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 Reality is merely an illusion [Neal]

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MessageSujet: Reality is merely an illusion [Neal]   Jeu 7 Mai - 21:21

Le ver solitaire du monde moderne. Pourquoi l’appeler moderne ? A l’époque romaine, à son époque, il était également de modernité. Pourquoi ce subterfuge dans le langage, comme pour donner cet air que les siècles derniers n’avaient toujours été que vieilleries et retard de croissance. Si son histoire d’Italie semblait presque à jour dans son esprit, Eolia ne pouvait s’empêcher de relever toutes les aberrations que le temps avait apportées à la civilisation humaine. Que des futilités, et de l’illusion. Le ver solitaire que tous laissaient s’infiltrer dans leur vie, en espérant que tout finirait par aller mieux. De la folie. Si la cyber connectivité apportait cette impression de ne jamais être seul, elle laissait la réalité à la porte, la jetant par une fenêtre. Eolia n’avait jamais compris cette folie d’alimenter les réseaux sociaux de photos de soi-même ou de parler de soi face à une plateforme dans l’attente qu’une personne le lise et apporte son commentaire personnel. En quoi cela avait plus d’importance qu’une discussion entre deux personnes ? Au bar, elle les voyait tous, au moins une fois dans la soirée, sortir leur téléphone pour le scruter au lieu de s’intéresser à ce que la réalité leur offrait, au lieu de chercher autrement qu’à travers un écran à tisser des lieux.
Le désespoir, c’était une société désespérée. Perdant foi en l’avenir, en pensant qu’à noyer leur âme dans l’ivresse naissante que le verre de whisky pourrait leur apporter. De la bande aux copains aux piliers de comptoir, les visages demeuraient majoritairement familiers. Après le travail, en début de soirée, au milieu de la nuit, les clients passaient, repassaient, accédant à leur deuxième logis par habitude, consommant avec excès pour oublier leur existence.

Elle le voyait entré chaque soir. Ce désespoir. En chacun des excès de chacun, il s’alimentait de leur soif d’oubli de leur existence, de leurs problèmes pour leur permettre de trouver la paix et le calme. Ils buvaient pour gagner du temps, pour reculer l’échéance de ce qui les noyait dans le chagrin. Les problèmes demeuraient et le lendemain apportait avec elle la chute lente et vertigineuse, douloureuse et sans amortissement. Rien pour apaiser le mal-être incessant, rien pour calmer la souffrance et le mal-être. Eolia avait presque mal pour eux, à les voir dans cette condition-là. Parfois, pour ceux en qui elle avait un peu de compassion, elle tentait de les raisonner. Parfois à néant.
Une soirée comme les autres s’achevait. Comme toujours Eolia avait fermé les yeux sur les regards virant sur son décolleté, avait répondu avec un certain cynisme aux remarques provocantes et aguichantes des clients, pour ensuite se réfugier derrière le comptoir et remplacer son collègue prenant sa place pour éviter pour calmer les lions affamés face à la chouette peinant à se défendre. Les sous-entendus lui étaient parfois difficiles à comprendre ainsi que le vocabulaire trop familier et leur manière de prononcer l’anglais qu’Eolia n’avait pas le temps de comprendre que déjà, se défendre devenait difficile par les rires gras des comparses. Pour amuser la galerie, ils humiliaient, et il n’était pas rare que son poing ait un jour frappé l’un d’entre eux. Pour éviter ce genre d’incident, Eolia passait derrière le bar à chaque fois que ses nerfs manquaient de lâcher une gifle sur un client. Un bon compromis.

Accoudé sur sa chaise, les yeux dans le vide, commandant un dernier verre pour la route, Eolia reconnut celui qui passait souvent par là. Neal, habitué des lieux avait élu domicile sur sa chaise depuis un bon moment maintenant. Ne se souvenant même plus depuis combien de temps il siégeait là, Eolia s’approcha de lui, dans l’espoir de le dissuader de prendre un verre de plus. De toute évidence, ce serait de trop étant donné son état.

