AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Watching stars collide [PV Ellie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5818
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Watching stars collide [PV Ellie]   Dim 10 Mai - 23:52

Watching stars collide
○ If you leave, when I go. You'll find me in the shallows. When the time comes on the last day when they start to come down, will you just, will you run away ? Let it all rain down, from the blood stained clouds. Come out, come out, to the sea, my love and just, drown with me. Drown with me. 


L'ambre se tord sur les rayons asymétriques de coutumes restrictives. Le soleil ploie sous la contrainte et succombe à la rémission de l'idyllique tourmente aortique. Dans ses cieux d'indifférence, il tisse sa rancœur à même la chair calcinée, émiettant les débris que l'incohérence a parsemé. Oracle de l'inconstance, il observe ses prédictions se construire dans la fatalité qu'il aurait souhaité abjurer. Dans cette abrupte réalité, il s'autorise à peu près tous les rôles de l'assemblée, de la défense à l'accusé. Souvent juge et coupable. De cette instance renouvelée, il n'en retire que l'acidité du chimérique édulcorant qui a épaissi ses veines pour lui prétendre la résurrection, cet adoucissant toxique visant à tromper ses sens et à réarranger ses codes. Il s'en est sevré, croit-il. Un venin qui se dissipe loin de sa couleuvre. Quand bien même, il l'entraperçoit à l'angle d'un couloir qu'on évite, entre deux portes qu'on claque. Ce n'est déjà plus un jeu. Quelques frôlements erratiques entre sa rétine et ses boucles suffisent pour entremêler le poison au vin qu'il porte à ses lèvres. Breuvage incertain qui réconforte le massacre qu'elle suggère. Il lui concède, cependant, à peu près un millier de raisons au repli silencieux. Sa gratitude s'invente dans les prémices de sa fugue quand la rationalité traque le doute et l'interroge sur son propre comportement si elle avait eu l'audace d'assumer. Et pourtant, son mutisme s'ajuste sans mal aux sensations qu'il a fallu affronter ce matin-là, en découvrant les draps glacés et le vide apparent qu'elle a décidé de laisser. Égaré dans cette espace vacant, il s'est laissé surprendre. A la penser proche. Et puis, l'absence pour fouetter ses derniers relents d'espoir. Et puis, le déni qu'elle ne feint même pas tout à fait. Disparu, jeté. Rayé. Son instinct de survie qu'il a sous-estimé cette nuit-là, a finalement remporté sa victoire et il a obtenu satisfaction. La Bête habite le bois et les ronces quand la Belle regagne la soie. Quand a-t-il pu se méprendre ? A tous les instants depuis qu'ils se sont croisés. Il ne peut même pas entretenir un mensonge pour raboter l'orgueil en friche. Les lendemains s'évaporent, ternissent les escarbilles que la collision impromptue a créée à partir du néant. Il ne s'est jamais trompé sur les conséquences. Mais dans quelques temps, enfin, il oubliera. Ou fera comme si c'était le cas.

Dans ses artères, l'automne se devine et s'incline déjà au retour de l'éternité hivernale. Les feuilles mortes obstruent le larynx alors qu'il part en quête des dernières traînées que l'été a semé. Ce sont ses erreurs. Parce que les coïncidences ne les rapprochent pas, sa volonté, en revanche, assouvit le dérèglement de ces pulsations prohibées, l'anxiété qui subsiste à la peine et à l'amertume. Son coma reviendra vite, il s'y promet mais avant, il s'adonne aux fractures stellaires pour veiller au maintien de cette silhouette qu'il a chéri, qu'il a aimé et qu'il a déjà perdu. Creuser de ses doigts le tombeau de ses belles prétentions infectent sans doute la peau sous l'ongle autant qu'elle confine l'humanité à sa monstruosité. L'organisme se déjoue de la sonate fredonnée pour absoudre l'excès et se construit dans ce rien qui persiste à retrouver son tout. Elle part avant le crépuscule, déserte leur lieu de travail plus d'une heure après sa propre échéance. Il l'attend dans un coin de rue, là où elle se refusera à le remarquer et à deviner sa présence obligatoire aux ombres qui le dominent, le précédent et le composent. Ellie s'élance dans la familiarité du décor tandis que les pensées d'Ezra dépassent les distances imposées pour la poursuivre. Ses yeux traquent les signes de faiblesse que sa cheville témoigne encore. C'est l'alibi pour l'effronterie. C'est la tangente la plus décente qui lui a permis de rendre hommage à cette obsession pathologique. Son identité à peine écaillée, son mystère à portée de main. Chaque information est un grain d'or dans sa paume, un artifice pour son ciel sans lumière. Demain, il devra renier ce besoin. Mais aujourd'hui, il le tolère, l'accepte, lui dédie l'ensemble de son être. Exposition permanente pour cette utopique fin. Du terreau pour les tiges de sa présomption. Les chaînes crissent à chaque pas et s'alourdissent dès qu'elle enjambe un mètre dans la direction opposée. C'est lui, le perdant  et avec échec critique.

