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 Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley

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MessageSujet: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Lun 6 Avr - 0:19

Faire son travail dans de bonnes conditions n’était pas toujours l’évidence même. En tant que journaliste, le constat était très simple : Il n’y avait pas de bonnes conditions de travail dans ce milieu. Que ce soit la sécurité dans les lieux où ils étaient envoyés jusque dans leurs informations bien souvent lacunaires, les journalistes étaient mal lotis. Blake avait eu son lot de sales affaires à couvrir, de vrais faux scoops, de tragédies, ... et bien entendu, les menaces qui allaient avec le packaging complet. Une des raisons qui l’avait d’ailleurs poussée à apprendre à se défendre seule et à ne compter sur personne. Bien que cette dernière leçon, elle l’avait apprise depuis longtemps.
Attrapant son sac et tout ce dont elle avait besoin pour couvrir la nouvelle affaire que l’on venait de lui assigner, elle prit la route rapidement. Depuis que sa fille avait disparu, elle se noyait dans le travail et la recherche de son enfant, évitant ainsi de trouver d’autres moyens moins nobles de se perdre pour ne pas penser.

Vêtue de façon pratique et discrète, elle espérait pouvoir ainsi passer entre les mailles des agents qui étaient présents sur place. Il était certes difficile de cacher une chevelure rousse telle que la sienne. S’il y avait une chose de reconnaissable et d’identifiable chez elle, c’était bien ses cheveux et trop souvent son rouge à lèvres d’une couleur qui tranchait infiniment avec les standards habituels. Un cosmétique qu’elle s’était d’ailleurs empressée d’effacer de son visage quand elle avait été désignée pour la couverture de cette affaire.
Tentant de se rendre aussi invisible que possible, elle évita tant bien que mal les forces de police présentent et parvint à se faufiler dans l’allée où avait eu lieu le crime. Un membre du gouvernement avait encore été la victime de ces tordus de rebelles. C’était à se demander qui étaient véritablement le monstre qu’ils s’acharnaient à dépeindre. Son article allait encore être salé, elle le sentait. Le tout était désormais de découvrir qui était la victime et comment elle avait trouvé la mort. Elle ne croyait que ce qu’elle voyait de ses yeux. Le mauvais journalisme pouvait se permettre de faire étalage d’élucubrations mais, pas elle. Son nom était synonyme de qualité, une qualité qu’elle préservait bec et ongles même si elle s’attirait des ennuis au passage.

Décidée et acharnée, elle remonta l’immonde allée, prenant soin que ses talons ne claquent pas sur le macadam dans un tac-à-tac agaçant qui risquaient de la desservir. Dans le pire des cas, sa tenue pouvait toujours ouvrir une porte ou deux. Elle se savait belle, avec de voluptueuses formes et, c’était un moyen comme un autre de parvenir à avoir les bonnes informations ou de se faire ouvrir les portes. Bien entendu, elle restait évasive, faisait des promesses sibyllines dignes des politiciens et ne donnait jamais rien. Elle entretenait l’espérance en prenant soin de ne jamais piétiner les pauvres ères qu’elle piégeait dans ses yeux de biches, ses décolletés et ses longues jambes hâlées.

Son plan était une merveille, la stratégie mainte fois éprouvée mais, elle ne pouvait pas prévoir la présence de la seule personne au monde qu’elle souhaitait probablement étriper de ses propres mains : le dénommé Wesley Windsor, père de sa fille. Père de sa fille disparue qui plus est. Et, si ça n’était pas suffisant, elle lui en incombait la faute désormais. Plus de doute, plus d’excuses. Elle l’avait déclaré coupable sans preuve et entendait bien se nommer jurés et bourreau, histoire d’appliquer la sentence à sa façon. Entre ses dents, elle persifla presque en reconnaissant sa silhouette. Même de dos, dans une allée sordide mal éclairée par le soleil et avec des vêtements qui lui seyaient fort mal, elle parvenait à le reconnaître.
Choisissant finalement l’approche perfide, elle se posta à côté de lui en croisant les bras, bien heureuse que ses collègues soient assez loin de la portée de leur voix. Jaugeant la distance, elle adapta son timbre et parla calmement mais, de manière incisive. Sa voix fut-elle une lame, il en aurait été tranché en deux.

