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 Each word gets lost in the echo [PV Eamon]

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MessageSujet: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Mer 22 Avr - 23:51

Each word gets
lost in the echo


○ I don't back up, I don't back down. I don't fold up, and I don't bow. I don't roll over, don't know how. I don't care where the enemies are. Can't be stopped, all I know; go hard. Won't forget how I got this far for every time saying... In these promises broken, deep below, each word gets lost in the echo. 


La nuit s’ouvre dès que les premiers battements acculent la rigidité de cette atmosphère putride. Ses ailes l’élèvent dans la pénombre, charognard des derniers instants, mentor de la terreur, fédéré  à la faucheuse par l’imaginaire collectif. Encre projetée sur les nuages qui s’amoncellent dans des cieux troublés par l’immobilité du contrebas. L’air accoste le plumage macassar, enjôleur insatiable qui s’élance dans une compétition sordide contre le volatile. La bourrasque se joue de sa frêle carcasse, l'oblige à réajuster les angles et les contours. Autrefois allié, le vent versatile semble désormais appartenir aux élus de la disgrâce pour démonter la vanité d’une quiétude à peine effleurée. Une nouvelle lame entre ses côtes, un autre endroit pour rouvrir chaque cicatrice. Le satellite capricieux témoigne silencieusement des élans avortés de l’animal, le narguant de toute sa superbe, de son croissant incomplet déchiré par la grisaille qui s’affale sans la moindre pudeur contre le concert d’étoiles. Les hauteurs s’affranchissent à mesure qu’il les provoque en s’obstinant contre le traître qui dérange sa progression. Il ploie à plusieurs reprises mais s’acharne à contrer les circonstances pour asseoir son autorité sur cette part de son être qui se refuse encore à la mort. Il y dédie chaque souffle, chaque cri que sa gorge retient afin de ne pas alerter la faune, de ne pas inviter de nouveaux détracteurs à se repaître de sa condition déplorable. L’oiseau maudit l’humain pour l’avoir laissé dégénérer jusqu’à ce point de non retour, quand la chair déserte l’os, quand la force s’évanouit dans la famine, dans l’horreur et dans un chagrin qui culmine chaque jour davantage. A cause de son égoïsme, la bête ne peut se complaire des évasions rendues inaccoutumées par la tragédie. Serviteur d’un défunt, il honore la mémoire de sa créatrice en fendant la brume. Mais en s’éloignant du centre de son Univers, en se carapatant dans l’oubli, il se déshérite lui-même. Déchu de ce seul titre, il trébuche sur la culpabilité qu’il se doit de respirer jusqu’à l’asphyxie et finit par succomber à chacune de ses plaies.

Ça démarre de la poitrine, ça fige le temps et ça le craquelle aussi abruptement. Les secousses débutent avant même qu’il n’ait regagné le sol. Dans la tétanie qui le pourchasse, la descente s’amorce violemment. L’allée la plus délaissée, la plus exigüe, celle dont l’issue se butte sur un mur de brique, qui offrent à ses passants aucune autre alternative que le retrait, se prête à la chute. Il sombre entre une poubelle éventrée et de vieux sacs abandonnés sans plus de scrupule. Les os se brisent les uns à la suite des autres pour ramener son humanité, lentement, presque religieusement pour le forcer à recracher des hurlements qui déchirent la sérénité faussée par un couvre-feu insensé. Les habitudes se sont consumées dans le deuil et Bastien n’est plus réellement prêt à endurer mille morts pour reprendre sa forme initiale. Il semblerait que le spectre de sa sorcière exulte à chacune de ses transformations et assoit un mépris justifié sur les épaules fuselées de sa créature. Sans cette attache indéfectible, il se brise contre une nature sans essence organique, sans construction émérite et sans autre valeur qu’un vide qui s’allonge pour ne jamais se dissoudre. Le changeur reprend son souffle après la torture charnelle, chaque articulation craque de mécontentement quand il cherche à redresser son buste malmené par l’écroulement involontaire. Ses doigts glissent contre ses côtes, soutiennent méthodiquement chaque hématome qui éclot sur l’épiderme démasqué. Ses ongles s’unissent aux ecchymoses, il se doit subir la foudre providentielle, il se doit de porter son crime au seuil de sa limite. Ses excuses s’écrasent contre ses lèvres, des gémissements qu’il adresse aux jurés imperceptibles mais surtout à sa rouquine qui traverse les mondes, lui tourne définitivement le dos. Ses appels chimériques s’effondrent d’eux-mêmes. Sa punition se termine sans plus de cérémonie. Il faut repartir. Déjà on le presse, cet instinct primaire réveillé par l’escapade fortuite.

Le métamorphe bascule vers l’avant, projette les premiers fourmillements contre son échine alors que les convulsions reprennent. Son squelette accuse la décomposition partielle, il se tord pour parachever l’œuvre avec une lenteur qui frôle le cynisme. La souffrance fait émerger de nouvelles complaintes qu’il veut absoudre en serrant sa mâchoire désarticulée. Le phénomène recule subitement, s’éteint, le prive de toute énergie. La sueur serpente sur ses tempes, s’enchevêtre aux quelques larmes que l’effort lui a coûté. L’oxygène se raréfie dans ses poumons endoloris alors qu’il injure la félonie de sa carcasse. Les astres dépeignent d’autres projets pour d’autres errants, le relâchant sans plus d’émoi et se désintéressant de son cas. Il prend ce tour sarcastique du destin comme un châtiment encaissé par sa présomption à être ce qu’il ne peut. Celui qui se prétend mécène d’un fantôme évanoui. Celui qui a porté l’arme jusqu’au poitrail d’une femme et qui l’a regardé dégringoler l’existence pour l’abandonner ultimement. Le voleur s’accroche à ses réminiscences, corrompt les lueurs pour réitérer la transmutation, confondant les buts. Il ne court plus après l’exil, plus après un retour au foyer du drame. Il se cantonne seulement au supplice d’une charpente qui se fissure, qui se démantèle pour ne jamais atteindre la délivrance animale. Il se dédie à l’agonie de bercer de promesses avortées cette autre moitié qui désire se réapproprier le plafond constellé pour tout lui reprendre en succombant au broiement d’une ossature usée par l’épreuve. Il se fait subir cette pénitence à de nombreuses reprises et s’arrête quand la fatigue lui ôte toute capacité à enclencher ce seul mécanisme. Sa joue rejoint âprement l’asphalte glacée, sa cuisse s’érafle contre le bitume alors qu’il se recroqueville, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Il serre le désespoir une fois de plus et se convainc d’être au bon endroit. Celui où personne ne le retrouvera, ne le sauvera et ne le cherchera. Celui où il pourra se faire oublier. Celui où il pourra peut-être succomber.

