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 Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro

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MessageSujet: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Lun 15 Oct - 13:28


"Be my person..."






&

Dans les rues du Port passé une certaine heure les soulards et jeunes bourgeoises se mélangent en danses obscènes. Ils tombent en pamoison devant des boissons alcoolisé qui les libérera de leur quotidien de servitude. La mer houleuse secoue les pauvres rescapés poussant les naufragés de la beuverie à rentrer. Et quand ce beau monde est éconduit du paradis de l’oubli. Il ne reste que le silence dans la nuit.
Ce soir n’est pas différent des autres, ils ont encore bu afin de ne pas penser au fait que leur gosses vont crever. Leur dignité s’en est allé et leur corps a suivi afin de retourner travailler.
Plus personne n’est là au lever du Soleil, car il rappelle les faiblesses des hommes en les mettant à nu à la lumière.
Seule une ombre qu’on dirait inhumaine s’impose sur des mètres de façade assombrie. La nuit se finit et le calme aussi. Pirro marche comme un zombie trop sobre pour profiter de quelques demoiselles délaissées.
Vêtu tout de noir ses cheveux accrochent le regard, et inconscient du vide autour de lui il écoute la mer frapper les constructions.
Curieux des nouveautés que le monde a créées il examine la vie avec 700 ans de recul, il découvre des technologies et réapprend des mœurs.
Tout cela serait bien difficile pour un optimiste dans ce monde en déclin, pour un naïf parmi les fous. Heureusement qu’il n’est pas seul.
C’est au pire moment de sa vie, quand son être a été subit à une telle pression jusqu’évoluer à la compréhension que sa route a croisé celles qui l’ont aidé. Paradoxalement ce sont toutes des femmes magnifiques tandis que Pirro n’est qu’un ignorant séduisant.
L’une d’elle garda contact avec lui par-delà les zones et après la fin de leur détention, Shona.
Une sorcière tout comme lui qui fit le partage de rires et de joies. Un sourire nostalgique et pressé lui pend aux lèvres.
Rendez-vous pour le petit déjeuner, lui qui n’a ni diné ni dormi. Passant toute la nuit à se balader et à redécouvrir la vie.
Cerné mais heureux, Pirro croise les premiers éveillés sortant d’hibernation. Et au café il arrive premier comme à son habitude, enfin si l’on peut appeler ça comme ça après quelques mois seulement.
Attablé près d’une fenêtre d’où l’on voit des gens utiliser leur téléphone ou autre joujou, toujours aussi fascinant pour lui il apprend de leur gestuelle et imagine de promouvoir pareils produits. Il a été responsable de la campagne d’un grand distributeur, cependant … Sans savoir en user. Désormais sa poche contient également une boite magique le reliant au monde. Si bien qu'il ’a sort et envoie un message à Shona. « Suis déjà arrivé, t’attend. Baisers. » Le vocabulaire de Pirro est resté bloqué à la Rome de son enfance.
Après avoir commandé 4 desserts et 3 boissons chaudes différentes Pirro se concentre sur sa situation. Toujours à la recherche d’Azzura, cette mère qu’il n’a jamais eue, reste le problème du pourquoi de sa mort. Son cœur se serre et son sang bouillonne terrifié et sous le choc du fratricide passé. Rafe était tout pour lui, alors pourquoi l’a-t-il froidement tué ? Par contrainte ? Dans ce cas quel besoin de le faire à main nu et froidement ? Ou alors par pure folie et toute la vie de Pirro n’aura été qu’un mensonge.
Pirro relève la tête et son regard se précise sur ce vers quoi il était fixé. Une femme l’observe et souris. Il lui rend joyeusement souriant de sa joie et se demandant qu’elle en soit la cause oubliant par la même sa propre tristesse S’il savait que l’homme a toujours un but et que le sien est le plaisir. Que se passerait-il ?
Shona lui a parlé de l’amour entre partenaires et du désir mutuel, mais ça reste théorique et après tout si ça rend heureux pourquoi pas ?
Engloutissant goulûment ces pâtisseries comme un monstre des desserts, Pirro cède aux tentations sucrées, et optimiste de nature sourit en attendant sa meilleure amie à qui il a payé un aller retour pour le Port de Zone 2.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Ven 19 Oct - 23:25

    Je valse et je divague sous les méandres de l'océan. Cheveux aux vents, je me penche sur la rambarde, les yeux figés sur le paysage qui s'offre à moi. Les lueurs pâles de l'aurore me tâtent et illuminent mon visage mate de joie. Il est relativement tôt et William n'apprécie pas que je quitte la maison aussi tôt, sans chauffeur, par mes propres moyens. Le luxe dans lequel il vit semble être aussi un synonyme de sécurité pour ma personne, il a peur, je quitte la Zone 1, je m'éloigne de son royaume, je ne suis plus sous sa zone d'influence. Il ne peut pas me surveiller. Que dis-je ? Bien sûr qu'il le peut, il est un skinchangers, en quelques battements d'ailes, et il me retrouve. Cela me trouble. Je n'ai pas pour habitude à me laisser enfermer dans une cage dorée, je ne peux rien lui refuser, c'est un fait, mais je ne renonce jamais à mon indépendance. Farouchement, comme à mon habitude, je lui rétorque que j'ai une sortie de prévue. Avec qui ? Avec la personne qui compte le plus à mes yeux. Mais comment le lui dire ? Il est mon époux, et pourtant un autre homme le surpasse en affection, Pirro, mon meilleur ami. Dans un certain sens, William m'est tout aussi cher, car il est mon mari, mais Pirro, c'est fusionnel. Je ne peux vivre sans lui, comme lui ne peut vivre sans moi. Il est à ma chair ce qui est à mon sang, et sans sang qui circule dans mon corps, mon cœur cesse de battre. Je demeure une énigme pour le monde, William en est la preuve même, il a dû se battre corps et âme pour m'obtenir, alors que tout lui tombait généralement dans la bouche. Je n'adhère à peu de codes moraux, la banalité m'exaspère, la critique acerbe est mon domaine de prédilection, et surtout, je suis mauvaise. Foncièrement mauvaise, de l'essence même de ma personne jusqu'à mes actes. J'ai pactisé avec la magie noire, j'ai fait d'horribles choses, par vengeance, par soif de pouvoirs, par curiosité. Toutes motivations m'ont conduite six pieds sous Terre, dans un monde parallèle appelé Darkness Falls. Un monde où grouille la vermine, la peur, les ténèbres et le chaos. Morte d'épuisement, puis enfermée pendant deux siècles dans ce monde où mes pouvoirs ont été bridés, j'ai voulu mourir.

    Je ferme les yeux, et déglutit lentement ma salive alors que je songeais à ma rencontre avec Pirro. Jeune éphèbe scandaleusement beau, au trait lisse, sa peau marmoréenne me captiva. Nul à voir avec ma peau mate, la perfection de ses traits me laissa constater qu'il avait le regard étrangement « décalé de mon époque » à croire que je faisais face à un homme de l'antiquité. Son visage d'ange me laissa perplexe mais me mit automatiquement en confiance. Il était blessé, je le sentais. Pauvre petite chose. Une si toute petite petite petite petite petite chose, si petite petite petite ne devrait pas avoir pour domicile ce monde infâme. Je l'ai protégé, pendant deux siècles, j'ai eu le temps de fusionner avec lui. Il est mon alter égo, il est mon cœur. Mon sorcier bien aimé torturé par son abominable frère, qui paiera de son sang. Je le jure sur tous les Cieux !

    La rosée du matin fouette mes joues et me sort de ma torpeur. Je frisonne et je referme mon coupe vent blanc sur moi, alors que le navire s'approche à grand pas de la berge. Mon regard s'illumine, je me rapproche de plus en plus de Pirro, et mon cœur s'élance dans une course effrénée. Un marin me fait descendre sans me demander mon dû, Pirro s'était chargé de régler le voyage. Il sait pourtant bien que le luxe m'entoure en raison de mon mari, mais il n'en demeure pas moins que je sais utiliser mon argent à bon escient. Je n'aime pas le gaspiller de manière onéreuse, mais le voir et passer du temps avec lui n'a pas de prix. Alors que je viens d'accoster à terre, je répond à Pirro pour ne pas l'inquiéter : « Je suis là dans trois minutes, bisous ». Je souris à la lecture de son message, son vocabulaire demeure encore maladroit, et j'aime à l'entendre user d'un mot de son époque, qui dépasse de loin la mienne en ancienneté.

    Je déambule le long du Port, esprit envolé, pensées dans la rêverie. Bien que l'endroit est assez inattendu, je ne peux nier le charme et la beauté de son paysage qui ne manque pas d'accrocher toute mon attention. Un petit restaurant chaleureux vient à peine d'ouvrir, et la douce odeur du pain chaud réveille mon ventre affamé. Et je le vois. Assis, comme un prince sur les reliures de livres, il me regarde en souriant. Mon visage lui renvois automatiquement un sourire. Inné, c'est inné, je ne peux que ressentir une joie incommensurable. Je prend place face à lui, alors que je détaille avec attention chaque parcelle de son visage, mon regard chocolaté caresse ce visage que j'aime tant.

