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 /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)

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MessageSujet: /! Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Mar 24 Mar - 0:32


Need someone to numb the pain


Des sensations, des picotements, le long des lèvres. Comme une caresse qui se perd dans l’attrait de la chair. 
Ils s’enchaînent, se déchaînent dans une mélodie rouillée dont les notes s’emmêlent au fin fond du gouffre. A tort et à travers. Aux portes de l’enfer. L’écho des coups retentit le long de son squelette, bafoué, échoué tel un vulgaire déchet. Elle lutte pour quelques fragments d’air. Une once de vie. Alors que son corps meurtri ondule sous l’effervescence de cette violence. L’orchestre nocturne étouffe ses râles sans la moindre pitié. L’abandonne à ses maux. Comme la victime à son bourreau. Elle crache ses poumons faute de pouvoir les retenir. Dans une agonie lancinante, écœurante, qui calcine la rétine, désarticule l’échine.  Le temps se heurte à sa douleur, recrache ses entrailles, éclipse son cœur. Et l’espoir se fait évincer avant même de prospérer. Il ne reste que l’obscurité. Il ne reste que la réalité. Sans aucun visage. Sans aucune saveur. Sans aucun parfum. L’absence d’un rien. Le vide de tout.

La panique l’arrache à ce cauchemar d’un battement de cils qui se transforme l’espace d’un instant, en véritable ouragan. Elle tente de retrouver ses esprits à mille lieues d’ici. De retracer la chronologie. De saisir l’incohérence qui sonne creux dans les cavités de sa mémoire photographique. Des images lui reviennent dans une forme abstraite. Des sensations, des picotements, le long des lèvres. Comme une caresse qui se perd dans l’attrait de la chair. Un baiser volé. Un baiser éprouvé. Le souvenir la frappe de plein fouet. Instinctivement, elle cherche Ezra du regard avant de reconnaître les lieux. Elle s’en rappelle comme si c’était hier. Comme si le temps avait conservé ce moment à l’abri des vestiges du passé. Rien n’a changé. A croire qu’elle n’est pas vraiment partie. A croire qu’elle est restée ici. Près de lui.  

Elle l’observe quelques instants. Il a l’air si calme. On pourrait presque croire qu’il rêve. C’est la première fois qu’elle le voit comme ça. De cette façon tout à fait particulière. Elle aperçoit alors une partie de lui qu’il refuse au monde entier. Qu’il censure. Peut-être même dont il a oublié l’existence. Pourtant, elle lui semble inoubliable

Sans même s’en rendre compte, sa respiration s’adoucit. Par un simple regard. Une rencontre mémorable. Et ce, même si d’autres images viennent la cerner. Secouer cette atmosphère prospère pour la plonger au sein d’un autre univers. Elle peut encore sentir l’odeur de la mort se balader dans les couloirs. Entendre les murmures peindre le silence. Effleurer l’adrénaline à bout de souffle. Transformer la peur en vecteur. Et cette douleur, qu’elle ne parvient à chasser complètement. Qui revient comme un chapitre sans suite. Dont les pages n’ont pas besoin d’encre pour s’écrire. Dont l’encre est invisible.  

Pourtant, les traces de cette nuit, elle les porte sur son corps. Sur les bleus qui recouvrent son dos. Sur les contusions qui dessinent ses côtes. Sur la plaie qui discrédite son mollet. « A quoi tu pensais ? Mais à quoi tu pensais ? Tu aurais pu te faire tuer. » Elle revit la scène sans parvenir à la finir. Les épisodes sont saccadés, écourtés. Le film n’est pas complet. Les paroles, écorchées vives. Comme si elle n’avait pas participé. Comme si elle avait simplement regardé. La confusion rend la perception erronée, factice. Elle sent qu’il lui manque des éléments mais n’est pas certaine de vouloir les connaître. Parfois, il est préférable de ne pas savoir. De louer l’ignorance pour préserver ce qui reste. De sauver ce qui peut encore l’être.

Malgré la douleur, elle réveille ses muscles afin de s’extirper des draps qui recouvrent sa peau fractionnée. Elle cherche l’équilibre pour prendre de la hauteur, tente de se lever avant d’échouer. Avant de recommencer. Jusqu’à parvenir à se mettre debout. Elle serre les dents pour ne pas réveiller Ezra, même si la tâche s’avère délicate. Pour gagner la salle de bains sans poser le pied à terre, elle utilise tous les meubles de l’appartement comme support. La manœuvre est périlleuse, épuisante, fragile mais elle parvient à son but. La porte fermée, elle soupire enfin.

Comme un besoin viscéral de s’isoler. Pour trembler sans se sentir vulnérable. Fermer ses paupières sans craindre de les ouvrir. Sans craindre de regarder à l’intérieur. De regarder en soi. Faire face au miroir pour voir les dégâts de cette nuit hors du temps. Pour prétendre un instant, que rien ne s’est passé. Que rien n’a changé. Mais ses lèvres ont un goût différent qu’elle ne parvient à oublier. Le goût de l’autre. Le goût de la vie.
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Mar 24 Mar - 21:33


Need someone to numb the pain


And it will take this life of regret for my heart to learn to forget. Tomorrow will be as it always has been. And I will fall to her again. For I know I have come too close.
Des siècles pour cette seule nuit et l'éternité dans son seul souffle. La faille préserve cette valeur inestimable. Celle d'être sans devoir exister, celle de voir sans chercher à comprendre. La relativité relate ses chimériques fantasmes, cette invraisemblable renaissance. La pénombre murmure contre ses lèvres, vaniteuse et déjà enviée, alors qu'aux creux des oublis, la lumière assouvit sa vengeance. Halo insolent qui irrigue sa rétine, chasse l’anthracite pour lui soumettre un nouveau spectre aux limites fuyantes, épopée sensorielle à laquelle il s'adonne. Dans l'épicentre de cette fantasque colorimétrie, il laisse sa respiration dévorer la sienne afin d'engendrer l'illusion d'une osmose contre nature. Il ne brise pas le cadre, il n'ajuste pas un seul détail à cette perfection esthétique. Témoin d'un autre âge redécouvrant ce mouvement artistique, il contemple l’œuvre chaotique d'un Destin capricieux. Contre son cœur, les doigts de l'égarée semblent prendre appui, déjouent la mort en son sein et construisent tout aussi sûrement des barrages contre une cruelle indifférence. Cependant, la distance grinçante entre leurs deux corps sermonne silencieusement la fiction et poussent aussitôt dans la quiétude, ses soupires d'impatience. La chaleur se déloge de ses bras vides dès qu'il se tourne vers le côté gauche de la pièce. Déjà orphelin d'une réincarnation, déjà absent de son histoire. Le silence berce sa route de papier, tous ces brouillons, tous ces ratés et tous ces mots recroquevillés dans les lambeaux du passé. Tout ce qu'il tait. Tout ce qui le bouscule. Il glisse ses adieux respectifs à la raison et à l'estime, se défaisant de sa solitude comme d'une veste élimée qui aurait essuyé bien trop d'orage. A l'abri du vent, il s'insère dans les draps qui l'abrite encore, croyant à cette synergie et se refusant à la liesse des succubes. Pour ce soir seulement, il s'invente l'humanité autour de quelques couvertures, tout près sans jamais l'être tout à fait, de sa blessée. Gardien de ses rêves, cerbère de ses cauchemars. Il tend l'oreille mais également, un bras hésitant. Ses doigts frôlent l'un des sombres arabesques qui roule encore sur la pommette de sa Belle au Bois Dormant. Les ronces entourent toujours le château et le prince est loin. La bête veille donc.

Les bruissements mémoriels le narguent dans un sommeil corrompu. La douleur fugace lui annonce l'exil de convictions implantées dans sa moelle. Colonne vertébrale décomposée, ossements impies en terre sainte. Sa bouche avilissant la sienne, la traînant dans sa tragédie, lui offrant un rôle absurde pour un organe défaillant. Pression artérielle insuffisante, extorsion passionnelle indécente. Pourquoi maintenant ? Les interdits l'enlisent dans des visions erratiques de trépas, de râles décharnés et de cris asphyxiés. Le mal le ronge jusqu'au néant. Dans un spasme brutal, ses paupières lui ouvrent ce monde de glace et d'absence. La sueur salit ses traits, la panique luit dans l'obscurité et dérobe l'égarement au mental fracturé. L'utopie s’érode à même le matelas, dans le creux complété par les ombres. La peine s'élance, la réalité évaporée lui brime la poitrine. Il veut contenir les relents irréels de cette dimension intermédiaire paralysée entre sommeil et éveil. C'est là qu'il la surprend enfin, fragrance secrète et incomplète. Elle fleurit contre ses oreillers, douce promesse pour un errant qui sème ses espaces temps. Il abrite l'arôme en quelques inspirations empressées dans ses poumons, invitant la vie dans un cimetière. Ses paumes répandent sa prison de textiles sur le sol. Son regard l'interpelle dans les recoins éloignés avant de puiser sa trace par l'interstice phosphorescent que la porte et le parquet se partagent jalousement. Le norvégien s'interroge sur le ton de sa respiration. Trop lourde, trop entreprenante. Elle veut combler tout cet oxygène gâché dans la fugue, cet air inutile qui les isole outrageusement. Les frontières s'insurgent devant ce repli, franchies dans l’incandescence de sa vulnérabilité, dans l'effleurement aortique d'une vérité ténue. A-t-il oublié le monstre derrière l'homme ? L'a-t-elle oublié elle aussi ? Menace latente qu'il a fallu quitter au sommet de la torpeur. A-t-il été trop loin en osant se réfugier dans ce lit ? Sûrement.

