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 Twenty five percent of you is courage ▸ Anto&Barth

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MessageSujet: Twenty five percent of you is courage ▸ Anto&Barth   Sam 4 Avr - 1:59



my hands are not my
hands anymore, take them.

i thought i was screaming your name but it came out
as a whisper, why can’t i adore you as much as i want to?
Tu es en retard, quand bien même tu cours, ça ne va pas assez vite. Tu ne vas pas assez vite. Pourtant, tu as déjà traversé la moitié de la ville en jeep, puis vous êtes tombé sur un embouteillage et tu as été forcé de continuer à pied. Il fait chaud, tellement chaud, ton uniforme te colle à la peau, la sueur coule lentement sur tes tempes, ta nuque est trempée, mais tu n’y portes pas attention. Tu es trop concentré, tu te focalises sur tes pas, sur tes foulées, qui te rapproche inexorablement de ton but : Antonia. Tu as entendu l’appel d’une patrouille, tu as reconnus l’adresse et ton cœur c’est emballé. Toi qui te plaignais de la chaleur avec ton partenaire, elle a cessé d’exister au moment où tu as compris qu’Anto était en danger, que quelque chose c’était passé, que quelque chose se passait toujours chez elle. Tu as déjà imaginé le pire, tu paniques alors que tu cours, que tu bouscules des gens, poussant des excuses que tu ne penses qu’à moitié. Ce soir tu n’as rien du gentil Peacekeepers que tu t’acharnes à être, tu n’es pas non plus le fils Pryderi qui fait attention aux autres, tu n’es que Bartholomei, l’égoïste qui est encore bien trop attaché à sa plus vieille amie. Merde, si quelque chose lui est arrivé, tu ne sais pas ce que tu feras, ce que tu serais prêt à faire oui. Tu es pacifique, mais seulement si ça n’inclut pas que la belle brune soit blessée.

Mais tu y es presque, tu t’approches, tu as presque atteint son pâté de maison. Et alors que tes jambes te poussent plus fort, qu’elles te propulsent plus loin encore dans la ville, dans la chaleur, tu revois son emménagement. Tu ne voulais pas qu’elle s’installe dans ce quartier, tu l’as même convaincu à la dernier minute d’éviter Storyville, parce que tu craignais qu’elle soit prise pour une prostituée, qu’elle soit enlevée, malmenée. Tu aurais pourtant dû savoir que quelque chose se passerait à Treme aussi, que ce n’était pas un meilleur choix. Tu t’es pourtant installé près de chez elle, à quelques blocs, pour pouvoir la rejoindre rapidement en cas de besoin, pour pouvoir veiller sur elle, qu’elle le veuille ou pas. Mais ce soir tu travaillais et elle, elle que faisait-elle ? C’est-on introduit chez elle ? Il a été question de vol et d’une femme blessée, alors tu imagines le pire. Tu sens au plus profond de ton être, que c’est d’elle dont il s’agit, tu crains d’ailleurs de la trouver en sang, dans l’ambulance même, se mourant doucement. Et ce sera de ta faute, parce que tu es celui qui a juré à ses parents de veiller sur elle, parce que tu es son meilleur ami, son ex, celui qui organise encore des pique-niques pour son anniversaire. C’est à toi de veiller sur elle, merde ! Et le grognement qui t’échappe te fait l’effet d’ailes, parce que tu accélères, un dernier sprint avant d’apercevoir le bloc appartement, avant de reconnaitre son visage. Son regard, comme perdu.