    « Comme tu m'as manqué Pirro, est-ce moi ou le temps paraît une éternité loin de toi ? ! »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Sam 20 Oct - 11:55


La voici, comme la cerise sur le gâteau, la touche ultime à la perfection de cette matinée. Shona souriante et pressée. La voir éveille toujours en Pirro cette chaleur réconfortante et ce sentiment de pouvoir tout dire, et ce durant des heures sans user la conversation. L'amie de toute une vie, la moitié d'un tout permettant de simplement respirer.
Gracieuse même au regard d'un ignorant tel que Pirro elle se mue jusque face à lui et assise sourit à s'en faire mal. Comme régénératrice, toute autre pensée déserte l'esprit de Pirro pour se focaliser sur les traits de Shona, à la recherche de tristesse caché qu'il ne distingue pas. Alors un soupir lâché et détendu plus que jamais il écoute la voix suave le rassurant.
« Comme tu m'as manqué Pirro, est-ce moi ou le temps paraît une éternité loin de toi ? ! »
Pirro sourit et entrevoit dans ces yeux chocolat la véracité de ces paroles. La réciproque est établit aussi, un manque comme d'une drogue. Accro l'un comme l'autre à la pilule de l'amour, mélange d'alcool et d'ecstasy procurant chaleur et paix.
« Je pense que c'est le temps. Parce que sinon ça m’affecterais pas. »
Buvant un chocolat chaud vêtu d’une tonne de chantilly et de sucre à en donner le diabète, Pirro profite de l’instant sous le regard doux de Shona et se désaltérant comme un naufragé à sa gourde. Les goutes coulant le long de sa gorge, qu’y a-t-il de meilleur en ce monde ? Son interlocutrice surement.
« Ca va toi ? Ton mari t’a laissé partir sans encombre ce matin ? »
Repensant à cet homme partageant la vie de son amie, Pirro se méfie, pas de haine ni d’animosité, simplement de la méfiance. Après tout cet homme pourrait la détruire, ça reste bien là la plus grosse crainte de Pirro, la voir souffrir. Plus jeune que lui, il l’a rencontrée en Darkness Falls, tandis que lui y errait depuis déjà 5 siècles elle atterrit comme un ange déchu, une magicienne noire se repentant et désireuse de s’échapper. Il souriait et avait déjà repris la conscience des humains normaux, son visage enfantin et ces manières tout aussi puériles l’attirer et en firent avec les siècles les amis qu’ils sont aujourd’hui. Qui aurait pu prédire ça ? Pirro aime à se faire dorloter par Shona mais au fond, le temps a passé et désormais ce n’est plus que par plaisir. Autrefois par nécessité désormais il la protège en secret, lui évitant des soucis et se complaisant dans ce rôle de petit frère, il sait au fond de lui et souhaite qu’elle aussi qu’il est plus âgé, et en magie plus habile. Bien que refusant d’en user, pour elle aucune contrainte morale ne vaut. Souriant de toutes ses dents il lève le regard vers Shona qui curieuse penche la tête.
« Je repensais à notre rencontre, petit soleil. »
Le surnom demeure, cette peau mate, ces yeux marron ou dorés selon son humeur, sa joie et ses manières. Un Soleil tombée sur le brulant Darkness Falls, cependant plus jeune de 500 ans, voici comment petit Soleil est né. Un soleil demeurant dans une cage dorée gardé par le puissant William dont il entend tant parler.
« Comment va ta jolie vie de femme de riche ? C’est amusant de regarder le monde d’en haut ? Et plus important… La nourriture est bonne ? »
Assis désormais devant des assiettes et verres vides Pirro attend que son interlocutrice parle de son péché mignon, son petit soleil parlant de sucreries, c’est comme une peluche dans du sucre. Rien que de la douceur et du bon.
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Dim 21 Oct - 18:19

    Évidemment que le temps nous rattrape. Mentalement âgés de 776 ans pour lui et de 267 ans pour moi, le temps est une horloge qui ne s'arrête jamais. Et bien que nous soyons chanceux que le temps passé à Darkness Falls, qui est divisé par quatre par rapport aux temps sur Terre, ne se soit pas convertis sur Terre, sous le risque où notre cœur aurait pu lâché de vieillesse. Oui, le temps est notre ennemi à tous, et nous ne pouvons rien faire pour lutter contre cela. Fraîchement sortie de la douche, la fraîcheur qui m'entoure inonde la table et Pirro. Je suis heureuse d'avoir quitté ma demeure pour passer du temps avec lui, et une journée à ses côtés ne me suffisait pas. Alors qu'il examine mon visage à la recherche d'une quelconque émotion négative, je le déçois sur ce point. Comment pourrais-je être triste ou montrer de la tristesse alors qu'il illumine ma matinée. Toutes éventuelles marques de fatigue s'estompent à sa vue, et les aléas de la vie glisse dans les méandres de mes pensées.

    « Ça va toi ? Ton mari t’a laissé partir sans encombre ce matin ? »

    Un sourire taquin se dessine sur mon visage alors que le sorcier aborde le sujet tabou avec lui : mon mari. Il est normal que ce dernier soit au cœur de nos conversations, Pirro n'aime pas William. Deux futurs, deux âmes sœurs... C'était trop pour une seule personne. Je compris que ce n'était pas Pirro et William que j'avais essayé de réconcilier, c'étaient les deux parts de moi-même, la Shona de Pirro et la Shona de William. Malheureusement, elles ne pouvaient coexister et j'avais eu tort de tenter de les y contraindre. My spirit sleeping somewhere cold.

    « Tu me connais Pirro … Qu'il le veuille ou non, je viendrai toujours à toi, peu importe où tu seras. Qu'il essaye donc de m'en empêcher, une bataille nous opposera alors. »

    Je souris de manière mélancolique à cette pensée. Il est probablement vrai que si mon mari m'empêche de voler de mes propres ailes, une dispute risquera d'éclater ; et le petit oiseau s'en ira vers une contrée lointaine. Mais cela ne risque pas d'arriver, William n'est pas assez sot pour me contrarier autant. Quiconque se met au travers de mon chemin vis à vis de Pirro connaît ma colère noire. Et peu de personne, si ce n'est pas pour dire seul Pirro sait que la puissance qui anime mes pouvoirs découle de ma rancune envers le monde. Je suis si fatiguée de devoir me justifier, que ça soit sur mon bûcher ou encore devant mon époux. Je veux agir librement sans jamais rendre de compte à personne. Et je sais que la possessivité de William découle de son amour pour moi, de sa peur de me perdre et de son désir de prendre soin de moi. Je soupire avant de reposer mon regard sur l'adorable ange.

    « Moi aussi, j'y repensais petit ange »

    Un surnom qui lui va comme un gant, et je me plais à penser que le miens aussi. Une jeune serveuse prend ma commande d'un café et deux chaussons aux pommes. Il est vrai qu'à ma fuite d'Inde après mon échappatoire limite de mon bûcher, je suis venue à New York avant d'y mourir quelques mois plus tard, et tomber à Darkness Falls. Tremblotante, paniquée et brûlée corporellement, Pirro me ramasse et me cache des monstres qui peuplaient cette terre aride et carbonisée. Il souffrait tout autant que moi, et je lui ai pansé ses blessures. Nous avons eu tout le temps de nous lier, deux siècles ensemble. Et pour rien au monde, je ne renoncerai à lui. Même si je devais tout perdre pour lui, je n'hésiterai pas à le garder auprès de moi.

    « Comment va ta jolie vie de femme de riche ? C’est amusant de regarder le monde d’en haut ? Et plus important… La nourriture est bonne ? »

    J'éclate de rire alors que ma commande arrive sur la table. Je remercie gracieusement la serveuse avant de plonger mes lèvres dans le breuvage chaud. J'y met un peu de sucre que je touille à l'aide d'une pipette, puis j'y bois à nouveau une gorgée. Je lève un regard interrogateur vers mon meilleur alors que je croque à pleine dents dans mon chausson aux pommes, mon pêché mignon. Je songe à ses questions qui aujourd'hui portent étrangement sur mon mari. Sourcils froncés, j'ai comme l'intime conviction qu'il s'est passé quelque chose dont je ne suis pas au courant. J'avale ma bouchée lentement avant de déclarer d'une voix calme.

    « Je ne m'habituerai jamais à ce luxe qui paraît indispensable à mon bonheur, selon William. Tu sais très bien que malgré ma vie, je serai toujours égale à moi-même. Allez dans les autres zones ne sera pas synonyme de crainte. »

    Je marque une pause avant de lui lancer un regard suspicieux et de poursuivre avec méfiance.

