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 Before I come undone (PV Stain)

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MessageSujet: Before I come undone (PV Stain)   Jeu 9 Avr - 1:30

Before I come undone  
○ All this time I can't believe I couldn't see. Kept in the dark but you were there in front of me. I've been sleeping a thousand years it seems. Got to open my eyes to everything. Without a thought, without a voice, without a soul. Don't let me die here. There must be something more.


Les marches sont trop hautes et l’astre décline bien vite. Elle grimpe alors que tout s’effrite sous ses pas empressés. Mais là-bas, juste là, Susanna se tient. Ses coudes s’écorchent sur l’escalier alors que chaque étage devient insurmontable. Si proche, elle est si proche pourtant. Le bout de son index l'effleure quand le sol se dérobe. Elle se casse la mâchoire contre le vide, elle sombre. Rattrapée très vite, si vite par des flots. Propulsée par la houle contre des remparts invisibles, elle succombe à ses fractures et tombe dans le néant. Il est déjà là, comme une présence immuable. Ezio. Il la tient par le bras, il la pousse vers le fond. Il parle mais elle ne comprend pas. La nuit s’étale, une nuit sans étoiles. Elle se redresse en sursaut, aspire cet air qui lui fait défaut. Le cauchemar la retient captive durant de longues secondes encore alors que ses sens s’éveillent péniblement de leur anesthésie naturelle. Ses paumes arrachent les couvertures, sa liberté semble en dépendre pendant une minute encore. Les murs se matérialisent finalement. Instables, quasiment évanescents, irréels, un décor qui n’existe peut-être pas et pourtant, trop familier pour devenir un énième dédale fantasque. Non, elle sait où elle est. Joan rassemble ses bras autour de son buste tandis que les pièces se désassemblent en son sein. Fragmentée par la réalité, elle se laisse retomber dans ses oreillers, vulgaire pantin sans ficelles et sans perspective. Le bois s’émiette, prenant l’eau depuis des semaines maintenant. Les larmes étiolent la hargne qui succède d’ordinaire à toute faiblesse. Le deuil sera long. Mais elle en connait chaque note, chaque degré et chaque nuance depuis que Jill s’est éteinte. Elle sait ce qui l’attend. Cela ne retire rien au chagrin. Cela n’enlève rien à la frustration. Sa détresse interpelle la créature planquée dans un recoin de la pièce. Déjà, elle bondit pour la dispenser d’un réconfort tout à fait disproportionné. La douceur de son pelage semble réparer les crevasses de l’infortune sur l’épiderme de la sorcière. Elle se laisse prendre au jeu et glisse doucereusement ses mains contre la tête du chien en unique signe de reconnaissance avant de l’écarter le plus prudemment possible. « Allez, c’est bon, descends de là. Tu m’as assez bavé dessus le clebs… Putain et les poils sur le lit… Merde et tu schlingues en plus... Allez, dégage.» Des murmures qui s'évaporent, sans animosité aucune. Une tonalité qui se décale de la teneur de ses propos. Elle vit comme ça maintenant. Par procuration.

La brune se relève, chasse les ruisseaux sur ses pommettes et ignore sciemment ceux qui suivent. Elle se traîne vers la salle de bain, accuse son reflet avec dédain. La rétine rouge, les contours rendus bouffis, les cernes qui creusent ce visage émacié depuis la perte. Non, ça ne peut pas recommencer. La trentenaire s’assied sur le rebord de la baignoire et mobilise chaque cellule de son corps. Elle se force à affronter sa peine, à la tutoyer et à la ressentir pleinement pour la dominer. Sa mémoire craque sous l’effet des étincelles qu’elle provoque en s’acharnant, en déployant toute sa concentration. Le brasier s’élance de ses poumons, comme d’habitude. Elle se plie en deux et jure en silence alors que l’oxygène lui échappe. Comment a-t-elle pu l’oublier ? Sa sœur jumelle, sa moitié d’âme. Combien de chance pour la retrouver à cette époque ? Combien de malchance pour ensuite se la voir retirer si brutalement ? La solitude devient une épreuve depuis qu’elle sait, c’est risible au fond. Les paupières coulissent, écrasent de nouvelles perles contre sa bouche sèche. Quand la douleur s’est drapée autour de sa carcasse jusqu’à l’excès, elle se redresse violemment. La détermination tord ses traits léchés par ses heurts aortiques. Aujourd’hui, elle va le débusquer. Ezio, le cousin. Elle ne se souvient de rien d’autre à son propos hormis son foutu titre. Mais elle se rappelle d’Azzura plus nettement. Elle sait qui elle est et elle sait ce qu’il lui a fait.

Elle ramasse des vêtements rangés avec soin dans sa garde-robe, ceux qui ne lui appartiennent pas. C’est le seul remède potable, celui qui lui permet de déguiser les hématomes au thorax. Les fringues de Cora retombent sur elle avec une quasi-perfection qui la laisse rêveuse et sans doute admirative. Trop chic pour elle, trop apprêté sans doute mais elle pioche dans le plus simple en espérant ne pas souiller sa seule mémoire. Pantalon, pull, peu importe pourvu qu’elle puisse remuer correctement. Elle porte son affliction en bannière, en fait sa seule force. Ses ongles grignotent le textile, comme une promesse. Celle de venger leur propriétaire. La peacekeeper traverse les pièces avec indifférence, elle dépose de la nourriture dans la gamelle du poilu et lui promet de revenir mais à sa façon, avec une bonne dose d’insultes et d’ordres. Déjà dehors et les nuages se prêtent à sa course. Gris ici, gris par là. Anthracite comme sa peau, ses yeux, son sang. La voiture vrombit, l’asphalte se disperse sous les pneus usés. Les rues sont franchies. Elle est arrivée à destination. Sa main épouse son flingue, elle fait travailler ses phalanges autour de la crosse et le décroche de son perchoir quelques fois pour s’entraîner à ce seul mouvement. Pas venue pour exécuter. Juste pour savoir. Elle n’est plus certaine de ce qu’elle fait, irradiée par l’amertume et par le poids de cette autre qui n’a jamais semblé aussi vivace, aussi complète et dévastée. L’américaine s’extirpe de l’habitacle après avoir rangé son arme dans son holster, sous sa veste. Les fourmillements se précipitent dans chacun de ses membres, l’action se prépare. La délivrance, aussi. Peut-être, sans doute. Sûrement.

Devant sa porte, elle n’hésite même pas. Ses doigts heurtent la paroi sèchement avant qu'elle ne décide de ne pas avoir le temps finalement de jouer la politesse. Son épaule se fiche violemment dans le bois, elle reprend la manœuvre jusqu’à détériorer la porte et à ouvrir l’issue. L’entrée et l’image du cadavre. Sa paume glisse sur son ventre, accusant le coup. Non. Pas maintenant. Elle fonce alors, sans se retourner pour attraper le shadowhunter qui gît là. Elle le soulève avec toute sa rage, l’attrapant par les épaules pour le plaquer contre un mur et forcer sa tête à cogner contre la cloison le plus durement possible. « Tu vas tout me dire. Qu’est-ce que tu as osé lui faire ? » Nouveau mouvement, nouvelle collision entre le crâne de cet homme et la paroi. « T’as besoin que je te stimule un peu plus ou tu vas te confesser, hein ? Sale con. » Le mépris est craché avec rancœur. La bile est prête à continuer cette ascension. Elle en a mal de retenir ses poings, elle en crève de douleur de ne pas pouvoir lui coller une balle aussi simplement dans la tempe. Elle en souffre davantage de subir une culpabilité qu’elle ne peut se justifier. Tout ce qu’elle a rassemblé le désigne. C’est lui, le coupable. C’est lui ou alors c’est personne. Et personne… Ce n'est pas envisageable. Elle ne peut pas affronter l’injustice. Pas encore, pas maintenant. Pas comme ça.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Jeu 9 Avr - 21:00


« - T’as pas intérêt à faire le con pendant mon absence. Je reviens demain. » Il ne la supporte plus, cette litanie qui s’accompagne de cette étreinte d’épaule qui se veut rassurante. Elle ne fait que le blesser. C’est dans ce genre de moment que Stain réalise à quel point la solitude est la seule chose qu’il tolère encore. A quel point son plan morbide pour en finir fonctionne. Il sait que l’autre s’en rend compte. Que ces étreintes sont un moyen comme un autre pour vérifier le restant de peau qui lui reste sur les os. Pour s’assurer que la maigreur ne se fait pas trop critique. Et lui s’en fout. C’est ce qu’il cherche. Se changer en momie pour mieux crever.  Pour mieux La rejoindre et enfin remplir le trou béant qui lui ronge la poitrine. La toile part de son cœur et tisse ses sombres fils jusqu’au restant de ses organes. Combien de temps avant la chute ? Il n’en sait rien. Et même si l’appréhension le guette à cette pensée, il ne cesse de se dire qu’elle ne viendra pas assez tôt à son goût. « - Et si tu respires plus, je te jure que je te fais revenir pour te buter de mes propres mains. » La moquerie lui passe au-dessus de la tête. Et n’obtient comme seule réponse qu’un majeur qui se dresse dans la pénombre. Au-dessus des autres pour bien faire comprendre au comique de service que Stain a bouffé son humour. Qu’il l’a laissé accroché à la corde qu’il s’est passé autour du cou. Il a tout laissé sur ce putain de fil. Sa vie, sa dignité. Ses envies et tout ce qui pouvait le rendre encore à peu près fréquentable. Il n’est plus rien. Rien hormis un assemblage de chair et d’os en train de se disloquer. Rien, excepté un abysse de peine et de souffrance. Il ne parvient pas à les retenir, ces larmes qui viennent lui brûler les joues comme de l’acide. Elles glissent le long de son visage émacié, lui démolissent les rétines et l’obligent la plupart du temps à garder les yeux clos pour ravaler sa peine. L’exercice est pitoyable et il a depuis longtemps abandonné l’idée de contrôler cette réaction automatique de son pauvre corps.

Maintenant qu’il se retrouve seul, le silence qui règne dans son appartement lui paraît lugubre. Fait courir contre sa pauvre carcasse des frissons qui le poussent à claquer des dents tant ils se révèlent violent. Seul avec sa peine. Le constat est terrifiant et fait couler de l’acide sur sa langue. Le soldat rapproche un peu plus ses genoux de sa poitrine, resserre autour d’eux l’étau de ses bras et pose son menton contre ses os. Il prend soigneusement soin de ne pas poser son regard en direction de sa chambre. Les nettoyeurs ont fait leur boulot, mais pour lui, l’horreur reste visible. Le sang, sur le lit, les murs, partout. La nausée le prend dans un spasme destructeur. Il serre les dents et tente au mieux de contrôler ce réflexe de son corps en pleine perdition. Le ventre vide, l’exercice qui revient à intervalles réguliers le détruit. Lui arrache la trachée et le ventre. Et c’est un râle de douleur qui accompagne ce spasme. Masochiste endurci, l’enfer dans lequel il se plonge volontairement le brise plus que n’importe quelle autre douleur. Il ne la supporte plus. Perdu dans les méandres de son esprit malade et fatigué, Stain implore. Supplie le Dieu qu’il a renié de lui offrir le salut. L’autorisation d’errer dans les limbes, plutôt que de passer l’éternité dans les affres étouffants de l’Enfer. L’ancien croyant a peur de la damnation. C’est une évidence qui détruit les nerfs de Stain l’hérétique. Qui le tiraille, plus que jamais. Les coups qui se répercutent contre sa porte le font sursauter. Comme une machine fatiguée, son cœur déraille. Manque quelque battement, comme s’il ne savait plus comme s’y prendre pour vivre. Avant de frapper avec un peu plus de force contre les côtes. Le Hunter ne bouge pas. Il a abandonné l’idée d’ouvrir sa porte. Puisqu’il sait qu’Elle ne sera pas derrière. Il sait que la seule personne qu’il tient vraiment à voir, ne passera plus jamais le seuil de cet appartement qui est devenu une prison pour lui.

