AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Mer 1 Avr - 22:31

Le Square pouvait être magnifique en journée, et absolument abominable la nuit. Dissimulés par l’ombre qu’elle jetait sur la Nouvelle-Orléans, les gens avaient tendances à s’adonner à leurs plus noirs désirs. Morgan ignorait pourquoi ils choisissaient ce lieu pour se perdre mais, il s’en moquait. S’il était ici ce soir, c’était pour des raisons bien plus sombres qu’un plaisir artificiel. Ces gens étaient des proies faciles, d’une utilité remarquable quand il s’agissait de voler de l’énergie rapidement et de se faire oublier. Leurs capacités de réactions et de réflexions étaient si diminuées par les substances qu’ils s’injectaient et fumaient qu’ils auraient tout simplement été incapables de porter plainte ou témoigner. Et, si par malheur son repas entraînait leur décès, la drogue était l’excuse ultime, une façade au meurtre de premier choix.
Au fond, cela lui rappelait les soirées décadentes auxquels ils auraient pu s’adonner à son époque s’il en avait eu envie. Mais, comme tout bon maniaque du contrôle, il n’aurait pas supporté de perdre ses moyens et sa supériorité. C’était aussi une des raisons pour lesquels il méprisait ces gens descendus si bas qu’ils devenaient des proies... des êtres qui méritaient à peine de survivre tant il était facile de leur apporter la mort.

Déambulant avec décontraction dans ce parc que tous choisissaient d’éviter une fois la nuit tombée, il observa attentivement. Si eux choisissaient leur dope favorite, lui choisissait sa proie avec grand soin. Il ne volait pas l’énergie de n’importe qui même quand il préférait s’abandonner à une solution de facilité.
Allumant une cigarette, scrutant avec une fascination malsaine ces insectes se détruire, il sourit. Quel pathétisme... S’empoisonner, se tuer avec un plaisir chimique et artificiel de façon volontaire et payer pour ça. Ceux qui exploitaient ce filon avaient décidément de bonnes idées. Un moyen comme un autre d’accélérer la sélection naturelle. Oui, Morgan se plaisait énormément en haut de la chaîne alimentaire de ce monde et de pitié, il n’en avait aucune. Le malheur des autres le ravissait, leurs tourments l’amusaient, leurs petites histoires le distrayaient.

Contemplation malsaine ou spectacle affligeant, il n’en demeura pas moins qu’une chose inhabituelle changea l’atmosphère. Il s’était fait au lieu, en connaissait les nuances. Il était habitué à chaque ressenti, étant même capable de distinguer les habitués des toxicos de passages. Là, il y avait autre chose, un silence anormal, comme si le monde avait cessé de tourner. L’espace d’un instant, il crut que son esprit tentait de lui jouer des tours hors, il se rendit rapidement compte qu’il n’en était rien. Poussant ses dons le plus loin possible, il flaira l’angoisse et en suivit le parfum. Sans s’approcher, il devint spectateur inattendu d’un repas visiblement pris à l’arrachée. Une silhouette qu’il distinguait parfaitement en avait acculé une autre dans une posture de prédation parfaitement digne. Un jeune homme, en apparence, qui était ce que lui-même était.
Morgan avait appris avec le temps que la plupart des êtres humains, des sorciers ou des changeurs répugnaient à devenir des voleurs de vie, à tuer. En voir un autre à l’œuvre avait quelque chose de voyeuriste, d’obscène et d’affreusement plaisant. Le plaisir de la chasse par procuration. Et c’était d’autant plus intéressant que celui-ci avait l’air d’y prendre un plaisir malsain, de savourer la frayeur qu’il inspirait, de jouir de ce moment de puissance absolue.

Dans le noir, l’incandescence de son mégot de cigarette illumina faiblement ses traits. Dissimulé dans un recoin, Morgan continua de fixer la scène, un sourire carnassier creusant son visage de manière terrifiante, attendant le dénouement avec une certaine impatience qui ne lui ressemblait pas. Sa curiosité infecte avait quelque chose de tout à fait décadent, une sensation qu’il avait perdue depuis si longtemps qu’il l’apprécia doublement.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Jeu 2 Avr - 16:36



And I've walked it tall, lived in this sin

Feat. MORGAN A. THORNE





▽ △

Merde. Ça faisait combien de temps qu'il cherchait le sommeil? Se retournant sans cesse dans ce lit trempé de sueur. C'était bien trop dur. Cette promesse, il ne pourrait jamais la tenir. Il lui avait dit qu'il essayerait. Il lui avait dit et avait même réussi à se convaincre lui même. Mais, dans cette nuit noire, il s'était rendu compte que c'était des paroles en l'air pour que Tobias lui foute la paix. Pour qu'il arrête enfin de s'inquiéter pour lui. C'était son problème.

