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 Hold back the river (Blake)

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MessageSujet: Hold back the river (Blake)   Mar 7 Avr - 20:30

Hold back the river

feat Blake N. Elms & Aleksi S. Lenaïk
Tried to keep you close to me,. But life got in between. Tried to square not being there. But think that I should have been. Hold back the river, let me look in your eyes. Hold back the river, so I can stop for a minute and see where you hide. Once upon a different life. We rode our bikes into the sky. But now we call against the tide. Those distant days are flashing by.


Le tumulte de la ville jure avec le calme salvateur de la morgue. Mon refuge. Mon unique exutoire pour ne pas avoir à affronter une réalité qui me blesse. Le monde m’oppresse et je ne goutte qu’à une tranquillité éphémère qu’une fois à l’abri dans ce sanctuaire mortuaire. La plupart considère cela comme une chose bien morbide. Affreusement dérangeante. Côtoyer la mort n’est qu’un moyen d’apprendre à l’apprécier. En surface car sous la couche de fascination, le trouble perdure. Je me retrouve seul depuis la disparition de la légiste. Je ne savais rien de cette femme, et la relation cordiale se limitait au strict nécessaire mais j’avais appris à l’apprécier. Son ombre hante encore les couloirs glacés, poursuit ceux qui œuvrent dans les dédales de la mort. Et je me retrouve à nouveau contraint d’abandonner mon sanctuaire pour errer dans les rues de la ville. Servir de créature étrange pour des forces de police qui ne comprennent rien. Le simple fait de me retrouver à nouveau face à eux me fait serrer les dents. Sous le tissu, les frissons coulent. Ils glissent contre ma peau et m’enlisent dans un carcan d’appréhension. Je vérifie une fois de plus l’adresse, pose les yeux sur la foule et les bâtiments qui se dressent devant moi avant de reprendre ma route.

J’ai la drôle de sensation d’être déjà venu en ce lieu. D’avoir déjà poussé cette porte qui émet un infime couinement une fois totalement ouverte. Je me glisse telle une ombre, gravit les marches pour atteindre le premier étage et me retrouver face à un essaim d’êtres en uniforme. « - C’est pas trop tôt! » L’accueil me fait esquisser un sourire amer. Les nerfs se tendent, les muscles se crispent et les phalanges agrippent la poignée de mon sac. L’officier se pend à mon bras et me traîne. J’obéis tel un automate mais la crispation gagne en force. Elle fige mes traits, les durcit sous le joug d’une aversion souveraine. « - J’espère que t’as les tripes bien accrochées, c’est dégueulasse là-dedans. » Un simple haussement de sourcil et un hochement de tête répondent à la réplique. J’œuvre aux côtés de corps morts. Fouillent dans les méandres d’entrailles en putréfaction, un tel avertissement est-il vraiment utile ? La futilité de la chose me fait pousser un soupir et enfin l’homme me lâche. Un dernier pas et je franchis alors la ligne séparant la scène de crime du reste de l’appartement. Un unique pas et c’est toute la mécanique de mon cœur qui s’enraille. La stupeur rétracte les pupilles, suspend le souffle et malmène les entrailles. Figé dans l’encadrement de la porte je contemple la scène. Horriblement fascinante. Le sang pare d’écarlate le décor morne, y offre des nouvelles variantes. La quiétude de la pièce n’est alors troublée que par la présence du corps. Figure féminine gravée dans un marbre d’écarlate et d’albâtre. Pureté d’une peau souillée par les sévices, cette sculpture de chair m’électrise. La mallette se retrouve posée à terre, et avec toute la prudence du monde, je me rapproche. Mes doigts effleurent, caressent sans pour autant toucher quoi que ce soit. Ils suivent les contours du lit défait. S’harmonisent contre les courbes de la malheureuse. A genoux au milieu d’un océan de tissu vermeil, les bras étendus tel une figure christique sont entravés aux poignets par ce qui semble être du fil de pêche. Je scrute, mes pupilles traçant la route de la chair mutilée jusqu’à l’accroche, suspendue au luminaire. Ma main se lève, fige son vol à quelques infimes centimètres du corps. Le dos, entaillé du creux des reins jusqu’à la nuque a été délesté de sa chair. Elle pend, de part et d’autres, accrochée aux poignets pour former des ailes de sang. L’attrait est évident. Il m’est difficile de me défaire de la fascination que la chose exerce sur moi. Les rayons de lumière s’infiltrent dans la pièce et viennent miroiter contre la peau. Ils la traversent, la rendent presque transparente. Ils confèrent à la scène cette beauté surréaliste. Ce côté dérangeant qui pousse l’un des officiers à quitter le lieu, une main fermement plaquée contre ses lèvres.

Il y a du génie dans cette œuvre. Derrière la cruauté et l’aliénation qui ronge cet esprit dérangé, se terre une couche de génie. « - Magne-toi, Lenaïk. Le chef a rameuté les journalistes cette fois. » La frustration s’agrippe à ma peau. Ma déraison me pousse en avant, m’oblige à faire perdurer cet état contemplatif. Quand ma raison me tire en arrière pour me libérer de cette emprise. L’impression de déjà-vu ne s’estompe pas lorsque je recule. Elle perdure, me hante et devient plus forte lorsque mes doigts se glissent dans les gants bleutés. Je me coupe du reste du monde. M’enferme seul avec cette pauvre créature. Bien que des bruits dans la pièce voisine viennent parasiter mon univers de sang et de trépas. Revenu me poster près de la victime, mon bras se tend et avec une réserve qui frôle le respect, ma main repousse les mèches de cheveux sombres venues se poster devant le visage de la victime. L’instant se suspend et je me perds dans la contemplation de ces traits, figés dans un marbre dont l’aspect serein n’est qu’un leurre. La folie se couple avec une magnificence dérangeante. Comme à chaque fois qu’un corps me parvient dans cet état, il est aisé de savoir qu’il a été le sujet de cet assassin qui sévit en ville depuis des mois. Une main de glace me caresse le dos et c’est toute la température de la pièce qui semble se perdre dans des abîmes de givre.


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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Mar 7 Avr - 21:27

Chaque jour, l’absence de ses rires matinaux lui déchirait le cœur, agrandissant le trou béant laissé par le manque de cette vie comblant son existence. Et, chaque jour, il lui fallait affronter le gouffre qui obscurcissait son univers. Par réflexe, il lui arrivait trop souvent de sortir deux couverts au lieu d’un seul, de l’appeler avant de se souvenir qu’elle ne lui répondrait pas. Souvent, la réalité de la situation lui arrachait des larmes silencieuses qu’elle essuyait avec rage. Le responsable paierait cher ses souffrances journalières, elle le jurait devant toutes les puissances de ce monde.
Et c’est ainsi que, comme chaque jour, après avoir rangé le bol de céréales inutilisé d’une main tremblante, elle se saisit de son sac, jetant un œil à son reflet. Son style était calculé, le maquillage savamment étudié, sa posture... à revoir. Elle se redressa et se para de son masque de journaliste intraitable, pour finalement sortir de chez elle, non sans cette sempiternelle hésitation. Et si June revenait à la maison et qu’elle n’était pas là. Pensée irrationnelle d’une mère éreintée et rongée par l’angoisse, elle se raisonna. S’Il était responsable, Il ne la lui ramènerait pas comme ça. Dire qu’elle cherchait toujours un moyen de lui tomber dessus sans que sa fille n’en soit témoin était un euphémisme.

Éternelle silencieuse alors qu’elle se documentait sur une affaire de moindre importance, elle fut forcée de lever les yeux, une main empêchant sa lecture. Cette main appartenait à son patron qui, semblait-il, était au bord de l’arrêt cardiaque. À le voir s’agiter, Blake aurait pu croire que l’affaire du siècle venait de tomber mais, elle avait appris à faire la part des choses. Cela dit, pour faire plaisir à son supérieur, elle fit comme si c’était le cas et haussa un sourcil intéressé.

- « Il a encore frappé. »

Aucune question ne franchit ses lèvres, sachant pertinemment de qui il était question. Effectivement, cette affaire-là était l’affaire du siècle actuelle.

- « J’y vais tout de suite. »

La jalousie était monnaie courante dans le milieu et Blake était jalousée. Les regards tournés vers elle en étaient la preuve. Jeune et déjà en vue, elle était la journaliste à abattre mais, aucun n’avait le tiers du quart de son culot et surtout, aucun ne se serait risqué à couvrir une affaire sur laquelle elle avait été assignée. Il était de notoriété publique que la belle pouvait mordre bien plus fort que tous les fauves de ce monde. Ambitieuse, elle ne tolérait aucune intrusion sur son territoire d’investigation.
Empoignant son sac et ses biens dans un geste largement mécanique et habitué, elle se dirigea vers la porte sans poser une seule question, comme toujours. Cependant, cette fois, sa sortie fut un peu différente puisque son patron parla à nouveau.