    « Pirro, pourquoi parle-tu sans cesse de William ? Il s'est passé quelque chose, dis le moi. »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Lun 22 Oct - 9:53


Face à un Soleil illuminant de chaleur et avec qui la complicité est à son paroxysme comment aller mal ? Et bien en cet instant Pirro l’est. Aussi paradoxale que ça l’est, il est avec Shona, sa moitié et pourtant loin d’être charnel c’est psychologiquement qu’ils sont liés. Comme deux moitiés d’un tout. Pirro l’a cherché, après tout depuis qu’elle est là, il pose des questions relatives à sa vie là-bas, à sa vie avec son mari. Cet homme trop souvent décrit comme un possessif jaloux à l’excès. Et c’est dans le seul désir de la savoir en sécurité et heureuse qu’il demande, aussi pour savoir si des relans de leur rencontre ont eu lieu. Il semblerait que non. Et consciente que Pirro cache quelque chose, de sa voix doucereuse et méfiante Shona demande.
« Pirro, pourquoi parle-tu sans cesse de William ? Il s'est passé quelque chose, dis le moi. »
A force d’être si complémentaires comprendre les pensées de l’autre était inévitable, combien de fois les actes de l’un ont devancé les paroles de l’autre simplement par instinct. Les yeux quelque peu crispés le scindant du visage, Shona analyse son ami. Et Pirro sourit de toutes ses dents en repensant à sa rencontre avec William.
Ils se sont menti aux bas mots moins de 5 fois depuis leur rencontre et uniquement en cas de nécessité, alors à quoi bon mentir sur un sujet aussi futile, ne menant en aucun cas à la discorde. Car après tout, si il existe une haine entre les hommes de sa vie, elle n’est en rien réciproque et seulement originaire de son époux.
« Très bien je vais te raconter, vu que lui ne l’a pas fait. Tu crois qu’il me voit comme une menace ? Oh ça serait tellement drôle ! »
Et souriant à la pensée qu’il puisse représenter une menace pour qui que ce soit Pirro rigole. Lui qui a toujours su cacher son jeu, demeurant magicien depuis près de 800 ans, avec des connaissances en les matières presque illimités, le temps l’a forgé à pouvoir détruire aisément n’importe quel humain, métamorphe ou magicien le provoquant trop fort. Shona sait tout ça, qu’il aime à se faire passer pour un simple humain faible. Après tout même en le disant qui le croirait sans le voir ? Même elle en a douté longtemps quand il s’est décidé à lui avouer sa nature. C’est lorsqu’il est par plusieurs fois entré en rage noire, si bien qu’on aurait dit une autre personne, quand Shona fut mise en danger qu’elle accepta la réalité. Un sorcier dans un magicien. La menace dans la douceur.
« Je fais la promotion des Jeux tu le sais. J’ai dû faire de la pub dans un casino, le casino de qui ? Je te le laisse en mile. Bref je m’en suis rendu compte qu’après m’être installé dans son bureau, son alliance avec ton nom et puis son visage si froid … Il est vraiment intimidant. Quoi qu’il en soit, je lui ai demandé s’il te connaissait et là ça a été le début de la fin ! Il m’a menacé, fait assez mal au poignet et bon bah crise de jalousie aigue suivant un craquement d’égo surdimensionné et TADAA !!! »
Toujours tout sourire au souvenir de cette entrevue, il repense au fait que finalement, cet homme la protégera parfaitement. Malgré ses manières de bourrus hautain, il est parfait pour une forte tête comme Shona. Sa meilleure amie, la douceur personnifiée est pus têtue que la plus têtue des mules, et lui dire reviendrait à signer son arrêt de mort. Un couple surement explosif, pourtant plein d’amour c’est évident.
« Je crois qu’il ne m’aime pas, d’ailleurs j’ai failli me vexer en apprenant qu’il ne savait même pas qui j’étais. Je te connais avant lui, et tu n’as pas fait ça par hasard. En plus maintenant qu’il sait, autant lui dire. Je suis "un ami", pas une menace. »
Se rappelant d’une discussion entre deux de ses collègues, l’une ayant un petit ami fortement jaloux d’après elle, pour sortir avec des hommes elle les prétend… le mot était … gay. Les notions de jalousie et de petit ami s’insinuant à peine dans l’esprit de Pirro, le mot gay sortit tout droit d’un dictionnaire de sciences fictions n’a aucun sens. Mais après tout si ça a marché pour elle pourquoi pas pour lui.
« Tu n’as qu’à lui dire que je suis … hm… gay. »
Inconscient de ses paroles et toujours heureux de voir sa meilleure amie, Pirro attend qu’elle acquiesce ou alors sans le faire exprès lui explique la signification de ce mot étrange et qui sonne comme une porte de sortie aux hommes jaloux.
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Mar 23 Oct - 16:37

    La violence est un acte auquel je m’adonne que très rarement. Il n’est pas rare que la colère empiète sur mon stoïcisme et dans ce genre de situation, seul Pirro est en possibilité de me canaliser. Bien que je sois puissante, ses pouvoirs sont colossaux, et à la seule pensée qu’il puisse les utiliser pour une quelconque raison, demeure effrayant à mes yeux. Il y a trop de douleurs que le temps ne puisse effacer. Et après presque plus de deux siècles, seul l’amertume anime mon cœur. Et bien que Pirro apaise mon cœur de toutes émotions négatives, je ne peux m’affranchir de cette haine qui gouverne mon existence. J’ai été affranchie pour détruire, quelle ironie du sort.

    Il est vrai que nous, les sorciers possédons le pouvoir de clairvoyance, une sorte de 6e sens –qui n’est pas bestial- ; ce pouvoir avec mon meilleur ami est strictement inutile. Avec le temps passé ensemble, et l’étroitesse du lien qui nous unit, parler nous semble inutile. Je m’élance et puis je recule devant une phrase inutile qui briserait l’instant fragile d’une rencontre, de notre rencontre. Je l’appelle sans le nommer, je suis peut-être démodée. J’aime le silence immobile de sa présence, mais il reste une rancœur subtile qui gâcherait l’instant fragile de nos retrouvailles. Je le sais, je le sens. Dans le temps, j’ai cherché son âme au plus profond des flammes, et je peux y lire comme bon me semble. Mon attachement à Pirro m’inflige en contrepartie toutes les craintes possibles et inimaginables lorsque l’être aimé est exposé au danger. Et le danger est la colère de William.

    « Très bien je vais te raconter, vu que lui ne l’a pas fait. Tu crois qu’il me voit comme une menace ? Oh ça serait tellement drôle ! »

    Une menace ? Je n’avais jamais songé que cela puisse être possible. Bien que Pirro est l’un des deux hommes de ma vie, je sais qui j’aime et ce que j’ai à faire dans la vie. Alors la question ne se posait pas à mes yeux. Je soupire à cela, et connaissant Pirro, il est évident que cette alternative l’amuse, il ne s’en cache pas. Contrairement à mon meilleur ami, cette situation m’exaspère particulièrement, et ma perte de patience était à rude épreuve ces derniers temps. Je sais déjà qu’une discussion devra avoir lieu entre mon époux et moi. Je ne sais pas encore ce qu’il à fait, mais tout me laisse penser qu’il ne lui a pas offert des roses.

    « Je fais la promotion des Jeux tu le sais. J’ai dû faire de la pub dans un casino, le casino de qui ? Je te le laisse en mile. Bref je m’en suis rendu compte qu’après m’être installé dans son bureau, son alliance avec ton nom et puis son visage si froid … Il est vraiment intimidant. Quoi qu’il en soit, je lui ai demandé s’il te connaissait et là ça a été le début de la fin ! Il m’a menacé, fait assez mal au poignet et bon bah crise de jalousie aigue suivant un craquement d’égo surdimensionné et TADAA !!! »

    Abasourdie, je pose ma tasse sur la table avant de reculer prendre appui sur le dossier de ma chaise. Le visage fermé, les sourcils froncés, je m’agace toute seule. Bien que j’aime William, j’ai parfois du mal à accepter son comportement violent. Qu’il soit jaloux, ou possessif à souhait, je ne pourrai jamais rien y faire. Mais menacer, et blesser le sang de mon sang ? Oh oui, il va en attendre parler de cette histoire et pas qu’un peu. Je détourne mon regard animé par la rage, avant de pester dans ma barbe.


    « Comment ose-t-il s’en prendre au sang de mon sang … ? Serait-il assez fou pour me contrarier à nouveau ? »

    « Je crois qu’il ne m’aime pas, d’ailleurs j’ai failli me vexer en apprenant qu’il ne savait même pas qui j’étais. Je te connais avant lui, et tu n’as pas fait ça par hasard. En plus maintenant qu’il sait, autant lui dire. Je suis "un ami", pas une menace. »

    Je reste silencieuse pendant un instant. Evidemment que je lui ai caché l’existence de Pirro, pour le protéger de la colère de mon mari. Que je sois amie avec un homme n’est pas là le souci majeur ; mais avouer à celui que j’aime que je suis plus proche de mon meilleur que de lui et que mon lien avec lui est plus qu’important, est le déclenchement d’une tempête monstrueuse. Et au vue de la situation, le jeune sorcier a bien dû comprendre que cela est compliqué de lui faire entendre raison sur la nature de notre lien. Il le voit bel et bien comme une menace.