Il s'avoue la défaite en se focalisant sur la victorieuse. Elle file dans les allées, trace un itinéraire incongru qui le ramène seulement sur ses contradictions et au cœur de sa déraison. Il la protège de l'invisible pendant de longues minutes, repoussant ses conclusions et se croyant exempt de départ malgré les circonstances. Elle traverse les interdits, longe l'étendue d'eau qui anime les langues et fait pleuvoir une infinité de rumeurs qui a tôt fait d'engranger la terreur des habitants du quartier. Les miroitements de cette surface caressent l'épiderme opale de la jeune femme amenant son inquiétant traqueur à reconsidérer sa beauté, à la glorifier dans l'orage d'une passion qu'il faut étouffer. Que fiche-t-il ici ? Les douleurs au thorax le questionnent. Sa belle préservation le soumet au constat bien plus tôt qu'escompté. Elle ne mérite pas d'être épiée par une créature aussi nocive. Il n'est personne pour prétendre à ce titre. Gardien de sa paix alors qu'il est l'instigateur même du chaos ? Ses talons s'apprêtent à lui rendre son chemin étranger quand cette autre apparaît. Il est encore si loin. Il est encore si effacé. Mais déjà cruellement présent. L'ébène transcende l'horizon pour justifier une hallucination qu'il croit inventer. Déjà la fumée dans les poumons, déjà l'incertitude dans ses gestes. Puis tout s'éclaircit dans un spasme qu'il peine à supporter. Revenue d'entre les morts, elle se débat avec de nouveaux démons qu'il ne peut discerner. Pendant une seconde, son apparition occulte l'espace temps et il se sent perdre consistance, se rêvant à cette appartenance. Elle se tient là. Sa sauveuse. Déguisée par ce siècle et habitée de cette âme qu'il méconnaît. Il affectionne les sentiments qui lui brûlent la poitrine et les regarde mourir alors que Kitty bondit sur sa protégée. L'aliénation distend son expression, elle fait basculer son amante dans les flots, l'emporte sous un tas de nénuphar qui les engloutit sans plus de cérémonie, faisant disparaître l'écho de ses folies. La symbolique devrait percuter son esprit hagard mais l'urgence est ailleurs. Parce qu'au prochain battement, ce n'est déjà plus pour sa créatrice qu'il respire mais pour celle qu'elle noie dans une rage qu'il ne lui reconnaît pas. Le scandinave court jusqu'à perdre haleine, plonge sans hésitation pour séparer les opposantes. Alors que le liquide glace l'hémoglobine, il se met à délirer sur ses propres responsabilités. Il se sent prêt à tous les sacrifices pour éviter le moindre mal à celle du présent tout en maintenant à distance celle du passé.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2333
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Dim 17 Mai - 22:22


Watching stars collide
Peut-être avait-elle fini par choisir de vivre. Par choisir d'exister.

Loin de lui. A chaque seconde de chaque minute qui ponctue chaque heure. Rester loin de lui. Feindre l’indifférence en vue d’entretenir la distance. Prétendre ne rien ressentir lorsqu’elle l’aperçoit au bout du couloir. Alors que son cœur, ivre d’amour, hurle de désespoir. Contraint d’étouffer les battements qui résonnent en son nom. Condamné à le perdre, hier pour l’épargner, aujourd’hui le préserver, demain le maintenir en vie. Il doit rester loin d'elle. Et de cette existence qui distille le chaos afin d'en cultiver l'essence. Parce qu'elle est incapable d'anéantir la finalité sinistre qui la menace à chaque croisement de chaque route qui ponctue chaque sortie. Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais il semble que le destin n'ait pas l'intention de lui concéder ce caprice. N'est-ce pas ce qu'il représente à l'évidence ? Une escapade, une aventure, un voyage qui lui permet de s'évader quelques instants.

Son esprit tente de s'en persuader pour ne pas admettre la vérité qui lui entaille l’épiderme. Jusqu'à perforer l'intégralité de sa chair. Jusqu'à pénétrer les couches concentriques qui composent ses artères. Jusqu'à dompter le débit sanguin qui parvient au moteur de sa cage thoracique. Cette vérité qu'elle s'interdit d'admettre, d'accepter, d'accueillir. Qui se fraie un chemin parmi la censure, refusant d'admettre la défaite, affirmant envers et contre tous qu'Ezra est la seule trajectoire qui lui donne de l'espoir. Pourtant, elle consacre son temps à l’éviter comme s’ils ne pouvaient se trouver au même endroit au même instant. Prenant soin de rester à l'écart pour ne pas céder au désir irrépressible qui lui brûle les entrailles. Au besoin viscéral d’effleurer sa peau, de saisir toute la vie qui en émane, de lui confier ses maux. Elle fait semblant de ne pas sentir sa gorge se nouer quand les mètres se resserrent entre eux, de ne pas le chercher quand ils s'éternisent. Appliquant les principes du mensonge sur sa propre conscience. Au point de se persuader qu'il la déteste de tout son être. La culpabilité rendant cette fabulation plus réelle encore que le souvenir de cette nuit charnelle. Au creux du plaisir suprême.

Dans un déni total, elle s'imagine que sa mémoire est capable d’oublier, de l’oublier. Tandis que sa raison l’incite à reconsidérer la situation, sachant pertinemment qu’une telle prouesse lui ait impossible. Comment pourrait-il en être autrement ? Son addiction ne fait plus l'ombre d’un doute et les efforts mis en œuvre pour s’en libérer prouvent l’étendue de sa dépendance. L’intensité du sevrage se révélant particulièrement éprouvante, il lui reste une quantité infime d'énergie, l'obligeant à redoubler de volonté au quotidien. Notamment pour venir à bout de sa rééducation. Cette dernière, bien que productrice, requière du travail. C'est pourquoi Ellie inspire l'air frais de l'autonome en marchant sur les feuilles escamotées qui recouvrent le sol, au lieu de rentrer en voiture. Une habitude difficile à abandonner. A croire qu'elle avait adopté une certaine routine, comme les gens normaux ont coutume d'en collectionner. Une accoutumance que les fugitifs tendent à ignorer, ayant conscience du danger d'une telle négligence. Mais il semble que ce détail, capital à sa survie, lui ait complètement échappé. Peut-être avait-elle fini par choisir de vivre. Par choisir d'exister.