L’homme ne réagit pas quand on se saisit de ses épaules. Pas plus lorsque le mur vient abîmer son dos et lui fracasser le crâne. Il ne sent pas la douleur, elle est salvatrice pour lui. Alors il encaisse le coup, renouant avec son attitude autodestructrice et le besoin qu’éprouvait l’Inquisiteur de se meurtrir à chaque faute. Mais au-dessus de la douleur physique, une nouvelle couche de mal être vient s’apposer sur ses épaules. La voix lui déchire les tympans. L’accable de questions auxquelles il ne veut pas répondre. « - Ca te ferait mal au cul d’attendre qu’on vienne t’ouvrir. Hulk, tu vas me payer une nouvelle porte. » Lâche-t-il enfin, les dents serrées. Dans un effort, la machine rouillée se met en route et les mains du Hunter viennent agripper les poignets de l’intruse. La force qui pulse dans ce geste le déroute tant elle jure avec l’image qu’il renvoi. Ses pupilles sombres prennent alors le temps de détailler Précieuse. Et ce qu’il peut lire sur ce visage fatigué l’étonne. Le regard inquisiteur poursuit sa course. Et ce qui vient se dessiner devant ses yeux lui noue la gorge. Fait courir sur ses traits défaits l’ombre d’une peine douloureuse. L’expression toute entière du loup se détend, se macule du tourment qui le dévore. Il ne comprend pas pourquoi elle porte les affaires de sa cousine. Ne parvient pas à se souvenir du doute qui lui avait dévoré les neurones alors qu’ils se trouvaient sous terre. Il ne veut pas se souvenir, refuse de voir l’évidence. Et ce qu’elle porte lui donne pendant un instant la sensation de se trouver face à Elle. C’est un soupir de lassitude qui vient briser l’illusion, et qui le ramène brutalement à la réalité. « - J’ai rien à te dire. Si je dois me confesser, j’irais voir mon prêtre attitré. Et manque de bol, c’est pas toi. » Le ton est glacial, le cynisme aussi est tombé dans la noirceur. Il n’a pas envie de jouer. N’a aucun compte à rendre. Surtout pas à Elle. Alors il chasse le trouble que sa présence provoque chez lui. Serre encore un peu plus les dents, quitte à se péter la mâchoire et dans un geste brusque, il se libère de la prise. Oblige la crevette à reculer tout en se parant de cette aura sombre et menaçante qui n’a fait que se renforcer sur la route de sa mort. « - T’en as une belle paire pour te ramener ici et m’accuser comme tu le fais. Je vois pas de quoi tu parles. Tire-toi. » L’ordre claque dans l’air au-dessus de leur tête. Mais il sait. Qu’elle n’en fera rien. Qu’il va devoir supporter sa présence. Et cette simple idée le fatigue plus que le fait de devoir se traîner d’un coin à l’autre de la pièce en désordre.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Dim 12 Avr - 14:27

Sa détresse trouve sa parfaite représentation dans la rétine sèche et sombre du shadowhunter. Mais elle se refuse à ce seul cheminement, elle ne s’autorise pas les similitudes, pas le moindre doute. L’hésitation entraîne forcément la chute. Elle se tient toujours droite, inquisitrice intraitable venue réclamer vengeance contre cette vie tissée par l’injustice et l’intolérable impuissance. Stain pourrait tout aussi bien être innocent, il pourrait tout aussi bien n’être qu’une des victimes de ce drame, elle s’en contrefiche actuellement. Elle a décidé de ne lui autoriser aucun crédit pour son propre bien. Son innocence ne tient qu’à un fil et elle veut le sectionner le plus rapidement possible. Sa démence la préserve de toute lucidité et de toute perspicacité. Un rien pourrait amener ses mains à agripper son cou afin d'engendrer son asphyxie. Toute cette haine à peine contenue depuis que le corps de Susanna a été emporté, a le loisir de s’exprimer sans la moindre retenue. Un délice qui roule entre ses veines, cette adrénaline salvatrice qui la propulse directement hors de ses enfers pour la mettre au-devant de la scène. Plus jamais spectatrice de son malheur, à jamais actrice du changement et redresseuse de torts. L’arrogance s’installe sur ses traits habités jusqu’ici par l’affliction et la morosité. Elle l’observe se débattre avec des mots vide de sens et de sensations. Chaque syllabe attise les flammes. Imprudent, il semble prendre à la légère les causes et les conséquences. La sorcière resserre un peu plus sa prise sur son col alors que la première envolée mélodique calcine son palais d’amertume. « Ta putain de porte sera bientôt le dernier de tes soucis. Economise plutôt pour tes dents, Greyjoy. » La douleur viscérale, rendue physique par l’impatience, à retenir ses coups force sa mâchoire à se serrer. L’air siffle entre sa dentition comme une brise annonçant la tempête.

Les doigts de l’italien rejoignent ses poignets et quelque part, dans ces régions reculées et proscrites, les fissures craquellent une moitié d’âme. Chiara se laisse dérouter par cette force dans la faiblesse et semble enfin entrevoir la souffrance de son cousin. Expression incertaine sur ce masque de colère, tiraillée entre empathie et rage. Mais les paroles du métamorphe galopent et chassent le début de compassion aussi radicalement. Il la repousse finalement comme une vulgaire poupée de chiffon et l’accule toujours plus vers la sortie en feignant une ignorance qui la répugne de plus en plus. Le monde s’est écroulé et il lui retire cette réalité en colmatant les interstices avec des mensonges ? Du déni ? Hors de question qu’il oublie ou qu’elle lui fasse oublier ce qu’il est. Le criminel par défaut. La sorcière crispe ses phalanges plusieurs fois et balaie la pièce du regard, cherchant son fameux courage dans les filaments mémoriels qui s’attardent particulièrement en ce lieu. L’entrée rejoue cette scène toute seule. Elle peut dessiner chaque trainée d’hémoglobine au sol, sur les pommettes de sa sœur, piocher les meilleures teintes, les plus exactes pour décrire les nuances opalines et violacées de sa peau. Son cadavre se matérialise sans plus d’effort à l’endroit exact où il se trouvait. Elle n’a presque pas besoin d’insister ou de se concentrer tant l’émotion l’étrangle et suscite ce don qu’elle tait par choix, par dégoût. L’illusion est toujours erratique, quasi chimérique mais elle suffit. Ses paumes saisissent violemment le visage du camé et le force à observer ce qu’elle vient de créer de sa faiblarde magie. Ses ongles se fichent dans sa chair pour être certaine qu’il voit le carnage, pour être sûre qu’il ne puisse pas détourner les yeux. Après une minute d'incertitude, l’enchantement s’effondre. La magicienne relâche vivement sa proie avant de profiter de ce moment d’incohérence pour lui ficher son genou dans le ventre et s’assurer qu’il tombe contre le parquet.

Elle s’accroupit à la suite, pose sa jambe sur son buste afin qu’il ne remue pas et cale son menton entre son pouce et son index pour qu’il la regarde bien. « Ça te revient maintenant, raclure ? Ou t’as besoin d’autres encouragements ? » D’un geste théâtrale, elle extirpe son flingue du holster et dépose le canon sur sa tempe sans plus de cérémonie. Son pouce joue avec la sécurité sans jamais l’actionner tout à fait, se réservant cet acte que s’il ne coopère pas. Serait-elle prête à le tuer ? La contradiction déchire sa poitrine. Toujours deux dans ce seul corps. Sa tactique se réajuste légèrement. Des aveux avant le meurtre. Parce que son ancienne elle le réclame et que le phénix ne peut renier les cendres dans lequel il a niché. Elle garde toujours l’arme braquée sur lui quand elle se penche pour que ses yeux cognent les siens plus férocement encore. « Montre-moi que t’as des couilles et que tu assumes tes conneries. T’as merdé, Ezio, c’est ça ? T’étais trop shooté pour avoir les idées en place ? Elle t’a contrariée et tu l’as buttée ? T’as deux minutes pour tout m’avouer. » La trentenaire se crispe quand une nouvelle envolée de souvenirs contaminent son présent, engendre une sueur froide dont elle se passerait bien. Elle refoule ce qui émerge encore malgré elle. Elle ne veut pas que son passé oublié contrarie ses plans. Pas maintenant. Sa voix se fige, elle pâlit presque entre eux. « Je te lâcherai pas tant que tu m’auras pas dit ce que tu as osé faire à Susanna. » Ma Susanna. Il lui a repris pour la seconde fois. Combien d’existences devront-ils encore gâcher pour enfin goûter aux retrouvailles ?

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Lun 13 Avr - 20:33


La porte, les dents, le cercueil, les économies qu’il devrait faire lui importe peu. Son salaire lui permettrait certainement de se payer les trois et d’y ajouter une bonne de dose de came pour accélérer sa descente dans les géhennes. Il ne répond pas. Ce n’est pas faute d’avoir les mots qu’il faut. Les répliques se heurtent contre son crâne, accentue la migraine. Son souffle creux dans sa poitrine résonne contre ses tempes. S’invite au tapage qu’est en train de jouer son corps tout entier, face à la menace que représente la Peacekeeper. Il n’est pas en état pour une lutte. Physique comme verbale. Deux options s’offrent pourtant à lui. Rester sourd, se morfondre et continuer à se comporter comme un légume. Ou bien répliquer. Laisser parler tout le chagrin qui lui dévore les veines. S’il venait à s’engager dans cette voix, Joan serait en danger. Alors il ravale sa colère, se bouffe la langue pour rester muet. Et encaisser. Il repousse l’ennemi, esquive le conflit et crève d’envie de la foutre dehors. De claquer le restant de porte qui lui reste à la tronche et retourner se terrer dans son coin sombre. Il aperçoit pendant un bref instant, un éclat de douleur dans les yeux de l’américaine. Cet éclat, il l’a déjà vu. Des siècles en arrière dans les pupilles azurées de sa cousine. Le jour où le sort que lui réservait son géniteur est apparu au grand jour. Le jour où il lui a fait promettre de ne rien dire à Susanna. Il s’apprête à la pousser vers la sortie, mais les mains qui viennent se poser sur son visage l’arrête dans son geste. Contraint par une volonté bien plus forte que la sienne de regarder dans une direction bien donnée, Stain s’abîme les pupilles contre le vide. Le regard éteint se heurte pourtant contre une scène qui lui coupe le souffle. Il est arrivé bien après le carnage. Du corps, il ne restait rien. Si ce n’est le sang. Le tableau macabre qui se dresse devant ses yeux lui tord le ventre. Ses muscles se crispent, se contractent jusqu’à rendre son corps usé plus douloureux que d’ordinaire. Ses entrailles se convulsent, et sa vue se brouille. L’instinct reprend le dessus, les larmes reviennent lui brûler les rétines. Le soldat serre les dents, en état de choc.

Il ne réagit pas immédiatement, comprend qu’elle l’a relâché seulement lorsque le coup le clou au sol. Un violent élan de douleur fuse le long de ses vertèbres. Il en soupire de douleur et se cambre dans l’espoir vain de soulager ses reins. Le loup cille, à plusieurs reprises. Chasse les larmes qui l’enferment dans un épais brouillard et s’oblige à accabler les pupilles assassines. « - D’autres encouragements ? Comment je pourrais oublier une horreur pareille ? Ca me bouffe, et ton petit numéro de copine éplorée, c’est du flan en comparaison. » Il crache, lâche son venin malgré une voix qui tremble et se brise sur les mots. C’est tout son être qui se détend lorsque l’arme est extirpée de sa cachette. Un frisson de délice lorsque le canon se pose contre sa tempe. Il en ferme les yeux, savoure le contact, attend la mise à mort. Supplie pour qu’elle se décide à appuyer sur cette foutue détente. Le temps se suspend, le silence perdure. Et quand enfin il se brise, un profond désespoir s’appose sur les traits du Hunter. Son cœur hurle, pleure, se lamente contre ses côtes. C’est tout un être qui s’effondre devant ce revirement de situation. Encore une fois, l’appel tentateur ne trouvera pas de suite. La rancœur vient lui caresser la langue, mais par-dessus tout, l’agacement commence à poindre. « - Je les assume pas ok ?! J’ai jamais assumé quoi que ce soit. Mais j’ai rien à me reprocher. J’étais pas là quand c’est arrivé. Putain, tu penses vraiment que j’aurais pu faire un truc pareil ? T’es malade ma pauvre. » La douleur tend ses cordes vocales, à tel point que parler devient douloureux. Des lames acérées lui déchirent la trachée. Ezio. Susanna. Ces noms appartiennent au passé, et qu’une étrangère les utilisent le perturbe. Le dérange et serre l’organe meurtri qui bat dans sa poitrine. Qu’elle connaisse son nom, passe encore, mais celui de Cora. Personne ne l’utilisait. Pas même lui. Lui qui se bornait à utiliser le surnom qu’il lui donnait du temps où tout n’était pas que décadence et horreur.