À quoi bon t’arrêter ? Tu ne sais pas, alors tu fonces tout droit et elle n’a pas même le temps de te reconnaitre, que déjà tu l’atteins. Tes bras la happe, son corps s’échoue contre le tien et tes mains s’enfoncent dans les plis de ses vêtements, la broyant contre toi alors que déjà tu niches son visage dans ton cou. « Je suis là, je suis là Anto, tout va bien, je suis là ! » Mais c’est tout autant toi, qu’elle, que tu tentes de convaincre. Elle gémit presque contre toi et tu pousses un grondement, d’inquiétude, de soulagement, de tout et de rien. Parce qu’elle est là, en vie, contre toi. Parce qu’elle tient debout. Parce qu’elle respire. Tes lèvres trouvent son front et s’y écrase avec tendresse, avec soulagement, alors que tu fermes les yeux, un instant, remerciant le ciel. C’est sur celui-ci, parsemé d’étoile, que tu les lèves ensuite. Merci mon Dieu. Merci. Puis, tu la relâche un peu, assez pour voir son visage, une main courant déjà délicatement contre sa mâchoire, puis sa joue, ton pouce s’échouant contre sa pommette. Mais en fait, tu ne vois que le sang, celui qui coule de sa tête, là tout en haut de sa tempe, à la naissance de ses sublimes cheveux de nuit. « Bon dieu, tu saignes Anto… ils ont appelés une ambulance ? » Tu es prêt à engueuler le type près de vous, un collègue, mais il lève les mains en signe d’innocence, la victime ne voulait pas d’ambulance et c’est sur elle que tu portes ton regard courroucé. « Tu divagues ou quoi ?! Tu saignes, il te faut des soins ! »

Tu aimerais l’engueuler comme il se doit, lui sortir un sermon sur les risques de commotion, toi le fils d’ambulancier, tu y connais tout un rayon, mais tu ne peux pas. Pas quand elle a cet air, quand elle a ce regard, mélange de soulagement et de crainte. Elle est sous le choc. Tu te contentes donc de soupirer et de lui attraper le visage tout aussi délicatement, de ton autre main. Non, tu ne peux pas et tu secoues doucement la tête, ignorant le regard insistant du peacekeeper, toujours à côté de vous. « Soit je te conduis à la clinique, soit tu me laisses soigner ça… tsk. » Mais elle est en vie, elle est bien portante et tu poses ton front contre le sien, tendrement, avec complicité, parce que ça a toujours fait partit de vous. Avant même que tu te décides à l’embrasser, avant que tu te hisses en elle, avant toute votre histoire d’amour, quand vous n’étiez encore que des gamins, que des voisins, presque de la même famille, presque frère et sœur. Tu souffles tout bas, l’émotion transformant ta voix en quelque chose de plus rauque : « Dieu… je t’imaginais déjà morte. » Mais elle est en vie et tu souris un peu, pour tourner la tête vers ton collègue qui attend toujours. Tes mains tirent doucement Antonia contre toi, comme si d’être contre toi pouvait la protéger. « Je la ramène chez elle, pour l’interrogatoire, ça ira à demain. » Le gars ouvre la bouche, mais tu fronces les sourcils et passe un bras autour des épaules de la brune, « demain j’ai dit. Bonne nuit. » Et déjà, tu l’entraines vers son immeuble, tes lèvres frôlant son front. Ce soir, tu es son esclave dévoué.

electric bird.


Dernière édition par Bartholomei Pryderi le Lun 6 Avr - 2:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Twenty five percent of you is courage ▸ Anto&Barth   Dim 5 Avr - 4:00




I never meant for you to fix yourself.

And I can't believe that you couldn't see it coming for me. And I still feel that rush in my veins. It twists my head just a bit to think. And sometimes I just wanna sit around and gaze at my shoes. And let your dirty sadness fill me up just like a balloon.


