Avr - 20:27



Tout autour de lui, les frontières de la réalité se dilatent, se délitent, disparaissent dans des fragments de brumes pour mieux se confondre dans l’oppressant paysage de ses cauchemars. Le battement de son cœur qui tonne dans sa poitrine comme un tonnerre d’enfant, les vêtements trempés de Bastien ne sont que d’autant de larmes salées versées dans la terreur. Et le corps, le corps à ses pieds, ce corps marmoréen, déjà statue d’un temps révolu, monument en l’honneur d’une amitié en miettes, ce corps n’est rien d’autre au final que le squelette de l’horreur. Tout autour de lui, la vérité part en lambeaux pour ne laisser qu’une structure décharnée, décomposée, putréfiée. Et si la violence est sa seule solution pour s’extraire de la nasse et chercher de l’air là où il n’y en a plus, et bien Maarten s’en saisit à bras le corps pour mieux la faire sienne et en inspirer jusqu’à la plus sombre des senteurs viciées.

La violence. La réponse des incapables, la réponse des lâches, la réponse de ceux qui n’ont plus rien à répondre d’autre. La violence, c’est une forme de rémission, une forme de silence, le dernier refuge de l’incompétence. Et Maarten s’y complait lorsque le chien hurle à la mort, lorsque son pied percute et explose la peau opaline d’une sorcière qu’il piétine. La violence. Elle se diffuse dans ses veines sous couvert d’une colère et d’un désespoir qu’il expose à son meilleur ami. Frappe moi. Est-il devenu fou ou simplement stupide ? Ni l’un ni l’autre : les eux faisaient déjà partie de ses caractéristiques. Il les révèle juste dans l’angoisse d’être inutile. Viens, Bastien, frappe-moi que je sorte du rang des spectateurs pour enfin rejoindre la scène et cesser de seulement observer ce désastre. Frappe-moi, pour que je puisse partager ta douleur à défaut de savoir comment la soulager. Mais s’il ne cherche là qu’une façon de repousser la culpabilité, Maarten perd il de vue son rôle premier ? Celui d’ami, celui de soutien, celui de phare dans la nuit ? Non. Si. Peut être. Maarten n’est rien qu’une ruine péniblement reconstruire. Il est de la pierre rebâtie sur du sable, et les larmes et le sang versés ne sont que des vagues percutants les vestiges pour mieux le mettre à terre. Il n’est pas celui dont Bastien a besoin, de ça le Néerlandais en est plus que certain. Alors Frappe-moi. Qu’il puisse évacuer sa peine. Je te jure que je n’hésiterai pas à la frapper elle jusqu’à ce que tu ne puisses même plus reconnaître son visage. Il n’hésitera pas, ça non. Il la haïssait de son vivant, sa mort le débecte bien davantage. Elle était un obstacle pour leur amitié, sa mort est un acide qui ronge le lien entre deux métamorphes. Et ça, Maarten ne le supporte pas. Le chien hurle, hurle encore. Jappe. Grogne. Menace. Et frappe. Le hoquet désarticulé de Bastien ne fait que conforter le Néerlandais dans sa colère et son désarroi. « Arrête ça, Maarty, je t’en supplie. » Ses gémissements crissent aux oreilles de l’animal. Maarten s’écoeure mais refuse dans un froncement de sourcil et un mouvement du chef. Non. Il n’est pas question qu’il arrête ça, parce que ces sept mots portent bien plus de lucidité que tout ce que Bastien a pu dire jusque-là. Et dans sa folie angoissée, le Saarloos n’y voit là que la conséquence directe de la violence. « Je ne veux pas te faire du mal. Je ne veux plus faire de mal à qui que ce soit. Ne m’oblige à me détester encore plus que ça. Laisse-la… S’il te plait. » S’il te plaît. Maarten a envie de pleurer. Et lorsque Bastien le lâche aussi brutalement qu’il l’avait saisi, lorsqu’il s’inflige de la douleur au