« - T’as bien potassé le livret de famille… Tu l’as trouvé où ? A la bibliothèque ? Je suis le fils de la Mort, Précieuse. Je tue tout ce qui gravite trop près de moi. Même sans le vouloir. Il t’a pas dit ça ton livre ? » C’est un refus catégorique qui se brise contre son cerveau. Il refuse de voir l’évidence. De se faire à cette idée qui lui parait totalement folle. « - La seule chose que j’ai osé lui faire, c’est de ne pas savoir l’aimer comme elle le méritait. » Il le murmure tout en tournant la tête pour s’épargner la vision de ces pupilles courroucées.  Le silence plane, s’installe entre eux. Perdure jusqu’à ce que le soldat revienne ancrer la noirceur de son regard fatigué dans celui de Joan. Sa main se pose alors sur celle qui le tient en joug. Dans une seule impulsion, il oblige le pouce hésitant à ôter le cran de sécurité. « - Vas-y, fait-le. Sans Elle, ça sert à rien. » Il implore. Supplie presque. Si ça ne tenait qu’à lui, il la forcerait à appuyer sur la détente. Pour en finir pour de bon. Le défi s’incruste dans ses pupilles, fait briller une lueur nouvelle dans les ténèbres. Il scrute celles de la Peacekeeper, en dévore les nuances. S’imprègne de ce qu’il peut lire sur ses traits. Et dans sa douleur il perçoit l’évidence. Crois deviner une familiarité qu’il pensait perdue. « - Chiara ? » Le prénom s’extirpe avec difficulté de sa gorge sèche. Dans un soupir, faible et fragile, il volète jusqu’aux oreilles de celle qu’il prend pour sa cousine disparue. La douleur et la tristesse s’enlacent, se couplent à un espoir fragile et peut être futile. Il se suspend à ses lèvres, se fige et retient son souffle.

« - Monsieur Stain ? J’ai entendu du bruit. Doux Jésus, mais… votre porte. Monsieur Stain ? » La voix criarde de sa voisine résonne dans le couloir. Les pas se rapprochent, suivit par le cliquetis des griffe sur le parquet. « - Monsieur Stain, mon Dieu ! Bougez-pas, j’appelle la police. » Elle trépigne dans l’entrebâillement de la porte, et lui se crispe à nouveau. Dans ses veines pulse une rage sourde. Pure et intense. Dont le degré gagne en puissance quand le chihuahua trottine jusqu’à eux et vient renifler la jambe de Joan. « - Casse-toi saloperie. On vous a pas sonné vous, retournez parler à vos plantes et foutez moi la paix ! » Dans une impulsion, Stain repousse son assaillante, se redresse au mieux malgré les lenteurs de son corps. Tout en ayant la décence d’esprit de remettre le cran de sécurité à sa place. Il fusille la vieille du regard et d’un geste rageur de la main, il envoie balader le clébard. Les pattes se décollent légèrement du sol et l’animal gémit en revenant vers sa vieille maitresse. Putain de voisine.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Dim 19 Avr - 0:51

La discussion s'éternise, elle se répercute aux parois pour leur revenir, écho déformé par leur perception altérée par leur chagrin respectif. Les mots fusent, s'élancent, vont et viennent mais ne s'arrêtent jamais au creux de leur esprit, ils effleurent à peine leurs tympans. La plus hermétique semble vouloir renier jusqu'à la propagation misérable du son qu'il produit d'une gorge éraflée pour entamer sa vendetta disproportionnée. Cette expression fragmentée, les secousses organiques qu'elle lui a apporté, elle se refuse à chacune de leurs apparitions, prétexte l'invention, se lie à l'indéniable théorie du mensonge pour venir à bout de chaque effluve de doute. Mais elle respire sa propre hypocrisie dès qu'elle se croit en droit de l'aliéner par sa propre folie, le clouant au sol pour mieux le mépriser, pour mieux discerner le pathétisme de cet opposant fatigué semble-t-il d'entretenir cette seule existence. Il se méprend sur elle, sur ses sentiments, il se prend pour le seul martyr de cette décadence. Giflée par ses réflexions, elle est à deux doigts de lui en coller une mais se retient par simple pragmatisme. A moins que ça ne soit les larmes acculées à l'orée de ses paupières qui la contiennent ? Tout s'emmêle, elle ne discerne plus la rage de la peine. L'enchevêtrement d'émotions se métamorphose aussi simplement en brûlure qui irradie de ses côtes à sa gorge. Elle voudrait avaler l'air plus rapidement pour se donner l'impression de surmonter le raz-de-marée mais à chaque inspiration, à chaque relevée de diaphragme, elle souffre un peu plus. Pour qui ? Susanna, Chiara ou Ezio ? Elle s'agite pour combler les imprévus mentaux, se tait pour raisonner sa conscience vacillante alors qu'il obstrue toujours plus ses cheminements de son ténor rocailleux et distendu par le chagrin. Chaque collision l'insurge, chaque nuance de cette voix la propulse dans des extrêmes, dans des contraires qui n'ont de cesse de s'attirer et de se repousser pour la dépecer de tout sens critique.

Sa langue continue de délier sa haine et sa tristesse à part égale. Elle ne supporte déjà plus de l'entendre geindre et s'apitoyer sur son sort alors qu'elle s'efforce de rester debout pour combattre l'obscurité jour après jour. Ses phalanges craquent alors que sa prise se resserre sur la crosse du flingue. Elle décide d'ignorer ses remarques sur la source des informations qu'elle délivre inconsciemment. Moins il en sait, mieux c'est. « Arrête un peu avec ton petit numéro, caliméro. T'as creusé ta tombe tout seul, bouffe la terre, vomis la si tu veux mais tu me feras pas chialer avec tes conneries de Roméo brisé. » Comme en réaction à ses propos, il se sent forcé de pousser la tension à son paroxysme en s'accordant le pouvoir de contrôler son acte. Le cliquetis du cran d'arrêt raisonne dans sa boîte crânienne, un millier de cloches qui annoncent la fin du monde. La fin d'un monde. Elle masque le trouble, s'arme toujours du mépris pour feindre le désintérêt. « Ouais, je suis sûre que ça peut être qu'une bonne chose que ta sale gueule retapisse ton immonde appartement. Mais tu vas pas t'en tirer aussi facilement. » Il suffit parfois, bien trop souvent d'une seule seconde pour basculer d'un état à un autre, pour perdre les raisons et les causes. Pour perdre de vue son seul horizon. Le coût temporel n'importe pas. Dans son cas, il n'a fallu qu'un seul prénom pour réussir à l'abattre.

L'orpheline berce chaque syllabe au creux de sa poitrine, comme un sentier qu'il aurait dessiné pour la ramener directement à la maison. L'évidence s'impose, réanime l'âme enfouie, en fuite dans les entrailles de ce corps étranger. Joan reste tétanisée durant de longues secondes, incapable d'émettre le moindre son sans trahir la clandestine. Peut-être qu'elle veut lui avouer, peut-être qu'elle s'y refuse. Elle n'a toujours pas fait son choix quand l'intruse vient perturber le présent du passé. Quelque chose se colle même à sa jambe mais elle ne saisit pas ce qu'on apporte à sa rétine, pas même quand son cousin lui passe sous le nez pour incendier la voisine. Restée en retrait, elle les observe d'abord, livide et incohérente. Son flingue cogne sa cuisse alors que l'ébahissement remonte son échine en une onde glacée et impertinente. Brutalement consciente que ses nerfs lâchent, que l'italienne la bouscule toujours plus et qu'il faut agir avant que le courage ne laisse place à tout ce qu'elle étouffe, elle s'avance ultimement pour brandir d'une main tremblante le badge qui la noue irrévocablement à sa fonction. « Ceci ne te regarde absolument pas, la vieille. Alors tu prends ta merde sur pattes avant qu'elle pisse partout, tu ramasses ton dentier et tu dégages le plancher avant que je ne te foute derrière les barreaux pour obstruction à la justice. » Sans attendre, elle la pousse littéralement sur le seuil et referme juste derrière elle avant de se retourner, dos collé à la plaque de bois vers son adversaire.

Son regard le cherche à l'imparfait mais elle n'arrive plus à conjuguer quoique ce soit avec la migraine qui se délite de plus en plus depuis qu'il a invoqué le fantôme au centre de l'ouragan. Les réminiscences s'extirpent péniblement de ses méninges, des bribes, des voix, des sensations, des odeurs. Tout se confond. Elle tangue mais s'avance malgré tout, pointant du doigt le premier coupable inlassablement. «  Tu penses que je vais gober tes putains de mensonge ? Je t'ai vu, je t'ai vu tuer Azzura, espèce de sous-merde ! T'as décidé de continuer sur ta lancée ? Après les deux premières sœurs, il a fallu que tu buttes la dernière ? Beau tableau de chasse.  T'es fier de toi, espèce de connard ? C'est comme ça que tu traites les membres de ta foutue famille ? » La mémoire s'emporte, les flashs sont violents et se construisent dans sa colère. Les larmes rongent ses prunelles, le vertige survient et la douleur lui lacère la cervelle. Elle se rattrape au meuble le plus proche alors que tout son décor tournoie avec incertitude. Le jour de sa mort se rejoue en accéléré dans sa tête fissurée, elle en oublie de respirer, porte une paume contre son front, retenant ses cris en se mordant les lèvres jusqu'au sang. La sueur se mêle aux quelques perles qui ont osé outrepassé ses cils. Son accusation s'effondre, sa plaidoirie se démantèle d'elle-même. Du moins pour son cas. Il a quand même assassiné son autre soeur. « Qu'est-ce que t'as foutu, Ezio ? Putain de merde, qu'est-ce qu'elles t'ont fait ? » D'un revers de bras, elle efface rageusement les gouttes qui inondent ses pommettes mais elle se refuse à ôter sa prise maladroite sur son appui, craignant de choir et de lâcher l'arme. Tout se décompose. La frustration, l'incompréhension et la douleur qui n'en finit pas de se relayer d'une carcasse à l'autre. Elle est infinie, éternelle et réelle. Elle est absolue dans ses yeux, dans ceux du shadowhunter. Elle les domine et les manipule. Mais pour quel résultat ?

