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 Someone new (Valerya)

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↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Someone new (Valerya)   Mer 8 Avr - 15:45


Valerya Everstone & Calyxte Breckenridge
Never feel too good in crowds, with folks around, when they're playing. The anthems of rape culture loud, crude and proud creatures baying. All I've ever done is hide. From our times when you're near me. Honey, when you kill the lights, and kiss my eyes. I feel like a person for a moment of my life But you don't know what hell you put me through

La perte de contrôle. Elle s’étend sur l’empire chimérique qu’il s’efforce de bâtir depuis des mois. C’est un échec de plus qui vient recouvrir le tapis de son existence. Et la sensation que cela procure lui est intolérable. Derrière l’albâtre de son visage impassible, le mage fulmine. Les phalanges se crispent à intervalles réguliers. Et ces convulsions nerveuses l’obligent à apposer ses mains à plat sur le bois lisse de son bureau. Elles le contraignent à serrer les dents pour mieux endiguer le flot de ressentiment. Les sourcils se froncent, manifestent à eux seuls tout ce qui peut être en train de malmener les pensées de cet homme. Au milieu de ce capharnaüm, une seule chose surpasse les autres. Comment a-t-elle pu lui échapper ? L’incompréhension est totale. Et c’est bien cet infime détail qui plonge Calyxte dans un tel état de perplexité. Ce détail et le trouble qui accompagne ces rencontres hasardeuses. Les pupilles céruléennes se posent sur contre ses doigts qui serrent et déroulent avec lenteur. Ils se sont refermés sur du vide le jour où Elle a abandonné son poste. Et ce vide continue de s’étendre devant ses yeux. Le poing se serre avec plus de force et c’est toute sa stature qui se fige et s’enlise dans une profonde contrariété. Il ferme les paupières, se réfugient dans les ténèbres et laisse les battements de son cœur résonner contre ses oreilles. Sa main tremble, abandonne le bois tiède pour s’échouer près d’un tiroir. Qu’elle n’ouvrira pas. L’organe entre ses côtes ordonne, mais la raison de l’homme se fait plus forte. Depuis sa désertion, il a été contraint de doubler la dose. De rendre ce traitement médical qui le suit depuis son enfance, plus important. Pour effacer la douleur et remédier à un problème qui gagne en ampleur au fil des ans. Les tremblements se font plus forts mais les phalanges reculent avec brusquerie. Brûlées par l’air étendu entre elles et leur cible, elles se reposent durement contre le bois. Servent d’appui, pour que Calyxte se lève enfin, repoussant son siège avec une brusquerie difficilement contenue.  

L’air moite le saisit à la gorge une fois hors de sa tour de verre. Façonné pour endurer les climats les plus rudes sans sourciller, l’ancien soldat ne parvient pourtant pas à se faire à cette chaleur. Poisseuse, elle s’agrippe à ses épaules. Les recouvre et ne les délaisse qu’une fois à l’abri entre des murs plus cléments. Il balaya l’inconfort d’un soupir, effleurant du coin de l’œil les chiffres sur sa montre. Il avait mené sa propre enquête, usant de ses relations pour trouver la trace de la détective inconsciente. Elle l’évitait c’était un fait. Travaillant dans le même bâtiment, les fois où leurs routes se croisaient étaient devenues bien rare. Un vide dans la poitrine de Calyxte. Tiraillé entre la perte de contrôle et ce qu’elle allait entraîner, et le simple fait de ne plus pouvoir voir Valerya. Ce n’est pas de l’attachement, il se borne à se dire qu’elle est comme les autres. Un pion qu’il va user jusqu’à l’os pour mieux le jeter. Que ce qui s’éveille sous sa peau dès que son regard se pose sur elle n’est que la manifestation de ce besoin malsain de tout dominer. Il se leurre et s’enlise dans le mensonge qu’il tisse un peu plus chaque jour. Refuse de voir ce qui se dessine à l’horizon par peur de chuter à nouveau. La blessure reste ouverte. Les cicatrices se sont refermées pourtant, savamment masquées par du maquillage. Mais la plaie elle, se fait purulente. Gangrène cœur et cerveau pour mieux asservir l’homme. Mieux l’enchaîner à ses démons et ses craintes pour creuser la tombe de sa faiblesse. Et l’éloigner encore plus de l’homme qu’il fut avant le drame. Il n’a plus grand-chose en commun avec cet autre, si ce n’est l’apparence physique. Les mots, la stature et les réactions ne sont plus les mêmes. Elles ne sont que des variantes glaciales, bien loin de la chaleur de ses mots et ses sourires. Il est comme l’ombre qui suit ses pas et frôle les murs des bâtiments devant lesquels il passe. Il est étonnant de constater que les pas de la demoiselle l’amènent à flirter avec l’addiction et le cliquetis des jetons qui s’entrechoquent. Qu’une possible transaction amène la délicieuse créature à se perdre au milieu de l’antre du vice provoqué par les billets verts, intrigue l’homme alors qu’il pousse la porte du Caisno Royal.

Le nom à lui seul laisse présager du luxe qui vous attend une fois la porte ouverte. De l’opulence et de l’excès qui sévissent en ces murs. Les doigts du mage se glissent contre le col de sa chemise, remettent la cravate en place pour conférer à sa tenue l’élégance que l’on est en droit d’attendre dans un tel lieu. Si proche du bâtiment du Gouvernement. Si proche et pourtant si loin. Il aurait dû s’en douter et s’en veut de ne pas avoir pour deviner seul les intentions de la jeune femme. Ses semelles n’émettent pas le moindre bruit contre le moelleux de la moquette rougeoyante alors que ses pupilles parcourent l’immensité de la salle pleine à craquer. Elles se posent sur un couple trépignant d’excitation devant une machine à sous. Sur un groupe attablé près d’une table de poker. Suivent les gestes maîtrisés des croupiers et à mesure que Calyxte s’enfonce dans ce monde, sa physionomie change. Le dédain et la froideur se craquèlent légèrement pour céder leur place à l’étincelle de la convoitise. Il se pare de tous les vices, savoure toutes ses tares. Et au-dessus des autres, la cupidité est celle qui le dévore le plus. Le prédateur hante les lieux, telle une ombre, il se faufile entre les corps sans les toucher. Il domine les pauvres âmes qui croisent sa route jusqu’à gagner le calme relatif du bar de l’endroit. Le verre d’alcool que l’on pose devant lui ne touchera pas ses lèvres, Calyxte se contente seulement de contempler le liquide ambré avec un intérêt feint. Il se fond dans la masse lorsque ses doigts viennent jouer avec le cristal, joue le même rôle que les autres accoudés à ses côtés. Mais des vapeurs d’alcool, il n’en retire qu’un profond dégoût. Aucune ivresse. Aucun plaisir. L’unique ivresse qui sera sienne ce soir, il vient de l’apercevoir alors qu’Elle entre dans le casino. Sous le costume, le cœur s’enraille, et c’est toute sa peau qui se voit recouverte de frissons d’une fatale délectation.  

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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Lun 13 Avr - 14:07









&
Calyxte&Valerya
Sometimes there is passion...