lieu de frapper le Néerlandais, Maarten ne voit là qu’un coup funeste dans le miroir de ses illusions. « Bast’, arrête ça tout de suite ! » Il ne supporte pas de le voir ainsi. Il hait, p#tain qu’il hait cette sorcière. Et son pied la percute encore, sans aucune contenance maintenant. Parce qu’il n’attend plus juste une réponse de Bastien, il veut réellement profaner ce corps qui loin de pourrir lui-même,  gangrène la vie de Bastien jusque dans la tombe pour mieux le faire chuter. Les plumes du corbeau sont serrées dans les doigts d’Abigaëlle, chatouille d’amusement le menton du Saarloos pour mieux le faire sortir de ses gonds. « C’est tout ce qui me reste d’elle, tu ne peux pas la défigurer… Je t’en prie. » Si, il peut la défigurer. Si, il peut la détruire autant qu’elle détruit son meilleur ami. Il veut lui infliger des cicatrices, il veut faire exploser ses veines, marteler sa chair, il veut lui rendre par des coups chacune des larmes que Bastien verse, chacun de ses gémissements, chacun de ses mots. Il veut lui rendre ces genoux qui implorent la pitié, cette soumission que Bastien lui inflige et qui stoppe Maarten dans sa colère mortifère. Il veut la frapper elle, pas Bastien. « Pousse-toi de là, Bast ! » C’est un ordre. Qui se perd dans la panique et la détresse du Français. « Je veux bien faire tout ce que tu veux, absolument tout. Mais pas ça. Je ne peux pas te blesser. Je ne peux pas…» Ce… Maarten aurait du s’en douter. Il connait Bastien. Il le connait si bien qu’il aurait du s’en douter. Et pourtant… le voilà immobile à regarder de haut un regard implorant. « Vire de là, ou… » Ou quoi ? Tu vas le frapper lui aussi ? Maarten fait un pas en arrière. « Je suis le seul à blâmer. Je suis le seul qui doit prendre ces coups. Elle m’a retrouvé y a plusieurs mois, je n’ai rien pu te dire. Je t'ai tout caché et plus d'une fois. Si je t’avais parlé, si tu avais su, si tu m’avais arrêté peut-être que… Peut-être qu’elle serait… Mais elle est… Elle est… Morte maintenant. » Maarten n’a jamais entendu autant d’imbécilité et de mensonges à la suite. Pas dans la bouche de Bastien, du moins. Ce ne sont peut être que des vérités biaisées par de la culpabilité, mais aux oreilles du Saarloos, ce ne sont que des mensonges. Angoissants. Bastien pense-t-il tout ça ? La question ne se pose même pas. La mâchoire du Saarloos se crispe, se serre. Se bloque. « Tais toi. Tais toi tout de suite. Je ne veux plus jamais t’entendre baver autant de c#nneries à la seconde. » La patience du chien s’est envolée en même temps que ses derniers espoirs d’aider Bastien. Maarten n’est plus qu’une boule de nerf qui ne sait pas comment s’y prendre pour aider son ami. Ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il ressent, c’est que de Bastien il ne reste qu’un oiseau à terre, désarticulé, agonisant. Et un chien, un simple cabot, ne peut rien faire pour le sauver. Alors tu abandonnes ? « Ca ne devait pas se terminer comme ça. » Non. Ca ne devait pas se terminer par son abandon, voilà qui est certain. Depuis qu’il a senti l’odeur du sang, dans les escaliers, depuis que la loyauté du chien s’est réveillée, depuis qu’il a décidé de rester dans l’appartement pour saisir la main d’un Bastien dégringolant dans un gouffre létal, Maarten se pensait capable de ne pas fuir. Amère réalité qui se délite et s’impose. Il n’est pas un héros, il n’est pas un ami, il n’est même pas un homme : juste un animal incapable d’aller contre sa nature, juste un lâche qui se voile la face le temps de s’apercevoir qu’il ne peut et ne pourra jamais gravir la montagne qui se dresse face à lui.