« Neal, tu ne devrais pas… On va bientôt fermer. Ne serait-il pas mieux que tu rentres chez toi ? »

Parlant vainement, pensant naïvement qu’il changerait d’avis, la rouquine tentait de raisonner ce qui ne pouvait l’être. Un ivrogne le restait, et quand l’alcool commençait à couler à flot dans ses veines, il avait besoin que le dosage demeure constant tout au long de la soirée, sans jamais baisser. Tant mieux s’il parvenait à l’élever. Quand il ne pourrait plus penser alors c’est qu’il serait temps de rentrer. Le triste sort auquel Eolia assistait constamment, la plupart du temps sans mot dire, et si beaucoup s’en amusait, riant de l’épave naissante, son visage gardait impassiblement des traits hermétiques face à une déchéance qu’elle n’aurait jamais imaginée aussi néfaste.
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MessageSujet: Re: Reality is merely an illusion [Neal]   Ven 8 Mai - 20:10

Reality is merely an illusion

Alanguissement. Voilà un mot qui décrivait exactement ce que ressentait Neal, ce qu’était Neal. Eteint, vide. Il était, en cette soirée, dépourvu de toute énergie, démuni de tout envie, dépouillé de toute motivation. Misérable. Il se noyait dans l’alcool, inondait son esprits, coulait ses démons, submergeait sa solitude. Il s’enfouissait dans une mer solide et abondante, un océan flou et abstrait de méandres indéchiffrables. Terne, amer, seul. Il embrouillait ses sens, repoussait les dilemmes qui l’étreignaient, dans un verre, puis deux, puis trente. Dans l’excès, sans limite, injurieux. Il était affalé sur le comptoir, les coudes posés maladroitement sur le rebord, une main sur le front, l’autre en l’air pour commander un autre verre. Ses beaux yeux clairs étaient perdus dans le flou, comme si tout ce qui aurait pu l'ancrer à la réalité avait disparu. Sa sœur, son frère. Son esprit était enlisé dans une réflexion molle, son corps était avachi, flasque, paresseux. Ses gestes étaient lents, les gorgées qu'ils prenaient du verre toujours rempli, étaient de plus en plus espacées, exécutées comme d'un mouvement mécanique et tardif.

Il regardait devant lui. Il observait peut-être le miroir qui reflétait son image lamentable d'homme fauché d'or et de chance. Cet écho minable de ce qu'il était devenu. Peut-être qu'il pensait à ce qu'il aurait pu faire. Ou peut-être que ça ne l'avait jamais effleuré. Sinon, il devait sans doute contempler son visage tiré, son menton barbu en pensant qu'il avait jadis, été beau garçon; qu'il avait fréquenté de jolies femmes, qui auraient pu être plus que de passage. Mais peut-être qu'il ne faisait qu'attendre. Attendre que quelque chose lui fasse de l'effet. Il amenait toujours le verre à ses lèvres. Il ne sentait plus l'alcool le traverser. Il était un puits, un gouffre. Il fixait les bouteilles étalées devant lui et pourtant, il regardait en arrière.

Il pensait de temps en temps à Charisma. Cette femme qu’il aimait tant et qui l’avait abandonné. Encore. Il pensait à Anger qui l’avait trahi. Toujours. Il pensait à tous ces gens qu’il avait un jour cognés. Non, il y en avait trop. Alors il ne pensait plus. Il reprit un verre. Il n’avait besoin de rien, il n’avait besoin de personne. Charisma pouvait aller se faire voir, Anger pouvait bouillir en enfer. Le traître! Et puis Eolia.... elle, elle était là, avec sa gueule d'ange et son tablier de serveuse. Ce qu’elle était jolie celle-ci.