▽ △

Il devait sûrement s'être levé machinalement. Il était sûrement sorti dans la nuit ténébreuse, guidé par une faim insatiable. Il était sûrement contrôlé par cette ombre qui le dirigeait comme un pantin à qui l'on tire les ficelles. Faim. Il avait bien trop faim. Ça ne pouvait qu'arriver. Ce qu'il redoutait chaque jour. Alors, il déambulait dans ces rues qui dégageaient une odeur âcre de danger. Il déambulait à travers ces zombies shootés à la mort. Oh, il se rendait compte à quel point il leur ressemblait. Il se rendait compte qu'il touchait le fond tout comme eux. Incapables de résister à leurs pulsions, leurs envies. Il aurait même une once de pitié pour eux si il n'était pas dans un état second. Cet état qui le poussait à sourire  de plus en plus jusqu'à ce que son visage soit défiguré par un rictus malsain. Malsain. Oui, il l'était. Il aimait ce moment, celui ou il devait choisir une proie parmi tout ces êtres remplis d'énergie. Mais il ne fallait surtout pas faire l'erreur de penser qu'il la choisirait en fonction de son état, de ses souffrances et de sa vie. Non. Il portait son dévolu sur celui ou celle qui aurait se petit plus qui le ferait sortir du lot. Il ne fallait surtout pas croire qu'il était dans cet endroit pour s'en prendre à des humains qui flirtaient déjà avec la mort. Non. Il aurait pu se retrouver dans un orphelinat que ça aurait été pareil.

Elle semblait douce, perdue et sans attache. Assise sur le sol humide dans un coin de la ruelle, elle fixait Misha avec un regard embrumé. Ça devait être elle, cette proie. Il s'en approcha dans une démarche lente et fluide. Dans une démarche qui voilait ses intentions. Seuls ses yeux le trahissaient. Ses yeux cernés et d'une couleur intense.Traqueur. Il s'était mis accroupi face à elle, l'observant durant quelques instants avant de caler, d'un geste pubescent, une des ses mèches blondes derrière son oreille. Cette pauvre fille était complètement dans les vapes et flirtait sûrement avec les hallucinations insolites que devait lui procurer la drogue qu'elle s'était injectée. Elle n'était pas si intéressante finalement. Mais il finit par remarquer son expression. Elle dégageait tant de tristesse, de détresse et d'angoisse... Que Misha resta interdit durant un moment. Silencieux. Il scrutait cette douleur qui se reflétait dans son regard éteint. Cette douleur qui empoignait son coeur et le serrait tellement fort qu'il manqua de perdre l'équilibre . Oh, ça n'était pas de la compassion ni de l'apitoiement mais une excitation grandissante. Sa détresse l'attirait. Alors, avec une fausse douceur, il posa ses mains glacées sur les joues ternes de cette princesse perdue. Il ne jouerait pas ce soir. Il prendrait juste plaisir à savourer les émotions sombres qui enveloppaient cette fille comme un linceul invisible. Il ne jouerait pas ce soir. Il prendrait juste sa vie délicatement mais sans remord.

C'était un peu comme s'injecter de l'héroïne dans le bras. A chaque fois qu'il leur prenait de l'énergie, c'était pareil. C'était une sensation tellement intense que tout ses muscles se contractaient en même temps. C'était une sensation de plaisir, un orgasme des sens. C'était tellement jouissif qu'il était incapable de s'arrêter. Il lui en fallait toujours plus, beaucoup plus. Jusqu'à ce que le contenant de toute cette énergie s'épuise et s'effondre lourdement sur le sol. Putain, c'était tellement bon. Son coeur battait à tout rompre tandis que l'exaltation prenait possession  de chaque parcelle de son organisme. Puis il y'eut cette odeur. Cette odeur de cigarette qui le ramena à la réalité. Cette odeur qui émanait d'une zone d'ombre proche de lui. Cette odeur qui accompagnait une présence obscure. Il se redressa, doucement, avec une certaine précaution tout en se retournant pour lui faire face. A elle, cette silhouette tapie dans les ténèbres. Il ne voyait pas grand chose à part la lueur incandescente de la clope quelle tenait entre ses doigts. Cette silhouette. Oh, il n'était pas effrayé. Il n'avait pas encore retrouvé son humanité, sa lippe le prouvait.