« Il ne t’appartient pas ! » Accaparée par l’introspection de son âme, Ellie ne réagit pas immédiatement. Il lui faut quelques secondes pour revenir à la réalité. Quelques secondes de trop. Brutalement, elle est propulsée en avant par une force supérieure à la sienne, balayant son équilibre sans prévenir. « Il ne t’appartient pas ! » Cette fois, elle perçoit très nettement la menace mais ne l’écoute pas. Tout ce qu’elle entend, c’est l’orchestre frénétique de son rythme cardiaque hurlant à s’en arracher les cordes vocales alors que son corps fracasse l’eau. Dans la panique qui l’étripe, elle ne distingue plus le passé du présent mais confond la terreur de l’un avec l’effroi de l’autre. La confusion l’inonde, le trouble la persécute, l’affolement l’achève. Elle livre bataille à un fantôme au lieu d’affronter l’ennemi qui lui fait front, persuadée de reconnaître les mains abruptes de son bourreau, enchaînées autour de sa nuque afin de l’empêcher de remonter à la surface. Ellie ne parvient à dissoudre l’emprise de son assaillant qui la précipite vers les profondeurs sibyllines du lac morbide. L’épouvante garde ses lèvres prisonnières, empêchant la substance liquide de pénétrer ses poumons en manque d’air.

Il lui faut résister pour soutenir l’apnée oppressante qui la tiraille. Parce qu’à la moindre brèche de ses lippes, elle scelle définitivement son sort. Mais ne l’est-il pas déjà ? Retenir sa respiration lui permet seulement de retarder l’échéance. Au bout du compte, elle ne peut éviter l'inévitable. Et elle le sait, elle l'a su dès l'instant où les particules d'eau ont giflé son visage dans une étreinte mortelle. Horrifiée par la fin qui défile sous ses yeux, elle ne sent pas de suite la pression jugulaire se relâcher. Cette possibilité semble tellement improbable et pourtant, lorsque les connexions neuronales de son cerveau lui délivrent ce message, son instinct de survie reprend le contrôle. Il l'oblige à puiser au fond d'elle une quantité improbable d'énergie pour se délivrer de l'asphyxie qui l'empoigne. Jusqu'à la faire ramper sur le bord terreux qui gravite autour du lac. La vue troublée par la phobie, Ellie ne reconnaît pas les silhouettes qui se succèdent hors de l'eau. Cependant, le timbre d'une voix la percute avec une violence exorbitante. Ezra. C'est tout à fait invraisemblable ... néanmoins la certitude lui conjure de ne point en douter.

« Je vais te tuer. » Le spectre du démon décuple sa crainte qui monte d'un cran. Elle recule face au danger, raflant la poussière qui s'installe sur son visage. L'inquiétude la dépouille, l'affame, l'opprime. Fragmentée par la peur, son larynx ne parvient à relâcher que des râles compressés entre eux. Elle peine à inspirer, expirer, respirer. Son souffle, meurtri, se perd dans le tempo infernal de l'agonie. L'angoisse l’enchaîne à cet état cadavérique que les tremblements réaniment sous l'assaut des contractions qui éveillent ses muscles. Désarmée, faible, impuissante, Ellie frôle le summum de la vulnérabilité délivrée par son humanité. L'ampleur de sa fragilité lui rappelle le fardeau qu'elle est pour Ezra. Une épine qui prend racine dans la paume de sa main avant d'imposer son fléau et de contaminer son sang. Jusqu'à modifier la structure de ses cellules. Jusqu'à souiller l'innocence de son âme.

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5818
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Dim 24 Mai - 3:37

(Italique = paroles en norvégien)


Les entrelacs aqueux démontent les vérités, altèrent sans la moindre pudeur la combustion organique dans un ballet d’incohérence. Les convictions s’écartent des allées exigües, rejoignent les coins en bordure du réel sans jamais franchir ce cap, sans flirter avec le pli qui délimite le blanc des contours et de l’absolu. Le flot réprimande la chair, avale la tiédeur et invite les saisons à  se soumettre au règne glacé. L’hiver se décline dans des nuances qu’il a connu, qu’il craint aujourd'hui. Cette avancée condamne déjà ses gestes tonnants, il attire les spectres, lance des appels brumeux aux nuages qui s’accumulent pour former la teinte chaotique présumant de l’immaculé. Il évince l’olive qui s’incurve contre sa rétine en chassant nerveusement les végétaux capricieux. Ils enlacent ses poignets, le retiennent dans sa quête brodée d’impulsivité. Aligner les espoirs pour les démanteler. Déranger le passé à défaut d’obtenir totale satisfaction du présent. Conjuguer à l’imparfait pour prétendre à la perfection alourdie de ses conséquences. C’est en Elle qu’il combine les temps, toujours pour cette troisième personne du singulier que sa mécanique aortique déraille, cale la cadence de ses engrenages sur la descente en eaux troubles d’un corps qu’il a aimé. On pourrait se méprendre sur son identité. Lui-même subit le choc que l’urgence a répandu dans la débauche aortique. Ses doigts accrochent l’assaillante, ses pensées se fixent sur la martyre. Ezra se sent appartenir au naufrage récent mais plus au refuge d’antan. Au sanctuaire qu’il a toujours cru impénétrable et qu’il vandalise cependant de cette seule évidence. Son ancienne amante ne reconnait pas sa poigne à l’heure où il ne reconnait plus ses émotions. Kitty articule son poing, l’oriente vers la mâchoire du norvégien. La lèvre de l’homme scandalise ses propres quenottes quand la violence rattrape l’errance, quelques gouttes volent, s’égarent. Traînée obscure qui scelle l’incompréhension et dispense ses leçons. Rien n’est infini. Pas même cette certitude.

