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 I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain

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MessageSujet: I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain   Dim 5 Avr - 14:38

Où tu vas ce soir ? - Je lui ai jeté un regard de haut en bas. Puis j’ai faiblement souris ; moqueur. Je vais me noyer dans les yeux d’une pauvre garce ; je vais me perdre dans son humanité et je vais lui voler ce qu’elle avait de plus précieux. Sa vie. Par là, je n’entendais pas uniquement un dernier soupire. Mais ses souvenirs, ses émotions. Elle sera à moi et je me verrais à quel point elle n’est pas comme moi. A quel point, je ne suis pas humain. Comme je ne le serais jamais. Je n’en souffre pas. Je crois. Je souffrirais d’être humain. J’espère. Il me semble qu’il fut une éternité que je ne l’avais pas été. Enfant sauvage, raciste et faible. Je me souviendrais toujours de leurs mains noires me bousculant et leur voix dotée d’un accent répugnant d’Afrique me dire : nous ne sommes plus tes esclaves l’épouvantail. Je suis un épouvantail. Effrayant et vide. L’humanité est devenue mon esclave. Je me suis senti sale. Si haineux. Laissez-le tranquille. Gawain, tu n’es pas obligé de faire ça, tu es dispensé ! Oh que je fus faible. L’humanité me renvoie à toutes mes faiblesses. Physiques et morales. Mes émotions... La culpabilité et la tristesse… Saloperie de tristesse… Je me félicitais toujours de mettre pendu. D’en avoir fini avec cette vie là.

Je me suis vautré dans l’une des banquettes dans l’un de ces espaces privés du club après avoir bu un verre qui n’eut aucunement le mérite de me rassasier. J’avais regardé les filles et mon regard s’était attardé sur cette créature exotique qui dansait magnifiquement bien. Avant de m’isoler, j’avais commandé une bouteille et la fille. Sans discuter.

J’étais follement excité. Non pas par le physique de cette fille ; du moins. Pas uniquement. Si je l’avais choisie, c’était surtout parce que j’avais ressenti cette vitalité qui l’animait et moi… Je me sentais faible ce soir. Je suffoquais déjà. Ma veste en cuir ouverte, les premiers boutons de ma chemise étant défaits l’on m’apporta rapidement la bouteille et deux verres. La fille mit plus de temps à arriver. J’allais probablement la tuer ce soir. Pas ici… Un plan A se dessinait déjà dans mon esprit. Les femmes comme elles sont avides de fric. Ce qui tombait bien, j’étais immensément riche. Un riche voleur. Ne faut-il pas être brillant pour braquer une banque ? Ou juste avoir du pouvoir. Probablement les deux. J’étais l’un de ces êtres qui trainent souvent dans ce genre d’endroit ; sans avoir cette tête de pervers pour autant. Un type désabusé qui optait pour la facilité. Pourtant, j’aime tout autant la chasse. Pas le moral. Comme bien souvent. Ce n’était pas à défaut de suivre mon ordonnance d’anxiolytique.

J’ai soupiré en remplissant les deux verres quand la délicieuse fit son entrée. Mes yeux regardaient les verres prendre la teinte du liquide ambre. L’idée de boire cette chose me donnait envie de vomir. J’ai relevé mes yeux verts sur la demoiselle peu vêtue ; sortant de ma poche où ma seconde main se trouvait quelques billets pour l’encourager à sourire. Je savais qu’elle n’était pas tout à fait humaine, j’étais capable de flairer la nature de chacun. Mais elle fera l’affaire. Mais j’étais loin d’imaginer qu’elle était beaucoup plus proche de l’animal et que l’humaine. « T’en trouveras d’autres dans mes poches, si t’en veux plus… » Lui disais-je sans grande conviction. Les femmes… J’étais quelqu’un d’assez sexiste par-dessus le marché, je n’avais aucune considération pour le sexe féminin. Ma pauvre mère m’en avait répugné par tant de faiblesse ; par tant… D’émotivité. Il n’y avait que ces femmes n’ayant pas froids aux yeux qui pouvaient susciter chez moi un semblant d’intérêt. Et contrairement à ce que l’on croit, ces femmes sont bien plus souvent des catins… Je me trompais peut-être au sujet de celle-ci.  

