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 Play the Game (ft. Ezra)

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MessageSujet: Play the Game (ft. Ezra)   Jeu 19 Mar - 18:55


Mes doigts s’égarent lentement sur les casiers alignés, comme s’ils étaient capables de trouver leurs propriétaires d’un toucher. M’introduire dans l’hôpital, puis dans le vestiaire des hommes n’a pas été réellement compliqué, ce qui l’est par contre, c’est de rester aussi longtemps sans rien faire. L’ennui me ronge, me force à faire des choses inutiles et probablement peu hygiéniques. Qui sait quelles mains ont traîné sur ces portes en ferraille que mes mains parcourent l’air de rien. Mine de rien, je me sens apaisée naturellement en sentant le métal froid contre la pulpe de mes doigts, tant mon cœur semble tourmenté dernièrement. Une tempête de sentiments contradictoires, que je ne parviens pas à éradiquer malgré toute ma force et toute ma volonté. Ces sentiments que j’ai parvenu à emprisonner pendant des années et qui ressurgissent bien malgré moi. Je voudrais de nouveau les geler mais mon palpitant se réchauffe, faisant fondre les murs de glace que j’ai érigés consciencieusement autour. Probablement est-ce la raison pour laquelle je me retrouve dans ce vestiaire, à la recherche de ce qui sera ma distraction pour la journée. La malice, la colère et la rancune parviendront probablement à me ramener à mon état normal et pour cela, je compte bien sur Ezra Reilly. Il a ce petit quelque chose en lui, qui parvient à m’agacer rien que d’y penser. Bien sûr, le fait qu’il ait essayé de manger une part de mon âme n’aide pas vraiment nos relations. La porte claque soudain derrière moi et je sursaute, plus énervée que surprise. Je n’ai rien entendu. Ni le déclic de la porte qui s’ouvre, ni le pas de l’homme entrant. Cela me frustre et m’informe sur l’urgence de sceller tous ces foutus sentiments et pensées parasites. Lentement, je me retourne vers l’intrus et soupire lorsque j’observe son visage. Ce n’est pas lui… « Je peux vous aider miss ? Vous n’êtes pas censée vous trouver là. » Un fin sourire s’empare de mes lèvres alors que je m’avance d’un pas, mes yeux semblent pétiller de malice et je viens soudain poser mes doigts fins sur son avant bras, charmante. « Oh je sais mais… Je suis venue faire une surprise à mon petit ami. Ezra me manquait tellement, je devais venir ici. Je suppose que j’aurais mieux fait de l’attendre dans la salle d’attente. » J’arbore soudain une moue un peu déçue, et je me détache de lui, pour récupérer ma veste non loin mais mon mouvement est stoppé par quelques mots, m’autorisant à rester ici jusqu’à l’arrivée de mon… cher et tendre ! J’attends juste quelques secondes que l’homme soit finalement parti, pour m’autoriser un petit rire moqueur me confortant dans mon idée… J’ai bien fait de venir ici.

Je ne suis pourtant pas du genre à tourmenter les gens de façon mesquine, pourtant ce type là… Je me moque presque entièrement de lui faire du mal. Presque, parce qu’il reste le frère de mon patron, mais cela ne suffit pas à effacer ce qu’il m’a fait. Probablement ma réaction est-elle démesurée, pourtant je n’arrive pas à me défaire de cette rancune tenace qui me bouffe de l’intérieur parfois. Encore un sentiment que je ne peux effacer, mais ce dernier fait parti de ceux que j’épargne, ceux qui me font avancer, sans me ralentir d’une considération quelconque. Tout à fait ce qu’il me faut dans le fond. Cette fois, lorsque la porte s’ouvre, je me retourne prestement vers la porte et croise les yeux de celui que j’attendais. Un large sourire s’empare de mes lèvres et j’enfile ma veste, dans un long mouvement fluide. « Change toi vite chéri, on va bouffer. Et c’est toi qui paye. » Par contre, je ne compte vraiment pas quitter la pièce avant qu’il ne soit prêt à partir. Mes yeux se plantent dans les siens, juste une seconde, avant que je ne reprenne la voix un peu plus malicieuse encore. « Tu n’as pas oublié j’espère ? » Mes sourcils se froncent, mes traits se durcissent juste assez pour lui faire croire que je m’énerve contre lui, mais pas encore, je ne fais que jouer pour l’instant, à ses dépends.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Sam 21 Mar - 0:07

Les sirènes expulsent leurs gémissements habituels, les patients s’alignent avec la même régularité, les médecins s’agitent dans l’urgence coutumière. Les mots se dissolvent dans l’atmosphère accablante des couloirs exigus, la détresse est cueillie, traitée comme une autre plaie, un autre symptôme avec une indifférence déguisée par des sourires forcés. Les pleurs sont étouffés dans des mouchoirs sales, la peur recrachée par échos miséreux. Rien n’a changé depuis hier. Entre ces murs, on meurt, on se bat, on se perd, comme la veille, comme le jour qui suivra. Mais au milieu de la fièvre constante, l’erreur se manifeste. Intrus de toujours qui se confond à la mêlée de blouses blanches avec une honte grandissante. Le mensonge se distille anormalement contre sa carrure aujourd’hui. Dans les allées où le soleil se hasarde, la lumière souffre contre sa peau, écorchée par l’ombrage que ses cernes dispensent à la lividité de ses traits. Le mal rôde à chaque angle, il se terre dans ces conversations familières, insipides, s’offre aux similitudes dans des syllabes mâchées, impersonnelles et se disperse ultimement dans la distraction pour échapper à cette normalité qui ne cadre plus avec sa seule existence. Il y a un avant, il y a des après. Encore un auquel il faudra survivre. Un geste. Une seule action. Ridicule par son effet concret, aberrante par sa portée symbolique. Quelque part entre là-bas et ici, il a dû égarer ses dernières certitudes. De celles qui donnent une valeur à cette grotesque mascarade, qui arrachent quelques accrocs à cet héritage tacite qui bouscule ses veines et envenime son oxygène. Que reste-t-il pour prolonger le déni et prétendre à l’espoir ? Comment revendiquer cette identité quand tout son être a percuté leur malédiction ? Le norvégien tend nerveusement ses doigts vers le point d’impact comme si la vérité s’y logeait, comme s’il pouvait dissiper la violence d’un trait et s’inventer un dénouement plus acceptable. Mais la réalité s’étend jusqu’à recouvrir les parois de cet établissement, jusqu’à le poursuivre sur les trottoirs qu’il emprunte, dans chaque rue qu’il franchit. Kyran a dépassé la limite. Leur seule limite.

Pourquoi s’en soucier ? Pourquoi en être à ce point surpris ? Ezra tangue entre sentiment et un autre. Ses émotions ne lui épargnent aucune nuance, la peine se matérialise anarchiquement, frappant ses indécisions avec acharnement. Ecchymose sur l’aorte, hématome qui s'épaissit selon la torture mémorielle. L’occupation ne le prive jamais des conséquences, elle se butte à l’anomalie et complexifie ses sensations désordonnées. Il enchaîne les impairs et entretient une maladresse qui s’accroit dans la fatigue. Le désastre argumente plus voracement que jamais quand les aiguilles flirtent douloureusement avec le début de soirée. L’horloge le relâchera dans quelques minutes à peine pour le convier à l’errance, au dérapage qu’il contient à peine. Comment s’arrêter quand on est convaincu de sa propre monstruosité ? Le dégoût qu’il s’inspire, craquelle ses expressions étudiées. Il perd le contrôle à la seule suggestion du vide qui l’attend éperdument. La solitude l’étreint depuis si longtemps de sa propre initiative. Mauvaise amie pour sa tourmente actuelle, il la craint désormais. Perché sur son malheur, il ne perçoit que tardivement les appels incessants qu’on lui porte. « Reilly, tu dors ou quoi ? Tu peux filer. Ta petite amie t’attend. » Les globes oculaires orientés vers la forme incertaine de son interlocuteur, il chasse l’air de ses poumons en quelques articulations confuses. «Ma… Quoi ? Pardon ? » L’autre s’esclaffe, il jubile à l’ombre de son incompréhension. « J’aurais sûrement dû garder le silence. Aies l’air surpris surtout. » L’urgentiste retire lentement ses gants pour les déposer au fond d’une poubelle, nageant dans un surréalisme consommé. Il est certain du canular, convaincu de la fourberie de son collègue ou de sa mauvaise interprétation de la situation. Le vestiaire se présente à lui pourtant, apportant des réponses aux interrogations qu’il a sciemment décidé d’ignorer.