Le scandinave parvient à tirer sa Belle des griffes de la sorcière en abandonnant chacun de ses os à sa cause. Ses bras soutiennent à peine la silhouette qui échappe à la destruction.  De cette farandole vaporeuse, il ne retient rien. A tel point que la surface cueille les précipices formés de ses lippes avec une indécente coutume. Pourtant, entre ici et là, il a tout perdu. Même en gagnant, même en moissonnant les sentiments tenaces d’une aventure que la houle a emportée pourtant, juste quelques heures après la dérive charnelle. Une vie à réinventer pour une épopée avortée. Rêver éveillé pour s’inviter au cauchemar. A quel prix pense-t-il pouvoir abjurer ces retrouvailles ? A quelle sentence se ranger quand une raison devient décadence ? Les idéaux se débattent par lâcheté alors que son souffle se reprend dans l’avalanche. La boue souille sa dépouille échouée par l’effort contre le rivage, par la terreur et par cette suite à laquelle il ne veut croire. La neige se décompose entre les parois pulmonaires. La paralysie l’épargne d’une nouvelle manœuvre spontanée. Devant l’innocence, on sacrifie les comportements familiers pour enfoncer la réalité à même le squelette. La suédoise remonte leurs faiblesses respectives pour plaquer sa proie contre la terre. Céruléenne, l’épiderme se mouve, diaphane amoncellement qui se rassemble brutalement autour de la gorge de sa protégée. Dans un spasme, il bondit. Sa convulsion l’oblige à se jeter sans plus de subtilité sur sa créatrice afin que la strangulation ne devienne qu’une rature de plus dans le champ infertile des perspectives.

Les nordiques s’effondrent à quelques pas de la scène interdite. Sa peau déserte la sienne compulsivement, déshabituée de cette proximité inconvenante, réclamant celle pour laquelle il veut se vouer, cherchant nerveusement l'américaine derrière lui. Sa dextre effleure à l’aveugle le poignet de la victime, s’assure du maintien de cette rythmique cardiaque à laquelle il continue de se plier. Son être réajuste machinalement sa position, devenant rempart pour ses deux époques. Aucune collision ne peut se dérouler sans passer par lui. Il est de toute façon, le principal acteur de cette perdition. La démente se redresse avant qu’il n’ait pu réellement tourner la nuque et englober d’attention la jeune médecin. L’ancien changeur déniche la douloureuse surprise dans les teintes contrastées des yeux voisins. Il se regarde dans les reflets, ils s’observent se déchirer sans même appuyer de mots, l’extrémité de cette souffrance. « Kitty… » Les notes ardentes trébuchent dans l’émotion. Il laisse sa langue ramasser abruptement l’hémoglobine fraîche sur sa bouche fracturée, semble chercher ce dernier baiser qu’elle n’a jamais pu lui rendre, expirant dans ses bras à une heure imprévue. Chaque détail se brode d’or dans la candeur solaire. Des souvenirs se taillent dans les différences qu’elle arbore. Les cicatrices et  le miroitement de son âme le renvoient directement à ses enfers. « Qu’est-ce qui t’as pris ? » L’outrage prend diverses formes sur cette seule expression faciale. L’ancien peacekeeper se lie à la confusion pour aborder le surréalisme de cet échange alors que le doute réarrange les traits du bourreau, dissipe les empreintes de la folie qu’elle a suggérée, celle-là même que l’écho mémoriel n’a pu chasser. La foudre claque contre ses pieds nus alors qu’elle invite leur histoire sur cette parcelle incendiée en optant pour les consonances maternelles. « Tu parles comme eux, maintenant ? Et tu te comportes comme eux. Ne trahis-tu pas tout ce que je t’ai enseigné, Sven ? » Comment continuer à fuir son essence quand le meilleur invocateur s’empare de la ville ? Le trouble s’émet par les cordes vocales qu’il faut remuer avant qu’il ne contamine plus l’apparence. « Depuis quand m’observes-tu ? A quoi joues-tu ? » L’agacement ne se feint pas mais le chagrin se dénonce sans même engager le moindre avocat, sans passer par la lecture de ses droits. « Que t’est-il arrivé ? Je ne te reconnais plus. » Le monde s’écroule. Une seconde fois. Non, ça n’a rien d’inédit. C’est même une addition édulcorée.

Les chiffres pâlissent dans la morbide hilarité qui saisit l’intruse. L’aliénation tord ses lèvres d’une grimace qui traque instantanément la rationalité de l’infirmier. Elle profite de sa tétanie pour enchaîner. « Ce n’est pas moi qui ai changé d’identité pourtant. » Son dos ondule déjà et ses dernières syllabes l’emportent. « On se retrouvera. » Il s’imagine se relever, courir après ses chimères, se voir chuter à ses pieds pour implorer son retour dans la magnificence qu’il lui a toujours porté. Il ne tire pas ses conclusions. Il ne dérape pas non plus dans la facilité et dans l’erreur. Non. Il s’accroche au bras qu’il n’a jamais relâché, il le remonte même en venant lui faire face. Ses paumes coulissent sur les marques violacées qui ornent le cou de sa meilleure alliée. Verdict pour l’insolence et résultat pour les cendres. Contre ses mains qui la ramassent de la crasse, ses tremblements s’associent aux siens. Entrechoquement de sursauts aortiques qui s’éternisent. Les émotions s’embrouillent à l’ombre des découvertes et d’un nouveau deuil. Il la rapproche pour qu’elle puisse comprendre ses murmures dans l’essoufflement caractéristique de l'inquiétude qui s'allonge. « Dis-moi quelque chose. » Qu’elle atteste de sa survie. Qu’elle confirme ses choix. Qu’elle alimente le souffre pour que l’étincelle le réhabite. Pourvu que la nuit s’éloigne. Pourvu qu’elle soit saine. Pourvu qu’elle calme les contractions du thorax qui se désassemble en constatant l’impensable. A qui dédie-t-il donc la trajectoire grotesque de cette immortalité imméritée ?  

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2333
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Ven 29 Mai - 0:50


Watching stars collide
Il reste, indéfiniment, le seul et l'unique à la sauver. Sans relâche. Comme un ange gardien, coupable de l'aimer.

Elle se ballade, insolente, le long de son regard qui bascule dans tous les sens. Avant d’esquisser au creux de ses yeux, mille nuances d’effroi qui se distinguent par leur teinte. Elle danse, furtive, sur le tissu qui recouvre sa peau. Avant de conduire les palpitations acharnées de son coeur, au bord du précipice. Ellie la devine, à chaque battement de cils, étendue sur son corps fauché par la peur inodore. L'ombre est là, quelque part, partout. Indissociable du moindre détail, témoin de leur addition, interprète de leur somme. L'ombre se dessine sous les traits de la mort, qui enlace sa respiration pour l'en priver définitivement. Un instant, qui semble durer une éternité. Une impression, qui recompose la réalité. A bout de souffle, le passé bouscule le présent, invitant ses démons aux premières loges de cette décimation. Ils s'installent dans un vacarme incessant happé par un silence angoissant.

