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 « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]

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MessageSujet: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Jeu 9 Avr - 21:08







♪ À la file indienne, indienne, indienne. Tous à la file indienne, nous marchons en chantant. Ti dum, ti di, a ti dou li dou ti dé. Ti dum, Ti di, c’est facile à prononcer. Ti dum ti di… ♪ La sonnerie du téléphone continua son tintamarre pendant vingt secondes encore avant de se taire définitivement. Hélas, ce fut suffisant pour déconcentrer l’Amérindienne et la détourner de sa méditation. Pour autant, ouvrir les yeux et quitter cette concentration durement acquise, ne fut pas dans ses projets. Avec un peu de chance, l’appel n’avait rien d’important, et elle pourrait reprendre là où elle s’était trouvée interrompue. Rares étaient les instants de paix et de calme, plus encore avec cette nouvelle ère où le bruit semblait avoir trouvé sa place. Effrayant. La nuit n’était plus nuit, le silence n’était plus qu’un simple mot pour définir un bruit très léger. Or, il lui fallait un silence et un calme parfait pour tenter de retrouver l’Esprit Corbeau et le supplier de lui rendre sa peau.  Depuis qu’elle était condamnée à ne revêtir que la peau de Jaguar, la jeune femme se sentait incomplète, comme si un organe tout aussi important que les autres lui manquait, qu’il lui avait été arraché pour mieux la narguer. Là pourtant, il lui fallait se repentir auprès de l’esprit de Corbeau, sans doute vexé de ne pas avoir été choisie pour lui servir de seconde peau durant toutes ces années. Hélas, plus elle méditait, plus elle tentait d’apaiser le totem, moins celui-ci daignait répondre à ses prières. ♪ À la file indienne, indienne, indienne. Tous à la file indienne… ♪ Un soupir, tandis qu’elle daigne enfin ouvrir les yeux, s’accoutume de nouveau à la lumière du jour. Dans sa sacoche, le téléphone continue de jouer sa mélodie, tirée d’un dessin animé qui l’amuse depuis qu’elle l’a découvert. Enfin,  elle trouve l’appareil abhorré, vibrant sous ses doigts. Elle déteste cette sensation, bien peu naturelle à son goût… Mais comme beaucoup de personnes dans sa condition, elle a apprit à accepter cette nouvelle réalité, à s’adapter aux divers sons, lumières et objets. Que d’évolution depuis son époque ! Communiquer prend bien moins de temps qu’autrefois, la musique est disponible dès lors que l’on veut l’écouter… Et surtout, voyager prends bien moins de temps qu’autrefois. Ce qui aurait prit des semaines autrefois, ne prend plus que quelques heures. Sans aucun doute l’une des meilleures évolutions selon elle, suffisamment pour qu’elle daigne apprendre à son tour.

Un coup d’œil sur le nom de son interlocuteur suffit à lui arracher une grimace, alors que son pouce repousse la petite icône verte pour accepter l’appel. Pourtant, aucun mot ne franchit ses lèvres alors qu’elle porte le téléphone à son oreille. Ce simple mot, allô, lui est insupportable, ne signifie rien. « Miss Wilks, nous avons une mission pour vous. » Silence, toujours, comme une marque de fabrique, alors que ses yeux couleur jade se plaisent à détailler l’arbre en face d’elle. « Un dénommé Harper. Nous vous envoyons son dossier sur votre portable. » Comme d’habitude, une routine lassante quelque part. Et pourtant, c’est cet instant qu’elle choisit pour laisser une phrase s’échapper de ses lèvres roses : « Mort ou vif ? » Combien de fois a t’elle vu cette phrase placardée sur les papiers de recherches de malfrats ? C’en était presque devenu naturel pour elle de la sortir, après plusieurs siècles. « Peu nous importe. Réglez le problème. » Un clac sonore, puis le silence. Un silence qui ne dure pas tandis qu’un bip caractéristique d’une réception se fait entendre, l’obligeant à jouer de nouveau sur l’écran tactile. Et bientôt, c’est le dossier de sa cible qui apparaît devant ses yeux, son nom, sa photo, et bien d’autres informations qui pourraient être sans importance à ses yeux. Ce n’est que pour satisfaire sa curiosité qu’elle lit le tout. En vérité, seul son visage lui importe. Enfin, elle daigne se redresser, quitter cet endroit si paisible qu’elle a choisit pour se retrouver. Il n’est plus question de trouver la paix, mais bel et bien de se préparer pour la guerre.

