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 Ready, aim, fire [Pv Isaac]

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MessageSujet: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Ven 1 Mai - 0:49

Ready, aim, fire
○ Blood in the writing, stuck in the fighting. Look trough the rifle's sight. How come I've never seen your face 'round here ? I know every single face 'round here. Here in the heckle, holding the shackle. I was never welcome here. We don't have a choice to stay. We'd rather die than do it your way. With our backs to the wall, the darkness will fall. We never quite thought we could lose it all. Ready aim fire, ready aim fire. An empire's fall in just one day. You close your eyes and the glory fades. Ready aim fire, ready aim fire away .


Dans la brûlure crépusculaire, les pneus calfeutrent les interstices que la corrosion a creusé dans un goudron malmené. La route ne se prête définitivement plus à ce genre d’échappées. Lasse et souffrante, l’asphalte sinue entre la verdure pour mieux cueillir des pas empressés et peut-être en poussant l’excès, les rayons d’une bicyclette esseulée. Peu de véhicules franchissent les quartiers de la Nouvelle-Orléans et sans cette fonction, sans doute qu’elle aurait été une de ces nombreuses malchanceuses qui piétinent la terre pour atteindre leur objectif. Tout est dans le prestige. Et quel prestige songe-t-elle amèrement en réajustant ses doigts contre le volant élimé. Pouvoir dévaler des chaussées non-adaptées, envahies par une population initiée à l’abus de trajectoires insensées, à bord d’un véhicule rutilant qui frôle la submersion mécanique à chaque tournant. La conductrice avise d’un regard courroucé dans ses rétroviseurs mal réglés – foutu Burton !, le voisinage tout à fait nauséabond d’un quartier à moitié bercé dans son luxe et sa criminalité. Deux paysages pour un seul lieu. Ici, tout transpire le double-sens sans qu’elle ne mette tout à fait le doigt sur le déclencheur physique de cette impression malsaine. Sans doute, les rumeurs. Les cadavres retrouvés, l’odeur des marécages qui supplante l’hémoglobine. Les maisons s’étalent, de belles devantures, de charmants gazons qu’on a tondus avec vigilance pour satisfaire de jolies blondes qui agitent des doigts manucurés aux maris tout aussi bien apprêtés. L’un dans l’autre, c’est forcément vers une grande ponte qu'elle s'oriente, grande figure pour le gouvernement qu’elle se doit de baby-sitter. Le mot claque dans sa tête et revient aussi vite coulisser entre ses lèvres « Baby-sitter. » Un ricanement qui se perd après avoir insulté le silence. Des hommes trop gras pour supporter leur propre poids qui s’appuient sur leurs atouts politiques pour rester en vie. Qu’il en soit ainsi.

Mobiliser des recrues pour bichonner les derrières des riches, d’accord. Mais pourquoi piocher dans leurs effectifs pour effectuer cette basse besogne. Où est la police ? Sûrement pas dans les rues. La brune rejette sa crinière et soupire lourdement. Des heures de patrouille pour finir le service devant une façade quelconque, à guetter des ombres en exerçant sa parano sur le moindre félin à proximité. C’est sans doute la pire tâche qu’on aurait pu lui confier et elle soupçonne fortement un retour de flammes. Tout le service rêve de la décapiter. Peut-être qu’on veut seulement la pousser au suicide. Cette réflexion amorce un rire amer  dans sa gorge. Il n’en faut pas plus pour la ramener à cette nuit létale qui lui aurait absolument tout coûter. Du sang sur les doigts, ses yeux à lui, le corps frêle, désarticulé de sa fille et les macchabées qui ont failli la déguster. Ses jointures craquent. La perte de Susanna hante chaque heure et tire dans son sillage, hors de sa boîte pandore, toutes les horreurs qu’il a fallu affronter pour en arriver au présent, à la première personne du singulier. Pourtant, il y a eu un lui, il y a eu un nous. Ensuite, le vous, puis uniquement le tu. Les reproches s’accumulent encore quelque part à l’orée de sa conscience, comme un discours qu’elle n’a pu finir dans l’urgence, comme une histoire inachevée qui n’a plus d’encre que leur hémoglobine ternie par la folie. Pour un mieux, sûrement. Les choix ont été faits et les regrets n’ont pas d’espace à occuper dans ce thorax reconstruit sur les débris. Il y a trop de haine à entretenir pour les distancer, bien trop de rage à convertir pour oublier. La sorcière assassine le passé en injuriant l’instant. Et plus précisément, l’homme qui lui assure par des gestes tout à fait disproportionnés qu’elle s’est sûrement mal garée.

« Valentine, la pelouse ! Tu es en train d’écraser toutes les… » Joan pousse sa portière une fois le moteur coupé et la balance d’une même envolée dans le ventre de son collègue pour l’inciter à la fermer. «  Où qu’il habite le vioque ? »  Le peacekeeper fige ses traits sur l’incompréhension alors que la trentenaire sent déjà son impatience guider ses mouvements imprécis. « Quel vioque ? »  Elle verrouille sa voiture, fusille du regard les quelques voisins qui  osent passer la tête et reprend avec plus de mépris encore « Celui qui a de toute évidence besoin qu’on lui porte les couilles. » Le quarantenaire bredouille des mots qu’elle ne capte pas. « Je te conseille de ranger ta langue de vipère. Il va pas apprécier. Et tu sais bien que tu as déjà reçu… » « Ouais, ouais, c’est ça, écrase, maman. Je suis une grande fille maintenant, j’arrive à aller sur le pot toute seule. » Son comparse se renfrogne et la guide instinctivement devant la bonne demeure. Elle s’arrête sur le perron et admire l’architecture distraitement. « Ok, je dois m’emmerder sévère sous cette fenêtre, c’est ça ? » « Tu dois rester là, oui, surveiller les allers-venues. Prévenir en cas de... » « Ouais, ouais, je sais. Tu peux te tirer. » Mais il reste et va même jusqu’à la porte pour interpeller son propriétaire en y apposant plusieurs petits coups secs. « Qu’est-ce que tu fiches ? » Il hausse les épaules. « Il ne t’a jamais vu. C’est normal que tu te présentes et que je lui explique qu’on me relève de mes fonctions pour la nuit. Tu sais… On ne sait jamais. Quelqu’un qui s’infiltre, vole un uniforme… La menace est sérieuse. »  Blablabla. Elle ne l'écoute déjà plus. La jeune femme croise les bras sur sa poitrine et s’approche nonchalamment de l’entrée tout en contemplant l’environnement très tranquillement. L’identité et le titre de son futur protégé ne l'intéressent même pas. Elle ignore tout et s'en fiche. Il est juste assez important pour être une des prochaines cibles de la rébellion. Juste assez peureux pour se laisser prendre à ce petit jeu ridicule. Juste assez con pour qu’on lui colle une garde personnelle H24. Pas encore assez intuitif pour oser ne pas se montrer. Pas assez conscient de ce qui l’attend.

