AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 It's all suicide [PV Helena]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 2952
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: It's all suicide [PV Helena]   Lun 30 Mar - 23:36

It's all suicide
○ So it was four or five of everything, as you are no good. I saw it through the frame and through my face. Covering my eyes, because we are nothing, and never quite the same from a black and white summer. With photographs that showed our rails and razorblades. I think it cured my pain, again. 


L’effroi se retient de justesse dans cette mêlée, il se planque sous sa pelure terne, rendue malade par l’absence de raisons et d’existence. Une bouche qui contourne ses propres cris, des mouvements qui tendent vers la gâchette sans l’atteindre tout à fait. Des soupirs qui s’égarent quand les coudes brûlent ses côtes, des sourires invisibles qui s’avortent dès que la maladresse d’une semelle le rencontre brièvement. Martellement pour son tibia, acquiescement pour son crime. Mais la foule s’épaissit. Mais le monde tourne et vacille autour de sa carcasse. La masse passe, le fracasse avant que l’ennui ne l’ébroue, dérange les trajectoires. Ils s’éloignent, les uns après les autres dans une indifférence collective qui tire et assouplit d’une même onde, la candeur des nouvelles plaies. Marée éventrée qui fait au moins un mort et un vivant. Ils sont toujours deux dans cette enveloppe chétive, fracturée par un néant aux consonances bibliques. L’oiseau tournoie là-haut. L’humain s’effondre là-bas. Les forces gravitationnelles s’annulent dans ce seul espace organique et permettent aux guiboles du français de distancer cet emplacement imprécis pour en gagner un autre tout aussi incertain. Les lieux s’échangent dans ce désintéressement glacé et radical. Là où la beauté a pu s’écraser, la banalité encadre les derniers éclats. La grisaille habite les crânes, les rétines et les thorax. On la propulse dans des souffles empressés, on la camoufle de dorures criardes en priant pour qu’elle se taise. Un rire, un slogan. Publicité mensongère qui infecte le cœur de cette cité déchue, de cet enclos pour l'insolent bétail. L’abattoir semble bien loin lorsque l’on emprunte les passages cloutés et s’arrête machinalement quand les halos fluorescents régulent les flots continus. L’organisation rassure et engendre des spasmes de civilité dans les allées encombrées. Ces gens se prennent pour des êtres uniques avec des manières inculquées par une société décomposée. Il s’est pris pour l’un d’eux. Il a joué à devenir pour finalement, ne plus être. Pour finalement en être réduit à sa vraie nature. Plus insignifiant encore que cette ombre difforme qu’il traîne sur un bitume humide et négligé.

Ils déambulent encore quand le noir ensevelit les façades taciturnes. Ils, ce sont les autres, ceux qui dorment à l’abri de toute conscience. Reclus dans leur déni, ils se laissent distraire par l’immensité de promesses creuses. Ils ne le voient pas évoluer et surtout régresser sur ces trottoirs impersonnels. Ils ne discernent pas sa silhouette fébrile, déjà marginalisée par une dépression salée qui terrifie le commun, touche à cette allusion au bonheur qu’ils poursuivent sans en reconnaître la moindre couleur. Incolore, il se range derrière l’honnêteté individuelle et perce les conventions à plusieurs rues de là. La voiture entrave un passage. Ses propriétaires l’ont déserté dans l’urgence. La trouvaille n’est pas totalement hasardeuse, ni tout à fait contrôlée. Bastien allonge déjà ses bras vers l’intérieur. Il se refuse à l’habitacle d’abord mais c’est ensuite qui le pousse dans ces entrailles métalliques. Le plastique craquelle quand il s’assied. Les vertiges dissimulent le présent, ses doigts effleurent le volant méthodiquement. L’impact lui revient, l’aorte se fendille. L’hémorragie interne survient en plein essor de cet écho mémoriel. Dans cet ailleurs infect, il succombe à ses meurtrissures, la joue contre l’asphalte. Le parebrise en morceaux, son corps démantelé. L’accident le hante, le traumatisme accentue cette nausée qui ne déserte jamais et salit l’aura qu’il a bâti par respect, surtout par survie autour de son amante. Elle est là d’ailleurs, juste à côté. La sueur dégringole de ses tempes quand il tourne son visage émacié vers un spectre rappelé par l’infection cardiaque. Les reflets cuivrés s’illuminent sous la pâleur du réverbère et font briller les douleurs dans son regard éteint. Ses arabesques encadrent cette douceur inaccessible, le fantôme sourit et l’appelle dans ses enfers. Il aspire l’air et le conserve juste assez longtemps pour se ramener à l’essentiel. Et l'essentiel, il ne tient même pas sur une seule ligne.