Car ce ne fut pas par hasard si elle a choisit de devenir Shadowhunter : tuer est un art qu’elle maîtrise depuis longtemps, trop longtemps, et qu’elle ne pourrait échanger contre aucun autre talent. Ses propres techniques, anciennes, se sont vues améliorées par son mentor, sans qu’un grand écart entre elle et lui n’ait été constaté. Même l’apprentissage de l’arme à feu, une fois la surprise des premières fois passée, fut rapide. La lutte fut améliorée… Mais le côté impitoyable n’eut aucun besoin d’être aiguisé. Assassiner n’a jamais été un problème quelque part, le remord ne fait pas partie de ses habitudes. Aucune émotion de la sorte, tandis qu’elle se prépare, revêt l’uniforme noir qui lui offre bien des passe-droits. À sa ceinture, ce fameux Beretta 9mm dont elle ne se sert qu’en de rares occasions et quelques couteaux de lancer. A sa botte, un poignard qu’elle affectionne particulièrement, un cadeau de son sorcier (l’un des rares d’ailleurs)… En vérité ? On ne saurait dire exactement comment l’amérindienne est armée, tant les cachettes sont nombreuses. Et quand elle s’estime enfin prête, c’est pour enfourcher la moto, ce cheval de métal qui sillonne les rues à la recherche de sa cible.

Cible qu’elle finit par trouver au bout de quelques heures, pénètre dans une boîte peu recommandable pour ne jamais en ressortir. Or, comme chacun le sait, la patience d’un Indien possède ses limites, l’oblige à quitter sa cachette pour entrer dans le fameux lieu de débauche et de perversion. Bientôt, la musique envahie ses oreilles, oppresse sa poitrine, étouffe sa concentration. Autour d’elle, des femmes se promènent nues, ou partiellement habillées. Les visages sont peinturlurés de façon à les rendre attractive semble t’il, et les mâles s’empressent de les appeler. Il n’y a rien pour elle ici. Rien, si ce n’est sa cible, et c’est elle qu’elle doit rejoindre, bientôt arrêtée pourtant par un homme de type caucasien, plus grand qu’elle, et bien plus large. « Hep là ma belle, on s’est perdue ? Les vestiaires, c’est derrière, et tu te mets en tenue, c’est le rush là. » Un sourcil qui se lève, la surprise en drapeau hissé. Mais alors qu’elle s’apprête à rétorquer, une créature que l’on qualifierait d’enchanteresse se pointe, l’attrape par le bras, sans qu’Oshaÿa ne puisse s’en défaire sans attirer l’attention. « Super ! Tu es enfin arrivée ! John nous avait prévenu qu’on aurait une fille de plus ce soir. T’as déjà fait ce genre de chose ? Non ? Pas grave. Tout ce que tu as à faire, c’est te trémousser devant ces messieurs, dandiner les fesses, ôter le haut et ramasser un max de fric. » Une plaisanterie, ce ne peut être que ça, alors qu’on l’attire vers le fond de la salle, la pousse devant un miroir. Elle a put repérer sa future victime au passage, assis bien confortablement, visiblement accompagné. Qu’importe. Hélas, aucun plan ne peut être élaboré alors qu’on la déshabille. « Mince ! T’es habillée comme une hunter ! C’est plutôt classe sur toi ! T’es assez typée comme fille, je pense qu’on peut te trouver un truc sympa pour jouer sur tes origines ! Déshabille-toi, je te ramène tout ça ! » Esquiver, partir, quitter cet endroit avant de se retrouver aussi nue qu’un ver… Pourtant, elle n’a pas fait trois pas que la rouquine la rattrape, l’oblige à se déshabiller, l’oblige à faire preuve d’imagination pour ne pas effrayer sa geôlière par le port de ses armes. « Allez tiens, enfile ça. En plus, t’es bien foutue, ça devrai passer crème ! T’es pas très causante quand même ! Ca doit être le stress ! J'étais pareille la première fois. C’est quoi ton p’tit nom ? » Coopérante, Oshaÿa se déshabille, fait preuve de pudeur tandis qu’elle enfile la dite tenue, ou plutôt, l’absence de tenue. « Ehrza. », son second prénom, trouvé par son sorcier, son maître. « Ehrza. Sympa ! Eyh, t’as trouvé de supers accessoires ! J’aime beaucoup le couteau à ta cheville ! Je savais même pas qu’on avait ça ici ! Ça te file un petit côté dangereux, c’est sexy ! Bref ! J’imagine que tu vas pas mettre de chaussures ? Nah ? T’as raison, ça ferait ringard en plus avec ta tenue ! Alors, je t’explique, dans quelques minutes, tu vas aller vers l’îlot 8, tu verras, y’a deux types, un plutôt ténébreux, l’autre rouquin. Fait leur cracher un max de fric et t’auras gagné ta soirée ! » Dit comme ça, ça pourrait paraître facile, et pourtant, aux yeux d’Oshaÿa, cette mission s’avère être plus difficile que jamais : l’objectif demandé par sa tutrice lui semble incompatible avec sa mission. Pis encore, ce qu’elle lui demande semble être hors d’atteinte : comment être sexy lorsque l’on ne possède nullement l’habitude de l’être ? « A ton tour, go ! » S’exclame la rouquine, la poussant hors du vestiaire, la jetant dans la fosse aux lions. Des applaudissements, des sifflements, et c’est avec incertitude qu’elle se rend en direction de sa cible, plus incertaine que jamais, plus gênée d’être observée dénudée. Et bientôt, la musique commence, ses compagnes commencent à bouger sur leur petit podium quand d’autres se glissent sur les genoux de ces messieurs. Et elle ? Que faut-il qu’elle fasse ? Laissant sa main glisser le long de la barre, elle tourne autour, semble s’approprier sa petite scène quand en vérité, elle ne fait qu’apprendre photographiquement les pas de ses comparses d’un soir. Quel foutu merdier, comme dirait son sorcier.