- « Quel déplaisir de ne plus pouvoir faire un pas dans la journée sans que tu ne hantes mon quotidien. »

Windsor n’était pas une flèche mais, il était loin d’être stupide, il ferait rapidement le rapprochement entre cette phrase toute en nuance et ses soupçons. Il n’ignorait rien, c’était l’évidence même.

- « J’espère que tu passes une très mauvaise journée. »

Son ton doucereux laissait à penser qu’elle le souhaitait véritablement et qu’elle comptait d’ailleurs, apporter sa pierre à l’édifice que ce soit le cas ou non. Son regard promettait une tempête sans précédent et sa posture aurait suffi à geler l’enfer au grand complet.
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MessageSujet: Re: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Sam 18 Avr - 15:06




Son regard pâle et froid arpentait avec nonchalance la scène de crime. Une toile funeste aux teintes écarlates, peinte avec, force était de le reconnaître, un certain génie. L'épiderme du pauvre diable était bariolé d'hématomes et d'entailles en tout genre, ce qui dénotait une exécution lente et douloureuse. Ces chiens de rebelles s'étaient montrés patients et méticuleux, augmentant peu à peu l'intensité du supplice : coups, lacérations puis enfin seulement amputations. Trois des doigts du politicien avaient été sectionnés à la première phalange. Lorsqu'ils se furent lassés, ou bien lorsque l'oiseau eut fini de chanter sa chanson, ils mirent un terme à ses affres de deux balles dans le cœur, ce qui libéra une cascade purpurine impressionnante. Une fois l'homme occis, ils abandonnèrent la carcasse rompue dans la sinistre venelle où se tenait le Hunter, entre deux bennes à ordures.

L'odeur de mort et de sang, décuplée par la chaleur accablante, poissait l'air à tel point que cela en devenait presque insoutenable. D'ailleurs, les exhalaisons du macchabée furent si pestilentielles que le bleu de l'escadron rendit son déjeuner sitôt arrivé sur les lieux. Wesley, quant à lui, s'était réfugié derrière un masque de marbre, bien que les relents lui soulevaient le cœur à lui aussi.
L'homme de pouvoir avait disparu quelques jours auparavant et le gouvernement avait autant que faire se peut tenté d'étouffer cette information, craignant que la presse ne hume les effluves d'un scoop lucratif et que la nouvelle ne s'ébruite. Ils désiraient vaille que vaille conserver leur image de pouvoir inexpugnable. Et voilà que cet homme, faisant partie du fleuron du régime, gisait là, brisé, humilié, ayant probablement levé le voile sur quelques uns des plus noirs secrets du pouvoir en place. Et pas l'ombre d'une piste qui permettrait de remonter jusqu'aux coupables. Le milicien passa une main lasse sur son visage rugueux et moite ; les jeux du chat et de la souris de cet acabit l'excédaient au plus haut point. Il n'avait ni la patience ni la minutie requises pour ce style de besogne, bien que cette lourde tâche soit tout de même tombée dans son escarcelle.

Wesley se releva de sa position accroupie, ses rotules craquèrent comme un coup de fusil et il coula de longues foulées, soucieux de mettre le plus de distance possible entre lui et l'odeur fétide, tandis que ses lèvres sèches accueillirent une cigarette, qu'il alluma d'un geste rendu machinal par les âges. Les volutes de fumée lui permirent de conjurer les miasmes putrides qui lui assaillaient les narines, si bien qu'il en soupira de soulagement.