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Mar 21 Avr - 19:44


L’interlude d’Hilda et Globule lui ronge les nerfs. Déjà bien à vif. Stain n’a jamais réussi à s’y faire, à cette voisine trop collante. Il n’a jamais supporté cette attraction qu’il semble exercé sur elle. Le fait d’être épier et de la voir surgir, chihuahua à la main dès qu’il avait le malheur de passer devant sa porte. Alors qu’elle se permette de venir s’incruster dans une comédie qui ne la regardait absolument pas obligea son sang à ne faire qu’un tour. Affalé par terre, ridiculement, il sauve au mieux les apparences. Se relève et accable les intrus de ses plus belles paroles. Ravalant l’envie furieuse de lui démolir le dentier et d’obliger le chien à bouffer ses yeux globuleux. Joan pris le relais. Et ce qu’il lut sur le visage de la vieille, à mi-chemin entre la crispation outrée et le regard larmoyant, aurait pu le faire s’étouffer de rire. Stain ne rit plus. Depuis un mois, il a abandonné l’idée. A même finit par ne plus être capable de se souvenir du son de son propre rire. Il oublie tout, et se concentre sur une seule chose : Elle. Il redoute tellement de la voir disparaître, elle aussi, qu’il s’accroche à tout ce qui peut lui permettre de ne pas l’oublier. Les intrus mis dehors, il constate avec un certain soulagement que la porte ferme encore. Vivre avec le seul rempart le protégeant des envahisseurs hors-service aurait été la bouse de plus sur le tas de merde formé par sa vie pitoyable. Le soldat poussa un soupir de soulagement, vida ses pauvres poumons tout en basculant en arrière. Il prit appui sur ses avant-bras, crispant ses phalanges contre le parquet tout en laissant son menton venir reposer contre son torse. Une crispation vient se poser sur ses traits, et de griffes, ses phalanges se recroquevillent pour former un poing. Elle l’a vu. Son souffle se fige quelque part dans sa trachée.

« - Le spectacle t’a plu j’espère ?  Azzura m’a pourrit la vie depuis ma naissance. Elle a eu ce qu’elle méritait cette putain d’emmerdeuse. Et si je devais le refaire, je le ferais sans hésiter. » Il crache son venin avec un calme macabre. Dénué du moindre remord, teinté de la plus horrible des froideurs. Il se détache de son meurtre. Pour lui il appartient au passé, à une autre vie qui n’est plus la sienne aujourd’hui. « - M’accable pas comme ça. La première était un accident. J’étais qu’un môme bordel, je pouvais pas prévoir ce qui allait se passer. J’en savais rien. » Il se redresse et s’assoit sur le parquet, fusillant l’accusatrice de son regard noir. Il se justifie pour un crime datant de sept siècles. Renoue avec une douleur qu’il pensait ne plus jamais ressentir. « - J’ai jamais demandé à faire partie de cette foutue famille. J’y ai jamais eu ma place non plus. L’Inquisiteur me l’a fait comprendre, tous les jours de ma pauvre vie. Et tu le sais mieux que personne ! » Il balance sa main dans la direction de la Peacekeeper. Invoque un souvenir qu’il partage avec Chiara, et seulement elle. Le jour où elle a percé son secret. Assisté à une crise de remords de son père et vu l’étendue des dégâts sur la peau déchirée du dos de son cousin. Il n’a jamais fait partie de la famille. Il n’a été qu’une erreur de parcours dans la vie d’un homme supposé être vertueux. Rien de plus. Rien de moins. Une honte qui s’est muée en fierté dès qu’il devint capable de faire couler le sang et faire hurler les hérétiques comme ils devaient le faire. « - Pour Anna… J’ai merdé. En beauté. » C’est un murmure cette fois. Qui se perd contre le sol au moment où il baisse la tête. Fatigué. Ereinté, les mots lui arrachent la trachée et noue sa gorge de larmes. Il évite de la regarder, ne parvient pas à le faire et le silence vient se glisser entre eux.

La main brûlée du Hunter s’appuie contre le sofa, et c’est toute la carcasse qui se relève péniblement. Il soupire, ferme les paupières et serre les dents. Les reins se pincent, se bloquent et figent la silhouette fatiguée le temps d’un morne battement de cœur. Le soldat reste immobile le temps que l’orage passe et se redresse enfin. Les vertèbres fatiguées craquent et la douleur se fraye un chemin hors de lèvres gercées. Les phalanges s’agrippent contre le dossier, font blanchirent les articulations de cette main fatiguée. La peau tannée ne ressent rien, les plis se fondent à ceux du tissu contre lequel ils s’appuient. C’est un nouveau soupir, plus faible cette fois qui accompagne la mise en mouvement. Il se sépare de son appui, pose lentement un pied sur le parquet fatigué et se rapproche de la Peacekeeper. Elle reste Joan. L’emmerdeuse qu’il adore détester et agacer. La chieuse qui les lui brise menue, mais paradoxalement il ne parvient pas mettre de la flotte dans son vin. Tirailler ses pauvres nerfs est devenu son passe-temps favoris. Et maintenant que les pièces s’assemblent, il comprend. Comprend d’où vient cet irrépressible besoin de la protéger. De veiller sur elle malgré son caractère de merde. Le loup tend alors lentement la main. Elle se suspend, hésite. Tremble légèrement. Et enfin les doigts fatigués viennent effleurer le bras de la jeune femme. Le geste se réitère jusqu’à ce que les phalanges viennent s’y enrouler. Du dos de sa main droite, il oblige Joan à lui faire face. Les pupilles sombres de l’italien se perdent alors dans celles de la Peacekeeper. Les larmes cisaillent la peau laiteuse, brûlent les pupilles et incendient le cœur du loup. Il se serre, comme une vulgaire éponge et tout le sang se répand sur ses entrailles en charpie. La souffrance se décuple. Elle devient centenaire, traverse les âges et ce qu’il a enduré le jour de Sa mort se couple à ce qu’il a connu il y a quelque mois seulement. Il ne comprend pas comment une telle chose peut être seulement possible. Il ne veut pas comprendre et s’accroche uniquement aux faits. A l’évidence qui se dresse devant lui. A cette peau qu’il touche avec la même tendresse qu’il y a sept siècles.

« - T’as pas le droit de me balancer ça à la gueule. » Il le souffle contre la peau de Joan. « - Pas si tu es vraiment celle que tu prétends être. Pas en sachant qu’Elle était tout pour moi. » Il accuse. Il supplie aussi. Cherche à obtenir un pardon qu’il ne mérite pas. Il cherche à retrouver sur ces traits, la tendresse sage de Chiara. Cette complicité qu’ils possédaient jusqu’à ce que sa bêtise les éloigne. Il se raccroche à ce souvenir.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Mer 22 Avr - 21:06

Le calvaire se réinvente à chaque seconde dans cette atmosphère meurtrie, alors que la peine de Stain se décompose inlassablement  en intonations cassantes et cassées. Chaque nuance de cette douleur qu’elle a cherché à méconnaître, à sous-estimer, se confond à ses propres plaies. Sel qui annonce de nouveaux lancements aortiques, qui trompe sa vaillance pour la réduire à l’avortement de sa seule volonté. L’italien la poursuit dans les méandres de ce passé nébuleux et toujours instable. Jamais il ne s’arrête, jamais il ne l’arrête tout à fait non plus. La pression artérielle s’insurge, réclame des substituts mais il leur faut suffoquer pour mieux avancer. La destination reste incertaine. Joan se perd quand Chiara se rassemble. Terrain inconnu pour l’exilée et la native, tout s’apparente à une familiarité  dérobée aux circonstances et à l’instinct qui tangue entre deux répliques acerbes. Même pendu à son parquet, son orgueil jaillit pour alimenter la bile qui va et vient entre les côtes fissurées de la trentenaire. Cette haine blesse l’italienne enfouie et la fait craindre le retour de la lumière. Pendant quelques minutes, l’américaine profite de cette fuite pour reprendre la possession de cet organisme destitué de cohérence. Elle manque de ficher le bout de sa semelle dans le squelette décharné de son cousin mais se retient seulement à cause des lacérations internes partant de sa tempe droite pour courser aussi vite la gauche. Ses mots houspillent la fausse quiétude qui guette toujours plus dans chaque silence imposé. « Putain de monstre. » Ses quenottes mâchonnent sa langue alors qu’il invoque toujours plus la trépassée dans les prunelles de la peacekeeper. Elle souffre pour deux, combat cette noirceur opaque qui entoure l’aorte de son corps d’emprunt et remporte une nouvelle bataille contre l’amnésie, brusquant les réminiscences dans la cervelle de son hôte.

Tu le sais mieux que personne ? Son échine se cambre, elle s’agrippe au meuble, seul récif pour sa crise identitaire contre lequel elle se butte pour ne pas se noyer. Elle veut que ça cesse mais les images se collent à sa rétine sans son consentement, déchirant sa boîte crânienne de toute part durant l’opération, la ramenant en arrière, dans des fragments de vie dissipés par l’éternité. Ezio si fragile face à la menace parentale. Ce secret qu’elle a emporté dans sa tombe. Est-ce un aveu qui tombe ? Elle n’arrive plus à y croire, pas quand elle redevient le témoin indirect de sa détresse, pas quand cette vague d’affection la submerge jusqu’à l’incompréhension, la retient captive d’une époque révolue. Fracturée en deux morceaux d’âme morcelés par les expériences et par un temps qui a coulé jusqu’à éroder sa conscience, son immortalité impromptue, elle doit réapprendre à respirer pour ne pas couler. Il approche. Elle ne parvient même pas à se retourner, étreint par des siècles d’errance, abandonnée dans sa contradiction, transcendée par une névralgie qui s’éternise dans la crainte d’un autre flux d’information cérébrale. Le shadowhunter la ramasse en pleine dérive, la plaque au présent en un demi-tour qu’elle n’anticipe pas. Un hoquet de stupeur dérange sa gorge. Elle le redécouvre en quelques inspirations désarticulées, transpose ses derniers filaments mémoriels à son faciès éprouvant d’un même mouvement, les pulsations désorganisées qui se jouent dans son thorax.

Elle se tait, elle le laisse approcher sans même chercher à le ruiner. Sans savoir pourquoi, ni comment, la colère s’effrite et ses murmures pourchassent déjà les siens pour y ajouter un peu plus de douceur. « Je ne prétends rien. C’est toi qui insinues. » Mais il a deviné correctement. Il a réussi à la deviner malgré tout derrière cette forme sordide d’animosité  et de vulgarité. Elle se drape des teintes emmêlées de ce regard confus et relâche cette identité pour s’allier aux vérités. Le changement se fait si doucement et si imperceptiblement qu’elle ne le remarque même pas. Ses doigts s’avancent prudemment vers le visage de cet homme, chancelants alors qu’ils recouvrent la joue du brun très calmement. « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Que t’a-t-on fait ? » Ses pupilles inspectent les traits lassés du changeur et y notent chaque dissemblance, annotant le portait de plus en plus précis du garçon qu’elle a autrefois connu. Sa paume souligne sa mâchoire en une ultime caresse avant que ses doigts ne retombent mollement contre elle. Elle aspire l’air pour retrouver un semblant de dureté. Son ténor s’extirpe maladroitement, s’évanouit entre deux sons plus robustes. « Tu n’as pas le droit de te taire. Je dois savoir ce qu’il est arrivé à Susanna, je dois savoir qui est le coupable. » Elle se reconstruit entre chaque alinéa, mêlant ses deux personnalités, diluant les excès de chacune pour offrir une neutralité effrayante à cette espace occupé par le souvenir et l’absence. Le chagrin perce toujours plus sa voix mais ne contamine plus ses paupières. « Tu as osé tuer Azzura. Je ne vois pas ce qui t’aurait empêché de l’éliminer, elle aussi. Tu n’as rien d’une colombe et tu ne t’en protèges même pas. Elle était tout pour toi ? Prouve-le-moi alors si tu tiens tant que ça à jouer au plus malin. Je ne sais plus qui tu es. Je ne sais pas ce que tu as fait. Mais si tu te fous de ma gueule, je ne serai pas aussi clémente avec toi. Celui qui me l’a arraché, il devra payer, tu m’entends ? » Son assurance revient brutalement, elle s’écarte pour reprendre en partie ses esprits, balaie les dernières perles sur ses joues avant de reprendre. « Tu as dit que tu avais merdé, explique. Développe. Tu me dois ça. Tu me le dois, Ezio. » Son index revient accuser sa poitrine aussi sèchement, brisant l’intimité reconstruite sur les débris.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Ven 24 Avr - 21:01


C’est toi qui insinues. La réplique cille, tranche les liens qui le retiennent à ce souvenir qui se matérialise devant ses yeux fatigués. Il avale l’air mais rien ne vient faire gonfler ses poumons. Stain reste immobile, la main suspendue contre l’épaule de la Peacekeeper. Joan. Chiara. Le mélange le surprend et le rend incapable de se défaire de ce visage si différent de celui de sa cousine. Il cherche, scrute le moindre trait. Tente de retrouver dans les intonations si peu distinguées de l’américaine quelque chose qui lui rappellerait l’italienne. Il se borne et se blesse contre le vide. Le néant. Il insinue, espère, se convainc d’une chose qui le rebute tant elle peut être si peu naturelle. Comment ? Pourquoi ? Les questions reviennent se heurter contre son crâne. Ses deux pauvres neurones s’enlacent, sautent l’un sur l’autre jusqu’à s’écrabouiller mutuellement et tentent de se connecter. Il remue légèrement la tête, entrechoque les deux pauvres vers de terre pour qu’ils s’unissent mais le vide demeure entre ses deux oreilles. Il se tend, se crispe et les phalanges s’éloignent légèrement de la peau de la jeune femme. C’est tout son corps qui réagit sous l’impulsion d’un simple geste. Un seul contact et c’est tout un être qui se brise. Le souffle se suspend dans sa poitrine lorsque les doigts de Joan se posent contre sa joue. La caresse le transporte, fait battre son cœur avec un semblant infime d’allégresse. Et la tête du Hunter se laisser aller contre cette main qui ne sert d’ordinaire qu’à lui offrir geste ordurier et coup de poing. Le contraste entre les deux entités qui se partagent ce corps est saisissant. Les frissons dégringolent le long de son échine face à Ses questions. Les muscles se crispent un peu plus et les dents se serrent. Sur ce visage émacié, c’est le poids d’un millier d’années qui se pose. Le poids d’une tristesse impossible à apaiser. Il se décompose tout entier face à ces seules questions. Le Hunter cède sa place à celui qu’il a si aisément remplacé. Le pauvre italien que le loup a dévoré sans la moindre vergogne.