« Neal, tu ne devrais pas… On va bientôt fermer. Ne serait-il pas mieux que tu rentres chez toi ? »

Et gentille aussi. Trop gentille. Avec son air doucereux, son ton mielleux et son visage de gosse fragile. Cette crinière rouge et les grains de sable sur ses joues. Elle était trop charmante. Et douée en plus. Une artiste. L'ivrogne s’humecta les lèvres, prit son temps pour bien formuler ce qu’il voulait dire. L’alcool lui tournait les sens. Mais c’était bien.

« Tu sais mignonne, tu n’as pas à t’occuper de tout le monde comme ça. »

Et il finit son whisky. Quand il ne resta plus une goutte, il posa le verre sur le bar, plus violemment que nécessaire.  

« Aller, t'as raison. J'me tire. »

Il se leva brusquement et se rattrapa au bord du comptoir. La tête lui tournait un peu. En toutes circonstances, il supportait bien le liquide mais ce soir, il avait certainement un peu trop abusé (ou plus que d'habitude). Neal ne se considérait pas comme un ivrogne. La dépendance, il connaissait. Il n'avait été dépendant qu'une seule fois. A la drogue. Une seule et unique fois, contrairement aux dires de son entourage. Il l'avouait maintenant que la drogue avait fait des ravages. Mais l'alcool, c'était une tout autre histoire. Ce n'était pas une addiction mais un simple plaisir. Comme une sucrerie pour les gourmands, une nouvelle paire de chaussures pour les bourgeoises de son ancien quartier. C'était son petit plaisir de la journée. Il avait bien le droit de se faire plaisir non ?

Il avait atteint la porte d'entrée. Sur le porte manteau, il attrapa un chapeau oublié et se tourna pour saluer Eolia. Le chapeau à la poitrine, il déclara en fausse solennité :

« A bientôt. » Et avec une courbette ratée, il voulu quitter le bar. Mais il eut beau tourner la poignée dans tous les sens, la maudite porte ne voulait pas s'ouvrir.

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MessageSujet: Re: Reality is merely an illusion [Neal]   Lun 11 Mai - 22:29

Les consommateurs buvaient, à l’excès, à en perdre leur identité, à oublier qui ils étaient, la source de leurs problèmes. A n’en plus savoir marcher droit. Affalés sur les comptoirs, le verre à la main, ils commandaient jusqu’à n’en plus vouloir. Le manque de billets ne les motivaient nullement à poursuivre, puisque la carte bleue faisait office de paiement, pour des tarifs excessifs. Eolia ne pouvait rien dire, ni même leur tenir tête pour les empêcher de poursuivre dans leur débauche. En tant que barman, elle se sentait responsable de leur état, pour participer activement à leur enivrement, à leur oubli. Même si elle ne tenait pas le verre à la main, elle le servait, reconnaissant les visages revenant au comptoir pour en demander davantage, toujours assoiffé. L’ironie de l’histoire, c’était qu’ils ressortaient tous plus assoiffés qu’en entrant, malgré les consommations. Les maux de tête matinaux leur rappeleraient avec une certaine amertume leur déshydratation de la veille.
Client habitué des lieux, Neal semblait partir vers le pays des songes, ne réagissant plus comme à l’accoutumée. La forte dose dans ses veines l’attirait vers le pays des songes, même si son verre ne pouvait rester vide. Face à son état déplorable, Eolia tenta de le raisonner et fut presqu’étonnée qu’il l’écoute, ne manquant pas de lui faire une remarque sur le sujet. Du tac au tac, la rouquine lui répondit avec répartie.

