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 Mind in disturbia (.ft Ezra)

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MessageSujet: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Lun 20 Avr - 15:00

MIND IN DISTURBIA

feat Ezra S. Reilly & Aleksi S. Lenaïk
IT'S A THIEF IN THE NIGHT. TO COME AND GRAB YOU. IT CAN CREEP UP INSIDE YOU. AND CONSUME YOU. A DISEASE OF THE MIND. IT CAN CONTROL YOU. IT'S TOO CLOSE FOR COMFORT. WATCH OUT, YOU MIGHT JUST GO UNDER. YOUR TRAIN OF THOUGHT WILL BE ALTERED. SO IF YOU MUST FALTER BE WISE. IT'S LIKE THE DARKNESS IS THE LIGHT

La salle prend des airs de décor surréaliste. Le parquet étincèle sous la lueur des projecteurs, et le petit local devient fastueux. Les murs tapissés de miroirs étendent, étirent à l’infini la salle de danse et la jeune femme qui s’avance d’un pas gracieux et léger, son sac reposant sur son épaule délicate. Féline, elle dégage un charme fragile et tous ses gestes s’emplissent d’une grâce fascinante. Elle fascine la créature, celle qui la suit telle une ombre. Le cœur en lambeaux et la raison en déroute, l’ombre quitte e couvert des ténèbres et dans un geste qui trahit à lui seul toute la dextérité du fantôme, une main se plaque sur les lèvres rosées, et l’autre agrippe la gorge fine. Les muscles se tendent, sous ses doigts il sent les nerfs qui se crispent et les veines qui se gorgent de sang. Le cœur vibre sous la pulpe de ces phalanges mortifères. Les battements résonnent contre ses tympans. Le corps famélique se presse contre celui de la danseuse, et la faiblesse de l’agresseur se révèle être un leurre. Il n’a que l’apparence d’un parasite. Ce qui pulse sous sa peau est le souffle d’une puissance dangereuse. La force brute fuse sous la peau diaphane et dans une secousse, la malheureuse lui fait face. Les deux mains s’enroulent contre la gorge, serrent avec plus de force. Elle hoquète, et ses pupilles rétractées à l’extrême se posent contre celles de son agresseur. Dans le vert, elle ne perçoit rien. Seulement la froideur des éclats d’or qui parsèment l’étendue émeraude. La détermination fauve des variantes qui font briller les prunelles. Elles ont quelque chose de fascinant, et pendant un instant, elle se perd dans cet océan changeant. Elle se laisserait presque berner, mais le manque d’air dans sa poitrine pousse son corps à tressauter. La lutte s’est suspendue le temps d’un regard, mais elle reprend. Dans le souffle de la détresse, la jeune femme tend les bras, repousse l’agresseur avec une volonté tremblante. Tente d’agripper sa gorge pour le priver lui-aussi d’air, mais les tentatives se solde par un échec. Et par le bruit d’un corps qui se heurte contre le mur. Le sien. Il l’a repoussé comme une vulgaire poussière. Si violemment que son crâne est venu se briser contre le miroir derrière elle. La surface se pare d’écarlate, se fendille et le sang glisse contre son visage délicat. Les larmes brouillent sa vue et les lumières s’éteignent lorsqu’une main se tend vers elle.

La main fermement enroulée autour des cheveux, l’ombre tire et l’inconsciente laisse une traînée écarlate sur le parquet. Dans son sillage, il change la mise en scène. Etale tel un peintre la couleur de son œuvre sur le sol avant de laisser reposer le corps au milieu de la salle. Le parasite se redresse alors et laisse son regard ricocher contre les miroirs qui l’entourent. Sur chaque pan de mur, la scène se répète à l’infinie. Le décor se pare de rouge et c’est tout son être qui frissonne de délectation. Sur le visage angélique la quintessence du mal. Sous les projecteurs, la lame étincelle. Elle devient le pinceau de sa monstruosité, l’outil de son génie malade. La veste de la danseuse chute, lourdement sur le sol, dévoile un dos nu d’une maigreur sculpturale. Les muscles se devinent, les omoplates saillent sous la peau parsemée de grain de beauté. Fascine. Révulse. Il pose, doucement, sa main contre une épaule, plaque le corps au sol tandis que la pointe de la lame vient transpercer la nuque. Le sang glisse, s’écoule en fils carmin à mesure que l’entaille se prolonge le long des vertèbres jusqu’aux reins. Le murmure de la chair qui se déchire attise, excite les instincts fauves du meurtrier et ce sont des frissons de délice qui viennent meurtrir sa propre peau. L’épiderme s’écarte sous sa volonté, révèle os et muscles et c’est avec une précision chirurgicale que la lame se glisse entre les vertèbres et la côte. Elle joue avec l’articulation jusqu’à ce que l’ensemble cède dans un craquement sourd. La seconde se déboite avec la même facilité mais un tressaillement vient alors agiter la surface lisse du visage de l’assassin. Un gémissement, infime. Suivit par une plainte douloureuse qui déchire le silence. Il sursaute, la surprise s’apposant sur son visage. Il la croyait inconsciente, et pour la première fois, il vient de commettre une lourde erreur…


Le souffle en berne, le corps ankylosé, déchiré de toute part par des tremblements et l’angoisse au bord des lèvres. Le sang, partout. Sur ma langue, contre ma peau et mes vêtements. Sur ce corps que je tente de soutenir au mieux. Je navigue dans le brouillard, avançant d’un pas incertain. Guidé par la lumière qui m’éventre les rétines et m’oblige à plisser les yeux. J’ai le crâne en morceau, le cerveau déchiré par une intense migraine. Les phalanges engourdies et le cœur qui frappe à tout rompre contre ma peau. L’adrénaline, elle se couple à la panique. Sous sa forme la plus pure, elle me prend à la gorge et je frôle l’asphyxie lorsque la porte des urgences s’ouvre enfin. « - Quelqu’un… S’il vous plait. »  Ma voix s’étrangle, le son reste prisonnier dans ma trachée en lambeaux. Et celle que je soutiens glisse contre mon flanc, ses doigts faiblissent et lâchent lentement le col de ma veste. Le flot de sang contre sa tempe ne s’arrête pas, et cela m’effraie. J’ignore que la blessure sur son front n’est en rien la cause de son état. J’ignore que sous la veste, l’horreur la déchire à chaque mouvement. Ereinté, je m’appuie contre le mur le plus proche, une main écarlate venant salir la blancheur immaculée qui règne dans le hall vide. L’heure tardive peut être. Je réitère mon appel. Mes jambes tremblent et menacent de se rompre sous mon propre poids. La migraine s’intensifie, se mue en de violents éclairs de douleur qui me brouille la vue. Quelqu’un….

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mer 22 Avr - 0:37

A l’ombre des fracas, les cancans spectraux se dissolvent. Mains charnues qu’on arrache aux portes ciselées par le drame, hurlements contenus par des réceptacles hermétiques, hémoglobine écoulée dans des canalisations rouillées. Cette barbare dérive n’a peut-être même pas existé. Elle se murmure entre deux couloirs, dans les angles morts, là où elle ne peut découvrir cette pudeur qui lui sied par convenance. La reconstruction a volé du temps à des employés que personne n’a entraperçu. Les cadavres décollés de chaque paroi, les infestés éliminés sans le moindre écho balistique, les têtes ramassées, collectées et les bouches cousues par l’épouvante. Tout a été restitué dans le moindre détail, du crayon posé contre une pile de documents à étudier aux néons opales et diffus qui acculent la pupille de l’urgentiste jusqu’aux enfers névralgiques. Rien ne semble avoir été déplacé. Il n’y a que ces lueurs cocasses qui se décalent à intervalles irréguliers dans les prunelles qu’il faut croiser, que le vide des silhouettes égarées dans des fosses qu’on leur a réservées pour hanter des passages exigües. Les rebelles ont abattu leurs meilleures cartes mais le gouvernement ne désire pas l’ébruiter. Sa vengeance s’aligne dans les teintes mentholées du papier peint qui jasent près de l’escalier. Ça ne s’est jamais produit. Assister à cette normalité démesurée froisse les artères de l’infirmier, scission aortique qui se répète depuis l'incident. Il ne pleure aucun trépassé pourtant, il ne désole aucune perte, conscient d’avoir préservé la seule essence qu’il estimait au beau milieu du carnage. Mais le malaise ne cesse de s’allonger cependant quand ses pas couvrent la propreté des allées, distendent un peu plus le cauchemar dans lequel ils ont été propulsés. L’absence raisonne sûrement trop entre les murs relevés avec une précision frôlant la folie et le génie. Peu de patients ont pu s’évader, une bonne partie du personnel a réussi à fuir. Le reste n’est qu’un chiffre pour une statistique qu’on étouffe. Le climat vacille, les humeurs aussi. Tout le monde veut se souvenir en oubliant. Le choc se plaque toujours sur quelques faciès quand une réminiscence s’aventure dans un esprit vagabond et catapulte son porteur dans l’effroi, en dissociation totale avec l’environnement chirurgicale dans lequel il évolue impertinemment. Ezra ne fait pour une fois, pas exception.

Contre chaque dalle de ce carrelage immaculé, son crime pullule et cause des lésions à ses rétines habitées par le doute. Jusqu’à quelle extension s’est-il permis tous ses excès ? Il ne semble n’en être toujours pas revenu. La bête s’alimente des souvenirs, de la violence bâtie dans une fonction évanouie et réapparue pour la survie. L’adrénaline se gâche dans une enveloppe en lutte pour sa seule humanité. Plus il contient la créature, plus elle se satisfait de la décadence et débarque sans s’annoncer pour empoisonner des veines trompées par l’encre qui s’achemine perpétuellement. Ses réflexions perturbent la cadence de ses nuits, le sommeil s’en va, s’en vient dans une froide indifférence. Penser n’apporte aucune solution. Il est sans doute condamné depuis le début. Bien avant l’Amérique, bien avant Kitty. Le traquenard génétique se resserre de toute part. Appât pour les cendres, il demeure figé au centre de l’étau et il attend sans comprendre lui-même cette seule action. La lassitude le traîne dans les vestiaires délogés de toute activité comme dans la plupart des salles qui composent cette aile. La tranquillité prive les employés d’une tâche constructive depuis le drame. Une ironie qui coule sur ses traits crispés par l’harassement. Il s’allonge sur un banc sordide, laisse son bras traîner contre ses paupières déjà closes et compte aussi abusivement les secondes. La somnolence le déniche quelques minutes avant qu’un tic-tac rattrape des filaments de lucidité. Perché à sa mémoire fragmentée, il se refuse à Morphée et se redresse brutalement pour contrer l’afflux de questionnements qui l’accuse, l’abat et le proscrit.