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Dernière édition par Joan C. Valentine le Mer 22 Juil - 2:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Ven 1 Mai - 11:35


« t'as pas froid aux yeux mais t'as le feu au cul »



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J'entrouvre un rideau et regarde furtivement à la fenêtre. Peut-être que si je n'étais pas moi-même flic, je ne l'aurais pas remarqué. La voiture grise était garée un peu plus loin. Son propriétaire se faisait discret. Il connaissait bien son métier visiblement. Tant mieux pour lui. Je n'aurais pas supporter de voir un grand con sous ma fenêtre en train de me surveiller. Celui-là avait l'intelligence de se faire discret. Il avait sûrement compris qu'avec moi, on ne rigolait pas. Cela faisait un jour que j'étais surveillé. Pourtant, je n'arrivais toujours pas à m'habituer. Quel était l'énorme abruti qui avait eu l'intelligence de m'adresser une lettre de menace ? Pourquoi ma secrétaire l'avait-elle ouverte ? Ah oui, pour mon propre bien. J'avais eu beau rouspété, juré, menacé, on m'avait quand même un Peacekeeper pour me surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce n'était qu'une lettre de menace mais comme elle semblait venir des rebelles, tout le monde s'était agité. A mon plus grand désarroi. Si cela n'avait tenu qu'à moi, je me serais bien passé de ce gardiennage. Et au pire des cas, je me serais occupé du bébé rebelle tout seul. Malheureusement, je n'avais pas eu le choix. Cela avait été "non-négociable". Tous les plus beaux raisonnements du monde n'étaient pas venus à bout de la décision du grand manitou. Ô grand chef, protégez-moi de cette terrible menace rebelle, je me sens si faible. Eh connard, tu crois que j'ai été promu commissaire pour mes beaux yeux marrons ? Tu crois que je suis rentré dans la police parce que je suis passé sous le bureau comme une nymphomane mal baisée ? Sérieusement, je n'en revenais pas. Et cela me mettait hors de moi. C'était comme si personne en ce bas monde ne reconnaissait mes capacités. Un échec en somme. Et maintenant, je n'avais pas d'autres choix que de subir. Subir cette garde rapprochée. Elle n'était composée que d'un seul Peacemaker mais c'était déjà trop. Dans le bureau du haut, on avait sûrement compris que plus d'une personne, c'était inenvisageable. Déjà car c'était un coût assez conséquent. Deux, il n'y avait pas eu d'autres menaces. Trois, il savait que je finirais par en étriper à mains nues donc ils ont préféré jouer la sécurité. Je savais très bien que cette surveillance était pour ma protection mais, je ne supportais pas l'idée de me faire assister. Je pouvais très bien me protéger tout seul. Je n'étais ni arriéré, ni handicapé. J'étais même plus qu'humain mais ça, je me suis bien gardé de le révéler. J'étais tout à fait capable de me garder tout seul. Mais au final, on ne m'avait pas écouté. Trop d'ego pour réfléchir convenablement. Peut-être mais cela n'enlevait rien au fait que j'étais doué. Si quelqu'un voulait réellement intenter à ma vie, il aurait fermé sa grande gueule et serait venu me cueillir chez moi. Ce n'était qu'un gros rigolo. Un adolescent pré-pubère qui n'avait rien d'autre à faire. Dans tous les cas, cela n'arrangeait en rien ma situation. J'allais devoir me contenter de subir. Alors, puisque je n'avais pas d'autre choix que de les supporter, je devenais assez irascible. Pour ne pas dire totalement chiant. Je n'étais pas là pour leur faciliter la tâche non plus. Et puis, il faut bien l'avouer, pendant mes jours de repos cela m'occupait réellement. Je prenais un véritable plaisir à les faire tourner en bourrique. Cela ne faisait qu'un jour certes mais, je pense pouvoir affirmer avec certitude qu'ils en avaient bien bavé. Je me détourne de la fenêtre en soupirant. Je m'affale sur le canapé en admirant le plafond. Je pouvais très bien refaire un jogging mais, je préférerais qu'il crève d'une dépression plutôt qu'à cause de l'effort physique. Le physique c'est une chose. Mais le mental pour faire souffrir, c'est largement mieux. Nouveau soupir. Cela commençait presque à m'ennuyer toute cette histoire. Mais, je n'allais pas me laisser abattre pour autant. C'est à ce moment-là que je me dis que prendre une douche serait une bonne idée. On trouve toujours des idées sous un bon jet d'eau chaude. Et puis comment résister à l'appel d'une bonne douche quand on pue la sueur ? Je pensais d'abord me la jouer gros dégueulasse mais au bout de quelques heures, même moi je n'arrivais pas à supporter ma propre odeur. On verra plus tard pour l'épisode "chacal puant". Peut-être que je l'utiliserai comme arme fatale. Comme une arme biologique du plus grand effet. Histoire de vraiment les achever. Mais pour l'instant, j'allais la jouer soft. Pour ma propre sécurité avant tout. Ces grands hommes, ces Peacekeeper reconnus avaient sûrement besoin de moins pour être effrayés. Grandes gueules mais c'est tout. J'étais paisiblement sous la douche quand j'entendis qu'on tambourinait à ma porte. Rapide coup d'oeil à ma montre. Fin d'après-midi rimait avec relève. Je pris mon temps pour sortir de la douche. Après tout, il aurait toute la nuit pour s'ennuyer. Ce n'est pas quelques minutes sur le pas de ma porte qui allait le tuer. A moins que ces Peacekeeper soient encore plus bête que je ne l'avais imaginé. J'enfile simplement un caleçon, un jean et une paire de chaussettes propres et me dirige vers la porte. Le bouton du jean et la braguette ouverte, j'étais sûrement au summum de la classe. Ou un appel au sexe vivant. Je lève les yeux au ciel. Cette mascarade cessera quand au juste ? " Quoi ? On n'a plus le droit de se branler tranquille dans ce bas monde ? " Je m'essuie rapidement sur mon bas. On sait jamais, il peut rester quelques résidus. Des résidus de calcaire bien sûr. De calcaire présent dans l'eau bien évidemment. Ce n'est qu'à ce moment-là que je prends réellement le temps de regarder mon interlocuteur. Je savais très bien qu'à cette-heure là, cela ne pouvait qu'être la relève. Je n'avais pas commandé de pizza alors qui cela pouvait-il être à part mes sympathiques Peacekeeper ? Cela aurait pu être un voisin et dans ce cas-là, tant pis. Je passerais pour l'obsédé du quartier. Je pouvais m'attendre à tout. Mais jamais mon esprit torturé n'aurait pu envisagé ce scénario-là. Décomposition faciale. A ce moment-là, c'est tout un monde qui s'écroule. Ses longs cheveux je les connais. Je les ai caressés tant de fois. Ce visage fin, je l'ai regardé tant de fois. Tant de fois, je me suis plongé dans ce regard pénétrant. Tant de fois, j'ai prononcé son nom. Mais là, il reste coincé entre mes lèvres. Comme si le prononcer briserait cet instant magique. Ce rêve. Pourtant, même si là plus rien ne sort, son nom se répercute dans les parois de ton esprit. Encore et encore il résonne. Douce mélodie chargée d'histoire. Cette histoire qui te ronge. Ce nom qui te hante encore et toujours depuis trois ans. Joan.


