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 One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory

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MessageSujet: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Dim 22 Mar - 20:18

Certaines personnes ont la poisse et d’autres ont une demi-poisse. Dans le cas de Sorn, il était aisé de parler de poisse animale. C’était à croire que dès qu’il se transformait en lièvre, il était mûr pour les emmerdes... Tout avait pourtant bien commencé. Pas de loup cette fois, pas de piège, il avait tout simplement joyeusement gambadé - ou plutôt sautiller - dans une direction choisie purement au hasard, tout en laissant un sac près d’un arbre reconnaissable. Il ne savait pas trop pourquoi, depuis qu’il était en paix avec sa forme animale, il ressentait le besoin fréquent de la revêtir. Ça le rendait heureux, tout simplement. C’est pour cette raison qu’il s’était baladé, reniflant à gauche et à droite, mangeant quelques brins d’herbes qui lui semblaient plus savoureux que tout ce qu’il avait pu manger le matin-même. Il fallait le faire, surtout quand le repas en question comprenait pancakes et sirop de chocolat.
La méfiance baissant, il le vit arriver juste à temps. Un chien. Un chien énorme ! Gigantesque ! C’était peut-être un peu exagéré mais, dans l’idée, c’était bien ce qu’il ressentait. Un bond en dérapage contrôlé plus tard, il détala dans l’autre sens, rendant on ne peut plus ridicule la situation. Dès qu’il pensait à sa queue rebondissant à chaque bond et à ses oreilles suivant le même rythme, il ne pouvait que se trouver bête. Franchement, il y avait plus glamour qu’un lièvre, ça ne faisait aucun doute. Ce qui le marquait peut-être le plus, c’était de savoir que son popotin allait plus haut que sa tête, voire même de ses oreilles. Et pour rendre le tout encore plus cocasse, il se surprit à penser que dans son cas, l’expression péter plus haut que son cul avait peut-être effectivement du sens. S’il avait été humain, il aurait pouffé.

*Sorn mon vieux, si tu veux pas perdre autre chose qu’un orteil cette fois-ci, bondit plus vite et arrête de te raconter des conneries plus grosses que toi ! Plus loin le bond. Bieeen !*

Une grosse racine plus loin et un autre changement de direction calculé, il se rapprocha de l’endroit où il avait laissé ses affaires. L’ennui quand on est poursuivi par un autre animal avec un odorat du tonnerre, c’est qu’on a dû mal à gagner du terrain et à semer véritablement le trouble fête. Bondissant autour d’un arbre avant d’obliger le chien à se payer la truffe contre le même arbre, il changea encore de direction. Du moins, c’était le but de la manœuvre.
Il pensait avoir réussi son coup et mieux que bien, jusqu’à ce qu’il ne percute de plein fouet quelque chose de doux, de chaud et de très gros. Un peu sonné, il leva le museau vers le haut pour apercevoir... un ours. Se sentant soudain blême et pas franchement à l’aise, il ne voulait qu’une chose, fuir. Vite. Et loin ! Malheureusement, il rata le coche, le chien déboulant séance tenante devant la grosse bête pleine de poils. Qu’avait-il donc fait au bon Dieu pour mériter ça ? Hein ? Il avait toujours été aimant et gentil avec les gens - sauf Cordelia. Alors pourquoi ?

*Un ours. Génial. Qui peut m’en vouloir à ce point-là pour m’avoir marabouter la tronche comme ça ? J’peux pas avoir une poisse pareille. C’est pas naturel. Bouge crétin !*

Étrangement, entre l’arrière de la patte trop grande de l’ours et les dents du chien grognant juste en face, il choisit l’ours. Plus pataud, il était plus lent que le chien. Oui, il avait une chance en agissant comme ça. Pas très valeureux comme façon d’agir mais, un bon lièvre est un lièvre qui sait bondir, fuir et surtout ruser. À quoi bon être un changeur si c’était pour ne pas utiliser sa tête d’humain et ses avantages au passage. Mettre l’instinct du lièvre au tapis n’était pas simple mais, à force de lutter, il y parvint, trouvant même le moyen de narguer le chien.

*Sale bête.*

Malgré tout, Sorn espéra que l’ours n’allait pas faire de mal au chien, auquel cas, il se sentirait vraiment très mal. Il ne voulait pas qu’il lui arrive quelque chose, la pauvre bête n’y était pour rien après tout, il ne faisait que suivre son propre instinct de chasseur et lui... Et bien, il ressemblait à un bon vieux lièvre, ni plus, ni moins.
Il pouvait bien reprendre forme humaine et tenter d’éloigner le chien mais, semer un ours sous forme humaine serait nettement moins aisé. Il était devant un dilemme. Un gros. Dire que ses fringues étaient à peine à quelques mètres de là...


Dernière édition par Sorn H. Corrigan le Mar 24 Mar - 22:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mar 24 Mar - 7:15

Ce n'était pourtant pas un soir de pleine lune.

Et pourtant, me voilà. Bien dressé sur mes 4 pattes puissantes. J'ai passé l'hiver au chaud chez moi. À hiberner. Ouais. J'ai pioncé comme un loir. Putain. Au moins ça m'a pas empêché de bosser – okay, sous perfusion de caféine, mais j'ai réussi à garder les yeux ouverts. Et voilà que les beaux jours reviennent ! Faut croire que les ours sont sensibles au parfum des fleurs... J'ai pas vraiment réfléchi, ça a éclaté en moi, un peu comme un besoin pressant, sauf que là, c'était celui de me dégourdir les pattes, de sentir le vent se glisser dans ma fourrure, me rouler dans les herbes humides.... Bref. Je m'étais retenu toute la journée (et je vous jure, essayez ça quand vous avez la vessie pleine, vous n'y parviendrez jamais. Quelle force de caractère ai-je. Enfin imaginez la tête du client si il voit un ours en bleu armé d'une clé à molette et coincé sous sa bagnole en plus de ça. La fourrure, ça prend de la place.)... Pour craquer lamentablement une fois chez moi. J'étais déjà allé dans le jardin. Avant de reconnaître cette sensation particulière. De simples chatouilles sur ma peau... Des chatouilles rapidement devenues insupportables. Heureusement que je n'ai pas de voisins, dans le quartier où je vis...

