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 Breakin' the Waves [Myla]

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MessageSujet: Breakin' the Waves [Myla]   Sam 18 Avr 2015 - 11:37

2013

La tête de Nikolaas heurta le sol avec fracas tandis que le poids de son agresseur s'écrasait sur lui. Un coup, puis un autre dans le ventre. Son cœur battant dans sa poitrine, la jugulaire de l'autre à quelques centimètres et son visage toujours plongé dans l'obscurité. Il le tenait, il le tenait enfin. Et il n'avait qu'une envie, c'était lui bousiller la gueule, lui fracasser le crâne pour voir sa cervelle s'écraser sur le sol comme un gigot moisi. Nikolaas frappait, comme il n'avait jamais frappé. D'ordinaire il ne s'agissait pas d'un homme violent, mais lorsque la haine vous contaminait tel un poison, il était impossible de sortir de ses griffes tant que l'on n'avait pas trouvé l'antidote. On était alors condamné à œuvrer dans les bas retranchements de son âme humaine. Nikolaas fit basculer l'amas de leurs corps à son avantage au prix d'un effet considérable. Enfin le dos de son adversaire s'écrasa sur le sol. Dans un grognement de douleur, Nick leva le poing. Profitant d'un instant d'inattention, il saisit le bord de la cagoule qui recouvrait le visage de son agresseur et la souleva d'un seul coup. Ce qu'il vit le stupéfia. Il buga suffisamment longtemps pour perdre son avantage et rencontra le mur de pierre dans un craquement de souffrance. Se redressant, le souffle court, il tendit la main en avant.

« Mais c'est pas toi...

-Quoi, moi ? » répondit l'autre en projetant son poing en avant.

Nikolaas évita l'attaque et le poing s'écrasa douloureusement contre la pierre. Dans un hurlement de douleur, l'autre retira son bras et le laissa pendre mollement. Le chapardeur recula de plusieurs pas, regardant l'autre sous tous les angles. Comment avait-il pu foncer tête baissée ?! Ce n'était absolument pas lui ? Comment était-il possible de se tromper comme ça ? Quel imbécile.

« Tu n'es pas Maarten.
Déclara-t-il.

-Bien sûr que non, qu'est-ce que ça peut te foutre ? Ragea l'autre d'une voix brisée par la douleur.

-J'ai plus rien à faire ici. Oublie-moi. Désolé. »
répondit Nikolaas.

Avant que l'autre n'ait pu réagir, Nikolaas tourna les talons et disparut dans la nuit avec une rapidité fulgurante.

Les informations de Kyran avaient pourtant été claires comme de l'eau de roche. Il semblait sérieux, n'avait pas de doute, pas d'erreur possible. Nikolaas s'était trompé. Une fois de plus. Une fois de trop. Tout son corps meurtri criait de douleur, lui balançant des reproches spasmodiques à chaque pas, chaque mouvement d’œil, chaque respiration. Sa salive avait le goût acre du sang. Ses entrailles serrées lui demandaient le répit de vomir. Sa vue troublée quémandait le sommeil. Soudain, pour une raison inconnue, le froid le frappa. Le froid de la déception. Le froid de la colère. Et surtout, le froid de la solitude.
Cela faisait treize ans aujourd'hui. Treize ans que sa sœur était morte, tuée des mains de son frère. Cet homme en qui il avait placé tous ses espoirs, toute sa confiance. Qui s'était finalement volatilisé sans donner de nouvelles.

L'espoir s'était brisé comme le corps de Nikolaas sous les coups d'un homme qui n'avait rien à faire dans l'histoire. Longeant la rue quasiment déserte, une main sur le mur crépi qui lui écorchait la paume, Nikolaas pénétra dans le premier bar venu comme une épave. Quelques regards se tournèrent vers lui, le fixèrent deux secondes, avant que leurs propriétaires ne retournent à leurs petites affaires, comme si de rien n'était. Nikolaas tituba sans grâce jusqu'au bar avant de se hisser douloureusement sur un tabouret. S'accoudant au zinc, il passa une main sur son visage.

« Ca va aller m'sieur ? » Lui demanda le barman.

Nikolaas acquiesça. Il lui sembla que ses vertèbres pesaient des tonnes.

« Qu'est-ce que je vous sers ? » demanda l'autre sans poser davantage de questions.