Je suis quelqu'un de simple, du moins j'aime les choses qui le sont et pourtant me voilà dans cette énorme monstre noir mécanique, suintant l'exubérance et le luxe, chaque détail même le plus insignifiant pensé pour qu'on se sente à l'aise, mais aussi pour que nos mirettes se délectent, un bel étalage du porte-feuille de mon client actuel, une manière de me prouver qu'il allait me payer ? Ou juste de la reconnaissance démonstrative ? Après tout j'allais y contribuer aussi moi à cette richesse, en dévoilant au grand jour la liaison de sa femme avec leur avocat du divorce, affaire juteuse autant pour moi que pour lui, il récupérerait son argent et moi j'indemniserais mes soirées de traque avec le sien. Mes doigts fins se resserraient lentement sur le verre que me tendait l'hôtesse du luxueux transport qui m'emmenait à mon salaire, même les coupes étaient serties de diamant, complètement inutile et tape à l'oeil à mon goût mais bon... Lorsque mes lèvres trempèrent dans le liquide pétillant, s'écoulant dans ma gorge délicatement comme la caressant avec ses fines bulles, je me rendais vraiment compte qu'il ne lésinait pas sur les moyens, ce champagne était simplement divin. Je viens d'une famille pauvre, moi la petite Everstone, fille d'une couturière et d'un voyou, j'en avais parcouru du chemin et non pas sans mal. Je me suis battue, enfuie, perdue même parfois, mais maintenant, regardez -moi dans ma robe de dentelle noire comme peinte sur moi dévoilant la cambrure de mon dos nu et épousant chacune des formes de la femme que j'étais devenue. Partisane de ce qui est juste, je dois dire que parfois j'ai tout de même dû avoir recours à des moyens peu orthodoxes et j'ai du collaborer avec des gens pas toujours net mais tant que l'on sait où l'on va peu importe la manière on ne se trompe pas de chemin non ?

Alors que des questions continuaient d'affluer dans mon esprit torturé le véhicule s'immobilisa et l'on m'ouvrit la portière. Le chauffeur, un gorille haut d'un bon mètre quatre-vingt-dix m'indiquant que Mr Enrich m'attendait à l'intérieur, avec une voix si cérémonieuse et pourtant en telle décadence avec son physique qu'il me manquait d'étouffer un petit rictus moqueur. La bonne humeur était au rendez-vous et ce n'est rien de le dire mais j'étais aussi assez excitée, faut dire que les Casino sont un endroit que j'apprécie particulièrement non pas que je sois une grande joueuse mais j'aime la sensation que cet endroit procure : cette soif, cet appât du gain, cette rivalité lorsque vous êtes attablé à une table à jouer vos billets en espérant les faire décupler. Une sorte d'esprit de compétition, mais aussi un endroit où l'on peut être quelqu'un d'autre si on le souhaite, ou l'on peut devenir quelqu'un d'autre d'ailleurs avec un peu de chance. A peine mes pieds foulèrent le sol rougeoyant et le directeur me sautait dessus, enfin c'est une métaphore, je vous rassure.
Accompagné de deux magnifiques créatures à ses bras, l'une blonde l'autre rousse, et de deux primates qui semblaient être des gardes du corps vu leur expression et leur carrure complètement dissuasives de tenter quoique ce soit contre leur patron. Il portait un costard qui lui donnait des air de mafioso italien, d'ailleurs je trouvais absolument ridicule sa petite moustache enfin je ne vais pas vous encombrer de tout les détails gênants de ce personnage parce que nous en aurions pour un moment je vous assure.

Une princesse, du moins c'est l'impression que laissait paraître cet accueil, il prenait ma main pour la porter à ses lèvres, vieux jeux vous me direz , mais ça eut tout de même de l'effet puisque je lui répondais par un sourire tout à fait radieux et plutôt sincère sur le coup. Il semblait impatient, il ne cessait de me remercier, nous étions là à bloquer le passage, il parlait fort même sa manière de se tenir était insolente et se voulait exubérante, il m'était tout à fait antipathique. Il n'y allait pas par quatre chemins néanmoins et j'en fus ravie n'ayant pas envie que tout cela s'éternise surtout en public: il me tendit une enveloppe qui je le savait contenait mes nouveaux petits amis verts et je lui remettait son Graal à lui, les photos de sa dite compagne dans des situations pas très décentes. Il fit passer la pochette à son garde du corps puis me tendit une autre enveloppe en me faisant un clin d'oeil qui eut comme effet de me faire arquer un sourcil, un clin d'oeil assez bizarre en me regardant de haut en bas comme si j'étais l'objet d'une vente, ça me déplut je vous l'avoue, mais il n'en parut rien : << C'est un petit plus, un remerciement pour votre rapidité et votre précision, faite en bon usage et qui sait peut-être à plus tard bébé ! >>. Annonça-t-il avec son regard mielleux et vicieux, eurk !

Je rêve où il vient de m'appeler bébé ? Je tentais pourtant de faire mine de rien et le remerciait à mon tour en découvrant que dans la pochette il y avait un nombre assez important de jetons de jeux. Tiens, tiens, intéressant...Aussi vite qu'il s'était jeté sur moi il disparut. Sentant des regards se tourner vers ma petite personne a présent satisfaite et glorieuse, je pris vite la direction d'un endroit plus calme moins bondés des personnes qui nous avaient vus faire notre transaction. Je n'aime pas lorsque c'est si voyant mais croyez-moi pour la somme, je pouvais bien faire un effort. J'étais encore sous le coup de la rencontre et lorsque je m'assis au bar je ne me souciais pas de qui s'y trouvait et pourtant j'aurais peut-être dû car Il était là, juste en face sur l'autre bord du bar. Je commandais un bourbon sans glace, posant mon sac devant moi mes lèvres vinrent de nouveau tremper dans cette fois-ci un liquide bien plus corsé que dans la limousine, mais tout aussi délectable pourtant, alors que je savourais le brouah ambiant et que je me mettais à parcourir la salle des yeux mes pupilles se figèrent et je manquais bien de m'étouffer avec l'alcool encore contenu dans ma bouche.

Comme un éclair vous transperçant de part en part, un coup de poing violent et sec dans le ventre qui vous coupe la respiration. Il me transperçait, son regard ayant croisé le mien sans que j'en sois préparée, mes billes grandes ouvertes se noyant dans les siennes. Je déglutis et je n'eus qu'un réflexe, peu glorieux je sais, mais peu importe je me levais avec vigueur et commençait à tourner les talons. Déjà je sentais cet effet néfaste qu'il avait toujours eut sur moi, à peine je m'étais levée que la confrontation me titillait mais j'essayais de me persuader ou du moins de persuader mes jambes d'accélérer le pas au lieu d'avoir cette folle envie de courir dans sa direction. Je t'en supplie Ô toi mon corps pour une fois cesse de me faire ressentir ce que ma petite voix malicieuse et désireuse de chaleur te susurre si sournoisement, tel un sifflement de serpent. Je dois partir car, il réussit toujours à m'amadouer. Lorsqu'il arbore sa mine sévère, sérieuse mon esprit lui sait qu'il peut aussi avoir cet irrésistible sourire qui m'avait fait tant craquer la première fois. Mais vu que tout ne se passe jamais comme on l'espère il me rattrapa...
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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Mar 14 Avr - 20:29


