AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!   Sam 18 Avr - 11:12

Serrant son nœud papillon, Nikolaas se regarda dans le miroir des toilettes du Masquerade. Il se pencha, actionna l'un des robinets de la ligne de lavabo qui s'étendait sur tout le long de la grande pièce avant de passer sa main sous le jet froid en faisant attention de ne pas mouiller ses manchettes. Récupérant un peau d'eau, il passa sa main dans ses cheveux presque ras pour les plaquer le plus en arrière possible. Cherchant dans la poche de son pantalon de costume récemment chapardé, il y trouva les lunettes de son ancien propriétaire. Il en passa les verres sous l'eau avant de les essuyer soigneusement avec une des serviettes disponibles dans le distributeur. Saisissant les bords du col de son costume, il tira dessus pour les aplatir et les lisser. Puis, toujours en admirant son reflet, il se tourna afin de s'admirer sous tous les angles, vérifier que la veste était bien cintrée, que ses cheveux de se montaient pas en pics en mode punk de ces vieilles années, que ses talons claquaient parfaitement sur le sol.

Satisfait, il se dirigea vers la dernière cabine de toilettes de l'endroit, la plus éloignée de la porte. Il y trouva sa victime encore endormie, négligemment habillée avec les anciens vêtements que portait Nicko. Ce dernier se pencha, orienta différemment les jambes du monsieur, avant de poser sa tête contre la cuvette des toilettes comme le ferait quelqu'un qui a trop bu. Fouillant dans ses anciennes poches, il récupéra ses rares effets personnels, c'est à dire des mouchoirs en tissu et un paquet de cigarettes et son briquet. Refermant la porte, il se retourna...pour se retrouver nez à nez avec la femme de ménage du cabaret qui, les mains sur les hanches, la toisait de son regard mauvais.

« Nicko. Je t'avais pourtant dit d'arrêter de faire tes petites affaires ici. Il y a plein d'autres toilettes dans cette fiche ville. »

Nicko se pencha en direction de la femme plus petite que lui et lui saisit doucement les épaules avant de lui accorder un sourire.

« C'est la dernière fois, Judith, promis. Je ne pouvais vraiment pas faire autrement ce soir. Aucun potentiel client ne s'est présenté.

-Mais regarde ce que tu me laisses à chaque fois ?! La patronne va finir par se douter de quelque chose ! S'exclama la femme avant de s'approcher de la victime abandonnée. Non mais regarde-moi ça, ça fait désordre !

-Tu déconnes, je travaille toujours proprement. Et la patronne sait très bien ce qu'il se passe, on se connaît bien, elle ne dit juste rien, c'est tout.

-Eh bien je vais faire en sorte qu'elle dise quelque chose, » répondit Judith en rebroussant chemin.

Lorsqu'elle passa à sa hauteur, Nicko l'arrêta en posant délicatement une main sur sa poitrine. Il plongea sa main dans sa nouvelle poche et en ressortit le portefeuille du monsieur dont il tira quelques billets. Judith baissa les yeux sur les coupures puis les saisit avant de jeter un regard mauvais à son comparse.

« C'est une avance, assura Nicko en rangeant le portefeuille. Je vais au casino ce soir avec mon ami Livio, je vais faire en sorte de te ramener des bijoux, ça te va ?

-Pourquoi tu ne m'emmènes jamais, moi ? Grinça Judith en coinçant les billets dans son soutien-gorge démodé.

-Parce que tu ne sais pas jouer la comédie. Allez ma belle, je file. » répondit Nicko en se détournant.

Il grimpa les escaliers avant de ressortir comme si de rien n'était des toilettes. Il était huit heures du soir et le soleil n'allait pas tarder à décliner à l'horizon. Saluant quelques clients réguliers qu'il connaissait, le chapardeur se glissa dehors pour respirer l'air frais du début de soirée. Les visiteurs rentraient peu à peu dans le cabaret, indiquant qu'un concert n'allait sans doute pas tarder à débuter. Plaçant ses mains derrière son dos, Nikolaas se guinda, adoptant la posture adéquate à son personnage de ce soir. Son regarda balaya tranquillement la rue, à la recherche de son compagnon dont il lui tardait de voir le déguisement. Ils s'étaient donnés rendez-vous à huit heures devant le Masquerade, Livio ne devrait donc plus tarder.

Lorsqu'une présence familière se glissa à ses côtés, Nikolaas se tourna vers elle avec un sourire..;qui s'effaça presque aussitôt. Ses mains se relâchèrent et le chapardeur baissa la tête pour regarder le spécimen qui se tenait devant lui au dessus de ses lunettes.

« Oh putain t'es pas sérieux. »


Dernière édition par Nikolaas A. Lodewijck le Mer 22 Juil - 22:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Dim 19 Avr - 20:22



Well, I'm not dumb but I can't understand
Why she walk like a woman and talk like a man
Oh my Lola, lo lo lo lo Lola, lo lo lo lo Lola



Le pinceau passa sur la peau laiteuse et légèrement colorée.
Un geste vif, contrôlé, maitre de lui appliquait ce trait noir et opaque, venant déchirer cette peau offerte à ses pigments.
Au noir se rajoutait du rouge, venant tinter un peu ces lèvres trop fines. Les traits fin déjà à cheval entre le tranchant des hommes et la finesse des femmes, se confondent, se perdent, se brouillent. Un mélange étrange, ésotérique que celui de Livio maquillé, se regardant dans la glace ébréchée de sa salle de bain.  Les cheveux encore court, plaqués en arrière, chargés d’eau, laissant glisser contre sa nuque des gouttes d’eau, pas encore habillé, diverses étoffes étendues autour de lui, le brun semblait perdu dans son ouvrage. Corps et âme impliqué dans sa peinture de visage, il avait cette application que l’on retrouve chez ceux pratiquant la calligraphie : pensant, visualisant leur geste patiemment pour en une fois l’exécuter avec brio.
Il avait rendez-vous ce soir avec son vieux compère. Son conpadre. Nikolaas. Il se devait d’exécuter son déguisement à la perfection, car il savait bien que celui de l’homme au nom imprononçable pour son pauvre petit accent serait d’une perfection sans borne, témoignant de la profondeur de son art.
Et il se devait d’être à la hauteur d’un si bel artiste. Il en allait de son honneur, de l’honneur de feu sa famille, mais surtout de son honneur tout de même.
Alors qu’il observait son androgyne reflets dans la glace, accrochant a ses oreilles percées une paire de grandes créoles, il ne put s’empêcher de sourire distraitement. Il n’avait jamais vraiment eu l’occasion de montrer ce petit talent à son ami, même après le temps passé ensemble.