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MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Ven 24 Avr - 23:58


La faim me dévore de l’intérieur, me rend fou, m’empêche de réfléchir convenablement. Pourtant, je ne compte pas lui donner satisfaction, pas encore. Dans l’optique d’en apprendre plus sur mes capacités, je me force, pousse les limites au-delà du raisonnable et cherche à comprendre les rouages d’une nature que je ne connais pas encore assez bien. Précédé d’un jeûne conséquent, je n’en peux plus, me sens faible et ne parvient plus réellement à me retenir. Je dois sortir, trouver une proie et la délester de son énergie, afin de continuer à survivre un peu plus longtemps. Mes enfants, ma femme, je me dois de les retrouver, mais avant cela, je dois faire taire la bête, la cacher aux yeux du monde, jusqu’à pouvoir enfin devenir l’homme qu’ils méritent tous. Ces recherches sur moi-même sont nécessaires, néanmoins aujourd’hui, elles touchent à leur fin… Du moins jusqu’à la prochaine fois. Décidé maintenant à sortir me délecter de saveurs inconnues jusqu’à ma transformation, je rejoins ma porte, que j’ouvre d’un geste sec. Malgré la promesse d’un festin imminent, je me contiens encore un peu, de plus en plus difficilement, afin de ne pas m’attaquer à l’un de mes voisins. La discrétion est de mise, je dois conserver mon visage de riverain sympathique et avenant. L’étiquette du monstre ne saurait être apposée sur mon visage si je désire la moindre chance de récupérer ma famille.

Mon ventre gronde, mes entrailles râlent et j’allonge le pas malgré moi, impatient de goûter de nouveau à ce met si particulier qui m’est imposé. Je n’apprécie pas forcément cela, mais le besoin me ronge, me grignote petit à petit jusqu’à me rendre fou. Il a annihilé tout autre goût de mon palais, me volant l’un de mes plus précieux plaisirs, pour le remplacer par cet appétit jamais rassasié, sans aucune saveur autre que l’amertume. Je cours presque maintenant, impatient de me retrouver dehors, malgré le couvre feu toujours actif. Peu m’importe, je saurais probablement passer entre les mailles du filet, comme à chaque fois. Je m’active, pressé de faire taire le rugissement impatient de mon être, ardent de retourner à ma routine et avide de m’enivrer de ces sensations si particulière que je ressens à chaque repas.

Enfin, l’air frais fouette mon visage, nourris ma peau enfermée depuis si longtemps et je ferme les yeux, juste une seconde, comme pour savourer le moment. Qui ne dure pourtant pas bien longtemps. Un cri, non loin, se fait entendre soudain. J’hésite, jette un regard vers la porte de mon immeuble juste derrière, peu téméraire. La fuite me semble être la meilleure option, pourtant mon instinct m’empêche de l’envisager. Ce cri, cette voix, il me semble les reconnaître et même si cela me semble hasardé, je ne peux me détourner. Si, par le plus grand des hasards, je connais cette personne, je me dois l’aider en oubliant toute once de prudence. J’avance, presque à tâtons, pour retrouver la source de ces cris, mais je ne parviens que difficilement à retrouver sa trace. C’est une jambe, nue, dépassant, qui m’incite à avancer dans cette ruelle sombre et effrayante. Tous mes membres tremblent, je me retrouve étrangement amorphe, incapable d’ordonner à mon corps de faire demi-tour, pour retrouver la sécurité relative de la rue. Mon courage semble me fuir, s’éloigner loin de moi, mais d’un pas, je me rapproche du malheureux. Un autre, puis un suivant, mes jambes semblent fonctionner d’elle-même tandis que mon esprit leur hurle de courir dans l’autre sens.

Enfin, je le vois. Lui. Qui m’empêche de dormir, qui détruit mon cœur à petit feu sans pour autant le savoir. Lui qui envahi mon être tout entier et prend possession de toute mon âme. Lui que je bénis d’exister mais que je maudis d’être entré dans ma vie. Lui dont je rêve chaque nuit sans parvenir à l’oublier. Cet homme magnifique, actuellement recroquevillé entre la vie et la mort. Je comprends maintenant mon instinct, probablement guidé pour le retrouver, moi entre tous, alors qu’il semble désespérément avoir besoin de quelqu’un. Lentement, je m’approche, finis par déposer une main rassurante sur son épaule alors que ma voix murmure, d’un ton qui se veut chaleureux. « Bastien. C’est Eamon. Tu sais le… frère de Nymeria. » Ma main glisse une seconde sur son épaule et c’est là que je m’en rends compte. Sa nudité me frappe soudain. Les conséquences sont immédiates. Mon cœur s’agite, vient tambouriner dans ma poitrine jusqu’à résonner dans la nuit silencieuse. Mes mains tremblent, je cesse tout contact avec lui pour m’éviter un geste déplacé. Ma gorge s’assèche, semble incapable de prononcer un mot de plus. Et enfin mes yeux se ferment, juste une seconde, puis deux. Le calme ne parvient pas à m’envahir de nouveau, pourtant, je ne peux pas le laisser là, nu, dans la rue. Je dois prendre sur moi, enfin agir comme un adulte responsable et me comporter autrement qu’un adolescent en rut. « Bastien… Tu vas bien ? Tu es… blessé. Tu t’es fais attaqué ? Tu… » Je ne sais pas. Mes mots sortent aléatoirement, puis se bloquent, je suis désormais incapable de continuer sans inspirer profondément, sans réfléchir une seconde à ce que je peux faire pour l’aider. Il me faut plusieurs secondes pour retrouver un semblant de calme et enfin reprendre, une voix peut être un peu plus aigue. « Viens. Tu peux pas rester ici. Je t’amène chez moi d’accord ? » Probablement la pire idée de ma vie, ou peut être la meilleure…

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    MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Jeu 30 Avr - 1:36