« - Tu ne voudrais pas savoir. » Il le murmure contre Sa main alors qu’elle s’éloigne de son visage. Tant de choses se sont passées depuis cette journée fatidique aux bords du Tibre. Trop de choses qui ont fait qu’il est ce qu’il est aujourd’hui. Et une part de lui ne veut pas qu’elle sache. Par peur de la perdre plus qu’il ne l’a déjà fait. Le changement dans Son timbre met un terme à l’interlude nostalgique. « - Crois-moi, j’aimerais savoir qui a été assez con pour faire ça, autant que toi. » Il le lâche entre ses dents serrées. La colère fait trembler ses cordes vocales et lui détruit la trachée. Ses phalanges s’enroulent jusqu’à ce qu’il se retrouve à serrer le poing. Les ongles grignotent la chair morte, et les éclats ferreux du sang contre ses narines le pousse à arrêter la mutilation. Le portait qu’elle dépeint de lui aurait pu lui arracher un sourire. Dans une autre circonstance. Dans un autre temps. Pas maintenant. Il se renfrogne, recule dans ses propres ténèbres et garde un instant le silence. Il ne fait rien pour la retenir. Laisse le vide lui geler le corps et finit par prendre appui sur le meuble qu’elle a abandonné. La fatigue le ronge et engourdie ses jambes. Il croise les bras contre sa poitrine, plaque ses mains sous ses bras comme s’il cherchait à réchauffer ses phalanges. « - L’attachement m’en aurait empêché. Me protéger de quoi ? D’avoir rendu service à cette famille démolie en l’ayant délesté d’un poids mort ? » Il hausse légèrement une épaule, se pare d’une désinvolture effrontée tout en suivant la Peacekeeper du regard. « - Te le prouver ? Tu veux que je fasse quoi ? Que je me traine à tes pieds en pleurant comme un seau percé ? J’ai pas à te prouver quoi que ce soit. J’ai l’air d’avoir envie de me foutre de ta gueule ? Tu crois que j’ai rien de mieux à faire que de jouer au con avec ma… Avec toi ? » Il va payer c’est un fait. Et il va tellement hurler que toute la ville va trembler. Retrouver l’assassin et le détruire de ses propres mains, Stain s’en ai fait la promesse dès l’instant où il a su. Avant même de réagir, d’entrer dans cet état d’accablement qui ne le lâche pas depuis, il se l’est promis. Il se redresse dans un pur réflexe de domination lorsqu’elle revient vers lui. Il toise l’inconsciente de son regard noir.

« - Je vais t’épargner les détails de notre vie de couple. Je pense pas que tes chastes oreilles soient prêtes pour ça. » Il se moque, accable la petite recrue de son humour douteux. Accompagnant les mots d’un haussement de sourcil indécent. Ce n’est plus Chiara qu’il perçoit sous ces traits, mais bien Joan. « - J’ai pas été capable d’être celui qu’Elle méritait. Dès le début, j’ai pas assuré. J’aurais dû être là, j’aurais pas dû La laisser ce jour là. J’aurais dû… » Le ténor s’étrangle dans sa gorge. La voix se brise sur les lames de sa douleur. Et c’est tout son mal qui ressurgit et l’acide des larmes revient brûler ses rétines. Il renifle, et rageusement il chasse les indésirables d’un revers de manche tout en s’éloignant brusquement. Il lui tourne le dos et les épaules s’affaissent. Toute la silhouette s’effondre, les bras enserrant avec plus de force sa poitrine. Comme pour endiguer le flot, refermer le trou béant qui s’y forme depuis près d’un mois.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Mar 28 Avr - 23:29

Rattraper des siècles d’errance, comprendre et apprendre du passé, cette seule vie ne suffira sûrement jamais pour atteindre ce qui s’échappe avec toujours plus de véhémence. Même quand elle cherche à se pencher sur cette voix frissonnante, celle qui berce son inconscience pour lui fournir des constances souvent trop tardives, les résonances mémorielles demeurent incomplètes et s’évanouissent contre la bourrasque du présent qui bat la mesure bien plus ardemment. Chiara retentit au cœur de la bataille, taisant les coups d’épée dans les plaines enneigées, s’insérant dans chaque émotion pour leur soutirer cette faiblesse qui rend l'humanité, qui se pare d’empathie pour honorer l’espèce. Joan la sent palpiter dans chaque os de son squelette, elle va jusqu’à remonter sa moelle épinière pour lui rappeler qu’elles ne sont pas deux âmes écartelées par les circonstances. Elles sont une seule entité, un seul parasite ectoplasmique pour hanter la rétine d’une enfant mort-née. Les questions se succèdent depuis des années. Les réponses s’éloignent d’heure en heure. Même dans ces moments de rassemblent incongru, quand elle se heurte aux erreurs que le temps aurait dû éteindre ou condamner. D’autres mystères épaississent l’opacité de cette cécité et supplantent l’antérieur pour l’amener à l’instant. Et maintenant, il n’y a plus que lui. Cet homme qui semble ne pas vouloir se rattraper au moindre rebord, qui cherche impunément à flirter avec le contrebas et à se prendre d'affection pour la mort. Cette détresse s’étale jusqu’à devenir sienne. Naturel, quasiment spontané, un mécanisme que rien ne pourra endiguer comme une vieille berceuse qui émane d’une boîte à musique égarée dans un grenier désordonné. Elle se déclenche sans s’annoncer et attire aussitôt la sorcière par cette mélancolique mélopée. Un écho qu’il faut chasser, elle se met déjà à courir après ce papillon. Chaque obstacle lui lamine les genoux pourtant et secoue la personnalité qu’il a fallu arborer pour survivre, se relever. L’italienne continue de fouiller parmi les antiquités, elle ne s’arrête jamais. La mélodie s’accentue, elle peut presque percevoir l’emplacement de sa source. Dans cet enchevêtrement émotionnel, elle accepte d’appartenir à la musique, de redevenir chaque note pour la composer à nouveau. Son empire s’allonge sur cette partition.

Ses réactions sont d’abord mutiques. Ezio s’agite, scande, trébuche, se détourne, emporte avec lui la stabilité relative de la fracture mémorielle. Le cauchemar habite le lieu, fait grimper sur chaque cloison de drôles de végétaux qui gaspillent l’oxygène pour recracher plus encore de toxines. Ils s’enroulent autour du shadowhunter effondré, ils gagnent le thorax de l’intruse et bientôt ils se nouent au geste qu’elle lui porte. La trentenaire laisse sa complainte la pousser contre lui, sans jamais bousculer sa pudeur pourtant. Elle s’accroupit prudemment, faisant craquer ses genoux dans la descente. Son regard effleure d’abord la carrure de son cousin, des muscles noués par un chagrin qu’elle ne peut pleinement contempler. Ses mains coulissent sur les épaules du changeur pour atteindre sa chevelure ébène, témoin apaisant des origines qu’elle a enfoui et démoli dans l’oubli. Ses doigts s’enroulent doucement aux mèches qu’elle peut saisir, caresse imprécise qui exprime une douceur chassée par l’éternité. Son front cogne le bas de sa nuque alors que la tristesse rebondit contre chaque mur pour mieux lui revenir. Cette douleur efface les frontières d’hier et d’aujourd’hui, les temps disposent d’une neutralité effarante. Balancée par la ritournelle, démunie devant cette affliction, elle dépose toutes ses cartes au pied du métamorphe. Son ténor devient murmure erratique. « Susanna n’aimerait pas te voir dans cet état. » Je n’aime pas te voir dans cet état. Qui est-elle de toute façon pour oser parler au nom de sa sœur ? Son crâne se décroche de son appui alors que ses doigts se crispent contre le cuir chevelu de l’endeuillé. Elle tire de toutes ses forces abruptement pour que la tête de son captif bascule vers elle, lui arrachant des cheveux au passage. Son timbre revient pour accuser. « J’aimerais vraiment pouvoir te détester. »

Ses paumes relâchent sa tignasse calmement, elle se décale afin de pouvoir jauger son visage rongé par la douleur. Son index et son pouce cueillent son menton, elle se rapproche alors pour que leurs regards soient à la même hauteur. « Tu te trompes sur toute la ligne. Tu as tout à prouver. Et pas qu’à moi, et sûrement pas en chialant comme une merde. C’est ça l’image que tu veux renvoyer ? C’est comme ça que tu veux venger Susanna ? Tu dis que tu l’as pas tuée ? Alors sors-toi les doigts du cul, cours après ce salaud. Retrouve-le. Butte-le. Et rapporte-moi sa sale gueule que je puisse lui cracher dessus et peut-être enfin croire à ton baratin. » Les personnalités vacillent, s’enlisent dans les conséquences, dans les pulsations déréglées de son palpitant éprouvé. Ses lèvres tremblent alors que la perte s’impose une fois de plus. Ses mains finissent par chercher les siennes machinalement. Elle noue ses doigts aux siens et se voûte pour masquer les tressaillements de cette essence implantée par enchantement dans cette carcasse. Cette âme beaucoup trop ancienne, beaucoup trop usée. D’une voix fluette qui jure atrocement avec les traînées sonores que ses dernières paroles laissent encore s'élancer dans leur mémoire commune, elle met des termes sur ce qu’elle tarit au coin de ses cils. « Je ne savais même pas qu’elle allait me manquer. Elle était juste là et je ne le savais pas. Parle-moi d’elle, raconte-moi. Tout ce que je n’ai pas pu voir ou entendre, tout ce que j’ai raté. » Exigeante, elle poursuit en reprenant des octaves. « Elle a su pour Azzura ? Elle a su ce que tu lui avais fait ? J’espère que t’as bien morflé, petit con. » Sa mâchoire se serre dans cette contradiction qui n’en finit plus de la lacérer, ses ongles déchirent de façon compulsives les paumes du camé. « Je ne te pardonnerai jamais pour ça. » Elle ravale la bile et la laisse meurtrir ses organes. L’acidité érode toujours plus cette identité pour dévoiler l’ancienne. C’est un jeu dangereux qui n’a aucun sens. Et aucun code pour régir les battements d'un cœur trépassé.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Dim 3 Mai - 20:53