■ On dirait que ça te plait de mater...

Il venait de persifler ces mots tout en s'avançant d'un pas assuré . Qu'il se montre au lieux de se planquer. Misha n'était pas dupe, il connaissait déjà la nature de ce voyeur. Elle puait autant que sa clope. Un sourire sournois anima ses lèvres tandis qu'il s'immobilisa à quelques mètres de la présence. Son assurance provenait sans aucun doute de l'ombre qui grandissait en lui. Celle qui n'allait pas tarder à retourner hiberner quelque par dans son esprit pour laisser place à un être beaucoup moins sûr de lui.

■ Allez, montres toi... J'ai pas que ça à faire.



By Swyft
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Dim 5 Avr - 23:10

À se promener dans la fange, on en reconnaît les nuances, chaque odeur. Distinctes et à la fois facilement mélangeables. Il n’aurait pas pu se tromper sur ce qu’il avait ressenti dans ce lieu bien trop connu de sa personne depuis son retour parmi les vivants. Bien entendu, il aurait pu passer son chemin mais, Morgan en était bien souvent incapable. Spectateur du macabre, observateur de la déchéance, il ne disait jamais non à une bonne scène de vie qui tournait au drame. La vivre lui plaisait moins, la preuve en était avec cette Joan Valentine qui persistait à croire qu’il avait tué sa fille. Des meurtres, il en avait un bon paquet sur la conscience mais, pas celui-là.
Analysant ce qui était en train de se dérouler devant ses yeux, il passa en revue la situation, aimant avoir un maximum de cartes en main. Malheureusement, pour des gens comme eux, l’âge pouvait être non significatif. Il avait l’air jeune mais, ne l’était peut-être pas. Lui-même avait séjourné dans l’enfer que l’on réservait à ceux de son ancienne espèce. Il savait qu’il ne fallait se fier à rien. Appréciait-il ce qu’il était ? Probablement. Tout dans le regard, la posture, semblait signifier qu’il était un prédateur avide, appréciant ce qu’il était en train de faire et de provoquer. Ce qui était finalement dommage, c’était qu’il ne cherchait pas réellement à exacerber les sentiments de sa proie. De son côté, Morgan aimait jouer, traquer, même les petits toxicos qui traînaient telles des friandises sur le buffet, bien en vue. Une tentation en vérité, voilà ce que c’était. Sa nature de chasseur sadique aimait la traque même quand le résultat était connu d’avance parce que les dès étaient pipés.

Savourant sa cigarette comme il aurait savouré un bon verre d’alcool autrefois, il continua d’admirer le spectacle. L’avidité était une chose merveilleuse qui pouvait vous mener par le bout du nez, n’offrant aucune concession. Un gamin capricieux tout puissant. Hélas, la représentation s’en tint là puisque le jeune homme se retourna. Dans un désir d’expérimentation, il n’avait pas tenté de se dissimuler, de se cacher totalement. Après tout, il devait s’assurer que son sujet du moment serait à la hauteur.

Tranquillement, Morgan sourit à l’attaque du gamin -qui n’en était peut-être pas un. Sûr de lui, visiblement agacé ou contrarié - et qui ne le serait pas à sa place -, il voulait des réponses. Oh, il aurait pu les lui donner immédiatement mais, il était le maître du jeu. Pas lui. Malgré l’injonction, il resta dissimulé, usant même de sa faible maîtrise dans l’art des ombres. Il devrait sérieusement se pencher là-dessus également. S’esquivant de sa position initiale, il disparut - aider par la nuit et sa magie - pour désormais être à sa droite, laissant tomber son jeu d’ombres.