    Paradis silencieux, Eden de suie pour incendier les ecchymoses sur l’aorte. Le ciel n’a jamais semblé plus haut, plus infranchissable qu’ici, au fond d’une grotesque ruelle, contre le pavé râpeux et fielleux. La toile se replie, cocon qui fige la dépouille d'un insecte égaré, proie choyé par un arachnide ingénu. Repas pour l’oubli, offrande pour l’ébène. On le gomme dans les ombres, on le malmène dans les gris. La nuit est éternelle, la nuit est reine. Elle le démonte, déconstruit la chair, les os. Cendres contre graviers. Les matériaux s’habituent aux entrechoquements. Plus rien à ressentir si ce n’est la douleur de son souvenir. Son thorax repousse la pudeur, il s’entrouvre semble-t-il pour rejeter chaque organe contre l’asphalte. Il n’y a rien à faire de toute façon, rien ne peut rattraper la vie qui s’échappe continuellement de cet organisme. Ses paupières coulissent alors que ses derniers gémissements s’éteignent dans l’air. Tout le comprime, du vent à la pierre. Les ailes sectionnées, les bras liés, que peut-il donc espérer ? Des frissons réorganisent sa peau, lui rendent sa dégréable humanité qu’il abolit dans la tranchante vérité de sa nouvelle identité. L’assassin ne veut plus se sentir concerné par une appellation qui sous-entend l’altruisme. En s’alliant à l’écarlate, en le sauvegardant au creux de ses paumes, en l’invitant dans un nouveau jeu d’éraflures, il se promet au seul dessein qu’Abigaëlle lui a défini. Le crime l’accompagne dans l’exigüité de chaque cheminement, dans les miroitements imprécis de sa silhouette décharnée. Il est là au réveil, il est là au coucher. Et même pendant la somnolence. Soudoyé Morphée, l’inviter à percer ses rêveries de clous, d’aiguilles jusqu’à ce qu’il souffre dans l’antre de l’inconscience. Aucun répit. Aucune alternative. Et aucun allié. Les étoiles se désintéressent toujours de son cas. La noirceur étreint les empiècements de son être démantelé. Bientôt, elle l’aura englouti.

    Les pas, il ne les perçoit même pas. Tout est artifice parfois. Ses délires sont fréquents, il sait qu’il perd totalement la tête et ne fait rien pour rattraper la lucidité. Il la regarde volontiers suivre les courbes de sa rousse et terminer leur course six pieds sous terre, blotti contre sa nuque macérée par la mort. Se dévouant à l’inatteignable, il se refuse même à déplier son horizon, il se serre juste un peu plus pour contrer la prochaine menace que son esprit malade lui aura bâti. Sauf que les sons deviennent gestes. Les doigts s’installent sur son épaule, il sursaute, réveille ses articulations douloureuses dans l'opération et étouffe de nouvelles plaintes. La terreur secoue sa carcasse, bloquée dans cette fâcheuse habitude à craindre l’inconnu, omettant sa soudaine passion pour le macabre danger, frôler la limite pour se massacrer. Le changeur se recroqueville davantage, s’attend à la prochaine sentence qu’on lui aura envoyée. Mais la voix n’annonce pas l’orage. Sa respiration devient incertaine. Il accroche les deux prénoms dans un même accident aortique, se tasse un peu plus. La honte sème l’indifférence. Il veut l’éloigner mais sa détresse l’en préserve pour l'instant, la surprise aussi. La seconde caresse le bouscule, il s’oblige à relever les yeux vers l’inaccessible mais se défile aussi vite. « Non, ça... Je n’ai… Rien. » Sa voix se brise en mille morceaux. Le déni se délite. Il ne peut même plus être animal. Il ne peut même plus voler. Il n’est vraiment plus rien.

    Eamon s’impose de seconde en seconde dans les mirages qu’il génère et le tire du coma volontaire. Juste assez pour qu’il puisse faire rebondir ses lèvres sèches. « Tu… Chez toi ? » Le corbeau traîne l’humain sur plusieurs kilomètres, lui perfore le crâne de son bec afin qu’il accepte la requête, le fasse déserter le bitume glacé. Toutes les convenances, tout le chapitre sur sa nudité et sur son secret quasi éventré ne l’effleurent même pas. La survie reprend tous ces droits en ce seul instant. Le français s’enlise dans sa confusion alors qu’il se redresse péniblement. Son squelette craque, cède presque quand il cherche à reprendre de la hauteur. Ses doigts rencontrent la poubelle mais elle bascule, l’emportant dans sa chute. La nausée fracasse son œsophage, il retombe sur le coin des genoux, serre les dents et accuse l’éreintement de ce corps malmené. Personne n’était censé assister à une telle décadence. Ecorché jusqu’aux sentiments qu’il abjure et saigne à chaque heure, ses délits de fuite s’estompent jusqu’à flirter avec le sol. Son ténor aggravé par le déshonneur écaille la quiétude soudainement. « Qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu fiches ici ? » La culpabilité le fusille aussitôt, racle le fond de sa rétine. L’expression change, se mue d’incompréhension, d’égarement en chagrin sans aucune transition. C’est comme ça depuis qu’elle est partie. Plus de mesure, plus de filtre. Chaque émotion s’élance brutalement, sans prendre le temps de s’annoncer, sans même chercher à s’excuser de son impolitesse. « Je ne veux pas de ta pitié, Eamon. S’il te plait. Tu ne me dois rien. » La complainte grelotte en murmure et s’oxyde dans son désastre. « Oublie que tu m’as vu ce soir. Rentre chez toi. » Des ordres qui se terminent pourtant en questions. Ses doigts glissent contre ses côtes endolories. « Et ne dis rien à ta sœur. Elle n’a pas besoin de savoir. » Des murmures qui s’évanouissent. Le voleur se roule quasiment en boule. Que peut-il faire d’autre ? Que peut-il attendre de plus ?

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    MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Mar 5 Mai - 15:42


    Ma respiration s’accélère bien malgré moi alors que l’homme à mes côtés tente de se redresser tant bien que mal. Il clame sa santé quand tout son être semble faible et chétif. Cela ne me trompe pas une seconde, par contre la situation serre mon cœur qui s’affole de le voir en si mauvaise posture. Mes muscles se raidissent, ma gorge s’assèche et mon esprit tente vainement de rétablir un ordre normal de réaction. Actes inutiles tant sa présence, même diminuée, me rend fébrile. Ces réactions sont purement physiques, mais je sais que je dois aller au delà. Je ne dois pas me focaliser sur ce que je ressens ou pense actuellement, mais bien plus sur lui, qui semble avoir besoin d’une personne forte pour le soutenir. Je ne suis pas cet homme, loin de là, mais à la minute, il n’a personne d’autre. La rue est désespérément vide et je semble être l’unique sauveur possible pour lui. Le laisser seul semble être totalement hors de propos, plus encore lorsqu’il chute, lamentablement, après une ridicule tentative pour se redresser seul. Là, je comprends. Je me rends compte d’une chose dérangeante. Je vais devoir le toucher, le tenir contre moi pour l’amener en ma demeure. Mes mains vont tâter sa peau abimée et ce n’est pas la gêne qui me prend à cette idée. Seul le désir s’installe en moi, affolant plus encore mon palpitant et secouant mes membres d’une envie impossible à assouvir. Lentement, je mords ma lèvre, pour m’empêcher un propos déplacé. La situation devient délicate, je me sens de plus en plus fiévreux. La pire maladie du monde s’est emparée de mon être entier et je ne parviens pas à la repousser.