    « Que tu sois gay ou non ne changera rien. Ce qui le dérange est que tu le surpasses en affection dans mon cœur. Je suis tellement désolé pour ton poignet. Je lui parlerai, c’est promis. »

    Je bois une autre gorgée de café avant d’adresser un regard peiné à mon meilleur ami, ayant peine de voir mon mari user de la force pour revendiquer son amour pour moi.

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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Jeu 25 Oct - 13:05

L’amour lui a été défini comme un immense jeu, ou la supériorité ne doit jamais être mais où le but consiste à garder cette égalité entre les joueurs tout en avançant dans la partie. Cette explication technique fut une des seules que Pirro comprit. Puis une autre vint s’ajouter à celle-ci, c’est quand ton cœur bat plus vite en la présence d’une personne, que tu veux l’étreindre à chaque instant et que simplement… tu l’aimes. 6 mois dans cette époque lui ont suffi à lire, voir et entendre tout ce qui est courant en amour. A le rencontrer même, mais sans en être encore conscient.

Il a ressenti de l’amour comme pour une mère ou une sœur envers Azzura, et ensuite de l’attachement au-delà de toutes limites pour Shona. Alors comprendre William et Shona, leur relation est non pas difficile mais compliqué. Découvrir de nouvelles notions et simplement apprendre de leur situation est un exercice ardu.

Reprenant contenance, Pirro observe Shona, ses grands yeux glacés semblent tourmenté, et désireux de régler ce sujet. Il est si dommage de voir sa peau se rider, ce n’est pas du sourire, mais entre ses sourcils que vient se loger le creux de l’inquiétude, sans s’en rendre vraiment compte Pirro lève la main et de deux doigts caresse le creux en question. Un clignement d’yeux et quelques secondes de constatation suffisent à l’éveiller à la réalité. Et c’est la voix de Shona qui la première perce le silence à la fois pesant et relaxant.
« Que tu sois gay ou non ne changera rien. Ce qui le dérange est que tu le surpasses en affection dans mon cœur. Je suis tellement désolé pour ton poignet. Je lui parlerai, c’est promis. »

Si seulement elle savait, comme lui aussi lui a caché l’existence d’une femme. D’une brune anodine rencontrée en larmes, d’une boule de nerfs, aussi butée que franche, mais qui se brise au contact d’atrocités trop crues… Se bornant à ne voir rien d’amour là-dedans Pirro voit cette fille l’exultant de par sa présence. Cette personne qui le pousse à vouloir user de ses pouvoirs, une grande première. En 7 siècles la dernière personne ayant réussi cet exploit était Rafe, le désir de protection bestial ranimé en lui l’effraie à un point que le dire à Shona n’en est pas question. Un jour… viendra où il s’y livrera. Cependant la peur de s’avouer ce qu’il sait le pousse à quelque part comprendre William. La bestialité de certains sentiments pousse à agir en dépit des réflexions logiques fusant à notre esprit. Et c’est contre l’attente de sa moitié qu’il prend la défense de son époux.

« Fais lui comprendre, qu’il est ton âme sœur. Il n’a que toi, et c’est plus que visible, alors savoir que toi non pourrait soit l’achever, soit le rendre fou de rage. Et dans un cas comme dans l’autre, je ne veux te voir souffrir petit Soleil. Tu es son catalyseur de douceur j’en suis sûr. Alors uses-en pour lui expliquer. »

Pirro, le regard nostalgique d’une époque inconnu, de sensations perdues et de gens disparus regarde avec le cœur serré son poignet. Si son frère ne l’avait que blessé, peut être les choses auraient été différentes entre eux… Ce sauvage l’a tué, ce que William n’a pas fait, la similitude entre les deux disparait alors comme elle est arrivée, et plongeant les lèvres dans la boisson de Shona, il boit à ces nouvelles pensées.

L’heure est venue de rendre son sourire à Shona, de lui faire dire son bonheur et sa joie.
« En plus si je l’avais voulu, je lui aurais arraché un testicule sans même le toucher. Tu serais surprise des tortures magiciennes de l’époque ma chère. Plains le pauvre Pirro et laisse sa virilité de mâle alpha intact. Au fait, sans te moquer de moi, pourrais tu m'expliquer ce qu'est un "gay" ? »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Dim 28 Oct - 12:45

    P arfois, je me sens dépassée par l'ère du temps. Est-ce donc cette absence sur la surface de la Terre qui est à l'origine de cet essoufflement ? L'amour est comme une arme à double tranchant. Le bonheur a frappé à ma porte telle une chorale de Noël, mais ce que j'appelle « L’incontrôlable » est aussi au rendez-vous. Je me suis toujours acharné à garder le cap dans ma vie : un métier stable, des amis présent pour moi, un époux aimant et bientôt une vie de famille avec un bébé. C'est le comble de l'Homme de constamment trouver une infortune dans son énumération de Bonheur palpable. Et je ne suis peut-être pas mieux que cette race que je semble mépriser au plus haut point. Je possède une vie bien plus plaisante que je semble m'évertuer à ne pas croire, et certaines personnes en ce Monde peuvent me critiquer à leur guise, je n'en ai pas spécialement voulu de cette vie. Cette vie qui ne me convient pas, qu'on m'impose et que j'accepte à contre cœur par amour, par peur de perdre l'être aimé.

    Car lorsqu'il ne me reste plus son amour, seul mon amitié ultime pour Pirro demeure. Mais il ne m'appartient pas, tout comme je n'appartiens pas à William et ce dernier ne m'appartient pas non plus. Que ferais-je lorsque Pirro sera un jour capable de partager un amour profond pour une femme ? Il est évident que je devrais m'effacer partiellement de son existence et lorsqu'on ne possède plus que cette amitié, Damoiselle Solitude se montre bien cruelle de nous remémorer sa douloureuse présence.

    Mon visage se plisse en une moue réprobatrice, jolie minois marqué par les traces de la contrariété. Je ne me préoccupe guère des marques de l'âge, car en me regardant, qui pourrait deviner que j'ai plus de deux cent ans ? Et Pirro alors, n'en parlons pas : un vieux croûton! Et tous humains s'aventurant à nous demander notre âge s'expose à un regard revolver. Quelle provocation. Sa caresse sur mon front me sort de ma torpeur, je l'observe avec neutralité alors qu'il prend conscience de son geste et se retire sans un mot. J'apprécie l'acharnement du beau blond à faire cesser toutes inquiétudes de ma part, mais jamais ce sentiment de crainte ne s'estompera de mon esprit. Je n'ai que Pirro, en dehors de William, et force m'est de constater que cette haine qu'il semble porter à ma relation avec lui me contrarie dans un premier temps, mais m'attriste bien plus que je peux laisser paraître. Un ultimatum serait la pire chose qu'il puisse me demander, car en faisant cela, il me donnera l'horrible obligation de choisir entre ma seule amitié, et mon seul amour. Deux parties de moi-même, qui séparées l'une de l'autre me détruira automatiquement, son obsession sera ma perte.

    Obsession has begun
    Possessed by Destruction


    « Fais lui comprendre, qu’il est ton âme sœur. Il n’a que toi, et c’est plus que visible, alors savoir que toi non pourrait soit l’achever, soit le rendre fou de rage. Et dans un cas comme dans l’autre, je ne veux te voir souffrir petit Soleil. Tu es son catalyseur de douceur j’en suis sûr. Alors uses-en pour lui expliquer. »

    Ses paroles me caressent comme une plume. Son obstination a écarté toutes personnes susceptibles de lui paraître suspectes de mon chemin est plus forte que tout. Et William semble sans cesser poser sur le tapis que je le contrôle comme un pantin, ce qui n'est pas vraiment le cas, me voilà victime de sa jalousie meurtrière. Un jour, je ne serai pas là, et l'inimaginable se passera. Ma lèvre inférieure trésaille sans que je ne puisse contrôler ma mine, je lève les yeux vers Pirro et au croisement de son regard, mes yeux s'embuèrent de larmes. Embarrassée, je détourne le regard avant de m'enlacer les épaules comme pour me réchauffer, j'ai soudainement froid. Je déclare alors d'une voix tremblotante, s'étranglant quelques fois dans ma gorge.

    « Je n'arrive pas à canaliser sa rage Pirro ! Un jour viendra où … où je ne serai pas assez forte pour le protéger lorsqu'il s'en prendra à une créature bien plus puissante que moi et je … un jour, on le tuera pour cela, oh mon Dieu ! »

    Je lève les yeux au ciel, pour ravaler ses larmes bien trop arrogantes pour penser pouvoir brûler mes joues de leur acidité mal placée. Et bien que je craque car j'ai peur, je ne nie pas développer un complexe infériorité vis à vis de mes pouvoirs, et de mon expérience en comparaison des autres sorciers de New-York. Je suis faible, et cette seule pensée de savoir que je suis morte bien trop tôt en raison de mon avidité de connaissances m'exaspère. Cependant, un rire s'échappa de ma gorge suite aux paroles de Pirro. Évidemment qu'il aurait pu charcuter mon époux, mais je doute que cela aurait pu être aussi facile. Je secoue la tête pour chasser cette dernière pensée, un combat entre mon mari et mon meilleur ami est hors de question.