Ses ongles tirent l’objet de sa convoitise, le délogeant du tableau de bord. La grossièreté de ses gestes trahit sa fièvre constante, il s’écorche chaque doigt en brisant la ferraille, trouvant un réconfort morbide dans les entailles qui s’alignent sur cette chair maudite. Il coupe les fils sans se soucier des raccordements primordiaux et sans s’inquiéter des craquements qu’il provoque en agitant le matériel, peu enclin à soigner les détails comme autrefois. Au temps de ce jadis insouciant et ridiculement impertinent. Le changeur voile son butin sous un pan de sa veste élimée alors qu’il s’extirpe du véhicule avec une hâte proche de l’indécence. Déjà, les autorités reviennent. Déjà, il faut fuir. Ses enjambées sont saccadées mais élancées. Il atteint les recoins terreux des quartiers dissolus dans l’agitation nocturne. Quand il sait que son méfait est dissimulé, il s’accole au mur le plus sombre, celui qui s'accorde harmonieusement à son reflet et allume sa clope pour finir son trajet. L’épuisement talonne sa course, il sème le peu de vivacité qu’il peut encore mobiliser sur les derniers accotements lugubres. A proximité, il écrase son mégot sur sa paume, savourant la brûlure, goûtant au peu d’adrénaline qui en découle et qui soulage étrangement ses traits tirés par le chagrin. L’immeuble en face s’impose par sa misère et sa précarité. Les escaliers garantissent d’ailleurs un effondrement prochain, éjectant dans les airs des crissements menaçants. Le métamorphe tape violemment du pied contre chaque marche pour provoquer cette chute assurée. Il n’arrive peut-être pas sain mais plus ou moins sauf sur le palier du quatrième étage malgré l’effort déployé. Dans l’idée d’atteindre l’objectif, il s’autorise un crochetage désarticulé. Ses mains tremblent, sa vision se dilue contre une fatigue mentale oppressante mais la porte ne lui résiste pas. La pénombre se donne pour mission de la venger. Trois pas, un fracas. Sa hanche butte, sa gaucherie tangue. Ses injures se drapent de sa langue maternelle, ses prières silencieuses s’adressent aux dieux qu’il discrédite pourtant. La tanière l’a déjà englouti et la bête est surement déjà avertie. La peur ne survient pas. Qui craindrait les ténèbres après avoir connu la violence du jour et de sa lumière ?


_________________

    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's all suicide [PV Helena]   Lun 6 Avr - 14:42



Ses yeux s'ouvrent sur les ténèbres, emplis d'épouvante. Dans ses orbes sombres, l'on aperçoit aisément les résidus cauchemardesques qui se dissolvent dans son éveil. Ça fait bien longtemps que son sommeil nocturne est lutiné par ses démons, son encéphale traître cueillant ça et là les fleurs les plus viles de sa mémoire pour constituer un bouquet de réminiscences d'une atrocité terrible. Le ghetto, les humiliations, la mort, autant de stigmates tracés sur son âme qui l'élancent une fois l'astre solaire chu par delà la ligne d'horizon. Toutefois, cet amalgame de souvenirs n'est pas en soi capable de rompre son sommeil, tant elle y est mithridatisée. Non, ce qui l'a extrait de ce tourbillon d'horreurs infernal, c'est bel et bien un bruit, une présence, toute proche. Toujours prisonnière de ses draps, Helena enfouit la main sous son oreiller et se saisit de son arme de poing. Le poids du monstre d'acier, son contact froid, la rassurent. Sans bruit, un chat habile, elle s'échappe de son cocon d'étoffes et coule de prestes et feutrées foulées vers l'interrupteur. D'abord, elle braque le canon sur la cible supposée, ensuite elle conjure la noirceur ambiante.

