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 I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael

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MessageSujet: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Jeu 11 Oct - 20:16

Ever since you left you’re always on my mind
So here’s to you, if you care to listen
Here’s to you, let me cross the distance ...


Encore une soirée de gala, encore un peu d’esbroufe pour le peuple. Du moins, encore un peu d’expression publique de la reconnaissance du Gouvernement envers ceux qui le servaient loyalement. Maintenant que les Jeux avaient commencé, les dirigeants s’en donnaient à cœur joie pour contenter leurs fidèles sujets, et pour s’assurer de la bonne obéissance de ceux qui pouvaient s’avérer moins fidèles. Ce soir, les festivités auraient un peu moins de prétentions que les précédentes, car ce n’étaient pas les riches nantis de Manhattan qui y seraient invités, mais ceux qui avaient participé à la mise en place des Jeux. Ils vivaient de façon bien moins aisée, et ces banquets étaient un moyen de leur rappeler que s’ils travaillaient toujours avec autant d’ardeur, ils auraient des récompenses à la hauteur de leurs efforts … Rafael était là, comme chaque soir, pour veiller à la sûreté des lieux. Responsable de la sécurité personnelle du Président, il n’était pas obligé de suivre d’aussi près les préparatifs des gardes du bâtiment. Il n’avait besoin, finalement, que de suivre le Président à la trace à chaque fois qu’il faisait une apparition, prévenant le moindre risque pour sa personne. Mais il aimait boucler le système, s’assurer que rien ne puisse passer à travers les mailles du filet. Une conscience professionnelle qu’il avait toujours eue, depuis que son grand-père s’était chargé de lui inculquer avec force des valeurs morales qui ne s’étaient jamais effacées. Le sens du devoir, entre autres choses. Obéir, toujours. Etre là, même quand on ne lui demandait rien. Etouffer le danger à la source avant qu’il n’ait eut le temps d’émerger.

La soirée n’aurait lieu que dans quelques heures, mais Rafael était présent, avec les autres gardes, pour vérifier les listes d’invités. « … Panderman, Anton : designer pour l’Arène 2. Renzacci, Pirro : … » La voix monocorde du garde était de nature à endormir même le plus vigilant des hommes, pourtant Rafael tiqua en entendant un nom familier. « Qui ça ? » Demanda-t-il brusquement. Le garde leva les yeux, avant de les baisser à nouveau, l’air profondément ennuyé. « Renzacci, Pirro. » Répéta-t-il. « Directeur artistique, zone 2. Ca vous va, Morienval ? » Rafael hocha lentement la tête tandis que le garde reprenait sa litanie, mais il n’écoutait déjà plus. Renzacci. Quelle était la probabilité qu’il existe, à New York, un homme portant ce nom ? Il avait soigneusement éradiqué – volontairement ou non – tous ceux qui auraient pu le transmettre, des siècles plus tôt. Mais soit, il était possible qu’une autre famille ait porté ce nom. Mais le prénom … Pirro ? Voilà qui ramenait encore d’autres souvenirs, plus profondément enfouis, plus douloureux. Le hasard jouait un rôle bien cruel, pour réunir deux noms si significatifs, si longtemps après que leur dernier porteur ait expiré. Mais cela ne pouvait qu’être le hasard. Même ces deux noms si peu communs pouvaient se retrouver accolés par le jeu du destin. Il n’y avait là aucun signe, aucun revenant. C’était tout simplement impossible. Pourtant … Ce nom resta gravé dans l’esprit de Rafael pendant tous les préparatifs, et il ne réussit pas à penser à quoi que ce soit d’autre. Il ne parvenait pas à se mettre dans son travail avec autant d’implication, le nom le hantait chaque seconde, amenant son lot de terribles souvenirs. Il se résolu donc à chercher ce fameux Renzacci dans la foule des invités, une fois la soirée commencée, pour calmer sa conscience et réussir à penser à autre chose. Droit comme un piquet, le visage aussi imperturbable qu’à son habitude, Rafael entra dans la salle de réception en même temps que le Président, fidèle et docile comme une ombre. Mais pour la première fois depuis qu’il avait obtenu ce poste, son esprit était ailleurs. Ses yeux ne scrutaient pas les lieux pour repérer une menace potentielle, mais pour trouver celui qui portait le même nom que lui, pour s’assurer qu’il n’avait pas le visage redouté … Mais la foule était dense, et le Président ne se mêlait pas au peuple. Rafael ne pouvait donc pas se déplacer comme il le souhaitait, ni dévisager autant de personnes qu’il l’aurait désiré. Et quand son employeur estima que son bain de foule avait été suffisamment long, Rafael du le suivre sans avoir été plus avancé. Déchiré par l’envie de retourner dans la salle, et par son sens du devoir qui lui imposait de rester impassible jusqu’à ce qu’on le libère de ses fonctions pour la soirée, il fut forcé de contenir sa frustration. Jamais encore, depuis qu’il était redevenu humain, il n’avait ressenti de sentiments aussi vifs. L’apathie qui le caractérisait si souvent s’était envolée, et il se sentait douloureusement vivant.

Quand le Président le délivra pour la nuit, Rafael n’avait jamais été aussi impatient de sortir du dédale de couloirs de la Mairie, et retourna dans la salle de réception sans attendre, le cœur battant. La plupart des convives étaient en train de prendre congés, fortement incités à se diriger vers la sortie par les gardes, et Rafael eut beau observer chaque personne, aucun visage des visages qu’il croisait ne lui était familier. Il se résigna donc à sortir avec la foule, toujours aussi frustré de ne pas avoir de réponses, sans réellement comprendre pourquoi il ne se réjouissait pas plutôt de n’avoir reconnu personne parmi les invités. Il aurait mieux valu qu’il arrête de chercher, qu’il réussisse à se convaincre que ce Pirro Renzacci n’était qu’un fruit du hasard … Il ne voulait pas y croire, mais c’était la meilleure explication. Il ne pouvait pas se laisser aller à de telles émotions à l’évocation d’un simple nom. Mais alors qu’il se décidait à abandonner, il vit une silhouette s’éloigner à quelques mètres devant lui. Il était de dos, il ne voyait pas son visage, mais quelque chose en lui était familier et fit l’effet d’un coup de poing à Rafael. Silencieux comme une ombre, il lui emboîta le pas, les yeux fixés sur lui. La façon de se déplacer, l’angle de la nuque, le tracé du visage qu’il devinait sans réellement le voir … Le cœur de Rafael battait furieusement dans sa poitrine, et il dut faire appel à toute sa concentration pour ne pas se laisser envahir par sa métamorphose. Quand l’homme qu’il suivait se retourna soudain – avait-il été moins discret qu’il le pensait ? – Rafael recula d’un pas, une panique sans nom le submergeant. Et puis … « Orfeo ? » Réflexe protecteur d’un frère aîné pour son cadet qui avait tant besoin de lui, souvenir d’un acte maudit qu’il avait regretté toute son existence. Il franchit les quelques mètres qui les séparaient, et pris son frère dans ses bras, rien qu’une seconde. Avant de reculer à nouveau. La félicité avait été si courte … Le voir ici soulevait des questions terrifiantes. Et Rafael n’avait pas envie d’y faire face.
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Ven 12 Oct - 20:21

