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 Still Waiting {Miranda/Rae}

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MessageSujet: Still Waiting {Miranda/Rae}   Mar 14 Avr - 23:54


« Loterie du RP »



Miranda & Rae
featuring



« So am I still waiting
For this world to stop haiting
Can't find a good reason
Can't find hope to believe in
Ignorance and Understanding
We're the first ones to jump in line
Out of step for what we believe in
But whos left ? To start the pleading
We're in a war that can't be won
»

Luxueux et spacieux, le Casino Royal offre bien des possibilités attrayantes. Triée sur le volet, l'élite s'y presse pour dilapider ses sous et faire grimper l'adrénaline en misant une petite fortune. En quête d'un instant de distraction ou peut être ici pour vous remplumer, il me semble que vous vous ayez choisi tous deux le mauvais endroit au moment mauvais. Des anarchistes à l'âme damnée, croyant en leurs convictions comme un bambin croit au Père Noël, ont en effet décidé de prendre en otage les joueurs du casino. Très organisés, ils sont même parvenus à liquider les vigiles chargés de la sécurité. Un véritable guet-apens vous englobant tous les deux dans une situation des plus embarrassantes. Le meilleur moyen selon ces terroristes de faire entendre leurs revendications, dans ce lieu très prisé par tous les puissants œuvrant pour la dictature en place. Vous pensiez que les morts-vivants étaient les plus dangereux ? Attendez de voir ces hors-la-loi vous menacer sans une once de pitié.


Ordre de passage:
1 - Rae J. Wellington
2 - Miranda A. Seythale



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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Jeu 16 Avr - 18:11



J'étais pourtant bien tranquille, ici, à œuvrer pour gagner d'avantage en misant sur la prime que j'avais obtenu la veille. Régulier de la table, mes amis m'avaient accueilli avec de beaux sourires et nous nous étions mis à jouer. J'aperçus des employés du Gouvernement, des têtes qui ne m'étaient pas tout à fait inconnues mais sur lesquelles je ne pouvais mettre un nom. Nous parlions des prochaines arènes et des rumeurs les concernant, les nouveaux Hunter's Seasons et les hommes choisis pour contrôler et construire tout ceci. Rien de tout cela ne me faisait frémir. Je n'avais pas peur de ce qui pouvait se raconter et ce qui allait véritablement se produire. J'étais concentré dans mon jeu et ponctuai mes actions par quelques remarques bien placées. Tout allait bien, je venais de commander un troisième cocktail quand la situation a dégénéré.

Des coups de feu ont retenti et, alors que l’assemblée commençait à se lever pour voir d’où cela venait, des hommes cagoulés ont appelé à la prise d’otage. C’est ainsi que je me suis retrouvé coincé dans la plus grande salle du casino en compagnie d’une petite centaine de personnes. Les vigiles furent abattus et, n’étant pas en fonction, je n’avais pas d’arme sur moi. J’étais donc comme les autres, prisonnier et otage. Assis entre mes amis de tables, j’inspectai les autres personnes du regard et tombai sur un visage qui m’était familier. Je ne connaissais pas son prénom – ou du moins je l’avais oublié – mais je savais que cette jeune femme travaillait au gouvernement. En regardant son visage de façon plus approfondie, je me rendis compte que j’en savais un petit peu plus sur elle. C’était Miranda je sais pas quoi, qui travaillait dans les apparitions publiques. Elle n’était qu’à quelques mètres de moi et, profitant d’un moment où les hors la loi ne regardaient pas dans ma direction, je marchais accroupi pour me joindre à elle.

Il n’y avait pas de bruit, ou très peu. Les terroristes discutaient entre eux. Ils avaient fait sauté le réseau téléphonique en le piratant pour que personne ne puisse informer les autorités. Enfin … ils n’avaient pas prévu que bloquer le réseau serait directement aperçu par les services de surveillance. A ce train là, les forces de l’ordre étaient déjà en route et peut-être même déjà en position pour encercler le bâtiment. Apparemment, les hommes cagoulés n’étaient pas intéressés par l’argent puisqu’ils discutaient surtout de dictature entre autre.

- Bonjour. Miranda je suppose ? chuchotai-je à l’attention de la jeune femme une fois à côté d’elle.

J’avais pris des risques pour venir à côté d’elle et, sentant du mouvement, l’un des terroristes avaient tiré dans le tas mais n’ayant visé personne en particulier, il fit simplement un beau trou sur l’une des tables de jeu. Je ne savais même pas ce qu’il m’avait pris de venir près de cette Miranda. Je ne la connaissais pas. Avais-je une idée derrière la tête ? A l’heure actuelle je n’en suis toujours pas convaincue. Je cherchais simplement du soutien.

Puis, il y eu un mouvement parmi les hommes hors la loi. Deux d’entres eux firent lever des personnes dans l’assemblée et ils nous escortèrent jusqu’à une salle voisine, vide. Miranda et moi même faisons parti de ce groupe. Qu’avions-nous tous en commun, je l’ignorai. Toujours était il que je faisais ce qu’on me demandait pour tenter de rester en vie.
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Jeu 16 Avr - 22:44

Le casino royal. L’exubérance, le luxe et la frivolité réunis en un seul endroit, où l’on pouvait en une nuit gagner un ticket pour les sommets ou dilapider toute sa fortune. Il y a un attrait particulier concernant les jeux d’argent, et les casinos, en particulier,  une montée d’adrénaline à savoir que la chance, le destin semblent diriger le fil de l’action, mais que les dés sont pipés, et avoir les meilleures cartes en main ne garantit pas la victoire. L’atmosphère était chic, le lieu spacieux – mais Miranda appréciait particulièrement la visible opulence du lieu : de la façade extérieure aux plafonds décorés,  des impressionnants halls aux salles privées, plus discrètes, mais meublées d’époque. L’argent coulait à flot, dans l’établissement mais aussi jusqu’aux poches du patron, mais même cette richesse affichée ne semblait rebuter ni les joueurs réguliers, ni les désespérés qui cherchaient une fortune facile et rapide. Qui ne rêve pas d’aisance financière, d’une richesse sans travail ? Le lieu offrait un rêve bleu, teinté d’adrénaline, une illusion de contrôle dans une opulence affichée. Mais Miranda ne pouvait exprimer le contentement qu’elle ressentait lors qu’elle entrait dans cet espace de jeux et de loisirs, loin des contraintes de son travail.

La jeune femme s’installa à une table, non sans avoir salué les quelques employés du gouvernement qu’elle reconnaissait. Un hochement de tête, et chacun repartait de son côté : ici la prestance n’était de mise qu’un moment, et, certains jours, Miranda imaginait presque le casino comme un endroit hors du temps et des troubles actuels. Y avait-il même une pendule dans cet endroit ?

/PAN/ Qu’est-ce que… ? Est-ce… ? Un vigile s’effondra, son sang se répandant sur le sol, comme une auréole rouge autour de son visage immobile.

Un autre coup de feu, puis un autre. Des cris. Miranda se retrouva assise sur le sol, plus ou moins dissimulée en dessous de la table à laquelle elle avait passé la dernière heure à jouer – son instinct prenant le relai, ses compagnons de tablée sont à ses côtés, incompréhension et panique sur tous les visages. Mais qu’est-ce qu’il se passe ?! Un simple coup d’œil permît  d’évaluer la situation : un groupe d’hommes armés prenaient des otages. Tu parles d’une après-midi sans contraintes au casino ! Son « voisin » de mésaventure s’engagea dans une prière silencieuse et elle sortit son téléphone : pas de réseau, elle aurait dû s’en douter ! Merde. La panique semblait avoir laissé place à un silence de mort parmi les clients du casino – un roi du silence, de peur que ses terroristes fassent sauter la cervelle du premier qui perd ?