« Petit con. » éructe-t-elle lorsqu'elle découvre l'identité de l'intrus. Elle est frêle, uniquement vêtue d'un t-shirt délavé qui lui chatouille le haut des cuisses mais elle est principalement et avant tout un concentré de hargne. Ses atours légers ne l'incommodent pas, elle sait que la concupiscence a depuis longtemps déserté le sorgueur. Alors, la varsovienne s'avance au devant de lui, une expression de mépris courbant son visage et lui agite la gueule béante de l'arme sous le nez. « Tranquille ? Tu veux un café ? » crache-t-elle avec fiel. La sacrifiée le lorgne de haut en bas ; il est émacié, ses yeux offrent un parfait reflet de son âme ; vides, inertes. Il est nimbé d'une aura singulière, il irradie une mélancolie presque tangible. Helena est à la fois intriguée et rebutée ; il n'a probablement pas connu le quart des affres qui ont été les siennes et pourtant il se meut voûté, comme si le poids du monde reposait sur ses épaules rompues de fatigue. Elle renâcle tandis que son regard tombe sur le paquet que Bastien tient dans ses mains diaphanes. « C'est pour moi ? » ronronne-t-elle d'une voix fausse alors qu'elle se saisit de l'emballage sans y avoir été conviée. Ça fait longtemps qu'elle brûle de posséder pareil engin ; même si elle n'est pas particulièrement adaptée à la technologie, c'est avec une certaine prescience qu'elle a conclu que ce gadget lui permettrait d'améliorer l'épaisseur de sa paie. Avec fébrilité et allégresse, elle déchiquette l'emballage importun et lorsqu'elle tient son précieux au creux de ses mains, son sourire s'étiole. Elle fait volte-face, la rage à fleur de peau. « Tu te fous de moi ? » gronde-t-elle, brandissant l'épave. Cet ustensile était censé être un remède à son impécuniosité, une échelle afin de s'extirper de l'indigence. « C'est mon putain de gagne-pain, Bastien. » grince la juive, luttant pour ne cingler l'impudent d'une grêle de plomb. « J'parie que même une tête de nœuds dans ton genre a grillé que je ne roulais pas exactement sur l'or. » lâche-t-elle, montrant la pièce d'un geste circulaire. Et en effet, il s'agit bien et bien là d'un gourbi. L'odeur de moisissure empuantit l'air, la peinture des murs, lorsque ceux-ci ne sont pas effondrés, s'écaille et l'immeuble insalubre est peuplé de bien sinistres oiseaux. Le mobilier est quasi inexistant, un simple matelas, sans sommier, jeté à terre fait office de couche, la luminosité blafarde est produite par un néon moribond et, ça et là, une table, une chaise abruptement taillées. Il est presque étonnant que Bastien ait réussi à trouver quelque chose avec quoi entrer en collision. Même selon les piètres standards de Storyville, où la déliquescence est la plus palpable, l'endroit n'est ni plus ni moins qu'un bouge. Des songes pernicieux qui fomentent en son sein une colère sourde. Avec mollesse, elle tend son bras armé, pointe le canon sur le voleur et d'une voix blanche : « Tu n'es qu'un bon à rien. Peut-être devrais-je me passer de tes services. » Un léger picotement dans l'index, une démangeaison agaçante. Elle n'a jamais abattu quelqu'un. Elle n'a jamais abattu quelqu'un et elle se demande l'effet que ça lui ferait.

