AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Thirteen [Zampa]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Thirteen [Zampa]   Mer 29 Avr - 21:08

« J'entends une petite voix ''wouah, wouah, wouah'' dans ma tête.
- C'est ta matière grise qui se fait la malle. »

Thirteen – Catherine Hardwicke



L'alcool cogne contre les parois de ton crâne comme un petit diable qui ne demande qu'à sortir de ta boîte. Il te semble même que les différents os qui la constituent sont en train de bouger, d'aller et venir, s'éloignant et se cognant, comme des plaques tectoniques. Dans ton cerveau un véritable séisme fait rage ; celui des mélanges qui s'accumulent et qui ne demandent qu'à te faire exploser les tripes. Pourtant tu ne montres rien de ce trouble qui t’habite. Tu souris, parce que de toute façon c'est normal. C'est normal, ici. C'est normal, un samedi.
Un sourire étire constamment tes lèvres qui, par habitude restent bloquées ; tu n'as pas à t'en faire pour les crampes, tu n'as pas besoin d'évoluer sous l'emprise de l'alcool pour sourire. Le monde ne te semble pas plus beau, ni plus brillant, ni plus léger, quand tu bois. Il te semble juste plus tolérant. L'alcool est une bonne excuse pour faire le con.

Ton cœur bat au ralenti, ou alors tu l'entends mal. C'est vrai, ça, on dirait qu'il a fermé sa gueule. Ca te fait des vacances. Par contre, en bas, il y a quelque chose qui s'agite et qui débite des paroles transparentes contre le tissu de ton boxer. Tu assumes. Si tu pouvais te mettre à poil devant tout le monde, tu le ferais. Ah, du conditionnel. C'est que tu n'es pas encore assez déchiré.
Un nuage de vapeur, ou peut-être est-ce la sueur qui se condense, danse au dessus de vous, vous plongeant, toi, les clients, les danseurs, dans un autre monde. Ni paradis, ni enfer. Juste de quoi se satisfaire des plaisirs de la chair. Mais ici, on se fait plaisir avec les yeux. Le Little Darling est un musée d'art du touché subtile ; tu y viens suffisamment souvent pour le savoir.

Plus rapidement qu'il ne le faut pour t'en rendre compte, ton verre vide t'accuse déjà avec une tête de...de verre vide. De verre vide qui n'attend plus qu'on le remplisse. Ca ne parle pas les verres, Loon ; peut-être qu'il faudrait que t'arrêtes de boire, en fait.
La conscience délire et délie lentement les bras de la réalité qu'elle tient d'ordinaire fermement pressés contre ta poitrine pour te laisser respirer, tandis que tu te dandines jusqu'au bar. Tu fais claquer le fond du verre contre le zinc en commandant la même chose, même si tu ne te rappelles plus de quoi il s'agit. Quelqu'un te sert, le liquide coule dans un clapotis qui te satisfait. Tu saisis ton verre et prend la bonne décision de t'asseoir un peu, te tournant suffisamment toutefois pour contempler les nymphes infernales qui se trémoussent autour de leur barre de fer. Une pensée fugitive traverse ton esprit, te murmurant à l'oreille que tu aimerais bien qu'elles se trémoussent autour de la tienne.

Dans le capharnaüm ambiant du bar, tu parvins à saisir les notes exécrables de la voix d'une personne qui a l'air particulièrement énervé. Quelqu'un s'assoit brutalement à côté de toi. Fronçant les sourcils, tu te tournes pour découvrir une jeune femme, rose, verte, ou bleue selon la lumière du projecteur et la vivacité de ton esprit entre deux clignements d’œil. La vibration de son corps sous l'agacement est perceptible... ou est-ce celle de la musique ?

« Ca n'a pas l'air d'aller, je vous offre un truc ? »

L'alcool sert toujours dans les pires moments, quand les câlins ou les sourires ne suffisent plus.
Ou tout simplement quand on est en face d'une inconnue.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Mer 29 Avr - 23:11

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic ...
Je me retourne dans mon lit pour la dix-septième fois. Oui, je compte ça aussi maintenant. En plus des moutons, de chaque "tic-tac" assourdissant de l'horloge, et des cadavres de mouches qui s'entassent dans les mailles de la toile d'araignée qui pendouille derrière ma fenêtre.
Mes insomnies sont de plus en plus fréquentes ces temps-ci, du coup, mes moments d'absences diurnes aussi. Les médecins s'inquiètent, alors on m'a prescrit un arrête de travail pour quelques jours. Conséquence, on est samedi soir, et je suis au lit. Je suis au lit, et je me fais royalement chier. Je jette un oeil à mon radio-réveil: 2h36. Bordel de merde, que cette nuit est longue.
Je m'extirpe hors des draps, saute dans le premier jean qui traîne, enfile ma veste en cuir, mes godasses, attrape mes clés, et quitte mon appartement, bien décidée à m'occuper l'esprit autrement qu'en contemplant mon plafond. Arrivée en bas de l'immeuble, je croise mon chat, qui semble me regarder d'un air inquisiteur.
"Ca va, c'est bon, me regarde pas comme si j'étais ton môme. Allez, dégage de là!"
Je fais mine de lui mettre un coup de pied au derrière et continue mon  chemin. J'ai l'impressionner de bouillonner ce soir, comme si j'en voulais à la terre entière. D'habitude, bosser m'aide à me vider la tête, ou alors je squatte chez Walt et on passe la nuit à boire des bières en refaisant le monde comme quand on était ados, mais avec cet arrêt de travail ridicule, et Walt qui est trop occupé à chasser du zombie pour jouer les baby-sitters...

Je erre un moment, préférant marcher plutôt que de prendre un taxi, et finis par atterrir au Little Darlings sans même m'en rendre compte.
Habituée, je rentre par la porte de service et ignore mes collègues qui m'interpellent à grands coups de "Bah alors, t'es là finalement Zampa?" pour aller directement derrière le bar. Je me sers une demi-pinte, que je vide d'une traite, et m'apprête à répéter mon geste quand une main s'interpose entre moi et la machine. "T'as fini tes conneries ? Tu veux te faire virer ou quoi ? Aller, passe de l'autre côté et commande comme tout le monde."
Je me retiens de l'insulter et me ravise en me disant simplement que je pourrais le regretter le jour où je suis lucide et décide de revenir travailler dans de bonnes conditions. Je souris donc poliment à ce bon samaritain de collègue et passe par dessus le bar et me laissant glisser de l'autre côté, ne manquant pas de pester à voix basse.
Je me laisse tomber sur un tabouret et me mordille la lèvre en passant ma main dans mes cheveux. Pic de colèrenen vue! Il faut que je souffle. Je ferme les yeux un court instant et inspire profondément. Le manque de sommeil joue avec mes nerfs de façon déconcertante.

"Ça n'a pas l'air d'aller, je vous offre un truc ?"