    Lui pourtant s’y emploie avec force. Son ton me fait reculer d’un pas, alors que je m’étais de nouveau avancé pour l’attraper et l’aider à se redresser. Ma silhouette se fige, mes muscles se contractent et je sens une lame s’enfoncer en moi. Lentement, elle me brûle, semble se délecter de ma souffrance invisible et je détourne le regard une seconde, pour m’éviter la honte d’être surpris les larmes aux yeux. Il me faut tout mon courage pour ne pas m’enfuir en courant et me forcer à respirer afin de faire disparaître cette traitresse qui souhaite s’échapper de mon œil en preuve de mon pathétisme. Chaque mot se grave en lettre d’or dans mon esprit, m’achève un peu plus et même lorsque je crois le calvaire terminé, il ajoute encore à la pile jusqu’à l’estocade qui me coupe le souffle. Incapable de respirer pendant une seconde, j’aspire une longue goulée d’air bruyamment et dépose ma main sur mes lèvres ensuite, en une pathétique tentative de ne pas me montrer plus faible encore. Qu’ais-je donc cru en m’avançant vers lui, dans la simple envie de l’aider ?

    Appartenant à ma sœur, je comprends soudain l’intérêt qu’elle peut lui trouver. Il est froid lui aussi. Pas autant qu’elle bien sûr, mais ses phrases indifférentes sont tout autant douloureuse pour moi. Il ne me faut qu’une seconde pour l’écouter et me détourner finalement. Mes pas résonnent dans la ruelle sombre et à chaque seconde d’éloignement, je sens la culpabilité m’envahir. C’est lorsque je m’engage dans la rue principale qu’elle déborde finalement. Un malaise inattendu coupe ma respiration de nouveau et je dois déposer une main incertaine sur un mur à la propreté douteuse afin de ne pas chuter. Malgré moi, mon regard repart vers la rue et la boule qu’il forme m’arrache une larme impossible à retenir. C’est la panique qui m’envahit maintenant et il me faut plusieurs minutes pour finalement calmer la crise qui s’amorce lentement. Je ne peux partir comme ça. Nymeria ne me pardonnerait jamais si je venais à laisser son ami dans une situation aussi peu enviable. Et au delà de ça, je me sens incapable de me détourner totalement de lui. Peu importe son indifférence et sa froideur, je reste bien trop attaché à ce garçon pour le laisser. Je parcours la distance dans l’autre sens et cette fois, je ne lui laisserais pas le choix.

    Ma volonté de l’aider est forte, pourtant, à ses côtés, je me dégonfle presque aussitôt. Incapable d’hausser la voix face à lui, je reste encore une autre minute à l’observer, sans être capable d’amorcer un geste vers lui. C’est compliqué d’agir dans cette situation, pourtant je m’accroupis, dépose une main dans ses cheveux cette fois et reprends finalement. « J’habite à côté. Je partais… m’occuper d’une affaire lorsque je t’ai entendu crier. Tu ne vas pas bien Bastien. Tu pourras essayer de me le faire croire mais je ne suis pas aussi idiot. Je n’ai pas pitié de toi. Je me sens mal parce que je n’aime pas te voir souffrir. J’essaye pas de t’aider pour faire ma bonne action quotidienne, mais parce que tu as besoin de quelqu’un. Malheureusement, t’as que moi pour l’instant, alors tu te la fermes et tu me laisses t’apporter chez moi. Tu vas attraper la crève à de balader dans l’humidité à poil. » Mon souffle est court tant j’ai parlé vite. Trop effrayé à l’idée de me faire interrompre et de ne pouvoir reprendre par la suite, j’ai tout balancé d’une traite et finalement maintenant, je me sens légèrement mieux. Ma main glisse de nouveau jusqu’à son épaule en un geste doux et rassurant et finalement je demande, du bout des lèvres, toujours réticent à l’idée de le serrer contre moi pour l’aider à marcher. « Tu as besoin d’aide pour marcher ? Je t’amène chez moi, c’est juste à côté. Tu pourras prendre un bain. Ca te fera du bien. » Les images mentales se bousculent dans ma tête, m’envahissent et m’empêchent de me comporter normalement. C’est bien trop difficile de faire taire mon désir, mais je m’évertue à le museler pour ne pas de nouveau chercher à m’enfuir.

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      MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Dim 17 Mai - 13:30

      La brume s’échappe de ses lippes, contamine les recoins improbables de cette ruelle désertée par les artifices phosphorescents qui surplombent pourtant la rue perpendiculaire. Il peut les admirer depuis le centre de son gouffre. Là-bas, la vie doit s’écraser contre les façades, se heurter à la brique austère pour mieux crever dans les allées dissolues par le désintérêt collectif de la ville. Reposer près des déchets, dans des greniers que la poussière aura tôt fait d’alimenter, pourrir par perdition, se décomposer contre des objets inanimés et se prétendre éteint, rongé par le même immobilisme, réappartenir au néant avant même la fracture cérébrale. Le brouillard enroule cette autre carcasse qui s’est immiscée aux confins des enfers. Lui, il a encore le choix de fuir avant de franchir le Styx et avant de succomber à la noirceur qui se réinvente dans chaque seconde où l’absence se délite. Eamon s’abîme contre ses syllabes et peut-être qu’en relevant le menton, il pourrait même s’en rendre compte. Mais Bastien se butte au vide pour ne pas commettre l’erreur d’un sauvetage inutile, vain et tout aussi sûrement immérité. L’homme accède à sa volonté sans plus d’éclat. Dans quelques pas, il aura rejoint l’autre trottoir, dans quelques enjambées, il aura retrouvé le coin des vivants. Il sera alors préservé de l’oubli. Le changeur l’observe s’éloigner, sans soulagement, sans satisfaction. Plus il échappe à son horizon, plus les ténèbres se replient. Sa solitude lui lacère l’os et dans un spasme, des mots s’écrasent subitement dans sa gorge asséchée par l’effort et la mort. Ses cris se perdent dans sa carcasse, provoque un écho disgracieux dans son crâne. La peur si vive, si imprévue dans ses entrailles, pousse un bras en avant pour rattraper les bonnes intentions mais la silhouette salvatrice se perd déjà dans l’abime. Alors le français se referme sur la douleur en se punissant d’un geste qu’il n’aurait jamais dû esquisser. De toute façon, c’est trop tard.