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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Lun 4 Mai - 11:30

Les secondes engrangent les minutes dans un silence tout à fait relatif alors qu’elle ne peut contenir ses injures entre ses dents serrées par l’impatience. Elle roule des épaules à plusieurs reprises, fait plusieurs pas dans des directions divergentes et jette des coups d’œil frénétiques à son véhicule, promesse de liberté qui s’avorte dans les circonstances. « Putain mais il a déjà clamsé là ou quoi ? » Rageusement, elle appose de nouveaux coups contre la paroi, s’écorchant presque les doigts dans la manœuvre. « Je te jure que s’il… » Mais la porte s’ouvre soudainement, lacérant la bouche de la brune et lui ôtant toute faculté de parole. Ses paupières se referment brutalement pour chasser la réalité avant de lui rouvrir à nouveau le champ des possibles, des coïncidences et de l’ironie. La sorcière recule de deux pas en cherchant désespérément à distancer le passé mais en vain. Cette composante mémorielle se fige dans sa rétine, noue des détails incomplets au faciès de cet homme qu’elle a cru longtemps oublié. Évanoui dans l’hiver perpétuel de New-York. Sans doute, n’a-t-elle jamais voulu admettre sa présence dans ce nouveau monde, trop près de sa nouvelle ligne de départ. Mais il est bien là. La narguant presque en arborant un visage que la démence n’a même pas réussi à totalement décomposé. Joan sent la fracture aortique la porter sur un chemin bien trop dangereux. La réaction se fait attendre. Tétanisée sur sa parcelle de perron, elle s’attend presque à recevoir une décharge providentielle, à ce qu’on tire sur les ficelles pour déjouer l’illusion, qu’on lui explique que ce tour du destin bien fallacieux n’est qu’une mauvaise farce de très mauvais goût. La trentenaire retient ses mains tremblantes, elle les empêche de serrer sa carcasse appauvrie de toute volonté. La terreur circule par habitude, l’émotion s’entretient pour la même raison et au centre de l’ouragan, elle survit. Une fois de plus. C’est ce qu’elle a dû devenir pour surpasser les séquelles que leur vie commune a causées. Une survivante.

Son titre devient son seul point d’ancrage. Mais le mutisme s’allonge toujours parce qu’elle ignore encore ce qu’elle veut vraiment faire, ce qui s’accorderait seulement à ce qui est, ce qui a été et à ce qui ne sera plus. Plus elle cherche à mobiliser sa rage, plus elle perd ses raisons. Ses yeux cherchent à se défaire des siens pour rattraper sa personnalité vacillante mais Jill abrite ce regard et déjoue chaque mécanisme de défense qu’elle sait pourtant si bien mettre en pratique. Son examen se poursuit contre la cicatrice, force des frissons contre son échine. Les violences dorment sous son épiderme, tant de berceuses qu'elle se fredonne pour ne plus être la victime du récit. Quand le ténor de son acolyte submerge l’ensemble, elle sursaute et bondit d’un nouveau mètre vers l’arrière. « Excusez-nous Monsieur pour le dérangement. Je voulais juste vous présenter ma remplaçante pour la nuit. » La peacekeeper le dévisage avec incompréhension tandis que ce dernier la détaille avec perplexité. « Alors Valentine, t’as perdu ta langue ? » Elle passe d’un visage à l’autre à quelques reprises avant de parvenir à articuler le moindre mot. « Non. » Un ricanement perturbe son murmure encore un peu trop faiblard, le sarcasme la frappe bien sévèrement. Elle s’agite dans tous les sens en répétant subitement. « Non. Non. Non.» La hargne grimpe sa cage thoracique et l’étreint si voracement, qu’elle n’arrive même pas à ne pas hurler. « Je refuse de jouer la nounou de ce type. Tu te démerdes Rodriguez. J’en ai rien à foutre. » Ses talons lui font faire demi-tour aussi abruptement, se souciant peu de la théâtralité de sa sortie.

En plusieurs foulées enragées, elle se retrouve déjà sur le trottoir où elle entend vaguement le quarantenaire balbutier. « Excusez-nous. » Aussi vite, il est à côté d’elle et la tire pas le bras pour lui faire entendre raison. « Hé ! Les ordres viennent d’en haut. Tu n’as pas le choix. Tu sais ce que tu risques si tu fais encore des vagues ! » Les hurlements gagnent une octave dans la gamme alors qu’elle se défait de sa prise en lui fichant un coup de coude dans le ventre. « Me touche pas. J’en ai rien à carrer. » Mais Rodriguez ne s’arrête pas là. « Arrête un peu ton cinéma, si t’es virée tu crois que tu vas réussir à retrouver un job aussi simplement, franchement ? Ils vont faire en sorte que tu sois dans la merde. » Etre virée, se retrouver sans salaire et dépendante à nouveau de la charité d’autrui. Ce n’est pas non plus un scénario envisageable, il a raison. « Putain, putain de merde. » L’américaine se retourne vers la façade et toise sa malédiction avec toute la haine qu’elle peut mobiliser avant foncer aussi soudainement vers le propriétaire. Prenant le taureau par les cornes, combattant les fantômes, elle se place face à Isaac. Elle refuse de fuir, hors de question d'endosser à nouveau un rôle auquel il l’a si longtemps condamnée. Son index le pointe alors qu’elle l’ensevelit d’ordres en expulsant chaque syllabe dans un débit qui frôle le déraillement. « Tu restes enfermé, tu sors pas. Je veux jamais voir ta sale gueule trainer, pigé ? Et fringue-toi, bordel, t’as le calbute à l’air. Tu te crois à un putain défilé ? » Elle peine à reprendre son souffle, se retient d’ajouter des insultes, laissant encore leur passé s’attarder, se refusant à constater les tremblements qui prennent de l’ampleur au centre de son thorax. Elle est différente. Elle ne sera plus jamais la même. Cette vérité, elle se la répète jusqu’à en avoir la nausée, jusqu’à oublier que devant elle, se tient le seul homme qu’elle ait jamais aimé au point de se saboter, au point de saigner, de crever. Ce monstre à qui elle a absolument tout donné. Pour qui elle a tout perdu.