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2952
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: It's all suicide [PV Helena]   Dim 19 Avr - 13:38

Deux attitudes pour une seule conséquence. Dans la passivité, il s’ensile offrant à chacun de ses gestes, des angles à peine esquissés, des trajectoires indéfinies qui annoncent toujours plus des relents de mort s’éternisant depuis l’éboulement organique. La carcasse épaissie par la perte, se confond aux ombres, s’apparente à la lividité fantomatique, s’amenuise en chair sur l’os pour devenir l’écho de sa seule représentation. Spectre des mauvais instants, oiseau ébène véhiculant le mauvais augure, recouvrant les cieux de ses interminables ailerons pour obscurcir les regards à proximité. Traqueur de silence, instigateur hivernal et personnification même de la décadence mentale, il ne peut être que chassé, indésirable, nuisible pour toutes âmes acheminées par malchance à ses côtés. Helena s’arrache à son nid, guettant sa malédiction. Elle grimpe sans doute dans la pénombre, glisse pour mieux l’attaquer, crocs pour une main, venin pour sa langue. La couleuvre invite des élans phosphorescents dans la rétine éteinte de l’intrus, le privant de couleurs et de contours durant une poignée de seconde. Une paume s’avance sur ses prunelles pour rejeter la submersion lumineuse, délaissant dans son sillage le commun instinct de survie, se refusant à intégrer la position offensive de la jeune femme. Peut-être qu’entre deux inspirations et un horizon bouché, il espère même qu’elle va l’abattre sans plus de cérémonie. La délivrance ne s’assouvit pas cette nuit, du moins pas encore. Ses doigts reculent, son regard s’avance pour contrer la sévérité des traits voisins, son indifférence et sa lassitude s’y fracassent et gisent contre le rivage glacé de ces prunelles noires. L’injure aussitôt, qu’il accepte sans plus d’émoi. Les jambes découvertes de l’assaillante s’associent aux mètres qui les distancent assez radicalement. Le flingue passe sous son nez, phénomène qui réconforte l’esprit malade de cette dépouille à peine remuante. « Je voulais juste déposer ton colis. Je croyais que c’était urgent, non ? » Les notes traînent dans l’ironie, s’effondrent dans la spirale rocailleuse et inconstante de son timbre monocorde.

La polonaise déloge le paquet entre ses doigts. Le vide remplace le poids de l’objet et le soulage drastiquement d’une mission encombrante, d’une succession de but, d’effort destinés à engranger un peu de fric pour affronter le fond d'un verre un peu plus tard. L’avidité s’empare de sa comparse, un enthousiasme qui amène la bile à l’orée de sa gorge. Les émotions positives sont absorbées comme autrefois par cette enveloppe dénuée de possibilité, l’empathie demeure alerte par simple habitude et écorche un peu plus les sensations garrotées d’un thorax désaxé. La colère remplace l’allégresse drastiquement devant l’ampleur de sa maladresse. Un soupire en précède un autre, ses mains fouillent ses poches pour trouver son paquet de clope qu’il écrase et relâche à intervalles irréguliers afin de contenir les déficits aortiques. Sa voix se pose dans l’atmosphère survoltée, elle se poursuit en une seule ligne mélodique qui ne varie jamais, des murmures faiblards qui succombent d’eux-mêmes à la fatigue de leur propriétaire. « Si tu trouves ça si facile de piller les peacekeepers, pourquoi tu le fais pas toi-même ? J’ai fait ce que j’ai pu, Helena et si ça te plaît pas, c’est le même prix. » Mais sa patronne semble inapte à digérer sa vérité, préférant rebondir contre la misère de cet appartement et délier des évidences qui n’atteignent toujours pas le voleur.