Le temps s'écoule d'une manière différente. Il est plus long, beaucoup plus long qu'à son habitude. Elle remarque des détails pour ensuite les oublier tout aussi rapidement. Ses yeux s'attardent ici et là. Elle a à peine conscience de la main logée dans le creux de son coude, l'entraînant doucement hors de ces allées sombres où elle aurait sans doute connu un destin plus funeste. Elle pince les lèvres, refuse de s'y attarder, refuse de laisser les images l'envahir, à défaut des sensations qu'elle retient difficilement. Les sirènes baignent la rue, colorant tout autour d'elle, symbole de force et de sécurité. Elle voit deux voitures de patrouille garées tout près, l'attention générale portée sur l'homme et ses biens volés. À un moment elle se rend compte que l'homme l'ayant reconduit s'est envolé, remplacé par un autre qui l'avise qu'il va appeler une ambulance. Son regard, encore confus, ne se concentre sur lui qu'une seconde, le temps de lui faire savoir qu'elle n'en veut pas. Hors de question de se faire conduire jusqu'à l'hôpital pour y passer beaucoup plus d'heures qui ne lui serait sans doute nécessaire. Et puis, une partie plus organisée de son esprit résonne que cela ferait paniquer Barth et sa famille d'avantage. En pensant à ce dernier, ses yeux le cherchent toujours un peu plus désespérément. Elle n'écoute pas l'homme qui tente alors de lui poser quelques questions, histoire d'entamer l'interrogatoire au plus vite. Oh, son attention se pose bien sur lui de temps à autres, mais impossible de comprendre les mots qui sortent de sa bouche. Il semble s'en apercevoir aussi, à voir comment il la dévisage, légèrement inquiet, prêt à lui redemander si elle ne voulait pas cette ambulance finalement.

Elle ne veut qu'une seule chose en ce moment, alors qu'elle croise les bras dans un faible espoir de se réconforter, sifflant alors qu'elle effleure quelques blessures. Et heureusement pour elle, il semblerait qu'on était prêt à répondre à sa prière, puisque dès qu'elle se tourne vers la gauche, un corps entre en collision avec le sien. La surprise ne dure qu'une seconde, alors que son nez est plongé contre lui, respirant son odeur. Elle sent un visage contre sa peau humide et elle cligne des yeux, incertaine. « Barth ? » Son regard se tourne vers la masse de boucles sombres, cherchant à confirmer que c'est bel et bien lui, mais sa voix lui offre sa réponse. « Je suis là, je suis là Anto, tout va bien, je suis là ! » Elle fronce les sourcils, tente de ne pas laisser ce profond soulagement perler des larmes près de ses yeux alors qu'il s'écarte pour lui embrasser le front. Ses mains le trouvent enfin, agrippant à cet uniforme qu'elle cherchait si frénétiquement il y a quelques minutes. Puis elle sent ses doigts sur son visage avant de les voir, ayant fermer les yeux sous ses attentions. Doux, inquiets, apeurés, elle jure qu'elle les sent presque trembler. « Bon dieu, tu saignes Anto… ils ont appelés une ambulance ? » Elle ouvre les yeux, son visage se nichant instinctivement contre sa paume. Sa main glisse vers son poignet pour se refermer contre celui-ci. « Je vais bien » qu'elle murmure comme simple excuse, mais déjà il se retourne vers son collègue qui ne manque pas de lui expliquer la situation et son refus. « Tu divagues ou quoi ?! Tu saignes, il te faut des soins ! » Elle se demande pendant une seconde dans quel état elle peut bien être justement. Elle a cette douleur à la tête, mélangée à du sang, mais elle ne connait pas l'étendu des dégâts. Ça ne l'empêche pas de pincer les lèvres faiblement, lui jetant un regard suppliant alors qu'elle rétorque par un simple « Je veux juste rentrer à la maison.. »