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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Mar 5 Mai - 17:59


« t'as pas froid aux yeux mais t'as le feu au cul »



Joan & Isaac
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Joan. Ô la belle Joan. Comment aurais-tu pu oublier ? Comment oublier son corps mince et parfait que tu as serré tant de fois ? Comment oublier tous ces traits délicats que tu as dessinés plus de fois encore ? Comment oublier sa personnalité douce et fragile ? Comment oublier cette même personne que tu as aimé beaucoup trop. Beaucoup trop au point de la briser. Cette Joan, tu l'as brisée en la serrant trop fort. Brisée par des mots qui n'étaient même plus doux. Brisée tout simplement. Brisée par toi, homme sans coeur. Elle apparaissait comme dans un rêve. Parce qu'elle était toujours aussi belle. Toujours aussi élégante. Toujours égale à elle-même. Tout remonte dans ta tête. Les bons moments. Puis les mauvais. Jusqu'à que tout se mélange. Jusqu'à voir du bon dans tous ces coups donnés. Oublier sa souffrance à elle mais te rappeler ta libération à toi lorsque les coups pleuvaient. Ton secret te dévorait de l'intérieur. Ton seul échappatoire ? Tout faire éclater par cette colère sourde. Colère sourde et aveugle. Sourde de ses sanglots, aveugle de ses larmes. Il m'avait fallu du temps pour comprendre quelle ignominie de la nature j'étais. J'en avais fait des bleus avant d'ouvrir les yeux. Trop tard. Trop de temps perdu. Pas de retour en arrière possible. Il n'y a jamais de retour en arrière. Les cicatrices ont laissé trop de traces. Des traces indélébiles. J'en étais la preuve vivante. Elle m'avait marqué à vie. Comme une vengeance faite à la pointe d'un couteau. Tout aussi destructrice. Tout aussi éternelle. Quoique, un bon chirurgien esthétique pourrait arranger tout cela. Peut-être même le temps servirait à faire disparaître totalement la plaie. Mais le coeur de Joan resterait à jamais blessé. C'est une vérité toujours dure à accepter. Elle fait mal, mais elle est bien là. Joan, je me contente de la regarder. Je ne m'en lasse pas. Un silence de mort s'installe. Un arrêt dans le temps. Comme avant. Comme s'il n'y avait plus que nous deux sur cette putain de Terre. Mais ce n'est pas le cas. Ou, ce n'est plus le cas. Le peacekeeper finit par reprendre la parole, brisant la magnificence de ce moment. " Excusez-nous Monsieur pour le dérangement. Je voulais juste vous présenter ma remplaçante pour la nuit. " Tu peux t'excuser oui. T'excuser d'avoir brisé un moment si romantique. Excuse-toi d'exister aussi. J'arque un sourcil. Signe probant de doute. Mon regard sur Joan. Je la regarde de haut en bas, de droite à gauche, en diagonale, en perpendiculaire et en parallèle. Se foutrait-on royalement de ma gueule ? Non, qu'on me dise que je ne tombe pas encore sous le choc. Joan. La douce et sensible Joan. Peacekeeper sérieusement ? Ce petit bout de femme est censé me protéger. Autant dire que je préfère encore plus me protéger tout seul. Instinct de survie. " Alors Valentine, t’as perdu ta langue ? " Valentine. Légère grimace. C'était bien elle. Même si le visage ne mentait pas, mon cerveau n'y croyait toujours pas. Mais c'était bien ma Joan. Celle que j'avais épousée. Elle nous regarde, son collègue puis moi. Point positif: elle semble aussi choquée que moi. Cette mascarade n'était pas prévue. A croire que le destin se fout de nous. Dieu, si tu existes, matte-toi un bon porno, fais tout ce que tu veux mais, laisse-nous en paix. " Non. " Je pourrais reconnaître sa voix entre mille. Toujours aussi mélodieuse. Toujours aussi belle. Même en colère, même hystérique, elle n'en reste pas moins charmante. Même en s'agitant comme un diable, elle reste attrayante. Belle mais dangereuse. " Non. Non. Non. " Sa voix n'est que colère. Je finis par me souvenir encore de son couteau. De la lame dans mon front. Ca y est. C'en est fini de ma vie. Dieu, je m'excuse, reviens. Sauve-moi. Car cette fois, elle ne me laissera probablement pas partir. Elle redeviendra cette furie et m'étripera de long en large avant de se repaître de mon sang. Elle s'en barbouillera la figure tout en jubilant. Si elle se lance, rien ni personne ne pourra la retenir. Pas cette fois-là encore. Elle a dû emmagasiner tellement de paix que cela doit être à la limite du supportable. "  Je refuse de jouer la nounou de ce type. Tu te démerdes Rodriguez. J’en ai rien à foutre. " Puis elle tourne les talons. Soulagement. Visiblement, je pourrais encore vivre. Je pourrais rentrer chez moi et profiter de mon lit. Je pourrais sentir mon coeur battre et la sueur me collait à la peau. Je serais toujours là. Pourtant, une partie de moi se brise. Elle s'en va. Encore. Si son coeur est en lambeaux alors, le mien est en ruines. La voir s'éloigner me tue. J'ai envie de courir mais je reste planté là. Rien ne sort de ma bouche. Rien. C'est le vide. Un néant intersidéral entre mes deux neurones. Blackout complet. Trou noir dans mon cerveau. " Excusez-nous. " C'est vrai qu'il est toujours là celui-là. Je l'avais presque oublié. Joan m'avait tellement happé que je vivais actuellement dans une réalité parallèle. Mais même cette réalité ne l'empêchait pas de partir. De s'éloigner de moi. Son collègue finit par détaler pour la rattraper. " Arrête de t'excuser gros soumis d'hispanique. " J'aurais voulu le lui cracher à la gueule. Avec la même force avec laquelle j'avais tabassé Joan. Avec la même force quand j'avais voulu la garder serrée contre moi. Mais les mots restèrent bloqués dans ma gorge. Mais, ce ne fut qu'un murmure. Murmure envolé au gré du vent. Murmure qui part et ne revient jamais. Comme aurait pu le faire Joan. Elle aurait pu se retourner et ne jamais revenir. Pourtant, elle faisait demi-tour. Elle eut une conversation plutôt animée avec son collègue puis elle revînt. Pourquoi ? Par fierté ? Isaac, ne sois pas bête, redescends sur Terre ! Il n'y a que toi pour agir de cette façon ! Alors pourquoi ? Vraisemblablement, elle n'a pas froid aux yeux. Tout son corps lance des éclairs, irradie de fureur. La rage suinte par tous les pores de sa peau pâle. Elle électrise l'atmosphère rien qu'avec son allure. Ou son regard. Ou peut-être même les deux. Chaque pas qui la rapproche du porche charge l'atmosphère d'émotions négatives. Emotions qui commencent à déteindre sur moi. Je commence moi-même à reprendre l'aplomb que j'avais quelques minutes plus tôt. Quand elle arrive en face de moi, qu'elle pointe cet index accusateur, je suis probablement redevenu moi-même. C'est-à-dire une belle saloperie. Haussement de sourcil et regard condescendant à l'appui. " Tu restes enfermé, tu sors pas. Je veux jamais voir ta sale gueule trainer, pigé ? Et fringue-toi, bordel, t’as le calbute à l’air. Tu te crois à un putain défilé ? " Je souris. Plus pour me moquer que pour exprimer ma sympathie. Elle se pointe comme une fleur et compte me donner des ordres ? N'a-t-elle rien compris depuis tout ce temps ? Ou alors, la tristesse l'a rendue complètement stupide. Je la toise encore quelques minutes avant de faire un signe de la main à Rodriguez. Signe qui veut clairement montrer que la seule chose que je veux sur cette foutue Terre c'est qu'il se tire. Et vite. Un joli signe d'adieu en somme. Pars et ne reviens jamais. Ceci accompagné du plus beau sourire hypocrite jamais fait sur le globe et d'une voix de stentor. Histoire qu'il comprenne bien que sa présence me déplaît. Et pas qu'un peu. " Rodriguez, ne t'inquiètes pas, tu peux partir ! Valentine et moi on va faire connaissance. Je suis sûr qu'on va devenir de très bons amis ! " Amis ? Si seulement. Je connais très peu d'amis qui finissent par s’entre-tuer. Mais, peut-être existe-t-il une exception. Si seulement ce Rodriguez connaissait nos antécédents, il aurait eu sûrement du mal à nous laisser seuls. Quoique. On est des adultes responsables. Un peu violents mais responsables. Ceertes, il y a de fortes chances que ce rêve devienne un cauchemar, la troisième Guerre Mondiale ou une seconde apocalypse mais on est responsable après tout. Je reporte mon regard sur la charmante Joan. Avec ce sourire narquois qui me colle à la peau. " Joan, je suis majeur et vacciné. Je fais ce que je veux. Alors si j'ai envie de me la jouer épouvantail et de prendre racine sur le perron, je le ferai sois en sûre ! Que ferais-tu pour m'en empêcher de toute façon ? " Elle ne m'effrayait aucunement. Ou alors, j'essayais de m'en convaincre. J'essayais bêtement de nier notre passé en commun pour ne pas perdre le peu d'ego qu'il me restait. " Puis, ce n'est pas le rôle des nounous d'habiller les enfants qu'elles gardent ? " Avec ce regard qui veut tout dire: déshabille-moi si tu peux. C'était peut-être clairement un suicide car elle me semblait à deux doigts de me sauter à la gorge. Mais après tout, que pouvait-elle faire ? Me griffer si elle se la jouait sauvage, sortir une arme si elle était vraiment une vilaine fille. Mais techniquement, elle ne pouvait rien faire. Son travail était de me protéger. Pas de m'assassiner sauvagement. Enfin, elle m'avait bien lacéré une fois alors pourquoi pas deux ? Elle m'aurait tué si on lui avait laissé le choix. Et sans hésiter en plus. Néanmoins, je restais là. Moi et ma fierté débile. Moi et mon attitude faussement décontractée. Le sourire, la tenue, tout était faux. Car en réalité, mon coeur était à deux doigts d'exploser.