Le norvégien quitte abruptement le confort de cette pièce vacante pour gagner la sortie. C’est à mi-chemin de ce dessein que ses tympans se buttent à des intonations qu’il reconnaît en deux battements aortiques imprécis. Ses jambes le portent jusqu’au théâtre de l’urgence. Il se jette littéralement sur le couple atypique pour délester son ami du poids de cette femme ensanglantée qui s'évanouit déjà au sol. Sa main se cale une demi-seconde contre le bras du hacker pour lui témoigner une amitié effilochée par sa récente traitrise. Les causes se délitent d’elle-même dans le devoir et la conscience le mène très vite à la conclusion. Tout en portant le corps décharné de la danseuse, il se tourne vers le silence « Ellie ? » Un regard nerveux en direction de son acolyte titubant et un second appel pour l’aide qu’il mérite, souhaite. « Ellie ! » Un médecin franchit bien le seuil d’une porte mais son identité est autre. Le nœud se resserre dans sa gorge. Un interne qui a été placé là par défaut, un de ceux qui n’ont jamais dû se battre contre un temps manquant. « Reilly, Wilson a quitté son service il y a… » Il se tait en observant la scène et pousse très rapidement une civière en direction de la gisante. Le scandinave la dépose prudemment sur la surface lisse tandis que son collègue s’empresse de la mener vers une des salles d’examen. Le vermeil ampute son torse, semble amplifier sa migraine latente mais il n’en perçoit rien. Il revient immédiatement vers le finlandais pour lui porter assistance. Ses mains roulent contre ses frêles épaules. « Aleksi, tu es blessé ? » Son impatience et la tétanie de son patient bousculent ses gestes. Ses doigts s’aplatissent contre les tempes du miraculé pour forcer son visage et regard à se tourner vers lui. L’homme en blouse blanche plus loin l’interpelle, il a besoin de lui pour sauver l'inconnue mais l’ancien métamorphe ne répond pas, il se concentre sur la seconde victime et réitère. « Tu m’entends ? Est-ce que tu es blessé ? » Voix plus rude, toujours instable pourtant. Ses yeux se figent dans les siens jusqu’à percer l’opacité qui semble s’y loger. La peur fait bourdonner de nouvelles pulsations erratiques dans la cage thoracique de Sven et semble chasser dans son ensemble, le démon pour lequel il n’a jamais souhaité se dévouer.

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Jeu 23 Avr - 21:33


italique = paroles en finlandais

Le brouillard s’épaissit. La lumière s’amoindrit. Je cille mais le voile qui me recouvre les pupilles refuse de disparaître. Mes doigts s’agrippent, raclent le mur, prenant le risque d’en abîmer le mur et d’en changer la couleur. Je ne ressens rien. Le poids qui pèse contre moi se fait de plume. L’air s’amoindrit, devient aussi rare que la raison qui sommeille au milieu des méandres qui tapissent mon crâne. La migraine est souveraine. Elle règne sur mon univers qui s‘effondre à chaque nouveau battement de cœur. Il n’y a rien à faire, l’état léthargique dans lequel je m’enlise perdure et s’accentue. Privé de la vue, je me retrouve à présent dépourvu d’ouïe. Les acouphènes n’étaient que de simples bourdonnements contre mes tympans. Ils se muent en d’importants bruissements qui régissent mon monde sensoriel et me coupent de la réalité. La peur vient s’ajouter à ces dérèglements. Elle se couche sur cet ensemble instable et rend le mélange encore plus redoutable. Elle me ronge, s’insinue dans la moindre fibre de mon être et c’est tout mon corps qui se brise sous les assauts. Pendant un instant, je ne sais plus où je me trouve. J’oublie tout. La mémoire s’efface, se rompt face à tout ce qui me tiraille. Le vide m’enlace, m’étreins et l’air manquant change mes poumons en masses d’acier. La douleur me cisaille la poitrine, crispe mes traits et je lâche ma prise. Réalisant enfin que le poids qui s’apposait contre mon flanc est en train de glisser. Disparaître à cause de ce relâchement nerveux. Des paroles viennent s’apposer sur le tonnerre qui roule entre mes tempes. J’en discerne le timbre, mais n’en saisit pas le sens. J’ai l’affreuse sensation que le monde s’exprime dans une langue qui m’est totalement étrangère. L’anglais sonne faux à mes oreilles, se change en des intonations et des respirations qui m’échappent. Les sourcils se froncent face à un tel désarroi. Et c’est tout mon être qui sursaute lorsqu’au milieu de ce champ de ruines, je perçois les notes familières de mon prénom. Il précède une question, je le sens, mais le vide perdure.

L’ombre qui se dresse à mes côtés me connait, c’est une évidence. Et ce simple constat ôte un infime poids de l’angoisse qui me broie le cœur. Il saigne, encore et toujours. Il se repend en un tas de fils écarlates contre mes entrailles. Un entrelacs fibreux qui se met à battre contre mon ventre. La douleur me crispe, à nouveau. Le spasme me dévore, et sans réfléchir, mes doigts à présent libres s’agrippent à l’épaule de l’homme qui se tient à côté de moi. Le poids sur mes épaules se fait plus lourd et vient ensuite accabler mon visage. Docile, je me laisse faire. Fixe le vide, cille à nouveau et un nuage de brouillard s’écroule de mes cils. Au milieu du néant se dessine alors un visage qui me semble familier. Hébété, un nouveau battement de cil et de cœur me sont nécessaire pour que les connexions se fassent. Pour que le tableau retrouve un semblant de clarté et un nom s’extirpe du magma noir qui me sert de mémoire. Ezra. Des frissons se déversent le long de mon échine, et ma gorge se noue. A l’angoisse pure, s’ajoute à présent la honte. Celle de mon départ précipité, de l’avoir laissé derrière sans lui offrir de plus amples explications. J’ai profité de son hospitalité pour jouer le rôle du gamin égoïste sans le moindre savoir-vivre. Chose qu’il ne mérite absolument pas. De pion, le frère prodigue est devenu un ami. Une présence qui me réconforte, qui s’efforce de me sortir des ténèbres dans lesquelles je m’enlise à chaque pas. Je me perds alors dans les nuances singulières qui façonnent ses pupilles.

« - Je n’ai rien. » Les mots s’extirpent avec difficulté de ma gorge asséchée. Et pas dans la langue d’usage ici. Dans la perdition, je renoue avec mes origines. Laissent les notes rugueuses de cette langue venue des grands froids reprendre le dessus sur la distinction du flegme britannique. Je tente de chasser l’intruse dans un raclement de gorge, resserre ma prise autour de l’épaule d’Ezra. L’attitude se veut plus sûre, mais mes pupilles se dérobent. N’osent pas soutenir les siennes. « - Je n’ai rien. C’est elle qui… » Le rappel est douloureux. Je n’étais pas seul en arrivant ici. Le poids contre mon flanc. Dans un sursaut de conscience, les traits fragiles de la jeune femme reviennent s’apposer contre mes rétines. Les pupilles fatiguées se réfugient dans l’ombre un instant. Le monde vacille à nouveau, et je chancèle. Défaille et dans un soupir, mes paupières s’ouvrent à nouveau et fixe le sol tâché de sang. « - Aide là. C’est elle dont il faut s’occuper. » Ce n’est pas un ordre. Plus une supplique angoissée, murmurée avec une faiblesse qui me broie le cœur. Je me fais honte, m’enlise dans une attitude ridicule. La force de faire semblant me manque. La fatigue physique fuse dans mes veines et se change en une fatigue mentale. Les nerfs menacent de lâcher, et mes rétines s’engagent sur une voie dangereuse. Les yeux me brûlent, et la vue se trouble à nouveau. Mes mains tremblent, se fatiguent en venant se poser contre ma gorge. Elle me brûle. Me donne la sensation que d’autres doigts sont venus s’y agripper pour la marbrer de traînées bleutées. De griffures écarlates. Je m’oblige à croire que tout ceci n’est que le fruit de mon angoisse mais sous la pulpe de mes doigts, je sens. Les contours granuleux de la peau déchirée. « - Ezra… » Les mots se bloquent dans ma trachée. Je ne sais pas quoi dire. Il y a tant de choses qui se heurtent contre mon crâne. Qui rêvent de venir s'étendre dans le silence entre nous pour caresser ses tympans. Mais dans le désordre qui me dévore, je suis incapable de trouver un point de départ. L’origine de mon tourment actuel se meurt dans le néant. L’origine de cet autre tourment qui me tord le cœur elle, est d’une netteté qui m’aveugle.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Sam 25 Avr - 23:22

Le sadisme de l’impuissance avale la régularité de son pouls. Les morsures s’allongent contre l’aorte, corrompent le détachement professionnel et s’attellent à lancer de nouvelles ficelles mordorées vers le finlandais. Chemin d'Oz qu'il remonte, pauvre bûcheron en fer blanc qui se déniche un cœur à tous les détriments. Le sable recouvre ses souliers, le rouge ne s'écaille pas contre sa semelle mais se décline contre sa rétine appauvrie par l'anxiété. Entre ses doigts, les traits d'un ami se morcellent. Aleksi semble rendre des comptes à des spectres inconnus, se heurte à une multitude d'engeances à plusieurs milliers de kilomètres de ce lieu. Il lui faut mobiliser son regard, capter son attention d'un contact, d'un son. Déjà il traque son épiderme en quête de sinistres qu'il faudrait traiter immédiatement. Mais le hacker vacille, se rattrape à l'angle de sa carrure et détourne l'examen précaire de l'urgentiste. Ezra se retient de le pousser vers une chaise, il se refuse à secouer cette carcasse fébrile alors que son esprit peine déjà à rejoindre cette seule position fixe. La consonance nordique de ses premiers propos lui instille un peu plus de frisson à l'échine. Liquide glacé qui s’épanche entre ses vertèbres, condamne ses gestes aussi voracement pour les déliter en de sombres mécanismes rigides. Le givre froisse l'azur, admet une similarité qui trouble l'urgence. Il chasse le froid en remuant, en l'amenant devant ses iris bousculées par la tragédie encore incomprise. Ses prunelles à lui le fuient inlassablement, pour se réfugier vers d'autres points imprécis. La décharge qu'il lui présente est mise en doute par le collier violacé qui souligne sa nuque et brise définitivement la respiration erratique du norvégien. L'infirmier n'a pas le temps de s'y attarder, son patient glisse littéralement entre ses mains. Il le soutient abruptement, un bras contre le sien, l'autre autour de ses épaules. Il ignore les injonctions de son collègue, il nie même la supplique alliée en piochant la terreur de son comparse avant d'embraser la situation dans son ensemble.

Le scandinave resserre sa prise sur la frêle silhouette de son acolyte alors que sa fausse identité est scandée de deux côtés, provenant de deux gorges différentes. Deux intonations qui s'opposent et aspirent sa seule essence. La lutte pour l'une, le désespoir pour l'autre. Il sait que seul le combat peut être remporté mais il ne voit pas pourquoi il serait plus pertinent de pas porter assistance aux survivants. L'ancien changeur s'arme de son sang froid pour calmer les bruissements que le drame tisse. Il tait et toise le vermeil pourchassant les pas de l'informaticien pour recouvrir l'atmosphère d'une envolée de syllabes invitant la douceur, l'apaisement dans sa plus simple composition. « Ça va aller mais il faut que tu t'allonges, d'accord ? Je vais aller l'aider juste après, je te le promets. » A ses mots, il guide le blessé jusqu'à la salle où son coéquipier se débat semble-t-il avec la jeune femme. Troquant le réconfort de sa voix pour ce ton inflexible qui abat la quiétude relative, il répond à l'énième appel du toubib. « Oui, j'arrive ! Deux secondes ! » Sa langue rejoint ses quenottes pour ne pas ajouter de sa hargne à la sémantique. La pression s'accentue de seconde en seconde alors qu'il force l'autre homme à s'asseoir sur la table d'examen avant de tirer le rideau qui le sépare de l'autre victime. « Je dois encore t'ausculter. Tu ne bouges pas, ok ? » Sa main glisse sur son épaule, marquant son soutien brièvement par ce biais. Les circonstances extérieures, les événements antérieurs, tout ça se perd dans l'inquiétude. Un dernier regard et il revête son habituelle indifférence brutalement avant de franchir la tenture qui le sépare de l'autre cas.