- « Bien sûr que si voyons. Un voleur de vie aussi hargneux ne peut être soumis qu’à une faim dévorante. Ne le ressens-tu pas, ce vide qui te ronge ? Ce manque d’énergie qui exacerbe tes faiblesses ? »

Il y avait un risque que ce jeune homme soit plus calé que lui, un autre risque qu’il soit plus puissant et plus soupe au lait qu’il ne le croyait mais, il devait prendre ce risque. Il n’en avait pas le choix, pas s’il voulait être certain de ce qu’il allait faire par la suite. Aussi, pour vérifier sa théorie, il s’approcha de la proie du petit hargneux, tendant la main.
Morgan aurait souverainement détesté que quelqu’un se permette de mettre ses pattes sur sa nourriture. Il était territorial, possessif. Il se savait détestable mais, il n’en avait plus cure depuis longtemps. Le rôle qu’il tenait constamment dans la vie volait en éclat lorsqu’il était en chasse. Être lui-même était un luxe qu’il ne pouvait pas se permettre. Mais, ce soir, il s’en donnait les moyens et la permission. Il y avait en ce parc, un filon à exploiter et en ce garçon, une noirceur palpable et salvatrice.

Oui, Morgan voulait voir ce monde brûler, même s’il devait brûler avec lui. Ce qu’il aimait, c’était le pouvoir, celui de vie ou de mort mais aussi la naissance d’autres forces de destruction. Il était de ceux qui n’hésiteraient pas un instant à user de la politique de la terre brûlée. Et qu’importe les dommages collatéraux tant que le but était atteint.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Mar 21 Avr - 17:14



And I've walked it tall, lived in this sin

Feat. MORGAN A. THORNE





▽ △

Quelle désagréable sensation que celle d’être observé. D’un calme qui n’était pas en accord avec ses habitudes, Misha avait penché la tête sur le côté, montrant un certain intérêt pour l’ombre fumante qui se trouvait face à lui. C’était rare. Rare que quelqu’un le prenne sur le fait sans s’enfuir en courant. Cette ombre restait là. Il sentait ses yeux braqués sur lui, l’intensité de son regard parcourir son corps avec une curiosité malsaine et ça le fit sourire. Cette situation était bien plus intéressante que la jeune femme qui jonchait le sol à ses pieds. Misha savait à quel genre de personne il avait à faire. Une personne sombre, une personne froide, un prédateur qui ne demandait qu’à jouer lui aussi. Dans ce cas, jouons.

La fébrilité parcourait les moindres parcelles de son anatomie, comme un courant électrique qui rendait les pulsations de son cœur presque palpables.  C’était étrange, cette situation. Étrange quand on sait, qu’au fond de lui, se cache un garçon mort de trouille quant au fait de perdre son humanité. Mais ça faisait tellement longtemps qu’il se retenait, tellement longtemps que sa nature le torturait qu’il préféra lâcher prise, juste pour cette fois. Alors, dans un soupire qui traduisait une sorte de libération, le garçon ferma les yeux un instant, laissant l’occasion à l’homme vêtu de pénombre de se matérialiser à sa droite. Il ne s’était pas trompé à son sujet, c’était bel et bien un chasseur, tout comme lui. Un chasseur qui répondit enfin à l’attaque verbale de Misha qui leva légèrement le sourcil l’air perplexe. Ce type avait raison mais ça n’était pas une prouesse, il devait sûrement ressentir la même chose de temps en temps.

■ Où tu veux en venir exactement ?

L’excitation commençait à faire place à de la curiosité  qui se lisait facilement dans les yeux du garçon. Cet homme, quel âge avait-il exactement ? Avait-il plus d’expérience que lui ? Pourquoi s’intéressait-il à lui ? Toutes ces questions, Misha mourait d’envie de les poser.  Il mourait d’envie de les poser mais ça n’était pas ce qui le captivait le plus pour l’instant. L’homme au regard d’encre venait de se pencher sur elle. Il tendait la main vers les joues bleutées de sa poupée brisée comme si il désirait la toucher. Aucune réaction. Misha pensait que ça allait sûrement le rende malade si on touchait sa nourriture. Il pensait qu’il sauterait à la gorge de l’inconscient qui poserait ses sales pattes sur sa proie.  Mais ce fut l’ivresse qui grimpa le long de son échine dans un frisson d’excitation. Voir un semblable feindre les mêmes gestes que lui dans l’intention de se nourrir était quelque chose de fascinant. Doucement, il se mit accroupis à côté de la demoiselle qui les observait comme si il s’agissait d’un mauvais rêve.  Un léger sourire avait pris place sur son visage peint d’une émotion sournoise tandis qu’il tourna le regard vers l’homme.

