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 Down to Hell ¤ Judas & Li Mei

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MessageSujet: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Ven 1 Mai - 12:12



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Y a-t-il quartier plus charmant, sanglant, plus animé, osé ? Y a-t-il endroit, en cette chaude Nouvelle-Orléans, regroupant plus de vices, de crimes et de corps aussi morts que vivants ? Y a-t-il quartier plus intéressant, appétissant ? Je te le demande, Lili. Tu y es à ta place, déambulant dans la rue sans avoir à cacher quel monstre tu es, tant les monstres sont nombreux sous les porches des bâtiments en décomposition. Combien de meurtres, de disparitions, chaque nuit ? Ton mauvais sang s'y cache et s'y amuse plus que nulle part ailleurs, semant la mort sans qu'elle ne soit remarquée. Certes, les jupes en cuir et les débardeurs roses, ces idiotes qui attendent aux coins des rues, peinturlurée comme des œuvres d'art ratées, puant aussi bien la rose que les égouts, te tapent gentiment sur le système. Mais elles sont inoffensives, au final, et si facile à chasser que c'en devient indécent. Qui se soucie d'une prostituée retrouvée morte en plein milieu d'une rue ? Même les mac n'y jettent qu'un œil lasse et désintéressé. Décidément, ce quartier n'est que trop parfait pour toi, ma sœur.

Et tu aimes à frôler les murs poisseux de Storyville, à pénétrer quelque bâtisse abandonnée pour débusquer le prochain idiot à dévorer, à attendre derrière les barreaux des fenêtres que les colériques y défoncent leur batte pour s'amuser. Tu te nourris de l'animation, de la rage qui fait battre les cœurs à l'unisson et tu souris de la folie qui s'empare de chacun. Tu pourrais trouver la mort dans l'obscurité des ruelles, tabassée par quelque bande si peu organisée, poignardée par une âme vengeresse. Ton sang noir ira rejoindre celui des catins dans les égouts, et ton corps disparaîtra aussi miraculeusement que les autres, dépouillé et abandonné pour les charognards. Ca paraît bien mais c'est si... petit. Si tu dois être massacrée, Lili, tu dois l'être plus admirablement que ton pitoyable frère offert aux zombies. Non, je ne te dirai pas comment faire, à toi de trouver la meilleure mort pour ton corps qui n'attend qu'elle.

Mais ce jour brille de sa nuit meurtrière. La lune s'est lentement cachée derrière les nuages et l'obscurité est tombée sur les rues, attirant les monstres hors de leurs cachettes. Et tu es déjà prête, focalisant tes sens sur la proie qui s'enfuit devant toi, sur ce petit idiot qui pense pouvoir t'échapper dans ce quartier. Il ne sait pas que tu connais les moindres recoins de cet endroit, que tu sais où sont les raccourcis et les culs-de-sac, que tu le mènes lentement où tu veux qu'il aille. L'espoir illumine ses yeux mouillés par les larmes de la peur et tu te délectes de ce sentiment futile commun à tout homme. Ils pensent, même dans leurs derniers instants, qu'un miracle va les sauver, que tu ne les tueras pas ce soir. Mais que faire d'autre, pourtant, quand ton corps réclame à ce point d'être nourri ? L'idiotie est humaine, dit-on.

Déjà tu souris de ta victoire prochaine, imaginant les pas hésitants, les chaussures qui glissent sur les pavés et la déception profonde de son corps quand tu l'auras mené deux rues plus loin. Tu contemples la vie qui court, qui se stoppe à l'intersection, se demande où aller et panique en te voyant arriver. Tu presses l'allure, tu pourrais même rire de la peur qui fait battre son cœur plus vite que jamais. Il se précipite à gauche, comme prévu, et tu imagines déjà le prochain croisement auquel tu ne devras pas lui laisser le temps de réfléchir. Alors tu te mets à courir, n'imaginant pas un seul instant qu'un fou pourrait piquer ta proie tant que tu ne la regardes pas, qu'un idiot pourrait stopper ta chasse au coin de cette rue dont les réverbères n'illuminent que faiblement le côté droit.
Tu aurais dû, pourtant, petite idiote, penser à toutes ces possibilités, réfléchir à comment les contourner, car déjà ton corps, lancé dans sa course, percute celui d'un passant. Un passant, dans ce quartier damné. La rage monte en toi tandis que tu recules de quelques pas chancelant, essayant tant bien que mal de ne pas perdre l'équilibre et la trace de ta proie qui déjà se retourne pour constater les dégâts et rire d'avance de sa victoire. Tch. Qui peut bien se permettre de casser ta chasse, de se mettre en plein milieu de ton chemin ? Tu pourrais le tuer dans l'instant, tant la haine bout en toi à l'idée d'avoir laissé échapper un futur mort qui ne voudra plus mettre un seul pied dans ce quartier de malheur. Puis tes yeux croisent ceux, bleus, de l'obstacle et ton sang se glace dans tes veines. Parmi tous les hommes de cette ville, il faut toujours que tu tombes sur ceux que tu as le moins envie de voir, d'affronter. Si, jusqu'à ce soir, tu as réussi à l'éviter, aujourd'hui la confrontation paraît inévitable. Et déjà tu vois l'idiot plus loin dans la rue qui reprend ses esprits, rassemble son courage et s'aventure dans le cul-de-sac que tu lui as gentiment préparé, sans même se douter qu'il court tout seul à sa perte. L'idiotie est incurable, n'est-ce pas, ma sœur ?



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 4 Juin - 23:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Ven 1 Mai - 16:00


Down To Hell
Li Mei Tyler & Judas Northwild


Ce corps donné aux regards brumeux d’alcool et enivré par le look écœurant de saleté des lieux. Des femmes nues ou presque planant dans les nuages, se laissant porter par la musique, dansant ou tanguant plutôt. Comme un navire à la dérive. De temps à autre une étincelle de vie jaillit dans leurs regards pour se poser sur l’ambiance sombre qui donne l’impression d’être saoul à tout instant. Sur des clients libidineux. L’étincelle se noie alors et leurs cœurs exsangues menace de s’arrêter victime de la cruauté du nouveau monde.
Ainsi Judas tue son ennui, laissant sa vision l’emporter, appréciant les formes, l’alcool et le non jugement tacite des gens présents. Cette ambiance est celle qu’on lui prête désormais, alors autant rester ici. Perpétuer le mythe de l’affreux Judas meurtrier et abjecte. Souriant rancunier aux mots et maux il boit d’une traite son verre. Regardant sans voir son nouveau repère. Sa batcave libidineuse et versatile, lui le héros d’un autre temps qui a pour Alfred un verre vide.

Judas se lève alors sortant l’argent pour payer, lançant un dernier coup d’œil aux poupées articulées sur la scène. Fermant les yeux un instant, écoutant les gémissements de plaisir simulés et se rappelant à lui-même, que désormais c’est chez lui.
Se voyant dans le reflet des vitres teintés du club qu’il quitte, il croise son regard lâche et grotesque qui fait de lui un rebus des bonnes mœurs. Quittant cet endroit écœurant qu’il adore parce qu’il se déteste. Fier de son physique, accro à sa nouvelle personnalité, ses colères, ses querelles internes, s’adorant et s’abhorrant. Se disant à lui-même que s’il se comprend si bien c’est parce qu’il merdé quand même. Revenant inlassablement à son plus beau problème, Ruby.

Pressant l’allure à sa pensée, il ne voit pas arriver un être tout d’envie et de colère contenu qui le frappe en plein torse. Et il s’en faut de peu pour qu’il ne chancelle pas sur ses fondations. Et alors qu’il s’apprête à accueillir avec joie une distraction à ses formes qu’il a devinées féminine, son regard croise le sien.

Ayant sur le bout de la langue un prénom presque effacé.
Li, la jeune femme qui parmi tous l’a rejeté, oublié et laissé à son passé, ce qu’il exige des femmes en somme. La seule qui a fait ce qu’il attendait mais la seule dont il ne voulait pas ça. L’ambiguïté inexistante de leur relation était une sorte d’exutoire à sa nature torturée mais depuis son départ du Masquerade, elle a échappé à la colère, la haine, l’hypocrisie et la moquerie gratuite de sa personne.
Remarquant son regard vers le fond d’une ruelle il y voit ce qui semblait être son repas. Levant un sourcil qu’elle ne puisse voir, fier quelque peu de la voir s’en sortir par elle-même peut être un peu grâce à lui ? Pourquoi sa soirée devrait elle se finir ? Il a permis à sa proie de gagner du temps mais il ne la laissera pas s’échapper.