- « La police nous a convié sur les lieux du crime. »

Une façon de faire pour le moins inhabituelle... Sans doute voulaient-ils gérer l’information.

- « Je vais creuser. »

Il était rare que Blake s’en tienne aux pistes balisées. Elle ne comptait plus les infractions qu’elle avait commises pour obtenir des informations. Bien entendu, si elle devait masquer la vérité pour le bien de la population, elle le faisait. La sécurité était importante, plus importante que tout le reste mais, telle était la politique de son employeur, aussi, elle n’avait jamais à le faire d’elle-même.

Parvenant sur les lieux, ses lèvres formèrent une fine ligne sous la contrariété. Ils étaient beaucoup trop... Trop de badauds, trop de journalistes, trop de policiers. Il lui était impossible de faire son travail correctement dans de telle condition. Subodorant les failles, elle s’éloigna pour contourner le problème. Le petit flicaillon de base à qui l’on faisait faire le guet aux autres points d’accès était bien plus corruptibles, plus aisé à mener par le bout du nez. Un sourire et la promesse d’une citation mais, de ne le nommer à aucun moment plus tard, elle parcourut rapidement la distance qui la séparait des lieux du crime. Talons à la main, elle s’infiltra dans l’habitation, gravissant les marches au petit trot.
Des horreurs, elle en avait vu des tas, des corps, son lot également. Il n’y avait que peu de choses en ce monde capable de la surprendre mais, dans ce lieu, ces choses étaient au nombre de deux. Tout d’abord, il y avait cette mise en scène à couper le souffle, dérangeante, malsaine. Au fond d’elle, surgit ce sentiment désagréable de ne pas être à sa place, sensation malvenue pour une journaliste de sa stature. Et ensuite, la certitude que les choses n’allaient pas tourner comme elle l’aurait voulu. Entre elle et cette scène macabre, un homme, un homme qu’elle aurait préféré ne pas revoir.
Tout d’abord hésitante, elle profita de son inattention pour faire son travail et prendre quelques clichés, devant faire ce genre de chose elle-même. Tout en discrétion et tout à son affaire, l’inattention la gagna pour finalement lui faire commettre une erreur. La tête penchée légèrement sur le côté, son stylo bille s’échappa de derrière son oreille et fut rappeler vers le sol par la gravité, rompant le silence relatif dû aux bruits naturels d’une ville en pleine ébullition.

Son visage se tournant vers elle, son attitude s’adapta d’elle-même.

- « Aleksi. »
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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Mer 8 Avr - 20:01


L’agitation de l’autre pièce me dérange. Je me suis trop habitué au calme placide de la morgue. Et le bruit parasite mes gestes. Immobile à côté du corps, je me retrouve à ne plus savoir ce qu’il advient de faire en pareil instant. Je ne peux que rester là, admiratif devant les traits ciselés de la malheureuse. Et je ne peux empêcher mes pupilles de détailler la silhouette pâle. L’examen se veut médical, professionnel. Il l’est, mais quelque chose d’autre s’accroche à mes rétines pour me donner l’impression d’agir comme un misérable voyeur. Est-il seulement possible d’être fasciné à ce point par pareille scène ? J’en doute. Et dans un mouvement de tête fugace, je m’astreins à quitter cet état béat pour oublier. Oublier que ces meurtres sont à la fois abomination et fascination pour moi. Qu’une fois de plus, je me retrouve écartelé. Brisé par deux passions totalement contradictoires. La police scientifique est inutile dans ce cas. Il n’y a rien à voir. Rien à trouver. Il suffit de regarder la pièce pour s’en rendre compte. Aucun désordre. Si ce n’est celui qui règne d’ordinaire dans un lieu habité. Aucune trace de lutte. Cette pensée me fait froncer les sourcils et je me rapproche du corps, osant à peine poser un genou sur le matelas par crainte de tout faire vaciller. La mise en scène est parfaitement étudiée, prouve que le meurtrier a eu tout le temps nécessaire pour agir. Et la mise à mort a été aussi longue et atroce que toutes les autres. Une torture lente ayant pour unique but de faire souffrir, de laisser le temps à la victime de s’enliser dans sa douleur. Les phalanges de la chair de poule se déroulent le long de mon échine et de mes bras. Mon corps tout entier frissonne une fois de plus. Et du bout des gants je frôle la gorge de la malheureuse. Les traces sont bien là. Bleutées sur la peau lactée. L’erreur dans le tableau qui fait prendre un nouveau tournant à cette affaire. Il n’a jamais commis de tel impair. N’a jamais pris le risque de laisser des traces autre que celles de son rituel sanglant. Mes certitudes chutent et c’est tout un fanatisme malsain qui s’effondre. Et l’incompréhension qui vient se poser sur mon visage fermé.

C’est un cliquetis sur le parquet qui me ramène dans le monde des vivants. Je sursaute légèrement, surpris. Mon cœur s’accélère et mes doigts manquent de se crisper contre la gorge de la victime. Et la folie qui étreint ma poitrine gagne en force lorsque je pose les yeux sur la source du bruit. Ma gorge se noue, plus encore lorsque le son de Sa voix brise le silence. Je cille, plusieurs fois. Ouvre légèrement la bouche pour la refermer aussitôt. La position dans laquelle je me trouve me dérange et je m’écarte du corps. Simple informaticien lors de notre dernière rencontre, ce métier était la finalité logique de mes erreurs de jeunesse. Légiste en revanche. C’est un détour que je ne pensais jamais prendre, moi qui ne supportait que très peu la vue de mon propre sang. L’ironie de la chose aurait pu me faire sourire, mais toute marque d’amusement se retrouve coincée quelque part entre mon cerveau et mon cœur. « - Blake… » Il n’y a que son prénom d’emprunt qui parvient à se frayer un chemin sur ma langue. Il l’irrite et y appose un venin corrosif qui me détruit la trachée lorsque je prends le risque de déglutir. Je parcours alors la pièce de regard, un infime vent de panique soufflant entre mes deux oreilles. Comment a-t-elle pu arriver jusqu’ici ? Je devais être le seul dans cette pièce. Ils devaient attendre la fin de mon expertise pour venir tout piétiner. Comble de l’ironie, les journalistes m’attirent presque autant de sympathie que les officiers de police.

« - Qu’est-ce que tu… Tu ne devrais pas être là. » Je me retrouve à chercher mes mots comme le dernier des idiots. Incapable de savoir qu’elle attitude adoptée quand une part de moi ne tend qu’à vouloir la prendre dans mes bras. Elle me manque, c’est un fait. Cruellement. Affreusement. Notre dernière rencontre n’a laissé qu’un goût de cendres sur ma langue, et l’impression de l’avoir perdue pour de bon. Ma lumière au milieu des ténèbres, j’ai besoin d’Elle pour me raccrocher à ce fragment qui est en train de mourir entre mes côtes. Je chasse l’inconfort d’un infime raclement de gorge, me redresse légèrement pour recouvrer un semblant de contenance. « - Comment as-tu réussi à passer, ils ne devaient pas… Non, ne dis rien. Je ne veux pas savoir. » Je veux savoir pourtant. Savoir ce qui a pu la pousser à venir ici. Elle plutôt qu’un autre. Savoir comment elle est parvenue à leur glisser entre les doigts, à tous ces incompétents. Entendre de sa bouche pourquoi elle a cessé de m’écrire, même si je le sais. Comprendre comment elle a pu s’enticher d’un type comme Wesley. Trop de choses se percutent contre mon crâne, que la migraine commence à poindre. Et je ne parviens pas à me remettre au travail. Tout comme je ne parviens pas à empêcher mes prunelles de la détailler. Je m’abîme les rétines contre sa silhouette, l’apprend au mieux pour remplacer l’image bien terne que je peux conserver d’elle. Trop terne en comparaison de ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Je me sens misérable face à elle. Un pauvre parasite, une ombre juste bonne à hanter ses pas.