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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Ven 15 Mai - 12:42

Les souvenirs s’invitent en pièces détachées dans son esprit échaudé et effrayé.  Ses mains peinent à les rassembler, trop de tremblements pour aucune stabilité. Plusieurs ennemis au centre d’une même pièce, tellement de visages lacérés par les épreuves et de facettes pour les miroitements qu’ils forcent d’un seul regard. Les liens se rassemblent et se dénouent à mesure que les pulsations forgent dans sa cage thoracique, de nouvelles tranchées pour le prochain combat. Dans les similitudes, il se réarrange tandis qu’elle se borne à la mutation pour ne pas pourrir dans le chaos mémoriel invoqué. Isaac comble les espaces qu’elle laisse entre deux points d’un trait d’arrogance qui tord sa bouche et accomplit ce terrible dessein qui se résout à la subversion simple. Joan se met à ricaner quand il ose même accoster son coéquipier pour se la jouer chef de sa meute. Son ironie la fait plaquer sur ses traits davantage de rancœur. Il se croit sûrement marrant. Ne réalise-t-il pas la difficulté qu’elle a à tenir droite devant lui ? A ne pas plier sous la terreur ? A ne pas flancher sous la colère ? Les trainées mélodiques soutiennent à peine l’esquisse de rage qu’elle crayonne. « Parce que tu crois que t’as une quelconque autorité sur notre unité en plus ? Laisse-moi rire. » Rodriguez s’autorise un coup d’œil en direction de son harpie de remplaçante. La brune se contente de grincer des dents désagréablement avant de reprendre « Tu peux te casser, Rodriguez, ouais. » De toute manière, il n’y a rien d’autre à faire. Elle se construit des promesses éphémères dans son haineuse conscience. Partir si ses limites sont dépassées, oublier son job pour se préserver. Ses autres soucis s’alignent déjà bien trop sous ses paupières pour qu’elle s’en trouve  de nouveaux. Son ex-mari n’a trop souvent été qu’un autre problème. Jamais une solution. Et il lui démontre pour la millième fois en lui rendant toute son impertinence dans un autre rictus qu’elle a envie d’effacer avec un couteau, une seconde fois. Pourquoi s’autorise-t-il tous les écarts alors qu’il est le premier fautif ?

Ses petites provocations d’adolescent revêtues par ses manières d’homme ne l’amusent guère. Bien au contraire. La trentenaire en appelle à son audace, à ce qu’elle a  bâti dans les excès qu’elle s’est imposée. Ses doigts caressent machinalement le flingue qui pend toujours à son holster. Elle l’en déloge en un mouvement fluide, retire la sécurité de la même envolée avant de prendre pour cible le premier pot de fleur à sa portée. La balle part et se fiche très précisément sur le motif qui caractérisait le réceptacle, prouvant à son acolyte non seulement ses talents acquis dans la douleur et dans la nécessité mais également et surtout, expliquant de façon très explicite le danger qu’elle représente toujours pour lui - s’en convaincre dans une même foulée. Les fracas provoqués par la céramique brisée heurte le visage fermé et rongé par la détermination de Joan alors qu'elle tourne son flingue très calmement vers son interlocuteur. « Je suis le genre de nounou qui gave les mômes d’acier. Tu ferais mieux de ne pas trop m’exposer tes sous-vêtements et tes parties que tu affectionnes tant. L’idée que tu ne puisses plus te reproduire est déjà assez alléchante comme ça. » Ses lèvres s’étirent pour faire écho à la moue insolente de son comparse. Dans ces attitudes répétées, elle déniche sans doute assez mélancolie pour ne pas pousser le vice à le menacer plus abruptement encore. Ils se sont côtoyés assez longtemps pour s’être mêlés l’un à l’autre bien plus que par le corps. L’âme s’entache et s’entiche plus profondément à l'autre quand les relations qui marquent par le fer sur l’aorte. A tel point que dans les paroles, dans les gestes, l'autre raisonne encore même après la séparation. Sans doute qu’elle se laisse se prendre à ce jeu en le détaillant encore une fois, en captant les lueurs familières dans le chocolat qui accule l’iris. Elle se souvient de tous les sentiments qui ont pu la traverser alors qu’elle le rencontrait pour la première fois. Elle sait pourquoi elle est tombée amoureuse. Elle sait aussi pourquoi elle a voulu le tuer.