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MessageSujet: Re: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Dim 12 Avr - 16:09






La pupille ambrée se heurta à la face glabre de son interlocuteur. Un dénommé Harper, le cheveu roux et les joues creuses. Son nez aquilin scindait son visage livide en un masque serpentin : la gueule toute entière de ce quidam respirait la sournoiserie et le stupre. Le genre d'érotisme dont se teintent les mauvais films pornographiques ; du hard core en toute impudicité. Ni glamour ni volupté, mais une simple mollesse de l'esprit. Phallocrate dans toute son infâme splendeur, de ses lèvres purpurines cherchant la peau des donzelles par les baisers fantômes qu'il lançait au hasard, à ses yeux porcins scrutant la moindre parcelle d'un corps dénudé. Isàk contracta sa mâchoire de mépris (à croire qu'ici bas, rares étaient ceux qui attisaient son estime) comme il se contenta de sourire face aux babillages intempestifs de son client. Sa voix même pesait les intonations crasses d'une perversion jamais repue ; une inflexion chaude et coulante, cette manie de lever la voix pour mieux avorter ses phrases. A défaut de pouvoir ériger un membre viril – car Isàk se doutait, par un obscur truchement, que ledit Harper ne subissait pas seulement la mollesse de son esprit. « Vraiment, le Gouvernement me traque. J'en n'ai plus pour longtemps. » Les mouvements amples et rapides de sa jambe nerveuse appelèrent à un mimétisme des stars du X. Rapide, martial, égoïste. Agaçant. « Rien que pour ça... » Le viking désigna la cause de son irritation, de sa tête brune. « Il y a longtemps que je vous aurais pendu. » Silence de circonstance. Harper déglutit d'une salive pâteuse et rare. « Quoi, on pend encore les gens au Gouvernement ? » Le rouquin écarquilla les yeux d'une horreur semi-tue (et l'avantage de l'interpellation cruelle d'Isàk fut qu'il arracha son client de sa contemplation grivoise) et, comme il sentit en lui le gouffre sans fond de la névrose, redoubla ses tremblements. Le brun ténébreux néanmoins ne pipa mot, regretta l'époque des exécutions aussi lugubres que macabres, puis s'engonça plus encore dans ses nippes d'avocat. « Malheureusement non. » « Mais vous... bossez bien pour le Gouvernement, non ? » Le concerné opina du chef. Portant à la lippe un verre dont la liqueur adoucit sobrement son courroux. Harper renchérit. « Alors pourquoi m'aider ? » « Il faut jouer le jeu de la justice. » « Donc peu importe le dossier que l'on monte, je vais à la potence, c'est ça ? » Rire nerveux qui amplifia son mouvement de jambe. Dépité, Isàk frappa derechef le tibia de son vis-à-vis par grand renfort de chaussure de cuir. Un gémissement aigu s'échappa de la lippe du client, lequel gratifia Isàk d'une oeillade aussi outrée que trouble. Au moins avait-il cessé de remuer du cuissot. « Du tout. Il y a une justice, autant qu'elle serve. Je vous affirme simplement que vos chances sont moindres. Autant jouer à la roulette russe. Et arrêtez ça. » Sifflement ostentatoire entre les dents alors même que le rouquin frottait le tibia d'une jambe dores et déjà inerte.