    « En plus si je l’avais voulu, je lui aurais arraché un testicule sans même le toucher. Tu serais surprise des tortures magiciennes de l’époque ma chère. Plains le pauvre Pirro et laisse sa virilité de mâle alpha intact. Au fait, sans te moquer de moi, pourrais tu m'expliquer ce qu'est un "gay" ? »

    Je lui adresse un sourire radieux avant de répondre en rigolant :

    « Un gay ou autrement un homosexuel est une personne qui aime une autre personne de même sexe. »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Lun 29 Oct - 17:19

Loin de l’hiver et pourtant si froid, son beau regard se ternit sous le poids de la tristesse.
Qui pourrait penser qu’une telle beauté serait si préoccupé. Et ce non pas par des soucis personnels mais par inquiétude pour l’homme qu’elle aime.
Pirro assiste passif quelques secondes au spectacle de sa fragilité, de sa lèvre inférieur sautillant menaçant de s’en aller avec sa retenue, et de la laisser comme une digue qui tombe à la merci des larmes.
A cette femme si chaleureuse et rayonnante à qui les paroles de Pirro aurait dû faire du bien, rassurer sur le fait qu’il ne déteste pas son époux, qu’il ne veut que son bonheur. Et là voici fondant comme neige au Soleil quand leurs yeux se croisent.
Un sentiment de gêne totalement inutile s’installe dans son regard embué qui cherche autour de lui une porte de sortie. Pirro se demande d’où peut venir cette réaction d’étranger, pleurer face à lui devrait être aussi naturel que sourire. Les émotions sont ce qui les a sauvés de la folie en Darkness Falls, c’est ce qui a permis la survie de nombre de magiciens.

La gêne laisse place au froid qui pousse Shona à s’étreindre les épaules, Pirro se retient alors de le faire lui-même. Il est des moments où laisser l’espace combler le vide et le silence parler pour vous est bien mieux, et ça la solitude de plusieurs siècles d’errance l’apprend mieux que quiconque.
Un simple regard compatissant, attristé, et à la fois prouvant tout l’amour qu’il éprouve pour elle suffit. Chaque sursaut du corps de Shona déchire le cœur de Pirro comme des pages du journal de sa vie. La lumière s’amenuise à chaque larme.
Sous la table, seul Pirro sait à quel point il se retient de faire quelconque mouvement, car à chaque instant ses émotions concernant Shona pourrait prendre le dessus sur sa résolution à ne pas user de magie, à chaque instant cet endroit pourrait être balayé en poussière et chaque vie présente se retrouver dans l’autre monde. Les mains jointes sur ses genoux, les ongles s’insinuant dans les phalanges de chaque main, il analyse sa douleur et son instinct primaire le temps de l’entendre sangloter comme une prière de condamnée ses peurs les plus profondes.

« Je n'arrive pas à canaliser sa rage Pirro ! Un jour viendra où … où je ne serai pas assez forte pour le protéger lorsqu'il s'en prendra à une créature bien plus puissante que moi et je … un jour, on le tuera pour cela, oh mon Dieu ! »

Voici donc le cœur de problème, c’est la peur de le perdre… Quelque chose d’inconnu pour lui, et pourtant compréhensible en cet instant. Il est vrai que Shona est forte mais il existe en cette ville des êtres dont la puissance ferait frémir Lucifer et Pirro ne pense pas en faire partie. Bien que puissant il use peu de magie, et sa véritable véracité est l’atout que lui concède son physique adolescent, sa naïveté rarement feinte et son ignorance du monde. Tant de choses cruelles, de personnes blasées pourraient simplement… lui tordre le cou. Lui ouvrir la tête, et le laisser sans chance de résurrection.
Comment trouver une solution à un problème pareil ? Après tout cela reviendrait à changer la personnalité de son époux ou alors à écarter tout risque de mort d’une personne… Défier l’ange de la mort en somme, ou alors la nature humaine. Le plus coriace des deux ne sera surement pas celui que l’on croit. Et c’est Pirro toujours impuissant fixant le Soleil ternit de peur face à lui qui en conclut et lui répond.

« Le changer t’es impossible, ça serait merveilleux mais improbable. Il est ce qu’il est et t’a fait l’aimer. Si tu le changes, il ne le sera plus. Cette peur que tu as, c’est celle que tout le monde à, après tout ma magie ne me protègerait pas si je sortais et qu’un piano me tombait dessus. Ou si je bousculais le roi des sorciers maléfiques par inadvertance. »

C'est un autre Pirro qui répond, celui oubliant sa naiveté, oubliant son passé, celui dont les propos véridiques tranchent avec son visage angélique.
Se calmant quelque peu, Pirro se lève, fait le tour de la table et s’assied sur la banquette de Shona. Passant un bras par ses épaules et lui souriant il continue, canalisant encore sa peur de la voir sombrer dans une litanie de désespoir. Elle répond alors d’un sourire symbole d’espoir de bonne humeur.

« Un gay ou autrement un homosexuel est une personne qui aime une autre personne de même sexe. »

Pirro attend ce qui est drôle dans cette phrase, après ce tout ce simple mot provoque l’hilarité chez ses employées. A ses yeux inconscients la naïveté poussée à son paroxysme ne voit pas le mal.
Seule la pensée qu’un être en aime un autre demeure. La particularité de deux sexes identiques et la même pour lui que deux caucasiens ensembles, deux asiatiques ou indiens. Ne comprenant pas, Pirro change de sujet, après tout, louper une subtilité humaine lui est possible. Et se ridiculiser est désagréable. La regardant alors sérieusement, pour en revenir au sujet dont il faut trouver la solution, Pirro entame.

« Si tu lui disais simplement ce que tu viens de me dire, dans les mêmes mots. Je suis sûr qu’il réagirait à te voir ainsi, comment ne le pourrait-il pas alors que moi-même j’en souffre ? »
Joignant le geste à la parole, Pirro plaque sa main contre la table et réchauffant tout ce qui s’y trouve voit bouillir un chocolat chaud.
« Si tu veux, je peux toujours ensorceler quelque chose pour que tu saches quand il sera en danger, ou alors tu pourrais posséder quel qu’animal pour le suivre… Tes possibilités sont infinies. Mais je pense que tu vas simplement te confier, te mettre à nue et ouvrir ton cœur et lui faire confiance. Si ça rate je reste disponible pour t’occuper jours et nuits, Pirro à ton service ! »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Jeu 15 Nov - 22:25

    Mes poils s'hérissent au tempo de mon cœur. J'ai attendu plus de deux cent ans, mais j'aurai pu attendre un million de plus pour lui. Rien ne m'a préparé pour le privilège d'être sienne, oui mais je le suis. Si seulement je pouvais sentir la chaleur de son contact en cet instant, si seulement je pouvais voir comment il sourit lorsqu'il rougit. Ou comment il retrousse sa lèvre quand il se concentre assez, j'aurai su pourquoi je l'attend depuis le début. Pourquoi j'ai vécue jusqu'ici. Son amour est ma page qui se tourne, où seuls les mots les plus doux restent. Chaque baiser est une ligne cursive, chaque contact est la redéfinition d’une expression. Dieu que ce florilège de sensations me rend heureuse et me ronge en même temps. La peur de la perte l'être aimé, un remède et aussi un poison et en cet instant, je sombre bien involontairement en proie avec mes larmes. Pleurer devant Pirro, ne me gène pas, puisque nous nous sommes soutenus à Darkness Falls afin de survivre à la folie qui nous gouvernaient. C'est plutôt de gâcher ses retrouvailles qui me dérange plus qu'autre chose : William est malheureusement l'objet principal de mes tourments.

    « Le changer t’es impossible, ça serait merveilleux mais improbable. Il est ce qu’il est et t’a fait l’aimer. Si tu le changes, il ne le sera plus. Cette peur que tu as, c’est celle que tout le monde à, après tout ma magie ne me protègerait pas si je sortais et qu’un piano me tombait dessus. Ou si je bousculais le roi des sorciers maléfiques par inadvertance. »

    Ce mal qui ronge est ignoble. Le coté obscur dans mon cœur est la tristesse ineffaçable du passé. Ce n'est pas grave puisque je n'ai pas de cœur. Depuis quand mon chemin m'échappe t-il ainsi ? Je suis seule désormais. J'emmerde ce putain de destin et je pleure pour ma fierté, c'est insupportable. L'instant me frôle, quand vais-je trembler, face et ventre au sol ? Hier, je suis morte, demain je saignerai. Les yeux voilés par des nuages qui brouillent ma vue, illusions de la lumière du soleil. Et ce jour qui se termine est la preuve du temps qui détruit toute la foi que je possédais. Et c'est alors que Pirro m'enlace par les épaules, je me laisse tomber doucement, telle une poupée de chiffon, littéralement désarticulée, je ne bouge pas.