J’ai esquissé un léger sourire, menteur. Dévoilant des dents blanches de véritable carnivore. C’est dans ma nature d’être un prédateur. Malgré ma lassitude évidente, je comptais sur elle pour égayer ma soirée et me donner suffisamment d’énergie pour gangréner cette ville pitoyable. Pas de chérie, pas d’ordre, juste un geste vague de la main pour l’inviter à commencer… Qu’elle fasse son job et se sera suffisant, de n’importe qu’elle façon. Je ne me trouve pas séduisant, d’ailleurs j’ai toujours hais me regarder moi-même. Je n’aime pas cette image que les miroirs me renvoient. La réalité est que je ne suis pas repoussant, que je n’aie rien à voir avec cette clientèle d’infidèle. Je ne suis qu’un vieux garçon à l’allure si jeune, incapable d’aimer qui que ce soit, pas même lui-même. Je n’aime pas perdre mon temps à séduire. Je ne suis pas suffisamment baraqué et mon air de punk fait fuir les bourgeoises qui habitent les rues où se situe mon logement principal. Je l’observe, je ne suis pas du genre à faire la conversation. Je compte juste profiter un instant de voir mon amuse gueule se dandiner devant moi avant de m’imprégner de ses souvenirs, de sa vie qui semblait n’être que dépravation et délices torrides… J’aurais mon lot de plaisir ce soir. La preuve étant que même les hommes brisés trouvent satisfaction quelque part en ce monde. Enfin, pourvu qu’ils soient encore des hommes.

Qu’elle profite de mon silence, car mes mots sont des lames particulièrement tranchantes. Je m’attardais sur les traits parfaits de son visage ; la forme de ses lèvres qui avaient (j’en avais la conviction) un gout délicieusement sucré. « Bois un verre… » L’invitais-je finalement d’un ton d’une neutralité cruelle. Bois donc beauté, tu en auras besoin. Mes yeux fixaient toujours ses lèvres après avoir parcouru son corps comme l’on regarderait un meuble.  
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MessageSujet: Re: I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain   Mer 8 Avr - 10:59

Les doigts habiles nouent la longue chevelure noire en une tresse savamment disciplinée venant reposer sur l’épaule droite de la femme immobile. Les paupières closes, cette dernière arbore un calme olympien durant le processus de transformation. Passée de femme discrète à déesse d’une nuit demeure l’étape favorite de la danseuse. Seul instant de grâce où elle accepte que d’autres mains la touchent afin de parer son visage mutin et sa chevelure de milles parades visant à la mettre en lumière lorsqu’elle ferait son apparition sur la scène du casino.
D'ordinaire, Leïda ne travaille pas ainsi. Elle préfère la clientèle virulente du « mascarade » à ce lieu d’illusion néanmoins, elle ne put décemment refuser l’invitation lorsqu’on lui présenta un chèque si joliment garnit. En ces temps de disette où la sécurité s’achète mieux vaut ne jamais cracher sur quelques billets verts en plus. Car telle est la dure loi que doit suivre tout humain s’il espère survivre dans ce monde fait de brutalité et de vices. L’argent remplace la chair, le billet vert permet d’acheter tranquillité et discrétion, règle à laquelle se pliait la créature sans plus de cérémonie, puisque l’air et la chair n’étaient plus suffisant pour demeurer vivant.
« Dans deux minutes ma belle. » Murmure doucereux, main s’égarant sur une nuque dénudée. La créature se tend, son regard d’un noir de jais agresse celui qui eut osé porter sur elle une telle caresse. L’agressé se recule, accuse la brutalité du regard d’un sourire timide. Qui touche à la donzelle sans son consentement reçoit aussitôt les malédictions d’un regard emplit d’une animalité sauvage, dépositaire de son âme félin demeurant logé contre son sein. Celle même qui la transcende et guide ses pas lorsqu’elle s’élance sur la piste. Le silence accueille la nippone tant l’élan de son corps empoigne le cœur et les corps des hommes venus jouer leur argent. Un regard et ils tombent en émoi sous la force de sa présence. Un bref sourire étend les lèvres pleines de la donzelle semblant flirter avec la musique. Danse sensuelle, souplesse des mouvements, ventre qui vibre, seins conquérants venant provoquer le regard des hommes accusant cette nudité soudaine dans un silence statique.