Ezra s'assied au pied de son pêché, les doigts emmêlés sur ses tempes meurtries par l'évidence. L'injustice tambourine, il se redresse pour accomplir ses ordres. Elle a droit à son repos, elle mérite qu'il regagne sa tanière et lui rende sa sécurité. Orteils contre parquet, mains contre paroi. Il appose deux coups légers, aspire l'anxiété pour formuler des phrases. Sa voix casse les vibrations mutiques, timbre abîmé par la fatigue et dissolu par un chagrin qu'il ne soupçonne pas.  « Tout va... Bien ? » Son inquiétude palpable le déroute. Qu'a-t-il créé là-bas ? Qu'a-t-il fait de lui, d'eux en s'approchant aussi près de ses désirs garrottés ? La terreur lui demande de soutenir le poids de cette âme atrophiée, ses paumes s'appuient contre la plaque de bois. Le ton moralisateur débarque pour raffermir la fragilité. « Tu ne devrais pas marcher pour le moment. Tu risques d'arracher les points de suture. » Les hématomes aortiques frémissent devant les réminiscences. L'aiguille à la place de la balle et les bandages pour l'amnésie ardemment convoitée. L'espoir en friche. Il recule, conscient de ses actes antérieurs. La destruction  a fait son œuvre, il a tué pour elle et elle le sait. A-t-elle définitivement consumé sa seule représentation ? Que pense-t-elle de l'assassin qui a poussé ses vices sur ses lèvres et l'a tirée ensuite jusqu'à l'inconfort de son antre sans jamais obtenir son consentement ?  Peut-être qu'elle veut partir sans jamais avoir voulu rester. Légitime. « Tu ne peux pas rester seule dans cet état. » s'entend-t-il souffler pour donner de la contenance à ses justifications. Mais il ne sait déjà plus au fond qui d'eux ne supportera pas l'absence et qui a réellement besoin d'être sauvé.
(c) AMIANTE


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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Ven 27 Mar - 21:31


Need someone to numb the pain


Car la violence de leur éclat détruit l’espérance d’autrefois. Et que le temps n’est pas suffisant. Que les mots sont absents. 
Ephémère, il s’évapore dans l’air comme s’il ne faisait que traverser. Frôler ses lèvres scellées par le silence. Il se désintègre sous le reflet du miroir qu’elle entrevoit mais ne reconnaît pas. Celui-ci est différent. Perforé de tous les côtés. Des marques qu’on peut apercevoir aux cicatrices qui font mal à voir. Des plaies béantes qu’on peut deviner aux fractures qu’on ne préfère pas imaginer. Celui-ci est différent. Il ignore tout du goût de la vie. Des battements de cœur qui déraillent pour un baiser. Des pensées qui papillonnent pour un regard. Il ignore tout de l’espoir. De la force qu’il procure. De l’illusion qu’il perdure. Il ne retient que l’erreur, la faute, le crime. Ce reflet-là est imbibé de la culpabilité. Elle peut la sentir, dévorer ses entrailles, disloquer son âme. S’introduire dans les recoins de sa mémoire qui occulte une partie de l’histoire. Elle se souvient de l’obscurité, de la chute, de la douleur. Dans cet ordre ou dans l’autre, elle l’ignore.

Elle rampait faute de parvenir à se lever. A moitié consciente elle pouvait à peine se défendre. Chaque coup l’achevait davantage, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle n’abandonne complètement. Combien de minutes pourrait-elle tenir ? Encore quelques secondes. A endurer, supporter, éprouver cette souffrance. Avant d’être libérée de cette existence. Mais rien ne s’est passé comme prévu, le scénario n’a pas tenu. Les choses ont dérapé et l’instant d’après, elle pouvait entendre la voix d’Ezra. Il venait de tuer ce rebelle. Il venait de tuer … pour elle.

C’est de ça dont il s’agit. De cette vérité qu’elle aimerait oublier. De cette conscience qu’elle aimerait taire. Comment pourrait-elle se pardonner ? Elle lui a volé une part d’humanité. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut racheter. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut remplacer. C’est unique au monde. Et elle lui a dérobé sans la moindre pitié. Si seulement elle avait agi autrement. Si seulement. « Tout va … bien ? » Elle entend sa voix lui parvenir. C’est comme une brûlure aride, tapis dans le cœur. L’envie de vomir toute cette rancœur. « Tu ne devrais pas marcher pour le moment. Tu risques d’arracher les points de suture. » Elle redoute chaque mot qu’il prononce, la peur au ventre, à l’idée de le confronter. De ne pouvoir éviter l’inévitable. « Tu ne peux pas rester seule dans cet état. »

La panique l’empêche d’agir, de réfléchir, de dire quoi que ce soit. Elle ignore comment rétablir ce qu’ils étaient. Franchir ce qu’ils ne sont plus. Elle ne peut pas simplement retrouver ce qu’ils ont perdu, tirer un trait sur ce qu’ils ont vécu. « J’arrive, retourne te coucher. » Alors elle choisit le mensonge comme unique parole, pour échapper encore un instant, à cette cruelle vérité. A ce reflet qui représente désormais, tout ce qu’elle incarne. Tout ce qu’elle inspire. La culpabilité en un soupire. A son tour, elle approche de la porte qui camoufle son visage, tailladé par le chagrin. Les larmes lui échappent sans le moindre bruit pour l’accompagner. Et d’un coup de poignet, elle verrouille à clef dans l’unique but de l’empêcher d’entrer.

Elle recule sans savoir qu’il réalise les même pas. Comme une chorégraphie parfaitement exécutée. A croire qu’ils n’ont pas perdu tout ce qu’ils ont construit ensemble. A croire qu’il leur reste une chance. Elle aimerait que ce soit vrai, que ce soit possible. Mais elle sait que certaines erreurs ne se réparent pas, car elles révèlent dans leur sillage, tout ce qu’on refuse de voir. Car la violence de leur éclat détruit l’espérance d’autrefois. Et que le temps n’est pas suffisant. Que les mots sont absents. Que les cœurs suintent de douleur. Ces erreurs écorchent le goût de la vie, dépouillent ce qu’il en émane, exploitent ce qu’il en reste. Elles appellent la solitude en renfort en vue d’éradiquer toute autre forme de ralliement.

Le goût de l’autre n’est plus qu’un souvenir. Éphémère, il se disperse le long des fragments qui sillonnent la route. Il s’éparpille au milieu du chaos sans retrouver son chemin. Parce qu’il n’en connaît aucun. Parce qu’il n’en existe pas un.
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Lun 30 Mar - 0:52

Entre eux, les crissements aortiques dévastent le silence. Entre eux, il y a quelques battements, une anarchie de sentiments et de la contradiction dans le flou de ses mouvements. Entre eux, il y a la panique, l’absence de certitude et de compréhension. Entre eux, il y a surtout un jeu de mot aphasique et des interdits qui se gâchent sur les débris. C’est à celui qui fuira le plus vite et le plus loin.  A celui qui ne s’avouera jamais. A celui qui tombera le premier. A celui qui s’écorchera avant l’autre. A celui qui oubliera plus facilement. A celui qui aura gagné. Mais gagner quoi ? Le vide l’étreint là où la défaite survient. De ce côté de la porte, il s’entend perdre sans jamais avoir pu se battre. La course insensée de sa volonté réarrange les plaies, défait les incidents à l’imparfait pour les exposer à ses pieds nus. Au sol, les échecs s’entassent pour ronger son horizon. Entre eux, désormais, il y a cette paroi et ses erreurs, ses séparations mais aussi cette douleur entêtante qui l’accompagne jusque dans la plus infime victoire. Alors qu’a t-il à gagner ? Une nouvelle dénomination pour une énième entaille, un nouvel espace déjà inhabité dans son thorax rendu étroit par ces absences renouvelées dans la froideur du temps. Tellement de cases vacantes, tellement de néant qu’il faut négliger pour soulever ce buste, pour forcer ce diaphragme à remuer en espérant que les os ne se délogent pas. Cette lutte le résume. Cette bataille contre la peine ne peut conquérir de nouvelles terres alors qu’elle a déjà défié la presque totalité de son être. Que restera-t-il à la prochaine accalmie ? Abandonné au centre de l’orage, il attend que la foudre l’abatte pendant qu’elle se recroqueville là-bas, à l’abri derrière un rempart. Derrière sa honte, loin, bien trop loin de l’azur.

Mais déjà, sa voix émerge. C’est un tintement au milieu d’une guerre. Si discret qu’on peut discréditer sa seule présence, si menu qu’il s’affaiblit en se décomposant dans l’air et pourtant, si distinctif qu’on s’y laisse suspendre, convaincu de son importance. Ce genre de message préserve ou corrompt. Dans sa bouche, exilé entre ces deux pièces, débordant d’une pour ne jamais atteindre l’autre, il frappe et abat sa cible. Les lésions naissent, évoluent contre sa cage thoracique et provoquent l’envolée burlesque de son pouls fracturé. Les hématomes recouvrent chaque centimètre de sa peau quand la clé impose sa finalité. Le rejet propulse l’infirmier jusqu’au recoin opposé de la salle et même à cette extension, il ne parvient à se défaire des émanations toxiques du renvoi. Sa vilénie s’étend sur les paumes qu’il appose nerveusement contre son front et contamine les cheminements déconcertés de sa conscience perçante. Tout a définitivement changé. Tout, ce n’est même pas le début de quelque chose pourtant. Mais ce rien le protégeait de cette adrénaline absolue, de l'autodestruction par essence. Cette nuit a dispersé sur ces pages encore vierges, l’évidence. Encre ébène sur reflet opalin, dispensant à toutes leurs possibilités, cette seule issue tangible. Elle, là-bas. Lui, ici. Devait-il succomber pour l’apprendre ? Le norvégien se replie contre la baie vitrée, conscient d’être banni de son propre environnement, conscient d’être l’ombre qui menace l’aube. Conscient sans doute d’être la contusion pour cette détresse. Acculé par son mépris, habité par sa terreur, il doute des intervalles et de sa capacité à les endurer. L’impatience s’unit à sa peine, vive et sans contour fixe alors que ses pas le ramènent déjà devant les tranchées. « Si tu veux partir, tu n’as qu’à le faire. Je ne te retiens pas. » Blessé par ce comportement qu’il méprend sûrement par seule crainte de s’être exposé insolemment au danger. Vexé d’entretenir une répugnance qui éventre ses seuls désirs, ses seuls alibis, il se métamorphose déjà en ce qu’il ne veut pas. Celui qui a créé les fossés, celui qui a regardé les corps s’y empiler et qui a fini par les pleurer.