Son arme le prend pour cible à nouveau et devant l’ultime intimidation, le français se pare encore une fois de marbre sans jamais feindre, sans jamais prétendre le mensonge à chaque syllabe qui s’échappe de son larynx usé par une surconsommation de nicotine. « Fais-toi plaisir. Pour ce que ça change. » Ses épaules grimpent et retombent, marquent son absence totale d’envie et de désirs. L’impatience gronde entre ses tempes ternies par une grisaille apparente, un délié d’anthracite qui souille ses poumons et réassemble ses prises d’air en intoxication constante, ingurgitant l’acide infectieux, régurgitant la vicieuse existence. La provocation s’invite dans sa démence, afin de saisir cette opportunité. « Si t’appuies pas sur la gâchette, je pense que j’ai suffisamment risqué la taule ce soir pour tes conneries. Je veux être payé. » Pour pouvoir ensuite oublier dans l’ivresse qu’il a encore perdu une nouvelle chance de crever. Pour dissoudre la déception, la frustration et ce condensé d’harassement qui le pourchasse à toute heure et en tout lieu. « T’as la carcasse, tu peux toujours le reproduire ou le réparer. » Début de solution, quasi optimiste ou chimérique, toujours ces résonances d’un jadis incomplet. Pour se repaître de la cassure, il s’avance vers elle jusqu’à laisser le canon s’incruster dans sa poitrine. « Ou tu peux me flinguer si ça te chante et vider le contenu de mes poches pour te dédommager. » Liant l’acte à la parole, il sort ses maigres possessions de son blouson et les étale devant elle, au creux de ses paumes. « Un briquet, des cigarettes et quelques cents. Tu vas pouvoir t’acheter un nouveau palace. » Le sarcasme tranche et il espère sincèrement qu’il fera toute la différence. Qu’elle le blesse ou le tue, pourvu qu’elle fasse quelque chose.

_________________

    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's all suicide [PV Helena]   Dim 3 Mai - 22:28





Ses mains sont moites, sa paume colle à l'arme. Helena mire sa cible, l'observe, guette la réaction, prête à saisir ne serait-ce qu'une velléité d'agressivité. Il n'y en a aucune, bien évidemment. Bastien se traîne avec sa sempiternelle indolence, son regard tout empli de néant. Elle en est presque déçue. Le poids du monstre d'acier dans sa dextre la conforte, la galvanise. Elle voudrait presser la détente, sentir le recul grouiller dans ses chairs, entendre la détonation gronder son hymne. Toutefois, elle refrène cette pulsion saugrenue ; ce n'est ni l'heure, ni l'endroit. « Tu as confondu vitesse et précipitation, il semblerait. » glisse-t-elle d'une voix chargée de glace, l'ombre d'un sourire mauvais dansant sur ses lèvres. Elle guigne la radio sur laquelle ses doigts malingres sont crispés ; elle ne peut rien tirer de cette épave, n'est pas suffisamment rodée à la technologie contemporaine que pour espérer réparer cet ustensile aux mille promesses. La juive s'est encore bercée d'illusions ; elle est même surprise d'avoir versé dans pareilles niaiseries. Qu'a-t-elle cru ? Que ce vulgaire gadget serait synonyme d'opulence et de jours filés de soie ? La providence ne s'est jamais montrée clémente envers elle, elle le sait pourtant pertinemment. Un panthéon impitoyable s'acharne sur elle depuis l'aube de sa misérable existence, la foudroie d'une pléthore de douleurs, la lutine avec une espièglerie cruelle. Nonobstant ces afflictions, elle ne ploie pourtant pas le genou. Jamais. Elle s'enfonce dans les abîmes du cynisme et de la misanthropie mais elle ne renonce pas. Sans repos ni cesse, elle se débat, mue par l'énergie du désespoir. Sa résilience peut endurer des cataclysmes sans vaciller.

« Va crever. » crache-t-elle, expectorant tout son fiel, qui témoigne du dégoût que Bastien et les peacekeepers lui inspire. Si elle s'était elle-même occupée de cette basse besogne, elle aurait, sans l'once d'un doute, mis à mort ces loups au cou de chien. Ces bourreaux vêtus de l'uniforme honni ne méritent guère mieux. Enrôlés dans l'optique de servir et de protéger, ceux-ci abusent de leurs prérogatives afin de perpétrer des atrocités, d'assouvir leurs pulsions primales. L'humanité n'apprend pas. Les despotes ne seront jamais une solution, peu importe à quel point la situation est critique. Le pouvoir est méphitique. Donnez un fouet à un quidam et il ne pourra s'empêcher d'asséner de terribles horions à son innocent prochain. L'être humain s'égare aisément, il est ainsi fait.