Une ombre féline vint investir l'îlot contre lequel l'étrange binôme s'était installé. Si le quidam nerveux s'enthousiasma du spectacle, la pupille rétive d'Isàk s'échoua contre la cheville de la donzelle comme il releva la présence d'une lame froide. Léger coup d'oeil vers le visage de la danseuse, observation furtive. Comme un parfum de sauvagerie que le viking put reconnaître d'entre mille. Il fronça dès lors les sourcils sous le poids de sa déduction, lorsque Harper – le regard hagard vissé sur Oshaÿa – le sortit de sa léthargie. « Alors vous êtes de quel côté ? » Des palabres lancées au vol, dans la volonté crasse que la donzelle dénudée ne les saisisse. Le rouquin semblait perdre dès lors le sens de la réalité dès lors qu'il se sentait plier sous le poids du désir et du stupre, s'exprimant comme dans un songe, faisant fi de son véritable interlocuteur. Isàk s'en agaça par ailleurs et, comme il souffla un bref « Cela dépend des jours », se leva de son siège. Avide de quitter les lieux, de se dépouiller de ces oripeaux d'avocat quand la simple idée d'égorger le porc névrosé estampillait son crâne, mais fut bien vite interpellé par son client fébrile. « Non attendez, restez. Je me concentre sur le sujet. » Ses grands yeux humides d'hypocrisie imploraient avec véhémence l'avocat. Isàk pinça ses lèvres carmin d'agacement avant de s'approcher de la jeune femme : « Dites. Vous. » Comment dit-on en langage civilisé, déjà ? « Mademoiselle. » Sans la toucher mais ne la caressant que par le prisme de sa pupille mordorée, le viking intercepta la concernée de sa voix suave et ferme. « Combien vous prenez, pour l'occuper une demie-heure et me le calmer ? Menottes, fouet, douche froide, fornication bestiale... » Tournant dès lors ses yeux vifs vers Harper, il dévisagea à nouveau cette moue serpentine et se prit de compassion pour la pauvre donzelle. « Non, la baise en moins. » « Bah... » Une lourde déception perla à la lippe du rouquin, lequel attendait frénétiquement la réponse, à la fois penaud et lové dans une fausse taquinerie. Car si la créature de la nuit refusait les avances crues de l'avocat (et quel étrange orateur de la justice, par ailleurs. Lové dans le giron de l'immoralité), au moins pouvait-t-il se retrancher contre les flancs d'une pseudo boutade. Il repartirait seulement, la queue entre les jambes mais la fierté à peine vacillante, tout en humectant ses lèvres d'un « non mais de toutes façons, c'était pour rire. »


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MessageSujet: Re: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Dim 12 Avr - 17:55






La sauvage n’avait de cesse d’observer autour d’elle, laissant son regard de jade s’approprier un savoir jusque là inconnu. À quoi savoir se trémousser de la sorte aurait-il bien put lui servir jusqu’à présent ? Et pourtant, plus elle observait ses comparses, plus elle pouvait comprendre tout l’intérêt de la séduction, cette arme aiguisée, fatale pour une femme. Elle pouvait le constater sous l’œil avide de l’homme se penchant plus en avant, avec l’espoir que sa dulcinée intouchable daignera se tendre vers lui. Par ces billets verts tendus et que la douce main vole, permet d’obtenir d’avantage et pas assez encore. L’amérindienne comprend tout cela, et pourtant, peine encore à se plier à cette règle, trop pudique encore pour s’essayer à cet art. Pis encore, elle se contente de laisser ses doigts glisser contre le métal de la barre de pôle dance, sans jamais se l’approprier. Nul doute qu’elle aurait bien mieux fait de rester habillée, de se contenter de briser le poignet du gros bras de l’entrée, et de repousser la créature qui l’a menée à jouer un jeu où elle se sait perdante. En toute mauvaise foi, elle ne doute pas un instant que sa cible serait morte depuis cinq bonnes minutes si elle avait daigné s’en tenir à son propre plan ! Au lieu de cela, voilà qu’elle joue les potiches, laisse son propre corps se faire maitre de tout son être, mue par un instinct encore inconnu. Ses hanches se balancent, au rythme d’une musique qu’elle ne daignerait pas même écouter en temps normal. Ses pieds s’arrangent pour amorcer quelques pas, et ses épaules s’obligent à mettre en avant un atout qu’elle ne considère pas suffisamment. La carte de la féminité, dictée par un instinct charnel, et voilà qu’elle se dégoûte presque, sans jamais le montrer, les lèvres étirées pour paraître agréable aux regards tournés vers elle, le regard tourné vers sa cible et son comparse.