L’urgentiste s’échine à conserver l’animosité pour assouplir la fragilité. Ses paroles se heurtent à la cloison et semblent lui revenir à chaque note cassante pour le briser de toute part. « Ce n’est pas la peine de t’enfermer. Je ne vais pas t’agresser. T’as oublié qui t’as sauvé la vie cette nuit ? Je me serais pas donné tout ce mal pour te tuer ici. » Mais la réalité est multiple. Elle le sectionne et rend à son ténor des nuances que ses propos ne parviennent à répartir. « Et je ne te toucherai plus non plus si c’est ça qui t’inquiète tant. » Sa dureté déserte aussi subitement alors que les souvenirs s’insurgent dans les tréfonds de son chaos. Il se mord les lèvres nerveusement, comme pour délaver ces réminiscences, comme pour racler les étincelles. Pour oublier ou pour se rappeler ? Il n’en sait plus rien. Mais la fébrilité craquelle ses intonations pour de bon. Il se cherche des raisons, tombe sur ses méfaits et s’érafle la gorge. « Ce qu’il s’est passé là-bas, ce que j'ai fait… C’était nécessaire. » Même ce baiser. Surtout lui pour qu’il retrouve sa cohérence, pour qu’il puisse l’amener ici sans verser dans l’aliénation. Cette vulnérabilité plaque sur son faciès une expression dégoutée et avant tout, affligée. « Si tu n’es pas capable de vivre avec ça… Ce n’est pas mon problème de toute façon. Mais je te prierai de ne pas élire domicile dans ma salle de bain. » Son propre dédain fait plus de ravage encore que la retraite de son invitée. Sa paume veut rattraper son discours disloqué dans la rage qu’il éprouve uniquement pour sa seule personne. Ellie n’a jamais été liée à cette haine. Au contraire. Ses doigts caressent brièvement la plaque de bois comme s’ils pouvaient la toucher elle et faire disparaître ce matériau impersonnel qui impose la dictature, comme s’ils pouvaient apaiser le désordre qu’il n’a de cesse de provoquer. Dans un ultime souffle attestant de cette agonie émotionnelle,  il s’écoute lui apporter la seule vérité qui devrait compter. « Ecoute, je sais que je t’ai fait peur. Mais je n’ai voulu que … Je voulais juste te tirer de là. » Et l’enfer regorge de ce mal servant pudiquement le bien. Il n’a rien à prouver au fond. Elle sait maintenant. Elle sait et elle s’éloigne. Etoile filante, elle ramènera bien vite l’obscurité. Isolé dans cette galaxie, emporté par le trou noir, il ne pourra plus se tromper sur sa propre trajectoire. Lui est destiné à la chute et à l’oubli. Elle, elle est vouée à l’ascension, à briller dans ces hauteurs incommensurables, à rêver aux astres et à prétendre à l’éternité. Leur collision est un accident, un mauvais calcul qu’il ne voudrait, cependant, pour rien au monde modifier.

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Mar 31 Mar - 22:07


Need someone to numb the pain


La vérité percute la réalité dans un choc atrabilaire, une collision mortelle, un affront suprême. 
Il tente d’esquiver les lacunes qui lui font défaut, d’oublier les amertumes qui l’éreintent un peu trop, de déchiffrer les battements qui le guident au-delà des sentiers battus. Vers l’ébauche de cette nouvelle étendue. Cette promesse d’un lendemain, extraite du parfum de leurs sentiments inavoués. A l’orée de l’espoir. Dans l’attente de cette existence à construire ensemble. Mais il s’égare, au fond des eaux troubles de leur histoire, parmi les méandres de leurs dommages, abattu en un coup, anéanti par un mot. Il s’érafle contre l’écho qui lui revient, ce cœur imbibé de chagrin, projeté au plus près d’un avenir incertain.

« Ce qu’il s’est passé là-bas, ce que j’ai fait … C’était nécessaire. » Elle l’entend, s’écorcher contre la porte, s’essouffler en vain, raviver ce qui s’éteint à chaque seconde de ce monde. Parce qu’il n’est pas prêt d’abandonner, de renoncer, d’abdiquer. Pourtant, il finit par s’effondrer dans un dernier souffle, une ultime mélodie. Elle tente de maintenir le silence pour le protéger mais l’émotion finit par la submerger. « Arrête de prétendre que j'ai peur de toi. Arrête de te cacher derrière cette excuse. C'est trop tard, je te vois. Tel que tu es. » Elle pose délicatement son front contre le bois froid comme si elle pouvait sentir la douceur de sa peau, la chaleur de son corps. Puis, ses doigts viennent frôler la poignée qui s’épouse aux contours de ses mains, sur le chemin de la clef. Il lui faut prendre une grande inspiration avant de la tourner. Avant d’abréger ce moment.

Elle essuie les larmes qui égratignent son visage comme les traces d’un naufrage, afin d’effacer les séquelles de son tourment. Et sans prendre le temps de réfléchir davantage, elle éclipse d’un geste inopiné l’intervalle entre eux. Comme s’il n’avait jamais eu lieu. Comme si rien, ne pouvait véritablement les séparer. Pourtant, le regard d’Ezra ébrèche cette certitude lorsqu’elle le croise au détour du couloir. « Tu n’as vraiment rien compris ? C’est toi qui devrais avoir peur de moi ! De ce que t'es prêt à faire pour moi ! C'est de ça dont tu devrais vraiment te soucier ! » Sa voix brutalise la symphonie d’antan, accentue la véhémence qui se détache de ses lèvres pour abolir toute forme de trêve. On pourrait presque croire qu’elle le déteste de tout son être mais en réalité, elle ne ressent de haine que pour ce reflet qui la peine.

« Pourquoi tu ne m'en veux pas ? Pourquoi je n'entends pas les reproches fuser ?  Ça ne t'a pas suffi ce que je t'ai volé en une nuit ? » La rage anime la violence de ses mots que la raison ne parvient plus à taire. Elle explose dans une fureur sans nom alors que ses bras viennent percuter la carrure de l’infirmier. D’un mouvement brusque elle le repousse en arrière pour l’éloigner de cette colère irascible, presque mécanique. « T'es supposé m'en vouloir ! T'es supposé me détester ! » La vérité percute la réalité dans un choc atrabilaire, une collision mortelle, un affront suprême. « Et surtout, t'étais pas supposé me tirer de là ! T'étais pas supposé le tuer à cause de moi ! Rien de tout ça n'était supposé arrivé ! Merde Ezra ! » La fureur alimente chaque mot qu’elle lui balance sans abstinence. 

Il ne reste finalement, de cette promesse d’un lendemain, que les cendres éparpillés ici et là, extraites du souvenir qu’ils ont formé. A l’orée du cœur. Sur une égratignure qui transperce le destin en vue de le contrer. D’abolir les fortifications de cette direction tracée. Parce qu’ils refusent de se soumettre au ciel s’ils ne peuvent graver leur nom sur toutes les constellations.
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Mer 1 Avr - 1:08

Le traité des ombres se déroge à ses antiques coutumes en buttant contre ses paumes. Elles se redressent pour déplacer les silences, insolentes jusque dans leur ascension. Elles chassent la pénombre fébrilement pour s’abimer contre sa rétine. Ses deux mains qui ont façonné un ordre chaotique, enterré des débris organiques, des rêves d’enfant et des espoirs démesurés. Qui ont tué, démoli, brisé pour ne jamais réparer. Qui ont fini par s’entailler sur l’amertume, sur la rudesse d’un cœur en démolition. Cette poigne s’oublie dans cette cadence affective et infectieuse. Elle cherche à ramasser les ailes brisées d’un volatile effrayé et désorienté. Elle veut dissoudre les chagrins de cet oiseau, susciter son chant sans jamais lui rendre son envol. Égoïstement, il croit qu’il peut se l’approprier, qu’il peut l’abriter de la pluie. Mais entre ses doigts, les plumes se décrochent une par une, se teintent du sang qu’il a laissé pourrir à même l’épiderme. Il meurtrit les battements irréguliers de ce petit être abimé à chaque fois qu’il le cueille au sol. Il lui dérobe l’innocente lueur de ses sombres prunelles et le torture en le manipulant avec une brutale indécence. Il faut l’abandonner sur le pavé. Il faut lui souhaiter une autre rencontre, une autre personne pour la guérison. Il faut se taire, il faut avancer. Il faut l’oublier. Mais sa fragilité vocale le cloue sur le parvis de leur incohérence. Ils basculent dans les friches émotionnelles et creusent des sentiers en menant cette battue pour retrouver l’autre. Ou se retrouver soi peut-être. Quand Ellie parle, Ezra tremble. La fureur fait grimper les bourdonnements contre son échine. Le mensonge qu’elle n’a pas l’intention de poursuivre, le mensonge dont elle n’a conscience. Le mensonge qu’il aimerait croire éternel pourtant… Le monstre s’insurge mais l’humain se morfond aussi vite, tranquillisant la ravageuse bourrasque qui le pousse contre la porte qu’elle ouvre soudainement.

Elle se tient dans l’embrasure. Déchue de sa candeur, dépouillée de sa fraîcheur, égérie pour les désastres qu’elle mime silencieusement sans jamais feindre, portant en son sein les stigmates d’un sanglot qu’on aurait étouffé jusqu’à l’asphyxie. Il lit sa peine et la porte jusqu’à sa poitrine afin de souffrir par procuration, par écho. Elle ne peut pas être seule face à cette déroute. La détresse engrange des cassures sur le faciès du norvégien. Il piétine son indifférence et s’offre aux sensations conflictuelles alors qu’elle s’agite. Le rejet revient sous une forme plus vorace. Il s’affaisse contre un mur alors qu’elle s’acharne. En perdition de repères, en péril mémoriel. Elle a tiré toutes ses conclusions dans les parallèles distendues et a tracé des perpendiculaires hors de sa feuille. Ses vérités sont des erreurs, elles assèchent les vides de cette âme rongée par un mal satanique. Sous ses paroles effrontées et éhontées, il succombe aux évidences. Une fois encore. Aussi vivement qu’elle s’est empressée de l’écarter, il revient. Vague entêtante qui veut l’engloutir dans l’eau salée et glacée des réalités. Ses paumes croient toujours réussir l’exploit du sauveur, il les place sur ses bras et la repousse subitement contre la paroi la plus proche. Le dos de sa protégée heurte le papier peint, décompose les traits de l’homme. « Tu voulais que je te laisse mourir ? Tu voulais vraiment que j’ai ta mort sur la conscience ? Qui es-tu pour décider qui doit vivre ou mourir ? Qui es-tu pour décider de ce que je dois faire ou ressentir ? » Sa rage claque comme la foudre sur le parquet. « Tu ne sais rien de moi, absolument rien. Ce que je suis, ce que j’ai fait, ce que je pourrais encore faire. Tu ne me connais pas. Alors arrête. Arrête ça tout de suite. » Ses ongles percent la chair de la mortelle et l’aorte de l’urgentiste.

« Tu ne vois rien, Ellie. Tu ne vois rien du tout. Tu es aveugle. Je ne suis pas celui que tu t’inventes. Je suis pire que tout ce que tu as connu. Ce que j’ai fait aujourd’hui, ce n’était rien. Absolument rien en comparaison à ce que j’ai déjà commis. Si tu étais attentive, si tu avais un tant soit peu d’instinct de survie, tu saurais que c’est toi qui devrais être morte de trouille en ce moment même. » Il déloge ses serres de sa carcasse et balance de cette voix froide et désarticulée qui signe sa renaissance maléfique. « Ça, c’est ce que je suis. » Condensé de violence et de mépris, de colère et de haine. Ses dents se fracassent les unes contre les autres avant que la hargne ne s’estompe pour laisser place à ce qu’il veut dissoudre dans l’espoir qu’elle ne discerne plus un seul lambeau de ce qu'il a pu être. Mais les fanaux sont déjà allumés, l'embrasement survient, ils crient dans la nuit et annoncent un retour improbable. Sven pose soudainement son front contre celui de la brune dans un ultime acte de tendresse qui ébroue les filaments d’irritation qui s’attardent encore dans l’air vicié. Le souffre s’incline devant les émanations contraires. Ses murmures dispensent l’anxiété et la traitrise de ce corps qui laisse encore à cette âme clandestine assez de possibilités pour qu’elle s’insère dans ces relents d'atmosphère insalubre. « C’est toi qui devrais me détester. Et me fuir. Ne te mets plus jamais en danger pour moi. Plus jamais, tu m’entends. » Il recule dans un spasme, aspire les arômes contaminés par ses impulsions antinomiques et reste hébété devant le fruit de ses délires aortiques. Le blâme s’allonge sur son thorax et dépeint sur son visage, la honte, d’être ce démon clamant la lumière, prétendant à la rédemption et se buttant à ses désirs corrompus.