Jetant à nouveau un regard à Li, dont le sourire autrefois si présent a laissé place à un sérieux qu’on accorde qu’aux centenaires. Se demandant ce qui a bien pu lui arriver, comment il l’a laissé le fuir. Comment il a pu l’autoriser. La détaillant un instant, voyant ce corps parfois frêle désormais solide qui d’un bloc a failli le renverser lui et son régime de pensées négatives. Bien jolie révolution qui le toise sans peur. Bien que pale avec l’obscurité ambiante il ne pourrait l’affirmer. Quand il se décide enfin à combler le silence d’une voix qui se veut charmante mais qui ne sonne que brusque et rauque d’alcool. Se souvenant de la proie qui court au loin. Il lance un bref :

- Premier arrivé, premier servi.
Avant de s’élancer à plein poumons derrière l’humain qui a mal choisi son jour pour ainsi se retrouver entre deux monstres ayant un différent.

Concentrant tout son esprit et ses capacités sur l’homme en fuite, oubliant ou refusant de se méfier de la belle qui le suit. Il ne voit que sa cible, ne vit que pour sa cible, ne désire que sa cible. Mettant toute rage contenue, toute incompréhension et question muette dans son désir de vaincre.
Si bien qu’en quelques minutes de course silencieuse à ses oreilles bourdonnant du cœur battant d’un homme apeuré devant lui. Il rattrape sa victime, anciennement celle de Li. Qui bloqué entre trois murs, lève le regard vers un Judas aux yeux exorbités et dont la faim s’est éveillée comme une maitresse avide et affamée. Désireux de jouer avant de se sustenter, car ayant appris à ses dépend que manger trop vite peut rendre encore plus fou qu’il ne peut l’être. Et animer un besoin d’un autre ordre.

S’exhortant au calme un court instant, curieux et réalisant sa chance de tenir quelque chose auquel Li avait droit. Cette boule de douceur désormais affamée semblait résolue à le tuer. Il penche la tête et parle calmement à la viande fraiche :
- Qu’est-ce que tu as fait pour énerver ma chère Li ? Au mauvais endroit au mauvais moment ou autre chose ? Répond et je serai peut être rapide … ou pas.

Relayant sa rage en second et prenant le temps de se rendre compte de ses retrouvailles brèves avec Li, avec celle qu’il aurait protégé de bien des façons. Celle qui a fui lâchement. Une marche comme une autre dans sa descente aux enfers si chaleureux et qui réchauffent son semblant d’âme.

crackle bones
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Sam 2 Mai - 0:25



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Comme un goût amer au fond de la gorge, une gêne qui bloque ta respiration et te laisse déglutir avec difficulté. Tu te sens soudain seule, la bouche pâteuse et le regard fuyant. Que faut-il faire, que faut-il dire ? Tu n'y réfléchis même pas, ton cerveau balançant son petit drapeau blanc pour annoncer sa surchauffe. Tout aurait pu être tranquille, tout aurait pu être bien. Tu aurais pu courir après la petite souris, refermer tes griffes sur son cou, vider son corps de son énergie et laisser l'enveloppe charnel pourrir en pleine rue. Tu serais alors retournée chez toi, déposer ta croupe sur un fauteuil miteux et contempler la folie derrière la fenêtre au carreau brisé et aux barreaux déformés. Ca aurait pu être une nuit comme une autre, dans l'ombre d'une vie pourrie, à survivre aussi mal que les autres. Il a fallu, pourtant, que tu percutes un homme. Et quel homme ! Ton propre patron, celui qui fut un mentor pour ta misérable personne. Un homme que tu as lâchement abandonné, sans jamais te justifier, disparaissant de sa vie comme un mirage qui n'a jamais existé. Et tu aurais tant aimé ne jamais avoir existé.

Tu diras, pour ta défense, que tu n'as plus été présente au Masquerade, que le monde s'est acharné sur ton petit corps, le broyant de ses mains maléfiques sans le tuer. Tu diras que tu n'as pas voulu le laisser tomber, que tu n'es pas allée chercher d'autre professeur. Mais pourquoi dire tout ça, ma sœur ? Pourquoi continuer de t'enfoncer dans tes vilains mensonges ? Tu vas te retrouver coincée, idiote, et tu ne pourras plus t'en sortir. Dis la vérité, explique la folie qui broie ta cervelle et dirige ton corps vers sa fin. Fais-lui comprendre la démence derrière tes yeux sombres, la monstruosité de tes mains. Murmure, enfin, la honte, la culpabilité, ces mauvaises choses qui ont percé ton cœur noir qui suinte la fausse méchanceté. Laisse-le voir ta profonde décadence, Lili, qu'il puisse en rire. Car tu es une idiote, rien de plus, et tu te forces à la haine pour mieux cacher ta gêne.

L'étonnement ouvre tes yeux et la colère ferme tes poings. Osera-t-il, vraiment, te piquer ta proie ? Tu n'en doutes même pas une seconde alors que déjà il se lance à la poursuite du futur mort. Tu n'en crois pas tes oreilles et, pourtant, tu n'es pas tant choquée par son comportement. Ca te paraît presque logique. Eh bien, ton cerveau n'est compréhensible que de ta personne, et encore...
Sans plus tarder, tu te presses à leur suite, bien décidée à rattraper ton garde-manger et à ne laisser aucun voleur y glisser ses doigts. Et tu subis ta chasse, suivant les deux hommes sans réfléchir, à la poursuite du monstre plus que de la proie, en vérité. Il ne peut pas te voler ce que tu t'es donnée du mal – si peu – à avoir, pas simplement comme ça, pas comme si vous étiez encore ces deux idiots qui chassaient ensemble autrefois. Oui... autrefois. Il n'existe plus le temps du mentor et de l'élève, le temps des paroles et des chasses. Il ne vous reste que les rôles d'un patron et d'une employée qui fuient leur lieu de travail, dans le silence de leur relation ratée. Tu ne peux pas accepter, plus maintenant, de partager ton maigre repas, si peu suffisant, avec un autre. Tu ne peux pas le laisser te devancer, te doubler, jouer avec toi et avec ce qui est à toi. Tu dois l'en empêcher.

Arrivée dans le dos de Judas, tu reprends un instant ton souffle, juste le temps de poser tes yeux sur ta proie et te préparer à lui sauter dessus avant que ton patron ne le fasse. Du moins était-ce ton intention, jusqu'à ce que la proie réponde au prédateur.

Ce monstre ? Elle croit qu'elle peut se venger de ce qu'on lui a fait... mais elle mérite ! Et le gouvernement retrouvera la catin pour lui faire payer ses crimes. La haine guidant tes pas, tu pousses le monstre et lances ton poing. Elle crèvera la salo...

Un craquement sinistre accompagne tes phalanges violemment pressées contre son nez qui se brise et sa tête, dans la puissance du coup, vient heurter le mur derrière dans un « boum » effrayant. Tu ne laisses même pas le temps au corps de s'affaisser mollement contre les pavés que, déjà, tu refermes tes doigts sur son visage et aspires l'énergie coincée dans l'inconscience. C'est avec douleur que tu revoies dans ses souvenirs l'étage sombre et lugubre, les tortionnaires amusés et ton propre corps ensanglanté qui s'éveille dans sa monstruosité pour leur échapper. Tu te souviens encore des plaies, de la mort aux doigts glacés et de celui qui t'a aidée. Tant de choses sont arrivées, depuis, et tant de choses sont encore à venir. Tu n'en as pas fini avec les chiens du gouvernement, ma sœur. Ni même avec leurs loups.

Relâchant le corps sans une once de considération pour ce qu'il fut de son vivant et ce qu'il est désormais, tu te retournes vers Judas, la colère dans le regard. En vérité, tu es plus énervée contre cet homme qui a trop parlé et contre toi moi-même pour ne pas l'en avoir empêché, que contre le Daybreaker en lui-même, qui n'a été fautif que d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, d'avoir voulu prendre ton dîner et d'avoir écouté. Si peu coupable... Pourtant tu l'accuses d'un ton dur, et tu espères vainement, de cet espoir fou que tu vois chez les hommes, qu'il te laissera t'en aller.