La neurasthénie de l'intrus insupporte l’ensorceleuse. Cette immuable aura de mélancolie dont il se drape la rend nauséeuse, cette langueur la répugne, fait poindre en elle la colère. « C'est quoi ton foutu problème ? » Il ne feint même pas cette indolence, elle est inhérente à son être, elle peut le sentir, peut déceler dans le creux de sa respiration cette envie que le souffle qu'il vient d'exhaler soit le dernier. Elle peut le déceler et ça la rend malade. Qu'a-t-il pu subir de si terrible , que son âme soit à ce point obombrée ? Qu'a-t-il connu de pire que l'infamie indicible du ghetto, de pire que les antichambres de la mort ? Rien, elle en est persuadée. Un couard qui a baissé les bras, qui se laisse malmener par les affres de la condition humaine. « J'vais pas risquer la taule pour une raclure dans ton genre. » grogne-t-elle. Alourdir le français de plomb n'est, après mûre réflexion, pas une bonne idée. La simple détonation du glock ameuterait tout l'immeuble. Elle pourrait peut-être plaider la légitime défense mais expliquer avec crédibilité la présence de la radio serait une tâche malaisée. Toutefois, cédant à son désir impérieux, elle rassemble toutes les puissances que son corps have peut lui procurer et frappe le pleutre au visage avec la crosse de son arme. Elle fait volte-face, coule d'aériennes foulées jusqu'à sa modeste couche, en soulève promptement le matelas et agrippe une mince liasse de billets. Helena revient jusqu'à l'homme : « Voici ton dû, tu l'as bien mérité. » glisse-t-elle d'une voix melliflue. Avec une lenteur compassée, son regard où brûle la haine planté dans celui du métamorphe, elle déchire les billets neufs et craquants et lui les jette au visage.

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2952
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: It's all suicide [PV Helena]   Dim 10 Mai - 15:34

Le choix, c’est la terreur latente qui articule une mécanique ferreuse dans des artères apathiques. On croit qu’il suffit d’inspirer et d’avancer, de laisser la marée existentielle tirer ses conclusions contre l’écume qui râpe les chevilles en oubliant que le flux s’écarte et se reconstruit. Des vagues, des courants qu’il faut définir. Tracer ses pas dans la plus absurde des cécités, compléter ses trajectoires sur des coups de poker en se prélassant dans un pari insensé et dans la sourde indécence pour mieux s’allier au déni afin de réarranger l’ensemble. Le Destin porte les erreurs des plus fourbes. La réalité quant à elle, se presse contre les muscles des plus aguerris. Contre toute attente, la lâcheté du métamorphe se désagrège contre ce seul concept pour soutenir cette culpabilité inhérente à sa condition maladive. Il reconnaît ses mauvais tissages et son rôle dans la tragédie. Il sait qu’il a caressé chacune des décisions de ses multiples écorchures, il sait qu’il les a amené à la putride décomposition jusqu’à teinter sa peau d’opale. L’infinité des possibilités s’insurge contre les démissionnaires. Mais même pour ce déserteur d’avenir, il n’y a aucun autre coupable que le reflet qu'il faut appréhender. Ce genre de miroitements ne renvoie jamais le mensonge à moins d’être ami avec l’aliénation mentale. Cela se pourrait mais jamais en ce sens. Sa patronne d’infortune partage cette seule conviction, elle va même plus loin. Se refusant à remettre leurs sorts entre d’autres doigts. Elle est de ce genre de personne qui rejette leurs épaules pour cracher à la figure de la fatalité sans la moindre cérémonie, sans le moindre lyrisme. La poésie de sa brutalité séjourne pourtant dans l’imbrication de ses articulations qu’elle mue avec fermeté, accostant son instabilité avec le même aplomb. Son esprit n’admet pas l’étroitesse de cette chétive carrure qui soupèse une colonne de démons. Au centre de ses ténèbres, elle séjourne en Reine. Déchue de l’espoir et abritée par la pluie, elle se retrouve dans la ruine sans même demander son chemin. Le français y reconnaît le stigmate d’une chute libre et c’est sans doute pour ça qu’il a accédé à sa requête. Pas besoin de mentir ou de prétendre à ceux qui comprennent. Il mise sans doute tout sur ça à l’heure actuelle.