■ Tu veux l’achever ?

C’était comme l’écho d’un hurlement qui provenait du plus profond de son être. C’était comme un cri de rage qui traduisait un combat intérieur. Ce qu’il ressentit au fond de lui. Il n’aurait jamais imaginé pouvoir poser cette question. Il n’aurait jamais imaginé que ce serait si facile et si enivrant. Pourvu qu’elle ne refasse pas surface maintenant, cette humanité qui l’empêchait de prendre tant de plaisir. Pourvu qu’elle ne refasse pas surface maintenant pour le priver de cette situation inattendue et tellement exaltante. Misha le fixait toujours, il attendait sa réaction en se mordillant légèrement la lèvre tout en trépignant à l’idée qu’il le fasse.  




By Swyft
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Mer 22 Avr - 18:47

Attiré par le macabre et le destructeur autant que par l’esthétisme et la tranquillité, Morgan ne pouvait que s’intéresser au garçon, quel que soit son âge. Il se jouait de la situation, l’analysait, s’en amusait même un peu, comblant ainsi un ennui passager. User de ses pouvoirs était une chose qu’il ne faisait pas par plaisir, il le faisait pour s’améliorer, pour dominer une situation. Ici, il s’en servait pour illustrer ses propos. Il ne maîtrisait pas encore suffisamment les ombres à son goût mais, ça allait venir.

Dans un premier temps, il ne répondit pas à la question. Il préférait attendre, voir sa réaction alors qu’il voulait s’approprier son repas. Aucune réaction, juste une joie malsaine. Il ne put dire ce qui ravissait son homologue mais, il eut un sourire carnassier. Si, il savait... la fascination de sa propre nature. La question qui lui fut posée était inutile, évidemment qu’il le désirait.
Il posa une main sur la joue de la femme qui ne comprenait pas encore ce qui lui arrivait. Il se nourrit mais, avec patience, lentement, sans analyser les images qui défilaient. Il retira sa main, aucune réaction pour le moment, il recommença, encore et encore jusqu’à ce que l’épuisement guette et que la frayeur l’étreigne.

- « Enfin... »

Il la laisse geindre, se plaindre faiblement, tenter de s’éloigner presque en rampant. Pathétique. Ce que l’être humain pouvait être minable quand il craignait pour sa vie alors qu’il la mettait lui-même en danger.
Avec une délicatesse malsaine, il la ramena vers lui et il l’enlaça avec force, presque au point de lui briser les côtes, écartant ses cheveux de son visage, il sourit à nouveau et l’embrassa. De cette manière, il l’acheva sans même sourciller avant de la laisser choir, inerte sur l’herbe et la terre. Il avait tout du monstre et rien de l’humain. Tout du sadique et rien du pénitent.

- « Voilà où je voulais en venir. Nous vivons pour ça. Donner un sens à leur vie. Combler le vide de nos appétits. De notre faim, il faut tirer des avantages... Tel que celui-ci. » Il détailla la silhouette inerte de la femme. « Achever ce genre de spécimen ne relève que du bon sens. Qu’en penses-tu ? »

Morgan aimait jouer, il adorait ça. Il souleva le corps et le malmena quelques peu. Morte depuis peu, elle montrerait des signes de brutalités. Droguée, personne ne s’en soucierait. Elle finirait dans un trou, sans enquête. Bagarre de toxico... De plus, en agissant ainsi, il testait le jeune homme au passage. Sa façon de réagir à ses actes, sa manière de prendre la situation. Pour le moment, il était prometteur mais, est-ce que cela durerait ? Est-ce qu’il serait toujours aussi enclin à sourire du malheur de sa victime ? Dans quelle proportion son être était-il corrompu ?
Analysant ses réactions, il se rapprocha et n’hésita pas un instant à le toucher. Quelques images éparses, une grimace. L’humanité faisait toujours partie de lui, en veille s’il pouvait compter sur les quelques souvenirs qu’il venait de lui voler. D’ailleurs, savait-il qu’il était capable de se nourrir de ses semblables ?