Le docteur agite nerveusement les mains en direction des ustensiles qu'il ne peut atteindre. Le jeune homme attrape méthodiquement ce qu'il réclame et lui tend avant de se pencher sur le corps échoué contre le papier maculé du crime. Les cas se multiplient, la couleur se sème dans une constance terrifiante, les degrés de gravité se bousculent. C'est son quotidien. Il n'y a plus rien qui impressionne l'ancien peacekeeper, habitué à la violence dans son acte et désormais à son résultat. Mais devant ce massacre, devant son lien tangible avec cette autre personne qui hante l'autre côté de cette pièce, il reste interdit. Son supérieur croit bon d'annoter de quelques mots les lésions de la gisante. Sa sueur grignote presque l'épiderme d 'Ezra tandis qu'il se penche pour répandre des murmures empressés. « Elle a dû se faire découper par un malade, regarde-moi ça ! » Il décide de faire abstraction des circonstances, repousse les analyses et ne tente pas de dresser des hypothèses. Il se concentre sur la tâche mais le spécialiste reprend pourtant. « On ne pourra rien faire pour elle... » Comme s'il amorçait la malédiction, attirait la malchance sur ce buste dénudé, la machine s'affole. Le palpitant lâche sa propriétaire. Déjà, la décharge. Il ne sait même plus quelles mains se sont emparées du défibrillateur. Le corps se convulse alors que la foudre broie la poitrine. L'hémoglobine s'absente continuellement de l'enveloppe, pressée d'empiéter un territoire méconnu. C'est sûrement déjà perdu, il a raison. Mais ils s'élancent tous deux dans une démente obstination. Les mouvements se saccadent, s'enchaînent dans une frénésie quasiment conflictuelle. La raison se heurte à l'action qu'ils mènent en chœur perpétuellement. Mais elle s'échappe. La faucheuse souffle contre leurs nuques respectives et reprend les lueurs inscrites sur la pupille de la défunte. L'échec alterne les échanges entre les deux employés, succincts, brouillons. Le trépas reste banalisé ici. On appose froidement une heure, un jour et on numérote le cadavre pour oublier ensuite l'incident. Cependant, dans l'instant qui suit, durant ces quelques secondes qui les séparent de la routine, de la procédure impersonnelle, la honte se maintient. Il en profite pour échapper à l'inhumanité qui les talonnera sous peu en rejoignant son ami. La compassion roule avec incertitude sur son faciès tandis qu'il délie sans plus d'explications « Je suis désolé, Aleksi. »

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mar 28 Avr - 21:12


Le coton s’agglutine dans mes membres. Un froid assassin me ronge les doigts et remonte le long de mes bras pour menacer de geler le cœur. Il bat pourtant. A une allure frénétique. Si fort contre mes côtes que je redoute de les voir tomber en poussière. Je m’enlise dans la docilité. N’aie d’autre choix que de me laisser guider dans cet univers qui m’indispose et accentue les frissons qui me grignotent le corps. Les doigts d’Ezra contre ma peau la réchauffent. Je sens la chaleur qui se dissipe de sa paume à travers le tissu. Le signe que la mort est en train de s’éloigner. Mes dents claquent dans un réflexe incontrôlé. Je perds le contrôle de ma propre enveloppe, agit sans en avoir seulement conscience. Il n’est pas seul, une autre présence vient s’ajouter dans le monde brumeux qui m’entoure. J’en perçois la voix. Elle résonne contre mon crâne. Presque aussi fortement que celle de mon homologue. Les vibrations se répercutent contre l’os, encore et encore. Jusqu’à me donner l’horrible sensation qu’une scie est en train de faire des allers-retours entre mes tempes. Le crâne en deux, le cœur en sang et la respiration en berne. Je suis, en cet instant, le tableau parfait de la déchéance humaine. En pleine perdition, prisonnier de démons que je ne parviens pas à faire disparaître. Je m’oblige à ne pas poser mon regard sur la jeune femme lorsque je passe devant. M’oblige à rester seul dans mon délire pour ne pas sombrer plus avant. L’assise me paraît bancale. Intangible. Mes doigts s’y agrippent pourtant, avec force, jusqu’à en faire blanchir les articulations. La pâleur jure avec le sang. Il parsème la peau de tâches ignobles et lorsque je cille, je réalise que ces traces sont ancrées à mes rétines, et non sur ma peau. L’écarlate voile mes pupilles, teinte la salle d’examen d’un rouge qui me donne la nausée. J’en ai le goût sur la langue, du fer en fusion contre mon palais. L’ensemble indispose et dérange mes pauvres entrailles qui se tordent, se crispent dans des spasmes réguliers et douloureux.

Je hoche lentement la tête. Une maigre réponse face à la question que vient de me poser l’urgentiste. L’apathie se brise pourtant. Dans un sursaut, le corps se lance en avant et les phalanges fatiguées agrippent le bras avant qu’il ne soit trop loin. « - Empêche ça. Ne la laisse pas… Elle ne doit pas… » Les mots s’étranglent dans ma gorge. Se brisent contre mes dents et la fatigue revient. Je le lâche, mon bras revenant se perdre mollement contre le papier recouvrant mon siège. Je me retrouve alors à fixer le vide. La tenture qui m’isole et me sépare du reste du monde réel. Les paroles me parviennent, elles se noient au milieu des bourdonnements qui emplissent mes oreilles. Je tremble, des doigts de glace caressant mon échine. Mes propres phalanges viennent agripper ma veste, dans un effort vain pour garder un peu de chaleur. Le parasite se replie sur lui-même face au danger. Il s’enlise dans son propre enfer et oublie le reste. Combien de temps avant qu’Ezra ne revienne ? Je n’en sais rien. Sa voix me fait sursauter. Encore une fois. Perdu dans les méandres du chaos qui se sème dans mon cerveau, la présence soudaine à mes côtés m’effraie. Et les mots sonnent comme le glas. Je m’en veux. Affreusement.  « - J’aurais dû faire mieux. J’aurais dû l’empêcher de lui faire mal. » Quelque part dans le timbre éreinté se distille les notes de la peine. Elle me broie le cœur et me déchire les poumons. « - C’est de ma faute. Je n’aurais pas dû hésiter à l’amener ici. Je ne savais pas quoi faire… » Je secoue nerveusement la tête sans oser poser mon regard sur Ezra. Les hôpitaux me dérangent. M’effraient d’une certaine manière. Entre ces murs, je redoute que l’horreur de ma nature ne se devine. Qu’une osculation, même anodine, ne sème le doute dans le regard des médecins menant l’examen. Il partage la même tare que moi, je le sais, et pourtant cette angoisse est bien présente. Peut-être parce qu’un autre homme se trouve de l’autre côté du rideau. Peut-être parce que je me sens mal à l’aise face à Lui. Je baisse encore un peu plus le nez, contemple mes mains tremblantes avant de me mettre à triturer nerveusement mes doigts.

« - Elle n’avait rien pourtant. Je ne comprends pas. » Le murmure s’échoue contre mes genoux, s’écrase pitoyablement par terre. Une simple entaille sur le front. Les dommages étaient-ils invisibles ? Je ne parviens pas à effacer le doute. Persuadé que mon hésitation a causé la perte d’une innocente, j’ai l’affreuse impression d’être un meurtrier. D’avoir son sang sur les mains. Littéralement. Ce doute s’enroule autour de ma gorge. J’en gémis de gêne, et me frotte nerveusement les mains dans l’espoir d’effacer ce sang que je suis le seul à voir. « - Je détruis tout. Absolument tout. » Le constat est affligeant, mais tellement réaliste. Un lourd soupir décharge mes poumons du peu d’air qu’ils contiennent, et une nouvelle vague de tremblements me brise les os. J’ignore quelle attitude adopter face à lui. L’indécision me tiraille et je ne parviens pas à me détacher de la contemplation ridicule du sol.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Dim 3 Mai - 14:02

Un rideau. Un unique morceau de textile grossier pour le séparer d’une insensibilité rendue pathologique par le passé, professionnelle par  les circonstances. Il ne suffit que d’un pas pour s’affranchir du caillou qui pèse dans sa poitrine, de ce roc qui s’écaille contre les rares amitiés brodées à cette époque. C’est devenu pourtant tellement simple de tisser l’indifférence pour répondre à la frustration quotidienne, à la névralgie mémorielle et à la cassure satanique. Ne plus devoir souffrir doit passer par lke détachement. Sans doute l’a-t-il voulu à ces extrêmes. Sûrement a-t-il consenti à endosser cette pelure, ce titre, ce rôle par écho au nom qu’il a abjuré pourtant. Il croit faire le bien en fractionnant le mal. Mais comment peut-on contenir autant de démons dans une seule enveloppe sans être submergé un jour ou l'autre. C’est un siège éternel, un combat sans avancée mais à la régression aisée. Il a fini par s’en apercevoir au contact des autres. D’Aleksi. Sa présence réveille les accotements chloroformés de sa personnalité. Ces chimériques illusions de candeur et d’optimisme s’associent à l’encre de ses yeux pour percer l’épaisseur des nuages qui poursuivent la silhouette frémissante du hacker. Mobiliser des émotions ne suffit pas et si la pluie doit tomber, alors il veut bien frissonner à ses côtés. Ezra s’avance dès qu’il parle, couvrant ses traits défaits d’une bienveillance qui n’appartient réellement pas à cette identité. Parfois, il se dit que son affection pour le finlandais trouve sa racine dans un autre mal, dans une autre absence et que ce seul homme maintient un lien abstrait, décharné et croqué par le temps, les choix entre lui et son aîné. Son propre égoïsme le déroute aussi vite. C’est grâce à ces songes empoisonnés qu’il se souvient alors enfin. Il n'appartient plus à cet autre, Sven n'est plus. Mais tout ça n’importe pas, les raisons et les conséquences ne l’empêchent pas d’éprouver une sincère empathie pour le scandinave désorienté.