Ne t'avise plus jamais de me voler ma nourriture.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 4 Juin - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Sam 2 Mai - 20:34


Down To Hell
Li Mei Tyler & Judas Northwild



La voici, celle qu’il n’attendait plus, qu’il n’attendait pas. Dont il ne revait plus parce qu’il ne revait pas. Sa présence magnétique, mettant en trouble ses pôles, si bien qu’il en perd le nord. Oubliant de posséder sa proie, et de s’en sustenter comme il en estime son droit. Se laissant envahir par le désir protecteur d’un animal pour son petit, des serres sur le rat assoupi. Il avait rattrapé la proie alors gonflé de fierté. Et pour s’exhorter au calme il l’avait questionné. Le monceau de viande assis par terre dans la nuit, laissant libre cours à sa dernière litanie, débitant des mots dont Judas ignorait encore le secret. Il se laissa amusé pour finir captivé.

De la victime les quelques mots rageurs et vengeurs se voulaient lourds et d’un mal porteur, mais dans le silence assourdissant de cette ruelle, ils sonnent creux entre lui et elle. Insultant de monstre sa petite Li, hurlant à une vendetta injuste et hostile. Accusant de maux dont il ignore le sens, Judas perdu redouble d’attention, se raccroche aux mots comme à une prophétie, se sent troublé mais également repus. Sa curiosité s’en donnant à cœur joie, dans une danse macabre avec ce qu’il lui reste d’espoir qu’elle n’a pas changé ou alors si peu. Fixant, perdu une proie qui donne conférence. La tête penchée comme sous l’incompréhension du spectacle qui officie. Distinguant beaucoup trop tard sa douce Li.

Une seconde, un haut le cœur, des mains serrées. Et la voici s’abreuvant d’énergie vitale, après avoir délibérément stoppé les paroles crachées. Ne pouvant pas nier ce qu’il se passe devant lui. Judas dans un coin de son esprit cherche l’espoir d’un complot à sa protégée et pas de cette Li. Mais devant la réaction plus que brutale d’un être autrefois dénué de mal, il doute et le léger fil de croyance s’efface devant l’évidence. Son visage fermé et dur lâche comme une insulte une menace à son encontre.
Lui le grand Judas, la terreur de ses femmes, celui qu’on accuse de tant de mal, celui qui par plaisir torturait et poussait Li. Est désormais le sujet de sa haine de cette nuit.

- Comment oses-tu ? Tu te souviens à qui tu t’adresses ? Tu es parti ! Tu as fui !
Refusant les mots qui lui brulent les lèvres et feraient de lui un être sensible, les tu m’as abandonné, tu m’as laissé, on se comprenait. Je t’appréciais. Ces paroles faisant écho à une toute autre histoire, d’un autre temps d’un autre Judas.

- Je mérite la vérité autant que toi ta misérable vie ! Ma proie, mon élève, mon histoire !

A mesure que ses paroles s’imprègnent dans son crâne, de ses yeux il fixe et sent en lui monter le mal. La colère, la rage la haine de se voir trompé. Elle, une fille de rien qu’il avait entre ses mains, qu’il a tenté de façonné et qui en poussière s’est transformé. Elle ose à son tour le menacer. Et dans son esprit, plus une danse macabre mais un cortège funéraire, endeuillant sa maitrise de soi, son calme et sa peine. Trompé par une pauvre femme qu’il aurait pu protéger, elle refuse en tuant sa proie de le laisser savoir la vérité. Elle l’exclut par ce geste de sa vie désormais. Et Judas, le refus ça il ne connait pas. Alors gonflé de vexation, de mépris et de non-dits. Ajoutant cette louche au bol de ses problèmes, faisant non pas déborder mais exploser sa contenance. Les femmes et leur non compréhension du monde, de la vie, des sentiments, de ce qui fait de nous des êtres vivants. Ces monstres d’orgueil et de secrets. Soit qui accepte s’abandonnant à la mort soit qui refuse et fuyant pour la vie. Il les abhorre en cet instant il les exècre. Et le sang qui quitte son visage vient battre à ses tempes. Tournant en boucle les paroles du souper de la belle.

Incapable d’en demander plus, elle ne dira rien, elle l’a tué pour l’empêcher de chanter. Cette vérité qu’il brule de savoir, sa protégé, ses secrets, sa vie, sa propriété.

Et c’est bien parce qu’il l’apprécie en quelque sorte qu’il la déteste. Judas a envie de la clouer au sol et la forcer à parler. S’expliquer sur sa fuite, sur ses raisons de taire sa proie à lui. De voler les mots qu’il voulait entendre. De non pas servir de distraction, mais de futur exutoire à sa colère. De punching ball vivant qu’il oubliera de remettre en place.

S’approchant d’elle pour scruter son visage, son prochain mouvement et la réaction qui cèlera leur issue. Bouchant toute issue sinon celle de sa voie. Judas la fixe et attend.


crackle bones
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Dim 3 Mai - 23:39



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Tu n'as jamais su espérer que très peu, aussi as-tu perdu toute folie de ce genre avant même qu'il ne daigne te répondre. Tu sais qu'il ne te laissera pas partir, comme tu ne le laisserais pas faire non plus. Tu es certes gênée, mal à l'aise, embarrassée par votre passé commun et tu voudrais fuir ce regard plutôt que de lui faire face. Pourtant, tu sais que tu dois l'affronter, tu sais que les choses doivent être mises au clair. Et tu sais aussi qu'elles ne le seront pas, que tu t'enfonceras dans tes mensonges jusqu'à t'y oublier. Tu ne vas pas le combattre, en vérité, tu vas fuir, aussi lâchement que toujours, pour ne pas avoir à avouer la vérité qui te détruit dans ton silence. Tu es folle et tu le sais, danseuse, et le monde finira par comprendre quand tu ne pourras plus le cacher.

L'accusation s'infiltre dans tes oreilles et assiège ton cerveau, remuant ton esprit à grands coups de bélier. Tes poings se serrent sous les mots et le feu danse à l'intérieur de tes yeux, illuminant tes iris si sombres. Croit-il pouvoir s'en tirer en te rendant coupable ? En oubliant de se compter dans ce méfait ? Tu as fui, oui, tu as fui le Masquerade et tout ce qu'il représentait, trop brisée pour pouvoir marcher droit, trop blessée pour ne pas avoir peur du bourreau qui s'y cache. Tu es partie en morceaux, craquelée, défigurée, mais tu es revenue plus grande, plus seule. Tu as compris la seule chose qu'il te fallait comprendre : il est inutile de lutter, tu mourras un jour, alors autant choisir comment t'en aller. Et tu siffles, tu souffles ta méchanceté, tu craches ton poison sur quiconque ose te regarder, tu prépares le terrain pour l'âme qui osera écraser la tienne. Néanmoins ta détresse, ma sœur, ne se cachera pas entièrement sous ta fausse vilenie, quelqu'un finira bien par comprendre que ton cas est irrécupérable.
Mais nous ne nous écartons pas, tu as fui, monstre. Tu as abandonné le seul homme qui ait considéré ton cas, qui ait osé s'intéresser à ta souffrance. Tu étais si perdue, si coupable, bloquée entre la femme et le monstre ; il te fallait un mentor, une bouée à laquelle t'accrocher, une personne capable de t'apprendre à contrôler ta monstruosité. Et il a répondu présent, il s'est occupé de toi, il t'a appris à chasser comme tu n'aurais jamais osé à l'époque et comme tu t'amuses à le faire maintenant. Il t'a aidé à appeler à toi cette ombre malsaine qui rêve d'indépendance. Regarde-toi, ma sœur, si tu es plus forte aujourd'hui, ce n'est pas entièrement grâce à toi et tes morts ratées, il y a contribué.
Tu sais tout ça, tu le sais au plus profond de toi, et c'est pour ça que tu as peur de ce regard qui accroche le tien, parce que tu lui dois plus que tu ne pourrais jamais lui donner. Mais... il faut toujours un mais, Lili. Mais, tu ne comprends pas. Tu n'admets pas et ne pourras jamais admettre être la seule et unique fautive, la seule coupable. Il était ton mentor et tu étais son élève, vous auriez dû vous suivre et ne vous lâcher que lorsque le maître est dépassé par l'élève, ou que l'un de vous meurt, bien sûr. Pourtant, tu as fui ou, plutôt, tu as disparu, tu t'es terrée dans le taudis que tu appelles maison. Et lui, en attendant, en voyant que son élève ne venait plus, que son employée se permettait de ne plus travailler, qu'a-t-il fait ? Il ne t'a pas cherché, il n'a pas voulu savoir ce qu'il t'arrivait. Il a tourné la page plus vite encore que tu ne l'as fait. Il t'a abandonnée avant que toi-même ne décide de ne plus lui parler. Il est coupable autant que tu l'es.