Se briser contre des récifs acérés. Sans relâche, au gré de sa respiration fatiguée. Il chancèle au milieu de cet océan de douleur et ne parviens pas à s’agripper à la paroi pour s’en extraire. Plus il lutte, plus le mal le ronge. Il le dévore de l’intérieur, grignote la moindre fibre, le moindre morceau de chair encore consommable. Les doigts fatigués s’agrippent contre le torse fragile avec plus de force. Stain ferme les paupières, fronce les sourcils et ravale sa peine. Ce n’est pas une chose à laquelle il est habitué. Il ne se pensait même pas capable de le laisser accabler de la sorte. Trop insensible, trop détaché. Trop con. Et pourtant, le bellâtre italien se décompose face au deuil. La mort de Chiara n’était qu’une goutte. Une pauvre larme face à l’océan de douleur qu’engendre la mort de Cora. Proche de l’une, lié à l’autre. Le lien rompu lui arrache le cœur de la poitrine. Il le sent, qui tente de s’extirper de sa poitrine famélique à chaque nouveau battement. C’est un mal de plus qui s’ajoute aux autres. Un supplice de plus pour lui faire payer tout ce qu’il a pu Lui faire endurer. Son châtiment pour avoir assassiné deux membres de sa famille, et pousser un troisième sa perte. Le soldat a beau maintenir que cette mort n’est pas de son ressort, au fond de lui, il est persuadé que ce n’est pas le cas. Qu’il a joué un rôle, affreusement monstrueux dans cette tragédie. Du sang, il en a sur les mains. Et alors qu’il ouvre lentement les paupières et que ses mains viennent se poser sous ses yeux, l’écarlate ronge sa peau. Il sursaute, tremble et un spasme douloureux lui déchire le bide. Les mains se frottent nerveusement, se raclent contre le jean fatigué. Le corps se délie, s’enlise dans la brume. Et c’est un nouveau sursaut qui accompagne l’arrivée soudaine de la Peacekeeper à ses côtés. Stain ne bouge pas. Il n’ose pas le faire. Redoute l’accident, l’orage. Il a peur de La voir disparaitre. Peur de se retrouver seule. Peur de perdre l’éclat familier qu’il a pu lire dans Ses yeux. Il se raccroche à la folie qui se dessine sous ses yeux. C’est un besoin qui devient vital. Celui de se dire que cette cousine disparu trop tôt est bien vivante dans le corps de son emmerdeuse favorite.

Les muscles se crispent lorsqu’il sent le poids de Ses doigts contre ses épaules. Ils se font de fer avant de se changer en coton. Le loup s’adoucit, se laisse aller dans cet élan de douceur étrange. Des frissons lui lacèrent l’échine lorsque les phalanges se glissent dans ses cheveux. Et la brèche s’ouvre. Le cœur fond, s’écrase sur le tas de viande à vif et le sel revient lui brûler les yeux. Il a l’impression de sentir la peine de la jeune femme. Elles se nouent l’une à l’autre, s’enchaînent et s’accordent. Il tâtonne et pose doucement sa main contre la cuisse de Joan. L’appartement vacille, les ténèbres qui l’entourent se changent en clarté. Le parquet cède sa place au marbre d’une demeure romaine au luxe indécent. Le passé se fond au présent, les douleurs d’hier se calquent à la peine d’aujourd’hui. L’air se fait précieux dans ses poumons. Chaque inspiration est une lutte, et les larmes qui épousent à nouveau les angles de son visage ajoutent un nouveau poids à sa fatigue. C’est sûrement une vérité. Mais pour lui, elle sonne faux. Il sait ce qu’Elle attendrait de lui. Qu’il tienne sa promesse. Il ne veut pas Lui survivre, pas encore, c’est une réalité. Il est juste si pitoyable que ce simple fait l’effraie. « - Elle préférerait me voir tenir mes promesses. Même ça je suis pas foutu de le faire correctement. Je devrais être avec Elle… J’ai tout foiré. » Le murmure lui arrache la poitrine. Se meurt sur les césures de sa voix, et il secoue la tête en serrant les dents. Un vent de colère fuse sous sa peau. J’aimerais vraiment pouvoir te détester. Il le mérite pourtant. Aujourd’hui plus que jamais. Les prunelles humides du Hunter viennent se perdre dans celle de la sorcière. Il s’y jette, sans pudeur, sans retenue. « - Tes paroles de réconfort font vraiment chaud au cœur Précieuse. » Le ton se veut cynique, mais il n’est plus en état pour jouer les grossiers emmerdeurs. Il n’en a tout simplement pas envie. Un hochement de tête est la seule réponse qu’il peut lui fournir. Solennel et empli d’une froide détermination. Buter ce sombre con, La venger et crever ensuite. L’aiguille de ses sombres objectifs vient de changer de direction.

« - Elle t’aurait adoré. Vous avez le même caractère, charmante et agréable toutes les deux. Il y aurait tant de choses à dire à Son sujet. Je doute que ce soit le moment de faire ça. » Il aimerait s’empêcher, combler les vides qui se devinent dans les pupilles de l’américaine. Mais parler d’Elle au passé lui déchire la trachée. Il ne parvient pas à s’y faire, et en dresser un portrait reviendrait à affronter une réalité qu’il refuse encore de pleinement voir. Au lieu de ça, il pose ses pupilles sur ses mains prisonnières de celles de Joan. Du bout du pouce, il en caresse la peau, et fait naître d’étranges frissons contre la sienne. Et le nom revient se coller contre ses oreilles. Il s’accompagne d’un ricanement perfide, émanant de l’apparition venue poser son cul sur le dossier du sofa. Pas maintenant. Il ordonne mais la sorcière invisible se contente de rester plantée là. « - Non. Elle ne savait pas. » Menteur, arracheur de dent, parjure, égoïste. Meurtrier. Pourriture. Tant de choses qui le caractérise et qui rendent son geste encore plus détestable. Il n’a pas pu Lui dire. Il n’a pas voulu le faire surtout. « - J’ai toujours admiré ce lien à la con qu’il y avait entre vous. » Lâche-t-il dans un souffle, la laissant lui démolir les mains sans sourciller. La douleur qui fuse de ses paumes lui vrillent les reins et enflamment sa peau d’un plaisir honteux. Se faire déchiqueter par les ongles de la rancœur, l’idée lui plait. Il en esquisse même un infime sourire. L’ombre d’un amusement éphémère qui se perd dans le sillage d’une aile sombre venue se poser sur ses traits. « - Je n’ai pas besoin de ton pardon, encore moins de ta pitié. Déteste-moi pour le meurtre de la pimbêche horripilante,  je m’en contre-fous. » Les dents se serrent, comme les phalanges contre Ses mains. Le fauve se redresse légèrement et pose son regard sur sa compagne d’infortune. « - Ca ne changera pas ce que j’ai fait. Elle n’avait plus rien de la charmante sœur que tu as connu. » La voix se cisaille et se pare d’éclats assassins. Dédaigneux. Et les pupilles noires se posent vers Azzura.

« - Comment cela se peut-il ? » La question le tiraille depuis l’évidence. Il sonde les pupilles de la Peacekeeper, cherche des réponses qui le dépasseront. Il le sait, et d’une certaine manière, le pouvoir qui a permis une telle chose le terrifie. Stain ne veut pas savoir, mais dans les méandres de son inconscient fatigué, il dévie la discussion pour en pas avoir à sentir cette lame plantée dans son cœur, tourner encore et encore.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Ven 8 Mai - 1:37

Les découvertes se murmurent, un supplice qu’on écaille en conservant le vernis sur l’ongle. Pas d’impuretés pour la serre avide d’arracher ses objectifs à la terre encore fraîche, battue par la pluie. Percées par l’ondée, les consciences s’enroulent, se dérangent pour mieux se retrouver sous un branchage vacillant. Existe-t-il seulement un abri ? Le refuge se présente dans sa rétine malgré les traînées salines qui encombrent son horizon. Des portes closes qu’il expose, une entrée qu’il a déjà condamnée, clouant à ses paupières la corruption d’une âme nourrie à la suie. Il suffirait de souffler, de le secouer jusqu’à écarter les débris organiques de sa seule essence. Il suffirait de croire qu’il peut se laver des pêchés souillant le souvenir. Mais la seule personne qui en possède sûrement les compétences, repose dans d’autres enfers, le front encombré par l’impact, le cœur réduit à la ruine. Tellement d’erreurs pour si peu de temps doré. Ça n’excuse pas les déviances, les autres crimes, ça ne clame pas plus son innocence sur le fait actuel. Ses paroles la brusquent, sa voix la trompe. Elle émerge pour sombrer. Les vagues l’emportent et la ramènent. Ses poumons se fragilisent, l’air vibre avec moins de précision dans sa gorge. Les fractures se multiplient et les douleurs suivent. Elle ne sait même plus donner libre accès à sa réflexion parasitée par un flux émotionnel de plus en plus instable. Inspirer dans quelle année ? Ressentir de quelle âme ? Vagabonde, elle distribue ses incohérences par des gestes erratiques, contradictoires. Elle le cherche, l’éloigne et subit les travers de ce qu’elle a dû négliger pour pouvoir atteindre ce couloir, ce sol. La brune suscite les contacts, s’agite sous les retours qu’elle n’attend même pas. Cette familiarité la préserve de ses buts détournés et place des obstacles entre décisions et obligations.

Stain ne déjoue pas les vices qu’elle lui prête. Il lui concède pratiquement tout et délivre ses chaotiques propos à ce seul songe. Il n’est pas facile de conserver les résolutions au milieu des ratures. Joan n’obtient pas satisfaction à cette curiosité persistante, elle ne reçoit que des fragments de verre dans le larynx, de nouvelles raisons pour s’acharner à la connaissance en se broyant l’aorte dans les inconnues qui compliquent chaque équation. L’italien semble se complaire de la charade, il semble s’amuser à troubler les battements précaires d’un organe éprouvé par sa propre résurrection. Il place les syllabes en accordéon et comprime les tympans de la trentenaire sans plus de considération. Le corps tétanisé mais la gueule déjà ouverte pourtant, elle riposte tardivement. « T’es vraiment devenu un sacré connard. Et tu te permets de juger mes soeurs ? Et de les abattre par-dessus le marché ? Laisse-moi rire. Crevure ! T’es la pire des ordures, tu n'as même pas mérité le droit de respirer leur air ! » Sa paume droite se déloge de la sienne pour agripper son col alors qu’il rallie le phénomène et ôte la bravoure aussi sèchement. La sorcière le relâche totalement en le poussant vers l’arrière et s’autorise une retraite méritée après lui avoir fiché son pied dans la cage thoracique, l'abandonnant à sa tragédie pour regagner la sienne. Elle reprend sa hauteur, recule de plusieurs pas pour lui ultimement tourner le dos, se  rassemble avec difficulté pour conjurer le silence. « J’en sais foutrement rien. » Ses bras remontent pour serrer cette enveloppe qui peine à retenir sa dualité. Une guerre qui administre des coups violents contre ses côtes et qui la force à maintenir cette seule position. « Je me souviens pas de tout. »  Un soupir. Elle rejette sa tête vers l’arrière et inspire avant de briser ses interdits.