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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Mer 8 Avr - 21:15

Si Blake avait pu éviter cette rencontre, elle aurait probablement sauté sur l’occasion. La dernière personne qu’elle voulait voir, c’était Aleksi... ou peut-être était-ce l’avant dernière. En son cœur, deux noms s’affrontaient. Elle n’avait jamais pu réellement faire une croix sur lui tout en se persuadant avec efficacité du contraire. Ne pas le voir avait joué en sa faveur et l’avait persuadée qu’elle était détachée de son ombre, de son souvenir. Elle avait construit des remparts autour de son cœur, avait renié leur lien passé au point, parfois, de ne plus être certaine qu’ils avaient partagé une telle complicité.
Mais, dans cette pièce rendue exiguë par les circonstances, elle était forcée de poser son regard sur lui malgré les clichés et les notes qu’elle devait prendre. Il avait tellement changé. Elle ne le reconnaissait que parce que c’était lui. De fait, elle était forcée d’admettre que ce qu’ils avaient partagé plus jeune avait existé et, elle n’aimait pas ça. Elle aurait préféré l’oublier, ne jamais le revoir pour ne pas sentir à nouveau son cœur déjà malmené par les événements se serrer ainsi.

À le voir travailler, presque... fasciné par le spectacle macabre qui s’offrait à leur vue, elle se posa une question, une question cruciale. À quel point avait-il changé ? Son grand frère, passionné par l’informatique - et qui avait sombré à cause d’elle - était en train d’observer sous toutes les coutures une femme qui avait perdu la vie dans des circonstances atroces. Qu’était-il donc advenu pendant ces années ? Elle n’aurait jamais pu l’apprendre lors de leur dernière rencontre et cette fois... probablement pas plus. D’ailleurs, voulait-elle réellement lui parler, le redécouvrir ? Sa première réponse était non. Non, elle ne le voulait pas. Mais, au fond d’elle, elle ne résisterait peut-être pas.
Silencieuse, travaillant tout en remuant ses réflexions et ses considérations envers Aleksi, elle frissonna. L’horreur s’installait peu à peu et bientôt, elle devrait sûrement fuir prendre un bol d’air frais, laisser son esprit prendre du repos. Il n’était pas sain d’être ainsi cartésienne face à pareille boucherie, aussi esthétique soit-elle et elle le savait. Le contrecoup arriverait forcément. Dérangée par la fascination apparente de son propre frère mais aussi, par sa propre attention irrespectueuse, elle ne se rendit pas compte que son stylo chutait et n’en entendit que l’atterrissage sur le parquet. Forcée d’agir, de faire quelque chose, elle prononça simplement son nom adaptant son attitude pour feindre l’indifférence. Une indifférence qu’elle était très loin de ressentir même si elle tentait de se persuader du contraire.

Sentant que son nom lui arrachait les cordes vocales, elle jubilait. Oubli de la scène morbide, elle se satisfaisait du peu qu’il lui offrait. Il avait mérité ça. Il l’avait abandonnée, il l’avait laissée seule, il l’avait trahie. L’eut-il appelée par son véritable prénom qu’elle n’aurait sans doute pas répondu, juste par esprit de contradiction. Haussant un sourcil face à son interrogation, elle ne répondit rien. Il n’y avait rien à répondre. Il ne faisait que constater le fait qu’effectivement, elle n’aurait pas dû être là mais, il la sous-estimait. En elle se disputait l’envie de se réfugier dans ses bras, de le laisser là sans un regard, et de l’incendier sur place. Mais enfin, il posa une véritable question avant de se raviser. Hors, elle comptait bien lui apporter une réponse, prompte à déverser son venin.

- « Comment ? C’est simple, le petit policier de base s’ennuie, il veut être important. De plus, ils sont des hommes et je suis une femme pleine de charme. Je te laisse faire tes propres déductions sur ce qu’ils espèrent. »

Déversant son fiel, empoisonnant d’elle-même cette rencontre, elle voulait lui montrer tout ce qu’il avait raté, lui montrer qui elle était et ce dont elle était capable. Elle voulait qu’il sache et surtout lui faire du mal, écraser l’image qu’il avait pu conserver d’elle pour la réduire à néant. De cette façon, elle s’épargnait aussi, tentant de le dégoûter de celle qu’elle était. Et pourtant... pourtant, son âme d’enfant voulait le retrouver et lui raconter ses malheurs. De rage, elle en aurait presque pleuré.
Fière et presque hautaine, elle le regarda dans les yeux, ramassant son stylo sans pour autant se rechausser. La petite sœur avait grandi, elle avait évolué vers des chemins qui, elle l’espérait sans l’espérer réellement, ferait d’elle une personne à éviter.

Malgré tout, la réalité du lieu lui revint finalement en pleine figure, lui arrachant un frisson d’horreur. Elle en avait supporté plus que ce que son esprit cartésien ne le lui permettait. Imperceptiblement, elle perdit de sa superbe et, de temps à autre, son regard commença à se poser sur le cadavre et ensuite sur Aleksi pour y trouver un certain réconfort, incertain cependant, de ce qu’il voulait réellement avoir dans son champ de vision. L’être humain ne pouvait décidément pas s’empêcher d’être fasciné par la mort, qu’il en eut peur ou non.
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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Jeu 9 Avr - 20:16


Je ne veux pas entendre de réponse. Je ne veux pas entendre sa voix. Elle me détruit. Tout comme sa seule présence parvient à me blesser. Elle m’écorche, détruit mon cœur qui hurle pourtant dans ma poitrine. Pas ici. Pas comme ça. Je m’étais juré de ne pas commettre les mêmes erreurs que lors de dernière rencontre, la prochaine que ma route croiserait la sienne. Tout comme je m’étais juré de L’éviter. Pour ne pas voir l’évidence. Je m’enlise à penser que Kyran l’a remplacé. Il l’a fait d’une certaine manière. Mais maintenant qu’elle se tient face à moi, cette pensée m’apparaît comme la plus saugrenue du monde. Rien ne peut remplacer un lien du sang. Surtout pas quand il été aussi fort que le nôtre. Surtout pas quand le profond attachement perdure. Il me dévore tout entier, tiraille ma peau et me pousse à vouloir la rejoindre. C’est un réflexe,  une habitude qui prend ses racines dans les restes de notre enfance. J’ai toujours été incapable de rester loin d’elle. Ressentant ce besoin constant de la protéger, de la toucher. D’avoir la certitude que j’étais le seul pour Elle. Et les paroles qui viennent m’écorcher les oreilles me coupent le souffle. Le temps d’un battement de cils, je me décompose. Ce n’est pas le genre d’insinuation que l’on veut entendre de la bouche de sa petite sœur. C’est une femme qui se tient devant moi, mais à mes yeux elle reste l’adolescente que j’ai quittée. Celle que je refusais de partager avec les autres. Je devais être le seul.  Je dois l’être encore aujourd’hui. Et qu’un autre puisse seulement oser l’approche… Ce seul constat me lacère l’échine. Ce n’est que face à ce genre d’attaque que je réalise à quel point mon attachement pour elle peut être déviant. Impur aux yeux des autres, il est aisé de comprendre pourquoi les adultes nous regardaient de travers quand nos lèvres se touchaient. Des baisers fraternels innocents. C’était une erreur. Tout était une erreur. Mais pour rien au monde je ne changerais ce que nous avions. Pour rien au monde je voudrais voir disparaître ce qui se rue encore dans mes veines.

Je me renfrogne, détourne le regard un instant dans l’espoir risible de faire taire l’afflux soudain de colère venue se heurter contre mes tempes. C’est une provocation, la plus affreuse qui soit, mais cela reste une provocation. « - Je préfère éviter de m’adonner à un tel exercice. » Je le murmure les dents serrées. Meurs d’envie de jouer mon rôle de frangin possessif à l’excès et trop protecteur mais je m’oblige à garder le silence. Je m’oblige à me persuader que la personne qui se tient devant moi n’est qu’une inconnue. Que le passé commun qui ne cesse de venir parasiter mes pensées appartient à un autre temps. Un autre monde qui n’est plus le nôtre. « - Lenaïk tu te bouges un peu ?! Il y a du monde qui attends. » La voix du commissaire me fait sursauter. Me rappelle à l’ordre et je pose un regard perdu sur la porte grande ouverte et le type qui s’apprête à entrer dans la pièce. Mon cœur me remonte dans la gorge et avant de saisir le sens de mon geste, je me rue sur la porte. « - J’ai besoin de plus de temps. » Et la porte claque. Dans la continuité du geste, mes doigts attrapent le bras de Blake et je la traîne dans la salle de bain. Le contact m’électrise, fait courir sur mes lèvres le frisson d’un soupir de délice. La chair tiède sous mes doigts, bien vivante. Bien réelle. Elle m’enivre et m’électrise. Ravive tant de choses que mon monde chancèle un instant.

