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 Histoire de vengeance. [Isàk]

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MessageSujet: Histoire de vengeance. [Isàk]   Mer 8 Avr - 16:09

Lily-Rose faisait partie de ces innocents aussi fragiles qu’inconscients. Sa langue se dénoue aisément et elle possède cette faculté étrange qu’est de s’attacher à quiconque lui prête un temps soit peu d’intérêt. C’est une amoureuse Lily, incapable de faire de mal à une mouche et, par conséquent, de penser que l’on pourrait lui en faire. Elle vit dans une autre sphère et continue de croire que chaque être possède sa part de bonté et que nulle personne ne peut véritablement être méchant par nature. C’est bien simple, pour Lily, le simple concept du mal est inacceptable, elle préfère nier son existence et trouvera toujours justification à un acte de barbarie. Elle voit la vie en rose Lily et si son esprit est dépourvue de la moindre subtilité elle a pour force cette candeur rafraîchissante qui offre à quiconque l’approche un petit instant de bonheur et de simplicité. Elle est volubile Lily, s’extasie pour un oui et pour un non et parvient toujours à déceler un peu de couleur là où le noir demeure.
C’est sans doute pour cela qu’elle est rapidement devenue sa plus proche collègue. Je ne peux hélas, parler d’amitié tant la féline ne saurait s’attacher à quiconque néanmoins, Lily-Rose demeure la seule être qu’elle accepte d’avoir dans son champ de vision plus de dix secondes sans avoir aussitôt envie de lui arracher les yeux. Cela dit, comment résister à pareille douceur ? Car Lily est un ovni dont le visage poupin et les rondeurs de son corps juvénile n’est absolument pas adaptée au monde du strip-tease. Au milieu des autres filles travaillant au « mascarade » Lily est une ortie, au visage trop rond, aux hanches trop larges et aux seins si petits qu’il faut, chaque soir, usé de mille ruses pour donner l’illusion d’une poitrine plus avantageuse. Néanmoins, elle possède une volonté de fer et des lèvres si belles que le patron de la boîte ne s’y est pas trompée en l’engageant. Les hommes tombent amoureux de ces lèvres à l’instant où elle apparaît sur scène et la pécheresse sait, selon les dires, diablement bien s’en servir. Contre toute attente, c’est elle qui rapporte le plus d’argent tout en parvenant à protéger sa petite vertu qui ne fut jamais arracher par un homme. Raison de plus pour l’aimer Lily, raison de plus pour la prendre sous son aile, entreprise ardu quant on sait combien les filles l’entourant la jalouse. En effet, qu’elle fille de joie au monde peut-elle se venter de gagner autant d’argents tout en préservant avec autant de brio son innocence ?
Les assauts de violence visant à la nuire ne manquaient jamais si bien que, plus d’une fois, Leïda dut menacer ces comparses de mort si elles ne cessaient aussitôt de s’en prendre à son innocente compagne. Les colères furent donc déplacées à son encontre, chose qui ne déplut guère à l’amazone qui prenait un malin plaisir à déjouer les plans tordus de ses comparses si bien que les filles cessèrent rapidement de l’importuner tant la danseuse demeurait maître dans l’art de pourrir leur existence sans jamais tomber dans les pièges pourtant savamment tendues.