Qu’elle n’a pas été sa surprise de recevoir un carton d’invitation rouge sang, aux enluminures d’or. Mais pas n’importe lequel, celle de la fête des hauts dirigeants et bourgeois.
Quelle choc si ces riches voyaient la tête de Pirro en cet instant, celui où il reçut son invitation. Les yeux exorbités et ne demandant qu’à cauchemarder cette invitation funeste et inévitable en somme… Ce n’est pas qu’il ne soit pas apprécié et désiré. Il est simplement de ces gens s’étonnant des démonstrations publics d’opulence. Surtout pour célébrer quelque chose comme ceci, le début des jeux de la faim.
« Les personnes ayant contribués à l’organisation des Jeux sont conviées… »
Une récompense en zone 1, parmi le beau monde ainsi que le président, rien que ça. Cela va surement être huppé. Impossible d’y échapper, impossible de ne pas vouloir y aller … et pourtant. Que ne donnerait il pas pour simplement rester spectateur de tout ceci, sans que la culpabilité de vingtaines de gosses ne viennent s’imposer à lui à chaque clignement d’œil.
Ses collègues vivent avec, certes revient souvent le « On ne fait que promouvoir le jeu pour en donner une image plus belle, aucune raison de culpabiliser ». Mais … en cachant la vérité, en voyant ces images, en les modifiants pour donner à manger de l’avariée décoré de caviar au peuple, c’est une contribution de second degré mais tout de même.
Et le voilà qui repense, les yeux bleus assombris à se demander si sa contribution au second degré n’empêche-t-elle pas une révolte contre tout ça ? « Nous leur donnons une autre manière de mourir… Rien qu’une seconde option pour la même issu. »
Une main passée dans les cheveux, un soupir las, et le voilà se dirigeant vers sa penderie. Un costume et tout devrait aller à merveille, se fondre dans la masse. Garder ce visage angélique, après tout, peut être que ça sera bien. Peut-être même le président ouvrira subitement les yeux et cette torture publique prendra fin ? Ou alors les gens se révolteront et arriveront à rendre la démocratie en ce pays ?
Un esprit optimiste trop enfantin pour affronter la vraie vie, voilà ce que vous pensez de lui désormais. Et vous avez raison, cependant il a souffert, sait ce qu’est d’être seul. Alors si on continue de croire après avoir vécu en Enfer, peut-on se dire optimiste ? Ou alors est ce de la folie ?
Sortie d’une douche, rasé, et présentable face à ces gens. Après tout il est arrivé de nulle part et s’est approprié la plus grande campagne publicitaire de l’année. L’imagination accompagne bien souvent la folie, ou alors est ce de la naïveté ? Peu importe imaginer des échappatoires, d’autres solutions, des entrées en matières c’est son don. Le seul qu’il n’ait jamais eu, la magie étant apprise, le physique inné, et l’optimisme maladif.
Vêtu d’un costume noir, d’une chemise rose pâle, et de chaussures cirées, la panoplie accompagnant l’invitation, comme si sa supérieure savait qu’il rechignerait à venir mais cèderait.
Cependant d’un sourire narquois pour son reflet dans la glace, il s’empare de lunettes et cache ce visage trop joyeux afin de se préparer au travail et au sérieux.
Arrivé à la fête célébrant l’achèvement de la préparation du carnage public annuel la foule se noie en rires, exclamations et airs pédants. Comme c’est charmant tout cette opulence de luxe, tous ces beaufs faisant semblant d’y être habitué et ces pauvres nouveaux ouvrant la bouche au point d’y faire entrer toute cette comédie.
Les Jeux de la Faim vont commencer dans peu, et déjà les responsables de cette course fêtent leur travail.
De la masse bruyante de gens dépasse une tête plus claire. Plus angélique et aux airs innocents.
De longues jambes, une silhouette élancé et musclé par des siècles de fuite et combats en tous genre, et pourtant toujours cet air d’enfant désabusé. A la fois curieux et tellement éreinté par la vie. Un paradoxe ambulant se contredisant sans arrêt entre optimisme et cynisme. Souriant à la vue des gens mangeant d’un aliment pour la première fois et en vantant son mérite.
Quelques femmes lui accordent des regards affamés et lui les dévisage à leur donner honte. Incompréhension totale, comment charmer un homme ne sachant même pas ce que ça signifie et comprenant une gentillesse naturelle de ces femmes. Pourtant leur dessein est plus bas que ce beau sourire innocent. Les lunettes les empêchent pourtant de l’accorder ce soir.
Et quand du brouhaha ambiant né une masse unie se tournant comme un seul homme vers un individu bien entouré, le calme est de rigueur.
Cet homme c’est bien sûr le président. Au sens de Pirro inintéressant il se retourne et va profiter du buffet maintenant désert.
Plus d’une heure passe entre conversations inutiles et badinages incessants, si bien que sonne la fin de la soirée. Pirro parmi les derniers par curiosité des personnes calmes auxquelles il a parlé. En effet, parler lui donne des idées pour son travail. Apprendre d’autre point de vue est toujours aussi bénéfique et c’est avec plusieurs nouvelles idées de campagnes en tête que souriant il se dirige vers la sortie. Il n’a plus en tête une quelconque culpabilité, les tribus se torturant dans la peur, Pirro sort presque heureux. Quand soudain son cœur se sert, son visage durant quelques secondes se crispe et sa démarche fluide connait un à-coup indistinguable.
Pirro le ressent, il le sait, il est suivi, Darkness Falls l’a éduqué à ça, il faudrait le meilleur des trappeurs pour ébranler 7 siècles de fuite.
Qui peut bien vouloir lui parler ? Ce n’est pas une femme désireuse de prolonger la soirée, car ses chaussures seraient plus discernables, peut être un révolutionnaire décidant d’attaquer au hasard un partisan de cette fête préparatoire du sacrifice ?
Inutile de tergiverser, personne n’est à l’horizon et il fait suffisamment noir pour qu’il puisse s’en sortir avec magie si besoin. Après tout peut être n’est ce qu’un journaliste ?
Ni d’une, ni de deux Pirro se retourne encore souriant de ses nouvelles idées mais suspicieux de cette présence discrète. Et là le vide…
« Orfeo ? » d’une voix trop familière, réveillant trop de souvenirs enfouis.
Seul ce mot prononcé comme une goute jeté en eau calme secoue l’esprit de Pirro. Dans les moments importants, tout nous revient en mémoire, tout ce qui est banale, inutile, et futile. Comme à présent, qui devinerais que face au spectre de son frère sensé être décédé depuis plus de 700 ans, Pirro se dirait qu’il doit avoir les yeux encore plus exorbités que les pauvres employés devant le festin de tout à l’heure ? Que seule cette pensée stagnerait au-dessus de la ligne de flottaison qu’est sa logique dans son esprit.
Quand sans pouvoir penser à quoi que ce soit d’autre ce visage inchangé, cette chaleur toujours émanant de cet être s’approche et l’étreint. Ce geste rapide tel un réflexe inévitable infirme les doutes subsistant de cette situation. C’est bien Rafaelo, ou comme il a toujours appelé « Rafe ».
Se retirant à cette brève étreinte l’étranger, qu’il soit son frère ou non, le regarde avec surement la même expression que Pirro. Se redonnant une contenance, Pirro serre les poings et cligne des yeux pour s’éveiller à la réalité. Il est temps d’affronter le passée et de comprendre comment le présent est fait.
« Désormais c’est Pirro, juste Pirro. » Pirro s’étonne lui-même de sa voix à la fois calme, froide et tendue.
Comme devant un nouveau sujet de campagne, le voilà qui fait le tour non pas de la question, mais de son frère. L’analysant afin de confirmer la réalité encore trop incertaine, telle une blessure encore fraiche. Et le verdict tombe, Rafe est bien vivant, en chair et en os devant lui. Son frère, son assassin, sa famille est vivante.
Envahi par de la rage, de l’amour, et de l’incompréhension Pirro serre et desserre les poings machinalement. Le visage trop expressif se forme et se déforme au gré des sensations et pour le bon plaisir de son interlocuteur comprenant ainsi tout.
Il est encore vivant, ce qui signifie qu’il n’est plus humain. A moins que lui aussi ai effectué un séjour à Darkness Falls. Cependant Pirro l’aurait su, Azzura aurait été au courant et se serait trahi à un moment ou un autre. L’observation est le fort des gens passif. Or ne l’a-t-il pas longtemps été ?
Sans se jeter à son cou par souvenir des bons moments et sans l’étreindre par douleur du passé. Un seul mot sort afin de formuler tout ce qui pèse entre eux, une seule question afin de déterminer la suite des évènements. Et après une explication formelle ou non.
La rage remontant et les muscles contractés, d’une plainte sourde sonnant comme un ordre de son grand père défunt et de la même voix, au point que c’en est troublant. Pirro lâche.
« Comment ? »
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Lun 15 Oct - 22:10

    Même après avoir entendu son nom sortir de cette liste, Rafael n’avait pas envisagé réellement qu’il puisse retrouver son frère. Cette idée était si incongrue, si décalée ! Impossible, à vrai dire. Même si l’angoisse lui avait serré les entrailles toute la soirée, il n’avait observé les gens que pour confirmer l’impossible, pas pour trouver de réponse concrète. Il n’avait pas imaginé d’autre scénario que celui où Pirro Renzacci se révélait être le fils d’un immigré italien de la fin des années quarante, mais sûrement pas le frère qu’il avait assassiné lui-même, sept siècles plus tôt. Mais le visage qui s’était retourné pour lui faire face était celui tant redouté, fantasmé mais pas réellement envisagé, mort et enterré, tant regretté. Le choc avait été tel que Rafael avait oublié, une seconde, les circonstances de sa disparition, cédant à ses sentiments les plus primaires, l’amour et le soulagement, tout cela se retranscrivant dans cette étreinte si brève mais criante de vérité. Il n’avait pas pu s’en empêcher. Une erreur, sans aucune doute, mais c’était un réflexe. Orfeo, bien avant Zaira, avait été celui qui réveillait en lui ses instincts paternels, celui qu’il se devait de protéger, d’aimer, sans aucune condition. Jusqu’à ce qu’on lui demande de faire un choix. Et ce choix, il l’avait fait. Il avait enfoncé un poignard dans la poitrine de son propre frère … Qu’il contemplait à présent, les yeux exorbités, le cœur battant. Incapable de faire un mouvement de plus, figé sous le regard scrutateur de son frère. « Désormais c’est Pirro, juste Pirro. » La voix confirma la vision, même s’il ne l’avait plus entendue depuis bien longtemps, elle ramena à la surface les souvenirs de leur enfance … Mais jamais Orfeo – ou Pirro, si c’était ainsi qu’il voulait être appelé – n’avait eu cette intonation si froide. Des deux enfants Renzacci, c’était lui le plus innocent, celui que le monde ne parvenait jamais à toucher. Heureux sans conditions, toujours. Mais il n’était pas si étonnant que cela ait changé. Car tout, en lui, semblait avoir changé …

    Tandis que Pirro tournait autour de lui, Rafael ne se gêna pas non plus pour détailler la nouvelle version de son frère. Tous deux avaient tronqué leurs prénoms, tous deux n’avaient pas pris une ride durant cette période si désespérément longue qu’ils avaient traversé chacun de leur côté. Mais Pirro avait tellement plus changé que son frère aîné, il ne pouvait que le constater. Outre le fait qu’il soit vivant, ce qui était déjà un changement monumental, son regard, sa voix, même son statut social faisaient de lui un autre homme … « Comment ? » La question, posée sur un ton dur, était exactement celle qu’il aurait voulu poser, et il la lui aurait renvoyée sans scrupules s’il n’avait pas été pétrifié par cette voix. Un frisson désagréable remonta le long de sa nuque, et il eut presque l’impression de sentir son épine dorsale se vouter. L’ordre était impérieux, sans appel. Exprimé par le visage de l’innocence, mais avec la voix de l’Autorité en personne – deux personnages qui ne pouvaient pas cohabiter, deux antagonistes … Le père et le fils. Si Rafael n’avait jamais vraiment pu refuser quoi que ce soit à son petit frère, il était clair qu’il avait encore moins pu refuser d’obéir à un ordre direct de son grand-père. Et c’était avec la voix de son grand-père que son petit frère venait de s’exprimer … Comme s’il venait de recevoir un coup de poignard à son tour, Rafael du accuser le coup avant de pouvoir répondre. Il n’était même pas envisageable de se défiler, bien entendu. Il se racla la gorge, histoire de reprendre contenance, et de répondre sur un ton plus détaché qu’il ne l’était réellement. « Je suppose que j’ai du agacer un sorcier quelconque, j’ai gagné quelques siècles d’immortalité dans la peau d’un métamorphe au lieu de mourir quand je le méritais. » Répondit-il en haussant les épaules. Il avait tué des sorciers, massacré des familles entières, et même s’il ne connaissait toujours pas l’identité de celui qui l’avait changé en métamorphe, il se doutait bien que c’était une forme de représailles – très efficace. Mais Pirro ? Il était mort de ses mains, il n’était donc pas un métamorphe. Sorcier alors … Cette simple idée faisait mal à Rafael.