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Ven 3 Avr - 0:20


Need someone to numb the pain


Elle écoute la colère l’abîmer, la fureur l’anéantir. Elle écoute la rage l’atrophier, la honte l’engloutir.  
Ils se retrouvent pour mieux se perdre, se découvrent aux alentours de cette rengaine sans parvenir à la corrompre, sans parvenir à l’altérer. Le temps l’attise comme un feu dont les flammes ravivent l’espoir. Sous sa forme osseuse, son apparence étique. Ils s’effleurent pour mieux s’user, s’entaillent le cœur pour ne pas oublier, qu’il bat encore. Peu importe la cadence qui l’emboîte, il continue de vibrer, maintenu à la surface. Par un rien, par un tout. Un fragment de l’autre, un rêve inachevé. Une vie où tout peut arriver ; ou demain est à inventer, hier à contempler comme l’ébauche d’aujourd’hui.

« Tu voulais que je te laisse mourir ? » Oui. « Tu voulais vraiment que j’ai ta mort sur la conscience ? » Oui. La vérité est misérable, infirme, amputée. Tellement laide qu’elle ne mérite pas d’être dévoilée. « Qui es-tu pour décider qui doit vivre ou mourir ? » Personne, tout le monde à la fois.  « Qui es-tu pour décider de ce que je dois faire ou ressentir ? » Un stigmate qu’on ne peut guérir. La vérité est une empreinte, une marque, une trace. Tellement incrustée qu’elle est condamnée à l’éternité. On ne peut la défaire, on ne peut l’embellir. On ne peut l’éluder, on ne peut la dissoudre. Elle suinte des affres de l’univers qui polluent le corps et rouillent l’esprit. Jusqu’à souiller l’âme. Jusqu’à dépouiller ce qui reste de la violence de ce tourment.

Ezra peint le portait de ce qu’il était sur la bordure d’un papier chiffonné, recouvert d’une encre turpide. Infidèle à ce qu’il est devenu. A croire qu’il ne voit pas ce qu’elle aperçoit en lui. Cette humanité qui tend à exister, à braver l’interdit pour tromper la mort. En ce point, ils se ressemblent, s’assemblent comme les pièces d’un puzzle à combiner. Dans une harmonie fascinante, un agencement étrange. « Ça, c’est ce que je suis. » Elle ne croit pas un mot de ce mensonge qu’il profère à l’encontre de celui qu’elle connait. Car il déforme ce qu’il reflète, dénature ce qu’il incarne, pervertit ce qu’il représente. Pourtant, elle ne dit rien. Jusqu’à la fin. Elle écoute la colère l’abîmer, la fureur l’anéantir. Elle écoute la rage l’atrophier, la honte l’engloutir.  

Le silence qu’elle prolonge est fictif. Elle lui parle d’un regard qui échappe à la parole. D’une intention qui défie la volonté. Elle essuie le mal qui l’accable, réceptionne la douceur dont il fait preuve. En un mouvement, en un temps. Trop court. Trop bref. Trop fragile pour le rendre réel. Pour croire qu’il peut l’être. Ezra instaure la dernière note de cette mélopée alors qu’il achève la proximité de leur corps qui se cherche sans se trouver. L’un à l’opposé de l’autre. Si loin dans cette confrontation délétère. Si près dans ce face à face intime. Pour répliquer, Ellie ravale l’amertume qui la ronge et part à la rencontre de ce territoire inconnu.

Doucement, elle pose une main maladroite sur le visage d’Ezra. Elle parcourt chaque centimètre de sa joue avant de faire glisser ses doigts le long de ses lèvres. Puis, d’un geste délicat, ils se logent sur sa nuque telle une caresse de velours. « Prétendons un instant, que tu es juste toi et que je suis juste moi. » Malgré la douleur qui la tiraille, elle accomplit un pas en avant. Un pas vers lui afin de sentir son souffle s’échouer sur sa peau.  « Que rien d’autre au monde ne compte. » Elle plonge son regard dans le sien, incapable de s’en détacher,  de s’en séparer. « Qu’il ne reste que nous. » Et dans un souffle saccadé, elle retrouve le chemin de cette bouche dont la moindre parcelle la fait faillir.

A tel point qu’elle en oublie d’inspirer le goût amer de la réalité, d’expirer l’arôme exhaustif de la peur. A l’image d’une brûlure qui ravive un souvenir, à l’image d’une morsure qui répand un poison, le plaisir de ce baiser est tellement accru qu'il fait mal à en crever.
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Dim 5 Avr - 22:05

Jusqu'ici, le feu brûlait contre ses paupières closes. Jusqu'à maintenant, les flammes calcinaient ses battements, dérangeaient ses sourires, encombraient ses respirations. Jusqu'à tout de suite, il croyait à la brûlure. A l'espace occupé par la foudre, à l'électrique douleur s'insurgeant contre l'absence, aux étendues privées de leur flore par les avertissements divins, incendiées par un phénomène naturel et destructeur. Ezra s'est tenu si longtemps au centre de la plaine pour réceptionner les éclairs jusqu'à l'arrêt cardiaque, qu'il croit bien plus à la mort qu'à la vie quand la tendresse méprise son indifférence. Il est le premier à avoir peur. Le seul à craindre ce qui se crée à l'abri de toute raison. Entre deux tremblements aortiques, il ne s'avoue rien et il s'avoue tout. Les astres s'alignent quelque part, des signaux qu'il doit reconnaître, des lueurs qui lui compriment la rétine pour le rendre aveugle. Il ne prête aucune vertu à ces lueurs disparates qui s'effondrent péniblement dans un océan noir, qui luttent en vain contre l'infinité et contre la fatalité. Il ne peut pas, ils ne peuvent pas s'orienter vers la tornade, ils ne peuvent pas s'abandonner aux vents capricieux et prier ensuite pour atterrir sans fracas. Tétanisé par les conséquences, il se réfugie dans les contours erratiques qu'elle dessine de sa seule silhouette, cherchant une faille parmi ses vérités. Il la discerne à peine dans l’intransigeante pénombre mais ses yeux, conditionnés à sa présence, la délimitent pourtant sans mal. Son regard l'accroche alors qu'elle s'avance, il étreint douloureusement le sien et la supplie presque de ne jamais achever son geste. Il en a physiquement mal de contenir ses propres mouvements, de ne pas susciter les contacts qu'elle semble vouloir lui offrir en dépit des réalités. En dépit de ce qu'il lui a avoué, en dépit de ce qu'il est. Ellie revendique sa joue, elle règne très vite sur l'ensemble de son visage. Maîtresse de l'indompté, Reine pour l'indomptable, elle porte sa couronne faite de ronces et de roses sans même vaciller, évaluant la douceur de l'un au détriment de l’âpreté de l'autre. Elle s'allie aux ombres pour contrer la brume, fendille les nuages opalins et s'immerge dans l'inconnu sans plus d'émoi.

Les soubresauts s'assemblent et se décomposent sur la peau du norvégien, perçant ses convictions jusqu'à l'implosion. A l'intérieur de son thorax, la guerre a cessé. Entre ses côtes, cet autre s'étire déjà et chasse la créature pour se faire un nouveau nid contre ce qui gémit, ce qui revit, contre ce qui atteste de sa seule survie. Ses murmures à elle caressent la nuit, bâtissent de nouveaux décors, un autre monde dans lequel la gravité n'aurait d'impact que sur leurs seuls corps. Ces mensonges éclatent dans l'atmosphère, rattrapés si vite par cette bouche insolente. Ses lèvres traquent l'utopie, elles appellent la trêve. Ce baiser a quelque chose de désespéré, de désemparé mais pourtant, dans ces heurts, il perçoit avant tout une certaine détermination. Il perçoit surtout l'espoir, presque suggéré, pratiquement affirmé. Poudre étincelante qui virevolte négligemment dès que ses lippes se défilent un tant soit peu. Dans cette illusion, il veut exister et appartenir. Dans ce mirage, il veut avoir et être. Dans ce rêve, il veut seulement devenir autre, enfin changé, enfin différent. Ses bras se replient sur sa frêle carrure, raffermissent leur isolement. Plus rien ne comptera. Ses doigts ondulent déjà entre ses boucles ébènes alors qu'il reconstruit plus d'un siècle en une poignée de secondes. Ses paumes délaissent ses cheveux, cueillent sa mâchoire tandis que sa bouche trace un nouvel itinéraire sur sa gorge. Il enroule sa taille, redessine ses lèvres du bout de sa langue et la bouscule juste assez pour la ramener contre la paroi qu'elle vient à peine de déserter.

Il attache des émotions à ses prunelles défraîchies par ce qui tangue là-bas, dans cet estomac vide de toute chimie. Sépulture pour cet organisme, attraction déroutante pour les succubes. Ce sang satanique jubile toujours quelque part pourtant. Cette défaillance le poursuit jusque dans l’Eden relevé au milieu du cauchemar. Diablesse satinée qui choque l’imprudence, qui se hisse sur son buste pour lui soutirer des pans de lucidité. Elle négocie ses termes avec le désir, infiltre l’attraction sournoisement et se casse contre la seule volonté de son propriétaire. Mais la disette provoque toujours son sang-froid et attise la tentation. L’urgentiste fait dégringoler sa bouche une nouvelle fois contre la nuque de sa captive pour s’exhorter à ce calme fictif qu’il imagine mais n’admet pas. Ses lèvres prennent son cou pour témoin, elles sèment son désordre si faiblement qu’il craint même de ne pas être entendu. « Je pourrais te blesser, je pourrais te blesser tellement facilement... » Constatation, appréhension. Et déjà la réédition. Il débusque le bandage en baissant les yeux, acculé par la honte de n’être qu’un homme pour le monstre. L'inverse se vérifie aussitôt. « Ta cheville ! » Dans un spasme horrifié, il la soulève brutalement. Cendrillon n’a plus de souliers, plus de sol sur lequel égarer ses pieds. Elle n’a plus que ses bras pour se réfugier quand minuit sonne. Il est sa seule barrière, son seul équilibre. Cela semble trop ambitieux, trop glorieux, trop facile.