« - Tu ne devrais pas être là. » Bien, je l’ai déjà dit. Le disque tourne en boucle et j’oscille sur un fil qui menace de se briser. « - Remets tes chaussures, tu risques de laisser des traces. Ils pourraient penser que… » Ils ne penseront rien. Ils sont trop stupides pour penser à quoi que ce soit. Ils se tiendront à mes paroles, les croiront comme ils le font à chaque fois. Sauf que le jeu vient de changer. De tueur des bas-fonds, l’assassin vient de passer au rang d’animal de foire que l’on s’autorise à exposer sur les premières pages des journaux torchons de la ville. Un infime hoquet d’inconfort m’échappe et mes se crispent contre sa peau laiteuse. Je la relâche, réalisant mon geste et recule d’un infime pas. Mon regard se lie au sien. S’y perd le temps de ce qui me semble être une éternité. Puis vacille pour se poser sur le stylo et le carnet entre ses mains. « - Ne fais pas ça. » L’angoisse presse ma voix. J’ignore pourquoi, mais j’ai peur. Peur de ce qui va se passer une fois les articles écrit. Peur pour Lui. Ce n’est qu’un murmure mais il suffit de bien regarder pour savoir que Sa collègue le soupçonne. J’ai peur pour Elle. « - Personne ne devrait savoir. Il y a suffisamment d’horreurs qui errent en ville pour en rajouter une autre. Ils ont fait une erreur en vous faisant venir ici. » L’erreur l’a pourtant fait venir ici. C’est l’unique zone de lumière dans ce tableau noir. La seule chose qui mérite d’oublier pendant un instant la présence de ce cadavre, des flics qui soulèvent des vagues d’angoisse pure sous ma peau. Mes phalanges viennent alors effleurer une mèche de sa chevelure de feu. Renouent avec une forme de tendresse qu’elle est la seule à pouvoir connaître. La crispation disparaît légèrement, la dureté des pupilles se fait douceur et c’est toute ma stature qui change d’attitude. Je me défais de cette nouvelle image qui me colle à la peau et tente de retrouver celle qui fut mienne une décennie plus tôt. Avant que tout bascule. Avant que je ne la perde. « - Pardonne-moi… » Pour notre passé. Le sien. Pour notre présent. Et pour cet avenir qui ne parvient pas à prendre un autre aspect qu’un nuage de brume dansant devant mes yeux.

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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Jeu 9 Avr - 22:47

Parfaitement consciente qu’elle était d’une injustice flagrante en le provocant de la sorte, elle s’en fichait presque. Blake avait souffert par sa faute et elle comptait bien le lui faire payer aussi longtemps qu’il le faudrait. C’est-à-dire, pour la totalité du temps qu’il lui restait à passer sur terre. Tout ce qu’elle voulait, c’était détruire tout ce qui pouvait rester de ce qui aurait pu subsister. Elle agissait ainsi pour le punir mais aussi, pour s’épargner elle. Si elle s’y prenait bien, il ne voudrait plus la revoir ou l’entendre et elle ne risquait plus de vouloir creuser dans les décombres de leur passé. Peut-être le mettait-elle aussi à l’épreuve à nouveau... Peut-être voulait-elle voir s’il l’abandonnerait encore cette fois-ci. Oh, à force de tester, on finissait par épuiser l’autre et, malgré toute sa bonne volonté, l’autre partait. Mais, elle était bien trop aveuglée pour s’en soucier.
Toutes les fibres de son être voulaient qu’il souffre encore et encore de l’avoir ainsi traitée, de l’avoir abandonnée, pire, de n’avoir pas été assez intelligent pour ne pas se faire prendre. Peut-être était-ce ça, le pire, d’avoir songé que quoi qu’il ait fait, il ne l’avait pas fait de façon assez maligne pour rester près d’elle. Sentiment malsain et destructeur, leur relation quelle qu’elle fut, avait été anéantie par le ressentiment.

Debout, presque statufiée devant cette scène ubuesque et morbide, sa colère était la plus forte. L’horreur la talonnait, mais elle n’était rien en comparaison de ce qui se passait entre eux à l’instant. Blesser. Elle voulait le blesser, l’obliger à croire qu’il l’avait perdue, qu’elle n’était plus Nesa mais, bel et bien quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre qu’il ne pouvait pas aimer. Consciente sans l’être, qu’elle voulait détruire ce qu’il y avait entre eux et que la société jugeait inacceptable, elle poussait le trait jusqu’au bout.
Malheureusement pour elle, le retour ne vint pas. Frustrée par son manque de réponse et de réaction, son regard se remit à faire le chemin entre lui et le cadavre. Sursautant quand la voix d’un autre homme qu’Aleksi retentit, elle sentit le froid s’insinuer en elle. C’était toujours un risque... Mais, cette fois, si elle se faisait prendre alors que les lieux n’avaient pas encore été inspectés, les retombées pourraient être sévères. Son travail, compromis. C’est à peine si elle se rendit compte que son frère venait de se jeter sur la porte et de l’entraîner à sa suite. Cramponnée à ses chaussures et son sac, elle cligna des yeux, comme si elle sortait d’un songe. Elle ne s’était pas réellement rendue compte que finalement, elle était tendue à l’extrême au point d’en avoir mal aux articulations. La chaleur revint peu à peu pour s’éloigner tout aussi rapidement alors qu’il reprenait la parole. Il se répétait mais, pas seulement.

- « Que quoi ? Que je suis revenue sur les lieux de mon crime ? L’incompétence de la police frôle l’indécence. Ils ne soupçonneraient même pas le tueur même s’il était sous leur nez. Ce sont des incapables. »

Il y avait de la rage, de la colère dans ses paroles mais aussi une peine immense. Comment une telle bande d’imbéciles pourrait-elle arrêter un psychopathe de cette trempe alors qu’ils n’étaient pas fichus de lui ramener son enfant ? Si Blake gardait la foi envers le gouvernement, il n’en était rien de sa police et c’était d’autant plus marquant que Wesley avait pu entrer dans leurs forces à un niveau plus élevé. Une preuve d’incompétence qui atteignait des sommets.
La main de son frère se crispant sur son bras fut à peine notée tant le contact était trop familier pour qu’elle le rompe. Elle ne se rendait même pas compte de la distance qui les séparait, comme une vieille habitude qui avait la vie dure. Ce n’est qu’une fois relâchée qu’elle recula, se rendant compte de leur proximité, un peu comme si le contact l’avait brûlée.

À ses mots, elle observa son carnet où rien n’avait encore été noté. Les photos étaient prises mais, rien n’était écrit. Un instant, elle fut tentée de faire ce qu’il lui demandait mais... si ça n’était pas elle, qui le ferait à sa place ? Non, elle ne pouvait pas le tolérer.

- « J’ai déjà écrit sur lui ou sur elle. Je ne laisserai personne le faire à ma place. C’est mon travail et je n’ai pas enduré cette vision pour rien. Si on nous a appelés, c’est que ça doit se savoir. Tu ne peux rien faire pour nous empêcher d’écrire là-dessus et tu le sais très bien. »

Surprise par son approche, Blake ne réagit pas. Elle attendit, le laissant replacer une mèche de cheveux. Bon sang qu’elle aimerait pouvoir tout oublier et se réfugier dans ses bras. Et pourtant, tout l’en empêchait. Le lieu, la situation, lui. Elle ne pouvait pas. La voix tremblante, pas si sûre de ce qu’elle croyait être son ressenti authentique, elle détourna les yeux.

- « Je ne peux pas. Tu m’as abandonné. » Elle ne voulait pas ajouter cette partie. Et malheureusement, ça n’était pas fini. « Tu m’as laissé seule. Je te dois l’une des pires souffrances que j’ai connues. » Et depuis des semaines, elle expérimentait la pire d’entre elles. Seule. Parce qu’il l’avait délaissée.

