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 One more step and I could fall away ✧ Viktor

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MessageSujet: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Mar 7 Avr - 23:34

L’espoir, ce sentiment s’épanouissant contre vents et marées tel un poison au fond des entrailles. À l’instar du lierre, il se faufilait partout, empruntant chaque interstice. Blake ne supportait pas ce sentiment. Certes, il était utile, salutaire pour certain même, mais, l’espoir était une chose affreuse et destructrice quand il était anéanti. Aussi, dans un souci de préservation, elle se força à l’écraser, le réduire à néant. Elle ne pouvait se permettre d’espérer, elle en connaissait trop bien la portée et les conséquences.

Ce jour de repos - comme tous les autres -, elle comptait bien l’occuper à chercher son enfant. La police ne semblait pas réellement chercher. Pire, elle semblait ne pas s’en préoccuper. C’était comme si la chair de sa chair avait déjà été oubliée, reléguée au rang de banale victime. De celles qui peuplaient en masse la rubrique nécrologique ou de celles qu’on ne retrouverait jamais. Hors, la mère qu’elle était se refusait à laisser la situation partir ainsi à vau-l’eau. Elle avait de nouvelles pistes, dont une qui était particulièrement prometteuse.
Personne ne prêtait jamais d’attention aux rumeurs, sauf elle. Bien sûr, elle devait les vérifier, s’assurer de leur véracité mais, ce flair qui la caractérisait ne la trompait que rarement. Au fond, ça n’était même pas une rumeur, non, c’était juste un nom. Un nom qui ne fit que lui rappeler celui d’un homme perdu dans un passé auquel elle ne s’autorisait pas à penser. L’homme auquel elle pensait était une sorte de bienfaiteur, une ombre... bienveillante. Les discussions qu’elle avait eues avec lui avaient été précieuses. Elles lui avaient permis de pendre une autre direction. Viktor... Pourquoi n’avait-elle pas pensé à lui ? Pourquoi n’avait-elle pas remué ciel et terre pour avoir une conversation avec lui ? Si elle n’avait pas été aussi préoccupée, elle s’en serait presque voulu.
Usant de ses propres finances - qu'elle soupçonnait avoir été renflouée par celui qu'elle désirait retrouver - comme d’une piste, elle harcela littéralement chaque personne susceptible de lui répondre. Elle avait la vague impression d'être devenue la protagoniste du petit Poucet, à suivre une piste de cailloux pour retrouver son chemin. Discrète sans l’être véritablement, elle retourna chaque pierre et interrogea chaque quidam. Aidée par le comportement sociétal de la plupart des gens, elle en vint vite à poser ses questions à la communauté russe qui s’avéra étonnement silencieuse voire revêche. Le comportement n’avait rien d’exceptionnel, ces gens étaient secrets. Mais, cette attitude la conforta dans l’idée que peut-être, l’homme qu’elle cherchait était bien dans les parages.
L’éclaircie vint d’une vieille dame, probablement catholique de la plante des pieds jusqu’à la racine des cheveux. Elle lui avait mentionné un certain prêtre russe, récemment détaché qui semblait correspondre vaguement. Ne prenant pas ce qui ressemblait à un délire pour argent comptant, elle fouina, se renseigna, allant jusqu’à réveiller la personne en charge de la gestion du diocèse de la Nouvelle-Orléans. Et, en effet, un prêtre russe avait été détaché mais, son nom, écrit dans la langue natale de son propriétaire, était imprononçable et indéchiffrable. C’était avec cette information qu’elle comptait mener sa chasse.

Pénétrant dans le lieu saint qui lui avait été indiqué, elle avait l’impression de ne pas être à sa place. Chacun de ses pas trouvait son écho dans la bâtisse lui donnant le sentiment de profaner le silence pensant qui régnait. Malgré tout, enhardie sans réellement l’être par ce semblant de piste à laquelle elle ne croyait qu’à peine, elle remonta la travée pour s’arrêter au deuxième rang de chaises, observant d’un œil critique le Christ crucifié. Comment donc les catholiques parvenaient-ils à révérer une icône aussi morbide ?
Chassant des pensées qui n’avaient rien à faire là, elle jeta un œil autour d’elle pour trouver la trace d’un être vivant, n’importe lequel pourvu qu’il puisse l’aider. L’atmosphère de ce genre d’endroit ne lui avait jamais plu. Et, maintenant qu’elle était sur place, elle se demandait quelle mouche l’avait piquée pour qu’elle se mette à croire qu’un homme tel que Viktor soit entré dans les ordres. Certes, il avait toujours été de bons conseils mais, un prêtre ? Impossible.
S’agaçant déjà d’avoir suivi une piste aussi absurde, elle décela un mouvement, une silhouette sortant du confessionnal. Sans prendre la peine d’assourdir le claquement de ses talons sur le sol, elle apostropha l’homme sans se douter que c’était véritablement celui qu’elle cherchait. Elle n’avait pas revu Viktor depuis des années, pas plus qu’elle ne lui avait parlé. Elle n’avait fait que tenter de lui donner des nouvelles de June, et n’était même pas certaine qu’il était un jour entré en possession de ces dernières.