Je m'étais effondré. J'avais serré les dents avant de gémir quand mes muscles s'étaient tordus, quand mes os avaient protesté. Quand la fourrure avait traversé ma peau comme mille aiguilles. Bordel, je crois que me faire tatouer un éléphant sur le dos me ferait moins mal que ça... Mais au moins, c'était plus rapide. Et voilà qu'au final, un grizzly s'avance paisiblement dans les herbes. Il ne gambade pas – oh, je viens de sortir de l'hiver, j'ai la tête dans le cul et j'ai 600 kilos à traîner. Mais bon, il déambule avec toute sa majesté – en prenant le temps de fouiller les poubelles qui passent. Quand je parviens à reprendre le dessus, je me force à m'éloigner vers la forêt... C'est pas parce que le coin n'est pas très habité que je vais m'amuser à aller dans les jardins des rares habitants de ce bled. Y'en a qui ont pris des coups de fusil pour moins que ça ! Les odeurs assaillent mon museau et je remue légèrement mes oreilles rondes surmontant ma tête massive. Deux yeux bleus percent ma fourrure sombre. Mes pattes armées de griffes plus longues que mes doigts sous ma forme humaine ne produisent qu'un son étouffé sur l'herbe grasse. J'ai tout de la silhouette tranquille d'un bel ours bien nourri, même si mis à part ma fille et mon sorcier, personne n'est vraiment venu tester ma tranquillité...

Jusqu'à ce qu'un truc se cogne contre moi. Oulà, faudrait bien une caisse lancée à 50 kilomètres heures pour renverser ma lourde carcasse, là, ça a été à peine une pression. Je tourne la tête mais je n'ai pas vraiment le temps de me questionner. Un chien me fonce dessus. Enfin. Il essaye de freiner de toutes ses pattes, les yeux écarquillés sous la frayeur. Et moi, vous savez quoi ? Bah j'en profite. Hey ! Tous les jours quand je vais au boulot, un putain de clébard s'amuse toujours à me faire sursauter en aboyant comme un fou alors que j'marche sans rien lui demander ! Je contracte mes muscles puissants. Une puissance grisante. Je sens toute ma force inonder mes veines alors que je me redresse sur mes pattes arrières, dépassant facilement les deux mètres. Mes mâchoires armées de larges crocs s'ouvrent et laissent échapper un rugissement rauque. Ouais, tout ce tintouin n'est pas nécessaire mais qu'est ce que ça fait du bien de dégager un peu son coffre ! Le chien n'en demande pas plus et s'enfuit lâchement face à moi. Je retombe alors pesamment sur mes quatre pattes en manquant d'écraser la petite créature que j'ai pu apercevoir et la cherche ensuite du regard dans un ronflement.

Je suis de nouveau calme et placide. J'ai toujours aimé observer les animaux depuis ma fenêtre. Les chevreuils et tout. Même les caïmans – rares mais bien présents- qui se font dorer les écailles et se foutent de ma gueule quand je dois aller bosser alors qu'ils se prélassent au soleil. Si je n'avais pas ma fille, p't'être bien que je m'amuserai à vivre comme un ermite. Eau fraîche, gibier chassé et préparé par mes soins à tous les repas, une tente pour seul abri... Et pas de taf sur le dos. J'aperçois le lièvre du coin de mes yeux ronds. Un petit animal rapide, agile comme j'aimerai l'être. Si j'avais pu, un sourire attendri aurait éclairé mon faciès – mais je préfère me retenir, à part montrer stupidement mes crocs, ça ne fera rien. Tiens, des fringues abandonnées à quelques mètres de nous. Curieusement, je m'en approche. Peut-être reste-t-il des biscuits dans ses poches ? Je dois récupérer le poids que j'ai perdu cet hiver ! Et bon, de toute façon, ça sera moins fatiguant de chercher des restes que courir après cette bestiole... Je glisse comme je peux mon museau en croyant fouiller dans la poche du pantalon... Alors qu'en réalité, j'ai passé ma tête par l'ouverture, ce qui ne me fait probablement pas avoir l'air malin. Heureusement que le ridicule ne tue pas. M'enfin, ce n'est pas la première fois que je fais le con. Je m'amuse d'ailleurs à remuer la tête, au point d'envoyer le pantalon valser plus loin avant de cligner des yeux. Cette odeur... je la connais. Oh bon sang. Le gamin là... Celui du bar là... Les images me reviennent en tête... Il serait quand même pas allé se baigner dans la vase ? Y'a plein de sangsues en plus dans ce coin ! Inquiet, je m'éloigne un peu vers la berge dans un gémissement plaintif. L'endroit est dangereux... Moi, je ne risque rien sous ma forme, et encore, j'ai déjà bien failli me faire bouffer par un crocodile un moment. Puis je me fige. Cligne des yeux. Tourne les prunelles de nouveau. Le lièvre... Est ce qu'il... ?
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mar 24 Mar - 21:21

Des kilomètres de verdure... des kilomètres de bayou... Et tout ça pour quoi ? Se faire courser par un vulgaire chien domestique. Vulgaire, c’était méchant et c’était gratuit mais, après tout, Sorn était bien en droit de penser ce qu’il voulait du chien qui était en train de le courser. Il y avait de quoi être légèrement agacé et injuste. Voire même plus que légèrement en fait. Déjà qu’il avait un peu trop la poisse ces derniers temps, il se serait bien passé d’une autre tuile. À croire que l’univers au complet essayait de lui faire passer un message sur sa condition de changeur.
Il était évident que si la course poursuite avec un chien n’était pas prévue, la rencontre avec une patte d’ours non plus. Ce n’est normalement pas le genre d’obstacle que l’on rencontre en forêt, de ça, Sorn était à peu près certain. Ou alors, dans d’autres circonstances mais, certainement pas dans sa situation. Si ? Bon, peut-être. En fait, il ne savait pas et, il ne voulait pas vraiment le savoir. Il préférait croire qu’on ne pouvait pas croiser un ours à chaque croisement, derrière un arbre ou encore un buisson. D’ailleurs, c’était bien trop gros, un ours.