Ses mots étaient durs mais sa voix... sa voix qui se voulait cassante ne suivait pas le mouvement. Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant ? Elle n’avait pas besoin d’être faible en cet instant. Il était hors de question qu’elle s’écroule sous son regard. Elle n’avait pas besoin de lui, elle avait encore moins besoin de sa présence. Serrant les poings jusqu’à s’en faire rentrer les ongles dans la peau, elle le fixa d’un regard qu’elle voulait dur mais, où ne baignait que la souffrance et la tristesse avec une bonne dose de colère.
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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Ven 10 Avr - 21:08


La réplique rageuse me fait esquisser un infime sourire. Je ne peux qu’être en accord avec ses paroles. Et malgré tout, d’irrépressibles frissons viennent me dévorer la nuque. Mon cœur se serre, trébuche lorsque le constat se fraye à nouveau un chemin jusqu’à mes neurones. Ils ne soupçonneraient même pas le tueur. Etrangement, c’est cette partie-là de la réplique qui me marque le plus. Elle se heurte contre mes tempes, alimente la folie fatiguée de mon cœur. Il ne devrait pas y avoir de place à l’hésitation. Au plus profond de ma déraison, il m’est impossible de croire que ce qui se trouve dans la pièce à côté puisse être le fruit de mon œuvre. Je connais mes limites. Mes doutes et mes passions. Et ce schéma macabre, aussi artistique soit-il, ne peut être de mon ressort. « - Je te l’accorde, le degré d’incompétence est relativement élevé dans ce domaine-là. » La réplique est acerbe. Déverse tout le ressentiment qu’ils peuvent m’inspirer. Incapable de me faire une raison et d’atténuer ma haine envers des êtres qui ont fait de ma vie un enfer. Je m’y suis engagé seul c’est un fait, mais ils n’ont rien pour m’empêcher de chuter plus loin encore dans les géhennes. De nouveaux frissons, et c’est tout le statisme de ce monde qui s’écroule. La peur guide mes gestes, et une fois deux portes apposés entre nous et le reste du monde, mon cœur s’autorise alors à calmer sa course. De quelques battements seulement, car la débandade hurle toujours. La proximité me déchire le corps et l’âme. L’isolement confère à l’instant quelque chose d’irréel qui me pousse à faire preuve de concentration pour parvenir à rester ancré dans cette réalité. Il serait si aisé pourtant, de se perdre dans notre passé. D’apposer des souvenirs sur la scène. L’isolement, il était monnaie courante dans notre enfance. Ce besoin pressant d’être seuls, juste elle et moi. Loin du reste du monde, de l’incompréhension et des attaques faciles. Juste elle et moi.

Sauf qu’en ce temps-là, il n’était pas question de meurtre. De journalisme et d’articles étalent l’horreur du monde aux yeux de tous. Des incapables, des ignorants et des êtres dévorés par la peur. Je fais partie du troupeau car mon cœur s’enlise dans les tourments de l’angoisse. Je m’oblige à croire que cette frayeur est entièrement dédiée à Kyran. A lui seul. Je m’oblige à y croire pour ne pas voir la lueur vacillante d’une évidence qui me tiraille de plus en plus. « - C’était une erreur. Vous ne devriez pas être là. Il n’y aucun intérêt à divulguer une chose pareille. A part aggraver la paranoïa des gens. » J’accable la pièce d’un geste évasif de la main. Désignant le reste du monde au-delà de ces murs. C’est la fin de sa tirade qui m’arrache un léger sourire. Le rictus se pose sur mes lèvres et fait crépiter la lueur d’un amusement certain dans mes prunelles. Le défi se couple aux éclats de douleur.  Et jure avec l’ensemble. « - Une défaillance dans un système est si vite arrivée, tu sais. » Ce n’est qu’un murmure qui vient mourir dans l’espace entre nous. Un avertissement fragile qui ne se réalisera jamais. J’ai commis une fois de plus l’erreur de me faire repérer. Il est hors de question que je m’attaque à nouveau ouvertement aux systèmes de cette sombre machinerie. Pas aussi stupidement. L’amusement de façade s’efface dans un battement de cil et le sérieux reprend ses droits. « -  Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose si tu t’obstines à rendre cet assassin populaire. » Un infime haussement d’épaule, et les pupilles tendres se perdent alors dans les siennes. J’ai besoin de ce contact, aussi infime soit-il. Besoin de me réfugier derrière les nuances singulières de ses iris. De me réfugier derrière des similitudes qui n’existent plus aujourd’hui. Mais qui perdurent pourtant dans les fibres de mon cœur.

La douleur fuse. La mâchoire se serre et c’est tout mon être qui se crispe. Je recule et laisse mes mains s’appuyer contre le lavabo. Pour ne pas perdre la face. Elles tremblent, et lorsque le contact se fait, les jointures craquent et blanchissent. Qu’elle ne puisse pas me pardonner, je le savais. Mais l’entendre rend la sentence encore plus insupportable. Deux écorchés vifs. Pour des raisons différentes mais dont la source est la même. Ma faute. Ma seule et unique faute. Les dégâts de mon inconscience qui s’étendent alors devant mes yeux. J’ignore ce qu’elle a vécu. Les épreuves qui se sont dressé en-travers de sa route. J’ignore tout de ce qu’elle est devenue. Et cette lacune me ronge. La vermine s’incruste sous ma peau, s’infiltre dans mes organes et distille sur ma langue le venin le plus meurtrier qui soit. « - Et si je pouvais revenir en arrière, je changerais tant de choses. Je n’avais pas conscience de la stupidité de mes actions. » Les paroles n’y changeront rien c’est un fait. Et les prononcer ne font que me blesser plus avant. La douleur mentale devient physique, j’en soupir et ferme un instant les paupières. La fatigue m’accable, se couple avec les vides provoqués par ma nature. La blessure qui me cisaille le cou devient brûlante. Douleur fantôme qui n’a de cesse de me poursuivre. Le malaise gronde, et je me dérobe à nouveau dans un infime raclement de gorge.

« - Je ne pensais pas que nous en serions là. » Il y a tant de choses auxquelles je ne pensais pas. Je ne pensais pas sortir prison. Je pensais y finir mes jours, détruit par la violence de mes codétenus ou par les affres du temps. Je ne pensais pas appartenir à l’espèce que le Gouvernement s’échine à éradiquer. Je ne pensais pas. Et je ne parviens toujours pas à le faire. Les mots se déchaînent dans mon crâne, s’y pressent et accentuent la migraine. Trop de questions. Trop de silences. Trop d’envies contradictoires. Je me perds dans mes propres réflexions et ne parvient pas à trouver le bon mot, la bonne phrase pour engager une conversation qui n’appartiendrait pas à deux étrangers

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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Sam 11 Avr - 1:22

Ce que Blake pensait de la police n’était pas un scoop. Elle se gardait pourtant bien d’en faire profiter les gens avec qui elle travaillait. Ses opinions, elle les gardait pour elle. En vérité, elle jugeait que tout sujet pouvait devenir tabou. Elle posait les questions qui fâchaient dans son travail mais, n’en posait jamais en dehors. Incapable de faire confiance, il était logique qu’elle ne se confie à personne, sur rien. Avec elle, il n’y avait que discussions banales et courtoises. Polie, respectueuse, agréable même tant qu’on ne creusait pas trop loin sur les sujets qui faisaient mal, elle était quelqu’un de tout à fait normal aux yeux du monde. Sauf à ses propres yeux.
De son côté, son frère n’en était pas moins virulent et il avait de bonnes raisons. Elle-même éprouvait une infinie rancœur envers la police qui lui avait enlevé l’autre moitié de son univers mais, elle n’allait pas le reconnaître. Encore moins devant lui.

La situation était grotesque, surréaliste. Elle était enfermée avec Aleksi dans une salle de bain, pièce voisine à celle où reposait un cadavre mis horriblement en scène. Le pire étant peut-être qu’elle était en train de... de quoi, débattre avec son propre frère ? Sur quoi, elle n’en savait rien mais, c’était bien la tournure qu’avaient l’air de prendre les événements.
Et, malgré tout ce qu’il pouvait dire, il ne pourrait jamais la faire changer d’avis. Le journalisme était son métier, qu’il plaise ou non importait peu. Cet article, elle l’écrirait, qu’il ne veuille ou non. Si elle était là, c’était pour ça.

- « Arrête. » Son ton était tranchant, froid. « Nous sommes trop nombreux sur les lieux. Ils écriront tous. Autant nous laisser contrôler l’information comme il se doit plutôt que la rumeur enfle. Huile sur le feu ou simple allumette, c’est le choix que nous faisons. Je suis une allumette. La bande de crétins dehors, c’est l’huile. »

Oui, ils en étaient au stade où il fallait choisir son poison. Elle voulait qu’il sache, qu’il comprenne. Elle aimerait renoncer mais, elle ne le ferait pas. Non seulement parce qu’il lui demandait mais aussi et surtout parce que le journalisme était actuellement toute sa vie. Elle n’avait plus que ça. Rien d’autre à part ses recherches.
En l’entendant parler de défaillance, elle se figea littéralement et lui lança un regard résolument haineux. Le fixant presque malgré elle avec un ressentiment qui empoisonnait toujours ses veines, elle eut un sourire amer, l’acide de ses paroles lui vinrent automatiquement.