Oui, je t'ai abandonné. Et alors ? Tu n'as pas eu l'air d'en être si touché. J'aurais pu crever que ça n'aurait fait aucune différence !

Et tu te permets de continuer à cracher ton poison, à pousser tes mensonges encore plus loin, à contourner la vérité avec habilité. Tu es maître dans l'art, on ne peut en douter. Mais tu es aussi fort susceptible, Lili, et ses mots ne te plaisent guère. Il parle de toi comme de sa propriété, de sa proie, d'une part de lui-même. Pourtant, il n'est pas un prédateur pour toi, pas plus que toi pour lui, et son histoire continue sans toi comme la tienne sans lui. Vous n'avez plus rien à voir ensemble, vous n'êtes bons qu'à vous pousser à la haine et à la confrontation. Vous allez vous détruire. Non, rectifions : tu vas le laisser te détruire. Il est une occasion, que dis-je, un miracle qui mettra fin à ton histoire, à ta misérable vie comme il le dit si bien. Judas sera ton exécuteur, n'est-ce pas excitant ?

Alors qu'il s'approche, tu protèges ton esprit de ces remparts de mensonges et de dénis qui t'enfoncent dans la folie. Tu pourrais sourire, comme le monstre que tu es, juste à voir ce regard qui attend de toi une réponse, une réaction. Tu prépares le terrain et tu te remets à espérer. Non pas qu'il te laisse t'en aller, cette fois, mais qu'il ne parte pas sans t'avoir tuée. Si tu l'y aides un peu, il devrait franchir le pas et laisser le prédateur finir de jouer avec sa proie. Non ?

Tu approches à ton tour, défiant ton patron de ce regard détestable qui t'a valu tant de coups déjà. Tu veux le provoquer, Lili, le pousser à l'extrême que tu vois briller au fond de ses pupilles, mais tu vas t'en mordre les doigts... s'il ne te les arrache pas.

Ah oui ? La vérité ? Et tu vas faire quoi ? Tu vas me frapper, pour me faire avouer ? Mais non... sois le monstre que tu es, Judas, viens chercher la vérité ! Et tue-moi pour comprendre ce qui est arrivé, ce que tu as laissé arriver.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 4 Juin - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Jeu 7 Mai - 16:23


Down To Hell
Li Mei Tyler & Judas Northwild



Ce mannequin glacé dont le ton gèle jusqu’à ses propres sentiments, de sa voix lisse elle accuse, insulte, envahit l’esprit de Judas, asservissant son calme et honorant sa colère. Le poussant à jeter aux cochons sa retenue. Le traitant comme elles le font toutes, lui qui se proclame hors d’atteitne n’admettra jamais être touché par elle lorsqu’elle l’accable. Celle qui le connaissait, qui profitait de sa science; lui l’homme pressé, le monstre agité. Elle se retranche dans les rangs de ces salopes inutiles qui le blâment simplement pour refuser de voir la vérité de leur part de responsabilité.

Le sang battant à ses tempes étouffe quelque peu ses paroles mais pas assez, car le choc demeure. Des retrouvailles lourdes de ressentiments. Ne se remettant pas une seconde en question Judas se monte la tête, se dessine une ennemie, une cible.
Tandis qu’elle hurle, admet, crache son venin, contaminant et paralysant à mesure de ses mots.  A demi-mot hurlant sa détresse. Il entend comme une prière à la mort de sa bouche, le défiant elle le provoque.

Lorsqu’elle le traite de monstre, les mots claquent, résonnent, et son poing vient contre sa joue s’écraser alors que ses yeux exorbité la regarde comme l’on regarde sa némésis. Avec toute la haine et le désespoir du monde. Comme si peut lui importait de mourir en cet instant si il pouvait l’attirer avec lui. La voir souffrir atténuerait toute peine et les enfers seraient bien doux si elle y résidait aussi.

Ses yeux devenus livides, d’un bleu de glacier centenaire la fixe et il se rapproche d’elle alors qu’au sol elle se tient la mâchoire. Et cinglant il lance à toutes ses provocations.

- Je suis le monstre que tu as aidé à faire de moi petite Li.

S’accroupissant à sa hauteur, il lui attrape le col et plonge dans ses yeux, définissant la suite des évènements ainsi. La lacérer, lui arracher les ongles un par un, l’écarteler vivante, la droguer et l’offrir à la pire vermine de ces quartiers, la retrouver et violer son esprit. Enlever sa peau en commençant de ses orteils en remontant jusque son crâne. Percer ses jolis yeux et en boire l’eau.

Ses pensées suffisent à atténuer sa rage, une technique qu’il s’est forcé à apprendre jour après jour. Connaissant le cours de sa colère, des sacrifices nécessaires à son calme. Et finalement il sait, Judas a appris à maitriser sa rage, n’étant presque plus à la hauteur de ce monstre qu’on attend de lui. Laissant Aiden en secret tenir les commandes du Judas public. Imaginer, détailler ce qu’il désirerait faire à l’objet de sa tension l’apaise. Comme une cinglante berceuse à l’animal affamé. Cependant incapable de surmonter ses pics de violence, et ne répondant à l’appel de sa conscience, d’Aiden. Il voit en les yeux de la belle danser une flamme.

Et la jette contre un mur en hurlant, priant pour que sa jolie tête explose contre le mur, qu’elle se mette à vomir et cède à la panique sous ses yeux. Insupportant la vie qui l’anime alors qu’elle ose le provoquer. Elle devrait le supplier de cesser, pas le pousser, envoyant valser sa retenue. Il lui attrape les poings et la mettant à sa hauteur la sonde. Ou du moins essaye, car c’est sans succès qu’il observe un tableau de courage ou de stupidité.
Il ne la connait plus, le gouvernement ? L’envie de mourir ? La soif de sang ? La cruauté ? Qui est cette femme face à lui ? Serrant sa prise jusqu’à en blanchir ses jointures, penchant la tete en s’approchant encore. Sentant la chaleur d’une vie entre ses mains. Jouissant de son pouvoir, effrayé par ce pouvoir et exalté de ces possibilités.

Satisfait, plus léger, il profite d’avoir quelque peu atténué sa rage en lui laissant libre cours. Mais alors qu’il vérifie les alentours il revoit sa proie. Se souvient de ces allusions et des raisons.

Et un déclic opère en lui. L’élève a dépassé le maitre, lui le roi des faux semblants s’est vu trompé. Elle fuit, le provoque pour éviter la réalité. Il sait combien cette méthode est efficace car il en use. Judas le personnage, Aiden l’acteur. Le meurtrier fuyant, celui qui a tué sa moitié, rejetant tout espoir et se confondant dans les sombres nuits implorant les ténèbres de l’attirer à lui. Un déclic hein ? Elle désire être malmenée, appelant la douleur physique pour oublier celle de son esprit. Alors soit, il sait ce qui est le plus précieux pour une femme.

Alors quittant le rôle de bourreaux il incarne celui de salop, se collant à elle, passant sa main sous son tee-shirt, approchant de sa poitrine offerte. Elle désire être une victime, alors soit.

- Te tuer ? Je ne vais pas gaspiller ce qui m’est si joliment servi sur un plateau. N’est-ce pas Li ? Et puis tu risques d’aimer ça.