Je rouvre les yeux et tourne lentement la tête avant de dévisager l'homme assis sur le tabouret voisin. Bizarrement, son air tranquille et alcoolisé m'arrache presque un sourire. Il a l'air bien, assis là, verre presque vide à la main, à clignoter sous les projecteurs.

"Pourquoi pas, mais pas un verre de pédale. J'ai besoin d'un vrai remontant."

De toute façon je suis déjà tellement crevée que dans deux ou trois verres, je serai certainement partie.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Mer 29 Avr - 23:29

La demoiselle répond sans attendre et tu lui adresses un sourire ; ne te rendant pas capable de connecter deux neurones pour aller chercher dans ta mémoire le coktail le plus fort que tu connaisses, tu t'empresses de héler un barman avant de lui demander gentiment – enfin, tu le sens comme ça en tout cas – ce qu'il a de plus remontant pour la jeune demoiselle à tes côtés. Le barman te répond que t'as qu'à trouver une meilleure technique de drague et que tu t'en prendras une si t'essaies seulement de mettre du GHB dedans, mais prépare tout de même ta commande tandis que tu fais nonchalamment glisser ta carte sur le comptoir – vas-tu seulement te rappeler du code ?
Tu aurais bien répondu une pique cinglante sur ton orientation sexuelle mais va savoir pourquoi, elle ne trouve pas le chemin de ton cerveau. Peut-être celui-ci s'est-il barré, en fin de compte. Peut-être qu'il avait trop honte de toi et qu'il a préféré rouler sous la table en attendant que tu décuves.

Un verre d'une taille impressionnante et d'une forme très étrange glisse enfin vers la jeune demoiselle. Il apparaît multicolore à la lueur des projecteurs et sent particulièrement fort : tu jettes un regard à la demoiselle afin de voir si cela lui convient, avant de finir ton – tu sais plus ce que c'est – d'une traite et de re-commander la même chose. Ton regard plane, mais ta carte fonctionne : on ne demande que ça, ici. La musique commence à légèrement te prendre la tête, ceci dit. A moins que cela ne soit l'alcool, ou le charme ravageur de la demoiselle à tes côtés, va savoir.

« J'espère que ça vous ira. » t'enquiers-tu tandis que ton énième verre de la soirée glisse de nouveau vers toi.

Tu lui adresses un clin d’œil, plus compatissant que dragueur, avant de poursuivre, parce que bordel, t'as pas encore utilisé ton quota de paroles de la soirée.

« Je suis venu ici avec la même idée que vous, et je me suis retrouvé à enchaîner les verres...de cette chose qui ma foi, n'est pas mauvaise. »

Et tu ne te rappelles toujours pas ce que c'est, mais en tout cas, c'est bon. Heureusement que le barman s'en souvient, lui, parce que sinon tu ne serais pas dans la mouise.

« Que vous est-il arrivé ? » demandes-tu à la jeune femme. « Vous semblez prête à exploser. »

C'est le genre de jeune femme dont on se souvient plus par l'attitude dont elle a fait preuve envers vous que par son physique. Le genre de personne admirable qu'on cerne et qu'on qualifie d'un seul mot, un seul mot éloquent qui veut cependant tout dire. Tu cherches celui qui qualifierait le mieux cette bombe à retardement qui se trouve à tes côtés. Et tu ne trouves pas. Peut-être parce que cette lueur profonde dans ses yeux change constamment, et parce que tu ressens surtout cette curieuse sensation de l'avoir déjà rencontrée quelque part. Tes souvenirs, ou du moins ceux que l'alcool t'autorise à saisir, se mélangent avec tes sensations actuelles en un maelström qui n'aboutit à rien. Tu cherches le nom de cette jeune femme...
...Mais tu ne te souviens même plus du tien.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Jeu 30 Avr - 4:51

Du GHB dans mon verre ? C'est bien ce que le type derrière le bar vient de lui répondre ? Si j'avais été de meilleure humeur, j'aurais probablement ri. Il ne m'a probablement pas identifiée comme étant l'une de ses collègues et joue les gros bras féministes, ce qui est particulièrement pathétique quand on sait que, passé trois heures du mat', il est plus fréquent de le voir avachit sur le bar à galocher des clientes qu'en train de les servir. Mon voisin de tabouret ne se laisse pas démonter pour autant, et quelques minutes plus tard, un cocktail spécial Little Darlings glisse sur le comptoir. Je l'attrape au passage, lève le verre immense en direction de mon bienfaiteur en guise de remerciement, et le boit cul-sec. Je le repose en grimaçant. Merde, c'est qu'il s'est lâché sur le dosage, le con. Peut-être qu'il m'a reconnue finalement ? Quoi qu'il en soit, je sens que la liqueur fait son petit bout de chemin dans mon estomac, et ne tarde pas à me monter à la tête. Mmmmh, cette sensation !

"Je suis venu ici avec la même idée que vous, et je me suis retrouvé à enchaîner les verres...de cette chose qui ma foi, n'est pas mauvaise. "

J'acquiesce frénétiquement et tape du poing sur le bar.

"La même chose, chef!"

Un verre glisse jusqu'à moi une nouvelle fois.

"Que vous est-il arrivé ? Vous semblez prête à exploser."

Je le dévisage quelques secondes avant de m'enfiler mon second verre d'une traite.

"J'te répondrais bien, mais je suis pas assez saoûle pour ça. Repose moi ta question dans un ou deux verres, ça marche ?"

Je manque de tomber de mon tabouret. Bon, je suis peut-être un peu plus atteinte par la boisson que je ne l'envisageais. Je retire ma veste et pose mon verre vide contre ma joue brulante.

"Il fait douze-milles degrés là dedans, non?"

Je tente de m'éventer avec le parasol miniature qui servait à décorer mon cocktail, en vain, et me laisse finalement glisser de mon tabouret. Je vide le fond des verres des deux tourtereaux assis à ma droite, trop occupés à mélanger leur salive pour s'en apercevoir, et fais signe à mon nouvel ami-oui, je deviens vite Bisounours quand j'ai un coup dans le nez- de ne pas bouger. Je profite d'un moment d'inattention de la part de mes collègues pour subtiliser deux bières derrière le comptoir et fais signe à mon accolyte de me suivre.

Je l'entraine vers la sortie du personnel et pousse la porte en soupirant de soulagement.

"De l'air fraaaaais ! C'est pas beau ça ?"

Je décapsule une des bières avec mes dents et la lui tends avant d'en faire de même avec le seconde et de trinquer avec lui.

"A la tienne... C'est quoi ton nom déjà ?"