L’un de ses compagnons de malheur se déplaça discrètement et Miranda en vint à espérer que cet abruti n’allait pas jouer les héros et tenter de se jeter sur les assaillants. Non, il semblait vouloir simplement se dégourdir les jambes. Idiot ! Mais tandis qu’il s’approchait, Miranda le reconnût : elle l’avait déjà vu dans les bâtiments gouvernementaux ! Il ne faisait pas partie de ses proches collaborateurs mais son visage lui était familier. Un Shadowhunter, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Il portait le nom d’une ville australienne… Ou Néo-zélandaise : Wellington ! Ray Wellington ? Non. Ce n’était pas ça.

« Bonjour. Miranda je suppose ? » Miranda sursauta alors que le jeune homme s’était rapproché au point de pouvoir la saluer en chuchotant. Elle ne savait pas si elle devait sourire ou pleurer des risques pris par Ray… non. Rae, oui Rae, pour une salutation et le confort de voir un visage connu.

« Monsieur Wellington. Comme l’on se retrouve. » Un coup d’œil aux preneurs d’otages, qui discutent entre eux. « Les circonstances auraient cependant être plus favorables ! » Une pause. Les terroristes semblent en pleine concertation, que cherchent-ils ? « Et, en effet, c’est Miranda. Votre mémoire ne vous fait pas défaut. » Si les preneurs d’otages proposaient un mémory, cette qualité serait d’une importance vitale faillit-elle ajouter, sarcastique mais un tir l’arrêta avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche. Le coup de feu semblait ne peut pas avoir de cible particulière, mais les quelques mots échangés entre victimes furent regrettés alors qu’une table de jeu transpercée laissait évidente l’issue du contact d’une balle avec le crâne humain. Les preneurs d’otages semblèrent s’arrêter dans leurs négociations – pourquoi, pourquoi étaient-ils en plein concialiabule au milieu de leur coup ? – aboyèrent une flambée d’ordres, des ‘toi, debout’ ; ‘bouge pas’, ‘tu viens’ et bientôt les otages furent séparés en deux groupes : l’un dans la grande salle, l’autre groupe, plus restreint dans une pièce adjacente. Miranda reconnaissait quelque visages, des membres du gouvernement, des assistants, des secrétaires – et sa suspicion passée resurgit : des anarchistes. Des anarchistes venaient régler leurs comptes.

Dans son malheur, Miranda aperçut que Ray – Rae – l’avait suivie dans la salle voisine.
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Lun 20 Avr - 9:43

Miranda m’avait bien reconnu et je lui en fus reconnaissant. J’aurai eu l’air fin si seul moi me rappelais la connaître. Pour autant, je fus soulagé de voir que la situation ne se présentait pas. Elle avait toutefois raison, les circonstances auraient pu être d’avantage favorables à une rencontre amicale. Là, nous étions cernés par des anarchistes qui allaient sans doute descendre une petite quantité des personnes prises en otage, et j’espérais que ce ne fut pas le cas pour nous. Pour moi. Toutefois, si je n’avais pas l’habitude de penser aux autres, dans des circonstances telles que celles-ci, je changeais radicalement d’opinion et préférais m’en sortir vivant avec les personnes qui m’entouraient. Mais là, il semblait que rien ne dépendait de nous.

Lorsqu’on nous déplaça dans la salle voisine, je vis que Miranda était, elle aussi, transférée, ainsi que des personnes au visage plus ou moins connu par ma mémoire. Qu’avions-nous en commun ? Les terroristes allaient-ils nous tuer tous autant que nous étions ? Les preneurs d’otage n’étaient pas très raffinés et cela se voyait rien qu’à leur façon de parler. Des ordres criés – ou plutôt gueulés – et aucun discernement. Du moins, c’était ainsi que j’essayais de me dire que nous étions au dessus d’eux et qu’on allait pouvoir s’en sortir par la ruse. Encore fallait-il la trouver, cette ruse ! Et ça … c’était peut-être le plus compliqué. Mais je me souvenais bien que Miranda travaillait dans la communication. L’éloquence était sans doute l’une de ses qualités premières. Elle serait peut-être notre sauveuse.

Ils nous firent asseoir au sol, regroupés en petit paquet au fond de la salle, et se concertèrent. A travers les masques, j’apercevais leurs yeux se tourner vers nous puis vers leurs collègues. Apparemment, ils ne savaient tellement que faire de nous. Un chef parmi eux ? J’en doutais, je pensais d’avantage qu’il fut au téléphone. Miranda n’était pas bien loin de moi, et doucement, je me rapprochai d’elle. J’étais dans son dos.

Avant de parler, j’observais toutefois les personnes présentes dans la salle, et quelque chose apparut dans mon esprit, de façon très claire et distincte.

- Voyez-vous donc ce qui nous rassemble dans cette salle ? Nous travaillons tous pour le Gouvernement en place.

J’aurai préféré ne pas le savoir. Clairement, ils allaient nous descendre pour aider le Gouvernement à rester en place, à œuvrer pour lui. Eux devaient penser que tous étaient d’accord avec ce qui se tramait dans les grands bâtiments. Pourtant, si certains travaillaient là bas, ils n’acceptaient aucunement les décisions prises mais y restaient pour sauver leur peau et avoir de quoi vivre. Ce n’était certes pas le cas de tout le monde. Pas mon cas. J’étais d’accord avec les décisions du gouvernement. Je leur faisais confiance. Je travaillais pour lui avec envie et fidélité.

- Il faut trouver un moyen de gagner du temps. Les forces de l’ordre arriveront d’un moment à l’autre. Le casino est relié aux services de la justice directement.

Je l’espérais en tout cas, mais il me semblait bien que le QG des shadowhunters possédaient des caméras et des réseaux avec certains bâtiments de la ville, dont le casino. Si la liaison était rompue, ils l’avaient su immédiatement, et ils allaient arriver d’une minute à l’autre.
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Mer 29 Avr - 22:01


La physiologie avait toujours été un point fort de Miranda – elle aimait observer les êtres humains, leurs interactions, leurs émotions et se complaisait à mémoriser chaque visage, chaque personnalité. Elle ne pourrait pas nommer chaque personne travaillant dans les bureaux du gouvernement, mais elle les reconnaissait : le grincheux du secrétariat intérieur, la jeune asiatique au budget, le divorcé du 3ème étage… Certaines personnes, cependant, lui étaient bien connues ou avaient marqué son esprit lors de leurs brèves et occasionnelles rencontres. Ray faisait partie de la seconde catégorie – non. Il ne s’appelait pas Ray. Quelque chose en… Rad ? Brad ? Non. Ce n’était Brad, n’est-ce pas ? Par habitude, Mirandait n’apprenait les prénoms de ces connaissances que par intérêt : l’illusion d’intimité créée par l’usage d’une identité plus personnelle poussait aux confidences. Monsieur untel était un partenaire commercial, Mme untelle se réjouissait d’enfin avoir un interlocuteur qui reconnaissait sa valeur professionnelle mais utiliser les prénoms permettaient de passer outre les fausses vérités et les mensonges communs, si commun que l’on vient presque à y croire.

