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 Eat, Bite, Picnic ✝ PV Rafael

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MessageSujet: Eat, Bite, Picnic ✝ PV Rafael   Jeu 18 Oct - 16:36

    Marcher, la tête haute, le port et l’allure fière, ne pas prêter attention aux autres. Je savais très bien ce qu’ils pensaient de moi, j’avais honte d’être ce que j’étais, d’être ici… Mais il le fallait…
    La 4, la mal famé, la pauvre, la zone interdite pour une petite 1 comme moi. Bourgeoise, orgueilleuse, prétentieuse, je les entendais d’ici toutes ces choses qui se disaient sur moi… Le pire c’est qu’il n’avait pas tors… Voilà pourquoi je ne pouvais réagir, voilà pourquoi je devais me taire et avancer. De toute façon, j’étais une 1 et je n’avais rien n’a dire dans la 4. Mon rôle ici n’étais pas de chercher embrouille à qui que ce soit, il fallait juste les comprendre. Toute cette misère… Elle me faisait mal au cœur quand je voyais l’opulence, la richesse, qui coulait à flot de part chez nous. Le paradoxe de cette vie, tant de possibilités qui se côtoyaient, si proche, si accessible et pourtant si lointaine, si restreinte… La zone 4, zones nourricières, zone sans laquelle nous ne serions rien, et pourtant zone de pestiférés, de pauvreté. La vie était tellement mal faite, comment des hommes aussi stupide que mon père pouvait-il se goinfrer tous les jours à ne rien faire, alors que des gens comme ceux-ci mourraient de faim au travail… J’avais mal au cœur, il fallait que je parte d’ici… J’avais honte, tellement honte…

    M’éloignant du bourg, je calmais ma respiration, tous ces regards portaient sur moi m’oppressais, quelle idée avais-je eu de venir toute seule ici. Je le savais pourtant ! Je le savais, mais non encore cette brusque envie de fuite, d’ouverture, de liberté ! Cette stupidité dont je pouvais faire preuve parfois. Hum… Je m’énervais toute seule. Il fallait que je me calme. Ces gens savaient qui j’étais, enfin plutôt ce que j’étais. Rares sont les personnes de mon « statu » qui viennent en 4 pour se promener dans la forêt, il y a plus fun ! Oui, ils savaient ce que j’étais, et ils ne faisaient pas impasse dessus par pure courtoisie non plus. Si venant de ma part, ils ne risquaient rien, ce n’était pas le cas avec tous les métamorphes. Je savais qu’ici je n’avais pas grand-chose à craindre, le coin était calme et les habitants bien que vénéneux, pas bien dangereux.
    La route ne ressemblait plus à rien maintenant, on n’essayait même plus de cacher, de sauver les apparences comme en ville. Ici tout était mort, plus rien ne valait la peine de vivre, de se battre.
    La seule chose rayonnante en ces lieux, c’était la forêt. Elle était la vie, elle était la mère de toute chose, elle était puissante. Je m’avançais tranquillement dans celle-ci, le calme était de mise. Elle, si majestueuse, bordait cette route désastré, rongé par le temps et les hommes. Le paradoxe était à son paroxysme, elle ne semblait pas avoir sa place ici, elle aurait dû se trouver dans un lieu où sa grandeur n’était pas ternie. Le village, la route tout semblait si apocalyptique, chaotique, l’espoir d’autre chose avait disparu. La forêt vivait, les Hommes mourraient. Luxuriante et verdoyante, elle étincelait dans son écrin. Un écrin de dureté pour tant de beauté. Elle était le bijou de la 4, leur gagne pain, leur tranquillité, leur espoir. Tout semblait s’être concentré en ce lieu. C’était inexplicable.
    Pourtant peu de monde connaissait cette forêt, et moins encore osé s’y aventurer ou y mettre un pied. Tout comme une plante carnivore, elle était aussi belle que dangereuse. Sa luxuriance était apte à accueillir une faune et une flore dès plus sauvage, s’y promener seul et inexpérimenté pouvait se révéler être très périlleux, voir même être la dernière chose que vous accomplirez dans votre vie.
    Étrangement c’était la raison de ma présence ici. Je pouvais être seule, au calme. Plus de père avec son dégoût, plus de Lorenzo avec son stresse, plus de Jude avec tout ces sentiments… Jude… J’étais tellement perdu, je ne savais vraiment pas quoi faire ni comment réagir face à ce que je ressentais. Il était tout à la fois… Ma fin, mais aussi mon commencement… Le pire c’est que je n’avais aucune idée de ce que je pouvais m’attendre de sa part. Néanmoins je ne devais pas penser à mes sentiments pour le moment, je devais rester concentré sur mon objectif, mon but. Maintenant j’allais changer. J’abandonnais ce monde triste pour partir dans un monde plus sauvage, vivant, impitoyable. J’allais pouvoir commencer à vivre.