Une paire de talons claquait dans le silence de la rue. Se balançaient vivement une paire de jambe en collant noirs, prenant grace aux escarpins une bonne dizaine de centimètres.
Livio n’avait pas de mal à marcher avec, perché comme il l’était. C’est là qu’il remerciait ses quelques talents d’acrobate.  Il soupira. Chaque pas, d’abord tremblant, hésitant se faisait de plus en plus assuré. Lentement il entrait dans son personnage.
Il n’était pas tout d’être maquillé, grimé en femme aussi habilement qu’il l’était. Depuis petit déjà il aimait se maquiller, s’habiller, se transformer. Aussi en grandissant s’était-il poussé plus loin encore dans cette folie qui était la sienne. Ne sachant plus vraiment au final si homme ou femme il était.
Pourtant il y avait des choses qu’une robe et un peu de maquillage ne pouvait point cacher. Mais ce qui finissait de tromper les gens, de les convaincre, c’était l’attitude. Pour se faire Livio lui même devait se convaincre d’être femme, agir comme une femme, penser comme une femme, contrôler chacun de ses gestes pour au final ne plus y penser. Les femmes étaient bien différentes des hommes. Leurs gestes étaient plus gracieux, plus délicats, leur souffles et les nuances de leurs humeurs plus abscons que celles des hommes.
Et lentement, plus il marchait dans la rue, plus il s’enfonçait dans son personnage, plus ses gestes étaient naturels, et plus sa démarche se faisait chaloupée.
Il avait quitté sa piaule en étant homme et avant de tourner au coin de la rue, il était devenue femme. Et personne n’aurait eu la verve d’en affirmer le contraire.
Il avait opté pour la simplicité, Une perruque de cheveux noirs comme sa couleur naturelle, une robe d’un bleu si foncé qu’il en paraissait noir, du khôl autour de ses mirettes pour en faire ressortir le bleu, du rouge aux lèvres pour éviter qu’elles soient trop fines, un col rond d’où sortaient ses clavicules sans pour autant descendre assez bas pour dévoiler la supercherie, pas de fausses poitrine trop exagérée pour éviter de sonner faux et pour simples bijoux une paire de créoles, son sempiternel gri-gri magique accroché au cou.
Mieux valait éviter trop d’excentricité pour ce qu’ils allaient faire ce soir.
Très sincèrement. Il se trouvait plutôt belle et en toute modestie, s’il n’avait pas été lui il se serait dragué sans vergogne ! Ah Livio, ou la modestie incarnée.

Il arriva à leur point de rendez-vous à l’heure et n’eut pas besoin de chercher longtemps pour retrouver son ami. Malgré leurs aptitudes de caméléon, l’un comme l’autre n’avaient eu aucun mal à déceler leur présence respective.
C’est tout sourire qu’il s’approcha de Nikolaas prêt à le saluer quand la réaction de celui-ci le cloua sur place. Le brun, enfin, la brune,  grimaça.
« Quoi ? Tu vas pas me dire qu’elle me grossit » lança-t-il parlant de sa robe et tournant sur lui-même pour s’observer.

Il fit la moue et se rapprocha de Nikolaas «  Aaah. Allez ne me dit pas que mon déguisement te déplait hein ? » Susurra-t-il faisant rouler les consonnes et chanter les voyelles avec son indéfinissable accent tout en posant un doigt sur le visage du brun, le faisant descendre de sa pommette jusqu’à la base de son cou avant de tirer avec application sur son col pour le remettre en place, un sourire aux lèvres.
Il le prit ensuite par le bras, pour marcher. « Tu vas pas me dire que deux types qui vont au casino ensemble ce n’est pas bizarre ? Ce qu’il faut c’est un homme avec une femme à son bras. Ça n’attire pas l’attention ça. » affirma-t-il en levant le menton.
Faisant claquer ses talons sur le sol, un sourire moqueur aux lèvres il lança au caméléon « Alors ? Qui sommes-nous ce soir ? D’où viens-t ’on ? Comment s’appelle-t-on ? Je te fais confiance tu me trouveras quelque chose de joli ahaha »  

Ils marchaient dans le soir déclinant, et bientôt les portes du casino se dressèrent devant eux. Et vous voulez savoir le plus drôle ? C’est que personne, oh non personne ne pouvait s’attendre à recevoir ce soir le duo le plus habile aux jeux de cartes de toute la nouvelle Orléans.
Ce soir le spectacle allait être grandiose, et ils en seraient les acteurs principaux.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Ven 24 Avr - 11:37

Partagé entre la surprise et le rire, Nikolaas fut achevé par le salut plus-féminin-tu-meurs de son ami. Livio ne possédait pas la moindre forme féminine, mais il fallait bien le connaître pour savoir qu'il s'agissait d'un homme sous cet accoutrement. Le pire se révélait dans le fait que le déguisement du caméléon demeurait tout, sauf excentrique, et c'était en réalité ce qui faisait son excentricité. Nikolaas remarqua d'un coup d’œil habile l'absence de prothèse, de bijoux ou de vêtements trop colorés. Avec ses longs cheveux synthétiques si bien coiffés et ce maquillage parfait, Livio passait clairement pour une demoiselle.