C'est la seule chose qu'elle veut en ce moment, qu'il la ramène chez elle. Qu'ils referment la porte et qu'ils puissent dire que sa mésaventure est enfin terminée. Elle ne sait pas si c'est suffisant, se doute même que s'il décide de la traîner aux urgences, elle n'aurait pas le choix de le suivre. Sauf qu'il soupire, sa main venant rejoindre son autre joue et elle a l'impression qu'elle est incapable de soutenir son visage par ses propres moyens. « Soit je te conduis à la clinique, soit tu me laisses soigner ça… tsk. » Elle n'ajoute rien, il connait ses envies. Elle ne fait que soutenir son regard, étonnée qu'il veut bien accéder à sa demande malgré ce qui vient de se produire. « Dieu… je t’imaginais déjà morte. » Elle n'aime pas ce ton, il tord quelque chose en elle, la fait grimacer alors qu'elle répète « je vais bien » pour le convaincre, appréciant le sourire qu'il lui offre par la suite. Elle tente de lui rendre, un peu tremblotant, loin de son assurance ordinaire. Dans d'autres circonstances, elle lui aurait bien dit qu'il n'arriverait pas à se débarrasser d'elle aussi facilement, mais ce genre d'humour n'avait pas sa place. Pas en ce moment. Elle n'avait pas foi en l'autodérision, ça ne ferait que l'enfoncer. Il l'entraîne contre elle et elle s'y laisse glisser avec plaisir, se logeant contre sa présence rassurante alors qu'il prend la situation en charge avec son collègue. Ce dernier tente de riposter lorsqu'il se fait clairement remballer, mais Barth ne démord pas et bien vite, ils se mettent en route vers l'appartement de la brune. Elle se demande s'il peut sentir le poids supplémentaire qu'elle dépose contre lui, ses muscles libérant enfin un peu de tension l'habitant alors qu'il la guide vers son refuge.

Lorsqu'ils arrivent à sa porte, elle lui donne les clés sans la moindre objection. Non seulement elle savait très bien qu'il tiendrait à faire une inspection rapide pour s'assurer de la sûreté des lieux, mais elle ne se faisait également pas confiance de ne pas trembler au moment d'insérer la clé dans la serrure. Elle attend sagement près de la porte le temps qu'il fait sa ronde et qu'il lui dit qu'elle peut entrer, ce qu'elle fait. « je vais aller me rafraîchir un peu » qu'elle s'excuse avec empressement, filant directement vers la salle de bain. Elle ne ferme pas complètement la porte, ne supporte pas l'idée de s'enfermer quelque part en ce moment alors qu'elle fait couler l'eau. Elle la récolte dans le creux de ses paumes et la porte à son visage, faisant attention d'éviter son front, puis contre sa nuque. Elle prend quelques grands respires, hésite, puis relève finalement le regard vers le miroir juste au-dessus de l'évier. Un regard vert, mais terne, lui fait face. Effrayé. Lèvres sans grande couleur, peau pâle malgré la chaleur. Elle se demande si c'est des sueurs froides qui perlent son front. Elle peut voir la coupure maintenant, choquée par celle-ci même si elle aurait pu récolter bien pire. Et à voir la couleur mélangée au sang juste en-dessous, elle aura peut-être une belle ecchymose demain matin pour l'accompagner. Voir les blessures lui fait un effet de retour dans le temps, alors que son cœur bat subitement plus vite. Sa lèvre tremblent, ses mouvements sont incertains alors qu'elle décide finalement de se retourner, contemplant la peau râpée derrière ses avants-bras. Puis son regard glisse sur son haut et elle réalise que ce dernier s'est légèrement déchiré, lui serrant l'estomac. Elle ne veut plus regarder. Elle se frotte le bas du visage, renifle, puis quitte son reflet sans un autre regard pour attraper sa petite trousse de secours. Accessoire obligatoire lorsque son meilleur ami et ex petit-ami était fils d'ambulancier.