L’infirmier s’approche prudemment, prolongeant son mutisme alors que son patient s’agite de plus en plus. Les similitudes dérangent toujours plus ce palpitant dévoreur de sang, d’air et d’énergie. Des reflets contre lesquels on serait venu cogner, des débris de glace sur lesquels ils marchent tous deux dévoilant l’ébène de leur hémoglobine respective. Des monstres qui se toisent de toute leur humanité, se blessent contre la mascarade et se retrouvent à mi-chemin pour constater les dégâts. L’urgentiste dépose sa main contre l’épaule de son interlocuteur, calmement. Il ne se voit pas lui avouer directement les découvertes faites sur le corps de la jeune femme. Il sait qu’il ne doit pas le bousculer. De son ténor posé et stable, il s’entend le rassurer. « Ce n’est pas ta faute. Tu as essayé de la sauver en l’amenant ici. Tu as fait ce que tu as pu. On ne réagit pas toujours de façon censée avec le choc. » Il remonte ses doigts jusqu’à la nuque du blessé et effleure le collier violacé qui soutient sa gorge, notant les griffures. Strangulation. L’ancien peacekeeper se retire le droit d’analyse et se contente d’atteindre l’évier pour humidifier un linge. Il l’apporte à son allié, l’appose même contre son cou avant de poursuivre son examen précaire. « Tu es sûr que tu n’as rien d’autre ? Pas de blessures ? D’autres hématomes ? » Il songe aux meurtrissures masquées de la trépassée et s’étonne de ne pas trouver sur cet autre chair, les stigmates d’une arme blanche. « Il faudrait peut-être avertir les autorités.  » Parasité par son passif dans les rangs du gouvernement, il s’écoute le presser par des questions. « Tu la connaissais ? Où vous êtes vous fait attaquer ? »  Et finit par se taire aussi abruptement, conscient de lui en demander de trop.

Entre deux silences pesants, son collègue passe sa tête et se joint aux réjouissances. « Besoin d’un coup de main ? » Le norvégien hoche négativement de la tête. Son acolyte croit bon de se tourner alors vers le survivant pour ajouter « Si vous connaissiez son identité, ça faciliterait la tâche… Je n’ai pas retrouvé ses papiers. »  Ezra désapprouve d’un froncement de sourcils mais garde ses commentaires pour lui. C’est logique qu’il cherche à savoir de toute façon. Son comparse accompagne ses mots d’un geste dans sa direction. D’un soupir, il offre la compresse à la victime et se redresse pour rejoindre son coéquipier. D’un murmure, ce dernier délie ses pensées. « Toute cette histoire est louche. On devrait appeler la police, non ? » Le jeune homme se renfrogne. « Attends un peu, il est trop choqué pour témoigner. »  Il a déjà compris ce que le médecin insinuait. Et il a déjà pris le parti de ne pas songer à cette seule hypothèse. De toute façon, il sait très bien au fond de lui qu’Aleksi n’aurait jamais été au centre d’un drame pareil. Impossible qu’il soit derrière ce crime. Il n’est que témoin d’une nouvelle tragédie. Au mauvais endroit, au mauvais moment, comme toujours. Le Destin fait preuve d’une ironie sans précédent avec lui. A croire qu’il le talonne pour lui nuire continuellement. Dépeint en martyr par défaut. Par facilité aussi.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Lun 4 Mai - 21:37

italique = paroles en norvégien

Le choc perdure et se répercute encore et encore contre ma peau. Il ne détruit de l’intérieur, ravage tout sur son passage et déchire les brides de raison qui tentent de s’accrocher à mon esprit.  Il se veut rassurant, mais rien n’y fait. Je me noie dans cet océan noir qui s’englue autour de ma gorge. Ce n’est pas le choc qui m’a empêché de réfléchir correctement. C’est la peur qui est venue s’y coupler qui a bridé mes gestes. La peur de cet endroit et de tout ce qu’il représente. Je me surprends à jeter un infime regard autour de moi. Contemplant enfin autre chose que le rideau bouchant mon champ de vision. Me séparant du cadavre qui repose à côté. Ils sont mon quotidien, ma compagnie et pourtant celui-ci me fait greloter d’angoisse. Je redoute tant de chose. J’ignore où est la source, mais quelque chose me dérange. Cette histoire a quelque chose d’affreusement perturbant. J’ai la douloureuse impression, qu’au milieu de ce néant qui m’envahis, il me manque une pièce. La flamme vacillant pour dissiper le brouillard et faire briller la lumière sur ce qui s’est passé. « - J’avais peur de venir… » L’aveu m’arrache la langue et le cœur. Mes phalanges se crispent contre mon siège d’infortune, je vacille légèrement et doit me faire violence pour rester assis. Le monde s’embrume, se brouille et redevient net dans un seul battement de cils. Des larmes. Leur présence contre mes paupières me fait froncer les sourcils. Pourquoi ? Les doigts qui me frôlent font courir un léger sursaut contre ma peau. Des frissons qui me tiraillent les reins. Dans un geste relevant de l’instinct pur, je m’écarte. L’éloignement est infime et se fige aussi rapidement qu’il est venu. Le froid du linge contre ma peau me fait soupirer, et mes paupières se ferment un instant. Ma gorge brûle. En dehors comme en dedans, le feu s’étend jusqu’à mes épaules.

« - Rien d’autre ? » La question me prend de cours et je pose un regard perplexe sur Ezra. Je ne comprends pas de suite ce qu’il espère. Puis réalise que les escarbilles ardentes autour de ma gorge doivent être la raison d’un tel questionnement. « - Oh… Non. Je ne pense pas. Je ne sais pas. » La réponse est aussi évasive et fragile que peut l’être ma voix. Elle se meurt sur la dernière lettre dans un soupir qui change ma langue en cendres. J’ai le goût du sang dans la bouche. Pourquoi ne l’ai-je pas remarqué avant ? Les tergiversations s’achèvent dans un hoquet de surprise. La réaction est immédiate. Je me fige, mes muscles se crispent jusqu’à en devenir douloureux. Et l’ombre d’un affolement vient se briser contre mes pupilles. « - Non ! Surtout pas. Ne fais pas ça. » Le souffle mort dans ma gorge, je me redresse et oblige ma main à venir agripper la manche de sa blouse. Le geste est suppliant. Et l’angoisse redouble de puissance. Quelque chose, savamment dissimulé sous ma peau, redoute la présence des autorités. Je navigue en plein brouillard c’est un fait, mais les autres. Eux. Ils arriveraient certainement à trouver leur route au milieu de ce voile gris. A recoller les morceaux d’un puzzle que je ne parviens pas à faire. Il me manque des pièces. C’est une évidence dont la seule origine me coupe le souffle. La mémoire défaillante, une rupture dans le système. La seule véritable explication à se vide qui s’étend dans mon cerveau. Et pourtant je refuse de l’accepter. Le déni est total, et j’en secoue la tête de mécontentement. Mes phalanges libèrent peu à peu le bras d’Ezra, et je me replonge dans la contemplation de mes pieds qui battent le vide. J’ouvre la bouche, la referme aussitôt, fronce les sourcils. Il m’est impossible de me souvenir du lieu de l’agression. De m’en souvenir correctement. Je vois de l’ombre, de la lumière. L’éclat flou d’un reflet qui se répète. Les images ne sont que désordre et me donnent la nausée. Un violent spasme me broie les entrailles juste au moment où le second urgentiste passe le rideau. « - Je… Je ne l’avais jamais vu. Je ne sais plus. » C’est un murmure fatigué qui m’échappe quand une partie de la vérité reste engoncée dans ma trachée.

Ils s’éloignent et au milieu du chaos qui met mes tympans hors d’usage, un mot se fraye un chemin. Police. La peur revient, et avec elle une colère sourde qui me surprend. Surtout pas. Mes pupilles vacillent le long de mes chaussures et s’attardent sur une tâche écarlate sur le tissu. Infime, ridicule, elle est là, triomphante au milieu d’une mare blanche. Du sang. Pas le mien, la couleur est bien trop vive pour m’appartenir. « - Ezra… Elle Le connaissait. C’est chez n… Chez Lui, que je l’ai déjà vu. » C’est un flash qui me traverse le crâne et accentue la migraine. Chez lui, ou avec lui, peu importe, le résultat est le même. Kyran est l’élément commun entre elle et moi. Le vent du doute plane au-dessus de ma tête en débris. Je me suis exprimé dans mon norvégien approximatif, ne voulant pas que l’autre sache. Il me dérange, une part de moi ne peut s’empêcher de le considérer comme une menace. « - C’est flou, j’ai du mal à me rappeler, mais je crois que c’était là. » Je me sens ridicule, à parler si bas. A ne pas pouvoir aligner plus de deux mots sans buter sur le suivant. La gorge sèche, comme ankylosée, j’ai la sensation qu’elle a été comprimé, tordue dans tous les sens jusqu’à en devenir douloureuse.

« - Je dois rentrer. Je ne devrais pas être là. Je n’aurais pas dû l’amener. » Quitter cet endroit devient une évidence. Trop de choses se pressent contre mon cœur en déroute. Trop de doutes et de questions sans réponse. Et avec elles, la sensation dérangeantes d’être le responsable de cette ignoble tragédie. Ce n’est pas la première fois que cette ombre m’effleure. A chaque nouveau cadavre qui arrive à la morgue dans cet état si caractéristique engendré par la folie du meurtrier à l’Aigle de sang, l’incertitude m’assaille. Mes pieds se posent sur le sol, mais dès que j’abandonne mon appui, mes jambes se muent en un assemblage branlant de guimauve et de coton. La chute me tend les bras, mais la raison, dans un ultime sursaut me pousse à me raccrocher au siège d’examen. Le tournis m’assaille et je me retrouve au point de départ. Le silence se pose entre nous, et de nouveau les questions se brisent contre mon front. « - Il n’y avait que l’entaille sur le front ? C’est ça qui a vraiment causé sa mort ? » Le ton se pare d’un professionnalisme qui m’étonne. Ma voix retrouvant un peu de stabilité alors que j’ose poser les yeux sur Ezra. Je me suspends à ses lèvres, mon cœur s’arrête et mes poumons suspendent leur travail dans l’attente de sa réponse. J’attends et pourtant, je sais déjà. Je sais, que l’horreur devait être présente sur ce pauvre corps.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mer 13 Mai - 2:11

Italique = paroles en norvégien

Les éléments se désagrègent avant même de réussir à s’assembler. Les dominos s’effleurent sans jamais basculer jusqu’à l’idée déconstruite dans sa vérité. Des pistes se perdent contre ses souliers, elles se délacent pour mieux s’incruster dans la pierre, s’éroder contre le temps qui file, qui échappe aux innocents et s’offre au coupable. Ce n’est pas son attribution pourtant. Sans doute aimerait-il l’oublier pour ne pas se rappeler sa propre incompétence actuelle, l’impuissance qui décime toute sa volonté. Soigner des plaies sans pouvoir les empêcher en premier lieu. Réparer les dégâts demande bien trop de retenue, bien trop peu d’amour propre. Un sacrifice nécessaire, agir sur les conséquences en ne pouvant participer activement à l’élimination des causes. L’illusion du bien se confond étrangement au doux arôme du mal qui piétine les vraisemblances rassemblées pour le massacre. Mais dans l’incohérence d’une tâche qu’il assassine par sa seule nature en prélevant la vie des gisants, il ne peut se permettre la désinvolture du regret. L’existence lui rit au nez, une fois de plus. Pas justicier, même pas soigneur, tout juste homme et encore. Comment arracher Aleksi à ce qui accoste son échine et s’échoue dans le tourment de ses iris aussi lamentablement ? Le norvégien s’abîme en remords et en enchaînements sans parvenir à déjouer les bruissements de l’injustice. Ils s’articulent contre ses phalanges tandis qu’il examine son patient et lui prodigue les premiers soins. La terreur du finlandais dépasse les frontières épidermiques pour atteindre sa gorge, il la matérialise si vivement qu’Ezra laisse le réconfort se démanteler dans le confort de son larynx asséché. Que répondre à cette peur ? Il la connait, la comprend. Des monstres au sang indicateur, comment ne pas vouloir fuir à toute hâte cet établissement ? L’ironie, à nouveau pour poindre contre son faciès, se muant en profonde compassion pourtant. Peu importe ce qu’il craint, il est bien venu pour tenter de la sauver.