Toutefois, cette quiétude recouvrée fut vite éventrée par une voix qui cisailla impitoyablement l'air. Un écho du passé qui lui fit l'effet d'un poing dans les reins, qui lui gela le sang. Il savait d'ores et déjà à qui appartenait ces inflexions acides mais il ne put pourtant pas s'empêcher de couler un regard torve en sa direction. C'était bien elle, douloureusement belle. La confrontation était inéluctable, il n'allait pas sans le savoir, mais la voir se dresser en ces lieux lui semblait pourtant si saugrenu. Ses muscles étaient roidis par la tension, il retenait son souffle, n'arrivant pas à démêler ses émotions : un torrent turbulent et confus où coulaient l'appréhension, la rancœur, la haine et les rémanents d'une affection passée. Il attendait une détonation, une déflagration destructrice, des heurts brutaux mais rien de tout cela ne vînt. Il aurait préféré ce scénario. À la place, un timbre de voix sirupeux, une sérénité feinte mais Wesley pouvait tout de même sentir les nuées menaçantes s'amonceler, goûter la saveur cuivrée de l'orage sur la pointe de sa langue. « Elle est sur le point de le devenir, je le crains. » fit-il dans un soupir. « Je parie que les tiennes sont infernales depuis quelque temps. » dit-il avec malice. Les fracas du combat allaient dès bientôt gronder et ce n'était point une rixe où le Hunter pouvait se permettre de ployer le genou. S'il venait à mordre la poussière, il ne reverrait très probablement jamais sa fille. Cela lui était inconcevable. À cette simple pensée, il sentit la colère lui fouetter le sang. Il ne permettrait pas à Blake de la lui arracher comme elle l'avait fait quelques sept ans plus tôt. Le dogue prit une profonde inspiration et fit le saut de l'ange, privilégiant comme à l'accoutumée l'approche frontale, directe, ne perdant pas de temps en tergiversations. « J'ignore ce que tu fous là et pour être tout à fait franc, j'en ai rien à branler, mais autant en profiter pour mettre les choses à plat. » débita-t-il. « Contrairement à ce que tu pourrais croire, mon but n'est pas du tout de priver June de sa mère. Je suis bien placé pour savoir ce que ça peut faire à un enfant. » fit-il, marquant une courte pause, sans jamais faire face à la jeune femme. « Je voulais simplement te faire comprendre une chose: que tu ne me décrètes pas apte à être un bon père, je n'en ai absolument rien à foutre. Je ferai partie de sa vie que ça te plaise ou non. La seule façon de te débarrasser de moi est de me faire sauter la cervelle. » Peu lui importait que la demoiselle au crin de rouille considère comme réprouvables ses actes, qu'elle brûle de lui faire payer le prix de ses péchés. Il n'était pas parvenu à la résipiscence de ses fautes, aussi n'y parviendrait-il jamais. Il tenterait de s'immiscer dans le monde de son héritière sans repos ni cesse jusqu'à son dernier souffle.


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MessageSujet: Re: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Sam 18 Avr - 23:17

Blake aurait tout donné pour ne pas tomber sur lui de cette façon. Elle aurait aimé pouvoir s’y préparer mieux que ça. Tout n’était pas encore clair et, de fait, elle risquait fortement de devenir extrêmement désagréable. De plus, le lieu ne se prêtait pas le moins du monde à ce qui risquait très fortement de se passer. Elle n’était pas certaine de parvenir à rester calme, à garder la tête froide. Elle avait ouvert les hostilités sur un ton glacial mais, ça ne durerait peut-être pas.