Ne la reconnaissant pas, oubliant qu’elle a été jusqu’à son amie, il fait ce que tout homme sait faire. Penser sexe, se vider et être une ordure insensible. Adoptant le regard libidineux des clients du Masquerade, pulvérisant à ses yeux l’image du Judas professeur. Il progresse vers des hauteurs d’horreur qu’il ne s’était jamais autorisé. Toujours en la fixant, espérant quelque part au fond de lui qu’elle réagira et avouera avant qu’il n’ait passé le cap.

crackle bones
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Ven 8 Mai - 11:22



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Enfin ! Enfin ton monde se déchire, enfin les enfers s'ouvrent à tes pieds, enfin tu aperçois les brûlantes flammes de la destruction, enfin tu peux espérer ouvrir les bras à la mort. Tu as gagné, Lili, tu as réussi à énerver le seul homme que tu estimais encore, le seul pour qui tu aurais pu faire l'effort de rebâtir ta survie. L'avant dernier rempart à l'abandon de ton humanité. Et tu as foncé, tu as brisé ce qu'il restait encore de vous, ce maigre fil qui vous liait toujours, tu as poussé ta propre vie vers la mort, bien plus que tu n'as jamais osé le faire. Ne reste que le dernier obstacle à détruire et tu deviendras pleinement le monstre que tu es, quelques instants avant ta fin. Mais l'heure n'est pas à cette bataille, presque perdue d'avance.
Enfin, donc, tu goûtes à ton propre sang à l'intérieur de ta bouche, enfin tu sens la douleur exploser sur ta joue. Il a répondu aux provocations par la bestialité que tu as vue dans ses yeux, par la violence. Tu n'as jamais douté de sa force, danseuse, et tu sais aujourd'hui qu'elle pourrait te briser, détruire tes os en mille morceaux de mort. Et alors que le sol t'accueille avec sa fraîcheur objective, tu poses une main sur ton visage, massant une mâchoire qui se soigne d'elle-même, cachant la monstruosité, la folie qui étirent tes lèvres en un fin sourire. Tu serais prête à rire au lieu de pleurer comme une humaine, à rire de ton misérable destin. Tu as passé tout ce temps à courir vers le précipice sans l'atteindre, évitant le seul homme qui aurait pu t'y pousser. N'est-ce pas ironique ?
Mais tu restes silencieuse, dissimulant le monstre au monstre, cachant ta joie de voir ton monde s'ouvrir aux flammes. Et lorsque ton regard croise le sien, si froid, tant empli de haine qu'il en déborde et semble briller dans la nuit, tu sens ton estomac se nouer et ta gorge s'assécher, laissant le goût ferreux de ton sang noir à peine échappé de ta joue qu'il n'y coule déjà plus. Tu as peur, une peur semblable à celle qui a animé ton corps lorsque le loup a déchiré ton épaule d'une bille argentée. Tu comprends que la mort est plus vraie encore de cette main qui agrippe ton col que de cette balle mal tirée. Et tu pourrais en pleurer de joie à l'idée d'enfin pouvoir débarrasser ce monde de toi et toi de lui.

Mais plus que la mort, tu vois la folie, la folie qui t'habite, la folie qui l'habite lui aussi. Tu vois que plus rien ne va ni dans ton corps ni dans le sien, que jamais vous n'auriez dû vous lâcher, vous précipitant vous-même vers la démence. La douleur explose à l'intérieur de ton crâne et t'arrache un grognement que tu coinces entre tes lèvres. Ce n'est pas encore assez pour que tu comprennes que tu ne veux pas mourir, ma sœur, aussi le laisses-tu attraper tes poignets, relever ton pitoyable corps, et tu oses attendre, alors, qu'il brise ta misérable vie.
T'attendais-tu à ça, pourtant ? Tu étais prête à tout supporter jusqu'à sombrer, à voir ton corps s'écorcher contre les pavés, ta peau s'ouvrir et tes organes glisser. Tu étais prête à subir les plus horribles tortures qu'il puisse t'imposer jusqu'à ce que ton sang ne sache plus te soigner. Tu étais prête à le provoquer jusqu'à ce qu'il ne puisse plus s'arrêter, que ton dernier souffle s'élève dans l'air obscur de la nuit. Et tu t'intéresses peu de ce qu'il pourrait bien faire, alors, de ton corps mort laissé à sa merci. Qu'est-ce que ça aurait changé puisque ton âme se serait déjà évaporée ?
Pourtant, ça, tu n'y avais pas pensé, tu n'avais pas imaginé qu'il ose te toucher, qu'il essaie de briser ton esprit avant de détruire ton corps. Tu avais cru, par cette idiotie qui t'est coutumière, qu'il restait assez entre vous, quelque chose qui empêcherait le monstre d'en être vraiment un. C'est une chose de tuer un monstre, violer une femme en est une autre. A cet instant, tu pourrais pleurer, vraiment, comprenant que tu es perdue plus encore que tu n'aurais pu l'imaginer, qu'il est impossible de récupérer la folie de ton esprit. Tu n'en fais rien, pourtant, les yeux indifféremment posés dans les siens, sondant l'insondable, espérant y voir une provocation plus qu'une envie de le faire. Mais sa main glisse sur ta peau comme un serpent refermant sa prise sur ton cou si frêle. Tu as envie de vomir, de murmurer au monstre qu'il n'a qu'à le faire. Au final, n'est-ce pas la dernière porte à pousser avant la mort ?

Dans cet état indescriptible qui engourdit ton cerveau et immobilise ton corps, tu pourrais le laisser faire, t'abandonner à la monstruosité d'un homme, à la folie d'un monstre. Peut-être qu'alors tu serais capable de te donner la mort de tes propres mains, de ne plus attendre qu'un autre le fasse pour toi. Et pourtant, il suffirait que tu laisses tes doigts glisser sur les siens, que tu laisses ton pouvoir cueillir le corps qui se croit tout puissant. Tu pourrais te débarrasser de lui sans lui laisser le temps de se débarrasser de toi. Mais tu es plus apte à le laisser agir qu'à tuer celui qui a tant fait pour t'aider, aussi préfères-tu le blesser et fuir la folie qui vous guette. C'est dans cette intention que tu ordonnes à ton genou de se lever.

C'était sans compter sur les images qui brouillent ta vision et te ramènent quelques temps auparavant, dans une salle plus obscure et froide que cette rue du quartier le plus fou de la Nouvelle-Orléans. Tu revois les visages des bourreaux, de ces hommes qui se donnent du plaisir à maltraiter, couper, broyer, voir le sang noir suinter de tes plaies sans oser glisser sur ta peau alors si blanche. Tu revois leurs yeux, leurs mains, leurs armes. Et tu comprends que tu as su t'en échapper à temps, que tu aurais connu, sinon, pire que la mort qu'ils souhaitaient t'offrir sur un plateau de douleur. Ils ont brisé ton corps et laissé ton esprit en miette, certes, mais un instant de plus dans ce cachot du gouvernement et tu n'aurais été plus qu'une ombre, une âme perdue errant en ville à la merci des criminels. Plus rien n'aurait eu d'importance que ton corps souillé et mutilé. Et la vérité claque à tes yeux comme un poignard planté dans ton cœur : tu ne serais pas morte de cette blessure-ci, plus profondément ancrée dans l'esprit que dans le corps. Tu serais restée en demie-vie, incapable de provocations ou de suicide. Et jamais personne n'aurait voulu de toi, pas même moi.

Tu cesses le moindre mouvement, ton genou stoppé à quelques centimètres de son but. Ton corps se met alors à trembler. De peur ? Non, de désespoir, rage et folie mêlés. Et déjà tu sens les premières larmes rouler sur tes joues, nettoyer le monstre en quête de mort pour mieux dévoiler la femme accrochée à la vie. Tu ne peux plus mentir, ni à toi ni à lui, et tu espères bien que les gouttes de pluie sur ta peau n'attiseront pas la folie de Judas comme elle a nourri tes bourreaux. Tu es pitoyable, danseuse. Tu pourrais le frapper pour le repousser, mais tes poings sur son corps ne seraient pas plus que des caresses dénuées de force, et déjà tes jambes cèdent sous ton poids.

Comment en sommes-nous arrivés là... perdus, nous... je suis perdue...

Ta voix n'est plus qu'un murmure de peur et de faiblesse, de ce que ton corps essaie de cacher sans jamais y arriver. Perdue entre la mort et la vie, le monstre et la femme, la folie et la folie. Comprends ta véritable peur, ma sœur, cesse de la cacher. Admets-la ou laisse-moi te dire ta simple vérité.
Tu n'as jamais eu peur de la mort, Lili, mais de la vie.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 4 Juin - 23:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Jeu 14 Mai - 19:00


Down To Hell
Li Mei Tyler & Judas Northwild



La statue se craquèle alors que froide elle gèle son cœur, elle coule de son âme meurtrie et lui observe ce qu’il a fait. Ce qu’il l’a poussé à faire, cette idiote têtue qui cherchait à mentir au roi des menteurs. L’hypocrite en chef a apparemment vu clair en ce si joli jeu qui se fissure et conserve pour autant cet air digne qui lui sied si bien.