- « Bonjour mon Père. Excusez-moi mais, je suis à la recherche d’un homme d’église qui se prénommerait Viktor. J’ai peur d’avoir été mal renseignée. Peut-être pourriez-vous m’aider ? »

Polie et respectueuse, dans la tenue qu’elle portait, elle avait la sensation d’être une insulte envers le lieu saint. Mais, après tout, qui d’autre qu’elle aurait pu avoir l’audace d’entrer là en jupe blanche, dans une veste longue jusqu’aux chevilles tout aussi blanche et en talons bleus foncés ? On aurait presque pu la croire présente pour un mariage si elle n’avait pas semblé parfaitement à l’aise dans cet ensemble qui, sur elle, était tout à fait appropriée.
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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Jeu 9 Avr - 6:54


ONE MORE STEP AND I COULD FALL AWAY
Blake & Viktor

***

On aurait dit l’empyrée suspendu au-dessus des crins. L’infinité grimée de strass qui se déploie entre deux impressionnantes voussures. On aurait juré l’abîme fallacieusement déguisé en un ciel tavelé de constellations, perchée très haut sur ses murs de pierres que pour retomber avec pleine violence sur lui. Le Ruskov se sent menacé par la structure lithique, celle qu’il a impunément élue comme étant son breuil ; qu’il a souillée de ses doigts cinabre et de son odeur faisandée dans le désir sournois de s’y musser. Lorsqu’il déambule en ce lieu saint, il croit s’asphyxier entre deux étranges vides. Ses pieds moisissent les dalles, de là la naissance d’un gouffre quand, au plafond, ce sont les noirceurs abyssales, si grandes, si hautes, mais pesant néanmoins sur ses épaules comme une imminente Damoclès. Et dans ce ténébreux océan, il sombre et se noie devant le regard indifférent des chérubins pétrifiés, des personnages entoilés et du martyr lui-même sur son radeau de bois, tous illuminés d’une lueur malsaine de plaisir à observer l’infidèle s'enliser. C’est peut-être la culpabilité qui se propage comme une vermine latente dans l’arantèle de ses veines, direction le cœur et l’esprit. Sûrement la folie qui gruge lentement son dernier bon sens, car fou il faut l’être dès les prémices pour se tapir en ces lieux saints en vue de braver l’interdit et de risquer son impiété en la frottant au zèle religieux. Viktor a déclaré une guerre à leur dieu, a conquis le royaume des chrétiens et tant belliqueux est le saccageur qu’il défit maintenant la riposte, laquelle ne viendra probablement jamais puisqu’il n’existe nul dieu pour le châtier. Nul dieu. Tous ces vertiges ne sont que le fruit d'un sibyllin sentiment de non bienvenu auquel il accuse vertement la folie, voire la paranoïa. Tout en est la cause, tout sauf un germe de foi sous la crasse de son être.

Alors pour s’effacer de ce malaise gênant, l’aigrefin a trouvé cachette entre quatre cloisons à l’espace aussi restreint que dans un cercueil. L’ironie étant qu’il n’étouffe pas dans le confessionnal, même si tout est sujet à claustrophobie ici. Nonobstant les ténèbres opaques, la vacuité est limitée ; elle ne parvient pas à régner. Ainsi, il demeure installé plus ou moins confortablement dans sa capsule de survie pendant que les minutes s’égrainent pour devenir un flot d’heures imperceptibles. La méditation est à son acmé ; le train de réflexion qu’il suit est carburé par le deuil et tout ce qui en a découlé depuis. La réintégration de son neveu parmi la business de la Bratsva est un événement qui laisse planer moult doutes auxquels il refuse de tendre oreille. Il a confiance en Wesley, a fortiori en ses aptitudes à prendre la bride de leur cartel aux flancs de son féal, Sergeï. Et si Viktor sait que le neveu a encore énormément de chemin à arpenter avant d'être parfaitement à la hauteur de ses attentes, il n’a point de soupçon quant à la fidélité de ce dernier. C’est pour cette raison qu’il l’a abordé après des éons de mutisme, cela même si leurs retrouvailles menacent de déterrer quelques secrets tapis sous les sourires bienveillants par lesquels il se grime.