    Tout en réfléchissant j’avais continué mon chemin à travers les arbres et les broussailles, jusqu’à mon but. Un arbre déraciné, sa souche formant la cavité appropriée pour que je puisse me déshabiller et y laisser mes affaires. Ici je ne craignais rien, j’étais loin de tout. Enfin presque tout. Un peu plus loin se trouvait mon coin de jeux favori, Les Vestiges comme tous le monde les appelle ici ! Endroit effrayant de jour comme de nuit où la malédiction d’Anubis s’abattrait sur quiconque oserait y mettre les pieds ! J’en riais déjà ! Le nombre de fois où je m’y étais aventuré seule, et jamais aucune malédiction ne m’avait frappé. Superstition de villageois voilà tout. En tout cas, elle avait son effet car je n’y étais jamais embêté, et ce pour mon plus grand plaisir !
    Me déshabillant je posais avec précaution mes affaires sous la souche, laissant l’air de la forêt m’envelopper tel un châle de douceur. Pour la première fois depuis une semaine, j’étais bien. J’étais calme. Mon corps frissonna, il savait, il sentait ce qui allait se passer. Il avait de plus en plus l’habitude de ces transformations, la douleur était un lointain souvenir maintenant. Cette déchirure du corps, de l’âme, elle avait disparu. Nous n’étions plus qu’un seul et même être. Panthère et femme, féline et humaine, sauvagerie et délicatesse, nous étions cela, nous étions moi.
    M’allongeant le long du tronc d’arbre, je laissais mon environnement m’envahir les sens, je me laissais emporter les yeux fermés. Le vent m’amena loin d’ici, emportant mes pensées avec lui, les odeurs, je disparaissais sous leurs effluves, je n’étais plus rien, tous ces sons, ils rythmaient mon changement bientôt je courrai à leur rythme. Déjà je sentais mes muscles et ma chair fondre pour prendre leur nouvelle forme, cette douceur qui se répandait sur tout mon corps, cette chaleur, cette vie.
    Ouvrant les yeux, j’étirais mon corps, détendant mes muscles, les faisant rouler pour voir si tout était en place. Heureuse, pour l’être, je l’étais et je voulais le crier au monde ! Cédant à une pulsion purement sauvage, je rugis, encore et encore ! J’étais libre ! Le monde devait le savoir, j’étais libre et heureuse. Me relevant sur mes 4 pattes, je montai sur l’arbre le plus proche. J’avais tellement plus de possibilité ainsi ! Et cet environnement… Je voyais tout, j’entendais tout, j’avais faim ! Riant de ma propre pensée, j’observais les alentours, comment un félin examine son territoire avant de partir en chasse. Tout était tranquille comme à mon habitude, peut être même un peu trop, mais je repérai une odeur d’herbivore un peu plus loin, qui me conviendrait parfaitement et cela éloigna cette étrange pensée de ma tête. Descendant de mon arbre, je me mis à courir rapidement dans la direction que le vent m’indiquait. J’adorais cette rapidité d’action, cette vitesse, cette impulsivité.
    Accélérant encore, je fonçais dans la gueule du loup sans m’en rendre compte. Fixé sur l’odeur de mon futur repas, je ne remarquais pas la nouvelle effluve. D’abord légère et lointaine, au fur et à mesure de ma course, elle s’accentua jusqu’à m’alerter réellement ! Trop tard… Ils étaient là, devant moi. Chasseur en chasse, armé. Le temps se figea, aucun de nous n’osait bouger, pour eux j’étais un cadeau inattendu, la prise qu’il ne fallait pas rater, le gibier exceptionnel ! Il savait ce que j’étais, je le lisais dans leurs yeux. Humaine ou panthère peu leur importait, ils me voulaient morte. Je devenais le chasseur chassé. Je devenais la proie.
    Sans vraiment m’en rendre compte, je repris ma course, plus vive encore, plus rapide. Mon but avait changé. Maintenant je courrais pour ma vie. Changeant de direction, je me dirigeais vers les Vestiges, les superstitions ne devaient pas avoir une grande emprise sur eux, mais ces lieux étaient un vrai labyrinthe et j’avais l’avantage de le connaître par cœur.
    Ces hommes n’en étaient pas à leurs coup d’essais, ils étaient rapides et le terrain accidenté ne semblait pas les ralentir. Mes pattes commençaient à souffrir de cette course effrénée, je sentais le sang couler à certains endroits et mes cousinés étaient en feu. Il me faudrait du temps pour récupérer… Encore fallait-il que je m’en sorte. J’avais toujours le combat à mains nue, mais je me voyais mal nue face à cette bande de rustre, me combattant pour vivre. Je pouvais à présent voir la percée entre les arbres, les vestiges n’étaient plus qu’à quelques mètres. Les parcourant rapidement, je commençais l’escalade d’une des maisons les plus proches. J’avais eu raison, la superstition ne leur faisait pas peur. Bien qu’ils aient ralenti, ils me suivaient dans les méandres de l’Antiquité.
    Continuant mon ascension, je tentais de me cacher sans grande conviction dans des éboulis. La nuit j’aurais eu une chance de m’échapper facilement, mais en pleine journée la chasse s’annonçait mouvementé. C'était à mon tour de jouer maintenant. Il fallait que je les sépare, que je reprenne mon ascension sur eux. Qu'il devienne les souris et moi le chat. Que le jeu commence...