Maintenant que je distingue un peu mieux son visage, j'ai l'étrange impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais suis totalement incapable d'en avoir la certitude; non pas que j'aie fréquenté beaucoup de personnes ces dernières années, mais l'alcool aidant, je pourrais sûrement confondre mon voisin avec sa femme, du coup je m'abstiens de tout commentaires.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Jeu 30 Avr - 8:21

Elle comprend que ce que vous buvez n'est pas bon à jeter. Mieux que ça : elle avale le liquide colorée d'une seule traite, comme un réservoir avalerait de l'essence. Le verre claque, quelques secondes plus tard, sur le zinc, avant qu'elle n'en redemande, la voix plus chaude encore. Son attitude te tire un sourire ; elle est drôle, elle ne se prend pas la tête. Peut-être parce qu'elle est venue pour oublier, comme beaucoup. C'est ce qu'elle confirme en tout cas, car elle ne veut pas parler de ce qui l'a amené ici avant un ou deux verres de plus dans le gosier, peut-être par peur de se mettre en colère et de réduire le bar à un amas de verre brisé et de sang, ou tout simplement parce-que sa conscience pense encore avoir des droits sur ce qu'elle dira ou ne dira pas.

Terminant un énième verre, tu sens une bouffée de chaleur gravir tes jambes, se loger un temps dans ton estomac, avant de saisir ton crâne et de le frapper contre les basses qui semblent retentir plus fort que tout à l'heure si seulement c'est possible. Tes mains moites tiennent difficilement le verre sur la surface duquel tes doigts glissent. Tu sens que si tu le lâches, il n'arriveras plus à le retrouver et pendant quelques instants, ta vie semble dépendre de ce foutu verre désespérément vide. Quelques mèches de cheveux collent à ton crâne en sueur et ta veste en cuir que tu n'as pas laissée au vestiaire semble plus lourde que jamais, telle une carapace sur ton dos. A côté de toi, ta compagne de tabouret s'évente avec un petit parasol. Ne trouvant pas le tien, c'est avec le verre que tu tentes de t'éventer...avant de le rattraper de justesse pour ne pas qu'il s'éclate sur le sol.

« C'est l'enfer. » confirmes-tu en abandonnant ton éventail improvisé sur le comptoir.

Tu pouffes discrètement de rire en voyant la jeune femme glisser de son tabouret pour aller chipper les deux bières de ses voisins sans que ces derniers ne s'en rendent compte. Elle se penche ensuite derrière le bar, prend deux objets de la forme d'une bouteille et te fais signe de la suivre. Vous vous glissez entre les corps ruisselants jusqu'à une porte indiquant PRIVE que tu ne te prives, justement, pas d'emprunter.
Le vent chaud de la soirée se fracasse contre ta poitrine mais à côté de l'ambiance bouillante de l'intérieur du bar, il te paraît glacial, presque désagréable. Des millions de frissons courent sur tout ton corps tandis que d'un geste brusque, tu retires ta veste pour l'accrocher à la poignée de la porte. En débardeur dans la nuit estivale, tu savoures chaque goutte de sueur recouvrant ta peau changer ses atomes en flocon de neige.

« Bon sang, je revis ! C'était plus possible là dedans ! Eh mais qu'est-ce que tu fais, tu manges du verre ! »

Il te faut un temps fou pour comprendre qu'elle décapsule seulement les deux bouteilles de bière avec les dents et qu'elle t'en offre même une que tu saisis avec surprise.

« Oh c'est trop gentil ! » t'exclames-tu, les yeux brillants de reconnaissance.

Dans un élan de sympathie poussé à son paroxysme par l'alcool, tu t'élances vers elle et plaque un baiser mouillé sur sa joue, avant de te retourner, t'appuyant contre le mur afin de ne pas t'éclater par terre. Le goulot de la bouteille épouse tes lèvres en un bisou bien moins agréable, mais le liquide épousant les parfois de ta gorge a tôt fait d'améliorer ton humeur. Tu accueilles la gorgée avec une expiration de soulagement, secouant l'ourlet de ton débardeur pour faire un appel d'air contre ta peau humide.
La question de ta nouvelle amie semble mettre une éternité à parvenir à ton cerveau.

« Je suis désolé, je crois que je l'ai oublié. Et toi, c'est comment ? »

Tu te tournes de profil avant de tendre ta bière vers elle d'un ton joueur.

« Ca fait deux verres de plus, je crois. Alors qu'est-ce qui t'amènes ? Tu t'es frité avec un de tes collègues ? Tu travailles ici ou tu es juste une vilaine voleuse ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Lun 25 Mai - 1:11



Je passe mes doigts sur ma joue, comme pour sentir l'empreinte du simple baiser qu'il vient d'y déposer. Simple, mais efficace.
Je souris bêtement lorsqu'il m'annonce avoir oublié son propre prénom. A la lumière du jour, au détour d'une rue passante, si j'avais croisé ce type et sa mémoire pleine de fuites, et qu'il avait tenté -je dis bien tenté, jamais je ne l'aurais laissé faire- de m'embrasser de quelque manière que ce soit, je pense que je l'aurais éconduit plus ou moins poliment. Les miracles de l'alcool...

"Moi c'est Zampa."

J'aurais pu jouer la carte de l'amnésie moi aussi, histoire qu'on soit sur un même pied d'égalité, parce qu'à présent, il connait mon nom, alors que j'ignore le sien. Un point pour lui. Tant pis, je me rattraperai.
Je suis chacun de ses mouvements des yeux, quelques pensées peu orthodoxes traversant mon esprit lorsqu'il se met à secouer son débardeur pour dissoudre la chaleur qui nous écrasait quelques minutes plus tôt. Je secoue la tête, restons concentrée. Déjà que le sol commence à onduler sous mes pieds...
Voilà qu'il se décide à m'assaillir de questions. Il ne pouvait pas se contenter de mon prénom ? C'est vrai quoi ! J'entends ma bière me susurrer que ce n'est plus une heure pour réfléchir, et je suis bien d'accord.

"Je bosse ici. Mais ça ne m'empêche pas de piquer une ou deux binouze ici ou là, sous le nez des clients, pendant mon service."

Je marque une pause et prends le temps de me hisser sur le couvercle d'une des immenses poubelles qui longent le mur du club. Rude épreuve.

"Mais je me frite avec personne moi ! J'suis une nana vachement sympa ! C'est juste qu'il faut pas me mettre en colère parce qu'après je dors pas la nuit. Ça me fait cogiter, du coup je brûle de la matière grise dans le vide, et j'arrive pas à fermer l’œil. Après je finis par sortir de chez moi et je me retrouve ici. C'est un peu chez moi ici aussi."

Plus je m'écoute parler, plus j'ai envie de me faire taire. Je me trouve insupportable. Je vais le faire fuir. Et j'ai vraiment pas envie d'être seule, ce soir.

"Tu trouves que je suis vilaine ?"

Je tente d'observer mon reflet dans le verre de ma bouteille, renversant la moitié de son contenu sur ma chaussure.

"T'as raison. Peut être qu'il faudrait que je fasse quelque chose. Un petit tour chez le coiffeur par exemple. Mais avant..."