Puis le silence, son silence, est brimé par la logorrhée de talons aiguilles résonnant sur une lente rythmique, de celle qui corrobore l’incertitude sans proposer la discrétion. Viktor est curieux ; c’est pour cette principale raison qu’il se risque à nouveau dans le monde vaste et froid de la cathédrale, laquelle cette fois a repris ses apparences inoffensives pour ne rien trahir de sa vésanie. La carcasse, dès sa sortie de son sarcophage, se bute à un visage qui, sans lui être inconnu, lui est nébuleux. On devine par les frusques de l'invitée qu’elle n’est pas abonnée à ses messes, pas plus qu’elle n’a sa place dans ce sanctuaire – ça pue l’ironie comme il est loup parmi les brebis. Son phonème éclate le silence et fait vibrer dans l’air l’interrogation, polie par une approche respectueuse quoiqu’un zeste cassante. Le prêtre demeure coi. Ce n’est pas la surprise qui farde ses traits, mais une prudence qui enrobe lentement ses pensées et sa réponse en devenir. Il a envie de mentir, mais encore, l’appétit de tout savoir le tient en otage dans ses décisions. La curiosité fait prompte la question. « Et que lui voulez-vous, exactement ? » Il demande sur un ton plat ; si plat qu’un froid semble s’être levé conjointement. C’est parce que la croix qu’il porte à son cou pèse subito des tonnes en même temps que son desert eagle rangé soigneusement sous un pan de sa soutane lui brûle la peau comme un fer rouge. Tout hurle silencieusement à cette étrangère la comédie : il n’est pas prêtre, c’est un menteur, un usurpateur !  Et lui, il bâillonne les traitres d’un sourire drôlement bien calqué sur des airs amènes et se dresse contre les révélations d’une périlleuse bravade. « Vous avez été bien renseignée. L’homme d’église que vous cherchez, c’est à lui que vous vous adressez présentement. » Oui, il l'avoue. C'est lui, Viktor. Viktor le criminel, Viktor le pécheur, Viktor, cet enfoiré d'impie qui se gausse sous sa tunique. Ou ce Russe au sombre passé qui a décidé d’emprunter le layon de la foi afin de laver ses péchés. Ses sourcils se froncent quand une esquille de souvenir sème un doute. Sa mémoire, curieusement, est ébranlée par ce faciès, tentant de communiquer par un dialecte indistinct que cette personne a déjà été par le passé une accointance, ou peut-être une amie, une proche, un rat nuisible pouvant inexorablement le gêner dans sa folie et sa guerre. Et déjà, derrière le sourire et la sympathie, il s'éprend rapidement d'une pensée : qui qu'elle soit, il la déteste pour être venue fouiner jusque dans son royaume.

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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Jeu 9 Avr - 15:34

Véritablement, Blake avait peine à croire que Viktor, l’homme qu’elle recherchait pouvait être devenu homme d’église. Ses souvenirs de l’homme, sans être à mille lieux de ce que représentait un religieux, ne collaient pas réellement. L’image qu’elle s’en était faite, persistante, ne pouvait pas être celle-là. Certes, sa vision des choses étaient sans doute faussée par Wesley dans le tableau. Il était souvent difficile de dissocier l’image d’une famille à celle de l’un de ses membres. Pourtant, il avait toujours été très droit, très correct, loin des combines. Du moins, c’était toujours ce qui lui avait semblé. Cet homme avait toujours été irréprochable. Mais prêtre ? Pourquoi ? Comment ? Alors oui, c’était forcément une erreur, un hasard étrange, elle s’était plantée et on l’avait mal renseignée. C’était la raison pour laquelle elle s’énervait elle-même, triturant ses doigts sous le stress de perdre ainsi du temps à chercher un homme qui ne pouvait pas être là. Cette histoire-là, elle était difficile à avaler.
C’est pourquoi, lorsqu’elle s’approcha du prêtre, elle ne s’était pas préparé un seul instant à ce qui allait lui tomber dessus. S’étant elle-même drillée à rejeter en bloc l’idée même que tout ce qu’on lui avait dit pouvait être vrai, elle était pleine de certitudes. C’était ironique, dans le fond, alors que dans son travail, elle suivait toutes les pistes sans rechigner un seul instant, toujours en quête de vérité, quitte à la masquer sans remords ensuite. Toute prête à s’entendre dire qu’on l’avait effectivement mal renseignée, elle posa sa question. Elle attendait presque impatiemment de pouvoir tourner les talons pour sortir de ce lieu froid et triste à souhait en toute hâte. Décidément, elle ne comprenait pas les raisons qui poussaient des fidèles à passer ces portes. Comment pouvait-on trouver du réconfort dans un lieu si... dérangeant et morne.

La réponse qui le fut donnée fut une autre question. Une question qui la désarçonna légèrement. Elle n’avait aucune envie de répondre. Cet homme, tout prêtre qu’il était, était un inconnu. Il n’avait pas à connaître ses raisons, ça ne le regardait pas. Elle était certes respectueuse mais n’hésiterait pas à botter en touche s’il se montrait insistant. Ce n’était pas ses affaires mais, les siennes, à elle. La seule personne à qui elle daignerait raconter son histoire, c’était Viktor. Mais, celui-ci pouvait toujours se brosser. Elle pouvait devenir extrêmement revêche quand une situation ne lui plaisait pas, même si elle tentait de n’en montrer que le minimum. Elle était humaine et ne pouvait masquer tout ce qu’elle ressentait d’un simple claquement de doigt.
Lorsqu’enfin, la véritable réponse tomba, elle perdit absolument tout de ses certitudes et son visage exprima immédiatement la surprise. Si elle se reprit, il lui fallut quelques secondes. Ses sourcils se froncèrent puis remontèrent sous la surprise alors que ses lèvres formèrent une fine ligne. Elle ne savait pas vraiment quel sentiment prédominait. La contrariété de s’être convaincue qu’elle s’était plantée ? La surprise de constater que c’était bien réel ? Non, vraiment, elle ne savait pas. Finissant par se reprendre, elle inspira, hésitante.