Non, réellement, Miranda n’avait jamais eu de réel intérêt pour les prénoms, mais ses pensées s’enchaînent, s’obstinent alors que ce presque inconnu s’approche et l’interpelle par son prénom. Elle en aurait presque rit, dans un contexte différent, le fait que Rae connaisse son… RAE. RAE. Il s’appelait Rae ! La satisfaction n’empêcha pas d’interpeller en retour son compagnon de mésaventure par son patronyme. Par principe. L’homme avait un audace et une aisance naturels, mais qui – dans la situation actuelle – pourraient attirer des troubles. Si seulement ils avaient pu se retrouver par hasard dans une allée d’un magasin ou se heurter dans une rue – elle trop pressée, lui ne regardant pas – peut-être aurait-elle-même apprécié l’approche. Actuellement, elle tentait de ne pas étrangler son compagnon, alors qu’un coup de feu atteignait une table voisine. Visiblement, la liberté de parole ne faisait pas partie des valeurs défendues par le groupe armé, et Miranda connaissait bien la rengaine : celui au bout du canon du revolver n’a pas le dernier mot.
Elle obéit donc sans hésitation, et sans y réfléchir, vraiment, lorsque l’un de leurs assaillants lui saisit le bras et lui ordonna d’un ton sec de se « dégager d’là » et « d’ailer voir ailleurs s’il y était ». Elle fut ensuite entraînée dans une pièce adjacente : pourquoi séparer les otages ? Miranda pesta contre son esprit logique : peu importe le pourquoi, il fallait savoir s’ils faisaient partie du groupe qui serait libéré ou de celui qui se feraient descendre sans pitié. Elle espérait être dans le premier : une belle tragédie n’est pas complète sans témoins pour évoquer l’horreur et l’ignominie des actions. Parmi les malheureux du casino : certains vivront. Mais pas leur groupe. Une brève observation autour d’elle et parmi ses compagnons de la « petite salle », comme elle l’appelait dans son esprit, ne laissait aucun doute : des figures politiques importantes, des assistantes de directions, des soldats, des représentants du gouvernement… Elle aperçut même l’un de ses collègues, à la communication, qui, les genoux dans les bras, essayait – tel le reste du groupe – de ne pas apparaître aussi effrayé qu’en réalité, sans succès. Ils seraient les premiers à tomber.
Rae – qui décidemment, avait l’adrénaline bavarde, ou un sens du danger distordu –  semblait être arrivé à la même conclusion : « Voyez-vous donc ce qui nous rassemble dans cette salle ? Nous travaillons tous pour le Gouvernement en place. » Et ils vont nous descendre semblait la suite logique de la phrase. Dire qu’elle allait passer ses derniers instants à côté de Mills de la compta. Et dos à dos avec un soldat surentraîné à combattre des insurgés sur leur terrain mais qui se retrouvait aussi désemparé qu’elle lorsqu’il s’agissait de se défendre dans le cœur de leur cité, au milieu d’un bâtiment adulé du gouvernement et surveillé jour et nuit.

« Ils semblent renseignés. » Renseignés, oui. Organisés, non. Ils se regroupaient entre eux, se jetant des regards, comme s’il attendait des ordres quelconques et Mira ne faisait si elle devait se réjouir ou s’effrayer de ce constat. L’idée d’une taupe au gouvernement était connue, une grande partie des employés ne partageaient pas l’enthousiasme de Miranda, et, si la majorité ne voulaient que gagner un salaire acceptable pour vivre sans histoire – ou, avec le moins possible – d’autres cherchaient à nuire de l’intérieur. Voir des informations récupérées utilisées pour stigmatiser et – vraisemblablement dans un futur proche – assassiner avait une toute autre portée. C’était terrifiant.

« Je ne crois pas au gouvernement ! Je… Ils m’ont forcé ! » Un homme – Wallace, un délégué à l’industrie – avait vraisemblablement suivi et comprit les implications de la conversation entre les deux jeunes gens. Et il tentait, d’un balbutiement infâme et confus de sauver sa peau. Miranda l’aurait trouvé ridicule si seulement elle n’avait pas la certitude que sa propre voix la trahirait de la sorte, devrait-elle s’adresser à leurs ravisseurs. « Je vous promets que je ne les aide pas ! Je … je » En voilà un dont la vie ne vaudrait pas cher, si jamais la chance leur était donné de se sortir de ce merdier.

Personne ne connut la fin de sa phrase et alors qu’une giclée de sang l’atteignait, Miranda regrettait amèrement de ne pas être suffisamment religieuse pour en appeler à un être surnaturel pour leur sauver la mise.

« Il faut trouver un moyen de gagner du temps. Les forces de l’ordre arriveront d’un moment à l’autre. Le casino est relié aux services de la justice directement. »

Mais bien sûr ! La sécurité était déjà en route ! Ils n’avaient qu’à survivre les plus longues minutes de leur vie avant. Une distraction. Trouver une distraction ? Comment gagner du temps sans se mettre en première ligne ? Et alors que l’un des assaillants abattait un autre homme terrorisé qui tentait de s’enfuir : « Je suis ouverte aux suggestions. » chuchota-t-elle.
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Ven 1 Mai - 9:18

Dans cette situation, la nature combative des gens ressortait. Si certains tentaient de montrer patte blanche en niant toute implication avec le Gouvernement, d’autres provoquaient les ravisseurs. Au final, que ce soit l’une ou l’autre des tentatives, ils se faisaient tuer. Bientôt, il n’allait plus rester grand monde. Certains tentaient de se lever et de partir mais les assaillants savaient tirer et ils ne les rataient pas. Je décidai alors de ne pas bouger. Je ne les regardai même pas, préférant faire profil bas. Pourtant, j’étais censé être entrainé pour ce genre de situation. Et bien, en fait, non. On nous avait toujours appris à nous défendre avec une arme à la main, comme si nous étions en fonction. Là, ce n’était pas le cas et je n’avais rien de plus que les autres. La mécanique de mon cerveau était en plein travail, réfléchissant à toute allure pour éviter de se faire tuer. Mais, même en me transformant, ils pouvaient me tuer en me tirant dessus. Certes, il serait plus délicat d’atteindre le cœur mais mon carcajou avait aussi des organes vitaux, comme n’importe quelle espèce. Et là, ma guérison accélérée ne servirait à rien.

Il me vint alors en tête d’utiliser les atouts de chaque personne. Miranda travaillait dans la communication, elle pouvait sans doute les faire patienter le temps que je passe derrière un opposant et que je lui prenne son arme pour la retourner contre lui. Seulement voilà, Miranda était une tête connue, et pas sûr qu’il ne lui tire pas dessus au moindre mot prononcé. On ne pouvait pas prendre le risque de perdre encore des éléments. Toutefois, elle était majeure et la prise de risque la concernait. Elle pouvait tout aussi bien approuver l’idée.

- Leur parler. Leur faire douter de leur idée. Je suis sûr qu’ils sont aussi bêtes que leurs pieds. Un cerveau pour tout un groupe et, visiblement, le cerveau n’est pas présent aujourd’hui.