Il la serre contre lui avec plus de ferveur cependant, s’offrant à cette responsabilité pour la porter prudemment au lit. Il l’assied au bord du matelas, au bord du gouffre dans lequel il s’immerge. Il se laisse glisser jusqu’au parquet pour attraper le membre fracturé par l’acier. Ses doigts écartent très précautionneusement le textile qui encombre l’examen de la plaie afin d'en vérifier la cicatrisation. Le soulagement prend forme dans un soupir qui croît et chute. Ses paumes remontent de la blessure à la jambe très doucement, s’arrêtent pudiquement au mollet. Son front dérange le tibia de sa patiente, il s’appuie contre la faute, contre cet énième pêché, contre ce qu’il n’a pu enrayer. La fierté en branle, il s’abîme dans cette prosternation durant de longues secondes. Peut-être qu’il implore silencieusement l’avenir, sans doute qu’il supplie tout autant ce présent mais c’est certain qu’il sollicite avant tout sa clémence. « Tu devrais dormir, Ellie. » Plutôt que de risquer ton existence en flirtant avec le diable. Demain, elle le repoussera. Et si elle ne le fait pas, il la détruira. Tout ça n’a aucun sens. Ou peut-être que ça en a bien trop. Peut-être qu’il ne peut plus s’exposer à l’échec sans en perdre définitivement l’esprit. Ou au contraire, peut-être qu’il ne veut plus s’adonner à la réussite en sachant qu’il ne la méritera jamais plus.

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Mar 7 Avr - 0:12


Need someone to numb the pain


Elle partira loin de lui, loin d’eux, loin de ce qu’ils ne seront pas. Elle renoncera à cette vie qu’ils n’auront pas.
C’est comme le crissement des pneus d’une voiture avant qu’elle ne fonce dans un mur. Ce bruit éphémère qu’on perçoit quelques instants avant l’accident. Cette tonalité fugace qui paralyse nos sens, étouffe nos pensées, anéantit nos réflexes. On observe notre vie basculer sans intervenir. On ne fait rien pour dévier de trajectoire, pour reprendre le contrôle, pour éviter l’accroc. On ne fait rien parce que nos efforts ne sont qu’un soupir sur la brise qui échappe au firmament. Parce qu’on sait au plus profond de nous que l’accident va se produire. La voiture va se fracasser contre le mur, le pare choc va être laminé par la force de l’impact, la vitre va céder sous la collision pour exploser en mille morceaux. Et chaque fois qu’on essaiera d’en extraire un de notre peau, on sentira notre souffle s’étriquer, notre cœur s’emballer, notre poitrine s’embraser. On gardera une cicatrice, une de celle qui ne s’estompe pas avec le temps, une de celle qui reste incrustée dans nos yeux, qui fait résonner le crissement le long de notre corps comme un écho. Pour que jamais nous n’oublions l’accident. Pour que jamais nous n’oublions l’impact.

Ellie ferme ses paupières pour s’imprégner de chaque détail qui perle ses lèvres. Pour mémoriser toutes les nuances du tableau, les mouvements du pinceau sur la toile, le crépitement de la peinture qui effleure la texture, la douceur de chaque rencontre, l’éclat des feuilles d’or qui recouvrent la bordure, l’alternance des couleurs qui se succèdent sans se confondre. Dans une cadence qui suspend tout. Des doutes aux réserves. Des questions aux réponses. Des interférences aux déclarations. Parce qu’elle entrevoit pour la première fois une brèche. Une lueur qui scintille au milieu de la nuit. Comme un atome d’espoir qui fait craquer ses os en amont. Elle entend chaque vertèbre frémir, chaque articulation trembler, chaque tendon vibrer sous le poids de cette attraction qu’il exerce.

Ezra n’est pas seulement un imprévu, un accident, un aléa mais un choix, un écart, une erreur. Dans le seul but égocentrique de pouvoir compter sur quelqu’un. Pire encore, de compter pour quelqu’un, d’avoir de l’importance. D’être importante. « Je pourrais te blesser, je pourrais te blesser tellement facilement. » Aujourd’hui c’est le cas. Cependant elle ne ressent ni triomphe ni victoire, mais le goût affligeant de l’échec face à la perte qui l’attend au tournant. Ça lui fend le cœur de savoir qu’elle partira, demain, dans une semaine ou dans un mois peut-être. Elle partira loin de lui, loin d’eux, loin de ce qu’ils ne seront pas. Elle renoncera à cette vie qu’ils n’auront pas. A cette romance condamnée d’avance. Sans laisser aucune trace de son existence. Comme si ce n’était qu’un rêve. Comme si ce n’était pas réel.

La vie qu’elle mène ne lui permet pas de rester près de lui. Elle le sait depuis le début mais c’est plus facile de nier que d’affronter la vérité. Retarder l’inévitable c’est croire que tout peut arriver lorsqu’on redoute ce qui arrivera. Elle aimerait sincèrement tout lui avouer mais elle se contente de le regarder, en espérant qu’un jour, il lui pardonne ce silence. « Ta cheville ! » La douleur est altérée par la souffrance qui lui broie l’âme faute de l’engloutir entièrement. Pourtant elle aurait préféré supporter son cerveau exploser sous l’afflux sanguin plutôt que de sentir son être succomber sous le poids de ses maux. « Ne t’inquiète pas, ça va. » Le mensonge est familier, commun, ordinaire, il lui vient naturellement. A croire qu’il intervient au moindre mot qu’elle enclenche. Mais Ezra n’est pas dupe, il perçoit la fêlure de cette duplicité en un regard, la désamorce en un mouvement.

Ellie est touchée, presque perturbée par l’attention qu’il lui porte. Cette façon de la couver, de la protéger, de la toucher. Elle sent qu’il lui maintient la tête hors de l’eau, comme s’il supportait le poids de son fardeau. « Tu devrais dormir, Ellie. » Elle aime l’entendre prononcer son prénom, même si ce n’est pas le sien, même s’il ne lui appartient pas. Elle aime s’enfoncer délibérément dans cette illusion, s’égarer intentionnellement sur cette voie. « Je n’ai pas sommeil. » D’un geste délicat, elle fait glisser ses doigts le long des cheveux d’Ezra. Sans savoir pourquoi. Sans avoir envie de le découvrir. Elle éprouve simplement le besoin d’entretenir le contact. De l’effleurer d’une caresse qui éveille chaque parcelle de son être. « J’ai peur. J'ai peur pour toi » finit-elle par lui avouer en un murmure. « Est-ce que ces gens vont te traquer ? Tu as dit qu'ils avaient des noms ... »

Elle ne cherche pas à connaître le pourquoi, à dénicher le comment. Elle cherche le réconfort là où la peur s'installe, le pardon là où la culpabilité fait mal, la douceur là où la violence dérange. Elle ne cherche pas à connaître la vérité, à interroger le passé. Elle cherche à abréger l'inquiétude qui la ravage, à esquiver la distance qui les sépare, à faucher le fléau qui les accable.

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Ven 10 Avr - 3:01

L’ironie perce les meurtrissures au coin de ses lèvres. Rire de ces détours, s’esclaffer devant l’indécent et capricieux destin jusqu’à la souffrance abdominal. Triste spectacle qu’il se refuse d’offrir à son seul témoin. Il contient sa chaotique hilarité de justesse alors que son nez épouse toujours la courbure de sa jambe. Il s’arrange pour distancer la nervosité qui s’amorce inéluctablement dès que les étincelles se dérogent aux lois de la physique et à toute la rationalité. Durant si longtemps, il a consommé des illusions, s’est jeté dans des bras vacants, désintéressés et souvent trop froids pour oublier l’ombrage sur sa rétine et puis, sur son palpitant. Sectionner l’aorte pour ne plus devoir endurer la perpétuelle course chimique qui s’oxyde dans l’épreuve et enfante l’agonie. Ne s’autoriser aucun travers pour marcher droit, devant, sans jamais contempler les déviances entre les dalles, sans jamais vouloir notifier les espaces colorimétriques entre sa position et celle des autres. Isolé, mis en quarantaine par les circonstances, déchu de sa seule humanité et convaincu de la noirceur de son âme, il a déambulé avec la poitrine aussi vide que ce regard en lambeaux qu’il a fallu traîner sur chaque carcasse rencontré afin de délimiter leur importance méthodiquement. Parce qu’il n’est plus question de s’attacher. Parce qu’il est interdit de se lier pour ensuite détruire ou pour être détruit. Parce qu’il n’a plus rien à offrir à ce genre de combustion, rien pour entretenir le brasier si ce n’est des résidus à peine articulés que les falaises ont recraché et abandonné à même le rivage. Sa solitude, ça n’a jamais été un choix consenti mais une nécessité qu’il a fallu envisager. La conserver perd de son importance à mesure qu’il se désagrège contre le pourtour de ses iris. Dans une autre vie, il aurait pu peut-être s’autoriser cet excès. Dans une autre existence, sans doute, aurait-il pu héberger l’astre au creux de ses prunelles pour dissiper l’obscurité avant qu’elle n’ose lui ravir son sourire, avant qu’elle ne puisse jamais atteindre cette frêle humaine.

Semer la tendresse en la provoquant à demi-mot, il ne s’attend jamais à un retour pourtant. Enfant qui se refuse à l’adoption, qui continue à courir après la voiture qui l’a délaissé sur le bas-côté d’une route sordide et qui finalement, s’est résolu à devenir ce sans nom, sans abri et sans identité. Avec un passé qui débute par la démission parentale et risque de s’achever dans la même indifférence collective. Pourquoi quelqu’un s’arrêterait sur son insignifiante existence ? Si ce n’est pour se moquer, amorcer de nouveaux plis sur du textile lisse et inflexible juste pour assouvir une supériorité vaine et vacillante. Le châtiment n’a besoin d’aucun facteur extérieur pour aliéner son propriétaire. Les autres devraient l’apprendre. Parfois, certains le comprennent. Parfois, on ne l’observe pas. Et parfois, on le cueille dans des endroits incongrus, on le tire de la glace et on lui offre une autre chance. Celle qui fait la différence. Il a consumé toutes ses opportunités avec Kitty, non ? Alors pourquoi, recevrait-il quoique ce soit d’Ellie ? Ce sont bien ses doigts qui emmêlent doucereusement ses cheveux pourtant. Bien sa voix qui dissémine la bruine pour lui concéder une chaleur propulsée depuis des contrées interdites. La violence de ces sentiments met son apnée en déroute. Il ne sait plus à quelle sensation se ranger et encore moins à quel moment évaluer les pertes ou les bénéfices. Est-ce que ça vaut la peine de respirer l’eau ? Ou faut-il continuer à ignorer les lancements aortiques pour le bien d’une cause à la dénomination étrange et étrangère. Déjà, ses considérations erronées s’allongent entre eux et dérangent les traits du norvégien, suffisamment pour qu’il se sente forcé de relever le visage afin de lui communiquer son désaccord, juste assez pour qu’il ose poser très calmement sa joue sur ses genoux. De son regard légèrement courroucé mais avant tout, hanté par une tristesse injustifiée, il l’avertit silencieusement de sa dangereuse attitude. « Tu as vraiment un instinct de survie plutôt misérable, hein ? » Soupir pour la forme, plainte sonore comme seule diversion alors que sa main remonte lentement les draps pour atteindre celle de l’américaine. Le bout de ses doigts forme de légers cercles sur l’épiderme de sa patiente, au creux de sa paume. « Ne t’inquiètes pas pour moi. » Sa valeur est moindre. Il a vécu bien trop longtemps et poursuit désormais cette sombre longévité dans une implacable malédiction.