La porte s’ouvre sur une silhouette féminine. L’angoisse remonte son échine, il relâche la poignée brusquement et referme aussitôt derrière lui d’un coup sec. La peur s’enlise dans la composition azurée de son regard. Le cynisme pointe, il est recraché avec une contrariété palpable. « J’ignorais que j’aurais droit à un tel traitement de faveur, chérie. » Sa seule présence dans l’hôpital est une menace pour sa couverture. « Qu’est-ce qui te fait croire que tu as le droit de débarquer à tout bout de champ ici pour… » On entre. Il s’avance dans la pièce pour laisser entrer le curieux, taisant ses menaces par la force des choses. Le nouvel arrivant se contente d’un sourire loquace, ouvre son casier un peu plus loin et prétend ne pas exister. Excédé, le jeune homme s’oriente vers la prison métallique où sont rangés ses effets personnels. Il en sort nerveusement ses vêtements et jette un œil courroucé à l’intruse. Il lisse sa voix du mieux qu’il peut, à cause du témoin. C’est plus simple de jouer le jeu de cette harpie plutôt que de risquer les complications. « Tu peux m’attendre dans le couloir, je dois encore me changer. Je n’en ai pas pour longtemps. » Ses intonations suggèrent l’action, ses yeux, quant à eux, ordonnent. Ne l’a-t-elle pas déjà assez humilié comme ça ?

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Sam 21 Mar - 21:22


La porte s’ouvrant sur sa silhouette me fait sourire, m’allège d’un poids certain. Ce soir, mes drôles de pensées et émotions ne viendront pas m’assaillir à me rendre folle. Je compte bien sur le mangeur de rêve pour me permettre de retrouver ma sérénité agressive préférée. Mon regard acéré se dépose aussitôt sur l’infirmier que j’observe avec beaucoup d’attention, comme pour déceler la moindre attaque contre ses rêves. Il n’en fait rien pourtant, se contentant de lancer ses mots au ton acide, qui me font sourire en retour. Pour un observateur extérieur, cela pourrait presque ressembler à des retrouvailles normales entre un homme et une femme avant un rendez vous. Nous savons pourtant tous les deux qu’il n’en est rien, preuve étant son agacement palpable et son malaise probable. Deux sentiments que j’espère encore accentuer. « Surprise ! J’étais sûre que ça te ferait plaisir. » J’aurais pu pousser le vice encore plus, jusqu’à m’approcher de lui pour lui déposer un tendre baiser sur la joue, je n’en ai cependant pas le temps. Le jeu s’arrête presque aussi vite qu’il a commencé, ses mots agressifs envahissant l’espace dans lequel nous nous trouvons, jusqu’à me provoquer une moue boudeuse. Heureusement, une distraction bienvenue entre soudain dans la pièce, rendant Reilly soudain aussi doux qu’un agneau et cette réaction me fait réfléchir quelques secondes. Son secret est probablement enfoui plus profondément encore que j’aurais pu l’imaginer, autant dire que le jeune homme devenait une source intarissable de services rendus.

Parfaite joueuse, je lance un sourire à l’intrus suivit d’un clin d’œil comme pour le remercier de m’avoir laissé entrer avant de reporter mon attention complète sur le jeune imprudent. Malgré moi, je cherche des points communs avec Kyran, sans parvenir à me faire totalement à l’idée de leur parenté. Lentement, constatant mon départ imminent vers les contrées lointaines de mes pensées baladeuses, je secoue la tête, pour me ramener à la situation actuelle et je mets d’ailleurs quelques secondes à me rendre compte qu’il a ouvert son casier, probablement prêt à se changer. Ses quelques mots me font sourire, il est si mignon à vouloir préserver son intimité… « Voyons chéri, il n’y a rien que je n’ai déjà vu. » Mon ton se veut moqueur, presque un peu attendri, même si mes yeux lui lancent des éclairs d’avertissement. Le jeu n’est pas terminé et il est hors de question que je le laisse s’enfuir de cette pièce sans ma présence à ses côtés. Lentement, je m’impose vers lui, marchant d’un pas mesuré tout à fait calculé, tout en ménageant mon effet et je viens déposer ma main sur sa hanche. Mon sourire s’efface juste pour quelques secondes, le temps de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Quitte à jouer le jeu, autant aller jusqu’au bout et je me délecte de la douceur que je rencontre. Ma langue vient le titiller légèrement avant que je ne délaisse sa peau pour murmure à son oreille. « N’essaye pas d’échapper à ton devoir mon chou. Je risquerai d’être beaucoup moins discrète la prochaine fois. » Poussant le vice jusqu’à attraper son lobe entre mes dents, je m’éloigne ensuite de lui, un sourire aux lèvres.

« Je t’attends dehors mon chou, j’ai hâte de voir le restaurant que tu as choisi. Cette soirée va être tellement bien. » Les yeux soudain pétillant d’une impatience non dissimulée, je recule de plusieurs pas, virevolte sur moi-même pour me détourner et quitte enfin la pièce d’un pas presque aérien. Toute la panoplie de l’amoureuse qui se rend à un rendez vous avec son amant. Dès la porte passée, mon jeu cesse et mes pensées parasites reviennent doucement mon hanter alors que les minutes passent. Malmenée par mon esprit qui s’égare de nouveau je fais face au mur le plus proche pour déposer mes mains à plat dessus. Mes yeux se ferment, mon front rencontre la froideur du mur, je malmène ma lèvre inférieure de mes dents et ne quitte ma position que lorsqu’un médecin vient s’enquérir de ma santé. « Je vais bien ! »

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Dim 22 Mar - 20:44

Le conflit se déroule à une hauteur insatisfaisante, acculé entre deux regards inflexibles, rangé dans un désordre de vapeurs fielleuses qui transcendent des pupilles réduites à la colère. Il ignore ce qu’il combat réellement, le jeu indécent de cette étrangère ou la conséquence de cette nature qu’il traîne honteusement. Etre ce qu’il n’est pas prend toute sa démesure, devient essentiel à partir du moment où elle peut tout lui reprendre. Ce maigre équilibre entretient des faibles espoirs, des chimères qui lui donnent la sensation de coexister passablement bien avec le démon. Sans son travail, sans cette dignité  feinte, le chaos viendrait frapper ses tempes et le ferait basculer dans des travers qu’il repousse jusqu’à la famine, jusqu’à la douleur. Ou bien ça l'entrainerait vers cette autre alternative, celle qu’il enferme pour de mauvaises raisons, celle qu’il boucle par habitude, celle qui reviendrait à renier ce que Kitty a placé entre ses paumes. C’est insoutenable, cette dette inachevée qu’il faut honorer nuit après nuit sans savoir si cela trouve encore un quelconque sens. Sûrement celui qu’il veut lui donner. Des mensonges endorment cette lâcheté, cette quête insensée  vers une rédemption pourtant avortée dans l’œuf. La présence de cette femme symbolise à elle seule cette course vers l’échec. Il ne peut pas mentir éternellement, il ne peut pas se cacher assez profondément pour réussir l’exploit de tromper le monde sur son humanité éventrée. L’infirmier alterne ses inspirations de quelques secondes étudiées, travaillant sur son souffle pour garder son calme. C’est presque un compte à rebours avant qu’il ne se trahisse, qu’il alerte l’autre et s’enlise dans des explications hasardeuses. L’intruse, à contrario, semble plutôt à l’aise dans son rôle de garce. Les seules informations dont il dispose à son égard sont strictement médicales, rien de concret pour assouvir sur elle une quelconque forme de pression. Il a fait ce qu’il a pu pour trouver une faille. Mais malheureusement, elle détient à l’heure actuelle tout le pouvoir en ces lieux. Zéro choix pour aucune option.

La vipère s’insinue une fois de plus entre lui et son orgueil, s’annonçant d’une réplique tout à fait hors de propos qui craquelle l’expression durcie du norvégien. Il tente de sourire mais la glace plisse sa bouche en une grimace désobligeante. « Veiller à conserver un peu le mystère, c’est le secret, parait-il. » Articule-t-il un peu trop sèchement pour convaincre l’auditoire. Il ne supporte pas cette manipulation, cet ascendant inconvenant. Cette intrusion malsaine dans sa vie privée. Si la tentative de voyeurisme teste ses limites de patience, ce qu’elle déclenche ensuite, dissipe le peu de réserve qu’il peine à contenir. Elle s’octroie tous les droits, dardant dans sa direction une insolente provocation. Sa main glisse sur sa hanche, il se raidit instinctivement, prêt à la repousser âprement mais n’anticipe pourtant jamais le geste qui l’accompagne. Ses lèvres dérangent les siennes suffisamment rapidement pour qu’il ne puisse se défaire de ce seul contact, conscient également, que le seul témoin se rince allégrement l’œil. Son intention serait pourtant de ne répondre nullement à cette comédie, de se contenter juste de ne pas la malmener pour lui faire payer cet affront mais avant qu’elle ne s’autorise le repli, il réagit ultimement et lui mord la lèvre avec la seule intention de la blesser le plus méchamment possible. La menace sous-jacente, les dents sur son lobe, le projettent à l’orée de l’exacerbation. Il se munit de toute son intégrité pour ne pas faire preuve de violence immédiate à son égard. Les mots restent calés dans sa gorge, il est incapable de prolonger la mascarade. La métamorphe éloignée, il met à exécution son intention antérieure et s’extirpe des vestiaires une fois la tâche accomplie.