L’hésitation creuse le temps pour le rendre incommensurable. L’absolution ne se permet pas tous les écarts, il s’en convainc alors qu’elle défait sa volonté première en retirant le canon de sa poitrine. Le voleur étouffe sa déception en morcelant sa langue à l’aide de ses quenottes, goûtant à son hémoglobine par défaut et appréciant la douleur qu’il a fallu s’offrir pour l’obtenir. Même si ce n’est pas suffisant. Elle perce ses pensées de sa voix, grave sa sentence dans le vermeil. Son pragmatisme le fracasse bien plus que la crosse qui s’abat pour répondre à ses prières silencieuses. La tempe craque, le visage roule et le corps peine à conserver ses hauteurs. Les paupières se referment pour construire la sérénité autour de la souffrance suscitée. Il l’en remercierait presque pour peu qu’elle continue mais elle s'arrête aussi abruptement dans ce début de promesses idylliques. Elle tourne les talons le laissant dans cette expectative. Le changeur appuie précieusement sa paume contre le centre de l’impact, réveillant davantage les lancements en se griffant la chair malmenée. Le ténor de la sorcière vient aussitôt perturber sa morbide exaltation. Il redresse sa nuque pour admirer le fiel brimer des symboles. L’oiseau se permet de soupirer lourdement avant de reprendre sans plus d’émoi « Voilà qui résout absolument tout. Ta sagesse m’impressionne. » Le sarcasme se consume une énième fois alors qu’il éponge le fin filet de sang contre son faciès en veillant à couvrir l’hématome de nouvelles secousses. « Ça t’amuse peut-être de gâcher le peu de fric que t’as mais ça ne change rien au fait que j’ai moi-même risqué la taule. De toute manière, tu m’as dit que tu le voulais mais tu m’as pas stipulé dans quel état. » Bien sûr, dans la provocation, il s’attend juste aux conséquences et pas à l’argent. Si une constante a bien perduré après la perte, c’est son mépris pour les dollars qu’il faut rafler afin d’exister. Sa denrée rare, c’est de loin le châtiment.

Et il continue à vouloir le traquer en s’avançant une nouvelle fois vers elle, amenant sur son expression régie par l’absentéisme, assez d’insolence pour oser proférer sa suite de mots. « A ta place, je m’inquiéterais. Un voleur récupère toujours son dû d’une façon ou d’une autre. Tu ne voudrais pas que je te pille pour prouver mon propre point, Helena, pas vrai ? » Son comportement et sa menace lui arrachent une nausée inconvenante, le contraste entre ce qu’il a été et ce qu’il doit devenir pour endosser ses crimes. Un jeu d’ombres sans lumière auquel il s’adonne pour animer un peu plus le dégoût qu’il éprouve pour sa propre personne de façon assidue. « Si je t’en trouve un autre, un qui fonctionne s’entend, j’en veux le double. N’importe qui ne serait pas prêt à faire tes conneries pour aussi peu. Tu trouveras personne pour remplir tes conditions et tu le sais. Ne joue pas à celle qui a le choix. » Dépecer les pauvres. Sa propre ironie lui lacère le palais. Il sait qu’il n’aura rien de toute manière. Ce n’est qu’un appel à la violence. Un cri de détresse qu’il faut éjecter tant qu’il peut être perçu par les bonnes oreilles.


_________________

    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with
 

It's all suicide [PV Helena]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Suicide Squad
» Kimura Takuya (idole) [SMAP]
» Resident Evil : New Revolution // V2
» Besoin d'informations sur un contenu pouvant être délicat.
» Ma poupée Bella " Héléna" de 85 cm

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-