Les pupilles frôlent, effleurent et accablent. Elles ne cessent de se heurter sur les figures alentour. Se nourrissent du vice qui sévit dans les regards et sur les sourires éclatants. Dans la décadence qui se lie au rythme des jetons qui se jettent et disparaissent, la superficialité du monde n’en ressort que plus grande. Il est difficile de croire qu’au dehors, l’univers écroule. Difficile de croire que ces êtres dont les rires et les paroles légères emplissent l’air se retrouveront à craindre pour leur existence une fois le luxe derrière eux. Difficile de croire que les restrictions sont à l’œuvre, que les Jeux sanglants ont un jour seulement existé. Calyxte se perd dans cet examen étrange, qui pousse un de ses sourcils à se hausser légèrement à chaque nouvelle réflexion. Cette capacité de l’être à oublier, ne serait-ce que pour quelques heures le fascine. Le surprend. L’ignorance forgée par un instinct de survie exacerbé est la chose la plus admirable chez l’être humain. Le regard inquisiteur se pose à présent sur les personnes qui entourent le bar. Sur l’homme dans une tenue semblable à la sienne qui se déchire la trachée à grand renfort d’alcool fort. Entourée de créatures aux rires cristallins. Cet autre, qui semble avoir perdu le restant de sa fortune dans une machine juste bonne à tout engloutir sans jamais vouloir recracher son trésor. C’est l’espoir qui les amène ici. L’espoir vain de se remplir les poches et de vivre dans un luxe semblable à celui auquel ils goûtent ici. L’avarice et la cupidité s’extasient. S’étendent dans l’air surchargé par l’allégresse, l’alcool et le tabac. Les cigares et le champagne sont de sortis, et lui ne peut que plisser le nez devant une telle débauche. Si ce n’est pas la pauvreté qui les tuera, ce sera un cancer du poumon ou une cessation d’activité de leur rein engorgé par une dose trop importante d’alcool. Il toise, lève légèrement le menton et contemple à présent avec un infime dédain la foule qui se presse devant ses yeux. Lui, il est figé dans le temps. Immobile, au ralenti, il est le spectateur du fourmillement de la vie humaine. Il contemple, juge et oublie pendant un instant qu’il est comme tous les autres. C’est un vice chez lui, cette habitude malsaine de se croire au-dessus de tout. Quand il n’est rien de plus qu’un pion dans une mécanique bien rodée. Voué à finir en poussière lui aussi.

Les frissons roulent contre sa peau, ils crispent ses muscles et l’obligent à s’installer d’une autre manière sur son siège. Les tendons se tendent dans une crispation nerveuse et les doigts se resserrent contre le verre. Il a bien senti le regard du barman se poser sur lui à mainte reprise. Il ne consomme pas, et c’est contraire aux règles de l’établissement. Alors quand enfin le bleu de ses pupilles se lie au noir de la robe de celle qui vient de pénétrer dans le casino, le verre quitte le panneau de bois et se porte à ses lèvres. Une seule gorgée. Une pauvre goutte qui lui ravage la trachée et lui tord les entrailles. Le geste de l’inconscient qui ignore ses faiblesses. Le geste d’un fou qui est en train de se noyer dans ses propres pensées. Calyxte s’étiole, s’effrite et manque de s’effondrer. En profondeur, car à la surface le visage ne change pas. Reste paré de cette froide détermination qui est sienne aujourd’hui. Le mage ne parvient plus alors à se défaire de la vision qui s’appose devant lui. Il suit le moindre de Ses gestes, s’enivre de Ses sourires. La glace autour de son cœur fond. Et l’organe flétrit, inutilisé depuis bien longtemps se réchauffe. Un peu. Suffisamment pour perturber cet homme dont l’existence ne s’encombre pas d’un tel trouble. La convoitise physique, ce besoin de domination le pousse à la voir comme une autre. Comme celles qui se brisent contre sa peau pour mieux disparaître une fois les premières lueurs du jour. Mais ce que provoque son absence, ce trou béant qu’elle creuse en son sein prouve à lui seul qu’elle est bien plus. L’homme se redresse légèrement, maudit les imbéciles qui errent dans le casino et qui passent à maintes reprises devant l’improbable duo qui se tient près de la porte. Il sait pourquoi elle est là. Ce que contiennent les enveloppes qu’ils s’échangent avec un naturel visant à effacer la nature de leur rencontre. Il déteste cet homme qui se tient si près d’elle quand lui n’obtient que le souvenir de sa présence. Il l’a cherché c’est un fait, il le sait, mais l’ancien Major ne parvient à se faire à cette idée.

La distance s’étiole lorsqu’Elle vient s’assoir face à lui. Et il se surprend à hésiter. A se sentir incapable de s’approcher par peur de la voir disparaître. Et la crainte est fondée. Un simple change de regard, intense, met le feu aux poudres. Elle se lève et menace de disparaître. Comme à chaque fois que leurs routes viennent à se croiser dans les couloirs de leur lieu de travail. Il court après une ombre, mais ce soir, il est hors de question qu’elle lui glisse entre les doigts. Calyxte sort alors de son immobilisme. Rompt la distance en quelques enjambées et sa main vient se poser contre le bras de la jeune femme. Il ne la touche pas, la frôle seulement du bout des doigts, mais ce simple geste est suffisant pour la retenir. Les prunelles dévalent contre Son dos, se perdent le long de la chute de Ses reins et c’est tout son corps qui s’embrase. Les frissons lui tailladent le ventre et il s’approche. Effleure du bout de sa chemise la peau nue de Ses épaules lorsqu’il se penche vers elle. « - Heureux de te revoir Valerya. » La voix se fait murmure, ronronne et effleure l’ébène de sa chevelure. Une simple phrase qui contient à elle toute l’ironie que provoque chez lui cette rencontre.

« - Moi qui redoutais que tu ais quitté la ville en laissant en plan toutes tes enquêtes. » Elle est la seule à pouvoir entendre. A pouvoir comprendre l’allusion. Le politicien n’a pas réussi à affecter l’affront. L’abandon et la fuite de la jeune femme lui brûle encore les doigts. Alors comme pour éteindre le feu, ils effleurent Son bras, glissent le long la courbe de Son épaule et viennent s’enrouler tels des serpents autour de Sa gorge. Nulle pression assassine, seulement la marque d’une volonté de fer qui oblige la détective à faire légèrement volte-face. Suffisamment pour qu’il puisse se délecter de l’éclat incendiant ces prunelles magnétiques. « - Ils serait fort conseiller de froisser ton nouvel ami en quittant les lieux sans en profiter… » La réplique en suspens, et l’homme se redresse enfin. Recule par ce simple geste sans pour autant s’éloigner. La froideur coutumière reste de mise, comme à chaque fois qu’ils peuvent se retrouver au milieu d’une foule. Mais dans les pupilles assassines, la glace prend feu. Se pare d’éclats mutins qui confèrent à ce regard une nouvelle lueur. Lentement, les phalanges corruptrices s’écartent et reviennent se poser contre le flanc de l’ancien soldat.

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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Lun 20 Avr - 11:02

Il venait juste de me frôler, d'effleurer de ses doigts mon bras et j'avais stoppé net. Comme si des racines venaient de sortir du sol pour m'immobiliser, comme des bras qui me retenaient sur place, impossible de bouger, figée, simplement secouée par une vague de frisson qui roulaient lentement sur moi. Soufflant de manière forcée, laissant pendant quelques secondes voir que je n'étais pas bien, mon souffle était saccadé, je crois que je paniquais et je ne crois pas mais c'est un fait plutôt, je n'avais pas travaillé dans mon esprit l'éventualité que ce serait lui qui mettrait la main sur moi et certainement pas aujourd'hui. Cet homme a toujours eu cet effet sur moi, tout chambouler, tout mettre en morceau. Et même alors que j'étais de dos et qu'il s'amusait à jouer avec mes émotions, je sentais son regard, celui-ci même que je n'avais pas été capable de confronter derrière le bar. J'étais envahie de pensées, d'idées contradictoires : essayer de rompre les liens invisibles qui me tenait immobile ou simplement me retourner et lui faire volte face en lui offrant mon regard le plus foudroyant ou peut-être craquer tel le mouton qui pensait caresser de sa chemise et lui offrir un sourire afin qu'il se sente victorieux, assez pour que je me fasse la malle après un joli droit dans le museau, c'est tout ce qu'il méritait de moi. Mes sentiments se bousculaient pourtant tout comme les images alors que ses vicieux bras m'entouraient oppressant quelques peu ma gorge.