    « Si tu lui disais simplement ce que tu viens de me dire, dans les mêmes mots. Je suis sûr qu’il réagirait à te voir ainsi, comment ne le pourrait-il pas alors que moi-même j’en souffre ? »

    Les paroles de Pirro me font plaisir et me rassure au plus profond du cœur. Il est vrai que je n'ai jamais été très patiente pour exprimer mes sentiments autrement que par mon visage et mes actes. Placer des mots plutôt que réagir n'a jamais été une de mes prédilections, et encore aujourd'hui je suis victime de mon manque de communication. Je soupire avant de sécher mes larmes d'un bref revers de la main. Je me frappe les joues avant de lui adresser un sourire radieux.

    « Merci Pirro ! Pardonne moi, le temps s'est un peu assombris, mais c'était passager. »

    Je finis d'une trait mon café avant d'ajouter avec calme :

    « Je lui en parlerai. Je ne sais pas quelles seront les issues de cette discussion, mais je les espère favorable. Il faut absolument qu'il change, surtout depuis notre bonne résolution. »

    Je me racle légèrement la gorge, sentant mon visage s'empourprer. Je n'avais jamais pris l'initiative de parler de ma volonté d'avoir un enfant, car à vrai dire je n'étais pas sûre jusqu'il y a peu, je ne savais pas si c'était une bonne idée et surtout si William accepterait. Car en effet, il est stérile, et devoir élever l'enfant d'un autre homme n'était pas facile.

    « J'ai besoin d'avancer, et de m'épanouir. Et je sens que je suis enfin prête pour cela, Pirro. Je veux un enfant, et nous avons décider de faire une fécondation artificielle. »

    Spoiler:
     


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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Dim 18 Nov - 19:24

Ses longs cheveux fins bruns suivent chaque mouvement de tête comme une couronne asservie à sa reine. Pirro se concentre sur son visage tandis qu'elle reprend contenance et humeur. Sa peau est si lisse se dit-il, à y regarder de plus près, c'est une vraie beauté. Aurait-elle usé de sort sur son physique pour qu'il en soit ainsi ? N'importe qui pourrait soupçonner que oui, mais pas Pirro. Il continue de s'émerveiller sur ce visage qu'il a vu la première fois salie de terre rouge, ou alors était-ce du sang ? Les yeux noircis d'avoir trop pleuré, et les lèvres sèche de s'être usé la voix. Cette petite magicienne qui est tombé du ciel comme une cerise sur un gâteau pourri. Étrangement le gout en est devenu moins infect durant deux siècles.
Le bruis du verre contre le bois que fait la tasse de Shona ramène les pupilles de Pirro à un paysage moins lointain, son regard se précise sur elle et seules ses derniers mots s'immiscent dans son esprit pour y percuter une cloche "notre bonne résolution".
Pirro oublie alors tout ce à quoi il pensait pour sourire d'anticipation en laissant affluer ses pensées en théories farfelues. Penchant la tête sur le côté il l'interroge du regard, l'invitant à continuer rapidement. Il n'ose pas parler de peur de retarder le moment où il saura, la curiosité est un vilain défaut, mais si agréable quand elle obtient satisfaction.

Son visage s'empourpre, lui rosant légèrement les joues, elle semble genée et accompagne cela de son traditionnel raclement de gorge. Comme si conditionner sa gorge aidait les mots à sortir plus vite. Le fort caractère de Shona et sa timidité à annoncer les choses trop personnels, comme deux pays différents avec une frontière commune. Mais s'harmonisant sur un continent commun, une boule à multiples facettes.
Quand sa dose de courage est suffisamment chargée Shona se lance et dévoile alors sa nouvelle qui changera sa vie.
Un enfant.
Un enfant ?
Un enfant !
Pirro se répète encore et encore ces mots, et après l'excitation, vient les interrogations... Un enfant. Ils ont donc fait la fameuse chose ? Cette chose connue lointainement par la télévision et internet, cette chose que Pirro a fui comme un enfant par pudeur. Encore ignorant de ça, il baisse le regard et son visage gêné prend la suite de celui de Shona.
La voix chevrotante et hésitante il commence à parler.

"Je suis content pour toi vraiment." Joignant le geste à la parole il pose sa main sur celle de Shona mais vite l'humiliation intérieure le prend et il la retire pour les croiser sur ses jambes.
Sa poitrine serrée d'angoisse de savoir une chose qu'il ne veut pas, qu'il ne peut pas. Oui il le sait, Pirro le sait qu'il n'est pas prêt à savoir ça. Mais le sera-t-il un jour ? Il est vrai que pour ça on peut supposer que jamais il sera apte. Mais être pris de cours est surement la seule option, se résignant à demander à son amie, il relève le regard sur son petit Soleil.

Puis sa voix douce et rassurante afin de subtiliser les peurs de Pirro afin de les remplacer par uniquement de la joie change la version des faits.
Une fécondation artificielle, ayant lu un article là dessus, Pirro sait qu'il s'agit d'avoir un enfant par la science. Et non pas par le "sexe". En quelque sorte rassuré d'un poids qui reviendra forcément à un moment ou l'autre.
Le joie reprend alors le dessus pour sa protégée qui en aura à son tour un.

Dit à n'importe qui c'est vrai qu'on pourrait croire que Shona n'est pas très apte à la vie de famille, ceux ayant souffert ont l'habitude de continuer de manière catastrophique leur vie personnelle. Cependant il n'est pas plus grande stabilité et paix intérieure que celle qui réside en elle.
Une force qui l'a poussé où beaucoup ont perdu la vie ou la raison. Aidé par Pirro certes mais ça ne justifie rien. Entouré de tous, on peut être seul au monde. Leurs vie dépendant l'une de l'autre, ils en ont fini par mieux connaitre l'autre que soit même. Et c'est sans aucun doute que Pirro approuve et la juge parfaite pour ce nouveau travail de longue haleine. Envieux en quelque sorte de cet enfant à naître, c'est vrai que lui n'a pas eu de mère.
Pirro y repense et se souvient. Sa seule famille constituait un grand père désireux de l'éviter au maximum quitte à le renier si possible ou l'envoyer en maison de fous, et un frère seul roc dans sa vie qui y a mis fin en le regardant dans les yeux. Lui qui ne savais rien mais qui à cet instant à grandit, est devenu lucide et a compris la traîtrise de cet acte. Et sa mère... Oui sa mère, il y repense douloureusement, si douloureusement que ça pourrait être pire que la vision de sa première mort. Cette femme, ce n'est qu'après avoir acquis la lucidité d'un humain normal qu'il a rassemblé les bribes de son histoire. Morte peu de temps après sa naissance ? Ce n'est que la raison officielle, l'officieuse doit être d'avoir eu un enfant imparfait...

Regardant à nouveau Shona, il ne peut qu'être de bonne humeur, son petit soleil irradiant à la fois de joie et d’appréhension. Et c'est sur son ton le plus jovial qu'il lui répond enfin brisant cour à ses peurs.

"Tu es consciente que je m'inpliquerais ? Peu importe ce qu'en pensera ton Will, l'oncle préféré qui initie à la magie et à... Peu importe je trouverais la suite !
Comment vous prenez la nouvelle je veux dire tous les deux ?
"
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Mar 20 Nov - 17:13

    Je songe presque avec difficulté sur ce que je venais de faire, ou du moins de dire. C'était presque illusoire et pourtant, j'avais posé des mots sur un projet, une envie et surtout une nécessité : celle d'avoir un enfant. A vrai dire, le Destin s'acharnait contre moi, sachant que mon époux est stérile, mais avec ma malice éhontée, je trouvais le moyen de tirer la langue à cette fatalité que j'emmerde tant. La perspective d'une évolution m'enchante plus que tout, m'obsède même. En tombant à Darkness Falls, le ciel me cria « Idéal meurs ! » avant de me rire au nez, puis de refermer la brèche qui m'avait conduit six pieds sous Terre. En ressortant de cet Enfer, intacte avec le soutien mutuel de Pirro et le siens, jamais je n'aurai imaginé ce que je suis devenue. C'en était peut-être niais aux yeux de certains, mais j'avais besoin de ce trop plein de bonheur qui peut en écœurer d'autre. Le changement, c'est maintenant. (chut, aucun commentaire haha).