- « Mais bien sûr. Fais donc ça. Tu n’as pas encore fait suffisamment de prison j’imagine ? Ça t’a tellement plus que tu veux y retourner ? Je t’en prie, recommence. »

Virulente, amère, blessée. Sombre crétin qui parlait sans réfléchir. Et il osait proférer de telles absurdités devant elle. Son génie de frère était-il incapable de faire fonctionner sa matière grise ou bien l’avait-il laissé derrière lui dans cette taule ? La mâchoire crispée, elle croisa les bras en signe de repli sur elle-même, comme pour se protéger mais, elle releva le menton en signe de défi.

- « Ce ne serait pas la première fois et ça ne m’empêchera pas de faire mon job. »

Entêtée, elle refusait de courber l’échine. Elle était obstinée et de toute façon... personne ne pouvait la protéger. Elle était la seule à pourvoir à sa sécurité et là non plus, ça ne changerait pas. Sans June, elle était seule et elle n’avait aucune raison de se montrer prudente. Personne ne l’attendait. Nulle part. Une voie qu’elle ne regrettait même pas.
Son regard dans le sien la déstabilisait mais, pas assez. Certainement pas assez pour la faire renoncer. C’était douloureux, douloureux de voir qu’elle avait encore tant besoin de lui alors qu’elle s’acharnait à s’en éloigner. Toujours remontée, en colère et blessée par ce qu’il croyait sans doute être une plaisanterie, la douleur était là, incontrôlable.

Ainsi, elle préférait attaquer malgré le pardon qu’il demandait. C’était si facile, tellement plus facile que de devoir affronter le gouffre béant qui s’était installé dans son cœur et dans leur relation. Elle aurait voulu ne pas apercevoir la blessure, ne pas voir sa souffrance qui faisait écho à la sienne. Ses mains qui tremblent, la tension qui s’installe. Ça faisait mal. Avant même qu’elle s’en aperçoive, elle esquissa un pas en sa direction, main tendue pour se poser sur sa joue. Si... Ils en étaient là, ils étaient même bien plus loin que ça.

- « Et pourtant, tu oses me dire que tu serais prêt à recommencer. Tu ne peux pas dire une chose et puis dire le contraire. Nous n’en somme plus là. Nous sommes bien plus loin que ça. Nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre. Nous ne partageons plus rien. Nous ne pouvons pas faire semblant et effacer ces années. Je me fiche de ce que tu as fait. Tu t’es fait prendre. »

Se rendant compte de ce qu’elle venait de révéler et qu’elle-même ignorait penser, elle détourna le regard. Sur sa joue, sa main se crispa alors qu’elle la retirait, finissant par y laisser glisser ses ongles d’un rouge éclatant.
Un frisson glacial lui parcourut le dos alors qu’elle regardait les murs comme s’ils étaient devenus la chose la plus fascinante du monde. Le lieu reflétait si bien leur relation que c’en était dérangeant. Un vase clos et un cadavre dans le placard. Voilà où ils en étaient.
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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Dim 12 Avr - 20:40


L’ordre claque. Fuse au-dessus de nos têtes et mon cœur cède. Durant une infime seconde, il se flétrit, abandonne sa course pour reprendre son souffle sur le bord de la route. Et c’est un infime froissement sur les lignes de mon front qui vient marquer l’inconfort que peut faire naître ce simple mot. Je  ne parviens pas à m’y faire. A la voir œuvrer pour les torchons du déni. Les belles paroles d’une vérité falsifiée pour la grandeur d’un ordre décadent. Comment a-t-elle pu se perdre dans un tel milieu ? Je ne suis pourtant pas en droit de lui reprocher ses choix de carrière quand les miens m’auront mené en prison et dans les couloirs froids de l’antre de la mort. J’ai perdu ce droit dès l’instant où mon besoin d’air m’a fait quitter le sol finlandais. Les étendues de glace s’apposent contre ma peau, la parent d’éclats givrés et c’est tout l’assemblage de chair qui frissonne. Trop nombreux. Les petits meurtres des bas-fonds viennent de passer en tête d’affiche. Une mise en scène plus spectaculaire et macabre que les autres, et c’est tout un monde qui s’agglutine pour mieux la contempler. Répugnant. Absurde. Et pourtant, il est logique que cet œuvre qui me fascine exerce son attrait sur d’autres. Egoïste, mon attitude l’est. De fond en comble, je cache l’angoisse derrière de belles paroles. Et j’y cache le besoin de protéger ceux auxquels je tiens. « - Contrôler l’information ? Ce n’est pas dans leurs habitudes. Ils vont tout déformer, amplifier des choses qui n’ont pas besoin de l’être. Et ce type va devenir aussi important à exterminer que ces nouveaux monstres qu’ils s’amusent à… » Tuer ? Les mots se meurent contre ma langue. S’y figent dès qu’il entre en contact avec cette étendue glaciale. Et c’est tout mon être qui se raidit. Prisonnier d’un étau de glace et de malaise qui se resserre inlassablement. Poussé en avant par les battements rapides de mon cœur. Ils savent. Wesley sait. Ce n’est qu’une question de temps avant que tout bascule. Avant qu’ils ne viennent traquer la bête.

L’amertume est cinglante. Elle tranche, perce et cisaille. S’engouffre dans la moindre ouverture et je me noie de l’intérieur. Elle ne sait rien. Elle ne peut même pas imaginer. Fou, le bâton a été tendu. Et en voilà le retour. Je me racle la gorge, gigote une épaule, chasse l’ombre venue se coller contre mes cils. « - Tes supérieurs sont bien trop occupés pour s’intéresser à un pauvre geek. Et encore plus à une pauvre défaillance dans l’ordinateur d’une petite journaliste. » Susurre, provoque. Parjure. Je m’enlise dans une perdition qui n’en devient que plus étouffante. Détruit par ma propre sœur. Rompu par la verve d’un employeur tyrannique, je m’obstine à répliquer. Incapable désormais de garder mes paroles pour moi, de laisser ma langue se coller à mon palais comme je savais si bien le faire autrefois. Elle a toujours été celle qui réplique. Celle qui tenait tête aux autres, quand moi je préférais le repli et l’isolement. Son entêtement me martèle le cœur. L’accable, le crispe et les morceaux dégringolent dans ma poitrine. Des escarbilles brûlantes qui viennent embraser mes entrailles pour me blesser. L’immobilité devient souveraine. Je me fige tout entier, suspendu mon souffle lorsqu’Elle lève la main. Tout se suspend, et les mots flottent. J’ose. J’affirme. Je recommencerais c’est une certitude. Mais je ne me ferais pas prendre. Pas cette fois. Je ne partirais pas. Resterais près des côtes glacées d’un pays du nord pour ne pas prendre le risque de la perdre. Vivre avec cette douleur qui ne tiraille est un enfer. Un monde qui est devenu mien mais que je déplore. Je suis lié à la souffrance, c’est un fait. Et plus intense encore est la douleur lorsque je sais que plus rien ne sera comme avant. Elle est bien là. Debout face à moi. Et sa main se pose contre ma peau. Le contact me brise, détend nerfs et tendons pour faire sortir l’ensemble de cette rigidité malvenue. Contre la céramique, les phalanges se desserrent. Le souffle reprend sa course et le geste est instinctif. Ma tête se penche légèrement sur le côté, appuie avec tendresse contre cette main. C’est un abandon, dans sa forme la plus fragile. Celui qui hésite, qui se défait en un seul soupir. En un seul mot.

C’est un constat qui me frôle depuis nos retrouvailles. Mais l’entendre, de vive-voix. La blessure s’ouvre à nouveau. Elle saigne, s’étiole, se nécrose et c’est tout un univers qui vacille. Et avec lui arrive la certitude que je suis vraiment seul. Sa main s’éloigne, et là où elle s’est posée, il ne reste que le vide. Le froid se glisse contre ma peau et ma gorge se serre et se noue. « - Ma première erreur a été de te laisser. J’aurais dû te demander de venir avec moi. Si tu avais été là, rien de tout ça ne se serait passé. » J’ignore quelle attitude adopter. Je chancèle, vacille sur le fil du rasoir. La pièce m’étouffe, fait rejaillir la claustrophobie. Mais sortir est une option à laquelle je ne peux me résigner. Je sais qu’une fois cette porte, tout l’édifice va s’écrouler. Qu’une fois l’isolement terminé, les rôles reprendront leur place et la distance entre nous sera bien réelle. « - Il n’est pas question d’effacer ces années. Même en le voulant, ce serait impossible. » Le murmure se perd dans le néant. J’hésite, contemple le sol avant de m’obliger à relever la tête et poser mon regard sur Elle. Que doit-on faire lorsque l’on a détruit une vie ? Je n’en sais rien. Et je n’ai jamais été doué dans ce genre de situation. Mes doigts tremblent un instant, puis viennent se poser contre son menton pour l’obliger à me faire face. Et me laisser l’occasion de me perdre une fois de plus dans ces nuances singulières que j’avais si aisément oubliées. C’est une femme qui se tient devant moi. Une mère. L’évidence me heurte à chaque fois avec la même force. Et malgré la peine, malgré la gêne, l’ébauche d’un sourire triste s’appose sur mes lèvres. « - J’ai toujours été le plus inconscient de nous deux. Et le plus stupide apparemment. » Lâchées dans un souffle, les paroles viennent mourir contre son front. En même temps que mes lèvres qui y déposent un infime baiser. Mes mains se perdant alors contre le feu de ses cheveux. La définition du mot ‘génie’ est bien aléatoire. En ce qui me concerne, elle ne précisait pas que cette intelligence serait utilisé pour briser des vies et engendrer de la souffrance.  La proximité perdure. J’ai fait l’erreur de me rapprocher, et je suis incapable de m’en éloigner. J’ai peur qu’elle disparaisse. Que l’illusion tombe en cendres sous mes doigts.