« Non, non. » se reprit-il tandis que son ami lui décrochait un frisson du bout de son doigt sur sa joue. « Elle te va très bien. Je dirais même que si tu avais eu un peu plus de cul nous aurions pu faire affaire intimement. »

Il lui adressa un clin d’œil avant d'adapter la position de son bras saisi par Livio qui marchait déjà en direction du casino, d'une marche chaloupée qu'il ne lui aurait jamais soupçonné. Nikolaas connaissait le talent de son ami pour le déguisement et le respectait sincèrement, mais le voir se grimer aussi facilement l'avait définitivement convaincu. Le chapardeur laissa échapper un rire lorsque Livio argumenta qu'un couple au casino se faisait moins remarquer que deux amis masculins ou féminins...ou plus qu'amis.

« Moi je crois qu'au contraire, on va l'attirer, l'attention. Mais ça me va très bien. »

La nécessité pour Niko de se sentir observé et admiré n'était plus à prouver. Les clients du casino écouteraient rapidement les babioles qu'ils débiteraient sur leur histoire et s'intéresseraient davantage à leur apparence, à ce qu'ils dégageraient par leur présence. En l’occurrence, Livio dégageait une force absolue, un petit quelque chose de puissant qui allait au delà de la féminité et qui résidait paradoxalement dans l’ambiguïté fascinante des formes de son corps. Le rire au coin des lèvres, Nikolaas se surprit à jeter de temps à autre des coups d’œil à cette créature ensorceleuse qui lui ferait l'honneur d'être sa femme pour la soirée.
Livio allait attirer tous les regards, c'était certain. Mais rien ni personne ne pourrait oser toucher sa...sa...tiens, c'est vrai, ça : comment s'appelleraient-ils, pour ce soir ? Livio venait de le soulever.

« Je ne sais pas, si tu avais été une femme, comment aurais-tu voulu t'appeler ? »

Il lui imaginait bien un prénom démesuré, comme son orgueil. Son sourire s'élargit et les battements de son cœur s'accélérèrent sous l'excitation. Ce petit jeu faisait partie de sa vie, et même s'il y jouait tous les jours, il ne s'en lassait pas. C'était changer de costume chaque jour, laisser derrière soi une ancienne peau et tous les problèmes qui y étaient reliés.

« Chanel. » déploya-t-il quelques secondes plus tard en accentuant la première syllabe et faisant rouler le « L » jusque dans les tréfonds de sa gorge. « Ca t'irait bien. C'est classe. Moderne. Et ça fait de toi quelqu'un d'unique. »

Le casino apparut bientôt dans la rue, brillant de mille feux, inratable, sa grande carcasse dominant toute la place. Un lieu de luxe, un lieu où se montrer, le parfait théâtre pour leurs jeux de la soirée. Ici les masques par milliers se reflétaient dans les pièces qui claquaient contre les comptoirs, contre les verres en cristal remplis de champagne.

« Nous venons de nulle part : restons évasifs là dessus, il faudra pouvoir disparaître dans la nature dès que l'enchantement sera rompu. Nous pourrions faire figure de ce petit couple de jeunes mariés qui se lasse déjà de la magie de l'union : nous avons chacun nos petites affaires, nous ne nous voyons jamais, notre couple se disloque et nous allons chercher la diversité et la flamme de notre amour dans un endroit qui vaille la peine de notre jeunesse dorée... »

Ils atteignirent bientôt l'entrée du casino et ses portes flamboyantes et lumineuses qui semblaient donner accès à un autre monde.

« ...à moins que tu ne choisisses de m'aimer éperdument ? »

Ponctuant cette interrogation d'un regard mystérieux, il lâcha le bras de la demoiselle pour saisir la lourde poignée de la porte et présenta son bras libre en direction de l'entrée.

« Si mademoiselle veut bien se donner la peine. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Ven 8 Mai - 13:16



Well, I'm not dumb but I can't understand
Why she walk like a woman and talk like a man
Oh my Lola, lo lo lo lo Lola, lo lo lo lo Lola



Il serrait ce bras autour duquel il avait passé le sien, l’entrainait d’un pas vif, de sa démarche féminine si longtemps répétée, si intégrée à son corps qu’elle en devenait naturelle. Livio avait toujours eu ce sentiment étrange de ne pas se sentir complet en tant qu’homme, ni en tant que femme d’ailleurs. Il avait cette facilité, cette inconsistance reliquat de ses questionnements, lui permettant de naviguer de l’un à l’autre. Tout était une histoire d’attitude, le tout n’était pas de ressembler à une femme, car ce qui faisait la féminité n’était les cheveux long, la robe ou les talons. Non c’était plus nuancé que cela, plus obscur. Il y avait le souffle, la présence, l’aura. Il ne fallait pas être dans l’imitation mais dans l’incarnation.
Et cette nuance si subtile, cette nuance si abstraite personne n’était en mesure de la comprendre. Personne sauf Nikolaas, pauvre fou. Du moins tout aussi fou que lui. Jouant à se confondre dans les masques jusqu’à se perdre pour de bon. Connaissant la douleur de l’inconsistance, de l’absence de regard. Connaissant l’horreur de se sentir transparent.