    « Je suis content pour toi vraiment. »

    Mes yeux s'illuminent à l'écoute de ces paroles qui me vont droit au cœur. Même si j'avais eu le courage de lui dévoiler ce que j’entreprends de faire, il n'en demeure pas moins que je manque cruellement de confiance en moi. L'éternelle peur d'une future mère de ne pas être à la hauteur, ou encore de ne pas savoir quoi faire. Et lorsque l'enfant grandira, la peur d'être confronté à une incompréhension avec l'être aimé, une éloignement, une haine de l'enfant pour sa mère. Une rupture, une perte de confiance, un manque de proximité. Tous ces sentiments négatifs alimentaient avec avidité mon angoisse précoce d'avoir un rôle à endosser. Une main sur le ventre, je me mords distraitement la lèvre inférieure. Il était pourtant trop tard pou vouloir se rétracter, à l'heure actuelle, je dois attendre encore quelques jours avant d'aller voir le médecin pour une analyse. Et pourtant, je n'y étais pas encore, que j'avais déjà l'intime conviction d'être enceinte d'une jolie petite fille. Nous les sorciers sommes dotés d'un don de clairvoyance, ou de prémonitions nocturnes. Une petite fille mate comme le Soleil, brune comme la nuit et belle comme le Jour. Un sentiment étrange qu'elle sera mon portrait. Alors que j'étais plongé dans mes pensées, Pirro me sort de ma torpeur en posant la main sur la mienne. C'est avec surprise que j'aperçois son visage s'empourprer et laisser place à la gêne alors qu'il retire d'un geste rapide sa main. Après tout ce temps, comment une gêne pouvait-elle avoir encore de pouvoir entre nous ? Je doute que ça soit le cas, je ne peux m'empêcher de pencher docilement la tête sur le côté en une interrogation silencieuse.

    Tu es consciente que je m’impliquerai ? Peu importe ce qu'en pensera ton Will, l'oncle préféré qui initie à la magie et à... Peu importe je trouverais la suite ! Comment vous prenez la nouvelle je veux dire tous les deux ? »

    Un rire s'échappe de ma gorge et franchit le seuil de mes lèvres. Je ne pouvais pas imaginer Pirro, en dehors de l'épanouissement de ce petit être. Et bien que la relation entre lui et mon mari ne soit pas des plus cordiales, ce dernier devra s'habituer à voir mon meilleur ami présent pour moi, et l'enfant.

    « Je savais que tu dirai ça. Il est hors de question pour le petit microbe de vivre sans que son Tonton Pipi puisse s'occuper de lui ; encore heureux que tu t'impliques. »

    Je lui adresse un sourire avant de reprendre d'une voix calme :

    « William ne s'est pas opposé, il m'a accompagné à l'hôpital lorsqu'on a fait la fécondation. Il est assez appliqué, je pense qu'il se prépare à sa manière à avoir un petit chérubin accroché à ses jambes, tétine à la bouche. »

    Cette vision me décroche un sourire radieux qui illumine mon visage. J'éclate de rire avant de reprendre de plus belle :

    « Le plus dur est de savoir que ce beau bébé n'a absolument rien de lui. Il s'est fait à l'idée, mais il regrette sa situation pour cela, mais je le soutiens comme je peux, même si ce regret sera toujours visible dans son regard. »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Ven 23 Nov - 13:02

On ne connait la vérité que lorsqu’on veut bien l’entendre.
Si seulement Pirro avait compris ces mots plus tôt, alors peut être sa vie ici aurait été plus belle, son esprit moins troublé et son corps moins raide. Car désormais il redoute la moindre « surprise » et des frissons d’appréhension le secoue dans l’attente de l’annonce. Soit un poids s’envole laissant sa poitrine en paix, soit il l’accable pour se rependre dans son corps comme un poison actif. Infectant chacune de ses pensées comme chacun de ses membres.
Il ne veut pas travailler, il ne veut pas manger, simplement passer à la suite, oublier les mauvaises choses du passé. Que ce soit de ces 6 derniers mois ou de ces 7 derniers siècles.
Shona éternellement souriante, rayonnante plus que d’habitude en cet instant. Adossé au dossier de sa chaise Pirro la regarde, priant un dieu inconnu de la garder ainsi. William ne pourra qu’être heureux avec une réplique minuscule de Shona chez lui. Deux pour le prix d’une, voici une offre qui lui a surement la vie. Car l’une a sauvé la sienne. Il ne souhaite plus voir son regard meurtri par la souffrance, voilé de souffrances, comme en Darkness Falls.
Faisant une moue réprobatrice à l’entente du surnom insupportable qu’elle lui a trouvé depuis quelques temps « Pipi »… Qui souhaiterais être appelé Urine ? Las de ne pas trouver de surnom à son second prénom devenu le principal. Autrefois Orféo… Un prénom trop pur, trop joyeux, trop en paix pour l’homme qu’il est devenu. Pour l’homme qui a vécu tout ça, ce cauchemar dont il se souvient trop rapidement.
Il s’interroge la tête tournée vers la vitre collée à leur table, regardant le phare du port. Espérant qu’il le guide dans ses pensées, que ce tumulte lui passe. Que cette tristesse morne le quitte. Car emplissant l’atmosphère, le doute et le mystère adossé à sa chaise, Pirro soupire. Sans raisons définie, sa joie de vivre s’est envolé, surement à cause de ses pensées trop négatives de toute à l’heure, un être influençable par lui-même. A-t-on vu plus naïf ?
Fou malheureux, plongeant désormais dans le regard de Shona. Oubliant son état, fixant son soleil. Transporté d’un sourire puisé à l’encre de ses yeux, au pétillement de sa voix, de la douceur de son sourire. Une merveilleuse future mère, il en est sûr, elle est tout ce qu’il aurait aimé avoir comme mère, comme famille. Les amis sont la famille que l’on se choisit, elle est sa famille la plus précieuse, la plus proche. Ses mains douces sont faites pour étreindre, sa voix pour bercer, et son regard pour apaiser.
En repensant à la furie qui lui a tenue tête il y a deux siècles, portant des chaines et trop fougueuse, il a tellement ri qu’il en a oublié sa propre condition. Quand il la libéra et s’en alla, elle le suivi sans mot dire, et ça dura 2 siècles. Parfois riant, parfois pleurant, venant toujours l’éclairer comme le Soleil au matin, il en oublia la solitude, la tristesse qui pousse à vouloir mourir. Il en oublia le décor, il ne demeurait pour l’un comme pour l’autre que cette compagnie.
Seule une lumière plus forte à celle de Shona pourrait défaire leurs liens. Son regard illuminant d’amour chaque lieu où il se pose, parfait pour un enfant. Elle aura la famille qu’elle n’a jamais eue.
Quelque peu jaloux, Pirro ferme à demi ses paupières, en se disant que lui ne vivra sans doute jamais ça. N’ira sans doute jamais se risquer à aimer quelqu’un… Blue n’étant que l’essentiel, une valeur obligée dans l’équation de sa vie, une constante impossible. Et surtout, la seule personne dont il ne s’avoue pas les sentiments à son égard. Par timidité, pudeur ou peur.
Il se met à s’imaginer un jour avec une famille et spontanément l’image de la femme à ses côtés est remplacée par Blue. Rougissant jusqu’aux oreilles il lève la main vers une serveuse, une diversion bien inutile, chassant ces pensées à l’aide d’une tierce personne, empêchant Shona de le voir, ou du moins il essaye.
« J’aimerais un café noir s’il vous plait. »
Les yeux exorbités et ignorant le sourire radieux de la serveuse. Un café noir est connu pour remettre un coup d’aplomb, Pirro en déteste le gout ce qui est connu cependant il espère se remettre à penser normalement après avoir bu ce breuvage magique.
« Je… » Bafouillant il se racle la gorge sans croiser le regard de Shona, tentant de maitriser des émotions trop violentes, des bout de joie florissant en lui sans qu’il le contrôle. Dépassé par ses propres espoirs Pirro avoue à Shona ce qu’il ne s’avoue pas lui-même. « J’ai rencontré quelqu’un. » Regardant furtivement le visage ahuri de Shona, il comprend qu’elle a la réaction normale.
« Elle est gentille et jolie, et c’est une bonne amie ! » Toujours aussi rouge, le mot amie semble futile ici. La serveuse l’interrompt en disposant son café face à lui.
Il prend alors maladroitement la tasse en faisant tomber dans la soucoupe par la même occasion. Se voyant dans le reflet de la boisson noire, le visage rouge et la bouche contractée. Entrouvrant les lèvres, le regard fixé à la vitre. Quand le liquide s’immisce dans sa gorge, une toux bloque alors ce poison au gout immonde. Toussant attirant le regard de tous les clients de ce fait. Pirro rougit encore plus, du moins si c’est possible. S’essuyant de son mieux et regardant Shona pour la discussion devenue inévitable. Cependant une tentative fluette sort de sa bouche.
« C’est dégoutant… Comment les gens peuvent-ils boire ça ? »
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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Jeu 29 Nov - 19:53

    Cessant d’être un cauchemar, la ligne noire qui ne cessait de s’avancer par le passé à Darkness Falls avait constitué cette brume glaciale qui nous avait avalés, Pirro et moi durant deux siècles. Je m’étais surprise à penser que nous allions mourir à force de croupir dans ce monde pourrissant de la vermine la plus putride qu’il soit. J’étais au désespoir pour l’être précieux que je défendais. Toutefois, y songer aujourd’hui détourne mon attention et je ne suis pas en mesure de me le permettre.