Les minutes s’écoulent pourtant, et bientôt, c’est un homme qui se penche vers elle, l’oblige à suivre l’exemple de ses mentors d’une nuit, se glisse en avant pour permettre à l’homme de passer un billet vert sous la ficelle. La logique voudrait qu’elle lui accorde plus d’attention, l’oblige à se ruiner pour elle. Hélas, son attention, sa raison sont ailleurs, et ne lui adresse qu’un maigre sourire avant de se redresser et de reprendre son semblant de chorégraphie. Mauvaise, elle doit plus que décevoir, l’attention trop concentrée sur l’échange entre Harper et son comparse. Pourtant, absente depuis le début de la conversation, elle ignore totalement de quoi il en retourne, s’en moque très certainement, alors qu’elle cherche finalement à s’accaparer la concentration de cette cible qui lui donne du fil à retordre. Voilà qu’elle lui glisse un sourire amusé, une tentation suffisamment gourmande pour que son comparse se lève, visiblement agacé. Parfait ! Qu’il parte, qu’il quitte les lieux et la laisse devenir maitresse du destin de son compagnon ! Hélas, la cible en question ne semble pas suffisamment subjuguée pour permettre à l’autre de quitter l’endroit, et la déception pourrait presque marquer le visage de la strip-teaseuse improvisée si elle n’était pas tant capable de masquer ses propres émotions. Pourtant ! Faut-il être chanceuse pour la suite des évènements, interpellée par cette voix suave, de celle que l’on pourrait écouter toute la nuit sans jamais se lasser. « Combien vous prenez, pour l’occuper une demi-heure et me le calmer ? Menottes, fouet, douche foide, fornication bestiale… » Un sourcil qui se lève, alors qu’elle peine à croire en cette chance. Faut-il que le Grand Esprit soit personnellement d’accord avec le mode de vie qu’elle s’est choisit pour lui offrir une aussi grande opportunité ! « Non, la baise en moins. » Déjà la sauvage s’en amuse, se laisse glisser en dehors de son ilot sous quelques protestations, bien vite calmés par une autre créature qui profite de l’absence pour voler la clientèle. Car la féline se fait langoureuse, jubile déjà de cette opportunité qui ne se représentera pas. Si elle ne daigne toucher l’homme qui l’a sciemment invitée pour le meurtre de son vis-à-vis, elle se permet toutefois de lui voler quelque chose, cette cravate sérieuse, pour un costume qui va de pair. On fait avec ce que l’on a sous la main, et bientôt, ses doigts chapardent et ses lèvres dénuées de maquillage remercient Isàk pour le prix de son intervention, tandis qu’elle s’éloigne, s’approche dangereusement d’Harper, dont la prestance semble aussi absente que sa dignité. Et pourtant, elle ose se glisser sur ses genoux, jouer de ses doigts afin de voler la cravate de l’autre, à croire qu’elle collectionne cet accessoire ridicule. Mais c’est à un tout autre usage qu’elle le destine, rusant de par sa position pour lui attacher les poignets aux accoudoirs de la chaise, attitude qui se voudrait presque érotique, si l’idée de la belle n’était toute autre, ses doigts glissant amoureusement le long de ses hanches pour remontrer jusqu’à ce simulacre de haut de soutien-gorge, de bikini… allez savoir de quoi sa comparse l’a affublé. C’est sous les yeux ronds de son prisonnier qu’elle s’en défait, profitant de sa longue chevelure pour cacher ses courbes, interdire l’accès à ses monts, se glissant finalement dans une position plus adéquate, califourchon sur ce corps peu désirable, peu attractif mais répondant à l’appel de la chair. Car voilà qu’elle se fait plus proche, glisse le tissu délesté entre les lèvres d’Harper, l’incite à accepter cette obscénité quand ses propres doigts glissent le long de son torse, puis de ses propres courbes jusqu’à achever leur course à la poignée de sa lame. Est-ce à cet instant que l’éclat amusé de son regard se transforme, se fait bestial et déterminé ? Car l’indienne n’a guère besoin de plus de temps pour s’emparer de son arme et de perforer la chair de sa cible, taillade le passage d’une veine pour libérer le liquide carmin qui déjà s’effondre au sol. Ah ! Harper s’est bien rendu compte du problème, tente de se défaire de l’emprise de son bourreau sans succès, celle-ci bien ancrée sur lui, jouant de tout son poids pour l’empêcher de bouger. D’ici quelques minutes, elle sait que son travail sera totalement achevé, si personne ne vient l’ennuyer, car bientôt, elle se tourne vers l’avocat de tous les démons, s’enquière de sa position assise. « Si vous l’aidez, je vous ferai subir le même sort. » glisse t’elle entre ses lèvres, délicieuse et pourtant déterminée. Il n’est pas sur sa liste, et s’il n’est pas fou, il ne cherchera pas à y être. Mais son travail n’est pas achevé, profite de cette lumière tamisée pour faire subir le même sort au côté encore inexploré du futur défunt. Sous ses cuisses, Harper se tend, un hurlement étouffé par le tissu qui lui sert de bâillon. Finalement, n’est-ce pas trop facile, alors qu’elle essuie sa lame sur les vêtements de son prisonnier pour mieux le glisser dans son fourreau ? Et l’amérindienne de quitter son piédestal, d’attraper le petit seau contenant une bouteille de champagne pour tenter d’épargner une partie du sol en le glissant sous ce filet de sang. À part son vis-à-vis et sa victime, personne ne semble avoir remarqué son manège, ce qui l’amène pourtant à poursuivre son travail d’une nuit, conservant une position lascive contre le mourant. « Votre “ami“ devenait problématique, on m’a envoyé m’occuper de son cas. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. » Laissa t’elle couler, laissant le soin à l’autre de deviner sa position. On ne s’opposait que rarement aux Shadowhunters, c’était là tout l’avantage de leur position.
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MessageSujet: Re: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Mer 15 Avr - 12:03






