AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Ven 24 Avr - 13:59

Besoin d’une cautérisation ?






Bastien & Judy

Décidément, les affaires ne marchaient pas tellement au niveau de la galerie. J’en avais bien conscience. Les gens ne pensaient pas spécialement à acheter une oeuvre d’art quand le gouvernement était aussi strict. Il y avait d’autres priorités mais… C’était mon univers qui était posé sur les murs de mon environnement. Tout semblait différent dès qu’on franchissait la porte de mon magasin. Comme si cet endroit était hors du temps, hors de la folie des hommes, lové dans un passé que tout le monde souhaitait retrouver. Laissant là l’admiration d’une ancienne photographie représentant New York sous le soleil, je laissais échapper un léger soupire avant de prendre mon sac à main. Il était temps de fermer maintenant, sept heures avait sonné et je devais retourner à l’appartement d’Abbigaëlle avant de rentrer chez moi. Et puis, je ne tenais pas spécialement à retrouver mon cher époux, incapable de rester sobre plus de trois jours d’affilés.

Je fermais la porte de la galerie à double tour puis baissais le rideau de fer qui grinçait, menaçant de rester au sol à tout moment. Je n’avais cependant pas les moyens de le changer pour le moment. La vente d’œuvres ne rapportait plus autant qu’avant, voir plus du tout.  Tout semblait se liguer contre le petit îlot que j’avais créé quelques temps auparavant. Cependant, que faire si je ne pouvais plus tenir cet endroit ? Le fermer rimerait presque à tuer mon âme déjà bien bousillée par cette vie de saloperie dans laquelle je m’étais enfermée en pensant bien faire. Ma pauvre petite sœur, si tu me voyais, tu risquerais de bien rire. Lentement, je me dirigeais vers le quartier Western de la Nouvelle Orléan. Tout était si différent par rapport au monde qui nous entourait réellement. Les gens étaient joies, ils chantaient et dansaient parfois. C’était ça, ce petit goût de paradis qui faisait marcher les personnes habitant ici.

J’aimais ce contraste saisissant entre le dehors et l’intérieur de la ville. C’était tellement inattendu mais nécessaire à la fois. Tout cela m’aidait réellement à avancer, à quitter mon lit chaque matin pour errer pendant des heures dans ma galerie jusqu’à parfois, retrouver Bastien. Lui aussi, il était ma bouée dans cette mer si agitée qui berçait mon cœur balafré et meurtrit. Arrivée après un moment de marche rapide, je poussais lentement la porte de l’immeuble chic où vivait autrefois ma sœur. Cela ressemblerait presque au mien pour peu qu’on aimait le genre bon chic bon genre. Je grimpais ensuite à son étage et ouvris la porte en souriant tristement. « Bonsoir Abby. » Je savais que c’était étrange de parler ainsi à du vide mais, toute l’atmosphère de l’appartement semblait imprégné de la présence de ma petite sœur. Je caressais quelques biblos de valeur avant de m’attarder sur un tableau. Le pont de Manhattan.

Tout l’endroit était assez chic, des dorures, de la couleur or pour rehausser les meubles chics mais ce qui me frappait toujours, c’était l’impression que tout était impersonnel. J’avais presque le sentiment de me retrouver face à moi-même. Pas de marque de sentiment, un rôle comme il le fallait, cacher à tout prix ses désirs et ses envies les plus profondes. Mais, elle, elle avait Bastien. Moi, j’étais seule, désespérément seule avec mes maux de crâne et mes médicaments. J’en étais presque jalouse. Mais mon âme elle, disait qu’elle était heureuse pour ma sœur, qu’elle avait eu sa revanche sur les parents trop stricts et idiots pour voir la valeur qu’avait Abigaëlle. Etrangement depuis que j’avais appris son décès, je me sentais encore plus seule dans ce monde fou. Et j’avais envie de hurler à l’aide tout en sachant que personne ne viendrait me tendre la main.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2940
↳ Points : 865
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Dim 26 Avr - 1:55

Les sensations dénaturent les réalités. Une fois de plus. Le soulagement se prête à sa bouche, se dispense en une envolée de soupirs alors qu'il ramasse ses côtes, bras droit replié contre ses derniers trophées d'inconscience. Dans ce miasme d'imprécision, les teintes s'enchevêtrent pour porter à éclosion la dimension adaptée à cette enveloppe écorchée jusqu'à l'os. Le spectre colorimétrique se réduit pour s'étendre sur l'improbable infini. Les ombres s'acheminent, le pressent et s'effilochent contre les arrondis que la douleur impose à sa rétine asséchée. Le cantique aortique s'exhorte à l'arrêt cérébral mais l'évanouissement se feint sans jamais s'accomplir. Un mur brise son épaule alors que le sang tressaute entre ses doigts. Loin d'arrêter l'afflux sanguin, son index titille les lèvres de la plaie. La souffrance hisse de nouveaux cris hébétés dans son crâne, elle le jette dans des bras fantomatiques. Il se drape de son absence, il soigne son pêché ou l'entretient peut-être. Les deux notions sont trop proches pour se distinguer en contours arrêtés. Le meurtrier rappelle la bête qui cherche à s'élancer au centre des empiècements de chair malmenée. Les convulsions le surprennent pourtant. Sa paume martèle frénétiquement les hématomes jusqu'à avorter toute tentative malvenue de l'oiseau paniqué. La transformation aiderait drastiquement à la guérison. Il ne le souhaite pas, se complaisant d'une agonie orchestrée par sa culpabilité maladive et sa vision existentielle malsaine. Les pas se traînent sur le bitume à nouveau, une main court sur l'autre flanc. Le décor s'acharne à scinder les tonalités pour l'entourer d'un brouillard olfactif qui s'épaissit à mesure que l'énergie se déploie pour le soutenir jusqu'au seuil d'un énième bâtiment. L'instinct animal lui fournit le cap, offre un nord incongru au blessé sans lui déplier les autres pôles, sans même lui indiquer la finalité du parcours. Le lieu raisonne pourtant au fond de sa cage thoracique, des échos qui attisent bien plus son mal être que toutes les éraflures récoltées. Il va là où la perte se poursuit, là où les conséquences trouvent racine. Là où les adieux sont maintenus en captivité pour lui lacérer la rétine et lui comprimer la gorge.