Je me laisse une nouvelle fois tomber de mon perchoir et me dirige vers la route d'un pas que je perçois comme étant décidé.
Ca y'est. Il est l'heure de mon petit rituel.
Ni une, ni deux, je jette un rapide coup d'oeil de part et d'autre de la route et viens m'allonger en plein milieu avant de poser ma bière en équilibre sur mon ventre.
Je soupire de soulagement.
J'ai l'impression d'être invincible.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Lun 25 Mai - 11:59

Zampa, c'est bizarre comme nom, ça. C'est un pseudonyme peut-être. Ou alors c'est une créature venue d'un autre monde. Ou alors elle raconte n'importe quoi. Ou alors c'est toi qui comprend pas. Bon peu importe, si elle répond quand tu l'appelles, on va garder ce nom là. On fait avec ce qu'on a, après tout. Elle t'apprend qu'elle travaille ici, ce qui explique son aisance à piquer des bouteilles derrière le comptoir, à avaler la bière des clients qu'elle a peut-être servies elle-même, et à décapsuler ces bouteilles comme on tire sur le goulot d'une gourde biberon. Elle se hisse avec difficulté sur l'une des poubelles qui orne le mur de l'impasse et l'ensemble, sous les lampadaires tamisés, a aussitôt l'air d'une sculpture complètement grotesque avec des cheveux qui partent dans tous les sens. Tu suis les contours gommés par la luminosité descendante qui transforme la jeune femme en silhouette, te surprends à la trouver belle. Puis cette pensée s'évanouit, suivant toutes les autres dans le néant de l'alcool.

« T'es une nénette au sang chaud, c'est cool ça, ce sont des gens plein de vie. »

Comme toi. Tu étires un sourire. Tu l'aimes de plus en plus, cette demoiselle. La vivacité de ses gestes qui pataugent dans l'alcool, la brillance de ses yeux francs, te rappellent quelqu'un. Ainsi, tu as l'impression de la connaître depuis toujours. Une aura de bien être vous entoure depuis que tu te trouves en sa compagnie. Tu pourrais tout lui confier, persuadé qu'elle ne dirait rien, qu'elle te conseillerait même, parce que les quelques paroles qu'elle a pu sortir montre qu'elle fait preuve d'une grande honnêteté.

« Mais non t'es pas vilaine, rassures-tu. Et attention, tu te fais pipi dessus. »

Ton cerveau éprouve le plus grand mal du monde à connecter les différents éléments de ton environnement si bien que tu ne percutes absolument pas que c'est la bière et non la vessie de Zampa qui se renverse en partie sur sa chaussure. Tu laisses échapper un rire nerveux, ne sachant pas si tu dois te moquer ou non, en même temps d'être gêné par ce moment d'intimité. Ta propre vessie a encore de la marge, elle te suivra longtemps, avec toutes tes bières et les autres substances un peu étranges que ta folie voudra bien te faire avaler.
Ta nouvelle amie propose d'aller chez le coiffeur, avant d'affirmer qu'il y a quelque chose de beaucoup plus important. Tu fronces les sourcils et la regardes passer devant toi : qu'est-ce qui peut bien être plus important que d'aller chez le coiffeur pour une femme ?! Avalant une gorgée supplémentaire de ta bière comme pour te mettre du carburant dans le gosier, tu te décolles du mur comme une affiche mollement humide avant de quitter l'impasse.

D'un pas qui se veut assuré mais qui donne davantage l'impression d'un funambule découvrant son terrain de jeu, la jeune femme s'avance vers la route comme si le goudron figurait l'eau d'une piscine dans laquelle elle voudrait plonger. Elle s'arrête à la frontière de la route, observe de droit à gauche et satisfaite, traverse, mais pas complètement. Elle stoppe sa marche en plein milieu de l'asphalte et, naturellement, s'y effondre avant de s'étaler comme une crêpe et de déposer la bière en équilibre sur son ventre, cerise sur le gâteau. Quelque chose tilte bizarrement dans ton esprit. Il n'y a qu'une personne au monde pour faire ça en portant un nom aussi original. Ca éveille une petite lumière dans ta tête, qui se noie dans l'alcool.

« EH ZAMPOULE TU VAS MOURIR ! »

Ton hurlement se perd dans la nuit bleutée. Et malgré cette constatation faussement tragique, tu trouves la force d'éclater de rire, comme si la perspective de voir le corps de ton amie exploser en morceaux de chair au passage d'une voiture constituait la meilleure plaisanterie de l'année. Tu titubes jusqu'à cet îlot fantastique qui semble briller au milieu de l'asphalte noir, surmonté d'une bière entamée qui t'appelle comme un phare. Telle une épave, tu t'échoues à ses côtés, tes genoux entrant durement en contact avec le sol. Tu vacilles et te rattrapes, les mains de chaque côté du corps de la jeune femme, ta bouteille au bout d'une main comme une prothèse, que tu lâches pour ne pas t'effondrer. A quatre pattes au dessus de Zampa tu es la carapace bizarroïde d'une tortue, et vos deux corps superposés, séparés par cette bouteille à moitié pleine, a des allures de figure de danse contemporaine.

« Tu sais Zapatos, tu me rappelles quelqu'un dans ma petite jeunesse. Quand on était sur la route et qu'yavait personne on jouait aux maîtres du monde : on s'allongeait en plein milieu de la route et on se croyait invincible. Et si une voiture arrivait, il fallait être le dernier allongé sur la route, sans passer sous les roues, parce qu'on est des Dieux mais que jusqu'à une certaine limite, quand même. »

Baissant la tête, tu emprisonnes le goulot de la bouteille de Zampa entre tes lèvres comme si c'était Zampa que tu voulais embrasser. Et tu relèves la tête, simplement, laissant la bière glisser dans ta gorge comme si tu buvais ton propre savoir, pour que tes souvenirs te reviennent en tête. Et cette position, au delà de son irréfutable stupidité, a quelque chose de foutrement sexuel.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Lun 25 Mai - 23:54

Rire. Une vibration qui me traverse tout le corps, de la racine de mes cheveux à la plante de mes pieds. Ça chatouille l'estomac. Ca résonne dans la nuit. Il rit, je ris. Parce que je suis saoûle, que j'ai trop chaud, que je me suis pissé dessus -c'est ce qu'il a dit alors...-, que j'ai l'impression que la route se trémousse sous moi, que le ciel tourne lentement au dessus de nos têtes étourdies, qu'il m'affuble de tas de surnoms plus hilarants les uns que les autres, que son rire à lui est contagieux. Si on mourrait là, tous les deux, ronds comme des queues de pelle, et hilares, on serait heureux.

Il manque de s'écrouler sur moi. Je m'arrête de rire. Il est si proche que je peux sentir l'odeur de sa peau, de ses cheveux. Je n'écoute pas vraiment ce qu'il dit. Et pourtant je l'entends me parler d'un de mes jeux préférés comme s'il l'avait inventé.
Son corps ondule sur le mien alors qu'il descend ce qu'il reste de ma bière sans même avoir à s'aider de ses mains. Des images défilent dans ma tête, comme si une petite main agile venait d'ouvrir un vieux tiroir dans un coin de ma tête.