De cette union, la victime n'en connait que le trouble parsemé au sein de son être, affligé par l'inexorable asphyxie. Épuisée, Ellie ne parvient à desserrer l'étau qui lui comprime la trachée. Les prunelles d'azur dévorent son énergie, absorbent sa vie, démantèlent son esprit. Elle se noie, littéralement, dans cet océan de violence qui la submerge à outrance. Et l'espoir, aphasique, semble rester sourd à ses plaintes étouffées, réprimées, strangulées. Lorsque brutalement, l'air lui revient telle une secousse sismique qui réanime tous ses organes. Ezra. Elle ne discerne pas nettement sa silhouette mais suppose sans nul doute que c'est la sienne. Il reste, indéfiniment, le seul et l'unique à la sauver. Sans relâche. Comme un ange gardien, coupable de l'aimer. Un crime qui le met en danger, chaque seconde qui transperce le temps. Un mal qui le condamne à perdre ses ailes définitivement.

Kitty. De tous les mots qu'ils échangent, elle n'en retient qu'un. Il résonne à l'image d'un symbole dont l'interprétation lui est inconnue. Étrangère à la langue qu'ils emploient l'un après l'autre, l'incertitude finit par la guetter. Le prénom de l'antagoniste commence à la hanter. Chaque syllabe l'obsède, chaque lettre l’obnubile, chaque voyelle l'interpelle. Et les consonnes qui se répètent, ne font qu'envenimer l'agitation induite par son ignorance. Qui est-elle ? La question ne franchit pas ses lèvres que les convulsions défigurent dans une cadence hystérique. Son corps, entièrement contracté, ne parvient à dissoudre la peur qui le domine. Désemparée, elle agrippe le poignet d'Ezra sans en avoir conscience. L'horreur se lit sur son visage crispé par les spasmes qui déambulent à toute allure. « Dis-moi quelque chose. »

Ellie accroît la pression exercée par sa main, n'ayant d'autre moyen d'exprimer la douleur qui l'assiège. Les minutes s'égarent, interminables, au milieu de cette agonie qui décline au moindre mouvement. Blottie contre l'infirmier, elle retrouve doucement un rythme cardiaque qui ne défie pas les lois de la physique. « Kitty ... » Comme pour la rendre réelle, elle prononce son nom. « Kitty ... » Comme pour la rendre mortelle, elle accentue la prononciation. « Ne dis rien. Je ne veux pas savoir » En réalité, elle aimerait apprendre toutes les informations sur cette menace mais l'émotion l'en empêche. « Je ne veux pas savoir qui c’est, ni pourquoi tu la connais. » La crainte suscite la colère qui attise la confusion dans son empire. Jusqu'à réprimer les droits de la raison pour mieux les abolir.

Sans prévenir, Ellie renonce au contact avec le norvégien, déconcertée par l'échange dialectique dont elle fut témoin. Un échange qui la trouble au plus haut point. « Je ne veux pas non plus, savoir pourquoi elle a tenté de me noyer. » Ses pensées s'embrouillent sous l'assaut des frissons qui l'effleurent. « Je veux juste ... » partir, disparaître, fuir. Parce qu'elle fonctionne de cette manière. Parce qu'éplucher, sonder, disséquer les réponses lui fait atrocement peur. Elle préfère ne rien découvrir, quitte à dépérir. « M'en aller. » Ce n'est qu'un leurre, une feinte, un mensonge pour ne pas admettre la vérité. Elle esquive le moindre frôlement avec Ezra, ayant l'intention de réinstaurer la distance pour ne pas succomber à l'évidence. « Ne me touche pas. » Les remerciements se font absents au profit d'un avertissement qui se présente comme un ordre. Ellie finit par retrouver l'équilibre lui permettant de tenir debout, ou tout du moins, de prétendre y parvenir.

Les tremblements n'ont pas trouvé de fin à leur histoire. Ils se réajustent, se réadaptent, se reconstruisent pour survivre. Dans leur résistance clandestine, ils l'entraînent à subir l'amorce de leur diffusion insoumise. Trop fière, la martyre ne demande pas d'aide. Trop frêle, l'opprimée ne peut avancer. L'une se perd dans les décombres de son âme, l'autre récupère les parcelles de sève qui lui restent. 

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5818
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Mar 9 Juin - 2:09

Les soupirs se figent dans la nébuleuse volute qui accompagne malencontreusement la déclamation aortique. Ils succombent si vite aux fumeuses inspirations, traquant inconditionnellement l'air manquant, qu'ils aliment sans mal l'oubli. Les poumons soulèvent un millénaire d'errance et soutiennent la chair élimée, piliers frémissants dégradés par les empreintes idylliques d'une bouche qui s’évanouit sans cesse. Au préambule de l'assiégeante quintessence du nouveau mal, le norvégien se refuse à lier les douleurs pour les corrompre à une rationalité fuyante. Il ne choisit ni l’exil, ni la clarté. Il ne s’absout ni dans le présent, ni au passé. Il fléchit devant ses piétés éprouvées par deux hommes que le temps a morcelé. Aucune entité pour entrelacer les déceptions, même s’il ne reste qu’un corps pour contrer le pavé poreux. Le fugitif se refuse à n’être qu’une seule personne à l’heure où la fracture mentale n’a jamais semblé plus évidente. Ezra réassemble ses chimères d’un regard feutré vers le centre de ses préoccupations mais Sven égare son horizon contre le dos effacé de la fuyarde. Dépossédé de ses identités, il songe à dénicher un terrain neutre sur lequel marcher sans risquer la chute mais entre ses doigts déjà, le palpable succombe à ses maigres tentatives de sauvetage en eaux troubles. Que cherche-t-il à protéger ? Et surtout, de quoi ? Dans cette confusion dérangeante, émergent inéluctablement les craintes de l’orphelin isolé sur le bas-côté d’une route enneigée. Les pieds engourdis, les membres ankylosés par l’attente. Celle de cueillir des bras, de reprendre des hauteurs, transporté par la conviction d’un amour inconditionnel qui supporterait ses crimes. Trouver un sentier délaissé par cette végétation létale, vaporisée au venin de l’incomplet, gagner un refuge où la toiture ne menace pas de céder sous l’oppression stellaire. Un lieu où les écrous ne se retirent pas pour démanteler le mobilier. Rien à replier, rien à emporter. Tout à jamais dans ce seul endroit, tout à portée de main. Ni félicité, ni ambition. Juste l’essentiel.