Ok, s’ils étaient des pros de la gâchette, ils ne laisseraient à personne la possibilité de s’exprimer. Toutefois il fallait peut-être prendre le risque. Moi, je n’étais pas tellement fort pour ce qui était de parler aux gens. Finalement, j’étais peut-être plus comparable à nos ravisseurs. Agile et brutal mais peu expérimenté pour parler aux gens. Certes, je n’avais pas besoin d’un cerveau extérieur pour me dire quoi faire, je pouvais très bien raisonner par moi même. Eux, visiblement, étaient complètement perdus sans leur chef.

J’allais rajouter quelque chose quand une femme se leva pour aller les implorer. Elle s’approcha d’eux, se mit à genoux aux pieds d’un des hommes cagoulés. Aucune fierté ou bien ? J’exprimais une mine de dégout mais pourtant, l’homme la fit se lever. On ne pouvait voir que leurs yeux mais la femme sembla reconnaître la personne rien qu’avec cet élément. Elle hurla mais sanglotait en même temps. Je ne compris pas le nom de la personne mais elle envoya valser la jeune femme qui retomba près du groupe. Un autre homme armé la visa mais celui qui l’avait renvoyé s’interposa. Ils sortirent alors régler leur différent, si bien qu’il ne restait que deux assaillants pour tout le groupe que nous formions. C’était peut-être le moment d’en profiter, non ?
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Jeu 14 Mai - 19:38

Il est un phénomène étrange face à un danger proche, une fin imminente – les prestances s’abandonnent. Le masque que chacun veille à garder collé à son visage et protège jusque dans l’intimité de son foyer, ce masque semble un fardeau trop lourd pour y laisser la vie. Ironique pour une fausseté mise en place pour se protéger. Les hommes tremblent, pleurent, supplient – mentent encore – peu importe l’adage, le lit de mort ne garantit aucune vérité, et nul ne connait réellement ses limites lors qu’il s’agit de sauver sa peau, le mensonge devient un vice acceptable en soi. Certains tentent un ruse, essaient d’en appeler à l’humanité de leurs assaillants : « j’ai des enfants, mon petit garçon n’a que deux ans, s’il vous plaît ! » ou à leurs idéaux, les discours anti-gouvernementaux font foison – à croire que la moitié du personnel ne croit pas en ses leaders. Risible. D’autres en perdent leurs fierté, et à genoux, ils s’abandonnent, ferment les yeux, se donnent en proie, comme si ne pas voir la fin la rendrait plus douce – est-ce vrai cependant ? Peut-on s’échapper d’un clignement de paupière. Beau rêve, oui. Mais une évasion facile… Non. Rien n’est moins sûr. La perte d’un sens ne fait qu’amplifier les autres, augmente la puissance du battement rythmique du cœur dans la poitrine, l’odeur du sang, des balles justes tirées, la sensation de ses jambes serrées contre son buste pour se faire le plus petit possible… et disparaître. Ceux qui sont familiers d’enfants connaissent cette croyance puérile que celui que l’on ne voit pas ne peut pas non plus nous distinguer en retour : peut-être est-ce une renaissance de cet espoir qui entraîne la tombée des paupières ? D’autres encore, misaient sur leur physique, et, l’adrénaline pulsant dans leurs veines, s’élançaient vers la sortie avec le désespoir de ceux qui – s’ils ont à mourir – préfèrent avancer l’échéance sur une action, que de perdre leur libre arbitre et finir à genoux.

Aucune technique ne semblait être la bonne, cependant, alors que chaque tentative était accueillie par une flambée de balles. Miranda en vint à espérer que ces imbéciles de compagnons de malheurs continueraient à essayer jusqu’à ce que les armes de leurs assaillants se vident. Combien de munition pouvait contenir une arme déjà ? Si seulement elle avait été plus attentive à ce genre de détail… L’espoir d’une échappée semblait cependant disparaître, alors que la salle se faisait de plus en plus silencieuse. Peut-être ne tueraient-ils que ceux qui s’exprimaient ? Cela semblait être le consensus tacite sur lequel s’accordaient la plupart des otages, qui, désemparés, restaient immobiles et ne prononçaient mot.

Mais leurs assaillants devaient savoir que le casino avait un service de sécurité – s’ils étaient suffisamment renseignés pour avoir réussi à abattre les vigiles sans faire de vagues, à brouiller les communications et à rassembler, de visu ! les pro-gouvernementaux dans une seule et unique pièce, nul doute qu’ils savaient que leur temps était compté et qu’ils ne resteraient pas sans rien faire même si les otages décidaient d’arrêter tout mouvement. Il fallait une idée – une bonne idée – pour leur faire perdre la notion du temps, et en gagner, du temps.

« Leur parler. Leur faire douter de leur idée. Je suis sûr qu’ils sont aussi bêtes que leurs pieds. Un cerveau pour tout un groupe et, visiblement, le cerveau n’est pas présent aujourd’hui.»

L’idée n’était pas idiote. Ils semblaient attendre des ordres extérieurs, et seraient, sans doute, plus facilement atteignables sans leur leader. Le risque n’était pas faible, cependant. Les ravisseurs ne semblaient pas avides de conversation et s’il y avait une chose à savoir pour survivre à une situation d’otages, c’est que l’on ne provoque pas un maniaque avec une arme sans être suicidaire. Miranda se surpris cependant à hocher la tête, à approuver. La situation devait lui retourner le cerveau, à elle-aussi. Elle n’avait pas la générosité du sacrifice et ne souhaitait en aucun cas mourir pour la distraction… Mais leur mort semblait évidente de toute façon et Mira détestait avoir une situation hors de son contrôle. Etape une : étudier les assaillants. Ils n’étaient pas nombreux. Quatre dans cette salle. Plusieurs autres dans la salle principale. Leur visages n’étaient pas visibles, seuls leurs yeux discernables. Ces yeux seuls par ailleurs, avaient visiblement permis à une jeune femme de reconnaître l’un des individus ! Elle savait – et sa connaissance lui vaudrait bientôt une b… non. L’un des preneurs d’otage, celui qui avait été reconnu, empêchait son complice d’appliquer la sentence commune. Il protégeait la femme, et Miranda se serait bien approchée pour la questionner, mais deux bourreaux restaient dans la salle, à surveiller, visiblement troublés et ne sachant comment réagir après une telle scène. L’un d’eux, dont les yeux marrons se tintèrent d’une violence et d’une colère bien différente de l’incrédulité du moment passé s’approcha de la fille.

« T’crois pas sauve, pouffiasse. » Un ton sec, détestable. « Aucun de vous n’l’est. » ajouta-t-il avec un rire amer. « V’faites moins les malins, hein ? C’pas drôle d’être traité comme d’la merde, hein ? » Une revanche personnelle autant qu’une vendetta contre le gouvernement, donc ? « V’préfèreriez être en train de flamber l’argent des autres, hein ? Les v’là bien nos impôts ! »

Malgré l’assurance affichée dans son discours, sa main droite jouait nerveusement avec le pistolet qu’il possédait, le laissant tourner légèrement dans sa main, ignorant que faire avec mais refusant de le poser.