Je me vois courir dans les rues de New York et renverser l'étalage du marchand de fruits et légumes du coin au passage. Leurs rires accompagnent ma course. Je m'engouffre dans une ruelle perpendiculaire aux grandes avenue et ouvre une porte de service avant de grimper une cage d'escalier, sautant les marches quatre à quatre comme une gazelle prise en chasse. Un étage, puis deux, puis trois... J'entends les garçons me dire de ralentir, qu'on a seumé les poulets et que courir comme une dératée ne m'est plus d'aucune utilité. J'arrive sur le toit de l'immeuble et vais me percher sur une cheminée, brandissant fièrement le paquet de cigarettes que je viens de voler. Je quitte mon perchoir et me laisse tomber sur le sol avant de m'allumer une de ces fameuses cigarettes, dégustant ma victoire. Les garçons ne tardent pas à me rejoindre et m'imitent, le paquet faisant vite le tour de toutes les mains.
Une voix familière ricane. "On devrait s'en fumer une en plein milieu de la 5ème, un d'ces quatre."

Je me redresse d'un coup, d'un seul, faisant perdre l'équilibre à mon acolyte qui valse par dessus moi et se retrouve à ma gauche. Ma bière se fracasse entre mes jambes et son contenu se répand lentement sur l'asphalte. Je le dévisage, mes yeux manquant de quitter leurs orbites.

"BORDEL DE MERDE LOON C'EST TOI?!"
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Mar 26 Mai - 11:33

La bière entre les dents comme dans une fellation futuriste, tu te cambres, tu fais l'amour à ses genoux, tu te mouches dans les étoiles. Et puis ce n'est plus qu'un tourbillon noir aux paillettes de lumière. Tout tourne autour de toi. Tu ne sais pas ce qu'elle a mis dans les bières, ni même lesquelles elle vous a servi, mais une chose est sûre, tu es complètement déchiré et des morceaux de toi s'éparpillent aux quatre coins de la rue. Bonne chance pour aller les rechercher, déjà que tu as oublié ton nom dans un verre au bar et ta veste en cuir sur la poignée de la porte de service. Il y a une absence, un long temps qui s'écoule et qui vous transporte dans une autre dimension. En dessous de toi, Zampa s'est tue, elle rêve, peut-être. Les dernières gouttes de la bière âcre se perdent en bulles de mousse au creux de ton œsophage.

Brusquement, la jeune femme se relève. Par réflexe tu baisses la tête, tes lèvres lâchent le goulot qu'elles ont emprisonné. La force du mouvement te déséquilibre et te projette sur la droite, la gauche de Zampa. La bière de cette dernière s'écrase entre ses jambes et pleure ses dernières gouttes, la tienne, restée à terre, est renversée par ton corps qui exécute une drôle de roulade et sans plus de cérémonie se suicide sur le goudron dans un traumatisme du goulot. Les effluves de houblon brun s'élèvent comme un chant cérémonial dans les airs, tandis que Zampa se réveille et hurle quelque chose à ton encontre. Sonné, tu ne réponds pas tout de suite. Tu n'as chuté que d'une cinquantaine de centimètres mais tu as l'impression d'avoir été projeté d'une falaise. Tu presses ton pouce et ton majeur contre tes paupières tandis que les paroles de ton ami font leur chemin entre ton cerveau, slalomant entre tes neurones endormis.

« Euh...Ouais...Possible, darling. Peut-être que je m'appelle comme ça...Bon sang est-ce que c'était une raison pour me gueuler dessus ? »

Un tambour de guerre danse la macarena dans ton crâne au bord de l'implosion. Frustré comme dans un coït brutalement interrompu, tu te redresses, les cuisses écartées comme les pattes d'une araignée grotesque pour te tenir en équilibre sur cette route qui tangue affreusement. Tu tournes dou-u-uloureusement la tête en direction de la jeune femme dont les yeux donnent l'impression qu'ils vont sauter de leurs orbites et dégringoler sur ses joues.

« Surveille bien tes yeux Zampahuile, on sera pas dans la merde si tu les perds. Et j'ai pas envie de faire la babysitter. »

Dans un réflexe tes lèvres s'étirent en un sourire béat tandis que le mécanisme de ta mémoire se met prudemment en marche, comme s'il avait peur de te court-circuiter le cerveau en se lançant trop vite ; tu te sens comme un Windows Vista au bord du burn out. Tu ne lui as pas dit ton nom et quand tu ne connais pas tu ne donnes jamais ton surnom. Or, elle vient de le sortir de nulle part, comme ça. Peut-être qu'elle lit dans tes pensées.
Tes yeux cherchent dans ton environnement les réponses à ces dizaines de questions comme si elles allaient tomber du ciel écrit sur des petits morceaux de papier. Au loin, une lumière apparaît et se rapproche, tu tournes la tête vers Zampa pour faire quand même attention à ce qu'elle ne soit pas en train de perdre ses yeux : en espérant que tu ne les confondra pas avec des cailloux s'ils venaient à tomber. Peut-être qu'elle devrait fermer les paupières afin de les garder à l'intérieur ? Tes pensées divaguent une fois de plus.

C'est le vrombissement surmonté d'un klaxon qui te ramène à la réalité. Ton cœur fait un bon dans ta poitrine, tu te retournes si fort que tes os craquent. La voiture s'approche à tout allure, geignant et gémissant son avertisseur sonore comme un hurlement infernal. Aussitôt, le jeu s'arrête : y jouer bourré ne rentre pas dans les règles. Tu saisis Zampa par son haut et la tire brutalement jusqu'à ce que vous vous retrouviez sur le bord de la route. La voiture passe dans un coup de vent, projette les deux cadavres de bouteilles contre un mur où elles explosent en milliers de fragmentes où se reflète la lumière orangée des lampadaires. Au coin de la rue, le monstre de l'enfer disparaît.

« Ok. Luisa Zampa. Je me souviens. »

Ton système d'exploitation crashe. Blue screen of death. Dans un haut le cœur, tu déverses tes tripes sur le trottoir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Mer 17 Juin - 23:27

Gauche, droite. Gauche, droite. Lentement, mon cerveau se balance dans ma boite crânienne alors que mille et une images défilent devant mes yeux écarquillés de bonheur. Une piqûre de rappel.
J'esquisse un sourire à chaque bribe de mots insensés qui s'échappe de ses lèvres, alors qu'il peine à garder les yeux ouverts.
Gauche, puis droite. Lui aussi tangue. Et je suis là, à sourire bêtement. Comme lorsque j'avais 13 et que j'ai rejoint leur bande. Ils étaient tous plus vieux que moi d'au moins deux ans, et je suis devenu leur mascotte. J'avais gagné ma place en filant un bourre-pif à un espèce de gros naze qui pensait pouvoir me prendre comme victime. Je ne me rappelle que très vaguement les raisons pour lesquelles c'est arrivé, mais il se trouve que cet imbécile, qui faisait facilement 30 cm de plus que moi à l'époque, s'était retrouvé avec le nez en sang, et que ça avait pas mal plus à Walt, Loon, et les autres, qui m'avaient pris sous leur aile. Moi qui avais toujours rêvé d'avoir un grand frère, j'en ai gagné tout un lot au change, et pas n'importe lesquels !
En ce qui concerne Loon, c'était le petit rigolo de la bande, bien souvent malgré lui d'ailleurs.
Il était si maladroit qu'il se faisait lyncher par les autres à longueur de temps, mais c'était aussi pour ça qu'ils l'aimaient tant et qu'il s'était rendu indispensable au groupe.