    « Et toi ? Au final, il semblerait que Grand-Père avait raison. Je pensais que tu étais innocent, mais ton âme était déjà corrompue … » Ajouta-t-il d’un ton amer, d’où suintait tout son dégoût pour la race sorcière. Il avait cru éliminer une âme pure, il l’avait regretté si longtemps ! « Comment as-tu pu tomber là-dedans ? » Le reproche dans sa voix était clair, et il ne chercha pas à le cacher. Il était de toute façon bien plus facile de faire des reproches plutôt que d’avouer ses fautes, ou de demander pardon pour un crime … Il attendait que vienne la sentence, il attendait de devoir répondre de ses actes, mais en attendant, il sentait l’impuissance se muer en colère. Si son frère avait été un sorcier, son grand-père avait-il eu raison au final ? Pour le forcer à accomplir l’acte final, il avait tenté de le lui faire voir d’une façon bestiale, comme s’il ne méritait plus de porter le nom d’être humain. Il n’avait jamais rien eu de monstrueux aux yeux de Rafael, qui avait pressenti pour la première fois que son grand-père pouvait avoir tord. Mais il était vivant et cela changeait la donne … Si son frère avait été un sorcier, avait-il mérité de mourir ? Rafael ne voulait pas y croire, mais il avait été conditionné pour penser de cette façon, et les vieilles leçons étaient toujours ancrées dans son esprit.
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Mar 16 Oct - 11:46

C’est un face à face, Pirro reste mais déteste. Comment son frère pourra expliquer, une question pour tant de ressentiments, il reste en face de Rafe dans l’attente d’explication.
L’esprit si embrouillé de question, à chaque phrase pensée l’oubli le prend et le début disparait. Et comme saoul, ivre de stupéfaction et d’interrogation les yeux ouverts de peur. Le souvenir de la mort le retrouve, Pirro retrouve le souvenir de cette sensation. Celle qui dura entre le pieu dans le cœur et Darkness Falls. Il aurait tout fait pour l’emmener avec lui. Mais seul il a fait si froid, si seul, si loin de tout. Sentir la mort, quelques secondes ou une éternité il ne saurait le dire. Ce qui est sûr c’est qu’il l’a vécu, le temps s’est arrêté le regarder, tandis que loin de tout il cherchait dans l’obscurité quelque chose n’importe quoi qui le rattache. Même l’enfer l’aurait soulagé, et c’est ce qui s’est passé. Pas de repose en paix, pas d’odeur de fleurs, ni de chevaux libres. Les pires jours, les pires nuits, les pires heures, il n’a pas vécu, mais survécu. Rien que du plastique, du solide, du froid, de la glace partout dehors et dans son corps. La solitude a un effet sur les sens insoupçonné. De plus en plus sombrant dans les souvenirs de décès, Pirro rappelé à la réalité par la voix de son frère sent une larme couler de sa joue.
D’un revers rapide inutile il essuie la marque de souvenirs trop douloureux à son être. Un enfant qu’on aurait enfermé dans une cage loin de toute lumière, loin de toute civilisation, les membres attachés, que l’on aurait saoulé et perdu. Le visage trop malléable, Rafe aura peut-être deviné les pensées de son frère. Peu importe à Pirro il veut une réponse, une justification, bien que haïssant le responsable de ses souffrances, comme un amoureux désespéré il continue d’espérer une raison. Quelque chose exorcisant le mal, le laissant le seul et unique maitre de son bonheur et ses peurs. Quoi que ce soit, n’importe quoi…
« Je suppose que j’ai dû agacer un sorcier quelconque, j’ai gagné quelques siècles d’immortalité dans la peau d’un métamorphe au lieu de mourir quand je le méritais. »
Un sorcier ? Peut-être celui l’ayant initié à la magie, le premier déclencheur de sa descente aux enfers. L'artisan, celui ayant taillé, sculpté et choisi l’objet, la forme, les émotions, les peurs, les joies d’un jeune inconscient trop heureux. Rafe à finaliser le chef d’œuvre, pour créer un Pirro affranchi de confiance. Beau travail d’équipe et pourtant toujours pas de combats à mort entre les frères ennemis. Un métamorphe, ces êtres capable de changer d’enveloppe corporelle, il a été sauvé de la mort, il n’a donc rien ressenti … Quelqu’un l’a sauvé, lui après qu’il ait tué de ses mains son frère. La justice est aguicheuse de rebus et déteste l’innocence il semblerait.
Ils l’ont sauvé lui, et laissé Pirro mener mille souffrances seul. Il sourit, rigole de rage, de folie, comment rester sain d’esprit après pareille annonce. Un rire faux et affreusement douloureux à sa poitrine, Pirro redevient sérieux et d’un regard désorienté vers le sol reprend conscience de la situation.
Il a dit mériter de mourir, l’humilité absout-elle les péchés ? Devrait-il pardonner pour un peu de culpabilité masquée. La réponse aussi définitive que ferme lui redonne contenance et Pirro redresse le regard, plus de faux sourire, plus de peur, rien que du dégout et de la haine. Lui qui voit uniquement les bons côtés ne peut se restreindre cette fois.
« Et toi ? Au final, il semblerait que Grand-Père avait raison. Je pensais que tu étais innocent, mais ton âme était déjà corrompue … »
Quelle arrogance… Coupable de fratricide et capable dans les 5 minutes après retrouvailles d’envoyer pareille pique. Lui qui devrait se confondre en excuses et supplications de pardon. Pirro si la situation était inversée sans même avoir commis un tel acte se repentirait dans l’espoir de réconciliation.
Pirro analyse à nouveau les paroles de son frère et conclut donc Grand-Père est coupable. Un vieil homme acariâtre et assoiffé de victoire, cet homme baignant d’autorité et d’actes abjects en est allé jusque retourner sa famille. Un fratricide rien que ça. Malgré son faible esprit, il a perdu son frère, sa dignité mais Rafe a dit quelque chose… Il me pensait innocent. Un syndrome de Stockholm, de la folie venant de Pirro, fait naitre de la chaleur de cette réflexion. Rapidement masqué par le souvenir d’arrogance de Rafe le rappelant à une corruption dont il était inconscient. Et dont il a subit le joug.
« Comment as-tu pu tomber là-dedans ? »
Du dégout ? L’hôpital qui se moque de la charité, un vulgaire métamorphe assassin venant critiquer sa victime magicien. Pirro qui fait tout pour ne pas user de ses pouvoirs, qui ne les utilise qu’en cas d’urgence et toujours à bon escient, afin d’aider qui que ce soit. Une âme pure se refusant à la sorcellerie, ce qui lui vaut de s’appeler magicien et non sorcier. Laissant par la même un sentiment d’enfance et de féérie planer. Il est tombé dans l’occupation qu’un homme lui a tendu, et inconscient de tout s’y est plu. Secret pour tous, fierté intérieure mais c’est fini. Pirro a tant pleuré, se jurant, s’insultant, qu’il aurait préféré ne jamais être si fier de ses actes, de sa magie. Tout ça l’a conduit à la mort, et le plus qu’il peut désormais faire et d’user de sa nouvelle logique. D’un côté un inconscient heureux et influencé, de l’autre un frère mature et conditionné. Au fond, la magie peut être bonne, alors le fautif dans cette histoire reste pour Pirro, son frère le tueur. Celui s’étant arrêté aux ordres et désormais aux apparences.
Rafe le fixe et comme s’il savait à quoi Pirro se regarde les mains, la magie. Il ne méritait pas de mourir pour avoir été dupé et il va lui dire. Pirro répond à ce frère qui semble avoir tué l’ancien occupant de ce corps, fixant toujours ses mains, la mélancolie mélangée de regret et nostalgie parle pour lui.
« J’étais inconscient, c’était beau, c’était une chose que je pouvais faire seul. Ma magie, ma fierté pour s’affranchir et te rendre ta liberté de grand frère et non de père. Je suis magicien désormais, et toi métamorphe de pacotille a commis ta plus grosse erreur ce jour-là. »
Pirro se reprend et s’empêchant d’insulter son frère sous coup de la colère, prenant une inspiration visant à le calmer il reprend.
« Tu t’es arrêté aux ordres d’un fou d’orgueil, refusant la différence que je représentais. Un handicap pour la grande famille Renzacci. Disparu ! Tu es resté seul comme un misérable. Seul toi et ce vieil homme, quelle belle famille ! »
L’ironie hurlant comme un masque à la tristesse de Pirro. Ce dernier trop touché pour se reprendre, pour être optimiste, se laissant aller aux sentiments, avec cette personne qu’il aima plus que sa vie au point de la perdre.
« Je suis tombé dans le désir de t’affranchir de moi, j’ai récolté la mort de tes mains. Comment as-tu pu ? Je pensais que l’amour que je te portais était réciproque. Tu t’es transformé en animal pour survivre tout ce temps et tu continues de critiquer ma faiblesse d’âme, celle qui m’a fait t’aimer et devenir magicien. »
Des questions rhétoriques, qui s’envolent de sa bouche pour se perdre dans le gouffre entre les deux frères, mais au fond, tout au fond de lui Pirro veut une réponse. Il n’est pas prêt à l’entendre, mais ne le sera jamais alors la mâchoire serrée, les poings contractés de rage contre Rafe et contre lui-même. Sa plus grosse erreur, il a commis sa plus grosse erreur, son impuissance l’a conduit où il est. Cependant désireux que par magie la situation change, que Rafe trouve ce qu’il faut dire, accuse le coup et s’exprime Pirro espère. Comme un pèlerin sur la tombe d’un Saint inexistant. Comme le premier prophète d’une religion, croyant envers et contre tous. Seul d’abord mais ensuite des milliers. Dans l’espoir de ce qui n’arrivera pas. Pirro attend, et des mots continuent de flotter, des mots qu’il lâche d’un souffle, comme le dernier qu’il aurait pu lâcher en cet instant, lors d’une seconde mort.
« Ta plus grosse erreur … »
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Sam 20 Oct - 22:00