« On te réclame. 
- Riche ?
- Suffisamment pour s’offrir ta présence. »

Sourire de connivence, Leïda est un diamant brute que seuls les plus offrant peuvent s’ouvrir. Objet de désir que l’on achète, cette idée ne l’eut jamais déranger, la créature offre son corps mais jamais son âme, elle n’est rien de plus qu’un joli meuble que l’on observe à sa guise des heures durant sans jamais pouvoir nourrir l’espoir d’obtenir autre chose. C’est ainsi qu’elle garde sa liberté garante de son libre arbitre. La brune est intelligente sous ses airs d’innocente naïveté.
Elle troque ses bas résilles contre un porte-jarretelle noir, pare sa poitrine d’un élégant bustier rouge, relâche sa crinière noire venant encadrer son visage ovalin et chausse d’élégants talons noirs avant de rejoindre le salon privé où l’attendait son client.

Canapé d’angle et lumière tamisée, le sol est tapissé d’une épaisse moquette sombre venant étouffer les claquements des talons de la créature. Cette dernière referme lentement la porte derrière elle avant de jeter un regard à l’homme l’attendant patiemment sur le canapé et dont le regard demeurait figé sur le liquide ambré qui -à l’odeur- semblait être du whisky. Leïda fronce le nez tout en s’avançant. L’inconnu la remarque enfin et sort de ses poches une liasse de billets verts qu’il dépose sur la table. Haussement de sourcil de la part de la belle qui prend place sur le fauteuil faisant lui faisant face. Elle croise ses longues jambes félines, lisse sa chevelure corbeaux qu’elle rassemble sur son épaule gauche dévoilant ainsi toute la féminité de sa nuque. Son regard se fait plus doux alors qu’un bref sourire répond étend ses lèvres carmins : « Est-cela que tu souhaites ? » Qu’elle vienne elle-même chercher l’argent à sa source, qu’elle s’approche, qu’elle le touche. Tentant le diable, la métamorphe se redresse, rompt la distance, laisse glisser sa main innocente le long du torse de l’inconnu, s’arrête à la ceinture, touche la poche en question sans pour autant se servir. La bouche est proche, Leïda hume la nuque de l’inconnu comme elle humerait une proie futur. Odeur de bois et de bitume, effluve de danger, voix lointaine lui suggérant de se méfier de cet inconnu qui, soudain, lui apparaît plus inquiétant que les autres. Ses lèvres mutines dépose le murmure d’un baiser contre sa peau laiteuse, elle le goûte en réalité, quelque chose de peu humain vibre en lui sans qu’elle ne parvienne à le définir.

Elle se retire, revient à sa position initiale et observe l’individu avec curiosité. Peau laiteuse tranchant avec le flamboyant de ses cheveux. Lèvres fines, nez aquilin, l’homme n’a rien des joueurs d’argents habituels, ni costard, ni cravate, dépourvue de toute allure distinguée, étonnant. « Bois un verre. » Ton neutre et regard froid, présence cruelle, effacée. Leïda se saisit du verre, hume l’effluve corsée, goutte le liquide du bout des lèvres, lèvres qu’elle lèche, provocatrice discrète alors que l’inconnu ne cesse de les fixer. « Je ne suis hélas, pas ici pour boire. » Elle réfute finalement l’invitation, repose le verre sur la table, décroise ses longues jambes qu’elle vint étendre sur le canapé face au fauteuil, juste à coté de lui. Qu’il l’observe, qu’il la goutte du regard, qu’il espère, qu’il fantasme, Leïda créait le désir tout en maîtrisant l’instant.
« Qu’attendez-vous de moi ? » Une danse ou une simple compagnie, qu’elle mime l’acte sexuel où qu’elle se contente de demeure ici, à se laisser déshabiller par le regard verdoyant de l’inconnu.
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MessageSujet: Re: I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain   Jeu 9 Avr - 10:34