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MessageSujet: Re: Eat, Bite, Picnic ✝ PV Rafael   Mar 23 Oct - 20:58

    Il courait. Il ne savait plus depuis combien de temps, il avait perdu cette notion depuis des heures, et il n’en avait absolument rien à faire. Il courait, avalant la distance sans que rien ne le freine. Il n’avait aucun objectif, il ne savait même pas dans quelle direction il courait. Tout ce qu’il savait, c’était la sensation de vitesse, le martèlement de ses pattes sur le sol, le vent qui filait à travers sa fourrure. Une sensation grisante, la meilleure qui soit, et il s’y abandonnait sans condition. Il avait découvert ça il y a bien longtemps, dans ses premiers mois en tant que loup, quand la dualité dans sa tête avait failli le rendre fou. Il s’était battu contre cette présence étrangère, il avait refusé en bloc cette métamorphose et avait tenté de se rattacher à son humanité dans le vain espoir de retrouver son corps, mais il ne pouvait pas changer sa nature et il avait du accepter tant bien que mal la présence du loup en lui. Et la réconciliation avait eu lieu quand il s’était mis à courir, fuyant désespérément son passé sans jamais réussir à l’abandonner. Mais la course lui avait fait un bien fou, et pour la première fois, il s’était senti apaisé. Le destin avait fait qu’il soit changé en loup, le carnivore le plus endurant de toute la création, et puisqu’il ne pouvait pas redevenir humain, il avait fait de cet avantage un des rares réconforts qu’il pouvait puiser dans cette forme. Il avait beau dire, même s’il détestait ce pouvoir et qu’il aurait tout donné pour en être débarrassé, il prenait un plaisir immense à se transformer pour courir, comme il le faisait actuellement. Il laissait le loup prendre le pas sur l’homme, il ne pensait plus à rien, il oubliait qui il était. Loin du Président, ainsi que d’Azzura et de Pirro, loin des jeux, loin de ses obligations. Il n’était plus qu’un animal, dont les muscles puissants pouvaient le mener où il le souhaitait, sans que les barrières humaines ne puissent le stopper. Il était libre, enfin. Et il en profitait pleinement.