L’inquiétude accroche ses traits tirés tandis que son comparse délite son ignorance sur sa propre santé. Pour l’infirmier qui abroge ses sentiments durant son service, il est difficile de ne pas sauter sur toutes les conclusions et d’éviter de virer à l’excès de l’anxiété. Sa rationalité le rattrape avant qu’il ne pousse le vice aux examens précis, au bilan complet. Peut-être plus tard s’il le juge nécessaire. Sa fragilité prolonge le choc et emprisonne l’urgentiste dans son simple constat oculaire. Il a l’impression d’attenter à son équilibre en le bousculant d’une quelconque façon. Sensation qui se confirme alors qu’il mentionne les autorités. Les doigts du hacker se referment sur sa manche, un appel qui surplombe le ciel en une trainée de filaments phosphorescents. Le jeune homme chasse le décor de ses paupières avant d’articuler un simple « D’accord. » qui s’accompagne de plusieurs questionnements. Il sait pourtant qu’il n’a pas confiance en la justice de ce gouvernement. Comment pourrait-il totalement le blâmer après avoir participé à ses inquisitions inhumaines ? Peu importe. La réponse suivante n’offre qu’un autre banc de brouillard à cette route déjà cabossée. La trajectoire se brise dans l’incertitude alors que son collègue achève son monologue. Les consonances nordiques remontent l’atmosphère et cette fois-ci, le sens ne lui échappe pas. Sven peine à recomposer son rôle dans ces conditions. Le médecin qui assiste à l'échange incomplet, se contente d'observer les protagonistes à tour de rôle alors que pour l'exilé, la sémantique supplante doucement sa seule appartenance au givre. Lui ? Qui ? La ponctuation fond et meurt sur ses lippes alors qu’il craint d’associer une identité au terrifiant pronom. Seulement trois lettres pour le fusiller. Livide, il se retourne pourtant vers son coéquipier et dans un ultime effort, respecte son jeu d’apparence. « Je vais m’en occuper. Si j’ai besoin, je t’appellerai. » L’autre homme hésite mais finit par repartir de l’autre côté du rideau sans le moindre mot.

Le scandinave s’avance en attrapant dans son avancée les envolées mélodiques suivantes. Son interlocuteur les balance dans l’air comme de vulgaires évidences. L’ancien peacekeeper n’a guère le temps de le contredire ou de mâcher ces révélations que son allié se redresse abruptement pour mieux glisser, les paumes au siège. Ezra enjambe la distance qui les sépare et l’oblige à s’asseoir correctement. Le mal à l’aise s’allonge jusqu'à ce que son acolyte en profite pour se glisser entre les silences, usant du langage qui fendille les artères du cadet des Hogan. Ce dernier se force à chasser tous les spectres qu’il fait poindre sur sa seule position en répondant dans le dialecte de sa renaissance. « Non, ce n’est pas la cause. On l'a mutilée à d'autres endroits. » A-t-il besoin d’en savoir plus ? Pourquoi lui dire de toute façon ? Ça ne changera rien. Pour lui, en tout cas. L’ancien métamorphe pose une main sur la table d’examen, dévie son regard du sien. Il ne peut pas nier plus longtemps les retombées nuisibles du nuage qu’il a amené dans cette seule pièce. Son ténor capitule en pleine fuite et se rend sans plus d’émoi. Il s’ajuste seulement aux sonorités et se dissout dans des murmures uniquement perceptibles pour l’intéressé. « C’est bien lui qui a provoqué ça ? C’est Kyran, le coupable ? » Ses mains tremblent, il contracte ses articulations jusqu’à les figer dans cette fureur qui se doit de remplacer la réelle appréhension. Quelque chose au fond de lui, ne peut se résoudre à l’envisager à ce point aliéné aux dérives sanguinaires que ce siècle a pu lui fournir. Et pourtant, il se sent obligé d’ajouter  « Il est capable de ça, pas vrai ? Il en est tout à fait capable. » La défaite et l’échec affaissent ses épaules alors qu’il recule pour reprendre ses esprits. L’écroulement se poursuit, la terre se déchire et les pierres s’amassent dans les interstices pour distendre chaque fissure. Sa paume glisse à l’endroit exact où sa main l’a cogné. Il ne le reconnait plus. Comme il ne se reconnait plus. Il avait raison, ils n’auraient jamais dû survivre aussi longtemps et perpétrer cet héritage léché à la violence.

Que faire si son frère est bien cet assassin ? Mais n’est-il pas lui-même un meurtrier ? Jamais il n'aurait fait ça, peu importe la raison. Il sait de toute manière de ce qu’il fera, il sent cette résolution grimper sa moelle épinière pour court-circuité sa froide rationalité.  Jamais, il ne pourra le vendre aux autorités. Jamais, il ne pourra souhaiter sa mort. Pas comme ça, pas en le trahissant malgré tout ce qu'il s'est passé. Ou surtout à cause de ce tout. Il écrase la sueur d’un geste enragé avant de tourner les talons vers le blessé. « Tu ne devrais pas te lever. Il faut que tu t’allonges, je devrais peut-être t’ausculter davantage d’ailleurs pour qu’on soit certains que tu n’aies rien d’autre. Tu n’as pas mal quelque part ? » Il se replace à ses côtés et laisse ses prunelles traquer les meurtrissures sur son cou. « C’est lui qui t’a ét…   Qui t’a fait ça ? » Les dernières syllabes se coincent, s’aiguisent sur les parois internes et s'infectent aussi vite. Ce geste aurait été provoqué par sa faute, son aveu qui devait couper court à la rancœur ? Sûrement. D’une façon ou d’une autre, il est responsable du comportement de son aîné. Par sa propre attitude, par ses propres mauvais choix et surtout par sa décision irrévocable de se préserver au détriment de tout. Même de sa santé mentale et de sa morale évanouie. Il aurait dû pouvoir arrêter ça. Il aurait dû pouvoir  faire quelque chose. Et dans son égoïsme, il s’étouffe en constatant que son épouvante se porte surtout sur l’avenir de son frère et non sur ses futures victimes. Qui d’eux est le plus atteint par ce mal  génétique ? Il n’en sait décidément plus rien.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Sam 16 Mai - 20:38


Comme conscients du danger de la situation, mon corps se fige. L’air suspend dans mes poumons, attend de pouvoir à nouveau se libérer et venir se perdre dans l’air emplissant la salle. L’odeur du sang me fait chavirer le cœur, et les relents de la mort m’effleurent la peau. Pour les côtoyer à longueur de journée, je suis devenu capable d’en déceler les variantes. D’user de ces sens qui n’ont plus grand-chose d’humain pour identifier les différents stades du trépas. Les frissons me lacèrent l’échine, vrillent mes entrailles et obligent mes phalanges à s’agripper avec encore plus de hargne contre mon appui de fortune. Trop de choses se secouent dans mon crâne. Trop d’éléments qui accentuent ma migraine et brouillent ma vision. Les pupilles se rétractent, se perdent au milieu des nuances de verts pour se figer sur la blancheur du sol. Ce qui s’était alors suspendu dans ma poitrine reprend son cours dans une saccade. Un seul soupir qui relâche à lui seul toute la pression emmagasinée sous ma peau lorsque l’autre se décide enfin à partir. Ses regards me dérangeaient. Porteur d’une suspicion déroutante. Et le doute de voir cet homme me considérer comme l’assassin de cette pauvre femme. L’assassin aurait-il seulement pris le temps d’emmener sa victime à l’hôpital pour qu’on la sauve ? J’en doute. Et ce doute s’appose sur mes traits, plisse mon front et me plonge dans un état d’intense réflexion. Et la réponse à ma question vient enfin se glisser contre mes tympans. Ce n’était pas la cause. Mes paupières se ferment, me dissimulent dans l’ombre pour ne pas avoir à affronter une réalité qui m’est douloureuse. Le cadavre terminera son existence sur cette maudite terre dans les tombes glacées de la morgue. Une crispation nerveuse me brise le cœur, et dans un nouveau soupir, je m’oblige à sortir de mon aveuglement de façade.  

« - Comme les autres. Il l’a détruite comme toutes les autres… Encore une. » Ce n’est qu’un pauvre murmure, qui s’extirpe avec difficulté de sur mes lèvres. La gorge sèche, parsemée de lames acérées, parler est une véritable torture. Qu’ils l’attrapent, ce monstre. Qu’ils mettent enfin à terme à cette horreur sans nom qui décime la ville. Je secoue la tête, en désaccord avec les paroles qui suivent. J’abandonne le norvégien, l’effort est trop important pour que la conversation ne soit naturelle. Et face à lui, mon niveau est si dérisoire qu’il en est risible. Il ne pourrait pas faire ça. Je m’échine à m’en convaincre, à m’accrocher à Ses paroles pour en faire une vérité qu’il m’est alors impossible à ignorer. « - Non. Ce n’est pas Lui. Il me l’a dit, l’autre fois à la morgue. Il ne peut pas faire ça. » L’échange se mue en murmure. En soupire, audible seulement pour des êtres comme nous. Le rideau nous dissimule de cet autre dont la seule présence me dérange et éveille un instinct qui me fait trembler d’angoisse. Mort, j’ai ce mot sur la langue. Ancré contre mes neurones, il m’obsède, m’enivre. L’amant de la mort, le partenaire de la destruction. Mes épaules s’affaissent et c’est toute ma piteuse silhouette qui se défait.

« - Pourquoi les tuerait-il alors qu’il… qu’elles sont ses… Qu’il… avec… » Les mots refusent de s’arracher de ma langue. C’est une certitude, mais je ne parviens pas à m’y faire. Elle me détruit de l’intérieur. Cette jalousie destructrice, incontrôlable. Je m’en veux, de m’enliser dans un tel bourbier pour Lui. « - Je les déteste… » La pensée se change en parole, en un souffle qui m’effleure les lèvres et meurt aussitôt. Une ombre froide s’appose sur mes traits, glace mes pupilles alors qu’elles s’abiment dans la contemplation du rideau face à moi. Son frère L’accable, avec une telle ardeur que cela me blesse. La mâchoire se crispe, les dents s’entrechoquent et je me sens obligé de reporter mon attention sur Ezra. « - Non, ce n’est pas lui. » L’évidence claque dans l’air et s’oppose à ses paroles assassines. Il a bien des torts, même cet aveuglement grotesque dans lequel il me plonge ne parvient pas à dissiper Ses charmants défauts. Mais de telles horreurs ? Sûrement pas.