    « J’ai rencontré quelqu’un. »

    La douleur était déroutante, l’incompréhension à son beau fixe. C’était exactement ça, j’étais déroutée. Je ne comprenais pas, j’étais incapable de saisir ce qu’il se passait. Mon cerveau essayant de rejeter cette révélation, je fus aspirée, encore et encore, par une obscurité qui effaça les secondes de perdition, rendant encore plus difficile la perception de la réalité. Je tentais de séparer les deux univers. L’irréel était noir, et ne faisait pas trop mal. Le réel était rouge et j’avais l’impression d’être sciée en deux. La réalité, c’était sentir mon esprit se tordre dans tous les sens, alors que l’incompréhension m’empêchait de réagir. La réalité, c’était de savoir qu’il n’y aurait plus cette litanie de supplice que Pirro ne sera plus seul face à cette litanie de supplices et que je devrai le partager avec une autre femme. La réalité est survenue si vite.

    A un moment, tout était ce qui devait être : j’étais la personne la plus précieuse à ses yeux. Mais avec cette jolie femme, qui semble avoir dérobé son cœur sous mes yeux, qu’en est-il de sa position par rapport à moi dans son cœur ? Déchirure, brisure. Fulgurance de la douleur. Darkness Falls m’a lié à lui. Pirro. Pirro. Ma vie et la sienne sont comme deux brins d’un même fil. Si l’on en coupe un, l’autre s’effiloche. Lui disparut, je n’aurais jamais survécu. La réciproque est vraie. Or, un monde sans Pirro perd son sens ? Son existence est indispensable. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je ne me serai pas battue très longtemps. Je n’étais qu’une pauvre sorcière déchue, humiliée dotée de sa seule et misérable soif de vengeance. Les ténèbres avaient obscurci ma vision et lutter me semblait épuisant à mon arrivée à Darkness Falls. Il aurait été tellement plus aisé de renoncer, de me laisser submerger par le noir, entraîner en bas, toujours plus bas jusqu’en un lieu où il n’y avait ni fatigue, ni inquiétude, ni angoisse.

    « Elle est gentille et jolie, et c’est une bonne amie ! »

    Ce que je n’ai pas immédiatement saisi, c’est que c’est moi qui suis en danger. Cette crainte de le perdre est si palpable qu’elle me ronge. Tout cela était annexe, cependant. Pour l’essentiel, mes sens et mon esprit sont focalisés sur le visage de Pirro. Je le découvre à nouveau. A combien de reprises m’étais-je émerveillée devant sa beauté ? J’avais cru que l’absence de défaut physique de Pirro était la seule certitude de mon univers chaotique. J’aurai pu tout aussi bien être aveugle. Pour la première fois, je m’étais débarrassée des ombres et des flous, des faiblesses et des limites de ma vision ordinaire, je voyais vraiment son visage empourprée. Je m’étrangle en quête de vocabulaire, incapable de vocabulaire, incapable de trouver les bons mots. Les mots suffisants. Mon désarroi, et ma surprise dut se lire sur mes traits, car il tente de redonner contenance à ce silence qui passa, bien involontairement de ma volonté. Je me concentrai, il fallait que je le rassure, que je dise quelque chose.

    « Oh..Whaou ! ; Je ne m’y attendais vraiment pas, Pirro ! »

    Je lève les yeux avant de lui adresser un sourire chaleureux, tout en le taquinant d’un coup de coude.

    « Raconte, je veux tout savoir sur elle. »

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MessageSujet: Re: Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro   Jeu 29 Nov - 21:31

Passer le reste de leurs jours ensemble, comme un vieux couples d’inséparables. Comme ces oiseaux incapables de vivre seul, mourant de solitude sans le contact de leur moitié. Se flétrissant à sa disparition pour simplement cesser de vivre, un fil invisibles les reliant à la vie ensemble. Pirro a toujours pensé que c’était ce qu’il vivait avec Shona. Qu’elle était son inséparable, que leur vie était lié en une seule dans deux corps et esprits différents, le début et la fin sont les mêmes mais tout ce qui passe entre n’est que le fruit de leur volonté. Et en Darkness Falls il s’est surpris bien des fois à vouloir abandonner, cependant il n’a jamais pu se résilier à l’abandonner, à la condamner à mort par sa fuite. Il ne pouvait pas se résoudre à fuir son soleil. Lui faire perdre une once d’éclat serait plus douloureux en son cœur qu’une nouvelle mort.

Aucune réaction ne vient combler le vide gênant Pirro au plus haut point, incapable de dire quoi que ce soit de plus il la scrute, décelant à la fois gêne et panique. Comme aux prémices d’une crise d’angoisse son regard s’agite comme un oiseau en cage tressautant rapidement. Il devine aisément ce qui la trouble… C’est ce qu’il a ressenti lui-même il y a de là plusieurs mois.
Cette frayeur grandissante qui devient incontrôlable sans qu’ils puissent la contrôle la peur de la solitude, la peur de la perdre au profit de quelqu’un d’autre. Ce sentiment d’être abandonné et à la fois cette pointe d’égoïsme leur rappelant que l’un n’appartient pas à l’autre. Cette image de fossé entre eux qui parait infranchissable, Pirro le reconnait.

Trop naïf pour se taire devant cette gêne il se dit la même chose qu’il a conclue par le passé. Ce problème qui maintenant semble insurmontable, cette montagne qui semble les séparer n’est en fait rien en comparaison de l’amour qu’ils se portent. Rien du tout…

Ce William, cet homme froid puissant et distant a tout changé le premier en lui montrant une autre forme d’amour. Eperdue elle s’y est jetée à bras ouverts, Pirro a tout vu, se rappelle de tout, et cette nostalgie n’est pas si déplaisante, un gout avalé de travers mais pas si amer qu’il lui semblait. Il est sûr qu’il a Shona dans le cœur. Le rouge de son visage atténué il en a oublié ce qu’il disait, seulement focalisé sur les sentiments de Shona qu’il peut lire par ses prunelles trop expressives. Que peut-il faire de mieux ? Est-ce vraiment la réalité ? Cette scène existe-t-elle vraiment ?

Elle reprend maitrise de ses émotions par une force inconnue et pose la question qu’il savait qu’elle dirait. Cependant sa peur n’en demeure pas pour autant oubliée.
Pirro se lève et d’une prière sourde monumentale espère que sa tentative sera accompagnée de fortune. Il plonge la main dans la poche en sortant son portefeuille, la tête tournée vers le sol. L’ouvrant et souriant à la chaleur le prenant comme un piège de la photo en son centre, celle de Blue.
Il se rassied et lui pousse le portefeuille dans son sens, l’observant encore autant, le visage déformé par l’inquiétude, sa sollicitude est obligée et il se doit de dire quelque chose. Elle est Shona, son Soleil pour toujours et à jamais.
« Tu es ma personne, à jamais et peu importe ma vie. Comme je suis la tienne peu importe William et ton enfant. » Se rendant compte qu’il vient de comparer sa relation avec Blue avec celle qu’entretiennent Shona et son mari, il rougit à nouveau et secoue la tête dans l’espoir que ces idées s’envolent.
Il ne peut pas empêcher ses mains de s’agiter, comme un batteur en manque de musique, un stressé à son paroxysme il attend un avis qu’il se convainc de ne pas vouloir. Un fuyard refusant ses propres sentiments, il le sait mais se l’avouer est autre chose.
« Ce n’est qu’une amie ! » Le visage aussi rouge que les lèvres de Shona et ne convaincant personne pas même lui-même, Pirro baisse la tête.

Inspirant profondément, il expire en comptant jusque 10 mentalement. Une vieille technique qui lui a permis de sauver en Darkness Falls sa vie plus d’une fois, le forçant à respirer embusqué, car ne plus respirer c’est ne plus penser et mourir et que respirer trop brusquement c’est se faire repérer et mourir. S’étouffant presque au coup de coude de Shona, il entreprend de simplement répondre. Pas de fuir face à celle qui le verra aisément.
« Elle s’appelle Blue, elle n’a pas de famille comme moi. Elle adore lire, et a d’ailleurs une librairie. Elle parle beaucoup trop fort et vite, ne fait jamais attention et est rarement polie. Elle jure plus que quiconque que je connaisse. C’est comme une tornade qui ramène toute sa vie avec elle. Elle sourit tout le temps, et ne sait pas mentir. Elle s’entête à ne pas utiliser de couverts, à chanter dès qu’elle a quelque chose en tête, à se battre avec moi. Je n’ai jamais connue si têtue. Et… »
Prenant conscience du flot de ses propres paroles, Pirro baisse le regard. Lui qui est habituellement uniquement bavard avec Shona et concernant des sujets comme la nourriture ou son travail… Pour rien au monde il n’affronterait le visage plein de douceurs de Shona qui dira qu’il apprécie Blue. Non pas fuyant cette fois mais bel et bien, culminant au summum de la timidité.
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Le meilleur miroir est l'oeil d'un ami ✻ [PV] Shona/Pirro

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