Si au départ, elle avait été là pour faire son travail, il venait de passer au second plan. Elle ne s’en souciait plus. Peu lui importait de revenir bredouille au bureau, sans l’ombre d’un article à écrire, il y avait plus urgent, beaucoup plus urgent. Se forçant à faire abstraction de la cigarette, elle ne tenta pas de dissimuler la naissance de son sourire ravi. Oui, elle comptait bien faire de cette journée un cauchemar. Comment... Comment tout ceci avait-il pu virer à une haine si intense ? Elle ne se souvenait que trop bien de leur passé commun, de ce qu’il avait été et, elle avait imaginé, il y a longtemps, ce qu’il aurait pu être. Il était une épine dans son pied. Gênante, douloureuse, se rappelant sans cesse à elle.
En quelques secondes à peine, son sourire se fana, ses traits virèrent au marbre alors qu’elle n’était que rage et déraison intérieure. Sans plus attendre, elle darda sur lui un regard noir qui n’augurait rien de bon même s’il ne daignait pas la regarder. Elle savait... Elle savait depuis le début et pourtant, la révélation n’en était pas moins acide. Elle n’avait plus confiance en lui depuis longtemps mais, c’était un nouveau coup de couteau qu’il lui avait porté. Et, ce dernier avait fait bien plus de ravage que tout ce qu’il avait pu faire autrefois ou de tout ce qu’il pourrait faire à l’avenir.

Elle se força à ne rien répondre, à ne pas lui montrer à quel point il n’aurait pas pu faire mieux. L’efficience de sa manœuvre n’était même pas discutable. S’il avait voulu la blesser au passage, il n’aurait pas pu mieux s’y prendre. C’était l’évidence même. Mais, lui offrir cette satisfaction ? Il en était hors de question. La situation allait jusqu’à la rendre nauséeuse tant elle était en colère.

- « Ne me tente pas Wesley. Je pourrais bien en arriver à cette extrémité un jour ou l’autre. Je suis curieuse, qu’as-tu donc raconté à notre fille pendant tout ce temps ? Quels mensonges lui as-tu servi ? Tu n’es pas un père Wesley, tu es un ex-taulard en bonne voie pour échouer une nouvelle fois derrière des barreaux. Tu lui raconteras quoi, quand on t’enfermera encore ? Ou quand tes plans mirifiques te retomberont dessus ? Pire, comment la réconforteras-tu si elle subit les dommages collatéraux de tes travers ? C’est ça que tu veux pour elle ? Tu lui mens c’est ça ? Tu tisses un mensonge si gigantesque qu’il s’écroulera sur elle quand il ne pourra plus soutenir son propre poids ? Vas-y, explique-moi la façon dont tu comptes la protéger de toi et de ton monde. Je suis toute ouïe. »

Elle avait envie de le gifler. Si fort... tellement fort que sa main en tremblait d’anticipation. Oh, bien sûr, elle comprenait la douleur de l’absence, peut-être plus encore que lorsqu’elle était jeune. Elle l’avait déjà éprouvée avec son frère mais, là, elle avait atteint un tout autre niveau. Cependant, elle refusait catégoriquement de mettre sa fille en danger parce qu’il voulait assumer un rôle pour lequel elle ne le pensait pas bâti.
Il avait déjà prouvé à maintes reprises qu’il était incapable de faire les choses dans les règles. La prison pour avoir voulu amasser de l’argent. Les combats et la dope pour elle ne savait quelle raison mais, qui lui avaient prouvés qu’il n’était pas digne de confiance. Et cette fois, il avait été jusqu’à enlever son enfant. Elle n’avait aucune confiance en lui. Vraiment aucune.

- « Tu ne la mérites pas. C’est une enfant en or et je ferais tout pour la protéger Wes. Tu n’as même pas idée de ce dont je suis capable pour elle. Je n’ai aucune confiance en toi, en ce que tu es et en ce dont tu es capable. »