Bastien relève le menton quand la distraction s'invite à son périple incertain. Quelqu'un note la détresse de ses mouvements et se prête à une générosité qui dérange sa fatalité. La peur se plaque à son faciès émacié tandis qu'on s'empresse de l'interroger. Mais le voleur se butte au silence, se dégage de la prise pour mieux avancer. Il prétend à l'autonomie en dévalant des allées désertes dans une précarité de plus en plus évidente. La faiblesse le talonne dans chaque mètre accompli, narguant la victoire que cette seule action représente. Le combat contre l'inconscience se joue dans les extrêmes, touche cependant à sa fin quand un escalier accoste un immeuble et offre aux invités indésirés une issue tout à fait appropriée. Les marches grincent quand il y met le pied. Sortie de secours, passage pour les employés d'entretien également qui lui permet d'atteindre la passerelle convoitée. Il trébuche plus d'une fois, il vacille encore plus. Il glisse jusqu'à la vitre. Ses prunelles cognent les détails du salon, se coincent entre les réminiscences, les résonances qui s'attardent, autant de spectres pour une passion avortée. Des boucles cuivres qui perturbent la régularité de l'air, des sourires effacées contre des larmes, des joies en ruine. Avant d'oser s'insérer dans son tombeau, il respecte son rituel. Autel pour son obsession, lieu saint qui accueille perpétuellement ses pêchés, endroit sacré voué à la commémoration, il s'accorde quelques minutes de souvenirs. De ceux qui lui arrachent le souffle et comble l'oxygène par le sanglot qu'il contient à peine. Abigaëlle se matérialise toujours quand il y met du sien. Hallucination qu'il caresse du bout des cils, à qui il n'ose même pas demander pardon, à qui il ne promet rien d'autre que la mémoire absolue et les coups. Quand il termine sa prière muette pour son amante invisible, il pénètre dans la pièce, s'arrange pour soulever la fenêtre sans l’abîmer. Tout ici a une valeur inestimable. Tout lui appartient. Tout est un témoin précieux. Tout est loyal à ses convictions. Rien ne peut bouger, rien ne peut partir, tout doit rester. Parce que le temps s'est bien arrêté.

Il sombre, la tête rencontrant le parquet. Ses mains remontent pour compter les dégâts que sa provocation du jour lui aura causé. La fracture au niveau du front balance des rizières de sang sur sa joue gauche mais la lésion la plus profonde et la plus inquiétante traverse son ventre pour gagner son flanc. Tout le reste n'est qu'un condensé d'ecchymoses et d'éraflures dérisoires. Pas suffisant. Jamais suffisant. La fatigue le fait ramper péniblement jusqu'à une extrémité de la pièce où il l'aperçoit alors. Il n'y a pas pensé réellement -à sa présence aujourd'hui encore. Il ne veut pas compter sur ça. Il ne peut pas. Mais la dépendance s'opère avant qu'il puisse esquisser sa fuite. L'humaine s'allie au passé pour le lui rendre au présent. L'affliction transperce le coma, bien mieux que les perforations de la carcasse. Dans cette ambiance aseptisée, elle dispense une lumière beaucoup trop brute pour les ténèbres qu'il souhaite plus opaques encore. Chaque rayon isole la lividité de son teint, la consume sans plus d'égard, extirpe le chaos jusqu'aux hurlements. Quand ses yeux le rencontrent, c'est le bûcher qui se construit, la combustion qui reprend. Il en a mal de l'envisager à nouveau alors qu'il est déjà porté plus bas que terre. Mais il ne se défile pas, il cherche même à se relever pour la retrouver. Icare s'approche trop près du soleil, bien trop près, décontenancé par ce seul phénomène. De toute façon, ses ailes, il se les arrache lui-même. Il arrive à se hisser maladroitement sur ses guibolles pour cheminer hasardeusement dans la salle jusqu'au vertige qui le déstabilise. L'anémie remporte cette manche. Ses bras le rattrapent au meuble qu'il heurte violemment, il tombe de toute façon et force pour contrer le fracas, sa dégaine décomposée par la violence, des syllabes entretenues par sa lassitude afin de cueillir sa comparse dans la découverte de sa folie « C'est rien. C'est rien. » Sa manche tamponne pesamment les filaments vermeilles sur ses tempes. Il ne veut pas qu'elle sache ou qu'elle voit, qu'elle comprenne réellement. Sans doute parce qu'elle est tout ce qui lui reste de sa sorcière. Sans doute parce que dans la démence, il se la réapproprie, se la réinvente comme une représentation sans tâches de la rouquine. Il peut presque croire que sa défunte compagne assiste à sa décadence depuis les prunelles de la blonde. Il peut presque deviner le fragment de son âme se rattachant imperceptiblement à celle qui partage son sang, ses souvenirs et sa beauté. Elle est quasiment sa réincarnation mais se démarque par ces différences qui lui valent cet autre titre. Si cet appartement est bien un temple, Judith en est assurément la prêtresse.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Dim 26 Avr - 14:55

Besoin d’une cautérisation ?
Bastien & Judy
Toujours admirative des goûts de ma sœur, je ne prêtais aucune attention aux différents bruits qui provenaient d’en dehors de l’appartement. Tout ce qui comptait, c’était me rapprocher d’Abby, peu importe où elle pouvait se trouver dans ce monde perdu. Peut-être qu’un jour je la retrouverais enfin et qu’on pourra recommencer à zéro, réapprendre à se connaître. Elle me manquait et j’avais ce sentiment étrange que quelque chose de grave lui était arrivé. Comme si un vide s’était créé quand j’avais appris la nouvelle de sa disparition. Secouant la tête pour ne plus penser à cela, je pris un bracelet lui appartenant et je le glissais à mon poignet. Il était un peu petit mais rien de choquant là-dedans. Ce fut à ce moment-là que j’entendis la porte de l’appartement s’ouvrir. Ma première pensée fut que c’était Abigaëlle qui rentrait enfin mais, lorsque j’entendis un bruit lourd ressemblant à une chute, je m’alarmais plutôt que me réjouissais. Et ce que je vis confirma mon inquiétude.

Il y avait Bastien à moitié allongé sur le parquet à tenir faiblement sur ses jambes. Alors que je faisais un pas vers lui, ce dernier tomba contre le meuble de bois massif avant de rebondir lourdement sur le sol. Bordel, ce type avait encore le don de dire que ce n’était rien ! Je me précipitais vers lui et pris son visage entre mes mains froides. Il y avait du sang partout et il était dans un piteux état, mon pauvre ami. « Mais tu es passé sous un bus ma parole ! » Je soupirais en le regardant avant de l’aider à s’asseoir contre la commode. Le pauvre, je poussais une de ses mèches de cheveux ensanglantés avant de me relever et d’aller dans la salle de bain. « Attends, je vais te soigner un minimum. Il t’est arrivé quoi ? » Je farfouillais un moment dans les placards avant de trouver une bassine que je remplis d’eau tiède. Heureusement que je payais maintenant les factures sinon, on aurait été dans la panade à ne pas pouvoir au moins nettoyer ses plaies. Un linge propre et une bassine pleine plus tard, je retrouvais mon ami pour m’asseoir devant lui et commencer à nettoyer les plaies de sa tête.

Assise à genou devant lui, je tentais d’évaluer les dégâts sans grand succès, on dirait qu’il avait des plaies partout. Lentement, j’entrepris de défaire le vêtement qu’il portait en haut pour mieux le laver avant de savoir si je devais l’amener à l’hôpital ou non. Bordel, qu’il en avait des plaies, comment il pouvait encore tenir debout avec tout ça ? C’était une excellente raison tout de même. J’étais inquiète pour lui et ça se voyait malheureusement. Cependant, je m’occupais, lavant régulièrement le tissu dans l’eau de moins en moins claire pour cela. « Qui t’a fait ça ? Que j’aille lui faire bouger ses tripes. » J’hésitais à aller lui chercher un verre d’alcool mais il valait peut être mieux attendre pour cela. Finalement, les vêtements du haut retirés, je commençais à enlever le pantalon bien amoché pour continuer mon nettoyage. Le rouge monta légèrement à mes joues même si je tentais de rester impassible. Mais, depuis quelques temps, j’avais bien conscience que Bastien était la seule personne qui m’intéressait et qui s’intéressait à moi dans ce monde merdique.