    Autour de lui, le paysage se modifia, sans qu’il n’en ait réellement conscience, mais preuve qu’il avait mis beaucoup de distance entre lui et son point de départ. Il avait quitté son cops dans la zone 3, après une journée en mission qui lui avait fortement déplu. La course était une récompense tout autant qu’un moyen pour évacuer la pression après avoir passé des heures à évoluer dans la misère, dans ce coin du pays qui lui flanquait le cafard. Quand il fini par ralentir, la gorge en feu et l’estomac vide, il reconnu autour de lui un décor qu’il connaissait bien, pour y être venu chasser plusieurs fois. La zone 4, aussi pauvre que luxuriante, où il détestait se rendre sous forme humaine, mais qu’il adorait traverser quand il était un loup. Il n’avait pas eu l’intention de s’y rendre, mais il était assez content, finalement, que ses pas l’y aient mené. Le gibier y était abondant, et le territoire était si vaste qu’il pouvait le parcourir sans jamais rencontrer personne. Mais alors qu’il buvait à un ruisseau, les sens aux aguets, il fut bien vite démenti. La plupart du temps, il ne rencontrait personne. Mais aujourd’hui, il risquait bien de croiser un ou deux humains, vu les bruits qu’il entendait et qui se rapprochaient à grande vitesse du point où il se trouvait. Il s’éloigna à pas feutré, aussi silencieux qu’une ombre, n’ayant aucune envie de faire la moindre rencontre aujourd’hui, mais également désireux de garder les hommes à l’œil … Et d’en savoir un peu plus. La curiosité, bien humaine, avait ressurgi en lui, et il voulait voir ce qui pouvait pousser ces gens à faire autant de boucan, aussi profondément dans la forêt. Décrivant un cercle assez large, afin d’être sûr de ne pas croiser malencontreusement leur route, il se dirigea vers ce qui semblait être leur cible. Sa curiosité fut d’autant plus exacerbée quand il reconnut les ruines autour de lui, vestiges d’un passé lointain que les croyances locales avaient entouré d’une sorte de malédiction. La plupart des bipèdes s’en tenaient loin, par peur de se voir pousser des antennes ou de mourir foudroyé, sans doute, mais les animaux y étaient chez eux. Et les humains qui se rapprochaient à toute vitesse ne semblaient pas le moins du monde effrayés par la menace des vestiges, ils se dirigeaient droit dessus … Et leur proie aussi. De loin, Rafael vit passer un éclair de fourrure, et il comprit immédiatement la motivation des hommes. La chasse. La faim. La zone 4, si pauvre et affamée qu’elle en venait à repousser toujours plus loin les limites. Cet animal qu’ils poursuivaient ne faisait pas partie des gibiers habituels, mais Rafael pouvait aisément comprendre que cela ne les arrête pas. Il savait quel effet cela pouvait faire, d’être un prédateur sans proie, d’avoir le ventre vide et d’envisager n’importe quoi pour le remplir … Mais alors qu’il allait se retirer pour les laisser poursuivre leur chasse, il reconnut l’animal qui fuyait.

    Rafael ne côtoyait pas énormément de métamorphes, du moins pas volontairement. La plupart d’entre eux le dégoûtaient comme il se dégoûtait lui-même, mais il y avait quelques exceptions, agréables petites bulles qui lui faisaient se sentir un peu moins seul dans sa malédiction. Et la panthère qui filait devant lui, fuyant les chasseurs, était une de ces exceptions. Il ne pouvait pas décemment la laisser se faire dévorer par des hommes affamés … Et puis, il avait faim, lui aussi. S’il écoutait uniquement le loup, et il devait n’écouter que lui pour faire taire sa conscience, il y avait là un repas potentiel qu’il n’avait pas pu goûter depuis longtemps et qui lui faisait soudain très envie … Avant même que Rafael ne puisse trancher, le loup pris la décision a sa place et se mit en chasse. Les chasseurs devinrent les chassés, et l’excitation de la traque le submergea totalement, effaçant sa conscience humaine pour ne plus laisser place qu’au carnivore avide de sa dose de sang chaud. Très rapidement, il avala la distance qui les séparait, les rattrapant sans grande difficulté. Il se contenta d’abord de courir à leur hauteur, jusqu’à ce qu’ils le remarquent. Il poussa alors un grondement et se jeta sur le premier homme à sa portée, le faisant rouler au sol, ses crocs cherchant à atteindre sa jugulaire. Dans un coin de sa tête, il espéra vaguement que la panthère ferait demi-tour pour venir s’occuper du second chasseur – un loup seul ne s’attaquait jamais à des proies aussi dangereuses. Mais il ne perdit pas de temps à s’en assurer, tout à sa lutte avec l’humain. Rafael n’avait plus son mot à dire, et les instincts reprenaient le dessus. Il savait exactement comment se mouvoir, comment frapper … Comment tuer. Le sang gicla, chaud et savoureux dans sa gorge, et le loup s’en réjouit. C’était un plaisir simple, sans aucune arrière-pensée, sans cruauté aucune. A ses côtés, il vit que la panthère l’avait rejoins, et que le second chasseur n’avait pas eu plus de chance que son compère. Les prédateurs avaient achevé leurs proies et se rassasiaient de leur chair pour ne pas mourir de faim, c’était ainsi que les choses se passaient. Mais le loup n’eut pas le temps de savourer bien longtemps son repas, car dans un immense effort de volonté, Rafael le repoussa loin de lui et reprit forme humaine. Complètement nu, et couvert de sang. « Génial. » Maugréa-t-il en s’essuyant la bouche, la saveur de sa proie le faisant grimacer. Il se détestait quand il faisait ça, et il détestait encore plus d’y avoir pris du plaisir. « La prochaine fois, tu te débrouilleras toute seule, vu ? » Lâcha-t-il à l’intention de la panthère.
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