Bien caché derrière cette fameuse patte d’ours pour encore au moins quelques secondes, il se sentit soudain très petit quand ce dernier se dressa sur ses pattes arrières pour faire fuir le chien. Seigneur... Comme il comprenait cette pauvre bête de filer ventre à terre. Il en aurait bien fait de même s’il avait écouté le lièvre. Hélas, un mauvais timing l’empêcha de prendre ses pattes à son cou quand l’ours se tourna vers lui. L’espace d’un instant, il se dit qu’il était foutu, qu’il allait finir sa vie dans l’estomac d’une énorme bête dont il couvrirait à peine l’appétit. Triste fin. Pourtant, il vendit sa peau trop tôt et fut surpris de voir que l’ours se détournait de lui pour prendre une tout autre direction. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il se souvint de ses fringues abandonnées dans un coin, dans un sac... Il suffisait qu’une odeur tente l’animal et il se retrouverait sans rien à se mettre sur le dos, forcé de rentrer à petits bonds jusqu’à son appart’ et tenter de se faufiler à poil chez lui. Sérieusement, avait-il vraiment une telle poisse ? Ça en devenait grotesque.
Sans réfléchir, il détala en direction de ses fringues arrivant juste à temps pour voir l’ours fourrer son gros nez dans son sac et en sortir son pantalon avant de... jouer avec. Son instinct lui criant de se tirer, il resta pourtant planté là, assis, les oreilles aux aguets, les pattes prêtes à la course, à regarder un gros ours envoyer valdinguer son futal près d’un arbre non loin.

*Bon, j’ai toujours un pantalon... C’est déjà ça.*

Avec de la chance, il pourrait aller récupérer son pantalon, le traîner sur les feuilles par il ne savait quel miracle et l’enfiler avant de récupérer le reste si c’était possible. Vu de l’extérieur, le plan aurait pu sembler parfaitement stupide mais, sur le coup, ça semblait parfaitement logique et réalisable. Parfois, son imagination primait un peu trop sur la réalité d’une situation. Non. Pas parfois. Souvent ! Très souvent !
À nouveau, quand l’ours s’éloigna, il en profita pour se rapprocher de son sac le plus discrètement possible. C’était étonnamment facile, d’être discret, quand on était un lièvre. La patte légère, il ne faisait presque aucun bruit. Un vrai ninja des sous-bois. Ce n’est que lorsque l’ours fit à nouveau volte-face pour le regarder directement alors qu’il était à quelques dizaines de centimètres du sac qu’il se rendit compte de son erreur. Si ça se trouvait, la grosse bête pleine de poils était toujours intéressée par ce qu’il y avait dedans.

*Quel con ! Et tu fais quoi maintenant super ninja ? Tu lui fais une prise de karaté ?*

S’il avait pu, il se serait tiré en crabe, en mode ni vu ni connu, hors, il en était désormais hors de question puisque l’ours ne semblait plus vouloir du tout orienter son attention ailleurs. Figé dans un mi-mouvement, il sentit ses oreilles le chatouiller. Ah non, ça, nom de Dieu, ça n’était vraiment pas le moment pour une transformation surprise ! Tout allait bien, parfaitement bien. Il n’était pas en danger. Ça non. Il faisait juste face à un... très gros ours. C’est à cet instant que l’évidence le frappa. Il était vraiment dans la merde. Autant qu’avec le piège de la dernière fois et cette fois, ce serait trop beau qu’il y ait une Cora fort sympa qui traînait dans le coin avec un husky pour lui sauver son petit cul poilu.
Bien malgré lui, il sentit ses oreilles picoter d’autant plus. Tentant de reprendre le contrôle, il sauta derrière son propre sac et enfuit son petit museau entre ses pattes avant. Avec un peu de chance, il arriverait à reprendre le contrôle, à faire abstraction de la trouille qui était en train de monter vitesse grand v.

*Allez mon vieux, reprends-toi. Il t’a oublié une fois, il va t’oublier encore cette fois. Si ça se trouve, il n’a pas eu le temps de te voir sauter derrière ton sac. Ton pantalon semblait plus l’intéresser que le chien ou même toi.*

Facile à penser, plus difficile de se convaincre. Pourtant, les picotements commençaient bel et bien à refouler. Il reprenait le dessus sur les sentiments qui étaient en train de foutre le souk dans sa tête. Être un changeur, ça avait ses avantages mais, seulement quand on contrôlait la situation finalement.


Dernière édition par Sorn H. Corrigan le Mer 25 Mar - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mer 25 Mar - 8:37

Le lièvre est là. Il se tient dans le sac, enfin, il n'y reste que le temps d'un clignement d'yeux. Serait-ce... Un changeur ? Je remue mes oreilles rondes avant de m'avancer pesamment pour récupérer le pantalon. J'entrouvre mes mâchoires pour refermer mes crocs massifs sur le tissus et, à la façon d'un chien bien dressé, je reviens vers le sac pour y reposer le pantalon. Tout du moins, jusqu'à ce que j'aperçoive le sachet rouge sous un t-shirt... Du bout du museau, je repousse de nouveau le linge avec plus ou moins d'adresse. Je suis affamé ! J'ai perdu au moins 5 kilos avec l'hibernation et jj'ai bien besoin de les récupérer ! Du bout de ma patte griffue, je dégage le paquet de biscuits du sac et redresse la tête vers le lièvre tremblotant à semi dissimulé par le sac. J'l'ai oublié, l'espace de quelques secondes. L'appel du ventre, que voulez-vous ! J'aurais pu froncer les sourcils face à sa posture. À croire qu'il prie. J'ai vu assez de p'tites bestioles de son genre pour voir que sa réaction n'a rien de naturel. J'hésite mais je tire le paquet de biscuits vers moi avant de m'asseoir maladroitement. J'attrape le paquet de biscuits dont j'arrache le sommet d'un mouvement de crocs, puis je renverse le contenu sur l'herbe afin de me faciliter la tâche. J'essaye de lui montrer, à ma manière, que je ne lui veux pas de mal... Hey, je me vois mal aller le lécher à la façon d'un clébard (déjà je vais avoir des poils de lapin sur la langue, lui va croire que je vais le bouffer... et si il retrouve son apparence humaine, on aura l'air malin. Baver dans le premier sens du terme sur quelqu'un n'est pas toujours le meilleur des moyens pour s'en faire un copain. Essayez de cracher sur un mec dans la rue et vous verrez bien sa réaction). Le tapoter avec ma patte ? Oulà je vais en faire de la bouillie.