Depuis le début, elle a voulu en parler. Depuis le commencement, cette solitude dans le secret l’a maintenue à distance des autres. Même son ex-mari ignore. Elle sait ce que sa folie incommode et à juste titre. Comment expliquer ce qu’elle abrite alors qu’elle ignorait jusqu’à son prénom il y a encore moins d'une heure ? « Au début, y avait que la noyade qui me revenait. » Ses épaules s’affaissent alors que le récit se poursuit. Sa voix caresse les ombres, la traquent dans l’indivisible absence qui la précède. « Puis, c’est Susanna qui m’est apparue. Je me souvenais juste de sa voix, de son prénom. Le reste n’était que des sensations imprécises. » Elle ramène ses talons dans sa direction, défaisant sa prise éphémère sur sa propre personne pour glisser ses doigts contre le premier meuble à proximité, s’y appuyant sans réserve quand les émotions submergent son thorax brimé par la perte.   « Je savais pas vraiment qui tu étais. Je savais juste que … Qu’on était liés. »  Son regard redessine le cadavre de sa jumelle une centaine de fois, matérialisant chaque détail, chaque couleur composant le spectre de mort. « C’est en voyant le corps de… Son corps que la plupart des souvenirs sont revenus mais… C’est toujours incomplet. » Ses paupières se replient, ses bronches se referment. Les larmes se figent à l’orée de ses cils, elle les retient jusqu’à la brûlure. Dans un ultime assaut, sa conscience lui fait dégainer son flingue pour la seconde fois. Elle s’approche d'un même mouvement du shadowhunter et colle à nouveau le canon contre sa peau, juste entre les deux yeux. Comme Elle. Pour lui rendre quasiment hommage. « Peut-être que ta mort aidera, j’ai remarqué que ça fonctionnait plutôt bien comme méthode. » Du bluff qui ne l’amuse même pas. Elle se laisse à nouveau choir à ses côtés aussi subitement, rejette son arme sans plus d’égard et prend les tempes de cet homme en otage entre ses mains tremblantes de vérité.

Son front remplace le fusil alors qu’elle éparpille tout doute. « On sait tous les deux que j’en suis incapable. Quand tu es là, j’arrive plus à être celle que je voudrais être. Même si tu le mérites pas, Ezio. Je voudrais tellement te faire payer leurs morts. Je voudrais tellement te rendre pièce pour pièce tes erreurs. Mais je peux pas. C’est une putain de malédiction. » Ses pouces chassent les perles s’asséchant sur l’épiderme de l’assassin rageusement. Elle déteste le voir si faible. Elle déteste encore plus détester ça.   « Qu’est-ce que tu comptes faire ? A part chialer comme une fillette et te plaindre de tous les maux de la terre ? T’as le cul enfoncé dans ta merde. Va falloir te décider. Assume, bordel de merde. Susanna est morte, tu la reverras plus jamais ! » Sa propre dureté la gifle et la blesse. Elle ne sait plus à qui elle s’adresse. Il n’est que son triste reflet. Elle s’écarte  juste assez pour tuer les traitresses, pour étouffer un sanglot sans qu’il puisse y assister. Finalement, il n’y avait rien à trouver ici. Des cendres, des regrets et des fatalités.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Lun 11 Mai - 20:50


La chaleur l’abandonne. Une main qui quitte la sienne et c’est le glace qui ensevelit les phalanges orphelines. Le soldat ne sourcille pas. Ni quand elle l’insulte, ni quand elle agrippe son col. Les mots qui se heurtent contre ses oreilles en miettes lui déchirent le cœur mais il n’a pas la force de la contredire. Parce qu’il sait, qu’elle a totalement raison. Il est bien loin l’ado qu’il a été. Le clown de service à la candeur agaçante. Il a été enseveli sous le sang et la douleur. Il n’est qu’une vulgaire poupée de chiffon contre sa volonté. Se laisse repousser comme un linge sale que l’on jetterait dans un coin pour mieux l’oublier. Le loup souffre de l’éloignement, il ne veut pas qu’elle recule. Qu’elle appose du vide entre eux. Aussi dérisoire soit-il, Stain a besoin de ce contact. De savoir qu’elle est réelle. Présente à ses côtés et que sa chaleur réchauffe sa peau morte. A défaut d’avoir perdu Son contact, il se réconforte dans cette infime lueur qui brûle dans les prunelles sombres de Précieuse. Elle n’aura jamais aussi bien porté ce surnom. Il en esquisse un infime sourire et l’efface d’un geste las de sa paume sur son visage, visant à effacer la fatigue et les larmes qui lui grillent les rétines. Encore une fois. Même avec toute la volonté du monde, il ne parvient pas à endiguer le flot salé. Même en voulant jouer la crevure qu’il est devenu, Stain ne parvient pas à affronter cette réalité qui lui retourne le bide et lui crève le cœur. « - Ca t’étonne ? J’avais tout pour devenir un pourri, Elle était mon dernier rempart. Et tu te permets de juger alors que tu ne sais rien ? T’étais pas là, aujourd’hui, hier, t’as pas idée de ce qui s’est passé. Et arrête de m’accuser de Sa mort, je t’ai déjà dit, j’y suis pour rien ! » La caresse d’une colère sourde lui titille la nuque. La voix morte se fait plus ferme et se hausse sur les dernières phrases. La main brûlée se plaque sur le paquet, rassemble ses forces pour tenter de relever toute la carcasse mais l’effort s’achève dans un soupir de douleur. Ses reins se pincent, se crispent et son dos se fige. C’est la peur qui lui tord alors les entrailles. Celle de reperdre l’usage de ses jambes. Cette sombre pensée fait courir des frissons le long de son échine fragilisée, et c’est tout son corps qui tremble face à la menace.

Il écoute la réponse d’une oreille distraite, aux prises avec ses propres démons. Le soldat chasse les parasites d’un hochement de la tête, accompagne le tout d’un mouvement de la main visant à éloigner un nuisible venu voler trop près de son oreille. Il réalise alors que les bourdonnements viennent de l’intérieur, du vide qui règne dans son crâne et qui se répercute en écho contre l’os. La silhouette se replie sur elle-même à mesure que les paroles l’accablent de leur poids. La noyade. Il en revoit le moindre détail comme si l’horreur était arrivée hier. « - Je suis profondément désolé pour ça, vraiment… » Ce n’est qu’un vulgaire soupir qui s’échappe de ses lippes. La gorge sèche et nouée se déchire à chaque parole. « - J’aurais donné n’importe quoi pour pouvoir échanger ma place avec la tienne. Ravaler ma connerie pour une fois et éviter ce drame. » Prêt à crever pour que Sa jumelle lui soit rendue. Prendre sa place pour arrêter l’hémorragie et éviter de détruire cette famille dans laquelle il a échoué comme un cheveu sur un plat de soupe. « - J’y comprendrais jamais rien à la sorcellerie. » Dépassé par une magie qui fait pourtant partie de sa vie. Le loup sursaute devant la brusquerie du geste qui suit ce déballage de souvenir. La tête se penche légèrement de côté dans une maigre tentative d’éviter la menace du canon contre la peau. Lentement, les paupières se ferment et cette étrange sensation de plaisir malsain revient gorger ses veines. Vas y, arrête les faux espoirs et fait-le. Sa trachée se comprime et s’assèche encore un peu plus. Les phalanges se replient sur elles-mêmes et attendent la sentence. Ce serait trop facile, Stain. Pas de cette manière enfin. Le loup ouvre un œil et pose une pupille assassine en direction de l’apparition.

« - Il te faudrait bien plus d’une seule vie pour tout me faire payer tu sais. On a tous notre malédiction, c’est le propre de cette famille pourrie. » Il hausse les épaules, frôle la désinvolture et c’est tout son corps qui se détend quand le flingue retourne à sa place. Et de nouveaux frissons accompagnent le contact. Sa peau lui semble brûlante comparée à la glace qui coule sur la sienne. La délectation caresse sa langue, envahi ses veines rabougries et c’est tout le corps qui se coule dans ce contact. « - Me laisser crever, ça te va comme programme ? » Sa voix se fait rauque, s’extirpe avec difficulté d’entre ses dents serrées. Le milicien sait qu’elle est dans le juste. Qu’il devrait abandonner sa peine et se concentrer sur la vengeance. Plus tard, s’il survit à l’agonie qui lui tend les bras. Pas maintenant, la plait est encore trop récente pour qu’il puisse penser à autre chose qu’à la douleur. Penser à autre chose qu’à cette promesse qu’il s’est fait. Qu’il Lui a fait. Un mois sans Elle a été un vrai supplice pour lui. Une année, il n’y survivrait pas.

Susanna est morte, tu la reverras plus jamais
. La phrase lui fait le même effet qu’un électrochoc. L’évidence le prend à la gorge, le frappe avec violence et tout son monde défaille. Il s’agrippe à l’épaule de la Peacekeeper pour ne pas flancher. Serre peau et tissu jusqu’à en avoir mal aux articulations. « - Ferme là ! Je t’interdis de dire ça. C’est… » Il aboie, crache sa douleur à la figure de l’importune qui énonce une vérité qui l’assassine. Il secoue la tête, repousse Joan avec plus de dureté qu’il ne le voudrait et tente de se remettre sur ses pieds. Le parquet tangue, s’approche du plafond pour mieux s’en éloigner. Et ce petit manège lui file la gerbe. Un haut-le-cœur lui tord les tripes lorsqu’il parvient à retrouver un équilibre précaire. « - J’y arriverais pas. J’ai vécu sept siècles sans Elle, la perdre à nouveau, c’est au-dessus de mes forces. » Pathétique, cousin. Il ravale la bile venue se poser sur sa langue. Efface l’apparition d’un raclement de gorge difficile et fixe de ses pupilles brumeuses le mur devant lui. Au-travers des persiennes mal fermées, il devine la silhouette grotesque de sa voisine. Vieille greluche trop curieuse à son goût qui lui donne de nouvelles envies de meurtre. Il pourrait facilement se dire qu’elle a participé à cette tragédie. L’accuser de ne pas avoir foutu le nez dehors pour venir voir ce qui se tramait chez lui, comme à son habitude. Si elle l’avait fait, Cora serait peut-être encore en vie.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Mer 20 Mai - 1:22

Les lueurs de l’ailleurs bercent les détails figés dans le bois, immobilisés contre le fer. Ailleurs, c’est là où les autres s’avancent, se bousculent et s’ignorent. Ailleurs, c’est l’extérieur, le dedans aussi parfois. C'est tout sauf ici. A cette heure, à cette seconde précise. Maintenant, c’est une inspiration qu’elle ne prend pas, c’est une décision qu’elle suspend. C’est un battement de cil qu’elle retient parce que dans sa rétine, il se réfugie même en se dérobant. Elle veut l’abriter des orages qu’il essuie en se redressant au centre du cataclysme. Il attire les éclairs volontairement. Est-ce donc tout ce qu’il reste de son cousin ? Un aliéné qui flirte qu'avec l’autodestruction et ne crache pas plus loin que le mètre. Qui se refuse à la révolte contre la foudre, à partir en guerre contre le vent ? Il a sans doute raison au fond. Elle n’était pas là. Plus là pour les comprendre, pour les assister dans les dérives d’une immortalité éphémère. A vouloir combler les brèches de cette mémoire fracturée par l’errance, elle en a tout aussi sûrement oublié l’absence, l’écart temporel qui a déjoué les liens tissés par le sang. Dans sa façon de l’écarter, dans sa manière de la fuir, il évoque ce qu’elle n’a pu assimiler à son éveil, à la sortie du coma. L’amnésie se rompt contre les phalanges de cet homme. Celles qu’il n’abat pas à son encontre, celles qui n’ont pas pu les sauver. Ces jumelles que rien n’aurait dû séparer. Une âme pour deux corps. C’est ce qu’elle se bornait à croire. Mais c'est l’inverse qui la renverse, c’est un corps pour deux âmes. Trop de fracas pour cette seule coquille. Les revers de la résurrection la rattrapent pour la ranger sur ces rails qu’elle sabote avec acharnement depuis que le cœur de sa fille a cessé de la dispenser d’espoir. La fatalité, c’est revenir d’un long périple pour constater que tout a brûlé. Tant de détermination pour une moisson de suie et de cris. C'est un échec qui lui calcine les bronches.