La sorcière veille à chasser les relents de leur idylle, la vieille mélodie qui court entre eux en se concentrant sur les hématomes qu’il lui a amenés, sur la dépression qui la tétanisait à chaque instant  Son retour ne deviendra pas ce que son absence a été dans les premières heures, les premiers mois de sa renaissance. Salvatrice et létale à la fois. Comment peut-on encore observer son bourreau sans chercher à l’achever ? Son ténor s’éloigne de sa gorge, l’amertume en bannière pour recouvrir la fragilité derrière chaque syllabe. «  T’es vraiment le dernier des enfoirés. Je suis pas ici pour t’expliquer à quel point je suis désolée de voir que ta sale face n’ait pas été plus abimée que ça. » Les derniers mots sont recrachés avec pour seul but d’infester directement le thorax de cet homme qui semble toujours dominer son petit monde avec la confiance qu’il a toujours témoigné. C’est comme s’il réussissait l’exploit de gommer leur dernière confrontation et toutes les ratures qu’il a lui-même apposé sur l’épiderme de son ancienne épouse. Cette dernière admirait réellement sa prestance avant que ça ne la tue. Et désormais, que ça l’insulte. Lassée d’osciller entre tous les états sans parvenir à se décider, elle s’écoute lui décliner d’une voix ferme mais déjà plus assez acide. « Arrête de la ramener. Et rentre chez toi, putain. On a plus rien à se dire, Isaac. Laisse-moi faire mon foutu boulot. T’en as assez fait comme ça, merde. » La fatigue mentale se prolonge alors qu’elle range prudemment son arme dans son étui et tourne les talons pour cesser de noter les détails qui lui ramènent sa fille sous la pire forme qu’il puisse exister. Des mains semblent se prendre dans ses chevilles pour la forcer à cogner le sol et à se laisser emporter, terre contre mâchoire directement vers le passé qu’elle a répudié. Elle s’enhardit en s’installant sur le trottoir pour commencer son tour de garde, les bras sur la poitrine qui s’effrite encore et encore sous les assauts du palpitant qui ne sait plus du tout à quel rythme s’adonner.

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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Ven 22 Mai - 17:05


« t'as pas froid aux yeux mais t'as le feu au cul »