Simplement manger ses biscuits me semble la plus appropriée des réactions. J'essaye d'attraper un biscuit entre mes pattes, mais je l'écrase sans un effort. Un soupir m'échappe et je lèche mes coussinets avant de me pencher pour directement les attraper entre mes crocs. Il faut dire que Sigurd me donne absolument tout et n'importe quoi quand je suis sous cette forme... Et je préfère avoir le goût du chocolat sur la langue quand je reprends ma forme humaine que celle des viscères d'une proie récente. Buerk. De toute façon, j'ai besoin de manger avant de pouvoir reprendre ma forme humaine ! Je prends le temps d'engloutir pratiquement le quart du paquet avant de m'ébrouer et me redresser de nouveau sur mes pattes. Je fais quelques pas chancelants avant que la transformation inverse ne me fasse soudainement retomber sur le flanc. Je laisse échapper un grondement alors que je me tords dans tous les sens... Je me griffe la fourrure, mais mes pattes deviennent bientôt des mains, ma fourrure laisse place à ma peau légèrement tannée par le soleil à force de travailler dehors... Mon museau laisse place à mon nez marqué d'une bosse en son milieu, à mes mâchoires carrées effacées par une barbe mal rasée. Mes courts cheveux bruns coiffés en pétard remplacent ma couronne de fourrure. Mes mains épaisses, couvertes de corne, se reposent au sol pour m'aider à m'asseoir au sol alors que je dissimule ma virilité en haletant légèrement, encore un peu plié en deux avant qu'un glapissement ne s'échappe de mes lèvres quand ma colonne vertébrale émet un claquement.

Oh bordel de dieu, je souffre toujours le martyr... La tête me tourne et j'inspire profondément en portant une main à mon visage. Je me recoiffe rapidement avant de lever de nouveau mes yeux bleus vers le lièvre et lui sourire.
_ Hé beh, c'est la première fois que je vois un autre changeur ! J'affirme joyeusement, Attends, j'ai mes fringues pas loin, je reviens !
Je me redresse péniblement et boîte jusqu'à un arbre pour récupérer mes fringues, judicieusement placés en hauteur. Hé, un sac, tous les animaux un peu brutos comme moi vont s'empresser de le disséquer pour y trouver de quoi bouffer ! J'enfile mon jean bleu, ma chemise mauve et ma veste en jean par dessus. Hop, une fois ma paire de baskets enfilée, je reviens vers le petit animal tremblant, la démarche encore un peu hésitante. Mon teint est pâle, mes traits sont tirés par la douleur, et pourtant, c'est un grand sourire radieux qui éclaire mon visage. Ce genre de sourire qui met des étoiles dans les yeux, qui me réchauffe assez le cœur pour que j'en oublie mes vieilles douleurs articulaires... Je m'fais plus tout jeune, j'ai dépassé les 40 ans ! Sorn peut probablement reconnaître mon visage de bon vivant, avec cette joie de vivre qui émane tout naturellement de mon regard.

Pour une fois, mes goûts vestimentaires particuliers ne sont pas tellement mis en avant...
Faut dire que j'aime mettre une veste moutarde avec un pantalon violet, ou encore, des t-shirts décorés de petits animaux mignons sur un short à carreaux. Non, là, j'ai fais discret, j'ai pas trop envie qu'on me rôde si facilement dans la forêt. Et comme j'ai l'habitude de me transformer de façon intempestive, j'en viens à prévoir des fringues que je range toujours à cet arbre.
_ Désolé de t'avoir fait peur..., je m'excuse dans un sourire contrit en me penchant pour récupérer un autre biscuit que je glisse entre mes lèvres. Oh, malgré ma perte de poids, je garde mon petit embonpoint que je veille à entretenir à grands renforts de bonnes choses ! De toute façon, malheureusement, ma transformation en ours m'oblige à avoir quelques kilos superflus...  Une bonne excuse pour justifier ma gourmandise. Je tapote d'ailleurs inconsciemment mon ventre avant de glisser une main dans ma poche.
_ Et j'ai pas résisté à tes biscuits non plus..., j'ai un rire en finissant de les ramasser pour les ranger dans son sac, finalement.
… En tous cas, si ce n'est pas un changeur, je viens de me péter la honte de ma vie, à causer tout seul avec un lapin.
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Jeu 26 Mar - 1:53

Ce moment fatidique où vous êtes persuadé que vous pouvez devenir invisible si vous vous concentrez assez fort... Sorn en était précisément à ce stade. Il était persuadé qu’il avait bien fait de se planquer même s’il avait l’air ridicule. Le museau bien planqué dans les pattes, il ne vit pas que l’ours se dirigeait à nouveau vers le pantalon, il le vit encore moins ramasser le textile pour le ramener près du sac. Ce n’est que lorsque le tissu fit bouger le sac que le lièvre daigna enfin relever les yeux et faire fi du bourdonnement et du fourmillement dans ses oreilles. Ce qu’il vit alors le surprit et l’obligea à reconsidérer la situation. Il cessa de se faire des films pour un temps. Il avait complètement oublié qu’il avait un paquet de biscuits dans son sac et Dieu seul savait quoi d’autre. Il devait vraiment faire plus attention à ce qu’il embarquait avec lui à l’avenir. Depuis quand y avait-il des ours au pays ?
À moitié redressé, à moitié couché mais, semblant toujours en train de se planquer, il regarda les biscuits tomber sur le sol du coin de l’œil. Plus il regardait l’ours agir et moins il avait l’impression que son attitude était naturelle. Pas plus que la sienne en réalité. Dépassé ce stade, il finit enfin par utiliser un peu plus son odorat avant de se fier à ses sens d’humain. Il faisait encore cette erreur un peu trop fréquemment. Il y avait autre chose que l’odeur de l’ours mais, il ne savait vraiment pas quoi. Là, tout ce qu’il voyait, c’était un animal énorme en train de se farcir ses biscuits. Dur de réfléchir autrement dit.

Au final, il en oublia la prudence pour regarder le manège de l’ours. C’était assez amusant à voir quand on ne pensait plus au fait qu’il pouvait lui écraser la tête d’un simple coup de patte. Il en avait presque oublié qu’il regardait un gros truc poilu se bâfrer jusqu’à ce qu’il ne le voit se coucher au sol et se tordre dans tous les sens. Il connaissait ça ou plutôt, il savait ce que ça faisait. Cet ours, c’était un changeur. C’était sûr. Ce n’était vraiment pas possible autrement, du moins, il l’espérait, sinon, c’était vraiment très étrange.
Il sut qu’il avait raison lorsqu’il commença à changer, à se transformer. C’est le visage qu’il prit qui le figea. Il connaissait l’ours. Il savait qui il était, c’était une de ses connaissances. Un autre changeur. Mais combien étaient-ils à la Nouvelle-Orléans ?