Ils étaient des charognards des âmes, pouvant se nourrir des leurs alors que l’humanité ne pouvait le prétendre. Etait-ce pour cela qu’ils étaient craints ou à cause de leur aptitude à n’engendrer qu’un malheureux arrêt cardiaque sans laisser de traces ? Au fond, il n’en avait cure, il variait les plaisirs, ne tuait pas toujours, agissait souvent sans que sa proie n’en sache rien, ignorante de ce dont il était réellement capable.

- « Que sais-tu de ce que tu es, au fond ? As-tu choisi ? »

Il voulait savoir. Etait-il le seul à avoir choisi de devenir un voleur de vie ? Ou bien, y en avait-il d’autres comme lui ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Jeu 23 Avr - 21:54



And I've walked it tall, lived in this sin

Feat. MORGAN A. THORNE





▽ △

L’invitation avait été acceptée. Cet homme à l’aspect si sombre n’avait pas hésité longtemps. Dans cette ruelle humide et silencieuse, il se nourrit d’une façon tellement sereine que Misha eu presque envie de lui arracher cette pauvre fille pour en faire autant. Apparemment, il aimait jouer, prendre son temps, un peu comme le garçon. Lui qui pensait être le seul à jouer au chat et à la souris avec sa nourriture semblait de plus en plus apprécier la situation qui se déroulait sous ses yeux. Ça lui rappelait ses propres expériences, celles qu’il détestait autant qu’il les aimait. Et ça lui donnait envie. Oh Dieu, cette sensation qui parcourait son échine comme un serpent glacé, celui qui glissait le long de son dos et qui lui filait des frissons. Cette sensation de vide intérieur, semblable à un gouffre dans lequel il se laissait tomber par pur plaisir. Cette sensation, celle qu’il ressentait lorsque la faim le tiraillait. Dans ce moment de fascination, il avait servi sa proie à cet homme, sur un plateau. Il avait oublié sa propre faim pour observer un être, semblable à lui, se nourrir et lui renvoyer le reflet de sa propre image.

Il allait l’achever, ça se voyait sur le rictus qui traversait son visage. Il allait l’achever et ça le rendait euphorique. Il donnait un semblant d’espoir à ce cadavre en devenir avant de la ramener à lui, lui faisant danser une valse macabre avant de lui aspirer sa dernière once de vie dans un baiser. Misha resta sans voix, analysant cet être qui lui était tellement similaire en tentant de garder un air détaché. C’était la première fois qu’il était le spectateur d’une scène pareille. C’était la première fois et il était partagé entre plusieurs sentiments. Attirance,  appréhension, curiosité. Ça devait surement être ça nature qui le mettait dans un tel état. Oui, ça devait sûrement être cette nature qui le manipulait comme un pantin insatiable et insidieux. Une voix lointaine le sorti de ses pensées, celle de l’homme qui s’adressait à lui comme un professeur s’adresserait à un élève. Il devait sûrement croire qu’il n’était qu’un gosse qui n’y connaissait rien. Il devait sûrement croire, à la vue de son physique de jeune homme, qu’il avait encore énormément de choses à apprendre. Ça n’était pas faux. Mais le charabia qu’il était occupé à lui raconter avait déjà été assimilé depuis un moment. Il savait comment se nourrir, par contre, le choix de sa proie était généralement aléatoire. C’était peut- être une bonne chose de débarrasser la terre de ce genre d’individu, mais c’était ce qui importait le moins pour Misha. Tant mieux si il tombait sur un résidu de la société, tant pis si il privait celle-ci d’une bonne âme.

■ J’en pense que tu devrais me dire merci… Je t’ai quand même filé mon repas.