      Les pas martèlent le pavé dans une irrégularité qui caractérise les fuites incertaines. Puis, le silence qui s’agglutine à l’orée de sa destruction. Ensuite, il revient avec bien plus d’empressement, ce son quasiment organique qui assouvit les blancs de noir. Le métamorphe redresse son buste replié sur l’acidité interne pour le voir se morceler une énième fois dans son drame. Il articule sur ses lèvres usées par l’abandon, un nouveau gémissement. Comment le faire partir, alors que l’envie devient absolue. Quitter les gouttières, se délester de la pluie juste assez pour reprendre appui sur les toits et filer à nouveau vers un destin laborieux et cynique. Les doigts du nettoyeur se fondent à sa crinière, désarment totalement l’égaré devant une douceur qu'il n'a pu anticiper et qu'il ne s'explique pas. Enfant qu'on voudrait recueillir, promesses d'un refuge. Quand le jeune homme reprend ensuite leur air pour délier ses vérités, le voleur sait déjà qu’il n’est plus à même de perpétrer ses sentences dans l’exil. Il se heurte à la détermination de cet autre qui le surprend dans l’affliction. Chaque terme employé fait craquer son squelette de la même intensité que la transformation avortée. Une souffrance pour une souffrance. C’est presque acceptable tant qu’il va mal. Alors il permet sa suite logique d’un hochement de tête imprécis, un vacillement qui courrouce ses déraisons. De son ténor distendu par l’effort, il s’entend se complaire d’une négation furtive. « Je ne sais vraiment pas pourquoi tu t’obstines… » Parce qu’il y a encore des humains parmi les monstres. Forcément. Et le constater enclenche une nouvelle condamnation dans ces appellations difformes qui lui siéent mieux que ce seul titre. « Je ne … Tu as sûrement mieux faire que de t’occuper d’un taré dans mon genre. » Ne voit-il donc pas qu’il n’en vaut pas la peine ?

      La main de son comparse glisse sur son épaule comme pour témoigner toujours plus de sa présence, de son soutien. Chaque marque d’affection perturbe ses traits rythmés par la scission aortique. Personne ne devrait pouvoir lui prêter autant d’attention. Il n’est pas en droit de la réclamer. L'oiseau élance une main vers la benne à proximité pour la prendre comme appui. Ses forces s’amenuisent de ce seul fait. Il soupire de lassitude. « Je ne crois pas que je vais y arriver seul. » Sa paume s’avance vers son seul allié. Il reprend de la hauteur en le prenant comme pilier au milieu de la défaillance stellaire. Tous ses os accusent une dernière remise en place brutale. Il étouffe un grognement entre ses dents alors que ses jambes vacillent sous son seul poids. L’harassement gagne un degré supplémentaire, il est forcé de poser ses doigts contre le bras de son interlocuteur. Leur proximité l'oblige à s’alimenter de réalité au lieu de vivre de son cauchemar permanent. Sa nudité apparente le bouscule alors enfin. Son secret s’effrite depuis que la détresse est sa seule amie. Sans doute que ça n’a plus d’importance maintenant que l’existence a perdu jusqu’à sa définition première. Dans un souffle rendu rauque par le désespoir constant, il s’adoucit juste assez pour laisser une unique opportunité à sa personnalité dormante de se réapproprier le terrain. « Je suis désolé, Eamon. Que ça tombe sur toi… » Lui doit-il des explications ? Il n’en sait rien. Tout son être endure les lancements provoqués par son obstination à la torture et la nausée talonne chaque grain de tourment. En ravalant une énième plainte, il retrouve une parcelle de lucidité. « On risque de se faire arrêter si on nous voit… Je ne crois pas l’exhibitionnisme soit franchement encouragé. » Il se voit mal expliquer ça à Nymeria. Un vertige en précède un autre, il s’agrippe à son sauveur davantage. Demain, il regrettera sûrement d’avoir plié, gagné par son discours et de l’avoir suivi. Abuser de la gentillesse de cet homme ne fera qu’ajouter plus de culpabilité sur les plaies écartelées par une sollicitude qu’il n’aurait jamais dû accepter.

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      MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Lun 1 Juin - 18:30


      Il me fend le cœur, de ses grimaces et ses paroles douloureuses. J’essaye pourtant d’en faire abstraction, simplement pour ne pas me laisser envahir par mes pensées bienveillantes. Loin de moi le désir de le prendre en pitié. Le brun semble déjà se sentir bien assez mal pour que je n’ajoute pas toute ma bonne volonté, empreinte de bonnes intentions souvent mal interprétées. Soudain je me crispe, mes doigts se resserrent par réflexe autour de son épaule et je détourne le regard, incapable de soutenir la vision qu’il m’impose. Plus encore, j’essaye de ne pas lui montrer mon désarroi face à sa vision de lui-même. taré Le mot résonne à mes oreilles étrangement et c’est au bout de quelques secondes que je réussis enfin à reprendre le dessus sur le tumulte de sentiments qui m’agite. D’un côté, je voudrais lui hurler dessus, lui demander d’arrêter ces insultes et mauvais mots envers sa personne. Je ne comprends pas comment il peut se détester alors que moi, je l’aime autant. De ces sentiments naît une douleur que j’essaye de faire taire et j’y parviens en me préoccupant uniquement de ce qu’il dit. En me concentrant sur sa douleur à lui, je réussis à ne pas me perdre de nouveau dans les méandres de mon esprit retors. « Tu n’es pas taré voyons. Et je n’ai rien de mieux à faire que de m’occuper de toi, parce que je t’en dois une. » Lui était là, à l’hôpital, tout le temps, pour s’occuper de Nymeria, alors que j’en étais incapable. Et c’est encore lui qui semble réussir à atteindre son cœur et je m’émerveille de le croire apte à cela. Rien que pour ces deux choses, si je peux l’aider un minimum, je le ferais. Même si cela me brise le cœur, même si cela me fait du mal, je vais rester à ses côtés, jusqu’à ce qu’il se sente mieux.