Le tsigane releva le menton aux paroles de son ami, laissant un sourire fou naitre sur ses lèvres tandis que ses faux cheveux tremblaient et bouclaient dans son cou. «  Chanel. »  Roucoula-t-il, faisant ronronner sa voix, savourant de détacher chaque syllabes de ce nouveau Patronyme qui serait le sien ce soir, comme l’avait à l’instant son acolyte. Il le passa au crible de son accent chantant et indescriptible, fit chuinter, glisser, vibrer voyelles et syllabes. Et a en juger par le visage qu’il affichait, le brun était ravis de ce nouveau Baptême.
Devant les portes du casino, il pouvait déjà en sentir l’effervescence : cette boite de pandore aux poignées dorée qu’ils s’apprêtaient à ouvrir n’était que le début de leur perte. De ce jeu malsain qu’ils avaient perfectionner l’un au contact de l’autre Un mensonge n’est que plus solide lorsqu’il est soutenu par deux épaules. Et c’est ce mensonge, leur masque de la soirée, ce discret loup de dentelle sombre autour de leur être qu’il écoutait attentivement.
Il regardait son ami, non, le dévorait des yeux s’imprégnant de son costume de la soirée, laissant son sourire s’agrandir à nouveau. Il se pencha vers lui, grâce à ses talons lui qui était d’habitude un homme de petite taille le dépassait de quelques millimètres.
Il laissa sa bouche colorée se suspendre à quelques centimètres de sa peau, presque prêt à l’effleurer, faisant courir son souffle sur sa peau tandis qu’il lui chantait à l’oreille de sa voix chaude et modulée pour l’occasion. «  Penses-tu que je sois une femme vertueuse cariño ? » Il sourit un instant et lança avant de se redresser « Mais tout n’est pas incompatible. »
Se redressant, il secoua la tête, recoiffant ses cheveux en caressant au passage l’homme à son bras, qui s’en détacha pour lui tenir la porte.
Livio avait toujours eu ce sentiment étrange avec Nikolaas : cette relation quasi incestueuse et entre sensualité, désire et platonisme.  Pour lui Nikolaas était un collègue estimé, un ami, un frère, un artiste hors du commun, une admiration, un reflet à lui-même. Leur relation ne se fondait que dans l’admiration qu’ils se vouaient l’un pour l’autre, et l’orgueil qu’ils plaçaient à se reconnaitre en chacun. Quand il trompait le monde avec le Néerlandais, il avait l’impression de se faire l’amour à lui-même. D’être confronté dans une luxure étrange avec un alter ego qui lui était trop semblable, une sorte de luxure qui prenait place dans leurs plus beaux forfaits, dans leurs créations, et dans ces peurs, ces angoisses cachées qu’ils savaient se comprendre.
Le tsigane s’approcha de l’entrée en faisant claquer ses talons, sourire aux lèvres devant tant de galanterie. Lorsque son ami ouvrit la porte, la chaleur, les bruits, l’agitation du Casino s’échappèrent d’entre les lourdes lattes en bois pour le prendre à la gorge, lui bloquer la respiration et lui mordre le visage.
Mais cette sensation brutale n’en était que plus grisante, elle était annonciatrice de ce qui allait venir…
Il passèrent portes et vestiaires, Livio ayant repris le bras de son mari de la soirée. Il passèrent les décors se rapprochant de leur but : La grande salle du casino : haut lieu d’effervescence.

Elle grouillait cette salle, comme une fourmilière. Elle était pleine à craquer de monde, de bonnes gens sur leurs 31, hommes et femmes largement parés de leurs richesses, engoncés dans leurs plus beaux costumes. C’était dans des endroits comme celui-ci qu’on ne se doutait point de la pauvreté du dehors, des lieux hors du temps dans lesquels Livio et Nikolaas n’était que des intrus masqués, parmi tant d’autres. Et les verres de champagnes cristallins et brillants, de s’entrechoquer, les boucles et collier de tinter aux oreilles des dames, les jetons de rouler dans le son sourd de leur chute sur les tapis. Un brouhaha, innommable et chaud, une moiteur folle qui venait les entourer.
Livio crispa instantanément sa prise sur le bras de Nikolaas, regardant fixement devant lui : la mâchoire serrée et les pupilles complètement dilatées, savourant le spectacle qui s’offraient à elles.
Il avait du mal à se contrôler, fébrile. Ravagé qu’il était par ses pulsions. Tant de bruits doux qui résonnaient à ses oreilles. Mais surtout, oh, pire que tout. : Toutes ces cartes, ces bijoux, ces objets brillants sous les milles lumières de la salle qui dansaient devant ses yeux et lui brulaient l’esprit au fer rouge, lui démangeaient les mains.
Il pris une grande inspiration, et desserra lentement ses mains sur la bras de son acolyte : Il se calmait. Tentait de le faire. Il construisait pas à pas son masque, pour qu’il soit parfait.
Il pivota la tête et s’offrit le luxe d’observer, de cueillir les quelques regards qui venaient de voir entrer ce drôle de couple. Le gitan frissonna avant de perdre son œillade un peu plus loin dans la salle.
Il repéra une table de poker, des hommes entourées de femmes pensant peut être étourdir leurs adversaire grâce à l’échancrure leur décolleté. Il y restait une place.
Dans un gloussement il la pointa du doigt «  Que dirais-tu mon amour de commencer par tester l’efficacité de notre masque ?  J’aime le poker, et tu sais que j’adore te voir manipuler les cartes sous leurs yeux… Les imbéciles. » Il se redressa et passa une main dans ses cheveux les rejetant en arrière faisant au passage tinter ses créoles. Son visage se parant d’un air de suffisance et d’espièglerie. «  Et puis... Il faut bien que j’aille relever le niveau de ces thons en décolleté qui se pressent autour de la table ! tssss… aucune classe. »


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Ven 8 Mai - 18:48

La simplicité avec laquelle Livio était passé de l'homme – quelque peu efféminé, certes – au plus beau concentré d’œstrogènes qu'il lui avait été donné de voir dans toute sa vie effara Nikolaas. Lui-même se savait confiant en ses capacités d'imitation mais jamais il n'avait eu l'occasion de tenter l'autre sexe. Et Livio ne le tentait pas : il le faisait. Avec une facilité désarmante, comme on change de chemise, comme on passe du rire aux larmes. Livio s'approcha de son oreille pour lui susurrer quelques mots d'un air entendu. Il s'écoula quelques secondes durant lesquelles Nikolaas crut que la créature en face de lui n'était pas humaine – non, il essayait de se convaincre qu'elle n'était pas réelle. Et en un sens elle ne l'était pas. Enfin si.
Diable, l’ambiguïté de la réalité et de la fiction qu'il connaissait pourtant si bien venait de le prendre dans ses filets, un comble !