On la dirait faite de cire, si de ses yeux ne débordaient pas la rage et la haine des monstres qu’ils sont. Fier d’avoir compris il en sourirait presque si ce n’était pas la dernière chose à faire mais alors que ses yeux croise les siens, son rictus se fixe. Et il sent une émotion qui lui rappelle quel humain il est et sa jolie bouche s’ouvre pour exprimer ce que les pauvres humains hurlent au monstre.

Perdue ? Ne l’est-il pas autant si ce n’est un million de fois plus que ce pauvre agneau trop fier pour son propre bien. Alors qu’il ressent et sent il libère ses bras pour l’emprisonner dans les siens. Calant son visage où elle ne pourra voir le sien.

Ses yeux ouverts d’incertitude sur son rôle, sur ses actes, sur ce qu’il est et qu’il désirait être. Se remémorant que des désirs il en avait. Des amis aussi, une vie avant de la tuer non pas de ses mains mais de ses gestes. Son humanité est morte avec elle. Il ne peut en être autrement. Et le doute que Li instaure en lui l’effraie plus qu’aucun enfer ne le fera jamais. Il ne peut douter de ses actes, il ne peut s’autoriser à ressentir où il se fera dévorer par la culpabilité qu’il a rejetée pour devenir arrogant et un vrai con.

Sa bouche entrouverte des mots qu’il rêve de dire. Que Ruby rêverait d’entendre, qui auraient pu sauver Li de ce destin de cette bête plus sinistre que la mort.

Le teint plus claire qu’il ne le voudrait et le cœur comme en pause devant trop d’incertitudes, il sert les poings sur un être toujours pressé contre lui, s’exhortant à la rage, refusant le calme et la peur. Rêvant de la douce perte de contrôle qui le libère de toute conscience.

Il rejette Li contre le mur derrière elle et se retourne face à l’obscurité qui, il en rêve, absorbera cette faible humanité. Sous ses yeux le corps de sa proie dérobée. Après tout ne sont-ils pas des hommes aussi. Et si elle était toujours un exutoire sans ambiguïté à sa vie meurtrière et chaotique. Toujours dos à elle, Judas décide de tendre la main au monstre qu’il aurait pu créer pour son propre plaisir mais qu’il a laissé pourrir et devenir aussi rance que lui. Avec au fond du monstre l’espoir de voir en elle ce qu’elle était, et en ses yeux ce qu’il était à ses côtés. Égoïste ? Les humains faibles ne le sont-ils pas tous ? Première étape vers une humanité visible qu’il niera jusqu’à sa mort. Enfonçant la main dans sa poche et caressant le manche du cran d’arrêt qu’il y conserve, comme un mémo à son esprit, lui rappelant que peu importe son humanité la bête sommeille et ne se meurt pas. Toujours dos à elle il s’exprime enfin :

- Raconte-moi tout.


Repassant son attention vers elle, refusant de voir en lui. D’y chercher la lumière dans la noirceur.

- Et ne me mens pas cette fois. Je t’ai fait, ne m’invite pas à te défaire.

Avouant à demi-mots son attachement à la forte poupée qu’elle a toujours été à ses yeux.

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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Mer 20 Mai - 23:51



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Tu es perdue. C'est un fait indéniable, incontournable, une vérité qui te pousse à la folie, aux mensonges et à la solitude. Tu es perdue, ma sœur, mais comprends qu'il faut être deux pour se faire indiquer le chemin. Comment penses-tu t'en sortir si tu te terres dans la ruine que tu appelles maison ? Comment prévois-tu de contrôler les ténèbres si tu es seule pour les affronter ? Tu n'es qu'une petite marionnette, un pantin insignifiant qui se fera écraser avec facilité, une fourmi qui n'a même plus la force de crier devant la botte. Tu n'es rien, danseuse, tu vaux moins qu'un Marcheur qui a bravé la mort. De ton vivant, tu n'as mérité ni amour ni ami, pas même une famille pour s'accrocher à ton bras meurtrier. Ton cadavre, lui, ne méritera ni les charognards, ni les insectes et parasites de l'après-vie. Il ne méritera que l'oubli et le retour à la poussière, pour ne plus avoir à se lever et polluer le monde de son souffle.

Tu es perdue et rien ne pourra plus illuminer ton chemin dans l'obscurité qui t'entoure. Et de ces bras qui glissent des tiens pour mieux s'emparer de ton corps, tu ne retiens que la glace de ton sang comparée au feu qui brûle en son sein, à la chaleur qui tente de briser ta monstruosité. Mais aucune flamme ne peut donner vie à une poupée inanimée et réveiller en elle une femme qui n'a jamais existé. Alors tu restes égarée, les bras ballants, les jambes tremblantes, prêtes à lâcher, et tu promènes ton regard sombre sur les murs, le corps mort que tu as laissé. Tu sens les larmes à tes joues, accrochées à tes pores, s'infiltrant lentement à l'intérieur de ta peau colorée, cessant leur lente et silencieuse chute. Tu as pleuré comme une idiote face à la vie, comme une enfant qui réalise que rien n'est aussi beau qu'un conte, que la mort est partout et ne devrait pourtant jamais être là car personne ne la veut. Et tu as cessé ta comédie aussi rapidement qu'une gamine stoppant son caprice devant son but atteint. Tu as seize ans, Lili, je ne le dirai jamais assez, et je sais qu'aucun sourire, qu'aucun remerciement ne naîtra sur tes lèvres à mes mots. Ils ne sont pas des compliments, tu le sais, car tes seize ans ont été le commencement, le jour du jugement, l'enfer qui s'est invité sur terre.

La douleur explose à l'intérieur de ton crâne, glissant le long de ton dos pour s'emparer de tes jambes et ramener tout ton corps parterre. Retenant ton buste d'une main sur les pavés, tu frottes ton visage de l'autre, attendant que le sang du monstre fasse effet, que la douleur s'échappe aussi vite qu'elle est apparue. Si tu avais été plus animée qu'une poupée, sûrement aurais-tu heurté le mur sans grand mal, mais tu es dénuée de force, les jambes inutiles, les bras faibles, la voix éteinte sur un grognement. Tu comprends des choses que tu ne veux pas comprendre et ton esprit se sent plus mort qu'il ne l'a jamais été, un pied dans le gouffre, prêt à basculer. C'est idiot comme tu es fragile, ma sœur, alors que tu as été si grande avant la Nouvelle-Orléans, avant les zombies et les morts, avant Judas. Qu'aurait-il pensé de toi à l'époque ? De toi en te connaissant de New York ? Il aurait été comme moi, déçu et dégoûté. Où est passée la force du bras qui a écrasé le visage d'un revenant à coups de batte ? Où est la femme qui n'a pas versé une larme en abandonnant son frère, plus mort que jamais ? Faible, tu es inutile, Lili, alors, oui, peut-être devrais-tu l'inviter à le faire, à te défaire.

Un sursaut de ta poitrine, collant tes épaules au mur froid dans ton dos, tu pouffes, tu noies ton rire dans ta faiblesse, étirant tes lèvres en un sourire idiot. Veux-tu le provoquer ? Lui prouver qu'il n'a qu'à aller au bout de ses menaces, que tu ne mérites que ça ? Non, ton rire t'étrangle, presse ton cœur dans un étau et repousse l'air avant qu'il n'atteigne tes poumons. Tu ne veux pas raconter, tu veux mentir, tu veux fuir les souvenirs, les douleurs, les sourires et les visages. Tu veux penser que rien n'est arrivé, tout oublier, survivre comme tu l'as toujours fait, loin du Gouvernement et ses interrogatoires. Loin de Stain, ses questions, ses menaces et ses hommes. Loin du Masquerade où il travaille, où tu travailles. Loin de ce qui a été une vie pour ne plus te nourrir que de l'obscurité d'un mauvais quartier. Tu dois pourtant avouer, raconter, te libérer de tes peurs, de ton fardeau, des blessures de ton esprit qui n'ont pas guéries avec celles de ta chair. Tu le dois, Lili, parce qu'il te le demande, parce que tu lui dois bien ça, parce que tu pourrais le rendre responsable de ton malheur, sans jamais le faire pourtant, parce que tu ne peux plus mentir. Parce que « vous » a existé dans le passé... et que tu n'as jamais regretté.