« V’là les puissants, assis le cul sur le sol, ça change d’vos sièges en marbre » un nouveau rire étouffé. Des sièges en marbres ? Qui possédait donc des sièges en marbre ? « Alors, ça fait quoi quand l’on joue avec vos vies ? »

Calmement. « Je doute que vos revendications soient entendues de cette manière. »
L’homme se figea, se retourna vers Miranda, mais son compagnon ouvrit la bouche, l’arme pointée : « Tu dis quoi ? »

Miranda prit une longue aspiration, elle ne voulait pas entendre de tremblement dans sa voix : « Vous êtes des hommes volontaires. Renseignés. Vous n’êtes pas sans savoir que vous serez arrêtés avant de pouvoir sortir du bâtiment. »

Et personne n’entendra jamais plus parler de vous. Le gouvernement avait toujours trouvé moyen de faire disparaître les indésirables. Ils ne seraient pas donnés en exemple – une exécution en place publique ne feraient que trop de bruit, personne ne voulait que le manque évident de sécurité soit étalé dans la presse – l’affaire serait étouffée, peu connaîtraient la vérité sur l’épisode du casino. Peu sauraient. Les figures publiques – Miranda en faisait partie – aurait un tragique accident de trafic. Ou seraient officiellement transférés à la direction d’un bureau obscur loin de l’œil du public, retardant l’annonce de leur mort. Le casino serait détruit. Un éboulement ? Un incendie ? Une énième catastrophe naturelle ? Les excuses étaient à foison.

Le deuxième homme jeta un regard inquiet à son… compagnon. Ils ne pouvaient pas, ne pas le savoir… si ? Miranda gardait toujours un contact visuel avec son premier interlocuteur. Il était tendu, elle pouvait bien le voir. « En quoi ça t’regarde ? »

Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas finir en martyre. Je veux pouvoir rentrer dans cet exécrable appartement vide que j’habite et saluer encore mon acariâtre voisine de palier. Elle n'était pas de ceux à attendre la fin de journée, au contraire, elle ne daignait jamais passer une journée ET une nuit dans son bureau, mais elle savait qu'il était toujours plus difficile de tuer quelqu'un d'humain. Alors, sans supplication, sans prière, le plus calmement du monde, elle opta pour une semie vérité :« On a tous une raison de vouloir rentrer chez soi. »



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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Jeu 21 Mai - 20:16

Miranda avait eu la bonne idée de les faire douter. Apparemment, ils ne savaient rien du système de sécurité, ils ne savaient peut-être pas plus à propos du plan à adopter. Ils étaient là afin de se donner de l'importance, pour ne pas finir par croire qu'ils n'étaient rien que des individus lambda dans une société. Pourtant ils l'étaient et nous l'étions tout autant. Personne n'est irremplaçable. Nous non plus, nous ne valions pas grand-chose. Nous avions des compétences recherchées par le gouvernement qui nous offrait alors la possibilité de sortir un peu du lot. Des primes, un appartement, des impôts réduits etc… Toutefois, l'équivalent avait un risque. Les apparitions publiques, l'affiliation à ce même gouvernement qui avait, quelques temps plut tôt, annoncé que les Hunter's Seasons seraient de retour.

Je comprenais que des citoyens s'élèvent contre ça, qu'ils soient mécontents et qu'ils veuillent s'exprimer dans cette société élitiste. Cependant, il était risqué de le faire et surtout de cracher sur les éléments constituant les bases de ce régime. Il n'était pas parfait mais aucun ordre politique ne l'a jamais été et ne le sera. Il y aura toujours quelque chose pour déplaire, quelque chose contre laquelle s'élever. Et pourtant, il serait parfois judicieux de réfléchir aux conséquences d'un soulèvement.

Visiblement, nos ravisseurs n'étaient là que pour la gloire et sans aucun doute la belle promesse d'une coquette somme reversées sur leur compte en banque ou offerte en liquide. Etait-ce seulement possible de payer tout ce beau monde ? Ils finiraient en prison ou exécutés. Et si le gouvernement et sa justice ne s'occupaient pas d'eux, on pouvait être sûr que les cerveaux du groupe les élimineraient sans aucun scrupule. Et là, personne pour s'en rendre compte. La gloire et le succès sont éphémères et courir après est un risque absolu.

La jeune femme s'était mise au devant de la scène et elle courrait de nombreux risques par ma faute. Je serai peut-être sanctionné pour cela mais je ne doutais pas qu'ils feraient tout pour étouffer l'affaire. Les opposants seront liquidés et nous reprendront notre vie comme s'il ne s'était jamais rien passé. Quelque part, derrière moi, les murmures s'élevaient, et les ravisseurs ne tentaient rien pour nous stopper. J'entendis quelqu'un paniquer, dire qu'il se ferait éliminer lui aussi s'ils se faisaient remarquer. En quoi étions en danger ? Nous étions du côté du gouvernement et j'osais penser que nous n'avions rien à craindre.

Miranda tenta une dernière phrase, convaincante. Nous souhaitons tous rentrer chez nous sain et sauf, ne serait-ce même que pour une piètre raison. Elle avait confiance en la foi humaine, le respect et l'humanité. J'espérais que cela marcherait.

- C'est excellent, lui chuchotai-je.

Je laissai ensuite passer quelques minutes. Nos assaillants discutaient entre eux, tournant parfois le regard et nous quittant alors du champ de vision. C'était le moment d'agir. Or, je ne reconnaissais aucun de mes collègues et je ne me sentais pas d'affronter deux hommes. Pourtant, j'attendis le moment propice.

- En quoi pensez-vous que le gouvernement nous éliminera ? demandai-je alors à Miranda.

Elle ne l'avait pas formulé mais elle semblait d'accord avec les propos qui se tenaient un peu plus à l'arrière.

Le moment propice n'arriva cependant pas si vite.

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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Dim 24 Mai - 15:40

Le coup de feu attendu ne se produisit pas et un étrange soulagement se propagea dans le corps entier de la brune. La tension se relâcha dans ses muscles alors qu’autour d’elle des chuchotements incompréhensibles – elle n’arrivait pas réellement à appréhender ce qu’il se passait, à comprendre les murmures de ses codétenus comme de leur bourreaux – seul le battement de son cœur résonnait dans ses oreilles. Idiote. Pauvre idiote. Voulait-elle se faire tuer ? Elle n’arrivait plus à prononcer le moindre mot, l’adrénaline quittait ses veines et elle remerciait le ciel, Dieu, n’importe quelle entité surnaturelle, le destin, le karma – peu importe – de ne pas avoir à regretter son excès de confiance. Le discours semblait avoir porté ses fruits (elle doutait même désormais du but qu’elle avait souhaité atteindre avec ses mots) ou du moins avoir une certaine portée. On a tous une raison de vouloir rentrer chez soi. Otages comme anarchistes. Un conjoint, un partenaire, une présence – un animal peut-être, un enfant – ou un objectif, seulement, celui de vivre un autre jour, de finir un rapport, de profiter de ses jours de congés, de voir s’aligner les résultats du travail du mois, des loisirs aussi ? Les hommes semblaient ne pas avoir eu conscience du danger d’une telle attaque. Ne connaissaient-ils donc pas le risque de s’attaquer au gouvernement ? Ou étaient-ils de cette génération sacrifiée de jeunes gens idéalistes qui venaient (corps et âme épris de cette idéologie de liberté et de justice) se sacrifier sur l’autel d’une cause dont ils ne connaissaient que les principes ? La résistance regorgeait de ces jeunes inconscients, qui, dans cette insouciante et puissance absolue de l’ado ou adulescence contraient des puissances qui les écraseraient sous leur poids dans l’espoir – infondé – d’une victoire ; promise par des plus renseignés, évitant eux la première ligne.