Elle avait changé de coiffure, cela fut un détail qui ne m’intéressait pas le moins du monde. Rien de ce qu’elle faisait ne m’intéressait vraiment à cet instant. J’imaginais simplement, le grain de sa peau sous mes doigts et ce moment où elle ouvrira les lèvres pour crier sans en avoir la force nécessaire. Ce sera trop tard. Ce soir, le monde se verra amputé d’une belle femme de plus. A croire que c’est ce qui part le plus vite. Les femmes. Les victimes préférée des monstres, bien que ma fascination ultime se posait sur un animal du genre masculin. Une fascination que me bousillait les entrailles tant celles-ci semblaient se nouer à seule idée de le revoir. Anxiété ou excitation. Je crois que ce n’était aucun des deux. J’ai sentie ces mains se poser sur moi, au travers du tissu. Mon épiderme réclamait sa peau. Ses mains palpaient mes poches et elle pouvait sentir que de nombreux billets s’y trouvaient. Que de cash. Elle n’était pas même obligée d’en faire voir la couleur à son patron. Mais de toute manière, elle va mourir ce soir. Alors cet argent me reviendra et personne d’autre n’en verra la couleur ce soir.

Elle est douée, elle approchait ses lèvres de mon cou et j’ai un instant fermé les yeux ; les bras posé de chaque coté de mon corps sans tenter de la toucher une seule fois. Puis finalement elle retournait s’asseoir et nous nous fixions. Je n’avais pas eu besoin de plus pour me sentir tout à fait attiré par elle. Je me languissais de mettre mes doigts autour de cette gorge magnifique. Je l’invite à boire et elle se fit des plus aguicheuses. Mes yeux verts contemplent ses lèvres délicates ; elle semble avoir remarqué que je ne regardais pour ainsi dire pratiquement que celles-ci. Elle connaissait son métier après tout. Elle n’est pas là pour boire. Je l’observe s’installer et elle ne fit guère preuve d’imagination en me posant cette question. Hélas, la beauté ne fait pas tout. Cette fille me semblait parfaitement écervelée. Je songeais alors à ce que pourrait lui dire : tout sauf la vérité. J’attends d’elle sa mort, elle le saura bien assez tôt.

Dans un haussement d’épaule, je tendis le bras pour m’emparer du verre et vider douloureusement son contenu dans ma bouche. L’alcool explosa ma langue et je sentais cette sensation répugnante de goulée de sang se déversant dans ma gorge. Renversant. Je reposais le récipient sur la table. Cette fille danse au masquerade, mais elle n’est pas rattachée à la boite. C’était aussi pour cela que me trouvait dans ce casino. Cela et compte tenu du fait que des cadavres ici, il y en avait plein les couloirs. Faire disparaître un corps ici était devenu si simple que cela m’ennuyais parfois. Je répondais avec cette neutralité qui ne dévoilait aucune perversité « Tu es danseuse il parait… » Si l’on peut appeler cela de la danse. A mon époque, les gens ne dansaient nullement de cette manière. Mais je ne regrettais pas, car les valses et autres musiques de salon m’étaient d’un ennui mortel. J’avais souligné mes propos en lui désignant la table du menton. Si elle n’est pas là pour boire, elle sera là pour danser. Je n’étais pas qu’un affamé. Je profitais également de la victime. J’avais payé pour cette danse après tout. J’osais alors espérer qu’elle n’avait pas oublié le fameux jeu à la fin de cette prestation pour venir se mettre ainsi contre moi. Fouiller mes poches et moi, je viderais ses yeux de la lumière féline qui les anime. Pauvre animal. La réalité, aussi triste soit-elle ; j’étais incapable de toute compassion. La mort ne m’avait jamais semblé être une mauvaise chose. Et tandis que la pièce se remplissait du parfum des huiles qu’elle avait étalé sur son corps divin ; je me trouvais parfaitement détendu. Je n’ai jamais trouvé chose plus reposant que de tuer quelqu’un. Sa beauté entrait parfaitement dans mon désir de salir tout ce qui semblait briller.