Tout raconter ? Et par quoi commencer ? Par tous ceux qui sont morts de m'avoir trop approchée ? Par tous ceux que j'ai tués de mes propres mains ? Ou... Ta voix se brise et s'essouffle en un murmure... par le gouvernement qui m'a kidnappée et torturée ?

Tes yeux s'écarquillent devant la vérité et tu comprends ce que tu n'avais pas encore réalisé. Tu comprends qu'il te fallait le dire, prononcer ces mots. Tu comprends que tu n'as que trop pensé au mal qui a été fait sur ta personne, aux réponses que tu n'as pas données. Tu comprends que tu es restée bloquée dans le passé sans jamais penser à l'avenir. Tu comprends que tu as été égoïste et plus paumée que jamais. Et, surtout, tu comprends que c'était à lui que tu devais parler, que c'était lui qu'il te fallait prévenir du danger. La force soudain revenue dans ton corps, tu bondis sur tes jambes et attrapes le bras de Judas en te plantant face à lui, tes yeux sombres fixés dans les siens, la peur serrant tes doigts et faisant briller tes pupilles. Un jour, ma mie, tu comprendras que tu n'as jamais été plus grande, plus forte, plus... toi, que lorsque tu avais quelqu'un à protéger, à surveiller, moi.

Ils nous connaissent, ils nous cherchent, ils veulent des réponses à leurs questions, ils ne nous comprennent pas encore, mais un jour viendra où nos morts les aideront à nous exterminer. Tu dois faire attention !

Tu ne dois pas te faire tuer. Tu te mords la lèvre, le sang ayant à peine le temps de gicler à l'intérieur de ta bouche que la plaie se referme déjà. Tu as peur pour sa vie, Lili, mais il est déjà trop tard pour lui, ma chérie. Tu n'as passé que trop de temps à ses côtés, il ne tardera pas à rejoindre les idiots qui ont cru bon de t'apprécier. Mais, ne t'inquiète pas, je serai là pour l'accueillir et veiller sur sa pauvre âme.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Jeu 4 Juin - 23:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Lun 1 Juin - 14:25


Down To Hell
Li Mei Tyler & Judas Northwild



Debout immobile comme une statue dont personne ne pourrait discerner l'expression tant la nuit, son amie, l'enveloppe de ses bras. Comme méditant les paroles de sa "disciple", rien ne pourrait le dissocier d'un mort debout gelé jusqu'aux os et dont la rigidité cadavérique lui permettrait de toiser le monde depuis les cieux.
Le silence s'étire et seule la respiration toujours brusque de Li le ponctue pour lui donner un air réel. Elle ne sait que faire, elle ne sait que dire, mais débite ce qu'elle a sur le cœur et ce qu'il a ardemment demandé. Peut être est il de ses êtres, animaux ou humains qui ne jouissent que de la chasse et se fichent des finalités. Peut être va-t-il rire à gorge déployée et s'en aller en la laissant là. Si seulement...
Judas ressent, la fièvre et l'adrénaline de sa rencontre avec Li l'avait plongé dans un état d'excitation, d'énervement, d'exaspération qu'il ne contrôlait plus, et maintenant qu'il a ce qu'il a demandé, qu'une sorte de calme tacite s'est installé et que de deux ils sont devenus trois avec sa maitrise de lui même. Il comprend enfin les paroles et l'impact de ses mots. Il n'écoute plus mais entend.

Loin de dépasser le maitre, l'élève en est devenu une autre version. cette rage, cette haine, sa façon de le provoquer jusqu'à lui voler SA proie tout ça n'était que masque à sa folle tristesse. Persuadée d'apporter la mort à ceux qui oseraient entrer dans son système solaire. Elle se croit Soleil trop brillant aveuglant son monde pour le plonger dans une cécité éternelle. Et déjà il sait qu'elle n'est responsable que de se trouver là mais jamais de la naturelle combustion d'hélium qui illumine et détruit. Ce sont les assassins qu'il faut blâmer et non la raison du commanditaire. Quelle ironie.

Judas qui à jamais se reproche la mort de celle qu'il a étouffé de son amour, se trouve à juger une petite qui n'a rien fait de pire que lui même. On en voit des hypocrite mais là c'est un nouveau niveau. Le camembert qui dit au roquefort qu'il refoule. Il lui donne sans même réfléchir une absolution naturelle qui l'est encore plus que respirer, tandis que lui s'en voudra à jamais sans espoir autre que le regret.

Les épaules de Judas  s'affaissent laissant l'inquiétude s'envoler, elle n'a fait que tuer. Et tandis que son regard se fixe et qu'elle se lève rapidement, serrant son bras de ses doigts fins. Il fixe la main dont les ongles autrefois si vernis et soignés ont laissé place à ces choses courtes et polies qui, pratique, se révèlent redoutable en combat.
La voici qui s'inquiète, qui comprend enfin l'enjeux de leur nature inhumaine et monstrueuse aux yeux d'ignares. De ses grands yeux exorbités et apeurés elle le scrute, attendant qu'il comprenne à son tour... Qu'elle est douce et naïve.
Alors que ses doigts s'enfoncent en sa peau, Li vérifie les alentours, craignant pour sa vie de monstre. Et alors il rigole, à gorge déployée, à s'en faire mal à la mâchoire. S'écartant d'elle dans cette rue vide de vie humaine, seul son rire grave se répercute sur les murs donnant à l'endroit une ambiance grotesque et presque burlesque.

- Tu t'inquiètes pour moi ? Li regarde toi, on dirait que tu as vu la mort en face. Mais suis-je bête, tu l'as vu. Enfin quoi ma pauvre, reprends toi, toi qui était si jolie. On est des différents et la différence effraie, bien sur que dès que nous ne leur seront plus utiles ils nous élimineront. Ou plutôt essayeront.

Souriant de toutes ses dents en pensant à ce à quoi pourrait ressembler une guerre ouverte entre humains et bêtes. Du sang et la mort partout, un spectacle intéressant, mais y prendrait il part ? Lui qui depuis bien longtemps fuit et vit en Hermite, lui autrefois glorieux devenu un monstre pitoyable qui n'effraie que par le souvenir de ses atrocités. Une belle blague que de vouloir passer pour quelque chose que l'on est plus.

Ils ont torturé sa propriété et c'est bien le seul point qui le gène de tout ce que son petit cœur d'artichaut a pu emmagasiner. Ils lui ont pris sa douce disciple et lui ont rendu une bête meurtrie comme lui. Judas indécis ne sait si il doit s'en réjouir ou se venger, elle était son exutoire, la sienne ! Mais ce qu'elle est pourrait s'avérer des plus intéressants, elle comprend désormais les troubles qui habitent une bête telle que lui. Elle peut en devenir pitoyable et s'effondrer sur elle même ou en grandir pour être une tueuse redoutable.

- Donc tu dis que des gens vont venir pour nous ? Que les morts les aideront ? Ma femme sera-t-elle là ? Je suis sure qu'elle adorera me tordre le cou comme la corde a tordu la sienne. L'humour cachant la monstrueuse réalité de ce qui l'a transformé.

Réfléchissant à sa condition, elle a été torturé et enlevé et désormais ils la pourchassent et désirent la tuer. Saurait elle des choses qu'elle ne devrait pas ? Et pourquoi ne pas la tuer quand elle était entre leurs griffes ? Elle n'était pas la combattante la plus dangereuse lors de sa disparition, alors pourquoi...

- Pourquoi es tu en vie ? Moi je comprends bien, trop beau et fabuleux, les femmes ne s'en remettraient jamais, de plus le Masquerade est un atout non négligeable. Mais toi ? Qu'as-tu pour qu'ils veulent à ce point te détruire ? Le racisme anti monstres ok. Mais d'après ce que tu dis on dirait une vraie vendetta à ton encontre.

Intéressante, au-delà de l'exutoire elle est la compréhension de son état et sa nature. Il l'utilisait, pourrait ils s'utiliser ? En venir au plus vieux deal du monde, celui du donnant donnant, lui assurant une sorte de protection tandis qu'elle assurerait sa santé mentale ? Non trop peu équitable, il veut tout, il veut plus. La contrôler, son esprit, ses secrets, sa vie comme lorsqu'elle a craqué. Car malgré l'horreur de ses actes il a ressenti une joie en la voyant faiblir et se sentant gagner. Une araignée qui a senti les vibrations d'un insecte pris au piège et qui se lèche les papilles dans l'attente de son déjeuner.

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MessageSujet: Re: Down to Hell ¤ Judas & Li Mei   Jeu 4 Juin - 23:03



Down to Hell.