Harper se brisa comme du verre contre la rosserie maligne de son avocat. La cornée pour tesson vrilla sur la danseuse déchue de son piédestal puis s'enfonça volontiers dans la chair d'Isàk, alors seul dépositaire des baisers de la louve. L'islandais par ailleurs accueillit avec flegme la main voleuse dérobant sa cravate (et le déchargeant ainsi d'une mœurs vestimentaire qu'il abhorrait en silence), arqua les sourcils d'étonnement sous la pression plume d'une lippe nue, et s'accorda de bonne grâce à penser que la ménade irradiait de l'aura des femmes brutes des contrées nordiques. Puis jamais repue elle chaloupa des hanches jusqu'à la victime consentante, le dépouilla tout autant d'un tissu phallocratique, et sous couvert d'un jeu érotique émoustillant déjà Harper l'attacha à la chaise sans que le rouquin ne s'en émeuve. La mâchoire contrite et le regard roulant de son mépris, Isàk cracha quelques mots en vieil islandais comme il croisa les bras d'impatience. Une demi-heure était sans doute de trop ; l'excitation viendrait très certainement à lui boucher une coronaire. Mort sous les nippes – si tant est qu'il y en eut – d'une prostituée, voilà qui demeurait sans nul doute l'apogée mortuaire de notre obscène quidam. Ignorant ainsi volontairement la scène grivoise (car il subsistait peut-être, lové là dans le giron du Jarl, les réminiscences d'une vie lubrique au sein de laquelle les femmes dénudées s'offraient entières à lui. Une jalousie piquée de dédain, sillonnait ses veines et vomissait contre ses lèvres scellées le soupir aigre de l'impatience) Isàk détourna ses pupilles ferreuses des faux amants comme il se hâta de s'en détacher. D'un pas en avant, prompt et engagé, afin de s'extirper de ce stupre poisseux dont il paraissait étranger, le sorcier s'en allait ailleurs comme il tourna le dos à l'infortune de son client. Quelques secondes éperdues dans le grain d'une voix moite, murmures à peine audibles teintés de gémissements d'agonie, l'inattention de l'avocat provoqua la déroute de Harper. Trépassé contre les seins nus de la sauvage, la gueule engorgée d'un sous-vêtement féminin (et l'on put dire alors que le pêché de la luxure le faucha sciemment), macchabée terni de honte. La pupille féroce d'Isàk s'abattit derechef sur la danseuse mais n'écrivit jamais l'affolement ou la pleutrerie. La déconfiture, bien entendu, lorsqu'il comprit qu'il eut laissé son client entre les mains d'une professionnelle de la lame, mandatée à cet effet. Il grogna en islandais, s'affubla pourtant d'un rictus aussi factice que forcé lorsque la donzelle cracha sa crânerie. « Si vous l’aidez, je vous ferai subir le même sort. » Le sourire plaqué sur sa lippe, froid, mesquin, cruel dans son indifférence affichée quant à intervenir. Il ne sauverait pas Harper parce qu'il n'en sentait ni l'envie ni l'utilité. Aucun glas moral à la porte de son esprit, seulement l'orgueil et le désamour de l'altruisme gratuit. Isàk gratifia dès lors son vis-à-vis féminin d'une moue défiante, lèvres semi retroussées, lueur barbare à la pointe de la cornée.

Le pauvre hère expira son dernier souffle dans l'incuriosité générale. Avouons par ailleurs que le travail propret de la sauvage n'eut encore attiré aucune oeillade déroutée ; la lumière tamisée des lieux rendue aussi complice de la mascarade travestissait le cadavre en un corps languissant. « Votre “ami“ devenait problématique, on m’a envoyé m’occuper de son cas. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. » Elle fanfaronna son allégation factice, il jubila d'un agacement tu. « J'y réfléchis. » Voix mielleuse et railleuse invoquant moins l'hypocrisie que le sadisme à venir lorsque, accrochant la pupille de son vis-à-vis, le sorcier vint se noyer dans la prunelle féminine qu'il stria de son or chaud. Et soutenant le regard de la danseuse, il s'investit volontiers dans un sort d'illusions douteuses : faisant monter en elle le fantôme de la peur, ce spectre de terreur vint frapper tout contre les entrailles de la Shadowhunter. De longues secondes de supplice dont l'attribution première fut de se présenter à la crânerie de son vis-à-vis, stipulant dans son mutisme cruel qu'il ne saurait d'avantage accepter de menaces. Puis, relâchant son emprise psychique, Isàk soupira d'aise non sans toiser l'étrange tatouage ornant la cuisse halée d'Oshaÿa. « Quelle époque ? » Lui le Viking, moins historien que guerrier, se souciait moins du siècle ayant enfanté l'intruse. Mais nourrissait une réelle curiosité pour la peuplade a priori sauvage dont elle était issue.