Elle est toujours là, bien sûr à hanter le couloir. Ezra approche à contre cœur et l’observe avec mépris alors que son front repose contre un mur et que ses traits tirés témoignent d'un état maladif. Il se penche sur son oreille très calmement et murmure sans chercher à dissimuler l’acide « Encore une de tes ruses ? Il est hors de question que tu simules un malaise pour que je te porte vers la sortie, Armstrong. Débrouille-toi toute seule. » Il relève le menton vers deux de ses collègues qui assistent à cette scène. « Elle m’a dit qu’elle allait bien mais… » Le scandinave prend l’intérieur de sa joue en otage afin de la mordiller nerveusement pour ne pas céder à l’agressivité qui tempête dans ses entrailles, bouscule sa courtoisie. « Je m’en charge. » Voyant qu’ils sont impatients de le voir déblayer l’allée de cette sangsue, il ravale son soupire pesant et prend le bras de la jeune femme pour l’obliger à avancer vers la sortie proche en veillant à ce que le contact entre leurs deux corps soit le plus succinct possible. Une fois sur le parking, il se détache, recule de plusieurs pas et la toise avec une férocité proche de l’intimidation. « T’es contente, je suppose ? Tu m’as bien humilié et réussis ton petit tour de manège. T’as vraiment que ça à faire de tes journées ? Ça t’amuse à ce point de rabaisser les autres pour ton petit intérêt personnel ? » Sa fierté lacérée pousse d’autres paroles contre ses lèvres serrées. « Si c’est de l’argent que tu veux pour ton foutu restau’… » Ça ne l’amuse pas de devoir payer pour acheter son silence mais à ce stade, il préfère en être débarrassé le plus tôt possible. Il sort plusieurs billets et lui fourre dans les doigts aussi sèchement. « Amuse-toi bien. » Il tourne déjà les talons et la plante au milieu des rangées de voiture sans une seule autre syllabe, retournant dans les entrailles de la bâtisse pour récupérer son sac avant de filer.  

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Mar 24 Mar - 5:08


« Tu as tout à fait raison mon chéri. J’aime cette part de mystère que tu gardes en toi, ça me rend toute… chose. » Si je suis parfaitement à l’aise dans mon jeu, visant à le provoquer encore et encore afin de me délecter de ses réactions, ces dernières ne me font pas éprouver les sentiments que j’attendais. Certes, je m’amuse toujours de ses réactions, pourtant je ne peux me défaire de ce cœur réchauffant. Au contraire, je parviens même à m’affaiblir face à ses expressions et tons. Lorsque ma main vient sur sa hanche et qu’il se raidit, je me sens soudain aussi laide qu’un zombie. Peu habituée à provoquer ce genre de rejet et pourtant rejetée deux fois, de deux manières différentes, en si peu de temps, parvient à relancer mes pensées parasites. Je me sens échouer lentement à le tourmenter pour mon bon plaisir jusqu’au moment où mes lèvres se déposent sur les siennes. Le baiser n’a en soit rien d’extraordinaire. Bien trop court pour déchaîner un vent de passion, bien trop provocateur pour déclencher une quelconque réaction. Ce ne sont pas ses lippes sur les miennes qui me font soudain frissonner mais bien ses dents, mordantes et blessantes. Un gémissement m’échappe inconsciemment, de douleur et désir soudain pour cet homme que je n’ai pourtant jamais considéré autrement que comme un pauvre type sans intérêt et attrait. Consciente de ne pouvoir laisser court à ce que je ressens actuellement, je préfère m’éloigner, provoquer et menacer, jusqu’à l’imiter en malmenant à mon tour de mes dents une partie de son anatomie.

Enfin je quitte la pièce, rassurant probablement le norvégien mais provoquant mon esprit vagabond. Il s’égare jusqu’à me faire me sentir mal. M’obliger à ne pas penser est un exercice périlleux pour lequel je ne suis pas très douée et seule la froideur du mur me permet de ne pas réfléchir, de rester concentrée sur ma mission. Je reste dans la même position jusqu’à ce qu’un docteur ne vienne me déranger et je la reprends dès l’opportun chassé d’une phrase bateau mais nécessaire. Toujours concentrée pour empêcher mes pensées de s’enfuir et de les suivre, je ne vois pas le regard méprisant de ma victime du jour. Ses mots pourtant, fielleux, envahissent mes oreilles et provoquent un rictus hargneux sur mon visage. Cela ne dure que quelques secondes probablement, mais lorsque je relève les yeux vers lui, c’est d’un regard noir que je le gratifie. « Quel merveilleux infirmier tu fais. Je me sens chanceuse finalement, que tu te sois réellement occupé de moi la dernière fois. » Ma voix siffle alors que les mots quittent ma bouche et je le maudis aussitôt d’avoir été aussi doué pour me déstabiliser. Fort heureusement, il se concentre un peu sur son collègue, me permettant de retrouver un peu de ma superbe et lorsqu’il revient vers moi, toute trace de mon tracas précédent semble avoir disparu. Mon cœur ne se tourmente plus des pensées parasites que mon cerveau menace de lâcher à tout instant. De nouveau concentrée sur ma mission, je le laisse m’agripper sans douceur pour me mener au dehors. J’ai hâte de le voir dans toute la splendeur de sa colère et son mépris. Ce sont ces sentiments dont j’ai besoin et pour la première fois depuis notre rencontre, je me rends compte que je ne suis pas si différente de lui. Si lui se nourrit des rêves et sentiments au sens littéral du terme, je le fais à mon tour, d’une façon bien plus métaphorique. J’ai besoin de voir un homme furieux pour me rendre plus dure et cette constatation me déroute une seconde.

Juste assez pour le laisser s’éloigner de moi et lancer enfin toute sa hargne. Cela me fait sourire et je croise les bras, relève le menton, taquine comme pas deux. « T’es bien le premier à te sentir humilié de l’un de mes baisers. » Tout en parlant, j’amène inconsciemment ma main à ma lèvre meurtrie précédemment, cherchant l’infime trace du tourment qu’il a tenté de m’infliger. « Je dois t’avouer que tu es un jouet très distrayant mon chou. » Toujours dans la provocation je n’arrive pas à m’empêcher de l’affubler de ces surnoms mignons, que j’adore donner mais qui énervent la plupart de mes interlocuteurs, Kyran le premier. Lorsqu’il me parle d’argent, qu’il m’en met dans la main, je m’apprête à lui répondre d’une taquinerie parfaitement bien placée mais il m’en empêche en fuyant aussi vite. Surprise, je reste quelques secondes immobiles, fixant sa silhouette s’éloignant, avant d’enfin m’élancer à sa suite. D’un geste vif, je cache l’argent dans l’une de mes poches avant d’accélérer le pas pour me retrouver juste derrière lui à son entrée dans l’hôpital. Sans douceur, j’attrape sa main et tire pour l’obliger à me faire face de nouveau. En croisant son regard, deux solutions s’imposent à moi. Soit je mets ma menace à exécution, en lui infligeant cette fois une réelle humiliation, soit je reste discrète, fidèle à cet argent qui trône désormais à l’abri de mon jean. Ma fierté me pousse à choisir la première solution et c’est d’une voix forte, pour attirer l’attention de tous ses collègues et potentiels patients que je lance soudain. « Je n’arrive pas à croire que tu ais oublié notre anniversaire. Tu crois vraiment que me donner de l’argent pour aller au restaurant toute seule va pardonner ton oubli. Tu ne te rends jamais compte du mal que tu me fais ! » Je pourrais tenter de feindre des larmes, cependant je ne sais que trop bien l’échec qui me pend au nez alors je préfère feindre une colère qui n’est pas si loin de la vérité.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Dim 29 Mar - 1:00

Le crépuscule frissonne contre leurs carcasses déchaussées de toute trajectoire censée. Aller, repartir. Les contours de leurs directions sont incertains, impulsifs et très certainement, révélateurs. Dans cette chaotique confusion, il la tire hors de son univers, la prie de quitter le pas de cette porte avant de retourner dans la bâtisse, croyant inlassablement à sa place au sein de ces murs. Rejeter la perturbation, nier l’éclat dans le pare-brise et évoluer à l’aveugle pour garder le bon cap, les roues braquées sur la route initiale. Ils froissent déjà la nuit en s’évertuant à évoluer en sens contraire, se heurtant jusqu’à l’acide. Il fourmille dans sa bouche, picote son palais d’une terrifiante amertume. La rancœur l’essouffle alors qu’elle s’applique à laisser ses mots traîner sur les marques que les collisions d’orgueil ont provoqué. Bien plus douée dans l’art d’asseoir son ressentiment, bien plus maligne que la créature démoniaque qui peine à rattraper son ombre avant qu’elle n’esquisse des réalités morbides. La bête toise longuement la brune, prunelles fixes et crocs dénoncés dans l’intonation. Devant le parvis de cet autel pour sa raison, il s’abandonne presque à sa vélocité mais se réserve les droits d’inhumanité pour une cause qu’il jugera bien plus honnête et surtout moins cocasse. Ezra rassemble ses pans de lucidité pour lui cracher son dernier slogan et filer. « Tu pourrais perdre bien plus qu’un morceau de lèvre si tu oses te servir à nouveau de moi pour satisfaire tes lubies. » Ses yeux raclent la pénombre contre les joues de son opposante, menace qui s’ancre de la rétine à la chair. L’argent coule entre eux, moyen qu’il exècre pour atteindre ses buts. Dans ce seul acte, il se donne l’impression de mimer son aîné, allongeant du fric en espérant que ça fasse disparaitre au plus vite les ecchymoses. Le bleu reste inéluctablement bleu contre les teintes insipides du gain et de la perte.