    Rafael semblait comme hypnotisé par la vision de son frère. Incapable de détourner les yeux, incapable de penser à quoi que ce soit d’autre qu’à lui. Il se tenait devant lui, son cœur battait dans sa poitrine comme s’il n’était jamais mort … Cette idée aurait pu l’emplir d’une félicité complète, s’il n’avait pas été celui qui lui avait donné la mort une première fois, lui interdisant de profiter sincèrement de ce retour. La culpabilité ne l’avait jamais quitté, pas un seul instant durant les sept cent et quelques années qu’il avait passé seul. Même quand le loup prenait l’entière possession de son esprit et qu’il oubliait l’homme qu’il avait été, jamais il ne s’était totalement libéré du poids de sa faute. Il subsistait toujours cette sensation de malaise, que même le loup était capable de sentir sans réellement la comprendre, comme une tache indélébile dont l’origine est inconnue mais dont la simple présence suffit à assombrir la vision. Coupable, coupable. Il se l’était répété sans cesse, nuit et jour, sachant pertinemment qu’il méritait cet enfer, mais désirant si fort de pouvoir oublier … Il aurait voulu devenir un loup, non plus un homme piégé dans un corps étranger, il aurait voulu n’être plus qu’une bête vivant au jour le jour, sans regrets, sans passé. Enterrer ses souvenirs au pied d’un arbre dans une forêt en Europe, oublier l’endroit où ils reposaient et ne plus jamais avoir à les retrouver … Cela ne marchait pas ainsi. Même le loup ne pouvait rien pour lui, et c’était finalement mieux comme ça. Il devait porter sa croix, pour le seul de ses meurtres qu’il regrettait vraiment. Mais il ne savait plus que penser en voyant soudain son frère revenu d’entre les morts, l’idée qu’il n’était plus était bien trop ancrée en lui pour qu’il sache comment y réagir. Il oscillait entre joie et terreur, entre culpabilité et soulagement. Et en voyant Pirro essuyer une larme, il fut clair qu’il n’était pas le seul en proie à des sentiments mêlés … Mais sans doute pas du même type, ce n’était pas bien difficile à imaginer.

    La colère succéda à la peine sur le visage de son petit frère à mesure qu’il parlait, et Rafael serra les dents, s’apprêtant tant bien que mal à faire face. Pourtant, il ne savait plus ce qu’il avait le droit de ressentir, le doute et la déception prenant place en lui alors qu’il n’en avait jamais été question quand on en venait à son frère. Mais son frère, celui qu’il avait cru connaître, n’avait jamais été un sorcier … « J’étais inconscient, c’était beau, c’était une chose que je pouvais faire seul. Ma magie, ma fierté pour s’affranchir et te rendre ta liberté de grand frère et non de père. Je suis magicien désormais, et toi métamorphe de pacotille a commis ta plus grosse erreur ce jour-là. » Ca faisait mal, bien plus que prévu. Rafael ne comprenait pas comment il avait pu en arriver à faire de la magie, mais il ne se serait jamais douté qu’il avait fait ça en pensant l’aider. Mais aux yeux de l’aîné, la magie était si fortement associée au mal que cette idée était tout bonnement inconcevable, stupide même. Ou plutôt, naïve … Et cela collait si bien à Orfeo. Il avait voulu le libérer de ses devoirs envers lui, c’en était douloureux tant cela lui ressemblait. « Tu … Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? Je n’avais pas besoin de la magie, tu n’en avais pas besoin non plus ! » Ajouta-t-il d’un ton plus fort, après s’être laissé aller à une hésitation qui avait trahi son trouble. Mais l’idée que son propre frère soit tombé dans la magie à son insu, alors qu’il était pendant ce temps entraîné de façon barbare à décimer tous les sorciers, lui était insupportable. Il avait été souillé dans son innocence … Mais comment ? Il n’avait pas pu apprendre ça seul ! « Qui t’as fait ça ? Et pourquoi ? » Demanda-t-il d’un ton brusque, soudain avide de savoir. Même si cela ne rimait plus à rien après tout ce temps, il avait besoin d’avoir un nom, un coupable. Comme toujours … Parce que toute sa colère ne pouvait être dirigée contre Pirro, c’était impossible.

    « Tu t’es arrêté aux ordres d’un fou d’orgueil, refusant la différence que je représentais. Un handicap pour la grande famille Renzacci. Disparu ! Tu es resté seul comme un misérable. Seul toi et ce vieil homme, quelle belle famille ! » Rafael se raidit sous les reproches. Quelle belle famille, il était bien d’accord. Une si belle famille qu’il les avait tous tués, d’abord son frère, puis son grand-père quelques années plus tard, quand son autre famille avait été massacrée sous ses yeux. Alors oui, il avait été bien seul, et très misérable … « Je n’ai pas fait ça parce que tu étais différent ! Il voulait t’éliminer depuis le début, et il ne supportait pas que sois si proche de toi, mais il attendait seulement le bon moment, et … J’ai été forcé de faire ça, je n’ai pas eu le choix ! Crois-moi, j’ai vraiment essayé de trouver un autre moyen, mais tu le connais … Il ne m’a jamais laissé la moindre issue. » Il savait ce qui viendrait ensuite : quel avait été ce moyen de pression si inévitable qu’il en vienne à tuer son frère, au lieu de faire face à son grand-père ? Ce n’était pas uniquement la lâcheté qui l’avait fait obéir, pas cette fois. Mais il ne savait pas comment son frère prendrait la vérité … Et il ne voulait pas le savoir, même s’il pressentait que cela viendrait très vite. « Je suis tombé dans le désir de t’affranchir de moi, j’ai récolté la mort de tes mains. Comment as-tu pu ? Je pensais que l’amour que je te portais était réciproque. Tu t’es transformé en animal pour survivre tout ce temps et tu continues de critiquer ma faiblesse d’âme, celle qui m’a fait t’aimer et devenir magicien. » Rafael serra les poings. S’il reconnaissait sa faute, il ne voulait pas porter l’entière responsabilité de ce meurtre, c’était beaucoup trop. « Je n’ai pas choisi de devenir un animal ! » Rugit-il, furieux. « Je voulais mourir, c’était tout ce que je demandais ! Combien de fois crois-tu que j’ai essayé de mettre fin à mon existence ? Mais à chaque fois j’ai échoué, et à chaque fois je pensais à toi. Tu étais mon seul regret ! » Il prit une inspiration, tentant de calmer le rythme de son cœur. « Je t’aimais, je suis désolé si tu as cru que ce n’était pas le cas. » L’avouer à haute voix ne rendait pas la chose plus facile, et n’allégeait en rien sa culpabilité. Il ne s’attendait pas à ce que Pirro le croie, mais c’était l’entière vérité.


Dernière édition par Rafael L. Morienval le Dim 28 Oct - 17:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Lun 22 Oct - 9:26

Un jour quelqu’un a dit, il n’y a jamais rien qui arrive par hasard. Un hérétique ayant mené une vie parfaite et baignant dans le bonheur. Voilà qui est l’auteur de ce mensonge éhonté. Parce que quel a bien pu être le but d’un fratricide ordonné. De l’assassinat d’un innocent, un acte aussi simple que de voler sa sucette à un bébé, et pourtant si lourd moralement. Quand les accusations de la naïveté personnifiée sortent que reste-t-il ? Pirro troublé de par sa cruauté pour son frère mais aussi assassin, et pour son désir de simplement l’étreindre. Est-il possible de haïr et d’aimer un homme autant ? Comment de telles accusations ont-elles pu sortir de sa bouche et pourtant le libérer d’un poids ? Le visage crispé, choqué par lui-même, comme s’il se redécouvrait, que sa véritable personne apparaissait devant Rafe. Pirro demeure interdit, la réalité les a rattrapé, et pour la première fois depuis des siècles, le changement de personnalité du petit frère est plus qu’indiscutable. Cette personne cru et pourtant naïve n’était apparu que devant Shona, quand il l’eu vu descendre comme un ange déchu en salvation, et qu’il la protégea car elle lui rappelait lui 4 longs siècles plus tôt.

Pirro sans l’admettre continue de penser au fait de pardonner à son frère, cependant lui donner le pardon signifierait admettre ces 7 siècles d’exil et de souffrances, de fuite. Il a pu rencontrer Shona ce qui fut pour lui le plus grand des bonheurs, mais il a souffert mille morts avant d’entrevoir la lumière de la lucidité. Son grand frère doute, il bégaye et entrevoit enfin la réalité. C’était un innocent, rien qu’un innocent. Pirro ressent de la chaleur à l’entendre se justifier, quelque part ceci est un début. Quand Rafe demande enfin qui est le précurseur de sa descente aux enfers. Pirro sourit et repense à cette époque, il repense à cet homme à qui il a fait confiance. Cet homme… Et avant de formuler une réponse, la bouche sur le point de répondre aux attentes d’un grand frère redevenu protecteur dans un sens.