Je me revoyais lui sourire la première fois, je me rappelle l'expression de son visage, de la manière dont il me détaillait. J'avais complètement perdu mes moyens devant ce militaire la première fois, j'avais craqué et depuis ce soir je n'ai plus jamais ressentis cette chaleur autour de mon organe vital, plus jamais de cette manière si intense et si brûlante. J'avais des bribes d'images, mes doigts resserrant les draps, le souffle court, ses mains agrippant mes hanches puis remontant dans mon dos...Chaque frisson m'offrait un nouveau souvenir et même si Calyxte faisait émerger en moi une certaine haine je n'arrivais qu'à voir des flashs qui auraient plus tendance à me faire sourire alors que je me revois moi, le jour où j'ai décidé de fuir son emprise, dans mon lit me surprenant à y verser une larme. J'avais du mépris pour lui et pourtant je me sentais indéniablement dépendante, voilà les méfaits que provoque la passion mes amis. Lorsque sa voix résonna jusqu'à mes oreilles, pleine de malice, son souffle caressant ma nuque, du velours pour celle-ci bien que chaque mot soit en réalité des piques acérés. Je devais me reprendre, je restais muette alors qu'il me susurrait qu'il se voyait heureux de me voir, un doux mensonge ou la vérité ? Puis il faisait allusion à mon échange avec mon client, mais aussi à tout ce que je savais sur lui et qu'il savait dangereux et enfin il essayait de me dissuader de tenter quoique ce soit pour lui échapper. Ces paroles coulaient je sentais que je perdais plus pied, comme envoûtée par ses dires, j'aurais pu l'écouter ainsi pendant des heures profitant de tous les effets contradictoires qu'il avait sur moi, car bien que ce soit quelque peu désagréable de se sentir si faible tout d'un coup, si dépendant de ce que l'on ressent, c'est comme adrénaline, un coup de fouet cinglant qui vous éveille et vous émerveille.


Une réaction par pitié réagit toi mon petit esprit torturé. Les yeux clos un instant prenant une inspiration semblant tout droit venu du fin fond de mon corps. Une douloureuse inspiration puis expiration rapide et là en quelques secondes alors qu'il me libérait de son emprise je lui fis volte face. Mes pupilles émeraudes rivés vers ses billes azurs. Je sentais des picotements sous tous mes muscles, mais je les ignorait arborant une mine ferme et déterminée. Il me fixait et j'avais cette impression qu'il me prenait de haut, enfin ce n'était pas qu'une impression, il avait un ego absolument sur dimensionné parfois. Je détestais ce regard froid, cette mine impassible qu'il me servait et là je sentis que ma rage refaisait surface, que cette haine prenait le dessus sur mes désirs. << Heureux de me revoir ? Peux-tu simplement en avoir l'air ? >> Ma voix se voulait glaçante, aiguisée. Mon regard ne faiblissait pas, je sentais mes entrailles brûlées et comme pour lutter contre mes envies de baisser le regard je mordais ma lèvre inférieure fermement, comme pour m'octroyer le courage dont je devais m'armer pour braver ses réponses, je continuais :<< Allons, nous savons tous les deux que tu ne redoutes rien, enfin c'est ce que tu t'obliges à croire, mais cela va changer, tu crois pouvoir me suivre, me surprendre et tenter de t'emparer de moi à nouveau si facilement ? Je suis un pantin pour toi certainement, un pion à ta merci, mais..>> Je me surprenais à avoir un semblant de rire. Je m'approchais de lui, vaillante et décidé, de nouveau envahit par cette force dont je me savais pourvu afin de le combattre malgré mes sentiments envers lui. << Tu te trompes crois moi ! Et quoique tu sois venu chercher auprès de moi tu n'obtiendras rien. Et c'est moi que tu devrais avoir peur de froisser car tu es imprudent si tu as a cru un instant que tu pouvais m'asservir, alors maintenant à toi de ramper pour que je ne provoque pas l'effondrement de ton joli petit nid douillet. >>. Le menaçais-je.

Une vraie harpie, sournoise et piquante. Voilà ma deuxième facette celle qu'il ne vaut mieux pas réveillé parfois, celle qui fait de moi l'adversaire la plus redoutable qui soit. Mais je dois profiter de cet instant de puissance car je ne sais réellement jamais lorsqu'il cesse en la présence de l'ancien militaire. J'étais à quelques ridicules centimètre de lui, si j'avais de l'attirance pour lui je savais qu'il en ressentait pour moi, du moins j'en avais la fervente intuition, car ces regards froids et neutres ne laissaient jamais rien transparaitre que du mépris et de l'avide perversion. S'il voulait jouer alors nous allions jouer, je posais ma main délicatement sur son torse, puis venait jouer du bout des doigts avec sa cravate, descendant le long de celle-ci en le foudroyant toujours du regard, mon expression se voulait provocatrice, mais aussi déterminée enfin pour le moment.


Je savais que je m'aventurais dans un sentier glissant, jouer ainsi avec un professionnel c'était risqué, mais une partie de moi voulait l'impressionner et lui faire regretter de m'avoir utilisé sans essayer de s'intéresser plus à moi, je voulais lui faire regretter de m'avoir si salement traité et surtout essayer de faire paraître à ce visage si triste un semblant de réaction, même si elle était négative.
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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Mar 21 Avr - 20:47


La question acérée appose sur les lèvres fines du politicien l’ombre d’un amer sourire. Il s’amuse de ce constat, s’enorgueillit de voir que ce masque qu’il appose consciemment sur ses traits rempli toutes ses promesses. La fierté fuse sous la peau et pourtant les fibres de son cœur se froissent. L’ensemble se plisse, se recroqueville et la douleur se fait plus vive. Elle est physique. Un rappel de ce traitement qu’il a si allégrement abandonné dans un des tiroirs de son bureau. Elle est mentale aussi. Elle se couple avec les souvenirs, les ébauches de l’homme qu’il fut. Celui qu’il renie de toutes ses forces pour ne pas prendre le risque de chuter. La solitude dans laquelle il s’enferme le pousse parfois à douter. A se demander si cette option est la plus sage. Le questionnement ne dure que le temps de quelque battement de cœur et s’efface dans celui de ses cils. « - Comme tout être humain. C’est une question bien étrange. » La réponse se pare d’une légèreté qui s’oppose à la froideur dont a usé la jeune femme. Il accompagne les mots de l’ébauche d’un sourire en coin. Les rennes se relâchent entre ses doigts, il le sent. Plus il se perd dans les nuances singulières des pupilles qui le fusille, plus il perd le contrôle de la partie qui est en train de se jouer. C’est un fait. Une vérité qui accompagne chaque rencontre. Elle le décontenance. Brise ses idéaux et ses certitudes par sa seule présence. Accable d’un savant désordre, l’ordre immaculé de son existence. Et le besoin de tout contrôler n’en devient que plus pressant. Tout comme celui de se brûler contre sa peau. Il ne parvient pas à s’en défaire, de cette addiction qu’elle forge dans les profondeurs de ses reins. Amant du vice, elle n’échappe pas à la règle qui régit la vie du mage. Elle hante, obsède, enivre la moindre de ses pensées. Attise les braises dans ses pupilles de glace et sous sa peau. Eveille des passions qui le détruisent et le mettent à genoux. Il s’en insurge, se maudit de se retrouver ainsi enchaîné à quelqu’un. Il se retrouve des années en arrière, comme lorsqu’il partageait sa vie avec un autre homme. Trois ans de pure passion, d’attachement profond et de dévotion brûlante. Trois ans brisés en une seule soirée.