Bien sûr qu’ils ne risquaient pas la première ligne. Ils connaissaient oh combien leurs chances. Peu de personnes sont capables de s’engager à mourir (sans aucune chance d’échapper à ce destin funeste) sans y voir fléchir ses idéaux dans un dernier élan, une dernière réaction de survie. On a tous une raison de vouloir rentrer chez soi. Ceux qui passaient le pas, cependant étaient, du moins selon Miranda, soit des inconscients optimistes (la mort comme la vie ne sont pas certaines), soit des fanatiques de leur cause : se suicider pour une idée n’est ni courageux, ni noble. Il est de la nature humaine de vouloir subsister, aussi ne sommes-nous pas les seuls animaux à encenser les morts plus que les vivants ? Regret. Peine. Les morts ont toujours cette aura – on ne peut critiquer ouvertement un mort en société – qui fait d’eux des martyres et non des idiots, des combattants et non des pions. Ils n’en restaient pas moins que même les auteurs des plus lyriques envolées sur les amis tombés ne commettraient même sacrifice inutile. L’outil finit toujours par surplomber le regret, ou une autre mort chasse l’instant de gloire, une autre nouvelle.

Elle fut troublée de ses pensées par une intervention de Wellington, louant son intervention. Elle connaissait ses talents, merci bien, elle n’avait pas besoin d’entendre chanter ses louanges. Surtout lorsque ses actions n'avaient rien de louable, et que son esprit logique semblait s'être éteint l'espace d'un instant. Imaginer une balle traversant son crâne. Ou son abdomen. Du sang. Partout. Une flaque rouge se répendant dans la pièce. Brr. Elle n'était pas passée loin d'une mort tragique. Leurs assaillants, cependant, avaient été troublés - peut-être son discours était une bonne chose? Du moins leur laisserait-il gagner quelques minutes de vie, essentielles pour se rapprocher de l'arrivée des secours (combien de temps depuis le premier coup de feu? L'intervention ne se devait-elle pas d'être extrêmement rapide? Un lieu de sécurité sans failles, avait vanté le constructeur) ou... pour discuter. L'option choisie, visiblement : « En quoi pensez-vous que le gouvernement nous éliminera ? » Un hochement d’épaule. Elle ne pouvait être sûre de leur sort – pas réellement – mais… « C’est ce que je ferai. » Elle se risqua un regard vers les preneurs d’otage : « Rendre publique une brèche telle de sécurité remettrait en question l’inviolabilité des bâtiments gouvernementaux. Si le casino peut être atteint – plus encore par … » Son ton baissa drastiquement, laissant les chuchotements ambiants presque recouvrir « … des abrutis sans réelle organisation, alors le gouvernement, sa puissance n’est pas infaillible. » Le pouvoir était un jeu – il possédait ses règles, ses lois, et une communication particulière. Puissance, force, unité. Pourquoi organiser à nouveau des Hunter Seasons si ce n’était pour prouver à ceux qui osaient défier le pouvoir en place que leurs actions auraient des suites des plus désagréables pour eux et que les puissants n’avaient pas peur de laisser couler du sang pour leur cause. « Et un aveux de faiblesse en temps de guerre a toujours des conséquences. »

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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Mar 9 Juin - 11:21

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Les mots de Miranda tournaient dans ma tête. Il n'était guère envisageable que des individus tels que ceux qui avaient pénétré le casino puissent mettre la main sur des bâtiments plus importants. Ceux du siège étaient inviolables et j'en restais persuadé, quoi qu'on en dise. Le Gouvernement avait sans aucun doute d'autres choses hautement plus importantes que la surveillance H24 d'un lieu de divertissement. Je ne doutais pas que les dirigeants de notre société soient en train d'étudier les plans d'une nouvelle arène.
Les forces de police étaient peut-être en bas, encerclant le périmètre. Le Gouvernement tâchait peut-être de garder le contrôle sur les médias pour éviter que l'annonce de la prise d'otage soit rendue publique. A moins qu'ils n'attendent notre libération et le jugement -par mort certainement- de nos geôliers pour l'annoncer.  Ainsi, le Gouvernement en prendrait toutes les éloges. C'était aussi une piste possible.

- Ils se débrouilleront sans doute pour tourner la chose à leur avantage, lançai alors à la jeune femme.

Elle était bien peu optimiste, et je ne comprenais pas qu'on puisse penser ainsi. Cela dit, ça collait bien avec la personnalité qu'on décrivait pour elle.

Les fenêtres et leurs volets étaient peut-être fermés, les murs n'étaient guère insonorisés contre les alarmes. Je les entendis de loin, ces dernières, arrivant sans doute pour nous porter secours. Le bruit déstabilisa un instant les deux hommes et je sus alors que le moment était le bon. Je me levai d'un bond et fonçai vers eux, attrapant l'arme de l'un et me plaçant derrière pour m'en servir comme bouclier. Il tâchait de ne pas lâcher le pistolet mais je frappai du genou et il fut tout à moi. L'autre avait sorti le sien d'un geste tremblant, trop lent. Je tirai alors sans aucun scrupule dans son tibia et il tomba en laissant échapper un cri de stupeur.
Je tenais toujours l'autre et replaçai  l'arma contre sa tempe, avant de virer le flingue au sol d'un coup de pied. Le bruit du coup de feu attisait la peur du groupe mais tout semblait sous contrôle. Je baissai ensuite le pistolet vers la jambe de celui que je tenais et tirai. Il glissa vers le sol en gémissant à son tour. La chose fut rapide. La cravate que je portai autour du cou me servit pour attacher les mains de l'un. J'empruntai sans crier gare celle d'un autre gars assis dans le tas pour les mains du second. Je fis de même pour leur bander la bouche et arrachai un morceau de leur vêtement pour faire un garrot à leur plaie. Avec l'aide de deux hommes, nous les plaçâmes dans un coin.

- Et maintenant ?

La question était bien bonne, je ne savais pas ce qui nous attendait pour la suite. Je n'avais aucune idée de l'enchainement. Les sirènes s'étaient rapprochées et semblaient être stabilisées en bas. Cependant, nous n'avions aucune chance d'ouvrir les volets et de montrer signe de vie. La fenêtre pouvait encore être ouverte cela dit. Mais je n'avais aucun moyen de contrôler la situation, si tant est que je l'eus maitrisée un instant.
Je me tournai alors vers Miranda, cherchant un appui du regard, quelqu'un pouvant prendre les devants. J'avais réquisitionné les deux pistolets et en tenais un dans chaque main pour éviter que la situation ne déborde. Si l'un d'entre nous devenait fou et tirai dans le tas … l'idée n'était pas envisageable et je gardai alors les deux armes avec moi. J'avais toutefois actionné le cran de sécurité.

- Que faisons-nous ? On ne peut sortir de là !
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Dim 14 Juin - 13:40

Il ne semblait partager son opinion – un Shadowhunter optimiste, quelle surprise ! Certes, une telle attaque n’aurait qu’un effet minimal au siège : si un jour jamais de tels individus arrivaient à passer la porte d’entrée du bâtiment (improbable),  ils se retrouveraient face à la réception et tant bien qu’ils échappent aux agents de sécurité sans être interceptés (un miracle), ils n’atteindraient jamais les bureaux. Mais ces preneurs d’otages avaient ce désespoir et cette conviction fanatique qui entraînent ravages au-delà de leur cible de prédilection. Une simple observation des corps sans vie et des litres de sang versés autour d’eux suffisait pour l’affirmer. Ce genre d’hommes n’iraient pas plus loin que la réception, mais détruiraient bureau d’accueil et secrétaires sans vergogne et sans regrets. Comme ils avaient de sang froid abattu les agents de sécurité – dommages collatéraux, innocents attachés au système (travailler pour le gouvernement ne voulait pas dire le soutenir, Miranda en avait conscience).