Cohabitation hasardeuse entre des désirs en fuite et une réalité de moins en moins tangible, il se relève enfin du plancher afin de se mettre à son niveau, s’asseyant juste à côté d’elle. Demain, il ne restera plus rien de toute manière mais le calvaire débutera néanmoins. Peut-être qu’il a envie que ça en vaille la peine. « Il faut que tu apprennes à te préserver. Je ne sais pas pourquoi tu t’entêtes autant à te foutre dans les emmerdes. Tu es suicidaire par vocation ou c’est juste un passe-temps récent ? » Léger ricanement qui souligne cependant une inquiétude palpable. Elle se mesure entre sa pupille et le contour de ses yeux, un millier de nuances pour une seule crainte. Une armée mobilisée pour une seule et unique personne.  « Tu devrais vraiment dormir. Tu dois récupérer. Tu veux que je m’installe sur le canapé ? » Sa propre douceur déclenche une peur incontrôlable qu’il maitrise cependant sans trop savoir comment. Sa main se balance soudainement, coulisse de sa pommette à l’orée de sa chevelure afin de repousser la crinière ébène de sa protégée de ses paupières. Elle choit contre son cou et rallie son épaule très prudemment avant de glisser le long de sa colonne vertébrale et de s’arrêter aux limites de l’indécence. Rapproché par ce seul geste, il se permet seulement de déposer ses lèvres contre sa gorge avant de se résigner. « Dis-moi d’aller me faire voir. » La clarté ne s'offre plus à ses cheminements, sa lucidité s’entrechoque à tout ce qu’il a sûrement enterré pour tolérer sa monstruosité, à tout ce qui a justifié son anomalie. A tout ce qui l’a dépecé de son ressenti. Cet éveil est bien plus brutale qu’il n’aurait pu le penser. Il n’aurait jamais dû se produire d'ailleurs. Mais comment regretter son coma quand une telle ardeur surprend cette seule enveloppe trépassée et la confine dans des cases bien plus plaisantes que celles occupées par Satan ?

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Ven 10 Avr - 20:28


Need someone to numb the pain


Elle veut continuer d’espérer, de croire que c’est un rêve. Parce que les rêves ne meurent pas, ils sont éternels.
Si tout doit s’arrêter demain, si la lueur s’éteint. Si le soleil raconte une autre histoire que la lune, si la fin précipite le préambule. Si ce n’est qu’une illusion, bercée par une douce mélodie, si ce n’est qu’un leurre qui trompe la réalité. Si ce n’est que le reflet de ses propres sentiments, si ce n’est qu’une étincelle que le vent prévoit de dérober. Alors il ne faut pas perdre une seconde, attendre un instant. Alors il faut laisser le cœur gouverner avant la fin du chapitre. Avant que la page ne se tourne, que l’encre ne déshabille l’éclat de cette innocence d’un trait, d'une esquisse pour une centaine de contingences. Parce que l’avenir est une éventualité ; il demeure à l’image de cet azur dont on ne sait rien, si ce n’est qu’il existe quelque part un endroit où l’infinité émerge de l’écho des astres.

Ellie vacille sous le poids du précipice émotionnel qui l’étourdit ici et là. Comme une marionnette qu’on fait pencher d’un côté puis de l’autre, qu’on abandonne à l’amertume pour mieux l’en extirper.  « Tu as vraiment un instinct de survie plutôt misérable, hein ? » Un rire nerveux lui échappe, un rire qui hurle au désespoir d’une vérité qui l’anéantit. Ezra n’imagine même pas à quel point il a raison. A quel point il effleure l’évidence qui lui fait perdre pied. Près de lui, la vulnérabilité la tient en haleine, la façonne telle une statue de glace que la moindre fissure pourrait briser, que la moindre éraflure pourrait abîmer. Elle le sait, elle le sent respirer dans toutes les cellules de son corps. « La ferme. » Il cherche la confrontation avant d’adoucir l’horizon d’un revers de la main, comme s’il pouvait effacer un mot et le remplacer par une absence qu'on remarquerait à peine.

« Ne t’inquiètes pas pour moi. » Il refuse catégoriquement l’importance qu’elle lui accorde, la valeur qu’elle lui concède en dépit de toute logique. Parce qu’ils ne savent pas fonctionner sur un raisonnement rationnel. Parce qu’ils n’ont jamais su. « Je crois que c’est trop tard pour ça. » L’aveu émane d’un chuchotement qu’elle craint de prononcer sans écorcher le caractère unique de chaque mot. Car la parole peut éventrer le sens pour mieux le corrompre. Car le silence préserve du chaos lorsqu’il se contente de supposer sans confirmer. Lorsqu’il communique par un geste, une caresse qui échoue sur les compartiments de la peau.

« Tu es suicidaire par vocation ou c’est juste un passe-temps récent ? » Elle se pince la lèvre pour éviter de sourire. Pour feindre l’affront de ce ton dédain qu’il emploie dans le seul but de lui extraire une réaction. « Tu vas la boucler ? J’ai chopé une maladie incurable ! » Jamais elle ne prononce le nom de ce sentiment qui la trouble. Jamais elle n’admet qu’il existe réellement. Elle veut continuer d’espérer, de croire que c’est un rêve. Parce que les rêves ne meurent pas, ils sont éternels. Leur vie se multiple sous les ébauches qui fusent et transpirent d’une idée, d’une image, d’une pensée, pour en former des milliers que le regard à lui seul ne peut capturer d’un battement de cil. Les rêves sont animés par une passion céleste que le feu ne saurait consumer même si la chaleur de ses flammes le dévorait de l’intérieur. Ils ne sont ni le commencement ni le dénouement de quelque chose, ils sont intemporels. 

« Tu devrais faire attention … c’est contagieux, très contagieux.  » Elle ne peut s’empêcher de chercher la proximité quand leurs corps ne font que s’effleurer. Quand elle ressent le besoin de parcourir sa peau pour le redécouvrir. Instinctivement elle part à la rencontre de sa main, entrechoque ses doigts aux siens sans parvenir à les abandonner. Elle ne veut pas se réfugier ailleurs que dans ses bras. Là où le monde ne peut l’atteindre. Là où le présent se fige. « Tu veux que je m’installe sur le canapé ? » Lorsqu’ils parviennent à se rapprocher, la distance finit par les rattraper. Peu importe comment, peu importe quand. « Je veux que tu restes. » Il n’existe pas d’autre réponse à cette question, il n’en existe qu’une seule. Rester est un mot dont elle ne connait que des brides, mais il est encore temps de l’intégrer à son existence.

Elle s’évade sous la douceur dont il fait preuve alors qu’il éveille son corps tout entier. Alors que sa main résonne sur les parois de sa chair, dont les fragments se perdent sous les frissons qu'il lui procure. « Dis-moi d’aller me faire voir. » Tout ce qu’elle entend c’est son cœur frénétique s'affoler comme s’il allait flancher, comme si Ezra allait lui échapper. Cette pensée la rend malade. « Pas cette fois. » La vérité c’est qu’elle ne peut se détacher de lui sans endommager une partie de son âme. Elle ne peut le repousser sans ressentir son cœur se décomposer. Il est condamné à battre pour lui. Il est condamné à vivre pour lui. Il l’amène à s’écorcher sur les obstacles de cette histoire qui s’écrit dans le noir. Il l’amène à se confronter à ce désir inavoué qui l’asphyxie. Il l’amène au plus près du brasier pour sceller son sort.

Elle s’empare des lèvres d’Ezra comme si elles lui appartenaient d’une quelconque façon, comme si elles lui revenaient de droit. Comme si elle souhaitait conquérir ce territoire pour le faire sien. Pour ne faire plus qu’un avec lui.  
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Lun 13 Avr - 0:47

Une inspiration. Une seule inspiration pour délimiter leurs démences respectives. Dans cet entredeux monde, la perspective a bâti de nouvelles dimensions. Dans ce moment à bascule, ils tanguent toujours dangereusement. Il va devoir choisir avant que sa main ne se décroche de la sienne, avant qu’ils ne sombrent dans l’oubli. Chaque mot prononcé raisonne dans son squelette, fragilise les os jusqu’à la cassure artérielle. Echo qu’elle a cultivé sans crainte pour dissiper les années de quarantaine, elle a créé à ses dépens le remède au mal qu’il a jugé si longtemps incurable. Ses termes à elle ont gravé dans ses articulations une nouvelle mécanique qui se rythme sur le circuit aortique qu’il croyait jusqu’alors endommagé. La terreur vibre sous chaque grain de sa peau, terrifiante et indomptable. Elle est inévitable. Pour survivre à cet organisme intraitable, elle doit cependant s’allier aux opposants. L’enchevêtrement se réalise en quelques instants et la peur se transforme déjà en envie, elle dissimule dans ses sensations entêtantes le désir d’enfreindre chaque règle de son code. Ce qu’Ellie lui laisse entrevoir de sa voix brimée par leur chaos, caresse cette illusion d’humanité mais ternit incontestablement la créature détériorée par l’acide temporelle, le regret récursif et sans conteste, le vertige éphémère. Tout les sépare, à commencer par le début. Comment ne peut-il envisager le point à cet improbable récit ? Comment ne peut-il chercher à anticiper un brouillard d’encre, de ratures et de saut à la ligne ? Il ne sera qu’un alinéa de plus dans ses anales. Rien d’autre alors qu’elle s’approprie déjà les pages suivantes en délitant des promesses létales. Sans doute qu’il devrait la faire taire avant qu’il ne finisse par y croire. Sans doute qu’il devrait savoir que d’eux deux, c’est lui qui s’abrite dans un embryon d’espoir déjà mort-né.