« Tu as une très jolie bouche. » Gentille fille. Mon regard se fit un instant pensif. J’osais espérer qu’elle ne se servirait pas de cette bouche pour me mentir de doux compliments qui ne m’atteindront pas. Car j’étais assez réaliste sur ce que j’étais. Beaucoup trop même. Voir cruel envers moi-même. Je n’ai pas besoin d’être dorloté. Surtout pas par une danseuse de cabaret. J’avais été bien trop choyé par le passé, placé dans un écrin et ma mère, craignant tant que je me brise, ne m’esquinte. Mais c’est elle, elle m’a bousillé. Elle aussi avait une très jolie bouche. Ses lèvres tièdes se posaient souvent sur mon visage et chantonnaient à mon chevet des vers qui me rendaient malade… Pourvu que cette fille ne me donne pas la nausée.
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MessageSujet: Re: I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain   Jeu 9 Avr - 18:20

Quand bien même fusse son métier d’attiser désir et envie chez celui la contemplant, elle n’en demeurait pas moins novice en la matière lorsqu’il s’agissait de se produire dans l’intimité d’un tête à tête. Avant tout femme de spectacle, Leïda usait de la danse pour exprimer l’animalité qu’elle avait tant de peine à maîtriser dans son quotidien. Hélas, la voilà dénudée de toute apparat puisque seule face à son client du soir.
Elle le dévisage, tente de percevoir l’homme se cachant sous les traits dépourvus de la moindre émotion et n’en retire qu’une amer conclusion de vide insipide. Pour la danseuse, l’être humain demeurait un mystère et elle peinait à percevoir les signes faciaux révélant un état d’esprit tant ceci pouvaient se montrer contradictoires où, comme avec celui-ci, absolument absent. Que devait-elle faire alors ? Engager la conversation comme la lointaine geisha qu’elle fut l’aurait fait ? Ou bien s’incliner et entamer une danse lascive sans plus de cérémonie ? Ni l’un ni l’autre. A l’instar du félin humant les pistes pour mieux trouver sa proie, elle s’approcha sans crainte de l’individu et chercha des lors, à s’imprégner de son odeur. Absence de parfum chimique, douceur de la peau qui, pas une fois ne frémit lorsque ses lèvres pourtant taquines, vinrent effleurer la nuque blanche. Signe étrange, puisque l’expérience l’eut apprit que le moindre contact éveillait les sens se traduisant par des poils se dressant sous l’intensité du moment. Car l’homme demeurait un être sensible sans cesse trahit par sa respiration, la cadence de son palpitant, signes pouvant trahir n’importe quel être quand bien fut-il passé maître dans l’art de camoufler ses émotions.
Or, elle n’observe aucune réaction. Aucune augmentation du rythme cardiaque, aucune hausse de la température, aucun regard ni même le moindre signe qu’il souhaiterait la toucher. Les bras demeurent le long d’un corps inerte et la féline se redresse, réinstaurant sa position initiale non sans se sentir quelque peu déstabilisé. Si l’homme est capable d’ainsi se contenir alors il n’est pas uniquement homme et son instinct lui commande aussitôt de faire fis de précaution à son égard. Le regard accusant le sien, Leïda ne laisse pourtant rien paraître de sa surprise et se pourlèche les lèvres comme elle le ferait sous sa forme animal.