- « Vik... Viktor ? » Rien à faire, elle ne s’y faisait pas. « Seigneur... Enfin. Je veux dire. Mince ! »

Changeant de pied d’appui, elle croisa les bras devant sa taille et resserra sa veste autour d’elle. Un peu comme si elle était soudain consciente qu’effectivement, il y avait peut-être bien une volonté d’affront dans sa tenue. Elle n’avait vraiment jamais aimé les églises ou toute autre instance religieuse. Peut-être était-ce son côté cartésien ? Peut-être simplement son éducation ? Ou alors les valeurs dépassées et moralistes de ces institutions ? Si elle avait dû suivre ce genre de préceptes, elle aurait été mariée à Wesley et vivrait un mariage catastrophique avec un homme qu’elle haïssait au plus profond de son être. De plus, June aurait été vue comme un péché et son enfant était très loin d’être quelque chose qu’elle regrettait. Assurément, son inconscient devait s’être rebiffé à l’idée d’entrer dans un lieu pareil, la poussant à la provocation.

Quand elle se décida enfin à regarder avec plus d’attention le visage de l’homme d’église qui lui faisait face, elle reconnut sous le visage vieillissant, les traits de l’homme qui l’avait conseillé autrefois sans la pousser à la décision. Elle avait bien du mal à en revenir mais, c’était bien lui, pas de doute. Ça n’était pas un autre Viktor. Si c’était une blague, elle était d’un mauvais goût extrême.

- « Viktor... » Cette fois, sa voix trahissait l’acceptation, le choc passé. « Je suis désolée, je ne vous ai pas reconnu. Je ne m’attendais pas à ça. » Expirant légèrement, comme si elle se permettait enfin de relâcher la tension, elle sourit. « Vous ne devez sans doute pas me reconnaître après toutes ces années. » À présent profondément mal à l’aise, elle restait clouée sur place. « Je... Blake Elms... » On avait vu des phrases plus construites.

Elle n’était que rarement dans ses petits souliers, son caractère l’empêchant farouchement de s’écraser devant qui que ce soit. Mais, cet homme, à l’instar de son père, était une figure qu’elle respectait, un respect que son père avait eu bien du mal à gagner, tout comme Viktor. Blake avait la fâcheuse habitude de ne jamais respecter personne d’emblée. À ses yeux, c’était une chose qui se gagnait. Elle en avait conscience, elle était un animal à dompter et, il y avait toujours un risque qu’elle se retourne pour mordre. La question n’était pas ici de savoir si elle allait mordre mais, si elle allait fuir. Elle détestait remuer le passé, surtout quand elle était en position de faiblesse et la sienne... sa plus grande faiblesse - et sa plus grande force - était, selon toute probabilité, dans les mains du neveu de cet homme-là.
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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Ven 24 Avr - 19:31


Des phalanges propulsées vers sa jolie gueule n’auraient pas fait meilleur effet que celui de confirmer des doutes juchés sur les frangibles étais de sa confiance. La réponse défragmente les traits de la rouquine en une explosion de surprise, et s’ensuit alors un carnaval d’émotions aussi futiles que furtives sur les landes de son visage. Pour un simple nom, a fortiori une fausse identité si infidèle au truisme qu’elle en explique sa réaction. Viktor ne pipe mot. Il demeure coi face à la ribambelle d’expressions sans juger nécessaire de placer un mot pour justifier la chape et les breloques liturgiques. C’est que le quinquagénaire est toujours taraudé par le mystère, trifouillant en tapinois le capharnaüm de sa mémoire à la recherche d’une esquille de souvenance pouvant lui indiquer une direction. Mais que le néant comme toute réponse. Un trou noir gigantesque lui confirmant que sa vis-à-vis doit être tout au plus une accointance que son encéphale n’a pas jugé nécessaire de sauvegarder. Le constat, s’il ne parvient pas à occire la curiosité, l’exhorte néanmoins à nourrir le germe de haine qu’il destine à cette fouineuse d’ores et déjà étiquetée ennemie. Car ciel, quelle dangereuse motivation l’incite à venir déterrer la carcasse de son passé en ces murs lithiques, sous le regard du Christ ? De quel droit, surtout, fait-elle irruption dans son sanctuaire pour rencontrer un Viktor qui n’est visiblement plus ? Frusquée de la sorte en ces lieux saints, la stupéfaction pendue à ses lèvres et l’incertitude comme unique phare, qui des deux parait le plus ridicule ? Le vieux loup reconvertit en brebis, dont la toge lui sied si mal qu’on y voit, derrière, trainer en traitre sa queue touffue, ou cette inconnue, cette menace, cette chercheuse de troubles qui entre dans sa mire avec l’innocence d’une agnelle ? Les interrogations affluent, mais le silence perdure. Elle se ressaisit et il se refroidit.