Une question, aussi logique que simple revient à son esprit balayer toute envie de pardon. Qu’elle a été le moyen de pression de son grand père ? Qu’est ce qui a bien pu pousser ce frère qui prétend tant l’aimer à viser son cœur. Cet homme qui se paralyse d’entendre son petit frère lui faire des reproches, si bien que Pirro à peine les mots sortis regrette ses paroles. Et pourtant pas tant que ça, que de sentiments contradictoire pour d’habitude quelqu’un de si simple. Et enfin la raison à la question non posée tombe, comme si les deux frères étaient toujours aussi proches. Les pensées de l’un visibles par l’autre.

Se baignant en excuses, Pirro se plait de manière sadique à voir son frère le si grand Rafaello se complaindre en justifications fortuites. Car il ne répond pas mais ne fait qu’éluder. Sans dire quel a été le moyen de pression, il se dit victime de l’autorité. Un rictus amer prend la bouche insouciante et autrefois heureuse à l’entente de ces justifications qui n’en sont pas.

Et finalement alors que Pirro décidé à le haïr, décidé à fuir, décidé à oublier sa famille et ne jamais pardonner à ce frère de sang Rafaello répond simplement. Un cri déchirant les ramène à la réalité, deux frères qui depuis 700 ans ne se sont pas vu, qui ont chacun souffert plus que de raison, qui ont subi l’autorité du monde comme un poids immuable. C’est à cet instant criant comme si son cœur parlait, comme si son âme pleurait, rien ne vient s’ajouter en fioritures, les mots découlent si naturellement de Rafe et atteignent le cœur de son frère. Pirro comme touché par un lien invisible entre eux, la bouche retombant d’un rictus inutile, les yeux grands ouverts de la peur d’entendre son grand frère si mal, et le cœur ralenti au souvenir d’avoir été étend.

« Je voulais mourir, c’était tout ce que je demandais ! Combien de fois crois-tu que j’ai essayé de mettre fin à mon existence ? Mais à chaque fois j’ai échoué, et à chaque fois je pensais à toi. Tu étais mon seul regret ! »
Après 7 siècles à devoir être fort, à haïr son frère, à être forcé de grandir, a simplement vouloir oublier, tandis qu’à d’autre instants il aurait donné sa vie pour comprendre. 700 années à se contredire en sentiments, à ne connaitre aucun autre sentiments, à n’obtenir la paix qu’en oubliant son passé, en faisant abstraction de ce qui l’a amené ici. Pirro redevient enfant, redevient ce garçon à Rome faisant de la magie, étant aimé et ne comprenant que les belles choses du monde. Cet enfant, qui a disparu pour devenir un simple inconscient forcé de grandir, il revient et les larmes le prennent pour le faire à nouveau grandir, mais cette fois comme il faut. Sans y être forcé, Pirro y est prêt. Et ses yeux s’embuent de larmes, ses paupières comme des digues cèdent l’une après l’autre à l’assaut de sentiments mêlés. Il ne reste et ne coule que tristesse.

« Je t’aimais, je suis désolé si tu as cru que ce n’était pas le cas. »
Le passé ? Pourquoi son grand frère parle-t-il au passé ? Pourquoi souffre-t-il d’un simple temps ? C’est absurde et illogique, c’est simple et désuet, c’est … humain.
Tentant de reprendre contenance, en vain, Pirro essuie son visage et croise le regard de son grand frère. Que reste-t-il à dire ? Que reste-t-il à faire ? Chercher une raison à sa mort ? Peut-être est-ce que ça le rendrait plus en paix, mais à quel prix ? Sans penser aux conséquences et le cœur encore meurtri de tant d’aveu Pirro demande, la voix lourde de sentiments comme sur le point de craquer en sanglots.
« La raison, je veux la vraie raison de ma mort. Qu’est-ce que Grand Père a utilisé contre toi ? Qu’est ce qui valait plus que moi ? »

Prenant une grande inspiration et soutenant le regard de ce frère, il continue.
« Je veux simplement comprendre, si toutes ces souffrances étaient justifiées. Si cette vie causé par un sorcier désireux de détruire la grande famille Renzacci avait un but. Si ces 7 siècles à Darkness Falls handicapé d’abord, sous la tutelle de Azzura puis enfin affranchi de quiconque valait le coup. »
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Dim 28 Oct - 17:30

    Rafael ne parvenait pas à imaginer son petit frère, qui avait toujours été pour lui un enfant même quand il avait largement dépassé sa majorité, en train d’effectuer des rituels de magie noire. Plus encore qu’au Moyen-âge, quand il était entraîné et éduqué pour haïr les sorciers, il vouait aujourd’hui une haine sans pareille pour la magie. Sans magie, rien de ce qui lui était arrivé jusque là n’aurait pu se produire, il aurait rencontré Azzura et aurait été heureux avec elle sans que rien ne vienne interférer entre eux, ils auraient eu Zaira, peut-être même d’autres enfants, ils auraient vieilli ensemble, seraient morts ensemble, et leur descendance aurait perpétré son nom sans qu’il n’en soit honteux. Il aurait eu Orfeo à ses côté, tout ce temps, il aurait pris soin de lui comme il l’avait toujours fait, et jamais personne ne lui aurait demandé l’impensable, jamais quiconque n’aurait pu avoir la terrible idée qu’il devait être le meurtrier de son propre frère. Les sorciers vouaient leur âme au mal, ils cherchaient la destruction de toute chose, il n’avait pas besoin d’un quelconque enseignement drastique pour s’en rendre compte par lui-même. Il en était l’exemple vivant ! Victime d’une malédiction dont il n’avait pas voulu et qu’il haïssait toujours autant sept siècles plus tard, forcé de commettre le pire crime qui soit en poignardant son petit frère, obligé par la suite à être le témoin du massacre de sa famille … La magie était responsable de tout ça, il en était profondément convaincu. Alors il voulait un nom. Il voulait que Pirro lui réponde, qu’il mette un visage sur le responsable de sa déchéance à lui, puisqu’il ne pouvait pas blâmer son petit frère pour des actes dont il n’avait de toute façon jamais été vraiment conscient. Il avait été manipulé, cela ne faisait aucun doute, et le fait qu’il ne donne pas de nom confirmait cette certitude aux yeux de Rafael. Et le sorcier qui lui avait enseigné ses arts démoniaques n’avait sans doute pas eu les mêmes desseins que lui, il ne fallait pas être naïf, quiconque s’approchait d’Orfeo à cette époque ne le faisait généralement pas avec les meilleures intentions. Le Seigneur Renzacci prenait tant de précautions pour cacher son existence même … Rafael ressentait encore une honte cuisante à l’idée qu’il n’avait jamais rien fait pour empêcher ça, pour se rebeller contre son grand-père en exigeant qu’Orfeo soit traité comme un être humain et non pas comme un débile qui jetait l’opprobre sur leur famille. Mais à cette époque, même si Rafael pouvait y avoir pensé quelques fois, jamais il n’avait osé imposer sa volonté devant son grand-père … Mais jusqu’au dernier moment, il avait cru en son grand-père. Sincèrement, naïvement. Ce n’était pas uniquement la peur qui l’avait motivé à se taire, c’était un profond respect, un amour en quelque sorte, pour cette seule figure paternelle qu’il possédait. Et comme le disait si bien Pirro maintenant, c’était sa plus grande erreur …

    Devant le silence buté de son frère, Rafael se perdait en explications superficielles, tentait d’excuser son comportement sans réellement donner la véritable raison de son geste, mais rien que ça, déjà, était un effort gigantesque de sa part. Il ne demandait pas à Pirro de s’en rendre compte – quoi qu’il dise, cela n’excuserait sans doute jamais son geste – mais lui-même se rendait compte de la concession qu’il faisait ce soir, lui qui avait toujours tourné le dos aux explications, qui avait toujours offert un mur froid et hautain à tous ceux qui étaient venus lui demander des comptes. Il n’avait pas à excuser ses actes … Sauf celui-ci, sans aucun doute. Pour la première fois, il ressentait le besoin de se justifier à présent qu’il en avait l’occasion, tout en évitant soigneusement d’aborder le cœur du problème. Il ne détourna pas le regard quand il vit les larmes monter aux yeux de son frère, puis dévaler ses joues, s’infligeant ce spectacle sans bouger alors qu’il en hurlait intérieurement. Etre le responsable de sa douleur, voilà quelque chose qu’il avait toujours détesté, toujours évité autant qu’il l’avait pu … Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus reculer. « La raison, je veux la vraie raison de ma mort. Qu’est-ce que Grand Père a utilisé contre toi ? Qu’est ce qui valait plus que moi ? » Bien entendu, cette question devait fatalement faire irruption, il avait si bien tourné autour du pot que Pirro ne pouvait faire autrement que de provoquer cette mise au pied du mur. Rafael ne pouvait pas lui en vouloir, même s’il regrettait soudain amèrement Orfeo, celui qui ne posait jamais de questions embarrassantes et qui se satisfaisait de bon cœur des explications, même déformées, que son frère aîné lui donnait. Rafael ne pouvait plus mentir, il n’en avait même pas l’intention, mais il ne savait vraiment pas comment se sortir de là sans gâcher toutes ses chances d’absolution. « Je veux simplement comprendre, si toutes ces souffrances étaient justifiées. Si cette vie causé par un sorcier désireux de détruire la grande famille Renzacci avait un but. Si ces 7 siècles à Darkness Falls handicapé d’abord, sous la tutelle de Azzura puis enfin affranchi de quiconque valait le coup. » Ainsi il avait vu juste pour le sorcier : il avait manipulé Orfeo pour atteindre les Renzacci. Dans un sens, il avait magistralement réussi, même si c’était à retardement.