Il vide sans plus de cérémonie le verre qu’elle se refuse à boire et désigne d’un geste de la main la table devant lui. La belle arque un sourcil, hésite un instant, aurait souhaité que les désirs de l’homme furent plus proches de ceux des riches japonais qu’elle divertit autrefois, se fit une raison et, dans un sourire trompant son agacement, rejoignit telle une reine le trône absurde qu’il lui offrait. Une musique lascive fut lancée, notes de hip-hop niaiseux se prêtant aisément aux jeux de hanches et autres trémoussements plus vulgaires les uns que les autres. La féline parvient néanmoins à rendre cela gracieux, ferme les yeux, désireuse d’oublier la proximité de son client quand bien même sent-elle sa présence angoissante. Elle lui offre son corps en offrande, se dresse, lui présente sa croupe délicieusement arrondit puis ses seins conquérants quand bien même sut-elle que ses préférences allaient à ses lèvres. Il lui faut néanmoins jouer le jeu et prendre le temps d’attiser son intérêt. Qu’il caresse du regard ce corps qu’il acheta mais, que jamais, il ne pourra posséder. Leïda est revancharde, quitte à n’être qu’un bout de viande elle estime vitale de rappeler à sa bonne conscience qu’elle n’en demeure pas moins libre.

Et survint le compliment. La belle s’immobilise et laisse fleurir sur ses lèvres pleines un sourire aguicheur. Elle descend de son trône et vint s’installer sur son client, entourant ses jambes de ses cuisses musclées, l’enserrant comme s’il fut sa proie alors que sa bouche semble vouloir venir conquérir la sienne. « Merci. » Souffle-t-elle quand bien même ce compliment n’éveilla aucun émoi en elle si ce n’est un dégoût profond pour cet être dont elle cherche toujours à percer les secrets. Et, flirtant avec le danger elle ose emprisonner ce visage blanchâtre de ses doigts tremblant de devenir griffe acérée. Le regard noir de jais soutient le verdoyant d’une rétine morne et morte, abritant un secret torve que la douce peut sentir planer sur ses épaules dénudées. « Tu n’es pas ici pour la danse. » Argue-t-elle, vérité crue qu’elle dénonce d’une voix vibrant dans l’air tel un fouet meurtrissant la chair signant le glas pour l’un des deux acteurs de cette mascarade. « Qu’attends-tu pour montrer ton vrai visage ? » Elle cherche, provoque, n’en peut plus d’attendre que l’individu quitte enfin sa torpeur pour devenir le sombre fou auquel elle imagine avoir à faire. Puis, vicieuse, elle s’échappe à nouveau et instaure une distance sécurisante sans pour autant se défaire de ses allures d’amazones. Le regard farouche soutient toujours le sien alors que son corps vibre d’une excitation palpable, celle même qui s’agite en son sein lorsqu’un danger se fait sentir, celle même qui prend si aisément le contrôle de son être quand, incapable de demeurer humaine, Leïda s’abandonne aux assauts furibonds de la panthère ronronnant contre son sein. Panthère salvatrice qui la sauvera peut-être d’un monstre que la danseuse croit encore humain.
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MessageSujet: Re: I want you on your knees and cry a river ▬ Leïda & Gawain   Lun 13 Avr - 22:33

Ce que je lui demandais de faire sembla provoquer chez elle un doute. Lueur qu’elle fit fuir d’un sourire aguicheur de ses lèvres désirables. Elle s’exécuta finalement et je laisser mon regard se laisser porter par les vagues que créait son corps. Je n’aime pas cette musique. Mais elle la rendait appréciable. Elle y apportait cette touche de métal qui manquait cruellement ; les douces cordes d’une guitare que l’on voudrait battre avec violence de ses doigts. Elle prit mon compliment comme une invitation à cesser cette danse. Elle sourit et s’approcha de moi. Sulfureuse créature… Elle se permit de nouveau de m’approcher de vraiment très près et je l’ai regardé de cette façon toujours aussi éteinte. J’aimerai la laisser éveiller en moi plus d’émoi que de curiosité. Je crois que mon appétit gâche tout. Mais elle était au centre de toutes mes pensées et c’était un luxe que peut de personne peuvent s’offrir. Ses doigts chauds se posaient de ma peau blanche. Je fixais ses yeux intensément envoutant à tel point que j’eu presque oublié que je n’étais là que dans le seul but de la dévorer. Mais elle me rappela à l’ordre, cette douce enfant. Et enfin, mon visage pris une expression. Je souriais malicieusement, dévoilant alors une once de plaisir d’avoir été ainsi démasqué. Quel jeu palpitant… Je m’en sentais particulièrement émoustillé. Cette créature était intelligente. J’aimais cela.