La chaleur le cueille, les regards le poursuivent dans la première allée. Le dos pour rempart contre ce qu’il abandonne, ce qu’il a éjecté sans plus d’émoi et ce qu’il se refuse d’avouer. Ses délits le rattrapent, galopant dans son environnement sonore pour paralyser sa progression. Elle s’octroie donc tous les supplices que l’humiliation publique puisse lui réserver, défaisant méthodiquement les règles pour réinventer son jeu. Technique boiteuse, crasseuse et basse qui lui fait haïr plus viscéralement encore la propriétaire de ce ténor disgracieux. Le silence fait écho aux fracas. La honte lamine le faciès du scandinave alors que la lividité conquière les halos que le vermeil a semé. Il sent cet autre remuer à ses pieds, cette force indépendante qui pourrait s’étaler sur les murs et refermer cette affreuse bouche sans que la présence de chair ne remue. Il pourrait tout faire éclater, son secret et ses pêchés en une seule seconde. Mais les cliquetis familiers, les odeurs coutumières le plaquent aux priorités. Avec toute sa volonté, il se contente de dévisager l’instigatrice de la scène et de lui sourire avec toute l’arrogance dont il dispose. « Si je te fais autant de mal, qu’est-ce que tu fiches encore ici, dis-moi ? » L’opinion des spectateurs ne l’intéresse pas de toute manière. Après son bref passage derrière les barreaux, ses collègues ont toujours pris soin de le distancer. Il a l’habitude de subir le jugement, il a l’habitude d’être observé pour ce qu’il a fait et d'être abattu visuellement pour ce qu’il est. Ça ne l’atteint plus. Ou si peu pour qu'il puisse se permettre cette insolence.

Le scandinave s’éloigne sans plus de considération. Sa fierté semble bien plus importante que le chantage orchestré ou que sa position au sein d’une société brisée. C’est ce qu’il pense alors que la fièvre l’écroue à sa rage et à son besoin d’exister en dehors des limites que lui impose cette intruse. Mais la panique le rattrape dès qu'une pièce vide invite ses drames. Chacune des parois qui enveloppe sa silhouette, lui renvoie sa pire peur. Celle de ne devenir officiellement plus que ce monstre. De perdre pour toujours le seul titre qui en vaille la peine. Homme avant d’être cette abomination décharnée. Cette résurrection absurde l’étrangle et pourtant, c’est pour elle qu’il continue. Son sac repose dans un coin de la salle d’examen dépecée de toute vie. La mort s’attarde partout ici, surtout dans le cri des vivants. La vie s’obstine dans sa cage thoracique alors qu’il constate sa propre imprudence. Retourner là-bas, chercher à palier à son attitude qu’il continue pourtant de juger légitime. Ses fautes lui sautent à la gorge cependant. Il s’est saboté dès le début. A trop vouloir se penser comme les autres, il en a sûrement oublié qu’il ne peut se montrer irréprochable. Pas quand la faim lui hache les entrailles. Pour avoir connu cette sensation là-bas, dans son pays natal, pour avoir souffert de ce seul fait durant une éternité, peut-être qu’il n'a toujours été que condamné à devenir cet esclave d’un organisme gourmand et intransigeant. Cet engrenage qui s’active pour la survie l’écœure. Mais il est toujours là et toujours à proximité des scalpels. Cette pulsion morbide l’a étreint longtemps après que la plaie lui soit infligée. Peut-être qu’avec moins de souvenirs, ses attentes auraient fini par outrepasser cette seule enveloppe. Peut-être qu’avec moins de regret, il aurait réussi cet exploit. A l'heure actuelle, il ramasse ses affaires et détaille son reflet dans la vitre d’une armoire proche. Sa fureur fuit, le désarroi suit. Jusqu’à quand va-t-il pouvoir prétendre ? Jusqu’à quand va-t-il goûter à cette liberté qu’il ne mérite même pas ? Jusqu’à quand va-t-il devoir supporter le poids de ses crimes ? Jusqu’à quand va-t-il pouvoir rester en vie ?

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Jeu 2 Avr - 22:12


L’air extérieur me fait trembler, plus froid que je ne l’aurais imaginé, la nuit est tombée sur la Nouvelle Orléans et sa silhouette se découpe facilement dans les lumières de l’hôpital. Ses mots m’agressent, il les crache comme un venin et je croise les bras, comme pour m’en défendre. Je pourrais claquer des dents, pour le menacer, tout comme je pourrais lui répondre, véhémente, mais il ne m’en laisse pas réellement le temps, se précipitant de nouveau dans la chaleur de son lieu de travail. Je le suis, je ne peux le laisser s’éloigner sans me sentir vexée, voire agressée. Je l’arrête, plante mes yeux dans les siens de nouveau, le teste et le déteste en une seule seconde. Je n’arrive plus à savoir si je reste maitresse de la situation ou si de ses propos agressifs, il mène désormais la danse. En quelques secondes, le jeu est devenu bien trop réel et mon visage se ferme, toute trace d’amusement l’ayant déserté.

Ses mots me cueillent de nouveau, assassins et mon corps tremble soudain. Le contraste de la température peut être, ou bien simplement ses paroles qui n’appellent aucune réponse. Les murmures se font entendre tout autour de nous et si les réactions du mangeur de rêves sont bien celles que j’attendais, je me sens soudainement fiévreuse, de nouveau envahie par les affres de pensées que je croyais éteintes depuis des centaines d’années. J’étais venue en ces murs afin de le torturer, apaisant de ce fait mon âme tourmentée, cependant chacune de ses rebuffades, chacun de ses rejets ne font qu’envahir encore et encore mon esprit de poison. Ma tête me tourne légèrement, mais je décide de ne pas y porter attention, afin de me concentrer sur ma cible qui s’éloigne de nouveau vers moi. Mes yeux d’abord furieux, se font désormais assassin et je fais fit des commentaires qui s’élèvent autour de moi pour le suivre. Lorsqu’il entre dans cette salle qui semble vide, j’hésite pour à le suivre. Probablement ne devrais-je pas insister, l’échange entre nous ne se déroulant pas du tout comme prévu. Ma main, presque à la poignée, tremble légèrement, je me trouve incapable de prendre une décision. Le fait de tourmenter le frère de mon patron ne m’enchante qu’à moitié, même si pourtant je parviens à le faire sortir de ses gonds avec une aisance qui me ferait presque pleurer. Rien, dans cette entrevue, ne se déroule selon mes besoins et envies et pourtant je n’arrive pas à me décider à partir. Ma main, comme mue d’une volonté propre, vient finalement au contact du métal froid de la poignée et l’active finalement. La porte s’ouvre et je n’aperçois d’abord que son dos, avant d’entrer dans la pièce. D’un geste doux, presque silencieux, je referme la porte derrière moi. Encore une fois, j’hésite et ne sait réellement comment me comporter. L’instinct m’a totalement quitté pour faire place à un vide dans mon esprit. Ce n’est lorsque je me remémore ses mots, que je parviens à prendre une décision. L’homme ne semble pas décidé à m’offrir ce que je demande pourtant gentiment depuis quelques minutes. Peut être sera-t-il plus réactif à de réelles menaces.