L’arrogance n’était, ordinairement, pas une bonne chose face à un type pareil, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il était comme ça lorsque la bête cachée au fond de lui s’amusait à prendre le contrôle. Arrogant, sardonique, dédaigneux, que des adjectifs qui traduisaient le comportement du daybreaker lorsque son humanité hibernait. Après avoir manipulé le cadavre comme si il s’agissait d’une vulgaire poupée de chiffon, l’homme fit mine de s’approcher. Reculer serait la première idée qui viendrait à l’esprit de n’importe qui quand un tel personnage s’avance, d’un pas tranquille mais décidé, vers soi. Misha ne bougea pas d’un poil, gardant son sourire hautain suspendu à ses lèvres et son regard provoquant dirigé droit sur celui de l’inconnu. Alors, une fois proche de lui,  il le toucha, sans tabou aucun. Il le toucha et quelque chose se brisa en lui. Merde. Jusqu’à présent, jamais il n’avait laissé un daybreaker poser la main sur lui. Il n’était pas dupe, il savait pertinemment que ce type pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert d’un simple frôlement. Il sera les dents et le repoussa d’un geste brusque tout en reculant de quelques pas mal assurés. C’était foutu, ce contacte avait eu pour effet d’éveiller l’humanité endormie. Tout ce flot d’émotions qui s’empara de lui était semblable à un coup de poing dans l’abdomen. C’était quoi ce délire ? Pourquoi avait-il ressenti autant de plaisir à regarder cette scène ? Pourquoi sentait-il son côté humain devenir de plus en plus faible à chaque nouvelle rechute ? Il allait finir par le perdre s’il continuait sur cette voie. Misha leva les yeux vers l’homme qui se trouvait face à lui, vers l’homme qui arborait toujours ce regard désolé, comme si il était déçu de ce qu’il venait de découvrir. Mais qu’est-ce que ça pouvait lui foutre ? Tout ce que Misha voulait, c’était rentrer au plus vite pour prendre une douche glacée, pour se laver de tout se dégoût qui s’était glissé sous sa chaire. Le daybreaker face à lui n’était qu’un chasseur, il avait déjà perdu depuis longtemps ce que lui tentait de préserver. S’éloigner de lui. Il fallait qu’il s’éloigne de lui à tout prix, il ne lui apportait rien de bon. De plus, il n’allait pas tarder à se rendre compte que quelque chose venait de changer chez le garçon et, sérieusement, il n’avait pas envie de rendre des comptes ce soir.

« Que sais-tu de ce que tu es, au fond ? As-tu choisi ? »

Choisir ? Quoi choisir ? C’est ça qu’il lui demandait ? S’il allait laisser tomber cette chose tellement précieuse pour devenir un monstre ? Le choix, il ne l’avait pas. D’accord, il prenait son pied à se nourrir et à jouer. D’accord, il se sentirait peut être beaucoup mieux en devenant un daybreaker à temps plein. Mais lâcher prise pour sombrer totalement dans la démence et le pogrom n’était rien d’autre qu’une douce faiblesse. Faible, il l’avait été en offrant son corps à ce zombie pour avoir la chance de revoir l’esquisse fantomatique de son frère.  C’était une grave erreur et il n’en commettra plus.  

■ Je sais ce que je suis… Et j’ai fait mon choix. Maintenant, si vous le permettez, je vais rentrer chez moi.

Que répondre de plus ? Il n’avait aucune envie de rester là en sa compagnie. Il savait, il sentait que s’il le fréquentait plus longtemps le choix serait différent. Fin du dialogue. Misha fit mine de passer à côté de l’homme et attarda son regard sur la dépouille de la jeune femme. Frémissement. Son cœur se contracta comme si une main s’amusait à le serrer de toutes ses forces. Heureusement, ça n’était pas entièrement son œuvre.
 


By Swyft
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha   Dim 26 Avr - 16:40

L’hésitation, voilà bien quelque chose que ne connaissait pas Morgan. Il n’hésitait pas, jamais. Il savait où il allait et ce qu’il allait faire. Lorsque sa décision était prise, il mettait tout en œuvre pour tendre vers son but. Presque rien ne pouvait l’en détourner et presque rien ne pouvait le faire changer d’avis. C’était un obsessionnel et il en était conscient. Fort heureusement, il était capable de réfléchir avant de courir à sa perte. Du moins, en était-il convaincu, car la mort l’avait tout de même frappé, trop sûr de lui, trop confiant. En vérité, il ne voyait pas toujours les signes avant coureurs lorsqu’il allait droit dans le mur.
Démontrant sans une once de regrets, remords ou pitié à l’autre jusqu’où il était capable d’aller pour le tester, il prit son temps, torturant au passage la pauvre fille, victime de son sadisme et de son amour de la souffrance. Ce dont il se délectait ici, ça n’était pas l’énergie mais, de la fascination dans les yeux de son homologues. Il y avait du potentiel en lui, tant de potentiel...