Je cligne des yeux et secoue la tête pour m'extirper de mes rêveries, réalisant que je suis restée paralysée par mes pensées pendant ce qui semble avoir été une éternité.
Aïe, mauvaise idée. Ça ne tangue plus, ça tourne. Et cette lumière là, je vois plus rien merde ! Je ne m'entends plus penser non plus d'ailleurs. Et pourquoi est ce  qu'il veut me piquer mon t'shirt celui là ?!

Je sursaute lorsque les deux bouteilles de bière volent en éclat et regarde la voiture s'éloigner aussi vite qu'elle est apparue.
Je tourne lentement la tête vers mon sauveur, encore sonnée par ce qui vient de se produire.

"Ok. Luisa Zampa. Je me souviens."

Alors que ces dernières paroles font laborieusement leur trajet jusqu'à mes neurones qui tentent de déchiffrer tant bien que mal cette série de voyelles et consonnes mises bout à bout, Loon est secoué de spasmes et redécore le goudron.
Je déglutis en faisant la moue et m'approche de lui pour lui tapoter le dos. J'aimerais pouvoir le soulager, lui apporter un verre d'eau, lui exprimer ma compassion par quelques phrases bienveillantes...et me retrouve finalement à quatre pattes à côté de lui à rendre ce qu'il restait de mon repas d'une traire, d'une seule.
Une fois mes hauts le coeur passés, je me laisse glisser contre une des bennes et gémis, persuadée d'avoir quelques résidus peur ragoutants collés dans les cheveux. Je rassemble mes genoux contre ma poitrine et les entoure de mes bras en soupirant. Ça faisait un moment que je ne m'étais pas mis aussi minable. Loon à peine réapparu, on reprend les bonnes habitudes, n'est ce pas ?

Ce dernier se redresse enfin, à priori légèrement moins mal en point que durant les minutes précédentes.
Je lui fais signe de me rejoindre en levant mollement le bras.

"Viens là Loony, faut que j'te parle. Et faut qu'tu m'écoutes."

J'attends patiemment qu'il parvienne jusqu'à moi et m'affale à moitié sur lui une fois qu'il se trouve à portée de main.
La tête posée sur ses cuisses, je le dévisage un instant, puis souris et ferme les yeux.

"Luisa est morte, tu comprends ? C'est juste Zampa maintenant. C'était mon surnom à l'époque déjà, alors continue de m'appeler comme ça, d'acc ?"

J'ai la sensation de m'enfoncer dans le sol et de me liquéfier, comme si l'alcool qui circule dans mes veines s'emparaient de mon être tout entier.

"J't'expliquerai peut être si t'es sage. Mais d'abord je vais faire un petit somme. D'acc ?"

D'acc, d'acc, dakodak.
Ni une, ni deux, je sombre dans les bras de Morphée, oubliant complètement que je suis échouée entre trois poubelles derrière le bar où je travaille.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Jeu 18 Juin - 21:36

Glups, burp, beuark. Glups, burp, beuark. Joli canon de vomi.
A tes côtés, Zampa se laisse retourner elle aussi les intestins par les spasmes qui la secouent. C'est paaas bon de boire autant et de se faire des peurs pareilles juste après. Même si tu as le cœur accroché, visiblement, l'estomac ne suit pas. Impuissant, la tête contre le mur, tu ondules d'une manière grotesque au rythme des spasmes qui te secouent. Ton repas se transforme bientôt en bile d'un vert électrique qui te brûle la gorge. Les os de ton crâne s'entrechoquent et donnent l'impression que ta tête va exploser. Vomir est une chose atroce, on a l'impression qu'on va mourir. Finalement, les derniers haut le cœur bousculent ta cage thoracique, et ton corps se détend. Le cœur battant, tu fermes les yeux, à la limite du malaise. Plus jamais tu ne boiras, tu te le jures. Jusqu'à la prochaine fois.

A côté, ton amie t'appelle. Tes paupières sont si lourdes. Une fatigue incommensurable s'abat soudain sur ton pauvre petit corps meurtri. Tu as l'impression qu'elle est à des kilomètres alors qu'elle est juste là. Haletant, tu te redresses avec difficulté et vacille pour te tenir debout. Les mares de vomi qui s'écoulent sur la route, sur le trottoir et dans le caniveau, te donnent l'impression de gigantesques rivières que tu ne pourras jamais traverser. Courage, Loony, utilise ton saut de super héro ! Tadaaaam !
Et tu enjambes simplement la nouvelle peinture fraîche avant de te laisser glisser dos contre le mur à côté de Zampa qui te prend aussitôt pour un oreiller vivant. Elle à te causer. Elle a l'air super sérieuse, alors tu essaies de garder les yeux ouverts et de la regarder sérieusement. Comment regarder sérieusement quelqu'un qui dort à moitié sur vos cuisses...

« D'accord, Zampâté-en-croûte, je m'en souviendrai. »

Ou pas. Apparemment quelqu'un est mort, mais tu ne te rappelles plus de qui il s'agit. Tu as juste mémorisé qu'il fallait que tu continues de l'appeler comme d'habitude et ça te suffit amplement. Tu n'es clairement pas d'humeur à réfléchir de toute façon. Dans la nébuleuse de vos esprits tourmentés elle te glisse qu'elle va te raconter un truc si t'es sage. L'estomac en vrac, la vessie pleine prête à se déverser sous sa tête.

« Dakodak Zampatrick. Sweet dreams. »

Son corps s'enfonce dans tes cuisses. Un vent se lève dans la rue déserte, te fouette le visage, te procure de nombreux frissons désagréables. Merde, oui, c'est vrai, tu as laissé ta foutue veste sur la poignée de la porte. Et puis cette grognasse plus lourde qu'un ours mort ! Pouah, ta vie est merdique. Tu piquerais bien un petit somme, toi aussi. Tes paupières s'abaissent devant tes yeux, ta respiration se calme, ta tête tourne. Bon sang, qu'est-ce que tu as mal au ventre...

« Monsieur ? »

Ah, on dirait que tu es mort, dieu t'appelle.