Voici donc mon véritable visage. Du moins, l’un d’entre eux. Finalement, elle recule et je la laissais faire. Cette femme aime le pouvoir et la domination. Nous étions par définition : incompatibles. Chaque souffle qui soulevait sa poitrine semblait sur le point de la déchirer. Quelle créature incroyable. Je crois que j’aurais toujours cette fascination pour sa race, parce qu’un jour, j’avais mois aussi crée ce genre de monstre. Pour l’essaie dirions nous. J’ignore ce qu’ils sont advenus et après ma mort, probablement ont-ils erré des années avant de mourir à leur tour. Funeste destin. Tout cela pour un jour. Un si mauvais jour. Bien sur que nous perdons tous la raison. Tout ce qui nous sépare des gens saint d’esprit, n’est jamais qu’une seule petite journée. Une mauvaise et atroce journée. Le début d’une succession. Face à l’atroce réalité, à l’indiscutable manque de sens et d’ordre de la vie humaine ; nous pétons les plombs. Nous devenons cinoques. Dans un monde aussi psychotique, et bien ce serait de la folie de faire autrement.

Je me suis lentement redressé. Me relevant sur mes longues jambes pour venir à elle cette fois ci. Je me suis assis à coté d’elle en tapotant doucement du bout des doigts la table. « Mon visage véritable n’aura rien d’aussi grandiose que ce que tu caches… » Ma jolie… Mais j’étais bien avare en compliments ce soir. Je me suis légèrement pincé les lèvres en posant avec minutie mes doigts sur sa joue avant de glisser vers cette nuque si… Parfaite… « La danse n’est… Pas le plus intéressant chez toi. » Mais c’était bel et bien son corps qui faisait que j’étais là. Ce corps délicieux et empli de vie. Je ne suis pas un pervers, je ne tenterais pas de la déshabiller plus qu’elle ne l’était déjà. Je me noyais bien assez dans tant de beauté. Elle faisait croitre ma convoitise et doucement sous mes doigts je sentais sa force m’imprégniez. J’ignorais si elle se rendrait compte de quoi que ce soit avant qu’il ne soit trop tard. Dans le fond, je me sentais déjà terriblement ivre de son être.

Les odeurs qu’elle dégageait rendaient mon repas bien plus gourmand encore. Ma deuxième main est venue enlacer sa gorge d’une douceur froide et sensualité inexplicable. J’aurais pu être violent. Je crois que je gardais cela pour plus tard… Mes paupières se sont lentement fermées ; soulagement ; plaisir… Je crois que cela me comble d’être un monstre, même si ma faim n’était jamais satisfaite. J’allais la tuer… Je ne devrais pas. Vraiment pas. Mais parfois, il m’est si difficile d’être raisonnable. « Est-ce ce visage là que tu veux voir ? Ferme les yeux. Ce ne sera… Qu’un long et éternel cauchemar. » Soufflait ma voix. Lentement, je m’insinuais dans ses souvenirs… Qu’allais-je donc découvrir ? Je regrette d’ôter la vie d’une créature aussi somptueuse… Si elle savait… Cette foutu obsession pour la destruction de la beauté, regardez-moi… Je suis… Si répugnant… Et mes yeux déjà s’emplissaient de joie mélancolique ; un voile brillant et transparent recouvrait mes rétines. Quelle souffrance d’être moi.
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