Chanelivio pénétra dans le casino avant lui et laissa ses vêtements au vestiaire. Nikolaas fit de même, se délestant de cette veste qui n'avait au final été sienne que pour une dizaine de minutes. A peine s'était-il débarrassé de ses vêtements que son amour du soir s'était saisi à nouveau de son bras, pris soudain d'une possessivité qu'il ne sut attribuer ni à l'organe féminin ni à son ami. Sans se poser davantage de questions, il préféra sourire comme si tout était normal, car après tout, c'était sensé l'être. Ils paradèrent quelques secondes le temps d'atteindre la salle, la grande salle, l'enfer.

Le cœur de Nikolaas bondit dans sa poitrine et ses yeux valdinguèrent d'un bout à l'autre de la pièce comme deux balles rebondissantes mues par un sortilège. Monde. Femmes. Bijoux. Luxe. Fric. Fric. Fric. Le paradis des voleurs. Un grand sourire presque niais étira les lèvres du chapardeur qui se sentit comme un gamin pour qui Noël était arrivé avec six mois d'avance. Ses jambes flageolèrent, ses mains devinrent moites, ses bras s'engourdirent et ses yeux explosèrent de milliers de lumières. A côté de lui, Livio se cramponna comme pour ne pas défaillir ; Nikolaas crut qu'il allait le voir jouir sur place.

« Calme tes ovaires chérie ou tu vas devoir changer de culotte. » murmura-t-il d'un ton sarcastique.

Quelques regards se tournèrent vers eux ; il ne sut jamais si leur attention était due à sa plaisanterie salace, à leur swag incontesté ou simplement à leur arrivée. En constatant le monde qui se pressait déjà autour des tables de jeux, Nikolaas se sentit comme s'il était arrivé en retard à une réception très importante. Alors dans ce cas, n'attendons pas.
Livio semblait de cet avis. Il parut se détendre, imperceptiblement...pour rentrer définitivement dans les engrenages de son jeu terrible. Le tintement de ses créoles enroulées dans ses boucles brunes sonna en écho dans sa tête comme les cloches du début d'un combat. Nikolaas tressaillit à l'appellation que Chanel lui donna et laissa glisser sa main le long de ses reins pour presser délicatement une de ses fesses.

« Mais je t'en prie ma belle, allons donc leur montrer qui est le patron. Et cesse donc de montrer du doigt, on ne sait pas où il pourrait s'enfoncer. »

Il lui adressa un clin d’œil aguicheur avant de la lâcher et de s'avancer vers une des tables de jeu indiquées par la jeune femme. Elle s'étalait devant eux comme une grande arène, encore vide du sang rouge des cartes retournées. Nikolaas passa sa langue sur ses lèvres tandis qu'il y accompagnait Chanel. Les hommes se retournèrent, paraphrasés de leurs donzelles au décolleté vulgaire et aux quelques colliers qu'il subtiliserait tout à l'heure. La place vide semblait lui tendre les bras si bien qu'il n'attendit pas longtemps pour s'y glisser. Lorsqu'il sentit la chaleur du corps de Chanel derrière le sien, il lui fit délicatement signe de se pencher pour glisser quelque chose à son oreille.

« Je t'offre du spectacle ; si je gagne, je veux une récompense de taille. »

Bien sûr qu'il gagnerait.
Mais autant pimenter le jeu.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Dim 5 Juil - 17:07



Well, I'm not dumb but I can't understand
Why she walk like a woman and talk like a man
Oh my Lola, lo lo lo lo Lola, lo lo lo lo Lola



La main qui descend langoureusement dans son dos le fait frissonner.
Tout autour de lui est source d’exaltation, tant et si bien que son cœur semble douloureux de battre si fort. Il sent le pauvre palpitant s’échiner dans sa poitrine, trimer comme un dingue pour lancer a grand bouillons le sang dans ses veines avides.
Il regarde d’un air supérieur toutes les gourdes qui se pressent autour des tables, dans leurs carcans de soie ne mettant guère en valeur leur décolleté vulgaire. Les femmes étaient pour Livio des créatures magnifiques et complexes ( peut être regrettait-il par-là de ne pas en être une ? ), et il n’y avait gère plus horripilant pour que de les voir se trainer impavides, vulgaire, sans aucunes estimes pour elles-mêmes, s’objectisant ,pour ainsi dire, sous les lumières du casino.
La main glisse, glisse encore jusqu’à se poser sur son arrière train qu’il pince dans une caresse. La remarque vulgaire lui fait pincer les lèvres tandis qu’il lève son bras, un air moqueur pour donne une tape à l’arrière de ce crâne chauve ( pas si chauve, mais il aime à s’en moquer. ).

« Dis donc toi. Surveille tes grosses paluches » Il relève le menton et le regarde du coin de l’œil, faisant claquer sa langue entre ses dents « Oh ? D’après ce que tu disais tout à l’heure je n’avais pas assez de cul pour toi Mi alma. » siffle-t-il, mauvais et piquant.

Il pouffe, légèrement médisant, avant de suivre Nikolaas, alors que leur couple atypique et pourtant si bien assortit fend la salle. Il capte parfois un regard, une œillade, une jalousie cachée derrière un iris, ou bien une envie non dissimulé, peut être un dégout quelque fois, qui fait se tordre son ventre.
Quoi qu’il en soit ils arrivent bientôt près de la table convoitée et prennent place, imposant leur présence aux autres joueurs, Le Néerlandais lui fait signe de s’approcher. S’appuyant contre la chaise où son ami a posé son séant, Livio se penche et colle son torse contre son dos, dans leur discrète entrevue il scrute les regards mauvais et méfiant que leur lancent leurs adversaire. Ici, c’est la guerre.
Les mots de son ami le font sourire de toute ses dents, son visage ce fendant d’un arc de cercle pale autour de ses lèvres rouges. Il pose une main sur son crâne et fait jouer ses doigts dessus.