« Je... Blake Elms... » Un aquilon balaie subito les nuées et la tête se troue pour y laisser filtrer un rayon de vive compréhension. De tous les noms qu’elle aurait pu porter, il a fallu que ce soit celui-ci. Celui dont les syllabes parviennent à ébrécher son armure de glace, à lui écorcher les parois crasseuses de son esprit et à gonfler sa curiosité d’un souffle d’impatience. Il aurait tendance à voir cette venue comme synonyme de coïncidence avec les retrouvailles de son neveu, mais tapie dans un recoin, une peur le poigne aux tripes pour le secouer d’une vague pensée : est-elle au courant de tous les complots qui respirent derrière les apparences ? La journaliste est parvenue à renifler une piste pour il ne savait encore quelle raison, quel relent putréfié a-t-elle perçue et quels macchabées elle déterrera ? La prudence devient sa lieutenante sous son égide d’indifférence qui se brise pour laisser place à une fausse sympathie. Les lippes s’étirent afin de laisser gambader sur leur lisière l’enthousiasme, et c’est toute une comédie qui s’enclenche subito quand derrière guettent tels des cerbères la méfiance et la colère. La haine, aussi, laquelle bout entre deux sourires. « Blake ! » Il s’exclame pour faire éclater le silence. La mascarade s’enflamme sur la scène de l’église. « Je ne m’attendais pas à te voir. » Il s’agit de la seule vérité dans ce nœud de mensonges. Car tout n’est que mensonges à l’instant où l’une des mains s’alanguit sur son bras pour imiter la proximité d’antan. « Combien de temps, déjà ? Cinq ans ? Je t’assure, tu n’as pas pris une ride et tu n’as pas changé ! C’est ma mémoire qui fait défaut. Je deviens vieux et rouillé. » Immortel aussi, mais c’est une autre histoire. Il la guide alors gentiment vers la rangée de bancs la plus près et l’invite à s’y asseoir d’un geste cordial alors que lui-même fait couiner le bois vétuste du poids qu’il lui incombe. « June n’était encore qu’une enfant, à cette époque. Comment va-t-elle ? » Il le sait. Le sujet est un couteau empalé dans sa chair et la question, une main invisible chargée de triturer la lame. Au fil de la discussion, Viktor commence à saisir les motifs de son initiative et ça le rassure un zeste, sans toutefois parvenir à apaiser tous ses démons. Il doit craindre une femme de cet acabit, dont les enquêtes sont carburées par une détermination immarcescible, laquelle la transforme en dogue qu’on ne peut arrêter, si ce n’est par d’habiles mensonges ou par la simple vérité. Et même lors qu’elle aurait entre ses mains de précieuses informations, rien ne la freinerait dans sa course folle vers le joyau qu’elle convoite. « Je doute que tu sois venue pour une confession. Pardonne-moi, ma curiosité n’a pas flétrie durant ce dernier lustre. Il me tarde de savoir ce qui t’amène réellement jusqu’ici, dans la Maison de Dieu. » L’expression est glaviotée avec tant de naturel que c’en est aberrant. Ses yeux obliquent en direction de la croix géante qui décore le cœur de la cathédrale ; un regard empli de défi, de malice et de joie malsaine est adressé à ce sauveur. Et lui, cloué sur son radeau, prisonnier dans l’ergastule de marbre, est condamné à observer le loup embobiner derechef une brebis avec une si grande facilité que bientôt, les mensonges deviendront la seule vérité aux yeux de tous ces malheureux.



Dernière édition par Viktor Zakharov le Mer 29 Avr - 0:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Dim 26 Avr - 18:29

De voir l’homme qui, autrefois, lui donnait des conseils, porter la soutane avait quelque chose de profondément remuant. Bien sûr, elle avait grandi, elle avait dû tracer sa route mais, jamais elle n’aurait pensé que la route de Viktor prendrait un tel virage. Homme d’Eglise... Elle ne l’avait jamais connu croyant ou alors, ils n’en avaient juste jamais discuté. Peut-être lui était-il arrivé quelque chose qui l’avait poussé vers la prêtrise ? Elle n’en savait vraiment rien mais, elle était désarçonnée. Face à sa tenue, au lieu, à la situation, Blake était perdue. Un peu plus. Les années s’étaient écoulées et, il leur fallait désormais recomposer. Il n’était plus ce conseiller chez qui elle courait et elle n’était plus l’adolescente trop mature à qui il tentait de mettre encore plus de plomb dans la cervelle. Les temps avaient bien changés. Trop peut-être.

La surprise passée et son nom donné, elle se réfugia de nouveau derrière son attitude revêche, signe d’un inconfort qu’elle peinait grandement à dissimuler. Elle avait bien vu qu’il avait compris qui elle était, il ne lui restait plus qu’à attendre, avec une légère anxiété, si elle voulait être honnête avec elle-même. Elle faisait grand cas de l’opinion de cet homme et, cette fois, le temps n’y avait rien changé. Elle avait confiance en lui, figure de sécurité et d’autorité, bien que fortement changée.

- « À vrai dire, je ne pensais pas que les informations que l’on m’avait données étaient exactes. »

Elle souriait même si le malaise semblait persister dans son attitude. Il y avait bien entendu la façade qui était la sienne mais, au-delà de ça, elle était gênée par sa tenue à cause du lieu, à cause de ce qu’il était devenu. Elle avait l’impression de lui manquer de respect par sa seule présence. Une chose qu’elle détestait, bien entendu.