Et pourtant, le voilà qui saisit une nouvelle fois Bastien par les épaules. Le voilà qui le redresse, encore. Sa poigne sent dans sa paume les os fragiles de l’oiseau. « Ce n’est pas terminé, Bastien. Tant que je serai là, rien ne sera terminé. Elle est morte. Mais toi non. Et moi non plus, encore heureux. » Il a la désagréable impression de se répéter, et la plus encore désagréable impression que ses mots ne porteront pas plus cette fois que la précédente. « Ce n’est pas terminé, parce que tu vas continuer à vivre, tu vas surmonter cette épreuve, tu vas y survivre et que je ne te laisserai pas avoir d’autre objectif dans la vie que ces trois choses. » D’un mouvement de poignet, il force Bastien à se tourner et le pousse dans la direction de la porte d’entrée. « Mais pour le moment, pas question que tu restes ici. Tu dors chez moi, ce soir. Et je ne te pose même pas la question, je t’impose ça. » Pour imposer, il en impose : mais de ridicule, pas d’autorité. Maarten, héberger chez lui un oiseau déplumé ? Il ne va qu’aggraver la situation. C’est certain. Pourtant, têtu, le chien refuse de faire marche arrière et hésite un instant à laisser son ami seul pour lui constituer un sac provisoire. Mais à quoi bon, à quoi bon s’embarrasser de détails ? Plus vite ils seront loin, meilleur ce sera. Autant pour l’un que pour l’autre, autant pour la morte que pour les vivants. Plus vite ils sortiront de cet appartement, plus vite Maarten cessera d’avoir envie de fuite. Parce qu’il n’y a, au final, que dans la fuite que se trouve le courage du Saarloos. « Si tu as envie de récupérer quelque chose pour ce soir, c’est maintenant. Récupérer autre chose que… » Un petit coup d’œil en direction du corps achève sa phrase. B#rdel. Si Bastien commet l’égarement de vouloir emporter le corps avec eux, il est certain que Maarten s’effondrera en violence.


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MessageSujet: Re: Love Song Requiem [Maarten]   Mar 28 Avr - 1:56

La terre bat ses genoux, embrasse ses articulations. Elle se démantèle autour de cette soumission intraitable pour l’inviter aux replis immoraux de ses couches souterraines. Extinction de l’air, perte d’espace, l’insalubrité se referme sur la chair pour le strier dans la disparition. Trainées de châtaignes pour seul respect au tombeau, compression de feuilles trépassées contre son caveau. La nature se meurt contre son enveloppe ensevelie. Il nourrit la mort, il la vénère sans jamais faillir. Vu qu’elle détient Abigaëlle, vu qu’elle calfeutre les douleurs, vu qu’elle sera le foyer un jour prochain. Ou une heure plus tôt. Minuit ne sonnera peut-être plus. Ses lèvres frémissent contre la boue, se traînent sur le rivage des sanglots qu’il garrotte. Offrande pour l’asphyxie et putréfaction par l’aorte. Combien de temps pour que ça suffise ? Combien de secondes avant que le mécanisme se bloque, s’oxyde au contact de ces marécages miséreux ? Déchet qui brime le sol et infecte l’écosystème, cylindre métallique aux encolures macérées par la déchirure. Ordure qui racle les rigoles pour les amputer de toute quiétude, pour déranger les ombres qui courent et succombent à l’anthracite. Délesté par accident, molesté par choix, il se cambre davantage pour entamer une nouvelle supplique. Létales, les paumes capricieuses de la fatalité se rangent contre ses côtes, le compriment sans jamais aboutir à la ruine. Le seuil de sa tolérance trébuche sur l’inconstance cardiaque, il suffoque, s’étouffe avec ses larmes et abjure le silence d’échos spastiques, séquelles que son larynx expulse pour s’accorder l’oxygène. La vie se heurte toujours plus au cadavre qui ne frémira jamais dans sa nuit. Les astres s’écaillent pourtant, là-bas. Car ils doivent comprendre l’erreur, la sentence bien trop sévère pour cet oiseau perpétuellement en fuite. Migrer pour l’absence, s’installer pour le pardon. Girouette de mauvaises durées. Il est le premier acteur de sa perte.