Profitant de son inattention, j’arrive à sa hauteur et sans douceur, le pousse contre la vitre qu’il observait jusque là. Le verre se casse, éclate, vient se ficher dans nos deux chairs et je dévoile légèrement mes dents en croisant son regard. Ma peau se guérit bientôt, conserve quelques éclats en son cœur alors qu’elle cicatrise tout autour de certain, repoussant les autres. Dans mon élan, je viens agripper sa gorge de mes doigts graciles et serre juste assez pour lui faire prendre conscience qu’il est en danger à cette seconde. « Il me semble qu’on avait un deal toi et moi. » Chacun de mes mots siffle contre sa peau alors que mes lèvres se rapprochent de son oreille, pour être certaine qu’il ne loupe rien. « Tu es celui qui a un secret à conserver mon tout beau. Je ne souhaite pas le dévoiler, mais ne doute pas une seconde que j’en sois capable. Je te demande simplement d’être un peu civilisé. Tu ne seras un monstre que si tu oublies de te comporter en homme ! » Et dans cette menace se cache malgré tout une sorte de conseil que je n’ai pu retenir. Et alors que mes mots s’achèvent, je sens ma tête me tourner encore un peu plus. Ma main sur sa gorge me sert désormais plus comme point d’appui que comme réelle menace et ma seconde main vient d’ailleurs se déposer sur son torse, sans menace, juste pour ne pas m’écrouler au sol lamentablement. Je suis incapable de comprendre ce qu’il se passe, ma respiration se bloque, mes pensées s’affolent et mes jambes sont soudain bien trop faibles pour soutenir mon poids. Ma main sur sa trachée se déplace pour s’agripper à son épaule et je tente d’éviter la chute autant que possible…

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Sam 4 Avr - 15:00

La lumière pâlit auprès de ses pommettes, habituée à craindre sa présence fantomatique. Elle semble vouloir se détourner des angles qui hachent son faciès d’une ridicule dureté, elle semble tenter la fuite, craignant de sombrer à son tour dans la noirceur de ce regard incomplet. Il se cherche de l’autre côté de ce reflet. Il se pourchasse dans des traits marqués par l’insensibilité que Kyran lui a prêtée. Il ne sait plus qui de la gifle ou des mots raisonnent le plus dans son espace crânien, entre les interstices de sa conscience morcelée. Sa concentration étire son miroitement jusqu’à soudoyer cette seule représentation pour le déliter en souvenirs erratiques. Cette mâchoire trompe l’innocence, annonce le stigmate sur son faciès décoloré. Les ressemblances tordent ses entrailles, provoquent le vacillement interne. Le vertige inspire le malaise à son attitude revancharde. Ezra glisse deux doigts sur sa tempe droite pour courser la sueur inconvenante qui s’y laisse dégringoler d'inconfort artériel. Est-ce que cette violence naturelle surgit par habitude, par convenance ou simplement parce qu’il succombe à cette facilité qu’il condamne chez son aîné ? Il mâche l’air avant de l’avaler et l’extirpe de ses poumons avec une risible difficulté. Sa haine envers sa seule personne contracte ses traits, absorbe toute son énergie. Lassé de se détester, il ne perçoit rien dans son environnement proche. Pas la porte qui se referme, pas même l’ombre menaçante qui dilue déjà sa carcasse exécrée. C’est vif, le mouvement et la douleur. Le bruit se fige, les tympans bourdonnent sous l’afflux sanguin perçant son visage lacéré, filtre les fracas et le confine dans une fausse impression d’isolement. Sensation qui s’effrite brutalement quand les doigts de l’adversaire cherchent sa gorge.  Le norvégien toise son opposante avec mépris alors que son sang noir tâche déjà l’horizon. Elle manie les syllabes en croyant à sa supériorité. Il reçoit ses paroles en s’appuyant sur sa seule démence. Jusqu’où serait-il prêt à aller pour avoir le dernier mot ?  

Il n’a pas l’occasion de se mettre à l’épreuve parce qu’elle succombe à ses propres menaces et s’effondre. Conditionné à ce seul réflexe, il la rattrape dans sa chute. Agacé par ce revirement et peut-être soulagé pourtant de n’avoir dû nuire lui-même à cette insolente, il la soulève sans grand soin pour la déposer sur la table d’examen à proximité. Ses paumes prennent appui sur la surface lisse alors qu’il avise les dégâts qu’elle a orchestré. Ses mains ramassent son cruor macassar avant qu’il ne se disperse sur les objets environnants. En soupirant, l’urgentiste s’oriente vers la porte et la verrouille de l’intérieur, privant ainsi l’extérieur de ce pathétique spectacle. Il enjambe la distance, s’arrête devant sa proie et dans un geste conventionnel, dépose son index et son majeur contre la chair de son cou. Pas pour lui ôter la vie mais au contraire, pour la sentir pulser. Il avise son rythme cardiaque et fait coulisser sur ses lèvres, un sourire sadique, arrogant. Il se penche sur la brune, laissant la nocivité de son souffle effleurer son front démuni. « Peut-être que je n’ai plus rien d’un homme. Peut-être que je vais t’éliminer, ici et maintenant. Tu n’aurais pas dû me faciliter autant la tâche, c’est trop aimable. » Le dos de sa main vient caresser la joue de la jeune femme, effleure les esquisses de cicatrice, appuient sur les restants de plaie pour susciter la souffrance. Son processus de guérison est bien trop rapide pour un être humain. Il sait ce qu'elle est pour l'avoir été à son tour. A moitié animal. L’envie roule au milieu de la tristesse, alors qu'il demeure à tout jamais amputé de ses ailes. « On dirait que tu possèdes aussi un secret. Voilà qui est fâcheux, n’est-ce pas ? » Son rictus mauvais s’estompe alors qu’il se détourne afin d’attraper un tabouret. Il s’y installe pour mieux aviser sa nouvelle patiente.

Il essuie quelques-uns des filaments ébènes d’une compresse, grimacent alors que sa propre cicatrisation débute et finit par s’armer de ses outils. Sa lucidité calme la bête, offre des raisons à cette accalmie. Peut-être pas l’humanité mais au moins, la logique pour le stopper dans ses pulsions létales. « Tu diras qu’on a trébuché, pour la vitre, bien sûr. » Très prudemment, il se met à nettoyer les blessures de la trentenaire, écorche la peau qui recouvre les éclats de verre pour les déloger et les placer dans un récipient sur sa gauche. « Ne te pointe plus sur mon lieu de travail à l’avenir. »  Sa langue claque contre son palais, ses gestes se font de plus en plus précis. Il ne cherche même plus à lui faire réellement mal, il tente juste de faire disparaître les preuves de cette fausse confrontation.   « La prochaine fois que tu veux me menacer, fais-le mieux que ça aussi. C’est du travail d’amatrice.»  D’un revers de main, il écarte son hémoglobine de ses paupières alourdies par cette guérison. Conscient qu’il ne peut exposer cette essence putride aux yeux du Monde. Conscient de ce qu’il devra faire pour sortir de là en conservant son mystère - tout ce qui compte désormais. Conscient de ce que ça va lui coûter. Conscient pourtant qu’il n’en est même plus si effrayé. Finalement, il risque d’accepter cette nature odieuse. Finalement, il est le pire des deux engeances du démon. Le pire et de loin.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Sam 4 Avr - 23:49


Les ténèbres m’ont englouti si vite que je n’ai pas conscience de ma chute, ni de ses bras m’entourant, non pas pour m’harceler mais plutôt me sauver. Mes yeux se ferment, accueillent l’accalmie de mes sens avec plaisir. Mes pensées s’assagissent, ne tournoient plus impitoyablement dans mon esprit tourmenté. Mon corps se détend, ma respiration se calme et la Terre s’arrête soudain de tourner à mes pieds. Je reprends conscience douloureusement tant mes paupières sont lourdes. D’un sursaut, je reviens totalement dans la pièce et sens ses doigts sur moi. Une seconde, je me sens menacée, avant de m’apaiser, presque aussitôt. C’est une sensation étrange, de se sentir aussi mal à l’aise et pourtant rassurée. Faible, incapable de me redresser totalement pour l’instant, je me laisse faire, soumise à ses propos acides. L’une de mes mains se dresse, faiblement, vient attraper son poignet, sans force, avant de retomber près de mon flanc, incapable de plus. J’aurais voulu le repousser loin de moi, mais il a raison. Je suis actuellement à sa merci et rien ne l’empêche de me faire du mal. Probablement devrais-je laisser sortir l’alligator, cependant je ne me sens pas entièrement à mon aise, pas assez remise pour échapper la bête qui reste donc, grondante, au fond de moi.

Ses gestes attirent un gémissement de douleur que je ne parviens à contenir et qui s’élève dans la pièce, pathétique reflet de mon incapacité à réagir. Je suis destinée à subir ses caprices tant qu’il lui plaira, mes membres refusant de répondre aux ordres de mon cerveau, pourtant plus calme que quelques minutes plus tôt. Précautionneusement, j’ouvre la bouche, prête à lui répondre, mais les mots se bloquent dans ma gorge, une seconde, deux secondes, jusqu’à enfin s’échapper à travers mes lèvres à peine ouverte. « La différence étant, docteur, je ne considère pas ma nature comme un secret à dissimuler à tout prix. Et puis, soyons honnêtes, il est bien moins honteux de nos jours d’être Skinchanger que… peu importe ce que tu es… » Mes yeux se ferment une seconde alors que ma tête se remet à tourner dangereusement. Allongée, les sensations sont moins intenses, mais je ne parviens pas à calmer ces vertiges.