Concept utopique qui se loge pourtant dans les lettres déjà défaites d’un prénom qu’il a usé en le prononçant si peu et en le pensant si fort. Il s’est permis toutes les formes d’excès, il s’est accordé toutes les routes pour l’atteindre, pour la faire plier aux mêmes ardeurs. Mais entre ses paumes, elle ne cesse de glisser, laissant la prochaine marée la lui enlever. Elle préfère le lit glacé du ressac à ses étreintes fracturées de défauts, sublimées de franchise. A raison, sans nul doute. Mais rien n’écarte le trouble alors que les gestes soignés de l’urgentiste essuient une énième fois un rejet caustique intolérable pour l’éraflure qui se réapproprie toujours plus sa chair déconstruite par une solitude ancrée. Les premières syllabes suspendent ses expressions. Les Mondes s’entrechoquent plus brutalement encore semble-t-il, la terre gronde sous son flanc et fait remonter sur son échine la sentence givrée. Entre ses lèvres, l’embrasement s’acclimate aux réalités. Une consonance rassurante flétrit dans la gorge de son interlocutrice pour se draper d’ombre et de suie. La nuit le recouvre tandis qu’elle poursuit. Et derrière la terreur, la foudre. Elle tonne contre ses sabots, rougit le fer qui marque les pieds. Il ne peut plus s’élancer, plus fuir la scène qu’elle colle à sa rétine. Le mutisme de l’infirmier s’étend dans l’infini. Aucun son correct n’a pu être inventé pour exprimer cette succession de sentiments. Perte et chaos accrochent à ses traits démangés par la honte, la peur et l’incompréhension, de nouveaux plis qui ternissent les apparences, déjouent l’humanité sur son propre terrain.

Quand les paroles sont rattrapées par les actes, il ne reste déjà plus grand-chose de ce qu’il a pu être ou de ce qu’il est d’ailleurs. De beaux dégâts pour illustrer un resplendissant désastre. La douleur de trop, la peine qui aligne toutes les autres et qui enfantent le prochain massacre sans plus de cérémonie. Le sang se répand dans la cavité buccale. Empilé sous le bois clouté, il revit ses cauchemars et tutoie Satan pour collecter ses enfers. La survie agence sans mal la voix sèche et retient cette main qui s’invente une trajectoire erronée vers la frêle carrure de sa protégée qui recule pour ne jamais revenir. « Je vois. » La cadence pulmonaire vole ses aptitudes au diable qui le talonne inlassablement. Le fiel macère dans ses entrailles plus ardemment que jamais. Au plus fort du paroxysme, il se confond à sa propre impuissance pour la rendre assassine et pour l’obliger à traquer la source des défaillances. « Tu aurais voulu que je la laisse faire ? Ne t’en fais pas. Je ne te toucherai plus puisque de toute évidence, à chaque fois que cela se produit, tu te sens obligée de te montrer aussitôt ingrate et puérile. Sans moi, tu serais déjà sous terre. Ta gratitude fait chaud au cœur. J’y penserai à deux fois la prochaine fois que tu auras besoin que je te sauve à nouveau la mise. » L’injustice ne ploie pas contre les vents contraires, elle s’insinue toujours plus entre les courants et annule chaque prévision en renforçant les rafales. « Je ne te dois rien de toute manière, aucunes explications. D’ailleurs, je suis surpris, tu gaspilles à nouveau ta salive pour moi ? Pour me cracher ça à la figure, tu pouvais continuer à te taire, c’était bien mieux. » Sa félonie l’oblige à se redresser, à adopter une position de force pour donner de l’allure à son discours écorché par ses ressentiments, par cette chagrine mélancolie qui lui agrippe le thorax et met en défaut ses seules ressources afin de contracter le pire de cette immortalité.

Ce serait plus simple si les frémissements ne s’unissaient pas à l’abri des rancœurs, s’il pouvait dissocier la vision et le discernement. Réussir à s’emmurer alors que son instabilité à elle permute ses convictions à lui. Mais la provocation revient pour brimer cette seule conclusion. « Et maintenant, tu vas faire quoi ? T’en aller ? Tu attends quoi pour ça hein ? Je sais maintenant que t’es bien capable de ramper pourvu que tu mettes le plus de distance entre toi et moi. » Le ténor intransigeant sème sa dureté dans le processus. Craquelé jusqu’à la dernière sonorité, cabossé par les régurgitations du mal être qui se reconstruit dans les flux mémoriels émiettés. Il suffit d’un seul coup d’œil à la victime pour s’offrir aux regrets. Si fragile, décomposée contre ses propres démons, emmenée dans les abysses par ses faux pas. Il rêve de pouvoir l’approcher à nouveau, de parvenir à la serrer assez fort pour qu’elle cesse de trébucher contre les convulsions qui l’animent, suffisamment pour qu’elle oublie de croire au croque-mitaine. Mais elle, elle a réussi à tenir sur ses jambes par sa seule volonté. Il n'a même pas encore tenté cet exploit. « Tu es ridicule, Ellie. » Mais lui l’est davantage. Ses paumes se rejoignent contre son front, dérapent contre le liquide poisseux qui y séjourne encore. Réfléchir n’a jamais semblé plus ardu qu’en cet instant. A l’heure où les amants déchirent les draps, les nacrent d’hémoglobine pour mieux les étendre au-dessus de leur crâne. Un linceul morbide entre eux et les cieux. Plus de lune à décrocher, plus d’astres à proximité. Pas d’encre pour acheminer les idées. Seulement le vermeil grossièrement éparpillé. Un soleil rouge qui écrase les tempes d’une migraine, une luminosité absolue et dévastatrice qui poursuit chaque passant. Une alerte. Un rappel. Une mise garde contre les secondes chances. Un ponton qui domine l'Océan et une seule action d'envisageable. Sauter pour mieux crever.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2333
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Dim 2 Aoû - 15:02