L’audace de la petite secrétaire l’amuse. Fait pétiller ses pupilles qui sondent et accablent celles de la demoiselle. Le sorcier se redresse et glisse les mains dans les poches de son pantalon. L’attitude reste menaçante, austère malgré la légèreté factice dont elle se pare. Le malaise lui brise le cœur. Le pousse à osciller entre des sentiments bien trop contradictoires pour qu’il parvienne à décider quelle voie est la meilleure à suivre. « - Te suivre et te surprendre ? Valerya, tu t’accordes bien trop de crédit. L’univers ne gravite pas autour de ta charmante personne. Si je suis ici, c’est bien pour les mêmes raisons que tous les autres. » Il désigne d’un geste évasif de la main le reste de la salle et tous ceux qui se pressent contre les machines et les tables de jeu. La convoitise et l’appât du gain. Le meilleur piège pour attirer les inconscients. Ils le sont tous les deux. Elle comme lui. Et dans ce monde décadent, la détective s’octroie une liberté qui attise le tyran. Le Major n’a jamais supporté qu’on lui tienne tête. Et lorsqu’une de ses recrues se parait d’une telle audace, il la lui faisait payer au centuple. Forgeant sa réputation de supérieur implacable. Juste. Mais despotique. Il ne sourcille pas lorsqu’elle se rapproche. Rien ne bouge sur son visage. « - Des menaces ? Déjà ? » Calyxte hausse alors un sourcil, apposant le masque d’une candide perplexité sur ses traits de fer. Il admire vraiment l’audace. Et se laisse charmer par l’attitude désinvolte. « - Et tu penses qu’elles vont avoir un quelconque effet ici ? Quand là-bas elles n’ont servies à rien ? » Il désigne d’un infime mouvement de tête le vide en direction de là où se trouve le bâtiment leur servant de lieu de travail. La distance se rompt encore un peu plus, et quand le contact se fait, se sont tous ses muscles qui se crispent. Il en retient son souffle, un bref instant, avant de rendre leur liberté à ses poumons. Le manège lui lacère l’échine et détruit ses reins. Les frissons courent le long de son échine.

« - J’admire l’audace, petite détective téméraire. » Le sorcier se penche, effleure du bout des doigts la courbe de son épaule. La provocation est de mise, et s’enchaine à nouveau à la peau de Valerya lorsque les phalanges de Calyxte s’enroulent contre son bras. La prise est autoritaire, mais sous la glace, la chaleur d’une étrange tendresse se devine. Il l’attire, l’entraîne à quelques pas du bar, dans l’ombre des lumières criardes, là où sont disposées des tables pour ceux qui désirent s’accorder une pause et s’enivrer encore un peu plus l’esprit. Il l’y installe sans plus de sommation et s’assied à son tour en face d’elle. La main se lève à nouveau et adresse un geste en direction du bar. Et un nouveau verre de bourbon vient se poser devant la demoiselle. Calyxte se perd un instant dans le silence, son regard se posant sur le propriétaire des lieux. Fier paon ridicule déambulant au milieu de sa basse-cour. Le dédain se repose au coin de ses lèvres. Dans un raclement de gorge, il s’appuie contre le dossier de son siège et laisse ses doigts marteler le verre de la table. « - Il a été satisfait du résultat de ton enquête ? Moi qui pensait que c’était une habitude chez toi, de ne pas terminer les dossiers pour lesquels tu es si grassement payée. » La question se veut anodine. Mais le sous-entendu est bien trop grossier pour qu’elle ne le remarque pas. C’est un rictus froid qui se pose sur ses lèvres alors qu’il tourne lentement la tête vers Valerya. Les pupilles de glace reviennent s’ancrer à celle de son interlocutrice. L’instant s’étend entre eux, et plus il s’y accroche, plus il perd pied. Il se défait de ce contact dans une profonde inspiration et chasse le trouble, d’un geste nerveux de la main visant à effacer les plis sur sa cravate. Dans l’antre du diable, les démons sont ceux qui souffrent le plus. Il est le diable et le démon. Le maître et la créature. Enchaîné à toutes ces contradictions qui le mettent au supplice. Le cœur frappe piteusement contre les côtes. Il faiblit, fatigue et supplie. Supplie un propriétaire qui reste sourd aux lamentations.

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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Lun 27 Avr - 11:49

Nous sommes tous deux des victimes, aussi fiers allure nous ayons là, à nous parer de nos atouts les plus provocateurs, mais la vérité c'est que nous nous rongeons encore et encore et dans quel but ? Ça, personne ne le sait où peut être qu'aucun n'ose le dire même tout bas. La passion vous force parfois à faire des choses tout à fait contradictoires. Et alors que le jeu battait son plein tout comme mon coeur déchirait ma poitrine et se ruait sur mes côtes pour se libérer de sa cage. J'observais le verre de bourbon qu'on venait de m'apporter et mes doigts vinrent jouer les funambules le long de la paroi du verre. C'était ça ! J'étais celle qui jouait avec son équilibre sauf qu'aujourd'hui je ne bravais pas le vide, mais mes limites, testant jusqu'où je pouvais m'exposer au feu sans me brûler. Je me sentais pousser des ailes et pourtant j'étais déjà recouverte de cendres sans le savoir et lentement je me sentais glisser vers lui, chacunes des ses paroles même celles visant à me blesser n'était en fait qu'un nectar qui m'enivrait encore et encore. Je me laissais tenter. Et pourtant comme dans un dernier élan de lucidité alors que nos regards brulants ne cessaient de se croiser et que nos lèvres montraient déjà des expressions plus charmeuses, je me délivrais un instant de son attraction pour observer la salle, les personnes qui nous entouraient et mon regard se posait vers deux individus une femme et un homme au bar, riant et chahutant sous des lumières plus intenses. Un instant j'eus un flash, le souvenir vague de notre première rencontre avec Calyxte. Je crois que nous étions un peu comme ses deux là s'enivrant devant un barman satisfait.Mais regardez nous à présent, se déchirant pour montrer qui est le plus fort ? Et pourquoi ? Ce genre de relation aurait été tellement plus simple que celle que je partage avec mon ex-patron, mais je ne suis pas sûr de ne pas apprécier celle-ci parfois un peu de trop malgré les bas. Un soupir réussit à se frayer un chemin hors de moi sans trop le vouloir et là alors que je me laissais quelque peu submerger mon interlocuteur planta sa question pleine de sous-entendus. Mes sourcils se levèrent. Je posais mes pupilles sur le propriétaire du casino, sujet de sa question, mais aussi initiateur du sujet qu'il voulait certainement aborder avec moi : ma fuite.

<<Il était plus que satisfait. Et je n'abandonne jamais mes enquêtes Calyxte. >>Annonçais-je en copiant ce rictus sournois qui lui collait aux lèvres. << Décidément tu te voiles la face, ce n'est pas l'enquête que j'ai fuis mais bien toi. Mais ce n'est pas pour autant que ton affaire ne m'a pas tenu en haleine.>> Je finis avec cette voix de velours sournoise et annonciatrice que s'il voulait jouer sur ce terrain là alors qu'il se pare de ses meilleurs armes, car les miennes sont redoutables et mon sucés est quasi assuré les enfants. Figurez vous que oui je suis partie, mais j'ai continué à chercher le moindre indice qui m'aiderait à faire tomber le voyou qui se tenait en face de moi et j'étais décidée, fermement décidée à lui faire faire un aller simple vers la sortie de sa tour d'ivoire, mais je suis tombé sur un os. Quand je dis un os, je me suis plutôt laissée attendrir si l'on peut dire ça de cette façon. Voyez-vous après avoir déniché toutes les preuves nécessaires sur ses trafics d'armes j'ai eu le malheur de me sentir curieuse sur le passé de cet homme, vilain défaut que la curiosité, très vilain. De là j'ai retrouvé la trace d'un de ses camarades à l'armée et surtout d'un de ses anciens amis qui s'est trouvé assez proche de lui durant son enfance. Et la vérité m'a carrément sauté à la gorge et je ne désirais pas être celle qui le ferait chuter de nouveau. Et ces mimiques prenaient du sens, son air hautain et sa mine froide aussi. Par contre ce que je n'arrivais pas à avaler c'est pourquoi il m'avait utilisé ? Enfin c'est maladroit de l'annoncer de cette manière, c'est un maniaque du contrôle alors il doit contrôler les gens mais j'ai dans un recoin de mon esprit pensé un instant que j'aurais pu être l'exception, celle qui valide la règle, celle qui aurait été différente, mais je rêvais et là je m'accordais vraiment trop de crédit comme il le dirait si bien.