Décidément, j’étais une intruse dans ce pays et il n’y avait pas que moi de perdu. La personne assise en face était aussi paumée que mon cœur et mon âme. Un léger sourire à son intention puis je tâtais un bleu particulièrement mauvais. Il fallait vraiment qu’il voit un médecin, j’entrepris de me lever pour chercher un téléphone. « Je vais voir si on peut t’amener à un docteur, tu dois avoir des os de casser. Il faut que tu fasses attention, Abby ne serait pas contente, je pense. »
Code by Silver Lungs
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2940
↳ Points : 865
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Ven 1 Mai - 22:39

Le sanctuaire martyrise les ecchymoses. Un secours malsain pour sa recherche d'adrénaline et de douleur. Le mental se fractionne toujours plus alors que Judith écarte la distance en de longues enjambées pour le cueillir en pleine détresse. Ses doigts heurtent sa peau, opale contre anthracite. Le contact amorce de nouvelles vagues dans ses artères. La douceur dispense sur son épiderme meurtrie par les coups, des écorchures incolores. La honte s'étend alors que le regard prend la fuite, alors que chaque fibre de son corps voudrait seulement se rapprocher et enfouir la terreur en toisant chaque erreur, en les laissant s'élancer pour dévorer sa carcasse, pour flanquer de nouvelles gifles à ce palpitant qui croit encore pouvoir régir un Royaume déchu. Le duel s'amorce, inévitable et incroyablement éprouvant. Quand sa voix s'annonce, quand son souffle peine à l'effleurer, il se recroqueville pour accuser la mélodie. Mais ça ne changera jamais rien. Sa phrase perd sa sémantique dans les relents de mélancolie qu'elle ramène sans en avoir sûrement conscience. Ses yeux se figent sur sa silhouette fracturée. Parfois, il se dit qu'elle va comprendre. Son inspection prend des airs d'inquisition, une incandescence pareille ne peut que brûler la chair, délivrer les entrailles et divulguer absolument tous les secrets qui s'y terre. Si elle sait, alors, elle se tait. Le voleur relève son menton, ajuste la hauteur de ses prunelles et se laisse happer par cette vision apocalyptique. La plupart du temps, il hallucine, délire totalement sur la réalité pour la matérialiser dans son présent. Parfois, c'est plus concret, plus réaliste. Des détails insignifiants, la forme de son nez, la courbe de ses cils. Abigaëlle hante les traits de sa soeur, ça cogne son estomac et il retient la bile, se détourne de cette apparition. Chaque geste alimente les rebonds aortiques, dégrade ses pulsations. A chaque mouvement, elle nourrit des ambitions qu'il s'interdit plus ardemment à chaque fois. La mort s'invite partout et il n'y a qu'avec elle qu'elle engrange réellement la vie. La réanimation est toujours trop exigeante surtout dans ces circonstances. Une autre forme de torture à la cruauté sans précédent. Si encore il n'y avait que lui en jeu.

Il s'appuie contre la commode, se mord les lèvres et elle file déjà. A quoi pensait-il en se rangeant à leurs habitudes dans cet état ? A rien, comme d'habitude. Ses marmonnements s'extirpent pesamment de sa gorge, des syllabes qui traînent à cause de l'harassement physique et mental. « Rien d'intéressant. » Avouer qu'il a provoqué les mauvaises personnes aux mauvais endroits n'a jamais été une option. L'autodestruction se suffit à elle-même, il ne veut pas de témoin, pas de sauveur non plus d'ailleurs. Cependant, refuser la main qu'elle lui prête reviendrait à admettre. Alors, il ne fait rien quand elle revient, bassine entre les doigts. Rien non plus alors qu'elle lui retire le textile encombrant son buste. Il entretient son mutisme, il se prétend absent pour ne pas devoir analyser sa sollicitude, l’inquiétude qui trouble la perfection de son faciès. Le français s'accorde seulement une réponse durant les opérations. « Ça n'a pas d'importance. » Elle poursuit sa tâche, chaque passage du linge lui arrache des lancements aux degrés de tolérance variables. Sa mâchoire accuse les maux, sa langue contient les plaintes alors que son esprit déserte davantage cette guerre quand elle ose franchir sa pudeur en lui dérobant son jean poisseux, élimé et sans doute, fichu. Il fait abstraction, se focalise uniquement sur la souffrance éprouvée. Quand elle en finit, il se force à aspirer l'air lentement mais sa tentative de contrôle s'effondre subitement.

La panique se généralise. Docteur. Abi. En un bond, il est déjà debout, les paumes accrochées au meuble. « Non. Non. N'appelle personne. Je n'en ai pas besoin. » C'est vrai. Dans quelques heures, la plupart des hématomes auront perdus leurs teintes douteuses et des cicatrices remplaceront les plaies béantes. Il vacille maladroitement jusqu'à sa position, prouvant par ce seul acte la non-précarité de son organisme, entretenant d'un même temps, sa mauvaise foi. Sa main s'interpose entre le téléphone et la blonde. « S'il te plait. Ça ira très bien sans ça. Fais-moi... Confiance. » Le terme lui arrache le palais, suscite une envolée violente d'émotions, provoque de nouvelles convulsions. Pas maintenant. Son index appuie vivement sur la pire blessure et assassine la volonté du corbeau. Il se plie en deux, se rattrape au mur et expire avec difficulté. Une colère incertaine chasse soudainement sa vulnérabilité. « Et laisse Abi en dehors de ça. Elle n'a rien... Elle ne... Personne n'a le droit de ...  » La lame qu'elle a créé en l'invoquant perce l'interstice entre ses côtes semble-t-il. Il suffoque et se force à se redresser du mieux qu'il peut.. « Je vais me débrouiller. Ne t'occupe pas de moi. » Il recule, titube jusqu'à la salle de bain, la main vissée contre la plus profonde des plaies. Il ouvre l'armoire à pharmacie, vide son contenu dans l'évier. Ses tremblements reprennent et pas à cause d'une transformation qu'il faut contenir. L'anémie le prive de son, lui fournit de nouveaux vertiges qu'il ignore. Il a juste le temps d'attraper une compresse, du collant et une boîte de médicament avant d’heurter le carrelage. Ses soupirs s'éteignent contre le sol avant qu'il ne se relève. Il avale plusieurs comprimés, conscient de dépasser la dose recommandé et espère que ça aura un quelconque effet sur lui. Lui, à l'humanité éprouvée par une malédiction. Lui qui partage l'espace avec un lien brisé et un oiseau blessé.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Sam 2 Mai - 23:15

Besoin d’une cautérisation ?
Bastien & Judy
Cela me faisait tellement de peine de le voir ainsi blessé comme un pauvre petit chiot perdu. Tout hurlait en lui qu’il avait tant besoin d’aide, d’espoir dans sa vie qui était au moins voir plus noire que la mienne. Cela me fendait le cœur et me rappelait que je n’avais pas pu aider Abby à l’époque où mes parents l’avaient mise dehors. Elle était si jeune, si vulnérable. J’étais la plus grande, j’aurais dû l’aider, la protéger, la couver comme une enfant mais je n’en ai rien fais, préférant me contenter de ma petite vie misérable avec cet homme que je n’aimais pas. A chaque fois que je songeais à cette partie de mon passé, ma gorge se serrait inévitablement, je me sentais tellement coupable. Si elle avait disparue, c’était sûrement à cause de moi. C’était forcément à cause de moi. Je restais un instant immobile avant de tenter de rattraper le pauvre jeune homme meurtrit. Sans grand succès.