Watching stars collide
C'est bien plus qu'un bruit creux. Un bruit affreux. C'est une sorte de mort instantanée sans aucun échappatoire pour l'esquiver.


C’est un bruit sourd. Un bruit lourd. Un bruit dont on ne soupçonne pas le danger imminent. Pourtant la moindre vibration qu’il émet résonne dans toutes les cellules de son corps jusqu’aux tréfonds de son âme. C’est un bruit tragique. Un bruit authentique. Un bruit dont le moindre souffle anéantit sa foi. Alors que la fissure se dessine au creux de sa poitrine, qui suinte de cette douleur inédite. Interdite. Insolite. C'est un bruit cruel. Un bruit mortel. Un bruit dont l'existence suffit à clore l'espérance. Alors que le fossé s'allonge dans la durée. C'est un bruit barbare. Un bruit épouvantable. Un bruit dont la conséquence érige la souffrance. Sans aucun mot pour la décrire. Sans aucune faille pour l'abolir. La fissure achève son œuvre dans un ultime coup de pinceau qui libère la douleur en réseau. Les morceaux se dispersent ici et là, sur les parois qui résistent à ce bruit terroriste. Ce bruit anarchiste. Ce bruit d'un cœur brisé.

Elle défaillit brutalement, réduite à néant par les paroles acerbes qui lui percent les tympans. Chaque syllabe qu’il prononce finit par lui perforer la peau, la réduire en lambeaux. Sa respiration sillonne dans les aiguës, s’allonge dans les graves avant de s’égarer au beau milieu de ce chaos. Elle se sent complètement désemparée par les sentiments qui remuent son être entier. Rien ne semble avoir de sens pourtant il doit en exister un. Au fond de son regard, obscurcit par la rancœur, la colère, la déception. C’est certainement tout ce qu’il retient de cette nuit écrite ensemble à l’encre charnelle. De l'amertume pour parfumer ses lèvres. Du chagrin pour recouvrir ses yeux. Du mépris pour conforter sa raison. Convaincue d'avoir pris la bonne décision, elle est totalement déroutée par la violence de ses propos. Et cette absence d'empathie dont il fait preuve la foudroie littéralement.

Elle l'écoute, cracher le venin qui l'empoisonne. Sans aucune considération pour sa version. Sans aucun égard pour son histoire. Elle l'écoute, déverser sa colère alimentée par une certaine animosité qui la brusque, la trouble, la désoriente. Ses pensées restent incarcérées dans son esprit, prisonnières des tremblements qui s'opèrent le long de ses lèvres. Abandonnée par sa propre véhémence, l'éclopée découvre toutes les nuances qui parsème sa vulnérabilité. De la plus accablante à la plus indécise. De la plus précaire à la plus ardue. De la plus singulière à la plus fidèle. C'est presque un monde qui compose sa fragilité, accentuée par son humanité. « Tu es ridicule, Ellie. » La dernière frappe retentit pendant une poignée de secondes qui lui parait durer une éternité. Des siècles à encaisser, des décennies à supporter, des années à ressasser, des mois à digérer, des semaines à suffoquer. Des journées interminables à endurer, des nuits entières à cogiter. Des heures à répéter les mêmes mots, des minutes à les décortiquer, des secondes à les sentir s'implanter sur sa conscience.

Les fragments de temps n'ont pas d'impact sur son mutisme inflexible. Ils ne parviennent à bouleverser que le chemin tracé de ses réflexions, amputées en pleine introspection. Une action qui se répercute dans ses gestes, bien plus évocateurs que le reste. Son corps fracture l'immobilité saillante qui le tenait en haleine afin de parcourir la distance entre eux. Cette distance invisible, pourtant persistante, qui s'envenime du moindre écart, s'amourache du moindre accord. Cette distance qui les maintient en vie au plus près de la mort. Cette distance qu'elle désamorce pour retrouver la proximité d'antan. Un acte pour le moins révélateur puisqu'il suffit à délivrer le contour de ses lippes. « Pendant un instant, j'ai cru que ce n'était pas qu'un rêve ... mais le soleil s'est levé et la réalité s'est montrée. » La fatigue accablante finit par détruire ses remparts, laissant le voile de l'illusion s'immoler pour un extrait de confidence.

« Je ne peux pas t'inclure dans la mienne. Pas de cette façon. Tu mérites mieux que ça. » Peu importe ce qu'ils sont l'un pour l'autre, puisque cette alternative ne peut exister. Elle le sait, depuis tellement de temps. Elle le sait, pourtant, le reconnaître est sans aucun doute un martyre. Prononcer ses mots vient de l’abattre d'un seul coup. « Et si tu me dois me haïr, haïs-moi autant qu'on peut aimer quelqu'un. » Elle ne le regarde pas, ses pupilles sont perdues, quelque part. Entre cet instant précis et celui d'avant. A l'origine du vacarme qui traumatise son organisme affolé, terrifié, horrifié. « C'est plus facile comme ça ... » Plus facile de prétendre qu'il ne s'est rien passé. Plus facile de se taire que de communiquer. Plus facile d'abandonner que de faire front. Plus facile de disparaître au moment venu que de rester pour voir tout s'écrouler. Plus facile de laisser les morceaux à terre que de les recoller un par un. Au risque de se tromper de sens. Au risque d'en broyer dans la tentative.