      Cependant malgré ma résolution, je sens mon visage s’affaisser légèrement lorsque d’autres de ses mots viennent me heurter. Je les crains tant que mon souffle se bloque soudain dans ma poitrine, la rendant douloureuse. Oui. Il va avoir besoin de mon contact. De mon corps contre le sien dénudé, juste dans l’optique de le soulager dans son chemin vers le repos. Ses doigts d’ailleurs, viennent bientôt m’agresser de leur douceur et ce sont maintenant mes pensées qui se stoppent. Presque figé, je me sens désarmé face à ce contact inopiné et tout mon corps se raidit finalement. Le sang me bats aux tempes et c’est lorsque mon cœur vient cogner brutalement ma poitrine que je reprends ma respiration, presque trop bruyamment pour la discrétion dont j’essaye de faire preuve. Il me faut du coup encore un instant pour reprendre totalement contenance et ce sont ses excuses qui me permettent finalement de passer le bras sous son aisselle afin de lui permettre de se relever. Tous les doutes que j’ai pu éprouver en voulant l’aider, ce sont soudain évanouis face à ses regrets. Il n’est de toute façon plus temps de revenir en arrière et j’esquisse un pas pour quitter la ruelle qui l’a accueillie en son sein ténébreux. « Ne t’excuse pas Bastien s’il te plaît. Je suis ravi de m’occuper de toi. » Mensonge, mais ce n’est pas parce que je ne désire pas l’aider que je lui sers ces quelques mots. Je veux l’aider, même si je suis loin d’en être content. Je suis bien trop peureux des réactions de mon corps pour être pleinement satisfait de la situation.

      Un tremblement d’ailleurs m’échappe alors qu’il se resserre contre moi. Il est involontaire et si ma poigne se resserre autour de lui, je saurais le justifier par la prise incertaine que j’exerce sur lui. La vérité pourtant est tout autre et je retiens avec peine les impulsions qui me parcourent maintenant. Sa proximité est bien trop difficile à encaisser pour moi et je souffle une seconde, comme pour maitriser mon corps, qui se met à trembler plus et plus, à mesure que les secondes passent. « Bastien je… Oui. Tu as raison. On devrait se dépêcher de rentrer chez moi avant que les peacekeepers nous tombent dessus. » Et lorsque mes paroles se fanent, c’est un nouveau tremblement, plus imposant que je ressens soudain. C’est ce dernier qui me pousse à avancer plus vite, sans inquiétudes pour celui qui est censé me suivre. Je le sais pourtant faible, mais mon désir se fait bien trop important pour rester trop longtemps contre lui. Mon bas ventre d’ailleurs devient douloureux mais je m’efforce de ne pas y penser, afin de faire passer cette envie oppressante de lui imposer mes lèvres d’un baiser. « Qu’est ce qui t’es arrivé pour que tu termines dans cette rue nu ? Tu t’es fais tabasser ? » Et le changement de sujet me semble être la meilleure des options afin d’oublier et laisser derrière cette faiblesse désagréable qui s’est emparé de moi pour ne plus me lâcher…

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        MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Mar 16 Juin - 1:51


        Paroles en italique = français

        La condescendance des vérités n’a nul égard pour les sentiments qui se déploient de la gorge aux entrailles. Elle le scinde en parts inégales, petit bois pour le bûcher de la Fortune, viande prémâchée pour le cannibalisme prophétique. A croire qu’on lui a dicté ses pas depuis le commencement, depuis la cassure financière de ses parents à cet instant. Comme si tous ses pêchés s’étaient rassemblés pour l’acculer dans ses dernières réserves, pour qu’il aille jusqu’à l’entaille des veines et laisse filer la malédiction dans la mort. A quel dieu aurait-il dû se vouer pour croire à l’absolution ? Le ciel est vide, sec comme la pupille qu’il traine sur l’allée, sur la silhouette qui n’a toujours pas déserté ses champs de bataille. Il sonne depuis sa garnison, le retrait imminent. Il insiste, persiste. Muse des éventrés qui perçoit le carnage et invite à la paix. Le français devine la bonté sans mal derrière la parure de mots qu’il lui sert comme collier. Chaque fait de générosité l’étrangle dans la submersion de sa propre humanité. Animal attaché, il se surprend à souhaiter l’abolition de ses choix pour les offrir à d’autres, à lui en ce moment même. Ne plus devoir anticiper, s’anesthésier l’avenir sans plus de fracas. Le vrai réconfort se maintient dans cette réalité, se décompose contre la chaleur d’une épaule qu’il prête au métamorphe brisé par son écaillement interne. Ce soutien physique et bien plus moral encore, ramène les crimes au creux de ses mains qu’il tend pour un sauvetage immérité. Autant de cratères pour la lune qui toise cette infamie. Tout ce qu’il touche n’est voué qu’aux cendres. Que risque donc son ami pour avoir le cœur trop proche de la peau ? Le voleur craint de l’apprendre à ses dépends ce soir. Il craint d’ajouter de nouveaux noms à cette liste interminable.

        Et la première du nom s’accroche à sa rétine une fois de plus. Il en rate un mouvement, se sent trembler depuis le champ de confinement aortique jusqu’à la fissure qui se crée entre ses sourcils arqués de douleur. La subtilité verse l’eau au vin et il se retient férocement à son acolyte en cherchant à détourner ses yeux de l’apparition  invoquée par son esprit malade mais son attention se centre autour de cette silhouette fantomatique qu’il dessine dans l’anxiété. Il a l’impression qu’il doit s’excuser, s’agenouiller, repousser les bras que son interlocuteur lui prête et l’implorer pour qu’il le roue de coups à la place. Pourtant, sa langue rattrape la peine, laisse un murmure s’échapper pour répondre à l’interrogation.  «  En quelque sorte, oui… » La vie ne l’a-t-elle pas frappé jusqu’à le laisser pour mort ? A moins que ça ne soit que la créature furieuse qui se refuse à son corps éprouvé par le chagrin ? Il ne sait plus qui de l’homme, qui de l’oiseau subit ce deuil. Mais cette scission fendille toujours plus cette enveloppe de non-sens. Au milieu de sa confusion, pendu aux lippes de son mirage, il s’entend bredouiller dans sa langue maternelle des grommellements qu’il n’adresse qu’à lui.  « Je n’ai pas réfléchi à… Je ne réfléchis jamais de toute façon… »  L’hallucination se dissipe alors peu à peu tandis qu’il s’accroche de plus en plus au seul pilier qui lui permet de mettre un pied devant l’autre sans s’écrouler. La fatigue revient et avec elle, le décor se secoue juste assez pour qu’il doive faire acte de présence, ne pas succomber à l’envie de tout relâcher pour terminer sa course au sol, inconscient.