L'intéressé leva les yeux sur lui, des yeux remplis à la fois d'une gratitude et d'une tristesse infinies.

« Quelque chose qui réchauffe le cœur. » répondit-il d'une voix brisée.
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MessageSujet: Re: Breakin' the Waves [Myla]   Mer 22 Avr 2015 - 3:10

Encore une dispute. Encore une. La porte qui claque violemment et quelques magnifiques paroles. " Va te faire foutre, va voir tes p#tes." Ça c'est fait, la jalousie a encore prit le dessus et plutôt que de se faire du mal, plutôt que d’utiliser le pouvoir de la créatrice, la porte de l'appartement se referme dans un grand fracas. Mes pieds partent à une allure démentielle, trop rapidement pour mes petites jambes qui ont du mal à suivre sans se mettre à courir. Partir loin, s'exiler, disparaître et d'un certain côté lui faire du mal de par mon absence, de par les idées qu'il va se faire dans sa pauvre petite tête de chien. C'est bientôt la pleine lune et tant pis pour lui il la vivra seul. J'avance frénétiquement tout en shootant de temps à autre les déchets qui se trouvent sur mon passage, pour me défouler et m’empêcher de revenir en arrière pour lui faire subir le même sort... Mais mille fois pire. Bordel, je le hais autant que je l'aime. Il me dégoûte purement et simplement. Enfin ça c'est ce que je dis pour le moment, nous en reparlerons plus tard.

Sans réfléchir, au premier bar qui apparaît au coin de la rue, j'entre dedans. L'alcool pour oublier, l'alcool pour se retrouver, l'alcool pour faire des conneries qui viendront le blesser en plein cœur quand il les apprendra. Mes yeux lancent des éclairs à ceux qui osent me regarder, à ceux qui osent penser qu'une femme n'a rien à faire dans un univers d'hommes. Bande de machos. Sans grande délicatesse, je m’effondre sur la première chaise trouvée prés du bar. Juste à côté d'un homme qui semble tout aussi désespérer que moi vu la manière de se passer les mains sur le visage. Mes mains imitent les siennes et passent à leur tour sur mon visage, passent dans mes cheveux pour remettre plusieurs mèches derrière mes oreilles et finissent finalement leur course dans ma nuque. Tout en patientant pour que le barman ait fini de prendre la commande de l'autre à côté.  Quelque chose qui réchauffe le cœur. Attrapant l'occasion en plein vol, j'ajoute automatiquement. Deux, s'il vous plaît. Et mettez même la bouteille, ça vous évitera de revenir. Le ton de la soirée est donné, l'alcool jusqu’à plus soif. Mes yeux se posent sur l'homme assis à mes côtés, maintenant que je le regarde, il est dans un sale état. Moi c'est Cate. Mon dieu ce que j'aimerais changer de prénom pour pouvoir me nettoyer de toutes les fois où la langue de Maarten l'a susurré. J'aimerais changer de prénom pour changer de vie. J'aimerais simplement changer de prénom pour être quelqu'un d'autre. Tout en prononçant ces quelques mots ma main se tend dans sa direction, c'est très... professionnel en fait. C'est comme si l'avocate se présentait à un client. Enfin non, l'avocate aurait utilisé le terme de Maître Desmarais... c'est drôle non ? Avec cet intitulé on croit que je possède des marais. Même mon nom de famille est à chier, pardon papa.

Rapidement le barman nous apporte nos consommations. Mes doigts saisissent directement le verre d'alcool pour le vider d'un seul trait, sans même en ressentir ni le goût, ni la brûlure tant ma gorge est habituée à ce genre de traitement. Tout mon être ressent immédiatement une sensation de soulagement, de bien-être. La colère s'envole pour laisser place au bien fait de la boisson. Mes yeux se ferment comme on pourrait le faire face au soleil, face à la chaleur de celui-ci. Un grand bol d'air entre dans mes poumons au moment même où mon regard se reporte sur la personne à mes côtés. Vous avez besoin d'un coup de main peut-être?... Une avocate ou bien.... des talents de soigneurs ? Il ferait bien mieux d'accepter maintenant parce que ce n'est pas certaine qu'une fois l'esprit embrumé mes "dons" auront encore un quelconque effet sur quoi que ce soit... outre le don de raconter des conneries bien sûr. 
lumos maxima
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MessageSujet: Re: Breakin' the Waves [Myla]   Ven 24 Avr 2015 - 12:34