Il lui était difficile de maintenir un certain niveau de neutralité dans ses paroles. Elle essayait, elle essayait vraiment de rester la plus calme possible mais, la chose était des plus complexes. Elle avait souffert plus qu’il ne pouvait sans doute se l’imaginer. Peut-être avait-il enduré la même chose mais, il ne l’avait pas élevée. Il n’était pas resté auprès d’elle quand elle était malade. Il n’avait jamais dû se précipiter d’une chambre à l’autre pour la tranquilliser suite à un cauchemar. Il n’avait pas dû agresser la moitié des médecins d’un hôpital pour qu’on la prenne en charge. Et, tout cela, il ne l’aurait pas manqué s’il n’avait pas tenté de jouer au plus fin. Elle n’aurait jamais songé à le priver de leur enfant s’il s’était montré moins condamnable, s’il n’avait pas fini en prison et s’il ne lui avait pas prouvé qu’il était incapable de se tenir à bonne distance des ennuis. Il était une menace.
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MessageSujet: Re: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Mar 28 Avr - 16:43




De la douleur, Wesley connaissait tout. Cette chienne indocile avait depuis toujours hanté son chemin, s'affublant de mille et un masques pour venir le lutiner. Douleur physique, douleur morale, il connaissait tous ses visages, toutes ses manifestations. Parfois même avait-il accueilli avec délectation sa cruelle morsure. Au fil des âges, au fil des écueils, au fil des tribulations, sa résilience s'était rendue épaisse, s'était drapée d'une dureté adamantine. Il pouvait valser avec la géhenne physique sans perdre la mesure, sans boiter. Toutefois, nonobstant cette formidable endurance, lorsque le supplice revêtait l'habit de la vérité, le Hunter était totalement démuni. Rien ne le faisait souffrir à tel point. Cette arme térébrante, dont Blake se servait avec maestria, trouait avec une aisance déconcertante sa carapace et le laissait moribond. Des dires de la roussette, le milicien n'apprenait rien. Ces choses inavouables s'étaient déjà imposés à lui dans toute leur ignominie, notamment lorsqu'il gisait aux pieds d'Aleksi. Ô comme la providence était cruelle, de ne point l'avoir façonné pour le rôle qu'il rêvait d'endosser : il n'était aucunement un père bon et ne le serait jamais. Le truand avait beau tenté vaille que vaille de garder la tête hors de l'eau, à chaque fois qu'il parvenait à un équilibre précaire, une lame de fond de stupre le happait et l'emmenait vers des abysses toujours plus profonds. Il n'était que le vulgaire esclave de ses pulsions impérieuses. Là-haut, dans leur demeure céleste, l'auguste panthéon se gaussait bien de lui. Entendre ces mêmes constations émaner de la bouche de Blake le rendait encore plus à vif.

Il pouvait sentir sur ses lèvres le picotement du baiser de la colère, son étreinte lascive l'étourdir, lui voiler sa raison. « Seuls les innocents croient qu'il est facile de prendre une vie. » se borna-t-il de répondre à cette menace, son regard pâle échouant sur ses propres mains trémulantes, qu'il observait comme s'il s'attendait à voir l'hémoglobine de ses victimes en exsuder pour peindre ces vilaines paluches d'écarlate. Je suis un ex-taulard et tu ferais bien de t'en souvenir siffla-t-il in petto. Ses pognes étaient sales, maculées de sang et de merde, c'était l'indubitable vérité et il allait pourtant le nier éhontément, ne souhaitant pas céder une seule parcelle de terrain à la harpie. « Madame a vu ma petite vidéo. Tout comme mes employeurs et je suis pourtant toujours un homme libre. Un rail de coke et une rixe, ce sont à leurs yeux des péchés véniels. C'est purement récréatif. » Un aplomb sidérant, les mensonges coulaient de ses lèvres encore plus facilement que la vérité. La mercuriale qu'il avait reçu de sa hiérarchie des suites de cet incriminant dossier avait été des plus cuisantes. « Si mes recherches sont exactes, tu es devenue journaliste. J'parie que tu es la pire des fouille-merdes. Tu es aussi susceptible de te créer des ennemis que moi. Et les cauchemars nocturnes de June ne sont pas de mon fait. » Wesley ne pourrait jamais se redîmer aux yeux de son ancienne moitié, il le savait pertinemment et c'était bien pour cette raison que le dogue dévoilait ses crocs et passait à l'offensive, vaine tentative afin de détourner l'attention de la belle.