Gregory... Bon sang. C’était Gregory, ce brave gars qu’il côtoyait à l’occasion dans les bars ou avec qui il parlait cuisine. Là, il se sentait vraiment comme un con. Il était en arrêt complet. Il ne réalisa même pas qu’il était parti se rhabiller et qu’il était déjà revenu habillé. Il mit un temps de plus à comprendre qu’il lui avait parlé pour s’excuser de lui avoir fait peur. Il se ressaisit ensuite et se dit qu’il était temps de laisser la place à l’humain et donc, à la transformation.
Restant planqué derrière le sac, il laissa les picotements l’envahir et se répandre. Il n’aimait pas vraiment l’idée de se retrouver à poil devant un gars qu’il connaissait et qui saurait désormais ce qu’il était. Quand c’était involontaire, c’était toujours beaucoup moins douloureux, étrangement. Hors là, la transformation était douloureuse. Tous ses os devaient se rallonger, s’étirer, ainsi que sa peau. Il retint pourtant ses cris, habitués sans l’être vraiment. Haletant, il finit par tendre la main pour saisir son pantalon et l’enfiler à l’arrache, encore tremblant.

- « Content que les biscuits t’aient plu. »

Pour un début de conversation, ça aurait pu sembler étrange, hors, pour ceux qui connaissaient Sorn un minimum, ça n’avait rien d’anormal qu’il lance la conversation de cette façon.

- « Le lièvre est un gros peureux, c’est plus fort que lui. »

Le lièvre... en disant ça, il avait regardé ses pieds alors qu’il cherchait un t-shirt en esquivant soigneusement le regard de Gregory. La situation était un peu gênante et il se voyait mal affronter son regard maintenant. Après tout, ils n’avaient jamais discuté de ça ni l’un ni l’autre. De fait, il avait un peu de mal à le regarder en face. Il se sentait un peu coupable, comme s’il avait été pris la main dans le sac.
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mar 31 Mar - 8:58

Je détourne pudiquement les yeux quand je le vois s'étaler comme une crêpe. Oh, j'connais bien ces sensations. Curieusement, c'est bien moins douloureux quand j'ai l'estomac rempli. Je croise mes bras solides sur mon torse et fais mine de m'intéresser aux quelques oiseaux qui traînent dans le ciel. Y'a absolument rien d'agréable au fait de se transformer – et encore moins quand on vous matte tout ce temps. J'entends finalement une voix... Et la reconnais. Je cligne des yeux et les tourne vers les siens, vers ce regard clair levé vers le mien, vers ce corps bien plus frêle qui tremble encore sous la souffrance. Sorn. Je ressens un élan de chaleur, là, au fond de ma poitrine. Oh, on n'est peut-être pas les meilleurs amis mais j'peux pas nier m'être attaché à ce jeunot. En le voyant chercher, je me penche pour attraper son haut et le lui tendre. Un sourire franc et rassurant éclaire mon visage tiré par la fatigue. Mes prunelles claires viennent cueillir les siennes alors que j'ai un petit signe de tête.
_ Ne t'en fais pas. C'est rien, je lui assure en tapotant son autre épaule de ma main calleuse, Couvre toi vite avant de chopper froid.

Ouais, j'ai toujours été instinctivement plus paternel envers les plus jeunes... Et le voir trembloter comme ça, baisser la tête... Arf, non, j'aime pas tellement le voir comme ça. Le lièvre est une bonne excuse, comme moi avec l'ours. Mais il est d'un naturel stressé, ça se sent, vous savez, ce genre de... manque d'assurance. Ces failles qui nous crevassent, celles qui dévorent parfois toute notre énergie et pas seulement. Ces saloperies avides qui s'emparent parfois de nos rêves, de nos espoirs, de notre joie de vivre, au point de nous en faire devenir comme infirmes, handicapés, immobilisés par ces plaies béantes impossibles à se refermer. Qu'est ce qui a pu causer ça chez lui ? Et pourtant, Sorn a cette fougue, cette énergie qui le pousse à sourire, à écouter les autres et leur apporter sa présence comme il a pu le faire à de nombreuses reprises à mon adresse quand nous nous croisions. Alors j'fais ce que je peux pour refermer ces plaies que j'ai cru voir. Pour qu'il pense à autre chose que ce qu'il le ronge. Faut pas se miner la tête de conneries, non. La vie est bien trop courte. Trop fragile. Des phrases putain de bateau, je sais, et qu'on fait que se répéter. Mais j'en ai vu partir trop vite. Et lui doit bien le savoir...

_ Ca va aller ?... J'habite pas loin, ça te dit d'aller boire quelque chose de chaud ? Ça nous rappellera le bar, je ricane en glissant mes mains dans mes poches. J'attends encore quelques secondes, afin d'être sûr qu'il tienne sur ses pattes toutes fines. Je me mets ensuite en route, remontant les rues plus ou moins abandonnées... Le quartier dans lequel je vis est pratiquement jeté en proie aux herbes folles, au point où les routes en sont on ne peut plus abîmées, traversées par les racines sauvages de vieux arbres ayant résisté à tous les cataclysmes ayant pu survenir ici. Il y a de nombreuses baraques plus ou moins en ruines – dont la mienne. J'devrais ptet avoir honte de le traîner là, mais j'n'y pense même plus. J'pense davantage à ce que je viens d'apprendre. Car ouais, je fais le mec assuré, le mec tranquille, mais... putain je suis pas le seul « Transformer ». On lui a jeté un sort à lui aussi ? Est ce qu'il aurait des conseils à me donner ? Est ce que c'est grave qu'on sache ça l'un de l'autre ? On va pas commencer à faire une meute, hein ? Parce que bon, un lièvre et un ours garou, traîner ensemble euh... J'rentrerai jamais dans un terrier et je doute qu'il vienne chasser avec moi. Au pire des cas, j'ai même peur de m'en prendre à lui. Je n'ai pas tellement de contrôle sur la Bête en moi... Je sais que Sigurd me donne des trucs à bouffer et que sa magie à la con suffit bien souvent à me dompter, mais lui euh. Enfin j'pense qu'il saura s'enfuir mais ça le ferait moyen, quand même, d'essayer de bouffer son pote.