« Monsieur ? »

Quelqu'un te secoue l'épaule. Qu'est-ce qu'il fait chier, Dieu. Tu soulèves difficilement tes paupières, les lumières t'agressent. Une silhouette sombre se tient devant toi. A en juger par sa carrure, c'est un homme. On vient vous violer ! Ton cœur bondit dans ta poitrine...et puis il retourne dormir dans ta cage thoracique. Si on peut plus compter sur son cœur, c'est fichu.

« Je vais vous appeler un taxi, donnez moi votre adresse. »

Pour toute réponse, tu tâtonnes dans les cheveux de Zampa pour trouver la poche de ton jean où se glisse ton portefeuille. Tu t'en saisis et le tends à l'homme. Il doit bien y avoir une carte avec ton adresse complète, là dedans. Le reste est un ensemble d'images floues entrecoupés de noirs profonds comme ceux qui ponctuent nos nuits de rêves. Tu te rappelles d'une voiture qui s'arrête. Tu te rappelles être ballotté dans tous les sens. Des lampadaires qui dansent, du moteur qui vibre comme un gigantesque sex toy. C'est cool de voyager dans un sex toy. Tu te rappelles de la voiture qui s'arrête, de cet immense phallus à fenêtres qui te tient lieu d'immeuble. Le chauffeur de taxi sort de l'habitacle pour vous tirer dehors. C'est trop bête, tu vas dormir sur la route. Le courant d'air frais te réveille suffisamment pour sortir ta monnaie et payer une somme qui te paraît astronomique. Te penchant, tu saisis Zampa comme un sac à patates et la fais passer par dessus tes épaules. Vous vous affalez dans l'ascenseur jusqu'à votre étage. Noir. Lumière. Noir. Lumière. L'ascenseur s'arrête, les portes s'ouvrent. Tu traînes quasiment le corps de la jeune femme dans le couloir, avant d'atteindre ta porte d'entrée. Tu ne sais pas combien de temps tu cherches tes clés pendant que Zampa s'affale sur toi dans son sommeil. La minuterie de la lumière s’éteint plusieurs fois. La clé bute tout autour de la serrure avant d'y rentrer. Tu pénètres à l'aveuglette dans ton appartement, gagne la chambre, largue Zampa sur le lit, lui retire ses vêtements, te débarrasses des tiens.
Et c'est le noir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Dim 5 Juil - 23:17



Le silence. Pas le moindre bruit, ni même le plus petit des chuchotements. Le calme absolu. Je marche dans un champs de coton. Je flotte, je glisse, je vole, mes pas sont si légers qu'ils n'émettent pas le moindre son. C'est agréable. Beaucoup trop agréable. Quelque chose cloche.
Je me retourne pour regarder par dessus mon épaule. Loon me sourit. Tiens, je n'avais pas remarqué qu'il était là, lui aussi. Il pointe son doigt dans ma direction, comme pour attirer mon attention. Mais c'est trop tard. La voiture surgit de nulle part et me percute de plein fouet. Je tombe. Une chute sans fin. C'est long. Trop long. Ça me file la nausée. J'ai chaud. Chaud à en crever. Et je m'écrase au sol dans une giclée de sans pharaonique.

Un spasme secoue mes jambes, et je sursaute, brusquement tirée du sommeil. Haletante, je tâtonne dans la pénombre pour vérifier qu'aucun de mes membres ne manquent à l'appel, peinant à réaliser que je suis à présent bel et bien réveillée. Bordel de merde. Je crois que ma nausée, elle, est bien réelle. Je me redresse tant bien que mal et, toujours à tâtons, cherche mon chemin dans le noir, pestant à chaque obstacle que je rencontre. Putain qu'ils sont nombreux ! A croire que quelqu'un s'est amusé à tout changer de place. Même ma salle de bains. J'ai l'impression de tourner en rond depuis un milliard d'années et de n'avoir toujours pas trouvé cette fichue cuvette. Et puis d'abord, depuis quand je porte des caleçons moi ? C'est fou le nombre de sous-vêtements masculins que j'ai pu croiser sur ma route. Et puis, en général, je prends soin de vérifier que mes coups d'un soir n'oublient rien en partant. Et ce t-shirt affreux là, c'est pareil ! Jamais je ne porterais ça, même pas saoule ! Ceci dit, ça irait plutôt bien à Loon.

C'est après m'être pris le pied dans un énième coin de mur que j'atterris enfin dans la salle de bains, titubantes, et me penche au dessus de la cuvette, réalisant par la même occasion qu'il se pourrait bien que je ne sois absolument pas chez, mais beaucoup trop préoccupée par l'état de mes intestins pour m'en inquiéter.
Quelques gromelots provenant de la pièce voisine attirent mon attention. Je relève la tête.

"Y'a quelqu'un ?"

Arf.
Mauvaise idée. Ça tourne, ça tourne, ça tourne.
J'éloigne mes cheveux de mon visage tant bien que mal et ferme les yeux.

"C'est fini l'alcool Zampa. Fini, fini, fini !"
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Lun 6 Juil - 17:15

Quelque chose bouge contre toi, contre tes jambes, avant de finalement filer dans un courant d'air. Ouais, sûrement le chat. Te retournant sur ton matelas, tu jettes un coup d’œil au réveil sans réellement vérifier l'heure, avant de fermer les yeux une nouvelle fois en plongeant la tête dans ton oreiller comme dans le puits sans fond de ton sommeil lourd. Quelque chose se cogne contre le mur avant d'aller faire des bruits bizarres dans la salle de bains. A demi éveillé, tu rouspètes contre cette chose, sûrement le chat.
Attends, tu n'as pas de chat.

Tu relèves brusquement la tête en cherchant une silhouette dans le noir. Quelqu'un dans la salle de bains demande qui est là. Ben toi, imbécile, t'es encore chez toi, non ? Ta tête tourne et tout devient flou autour de toi. Enfoncé dans le matelas, les hanches serrées dans ton caleçon humide, tu as l'impression de peser des tonnes. Ton corps frissonne, tremble légèrement. Il fait à la fois chaud et froid, ce qui commence à devenir particulièrement désagréable. Les bâtons rouges de l'écran numérique du réveil se foutent de ta gueule car tu n'arrives pas à les rassembler selon une heure cohérente. Visiblement, il fait encore nuit. Tentant d'enrouler la couverture autour de toi, tu perds brutalement l'équilibre et rencontres soudainement le sol de la chambre et les nombreux vêtements qui transforment ce lino lisse en moquette irrégulière.

Quelque part, le prénom de Zampa retentit. Te redressant dans un grognement, tu sembles enfin comprendre que c'est avec elle que tu as passé la soirée. Attends, qu'est-ce qu'elle fiche chez toi ? Tu ne ramènes jamais personne chez toi d'ordinaire, qu'est-ce que...Oh bon sang, vous n'avez quand même pas...
Cette pensée te fiche la nausée, à moins que ça ne soit la nausée qui te fiche cette pensée. Dans tout les cas tes intestins ont bel et bien envie de fiche le camp et pas spécialement par le conduit d'aération. Ton estomac remonte dangereusement vite dans ta gorge. Tu te redresses à grand peine et piétine dans la mer de fringues avant d'opérer un virage spectaculaire à quatre-vingt-dix degrés dans la salle de bains dont tu te souviens parfaitement de la position.