    « Tu étais avec Azzura … ? » Il ne savait pas comment prendre cette nouvelle. Dans un sens, il était soulagé que son frère n’ait pas été complètement seul, et Azzura s’était toujours occupée de lui avec une douceur exemplaire. Mais d’un autre côté … Il était mal à l’aise à l’idée que ces deux là aient passé tant de temps ensemble, loin de lui, à aborder dieu seul savait quels sujets. Et bien sûr, elle s’était bien gardée de donner LA réponse, celle que Pirro attendait. Elle était tout autant concernée que lui, pourtant ! « Justifiées ? Ce n’était pas … Je ne peux pas te dire que c’était justifié pour toi, ça l’était à peine pour moi. Je ne voulais pas de ça, Pirro, je te jure que je ne le voulais pas. » A nouveau, il tournait autour du pot, et il du se contraindre à aller au but. Fronçant les sourcils, se remémorant ce jour tant de fois maudit, il se décida donc à parler, d’une voix monocorde et sans aucune émotion, celle de la machine qu’il avait toujours été, et qu’il était d’autant plus à présent qu’il était redevenu humain. « Grand-père avait appris ma liaison avec Azzura, je l’avais déshonoré avec une sorcière et c’était à moi de laver l’affront. Ta vie, ou celle d’Azzura. Ou plutôt, celles d’Azzura et de ma fille, elle était enceinte … Prendre une vie, en prendre deux, ou le laisser tous nous massacrer ? Je me suis haï d’avoir pu choisir, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Mais je ne pouvais pas le laisser tuer Azzura et Zaira. Et je ne voulais pas qu’il te tue, toi. Si tu devais mourir, je voulais que ce soit par moi. » Il entendait encore la voix de son grand-père, l’imperceptible accent de victoire, quand il lui avait nonchalamment demandé d’égorger son frère. Il aimait les effusions de sang, le spectacle, et trancher les gorges était sa façon préférée de tuer. Il prenait la vie de ses victimes comme s’ils n’étaient que des animaux, et les regardait se vider de leur sang dans d’atroces convulsions, un sourire sur les lèvres. Rafael n’avait jamais pu se résoudre à tuer de cette façon, s’il connaissait des centaines de moyens lents et douloureux de tuer, il préférait une rapidité et une efficacité chirurgicale, surtout quand il connaissait la victime … Et Pirro ne méritait pas de mourir comme un animal. Rafael s’était infligé ce meurtre comme une punition, mais sans accepter de tuer à la façon de son Grand-père. C’était la seule concession qu’il avait obtenue. Son Grand-père en avait été furieux … Sa vengeance avait été claire : deux ans plus tard, il avait fait égorger Zaira, et cette fois Rafael n’avait rien pu y faire. « J’aurais mieux fait le laisser tous nous tuer, ce jour-là. Au final, c’est lui qui a obtenu tout ce qu’il souhaitait … » Ajouta-t-il d’une voix sourde, ses poings se serrant convulsivement sous l’effet de la haine encore vivace qu’il ressentait envers son grand-père.
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Ven 2 Nov - 21:35

Fini l’enfance, fini les repas animé que du désir de se régaler, il fallait voir après, penser à l’avenir, regarder autour de soi, faire attention, sans cesse scruter les horizons, oiseau en cage sans se débattre. La vie était beaucoup moins libre que Pirro ne le pensait au premier abord.
Rêvant de liberté, d’enfin vivre loin de la chaleur étouffante de Darkness Falls, loin des souvenirs du regard de son frère le tuant. Un premier pas en terre neutre, pour que les responsabilités voilent le ciel et pleuvent, par quelques accalmies la vie lui a permis de rencontrer quelques personnes. Mais globalement, enchaînés au train de vie obligatoire consistant à travailler, subvenir à ses besoins, acheté, utiliser sans jamais être dépassé. Ce sentiment de devoir tout faire immédiatement, l’impossibilité de remettre à plus tard sous risque de tout perdre. Tout, c’est drôle comme le matériel peut devenir essentiel en 6 mois. Comme on qualifie de « tout » des choses aussi vivantes que la pierre. Comme on finit par vérifier la santé d’objets matériels et en oublier celle des vivants.
Et pourtant... Certains malgré ce monde d’immédiateté continuent de voir le monde dans leur proche. De considérer ces liens de sang imperceptibles sans aiguilles et analyse comme plus fort que du diamant, plus fort que la vie mais aussi de la mort. Si tel est le cas, Pirro devrait simplement pardonner à ce frère qui, alors qu’il fait un premier pas maladroit dans l’espoir de pardonner, s’intéresse à Azzura. Les liens du sang… Un sourire écœuré prend Pirro tandis qu’il songe à la futilité de cette chimère. Azzura… Elle l’a couvé comme une louve, et au fond sans raisons apparentes, peut être en souvenir de son amour Rafe. Peut-être qu’au fond elle pensait être responsable du pauvre assassiné par son cher et tendre.

Regardant Rafe comme un étranger, celui qu’il a aimé n’est plus. Celui soucieux de son bien-être, qui aurait vu à travers ses paroles une invitation comme un gouffre du pardon. Et pourtant Rafael a réussi à trouver le moyen de le contourner. Ne se souciant que d’une femme qui jamais n’a prononcé son nom à Darkness Falls, sans doute par politesse face à l’assassiné. Ou alors parce qu’au fond il ne comptait pas pour elle.
Après tout peu importe à Pirro, se sentant stupide d’avoir espéré, oser penser que le changement était possible. La nature humaine, ou animale devrait-il penser, n’est qu’une illusion. Elle est la création de ceux trompant leur monde et leur propre âme. Chasser le naturel et il revient au galop. Encore en ce moment, malgré la déception lui striant le cœur, les larmes comme bloqués par des murs de bétons subsistent derrière les yeux de Pirro, et l’espoir infime que jamais il n’avouera demeure pour son grand frère. Le traitre meurtrier.
Ce même homme qui encore détourne la réponse tant attendu, celle qui au fond est optionnel si les sentiments prennent le pas. Si les regrets se voient dans les yeux de Rafael, si Pirro s’estime satisfait.
Mais l’homme est fou, les mémoires de sa mort ne sortent pas de son esprit, comme une douce folie tapi dans un coin, elle en devient une épine à laquelle on s’habitue. Comme un lion boiteux continuant sa vie, et de temps à autres l’épine bouge. Et vient le moment de réaliser sa présence, à nouveau.
A chaque fois qu’il s’en accommode, venant à oublier la douleur, elle revient comme greffé à ses paupières, et le cœur serré, cicatrice toujours présente, le regard de Rafe en ce jour le hante.

L’amour est une maladie, dont un frère souffre pour l’autre, si bien que même si l’enfer lui appartenait, si toutes les douleurs et souffrances du monde était sa faute, il viendrait un temps où il se dirait l’aimer. Comme une réalité inéluctable, un postulat sans contre-exemple. Après tout, la douleur n’est que si ça a de l’importance. Ça signifie bien que ces lames dans son âme sont autant d’amour, de souvenirs et de joie passées. Ne voyant pas le trouble de son frère, Pirro regarde autour de lui, comme pour la première fois. Le froid de la nuit, s’immisce dans sa veste malgré lui. Et des frissons lui parcoure l’échine comme un revigorant. Toujours ce parking, et soudain, la voix de Rafe lui caresse les oreilles, mêlées de doute, pour la première fois Pirro voit la souffrance dans ses yeux. Heureux de cette constations, comme un plaisir salace à la voir souffrir, endurer une once de ce qu’il a vécu, une jubilation interdite cachée de tous et in admise par lui-même. Pourtant bien présente tandis qu’il bégaye. Le naïf tombant dans le vice se délecte du plaisir de la souffrance de son frère tentant de mettre des mots sur la cause de tout ceci. La cause de ce qui les a rendu vivants près de 700 siècles après sa mort, les a poussé à se voir, à se confronter. E t à réveiller le mal qui sommeille en chacun, en Pirro le doux. Inconscient de ce plaisir coupable, heureux de cette tournure, masquant un sourire, sans penser, sans réfléchir, sans s’en rendre compte. Il est définitivement devenu un humain, un condensé de péchés.

« Justifiées ? Ce n’était pas … Je ne peux pas te dire que c’était justifié pour toi, ça l’était à peine pour moi. Je ne voulais pas de ça, Pirro, je te jure que je ne le voulais pas. »

Toujours pas de vraie réponse, toujours pas de quoi se mettre sous la dent. Quelque chose pour un enfant, mais rien pour un adulte, rien pour des pensées construites, une personne en quête de réponse, de sens à sa mort en quelque sorte.
L’atmosphère change, d’un seul coup, il n’est plus question de souffrances ou de jeu, plus d’Azzura ou de mensonges, de retrouvailles ou de fuite. Rafe fronce les sourcils, sa mine meurtrie apparait enfin. Et tout désir semble disparaitre de son visage, plus d’émotions, comme un simple BookMan, un homme spectateur relatant des faits, il parle.

« Grand-père avait appris ma liaison avec Azzura, je l’avais déshonoré avec une sorcière et c’était à moi de laver l’affront. Ta vie, ou celle d’Azzura. Ou plutôt, celles d’Azzura et de ma fille, elle était enceinte … Prendre une vie, en prendre deux, ou le laisser tous nous massacrer ? Je me suis haï d’avoir pu choisir, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Mais je ne pouvais pas le laisser tuer Azzura et Zaira. Et je ne voulais pas qu’il te tue, toi. Si tu devais mourir, je voulais que ce soit par moi. »

Pas prêt à entendre la vérité, désireux de quelque chose trop dur à encaisser, comme un nouveau-né respirant pour la première fois, l’ai lui brulant les poumons, la dure réalité de la condition humaine. L’enfer c’est les autres ? Désormais Pirro pense que l’enfer c’est soit même, désirer entendre telle horreur, vivre en sachant une telle horreur. Ignominie d’un vieillard avide de pouvoir et de bonne réputation.