_ Et tu te transformes souvent par ici ? Je plaisante dans un grand sourire. Au bar, on a déjà vu mille et une tactiques de drague, plus ou moins volontairement, dont le fameux « Vous venez souvent par ici ? » qu'on entend au moins une fois par jour, quand j'prends mon café. C'en est devenu une blague, au point où j'en viens à l'accoster parfois comme ça. On approche de ma maison, délimitée par un portail de bois. Un jardin pousse à son bon plaisir, bien que j'ai débroussaillé au plus près des murs fissurés de ma baraque. Tout un côté du toit est défoncé, protégé par une bâche bleue. J'ouvre la porte et entre directement dans le salon, une pièce circulaire avec un canapé, une valise, quelques fringues de Sigurd sur l'accoudoir. Y'a une table basse avec la télécommande d'une télé que j'ai récupérée dans un grenier – une télé qui date d'au moins 10 ans et qui grésille violemment de plus en plus régulièrement. J'devrais la balancer avant qu'elle ne nous éclate à la gueule. Les fenêtres sont rarement intactes, beaucoup sont fissurés voire brisées et j'ai tenté de les protéger soit en y recollant du verre ou du scotch orange. Je n'ai pas beaucoup... De moyens. À dire vrai, je me saigne complètement pour payer les études de ma fille. Je veux qu'elle ait un avenir. Je veux qu'elle ne manque de rien. Et une fois ces besoins satisfaits, il me reste de quoi payer le loyer et la bouffe. Le reste... c'est bien souvent de la récupération, comme le vieux fauteuil défoncé dans un coin de la pièce. De là où l'on est, on peut voir un escalier monter aux chambres – la mienne et celle de Lya. J'emprunte une porte qui conduit à la cuisine, bien rangée, avec une table, quelques placards. J'en ouvre un, découvrant de la vaisselle très colorée, et je nous prends une tasse à chacun.
_ Tu veux manger quelque chose ? Boire un truc ? J'ai du café, du thé, du chocolat...
Ici, une baie vitrée s'ouvre sur le jardin sauvage et découvre, au loin, le Bayou. C'est bien souvent par là que je passe sous ma forme d'Ours, et l'on peut apercevoir les traces de griffes sur le parquet usé...
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mer 1 Avr - 20:12

De base, Sorn n’avait jamais eu à reprendre forme humaine devant quelqu’un d’autres, à part devant Cordelia. Si la chose était arrivée, c’était par un pur coup de pute du destin. Jamais ce genre de choses n’avaient été volontaires auparavant et encore moins récurrentes, heureusement. La douleur irradiant dans tout son corps, il mit un certain temps avant d’être seulement capable de réagir correctement, ou du moins, sans ressentir un pic de souffrance quelconque. Il ne put pas vraiment se rendre compte que Gregory avait détourné le regard pour lui laisser de l’intimité mais, lorsqu’il mit un certain temps à le regarder et surtout le voir, il lui fut extrêmement reconnaissant. S’il y avait bien un passage qu’il n’appréciait pas, c’était l’étape du changement. Il ne s’y ferait sûrement jamais.
Une fois son haut dans les mains grâce à Gregory, il l’enfila rapidement pour suivre son conseil, finissant par retrouver chacune de ses fringues heureusement épargnée par le plus vieux. Son cerveau, à grand renfort de réflexions, semblait chercher comment il avait pu passer à côté de ça. Tout comme lui, il était un changeur. Nettement plus imposant mais, un changeur quand même.

Face à ce gars-là, il se sentait toujours un peu gamin, plus très adulte et parfois même... il avait l’impression de lui devoir quelque chose. Une sorte de sérénité qu’il retrouvait à chaque fois qu’il passait du temps avec lui, même par hasard. Malheureusement, le lièvre ne pouvait pas s’empêcher de stresser, de flipper et de vouloir se tirer très vite en bondissant. C’était toujours pareil avec lui... mais, l’animal n’était autre que lui et il savait qu’il n’était pas ce lièvre anxieux et stressé par choix. Sa forme, c’était juste lui, puissance mille.
Se reprenant progressivement, il finit par se redresser te ramasser son sac. Il restait apparemment quelques petites choses dedans. Heureusement que ça n’avait été que ce brave gars parce que dans le cas contraire, il aurait eu un gros problème de fringues et il aurait encore dû se démerder pour passer discrètement devant les concierges jusqu’à son appartement à poil.

- « Ouais. Ça va. J’en chie toujours vachement quand c’est volontaire. Ça va passer. » Il hésita quelques secondes à répondre à l’invitation mais, finalement, il hocha la tête. « Ouais, ça fera du bien. »

C’était surtout que ça leur permettait de se retrouver sur un terrain familier. Sorn connaissait mal le quartier, ils venaient tous les deux de découvrir qui ils étaient, il se sentirait probablement mieux dans une situation familière. Regardant un peu partout, il se dit qu’il vivait vraiment dans quelque chose de bien trop grand et nettement trop cher. Il n’avait pas le choix, ses parents ne le lui laissaient pas. Ils lui avaient promis qu’ils lui mettraient un conseil de famille sur le dos s’il n’acceptait pas leur aide et... il n’avait pas besoin de ça. Clairement pas. Rien que l’idée de devoir affronter sa famille le rendait malade, limite nauséeux alors la totalité de la famille ? Certainement pas ! Jamais.
Ravi d’être arrivé à destination bien que toujours mal à l’aise de vivre dans le luxe, il sourit en entendant la phrase de l’ours. Cette bonne vieille blague très conne qu’ils ressortaient de temps en temps. Dire que cette approche était encore utilisée... Quel manque de savoir vivre.

- « Pas vraiment. Je change souvent d’endroit quand ça m’prend. J’ai pas encore... trouvé mon coin. Si on peut dire. Vu ma taille, j’dois me méfier de tout et l’appart’ est pas toujours suffisant. L’herbe est plus verte ailleurs, tu connais le proverbe. »

Oui, manger de la verdure, ça restait un aspect du changement qui lui semblait bien étrange mais, c’était lui et il faisait avec. Il voyait mal le lièvre se taper un steak. Il était réaliste, il avait perdu l’appétit quand il s’agissait de viande et ça n’était pas par hasard. Inévitablement, il se disait que ça pouvait être lui même si la chose était hautement farfelue. Pourtant, rien à faire, il ne pouvait plus ou alors en quantité infime, si infime que ça ne goûtait presque pas.
Une fois assis, il considéra la proposition de Gregory et se dit qu’un café ne serait pas de trop. Un peu de caféine ferait peut-être du bien à son organisme de stressé carburant au café et à la nicotine. Il mettrait d’ailleurs un moment à vouloir s’allumer une clope. Ça ne lui réussissait jamais quand il s’était transformé peu avant.

- « J’dis pas non à un café. J’ai encore deux ou trois trucs dans mon sac pour le casse-dalle. Ca nous fera un pique-nique forestier partagé. »

Sur ces mots, il sortit un paquet de biscuits apéro goût fromage - chimique à souhait - et des chips qui ne devaient pas être en super état sauf si son compagnon bestial y avait été molo en choppant les biscuits.