« - J’ai le crâne qui va exploser. Une horrible migraine. Mais c’est normal, ça arrive souvent. Je t’assure, je n’ai rien. Mais si tu penses que tu dois… C’est ton boulot, tu sais ce que tu dois faire. » Je m’y résous, mais la seule pensée de me retrouver à la merci d’un quelconque médecin me retourne le cœur. Même lui. Ce n’est que face à ce genre de situation, d’une banalité consternante, que je prends conscience des traumatismes que la prison a ancré dans ma mémoire et ma peau. Je me laisse faire, opposant une certaine résistance malgré moi. La crainte m’obligeant à faire preuve d’une étrange méfiance. Les regards que le scandinave me lance me dérangent. Je fuis le miroir de ses prunelles, et me remet à triturer mes phalanges tremblantes. Les manies perdurent, il n’y a rien à faire, les faire disparaître est tout bonnement une chose impossible. Le début de la question me broie le cœur. Il aurait pu. J’en bats des cils, tente de desserrer le nœud qui me broie la gorge en avalant ma salive. Je Le pousse à bout tout en ayant pleinement conscience que la lave qui gorge Ses veines serait parfaitement capable de me faire payer mon audace. Les phalanges s’abandonnent, se lâchent et viennent effleurer ma gorge. Je sens rien, ne voit rien mais le contact de la pulpe de mes doigts contre la peau meurtrie me fait irrémédiablement frissonner.

« - Je n’en sais rien. Celui qui l’a agressé j’imagine. Je ne me souviens pas. A vrai dire j’ignore comment je suis arrivé ici. Je me souviens plus. » Et c’est bien cela qui m’effraie. Ce vide niché entre deux instants de ma vie. Le néant. Je me revois encore au manoir, passant la porte pour m’engouffrer dans l’air humide du dehors et m’éloigner. Faire un détour par la morgue et puis le vide. Je me vois passer les portes du temple de la mort, et le noir m’engloutit. Pour que la lumière revienne m’irriter les pupilles une fois les portes de l’hôpital franchies. Le vide. Il peut se passer tant de choses entre ses deux points. Tant de choses. Et c’est bien là l’horreur de la chose. Ma mémoire se fait défaillante, je refusais de l’admettre mais face à cette absence de données, je suis contraint d’envisager la chose. De me dire que le mal qui a rongé ma mère pendant des années et venu se glisser dans la génétique de son fils.

J’en étouffe un sanglot, me crispe devant cette évidence qui réduit mon cœur en miettes, brise ma raison et m’oblige à poser un regard neuf sur le cadavre échoué à côté. L’air me manque à nouveau, je me redresse et ouvre légèrement la bouche afin de faire entrer plus d’air dans mes poumons contractés. « - Tu ne récoltes que des ennuis par ma faute. Je m’en veux de t’infliger tout ça. D’être partit sans prévenir. » Je chasse le doute en détournant le cours de mes pensées. Oubliant ces griffes acérées qui me cisaillent et réduisent le pauvre organe tapis entre mes côtes en misérables lambeaux. « - Je suis un bien piètre ami… » Le soupire s’accompagne d’un maigre sourire, lancé en sa direction avant que je ne baisse la tête. Ce constat me fait honte. Moi qui ne le considérais que comme un vulgaire pion à déplacer pour mieux faire chuter Kyran. Mon plan sordide n’est plus qu’un souvenir. Balayé devant la bonté de cet homme qui devient ma lumière dans les ténèbres. Vacillante, comme celle de Blake, elle menace de se faire détruire par ces ténèbres qui tissent le canevas de mon existence de misère. Je ne suis qu’un parasite indigne de côtoyer un être tel que l’urgentiste. La gorge se serre encore un peu plus, écrase ma trachée sous le poids d’une peine trop grande pour rester contenue entre les fibres fatiguées de mon cœur.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mer 27 Mai - 1:33

La spirale se replie sur sa carrure, l’enroule jusqu’au vertige. Les repères s’effacent dans un agencement incertain de teintes luminescentes. Dans cette déconstruction du spectre colorimétrique, il se suspend aux valeurs égarées dans l’exil. Aux refuges qu’il faut déconstruire année après année, aux briques qu’il faut ensevelir sous la neige dans l’espoir qu’elles y soient à l’abri. Des fondations qui doivent perdurer même sans hauteur. Une empreinte qui se doit de rester. Sans ça, comment comprendre les pleins et les déliés qui surviennent sur l’espace encore vierge ? Incomplet dans la réminiscence, inachevé dans cette réalité. Aleksi parle sûrement plus qu’il ne peut l’entendre. Le norvégien se rattrape seulement sur ce qui lui permet d’avancer. Dans un sens ou dans l’autre. Tout sauf cet équilibre précaire, la plante des pieds élimée par le fil qu’il faut tendre jusqu’à la lésion. Quelle vérité peut-il seulement lui apporter ? De celle qu’il s’est juré de ne plus écouter. C’est le danger. C’est sa prise de risque de se laisser approcher. Ses songes dérivent, dénivelés par sa perdition émotionnelle. Il s’offre enfin à ses mots qui ont percuté son indifférence dans la révolte, qui s’accorde aux traits de sa déroute à une heure bien chagrine. A retardement, à reculons, les déductions du finlandais lui laminent le palais. Il croit même répandre le sang en offensant les silences précédant la mort. « Les autres ? Quelles autres ? » Dans un spasme, il se relève des tombeaux pour contrer le réalisme du cauchemar qui se joue dans une boucle qui n’a d’infini que sa perte. La terreur l’emporte, le soumet à chaque conclusion qu’il faut enfreindre pour pouvoir subsister. Malgré ses propres mises en garde, malgré cet éloignement, malgré tout, il ne peut concevoir l’extrémité de cette démence sans se sentir lui-même fautif. Le doute s’insinue, toxine qui peuple les marées macassars. Ne l’a-t-il pas à son tour abandonné ?

Ezra s’enchevêtre dans ses contradictions tandis que son ami, l’invite à un apaisement qu’il juge bien trop précoce. Ses yeux tanguent entre ici et là. Avant et maintenant. C’est un jeu d’époque qui s’éternise dans une génétique nacrée par la dégénérescence. Toujours agrafé à ce passé, cloué à cette ombre qu’il ne peut même pas mutiler. Il a envie d’y croire. De penser qu’il y a une limite à la décadence de son frère. « Il peut aussi raconter ce qu’il veut.» Son ténor râpe ces convictions amèrement mais déjà, quelque part dans cet organisme corrompu, le soulagement s’étire. D’autres termes se pressent contre les lèvres sèches du hacker et captent l’attention défaillante du norvégien. Une phrase qui s’insère au milieu du va-et-vient de cette accusation. Une ligne mélodique qui amène plus de confusion. Un récit à trous, sans aucun mot clé. L’infirmier diagnostique le choc derrière les idées profuses. Et l’affirmation définitive clôt le débat. Il a décidé de ne pas encore condamner son aîné de façon empirique. Parce qu’il n’arrive pas à le tolérer. Un coin de son esprit a pourtant consciemment retenu l’information. Jugé innocent, oui, faute de preuves. Trop d’éléments éparses en provenance d’un mental qui flanche sous l’affolement.

Ce qui le ramène à l’essentiel. Son patient. Sa réticence à l’examen supplémentaire fait taire tout semblant de professionnalisme. Il commet toutes les fautes ce soir. Mais la guérison est plus aisée pour les damnés de toute manière. A croire que Lucifer s'est attaché à son armée. « D’accord. Je peux peut-être au moins te donner quelque chose… Contre la migraine ? » L’urgentiste craint toujours les retombées de ses propres actes au fond. Et dans les confidences de son allié, il se surprend à confondre les rôles. Mutique d’abord, l’ancien métamorphe se permet seulement de rapprocher un siège de la table d’examen pour s’y installer. « C’est sûrement dû au choc. Ça va peut-être te revenir plus tard… Tu penses que ça ira ? Tu … Tu loges toujours chez Kyran, je suppose ? Tu ne devrais pas rester seul ce soir. » Aucune animosité dans le ténor qui fluctue dans les secrets de l'âme. A vrai dire, il ne sait toujours pas comment vivre ce départ précipité. Mais sa propre maladresse a causé bien plus de dégâts encore. Il se doit d’omettre cette fuite. Par acquis de conscience.

C’est au milieu de ces flots, perdu en pleine mer, que la houle l’emporte soudainement. Son interlocuteur semble se briser en mille morceaux sans qu’il ne puisse agir. Sa compassion l’oblige à avancer une nouvelle main vers cette épaule qui chancelle sous le poids d’une douleur toujours innommée. Il ne termine pas son geste pourtant quand la dernière envolée vocale le tétanise. Est-ce qu’il sait seulement ce qu’il a confié au tyran ? « Non. C’est moi qui suis désolé à ce propos… Je me suis mêlé de ce qui ne me regardait pas la dernière fois où j’ai vu… Où je l’ai vu. Je ne sais pas si… » Expirer revient à rejeter le pêché. Inspirer, le faire revenir plus brutalement que jamais. La paume hésitante du démon se dépose finalement contre la carrure chétive du blessé. « Aleksi, je préfère que tu sois franc avec moi si mon frère a quelque chose à voir avec cette affaire ou si c’est lui qui t’as fait ces marques. J’ai vu sa fureur quand je lui ai parlé de… Alors si c’est lui… C’est entièrement ma faute. » La douceur de sa voix contraste sans grand mal avec la violence qui l’anime pourtant. La nervosité conquiert de nouvelles contrées. Dépassé par les événements, par les successions sans logique, il finit par s’éprouver dans d’autres déceptions, comme un répit éphémère. Une cabane qu’on déniche avant que l’ouragan ne le rafle à son tour, décrochant planche après planche, éventrant les abris jusqu’à l’os. « Je t’avoue que je ne pensais pas que tu y retournerais. J’ai vraiment cru qu’il t’était arrivé quelque chose quand je ne t’ai pas trouvé. Je sais que tu m’as dit que ce n’était pas lui mais… Je sais à quoi s’exposent les gens qui le côtoient. Ils finissent tous dans le même état que lui. Il sait tout aussi bien s’autodétruire que détruire le reste du Monde… Je préfèrerais le savoir… Je crois. » Un murmure pour terminer la tirade, un souffle à peine perceptible. Que fera-t-il si la première hypothèse se confirme ? Il n’en sait toujours rien. Pas d’apôtres, pas de martyr. Ce n’est pas une scène biblique qui marquera une nouvelle ère. Mais a-t-il seulement besoin d’un autre testament pour comprendre les fondements même de son être ?

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mar 2 Juin - 21:55


Les autres… Il ne semble pas au courant de la vague de meurtres qui sévit sur la ville. Moi j’en frissonne à la seule évocation. L’angoisse me prend à la gorge, s’y enroule et dépossède mon visage de toute sa couleur. Je n’en dors plus. Les images de la morgue s’ancrent à mes rétines et me hantent. Les paupières closes me renvoient dans des cauchemars où le sang et la douleur s’entremêlent. Dans ces délires, j’ai l’affreuse impression de jouer le rôle de ce fou. Assassin dérangé par ses pulsions sanglantes, dénué du moindre remords. Je me coule dans le corps du monstre, ressens sa folie, son plaisir et suit le moindre de se g estes comme si le corps m’appartenait. Un spasme me déchire le ventre et j’en suis réduit à me recroqueviller légèrement. Mes doigts s’enlacent et se délient. Se triturent jusqu’à faire craquer les articulations fatiguées. Je secoue la tête, et ferme lentement les paupières. « - Les autres victimes. Celles que le meurtrier a déjà mutilées. Les corps de la morgue… Je les vois, partout, dès que je ferme les yeux. Elles me hantent. Mais je n’arrive pas à les ignorer, je ne dors plus… » La vérité me détruit les oreilles, déchire ma trachée comme des lames acérées. J’en avale ma salive avec difficulté, constatant l’étendue des dégâts une fois les mots lâchés dans le vide entre nous. Je n’ose le regarder, redoutant ce que je pourrais être amené à voir dans ses pupilles. Il juge et condamne. J’en esquisse un infime sourire, amer et triste. Il peut, c’est un fait. Mais en étant directement impliqué, serait-il capable de mentir ? Toute ma raison refuse de Le croire capable de tomber aussi bas. S’enlise dans un déni qui efface avec encore plus d’application Ses tares et les erreurs qu’Il peut commettre.