Cette cruauté les sépare. Elle les lie tout aussi sûrement à la tragédie. Des étrangers qui s’acclimatent à cette myriade de familiarité pour mieux accuser le changement. Dans ce jeu des différences, elle peut doucement réussir l’exploit, entourer les mutations et les décalquer sur le paysage qu’elle s’est composée pour abroger les blancs insipides. A qui appartiennent ces iris malmenés par ce chagrin infini qui pèse malencontreusement sur son aorte à elle ? Contre qui cherche-t-elle à conquérir la seule idée d’un foyer retrouvé ? Les fondations tremblent, la charpente se déboite et il ne reste déjà plus que des clous contre le pavés. Les braises encore fraîches et assez de fumée pour qu’ils se perdent de vue. A nouveau. La sorcière a encore tout perdu à force de courir dans les mauvaises directions et d’emprunter les allées que l’oubli a dessiné sous ses lacets défaits. Trébucher contre Isaac. Crever contre Jill. Et puis, se relever auprès de Susanna. Mais pas assez vite. Trop tard. A croire qu’elle a puisé son souffle dans la gorge de sa sœur et lui a tout repris. Stain se trompe. C’est elle qui aurait dû y rester. Pour être à ses côtés. Ou pour lui offrir cette chance, cette place qu’elle a mérité. Auprès de l’italien qui ne semble pas pouvoir exister dans un Monde où elle ne respire plus. Peut-être qu’ils sont condamnés à partager leur amour inconditionnel pour la défunte. Mais ça ne veut pas dire qu’elle se doit, elle, de l’épargner, lui. Elle ne le reconnait pas. Il n’est plus à même de remplir ses souvenirs de cette même aura. Et elle ne porte même plus le nom de l'innocence.

Sa carcasse recroquevillée après qu’il l’ait lâchement fait reculer, se déplie lentement pour enfin se redresser et reprendre sa hauteur. Il n’y a plus rien à réparer. Tout s’est déjà décomposé et a pourri. Hargneusement, elle ramasse ses larmes d’un revers de manche avant d’émettre le moindre son. La provocation revient si subitement qu’elle en a le hoquet. Ascenseur qu’il faut emprunter pour ne pas rester bloquer au sous-sol avec les cadavres qu’on ne veut pas inhumer. Elle redresse la survivante de cette dépouille et lui donne tout son sens en quelques envolées mélodiques. « Oui, j’imagine que c’est plus facile de se laisser crever comme la dernière des raclures pendant que l’assassin court toujours. » Un ricanement qui souligne sa férocité retrouvée dans la démission du méditerranéen. « Ça en dit long sur ton prétendu amour pour ma sœur, tu ne crois pas ? T’es pire qu’une déception. Tu me fais franchement pitié. » Chaque syllabe est crachée avec une obstination qui engrange forcément la sincérité faussée. « T’as raison, elle méritait mieux que toi va. Elle est sûrement mieux là où elle est, loin de ta médiocrité, de ta foutue lâcheté. » Elle veut le blesser comme il la lacère en appartenant au présent qui le balafre d’ombres et se joue de la moindre lumière.

Dans un encadrement mal ajusté, une tierce personne se mêle de leur linge sale et semble vouloir se convier au ménage. Il ne faut pas plus de deux secondes à la trentenaire pour changer la trajectoire de son fiel. Elle ouvre le seul accès direct pour hurler à l’encontre du témoin insolite de cette scène. « Elle veut aussi notre photo dédicacée la mamie ? T’as pas de gâteaux à cramer dans ton four, la vieille ? » Et renferme aussi abruptement la paroi au nez de la voisine. Sans prendre le temps de vérifier son retrait ou non, elle revient vers son interlocuteur, la rage en bannière. Tout le désespoir se métamorphose en actes. Elle le saisit par les épaules et l’oblige à cogner le mur le plus proche. « J’étais vraiment venue pour te butter, Ezio. Parce que t’es peut-être bien son meurtrier de toute manière. Parce que toi, tu l’avais sous la main. Tu pouvais la protéger. Où est-ce que tu étais hein ? » La rancœur serre son poing, elle lui porte un premier coup contre la pommette gauche. « En train de te shooter la gueule ou de te toucher pendant qu’elle avait besoin de toi ? » Une seconde rafale contre sa tempe droite. Un coup de genou dans le ventre ensuite et elle recule aussi vivement. Chiara se meurt de cette violence qu’elle voulait éviter, elle peut sentir cette douleur amener une nouvelle ondée contre ses pupilles écorchées par la réalité. Elle se retient de lui porter assistance, d’effacer les ecchymoses en lui prêtant une nouvelle salve de douceur. A la place, elle se butte à sa décision et lui offre la suite. « Mais tu n’en vaux même pas la peine. Fais ce qui te chante. Pends-toi, crève. De toute façon, il ne reste rien pas vrai ? Absolument rien de ce qu’on a pu être. » Elle le défie de toutes les façons possibles. C’est le moment. Le seul moment qu’elle lui laissera. Sa seule chance.

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MessageSujet: Re: Before I come undone (PV Stain)   Ven 29 Mai - 20:43


Il ne répond rien. Vacille dans le silence au lieu de s’encombrer d’explications. De se noyer dans des excuses qui lui arracheront la langue au lieu de l’apaiser. Il n’en a pas envie. Des comptes à rendre, il en a à la pelle c’est une évidence, mais à elle, il ne lui doit rien. Plus maintenant en tout cas. Que Chiara subsiste, quelque part dans le corps de son emmerdeuse préférée n’y changera rien. Elle est un fantôme. Le dernier lien le raccrochant à une existence qu’il s’efforce d’oublier et de bannir de sa mémoire depuis sa renaissance. Elle est un accroc dans l’entrelacs de fils de sa nouvelle vie. Un reste qui le raccroche à cette ombre qui continue de la suivre. Ezio. Il n’est plus rien. Juste un pauvre nom, à la mélodie latine qui sonne faux contre ses oreilles. Stain. Plus agressif. Aussi court mais bien moins agréable à l’oreille. Il a peut-être fait exprès de choisir un pseudonyme aux antipodes de son prénom de naissance. Le loup reste immobile, enlisé dans son refus de se mouvoir. Cela ne servirait à rien. Alors il laisse la distance s’apposer entre eux. Il se laisse dominer, admire son orgueil se faire piétiner par les petons de la brunette sans rechigner. Il n’est plus à ça près. Se fiche de passer pour un moins que rien, une loque ou un lâche. Sans Elle, ça n’a plus d’importance. L’homme secoue néanmoins la tête, rejetant en bloc la première salve d’accusation. Facile, rien n’est facile quand il s’agit de son propre trépas. Il en avale sa salive avec difficulté, la douleur de la honte venant lui déchirer le gosier. Ses phalanges se crispent, s’enroulent pour le pousser à serrer le poing. Il n’est rien, comment pourrait-il seulement parvenir à faire sonner la justice quand il ne parvient pas à rester debout plus d’une heure sans flancher ? Même en le voulant, il ne pourrait pas venger Cora. Et ce simple constat lui déchire le cœur. Stain serre les dents et ferme lentement les paupières, ravagé par une nouvelle vague de douleur. Couplée aux relents de son impuissance, il se sent plus inutile que jamais. Un soupir frôle ses lippes asséchées, se meurt dans le vide devant lui avant que l’avide ne vienne lui dévorer la peau.

Le loup blessé relève brutalement le museau et darde ses sombres prunelles sur la teigneuse. Il incendie, ravage de son regard celle qui ose lui balancer de telles horreurs à la gueule. « - Si tu savais ce que j’en fous de ta pitié. Et de tes leçons de morale de merde. Pour qui tu te prends ? » La douleur le fait cracher. Il se replie derrière cette colère sourde, qui dans son corps vide et mort prend des proportions affolantes. Il feule et crache sans parvenir à réellement avoir l’air satisfaisant. Même sa colère lui parait vaine maintenant. Et pourtant, c’est bien son cœur qu’il sent battre contre ses côtes en poussière. Les sursauts d’un agacement n’annonçant rien de bon. Et le mélange corrosif gagne en force devant le nouveau retour de la voisine. La réplique de Joan fait naître un infime sourire sur ses lèvres. Un ombre qui l’effleure et disparaît aussitôt. Ses traits se font de fer et se qui fuse contre son dos lorsqu’il vient heurter le mur alimente le malaise qui hurle sous sa peau. Stain encaisse. Enregistre les mots, s’écrase sous leur sens et leur violence. Il assiste, comme un vulgaire spectateur à la déchéance de cet homme qui n’est plus qu’une ombre. Assiste à la comédie qui se joue dans ce petit appartement sans sourciller. Les mots sont justes, et c’est cette justesse qui le blesse. Qui titille ses nerfs, étire ses muscles et crispe sa mâchoire. Il L’insulte. La maudit et La déteste. Crève d’envie d’enrouler ses doigts autour de Sa gorge et de serrer pour La faire taire. Frapper jusqu’à ce que sa douleur s’efface. L’instinct se fait fauve, prend le pas sur l’attachement fugace qui le relie au fantôme que la Peacekeeper abrite sous sa peau. Le coup qui lui érafle la pommette le laisse de marbre. Une profonde inspiration et il laisse son regard revenir se briser contre le Sien. Où il était ? Il ne sait plus. Il le sait mais il préfère l’oublier. Effacer de sa mémoire cette journée de merde qui lui a enlevé le dernier morceau de cœur qui lui restait dans la poitrine.  

Les mots se meurent contre sa langue qui vient se briser contre ses dents. Le sang lui chatouille le palais et la douleur fuse contre sa peau. Elle se répercute contre les parois de son corps fatigué, et il a l’affreuse impression que son état décuple les sensations. Les genoux vacillent, s’épuisent et c’est tout l’édifice qui menace de s’effondrer. Il se rattrape à ce qui lui reste de prestance en agrippant le coin d’un meuble, se racle la gorge et ravale la bile et la douleur. « - Celle que tu as été n’aurait jamais été capable de tels gestes. Celui que je fus… N’aurais jamais pu Lui faire le moindre mal. C’est là le seul point qui lui reste en commun avec celui que je suis maintenant. Ezio, il est mort il y a des siècles. A moitié le jour de ta mort. Totalement quand ils L’ont exécuté. » La voix se brise sur des accents de peine qu’il ne parvient pas à effacer. Sa faiblesse, il s’en fout. Il n’aspire plus qu’à se recroqueviller dans un coin de la pièce et attendre que le jour décline pour que commence le suivant.  Dans un effort qui lui déchire le bide, Stain abandonne son appui et se dirige vers la porte. Qu’il ouvre à la volée sans plus de sommation, montrant le couloir à l’invitée. « - Je te retiens pas. T’as suffisamment craché ta bile pour aujourd’hui. » Il désigne le vide d’un geste de la tête, toisant la demoiselle du mieux qu’il le peut, les phalanges fermement agrippées contre la poignée. « - Mais si jamais tu juges que ma mort en vaut la peine, je t’en prie, n’hésite pas à revenir. La clé est sur la lampe juste à côté, ça t’évitera de défoncer la porte la prochaine fois. » La moquerie lui déchire la langue et le cœur tant elle s’avère juste. C’est une invitation, lancée par un suicidaire en mal de vivre. L’entrevue se referme en un claquement. Le souvenir de Sa présence encore ancré contre sa peau. Troublé, désorienté, brisé plus qu’il ne l’était avant que Joan ne vienne perturber sa piteuse existence, Stain chancèle dans un univers qui lui parait affreusement hostile. Dangereux pour un être comme lui, perdu entre la vie et la mort. A mi-chemin entre le présent et le passé. Il n’appartient pas au futur, c’est une certitude qui lui ravage l’esprit lorsqu’il se coule lamentablement sur le parquet usé, son dos reposant durement contre le mur froid. Des cendres sur le sol et dans sa bouche, les larmes reviennent lui incendier les rétines. Et creuser de nouveaux sillons sur sa joue dans un battement de cils. Il tremble alors qu’il vient poser sa main sur son torse, là où lutte son cœur. Le silence berce ses névroses, accentue ses maux et il croit percevoir les notes de Sa voix. La saveur de cet infime éclat de rire qu’il n’entendra plus. Les dents claquent, s’entrechoquent et c’est toute la carcasse qui se disloque sous la force d’un spasme. Sans son âme, l’homme comme le loup ne sont rien. On lui a volé ce bien si précieux, et dans les méandres de son esprit défait, Stain jure. Se promet de mettre la main sur celui qui a commis une telle atrocité. Il se promet de le détruire comme il l’a détruit.

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