- « J’sais pas trop si ce sera encore mangeable. J’suis un peu con, j’pense jamais aux conséquences d’amener de la bouffe avec moi. J’ai toujours une fringale d’enfer quand je vais sautiller dans mon tas de poils. »

Il tentait d’alléger un peu l’angoisse dont il était l’objet depuis un temps. Plaisanter plutôt que de faire face. Sorn était on ne peut plus doué pour ça. Parler pour ne rien dire. Parler pour faire oublier le plus important. Parler tout le temps. De cette façon, il espérait que Gregory ferait l’impasse sur la preuve manifeste qu’il était un véritable stressé de la vie.
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Sam 16 Mai - 17:44

J'ai un rire en préparant la cafetière. Un pique-nique forestier ? Moi, ça me va. Je me permets d'ailleurs d'attraper un biscuit que je coince entre mes lèvres pour ouvrir les placards presque vides. Y'a quelques bols, un paquet de céréales entamé, quelques paquets de biscuits. Je prends les deux seules tasses que je possède avant de nous servir à chacun un bon café chaud. Je lui amène le sien et repose le mien, avant d'y rajouter un peu de lait. Je pousse vers lui la petite brique si jamais il souhaite s'en servir, croquant dans mon biscuit avant d'avaler une gorgée de mon café. Il est brûlant, j'en grimace légèrement d'ailleurs avant de m'ébrouer un peu comme un chien ayant des puces.
_ T'en fais pas, qui sait, sans ta bouffe, je t'aurais peut-être pas trouvé. Heureusement qu'on est que tous les deux, on doit puer le fauve à 200 mètres, ai-je besoin de plaisanter à mon tour en terminant mon biscuit, ravalant une autre gorgée de café. Je suis complètement affamé moi aussi, et bien que j'essaye de me comporter avec le plus de civilité possible, mon estomac finit par émettre un gargouillis assez bruyant. Je tapote mon ventre avec malaise et souris avec gêne.

_ Désolé, moi aussi j'ai toujours trop la dalle après une soirée à courir dehors. D'ailleurs, rassure moi, ta forme de lièvre là, ça te pose pas de soucis de libido ? Parce que moi, l'ours, ça m'a fait prendre 20 kilos et dormir en hiver. D'ailleurs, je peux te piquer un autre biscuit ?... Oui je t'en ai volé déjà pas mal mais ce n'est jamais trop tard pour demander.

Je ricane un peu et m'affale un peu plus sur ma chaise pour m'étirer dans un grondement. On peut entendre les oiseaux gazouiller dans mon jardin. Ici ? Pas le son lassant des voitures qui circulent... Les routes sont tellement défoncées qu'à part ma vieille caisse, plus grand chose ne les parcourent. Je souris de nouveau à Sorn. Je connais assez peu ce gamin, en fait. Ouais, pour moi, c'est un gamin. Avec ses grands yeux clairs, ce sourire qu'il affiche parfois, celui qui tire le coin de ses lèvres, tire une petite fossette, ce sourire traître qui dénonce une nervosité sous-jacente, un cœur au bord des lèvres, cœur prêt à s'emballer sous les coups de stress qui le saisissent. J'ai été flic, hein. Ce genre de choses, j'ai appris à les voir. À les sentir. C'est peut-être pour ça que je me sens paternel envers lui, instinctivement. Sorn, c'pas le genre de mec qui va venir vous emmerder pour un peu d'action, c'pas celui qui va commettre de graves erreurs à part si on le pousse à le faire.


J'crois qu'il me rappelait ce gosse que j'ai dû interroger à plusieurs reprises. On soupçonnait un trafic de drogue. On m'a toujours dit que j'avais un bon feeling avec les gamins, alors on me l'a coltiné dans les pattes. Il avait à peine atteint la majorité. Dès que l'on se voyait, il aboyait comme un chien, les poings serrés. Mais c'était pas la haine que je voyais dans ses yeux. C'était la trouille, la vraie. Celle de se faire crever si il balançait, celle de se faire accusé et de finir en taule alors qu'il avait déjà peine à survivre dans la rue. Quand j'ai réussi à gagner sa sympathie, il lui arrivait de me sourire. Ce même sourire qu'avait Sorn. Celle d'un gamin paumé, malmené par la vie, balancé à droite et à gauche par un stress constant, une peur présente, là, au fond de ses entrailles, un océan enragé qui s'acharnait sur sa pauvre petite barque.
Mon regarde reste d'ailleurs fixé sur lui avant que je n'entrouvre les lèvres pour plus sérieusement lui demander.
_ Ça va mieux ? Je voulais pas te faire peur, tout à l'heure.
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Jeu 18 Juin - 17:41

Le café sur la table, devant lui, la situation lui semblait toujours aussi irréaliste. Gregory, un ours. Un ours gigantesque en plus ! Cela dit, tout lui paraissait gigantesque lorsqu’il était sous sa forme animale. Considérant le lait, il s’interrogea sur le fait de vouloir boire son café noir ou non. Il avait parfois ce problème de savoir ce qui le tentait humain et de ce qui le tentait animal. Le lait l’emporta pour la simple et bonne raison qu’il voulait se sentir plus humain, plus vite. Il en avait étrangement besoin.

- « Hum, tu as raison, on doit pas sentir la rose. C’est l’inconvénient de crapahuter dans les bois. Et le pire, c’est que j’ai parfois du mal à supporter l’odeur d’un parfum ou d’un déo sur moi. Un peu comme si je n’arrivais pas à me reconnaître. C’est un poil dérangeant. En attendant, merci, tu m’as sorti d’une drôle de situation. »

L’estomac de son ami grognant largement, il sourit. Ainsi, il n’était pas le seul. Mais, lorsqu’il l’interrogea de but en blanc sur sa libido, il resta con un moment. En y réfléchissant sérieusement, il devait admettre que la chose devait très certainement jouer. Il n’avait jamais été si volage. Il avait mis ça sur sa réaction par rapport à la situation. Les deux éléments devaient très certainement jouer. Le tout était de savoir si ça ne faisait pas déjà partie de lui avant tout ce merdier. C’était compliqué.

- « En fait, j’crois que j’ai toujours eu une libido assez forte. J’ai jamais été du genre à me priver mais, maintenant que tu le dis, ça doit pas mal jouer aussi mon côté lièvre. » Il grimaça un peu. « Bizarre hein ? » Avant de se reprendre. Il fallait reconnaître que ce qui se passait là n’était pas vraiment habituel. « Sers-toi ! On est plus à un biscuit tu crois pas ? » Lui-même en arracha un du paquet.