J'eus un léger pincement au coeur en repensant à mon entrevue avec Ethan Howe. Ses paroles m'avaient touchées en plein coeur, c'était un homme admirable et il dégageait vraiment une expression qui se voulait rassurante et pourtant à la fin de l'après-midi que nous avions passé ensemble il m'avait averti de me méfier de Calyxte et moi je n'avais pas suivi ses conseils et l'agneau était revenu fricoté avec le lion et me voilà en face de lui à jouer les gros durs et à le provoquer alors que tout mon être ne demande qu'à se blottir encore un peu plus près et à s'enchaîner de nouveau. Je suis la proie qui déride le prédateur, mais nous sommes tous conscients que dans tous les cas mes chances de survie frisent réellement le ridicule. Que ferait mes pauvres petits sabots contre ses griffes acérées ? Tel un charmeur de serpent il me servait sa berceuse du regard et mes pensées s'effaçaient, de nouveau je sombrais et pourtant encore une fois je ramenais ma frimousse à la surface et lâchait une dernière bombe, qui je le savais comparé à la provocation ne le laisserait certainement pas indifférent, je voulais qu'il sache que je savais, c'était plus fort que moi cette irrépréhensible envie de l'impressionner. On était carrément dans un genre de parade nuptiale animal là non ? Sauf qu'aux dernières nouvelles ce n'est pas le mâle qui est censé faire ça ?

<< Je me demande réellement ce que tu cherches auprès de moi. Après tout si depuis tout ce temps tu n'as pas eu de problèmes, tu dois te douter que tu ne risques plus rien. D'ailleurs tu ne t'es pas demandé pourquoi je ne te faisais pas pression alors que j'étais revenu dans la course ? Je vais te dire pourquoi et cela se résume en un nom : Ethan Howe. Alors vas y, pavane toi devant moi avec tes mines froides et hautaines, mais je sais ce que tu caches sous tous tes artifices... >> Ma voix n'avait pas été dure, en faite je ressentais réellement de la peine pour ce qu'il avait vécu. Et mes yeux venaient se poser vers l'endroit où trônait sa cicatrise, vilement atténué par le maquillage puis je le fixais de nouveau. Je recherchais sa réaction, étudiait le moindre de ses gestes, le moindre écart à ses airs préfabriqués. Intérieurement je regrettais déjà mes paroles parce que je n'aimais pas avoir recours à ce genre de pics qui je le savais blessaient, mais là j'avais sorti la tête de l'eau et mon instinct m'avait dictée de le faire. Voyons maintenant si son mur est si solide qu'il en a l'air, qui sait, peut-être qu'il me laissera faire un tour sans que je n'ai besoin de le détruire.
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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Jeu 30 Avr - 20:46


Les paroles se veulent assassines et touchent la cible. Un infime tressaillement froisse ses traits. Il se repousse contre le dossier de son siège, s’éloigne de la dangereuse créature. Tout en sachant pertinemment qu’une misérable table n’est pas suffisante pour cela. L’espace est trop infime pour empêcher le charme d’opérer. Il s’y enlise, y plonge tête la première et se laisse happer par les pupilles qui l’accablent. La réplique se perd contre sa langue, elle se noie sous un acide plus dangereux encore que le cynisme ou la colère. Calyxte en perd ses mots, l’évidence distillée par ces simples paroles achevant de parfaire le tableau de l’enflure qu’il devient. Il devrait s’en sentir satisfait, fier de son œuvre. La vérité en est tout autre. Celle qui aurait dû être la seule à se voir épargner par ce flot glacial se retrouve submergée. Il esquissa pourtant un maigre sourire, réponse silencieuse à cette attaque qui fait saigner son pauvre cœur. L’ancien soldat lutte face à un malaise qui lui déchire le corps et l’âme. « - Ce n’est pas parce que les problèmes tardent à venir, qu’ils ne viendront pas. Attendre avant d’agir, tout bon stratège connait cette exercice. » Il agite vaguement la main, chasse l’air virevoltant autour de lui comme on chasse un insecte gênant. Il a été contraint de faire preuve de plus de prudence. D’user de moyens détournés pour continuer son petit marché noir. Il dévore les idéaux de son Gouvernement. Approuve, adule la folie des tyrans qui siègent au-dessus de sa tête. Mais l’appât du gain trouve toujours sa place dans le cœur d’un être aussi cupide que lui. « - Et le doute n’est pas une chose suffisante pour me convaincre que l’affaire est considérée comme classée. » Les accusations reviendront lui effleurer les oreilles dès qu’il commettra une nouvelle erreur. C’est un fait. L’épée du glas qui se poste au-dessus de sa tête dans l’attente de pouvoir enfin pourfendre le fourbe.

La suite des paroles se perd dans un bourdonnement déroutant. Ethan Howe. Le nom résonne contre ses tempes et il en perd le souffle le temps d’un pauvre battement de cœur. L’armure se disloque dans un soupire et tout le personnage s’effondre. Les phalanges se crispent contre la table avant de se détendre et de disparaître sous le panneau de bois pour venir se refermer contre son genou. « - Je ne connais personne qui porte ce nom. Tu es tombée sur un charlatan. » Il balaye d’un timbre sans défaut le trouble venu se perdre dans ses iris. Rejette et bafoue ce que représente ce nom pour lui. Liés depuis l’enfance, frères sans pourtant partager le même sang, les deux hommes ont été contraints de prendre des chemins séparés. Calyxte s’est obligé à se défaire de cette attache pour mieux se créer une nouvelle identité. Un nouveau passé. Oublier que cet homme a toujours été à ses côtés. Qu’il a été le premier à se tenir dans sa chambre d’hôpital lorsque le sorcier est revenu du monde des morts. Calyxte le pensait mort. La Chute de l’ancien Gouvernement ayant eu son lot de victimes. Mort, ou sur un autre morceau de terre au-delà des océans. Mal à l’aise, le politique s’installe autrement sur sa chaise, croise ses longues jambes pour les décroiser aussitôt. Elle le met dans une mauvaise posture. A nouveau. Si elle a effectivement réussi à retrouver la trace de l’ancien soldat, et si Ethan lui a raconté leur mémoire commune, elle sait tout. Absolument tout de sa piteuse existence. Il sent le poids du regard de la détective se poser sur son visage. Juste là où la cicatrice lui dévore la peau. Le cœur se pince et se délie. Les lèvres s’affaissent et l’ombre d’une gêne honteuse vient assombrir les pupilles azurées. Il frôle du bout des doigts la peau malmenée et tourne la tête, légèrement. Suffisamment pour mettre ses blessures hors de portée de ces prunelles trop curieuses à son goût. « - C’est donc ça qui te donne un tel aplomb ? La certitude de tout connaître ? » L’homme blessé cherche à recouvrer un peu de force. Efface du ténor de sa voix le trémolo d’un tourment qui le brise de l’intérieur. Un savant mélange de curiosité, de peine et de soulagement. Il voudrait en savoir plus. Savoir ce que devient cet être qui a laissé un vide affreux dans sa vie. Sa mère, son amant, Ethan, trois entités fortes qui formaient les piliers de l’édifice. L’absence des deux premiers a entraîné une partie de la chute. Ethan a été le dernier morceau à disparaître. La pierre en moins qui a tout détruit.