« Alors comme ça tu veux pimenter le jeu ? » Il tire son crane vers l’arrière pour l’approcher de lui, lentement, pour rapprocher sa bouche de son oreille « Alors. Je ne sais pas. Qu’est-ce que je pourrais bien t’offrir ? Ce que tu veux serais-je tenté de dire. »
Il fait la moue un instant, parce qu’il trouve cette demande de Nikolaas cruelle. Il remarque bien l’affection que lui porte son ainée, mais se sait incapable de lui donner ce qu’il attend en retour. Et cela le peine de lui causer du tourment, parce qu’après tout il l’aime à sa manière, même si sa manière est ainsi : pas celle que le Neerlandais voudrait.
Alors, eu moins peut-il lui offrir ce qu’il désire, ou au moins un petit peu ?
Il soupire et s’approche de lui, l’embrassant sur le coin des lèvres avant de se relever, de faire la moue et d’efface de ses doigts les traces carmins qu’il a laissé sur la commissure de lèvres de son vis-à-vis.
Il fouette l’air avec ses cheveux, et pose une main sur son épaule, la pressant légèrement.
Si Nikolaas est ce soir le combattant dans cette arène de casino, un autre combat tout aussi important se mène ailleurs, et c’est celui entre les femmes de la table. Bien idiot est celui qui croit qu’elles ne sont au potiche autour des hommes, oh non, elles sont atouts, elles sont as dans une manche.

Le croupier, d’un geste expert fait battre les cartes entre ses doigts, confrontant les carreaux aux piques, les dames aux rois, dans un ballet de rouge et de noir à en faire pâlir Stendal. Un autre frisson lui parcourt l’échine, se rependant du haut de son crane jusque dans sa main. Et il devine que son ami doit sentir la même exaltation monter en lui à l’entente de ce son. N’était-ce pas là le bruit de leur première rencontre ?
En tous les cas, il marque le début des hostilités pendant qu’il distribue les cartes, et que chaque homme est en mesure de saisir ces quelques rectangles de papier qui seront leur armes de ce soir.
Livio relève ses yeux bleus et les plantent dans ceux de l’homme qui leur fait face sur cette table ronde, et malgré ses lunettes, il sait, oh oui il sait que son regard fait mouche.
Voilà quel est son but. Il manipule les adversaires d’un regard, aussi simplement que cela, il retient l’attention pendant que Nikolaas se met à l’œuvre.
Tout bon magicien à besoin d’un assistante, et celle-ci a parfois autant d’importance que lui.



Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Dim 5 Juil - 20:23

« Qui ne fait aucun choix consent à se soumettre à ceux de l'autre. Veux-tu vraiment jouer à ça ? » chuchota Nikolaas, la tête légèrement en arrière dans l'étreinte de son amante.

Et soudain, la brûlure de ses lèvres à la commissure des siennes. Ce fut à son tour de le trouver cruel, cruel de le tenter ainsi d'une attirance sans profondeur, sachant que lui saura se défaire de son costume une fois les rideaux rabattus sur leur public tandis que le chapardeur gardera à tout jamais une part de ce rôle comme une facette supplémentaire taillée dans le diamant de son identité. L'instabilité se travaillait dans chaque miette laissée par le souvenir d'un nouveau personnage, pour former ce monstre insaisissable qu'il traînait dans les rues brûlantes de la Nouvelle Orléans. La tristesse banale de son état s'évapora avec les pigments du rouge à lèvres de Livio sur sa peau, pénétrant ses pores comme un alcool dans une blessure éternellement ouverte.

Bientôt le croupier battit les cartes et la vision de Nikolaas se troubla dans l'adrénaline d'une sensation bien connue alors que les couleurs s'arrachaient à ses souvenirs. Instinctivement, sa main libre, celle qui ne saisissait pas les armes jetées sur la pelouse du champ de bataille d'un vert irréel, remonta le long de son costume impeccablement taillé pour effleurer les doigts de sa princesse qui agrippaient à son épaule comme les serres d'un oiseau de mauvais augure. Le torse trop plat pour être féminin se collait légèrement à son dos comme une fondation attestant du fait que Nikolaas était sa propriété depuis toujours. Un léger sourire sur les lèvres, le chapardeur imaginait le regard de son comparse tenter de déstabiliser les hommes de guerre. Lorsque l'éventail masculin fut constitué pour chacun des  joueurs, les femmes agitèrent le leur autour de la table comme un signal. Oui, définitivement, cette scène avait des allures de déjà vu, et il se débrouillerait de ses talents pour qu'elle en ait davantage.

Malgré l'environnement sonnant et trébuchant de la table de jeu, les cinq joueurs semblaient plongés dans une bulle où seule la table et ses armes de sang et de goudron comptaient, posées les unes après les autres dans des combinaisons ravageuses et vengeresses. Nikolaas jouait de son regard, de sa gestuelle, même si le poker figurait parmi ses meilleurs atouts. Un à un, les joueurs passèrent, se couchèrent, tombèrent. Tempéré par la main imperturbable de sa Chanel sur son épaule, le chapardeur garda son calme olympien et sa maîtrise professionnelle. Une carte dissimulée par ici, une autre glissée par là avec la plus grande difficulté du monde, car toutes les femmes, même si elles n'y connaissaient rien, demeuraient de véritables tours de garde qu'il était ardu de tromper.
Finalement, il ne resta que deux adversaires que les joueurs tombés au combat regardaient s'affronter en fantômes silencieux. Dans la plus grande froideur, sans le moindre dialogue, Nikolaas lutta contre lui et la vipère qui enroulait ses bras autour de ses épaules de riche homme d'affaires. Soudain, l'homme déposa ses deux dernières cartes sur le tapis, indiquant qu'il se couchait. La main légèrement tremblante de Nikolaas suivit selon le même procédé. Un rire carnassier s'étira sur les lèvres de son adversaire.