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MessageSujet: Re: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Jeu 23 Avr - 17:26






Était-ce trop facile ? Assurément oui. Le ténébreux venait de lui offrir une solution à son problème, sans même s’en rendre compte, à elle, le sauvage qui cherchait encore comment atteindre Harper sans faire de vague, sans créer de panique. Sa peau de satin se glissant contre la chemise impeccable, mimant une séduction inconnue pour mieux savourer la méfiance éteinte. Toutes les armes à sa disposition, jouissant d’un anonymat impeccable, de quelques tissus pour achever son œuvre et d’une lame pour achever l’homme. L’imagination pas même utile, quand on lui donne un scénario tout prêt, juste bon à être joué. L’Amérindienne retient à peine ce sourire de triomphe, alors qu’elle grimpe sur l’homme, expose sa nudité, dernière volonté accordée. La pudeur n’est plus de mise depuis longtemps, depuis qu’elle a comprit que sous ses sombres poils de félin, sous ses plumes ténébreuses, il n’y a jamais eu que sa peau dénudée. Pourtant, le désir de sa proie l’écœure, chagrine son âme tandis qu’elle exauce son souhait, qu’elle prépare sa mise à mort. Elle n’a guère l’habitude d’accorder la dernière volonté, sentence cruelle pour un trépas rapide et inconscient. Peut-être est-ce pour cela qu’elle préféra le saigner plutôt que de lui briser la nuque ? Extirper le pêché plutôt que de le maintenir prisonnier. Allez savoir, les sauvages ont leurs propres croyances qu’ils ne partagent avec personne d’autres que les leurs. Et parce qu’elle est contre lui, la créature peut sentir la vie le quitter, lentement, ne lui offrant aucune promesse de rédemption. Elle ne cherche pas à le sauver, pas plus qu’à quitter son corps mou qui lui sert de meuble de repos. Il est vrai que tout cela est épuisant. Mais le regard de la belle a déjà quitté le sien, ignorant cette supplique de lui laisser la vie sauve. Ce n’est pas ce que l’on attend d’elle. Elle ne fait qu’obéir contre la promesse d’un paiement honnête, d’une vie un peu plus sympathique. Ne demeure dès lors que le problème de cet autre. Viendra t’il l’aider ? Alertera t’il d’autres hommes blancs comme lui ? Ou laissera t’il son comparse à son triste sort ? Elle se sent concernée, glisse ses prunelles de jade dans les siens et cherche à y découvrir le prochain mouvement, sans grand succès. Elle ne peut que gronder et feuler, menacer et faire peur, récoltant enfin un semblant d’information.

Enfin sous ses cuisses, Harper se détend totalement, signe de son trépas imminent, peut-être déjà accompli. Elle s’en moque. Il ne lui manque plus que la preuve à faire parvenir à son employeur et sa mission sera achevée. Elle pourra quitter ce lieu de débauche et de perversion. Elle pourra remettre ces vêtements dans lesquels elle se sent bien plus à l’aise, bien plus couverte. Son vis-à-vis quant à lui, vint habiller son ton d’une condescendance digne de l’homme blanc, accrochant finalement son regard égaré. Ah que n’eut-elle taillé en pièce celui-là aussi, tandis que prisonnière de ses pupilles, elle sentait les affres de la peur glisser lentement contre ses entrailles, remontant jusqu’à son palpitant pour le serrer, telle une main dont les griffes acérées viendrait lorgner le tissu musculaire pour mieux le percer. Frayeur, elle se souvient avoir déjà vécue ce genre de situation, indéfinie mais bien réelle pour son esprit. Il n’est qu’un autre homme capable de la faire trembler de la sorte. Sorcier. Voilà ce qu’est son vis-à-vis alors que son épiderme se pare d’un frisson qui l’hérisse, alors que sa gorge laisse échapper ce grondement typiquement félin, et que sa poitrine se laisse aller à des soubresauts digne de l’animal prêt à attaquer. Sensible, elle l’est, prête à sortir les griffes dès lors qu’on la touchera, prête à laisser ses crocs transpercer la chair tendre et chaude d’un quelconque. Un dernier grondement, alors que ses lèvres glissent sur ses dents, menace grandissante, habitude d’antan qui ne l’a jamais quittée. L’emprise de son adversaire la relâche, et elle-même relâche le bois de la chaise auquel elle a du s’ancrer pour ne pas céder à l’appel sauvage. Si elle ne dit rien, n’en pense pas moins, dardant ses sombres prunelles vers l’autre. Elle n’est pas furieuse, seulement méfiante désormais, quand bien-même n’en laisse plus rien paraître, ses doigts farfouillant le cadavre à la recherche d’un objet bien spécifique. « Quelle époque ? » Lui glisse t’on, tandis qu’elle extirpe enfin sa trouvaille, smartphone pas de dernière génération, mais suffisamment récent pour pouvoir prendre des photos. « Mon sorcier s’évertue à dire que nous étions en dix-sept-cent quelque chose. Je lui soutiens que nous étions durant l’ère de l’Aigle. » Autrement dit, le chemin de fer n’était pas encore inventé, que les sauvages peuplaient encore les plaines. Ses doigts parcourent l’écran du téléphone, finit par trouver ce qu’elle veut. La photo prise sous un angle bien spécifique, elle s’active de nouveau, envoie sa preuve au numéro qu’elle a apprit par cœur avant de reporter de nouveau son regard sur Isàk. « Vous ? » Elle veut savoir à qui elle a à faire. Est-il de cette époque, ou proche de la sienne ? La question est posée, et l’appareil glisse à son oreille, numéro composé, sonnerie d’attente. Clic. « Wilks. Je voudrai réserver une table. Une personne. » Ou l’art de jouer sur les codes secrets. D’ici quelques instants, on viendra récupérer le cadavre pour le faire disparaître, définitivement. Personne ne posera de question en voyant les nettoyeurs. Le silence est le meilleur moyen de garder la vie. Elle n’attend pas la réponse, raccroche et pose l’accessoire sur la petite table. « Pourquoi ne pas l’avoir aidé ? » S’enquit-elle finalement, sans se soucier plus de sa tenue, de sa position, ou autre.