Qui est-elle pour lui parler de malaise et d’épidémie ? Elle est née à ce siècle, n’a connu que cette seule enveloppe, n’a aimé que d’un seul cœur. Son ignorance devrait l’irriter. Mais au lieu de la répudier, il la sublime. Tellement captivante dans l’encadrement d’une porte qu’on oserait refermer, l’aube grandissant derrière sa silhouette, lissant sa perfection et lui rendant justice. Elle appartient à la rosée qu’on débusque hasardeusement et qui se dissipe subitement. Elle revient à l’aurore pour ne jamais s’attarder en adieux quand la nuit gomme le jour. De sa démarche éthérée confinant à l’avènement du règne mortel, elle lui a déjà arraché les prunelles sans son consentement. Devenu aveugle, il est le premier à comprendre sa situation alors qu’il évolue sans plus aucune acuité visuelle. Il tâtonne maladroitement en terrain rendu inconnu par la glaciale éternité d’errance. Sa gaucherie frissonne contre son assurance à elle, peut-elle s’en apercevoir ? Pourvu qu’elle soit tout autant non-voyante, pourvu qu’elle ne discerne pas la faiblesse derrière l’attitude contradictoire. Peut-être qu’il le devine avant même d’étreindre cette seule issue. Ils sont déjà trop loin pour éviter le crépuscule, bien trop avancés dans cette allée pour prétendre à l'ignorance. Le cycle solaire bat la mesure alors qu'ils s'amusent des déclinaisons de teintes sur leur épiderme. L’ambre tisse ses miracles sur sa bouche quand elle se la réapproprie. Finalement, il n’a jamais eu le choix. Parce qu’il n’est qu’homme avant d’être démon. Pour cette fois du moins.

La surprise transcende ses propres mouvements, les rend quasiment impertinents. Ses paumes accueillent sa mâchoire à retardement, coulent déjà sur ses hanches. Ses lèvres se pressent davantage contre les siennes, courent après les fourmillements qu’elle provoque dans chaque fibre de son corps. Entre deux baisers, il se permet de glisser comme un dernier avertissement à cette décadence de sens « Aucun instinct de survie. » Ses doigts gâchent l’épaisseur de ses boucles, les distend en retombant sur la courbe de ses reins avant de grimper prudemment vers les premières attaches de son corsage. Aliéné par la sapidité de ses lippes, le norvégien déserte ses champs de bataille sans la moindre hésitation et relègue les armes aux spectres qui attendront jusqu’au petit matin le retour de leur meilleur combattant, juste là au pied du lit. Ils se font oublier si docilement, carapatés sous le matelas que leur propriétaire pourrait s’interroger sur leur présence première. Mais le scandinave ne prend plus en compte la moindre de ces considérations alors qu’il défait le dernier bouton avec une lenteur quasiment cynique. Ses paumes entretiennent le délai de manière éhontée en dérapant avec réserve, contre les épaules de la jeune femme afin de lui ôter le textile encombrant. Craint-il de l’effrayer ? Lui laisse-t-il encore la possibilité de refuser cette descente droit en enfer ? Ou ne fait-il pour une fois que s’essayer à l’insouciance durant ce laps de temps accordé afin de s’inventer une autre histoire, un nouveau canular qui prendra fin quand elle repartira avec la poitrine fracturée ou en emportant ses désillusions à lui ? Les raisons se vident de leur importance alors qu’il lui retire définitivement son chemisier. L’hémoglobine séché qui l'accompagne disparait quelque part sur le parquet, il s’assure ainsi d’éloigner les rappels inconvenants. Chaque trace définit par sa souillure malsaine le trouble des deux amants et risque de perturber le cours des événements en les ramenant à avant, les écartant aussi sèchement de tout de suite.

Sa bouche dégringole sa gorge cherchant à semer toujours plus les causes avant qu’elles ne s’imposent. Ses mains remontent pesamment sa colonne vertébrale dans ce même but, distancent un peu plus les réalités. La nuit se drape de couleurs, les gris ne se font déjà plus remarquer contre la peau qu’il course de sa langue et de ses doigts. L’agrafe se décompose, le dernier rempart s’effondre. Son buste n’a plus que l’ombre de l’urgentiste, pour conserver un semblant de pudeur alors qu’il la fait doucement basculer dans ses oreillers. C’est là que le doute s’insinue pour la première fois, émiettant toute la fascination suscitée par les contacts et les premiers secrets vendus. Si elle finissait par se souvenir de ce qu’il est réellement ? Quand sa paume passera sur la ligne discontinue et hideuse qui gît insidieusement sur son flanc droit, va-t-elle enfin concevoir sa monstruosité ?  L’affolement déjoue ses traits, les recompose alors que prenant les devants, il récolte la dextre de la brune pour la déposer directement sur sa cicatrice sans attendre qu’elle la découvre. Frissonnant d’effroi quand l’opale touche les stigmates de cette morsure provoquée par un être décharné, affrontant d’un seul saut ses craintes les plus viscérales, se jetant dans l’abime, la tête la première. Brimant leur fausse quiétude mais surtout le concert fait de pulsations erratiques et de respirations hachées, se privant de ses lèvres, juste pour le souffler.  « Tu n’as pas peur ? » Heure des vérités résorbées par l’attraction. Entre oui ou non, quelle réponse craint-il le plus au fond ?

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Sam 18 Avr - 18:26


Need someone to numb the pain


De ses doigts qui courent le long de son échine à ses lèvres qui aguichent son adrénaline. De ses paumes qui exposent sa vulnérabilité à ses prunelles qui devinent sa fragilité.
Dans l'imprudence qui l'oriente, la nuit vient éveiller les fragments de vie qui alimentent chaque battement de leur cœur, paré à s'élever au milieu du chaos, à s'épuiser au rythme de leur souffle incandescent. Elle éventre la réalité qui longe leurs soupirs pour l'empêcher d'éclore, avant d'étendre son empire à la surface des caresses qui viennent s'échouer sur leur peau écorchée à vif. Elle se réfugie telle une fugitive dans les bribes d'espoir qu'ils confectionnent d'un regard, qu'ils composent d'un baiser. L'orchestre nocturne accorde le désir instrumental de son ascension aux vibrations de leur corps qui se découvre, s'épouse. Elle les protège pour quelques heures du mal qui rôde comme un prédateur sur l'axe fugace de l'horizon. Afin de leur permettre d'échapper à la tonalité rasoir de cette conscience qui vient onduler sur les courbes de leur esprit, résonner dans les recoins de leur âme.

« Aucun instinct de survie. » Il lui arrache un sourire qu'on peine à décrypter tant il est abstrus. On ne peut le réduire à une émotion au détriment de la foule qui brame au fond de ses entrailles. C'est tout un peuple qui hurle, un cortège qui l'habite. Néanmoins, Ellie n'est plus décontenancée par les sentiments qui émergent de son coeur. Au contraire, elle parvient à les entendre murmurer au creux de son oreille sans interférence pour désarmer l'écho féru qui retentit en boucle. Elle discerne nettement chaque sensation qui jaillit sous l'effusion de tendresse d'Ezra. De ses doigts qui courent le long de son échine à ses lèvres qui aguichent son adrénaline. De ses paumes qui exposent sa vulnérabilité à ses prunelles qui devinent sa fragilité. Il semble capable de lire ce qu'il effleure, de déchiffrer ce qu'il frôle. Alors qu'elle se contente de saisir l'amplitude des frissons qui parsèment sa peau désarmée, dénudée.

« Tu n’as pas peur ? » Face à l'intimité de cet instant qui les propulse au plus près de l'autre, l'incertitude s'impose, la crainte se dépose. « Qu'est-ce que veux entendre ? » La façon dont elle juxtapose les mots annonce d'ores et déjà la symphonie à venir. Parce qu'il n'attend pas réellement d'être délivré du doute. Parce qu'il ne veut pas véritablement être confronté à la vérité. Ainsi, elle décide de mélanger les couleurs de la toile, de confondre les accords pour ériger des nuances qui n'existent qu'entre eux. « Oui ? » Certainement le mot qu'il redoute d'entendre, qu'il craint de percevoir. Celui qui lui rappelle le goût amer du rejet, celui qui le nargue de ne pouvoir le déjouer. Pourtant il n'est pas une finalité en soi. « Non ? » Elle cultive le paradoxe sans lui donner la moindre explication, sans lui soumettre la moindre raison. Afin de lui donner l'opportunité d'en construire à la hauteur de ses espérances.

« Et si ce n’était aucun de ceux-là ? Pourrais-tu considérer que ta question n’a pas de réponse ? Ou qu'elle en a plusieurs ? » Pourquoi faudrait-il choisir ? Pourquoi faudrait-il trancher ? Quand elle peut abriter les deux opposés en une même pensée. Quand elle peut ressentir les deux extrémités en un même pole. La peur ne lui est pas inconnue mais elle se présente d'une façon étrangère, inédite, envoûtante. Elle l'affranchit de toute retenue, l'invite à capturer entre ses mains le tee-shirt d'Ezra pour lui retirer délicatement. La douceur de ses mouvements entre en collision avec la violence de ses pulsions lorsqu'elle consume d'un regard le torse nu à proximité du sien. Elle avale péniblement sa salive alors qu'une vague de chaleur manque de la faire faillir. « Et toi ? Tu n'as pas peur ? » Elle doit savoir ce qu'il en est avant de s'abandonner entièrement. Avant de franchir une limite dont elle ne pourrait revenir.

Dans la ferveur qui l'anime, la nuit entretient l'attraction de cette fascination muette, incomplète. Elle abrite l'obsession qu'ils ont bâtie en son sein pour la dissimuler à l'astre de la lumière. Pour l'accroître sous le berceau des étoiles qui s'épuisent lorsque leur regard capte cette agonie perforante.
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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Lun 20 Avr - 12:32

La distance. Celle qu'on se refuse à parcourir, celle qu'on suppose, celle qu'on désire abolir. Celle qui s'impose, celle qui rassure, celle qui déchire. Relative, impertinente, présente ou absente. Elle foudroie des hommes, elle en sauve d'autres. Elle lie étrangement mais elle sépare tout aussi sûrement. Circonstances, choix, options, obligations. Une centaine de raisons pour un seul trajet. Écarté des directions, éjecté des trajectoires, voué aux départs avortés, destiné à aucune arrivée, il s'est imposé la sécurité. Entre deux tangentes, il s'est adapté, il n'a rien risqué, rien parié. Il a évolué dans l'indifférence, s'est laissé glissé entre ses désirs sans jamais s'adonner aux conséquences. L'écart entre ses battements aortiques, entre ceux des autres, il y a veillé, pour respecter les codes et les usages. Tout détachement est mesurable, quantifiable pour un esprit rationnel qui en déduit que la chimie s'est enfin dévouée à sa seule survie et non plus à cette perte. L'organisme a réclamé du temps, le palpitant a exigé son sang. Dans l'étroitesse de cette pérennité, la terreur a logé trop souvent entre chaque interstice creusé dans l'os par le doute, par la connaissance et les sensations qui érodent. Quand la froideur des nuits esseulées déniche l'épaisseur d'un éclat dans la réminiscence nordique. Un ciel déchiré par l'aurore, un rictus dissimulé entre deux bouches prêtes à se revendiquer, un jeu d'âmes qui cheminent et s'exterminent quand le souffle s'embrase et se dissipe dans la même volupté. Ce n'est pas un fantôme qui le prive d'un énième déraillement émotionnel. C'est cette phobie transmise avec l'errance, adoptée dès la naissance. Et puis, ce sont surtout ces nervures que Satan a procréé en rongeant son squelette, réorganisant son code génétique, qui encombrent l'humanité. Insalubrité masquée par souci du détail, hypocrisie qui s'abreuve de sa seule hémoglobine.