Assis par terre, les vêtements ensanglantés posés à côté de lui, Bastien ressemblait à une pauvre âme perdue qui hurlait à l’aide. Je soupirais en nettoyant délicatement les blessures avec douceur. Le linge rougissait à vue d’œil. Sa phrase avait le don de m’agacer, pas d’importance… Pourquoi ces simples mots me blessaient autant ? Après tout, je n’étais rien pour lui, c’était sans doute ça. En tout cas, j’espérais que je n’étais pas qu’une fille dans la foule perdue. Lorsque je me levais pour appeler le docteur, Bastien eut un regain de vigueur et il posa sa main sur la mienne. Si chaude. Si inaccessible. « Laisses-moi te soigner un minimum. Tu as l’air d’avoir tellement mal ! » Visiblement, je n’aurais jamais dû évoquer ma sœur. Cela semblait l’énerver sans se rendre compte de ce que je pouvais ressentir. Je me contentais de baisser les yeux. Que répondre à cela ? Tant de choses et pourtant rien qui ne l’aiderait. Peut-être que cela me serait utile mais je n’avais pas envie de décharger ma peine et la haine que j’éprouvais envers moi. Et ses derniers mots giflant plus fort qu’une main, plus claquant que le fouet firent monter mes larmes aux yeux mais, détournant le regard, je ne trouvais rien d’autre pour protester.

Finalement, au bout d’une minute qui me parût terriblement longue, j’allais frapper à la porte de la salle de bain. Ma main cogna trois fois le bois avant de poser mon oreille contre la matière naturelle et peinte. « Bastien, laisses-moi t’aider. S’il te plait… Laisse-moi être là pour quelqu’un qui le mérite… » Je pensais chacun de mes mots. Cet homme méritait vraiment que je l’aide, que je lui rende le bien qu’il avait fait à ma petite sœur. Tout revenait toujours à elle, à Abigaëlle en ce moment. Elle était la clé de ma vie, de celle de Bastien. Je finis par m’adosser à la porte et par me laisser glisser lentement avant d’entendre un bruit sourd. Etrangement, cela me sortit de la torpeur dans laquelle je m’étais mise. Terriblement inquiète, je me relevais prestement et essayais de clancher la porte sans succès. Il faudrait la défoncer. Je cherchais des yeux quelque chose qui serait utile, un couteau, un tournevis peut être. Je me hâtais vers la cuisine pour prendre le premier couvert venu.

De retour devant la fameuse porte qui me semblait être un graal en cet instant, je m’abaissais et tentais de déverrouiller le verrou. Si les circonstances avaient été autres, je pense que je me serais trouvé ridicule. Au bout d’une dizaine de minutes de lutte acharnées, je réussis enfin mon coup. Le bois bascula lentement pour laisser enfin la salle de bain visible. « Bastien, ça va ? » Sous mes pieds, quelque chose craqua. Un médicament. Paniquée, je cherchais des yeux mon ami pour essayer de le sauver s’il en avait besoin, ce dont je me doutais. Pitié, pas lui aussi...
Code by Silver Lungs

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2940
↳ Points : 865
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Mar 5 Mai - 22:30

Ses coups contre la porte raisonnent dans la pièce comme les sanglots d’une cloche qui anime un village endormi. Eglise pour rallier ses fidèles au temps qui s’écoule et qui a raison d’eux. Aucune fin céleste pour l’athée en chute, aucune promesse d’éternité, aucun salut. Des ténèbres à perte de vue. Avant, après, maintenant. Surtout maintenant. Rien ne l’effraie plus que ce présent creux, vide de sens, vide de tout. Vide d’elle. Vivre est éprouvant. Vivre sans elle l’effraie. Lui survivre est douloureux, injuste et terriblement honteux. Tout ça ne rime à rien et le carrelage cherche sûrement à le lui faire comprendre. Il ne sait même plus pourquoi il a cherché à se soigner dans l'urgence. Il ne sait pas pourquoi il a pris ces trois cachets ridicules sur un coup de tête. Arrêter la souffrance physique ne lui épargnera aucune agonie. Pire, son absence privilégiera la culpabilité, l’avilissement de sa carcasse à l’écume du regret et ne témoignera plus correctement des dommages causés. Martyr pour abjurer ses pêchés, chair fragmentée pour faire parler d’elle par le sang du métamorphe qu’elle a créé. Destitué du lien, il rampe vers la précarité d’une luminosité vacillante, ce que les ombres n’ont pas réussi à avaler. Judith est toujours là, quelque part. Elle parle, il ne veut pas entendre. Il ne veut pas comprendre. Il ne mérite rien. Ni sa présence, ni sa sollicitude. Il se tait parce qu’il n’y a que ça à faire, à se croire au fond d’un cercueil, carcasse contre carcasse avec Abigaëlle. Un juste retour des choses. La seule issue qui aurait été acceptable. Les pilules glissent entre ses doigts, il suffirait d’en abuser. Il suffirait… Ses battements aortiques prennent toute l’ampleur dans la salle exigüe. La porcelaine renvoie chaque écho avec une simplicité déconcertante. Cet organe qui se débat, qui ne veut pas en finir. L’adrénaline qui pousserait presque le suicidaire à accomplir ses morbides desseins.

Sa rétine se fige sur le flacon, ses doigts effleurent l’étiquette machinalement. Son salut est peut-être juste à portée de main. Mais il ne peut pas prétendre à la solitude, à l’exil et l’égoïsme pur alors que la sœur de la rouquine s’acharne de l’autre côté pour le rejoindre. Elle n’a toujours pas compris ce qu’il était. Elle ne sait pas à quel point elle se trompe, à quel point elle a tort, à quel point elle devrait le laisser crever ici-même sans plus de mot, sans plus de cris. Par égard pour la mémoire de sa sorcière, par égard pour la blonde qui s’évertue à briser les remparts, il rejette violemment les médicaments et les observe se répandre autour de lui. Un parterre digne d’une scène mélodramatique d’un film à petit budget. Depuis quand nourrit-il l’ambition de se vautrer dans des clichés allégoriques du pathétisme ? Bastien roule, répand son hémoglobine un peu plus contre le tapis qui le longe. Il suffoque quand les lancinements redeviennent plus importants. L’énergie se défait lentement pour ressouder ses os brisés. Très lentement, plus lentement que jamais. La porte s’avance alors subitement et elle s’impose, une question au bord des lèvres qui délivre le pire de ce qu’il est devenu. Le cynisme claque avant qu’il ne puisse même l’envisager. « La vie n’a jamais été plus belle. » Rien n’ira jamais plus. Ne l’a-t-elle pas constaté elle-même ? Ne peut-elle le ressentir ? Le voleur ramène un bras par-dessus ses paupières et respire pesamment pour chasser le désespoir qui transforme les émotions en rage. Ses murmures frissonnent dans l’air, juste assez pour perturber la fausse quiétude. « Pardon. Je ne voulais pas que tu assistes à ça. » Sa mâchoire craque, ses pensées malsaines s’effondrent.