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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Lun 13 Avr - 13:25

Blake ne voulait pas encore entendre ça. Elle aimait son métier et surtout, elle le faisait bien. Elle ne supportait donc pas d’entendre Aleksi tenter de la dissuader de le faire. Il n’avait aucun droit de lui demander une chose pareille. Ne comprenait-il pas que ça ne servait à rien ? Que l’information filtrerait ? Qu’ils avaient tous été envoyés ici pour une raison ? Était-il aveugle au point de croire qu’il pourrait y changer quoi que ce soit ? L’œuvre de cet assassin, de ce psychopathe allait être connue et il ne pourrait rien y faire. Bientôt, la Nouvelle-Orléans aurait droit à autre chose que des rumeurs sur un malade qui découpait les gens. Elle allait à nouveau faire face à l’horreur. C’était ainsi que ça se passait désormais. Bien entendu, ça ne lui plaisait pas toujours mais, la population avait le droit de savoir, d’être informée.
Son caractère faisait qu’elle refusait catégoriquement de prendre en compte ce qu’il disait à ce sujet. Elle avait tracé sa route sans lui et il osait se permettre de la juger. C’était peut-être bien ce qui l’énervait le plus. Et parce que c’était lui et parce qu’il avait dit ce qu’il avait dit, elle veillerait à écrire le meilleur papier qu’elle ait jamais fait, dépeindre le monstre qui avait été à l’œuvre dans la pièce voisine. Elle comptait également dénoncer l’incapacité de la police à faire son travail. Elle était consciente qu’elle serait peut-être censurée ou que son article serait retouché mais, elle l’écrirait. Il pouvait en être certain.

- « Peut-être est-ce parce que ce qui rôde est dangereux ? Parce qu’ils tuent eux aussi ? Mais, je suis d’accord sur une chose. Ce type va devenir aussi important que ce que le gouvernement chasse et ça n’est pas plus mal. Des gens meurent Aleksi. Le monde a changé, il est bien plus dangereux qu’autrefois. Chaque horreur prendra toujours une proportion inimaginable. La population ne doit pas se sentir en sécurité ou elle sera encore plus en danger. Les zombies, les daybreakers, les psychopathes, les rebelles... Je refuse que ma fille soit mise en danger parce que les gens se croiront en sécurité. »

C’était réellement ses convictions. Tout ce qu’elle faisait, c’était pour elle et pour elle seule. Blake ne voyait pas sa propre vie terminée. Non, mais, elle avait déjà bien assez encaissé et elle savait ce que la vie avait à offrir. Elle n’en voulait plus. Elle voulait épargner June, quitte à risquer sa propre vie pour ça. Aucun sacrifice n’était assez grand pour elle, jamais aucun. Blake était une mère aveugle et acharnée et, c’était peut-être bien sa plus grande faiblesse. Ou sa plus grande force...

En entendant ses paroles concernant son travail et son statut, elle tressaillit de colère. De quel droit jugeait-il à nouveau son travail, son statut, sa position. La colère couvant dans ses yeux, sa langue claqua contre son palais et elle se fit violence.

- « Ce n’est pas un ordinateur mais, bien plus. Quant à la petite journaliste... Elle te remercie de garder pour toi ce que tu penses de ce qu’elle est à tes yeux à l’avenir. »

Au-delà de la colère, il y avait la douleur de son jugement. Une douleur qu’elle n’était pas prête à reconnaître, à assumer. Aussi, elle s’enferma dans une attitude qu’elle gérait mieux que bien, l’indifférence feinte. Du moins, jusqu’à ce que le passé l’oblige à rompre les rangs, encore. Mieux que quiconque, il était doté de la capacité de la blesser au plus profond de son être et elle le détestait pour ça. Il avait un pouvoir que nul autre n’avait vraiment. L’atteindre jusqu’à l’âme. Ils auraient pu être jumeaux que c’aurait sans doute été pareil.
Le contact de sa main sur sa joue... Elle n’aurait jamais dû mais, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Jusqu’à ce que sa main reprenne sa position initiale, coincée sous son autre bras. Blessée par son propre geste, par le manque qu’il éveillait, elle se maudit d’être aussi bête. Mais, ce qu’il lui disait... telle était la véritable douleur. Elle avait oublié... il ne l’avait pas abandonné une fois mais deux. Elle voulait tant le blesser, lui rendre la monnaie de sa pièce et pourtant, elle en fut incapable, choisissant le silence mordant de son indifférence. Elle ne pouvait pas se permettre d’oublier, elle se devait de retourner le couteau dans la plaie pour l’obliger à saigner. Elle devait le détester... Lui faire payer la souffrance qu’il avait causée.
Malheureusement, ses doigts sur son menton était un baume, son regard dans le sien, un apaisement. Elle en aurait pleuré, fragilisée par tout ce qu’elle vivait depuis des semaines, par ce qu’elle avait affronté dans la pièce adjacente, par cette proximité. Parvenant à maintenir un certain masque, il était difficile d’empêcher les larmes de couler et sa gorge de se nouer. Les yeux humides, elle accueillit avec plaisir l’interruption du contact de leur regard et pria pour qu’il ne remarque rien. Le cœur comprimé dans un étau, elle ne s’était pourtant pas sentie aussi bien depuis... elle n’aurait su le dire. L’apaisement qu’il lui apportait était d’une nature toute différente de ce qu’elle éprouvait d’habitude. Douloureux mais, plaisant. Malgré elle, elle se laissa aller contre son épaule, murmurant des mots qu’elle pensait mais, qui jurait avec le besoin de son attitude.

- « Je te hais... Je te déteste tellement Aleksi... J’aurais voulu ne jamais te revoir. Pourquoi fallait-il que ce soit toi dans cette pièce ? Pourquoi fallait-il que ça se passe comme ça ? »

Tout était paradoxal dans ce qu’elle ressentait à son égard. Tout n’était que haine et déchirement et pourtant... pourtant, elle avait désespérément besoin de lui. Elle s’en serait presque détestée elle aussi. Pourquoi le temps n’avait-il rien effacé ? Pourquoi le destin jouait-il ainsi avec eux ? Qu’avait-elle donc bien pu faire pour mériter pareil châtiment. Elle n’aurait jamais dû le revoir. Quelques années supplémentaires auraient pu faire l’affaire. C’était ce dont elle tentait de se persuader. Mais elle savait qu’il n’en était rien. Il n’y aurait jamais assez de temps et de kilomètres entre eux. Et c’était bien de là que découlait le désastre.
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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Mar 14 Avr - 20:14


Parce qu’ils tuent eux aussi. Les mots me brisent. A chaque syllabe, je m’effondre. Dans Sa bouche, l’horreur devient plus forte. Le monstre croit et assombrit mon esprit. Elle a raison pourtant, j’en ai bien conscience. Mais cette aversion qui se déverse de ses paroles me blesse. Cette femme n’a plus grand-chose à voir avec ma sœur. Tout comme je n’ai plus grand-chose à voir avec ce frère qui l’a si lâchement abandonné. C’est une évidence impossible à ignorer. Et pourtant je m’accroche encore aux restes de ce lien à présent détruit. Il appartient au passé. Tout comme ces erreurs qui ne peuvent pourtant pas être effacées. Je me replie, courbe les épaules et regarde ailleurs, attendant que l’orage s’apaise. Que la pluie acide cesse de me donner l’impression de n’être rien de plus qu’un horrible meurtrier. Le parasite gagne en force, il grandit et de simple nuisance, il devient l’ennemi de toute une nation. Elle range toutes les tares de ce monde dans le même panier. Pousse sur la même marche du podium les monstres à moitié vivants qui rôdent alentour et ceux qui luttent pour leur survie. L’injustice me cisaille le cœur et les mots se pressent alors contre mes dents. Je serre la mâchoire, ravale mon plaidoyer. Je ne veux pas qu’elle sache ce que je suis devenu. J’en ai honte, et devant elle, cette gêne n’en devient que plus forte.