Aussi étonnant que cela puisse paraître, quelqu'un se glissa à ses côtés, lourdement. Nikolaas entendit distinctement des mains frotter contre un visage et se perdre dans des cheveux longs. Un parfum qui n'avait rien de celui d'un homme pénétra dans ses narines, et il ne s'agissait pas d'alcool. Il tourna la tête, surpris que quelqu'un s'installe aussi proche d'un homme complètement décalqué, pour découvrir une jeune femme qui devait avoir sensiblement le même âge que lui. Ses traits tirés et son teint témoignaient d'une mauvaise humeur et d'une contrariété poussée. Il pouvait presque sentir la vibration dans ses mouvements qui rappelait une certaine colère. Se laissant aller à la contemplation de l'inconnue pour se distraire de ses propres pensées tristes, il ne remarqua pas qu'elle commandait la même chose que lui. Leurs regards se rencontrèrent alors. Nikolaas se sentit foudroyé par le regard de la demoiselle.

Il en détailla tous les spectres, toutes les lucioles, toutes les nuances. Il y découvrit quelque chose de profond qu'il ne put clairement qualifier. Le marron de ses yeux s'étirait en de fines épines dorées qui lui rappelaient les tiges des épis de blés. Les lueurs palpitaient, traversant en rayons toute l'étendue de ses iris jusqu'à plonger dans l'orifice sans fond de la pupille, où Nikolaas se perdit quelques instants sans réellement en prendre conscience.
La jeune femme le tira de sa contemplation en lui présentant sa main et son prénom. Le chapardeur, étonné qu'on prodigue ce geste en face de lui alors qu'il était dépourvu de costume, tendit bêtement la sienne et ses doigts effleurèrent ceux de la dénommée Cate tandis qu'une bouteille d'alcool claquait contre le zinc, bientôt suivie par deux grands verres qui ne demandaient qu'à être vidés.

« Nick. » répondit simplement le caméléon avant de se tourner de nouveau vers le comptoir.

Cate saisit son propre verre et s'inclina sans grâce en arrière, avalant presque désespérément le liquide qui y était contenu. Bientôt la substance brûlante disparut dans sa bouche et la jeune femme se redressa, semblant satisfaite les yeux soudain fermés, comme si elle avait manqué d'air et qu'elle respirait à nouveau sans difficultés. Nikolaas entoura le verre de ses doigts et le saisit franchement avant d'y tremper les lèvres, puis de l'avaler cul sec à son tour. Le fond du verre claqua contre le zinc et son propriétaire leva de nouveau les yeux sur sa compagne de comptoir. Son regard avait changé, celui du chapardeur aussi. Comme si la longue gorgée qu'ils avaient avalée les avait lavés de leur colère, déguisé à nouveau en quelqu'un d'autre, comme un enchantement, juste pour ce soir.

Lorsque la demoiselle lui demanda s'il avait besoin de quelque chose, Nikolaas se demanda s'il ne s'agissait pas d'une caméra cachée. Depuis qu'il n'avait plus d'attaches, il n'avait pas l'habitude qu'on se soucie de lui. Malgré tout il devait avouer que cela n'avait rien de déplaisant.
L'évocation d'un avocat le fit tressaillir ; il en aurait eu bien besoin, treize ans auparavant. Mais pourquoi faire ? Pour dénoncer quelqu'un et se dénoncer lui-même juste derrière ? Mauvaise idée. Jamais il ne dénoncerait son frère, jamais il ne le trahirait. On ne tournait pas le dos à la famille, même si lui l'avait fait.

« Non, ça ira pour l'avocat...Mais si vous être soigneuse, je veux bien. Je ne crois pas que je serai capable de réparer seul tout ça. »

Il étira un faible sourire. L'alcool commençait déjà à panser fictivement ses blessures. Un œil au bord noir, une ou deux côtes douloureuses, une lèvre fendue, un bras dans un angle étrange et quelques bleus un peu partout le rendaient presque effrayant et dans tous les cas infréquentable. La jeune femme devait vraiment être mal de son côté pour s'asseoir naturellement à côté de lui : après tout on s'attirait les personnes se trouvant sur la même positivité ou négativité que nous, le hasard n'existait pas.

« Et vous, ça n'a pas l'air d'aller. » remarqua-t-il.
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