Le calme était donc revenue depuis plusieurs semaines lorsque Lily apparue en pleurs ce soir là. « J’ai besoin de toi. » Lança-t-elle sans plus de cérémonie, une demande qui eu tôt fait de refroidir la danseuse rêvant alors de rejoindre la douceur de ses draps. « Il faut que tu m’aides j’ai… J’ai fait une bêtise mais. Je ne voulais pas ! Je ne savais pas que, tu… Tu savais toi ? Que le cœur il pouvait lâcher comme ça ? J’avais à peine commencer pourtant mais il… Boum ! Leï je ne sais pas quoi… » « Stop ! » La lionne rugit et força Lily à s’asseoir non sans montrer son impatience. « Viens en aux faits et sans bégayer je te pris. »
« Charles. Il s’appelle Charles. Il est venu il y a une semaine au club et m’a demandé. Il… Il est mort pendant que… Enfin tu vois. Ce n’est pas de ma faute, le cœur c’est arrêté net. » «  Une crise cardiaque ? Il n’y a pas de problème alors, ces choses peuvent arriver tu sais. » Voix douce et regard plus tendre, Leïda tente de se montrer compatissant quand bien cela ne fut pas une grande réussite. « Mais c’est pire ! On lui a mit du poison dans son verre ! C’est pour ça que le cœur c’est arrêté et… Le patron croit que c’est moi ! Alors j’ai prit rendez-vous avec un avocat demain mais…Viens avec moi je t’en pris, je ne veux pas aller en prison, je ne veux pas ! »


Et la voilà ici. A déambuler dans les couloirs labyrinthiques des locaux du gouvernement sans parvenir à camoufler son agacement.
« Tu aurais pu faire un effort Leï. » Murmure à sa gauche, la danseuse décoche à sa collègue un regard furibond. «  Il y a un code couleur à respecter avec ton monsieur l’avocat ? » Mots tranchant, la belle sort les griffes, peinant à contrôler les assauts de sa colère.
« Non mais… on dirait que tu reviens de ta séance de sport.
- C’est le cas.
- Mais…
-Tais toi Lily ! »

«  Veuillez vous asseoir Monsieur Aergisson sera là dans quelques instants. »

C’est une Lily-Rose tremblante qui prit place dans l’un des grands fauteuil attenant à un luxueux bureau tandis que la danseuse demeurait obstinément debout, quelques mètres en arrière dans un coin reculé de la vaste pièce.
« Tu ne veux pas venir t’asseoir ? »
Le silence et un regard noir furent les uniques réponses qu’elle obtint tant la nervosité nouait la gorge de la jolie danseuse. Elle n’avait pas sa place ici et préférerait être dehors à courir après une proie quelconque où à brûler en Enfer qu’à devoir supporter un tel tête à tête dans cette pièce qui, bien qu’elle fut vaste, lui semblait minuscule. Leïda se sentait comme un loup en cage et ne parvenait à comprendre ce besoin typiquement humain de passer par un avocat pour se dépatouiller de ce genre de problème. Car il ne s’agissait là que d’une sombre histoire de vengeance dont elle se serait volontiers occupée seule si Lily n’avait pas eu la bonne idée d’agir aussi bêtement. Mains croisées sur sa poitrine, Leïda demeurait immobile, devenant parfaite statut de pierre observant la fenêtre tout en pestant silencieusement contre son idiote de collègue qui se ratatinait dans son fauteuil à mesure que l’avocat se faisait attendre.
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MessageSujet: Re: Histoire de vengeance. [Isàk]   Jeu 9 Avr - 16:35