« Si tu savais te raisonner dans les dosages de tes consommations, alors peut-être cesserais-je de le faire. »

Optant pour le chemin de la raison, à défaut de poursuivre vers l’oubli des mauvais jours, Eolia ne le quitta pas une seconde des yeux tandis qu’il finissait son verre d’une traite. Affairée au rinçage des choppes vides, son regard passait parfois en sa direction pour l’observer prendre le chemin de la sortie, en toute quiétude. Sans bouger, Eolia remarqua les difficultés qu’il avait à retrouver son centre de gravité pour tenir droit sur ses pieds. Assurément, chacun pouvait remarquer l’ivresse de l’homme bien qu’il tentât de dissimuler sa difficulté par un air des plus lucides. Une apparence qui ne trompa nullement la serveuse, trop habituée à le voir pour connaître sa manière de réagir et son comportement habituel. Prenant le chemin de la sortie, un salut et il ne put sortir de l’établissement, la porte restant close en sa présence. Pour éviter que l’énervement ne l’agite, Eolia se précipita à sa rencontre, prenant les affaires en main, qu’il le veuille ou non d’ailleurs. L’esprit loin d’être tranquille, elle ne pouvait se résoudre à le laisser filer sans intervenir. Qu’il soit convaincu d’être apte à rentrer chez lui, Eolia avait trop souvent eu vent de fin de soirée où l’ivresse de l’âme avait mené leurs propriétaires à croupir sur le banc d’un bus, leur appartement à quelques mètres. Ne souhaitant nul dénouement de ce genre à Neal, elle prit ses deux bras pour l’inviter à s’asseoir sur la chaise la plus proche.

« Tu ne bouges pas, je te raccompagne. Tu m’as comprise ? »

Un ordre. Ni méchant, ni trop bon, juste le ton suffisamment ferme pour qu’il écoute. Les enivrés redevenaient des enfants, Eolia agissait donc comme une mère lorsqu’elle s’adressait à eux. Regardant sa collègue, elle eut rapidement son approbation pour partir d’un hochement de tête. Un service qu’elle lui revaudrait, évitant la corvée de ménage post soirée. Plus calme, le sol demeurait encore visible, l’établissement plutôt calme en semaine ; le jeudi étudiant aurait tôt fait de l’habiller de couleurs aussi visqueuses les unes que les autres.
Se précipitant dans les vestiaires, elle ôta ses vêtements de service pour enfiler les siens et revêtir son manteau. Connaissant Neal, Eolia ne pensait pas que l’envie lui prendrait de filer à l’anglaise : après tout, incapable d’ouvrir la porte du bar, il ne pourrait guère sortir aussi aisément.

« On y va ? »

Revenue à sa hauteur, je l’invitais à se lever maintenant que j’étais là et prête à le raccompagner. Ouvrant la porte, je lui laissais le temps de sortir avant de le suivre. Ce n’était pas la première fois que je ramenais des personnes chez elles ; mon patron m’avait maintes fois fait comprendre que cette tâche ne me concernait nullement, je n’avais pas le cœur à laisser une personne livrée à elle-même prendre un risque avec sa vie.
Même si sa faute lui revenait pour avoir abusé sur la boisson.
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MessageSujet: Re: Reality is merely an illusion [Neal]   Mar 12 Mai - 11:42

Reality is merely an illusion


« Si tu savais te raisonner dans les dosages de tes consommations, alors peut-être cesserais-je de le faire. » ... Se faire réprimander ne le gênait pas le moins du monde. Il n'écoutait pas vraiment de toute façon. Eolia, les mains sur les hanches, le couvrait d'un regard à la fois grave et bienfaiteur. Neal, lui, se contenta d'un geste évasif de la main et d'un léger haussement de sourcils. Puis il finit le whisky comme si les conseils de la rouquine n'étaient que du vent.