- « Je crois que ça fait au moins ça oui, voire bien plus. Vous savez, je ne pense pas que votre mémoire soit la seule responsable. J’ai bel et bien changé. Vous aussi d’ailleurs ! »

Mais, lorsqu’il parla de June, malgré tous ses efforts, son regard s’assombrit et son attitude, cette façade derrière laquelle elle se cachait tomba en morceau. Elle le suivit sans un mort et s’assit à son côté. Le silence du lieu n’avait été rompu que par le son régulier de ses talons claquant le sol.
Hésitante, elle fit mine de parler pour ensuite se raviser. C’était bien plus douloureux qu’elle ne l’avait cru. Elle n’en avait parlé à personne, pas même à Aleksi. Certains de ses secrets étaient si bien gardés qu’elle se sentait tout simplement incapable de les exhumer. Inspirant enfin pour se donner du courage, il termina de lui procurer le petit rien d’encouragement dont elle avait besoin pour parler.

- « Vous avez raison, je ne suis pas venue me confesser, bien que votre Dieu aurait sans doute quelques petites choses à me reprocher... voire plus. Non. C’est de June dont il est question justement. Elle. » Les mots peinaient à sortir, elle avait beaucoup de mal à se décider à parler et pourtant, c’était pour lui, pour ça qu’elle était là. « Elle a été enlevée. Je suis sûre que c’est lui Viktor. Je l’ai empêché de la voir et maintenant, elle a disparu. Je n’avais plus que vous vers qui me tourner. »

Blake choisit d’éluder la manière dont elle l’avait retrouvé, de ne pas parler de l’argent non plus. Tout ça n’était que secondaire. Elle doutait du fait qu’il puisse être encore en contact avec Wesley mais, elle se devait d’essayer. Peut-être craindrait-il qu’elle ne s’emporte. Elle n’en savait rien au fond.

- « Si j’avais eu une autre solution que de déterrer le passé, c’est celle que j’aurai choisie mais, je ne pouvais pas ignorer le seul semblant de piste qu’il me restait. Je suis désolée de venir vous importuner à cause de lui, encore après toutes ces années. »

Et elle le pensait, très sincèrement. Elle était même prête à remettre de la distance entre eux et parler avec lui comme l’aurait fait n’importe lequel de ses croyants s’il le fallait. Le problème de Blake, c’était qu’elle était capable de beaucoup de choses lorsqu’il s’agissait de sa fille. Du meilleur, comme du pire et malgré tout ce que ça pouvait lui coûter, elle recommencerait encore et encore.
Seulement, si une fois encore, elle devait être honnête avec elle-même, elle n’était pas là pour avoir une confirmation mais, pour venir requérir des conseils. Le père de sa fille, bien au-delà d’être une tête brûlée, pouvait se révéler étonnamment imprévisible, dans tous les sens du terme. Plus que jamais, elle avait besoin de conseils et, elle était persuadée qu’il était celui qui pourrait l’aider à faire face à la situation de la meilleure façon qui soit.
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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Mar 5 Mai - 17:16


L’incertitude qui grignotait jusqu’alors sa confiance, celle qui annihilait toute crédibilité en les clabaudages ouïs, avait sans conteste sa raison d’être. Qui l’eut cru qu’un homme n’ayant jamais fait l’étalage particulier de sa foi décide soudainement de prendre un tournant critique dans sa vie pour se reconvertir ? Quand bien même la présence de Blake le gêne dans sa minutieuse discrétion, il se doit de féliciter l’audace et la persévérance pour avoir poussé son enquête au-delà des écueils du doute afin d’y dénicher le tout nouveau Viktor, flamboyant dans ses allures fallacieuses. Non seulement il lui lève son chapeau, mais acquiesce d’un sourire entendu quand elle excuse son attitude par l’étonnante surprise qu’elle vient de dénicher. Lui-même n’aurait jamais pu subodorer occuper pareil poste, cinq ans auparavant. Il se serait certainement imaginé en train de croupir aujourd’hui sur les landes nivéales de New York, au flanc de sa regrettable sœur que la maladie a gangrenée jusqu’au trépas. Jamais il n’aurait cru partir en croisade contre le dieu de sa puînée en représailles à son funeste destin. Faute de questions, il ne pense pas utile de justifier son parcours atypique. Au lieu de quoi, le suaire du passé tombe sur le regard de Viktor durant un très bref moment ; secondes auxquelles il embrasse le souvenir d’Aleksandra avec un ersatz d’amour, du moins tout ce dont le cœur est capable de générer dans son écrin de roc et de glace.