« - Vu ton métier, tu devrais savoir qu’il ne faut pas accorder de crédit aux paroles d’un homme que l’on ne connait pas. Surtout quand elles ne sont que pures inventions. » L’ancien Major s’enlise dans le déni. Se pare de glace et de distance pour se mettre à l’abri. Quand sous la peau, ce n’est que cendres et ruines, il persiste à garder sur son visage le masque d’homme implacable qu’il s’est créé. Il n’est qu’un pauvre vendeur de voitures, gueule d’ange et belles paroles. Le type prêt à tout pour refourguer la plus vielle ruine à un cow-boy texan. Rien de plus. Et certainement pas l’enfant d’un transgenre, un soldat d’une armée qui n’existe plus aujourd’hui. Le type brisé pour avoir flirter avec la mauvaise personne. Il n’est rien, rien de tout ce qu’elle peut penser savoir à son sujet. Calyxte se redresse, coudes sur la table, il joint ses mains avec lenteur et s’oblige à fusiller l’importune du regard. « - Ce que je cherche ? » Il laisse les mots se suspendre à sa bouche, accompagne l’entrée en scène d’un léger haussement d’épaule à la désinvolture fragile. « - Que tu achèves ce pour quoi je t’ai engagé, et payé. Que tu disculpes les doutes une bonne fois pour toute. Après quoi, tu n’auras plus à me fuir, je disparaîtrais de tes dossiers. » C’est une promesse. Le ton n’appelle pas à la discussion et il scelle l’accord d’un infime hochement de tête impérieux. Il disparaîtra. Se fera violence pour L’oublier. Elle et ce doux désordre qu’Elle provoque dans son existence. Calyxte fera comme avec tout le reste : il la rangera dans la case des souvenirs trop plaisants. Ceux qui blessent le plus une fois qu’ils se brisent sous vos yeux. Plutôt la perdre maintenant que de laisser le trouble prendre racine dans son ventre. Le mage se lève, lentement. Appose sur ses gestes ce contrôle qui lui est coutumier. Il contourne la table et vient se poster près de Valerya. La main se pose contre le panneau de bois et l’homme se penche en avant.

« - Tu n’oserais pas jouer à un tel jeu avec moi… » Il murmure contre Son oreille, frôle du bout des lèvres la peau de sa joue et se retire dans un soupir. Une part de lui se borne à croire qu’elle ne ferait jamais une chose pareille. Et ce trop-plein de confiance qu’il peut lui accorder, prouve qu’il est déjà trop tard. Un bruissement de vent et le politique se redresse, referme d’un geste impérieux un bouton de sa veste de costume et fait volte-face. Il s’éloigne de quelque pas puis se fige. « - Comment va-t-il ? » Une simple question. Qui entraîne à elle seule la chute de tout un monde. Submergé par les réminiscences d’un autre temps, Calyxte ne parvient pas à continuer son triste jeu. L’ignorance le tue. Il a besoin de savoir. Même si cela revient à détruire toutes les belles phrases qu’il aura prononcées quelque instant plus tôt. Il s’en fiche au fond. Qu’Elle détienne de telles cartes entre ses jolis petits doigts. Peu lui importe.

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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Lun 4 Mai - 12:18

<< Moi qui croyais que tu n'avais peur de rien, je suis un peu désappointée. >> Annonçais-je alors que ses paroles sur le doute qu'il avait de se voir redescendre les marches qu'ils avaient gravis avec tant d'habilité résonnait en moi. Je sentais le jeu qui glissait en ma faveur et pourtant je ne montrais aucun signe de victoire. Après le doute vint le déni, il osait me dire qu'il ne connaissait pas Ethan, rien d'étonnant, mais tout de même s'était culotté, alors je lâchais encore une petite grenade. << Un charlatan ? Il avait pourtant des photos qui semblaient montrer le contraire et moi je ne crois que ce que je vois tu sais, tu sais vérifier ce qu'on nous dévoile tout bon détective connait cet exercice >>. Détournant ses propres mots, ripostant comme si ma vie en dépendait, j'étais dans l'offensive, une offensive puissante et qui je le savais pouvait le mettre hors circuit. Mon regard perçant le sien, je décelais de plus en plus la faille que je commençais à creuser dans son armure d'acier. Mes paroles l'avaient atteintes et je n'en étais pas peu fière. Lorsque ses phalanges s'étaient recroquevillées instinctivement avant de se planquer sous la table, lorsque son visage s'était détournée pour m'empêcher de le regarder ou du moins de pointer du regard sa cicatrice qui déchiraient ses si jolis traits bien que mesquinement caché par ce maquillage, j'avais tout vu. J'étais prête à m'élancer sur le podium, à monter la marche qui me séparait de ma récompense quand il s'approcha de moi. Titillant mes sens, effleurant de ses lèvres ma joue, susurrant à mon oreille. Le contact bien qu'infime m'avait fait mordre ma lèvre avec intensité et fermé les yeux juste une fraction de seconde, un indétectable battement de cil plus long que les autres.Mon coeur s'embrasait, mes doigts se refermaient sur ma main et il se retirait aussi brutalement qu'il était venu me surprendre. Je restais silencieuse et l'observait se défier, partait-il pour ne pas avouer ma victoire ? C'est ce que j'ai cru jusqu'à ce que lui-même se trahisse et s'avoue vaincu.

De simples mots qui résonnaient dans ma tête : << Comment va-t-il ?>>. Là tout s'effacaient et tout prenait aussi du sens. J'oubliais qu'il m'avait demandé de finir ce pourquoi j'avais été payé, j'oubliais qu'il avait des doutes, qu'il semblait ne pas connaître Ethan. Il était à quoi, même pas deux mètres de moi, de dos, il avait stoppé sa fuite. Alors, je raclais ma gorge assez fortement pour lui indiquer de se retourner et quand il daigna le faire. Lentement je me laissais glisser sur la banquette qui faisait le tour de la table pour me décaler assez afin de laisser de la place à mes côtés, assez de place pour qu'il reviennes jouer avec moi. Je tapotais sournoisement l'assise de velours : << Finalement, je crois que nous avons encore des choses à se dire... >>. La harpie faisait son retour, cette fille sournoise et pleine de malice. Mon regard pétillait, car oui je venais de gagner, mais aussi, car je commençais à déceler la fragilité sous la roche, le coeur précieux. Avec patience je le fixais jusqu'à ce qu'il daigne revenir s'asseoir, je fus patiente, car il sembla hésiter, un instant, un court instant assez pour que je doute de le voir filer. C'était dangereux très dangereux de le laisser ainsi si proche de moi, mais la chaleur, ce feu qui brûlait entre nous valait bien quelque brûlures croyez-moi! Son odeur m'enivrait de nouveau et je croisais les jambes en me tenant légèrement sur le côté afin de l'avoir en plein dans mon champs de vision. Maintenant que j'avais attisé sa curiosité je crois que même à cette distance où l'attraction est plus forte j'allais encore jouer un peu avec ses nerfs, mais c'est aussi périlleux que ça en a l'air et si je me sentais victorieuse je savais aussi qu'il pouvait retourner la situation en ma défaveur, c'est un brillant voyou voyez-vous, un manipulateur hors pair, après tout ne me suis-je pas fait avoir deux fois déjà ?

<< Je ne suis pas sûre d'avoir saisi ta dernière phrase. Des nouvelles d'un charlatan ?  >> Un sourire se dessinait déjà sur mes lèvres, charmeur, impérieux, que dis-je vainqueur. << J'ai entendu dire que tous les bons stratèges savaient se montrer persuasifs. >>. Si mon regard le défiait, tout mon corps lui, le faisait également. Chaque centimètre ne demandaient qu'à se laisser tenter s'ils ne l'étaient déjà pas suffisant ce dont je doute fortement. La proie prenait en chasse le prédateur et croyez-moi je n'ai peut-être pas de griffes mais j'ai bien plus que cela, je suis tenace et je ne m'avouerais vaincut qu'une fois à terre, à bout de souffle, crachant mon propre sang. Soyez-en certain ! Il a beau faire naître en moi autant de doutes que de désirs, je lui ferais payer l'insolence qu'il a eut à mon égard et qu'il se prépare à s'en mordre les doigts.