Les décorations murales dans son salon indique sa présence et elle s'y dirige avec plus de lenteur qu'à son habitude. Elle le retrouve dos à elle, dans toute sa splendeur avec son uniforme. Il est plus imposant, facilement menaçant avec ce dernier à ses yeux. Dans une autre vie, il aurait déjà déboutonné ce dernier, se serait sans doute installé sur le sol pour saluer Figaro comme il se doit après une longue journée au travail. Une moue s'empare de ses lèvres. « alors, tu crois qu'il me faut un bunker ? » qu'elle tente de blaguer alors qu'elle s'approche, utilisant la trousse comme un espèce de bouclier qu'elle écrase contre sa poitrine. Ses pieds glissent avec précaution contre le parquet et elle n'a qu'une envie alors qu'elle s’assoit sur le canapé, membres tendus, c'est de se débarrasser de ses chaussures. Elle risque un regard dans sa direction, ses dents torturant sa lèvre alors qu'elle pose la trousse à ses côtés, ignorant complètement la façon dont elle devrait agir dans ce genre de situation. « j'ai pensé que tu me ferais les gros yeux si je ne te laissais pas t'occuper de ça » et elle pointe la trousse avant de nicher ses mains entre ses genoux pour cacher ses gesticulations nerveuses. Son attention est braquée sur lui, même si ses yeux glissent contre les jolies lumières cascadant contre son mur. C'est dans sa présence qu'elle puise son réconfort alors qu'il rode encore un peu dans son salon avant de se diriger vers elle. « ne me regarde pas comme ça, c'est pas si mal » qu'elle cherche à dédramatiser alors qu'il est tout près. Elle refuse de démontrer plus de concerne et de frayeur à ce qu'il vient de se passer. Ben n'en vaut pas le coup et fondre en larmes ne feraient que l'élever sur un pied d'estale. Alors elle ravale ces émotions qui bouillonnent encore en elle, prêtes à la chambouler plus tard et se remet aux petits soins de son ange gardien.

love.disaster
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MessageSujet: Re: Twenty five percent of you is courage ▸ Anto&Barth   Lun 6 Avr - 3:48



my hands are not my
hands anymore, take them.

i thought i was screaming your name but it came out
as a whisper, why can’t i adore you as much as i want to?
En ce moment, Antonia est tout. Tout ce qui compte, tout ce qui t’importe, tout ce qu’il te faut, tout ce pourquoi tu te bats. Ton collègue n’a donc aucune chance contre toi, pas s’il tient à la vie, parce que tu comptes bel et bien t’assurer que ta précieuse Anto se porte bien. Même si en fait, tu sais que c’est faux, personne ne se porte bien avec un front pareille, personne ne va bien avec des genoux en sang. Personne, pas même ta lionne personnelle. Quand bien même la brune se considère comme forte, comme indépendante et apte à prendre soin de sa personne, ce soir tu es près à tout nier, à la ligoter au lit s’il le faut. Mais heureusement pour toi, pour elle, pour vous, elle se montre docile. « Je vais bien » ne te rassures pas un seul instant, alors elle accepte que tu ne sache plus quitter sa personne de tes mains, de tes lèvres, son front, ses bras, ses joues, ses cheveux, tu n’arrives pas à cesser de la toucher. Tu vérifies qu’elle est bien là, tu te rassures, mais tu cherches aussi à la réconforter. Dieu, elle saigne et ce simple rappel te fait la serrer un peu plus fort contre toi, en fait, tu hésites même à la soulever, à la porter, mais il y a une limite à ce que l’orgueil de ton ex petite-amie peut encaisser. Tu ne peux décemment pas la porter sans la vexer. Or, tout va si bien en ce moment, tu ne peux pas tout foutre en l’air, pas ce soir. Pas maintenant. Pas quand elle saigne et que tu sens encore l’inquiétude te tordre l’estomac.