Le client partait d'un pas lourd, vidé de ses démons de la journée, empli de litres de boisson. Il tournait et retournait la poignée et son entreprise restait un échec foudroyant. En temps normal, Neal se serrait énervé. Que dis-je, il aurait été furieux et aurait détruit la porte pour qu'on le laisse sortir. Dans le genre violent et spontané, il était maître. Mais ses sens étaient étouffés et ses pulsions quotidiennes alourdies par les quantités de nectar qu'il avait avalées. Neal ne s'encombrait pas de « si j'avais su j'aurai moins bu » il haussait plutôt les épaules et au lieu d'attendre que ça passe, il se resservait un verre. Il était pas alcoolique. Il se faisait juste plaisir. Il n'aimait pas tellement être dans cet état. Mais à vrai dire, ça ne changeait pas énormément de quand il était sobre. La même paresse, la même inconvenance et la même brutalité. Il était juste plus lent dans ses mouvements. Et ses réflexions certainement. Il continuait de torturer la poignée jusqu'à ce que la serveuse lui vienne en aide. Et puis avec son petit air réprobateur, elle l'obligea a abandonner sa tentative de fuite. Telle une experte de ce genre de situation, elle le força à s'asseoir à la première table.

« Tu ne bouges pas, je te raccompagne. Tu m’as comprise ? »

Son air posé et dur ne toucha pas Neal une seconde. Il ne répondit rien, fixant les joues parsemées d'éphélides de son ange-gardien. Il s'y perdait. Il lui semblait qu'elles bougeaient. Les taches de rousseur se mouvaient lentement, tel un manège hypnotique cherchant à le troubler. Perdu dans cette contemplation, il crut toujours les voir quand la belle quitta son chevet pour poser son tablier. Il était sur le premier banc, la table dans le dos. Les épaules relâches, les coudes en arrière, le regard en avant, les éphélides quittèrent son champ de vision. Dès qu'Eolia disparut dans les vestiaires, Neal entreprit de se lever pour échapper à sa garde. Il s'appuya sur le bord de la chaise et y prit appuie. Mais il n'arrivait pas à la porte que l'autre serveuse l'arrêta en l'interpellant : « Hé ! » Elle avait les sourcils froncés, l'air sévère, le doigt pointé sur le banc de bois qu'il avait à peine quitté ... et il avait mal à la tête. Il décida de se rasseoir, incapable de lutter dans cet état. Après tout, pourquoi pas.

« On y va ? » Elle était transformée. Un manteau contre son tablier, elle avait aussi abandonné la queue de cheval et ses longues mèches rouges tombaient dans son dos. Il eut un sourire en coin.
Il se leva et c'est la jeune femme qui ouvrit la porte.  

L'air frais de la nuit le saisit. Mais ce n'était rien comparé à New York ... Il réajusta son blouson et fit quelques pas au dehors, avant qu'Eolia le rejoigne. Bien qu'il connaissait le chemin, la compagnie de la jeune femme n'était pas négligeable. Elle apportait un soupçon de quiétude. Ils ne dirent rien de très passionnant, l'homme indiquait juste les directions de temps à autre. Ils marchaient tranquillement sur le trottoir désert et parfois, Neal faisait un pas de travers et la belle attrapait son bras pour le soutenir. Il soupirait souvent. Le soûlard finit par accepter son aide en passant un bras autour de ses frêles épaules. Il ne s'appuyait pas vraiment, il avait peur de la casser. Mais au moins, il marchait plus droit.

« Prends à droite. »

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MessageSujet: Re: Reality is merely an illusion [Neal]   Mar 19 Mai - 11:04