        Alors il rattrape  la sémantique échouée dans ses divagations un peu plus tôt. Il revient perturber la fausse quiétude d’une rue par chance déserte en l’abimant de son timbre frictionné par le macabre. « Je n’ai pas compris, Eamon … Tu m’en dois une ? A quel propos ? Je ne pense pas que tu aies contracté la moindre dette à mon égard alors… »  Ses paupières basculent, ses cheminements s’envolent et il soupire pour marquer un point au lieu d’adapter sa virgule. « De toute façon, je… Je ne devrais pas m’attarder et t’occasionner d’autres… » Les convulsions reprennent si abruptement qu’il se replie, un bras contre l’estomac. Il croit pendant une fraction de seconde que la transformation va aboutir cette fois-ci à la vue de témoin. Le pluriel est à craindre. «« Merde. » Et puis, il se rappelle qu’il s’en fiche. Il se souvient que plus rien n’a d’importance. Quelques os craquent mais le processus se fige aussi vite et il se redresse à bout de souffle, comprimant le bras de son allié de ses paumes pour ne pas se confondre à l’obscurité qui noircit un peu plus les recoins de son âme. L’intuition bestiale le compresse aussi vite, comme un second avertissement. Il fait courir dans la torpeur nocturne une seule ligne mélodique. Oracle des mauvais instants, il expulse les sons avec la rapidité dont il peut encore faire preuve. «« Faut qu’on se dépêche, je crois que quelqu’un arrive. » Le danger, peu importe. Mais peut-être qu'au milieu de son égoïsme, dans toute sa démesure, il éprouverait une autre forme de culpabilité à entrainer vers le fond, cette autre personne qui n’a de faute que sa gentillesse.

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        MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Mar 30 Juin - 17:23


        Le tremblement de l’homme fait écho au mien, me rend mal à l’aise et je crains une seconde de m’être dévoilé en laissant mon corps réagir de cette façon. Pourtant, alors que mon regard s’égare vers son visage, je le remarque bien inconscient du tourment qui m’agite depuis que notre contact s’est effectué. Une soudaine crispation prend mon corps tout entier et je ferme les yeux une seconde pour tenter de reprendre contenance. Ses propos m’affolent plus qu’ils ne le devraient et alors que chaque mot vient brûler la moindre cellule de mon cerveau, j’en viens à l’atroce conclusion que quelque chose de terrible lui est arrivé. Idées folles qui se bousculent et j’en viens à envisager viols et passages à tabac sans merci. La seconde option semblant moins probable, du fait du peu de contusions visibles sur son corps que j’ai observé bien malgré moi, je commence à me révolter doucement de l’injustice qui lui a été faite. Totale spéculation pourtant, j’ignore complètement ce qui lui est arrivé puisqu’il refuse de m’en dire plus, mais j’affabule, imaginant le pire pour cet être si cher à mon cœur. Si bien que je me retrouve privé de paroles et je préfère donc garder le silence, plutôt que de tenter de m’exprimer de façon totalement pathétique. Je m’efforce de rester droit comme un i, concentré sur mon but de l’emmener jusqu’à chez moi, pour ne pas m’interroger sur la suite de ses propos. Incompréhensibles pour moi, ils ont probablement été énoncés en français ou espagnol, pour ce que je connais de ces langues. Et d’un côté complètement égoïste, je me retrouve vexé d’être ainsi écarté. D’une simple utilisation d’un dialecte étranger, je me retrouve comme un vulgaire inconnu qui aiderait son semblable dans la rue et ma stupidité ne me permet de réagir que de la pire des façons, à savoir comme un enfant à qui l’on vient de dire de se taire car les adultes parlent. Au fond de moi, je suis conscient que le français n’essaye pas de me faire du mal et qu’il n’a probablement pas eu conscience de parler ainsi. Je prends donc sur moi, continue à mettre un pied devant l’autre, difficilement, en regardant droit devant moi pour me donner le courage dont je suis actuellement dépourvu.

        Et de nouveau, sa voix s’élève dans la nuit et d’une impulsion, je laisse un son s’échapper de ma gorge. « Oh euh… » Ma gêne est cette fois palpable et je me retrouve incapable de lui répondre immédiatement. Mon esprit sait clairement pourquoi je me sens redevable du brun, mais l’expliquer me paraît soudain insurmontable. Pourtant je prends une voix douce et tente de mettre des mots sur ce sentiment qui me tient depuis quelques temps. « Je ne pourrais jamais te remercier assez pour ce que tu as fait ce jour là. Et même après. Tu as sauvé sa vie tu sais. Et tu as été là pour elle, tout ce temps, alors que j’étais incapable de montrer ma face. Mais au-delà de ça, même si tu n’avais pas fait tout ça… Je refuserais de t’abandonner là. Tu mérites mieux. Et je souris, autant pour le rassurer que pour ne pas sembler trop étrange. L’échec pointe bientôt pourtant puisqu’il essaye de nouveau de se débarrasser de moi, blessant encore un peu mon cœur écorché, sans probablement s’en rendre compte.

        Cette situation semble intenable et pourtant je remarque bientôt que quelque chose se passe. Il se tend, des bruits inquiétants se font entendre au sein même de son enveloppe et une vive inquiétude vient remplacer l’éphémère perte de confiance. L’injure s’échappe jusqu’à moi et je me détache juste assez afin d’observer Bastien un peu plus en détail. La poigne sur mon bras s’affermit, en devient presque douloureuse et par instinct, je me rapproche finalement, pour le nourrir de la chaleur de mon corps. Je n’ai pas compris ce qui vient de se dérouler, mais une chose est sûre, je reste là, à son côté, juste assez pour qu’il se sente un peu rassuré. Pourtant moi-même, je sens un accès de panique poindre alors qu’il m’enjoint d’aller plus vite. Si quelqu’un arrive effectivement, il ne vaut mieux pas traîner dans le coin alors j’accélère le pas sans considération pour sa douleur, quelle qu’elle soit. D’un geste sec, je tire l’homme vers moi et enfin j’aperçois la porte qui nous fera entrer dans le bâtiment où je vis. Paranoïaque, j’entends les sons imaginaires de nos poursuivants que je ne vois pas et c’est hors de souffle que passe finalement le pallier et referme la porte avec hâte. Le hall de l’immeuble est désert si bien que je lâche mon ami pour m’adosser à la porte et murmurer. « On a eu chaud. Si on nous avait trouvé… » Je ne termine pas ma phrase pour finalement reposer mon regard sur le corps fatigué de l’homme qui agite mes pensées. Mon palpitant s’emballe, je rougis soudain et je laisse échapper un glapissement de désir incontrôlé, sans réussir à m’en empêcher. Ma rougeur s’étend, me chauffe le visage et soudain gêné, je détourne le regard en hâte, incapable de l’observer plus longtemps sans lui sauter dessus… « Oh Bastien… » Ces deux mots ressemblent plus à un gémissement qu’autre chose si bien que je voudrais une pelle afin de pouvoir m’échapper six pieds sous terre…