Et une fois devant son appartement, sa main te tend les clés sans aucune hésitation et pour la première fois de la soirée, tu souris. Doucement. Gentiment. Avec gratitude même. « Merci… reste là, je fais vite. » Tu l’abandonnes après avoir soufflé un baiser sur son front et ton arme dans la main, tu te glisses sans bruit dans l’appartement. Tu sais très bien que c’est le logement d’un autre locataire qui a été pillé, au fond Antonia n’était probablement qu’un dommage collatéral, mais tu dois vérifier, parce qu’on est jamais trop sûr. Parce que tu ne peux pas risquer sa vie, pas encore une fois, pas quand tu es là. Tu vérifies donc tout l’appartement, toutes les pièces, y compris les garde-robes, pour ensuite la rejoindre, rassuré. Elle se faufile dans l’appartement et déjà tes doigts retrouvent le chemin jusqu’à elle, effleurant sa taille, mais elle passe son chemin. Elle a autre chose en tête, mais elle a la bonne idée de t’avertir, même si elle ne ralentit pas : « je vais aller me rafraîchir un peu. » Tu inclines simplement la tête, puis déboutonne le premier bouton de ta chemise, tout en la suivant du regard, « okay, tu as cinq minutes. » Parce que après ça, tu serais bien capable de défoncer la porte pour aller la récupérer et la soigner de force. En attendant, tu soupires et tu erres à travers le salon. Tu reconnais ses babioles, ses collections et tu souris avec un mélange de nostalgie et d’amusement, certaines choses ne changent pas, fort heureusement. Ton regard s’attarde alors sur ta montre, parce que oui, tu oses la minuter. Tu te retournes d’ailleurs pour jeter un coup d’œil à la porte, qu’elle n’a pas entièrement fermée, brave fille. Puis c’est plus près que tes pas de mènent, assez près pour la voir par l’entrebâillement de la porte, pour l’observer à la dérobé, pour la voir s’observer, pour faire de même. Elle est encore sous le choc, elle ne va pas bien et tu serres un poing, impuissant et pourtant enragé par la situation. Toi, l’éternel pacifiste, tu sais que tu n’hésiterais pas à donner une raclée digne de ce nom au type ayant eu le culot de la toucher, de poser un sale doigt sur elle. Antonia ou ton talon d’Achille, Antonia ou le centre de ton univers, que tu partages son lit ou pas n’y fait aucune différence, encore aujourd’hui, tu pourrais mourir pour elle.

Puis elle trouve la trousse de premier soin et tu te retournes en vitesse, faisant mine de t’intéresser à un livre qui traine près d’une vieille radio, celle-là même que tu as légué lors de votre séparation physique. Soit quand elle a décidée de venir vivre ici seule, une décision qui t’as fait plus de mal que tu veux bien l’avouer. Et là, debout comme un con, à tourner les pages sans t’y arrêter, tu sens son regard sur ton dos, puis sa voix te ramène à elle, « alors, tu crois qu'il me faut un bunker ? » elle attire ton regard, apaise doucement les battements de ton cœur, avant de le faire s’emballer de plus belle. Elle saigne encore. Tu l’avais presque oublié. Sa question t’arrache un demi-sourire, tu voudrais lui offrir mieux, mais elle saigne et c’est le mieux que tu puisses faire. Et puis il n’y a qu’à voir comment elle serre la trousse contre elle, pour ne pas avoir envie de rire, pour soupirer et avoir le bout des doigts qui démangent. Tu dois la toucher, tu en as besoin. Alors ta voix s’échappe de ta gorge, plus rauque que tu ne le voulais, « non, c’est moi qu’il te faut. Pour ce soir du moins. » Tu ne veux pas l’effrayer, tu ne lui demandes pas de te reprendre, pas encore une fois, non. Tu sais que c’est terminé, tu as compris avec le temps, compris qu’elle avait besoin d’espace, de vivre, de respirer. Mais tu ne peux pas la laisser seule, pas ce soir, pas même après avoir panser ses blessures et l’avoir bordée. Et déjà ton corps se retourne pour lui faire face, elle te fait l’effet d’un astre brillant et toi, tu n’es qu’une simple plante, s’orientant dans sa direction, lui offrant ton visage, lui tendant les bras. Il te faut un maximum de retenue pour ne pas la rejoindre sur le canapé, pour ne pas enfoncer ton corps près du sien, contre le sien oui, pour ne pas la hisser sur tes genoux et lui embrasser le visage. Mais les baisers ne soignent pas les plaies, pas plus que les genoux en sang, tu te fais donc une raison.