« - Ils ne sont pas tous dangereux. S’ils tuent, c’est par nécessité et non pas par plaisir. Je sais tout ça, crois-moi ce qui se tient à côté n’est pas le premier que je vois, et il ne sera pas le dernier. Mais tous les ranger dans le même panier… » Les mots s’accumulent et se meurent dans ma trachée. Je me range alors dans le silence, craignant d’en avoir trop dit. Brisé par la mention de sa fille. Par les images qui reviennent se heurter contre mes paupières. Les souvenirs nauséeux de Wesley. Les étreintes sordides et le fruit de ces unions. Sa fille. Je n’arrive toujours pas à m’y faire. C’est un fait. Oncle. Nièce. C’est un coup supplémentaire qui vient m’accabler. Qui me montre à quel point je ne connais plus rien d’elle. Dix ans. Dix pauvres années qui semblent avoir durée une éternité. Elles ont creusées un gouffre entre nous. Provoquées la chute d’un duo que rien ne semblait pouvoir ébranler. Je la blesse au lieu de la réconforter. J’ai perdu mes réflexes, ne parvient pas à renouer avec celui qui était alors capable d’épancher ses craintes et ses peines. Le cœur se fait de glace alors que la pauvre flamme qui y brûle est en train de mourir. Terrassée par un vent de noirceur qui souffle de plus en plus fort sous la peau. J’en frissonne, laisse l’évidence me glacer la peau. Les lèvres se desserrèrent mais les mots ne sortent pas. Je referme la bouche, stupidement et contemple le fruit de ma bêtise. Sa douleur qui ne fait qu’intensifier la mienne. Le rapprochement est salutaire. Pour moi, égoïstement. Et pour elle, lorsqu’elle en vient à se laisser aller contre mon épaule. Dans ma poitrine, l’organe flétrit reprend des couleurs. Il vacille, chancèle et bat avec allégresse. Sans pour autant oublier les chaînes qui le retiennent.

Les traits se tirent. Je me crispe dans un infime sursaut. Il n’y a rien à dire. Rien ne sera suffisant pour épancher Sa douleur. Mes doigts viennent alors se glisser dans ses cheveux, renforce une étreinte qui s’arrêtera bien trop rapidement. L’amertume vient déjà se coller contre ma langue. Assèche ma gorge et le sel brûle mes yeux. Je ferme les paupières, m’enlise dans le silence et savoure cet instant salvateur. Le sable s’écoule dans le sablier, ralentit pendant un bref instant avant de reprendre sa sombre course. « - Nous sommes deux dans ce cas. » Je me déteste, si seulement elle pouvait savoir à quel point. Pour toutes ces erreurs pitoyables qui jalonnent le sol de mon existence. Je l’aime c’est une évidence. Comme un frère, parfois plus. Rien ne changera ce fait évident, mais trop de poussière est venue se déposer sur les promesses, pour que l’éclat de cette dévotion sans limite perdure. A la manière d’une chape de plomb, le silence m’écrase. C’est alors avec toute la douleur du monde que je romps l’étreinte. M’oblige à me défaire de Sa chaleur pour revenir me heurter à la glace du vide. Un dernier effleurement, mes doigts frôlent la courbe de son bras et reviennent se poser contre mon flanc. « - Tu devrais y aller. » C’est un fait, une réalité plus qu’un pauvre conseil. J’ai trop fait attendre les incompétents au-dehors. Pousser le vice plus loin relèverait de la folie pure et ferait peser les doutes. Je suis suffisamment la victime des suspicions pour ne pas en rajouter une nouvelle couche. Et je refuse de lui attirer de nouveaux ennuis. « - Je suis vraiment désolé, Nesa. » Je le murmure alors que mes doigts s’enroulent contre la poignée. Elle s’abaisse et la porte s’ouvre sur l’antre de l’horreur. Je frissonne, soudain peu enclin à retourner à une tâche qui d’ordinaire me fascine.

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MessageSujet: Re: Hold back the river (Blake)   Mer 15 Avr - 22:50

Loin de pouvoir deviner qu’elle s’en prenait à la nature même de son propre frère, Blake n’y allait pas de main morte. Cependant, il était peu probable que son discours s’en serait retrouvé changé même si elle aurait certainement tenu ce discours pour une toute autre raison. Toujours était-il qu’elle était à présent mère et que ces êtres, ces monstres, tuaient. Aleksi pouvait bien avoir raison que ça n’y changerait rien. Pour l’instant, la crainte dominait et c’était loin d’être insuffisant. Elle était une femme intelligente mais, elle ne pouvait réfléchir avec calme et sérénité à ce sujet et certainement pas dans un lieu comme celui-ci. Obnubilée par la présence de son propre frère à quelques pas à peine, et encore.
En revanche, si une chose ne lui avait pas échappée, c’était les changements infimes de son comportement quand elle mentionnait June. Il semblait ne pas pouvoir s’y faire. Et pourtant... s’il y avait une seule chose qu’elle ne regretterait jamais dans sa vie, c’était elle. Elle était incapable de pouvoir ne fut-ce que se dire que cette nuit-là avait été une erreur. Sa fille était la plus belle merveille de sa vie.
Malheureusement, le gouffre qui les séparait était bien plus vaste que ça. Ils ne se connaissaient plus, ne se reconnaissaient plus et ils pouvaient toujours essayer de refaire le monde que ça n’y changerait rien. Tout ce qu’ils parvenaient à faire désormais, c’était se blesser mutuellement, rouvrir des plaies qui ne s’étaient jamais vraiment refermées. Emprisonnée malgré elle dans un passé qu’elle n’avait visiblement jamais pu enterrer, elle exhumait tout pour animer un feu qui n’avait plus rien de chaleureux. Il brûlait, alimenté par la rage et la colère.

Pourtant, malgré tout ça, elle ne put pas se résoudre à le repousser, à s’éloigner. Elle avait besoin de lui, même si elle n’aimait pas l’admettre ce qui ne l’empêcha pas d’user de mots durs, qu’elle pensait réellement. Le pire, c’était peut-être qu’elle le laisse dire, sans le contredire un seul instant.
Repoussée, elle tenta de rapidement se recomposer une attitude qui malgré tous ses efforts, n’avaient plus autant de superbe qu’à son arrivée. Cette rencontre l’avait ébranlée et elle pourrait bien prétendre le contraire, ça n’y changerait rien.
Sans lui répondre, elle regarda la porte. Oui, elle devait y aller, c’était l’évidence même. Elle n’arrivait pas à se décider, malgré tout ce qu’elle avait pu dire ou faire. C’est quand il usa de son véritable nom qu’elle redescendit sur terre. Une décharge aurait été tout aussi efficace et quelque part, c’était le cas. Se décidant enfin à bouger pour s’en aller, elle lui jeta un dernier regard.

- « Nesa n’est plus Aleksi... Elle a grandit. Qui que tu sois devenu, nous allons devoir apprendre à nous connaître. Je sais où te trouver maintenant. Je suppose que tu es capable d’en faire autant. »

Son ton était resté neutre, presque froid bien qu’elle l’aurait voulu plus mordant. Ça n’avait rien d’un adieu et elle s’en rendait bien compte. Elle aurait voulu pouvoir l’exclure de sa vie mais, elle n’y parvenait pas, ce tête-à-tête le démontrait à merveille.
S’arrêtant devant le cadavre une nouvelle fois, elle mit de côté toute l’horreur et analysa la scène avec un regard presque dénué d’émotions. Un éclat dans ses yeux gâchait tout cependant et le frisson qui la parcourut n’était en rien dû au froid. Sa façon de se détourner du lieu était plus proche de la fuite que d’un départ volontaire mais, nul n’aurait su dire si ce qu’elle fuyait avait un rapport avec le spectacle morbide ou son frère. Sans un regard en arrière, elle courut pour s’éloigner.

Tout ce que vit passer l’officier qu’elle avait plus ou moins attiré dans ses filets pour la peine, fut une femme à la tignasse rousse, piquer un sprint, ses talons à la main.

-Rp terminé-
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Hold back the river (Blake)

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