Puis il la perçoit, cette flamme de douleur terrée loin dans la pupille. La question à propos de June souffle impunément sur le feu des affres pour le muer en brasier. C’est toute sa personne qui fond sous la chaleur étouffante de la culpabilité, de la souffrance et de la perte de son plus grand trésor. Il y a un silence lourd de non-dits et d’émotions qui vagabonde entre les deux acteurs, donnant à la malheureuse le temps nécessaire pour glaner quelques miettes de courage enseveli sous le nid de balafres. Et elle parle,  ou chuchote plutôt, le cœur menaçant de museler fissa sa voix pour en juguler sa confession. L’usurpateur écoute sans piper mot, connaissant déjà les lignes comme s’il en avait écrit le récit. Il joue néanmoins la comédie avec la perfection d’un acteur émérite. C’est pourquoi le réconfort parait franc, que les gestes sont élagués de la moindre tromperie et que ses doigts, lentement, enrobent la dextre de sa vis-à-vis pour un peu de support dans cette difficile épreuve. Et curieusement, dans tout cet imbroglio d’illusions, la compassion que transsude son visage survit avec toute l’authenticité dont elle est forgée. Car Viktor comprend le chancre qui la ronge. Il voudrait même volontiers y mettre un terme, si seulement il n’avait pas pris des engagements auprès du démiurge de cette situation. Enchainé à ses promesses, il ne peut que lui procurer réconfort via cette main qu’il tient au creux de la paume.

« Je… » La palabre est coupée par une stupéfaction mimée. L’effarement précède la répartie, en gêne le dialogue durant des miettes de seconde où le loup réfléchit scrupuleusement à la suite. « Je suis désolé de l’apprendre. Vraiment. » La cime des doigts exerce fugacement une plus grande pression sur la main de la mère éplorée. « Crois-moi que si je le pouvais, je t’aiderais. Mais je n’ai pas revu Wesley depuis très longtemps. Je ne sais même pas où il se cache. » Ses doigts s’enchevêtrent entre eux sur ses genoux tandis que la nuque se ploie. Le prêtre se perd un moment dans l’ébahissement et dodeline finalement de la tête avec dépit. « Le désespoir pousse l’Homme dans ses derniers retranchements, parfois. Je ne le pensais pas capable d’une telle chose. » Et nonobstant la déception partagée, Viktor s’interroge sur ce qu’il aurait fait si tant est qu’on eût pris la tangente avec son enfant. Il en aurait fort probablement traqué la responsable, tel un dogue chassant son os, jusqu’à se faire justice soi-même. Cela même si la raison encourage l’abandon, comme lui-même a pointé la direction de la fuite à Blake, un lustre auparavant, afin de sauver June de la gueule béante de l’engeance et ses bas-fonds. Avec tous ces bouleversements, le mafieux doit craindre plus que tout qu’on désape les mensonges. Si nombreux sont-ils qu’une pareille catastrophe démantèlerait sa relation avec le neveu, mais en encouragerait aussi la vindicte. Chose qu’il devait à tout prix éviter.

« As-tu averti les autorités ? » C’est comme ça, il parait, qu’on règle les problèmes normalement. En abandonnant le dossier entre les mains d’une tierce personne dont la compétence sème parfois le doute. Les litiges ne sont pas l’affaire d’un dangereux échange de plombs ou de goitres tranchés, mais de sempiternelles escarmouches verbales devant un juge, seulement si les chiens décorés de badges parviennent à mettre la patte sur le fuyard. S’il ne se celait pas sous la soutane, si l’ennemi n’était pas son propre neveu qu’il vient tout juste d’enrôler dans son organisation et si Blake n’était pas aussi dans le noir quant à la réalité, Viktor lui proposerait une méthode plus radicale et efficace. Mais trop de si dans le calcul mène à l’inaction, ce à quoi il se cantonnera dans cette situation corsée. Un soupir perce l’air et son regard se voile d’un zeste de contrition. « Tout ceci est de ma faute, Blake. Je t’ai encouragée à partir loin avec June. J’ai sous-estimé la détermination de Wesley. Et sa bêtise, aussi. Tu viens vers moi dans l’espoir que je t’aide, mais je n’ai pas même l’ombre d’une piste à te donner. J’ai depuis longtemps coupé les ponts avec mes anciens contacts, cela pour mieux embrasser ma piété. » Il l’imite outrageusement bien, ce prêtre impuissant qui n’a que le seigneur pour seul secours. Sa senestre, d’ailleurs, s’empare de la breloque sacerdotale qui pend à son cou pour la porter à ses lèvres comme il murmure brièvement un vœu à peine audible dans l'air. « Que comptes-tu faire à présent, Blake ? » demande-t-il finalement, les yeux rivés au plancher et l’innocence feinte colmatant toutes les brèches de son visage pour donner à cette question un aspect anodin qu’elle ne porte évidemment pas.
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MessageSujet: Re: One more step and I could fall away ✧ Viktor   Dim 10 Mai - 1:54

Ses recherches avaient payées, il n’y avait aucun doute là-dessus et, son acharnement à ne rien lâcher également. Cependant, la personne que Blake avait trouvée était surprenante, toujours la même mais, infiniment différente. Que pouvait-elle donc faire à part être franche ? Le connaissant, il ne lui en tiendrait probablement pas rigueur. L’image qu’elle avait de son guide était une icône bien définie, un soutien sans faille et l’éclairant de brillants conseils. Il avait appris à la comprendre et il avait été patient. Ce qui était gênant désormais, c’était la position dans laquelle elle était. Elle supportait difficilement d’être la demandeuse, celle qui réclame, surtout à un être sorti tout droit de son passé. Un passé qu’elle aurait préféré garder à distance, à n’en pas douter.