D’une grimace, je marque mon désaccord lorsqu’il commence à s’occuper de moi, visiblement sans prendre garde à mon bien être. Pour cela, je ne peux le blâmer, je le menaçais quelques minutes plus tôt après tout, pourtant, je ne peux m’empêcher, les yeux toujours fermés, de lui répondre, d’une pique un peu moins acerbe que je l’aurais voulu. « Tu t’es nourris cette fois hein ? Je ne voudrais t’abreuver de pensées négatives. T’as l’air de te débrouiller très bien tout seul pour ça. » Je ne sais pas vraiment ce que ce pauvre homme vole réellement, je préfère lancer de petites blagues sur le sujet, pour éviter de lui répondre sur ses phrases, aussi acerbes qu’inutiles dans le contexte. Ses derniers mots enfin, me font repousser ses mains et me redresser sur les coudes. Mes yeux s’ouvrent sur le monde, pour le voir tourner encore quelques secondes, jusqu’à enfin se stabliser. D’un long soupir, je tente de reprendre contenance et m’assois enfin sur la table d’examen, mes jambes se glissant sans le vouloir entre les siennes. Mes yeux d’ébène croise son regard tout aussi sombre et sans le quitter, j’esquisse un mouvement pour récupérer à mon tour une compresse. Ma main se dresse lentement devant ses yeux, pour lui laisser le temps de l’intercepter, avant de se déposer en douceur sur l’une de ses plaies. Le sang, noir et visqueux, me fascine presque et je l’observe imbiber ce que je tiens en main avant de replonger mon regard dans celui de mon ennemi d’un soir. « Je ne suis pas une amatrice Reilly. Si j’avais voulu te faire du mal, réellement, tu traînerais sur le sol de cette pièce, tordu de douleur. Je suppose que tu devrais remercier ton frère pour mon indulgence. » J’hausse les épaules et m’arme d’une nouvelle compresse afin de m’occuper de toutes ses plaies visibles. Une sorte d’accalmie plane entre nous, que je n’ai pas conscience d’avoir gâchée en parlant de son frère. « Alors ce restau ? » Une lueur amusée s’incruste soudain dans mes yeux, mais cette fois, je n’ai pas envie de le brusquer, je retrouve simplement mon espièglerie habituelle.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Jeu 9 Avr - 23:47

( Italique = norvégien)

Les débris s’entrechoquent au fond de la cavité, cadençant la pénibilité des opérations. Le rythme qu’il s’impose, contorsionne son humanité, améliore l’efficacité, l’immerge peu à peu dans un miasme de pensées distendues par les événements passés. Sans doute déniche-t-il au milieu du désordre perpétré un lien incomplet entre cette violence absurde et les ravages mémoriels dans lesquels il s’est malencontreusement drapé toute la journée. Les élancements reviennent plus nettement pour hanter sa joue. Peut-être le verre implanté dans la chair, peut-être l’écho spastique du revers de sa main. Le calvaire se dissimule sous le spectre des dommages psychiques, sous les nuances traumatiques d’une divagation verbale et aussitôt physique. Là où le toujours s’est révélé étroitement sincère dans la succession de faits et d'expériences, le jamais a trompé habilement son audience. Adverbe inconditionnel et inflexible, dernier réconfort pour l’éphémère et l’amertume. Dernière conviction qu’il a abrité si longtemps, démantelée à même sa chair en une fraction de seconde. Jamais Kyran n’aurait pu chercher à l’imiter. Jamais son aîné n’aurait pu lui porter ce geste destructeur. Et pourtant, l’hésitation n’a pas effleuré le moindre de ses traits crayonnés par la haine et le chaos le plus absolu. Sans doute que le cadet reconnait ses propres préjudices dans cette sordide histoire, sans doute, qu’il le comprend assez pour parvenir à le pardonner. Sans doute qu’il a honte. C'est certain qu’il l’a définitivement perdu. Et qu’il s’est tout aussi radicalement égaré. Un autre soupir pour caresser ses lèvres meurtries par l’absence. Enchâssée à la douleur, sa patiente démonte ses hypothèses, ses seules issues mais déjà ces petits jeux ne l'amusent plus. Alors, il continue cet exercice d’extraction dans le plus grand calme. Pourquoi se soucier d’un avenir où il devrait vivre avec ce seul songe ? Dans cette atroce réalité où il aurait poussé les phalanges de son frère contre sa pommette par seul et simple orgueil démesuré. Deux beaux exemples pour une résurrection involontaire et compulsive.

Son expression fragmentée semble attirer la brune et le ramène au présent, dans la maudite pièce qui l’écroue davantage à ce lieu qu’il aurait souhaité quitter. La lassitude craquelle sa langue alors que ses intonations endommagent la quiétude « Je doute qu’il se passe quoique ce soit dans ton petit crâne d'écervelée, Armstrong alors sois donc rassurée. » Son sérieux ne se décale pas d’un millimètre durant sa joute, il se plaque toujours à son faciès crispé de concentration. « Tu devrais savoir que l’appétit du croque mitaine est sans fin de toute manière. » Lugubre, il délite seulement la vérité et non une menace quelconque. Il envisage sérieusement d'user de l'énergie de cette vipère si la cicatrisation tarde, si l’ébène ne peut être recouverte avec une rapidité suffisante afin qu’il puisse se dissoudre dans la foule compacte. A croire qu’elle surprend ce dessein et se redresse soudainement pour le contrer. Agacé, l’infirmier cesse son agitation autour de ses plaies et roule des yeux pour marquer l’irritation qui s’agglutine déjà en masse contre ses cordes vocales. « Je peux savoir ce que tu fiches ? Je n’ai pas terminé, je te signale. » Ses paroles sont balayées aussi sèchement par la prédatrice qui se permet même de glisser ses jambes entre les siennes, sans aucune pudeur semblerait-il. Ezra ne se laisse aucunement démonter par cette manœuvre tout à fait risible et franchement, déplacée au vu du contexte. Il ne compte pas plus réagir à son second mouvement qui vise à lui porter assistance. L’indifférence s’apparente au meilleur traitement, le seul décent qu'il puisse administrer à ce genre d’effrontée et il compte bien en abuser jusqu’à ce qu’elle se lasse de son petit manège.

La compresse joue avec son hémoglobine putride, le toise de ses reflets opalins et immaculés. Blanc contre noir. Le picotement se trahit par la contraction involontaire de sa mâchoire. Mais très vite, ce détail devient dérisoire et est projeté dans les limbes de l’oubli parce que déjà, elle se réapproprie l’air, le fait chanter et annonce un parallèle qu’il n’aurait pu anticiper. Encore une interrogation qu’il ne perçoit même pas, ses pulsations expulsent les sonorités ambiantes pour dresser le portrait d’une déroute cardiaque. Le sang déserte son visage brutalement alors que ses doigts arrêtent déjà ce poignet qui cherche encore à le réparer. Il la regarde, la découvre presque pour la première fois. « Pardon ? Mon frère ? » Le trouble se mue déjà en rejet, il s’écarte comme pour distancer les fantômes mais c’est futile. Il fait à peine trois pas et reste quasiment tétanisé sur place. « Je peux savoir ce que Kyran à avoir là-dedans ? » La colère ne survient pas immédiatement, toujours enrôlée par le déshonneur de leur dernière confrontation.  « Il t’a envoyé, c’est ça ? J’aurais dû m’en douter qu’il allait vouloir vérifier que… » Sa langue maternelle le débusque si vivement qu’il décide se taire aussi sèchement. Il perd rarement ce contrôle-là, habitué à parfaire son petit rôle d’américain pur souche mis à mal cependant par les consonances nordiques qui trainent perpétuellement entre ses syllabes et qui s’attardent sur son visage de manière inattendue. L’idée qu’il l’espionne lui déplaît toujours. Mais croire à son inquiétude console sans doute une part morcelée de son âme qu’il ne se décide toujours pas à reconnaître. Chamboulé, il ne parvient même pas à s'arrêter sur une seule émotion et les vit toutes d'une seule et terrifiante onde.