Il se redresse maladroitement, s’adosse à la baignoire en s’asseyant, glisse une main contre la plaie béante de sa cage thoracique et la seconde contre les hématomes qui saccagent toujours son faciès. « Ca guérira. » C’est le seul réconfort qu’il peut lui fournir. Moindre, peu important parce que le reste ne va jamais guérir, il ne peut pas se remettre du mal qui le ronge. Il ne veut surtout pas faire d’effort. Ses paumes prennent appui sur la porcelaine soutenant son dos, il reprend de la hauteur et titube jusqu’à l’évier pour y déposer les compresses, évitant de croiser le regard de la trentenaire. Le froid qu’il alimente depuis l’intérieur, engourdit ses muscles alors qu’il ausculte l’autre partie de la pharmacie, tombant sur une boîte énigmatique. Des antidépresseurs qui n’ont même pas été ouverts. Elle savait qu'elle allait mal et elle n'a rien fait pour changer ça. Il n'a pas suffit. Le cœur se serre, la panique revient. Ses phalanges se fissurent alors qu’il se retient à son seul point d’ancrage. Les convulsions reviennent, plus violentes. L’oiseau veut abolir la peine de l’humain mais en vain. Dans une ultime tentative de contrôle, le français remplit abruptement la cavité face à lui d’eau froide, bouchant l’évacuation afin d’y plonger la tête jusqu’à calmer la bête. Sa démence, il l’expose sans demi-mesure à celle qui se refuse de voir. Sans doute n‘est-ce pas innocent, ni anodin. Il veut qu’elle sache, qu’elle le fuit ou l'abatte avant qu’il n’ait à lui dire ce qu’il a commis. Avant qu’il n’ait à la perdre elle aussi.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Sam 16 Mai - 13:50

Besoin d’une cautérisation ?
Bastien & Judy
Mes mains me faisaient de plus en plus mal à force de cogner férocement la porte mais je m’en fichais. J’avais l’impression de voir ma sœur à côté de moi, me suppliant d’aider Bastien. Sa voix résonnait dans ma tête, étrangement nette malgré les années passées à ne pas la voir ou l’entendre. Cela me serrait les tripes, m’obligeant à aller plus loin, à tenter de bousiller cette foutue porte. Jusqu’à ce que je me décide à prendre le fameux couvert salvateur. Le pan de bois s’ouvrit comme par magie, couinant légèrement même. Je m’étonnais souvent de noter les détails tellement inutiles lorsque les choses n’allaient pas spécialement bien. Une note de musique, un bruit, un mot mal placé.

Ce que je vis me glaça le sang autant qu’il fit naître une colère sourde en moi. Comment pouvait-on mépriser ainsi la vie alors que moi-même je ne pouvais pas la donner ? Comment pouvait-il vouloir abandonner Abby même si elle n’était pas présente en ce moment ? J’en avais les larmes aux yeux, je voyais flou mais étrangement les médicaments étaient comme fluorescent dans cette atmosphère lourde et mélodramatique à souhait. Tout ce sang donnait une odeur cuivrée et oppressante. Les paroles qui suivirent me firent presque rire. Pourquoi ? Aucune idée, un rire nerveux sans doute. Je finis par m’agenouiller près de Bastien, ne m’occupant même plus du liquide rouge qui tâchait sans nul doute ma tenue. Mes yeux de désespérée le fixaient avec tristesse, je ne saurais même pas dire si je lui en voulais ou si je le plaignais finalement. Et sa dernière phrase. Ca va guérir. Il se moquait de moi, d’elle. Alors, sans réfléchir plus que ça, ma main décrivit un arc de cercle et vint à la rencontre de la joue malmenée de l’homme. Mes larmes ne cessaient de couler sur mes joues pâles.

« Comment tu peux penser ça ? Mépriser la vie qui t’a été offerte de cette façon ? Quelles que soit tes motivations, je trouve ça immature et égoïste. Même vis-à-vis de ma sœur peu importe ce qui s’est passé, tu ne lui fais pas honneur. Elle te giflera sans doute quand elle reviendra. Et ne me fais pas encore une crise comme tout à l’heure parce qu’on parle d’elle ! On dirait un enfant ! Laisses-moi t’aider bordel de merde ! Ouvre ta putain de coquille ! » Bon, quand je devenais vulgaire, ça voulait dire que j’étais très énervée et déçue. Cela ne m’arrivait que quand je me disputais avec mon mari pour le moment. C’était quand je ne voulais pas perdre quelqu’un et je ne voulais pas perdre Bastien… Non, pas lui. Hors de question. Je finis par me redresser, essayant de chasser les larmes de mon visage avant de sortir de la pièce pour aller rechercher ma bassine. Je revins quelques secondes plus tard et recommençais à le nettoyer, fixant le chiffon sans plus jamais le voir. Je n’en avais pas la force. Sinon, je risquais de ne pas tenir et de me prostrer dans un coin en sanglotant comme une idiote.
Code by Silver Lungs
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2940
↳ Points : 865
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Sam 23 Mai - 1:37

Le silence océanique se butte aux tympans de l’impulsif, orchestrant dans une noyade de salon son énième chute libre. Droit dans son gouffre. Le changeur rêve d’aspirer l’eau, de se laisser contaminer par le liquide pour terminer sa course contre le carrelage, livide et enfin délivré. Chaque geste est une forme de suicide qu’il faut avorter pour des raisons qui lui échappe en continu. Peut-être par nécessité, peut-être par habitude. Dans un spasme, il écarte ses traits de l’évier, laisse l’air dévaler ses poumons éprouvés par l’apnée. L’oxygène brûle immédiatement son larynx, la vie dérange ses desseins. Ses cheveux trempés se plaquent contre son épiderme glacé, le dispensent d’une trainée de rizières qui siphonnent ses os. Ce squelette taille durement la chair manquante, assomme le souvenir d’un rictus qui aimait poindre sur ses lèvres que la tragédie a scellé. Le changeur frissonne quand les perles roulent le long de sa nuque pour s’aligner à son échine mise à nu. Les gouttes effleurent pudiquement ses hématomes et ses doigts toujours repliés sur la plaie béante. Cette fissure permet toujours à son essence de fuir la rigueur de son parcours, de s’éloigner du damné pour affecter le monde extérieur de son vermeil qui luit avec insistance sous les néons blafards. Il se prosterne dans ses ténèbres juste quelques secondes, s’isole dans les recoins de sa démence pour promettre à la bête, son retrait de la descente. Il ne remonte pas vraiment pourtant. Et la créature s’agite encore sous la peau, crée des ondes qui le trahissent de plus en plus.