Tous tes mouvements sont mesurés, exécuté lentement, avec soin. Pour ne pas lui faire peur, pour ne pas l’envahir. Sauf que tu t’inquiètes sans bonnes raisons, car elle sait déjà à quoi s’attendre, non ? Évidemment, il suffit de l’entendre parler : « j'ai pensé que tu me ferais les gros yeux si je ne te laissais pas t'occuper de ça. » Cette fois, tu souris pour de bon et tout en acquiesçant, tu retires ta ceinture d’officier de ta taille, pour la poser sur la table du salon. Ici, tu n’auras pas besoin de menotte, d’arme ou de radio. « Tu as raison, j’aurais probablement même fait une scène » que tu ajoutes, cherchant à la détendre, à la mettre en confiance. Ce n’est pas qu’elle ait à avoir peur de toi, mais votre intimité peut parfois l’effrayer, parce que l’air est déjà chargé entre vous, plus chaud, familier même. Il n’y a qu’à voir comment elle délaisse ta silhouette de son regard, pour observer les murs, pour faire mine que tu n’es pas là, homme pourtant connu, qui s’impose dans son quotidien. Une vie sans toi. Une vie d’indépendance, où tu fais tache. Tu la laisses donc respirer un peu, tu rôdes, fait l’effort d’aller regarder par la fenêtre, avant de te décider à la rejoindre. Parce que tu n’y tiens plus, parce que tu dois la toucher, la respirer, mieux la regarder. De plus près, toujours plus près, quitte à être trop près. Et déjà, tu la fixes intensément, assez pour qu’elle te mette en garde, « ne me regarde pas comme ça, c'est pas si mal. » C’est à ton tour de grimacer, alors que tu te poses près d’elle, tes mains déjà occupées à rouler tes manches sur tes bras, pour ne pas la toucher tout de suite. Pour ne pas lui faire encore peur. « Foutaise » le mot t’échappe, en même temps qu’un coup d’œil sur elle, sérieux, inquiet. Pour toi, ce n’est clairement pas « pas si mal », non et tu grognes tout bas. « Tu as été attaqué dans la rue, à côté de chez toi et tu saignes. Pas seulement à un endroit d’ailleurs, tes vêtements ont même été abîmés, et tout ça, c’est sans parler de ton expression… » ta main droite se pose doucement contre sa joue et la fait redresser légèrement la tête, pour que vos regards soient à la même hauteur, pour qu’elle voit que non, ce n’est pas rien. « Donc, non. C’est quelque chose Antonia et quelque chose de sérieux. »