Le mépris revenu par simple instinct de préservation, il relève péniblement le menton pour se donner une impression de maintien qu’il ne possède déjà plus. « Je ne sais pas ce qu’il t’a demandé exactement mais tu perds définitivement ton temps » Il se retourne et dans des gestes empressés, arrache avec barbarie les derniers fragments de sa propre peau. Il colmate rageusement les entailles les plus profondes et balaie d’un même temps les dégâts matériels d’un regard circulaire. Son essence s’aligne ci et là sans compter les ustensiles qui ont accueilli ses soins. Sa première angoisse en amène une autre. Dans un spasme, il est déjà près d’elle à nouveau et serre son bras voracement pour capter toute son attention. « Qu’est-ce que tu lui as raconté ? Qu’est-ce que tu as osé lui dire sur moi ? » Il ne peut pas savoir. Il ne peut pas apprendre ce qu’il s’évertue à lui cacher depuis des mois. L'urgentiste ne veut pas qu’il gagne le droit de la critique, il ne veut pas qu’il le pointe du doigt pour ça. Pas quand il ne peut l’accepter lui-même.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Sam 11 Avr - 20:05


Toujours sur mes gardes, le vil ne me permet pas une seconde de détente. Son fiel se répand dans la pièce close et je ne me permets pas de lui répondre. La situation est déjà bien trop précaire entre nous et avec les soins qu’il me procure, je ne préfère pas le mettre en colère. Ses outils ne sont pas bien dangereux pour moi, mais je préfèrerais éviter la douleur d’un scalpel planté dans l’œil. En réponse donc, mes lèvres se pincent, s’empêchent de s’agiter pour lui asséner une réplique assassine. Le brun semble emporté par sa verve et continue à déblatérer, sans que je ne sache réellement s’il essaye pathétiquement de plaisanter ou bien s’il essaye d’entretenir une conversation fragile. Optant pour la seconde hypothèse, je me force un très léger sourire, les yeux toujours clos comme pour préserver ce début de paix entre nous. « Belle comparaison… Néanmoins faussée par ton apparence. Cela se saurait si le croque mitaine était beau gosse. » Je ne saurais dire s’il s’agit d’une énième moquerie ou si j’essaye réellement de lui répondre simplement. La frontière semble bien fine si bien que je ne décide de rien, me contentant de le laisser faire pour encore quelques secondes.

Les rôles désormais inversés, je ne réponds pas à sa question, me contentant de m’occuper des dégâts que j’ai commis quelques minutes plus tôt. Plus calme, presque sereine, je ne joue plus aucun jeu avec lui. Mon malaise précédent ayant annihilé la plupart de mes pensées parasites, celles qui me tourmentaient depuis des jours sans me laisser le moindre repos. Maintenant soulagé de ce poids que je n’aurais imaginé aussi lourd, je me permets d’être douce avec lui, presque heureuse de pouvoir converser normalement avec lui. Chose qui semble pourtant impossible avec l’urgentiste, qui se crispe étrangement. Certaine de ma douceur, j’arque un sourcil étonné, peu préparée à la suite. Il pâlit, semble voir un fantôme et s’écarte, me laissant complètement interdite. Incapable de comprendre ce que j’ai fait ou dit d’inconcevable, je cherche à assimiler, en vain, les réactions de mon vis-à-vis. Je m’apprête à répondre à sa simple question, haussant les épaules de nouveau, comme pour montrer mon manque d’intérêt. Pendant une seconde, je me retrouve interdite, me questionnant sur le bien fondé de mon affirmation. Peut être qu’il n’est pas le frère de mon patron, que je me suis fourvoyée complètement. C’est dans l’intention de m’expliquer, que j’ouvre la bouche. « T’es b… » Je suis interrompue, alors qu’il répond de lui-même à cette question que je n’ai pas encore eu le temps de poser. Kyran… Nous parlons donc de la même personne. Cela ne justifie pourtant pas une telle réaction de sa part. Ni cette accusation étrange qu’il profère, précédé de mots totalement incompréhensible. Mes yeux s’ouvrent soudain, rond comme des assiettes et je me retrouve encore une fois incapable de le comprendre. Autant quand il parle en anglais que dans son langage qui m’est inconnu.

Incapable de parler pour l’instant, je secoue la tête, les yeux toujours largement ouverts, témoignant ainsi de mon incompréhension. Il s’agite, semble se tourmenter de l’intérieur, à propos de mon patron probablement, mais je suis incapable de le comprendre, de me rendre compte qu’il s’agit là du nœud du problème. Lorsqu’il tente de se redresser, probablement pour paraître plus maître de lui, je retiens avec peine un rire, qui s’insinue sournoisement dans chaque fibre de mon être. Je ne peux que lui donner un B pour l’effort, malheureusement, la réalisation laisse à désirer. Mon instinct de conservation, pourtant minime, parviens néanmoins à se faire une place dans mon esprit, m’empêchant de m’esclaffer. De nouveau, il profère quelques idioties sans aucun sens pour moi et cet fois, je ne parviens pas à retenir ce soupir agacé qui franchi mes lèvres, résonant dans la pièce, en échos à ses nouveaux propos. Il s’agite, se fait du mal, se comporte comme un véritable idiot enragé et semble incapable de la moindre lucidité. Ma patience soudain mise à mal, je fronce les sourcils, m’apprête à lui répondre, au prix d’une réflexion probablement un peu trop longue, mais encore une fois, il me prend de court, venant agripper avec force mon fin poignet. Un gémissement de douleur se fait entendre, incontrôlable, suivi presque aussitôt d’un grognement de rage, tout autant incontrôlé.

En réponse à ces réactions purement physique, mon genou part, violent, directement dans ses parties les plus intimes. Mon geste est probablement disproportionné face à sa colère, mais ses réactions, incompréhensibles, m’empêchent une réaction logique. « C’est bon crétin, t’es calmé là ? Je peux en placer une ? » Mes traits sont tirés, conséquence logique de mon malaise et en réaction à sa colère, qui m’agite plus que je ne l’aurais cru. « Ton frère est mon patron. La collecte d’information n’est pourtant pas mon métier. Seule ma curiosité m’a amené vers toi et seul le fait que Kyran soit ton frère me permet d’être aussi magnanime à ton égard. Je sais pas ce que tu veux lui cacher, mais c’est là tout le but du chantage. Je récupère une information, en échange, je gagne un bonus. Si j’obtiens ce bonus, je garde ce que je sais pour moi ! C’est pourtant pas bien compliqué à comprendre. Et si même l’écervelée y parvient, je suppose que ton cerveau y parviendra sans peine ! » Mes mots s’estompent enfin, je suis essoufflée d’avoir tout balancé d’une traite, dans la peur risible qu’il ne m‘interrompe. « Et si tu pouvais parler en anglais, ça m’arrangerait. » Conclusion risible à ce discours qui se voulait pourtant d’un grand sérieux, je soupire finalement, soudain plus calme…

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Dernière édition par Marie Armstrong le Lun 20 Avr - 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Ven 17 Avr - 1:24

Entre les filets, elle serpente, tantôt narquoise, tantôt subtile, tantôt assassine. Les crocs de cet animal déchirent chaque cordage, libèrent avec une aisance frôlant l’indécence chaque ressentiment soutenu par un maigre ficelage. La vipère s’insinue dans les espaces exigües pour mieux se faire oublier. Provocante, vulnérable, licencieuse. Les mots frôlent ses lèvres, erreur qui suinte déjà sur son menton pour se répandre au sol, pour lui faire perdre pied. Elle use, abuse et s’amuse d’une seule gorge, d’une seule volonté. Divertissement pour une incivile, venue se moquer aux portes de l’enfer, de la hauteur des flammes. Léché par l’abime, l’urgentiste se retient d’entretenir un nouveau gouffre au centre de cet Univers réduit par les circonstances à une seule pièce, à une seule personne et à un seul son. Celui de cette voix qui s’amuse à faire et défaire chacun de ses actes pour les corrompre, les sublimer et les piétiner. Les défenses s’élancent à chaque avancée, à chaque régression. Elle s’agite, succombe et revient. Chiot impertinent qui s’acharne à se tortiller autour de son os pour mieux le dévorer. Son but ? Avoir le contrôle. L’ascendant qu’elle manipule, amplifie un égo peut-être fracturé ou seulement latent. Son passé ne l’importe pas. Seul le présent le condamne. Fautif pourtant, coupable évidemment. Mais orgueilleux par défaut, inapte à laisser la moindre bride entre les mains d’une furibonde furie. Qui est-elle pour s’octroyer tous les droits et chercher à tenir la plume de sa propre tragédie. Quitte à devoir en crever, il préfère encore pouvoir se mener lui-même vers le vide sans même se retourner. Pas besoin d’alibi, pas besoin des autres mais surtout pas d’elle. Le chantage chemine jusqu’à l’inconcevable et en l’espace d’une minute, le mensonge aligne de nouvelles corrosions à sa chair. Il faut régurgiter l’encre avant qu’elle ne s’étale plus dans ses poumons avariés.

Ses paroles développent l’antipathie, déclenchent la violence. Elle fleurit dans les yeux de la brune avant d’infecter ultimement ses articulations. Elle ne lutte même pas contre les épines, son larynx les épouse sans jamais réclamer les alliances. Elle justifie le nouvel assaut à chaque perle écarlate qui essouffle ses poumons, nacrant sa nuit de noce de cette offrande impromptue. Son genou s’élance et fracasse son entrejambe sans plus d’émoi. Elle croit déloger son arrogance, elle ne fait qu’appuyer férocement ses propres frustrations quant à son indifférence. La surprise reste entière, l’esquive se dissout dans la panique que ses révélations ont causé. Elle ondule sûrement plus loin mais il n’en voit rien. La douleur oblige son échine à ployer sous sa vigueur, le prive de mots, de voix, de bruit. Les petits tintements qu’elle provoque, clignotent contre sa conscience sans jamais tout à fait la percer. La sémantique retrouve péniblement son chemin sur les sentiers dégradés de son esprit, quand les élancements s’estompent, quand elle chute enfin sur le point pour ne pas se relever directement. Il cherche à reprendre de la hauteur quand le souffle lui revient, il y parvient à peine. Son bras reste calé sur la table d’examen alors que la bête se réveille au centre de ses ruines pour étendre ses ronces, engranger de nouvelles damnations dans l’espoir de façonner sa noirceur dans la rétine des autres. La rage se détache de son propriétaire pour flirter avec le plancher, allégorie d’un sentiment qui se balance de dalle en dalle pour atteindre abruptement les chevilles de l’opposante.