« Je bluffais. »

Il retourna ses cartes et découvrit une paire de Roi sanglants. Nikolaas lui adressa un sourire désolé avant de retourner les siennes.

« Moi aussi. »

Et les deux dernières cartes posées comptant la fin de la partie, les deux As pointus ne laissaient aucun doute plâner.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Mer 22 Juil - 15:28



Well, I'm not dumb but I can't understand
Why she walk like a woman and talk like a man
Oh my Lola, lo lo lo lo Lola, lo lo lo lo Lola




« Moi aussi. »

L’injonction tomba dans le silence, ou plutôt dans cette l’absence de paroles de leur table alors qu’elle était noyée par l’effervescence du casino.
Le ton était équivoque, sans appel. assuré. Il fit frissonner le voleur dans son corps entier tandis qu’il resserrait l’étreinte de ses phalanges sur cette épaule. Bien sûr qu’il venait de gagner. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ces hommes derrière leurs vitres teintées, leurs verres soufflés, dans les bras de leurs potiches engoncées dans leurs robes hors de prix… Tous autant qu’ils étaient, tous riches et éduqué qu’ils étaient, ces gens de la haute se retrouvaient nu comme des vers face à eux. Face à ces deux rebut, ces deux parias qui brillaient autant qu’eux, si ce n’est mieux, dans leur environnement mondain.

Livio releva la tête et fit claquer ses boucles brunes dans l’air d’un mouvement vif avant de gratifier toutes les demoiselles de l’assemblée d’un regard circulaire. Son visage affichait un sourire satisfait et un air hautin qu’il savourait comme le plus fin des hydromels, tout en délaissant l’épaule de son poulain pour s’appuyer plus contre lui.
Et oh, oh mon dieu comme il savourait ces regards jaloux et envieux qu’elles lui lançaient. Comme il se complaisait de cette humeur lui étant adressée.

Sa bouche tintée de rouge vint une fois de plus se couler aux oreilles du Neerlandais pour lui susurrer quelques mots. Après tout, il l’avait divertis, il les avait fait briller comme jamais, dans ce simple coup d’éclat. Alors oui, il pouvait bien consentir à contenter son prétendant. S’il en avait l’envie bien sûr.
Si elle en avait l’envie.
Et sous ce déguisement qui le faisait se sentir femme, ou du moins perdu entre deux sexes, ses humeurs allaient et venaient, tournaient comme des girouettes sous le vent.

Le brun se redressa et laissa glisser sa main jusqu’au poignet du chapardeur, il lui laissa le temps de récupérer les fruits de son travail et de sa ruse avant de l’entrainer à sa suite au milieux de la foule.
Soudain, il lui revint en tête l’image de leur première rencontre. Il y a quelques années déjà. Ce moment était le même : Leurs corps fendant la foule compacte et chaude, sa main serrant avidement le poignet de son comparse, l’entrainant à sa suite dans cette jungle, dans cette moiteur. L’entrainant à se jeter plus corps et âmes dans leurs vices et leurs folies. Parce qu’après tout c’est ce qu’ils savaient faire le mieux.
Il l’entraina comme ça jusque dans les toilettes où il lui intima d’entrer, non sans bien sûr avoir vérifié que le lieu était vide, il n’avait pas très envie de se donner en spectacle a tout avouer.
Une fois à l’intérieur, il se retourna contre la porta et souleva un pan de sa robe pour dévoiler cacher dans son bas quelques outils éclectiques avec lesquelles il entrepris de fermer la porte de l’intérieur. Eh quoi ? il fallait bien se préparer à toutes éventualités : une porte ou une fenêtre à forcer en urgence, un coffre, une boite. Tout ce qui pouvait être une échappatoire potentiel comme le conteneur d’un trésor.
Une fois sa besogne faite il déposa le tout sur le bord d’un lavabo avec son sac à main, puis se retourna vers Nikolaas. Son regard se posa un instant sur le décor. Même les toilettes de ce casino transpiraient le luxe, le propre, l’aseptisé. Grandes ; une rangée de miroir et de lavabo faisaient face à des cabines. Ça manquait un peu de glamour à son gout de faire se dans des toilettes, aussi riches soient-elles, mais tant pis, après tout il avait promis…

Livio secoua à nouveau ses cheveux, puis s’avança d’une démarche chaloupée, féline vers son ami. Son facies fendu en un arc de cercle parfait laissait apercevoir le bout de ses dents en dessous de ses lèvres rouges, qui s’étirant, mutines, de part et d’autre de ses joues.
Maintenant assez proche, il laissa courir ses mains sur le torse enchemisé de son vis-à-vis. Mais avant qu’il ne put esquisser tout mouvement, il l’attrapa par le col et le poussa dans l’espace exigus d’une cabine de toilette, manquant de le faire buter contre la cuvette d’email blanc et agressif. Dans un rire, la vile créature qu’il était tomba à genoux devant lui et entrepris de faire glisser ses mains chapardeuses jusqu’à la ceinture de son pantalon, s’amusant de la facilité avec laquelle il pouvait la défaire.

« Il faut croire que tu l’as mérité, ta récompense. Tu sais que j’adoooore te voir jouer, comme tu les plumes bien… » et avant qu’il eut terminé sa phrase il avait déjà fini sa besogne avec les vêtement et, alors qu’il approchait sa bouche de ce bout de chaire il s’arrêta d’un coup, relevant la tête vers son possesseur, un sourire carnassier au visage.
« Oh, une dernière chose Cariño … » de là où il était, il pouvait certainement sentir son souffle chaud sur sa peau. « Evite de t’accrocher à mes cheveux d’accord ? C’est ma plus belle perruque et j’y tiens. » Lâcha-t-il avant de finalement le prendre en bouche.
On disait de Livio que sa seule force était sa langue. D’aucun n’aurait jamais eu aussi raison. Et il s’appliqua dans son ouvrage avec la même conscience que le vol. Prodiguant morsures et caresses. Mais, au damne de Nikolaas, Le tsigane était un être malicieux à l’image de ses gens qui peuplent les contes. Alors, il décida d’arrêter avant que l’autre n’ai pu ne serait-ce qu’atteindre une certaine libération. Un sourire content de lui aux lèvres il se releva, attrapa le rouleau de papier toilette accroché au mur et le lui refourgua entre les mains.