« Ils se débrouilleront sans doute pour tourner la chose à leur avantage. » Un sourire s’afficha sur le visage de la femme. Bien sûr, il y avait toujours un moyen de tourner un évènement à son avantage, mais certaines scènes se prêtaient plus aisément à la réinterprétation. Si la libération de cette salle se fait sans encombre. Si les terroristes ne se suicident pas avant d’être abattus ou arrêtés – quel sentiment ingrat que celui d’injustice, leur laissant s’ôter la vie pour ne pas répondre des atrocités commises. Si la police arrive avant que tous les otages baignent dans leur sang. Si un citoyen lambda fait preuve d’un héroïsme stupide… mais parvient à ne pas se faire assassiner. Des histoires à raconter, avec du suspense, de la peur, des méchants – quand était la dernière fois que le gouvernement n’était pas LE méchant de l’histoire -  méchants à qui l’on pouvait associer tous les vices du monde (quelle tristesse que les enfants ne soient pas admis au casino, il n’est meilleures victimes que l’innocence de l’enfance tâchée de sang), des méchants qui perdent à la fin. Comme dans les contes, comme la morale nous pousse à l’imaginer : il faut faire de bonnes actions et être gentils et surmonter les obstacles et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Le retentissement des sirènes au loin tintèrent l’histoire d’un espoir, un soupçon de vérité… La sécurité était là, peut-être que… Mais, qu’est-ce que… ? Le reste se passe plus vite qu’il n’aurait fallu de temps pour le conter : à peine le retentissement des alarmes résonna, que le Shadowhunter se redressa et se lança à l’assaut de leurs assaillants. Un coup dans le genou, un coup de feu, un terroriste gémissant au sol. L’autre avait sorti son arme – du moins, c’est ce que Miranda croyait avoir aperçu – avant qu’il ne rejoigne son comparse sur le sol et que son voisin se fasse dépouiller de sa cravate, stupéfait. Il marmonna quelques syllabes inintelligible alors qu’il croisait les yeux de Miranda, son regard reflétant l’exact mélange de peur, incompréhension et choc. Quelques battements de paupières plus tard, son cœur avait retrouvé un rythme presque normal et les deux blessés étaient disposés – il n’y avait d’autres mots pour décrire ces êtres soulevés et traînés contre leur gré – dans un coin de la salle.

« Et maintenant ? » Et maintenant, quoi ? La question semblait se répercuter dans la salle. Et maintenant, quoi ? Que faire ? Miranda ne put s’empêcher de se réjouir du passif de ‘pro de la gâchette’ de ces agresseurs : même les coups de feu ne semblaient les avoir dérangé et tiré de leur salle. Combien étaient-ils au total ? Deux dans cette salles, plus un, plus… deux encore ? Ou trois ? Si seulement elle avait fait plus attention ! Elle croisa le regard de Wellington, qui semblait chercher un soutien – et elle se détourna pour compter de possible combattants dans la salle. Des comptables, non ; des ministres, non plus, pas l’ombre d’un homme physiquement entraîné et potentiellement dangereux, même avec leurs amis attachés dans le coin, ils étaient en sous nombre (surnombre, en terme de personnes, mais elle doutait que certains se proposent comme boucliers humains)

La sortie était de l'autre côté de la porte, en passant par la grande salle par laquelle ils étaient entrés. La fenêtre était une option différente, mais tout aussi risquée : le bruit pourrait attirer les compagnons des deux abrutis du coin, et qui pouvait encore parier sur le fait que cette putain de fenêtre réussirait à être poussée suffisamment - avaient-ils prévu une sécurité lors de la construction du casino? Pour empêcher les suicides? Elle l'ignorait. Elle ignorait tout de ce bâtiment et pesta intérieurement de ne jamais s'être plus intéressé à l'architecture et aux plans. Elle connaissait patiellement ceux des futures arènes, pourtant. Peut-être que l'option la plus sûre était d'attendre les secours? Ils semblaient être tout près, et, si bien est qu'ils rentraient dans l'édifice, ils auraient déjà éliminés le restant des assaillants avant de passer la porte, non? Mais quelle idée, quelle idée elle avait eu de se rendre au casino !
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Lun 22 Juin - 8:45

Tout se passe très vite. Après que les premières sirènes eurent retenti et que les preneurs d'otage de notre salle soient bâillonnés et neutralisés, tout s'enchaina avec une rapidité affligeante. Tout d'abord, il est sans doute nécessaire de préciser que les rebelles de l'autre salle ne sont jamais intervenus. Peut-être pensaient-ils tout simplement que c'étaient leurs alliés qui avaient tiré, vu que d'autres coups de feu avaient retenti plusieurs fois depuis que nous étions enfermés. Pourtant, depuis que personne ne nous menaçait directement, nous ne savions plus quoi faire.

J'avais tenté de chercher de l'aide du côté de Miranda mais cette dernière ne m'avait pas apporté un grand soutien. J'allais bien lui proposer de faire un tour dans l'autre salle pour discuter avec les ravisseurs mais je me retins. Si j'avais les armes et elle la parole, ça ne servait tout de même pas à grand-chose. Et puis, de toute façon, nous ne savions pas exactement le nombre qu'ils étaient, à côté. Si l'on réfléchissait, on pouvait se rappeler que le groupe entier était peu nombreux. Deux ici … donc maximum trois de l'autre côté de cette porte.

Nous ne pouvions ouvrir les volets de l'intérieur. Ce n'était pas un système classique. Tout était informatisé dans le but de prévenir ce genre de problème mais au final c'était un inconvénient de taille. Personne ne pouvait sortir une fois à l'intérieur, et les otages étaient à la merci de ceux qui cherchaient le pouvoir avec ce type d'action.

Je m'assis sur le bureau, les armes de nos ennemis entre les mains, et j'attendis. Certains chuchotaient entre eux, d'autres faisaient les cent pas. Miranda était dans la salle mais je n'avais l'impression qu'elle veuille grandement discuter, alors je me tus. A quoi cela servait, de faire la discussion, si la personne n'était pas réceptive. Il suffisait d'attendre, de toute manière.

Certains semblaient toutefois s'impatienter. On ne pouvait sortir de là alors le seul moyen était d'attendre, évidemment. Quelques personnes s'étaient levées et semblaient vouloir à tout prix passer par la fenêtre. Ils étaient impatients de retourner à leur liberté -nous aussi- mais ce n'était pas une raison d'agir dans la précipitation.

- Il faut attendre ! m'écriai-je. La police est là.

Mais ils ne semblaient pas réellement m'écouter et cela me mit en rogne. Que grand bien leur fasse de tenter de briser les volets. Et après, que feraient-ils, à plusieurs mètres du sol ? Je levai les yeux au ciel et soupirai. Nous n'avions rien à faire, à part attendre.

Et l'attente fut longue. Nous n'avions pas d'horloge, le temps passait comme si les secondes duraient des heures. Les forces de l'ordre avaient pris contact avec les preneurs d'otage. Nous les avions entendu parler dans le mégaphone, puis le téléphone avait sonné. Là, tout le monde s'était tu dans la salle, essayant d'entendre ce qui se disait. Mais finalement, les ravisseurs n'avaient pas l'air de les écouter et on pouvait se douter qu'une intervention armée allait se produire.