Ayant fini de jouer avec sa proie, il s’en désintéressa tel un enfant capricieux venant de briser son jouet. Ce qu’ils devenaient après son passage n’était pas important. Il ne tuait pas toujours non plus. Mais, parfois, il ne pouvait pas résister. De plus, ce genre de proie n’était pas suffisamment solide que pour résister, la plupart du temps. Leur propre corps avait tendance à lâcher bien avant qu’il ne soit rassasié. Il avait rarement le luxe de mettre fin lui-même à leur pathétique existence.
Lui parlant en partant du principe qu’il ne savait rien pour le jauger, Morgan déploya tout son savoir en matière de langage et de beau parlé. Son expression lui donna quelque indice sur sa nature profonde mais, pas assez. Trop d’entre eux n’aimait pas leur condition. Trop d’entre eux se laissait submerger pour s’en vouloir ensuite. Si peu d’entre eux avaient choisi cette voie...

- « Te remercier ? Il n’y a qu’à se baisser dans les environs et tu voudrais que je te remercie ? C’est présomptueux de ta part. Ressens ce qu’il y a autour de toi, les proies ne manquent pas. »

Il appréciait son attitude, son franc parlé, son arrogance. Cependant, il revoyait ce qui l’avait mené à sa perte. Il avait changé, fort heureusement mais, de là à remettre le doigt dans l’engrenage, il n’y avait qu’un pas. Il décida donc de faire ce qu’il faisait le mieux, testé encore. Il manipula le cadavre pour brouiller les pistes. Il savait que personne ne s’en soucierait, il était donc tranquille. Et, enfin, il usa de sa nature sur l’homme qui lui faisait face. Il n’était qu’une partie d’un humain pas tout à fait éteint. Une malheureuse pièce d’un puzzle dont les pièces étaient toujours éparpillées.
L’humanité... un mot si vague, informe et impropre à être utilisé. Ce mot employé à tort et à travers pour dénoncer les monstres. Quelle ironie alors que l’être humain était capable des pires atrocités, tout comme lui. L’horreur n’était pas l’apanage des voleurs de vie, c’était celle des sorciers, des changeurs, des humains. L’humanité n’était qu’un vulgaire mot fourre-tout pour tenter de faire passer la pilule. Ce qui arrivait à son vis-à-vis, c’était juste un retour de conscience, rien de plus, rien de moins. La culpabilité due à la moralité dont il avait été abreuvé.

- « Tu n’as pas fait de choix. Tu subis, comme presque tous ceux de notre espèce. Tu crois savoir. » Il prononça ces quelques mots d’un ton plat et le saisit par le bras lorsqu’il passa à son côté. « Regarde bien au fond de toi. Es-tu réellement capable de quitter les lieux avec la faim qui est la nôtre ? Vas-tu mettre en danger tes voisins ? Tes proches ? Alors qu’il y a ici, une foule d’étrangers qui détruisent leur vie et se confronte à la mort chaque nuit ? Analyse ta faim mon ami, car tu ne pourras jamais la contraindre à se taire. Elle sera toujours plus forte. Tel est ton choix, accepter ou rester en sursis à cause d’une tentative de conciliation. Tes vains essais d’humanisation te poussent à tuer parce que tu te bats contre ce que tu es. »

Il était peut-être en train de lui donner des conseils qu’il regretterait mais, il n’était pas difficile de remarquer que s’assumer lui permettait de garder le contrôle dans la majorité des cas. Et, plus le temps passait, plus il était capable de choisir lui-même le sort de ses victimes, de sentir quand il devait s’arrêter, de choisir s’il allait s’arrêter. Le complexe de Dieu, le choix de vie ou de mort. Face à ses proies, Morgan était tout puissant. Il se sentait devenir meilleur prédateur dans cette époque qu’il commençait à cerner.
Revenir en haut Aller en bas
 

And I've walked it tall, lived in this sin ◖ Misha

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Chrys' tall!
» Coucou c'est moi ! (elefun)
» Misha Barton - 200*320

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-