Les mots de Rafael tentent sans répits une pénétration dans son esprit, le même esprit embué par une seule pensée, malgré tous ces dires, cette angoisse montant. Et si tout était sa faute, son existence même à pousser le vieillard à menacer Rafe, a conduit Rafe à choisir, à se torturer lui-même pour ne pas voir qu’il était manipulé. Pour au final tout perdre, une enfant… Sa nièce… Une nouvelle génération d’espoir détruite par sa simple existence ?!
Sans contrôler sa respiration Pirro manque d’air, saisi de la première crise d’angoisse de sa vie, regardant droit devant lui vraiment voir, tentant vainement de contrôler l’incontrôlé. Sa respiration devenue solitaire, se démarquant de cet esprit faible et ce corps enfantin. De ce visage trop démonstratif. Pirro se retourne et la main sur la voiture la plus proche tente de recouvrer son rythme cardiaque. Il sait ce qui lui arrive mais ne le comprend pas. Pourquoi ? Pourquoi ici et maintenant ? Pourquoi a-t-il insisté pour une vérité si dure ? S’il restait encore une once d’enfance en lui, elle s’en va désormais à grande expirations dans l’air froid de la nuit.
2 vies prises par sa faute, et si ceci, et si cela… Comme pour ajouter à son état, Rafe n’ayant surement pas vu le visage rouge, les yeux humides et exorbités de peur de Pirro.

« J’aurais mieux fait le laisser tous nous tuer, ce jour-là. Au final, c’est lui qui a obtenu tout ce qu’il souhaitait … »

Se calmant avec difficulté, après tout pourquoi se cacher ? Pirro dont la respiration le fuit comme la peste s’assied au sol, désormais bien visible de son frère. Et dans un souffle morcelé, d’une voix étranglé, avoue ses pêchés.

« J’aurais mieux fait de ne jamais exister. Rien de tout ça n’aurait eu lieu, elles seraient en vie. Tu serais mort en humain. Si j’ai été imparfait à la naissance, ce n’a visiblement pas été un avertissement suffisant. »

Tenter le diable, les dieux, de par son existence a ruiné deux autres, en s’affalant au sol, son portefeuille ouvert laissant visible la photo que Blue lui a donné le captive quelques instants. Certes il n’aurait jamais connu Blue… Sa douceur, son sourire angélique et espiègle. Ses grands yeux qui ont capturé des étincelles au feu qui anime sa joie de vivre. Cette pépite à protéger sans son accord… Mais une vie pour deux autres, ce n’est définitivement pas juste.
Penser à Blue l’ayant à peine calmé, la respiration toujours incertaine mais plus régulée, c’est à grande inspiration qu’il s’adresse à son frère, peut-être dans ses dernières paroles.

« Tue-moi si ça t’apaise, reprend la vie qui a causé la fin d’une autre. Je veux seulement que tu épargnes cette fille. »

D’un mouvement de menton vers le sol Pirro fixe son frère. Le temps calmera sa respiration mais la culpabilité elle demeurera… Tandis que s’il touche à Blue, les choses pourraient se corser.

« Une vie pour une autre, Azzura doit vivre quelque part. »

Sans même envisager de combattre, de se servir de cette expérience de sorcier plus ancienne à celle de son frère. Le regard rivé au sien, toujours secoué de sanglots sans larmes, la justice se fera par la main de celui qui a tout perdu.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Ven 16 Nov - 22:05

    Pendant sept siècles, Rafael avait tourné cette scène dans sa tête, imaginant ce qu’il pourrait dire si on lui donnait la possibilité de revoir son frère une dernière fois. Alors bien sûr qu’il lui donnerait la vérité, c’était ce qu’il avait toujours souhaité. Pouvoir s’expliquer, et effacer ce regard perdu qui l’avait hanté si longtemps. Il n’oublierait jamais les yeux d’Orfeo, cette expression de douloureuse stupéfaction qu’il avait eue avant de mourir. Trahi, même lui était capable de s’en rendre compte, alors qu’il n’avait jamais eu de notions de bien ou de mal. Il était mort et n’avait pas compris pourquoi on le punissait ainsi, encore moins pourquoi c’était son frère qui l’assassinait si froidement. Il y avait de quoi remuer l’âme la plus innocente … Alors oui, Rafael avait souvent imaginé ce qu’il lui dirait s’il pouvait lui avouer la vérité et lui donner cette explication qu’il méritait tant. L’inconnue de ses fantasmes éveillés restant la réaction de son petit frère, mais il n’avait pas pu imaginer que si ce jour venait, ce serait une toute nouvelle version d’Orfeo qui lui ferait face … Une version qui se nommait Pirro, et qui était décidemment plus en mesure de saisir le geste de Rafael que ne l’avait été Orfeo. Comme si le regard qu’il avait eu le jour de sa mort lui avait ouvert les yeux sur la réalité, et fait basculer de l’innocence à la lucidité. Avec sept siècles pour méditer la dernière chose que ses yeux avaient pu enregistrer, il pouvait avoir un sacré paquet de griefs à balancer à son cher fratricide. Et il serait bien moins facile d’expliquer ses actes ainsi, devant un homme faisant ses propres choix, se forgeant ses propres opinions. Pirro n’était plus la marionnette de la famille Renzacci, même si Rafael n’avait aucune idée de ce qu’il avait fait depuis son retour sur terre, il avait vécu, il avait eu ses propres expériences, le voir ici en était la preuve la plus évidente. Directeur Artistique d’une zone pour les Hunter Seasons, c’était impensable pour Orfeo, mais pas irréalisable pour Pirro. Et cela amenait tout un lot d’autres questions, d’autres hésitations … Comment son frère, à présent, allait-il le regarder ? Il n’était plus son héros, cela allait de soi, mais Rafael lui avait toujours soigneusement caché ses réelles activités de bourreau eu Moyen-âge, et bizarrement il ne tenait pas beaucoup plus à lui révéler ce qu’il faisait actuellement pour le Gouvernement … Mais ce problème ne se poserait sans doute jamais, car il était temps pour Rafael de répondre à la grande question, et cela, indubitablement, allait rompre le lien qui les liait encore. Que valaient les liens du sang quand un frère assassinait sa propre chair ?

    Il ne put pas ignorer la réaction de Pirro quand il commença à expliquer la vraie raison de son geste, et il put suivre avec précision la répercussion que chacun de ses mots avait sur lui, jusqu’à ce qu’il ait l’impression de l’avoir achevé une nouvelle fois. Pourtant, il continua sans s’arrêter, jusqu’à avoir prononcé le dernier mot … Alors il se tut et resta parfaitement immobile, figé comme une statue de sel devant ce spectacle qui le déchirait. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, c’était ainsi qu’il faisait bien des années plus tôt, il s’en souvenait encore … Le nombre de cauchemars et de crises de larmes qu’il avait résolues ainsi, rien qu’avec sa présence, rien qu’avec l’assurance que s’il était là, rien ne pourrait lui arriver … Ah, ce genre de solution simpliste ne résoudrait plus rien aujourd’hui, car il était la source de ces larmes. Il avait été là et n’avait pas empêché le mal de s’abattre sur son frère comme il lui avait promis. Il avait le bras armé du Mal, et il venait de lui asséner un dernier coup aujourd’hui. « J’aurais mieux fait de ne jamais exister. Rien de tout ça n’aurait eu lieu, elles seraient en vie. Tu serais mort en humain. Si j’ai été imparfait à la naissance, ce n’a visiblement pas été un avertissement suffisant. » En temps normal, Rafael n’aurait rien répondu à cela. Il était devenu trop inhumain, trop insensible, pour considérer une vie comme importante, et surtout pour le dire à haute voix. Mais Pirro faisait encore partie de ce cercle très restreint de ceux qu’il avait considéré comme une des personnes les plus importantes de sa vie, et l’entendre se dénigrer de cette façon, alors qu’à aucun moment il n’avait pensé une chose pareille, était insupportable. « C’est la magie qui a causé tout ça, pas toi. Ce sont les sorciers qui ont causé la ruine de notre famille. Tu n’étais pas imparfait, tu étais le plus admirable d’entre nous. Ce n’est pas ta faute. » Martela-t-il d’un ton rude, avant d’avoir le regard attiré, comme celui de Pirro, par une photographie révélée dans son portefeuille ouvert sur la chaussée. Un visage féminin …

    Rafael fixa la photo avec circonspection, puis revint à son frère, le dévisageant comme s’il le voyait pour la première fois. Et oui, il avait bien grandi. Il n’était plus enfermé dans une résidence austère, il n’était plus interdit de relations humaines. Au-delà de l’évolution que Rafael avait déjà pu constater en lui, professionnelle et psychologique, le rideau se levait en partie sur une autre, l’amoureuse, celle que le grand frère n’avait jamais envisagée et qui le troublait au plus profond de lui … Comme un père se rend soudain compte que son fils n’est plus le petit enfant qu’il protégeait contre le monde, et qu’il doit lâcher prise pour le laisser voler de ses propres ailes, Rafael réalisait soudain que son frère s’était émancipé totalement. Qu’il avait gagné une vie au-delà de la mort qu’il lui avait infligé. Il jeta un nouveau regard à la photographie, mais détourna rapidement les yeux, se sentant presque intrusif à trop la fixer. « Tue-moi si ça t’apaise, reprend la vie qui a causé la fin d’une autre. Je veux seulement que tu épargnes cette fille. » Rafael cligna des yeux, surpris par cette demande soudaine. « Je n’ai pas l’intention de te tuer. Une fois c’était déjà trop. Et je ne vais rien faire à … Cette demoiselle. » Immédiatement, la pensée qu’elle pouvait être une sorcière s’imposa à son esprit, mais il tenta de ne pas y accorder d’attention. Si elle était une sorcière, alors … Il n’avait plus qu’à espérer que jamais il ne la croise, pour ne pas avoir à être placé une nouvelle fois devant ce genre de choix déchirant. Mais si elle n’était qu’une jeune fille dont son frère était tombé amoureux, alors qu’avait-elle à craindre ? « Ecoute, je ne suis pas là pour tuer qui que ce soit, je ne veux pas que tu me voies comme ça. Je peux disparaître de ta vie et tu pourras prétendre que je n’existe pas si tu le souhaites … Pour vivre avec elle. Tu en as bien gagné le droit, depuis le temps … » Sur sa langue une question le brûlait, mais il ne pouvait tout de même pas la poser de but en blanc, pas après lui avoir avoué pourquoi il l’avait assassiné des siècles plus tôt. « Je t’ai tué, mais faisons comme si nous étions toujours frères et raconte-moi donc comme ça se passe avec ta copine ! Tu es amoureux ? » Non, cela il ne le dirait malheureusement jamais, cela ne collait ni à son caractère, ni à leur histoire, et pourtant il aurait tellement voulu pouvoir partager un moment de ce genre avec Pirro, pour la première fois de leur vie être deux frères qui pouvaient partager des confidences sans arrière-pensées …