Ne réalise-t-elle pas à quel point elle a possiblement frôlé la mort de près ? De combien tu t’inquiètes pour elle ? Merde. Tu soupires, secoue la tête et ton regard flanche, abandonnant le sien pour plutôt observer sa blessure à la tête. Tu manies doucement sa tête, sans la brusquer, sans lui faire mal, mais avec fermeté, pour qu’elle t’obéisse. « Heureusement pour ta tête ça ne semble pas trop profond… » Ta main libre effleure déjà le contour de la blessure, la faisant frémir, te faisant frémir aussi. Tu détestes lui faire mal, mais c’est un mal pour un bien, ce qui ne t’empêche pas de froncer les sourcils et de lui offrir un regard navré. « Pardon… merde, je pourrais tuer ce connard… oser te toucher, toi. » À ce stade, tu grommelles, mais tu le vis bien, tu l’assumes. Et pour te calmer, tu attrapes la trousse, tu l’ouvres et tu cherches tout ce dont tu as besoin, soit des tampons alcoolisés, des bandages et des pansements. Dès que tu as tout ce qu’il te faut, bien étaler devant toi, tu te tournes vers elle et avant qu’elle puisse réagir, tu lui embrasses le coin des lèvres, ton regard croisant le sien, ton envie faisant écho à celle que tu devines dans les siens. Rien n’a réellement changé entre vous et si tu n’arrives pas à sourire, pas vu son front, ni ses genoux, qui ont du mal à rester stable, près de toi, tu soupires à nouveau. Mais de soulagement. Si elle a encore faim de toi, alors tout n’es pas perdu. « Aller, ça risque de piquer mais… je ferais au mieux, ok ? Ne bouge pas… » Tu te mets déjà au travail, tamponnant doucement sa plaie d’une main, l’autre maintenant sa tête en place, tout en écartant les mèches de cheveux de la zone touchée. Puis, tu souffles lentement sur la plaie, avant de baisser les yeux, pour rencontrer son regard et lui offrir un sourire en coin, ce qui n’arrive toutefois pas à apaisé le sac de nœud qui a remplacé ton estomac. « Là, des points de rapprochement et tout sera bon… tu tiens le coup ? » Et si quelque part, tu t’attends déjà à ce qu’elle t’affirme que oui, tu sais tout aussi bien que de vous deux, tu es probablement le plus inquiet au sujet de ses blessures. Mais tu termines ce que tu as commencé, installe les deux points de rapprochement, pose même un pansement adhésif par-dessus le tout et une fois que c’est fait, tu inspires un bon coup. Tu es pourtant loin d’en avoir terminé et déjà ton regard coule sur ses genoux.

Putain, tu as vraiment les poings qui te démangent quand tu regardes son état. Quel salaud peut faire une chose pareille à une femme ? Une innocente de plus ! La colère passe dans ton regard, sur tout ton visage, le chiffonnant, puis tu redeviens Barth, le type un peu désespéré, celui qui angoisse à mort de voir son ex petite-amie, sa meilleure amie oui, dans cet état. Le bout de tes doigts effleure le haut de ses genoux, là où la peau est encore belle, où elle n’a pas été déchirée. Tu poses tes grandes mains chaudes sur le bas de ses cuisses, pour faire de petit rond avec tes pouces, sur la face interne de ses magnifiques jambes. Merde, il y a tellement de sang sur ses jambes. Tu n’oses même plus redresser les yeux, parce que tu as mal pour elle, parce que tu crains de faire le pire en croisant son regard. Si tu y lis ne serait-ce qu’un dixième de douleur, de peur, tu sais ce que tu feras. Si elle réclame ton attention, tu franchiras cette limite floue qui existe entre vous, tu seras foutu. Et ta bouche trouvera la sienne, pour lui promettre la sûreté, pour effacer la douleur par le plaisir. Tes bras l’enlaceront et tu la feras tienne, parce que contre toi, rien de mal ne peut arriver, tu ne le tolérerais pas. Jamais. Alors tu t’entêtes à ne fixer que ses jambes, à les cajoler, mais tout ça t’échappes et tu te penches pour embrasser le sommet de son genou droit. « Je suis tellement désolé… je vais tout arranger, d’accord ? Je vais tout arranger… » que tu murmures, alors que tu embrasses son autre genou avec la même dévotion. Si l’amour pouvait guérir son corps, elle serait déjà intacte, mais l’une de tes mains abandonne plutôt sa jambe pour attraper un autre tampon. Il faut nettoyer les plaies et retirer les saletés logées dans la chaire. Tu ne comptes pourtant pas te mettre au travail sans l’occuper, sans détourner son attention et dès que le tampon alcoolisé vient brûler sa plaie, lui arracher un sursaut, tes lèvres trouvent son cou. Tendrement. Lentement. Juste sous son oreille, là où son pouls s’emballe, là où tu soupires son nom et une excuse. De lui faire mal. De ne pas avoir été là. De ne pas avoir pu l’empêcher.

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