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MessageSujet: Re: « Are you gonna dance, dance on me ? » [Isàk]   Mer 20 Mai - 15:59






A la lueur des actes criminels menés par la nymphette au corps agile, Isàk ne s'ébroua pas. Il leva certes un sourcil à la voir si pugnace, mais cet étonnement releva d'avantage de ses courbes fluettes que de son statut de femme. Le cadavre dépouillé de son client le laissa tout autant placide ; la présence furtive d'empathie à l'encontre de ce quidam gorgé de luxure n'était passée que par le prisme de son portefeuille et du dossier mollement captivant qu'il se devait de monter. Ni l'un ni l'autre ne demeurant à présent à sa portée – et Isàk préféra extorquer un vivant par son travail, qu'un mort par sa lâcheté – le sorcier ne se sentit guère investi d'une quelconque sympathie envers le nouveau macchabée. Il aurait pu sans souci s'ériger entre la cible et la prédatrice, user de ses pouvoirs et engager la rixe, mais le peu d'estime qu'il portait à Harper eut tôt fait d'annihiler toute tentative. La perspective de ne rien faire, plus aisée et quémandant bien moins d'effort, avait donc été préférable. Croire qu'Isàk se serait abaissé à autant d'altruisme gratuit n'aurait été que pure jobardise. Mais soit. En l'instant les deux protagonistes n'avaient que faire du cadavre – quand bien même la métisse s'activait toujours autour de la charogne – puisque les présentations ainsi faites par   quelques canines dévoilées sous la lèvre rubiconde ou d'habiles sortilèges, ils se devaient de décliner partiellement leur identité. Oshaÿa la première s'annonça, dès lors qu'Isàk s'était enquit de sa personne. « Mon sorcier s’évertue à dire que nous étions en dix-sept-cent quelque chose. Je lui soutiens que nous étions durant l’ère de l’Aigle. » Il leva brièvement le menton de méconnaissance, ne connaissant nullement l'ère dont elle venait de lui parler. De toute évidence, leurs cultures respectives étaient dissonantes. « Vous ? » « Crépuscule Viking. Lorsque les évêques nouveaux traînèrent leur Dieu rance vers nous et par-delà les mers. » Ses lèvres bougèrent à peine, car son attention captée par l'acharnement charognard de la demoiselle – comme une application onanique, sorte de démence amoureuse pour la mort et ses cadavres – lui déroba la langueur de ses mots. Isàk renchérit toutefois, afin de détailler d'avantage les dires sibyllins que la sauvage, du fait de son flottement en terme de chronologie, ne pourrait entièrement comprendre. « Onzième siècle. » Le sorcier dégoisa ces mots non sans une once de fierté fissurant son apparence indolente. Car l'ancien Viking, une fois de retour sur Terre, avait fini par feuilleter les ouvrages afin de poser un cadre spatio-temporel à son passé. Se sentir exister en tridimensions passait aussi par la connaissance. « Wilks. Je voudrai réserver une table. Une personne. » Une somation virulente, claquant comme un fouet, le sortant de sa léthargie. Mais l'homme, plutôt de rester à ses côtés, amorça quelques pas afin de partir. Plus rien à se mettre sous la dent. Pour un apologiste du barreau, c'est terrible. Arrachez-lui les cordes vocales, la désuétude sera la même. Néanmoins l'inconnue l'arrêta toutefois par un brin de curiosité. « Pourquoi ne pas l’avoir aidé ? »  Isàk se retourna d'une lenteur morne, la toisa des pieds à la tête puis répliqua d'un timbre amusé : « Et pourquoi l'aurais-je fait ? » Pause involontaire. Sa cornée se perdit à peine sur le cadavre à la dignité dépouillée. « Je dois y aller. Vous m'avez fait perdre un client, je me dois d'en trouver un autre. De fait, vous avez une dette envers moi. » Une insolence brute perlant à la lippe, Isàk pourtant pensait avec conviction ce qu'il venait de dégoiser.

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