Les doigts qui le cueillent, fractionnent sa pommette décharnée et apaisent instantanément les relents de culpabilité, l’instance qui le soumet au crime, à l’injustice. Qui le plaque aux bons termes. Brève mais infinie, la gifle recadre ses cheminements épars pour le crucifier sur cette croix qu’il se plait presque à porter. Ne pas la provoquer est ardu. Ne pas la forcer à poursuivre ses gestes destructeurs devient littéralement une lutte. Celle de l’homme et de l’animal. L’un poursuit sa fugue pour distancer la lumière, l’autre s’arrange pour ne pas se draper d’obscurité. Toujours un ex-aequo, un entre-deux qui ne contente personne. Le français l’écoute, se heurte à chaque son qui émane de sa gorge. Il se laisse crever entre chaque inspiration qu’elle prend, se laisse tomber sans même chercher à se rattraper. La vérité cogne contre ses lippes serrées alors que ses bras se rassemblent autour des genoux qu’il ramène contre sa poitrine. Un rire nerveux s’extirpe pour palier à son absence de courage. Et à son absence de bon sens. La précarité de son hilarité s’effondre quand son rythme cardiaque déraille dans les secondes qui suivent. Il écrase des larmes au coin de ses paupières en amplifiant la pression de son épiderme contre les cils qu'il a replié derrière sa barrière de chair. De son ténor rocailleux, il abime leur ambiance sonore d’une gravité et d’une dureté qui masque la peine. « Tu ne peux pas m’aider, Judy, il est temps que tu te fasses une raison. » Son organisme ploie alors qu’elle s’éloigne. Alors qu’il faut redoubler de vigilance sur la folie du volatile. Son front rencontre la baignoire, s’y jette littéralement pour fournir de nouveaux alibis. La pièce tangue, les erreurs suivent ce déluge de sens. Mais rien n’arrête l’hémorragie aortique. Elle perdure d’autant plus quand la blonde revient avec sa bassine pour lui prêter de nouveaux gestes inutiles qui se dissipent dans la déraison. Ses syllabes se décomposent d’abord en murmures. « Arrête ça. » Ses doigts capturent le poignet qui s’acharne, il l’arrête dans son énième mouvement. « Arrête. Ça ne sert à rien. Ça n’effacera pas les blessures. » Ou la douleur.

Sa main remonte jusqu’au coude de sa protectrice alors qu’il s’autorise un mouvement latéral pour oser attirer ses prunelles dans les siennes. Il s’approprie les reflets ambrés qu’elles abritent sans même le conscientiser et se laisse agoniser dans chaque trait qui la lui ramène. Ce seul songe amène sa phrase suivante. « Je n’ai pas besoin de ça. De ta sollicitude. Ni de tes conseils. Je ne t’ai pas demandé de te soucier de … ça. Et pour Abi… » Son assurance se brise sans plus d’alerte. Ses intonations décrivent des arques d’instabilité qu’il ne cherche même pas à contrôler. « Elle n’est pas là de toute façon. » Ne la dérange pas, je t’en supplie. La paume du métamorphe coulisse sur l’épaule de son interlocutrice et sans plus de cérémonie, il laisse sa crinière emmêlée effleurer la carrure de l’américaine en se penchant vers elle. Soumission, rédemption, égarement. « Tu devrais rentrer chez toi, s’il te plait. » Mais sa propre main emporte celle de la jeune femme pour la porter à cette joue qu’elle a brutalisée. « Je cicatrise déjà. » Seulement des égratignures, des plaies superficielles. Mais c’est un début. « Alors va-t-en, sans même te retourner. » Dans sa contradiction, il l’attire un peu plus contre lui, envoie le réceptacle souillé de son sang paître plus loin d’un coup de pied irrévérencieux. Sa tête se perd au creux de sa nuque. Sa chaleur l’irradie. Ça lui fait mal. Et dans chaque composante de douleur, l’abus s’amoncelle jusqu’à ce qu’il en soit calciné. Jusqu’à ce qu’il ne reste que la honte. Jusqu’à ce qu’il soit fauché une nouvelle fois et en subisse de nouvelles conséquences. Celles de trop.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Sam 30 Mai - 16:29

Besoin d’une cautérisation ?
Bastien & Judy
Elle se sentait perdue, prise dans un vide incroyable qui donnait le vertige. La jeune femme n’avait plus de force dans ses jambes. Tout était devenu du coton et son corps lui répondait à peine. Son cerveau semblait s’être mis en mode automatique. L’homme qui se tenait là, ensanglanté et hagard était sans doute la personne que la demoiselle aimait le plus après sa sœur. Mais elle ne le dirait jamais à voix haute. Peut-être même à voix basse. Tout devait rester secret dans un écrin fermé à double tour. Judith n’avait pas le droit de tomber amoureuse du copain de sa petite sœur. Qui serait-elle pour piquer le petit ami d’Abby alors que celle-ci avait disparue ? Mais le voir ainsi s’autodétruire pour une raison qu’elle ne connaissait pas, cela la rendait folle. Folle de rage, de désespoir et de peur. Que ferait-elle si cette personne disparaissait de sa vie ? Rien. Elle sombrerait sans nul doute. La jeune femme s’esquintait à tenter de nettoyer les plaies sans se rendre compte que cela ne servait à rien, elles commençaient déjà à se refermer lentement. La gifle qu’elle lui avait donnée, Judith la regrettait déjà mais elle contenait tout le désespoir que la femme mariée éprouvait en cet instant.

Quand elle entendit les mots de Bastien, Judith grogna presque de manière bestiale. Elle frappa l’homme avec le torchon imbibé d’eau sans réellement se rendre compte de son geste. La jeune femme se sentait encore plus mal après cette simple phrase. Bien sûr qu’elle le savait, évidemment qu’elle refusait de le laisser là dans sa merde à broyer du noir, s’en voulant d’une quelconque chose. « Je me fiche de ça. » Entêtée, la demoiselle ne cessait de mettre de l’eau sur le torchon et d’appuyer un peu sur les blessures rouges. Pourquoi ne comprenait-il pas qu’elle avait envie de l’aider comme il avait dû le faire pour sa sœur, sa petite sœur qu’elle avait laissée tomber. Judith ne se rendait même plus compte que ses mains tremblaient et que ses yeux pleuraient des torrents de larmes salées. Elle se sentait tellement coupable de tout. De la disparition de sa sœur, de son mariage qui battait de l’aile et de son corps qui ne pouvait procréer.