« Bon, je te laisse finir ça comme un grand hein ? » Lança-t-il avant de se dégager de l’espace exigus des toilette en riant.

Livio alla se poser devant les grandes glaces et grimaça en regardant son reflet : son maquillage avait coulé, une véritable horreur… Et il ne parlait même pas de ses lèvres qui étaient totalement à refaire. Il se tourna ensuite pour regarder le dos de sa robe, et remarqua exaspéré que la fermeture éclair avait glissé dans son dos, surement lors de leur passage dans la foule. Il tenta quelques contorsions idiotes pour essayer de la tirer mais n’arriva a rien. Sa langue claqua, mécontente, entre ses dents et il souffla d’exaspération tout en entreprenant de se remaquiller.

« Tu m’aide ? Enfin dès que tu as fini… Un espèce de goujat a dû dégrafer ma robe tout à l’heure dans la foule tsss. »

Dit-il à l’adresse de son compagnon, tandis qu’il ensanglantait une nouvelle fois ses lèvres du bout de son crayon.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\   Mer 22 Juil - 22:36

Le reste de la scène se déroula de manière surréaliste. Nikolaas n'eut pas le temps de prendre conscience des choses que les gains se matérialisèrent en face de lui sous la forme d'un petit tas de jetons qu'il enferma dans une petite bourse de velours dissimulée dans sa veste. Le partage se fera par la suite ; pour l'heure, Chanelivio semble avoir d'autres projets en tête. Ille lui saisit le poignet avant de l'entraîner dans la foule et soudain, pressé contre les corps dans une fuite indécente, le chapardeur se rappela lui aussi de leur première rencontre, escapade nocturne et jeux de cartes, à ceci près que Nikolaas était habillé beaucoup plus sobrement et que Livio n'était pas grimé en jeune femme. Peut-être que quelque part, le petit gitano avait toujours voulu être une demoiselle. Les yeux rivés sur les boucles brunes de son comparse, Nikolaas lui trouva de dos un charme tout particulièrement féminin ; le caractère androgyne de ses formes et de ses traits laissait éternellement planer le mystère sur son genre sexuel.

Une légère idée de la pensée de Livio germa dans l'esprit du chapardeur qui emboîta avec confiance le pas de sa comparse de la soirée, mais il préféra ne pas y songer. Cependant, quand ils pénétrèrent l'un après l'autre dans les toilettes luxueuses, son cœur s'accéléra. Livio était-elle si pudique que cela ? Il recula dans les larges toilettes, les reins posés contre la ligne des vasques tandis que Livio dégainait à la manière d'une demoiselle steampunk un attirail d'outils que Nikolaas identifia clairement comme étant nécessaire au crochetage d'une serrure. Celle de la porte des toilettes se soumit bientôt à ses désirs et Livio se retourna dans sa direction d'une démarche féline dont il ne l'aurait pas cru capable s'il avait seulement possédé une once de masculinité en cet instant. Avant même qu'il ne comprenne quoi que ce soit, le voilà poussé dans l’exiguïté de l'une des cabines. Il chercha naturellement les lèvres de son comparse – ce à quoi il s'attendait au départ, en vérité – mais il apparut que Livio prenait davantage au sérieux sa proposition. Sa tête disparut entre ses jambes dont il tira son membre.

Les entrailles de Nikolaas se serrèrent. Il regarda pendre un étage plus bas, l'arsenal de chair, les pans de la chemise, la boucle de la ceinture et les boucles irréelles de Chanelivio dans un étrange tableau de décadence. Son esprit se détacha de son corps lorsque la bouche de son comparse l'épousa. Il ne comprit absolument rien, lui qui ne connaissait rien au sexe. La sensation était étrange. Pas désagréable, pas spécialement agréable non plus. Incompréhensible surtout. Il resta là, les bras ballants, le sexe dans la bouche de son âme sœur artistique qui lui taillait un roman d'amour à coup de langue et de dents. Il se sentit frissonner. Mais surtout, il se sentit bizarre.
Lorsqu'il prit conscience de ce qu'il était en train de se passer, Livio s'était relevée, le maquillage dégueulant de ses yeux brillants et de sa bouche humide. Elle avait quitté la cabine, ne laissant comme adieu que ce rouleau de papier toilette qui à lui tout seul devait valoir plusieurs de ses repas maigres dont il se contentait.

Penaud, Nikolaas reposa l'objet à sa place et se contenta de rentrer sa chemise dans son pantalon, dans la ceinture duquel il bloqua ce début d'érection dont il ne comprenait pas le fonctionnement. Il s'extirpa calmement de la cabine, comme si rien ne s'était passé. Vacillant, ailleurs. Livio était naturellement entrain de se re-maquiller devant le miroir lorsqu'il saisit la fermeture de son corsage pour la remonter jusqu'en haut.

« Je ne savais pas que tu aimais les hommes. » répondit-il simplement.

On ne pouvait pas aimer les femmes quand on taillait une pipe de la sorte, c'était une certitude.
Revenir en haut Aller en bas
 

Les Liaisons Dangereuses [Livio] /!\

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» problème de message d'avertissement des zones dangereuses DEZL 560
» Mise à jour Nuvi 3790
» liaison GPS 62st à l'ordinateur
» Liaisons accordéon midjay plus et amplification
» [RESOLU] - Poids des fichiers + temps de transfert

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-