C'est d'ailleurs ce qu'il se passa. Passant par les conduits et les endroits qu'ils pouvaient déverrouiller manuellement, des hommes en uniforme, armés et protégés, entèrent dans le bâtiment. Il y eut des coups de feu et tout le monde recula de quelques pas dans notre salle. Je restai focalisé sur la porte d'entrée, ne me préoccupant pas plus que cela de mes compatriotes.

Quand tout cessa, nous purent entendre des cliquetis puis la porte furent ouverte. Comme par automatisme, nous levâmes tous les mains vers le plafond et on nous fit sortir en file indienne. L'un des hommes se rendit compte de notre travail et de la séquestration de nos geôliers. Derrière son masque, je ne pus déchiffrer son expression et je me mêlai à la petite foule pour sortir.

Une fois au grand air, je respirai. La police nous demanda nos identités et des médecins sur place vérifièrent nos états. Je reconnus la jeune femme assis dans l'un des camions, et me dirigeai donc vers elle.

- Vous voyez, nous sommes vivants. Et visiblement, il n'y aura pas de répercussion. A un de ces quatre, peut-être.

En effet, nous pouvions partir sitôt une décharge signée et notre identité relevée. Je n'avais rien, pas besoin d'attendre d'avantage. Un peu de repos ne me ferait pas de mal. Je fis un signe de la main à ma collègue, un sourire un peu crispé sur les lèvres, et disparut parmi la foule. Je marchai à bonne allure vers le parking où je pus récupérer ma voiture. On me contrôla une nouvelle fois et, enfin, je pus prendre le large.
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MessageSujet: Re: Still Waiting {Miranda/Rae}   Mar 7 Juil - 17:26

Ils ne viennent pas. L'incompréhension est de taille pour la jeune femme. Ils laissent leur collègues à l'abandon, et malgré le pesant silence les entourant... personne ne semble s'en inquiéter. Abrutis. Mais quels abrutis! Les deux preneurs d'otage, attachés et bâillonnes, regardaient avec attention la porte - comme si leur insistant regard attirerait leur comparses. Que faisaient-ils? Se disputaient-ils encore à cause de cette vie épargnée? Attendaient-ils de nouveaux ordres? Paniquaient-ils au son des sirènes hurlantes approchantes? Avaient-ils pris la fuite ou, avaient-ils, dans l'autre salle aussi, été victimes de leur sous nombre et leur manque d'expérience et se retrouvaient au sol? Peut-être n'y avait-il rien à craindre désormais... Peut-être étaient-ils morts. Peut-être pas. L'ensemble de ses compagnons d'infortune ne semblait plus rassuré - maintenant, quoi? se lisait sur la plupart des visages. Une question sans réponse.

Rae, qui de son expérience et ses talents de combattants, s'était attribué de gré, une place de leader, pris place sur le bureau, les armes entre les mains. L'attente, donc. L'option la plus sûre. La plus effrayante aussi, peut-être - ne pas savoir, laisser son destin se dérouler sans réellement y prendre part, laisser les actions défiler, le temps s'écouler tel un simple spectateur de sa vie, sans volonté ni mouvement. Un film où l'on ne serait qu'un figurant dans le fond de la salle, une ombre au tableau immobile, un décor.

Cependant, certains n'acceptaient pas sans peine leur impassibilité tacitement décidée et commençaient à s'agiter : à faire les cents pas - quelle discrétion, vraiment, à se tortiller sur place, à chuchoter à son voisin. Quelques idiots s'attaquaient sans résultat - et, heureusement, avec une certaine discrétion, aux fenêtres. Elles ne seraient difficile à ouvrir, le verre n'étant pas une matière incassable, ni même réellement résistante, mais, tant bien ils arrivaient à briser la paroi vitrée, que faire du volet, fabriqué pour résister aux intrusions dans le bâtiments? Et que faire à plusieurs mètres du sol, au dessus d'une plateforme goudronnée? Risquer sa vie si proche d'une intervention policière ne réjouissait pas Miranda. Se retrouver paralysée - même partiellement, ne lui semblait pas non plus une idée lumineuse. Rae semblait partager cet avis. Agir dans la précipitation ne les mèneraient à rien : « Il faut attendre ! » lança-t-il « La police est là.»

Un discours qui tomba dans les oreilles de sourds. La panique, la pièce qui devenait plus suffocante encore à chaque minute qui passait, avait eu raison des capacités de réflexion de quelques uns, qui dans un désespéré effort, se ruaient corps et âme sur les volets. Peut-être les briseraient-ils, à la longue? Du moins, l’action était une distraction face à l’attente. Et quelle attente ! Certes, il ne pouvait s’être écoulé plus qu’une dizaine de minutes, mais chaque seconde semblait durer une éternité. Une chose était certaine, elle éviterait désormais le casino. Et les lieux publics en général, pas de raison de se retrouver coincée dans ce genre de dérapage une fois encore. Oh, non, on ne l’y reprendrait plus.  De l’autre salle, Miranda crut entendre des voix supplémentaires : un mégaphone, les forces de l’ordre étaient là et prenaient contact avec leurs ravisseurs ! Ils étaient là. Juste à l’extérieur. Le mégaphone se tut et tous se figèrent alors qu’une sonnerie de téléphone retentissait. Quelle invention, le téléphone, tout de même. La conversation continuait entre les preneurs d’otage et la police, alors que tous s’étaient arrêtés dans leurs actions désespérées pour saisir quelques brides de conversation. Mais qu’attendaient-ils à discuter ?

Ils n’attendaient pas.

Une succession de coups de feu résonna dans le bâtiment. Horreur et soulagement se mêlaient sur les visages : était-ce les secours ? Etaient-ils saufs ?  Ou subiraient-ils encore le fléau armé avant l’arrivée de leurs sauveurs ?

La porte s’ouvrit. Ils sortaient.

Quitter le casino était une expérience des plus régénérante. L’air chaud et humide de la Nouvelle Orléans, le même air pollué et tropical qu’elle haissait dans sa barbe au début de la journée, emplit ses poumons d’une promesse. Liberté. Ils étaient libres. Ils pouvaient sortir, se déplacer, n’avaient plus l’oppression d’une arme au dessus de leur tête. Dans la cohue de leur sortie, Miranda avait perdu de vue ses agresseurs, et elle fit un rapide tour visuel des alentours : des otages récemment libérés auprès des autorités, du personnels soignant, la presse. Aucune trace des ravisseurs. Morts, sans doute. La jeune femme ne réfléchit pas alors qu’elle fut entraînée vers un camion médical – pour vérifier son état, semblait-il. L’idée de devoir rester hospitalisée pour « des tests supplémentaires » était la seule chose qui la forçait à garder son calme et à ne pas descendre de l’engin. Un check-up médical, une vérification d’identité et elle pourrait partir. Simple. Rapide. Elle pouvait le faire. Elle redressa les yeux pour se retrouver face à Wellington. Il avait été prometteur aujourd’hui, l’information sera remontée.

Vous voyez, nous sommes vivants. Et visiblement, il n'y aura pas de répercussion. A un de ces quatre, peut-être.

Se moquait-il de son intuition erronnée ? Un sourire s’afficha cependant sur ses lèvres.
« On se reverra, Monsieur Wellington. »
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