Elle n’était rien, Judith. Une mauvaise femme, mauvaise sœur, mauvaise amie et certainement une mauvaise mère. Lorsque Bastien reprit la parole, la jeune trentenaire étouffa un sanglot. Personne ne faisait disparaitre les blessures aussi bien du corps que du cœur. Mais elle aurait juste aimé pouvoir croire qu’elle arrivait à apaiser cet homme écorché vif. Que lui dire ? Rien ne sortait de sa bouche alors qu’elle pensait à tellement de choses. Ne me laisses pas seule. Permets-moi d’entrer dans ta vie. Ne m’oublis pas. Penses à moi. Aimes-moi. Mais rien. Elle était muette, figée dans cette position étrange, la tête baissée, les cheveux blonds recouvrant son visage blafard et maculé de maquillage coulant. A genoux devant Bastien, elle semblait vulnérable. Envolée la carapace qu’elle s’était forgée au fil des années. Envolé le courage de Judith qu’elle affichait toujours. Envolé l’espoir de revoir sa sœur, de lui dire bonjour et de la serrer dans ses bras. Elle faisait pitié, Judith. Mais elle se relèverait. Elle finissait toujours par redevenir cette femme forte et capable de tout.

Sentant une pression sur son coude, la dame releva le visage pour regarder Bastien dans les yeux. A chaque fois son cœur manquait un battement, il était si beau même aussi désespéré. Comment pouvait-on s’attacher autant à une personne inconnue quelques mois auparavant. Ses mots étaient pourtant si durs aux oreilles de la jeune femme alors que ses gestes, son attitude étaient si différentes de cela. Le contact qui s’oppérait entre elle et lui était étrangement apaisant, salvateur. Elle l’accueillit contre sa poitrine avec infinie douceur, sa main libre maintenant la nuque de Bastien pour qu’il se sente bien. Quelque part, elle n’entendait même plus ses mots. La belle était concentrée sur son visage et ce que disaient ses yeux. Il était beau comme un dieu. La main posée délicatement sur la joue martyrisée acheva de la convaincre qu’elle ne devait pas le laisser abandonner. Jamais. Ses doigts fins effleurèrent ses plaies qui se refermaient déjà.

Cela surprit la demoiselle mais elle préféra attendre avant de lui poser des questions. Il fallait savourer cet instant incroyable. Bastien contre elle, venant de lui-même chercher une quelconque protection que Judith semblait en mesure de lui offrir. Ses larmes s’étaient taries miraculeusement et elle se contentait d’écouter le cœur de l’homme battre sans chercher à parler pour le moment.  Elle aurait tout donné pour un sourire sincère et heureux de son ami. Tout. Peut-être même trop. Il serait sa perte ou son salue. Sa peine ou sa joie. « Essayes de croire en moi… » S’il te plait. Je t’en pris… Arrête de te détruire.
Code by Silver Lungs
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2940
↳ Points : 865
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Ven 12 Juin - 2:12

La simplicité réassemble son utopie contre les gestes qu’elle exécute. Cette grâce intemporelle se superpose à cette humanité brute qui lèche ses mouvements, crée des arabesques dans les entrailles de l’ancien idéaliste. Sa façon de mouvoir l’air triomphe sur l’oubli, rattrape un peu plus le souvenir de boucles cuivrées dans cet environnement dérangeant. A croire que la génétique suspend la même élégance aux deux sœurs que bien des choses séparent pourtant. A moins qu’il n’y reconnaisse qu’une éducation pointilleuse, rigoureuse qui cale leurs attitudes respectives sur la même trajectoire. Jusqu'à la perfection ou à sa proximité. En détaillant sa gestuelle, il ne peut nier leur lien indéfectible. Pas quand elle s’obstine à faire de chaque scène, un nouvel acte pour une pièce au budget illimité, alors qu’elle soigne  chaque pas exécuté, sublime chaque regard d’une prestance qui intimide le français. Il en est réduit à l’état de spectateur, comme toujours, sauf qu’avec Judith, s’ajoute le pêché de cette seule contemplation. Satan fait courir sa fourche contre sa gorge, menace de perforer la trachée à chaque fois qu’il se surprend à arrêter le cheminement chaotique de ses pensées pour l’admirer. C’est une belle distraction qui lui promet une lueur en bout de nuit opaque, qui s’évanouit dès qu’il veut s’en approcher. Pas d’espoir, pas d’issue. Couloir lisse sans poignées. Carré dans lequel il faut subsister. L’obscurité marque ses rétines à nouveau alors qu’elle s’obstine à le faire taire d’un nouveau coup, moins virulent cependant, sur sa peau à vif. La blonde possède une honnêteté qui a toujours fait défaut à sa sorcière. Et pourtant, elle transporte de ces mystères qui abiment les contours de sa silhouette, la font frissonner quand elle croit qu’il n’est pas attentif. Sa sincérité laisse deviner des failles derrière le grimage. La nuance de bleu reste incertaine, inconnue peut-être même pour des yeux mal avisés. Il y a beaucoup à gratter pour découvrir le type d’hématomes qui affectent la trentenaire. Mais au moins, elle ne ment pas. De ça, il en est certain. Et c’est un problème pour sa propre culpabilité. Comment garder les démons verrouillés alors qu’ils craignent la lumière du plafonnier ?

Sa fragilité le fait aussitôt frémir. Il a doublement mal alors que les sanglots de son alliée animent la démence écarlate qui racle toujours plus la bassine, le torchon. La terreur adoucit étrangement son comportement mais anéantit ses vraisemblances. Dans ce rapprochement qu’il n’aurait jamais dû réussir à esquisser, il se retrouve désarmé, impuissant à nouveau devant des émotions qui éprouvent durement les quelques artères qui relient le cœur au reste de la chair. Comment peuvent-ils soutenir des contradictions aussi violentes ? Comment peuvent-ils emporter sans faillir les réactions chimiques qui succèdent au désir, à la crainte, à l’absence et surtout à la honte ? Les doigts de sa comparse s’attardent sur sa joue, prennent son pouls en otage. Il suffoque, ferme les yeux et attend le courroux de ce destin capricieux qui lui donne, lui reprend et le laisse pour mort. « Croire en … toi ? »  Il le souffle du bout des lèvres, apposant les syllabes à l’atmosphère par des froissements légers de cordes vocales esquintés par le désespoir, se refusant à déranger les monstres qui sommeillent à leurs pieds. Le verbe le segmente sans plus de cérémonie. Il ne le comprend plus, ne veut pas l’entendre réinventer des réalités qui se sont volatilisées, fumée naïve qui a corrompu ses prunelles, a élargi la pupille jusqu’à dissoudre les limites de l’existence. Comment croire quand sa stabilité s’est vengée de toutes les façons possibles ?

Le voleur redresse la nuque, accoste le front de sa comparse du sien et fait coulisser son pouce contre les vestiges de ses larmes. « Tu n’as rien à voir avec tout ça pourtant… »Sa mâchoire se crispe, ses dents s’entrechoquent tandis que la responsabilité assomme l’aorte jusqu’à laisser le vide le trainer au sol. Il se serre un peu plus contre elle pour ne pas s’émietter une énième fois devant témoins. « Ce n’est pas ta faute. Rien de ce qu’il se passe là, ne l’est. Je te l’ai déjà dit, je ne veux pas de ta pitié… Je n’ai pas besoin qu’on pleure pour moi. Ni qu’on se porte garant. Et la seule chose que je crois, c’est que je te fais du mal. » Et que tu me fais du mal à être comme ça, à lui ressembler et à ne pas m’achever comme tu le devrais. Ses quenottes accueillent sa lèvre inférieure jusqu’à réveiller l’entaille à peine refermée. « Mais ce n’est pas nécessaire. Que tu restes, que tu me parles, que tu t’occupes de moi. Je n'ai pas besoin de toi. » Non. C'est elle qui n'a pas besoin de lui. Mais il faut la choquer, il faut qu'elle parte. La main de l'homme s’aventure dans la chevelure orge, déversant dans les teintes solaires suffisamment de vermeil pour qu’il prenne conscience de ce qu’il est devenu et de ce qu’il fait à cet instant. « Je ne le mérite pas, tu sais… » Il se détourne aussi brutalement qu’il s’est imposé, déviant d’abord son visage vers les ténèbres et puis, écartant son corps, la délaissant sans plus d’éclat.