(pv) Judas A. Northwild


~

Contre-choc électrique. Brise, brûle et souffle la femme que tu fus pour ne laisser que le néant, le vide, la mort que je t'ai offerte de mes doigts amoureux. Tout ton être s'effondre, s'effrite de l'intérieur, ne laissant qu'une carcasse inutile. Ton âme s'échappe et tu déglutis péniblement dans l'obscurité qui t'entoure et t'oppresse. Il n'y a plus rien à sauver de ton sang noir alors que le rire s'insinue dans tes oreilles et s'infiltre dans ton cerveau pour le faire imploser. Rien ne sera épargné, rien ne pourra être sauvé. Tout s'éclipse dans une douleur qui pointe ton cœur et le perce. Plus rien ne fonctionne, plus rien n'est sous ton contrôle. Tu es pourrie jusqu'à la moelle, Lili, et tu fais une sœur pitoyable, incapable du moindre mouvement, du moindre bruit, du moindre souffle entre tes lèvres si douces. D'un rire, il t'a anéantie. D'un rire, il a chassé tout ce qu'il y a eu avant et tout ce qui aurait pu voir le jour après. D'un rire, il a fait de toi la plus incroyable des idiotes.

Tu es foutue, ma jolie. Et la bile te monte à la gorge, pique tes yeux et empoisonne ton cœur de ses remords. Tu pourrais regretter de ne pas l'avoir laissé te toucher, te briser à jamais et ne laisser que les miettes d'une fausse existence. Tu pourrais apprécier que plus rien ne vous retienne l'un à l'autre, qu'il n'y ait plus entre vous qu'une lente agonie. Tu pourrais essayer de le provoquer, de le pousser à bout, de le précipiter dans sa monstruosité. Mais il y est si bien accroché qu'il s'y plonge de lui-même, sans ton aide. Tu pourrais même vouloir le tuer, serrer tes doigts fins sur sa gorge, lui faire cracher du sang, utiliser l'art d'un autre temps jusqu'à ce qu'il ne puisse plus répondre à tes coups. Tu ne fais rien de tout ça, pourtant. Tu ne penses même pas, tout aussi immobile de corps que d'esprit, le regard dans le vide bien trop plein.

Il ne comprend pas. Comment pourrait-il comprendre ce que tu as vécu ? Et tu te surprends à le haïr, à lui souhaiter le même mal, à croupir en prison sans personne pour panser ses plaies. N'a-t-il pas encore compris que la mort ne t'effraie pas, que tu l'appelles de tout ton être ? Qu'ils t'éliminent n'est que le cadet de tes soucis. Qu'ils essaient sans essayer te fait bien plus peur. Tu ne veux plus être torturée, obligée de fuir dans la peur de trop en dire, ou pas assez. Tu ne veux plus voir la tour du gouvernement, ses chiens et, pire, ses deux gentils loups, ses deux petits généraux qui te courent après sans te laisser de répit. Tu ne veux connaître ni la douleur ni la tendresse de ceux qui te détestent, de ceux qui auraient tout à gagner à te tuer mais en décident tout autrement. Dois-tu souffrir jusqu'à la fin des temps ? Oui, ma jolie, tu n'as pas encore expié tes péchés et je veille à ce que ta vie soit un délicieux enfer.

Tu frissonnes dans l'ombre de ta féminité, priant pour que ses paroles ne soient pas vraies, que les morts ne viendront pas se venger. Ce serait si beau, ma sœur, de pouvoir revenir sur terre pour t'emporter avec moi sans te louper, cette fois. Imagine-moi, laid et mort, arpentant les rues de la Nouvelle-Orléans en criant ton nom à qui veut bien l'entendre. Imagine le manchot au visage détruit frapper à ta porte et patienter respectueusement que tu daignes lui ouvrir. Je me ferai un plaisir de glisser mes bras à ta taille qui m'appartient. Tu te laisseras faire car tu ne pourras pas faire autrement. Et j'aurai tout loisir à admirer ta peau et humer ton parfum avant de plonger ma main sous ton sein pour en arracher ton vilain cœur. Il doit être si noir et si flétri que tu le reconnaîtras à peine lorsqu'il effleurera mes lèvres. Imagine-nous, bras dessus bras dessous, descendre aux enfers et régner sur les flammes qui lécheront nos corps sans jamais réussir à en purifier la cruauté. Aah, ma jolie Lili, n'est-ce pas là un merveilleux avenir ?

Le rire perce le silence qui accompagne ses mots chargés de sens. Ton rire, dépourvu du moindre sentiment, aussi froid que le regard que tu lui lances, s’éternise dans le silence. Tu ne mérites pas de vivre ? Tu ne mérites pas qu'on veuille te détruire ? Mais qu'a-t-il de plus que toi, au final ? Patron du Masquerade ? Ne soyons pas bêtes, il pourrait tout aussi bien être remplacé par un autre, qu'est-ce que ça changerait ? Beau et fabuleux ? Les femmes ne s'en remettraient jamais ? Etait-il aussi sûr de lui, aussi imbu de lui-même par le passé ? Tu n'as certainement pas accepté de traîner avec un deuxième idiot encombré par son ego. C'est donc après qu'il est devenu si beau et fabuleux ? Sa mort changerait quoi à ta vie, Lili ? Tu es une femme, t'en remettrais-tu ? Plus rapidement qu'il ne pourrait l'imaginer, j'en suis certain. Je sais, moi, quel regard tu as lancé à mon corps après l'avoir détruit. Les regrets t'étouffent aussi peu que la sociabilité.

Tu ne comprends pas. Ta voix fuse, chargée d'ironie et de mépris. M'inquiéter ? Pour toi ? J'y ai cru, moi aussi, mais ici… Une main sur la poitrine, tu hausses un sourcil, les yeux plus sombres que jamais… il n'y a rien.

Encore une fois, la femme est morte au fond de toi, se tortillant de douleur, de tristesse et de peur. Elle pleure et crie son malheur, elle hurle à l'injustice, au pardon et à la pitié. Mais les monstres sont nés dans le sang et tu te redresses, le dos bien droit, le menton légèrement levé. Tu fais face à l'arrogance par le mépris. Tu laisses place à ta folie la plus dangereuse… et la plus jolie, ma mie.

Ta femme ? Tu ne mérites pas qu'elle bouge sa carcasse jusqu'à toi, Judas. Ton sourire malsain étire tes lèvres. Pourquoi je suis en vie ? Ta main se pose sur ton ventre et effleure les rares cicatrices du jour le plus long de ta vie. Tu demandes ce que j'ai de plus ? Moi ? Le don d'attirer ceux que j'aurais préféré ne jamais rencontrer. Ils m'ont eue, torturée, et je me suis échappée. Ne comprends-tu pas l'évidence ? C'est un échec, sans réponse à leurs questions. Je connais même le nom et le visage de mon bourreau. Ton ego n'aurait pas apprécié, le sien est blessé. Un rire plus court t'échappe. Mais regarde-moi, Judas, mon sang est aussi noir que le tien. Nous sommes des monstres et ça leur suffit pour nous traquer comme du gibier et nous donner en pâture aux bourreaux en mal de torture ou, pire, aux cinglés dans leurs laboratoires.

Tu recules finalement, te retourne et simule la réflexion. Tu voudrais qu'il te tue d'avoir été plus idiote que jamais, qu'il mette enfin un terme à cette misérable existence qui est la tienne. Tu ne sais plus faire face à la peur, à la culpabilité, à la solitude. Tu te perds toi-même dans les méandres de ton existence, errant par-ci par-là, laissant tes doigts glisser sur des joues innocentes, des lèvres criminelles. Tu es si pitoyable que je pourrais presque braver la mort une deuxième fois pour abréger tes misérables souffrances. Tu es méprisable et méprisée, d'un camp comme de l'autre.

Ou peut-être m'ont-ils demandé de les servir, de leur offrir mes confrères sur un plateau d'argent. Peut-être me suivent-ils pour mieux exterminer les monstres de cette fichue ville. Peut-être ai-je juré de les aider. Tu lui fais face de nouveau, réduisant même la distance entre vous, tes yeux sombres fichés dans les siens. Que vois-tu, tapi dans l'ombre que nous contrôlons ? Ai-je trahi ? Suis-je l'ennemie à abattre ?

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Down to Hell ¤ Judas & Li Mei

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