Puis je finis par m'approcher de lui, bravant l'espace qui nous séparait pour revenir le provoquer aux limites de l'indécence. Mes doigts vinrent effleurer sa joue puis avec douceur et attention, ils migrèrent lentement vers le haut de sa nuque. Mes yeux ne le fixaient plus, mais ils s'étaient brièvement arrêtés au seuil de son souffle, comme attirer par ses lèvres. Le doux désir de s'y fronter luttait en moi alors que les miennes vinrent réchauffer le cou de Calyxte. Soufflant à son oreille comme la musique dompte certain reptile : << Alors montre moi donc à quel point tu peux l'être. >> Susurrais alors que mon souffle caressait toujours son cou. J'étais secouée par des frissons, brutalisées par mes muscles, mes sens, ma poitrine. J'étouffais dans le brasier, les tressaillements me parcouraient du haut de la nuque jusqu'au creux de mon bassin et pourtant je restais là comme si de rien n'était flirtant avec mes émotions qui étaient à la fois si délicieuses et si douloureuses. Même lorsque c'est moi qui mène la danse, cet homme a le don de me mettre dans des états pas possible et pourtant il n'a encore rien riposté. Je ne sais pas réellement à quoi m'attendre, va-t-il reprendre la fuite ?  
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MessageSujet: Re: Someone new (Valerya)   Mer 6 Mai - 21:43


L’attente se change en lames. Elles lacèrent son échines, déchirent la peau et l’accable d’une vague de froid. La glace se glisse dans les blessures et vient s’emparer de son cœur. L’attente. Elle le fige, l’enveloppe dans des liens d’acier qu’il n’ose pas défaire. Le soldat a peur de la réponse. Redoute les mots qui pourront venir s’écraser contre ses oreilles. Ses phalanges se tendent, se crispent sous le joug impérieux du doute. Il espère, se suspend aux lèvres de la détective comme un être au bord de l’agonie se raccrocherait aux dernières lueurs de vie. Mais le silence perdure. Seulement rongé par les bruits communs à un lieu de plaisir et d’argent comme le casino. Le monde s’enlise dans la frénésie du jeu quand le soldat se perd dans ses souvenirs et dans la crainte. C’est tout un édifice qui est en train de chuter. Elle ne réalise pas. Un si peu, mais ce qu’elle vient de poser entre eux, c’est une grenade dégoupillée. La détective a appuyé sur la corde sensible. L’élément enfoui sous la couche de mensonge et de glace qui pourrait tout détruire à lui seul. Lui parlé de sa tante aurait eu un effet bien plus dévastateur et une part de lui la remercie de ne pas avoir abordé le sujet. Cette simple mention aurait été suffisante pour détruire l’armure et brisé l’homme dissimulé derrière. Calyxte esquisse un infime sourire, ferme les paupières et joue une dernière fois avec ses doigts avant de faire lentement volte-face. La méfiance se glisse dans ses gestes. Elle s’échappe de la brèche et ce qui est d’ordinaire une lenteur vouée à le rendre plus impressionnant, théâtrale, devient la manifestation d’une crainte teintée de curiosité. Les frissons courent contre sa peau, l’allégresse se fait tendresse et quelque chose change dans les pupilles de l’ancien soldat. « - Il semblerait en effet… » Le murmure lutte pour s’extirper de sa bouche. Et lorsqu’elle désigne la place vide à côté d’elle, il se surprend à hésiter. Le temps d’un battement de cœur frénétique. Le temps d’une inspiration chaotique visant à faire renaître l’aplomb au milieu de ce champ de ruine, et Calyxte brise cette distance qu’il a lui-même instauré. Un éloignement de fortune visant à signer sa fuite, mais qui le laisse orphelin, une affreuse sensation de manque dans le ventre.

L’ancien Major revient alors s’installer auprès de l’indécente. Elle le provoque il en a parfaitement conscience. Joue de cet avantage que cette rencontre incongrue Lui offre. Les cartes ont changés de main sans que Calyxte ne s’en aperçoive, et ce détail tiraille ses nerfs. La perte de contrôle laisse un goût étrange sur sa langue. Une amertume qui la consume comme de l’acide. Et le regard qu’il sent contre ses épaules l’indispose. Il se fait violence pour garder contenance quand cette proximité l’étouffe et le met au supplice de ses passions. Un nouveau sourire s’appose sur ses lèvres, aussi éphémère qu’un battement de cils. Il s’accompagne d’une note d’éclat de rire amer. Le sorcier croise les bras contre son torse, perd de sa droiture et se laisse légèrement glisser sur la banquette. La rigidité militaire offre un peu de place à la décontraction commune aux autres hommes. Celui qui répondait pendant un temps au surnom de Caly frôle la surface de la glace, gratte dans l’espoir de la briser. « - Pas tous. Certains préfèrent user de moyens plus destructeurs que la persuasion. Cela dépend de la situation. » Les mots s’extirpent de sa bouche dans un souffle. L’ancien soldat se borne pour ne pas laisser son regard courir trop longtemps sur la silhouette qui siège à ses côtés. Ce qu’elle attise contre ses reins le brise à chaque nouvelle inspiration. Il se fait violence pour rester de marbre lorsqu’elle en vient à se rapprocher. Mais déjà des frissons d’excise satisfaction courent le long de son échine. La mâchoire se crispe, tout comme ses doigts viennent froisser le tissu de sa veste. Elle n’est que provocation et indécence. Un trouble dans l’ordre de sa vie. L’élément perturbateur qu’il ne pensait jamais recroiser. Surtout pas dans un monde aussi chaotique que celui-ci. L’instinct le pousse à vouloir éviter les phalanges qui viennent effleurer sa joue. Mais la douceur du geste brise un peu plus le rempart derrière lequel il se tient. Calyxte ferme les paupières, savoure l’instant qui se suspend au-dessus de sa morne réalité.

L’ordre lui déchire le ventre et appose un étrange sourire sur ses lèvres. Qu’elle s’engage sur une telle voie avec lui a quelque chose de surprenant. Tellement loin de cette attitude distante qu’elle lui accorde d’ordinaire. En privé, il est le premier à céder à l’attraction qu’Elle exècre sur lui. Le premier à ployer l’échine sans parvenir à se raisonner. L’ancien soldat inspire profondément, chasse le trouble d’un battement de cils. Ses phalanges effleurent la cuisse de la provocatrice, longent la courbe de sa hanche puis de son bras et viennent enfin se perdre dans l’ébène de sa chevelure. Ce n’est qu’un murmure, une caresse aérienne qui s’achève lorsque les doigts du politique s’enroulent autour des mèches et s’y agrippent. Le sorcier ne la repousse pas, il ne l’invite pas non plus à continuer. Ce simple geste est le témoin du trouble qui sévit sous sa peau. Partagé entre le besoin de se protéger et celui de se laisser aller. « - Te persuader de quoi ? Tu as très bien saisi ce que j’ai voulu dire. » Il se redresse légèrement, oblige la jeune femme à reculer pour mieux s’’isoler et il laisser ses autres phalanges s’enrouler avec une étrange délicatesse contre la gorge gracile. « - Si tu as effectivement retrouvé la trace de cet homme, tu me dois bien une réponse. » Son cœur hurle contre sa poitrine, frappe à tout rompre alors que la distance entre eux ne se résume plus qu’à un infime soupir. Il se suspend à Ses lèvres. S’enivre de la proximité sans vraiment oser franchir la ligne et lier sa bouche à la Sienne. « - Ce que tu as appris t’as satisfaite ? » La voix se veut plus froide, distante comme d’accoutumée, mais des notes de chaleur parviennent à percer la glace. Il recule légèrement afin de laisser ses pupilles se perdent dans celles de la détective.

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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Someone new (Valerya)

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