« - Il peut. Il le fait, mais pas là. » Je le murmure du bout des lèvres, tentant au passage de réellement me convaincre. Avec le lieutenant qui lui sert de collègue, jouer sur un tel tableau serait une véritable folie. Même Lui ne serait pas capable de s’engager sur une telle voie. « - Je doute que cela fasse effet, mais si tu y es autorisé, je veux bien essayer. » Un haussement d’épaules accompagne les mots. Mes doses de drogues ne parviennent pas à apaiser le mal qui me ronge, je doute que de nouveaux cachets soient capables de faire disparaître les migraines et les images qui me dévorent les rétines. Ils ne feront que s’ajouter à la liste de tous les narcotiques que je peux prendre dans le vain espoir de retrouver un semblant de quiétude. « - Il m’a fait une offre que je n’ai pas pu refuser. » Je ne serais pas seul. La suite de la phrase reste coincée dans ma gorge nouée. Que je passe la soirée dans la chaleur de Ses draps, ou dans le froid des miens, je ne serais pas seul. Mes tourments me tiendront compagnie. Le geste se meurt avant d’avoir atteint mon épaule. J’en hausse un sourcil et pose enfin mon regard sur l’urgentiste. Et les paroles qui suivent cette hésitation achève de me plonger dans une profonde perplexité. Je désapprouve ses paroles dans un mouvement de tête, mes phalanges se crispant contre le matelas.

« - Tu as fait ce que tout membre d’une famille fait face à un des siens. Ne t’excuse pas. » Je ne parviens pas à retenir un léger rire amer. Il m’échappe devant les premières notes de sa réplique. Je ne pensais pas non plus y retourner. Et certainement pas que ce soit Lui qui me demande de le faire. « - Je suis certainement masochiste. L’autodestruction a toujours fait partie de ma vie, je n’ai pas eu besoin de rencontrer Kyran pour me détruire. Il y participe maintenant, c’est certain, mais lui ou un autre, le résultat serait le même. » Eternel défaitiste, l’attention que porte Ezra à mon égard me touche. Il détone de tout ce qui peut faire partit de mon monde. Jure avec l’attitude que les autres êtres humains m’accordent d’ordinaire. Et malgré la chaleur que cela dissipe sous ma peau, le malaise perdure. Trop différent, trop gentil peut-être. Alors que je ne mérite pas ce genre d’attention. De nouveaux frissons me lacèrent l’échine, un soupir me brise la poitrine et c’est tout mon monde qui se met de nouveau à vaciller. La fatigue me submerge, cette sombre accumulation de nuit sans sommeil et de journées éreintantes. Je me réfugie dans l’aveuglement, laisse ma respiration chaotique suivre son court pendant quelque battement de cœur. « - Que tu te préoccupes de mon sort me touche, vraiment. Mais ce n’est pas lui. Il ne m’a rien fait après ta visite. Hormis me faire déménager dans ses sous-sols pendant quelques jours. » Le naturel avec lequel je m’exprime me surprend. Je l’ai en horreur cette cave pourtant. Elle et tout ce qu’elle représente. Elle est le retour brutal à la réalité. Le rappel à l’ordre. Je ne suis que son employé. Celui qui partage ses instincts de plaisir pour être ensuite jeté hors de Son antre, pour ne pas attirer les soupçons. L’employé différent des autres et pourtant si semblable. Il y a t-il un nom pour ce genre de relation ?

« - Tu le détestes à ce point-là ? » La question est restée en suspens dans mon crâne. Agrippée à mes neurones pour ne pas être oubliée. Et enfin, elle franchit le seuil de mes lèvres. Je le fixe, scrute les traits fatigués. Je ne suis qu’un pion rapporté, une pièce trop neuve pour seulement prendre conscience de tout ce qui les unis l’un à l’autre. Des années de retard, un siècle de néant. Deux pauvres années bien ridicules comparées à toutes celles qui ont coulé entre eux. Trop à l’écart pour seulement comprendre les griefs qui ont pu séparer ces deux frères. Ce qui m’éloigne de ma sœur me dévore de l’intérieur, détruit les fibres fatiguées de mon être sans que je ne puisse rien y faire. Elle me déteste elle aussi, j’en ai conscience. Tant de choses amènent face à une telle impasse, qu’il en soit autrement pour eux serait bien étonnant.

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mar 23 Juin - 1:38

Un maelstrom pour ravager les lambeaux du radeau qu’il a fallu porter à l’Océan. Fracassés, abandonnés au pied des falaises, ils gisent. Portés par la même hémoglobine, transformant la marée en rivage sanguinaire. Deux bêtes que le destin a acculées dans des tombeaux de sel, démunis de toute autre gamme de saveur, condamnés à perdre du goût à l’odorat. Des chiens qu’on aurait jetés au fond d’un puits avec pour seul os à ronger, celui qui soutient l’ensemble du squelette. Un sabotage répété pour les porteurs du génome de la dégénérescence. Rien à dire, rien à déclarer mais tout à supporter. Un supplice sans syllabes, une gorge appauvrie de sons. Des regards par millier, des appels écorchés pour la même sentence. Quand il relève la nuque, il cherche méthodiquement les différences dans les similitudes. Se dissocier de l’autre devient primordial. Souffrir par d’autres plaies ne l’intéresse pas si ça le confine dans les tranchées que la déraison a creusées. Ezra puise la vérité et arrache son empathie à l’amalgame suicidaire pour accuser les paroles du finlandais. Un tueur en série. Rien d’anormal en plein apocalypse. Rien de tout à fait singulier pour l’imparfaite nature humaine. Les monstres sont fait de chair et de sang. Ils suivent les mêmes étapes que l'apprentissage exige, s’écorchent les genoux sur des ennuis communs. Aucune excuse pour aucune rédemption. Le norvégien réajuste son regard dans celui du patient. Inquisition involontaire, traque consentie. « Je n’en avais pas entendu parler… Mais tu as vu son visage ? Tu ne t’en rappelles pas ? Il t’a épargné ? Qu’est-ce… » Le mutisme le surprend alors. Son interrogatoire s’avorte contre cette langue qu’il tord jusqu’à éprouver ses expectatives. Cet homme n’est pas en état de lui fournir la piste qu’il souhaite. Et de toute manière, il ne travaille plus pour la justice. Il ne se contente plus de prévenir. Désormais, il doit seulement guérir. La frustration provoque des vagues sur sa poitrine tandis qu’elle se soulève et retombe plus lourdement. Sa propre inutilité lui lamine le larynx.

La seule voie s’effondre, entraine un soulagement à la conviction fébrile. Au milieu des débris de ses raisonnements, il s’assied pour tendre vers le soleil et comprendre sa course. Ce n’est toujours pas son rôle alors il se tait, contient l’acide alors qu’il lui brûle le palais à la prochaine remarque de son ami et seul allié. Pourvu qu’en ravalant la toxine, elle se propage suffisamment pour éroder les artères et calmer le pouls qui s’élance dans une rythmique dérangeante. Pour faire bonne mesure face à cette impuissance et à cette amère rancœur, il hoche paisiblement de la tête avant de se tourner vers ses instruments, de sortir un tube du tiroir pour mieux répondre à ses attentes. Le plus délicatement possible, il se décide à ancrer la seringue dans l’épiderme de son comparse. L’injection terminée, il appose une compresse sur la peau et reprend la discussion comme s’il n’y avait eu aucune interruption. « Tu n’as pas besoin de te justifier à ce propos. Je ne te demande pas des explications. Tu es libre d'agir comme bon te semble. Mais la prochaine fois, j’aimerais autant être mis au courant avant de traverser la moitié de la ville en panique. » Le reproche ondule entre eux sans son consentement total même s’il pense ce qu’il dit. Il joue des épaules, s’attarde sur sa propre culpabilité pour chasser ces relents de fiel qui lui viennent essentiellement des réminiscences fraternelles.

Même de ses excuses, il n’en veut pas et pourtant. « Non… Ce n’est pas ça. Ça n’avait d’autre but que de le blesser. Il a seulement réussi à me faire sortir de mes gonds et j’ai voulu faire pareil. C’était bas et puéril de ma part. Surtout que ça t’a atteint directement, je suis désolé.»Ces allégations suffisent déjà à le démanteler depuis l’intérieur, à comprimer la moelle épinière jusqu’au vertige mais les propos que le hacker porte à la suite, détruisent définitivement l’équilibre précaire qu’il maintient encore. Son souffle s’absente dans les miroitements qu’il renvoie, l’image qu’il se dessine n’a jamais semblé plus sombre. Abimée par la craie la plus noire qu’il ait pu dénicher, la suie encrasse l’ardoise. Jusqu’à quel point peut-on se punir pour cette existence ? Il n’a pas le temps de tirer sa prochaine conclusion, son interlocuteur enchaîne sur les conséquences de son erreur. Les phalanges craquent, la pupille rétrécit et la colère gronde. Il fait volteface pour ne pas laisser la créature dominer l'échange. Il s’agrippe au premier meuble sur sa gauche avant d’émettre un ricanement sinistre dont la seule écoute déstabilise son porteur. « Dans ses sous-sols ? Il t’a fait… Qu’est-ce qu’il t’a fait exactement ? Il t’a séquestré ? Et tu restes là-bas ? Mais il te prend pourquoi, pour son animal de compagnie ?  Tu remues la queue aussi quand il t’apporte un susucre ? » Frappé par la lividité, il se retourne tout aussi abruptement fait un pas en avant et deux en arrière. Ses doigts se rassemblent contre son front alors qu’il écarte la méchanceté de son ténor rendu âpre par cette conversation. « Pardon, c’était déplacé… Je… Ça me frustre de te voir t’attacher à lui envers et contre tout sans rien pouvoir faire. »