Alors oui, la distance. Jusqu'à ce qu'elle déconstruise ses ambitions, atteigne ses certitudes et attente à sa seule volonté. Indivisible cette collection de cicatrices qui ébrèche des sourires surfaits, qui ne trompe pas les menteurs. Ils se sont peut-être reconnus dans leur supercherie respective, ils ont accrochés les blessures de l'autre pour s'y retrouver, s'y nicher afin de les distiller contre l'espoir d'une solitude abolie. Mais pourtant, tout semble toujours partir d'un malentendu, une mauvaise mise du destin sur cette étoile délinquante. Elle a tout dérobé aux autres astres, galvanisé absolument tout l'espace pour s'approprier la noirceur et la transcender. Il n'y a déjà plus qu'eux dans cet univers morcelé par le temps, par l'histoire et les cauchemars. Plus que sa peau pour contrer la sienne, que ses doigts pour jouer cette mélopée qui se moque bien de toute relativité, des lois de la physique et surtout de la gravité. Que son souffle pour appeler le sien, que sa bouche pour guérir l'absence. Parmi les fracas, ils s'étendent sur la prétention de l'éternité, sur la fiabilité d'une renaissance cardiaque. Ellie déjoue ses pièges, elle désarme chaque mécanisme défensif. Pandore n'a jamais été plus empressée d'ouvrir sa boîte. Perché à ce déséquilibre invoqué, le norvégien éprouve ses propres palpitations en maintenant le contact entre la paume alliée et la balafre répudiée. Elle pioche ses mots avec soin, faisant remuer ses lippes contre le vide qu'il a imposé, les assemblant avec une sincérité qui déroute un peu plus sa fragilité bravée. La brune décompose le dilemme en de simples envolées mélodiques. Il comprend, tolère mais n'accepte pas tout à fait. Mais une fois de plus, elle l'emporte, le fait dévaler chaque colline sans jamais craindre l'écorchure et ils se retrouvent aussi vite dans des refuges inattendus, à l'orée d'une insouciance évaporée. A égalité ou presque. Son interrogation le fauche en pleine dérive et tisse un amusement incertain sur ses traits emprunts de sérieux. « De qui ? De toi ? » Un sourire ironique nargue ses lèvres, déjà fébrile pourtant. Il sait qu'il est terrorisé.

Le dos de sa main court contre sa joue, la courbe de son cou, ses doigts soulignent doucement sa clavicule alors que ses murmures se consument contre les lèvres de la jeune femme. « Seulement de ton absence de préservation. » Le sarcasme s'effondre dans les replis d'une tendresse qu'il ne se souvient plus avoir déjà manifesté. Ezra lâche la bride et concède à Sven un retour improbable. Ses paumes comblent l'épiderme mis à nu de sa partenaire, délaisse les dernières hésitations en s'affranchissant de toute bienséance. Sa bouche dévale sa gorge, suit impertinemment son larynx et sombre entre sa poitrine pour embrasser le sanctuaire de ces déraisons. A l'endroit exact où s'abrite cet organe faible, dévastateur, pratiquement nuisible qui dispense son irrécupérable beauté en tambourinant pour instaurer ce climat frémissant. La peau de la mortelle se prête à son insolence pour ne jamais l'écailler. Sa fragrance le porte jusqu’au nombril de son amante. Ses mains s’allient pour étouffer les relents de réalité qui pourraient encore s’insinuer au milieu de leur Eden insoupçonné. La pudeur se craquelle jusqu’à devenir cendres pour les échos méphistophéliques. Un dernier regard vers elle, vers l’aube qu’elle régénère dans ses prunelles d’ordinaire calomniées par le pêché, une supplique ténue qu’il lui octroie, celle qui implore l’approbation sans faille, sans condition et sans regret, avant de la défaire de ses dernières frusques. Le textile ondule contre ses jambes tandis qu’il veille à ne jamais effleurer sa cheville endommagé. Ses doigts l’apprennent, la mémorisent en remontant son mollet, poursuivant leur course contre son genou, jusqu’à sa cuisse. Sa bouche poursuit le même dessein avant de se briser à nouveau contre la sienne. Ses bras s’invitent contre son dos, l’attirent toujours plus près de ce palpitant oppressif réclamant toujours plus ardemment sa pitance. Leurs bustes s’entrechoquent, amoncellent de nouvelles étincelles, la chaleur enivre les parois organiques d’ordinaire ankylosées par le froid. Envolée de frissons pour son échine, élan pour son ardeur, ses expirations sont déjà imprécises et couvrent les lippes de sa belle.

Ses vêtements ne s’éternisent pas dans leur environnement proche et sont rejetés sans plus de considération sur le parquet. Les derniers remparts se délitent avec moins d’empressement, rendant de sa valeur à l’inédit, à l’impensable, au rêve qu’il n’aurait jamais pu souhaiter, qu’il n’aurait sans doute jamais dû atteindre. A ces lèvres auxquels il se dédie sans retenue, à ce corps inconnu contre lequel il se presse sans la moindre chasteté. Chaque contact semble insuffisant, chaque déplacement sur sa peau demeure imparfait et le propulse un peu plus aux portes d’une douleur viscérale, rendue physique par le désir de cette chair esseulée. Une souffrance exquise qu’il prolonge par simple esprit de contradiction, se jouant de sa compagne en froissant le dernier tissu qui la compose encore sans jamais le franchir. Ses paumes s’élancent contre ses courbes une ultime fois avant d’abolir le dernier mystère qu’il reste encore à conquérir. Leurs vulnérabilités communes s’entretiennent et se soutiennent alors que leurs enveloppes s’offrent entièrement à de nouvelles caresses, de nouveaux soupirs. C’est sûrement une erreur qui aura un prix. Le coût s’alignera dans un autre esprit, dans une autre carcasse demain matin quand elle l’aura transformé, quand elle lui aura fourni des éclats apprêtés de sa joliesse pour ne plus qu’il trébuche dans sa nuit et quand elle aura tôt fait de tout lui reprendre pour rendre l’obscurité bien plus opaque encore. Le scandinave s’instruit de ses sensations, de cette envie qui fracasse sa raison et anime chacun de ses membres, de cette euphorie à perturber leurs sens jusqu'à la souffrance, jusqu'au plaisir encore trop ténu. Demain n’a jamais semblé plus loin et moins menaçant qu'en cet instant. C’est sans doute, sans appréhension, qu’il entremêle leurs corps et pourchasse l’aurore.

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MessageSujet: Re: /!\ Need someone to numb the pain (ft Ezra)   Sam 2 Mai - 23:24


Need someone to numb the pain


Une faim insatiable. Une faim d'Ezra.
Il se répand sous la peau comme un venin dont les enzymes remontent à contre-courant les circuits d’hémoglobine qui cèdent devant l’intrus. Devant ce poison, vil, délinquant, qui rugit entre deux battements. Il existe, coexiste, dans l’éclat des pulsions incoercibles qui s’éveillent au creux de ses reins, abusés par leur propre dessein. Il soupire contre ce cœur qui s’épuise à chaque vibration, teintée par l’ardeur de l’émotion qui s’éveille au contact charnel de ce désir. Telle une flamme au bord du précipice. Un élan de passion qui prend vie dans cette intimité novice. Et il dévale, dégringole le long de ses organes avant de relâcher la toxine du vice qui s’enflamme de toute sa splendeur, qui ravive les instincts primitifs propres à l'espèce humaine.

Ellie découvre ce corps étranger pour la première fois, discerne les indices qui capitulent sous ses doigts. Pourtant, il lui semble le reconnaître. Comme un souvenir encastré le long de sa mémoire. Comme un fantasme dévoilé à l'aube de la nuit. Lorsque la censure est levée, lorsque l’interdit est permis. Le souffle saccadé, elle dévore les spasmes qui embrasent son organisme assujetti par une envie irrépressible. Une faim insatiable. Une faim d’Ezra. Son esprit est incapable de se focaliser sur une autre pensée, de s’évader un instant. L’appétit la tiraille, condamne la satiété avant même de l’envisager, pour la propulser au-delà d’un rythme frénétique enivrant. Elle se perd dans la cadence de leur union qui intensifie la moindre sensation plaquée sur leur chair.

Le plaisir devient un euphémisme que les mots s’arrachent à déloger sans parvenir à le détourner. Il résiste aux assauts antagonistes qui tentent de dissoudre le délice pour ériger la souffrance à venir. Cette réalité qui chuchote à la naissance de leurs soupirs faute de pouvoir corrompre leurs intentions scellées en une même direction. En une parfaite harmonie. En un commun accord qui déclenche une combustion ravageant le moindre doute sur son passage. Afin de laisser leur corps se trouver, leur âme s'élever ensemble. Ils dansent l’un contre l’autre, tracent des horizons qu’ils parcourent, sous l’effusion d'étincelles qui suintent de leurs prunelles. Et réinventent leur identité en toute complicité sur chaque baiser qui percute le silence de leur délivrance.

D’une main, Ellie parcourt l’échine de son amant, longeant la courbe qui ploie sous ses caresses. Jusqu’à frôler le fardeau d’Ezra dont le stigmate reflète l'étendue du mal qui l'afflige. Elle devine son frémissement lorsque ses phalanges effleurent son flanc droit. Il n’a pas besoin de trembler pour qu’elle suppose la crainte s’immiscer en lui, le tourment guetter un signe de sa part. L'inquiétude est une seconde nature qu'il semble avoir développé pour se prémunir, s'armer face au danger. « Dont’ be affraid … cause I’m not. » Elle ne tressaillit pas au toucher de cette entaille qui appelle l'évidence à témoigner mais se contente de disséquer un bout de l'histoire dont il garde le secret. Avant de parsemer ses lèvres d'un sourire volatilisant le trouble qui règne pour le convaincre d'en faire autant. « And kiss me like a man »

Avide du plaisir qu’il lui procure, elle ne conçoit pas une seule seconde l’abandonner, l’étouffer, le réprimer. Peu importe la nature du sang qui coule dans ses veines, Ezra demeure l’ultime convoitise que son corps réclame, que son cœur revendique. La lueur fulgurante qui incline les ténèbres pour les soumettre à sa volonté. L'espoir insoupçonné qui conteste le destin réservé à son existence parce qu'il refuse de s'aligner selon l'ordre préétabli, parce qu'il exige d’avoir le choix. Et il choisit de froisser les draps qui abritent le désir insolite émanant de son être.

Spoiler:
 

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