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          MessageSujet: Re: Each word gets lost in the echo [PV Eamon]   Dim 5 Juil - 23:55

          Le mérite, un paquet dont on s’encombre volontiers s’il peut encore alléger les épaules. La récompense d’une action menée à terme, d’une succession d’efforts qui n’aura pas été vaine. La gratitude pour seule monnaie d’échange et à elle seule, la satiété de l’existence. Rien de plus émotionnellement adéquat que l’allégresse aux pieds du remercié. Autrefois, l’anonymat le préservait de la totalité du résultat bien que ses crises d’idéalisme lui grappillaient une reconnaissance muette, suffisante pour créer de nouvelles arabesques dans son estomac. Maintenant que ses crimes ne se comptent plus qu’en délits mineurs et qu’ils ne font le bonheur de personne, il est privé de toute qualité. Croupir dans ses vagues de laideur semble adapté, bien plus que sombrer, l’âme en péril sous une trainée de constellations vides. Sauf qu’Eamon a tranché l’obscurité et qu’il a profané la malédiction, l’éraflant d’un service qu’il n’a rendu hélas qu’à Hadès. Et encore. Les Parques ont décidé de la préserver. Mais n’a-t-il pas été que l’instrument de sa perte ? Et n’a-t-il pas cessé depuis de la traîner dans ses abimes d’inconvenance en se l’appropriant de la pire façon qu’il soit ? Courir après sa peau en la prétendant autre, entretenir une illusion pour oublier la bile, juste assez pour se penser homme parmi les monstres alors qu’il dilapide la réalité et l’oblige à jouer une farce ignoble. Elle est la pilule qui assassine l’insomnie, la drogue qu’on s’insère par intraveineuse en espérant en crever par overdose pour ne pas en supporter le sevrage, loin des divagations. La morphine pour le mourant, l’héroïne pour la dépendance. Nocive toxine, éphémère mirage qui salit l’âme, le cœur et l’estime. Et qui à chaque réveil, rend le vide plus exigüe, plus abyssal encore. Mais elle n’est pas l’erreur. C’est lui, le parasite. L’esprit malade et corrompu par le meurtre qui croit pouvoir prétendre à sa renaissance.

          Son ami ne pense qu’à blanchir ses ailes. Il prend le corbeau pour la colombe. Cette duplicité fait suffoquer le métamorphe. Encrassé par sa culpabilité, il expire la suie. « Quoi ? Non… Mais non… Je n’ai … C’est l’inverse… » Le cœur remonte jusqu’à s’empaler sur les côtes. Les scènes se succèdent. La voiture, les débris. La panique. La civière et ses couleurs intenables en un ballet funeste. Le corps désarticulé. Le souffle s’échappe et succombe à la seconde. « C’était ma faute… Je ne mérite rien du tout. » Il doit le remercier de ses phalanges et non de sa langue. Le changeur est à deux doigts de le bousculer sur cette voie, d’entraîner la provocation quand l’intuition s’insinue pour froisser son échine. La conscience oscille dans la souffrance physique que l’animal lui concède. Pas suffisante pour taire ses pêchés ranimés par l’excès de conversation. La marche prend des allures de course, torsade les muscles endoloris. Il se force à mettre un pied devant l’autre et à éprouver sans réserve la déconstruction de sa chair. Ils se précipitent dans l'entrée sans plus de cérémonie. Relâché, le français manque de basculer. Son épaule trouve refuge contre la première paroi à sa portée. Le rythme cardiaque s’élance toujours plus ardemment, la respiration chaotique entretient la tension. Las, il ferme les paupières pour écouter les paroles alliées. Le gémissement éclate et le fait sursauter juste assez pour émerger de cette somnolence, désarçonnant la fausse quiétude du hall par sa soudaine anxiété. Croyant à une autre menace, il se redresse, bondit littéralement pour s’enfuir mais constate que seul le silence répond à son attitude revancharde. Le jeune homme a sûrement voulu exprimer sa peur. Un soupire, les doigts qui courent sur le flanc qui grince encore et il reprend l’air pour s’exprimer en sons traînants et rauques. « Pardon… Je suis désolé. Je t’ai vraiment foutu dans les pires emmerdes ce soir. Mais ne t’en fais pas. Je ne resterai pas longtemps. Il me faut juste… Quelque chose pour me couvrir et ... Ca suffira. » Pour rentrer, s’écraser sur le plancher, se torturer en souvenirs, les lames du parquet sous l’ongle.

          Des pas cinglent leur environnement tissé de frayeur et d’harassement. Le français se jette sur l’ascenseur et invite Eamon à le suivre d’un mouvement de main. Les portes se referment juste à temps avant que les passants ne dévalent les dernières marches pour les distinguer. Les coudes du fumeur s’accostent à la barre métallique. « Il s’en est fallu de peu… » Sa main se replie sur son front, chasse fictivement la migraine qui éclot dans la forte lumière apportée par le plafonnier. Néon blanchâtre qui rend opale l’épiderme rosée. Dans cet espace étroit, sans doute peut-il mieux faire face à sa nudité et à l’indécence de la situation. L’embarras le submerge suffisamment pour qu’il décide de lui tourner le dos vainement. C’est trop tard pour la pudeur. « Je te dois sûrement des explications… Tu les mériterais après tout ça… » Ses paumes sont moites contre le fer glacé qui lui tient lieu d’appui. C’est douloureusement inconfortable. « S’il te plait, ne dis rien à Nymeria… Je sais que je suis pas en droit de te réclamer cette faveur mais… Je n’ai pas envie qu’elle sache. » Il déglutit difficilement, laisse sa sueur froide se transformer en longs sillons sur ses tempes et repousse le malaise qui l’accompagne. Le vertige revient mais il resserre sa prise pour garder le peu de dignité qui lui reste encore. Ca ne pèse pas beaucoup dans la balance. Ca ne ressemble déjà plus à un grain de riz au fond d’une bassine. Mais c’est tout ce qui lui permet de ne pas supplier cet autre de l’achever dans la seconde suivante.


          _________________

            Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
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          Each word gets lost in the echo [PV Eamon]

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