Dérapage contrôlé sur le carrelage, Zampa entre tes jambes, tu saisis la queue de cheval improvisée de la jeune femme pour lui éviter tout désagrément avant de déverser tes propres entrailles par dessus sa tête dans une éructation infernale. Le jugement dernier éclate dans la cuvette des toilettes avant que, épuisé, tu ne te laisses défaillir. Tes genoux rentrent brutalement en contact avec le sol et, Zampa entre tes cuisses, ses cheveux encore entremêlés dans tes doigts, tu finis par laisser choir ta tête sur son épaule.

« Putain Zampignon plus jamais je me mets une mine avec toi tu m'entends ? »

Ta voix est ferme et agacée mais vous savez tous les deux que vous n'en pensez rien. Fermant les yeux, tu sens ton cœur revenir doucement à la normale. Soudain, tu as quatorze ans de nouveau.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Mer 8 Juil - 18:02



Alors que ma conscience et moi étions en train de régler nos différends, un grand gaillard surgit de nulle part et s'empresse de me piquer ma place de choix au bord de la cuvette, sans pitié. Pendant une quart de millième de seconde, je l'envie. Son estomac peut dire Amen, à lui, tandis que le mien continue de danser la lambada, déclenchant une série de spasmes plus désagréables les uns que les autres.
C'est lorsqu'il pose son front moite contre mon épaule bouillante et me lâche une phrase pleine de repoches que quelques flashbacks de la veille refont surface. Dans un énième soubresaut, mes tripes rendent l'âme et viennent tapisser une dernière fois les parois des WC préalablement baptisées par mon compère. Dieu merci, mes cheveux étaient toujours entre ses mains. Je tire enfin la chasse d'eau, et lorsque le fond de la cuvette redevient limpide, le souvenir de la nausée parait s'être déjà dissipé, à quelques odeurs prêt.
Je me tourne lentement vers Monsieur Ledonneurdesurnomsdébiles et contemple son visage apaisé pendant un court instant. Arrêt sur image. Je réalise alors à quel point je suis seule dans ce nouveau monde où je ne parviens toujours pas à trouver ma place. En dehors de Walt, que j'ai presque toujours connu et à qui il avait semblé bon de me traîner avec lui jusqu'ici à l'époque, je n'ai personne sur qui compter. Pas âme qui vive qui connaisse mon vrai nom, mon histoire, d'où je viens. Et je m'aperçois que malgré ce que je pensais, je ne me suis toujours pas débarrassée du fardeau qui est le mien.
Je pose ma main sur sa joue et souris. C'est si bon de le revoir. Comme si mon passé me faisait un clin d'oeil.
J'ai envie de lui poser mille et une questions.
Où était-il pendant tout ce temps ? Qu'était-il arrivé au gamin que j'avais quitté des années plus tôt ? Est-il au courant de mes mésaventures ? A-t-il repris contact avec Walt ?
Ma gorge se serre, et sans trop savoir comment ni pourquoi, j'éclate en sanglots.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Thirteen [Zampa]   Jeu 9 Juil - 9:15

Zampa se vide à son tour sans grâce avant d'avoir la pensée lumineuse de tirer la chasse. Bientôt les preuves désagréables de votre comportement stupide disparaissent dans la plomberie, ne laissant derrière elles que le silence de vos consciences qui se jugent elles-mêmes. L'estomac en vrac et complètement vide, tu te sens soudain beaucoup mieux cependant. Les battements de ton cœur reprennent peu à peu un rythme normal et tu aurais soudainement presque faim. Malgré tout, ta tête ne cesse de tourner, brouillant davantage ta vue imprécise. Cette salle de bains qui est pourtant la tienne te paraît soudain particulièrement étrangère, hostile, même. Les lumières dansent au dessus de ta tête, le miroir mural figurant un portail ondulant vers un autre monde tandis que le lavabo semble être prêt à te sauter dessus pour te dévorer.

Le torse agité par les mouvements de Zampa, tu finis par te redresser à ton tour. Tes doigts entremêlés dans les cheveux ébouriffés de la jeune femme s'en échappent finalement, retournent sur le carrelage afin de te servir d'appui pour ne pas défaillir. La proximité entre vous est trop grande, comme l'atteste la facilité avec laquelle ton amie pose sa main sur ta joue, un sourire irréel plaqué sur les lèvres, comme si elle rêvait à travers tes yeux le souvenir du gamin de quinze ans que tu étais alors. A travers les siens tu distingues les fêtes de ton adolescence, la tristesse et la joie, la douleur et la tendresse de tes jeunes années. Là où le temps était meilleur, où New York existait encore, où Seraphina jouait si bien son jeu, ou Alvin n'était pas si borné, ou Loukas commençait tout juste à affirmer ses opinions rebelles, ou Wes' parlait de cultiver ses plants d'une manière très sérieuse malgré la bouteille de rhum quasi vide qu'il serrait entre ses doigts fébriles.
Et soudain, le noir, le chaos, la séparation, la drogue, l'alcool, le sexe, New York engloutie, New Orleans promue capitale, et toute une adolescence qui s'effondre, une bande qui se divise, des familles qui se déchirent. Et tout recommencer à zéro.

Les visions s’effacent et lorsque les vagues à l'âme te secouent à ton tour, tu comprends pourquoi Zampa éclate soudainement en sanglots. Et l'impuissance te submerge comme un raz de marrée se fracassant contre ta poitrine tandis que tu prends conscience des changements et du fait que tu ne saurais pas la consoler sans sombrer à ton tour. Tu n'as pas besoin de pleurer cette adolescence perdue, pas besoin de te morfondre sur la séparation de tes mères, pas besoin de te flageller du manque vécu d'Alvin qui lui le fait si bien. Tu n'as pas besoin de tout ça, et si aujourd'hui te regardes vers l'avenir, Zampa tourne en rond et s'effondre.

« Il faut que je fume. »

Tu sépares tes cuisses des siennes et te relèves sur le carrelage froid. Titubant, tu rases les murs avant de trouver ta veste quelque part étalée sur le sol dans son cuir noir et luisant, comme la mue d'un animal écaillé, sur laquelle tu te jettes désespérément. Pendant un temps interminable tu fouilles dans tes poches avant de trouver le petit paquet salvateur et tu te bénis d'y glisser toujours ton briquet. De deux mains fébriles, adossé au mur, les jambes fléchies comme dans l'attente de la mort, tu enflammes le rouleau de tabac dans lequel tu retrouves la douceur salvatrice de ces rêves qui partent en fumée.
Tu n'as même pas ouvert la fenêtre.
Revenir en haut Aller en bas
 

Thirteen [Zampa]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-