Et cet autre homme insiste. Il frapperait encore aux portes d’une forteresse délabrée juste pour faire trembler ses fondations, juste s’écorcher les jointures en voulant percer les parois et élancer des zébrons de lumière par chaque interstice que les nervures laissent entrevoir. Maarten s’élève toujours plus et l’entraîne. L’ascension lui décroche un hoquet et ses mots, le rejet. Ses mains se relèvent de l’inertie pour tenter de contrer les paroles mais elles ne rattrapent rien en vol et il se contorsionne sous des alternatives qu’il saccage en rêvant déjà à son point final. Son amante ne peut finir en virgule dans ce récit décomposé. Elle ne peut introduire une suite, elle est tout juste une phrase inachevée qui s’oublie dans une envolée d’encre en bout de page. Pourquoi veut-il gratter cette trace et remplir les blancs ? Son ami ment. Il ment de sa vérité et érode le déni avec plus de lacérations qu’il n’en faut pour tuer le français. Grelottante contre la glace qui l’empale, sa voix se délite, des fragments de roche qui s’écroulent pour blesser l’ouïe. « En vie ? Tu trouves que ça y ressemble, à la vie ? Je ne suis rien sans elle. Je ne suis rien du tout. » Sa détresse s’effondre d’elle-même alors que son allié se butte à son obstination pour invoquer la sortie. Bastien vacille tandis qu’il le bouscule. Dans les tressauts de sa conscience erratique, la forêt noire installe ses pêchés en lisière d’une normalité à laquelle il veut échapper. « Tu ne peux pas héberger un assassin, Maarty. » L’évidence brise l’instabilité de son ténor fracturé. Ses doigts cherchent l’épaule du néerlandais abruptement. « Je devrais être en prison. Ou sur une chaise électrique. Pas chez toi, à prétendre que je… Que je n’ai pas tout ce sang sur les mains. » Ses prunelles dévisagent ses frusques trempées, alliance d’hémoglobine et d’eau qui se répand en vase morbide contre le parquet.

Le poids du crime l’oblige à plier un peu plus, ses jambes fléchissent mais il se retient toujours à la carrure du biologiste. Le gouffre s’insurge et lui se rassemble sans savoir pourquoi. « Je ne peux pas rester ici. » Parce qu’il pollue ce lieu, il souille l’enterrement, crache littéralement sur les roses qu’on lui a attribué. Le meurtrier doit s’adonner à la fugue pour mieux pourchasser son désastre. La destination devient vague, improbable, perd de son importance. L’égoïsme du deuil perfore de toute part son âme décharnée. En titubant dangereusement, il s’enfonce dans les entrailles de son logement. Pesamment et presque religieusement, il retire le textile marqué par le drame. Comme un rituel qu’il faut parachever pour mériter le titre de déchu. Comme une coutume qu’il faut respecter pour accepter la culpabilité. Ses paumes caressent les empreintes sanguinaires sur les entrelacs du tissu. Il ne se résout à brûler les preuves de cet homicide, convaincu de devoir assumer chaque clou dans sa peau. Le voleur dépose les vêtements imbibés de démence sous la structure déséquilibrée de son lit. Jamais il ne pourra se défaire de ce déguisement, de cette pelure qui ne quittera pas la pièce, ni même son épiderme. A jamais tatouée sur sa rétine, son histoire se balance. Il a aimé, il a tué. Le changeur se relève pour enfiler d’autres habits. Il ne joue pas à l’imposteur et il ne croit toujours pas à cet après qui se défile déjà cependant. Il se contente d’avancer. Un pied devant l’autre pour retrouver son presque-frère. Pour lui donner l’illusion que tout ira bien, selon son plan. Ses cils basculent une dernière fois sur la carcasse échouée avant que la porte ne se referme pour de bon. Ses tremblements ne s’arrêtent pas sur le seuil. Ils s’amplifient. Ça ne sera qu’une question d’inspirations, de quelques semaines, quelques mois peut-être. Mais tout ira bien puisqu’il sait ce qu’il veut. Puisqu’il connaît déjà le seul dénouement à cette sordide mascarade. Sa lâcheté en déroute, il se projette dans ses ténèbres pour contrer le vide. Le feu par le feu. Une vie pour une vie. Au détriment des autres, au détriment de soi. Martyr en exil, il s’efface dans l’embrasure d’une porte pour débarquer sur l’exigüité d’un trottoir. Plus jamais le même. Bientôt, jamais trouvera son sens. Bientôt, il se retirera ce droit. Celui de survivre à cette séparation, celui de respirer pour d’autres gorges. Bientôt, il saura si elle l’attend oui ou non dans cet au-delà chimérique dans lequel il établit l’Eden afin d’y dénicher sans faille le berceau de sa Reine.

- Sujet Terminé -

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