L’interrogation tombe quand le sang-froid s’écaille. Difficile de jouer dans le paraître quand tout ce qu’il veut faire, c’est arracher les masques, les piétiner jusqu’à cisailler la plante de ses pieds. « C’est ce qu’il se plait à croire en tout cas… » Un murmure effarouché. Et un soupir qui se juxtapose aussitôt. «  Non, c’est moi que je déteste par-dessus tout, pour ne pas réussir à vraiment le détester mais je crois que je me déteste encore plus de ne pas réussir à l’aimer tel qu’il est. Ca simplifierait tout. » Du sens de cette résurrection au supplice invoqué par sa nature. Sans doute pourrait-il supporter à nouveau le poids d’un Monde en perdition s’il avait la possibilité de partager l’épaule de son frère. Parfois, il perçoit toutes ces alternatives avec une clarté embarrassante et imagine les issues idylliques. Tout ce qui lui a échappé depuis si longtemps, tout ce qu’il continue de détruire à chaque nouvelle confrontation. La mélancolie tisse ses désillusions dans sa voix, la gorgeant de regrets. « Sauf que je ne cautionne pas ce qu’il est devenu. Quand on était jeunes, il avait d’autres priorités. Il était moins abimé aussi je suppose… Je ne sais pas ce qu’il a traversé depuis tout ce temps après tout. Mais je n’arrive pas à l’excuser pour autant. Il n’a pas fait qu’un seul mauvais choix, si ce n’était que ça… Il les répète sans arrêt. S’il n’était pas mort en premier lieu… »Les paupières basculent. La douleur est trop forte. Les souvenirs aussi. Alors il faut écourter. « Excuse-moi. Tu as d’autres choses à faire qu’écouter mes élucubrations. » Ses épaules se rejettent, le résultat se délie.  « Tu fais ce que tu veux de ta vie, Aleksi. Après tout, ça ne me regarde absolument pas. Mais Kyran ne t’aidera jamais en rien. Et tu as tort de t’enfermer dans une case en t’y croyant irrévocablement lié. Rien n’est immuable et c’est toi qui a tout en main pour que les choses changent. Tu te trouves juste des excuses parce qu’il a réussi à te charmer. Il fait cet effet aux gens en règle générale. Il sait rallier les autres à sa cause même si elle est immorale. Il arriverait à vendre de la glace aux esquimaux cet imbécile. » Un sourire pourrait presque poindre alors que les moments volés aux circonstances se délitent sans son accord dans son esprit embrumé. Mais le passé s’estompe, le présent s’impose. Le vide semble plus proche que jamais. Il se recroqueville tandis que les intonations se perdent en bredouilles. « Il me manque. Mais je sais que je l’ai perdu il y a longtemps. Et qu'il n'est jamais revenu. » Puis, il se tait. Il se souvient. Et il cherche à oublier. Alors qu'il n'oublie jamais de se souvenir. Parce que sans ça, que reste-t-il donc de ce qu'il a été, de ce qu'il est ? Et de ce qu'ils ne seront jamais.

(Désolée mille fois pour le temps de réponse )

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MessageSujet: Re: Mind in disturbia (.ft Ezra)   Mer 1 Juil - 11:52


Vrille le cœur et les entrailles, l’interrogatoire se dissimule derrière l’attention. La suspicion se fait souveraine dans les pupilles de l’urgentiste et le malaise s’enroule tel un serpent contre ma gorge. Lâchement, je perds pieds et me détourne. Farfouille entre les neurones atrophiés et patauge dans les flots nauséeux d’une matière grise aux prises avec les griffes de la migraine. Les puzzles n’ont jamais fait partie de ces jeux que j’affectionnais étant enfant. Alors me retrouver contraint d’y jouer dans une chambre des urgences pour tenter de recoller les morceaux n’est pas pour me plaire. Je me suis perdu en chemin, sautant par-dessus les dalles manquantes pour éviter la chute sans prendre le temps de me demander où elles avaient pu disparaître. Pas de visage, ni de voix. Seulement la mienne qui me résonne contre les tempes. Et le murmure d’une voix féminine. Le bruit d’une ventilation ronronnante et la senteur du bois. Mes sourcils se froncent dans une crispation. Il ma’ épargné… L’étrange constat déverse un vent d’amertume sur ma langue asséchée. Seulement les femmes, uniquement elles. Jamais d’hommes. Créature de l’ombre exécrant le sexe opposé, s’endiguant dans une folie meurtrière visant à débarrasser la ville de ces créatures féminines. De celles qui sont amenées à croiser Sa route et à goûter à la saveur de Ses étreintes. Jalousie. La mienne. Exacerbé par les fils d’un attachement douteux et dangereux. Ma jalousie, la main vengeresse délester Sa vie de celles qui ont été capables d’attiser Ses envies. J’en suffoque, pris au piège dans mon propre raisonnement délirant. Secoue la tête pour chasser les supputations démoniaques tant elles m’effraient. J’ai contemplé l’horreur, à maintes reprises. Elle m’a fasciné autant qu’elle m’a retourné le cœur. J’ai mené les autopsies de ces pauvres créatures. Les corps morts n’ont à rien à voir avec ceux qui vivent. La seule vision du sang poussé par un cœur battant me plonge dans un douloureux état léthargique, comme aurais-je pu être capable de les mutiler comme peut le faire ce fou ?  Je secoue la tête et réalise que le silence plane depuis bien trop longtemps pour ne pas être jugé comme étrange.

« - Ils ont dû vouloir ne pas ébruiter l’affaire. Non, je ne crois pas… Je ne me souviens plus. Il ne s’attaque qu’aux femmes… » Extirpé difficilement de lippes fatiguées, le murmure l’effleure pour mieux revenir se fracasser à nos pieds. L’ignorance vis-à-vis de la présence de son collègue dans l’autre pièce ou non, me force à baisser d’un ton. SI Ezra se montre suspicieux dans ses œillades, son collègue m’a déjà condamné. Et clamer son innocence lorsque l’on n’est plus capable de se souvenir d’actes remontant à moins d’une heure est une entreprise bien difficile. Impossible même. Le ridicule de ce raisonnement me pousserait à sourire ma la crispation qui sommeille sous ma peau refuse de laisser mes traits se détendre. L’injection se fait si doucement que je n’en ressens rien. A peine un frisson de délectation quand l’aiguille transperce ma peau. Un échauffement qui ne dure que le temps d’un pauvre battement de cœur et l’abysse du manque revient se glisser contre mon ventre avec plus de hargne. « - Navré… Crois-moi si une prochaine fois devait se produire, je ne referais pas la même erreur. Du moins je l’espère. » Le reproche me brise. Accentue les contours déjà bien nets de mon attitude lamentable. Ne pas refaire la même erreur, cela relève d’un exploit que je ne parviendrais pas à réaliser. Borné dans un attachement destructeur, dès qu’il s’agit de Kyran, la réflexion se fait sommaire.

« - Il a un don pour faire nous faire sortir de nos gonds. Un de ses nombreux talents. Tu n’es en rien responsable de ses sautes d’humeur Ezra. » C’est un infime sourire qui s’appose sur mes lèvres alors que je m’autorise à hausser les épaules avec une ébauche de désinvolture. A croire que c’est ce qu’il affectionne. Chercher la faille pour mieux se prendre le revers de Ses humeurs à la figure. La réaction du cadet me laisse interdit. Fige le sang noir dans mes veines et me pousse à vouloir rattraper mes paroles pour mieux les effacer. « - Séquestrer… non. Remettre les pendules à l’heure, plus certainement. Mon masochisme me perdra. » Insuffler de la légèreté à des mots qui n’ont de plume que le nom. C’est dans ses prunelles que tout le malsain de ce qui peut m’unir à son frère n’en devient que plus criant. Il n’y a pas de honte pourtant. Celle qui devrait venir m’agripper de toutes ses forces pour me faire comprendre à quel point je m’enlise dans quelque chose de destructeur. Qu’il faut que je m’en extirpe pour ne pas me faire dévorer par le monstre que j’ai volontairement apposé entre nous. « - Je suis un grand garçon  tu sais. Conscient de mes erreurs et libre de mes choix. » Ma voix se fait plus tranchante que je ne voulais. Se pare d’un agacement éphémère engendré par les reproches et le besoin constant de m’éloigner de Lui. J’en viens parfois à me demander ce que je suis. Un animal trop fragile pour être conscient de ses propres décisions. Un fou, borné et aveugle qui fonce tête baissée dans le danger sans même y réfléchir. Un mélange de tout ça sûrement. Les paroles se suivent, et accablent l’aîné de ses torts. Je m’oblige à garder le silence, contemplant la silhouette du cadet. C’est de la peine qui vient me caresser le cœur. Pour lui. Pour ce qu’il a perdu. Pour être lui aussi une victime de la bêtise d’un seul homme. « - Il reste un membre de ta famille. On ne peut jamais détester entièrement un proche. Même en s’y efforçant. » Bien piètre réplique face à ses maux. Rayer sa famille de son cœur est impossible, pas quand les liens sont devenus trop forts. J’ai effacé mon père de ma mémoire, abandonné ma mère dans un coin de mon esprit pour y repenser à l’occasion. Je n’ai jamais réussi à oublier ma sœur. A me défaire de ce lien qui me lit à elle. Notre relation ne ressemble en rien à celle d’Ezra et Kyran, et pourtant. Trop d’erreurs la salissent pour pouvoir lui redonner son éclat d’antan. Un lourd soupir m’échappe alors que je me redresse et laisse mes jambes valser dans le vide.

« - Je ne m’attends pas à ce qu’il m’aide, ni quoi que ce soit d’autre. C’est moi qui ai débuté ce jeu, qui l’a abordé en premier lieu. Je suis le plus fautif dans cette histoire. » Le fou qui a jeté de l’huile sur le feu. Sans mon inconscience, Il ne serait rien pour moi. Une silhouette rapidement aperçue et vite oubliée. Et Ezra… un parfait étranger. C’était une erreur nécessaire pour maintenir l’équilibre précaire de mon existence. Un mal qui ne cesse d’engendrer le bien. Même le plus sombre. Dans un infime raclement de gorge, je me pousse à bas du fauteuil, m’y agrippe un instant devant la salle qui vacille. La migraine commence à s’estomper. Reste latente et perturbe la mécanique. Un pas s’esquisse en direction de l’urgentiste mais la distance ne sera pas brisée. Je ne parviens pas à m’approcher de lui sans me sentir pitoyable. Brisé par ses dernières paroles, la compassion irradiant ma peau. Les doigts se crispent, veulent venir se poser contre son épaule mais ne parviennent pas à bouger. « - Si tu lui laisses le temps. Il n’est peut-être pas trop tard pour récupérer les morceaux de ce que vous avez perdu. » Les pupilles le scrutent un maigre instant, se parent de chaleur comme a pu le faire ma voix avant de venir se reposer sur le sol. « - Merci Ezra, pour tout ce que tu as fait. » Pour hier et aujourd’hui. Pour ce qui arrivera plus tard. C’est un maigre sourire qui scelle cette entrevue alors que je passe le rideau d’un pas malhabile. Je m’efforce de ne pas jeter un regard en direction du corps de la victime. Evite soigneusement de croiser les pupilles suspicieuses de l’autre urgentiste. La lenteur engendrée par une démarche qui se veut normale se change en rapidité précipité. J’agrippe ma veste, enroule mes bras autour de ma poitrine et reste un instant immobile devant l’entrée des urgences. Il t’a épargné… Le doute revient. Les brumes essayent en vain de se dissiper pour révéler l’horrible vérité. Mes mains tremblent alors qu’elles extirpent briquet et cigarette de ma poche. La nicotine me brûle les poumons, si fort qu’ils en deviennent douloureux. Elle efface dans une volute de fumée les angoisses et les doutes. Allège le poids qui pèse sur mon cœur et me pousse à sortir de mon immobilisme pour prendre la route menant à Son manoir. Le mien aussi. Un peu.

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