Joan & Isaac
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J'étais au bord de l'explosion. J'en retenais presque mon souffle. Avec toujours cette même suspension temporelle qui flottait entre nous. Comme si la relativité d'Einstein s'appliquait dans un endroit aussi restreint. Comme si les quelques mètres qui nous séparaient étaient des kilomètres. Et c'était finalement le cas. On avait partagé beaucoup c'est vrai mais maintenant, c'était une toute autre histoire. On était sûrement à des années lumière l'un de l'autre maintenant. La distance, la douleur, la tristesse et la colère nous avait terriblement éloignés. Elles avaient rompu des liens très spéciaux. Des liens qu'on aurait pensé indéfectibles. La preuve qu'il faut toujours se méfier de ce que l'on dit et de ce qu'on a tendance à croire. Rien n'est jamais exact dans ce monde de certitudes. Certitudes qui se révèlent comme étant des illusions de pouvoir. L'amour parfait est une illusion. La preuve. Entre nous, il ne restait plus rien. Seulement des souvenirs brumeux. Et ces nébuleuses restent en suspens entre nous, au bout de nos lèvres. Peut-être que bientôt, on serait tenté de s'asseoir sur le perron et de jouer avec la nostalgie. Peut-être qu'on finirait par jouer au jeu du " Te souviens-tu ? " avec le sourire aux lèvres et du baume au coeur. Peut-être mais cela ne serait pas que l'atmosphère se détende. Le sourire n'était pas réciproque. J'étais le seul à sourire comme un obsédé en manque. Obsédé de Joan. Obsédé par ces remords. Obsédé par sa vision et tous ces souvenirs qui me hantent. Obsédé tout court. J'étais comme un camé qui après une longue cure de désintoxication se retrouvait de nouveau face à sa drogue. Face à son St Graal. Ne pas céder. Ne pas céder devant cette tentation. Ne pas céder après autant de privation. Privation subie parce que je n'avais jamais souhaité le départ de Joan. Ou alors pas pour autant de temps. Mais la vie est ainsi faite et ainsi vont les choses. On ne fait pas toujours ce que l'on veut. On ne fait presque jamais ce que l'on souhaite au final. La vie est une sale chienne. Aussi vile et garce que je l'ai été avec mon ex-femme. Et cette dernière me le renvoyait bien. Son regard assassin pouvait me clouer sur place. A te donner des envies de se crucifier soi-même. Des envies de s'évanouir dans la nature et ne jamais revenir. Ne jamais revenir pour ne plus entendre ce ricanement tranchant qu'elle produit. Adieu rire mélodieux et sourire gai. Bonjour ton moqueur et regard acéré. " Parce que tu crois que t’as une quelconque autorité sur notre unité en plus ? Laisse-moi rire. " Eh bien rigole encore, c'est vrai qu'on se bidonne. Sortons le Martini et le rail de coke pour que l'on s'éclate véritablement. Il faudrait au moins ça pour détendre l'atmosphère ne serait-ce d'un iota. Mais dans ces conditions-là, même un iota est bon à prendre. " Et pourquoi pas ? Après tout, j'en ai déjà eu sur toi. " En même temps, pour détendre l'atmosphère, il fallait être un minimum aimable et conciliant. Ce que je n'étais pas. Plus en tout cas. Pas aujourd'hui. Pas avec elle. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas non plus. Trop de haine accumulée qui faisait brutalement surface. Le contrôle qui s'étiole petit à petit. Toujours plus à chaque seconde. Le contrôle qui s'échappe c'est une bien mauvaise chose qui n'arrange en rien mes affaires. Putain, comment j'étais censé garder mon calme dans cette foutue situation ? Comment c'était possible ? Eh bien, ça ne l'était pas ! " Tu peux te casser, Rodriguez, ouais. " Oui casse-toi avant que je me charge moi-même de ton cas. Avant que la rage accumulée pendant autant de temps se décharge sur ton petit cul d'Espagnol. En plus, j'aime pas les Espagnols. Leurs tortillas sont absolument infâmes. J'exècre tout de leur personne et surtout la personne qu'était Rodriguez. Peut-être car lui avait le privilège de côtoyer Joan à outrance. Ou parce qu'il fallait que quelqu'un prenne de toute façon. Parce que même malgré les années, le schéma est le même. Accumulation de souffrance qui aboutit sur une explosion d'émotions. Sur de la violence verbale premièrement. Et puis quand même cela ne suffit plus pour se purger, on finit par recourir aux coups. Joan en avait fait les frais. Trop longtemps elle avait subi cela. Et on l'avait chèrement payé. Plus elle que moi d'ailleurs. Ca se lit sur ses traits tirés. Puis aussi sur le flingue qu'elle empoigne, sur le pot de fleurs qu'elle explose et qui éclate en morceaux. Qui éclate comme son coeur. " Putain mes géraniums, c'étaient mes préférés en plus ! " Grand con, tu te soucieras peut-être moins de tes foutues fleurs quand elle t'aura exploser la tête. Avec la mâchoire désarticulée, cela ne sera pas facile de rire. Elle est en bonne position pour faire sauter ta cervelle McGrath. Regarde la, elle et son flingue pointé vers toi. La pauvre lame que tu gardes sur toi ne pourra rien faire pour t'aider. Peut-être qu'en la lançant maintenant, je pourrais la lui loger entre les deux yeux. Ce fut une perspective intéressante mais dans un dernier élan, elle pouvait toujours tirer. Alors autant ne pas tenter le diable et sourire angéliquement en espérant que ça passe. " Je suis le genre de nounou qui gave les mômes d’acier. Tu ferais mieux de ne pas trop m’exposer tes sous-vêtements et tes parties que tu affectionnes tant. L’idée que tu ne puisses plus te reproduire est déjà assez alléchante comme ça. " Trop d'attention, merci Joan. La prochaine fois que l'on se revoit, si prochaine fois il y a, n'hésite surtout pas à me refaire une autre proposition du genre. Il se pourrait bien que sur ce coup-là j'accepte malgré l'indécence dont tu fais preuve. Peut-être qu'une petite balle pourrait me remettre les idées en place. " Et pourquoi elle te plaît ? Parce que tu sais que la première et seule fois où j'ai fécondé un ovule ç'a fini en drame ? " Il me fallait au moins cela pour voir s'éteindre le sourire sur mes lèvres. L'évocation de notre fille, défûnte au passage, rendait amer le ton de ma voix et voilait mon regard. Comme je l'avais aimée. Autant que sa mère. Jill aussi fragile que sa mère. Jill et son sourire éclatant. Jill et ses poupées. Jill et sa joie de vivre. Jill envolée. On nous l'avait prise le jour où tout a basculé. Le début de cette apocalypse, le début d'une nouvelle vie. D'une vie sans elle et sa mère. Joan avait emporté avec elle tant de mystères en claquant la porte de la maison. Et là, toutes les interrogations faisaient surface. Pourquoi était-elle morte? Quel enfoiré m'avait enlevé mon enfant ? Ces questions restaient sans réponse. Peut-être n'était-ce pas si mal au final. Peut-être même c'était salvateur. Salvateur pour mon âme mais, un mécréant restait donc en vie. Il courait dans la nature et je le laissais faire. Il vivait ce salopard de première. Il vivait contrairement à ma fille. Ma fille maintenant, c'était comme Joan: c'était plus que des souvenirs ternis par le temps. Souvenirs avec qui j'essayais de vivre avec. Ils étaient comme des boulets aux chevilles que l'on traîne. Chaînes qui irritent et qui font mal. Douleur qui s'agrippe à votre corps comme les jambes d'une femme autour de la taille d'un homme. Sangsue d'énergie vitale. Souffrance psychique qui colle à la peau comme la sueur. Voilà ce qu'étaient tous ces souvenirs. Mais il ne reste plus que cela. Alors parfois, on s'y accroche. On s'y accroche en pensant que le passé nous réconfortera. Parce que c'était mieux avant et que rien ne sera jamais plus avant. Ce n'est pas perdu, seulement transformé. L'amour qui est devenu haine. La joie qui est dorénavant de la souffrance pure et dure. Rien ne se perd, tout se transforme. A croire que le changement n'a pas que du bon parfois. " T’es vraiment le dernier des enfoirés. Je suis pas ici pour t’expliquer à quel point je suis désolée de voir que ta sale face n’ait pas été plus abîmée que ça. " Ce qui me tue dans ses paroles, ce ne sont pas les mots mais la véracité de ses propos. Parce que oui elle a raison. Raison de dire que je mérite de souffrir. Elle aurait pu m'éviscérer que je lui serais toujours redevable. Ma peine ne sera purgée. Aucune douleur ne vaudra la sienne. Comme une statue, je reste de marbre. La Joan que j'ai connue est bien loin maintenant. Ses mots le prouvent. L'acidité de son ton le dévoile bien. Le choix de ses mots aussi. Depuis quand jure-t-elle ? Depuis qu'elle a pété les plombs sûrement. Depuis trop longtemps. J'essaye de retrouver contenance. J'essaye de rassembler tout ce qu'il me reste et de reconstituer ce masque d'arrogance. Peut-être que le faible sourire que j'arrive à afficher arrivera à la leurrer. Une seconde. Peut-être plus. Mais sûrement guère plus. Tout est devenu trop lourd à porter, trop dur à porter. Ces retrouvailles amères. Cette réalité fracassée qui revient à la charge. Ce qui fait mal c'est pas de perdre quelque chose ou quelqu'un, c'est de se rendre compte qu'on l'a perdu. Moi, j'ai perdu ma fille et ma femme et cette réalité me revenait comme un boomerang. Il y avait de quoi se sentir mal. " Arrête de la ramener. Et rentre chez toi, putain. On a plus rien à se dire, Isaac. Laisse-moi faire mon foutu boulot. T’en as assez fait comme ça, merde. " Et puis elle range son arme et se tire. Comme si c'était aussi facile de tout ignorer, de tout balayer. Comment en est-elle capable ? Parce que sérieusement, ça m'intéresse. J'aimerais bien avoir la force nécessaire pour bouger. Si cette comédie se poursuivait j'allais soit m'enraciner devant ma porte ou attraper la mort. Mais cela lui ferait trop plaisir. Alors, presque malgré moi, je la suis. Elle est déjà sur le trottoir, à s'entourer la poitrine avec ses bras. Elle paraît forte. Elle semble bien loin de la Joan que j'ai connue. Trop loin même. " Tu crois que je ne sais pas que je t'ai fait souffrir ? Mais tu veux que je fasse quoi Joan ? Que je fonde en larmes et m'agenouille à tes pieds en priant pour que tu me pardonnes ? Le passé est le passé. " La voix est montée de quelques décibels. Montant en crescendo comme la colère dans mon coeur. La fierté en a pris un coup. Mais tant pis. Même le pire des monstres a sa faiblesse. Et moi ma faiblesse se trouvait juste devant moi. Elle avait même un nom. Elle s'appelait Joan.