Pourtant, cette dernière, impitoyable, lui assena l'estocade. Tu ne la mérites pas. Ça lui tordit son cœur noir, lui fit l'effet d'un poignard dans le ventre. Il n'y eut pas de détonation, de déflagration, il se contenta de clore les paupières un instant, priant pour que la douleur s'assoupisse. C'était un fait irréfutable, personne ne méritait une gosse si extraordinaire ; ni lui, ni cette traîtresse. « Tu as raison, je suis très loin d'être un père formidable. Pourtant, je l'aime, maladroitement. Je suis persuadé qu'un père aimant aux activités douteuses vaut mieux que pas de père du tout. Quant à ce que je suis capable, c'est simple : de tout. J'ai enfin l'opportunité d'être à ses côtés et le resterai jusqu'à mon dernier souffle. Tu ne pourras pas m'en empêcher. Accepte-le, qu'on puisse avancer. » Si elle l'emmenait loin, il la retrouverait. Si elle machinait pour l'envoyer à nouveau en cabane, il en briserait les murs brique par brique. Si elle tentait de le remplacer, il ferait disparaître l'impudent.

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MessageSujet: Re: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Dim 3 Mai - 2:07

Pourquoi le ménager ? Il ne le méritait pas le moins du monde. Blake maniait la langue de vipère comme personne et avait cette capacité de parvenir à placer le mot juste, au bon endroit, lorsqu’elle s’en donnait la peine. Ou ne tombait pas sur meilleur qu’elle à ce jeu. Elle avait choisi d’user de ses pires craintes pour les lui renvoyer au visage. Harpie à ses heures, elle usait des mots comme d’une arme pour venger la souffrance qu’il lui avait infligée en lui enlevant son enfant mais, par la même, elle lui faisait payer tout le reste. Elle n’était pas de celles qui pardonnent et tournent la page. Non. Blake était de celles qui préféraient s’organiser, de façon à sortir le bon dossier au bon moment. Elle n’oubliait rien et ne passait pas plus l’éponge. De plus, il n’avait rien fait pour que son ardoise ne s’efface, que du contraire. Il accumulait, comme s’il n’avait jamais rien appris des erreurs qu’il avait commises, encore et encore.
Pensait-il sincèrement que son action n’allait avoir aucune conséquence ? Croyait-il qu’elle reculerait alors qu’elle ne s’inclinait devant personne ? Avait-il oublié à quel point son caractère était incendiaire ? Il était temps de le lui rappeler, de l’obliger à se souvenir des raisons pour lesquels ils n’avaient jamais été capables de couler des jours heureux.

Hélas, involontairement, il fit retomber d’un cran la verve qu’elle gardait en réserve. Il ignorait... Il ignorait tout du frisson glacial qui remontait le long de son dos. Elle savait mais, voulait oublier. Pas facile non. C’était certain. Pourtant, pour June, elle savait au fond d’elle qu’elle était parfaitement capable de recommencer et qu’elle s’en arrangerait avec sa conscience. Le souvenir était ignoble en soi mais, plus encore l’était la pensée d’être capable de prendre à nouveau une vie. Détournant le regard comme s’il avait le savoir nécessaire pour lire en elle.
De ce qu’il siffla entre ses dents, elle fit mine de ne rien avoir entendu. Pourquoi avait-il persiflé à son tour, elle l’ignorait mais, cela importait peu. Une menace peut-être. Elle n’en savait rien et ne s’en préoccupait pas. Elle en recevait trop souvent pour en faire grand cas. Seule June comptait, elle et seulement elle.