À toute force, il tentait de faire abstraction de l’étrange situation dans laquelle il était. Après tout, ça n’était pas tous les jours qu’on découvrait qu’un de ses potes était un peu pareil mais, en plus gros, plus énorme, plus poilus. Il avait beau s’interroger, il voyait de moins en moins en quoi c’était bizarre et au fond, il trouvait même ça rassurant. Il y avait maintenant un type dans son entourage qui pouvait comprendre et ça, c’était quelque chose. Il n’oserait certainement jamais poser des questions mais, c’était juste rassurant de le savoir là. Sans le savoir, Gregory faisait quelque chose pour lui, alors naturellement, il voulait faire quelque chose en retour. Il lui restait à trouver quoi.
Au fond, ils n’avaient jamais vraiment parlé tous les deux. Juste des conversations un peu potache, juste pour dire de parler, comme Sorn savait si bien le faire. Il était doué pour ça le lièvre, parler pour ne rien dire, pour combler le vide. Il avait horreur des silences gênés, il avait horreur des silences tout court. Voilà pourquoi, chez lui, il y avait toujours de la musique en fond. Voilà pourquoi il aurait largement préféré vivre près des bars et de l’agitation des soirées de la Nouvelle-Orléans.

- « Ouais. T’en fais pas. Le lièvre, c’est un peureux. Un vrai stressé. Le fait d’être un gibier doit pas vraiment aider. Ça déteint sur moi. Cette impression de devoir rester aux aguets tu vois, de devoir faire gaffe à ses oreilles. J’suis un peu comme ça aussi du coup. T’as pas un truc du genre toi ? À part tes vingt kilos et tes super siestes ? J’t’envie d’ailleurs. Faire la sieste, c’est un peu le pied sur terre. »

Et vu que ses nuits à lui, étaient assez chaotiques, il l’enviait. C’était stupide mais, une vraie nuit de sommeil, au fond, il avait oublié à quoi ça pouvait bien ressembler. En fait, les gens ne savaient pas ce qu’ils avaient avant de le perdre. Sorn, lui, il avait bien saisi ce qu’il avait perdu. Et des choses, des gens, il en avait perdu un paquet finalement. Il aurait refilé tout son pognon si ça avait pu ramener Varn. Oh, sa vie d’avant, il n’en voulait pas vraiment, il avait appris que l’argent était utile, évidemment mais, l’argent ne rendait pas heureux, ça non. Il en avait déjà trop, beaucoup trop et personne ne pouvait véritablement comprendre qu’il voyait l’argent comme un poison, une cage.

De l’argent peut-être ? En douce, un petit peu, de temps en temps. Pour l’aider. Si Gregory ne savait pas, ça ne pouvait pas faire de mal pas vrai ? Y a plein de gens qui aimeraient en avoir un peu plus pour vivre mieux. Et lui, il en avait trop. C’était une bonne idée, au fond.

- « Tu vis tout seul dans cette grande bicoque ? »

La question se posa comme ça. C’était grand, pas forcément facile à habiter tout seul parce que c’était grand, justement. Un peu triste sans doute et il savait de quoi il parlait. Vivre seul dans un grand appart’, c’était pas vraiment le top pour les longues soirées et surtout le moral.
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MessageSujet: Re: One way or another, I'm gonna find ya' ☄ Gregory   Mer 8 Juil - 8:39

Ce garçon est toujours tellement agité. Je lui souris avec douceur et j'hausse légèrement les épaules, glissant une de mes mains dans mes poches, l'autre attrapant un biscuit pour me permettre de le grignoter de nouveau. Je passe mon temps à me gouinfrer, mais bon, on a tous nos moyens pour se calmer, hein ? Je me balance un peu sur ma chaise et la laisse retomber sur ses 4 pieds finalement.

_ Si toi t'es tout le temps stressé, moi, j'ai la dalle constamment, je ricane en haussant fatalement les épaules, J'ai aussi des furieuses envies de me jeter sur les étalages à poissons, t'as pas idée. Genre si je vois du saumon en vitrine, j'en ai l'eau à la bouche, et j'ai déjà failli donner un coup dans un écran quand j'en ai vu sauter... Bref. Rien de bien honorifique, malheureusement. Mais pour ton stress, je pourrais te donner quelques trucs. Je l'ai été moi aussi, par le passé !
A sa question, je lève les yeux autour de nous, comme si les personnes qui partageaient cette demeure à mes côtés allaient surgir. Mais non, Sigurd travaillait et ma petite Lya était encore à l'école, à ce moment là. Je rabaisse les yeux vers lui et me sers un bon verre de lait par gourmandise.

_ Oh bah y'a ma petite Lya, à l'étage ! Puis Sigurd, mon... Mon copain. Enfin, c'était juste un pote et maintenant c'est... mon compagnon, j'avoue sans trop de malaise malgré mes hésitations visibles. J'ai encore du mal à accepter l'idée qu'on soit ensemble, je crois. Je me serais jamais cru euh. De ce bord là. Surtout après que j'ai eu une femme une bonne vingtaine d'années. Mais bon, on finit toujours par être surpris ! Et au moins, cette fois, je suis heureux. Oh, j'devrais ptêt m'en sentir honteux, mais non, je n'y arrive pas. Y'en a bien qui se foutent de ma gueule mais quand ils ne le font pas sur mon ventre, ce sera sur ça ou autre chose. C'est triste à dire mais j'y suis habitué. Je me redresse et fouille dans les placards, avant de lui apporter quelques petits tubes emplis de billes blanches.

_ Tiens... C'est du magnésium et de la rhodiola. Ça calme le stress, la fatigue et l'anxiété... Et bon tu risques pas d'y être accroc ni d'y faire de l'overdose, je souris en haussant les épaules, C'est des trucs naturels ! Et ça marche ! Crois moi ! Faut en prendre deux le matin, c'est conseillé de faire une cure une semaine, t'arrêtes une semaine, puis tu reprends... C'est pas aussi efficace que des somnifères hein, mais ça donne son petit coup de pouce. Tu connais aussi des exercices de respiration ? Je peux t'en filer quelques uns !
Je m'installe près de lui et je lui apprends la « respiration en vagues » comme j'appelle ça. S'imaginer entendre le son de la mer et forcer son souffle à suivre le rythme des vagues. Je lui donne quelques petits trucs, comme serrer et desserrer rapidement les poings quand le sang joue des tours et qu'il a des fourmis dans les membres ou des points noirs devant les yeux. Finalement, j'passe pratiquement toute une bonne partie de la journée à lui transmettre mes savoirs. J'l'invite à manger avec moi à midi, avant de finalement, le raccompagner à sa porte. Ce gamin est sympa. J'espère... Que j'ai pu réussir à lui rendre un peu service.
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