Fébrile, toujours blessé au flanc, il se relève maladroitement et se balance d’une jambe à l’autre jusqu’au salon, fuyant les tressautements organiques que son interlocutrice a suscité. Le froid qui ronge les parois internes, alimente la bête qui lui lacère l’estime, qui lui ôte tout avenir, brime sa cadence alors qu’il se penche pour attraper ses vêtements souillés. Il les enfile avec difficulté, trébuchant plus d’une fois et succombant presque à ses vertiges. Une fois habillé, il coulisse jusqu’au canapé et s’y laisse choir. Son bras se replie machinalement sur son regard, efface l’horizon et le laisse seulement avec les autres sens exacerbés par l’alerte du corps qui s’épuise dans l’anémie. Les odeurs s’insurgent et l’entrainent contre les coussins, là où les derniers effluves de son ancienne amante l’attendent encore. Là où elle repose, là où elle subsiste au creux de ce nid fait de bois et d’acier. L’oiseau voudrait la pleurer encore et encore. Mais il n’a déjà même plus assez de forces pour respirer. Alors il se contente d'attendre. Un signe, un son, un contact. Quelque chose qui l'emporterait enfin.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.   Jeu 18 Juin - 16:59

Besoin d’une cautérisation ?
Bastien & Judy
Un murmure doux et profond commençait à s’élever dans les méandres de l’esprit perturbé de Judith. Un simple son, un mot qui résonnait de plus en plus fort, venant presque assourdir ses oreilles tant elle avait l’impression qu’on lui hurlait. Inférieure. Elle entendait ce mot depuis si longtemps que maintenant, son âme en était imprégné. Et les gestes, le refus de Bastien ne faisaient que rappeler son état. Inférieure. Elle ne méritait pas l’attention qu’elle souhaitait obtenir de l’homme qui avait conquis sa sœur. De quel droit osait-elle lui demander quoi que ce soit après tout ? Judith ferma les yeux un moment, essayant de calmer les vagues de sentiments contradictoires qui l’habitaient. Tout semblait toujours si compliqué… Cet homme était pourtant la seule personne qui donnait un semblant d’espoir à l’âme blessée de la belle blonde. Mais, il l’emprisonnait puis la dégageait sans ménagement.

Ce magnétisme qu’il dégageait était impressionnant. Irrésistible même pour la pauvre enfant perdue. Pour l’épouse si parfaite qui ne rêvait que de sortir de la vie dans laquelle on l’avait toujours cantonnée. Elle ne supportait plus d’être formatée, de faire la plante souriante à côté d’un homme qui était capable du pire pour sauver les apparences. Mais… Mais il la repoussait, Bastien. Et chaque geste de sa part était pire qu’une gifle qu’on pouvait donner sur la joue de Judith, pire qu’un poignard qu’on retirerait pour l’enfoncer à nouveau dans la plaie béante de son cœur. Pourtant, les larmes ne venaient plus, son corps se desséchant comme une vieille écorce qui mourrait à petit feu. Elle ne le retint même pas, se voyant refermer la porte du réconfort au visage. Les mains tremblantes, elle finit par rouvrir les paupières pour que ses pupilles ne puissent décrocher du sang présent au sol. Tout ce rouge. Toute cette tristesse. Tous ces espoirs brisés en plein vol… Elle voudrait lui dire tant de choses, lui montrer que c’était quelqu’un de bien, qu’Abby n’était pas partie à cause de lui mais, elle était à nouveau devenue aphone et presque amorphe.

Ne comprenait-il donc pas qu’elle n’avait pas pitié de lui ? Qu’elle ne désirait que voir un léger sourire aux lèvres de Bastien ? Qu’elle voulait sentir sa main dans la sienne, marchant côte à côte sur le sentier tortueux de la vie même si cela ne devait durer que quelques jours. Au lieu de cela, ses mots claquaient, durs et riches de sens. Son âme si fébrile menaçait de se briser encore alors que le corps présent près d’elle se mouvait pour se dégager et partir sans plus de cérémonie. Elle n’avait que ce qu’elle méritait. Inférieure. N’avait-elle pas abandonnée sa petite sœur alors que celle-ci avait tant besoin d’une épaule et d’une main tendue ? Judith savait qu’elle ne devait rien exiger de la vie après ce qu’elle avait fait. Mais son cœur avait désespérément besoin de s’accrocher à quelque chose. Quelqu’un. Pourquoi lui ? Etait-elle masochiste ? Au bout de combien de temps, se décida-t-elle à bouger ? Judith n’en savait rien. Tu n’es qu’une idiote. Qui arriverais-tu à mériter ?

Mais lorsqu’elle se releva, elle sentait la douleur cuisante dans sa cuisse, peu habituée à rester longtemps dans cette position. La blonde gardait les yeux fixés sur le sol, elle se sentait déchirée. Partir et laisser ce goût amer dans sa bouche. Rester et voir son âme s’effilocher encore plus à chaque mot de l’homme. Elle passa telle une marionnette guidée par une main extérieure, dans le salon pour aller se laver les mains au lavabo. Frottant énergiquement sa peau blanche, la faisant rougir tant elle ne se rendait pas compte de la force qu’elle y mettait. Une fois le sang disparut, Judith se retourna, posant un regard vide sur Bastien qui semblait perdu dans ses pensées, une main sur les paupières. La blonde se remit en route, elle ne put s’empêcher d’effleurer le bras musclé de l’amant de sa sœur avant de se diriger vers la porte d’entrée. Elle prit son sac et son jeu de clé, accrochant le fourre-tout à son épaule. « Je nettoierais demain. J’espère que tu ne seras pas là. » Je ne pourrais supporter un nouveau coup de couteau… Sans se retourner, elle ouvrit la porte d’une main encore tremblante avant de glisser son ombre dans le couloir, prenant soin de ne pas claquer le morceau de bois. Puis, machinalement, elle rentra chez elle, prit une douche qui dura près d’une heure avant d’aller se coucher dans ses draps trop propres, serrant au creux de ses mains sa peine et ses espoirs brisés. Inférieure…
Code by Silver Lungs
Revenir en haut Aller en bas
 

Judy & Bastien ▬ Vingt Quatre lignes posées.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» vous me ferez cent lignes
» problème d'ajout de plusieures lignes dans un ComboBox .
» [RÉSOLU] [C++] Nbr de lignes dans un fichier.
» Faire juxtaposer 2 lignes de texte
» Lignes des cadres transparentes quand CSS de base désactivé

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-