- « Récréatif. Dans la bouche d’un homme pour qui en frapper un autre relève du divertissement. Tu m’excuseras de douter de ta parole. Ce ne sont pas tes employeurs qui seront sous ta garde mais ta fille. Ne contourne pas le problème. Il sera toujours là demain. » Et, elle aurait parfaitement pu en rester là s’il n’avait pas poursuivi. « Ses terreurs ne sont pas plus de mon fait Wesley. As-tu oublié pourquoi je t’ai laissé ce mot ? Tu te trompes de cible. Réoriente ton fiel mon cher. June a été blessée à cause d’une bande d’imbéciles qui préfèrent user de la violence que de leur tête. Un domaine où vous semblez vous rejoindre du reste. Pas besoin de ramener ça sur le tapis pour m’atteindre, même ce qui n’est pas de mon fait relève de ma responsabilité en ce qui la concerne, une chose que tu ne comprends visiblement pas. Et oui Wesley. Être parent, c’est aussi ça. Souffrir de faits qui pourtant ne relèvent pas de notre responsabilité. Parce qu’on aurait dû faire quelque chose, parce qu’on aurait dû être là, même si c’était impossible. »

Il pouvait essayer de l’atteindre, il n’y parviendrait jamais mieux qu’elle-même. Il sous-estimait prodigieusement sa capacité à prendre tous les maux pour elle quand il était question de June. Une autre preuve, s’il lui en fallait qu’elle ne le verrait jamais comme un bon père. La donne n’avait pas changé depuis l’époque où elle avait appris qu’elle était enceinte et elle ne changerait jamais.
Malheureusement, il y avait une chose que Blake connaissait bien, trop bien. Le manque et la solitude. Il pouvait se retrancher derrière toutes les attitudes du monde, il agissait en père pour la première fois de sa misérable vie. Dans sa voix, elle reconnaissait cette flamme intarissable qui nourrissait la force dont elle faisait preuve dès qu’elle devait éloigner un obstacle ou une menace de June. Tout mauvais père qu’il soit, il aimait leur enfant et était prêt à tout. Elle n’en savait encore rien mais, en son fort intérieur, elle était déjà en train de signer la reddition. Pas pour lui, pas pour elle... mais, pour June. La petite avait mainte fois souffert de l’absence d’un père et jamais Blake n’avait pu se résoudre à faire entrer un autre homme dans sa vie. Toute contestable soit la vie de ce parasite, il était son père et personne d’autre ne pouvait prétendre l’être. Elle n’aurait d’ailleurs pas toléré que June en appelle un autre « papa ».

- « S’il y a bien une chose que je suis prête à accepter, c’est que tu sois prêt à tout. Tu l’as bien prouvé en me l’enlevant. Ce que je veux à présent, ce sont de vraies réponses à mes questions Wesley. Que je puisse admirer l’étendue des mensonges que tu es capable de proférer à ta propre fille et que je puisse, moi, de mon côté, éviter de les faire tomber même si je dois mentir à mon tour pour étayer tes folles histoires. Nos désaccords ne doivent jamais et je dis bien jamais, lui faire croire qu’elle en est la cause. Je veux également t’entendre dire qu’elle passera avant tout, avant toi, avant tout le reste de ce qui constitue ta pitoyable existence tout comme je le fais. »

June était tout et il avait intérêt à s’y faire. Elle avait bien conscience de passer pour une cinglée mais, elle n’en avait cure. Elle songerait à sa propre vie quand June serait en âge de mener la sienne. C’était le deal qu’elle avait passé avec elle-même depuis qu’elle avait une existence dépendante de la sienne.
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MessageSujet: Re: Hear it, I'm screaming it ✧ Wesley   Sam 11 Juil - 21:38