À sa question, elle ne put répondre immédiatement, les émotions se succédant avec force et dévastation. Elle était usée par la situation, blessée également, c’était évident. Face à lui, le masque avait bien du mal à se maintenir. Elle n’en avait pas besoin. C’était Viktor. Une des rares personnes en qui elle avait confiance. Et même si sa voix menace de déraper, de saper tout le courage qui pouvait encore se trouver, reclus et perdu dans un coin de son être, elle y parvint. Lui parler de son neveu, exhumer les traces du passé pour étaler à sa vue et à son ouïe la plus grande de ses faiblesses relevait de la torture pure. Se convaincre qu’elle agissait de la bonne manière ne l’aidait en rien. Exposer ainsi une plaie béante n’était pas dans ses habitudes et la douleur n’en était que plus forte.
Son excuse, lorsqu’elle vint, hésitante, eut l’effet du sel que l’on jette sur la chair à vif, la déchirant de l’intérieur et lui broyant le cœur. On ne s’excuse jamais pour rien, surtout pas lorsqu’on a des solutions. Sautant aux conclusions, elle sut qu’il ne pouvait rien. Pourtant, cet avide parasite qu’était l’espoir s’accrochait aux derniers lambeaux du trou béant qui siégeait désormais dans sa poitrine depuis longtemps, la forçant à croire qu’il restait une chance, une porte de sortie. Enfin, il se fracasse au fil des mots, souffrante, elle fut soulagée de la délivrance. Savoir que toute espérance était vaine lui était salutaire. Comme si elle avait besoin de l’obscurité pour se battre encore et se relever. Serrant la main de Viktor sans s’en rendre compte et sans pour autant oser le regarder, elle inspira profondément avant de soupirer. La voix chevrotante mais, légèrement plus assurée, elle reprit.

- « Il a toujours été capable du pire même si j’étais trop idiote pour le voir. Quoi qu’en vérité, je pense que je l’ai toujours su. »

Oh, elle s’en voulait, bien qu’il fût responsable de ce qui était arrivé. Leur couple n’avait été beau qu’un temps avant que la haine ne le consume entièrement. Bien avant qu’il ne la conseille, le mal était fait et leur histoire gangrenée. Rien, pas même leur fille ne pourrait un jour lui faire apprécier ne fut-ce qu’une conversation avec lui.
Rompant avec ses réminiscences, elle observa un instant Viktor, un peu comme si elle le voyait pour la première fois. La question lui semblait presque aussi absurde que la réponse mais, pas pour des raisons évidentes.

- « Oui. Et je n’aurai pas dû. » Sa réponse est claire, tranchante comme une lame de rasoir, presque acide. « Ma fille n’est qu’un nom sur une liste, un nom dont ils se fichent et dont je suis la seule à me soucier. Ils n’ont même pas cherché ou alors on fait semblant pour que je me taise et les ennuie pas trop. »

Sa hargne et sa colère transpirait dans chaque mot qu’elle prononçait. S’ils avaient pu avoir un impact, les bâtiments de police se seraient effondré sur le champ tant ses paroles semblaient leur souhaiter mille maux et morts. Secouant la tête légèrement pour renier ses paroles, elle regarda à nouveau Viktor droit dans les yeux.

- « Vous n’y êtes pour rien Viktor. Cette décision, je l’ai prise parce que je l’ai bien voulu et surtout parce que c’était ce que je voulais faire. Sa stupidité n’est pas de votre fait mais, de la sienne. Vous ne serez jamais responsable de ses actions sous prétexte que vous partagez son sang. La famille est parfois un fardeau encombrant, voilà tout. C’est tout à votre honneur que de vous en tenir à vos convictions. »

Et en matière de famille, Blake en connaissait un rayon avec Aleksi. Son fardeau à elle était lourd, très lourd mais, elle refusait de s’y plier, tout simplement. Elle comprenait que Viktor s’en veuille. Elle ne pouvait cependant pas lui reprocher les actions de son neveu. L’homme avait pris un chemin tout autre et, même si elle ne comprenait pas pourquoi, elle respectait son choix.

- « Ce que je compte faire ? » Elle soupira presque avec rage. « Je vais le confronter. Je n’ai pas le choix. Je ne peux pas le laisser agir à sa guise. Ma fille est plus importante que tout au monde et si son désir de paternité la met en danger, je ne lui pardonnerai jamais. J’espère pour lui qu’il a de bonnes réponses en stock car je suis prête à tout Viktor. Vraiment à tout, pour elle et il n’en a pas la moindre idée. »

Crispée, elle était réellement décidée à agir et même à faire des choses qu’elle finirait par regretter. Et, plus la conversation avancait, plus elle était décidée. Discuter de ce qui lui arrivait lui fournissait une nouvelle énergie, dont elle avait cruellement besoin.
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One more step and I could fall away ✧ Viktor

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