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MessageSujet: Re: Ready, aim, fire [Pv Isaac]   Mer 3 Juin - 0:57

Encaisser les coups. Réduite à une figure de style qu’on articule entre deux contrariétés pour l’oublier dans le prochain soupir, la prochaine lubie. Devenir sac de sable, planqué au fond d’une cave contre lequel on vient se butter en confondant les os des phalanges et ceux des pommettes. Un cimetière pour sa fierté, un tombeau pour ses espoirs. L’habitude s’accroche à la chair élimée par les ecchymoses qu’on ne peut pourtant plus deviner. Aucune raison valable pour ne pas l’écorcher vif. Son insolence heurte sa prédisposition latente au meurtre. Les actions fictives se bousculent au creux de ses méninges endolories par une éternité d’avilissement. Elle s’enivre des pulsions qui la saisissent et qui se laissent aussi vite crever contre les ratés de cet attachement qui n’a plus lieu d’être. Sa rage se maintient, son esprit se démantèle mais elle retient les coups, ils battent seulement dans sa poitrine alors qu’il se permet tous les excès. Au sommet de sa gloire, le poitrail exposé à tous les vents, presque prêt à accueillir la balle létale qui s’émousse dans les entrailles de l’arme qu’elle a pourtant décidé de ranger. Si sa première remarque a écourté sa réserve, la seconde vient à bout des raisons. Sans doute qu’il ne reste plus que le spectre de leur bambin pour la préserver d’un nouvel acte d’hystérie. Il mérite sûrement de mourir. Mais elle s’imagine l’esprit errant de leur fille assister au massacre. Plus rien ne l’étonnerait actuellement. Après tout, elle est une preuve vivante de l’irrationalité d’un Monde en décadence, incompris et étranger. Peut-être qu'il n'y a pas que sa fille pour empêcher le massacre. Peut-être qu'il y a autre chose. Cette mélancolie survient au plus mauvais moment. Mais si les poings ne gagnent pas la mâchoire de l’homme, les mots s’empressent de palier à cette sensibilité inconvenante. « La prochaine fois que tu oses parler de ma fille en ces termes, je t’assure que je découpe absolument tout ce que tu agites entre tes guiboles pour te penser supérieur. Je te ferai même tout bouffer. » Son regard l’assassine. Meurtrière par la métaphore à défaut de franchir les déliés de la fiction. Elle s’éloigne la première. Pas une retraite, se jure-t-elle. Pas une fuite. L’instinct de survie. A son apogée.

Combien d’heures avant qu’on la délivre du bourreau ? L’ironie s’amoncelle au centre de l’hérésie, pile là où le cœur s’ébroue. A quelle époque se croit-elle donc écrouée ? Sa liberté frissonne contre l’épiderme découvert, sa nuque fléchit sous la brise. Elle reste parce qu’elle le décide. Elle reste parce que c’est la seule chose à faire. Elle reste parce qu’elle est assez forte pour ça. La sorcière aspire l’air, prête à cette seule inspiration, une épopée. Son épopée, celle qui a consisté à vouloir quand pouvoir s'est avéré enterré. Elle s’est donné tous les moyens pour surmonter, pour accepter, pour devancer. Pour subsister dans un Univers qui lui aura absolument tout retiré. Jusqu’à l’émotion. Étranglée par le regret, noyée dans l’oubli, habillée par l’absence, personnage secondaire de sa propre tragédie. Jusqu’à quel point se doit-il de l’humilier à nouveau ? Même dans cette vie ? Et dans la suivante ? Isaac ne comprend pas ses torts, il ne cherche même pas à les reconnaître. Il la piétine, la pousse toujours plus dans les ronces qui s’agitent de part en part. Chaque regard l’écorche, chaque parole l’érafle. Chaque degré de rage la consume. Le commissaire ne l’entend pas. Il n’a jamais réussi à percevoir ses cris au milieu de sa propre détresse. Il a parcouru des kilomètres dans cette nuit opaque, à croiser toutes les routes, sauf la sienne. Et il réitère la même course. C’est une mélopée au refrain entêtant qui s’agglutine aux tympans alors qu’il revient à la charge.

La trentenaire fait volte-face immédiatement, ses doigts cherchent un accès pour créer l’intimidation qu’elle se doit de susciter mais se heurte à l’évidence. La chair nue ne lui laisse aucune possibilité adéquate. Cette lutte pour l’action ne dure même pas une seconde cependant. Son pied décoche de toutes ses forces un coup dans le tibia du flic. La violence réveille toutes les cicatrices. Au moins, elle aura été la première à frapper. Elle recouvre son trouble derrière des hurlements qu’elle propulse sans jamais marquer les points, suffoquant dans la nausée que cette provocation a engendrée. « Non mais t’as vu comment tu me parles ? Le passé, c’est le passé ? Mais tu te fous de ma gueule, je rêve ! Tu devrais ramper, espèce de vermine, baisser les yeux quand tu t'adresses à moi. Racler l’asphalte de ta joue pour au moins assumer. Ta putain de lâcheté doit bien t’aider quand tu regardes ta sale gueule tous les matins dans le miroir. » Elle se rapproche un peu plus de lui, lui démontre qu’elle n’a plus peur. Plus jamais elle n’aura peur de lui. Forte tête qui le toise avec plus de sérieux encore, la rétine collée à la sienne, la détermination qui suinte de sa pupille, transcende l’ébène pour le rendre absolu. Il faut tout vomir, chaque syllabe qu’elle a contenu, chaque son qu’elle n’a pu produire ce soir-là. Tout ce qui a pourri là. « Tu crois que je vais oublier que tout ce qu’il s’est passé parce que ça t’arrange ? Tu crois vraiment que tu mérites même que je t’adresse la parole ? T’as jamais eu les couilles à la bonne place. T’es qu’un raté, la pire erreur de toute mon existence. Si je pouvais avoir le droit de tout recommencer, j’avalerais volontiers de la merde plutôt que de croiser à nouveau ta route. Tu peux fanfaronner, croire que t’es le patron du monde entier. Moi, je la connais ta vérité. T’es qu’un minable, un putain de branleur qui n’a jamais réussi à être un homme. Et encore moins un mari ou un père. Tu peux te croire supérieur. Tu peux penser ce que tu veux. J’ai enfin ouvert les yeux. Et tu n’as plus aucune emprise sur moi. Aucune. Je te méprise. Te pardonner ? Mais jamais je ne te pardonnerai. Jamais ! » Dans un élan de haine pur, elle se voit lui cracher littéralement dessus. Sa salive atterrit quelque part sur son faciès et témoigne de cette amour propre qu'il a fallu acquérir après New York. « C’est tout ce que tu m’inspires. Va te faire foutre. » Un sourire arrogant point sur sa bouche, souligne le changement, appuie sa pensée. Ce beau salaud n’aura plus le contrôle. Plus jamais. Et elle lui rit au nez désormais.




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Ready, aim, fire [Pv Isaac]

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