Sa condescendance l'ulcérait, le hérissait. Elle le traitait avec morgue, souveraine de cette joute verbale. Ça lui rappelait des temps reculés, des souvenirs au goût à la fois aigre et d'ambroisie, où ils se déchiraient de la sorte encore et encore, jusqu'à l'éreintement le plus absolu. Néanmoins, naguère, sous cette gangue de hargne subsistait une affection aussi authentique que destructrice. Maintenant ne subsistait plus que la haine, l'idylle depuis longtemps couchée six pieds sous terre à cause des frasques du Hunter. Encore aujourd'hui, pourtant, chacun des mots de la rousse était autant d'horions criblant sa carcasse lasse. Ô comme il voudrait s'y jeter à corps perdu, dans ce sempiternel affrontement, mais à présent il pouvait apercevoir la vanité de cette stratégie aveugle, pouvait voir combien une nouvelle rixe ne ferait qu'envenimer cette situation d'ores et déjà épineuse, combien laisser gronder sa fureur vindicative ne ferait que desservir ses desseins. Exhumer d'anciens démons serait futile. Alors, il planta ses incisives dans sa langue rageuse afin de l'empêcher d'éparpiller au vent de fâcheuses syllabes et jeta un regard où flambait le meurtre à l'astre coruscant, formulant à l'étoile mutique un chapelet de suppliques, l'implorant de lui conférer la force nécessaire afin de museler sa rage. « Mes occupations récréatives ne datent pas d'hier. Ça ne t'a pas toujours autant troublé. » souffla-t-il pourtant, incapable d'endiguer cet excès de fiel. Wesley épongea son front baigné de sueur d'un revers de la main et plaqua vicieusement ses cheveux sur son crâne. « Je sais que tu n'y es pour rien. Amener ça sur le tapis était stupide. Désolé. » Il lui était toujours aussi étrange que d'articuler ce mot, tant ça lui était inusité, et ne manquait jamais de lui laisser un goût acide en gueule. S'avouer en tort et offrir des excuses était pour lui synonyme de défaite, c'était avilissant, c'était courber l'échine devant l'antagoniste mais cette fois, il n'y rechigna pas : si cela pouvait lénifier quelque peu l'ire de Blake et de ce fait permettre au soudard de négocier des conditions séduisantes, se soumettre lui importait peu. Tordre le cou à son égo n'était certes pas aisé mais nécessité faisait loi. Il guigna son interlocutrice ; la journaliste ne se laisserait pas subjuguée par de creuses excuses et de pâles palabres, il savait mieux que quiconque. Son ancienne moitié était opiniâtre, d'une force de caractère prodigieuse, une forteresse inexpugnable qui avait connu mille tempêtes et en était ressortie indemne. C'était d'ailleurs cette essence ignée, qui pouvait autant bercer par sa chaleur qu'immoler, qui avait autrefois conquis le cœur lovelace du milicien. Les mots étaient du vent, c'étaient des actes qu'elle désirait, tous deux le savaient.

« Bien, nous voilà déjà d'accord sur un point. » fit-il, un sourire narquois tissé sur ses lèvres. « Je regrette de te l'avoir arrachée, de l'avoir privée de sa mère. Je sais mieux que quiconque ce que ça fait. J'ai été stupide de lui faire traverser ça. J'étais ivre de colère et je ne pouvais pas attendre les bras croisés en sachant que mon enfant était là, quelque part, si proche. » Ce fut une de ses nombreuses décisions hâtives, destructrices et énuclées de toute réflexion. Et même s'il se délectait des tourments que cela avait infligés à Blake, il regrettait le contrecoup que cela eut sur June. « Je lui ai dit que tu étais malade, que tu avais besoin de te reposer. » confessa-t-il, une vague expression de contrition peinte sur le visage. « Dans une autre vie, tout le monde savait quel genre d'homme j'étais et ce que tu représentais pour moi. Si on avait voulu me détruire, on serait passé par toi. Or, je ne pense pas que tu aies dû payer pour mes péchés. Pourquoi en irait-il autrement pour elle ? Elle porte ton nom, personne ne sait qu'elle est ma fille et elle n'a rencontré aucune de mes accointances. Tu auras la garde exclusive s'il le faut, je veux juste un droit de visite. La voir grandir, même si c'est de loin. » fit-il d'une voix où l'on pouvait entendre une pointe de nervosité sourdre. « Et bien sûr qu'elle passera avant tout. Ça m'est évident, maintenant. » souffla-t-il.

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