Les vannes de l'inquiétude s'étaient ouvertes. Dos voûté comme encombré par son corps, nuque courbe, l'accusé était plongé dans les affres souffreteuses d'une lourde réflexion : des veines bleues battaient ses tempes, vermiculaient son appréhension sur sa peau glabre. Il humectait sa lippe comme il la martelait de ses incisives, à en disséquer sa chair. Puis retenait un souffle, suspendait l'envol dans un hoquet hésitant, ravalait ses mots. C'en devenait tant usant que l'avocat frémit d'agacement, son œil torve jaugeant le client. « Tout va bien se passer. » D'une langue acide polissant à peine les contours d'une bienséance factice, Isàk siffla son irritation mais l'afficha d'un beau sourire. Quoique fut son attitude, l'islandais troublait. Lorsqu'il se voulait amène, son visage manquait de tendresse. Et dès qu'on le soupçonnait d'être scélérat à ses heures, sa moue froide ne paraissait pas assez rétive. L'avocat hâta le pas, claquant avec véhémence le talon de cuir contre le marbre des couloirs, d'une prestance aussi flegmatique que son client semblait guindé : engoncé dans un costume trois pièces, l'accusé tiré à quatre épingles paraissait irréprochable. Immaculé dans sa chemise sobrement repassée, le cheveu plaqué, le menton lisse. L'homme de loi – si tant est qu'il les respectait toutes – quant à lui endossait des nippes impropres au faste écrasant des lieux : un blouson de cuir brun rappelant à la couleur de sa tignasse hirsute, éhontément convoitable dans ces habits de fortune, une cigarette allumée dans sa main droite. Des deux quidams, l'on eut assurément confondu le criminel et sa défense, si les yeux du condamné ne s'avéraient pas bilieux. Ce dernier dégoisa par ailleurs : « J'ai toutes les charges contre moi. Ils savent que j'ai buté ma femme, c'est foutu. » Portés par leur conciliabule improvisé, ils s'engagèrent dans le bureau de l'avocat ; vaste pièce, surchargée de marbrures et d'argent, une ornementation un peu trop ampoulée pour le viking. L'islandais se stoppa à l'embrasure de la porte et, comme il ne vit pas derechef les deux jeunes femmes déjà présentes – puisque leur tournant le dos, involontairement goujat – , clama d'une voix suave mais assurée : « Nous allons jouer sur les médias. Evitez de sourire aux journalistes ; trop de joie choquante. Vous reflétez l'image d'un homme heureux, ce que vous êtes. C'est désastreux. Adoptez plutôt le profil du veuf brisé, ce qu'on attend de vous. Un peu comme maintenant. » « Parce que là, je ne joue pas, je suis réellement tendu. Ca pue la prison, ici. Je pense prison, je respire prison. Hâte de rentrer chez moi. » « Et bien pensez prison jusqu'au procès. » Jappement d'angoisse. « Bonne journée Monsieur Renley. » L'avocat tendit une main ferme, accueillant dans son giron la poigne molle et désabusée de son client. Car le conseil de l'avocat lui parut aussi déstabilisant que cruel, fait qui n'émoussa guère la conviction d'Isàk.

Dès lors qu'il se retourna, son faciès écrivit les traits de l'étonnement. Ses yeux flavescents accrochèrent les silhouettes féminines, lui rappelant aussitôt au rendez-vous ainsi pris. D'une main écrasant sa cigarette dans le fond de cendrier (le viking avait, depuis son retour sur les landes terrestres, pris l'infâme habitude d'encrasser ses poumons de nicotine. Une invention qu'il trouva par ailleurs absolument remarquable ; du suicide à vaste échelle, du plaisir suscité par l'empoisonnement. Cette mesure de destruction collective était grandiose). « Veuillez m'excuser pour mon retard. Laquelle est Miss Holloway ? » Prenant place derrière son bureau, le sorcier toisa d'un œil curieux les deux jeunes femmes. L'une était toute en rondeur ; une bouche aussi charnue que ses cuisses. Deux colonnes de chair chaudes et laiteuses. L'autre, plus animale, scrutait l'inconvenant de sa posture dressée. Féline érigée, prompte à bondir. La première opina mollement du chef, lueur appréhensive rognant sa cornée. « Premier contact avec la justice, à ce que je vois. » Le rictus de l'homme se fit aussi doux qu'amusé. Isàk croisa ses mains sur le bureau, posture paradoxalement décontractée. Cultivant ce goût pour l'ambiguïté qu'il offrait à voir, cette dualité volontaire du corps et de l'esprit ; son physique ne s'accordait pas avec son attitude. Présentant un corps robuste, taillé à l'air salin, il avait ce visage sévère, ce regard d'escamoteur vous dépouillant la chair et l'âme. Puis il y avait l'harmonie même de ce corps, la façon dont il le régulait ; à la fois de manière élégante et de façon relâchée. Tendu dans sa contradiction, presque serpentin. L'oeil vif d'un professionnel. « Alors. Homicide volontaire ou non ? » Sourire de connivence. Ou comment acculer son client avec une délicatesse décharnée, mais toujours lové dans une stratégie bien rodée.

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