Son ombre traine la trentenaire au sol d’un coup sec, obligeant son crâne à se fracasser contre le carrelage sans plus de cérémonie. Comme un spasme d’impulsivité qui déserte, il rappelle le spectre soudainement, ravale son effroi avant qu'il ne soit perceptible. Hors du contrôle, il devient autre. Cette nature, ce parasite inversant les métamorphoses, faisant basculer le revers du miroir. Le monde perd sa gravité, le haut, le bas, tout s’inverse. A commencer par ce cœur qui se débat après les fracas. Le scandinave bondit pour admirer le massacre. Il prétexte à nouveau l’impertinence pour masquer les contusions de sa crainte, du remord qui s’engouffre dans les interstices que la créature lui concède encore. « Si tu connais aussi bien Kyran que tu le prétends, tu devrais savoir ce que tu crains en osant me menacer. » Le démon s’agglutine bien trop aux délices de ces pulsions pour s’inventer une autre identité. « Que tu sois sa boniche, son laquais ou son pantin ne te donne pas tous les droits, Armstrong. T'es satisfaite du paysage ? Ça t'a bien amusée ? Que crois-tu que mon frère ferait à ma place ? » Encore cette insolence qui s’articule avec aisance sur ses lèvres alors qu’il pose négligemment son pied sur son épaule et appuie jusqu’à percevoir un craquement. Il s’accroupit ensuite, attrape son menton et cale son regard dans le sien. « Tu as de la chance que je ne sois pas comme ton précieux patron sinon tu n’aurais sans doute déjà plus rien de rattaché à ce joli cou. T'as pas intérêt à lui parler de nos petites entrevues. » Il la relâche sèchement, se redresse pour l’ignorer ensuite. Ses mains s’affairent déjà, il prend la tangente pour taire les échos dérangeants, pour disperser les relents entêtants du monstre. Le pragmatisme lui impose des considérations qui lui glacent le sang. Cette même hémoglobine souhaite profondément gagner le versant opposé pour assouvir sa vengeance, assurer son avenir. Mais l’humain retient la démence. Pour le moment. L’infirmier calfeutre ses plaies, les laisse se refermer avec une rapidité transcendant l’entendement et cherche déjà à brouiller les pistes, ramassant le verre à l’aide de morceaux de carton errants. Pas d’issue, pas de pli. Sans doute qu’il finira par tout perdre dans cette vie aussi. Sans doute qu’il s’y est déjà préparé depuis longtemps. Sans doute qu'il le souhaite. Sans doute qu'il le craint.

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MessageSujet: Re: Play the Game (ft. Ezra)   Mar 21 Avr - 15:06


Ses réactions disproportionnées et erratiques m’empêchent de comprendre clairement ce qu’il se passe actuellement, me frustrant plus que jamais. Adepte des commérages en tous genres, je suis gênée de ne le comprendre qu’un minimum, laissant mon esprit dans un flou désagréable. Incapable de me placer dans cette conversation surréaliste, je réponds de l’unique façon possible, à savoir la violence. Attaquant par là son égo et sa fierté, je sais les conséquences que pourraient m’apporter un tel geste, cependant je ne m’en empêche pas, me trouvant déjà trop magnanime envers le jeune homme. Certes, son sang joue en sa faveur, m’interdisant de déchaîner ma colère contre lui, me punissant par là d’actes que je rêverais de commettre à son égard. Condamnée pourtant, à le subir, sans lui donner tout ce qu’il mériterait, je m’efforce de ne pas fanfaronner en le voyant aussi affaiblie de mon coup. Après avoir finalement reculé de plusieurs pas, je fixe mon regard sur lui, l’observant souffrir, un sourire malsain sur le visage. Finalement, je me délecte de toute sa souffrance, incapable de me comporte de façon plus mature. Cet homme semble réveiller des pulsions meurtrières, que je n’ai plus ressenties de moi-même depuis des années, des centaines d’ailleurs. Tuer pour un autre, n’est qu’un emploi que j’exécute froidement, sans joie, sans dégoût, d’un simple professionnalisme. Tuer pour moi, mon bien être, je ne l’ai fait qu’une seule fois dans le passé et cette pulsion, qui m’a pris autrefois, se répercute encore, dans ma cage thoracique. Difficile à contenir, ce n’est pourtant qu’une simple envie, que je me dois de réprimer. Bien sûr, me débarrasser d’Ezra serait un plaisir sans nom, mais bien largement entaché par les conséquences possibles. Incapable de faire face à une fureur probable de Kyran, je préfère de loin garder mes pulsions bien cachées.

Mes yeux assassins, toujours posées sur l’homme, se délectent toujours de sa souffrance et restent inattentifs sur le reste, si bien que le mouvement effectué par son ombre, reste totalement indétectable pour moi. C’est donc avec un hoquet de surprise que je me retrouve au sol, incapable de comprendre ce qu’il m’arrive. Ma tête heurte violemment le sol, me provoquant une grimace de douleur. Un son sourd, comme celui d’une cloche, résonne dans chaque parcelle de mon crâne, déclenchant une douleur vive qui me fait fermer les yeux, juste une seconde. Le monde tourne de nouveau et je me retrouve incapable du moins mouvement pour me relever. Le choc a été rude et me sentir aussi faible, m’agace presque aussitôt. Je n’ai pourtant pas le loisir de m’en plaindre que sa voix résonne dans la pièce, ainsi que dans mon esprit meurtri. Un écho désagréable éclate, m’empêchant de comprendre exactement ce qu’il essaye de me dire, avec une hargne non dissimulée. Kyran… menacer, craindre. Des mots que j’entends, que je ne parviens pourtant pas à assembler en une phrase correcte. Peu sûre de moi, je réussis pourtant à saisir le sens général et je pourrais presque rire de son arrogance, qui se transforme bientôt en mépris. La douleur se répandant, permet une meilleure compréhension de ses dires et cette fois, je laisse un sourire insolent traîner sur mes lippes, avant de cette fois lâcher un petit cri de douleur. Mon épaule craque, se brise sous la botte de mon assaillant et je suis de nouveau incapable de me débattre, lorsqu’il attrape mon menton. Il continue, lâche sa verve et son venin, directement sur mon visage et c’est finalement d’une impulsion, que je lui réponds.

Sans mots tout d’abord, me contentant de lui cracher au visage. Par dessein, je laisse quelques instants s’écouler, avant de proférer finalement. « Crois moi mon chou… Tu ne veux pas savoir ce que ton frère me ferait. » Ma langue s’égare sur mes lèvres, de façon presque indécente, pour ajouter du piquant à mes paroles. « Le droit, mon cher Reilly, je le prends, le réduis en petit morceau jusqu’à pouvoir le jeter bien loin. Personne ne me dit quoi faire, toi encore moins. » Il s’éloigne enfin, relâchant la pression sur mon épaule meurtrie et incapable du moindre mouvement. Péniblement, je parviens à me mettre sur mon séant, les yeux toujours furieux et déposés sur sa silhouette. « Tu sais ce que tu es ? Un déchet ! Non pas à cause de ta nature, mais plutôt de ce que tu en fais. Ce n’est pas ta nature qui fait de toi un monstre… Elle l’a simplement révélé. » Je suis injuste, n’en pense probablement pas un mot, mais dans la manipulation de mots, j’ai eu affaire au meilleur.

Soudain consciente de m‘enfermer dans une confrontation sans but, sans fin, je décide finalement de m’éloigner de lui. Mon épaule brisée me gêne, m’empêche de me relever avec grâce, mais je parviens finalement à me mettre sur mes pieds et il ne me faut pas longtemps atteindre la porte. D’un geste sec, je déverrouille et ouvre la porte, avant de me tourner de nouveau vers le petit frère. « Ce n’est pas terminé ! » Et sur ces mots, je lance une douloureuse transformation. Bien sûr, je désire mettre le bazar dans l’hôpital et si au passage, cela peut lancer une ultime provocation vers le brun, cela me satisfait pleinement. La bête désormais, claque ses dents avec force, hésite une seconde à se diriger vers l’homme, mais se retient finalement et parcourt le bâtiment, tout en se délectant des cris paniqués alentours…

- Topic terminé -

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Play the Game (ft. Ezra)

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