Revenant vers lui, les prunelles d’Eolia n’étaient nullement passées à côté de l’énergumène ayant bougé le temps qu’elle se change dans les vestiaires. Capable de tout, particulièrement de fuir, de n’en faire qu’à sa tête, le grand gaillard s’était transformé en grand enfant qu’Eolia allait raccompagner par la main. Enfin, pas tout à fait quand même, il y avait certaines limites à ne pas dépasser ou franchir. Loin de vivre dans son esprit, la jeune serveuse ne pouvait deviner ce qu’il y avait dedans, et préférait même ne pas se faire une idée trop précise. Parfois, les secrets étaient mieux dissimulés que révélés au grand jour. Chaque client venant dans l’établissement pour se perdre dans ces liquides attirants en avaient, dissimulés habilement dans leur apparence parfaite jusqu’aux premiers effets de l’ivresse de l’âme s’éveillant, effritant petit à petit ce qu’il semblait être par la réalité, parce qu’ils peinaient à prétendre, harassés de se coffrer dans un moule bien trop étroit, d’où ils étouffaient, incapable de trouver une autre solution que celle de s’écraser sous le poids des autres, sous celui de leur conscience leur dictait comment se conduire, malgré leur personnalité. Pour toujours condamnés à être frustrés, déçus, mutilés pour ne pas trouver de place dans ce monde si vaste et pourtant si sélectif. Pour les rêveurs, la place demeurait chère et rare, pour les terre-à -terre, pour ceux qui ne souhaitait nulle réflexion que celle des battements quotidiens de la machine, la place avait moins de valeur car plus accessible. Pas de place pour ceux qui ressortaient du lot, à eux de la construire à la sueur de leur front, personne ne prendrait le temps de leur en donner. Tous pourtant, quand le tracas se faisait sentir, se réfugiait vers ce qui semblait de plus simple, peu onéreux et rapide d’utilisation.

De belles histoires, Eolia en avait entendues. Beaucoup trop peut-être, de celles ne la concernant nullement. Il était arrivé que Neal le fasse sur des sujets dont elle n’aurait peut-être jamais du connaître l’existence. Malgré elle, ce client, elle le connaissait davantage qu’il ne pouvait le croire. Pour sa part, Eolia ne mentionnait nullement les sujets sur sa propre vie à ses clients, se contentant d’écouter la majorité du temps. Pour avoir peur de ne jamais trouver les bons mots pour s’exprimer, ou expliquer avec clarté, Eolia ne faisait pas l’effort pour celui qui certainement lui demanderait de se répéter pour avoir laissé voguer son âme ça et là le temps d’une déconnexion. Dans cette rue, où ils progressaient, là où les réverbères les éclairaient faiblement, ils avaient pris un tournant, vers la droite, comme indiqué par Neal. Si d’un regard extérieur, l’on pourrait croire que l’homme prenait la demoiselle sous sa protection pour la ramener chez elle, il n’en était rien. C’était bien l’inverse qui se jouait, se profilait. Pour qu’il marche plus droit, elle était prête à le soutenir mais semblait ne pas avoir la moindre utilité.

« Tu peux t’appuyer sur moi, je supporterai ton poids tu sais »

Elle n’était pas très bavarde, ne l’avait jamais vraiment été. Dans ce monde bien trop inconnu, il lui arrivait encore de sursauter pour un rien, comme pour cette voiture qui l’a surpris à prendre un virage auquel elle ne s’était nullement attendue. Neal aura certainement senti la secousse de la demoiselle par l’anxiété face à tout cet automatisme grandissant autour d’elle. Autant dire que c’était loin d’être chose facile que celle de s’habituer à une vie clairement éloignée de celle qu’elle avait toujours vécue. Même si les souvenirs demeuraient vastes et quelque peu enveloppés sous une épaisse fumée d’inconnu, Eolia découvrait un monde qu’elle appréhendait quotidiennement, à se demander constamment ce qui allait encore lui tomber dessus. Dans cette même rue, elle demeurait vigilante, ayant récemment appris les dangers que pouvaient subir les métamorphes. De ce qu’elle en savait, Neal en était un dans l’âme cependant la demoiselle n’avait jamais abordé le sujet avec lui, ne se sentant pas vraiment concerné par le fait de développer sa nature s’il ne voulait pas en parler. Et puis, sous quel prétexte d’ailleurs se permettrait-elle d’aborder le sujet ? Ils ne se connaissaient pas vraiment…

« Tu es bien calme ce soir, d’habitude tu es plus bavard ! »
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