    « Une vie pour une autre, Azzura doit vivre quelque part. » Un sourire amer étira les lèvres de Rafael. Puisqu’on en était à parler des femmes qui leur tenait à cœur … Azzura n’était jamais sortie de la tête du jeune homme, et lui aussi aurait préféré donner sa vie plutôt que de voir qui que ce soit s’en prendre à elle. Mais la situation était un peu plus compliquée que ce que Pirro semblait imaginer. « Elle est revenue, comme toi. Mais je préfère l’éviter … C’est parce que je suis allé vers elle que tu es mort la dernière fois. Les choses iront beaucoup mieux si elle ignore mon existence. » Ajouta-t-il entre ses dents serrées. Ce n’était pas ce qu’il souhaitait, bien entendu, mais c’était la meilleure solution et jusqu’à maintenant, il s’y tenait. Cette fois, c’était Pirro qui avait droit à une vie amoureuse, et il lui souhaitait que cela se termine mieux que pour lui.


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MessageSujet: Re: I'll Reach You ✻ Pirro & Rafael   Mer 21 Nov - 14:35

Deux boules de nerfs pleines de remords, ancrés en eux comme marqués au fer rouge. Les frères autrefois ennemis ont des têtes à faire peur en cet instant. Le moral plus bas que Terre d’avoir à affronter la vision de l’autre en souffrance. L’un et l’autre pensant que c’est leur faute pour au final perdre la notion du temps. Combien de minutes, ont-ils passés dans ce parking sombre, Pirro reprenant sa respiration, il lève une main à son visage pour se rendre compte que les lunettes son rempart au monde y sont encore. D’un sourire absent lui il se dit qu’heureusement que sa « barrière »est là. Si avec elle il est dans cet état, comment serait-il sans ce bouclier invisible, protégeant comme un parapluie troué des attaques du passé. Avec peine il regarde son frère, y lisant la confusion et la tristesse lui vrillant aussi l’âme. Souffrir et voir souffrir, quel terrible châtiment pour avoir causé la mort d’une enfant. Après tout, il est surement justifié pense-t-il.

Touché par les paroles de son frère, il ne peut s’empêcher de se sentir mal. Et comme un poison incurable la vision de sa mort revient à son esprit. Malgré toutes les souffrances de Rafael, Pirro ne peut en oublier les siennes. Il ne peut s’obliger à oublier, aller de l’avant et simplement pardonner. Trop difficile ce qui devrait être naturel. Peut-être que le naïf Pirro n’est pas si enfantin qu’on le dit. Lui-même perdu dans ses émotions a le mal de mer de son esprit trouble.

Le temps passe entres paroles et regrets, déceptions et tristesses, lassitude et désespoir. Pirro se relève tout en continuant la discussion avec son "frère". Toujours troublé par cette rencontre, quelle chance pense-t-il y avait-il de le voir ici après tout ce temps, se retrouver au même lieu, au même instant après 700 ans. Une sur un million peut être, seulement ici est-ce réellement de la chance ? Le destin provoque des évènements troublant pour se divertir, tout ce jeu, tous ces sentiments et cette douleur qui en devient physique, tout ça pour le bon plaisir d'une entité supérieure qui les a laissés aux mains de Satan. Il se dit qu'entre sorciers, magiciens, métamorphe et je-ne-sais-quoi il est impossible de croire en une miséricorde divine. Mais plutôt en un ennui poussant au pire des spectacles, celui de la mort et la souffrance.

A mesure que parle Rafael, Pirro n'entend plus que sa voix, pas ses paroles mais sa voix, son timbre. Sa marque. Elle qui l'avait tant bercé, faisant renaitre en lui les bons souvenirs d'autrefois. Comme une chanson ne voulant pas quitter l'esprit de Pirro un remake mal fait de Sweet home Alabama. Where the skies are so blue...
Blue. En voici une qu’on n’oublie pas et qui reste en tête également. Disparaître pour le bénéfice d'un deuil, pour le bénéfice de sa famille qu'il n'a pas connu. Pourrait-elle lui pardonner de la laisser ? Pourrait-il la laisser derrière lui malgré l'avoir dit à son frère, malgré la culpabilité s'amenuisant. Conscient que non, il ne fait que se voiler la face. Lui a souffert physiquement quelques secondes et des siècles mentalement, dans l'incompréhension. Alors que Rafe savait, il a dû affronter de face et seul. Alors que Pirro ne l'a jamais été. Dans le fond dès les premiers temps en Darkness Falls Azzura est venue à son aide, puis il fut autonome quelques temps mais si peu que Shona arriva. Et depuis leur libération il s'agit de Blue. Toujours entouré par une femme ravissante... Quelle chance pour un puceau inconscient. C'est surement ça que ressentait Rafe pour Azzura...
Ce sont ses derniers mots qui blessent le plus Pirro, peut être plus que d'avoir appris le décès de sa nièce. Car en se refusant Azzura, il se refuse de vivre. Vivant mornement, ou plutôt survivant. Se sentir coupable, juger tous les malheurs de sa vie créée simplement par bonheur avec une femme. Comme si chaque instant de sa vie n'a été que la morne attente de ce moment, celui d'exorciser ce qu'il vit et ressent, pour continuer cette monotone mascarade. Il souffre, il se refuse le bonheur à cause d'une mauvaise expérience. Une seule pour juger de tout, pourtant venant d’un homme instruit à gouverner un jour sa famille, une déception a changé sa détermination et sa combativité. Comme un soldat de plomb que l’on aurait fait tomber, incapable de se remettre droit seul. Nécessitant de l’aide, sans le dire, sans même l’admettre.

Sidéré de voir son frère si bas, si aplati par la vie, Pirro retire ses lunettes comme pour y voir clair, en espérant que sa vue ainsi que son oui l’avait trahi… Mais non, et une sorte de colère le démange pour cette résignation de son grand frère. Leur grand-père, leur seule famille à leur a causé absolument tout ce qui cloche dans leur vie. Troubles psychologiques, peut de l’attachement, lassitude de vivre, obéissance absolue à l’autorité. Grand frère avachi, et petit frère en colère. Contre la situation, contre son acceptation de la situation…

Abandonné sa vie avec Azzura, après 7 siècles, la pseudo morale de cette histoire ne peut effacer leur lien. Emprisonné l’un et l’autre leur évasion ne s’est pas faite, la liberté fut trouvée un instant, entre sourire et espoirs. Et des siècles plus tard, il pense à elle, malgré ça malgré tout ce temps jamais il ne put l’oublier son regard le dit plein de regrets. Fous, seuls et amoureux. Pirro hoche la tête de gauche droite comme pour effacer l’ardoise de son frère. Se sentant comme tirant une flèche en espérant toucher les étoiles, trop loin pour atteindre, la pluie n’aidant pas. Seul à continuer à croire, doutant par moment de regarder le bon ciel, car au final il n’a rien trouvé de mieux.

« Pauvre agneau, tu as invité le loup à manger. Grand père en a profité, il a détruit ta vie, la mienne rapidement et la tienne précautionneusement. Lui obéir était dans tes gènes, ton éducation. Tu as commis l’erreur de ne pas te rebeller fuir, cependant comment faire ce qu’on ne sait pas ? Tu n’es pas à blâmer. Mais par contre il y a une chose. »
Etirant ses jambes en se mouvant pour se retrouver à quelques centimètres de Rafe. Aucune émotion au visage, tendant le bras droit et plaquant violement sa main sur sa poitrine. A l’endroit de son cœur, comme il y a plus de 7 siècles mais la victime à la place du bourreau. Ne mesurant pas ses paroles, Pirro le Candide ne voyant que ce frère déchu. Ne voulant pas agir à mal mais pour son frère, oui sa famille…
« Ne te sers pas de ma mort comme excuse parce que tu as peur, tu n’en as aucune. »
Il n’a jamais eu les pieds sur terre, mais possède la faculté de voir dans les gens. Son innocence ne voyant que la surface, que les choses comme elles sont. A ses yeux Rafe ne fait que fuir cette rencontre. La mère de son enfant, la cause de sa première déchéance. Peut-être a-t-il oublié qu’elle aussi a souffert ?
Retirant vivement sa main, il la remplace par son corps, enlaçant alors son frère, et en fermant les yeux se souvenant de toutes les fois où ce geste a mis fin à ses souffrances. Comme un rituel payen, Pirro se convainc que c’est ce qui lui faut. Qu’après cette étreinte, après ces révélations, plus aucune raison de souffrir ne restera. Ce n’est qu’utopie, mais s’en convaincre et y croire suffit fortement. Une part de lui reviendra à la charge aussi souvent que possible, par cynisme, par tristesse, par reproches crus et infects. Mais c’est tout. Rompant leurs étreintes. Il se recule et ramasse son portefeuille, Blue toujours y souriant. Le remettant dans sa poche arrière. Il observe de ses nouveaux yeux un frère qui semble le voir pour la première fois.
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