Comme on peut briser un coeur ivre d'amour. C'est bien plus qu'un bruit creux. Un bruit affreux. C'est une sorte de mort instantanée sans aucun échappatoire pour l'esquiver. C'est bien plus qu'un bruit infâme. Un bruit infernale. C'est une sorte de révélation abjecte sans aucune consolation pour la contrer.

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5818
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Watching stars collide [PV Ellie]   Mer 5 Aoû - 2:50

Les allées qu’elle sème, se bordent d’austérité. Nécrose florale pour un parterre endeuillé. Dans son sillage, les ailes ne battent plus la litanie capiteuse qui accompagne la crinière emmêlée. Plus de lépidoptères pour courser son ballet, plus le moindre halo pour interrompre sa course à l’orée d’une forêt honnie par un sort encore inconnu. Il ne reste que des engeances à traquer une fois la semelle relevée. Elle ne lui offre pas un sentier qui ramène les égarés en sûreté. Elle déroule uniquement une liasse de barbelés pour écorcher la plante du pied et susciter l’anémique mutation d’un être autrefois ranimé. Il aurait pu s’y risquer, s’y fracasser et en découdre avec le changement. Il aurait pu laisser l’enveloppe épidermique s’aligner aux crocs métalliques jusqu’à subir l’écorchement de sa condition. Chasseur de rêves, traqueur de leurres. Le passé se réarrange dans la morsure qu’il aurait fallu endurer. Les antécédents s’installent entre les interstices des pavés qu’il se doit de contempler pour ne pas la chercher, même des yeux, surtout du cœur. Récidive insolite à prévoir pourtant. Figé dans leurs échos, il croit pouvoir réinstaurer les éclats d’une hilarité à la sincérité mâchée afin de la prétendre entière dans un espace qui ne lui est déjà plus dédié. Mais celle qui le quitte, laisse ses joues se fendre de pathologies infectieuses qui animent la faiblesse de l’aliénation et souhaitent le coma. Que reste-t-il de celle qu’il a aimé ? Une interrogation qui se devrait d’occuper les chaos pour métamorphoser les silences en vérité. Mais à l’ombre de ces intempéries, il se suggère la seule question qui taraude l’aorte et enclenche la terreur sur l’os. Que reste-t-il de celle qu’elle aime ? Idylle déconstruite dans son déni, dans les secondes qui s’accumulent pour ne jamais le libérer de cette occupation. Pourtant, son regard dépose la récolte de cette réflexion contre la silhouette qui accuse la tornade sans se soucier des courants.

Ils vacillent sans même se trouver. Ils oscillent sans même s’éloigner. Une position à soutenir pour ne pas s’offrir aux choix qu’ils n’ont pas. A ceux qu’ils ne se donnent pas. A ceux qu’ils ne se concèdent pas. Un moment de rien qui signifie tout. Un instant où l’intégralité se dispense par de menues murmures qui ne brisent pas la mutique constatation.  Après la marée, le sable submergé réclame sa pitance auprès de l’astre solaire. Chant glorieux, étranger aux oreilles de l’exilé. Dans la noirceur peu commune de cet entretien fantomatique, il compile entre orgueil et pêché pour mieux succomber à l’approche impromptue qui racle l’acide et en fait son échafaud. Ellie lui revient en sursis, elle réintègre l’horizon en s'offrant une déviance calculée dans la trajectoire. Astéroïde qui interrompt les épilogues stellaires pour sublimer l’éclat d’étoiles mourantes. Sa voix rattrape le verre pilé pour l’assujettir au cristal. Ezra succombe au frémissement, il le laisse déchirer l’échine pour révéler le squelette. La pupille se dore d’illusions, congédiant l’obscurité brièvement. Affamé qui se jette sur la mie de pain qu’on balance contre ses orteils mutilés. Il se fend l’œsophage en ingurgitant l’espoir et souffre déjà dans la prochaine incrustation de syllabes qui l’accroche. Démuni de tout miroitement, il adresse à la bête, le constat de cette survie. Abattu par le terme, agrafé à son sens. La réalité. C’est quand elle a rencontré sa monstruosité. Qu’elle s’est laissé surprendre dans la vulnérabilité. Et qu’au carrefour suivant, Morphée l’a propulsée dans le décor du cauchemar le plus inespéré et le plus craint semble-t-il. Se réveiller à ses côtés. Ouvrir les yeux sur le démon et réaliser qu’on a corrompu sa seule existence dans ses draps. Il comprend chaque raison qui l'ont poussée à partir sans un mot. Pas pourquoi elle lui adresse encore la parole. Il ne se supporte déjà plus.

Les lignes qui précèdent, dépassent sa pensée et l’arrêtent aussitôt quelques notes plus loin. L’incompréhension suspend à ses traits, une fatalité qu’il n’est pas en mesure de soupeser. La langue s’enroule dans la cavité buccale pour abjurer la surprise qui immobiliserait le recueil d’indices qu’elle lui soumet. Quand le point met en défaut la production de sons, alors, la gorge déploie l’ironie. « Facile… » Un rire sans chaleur, un bruit sans candeur. Un ricanement sinistre qui émerge pour souligner la cynique certitude. « Oui, ça doit être plus facile pour toi de me balancer tes mensonges en plein visage parce que t’assumes pas du tout ce qu’il s’est passé. Un rêve ? Laisse-moi rire. » Les paumes contrent le sol, les guiboles exercent leur fragilité sur la pesanteur alors qu’il reprend abruptement de la hauteur. Le souffle court mais le venin intact, il reprend et séjourne dans l’antichambre du mépris afin de masquer la plaie. « Ça t’arrange à ce point de te donner le beau rôle ? De jouer la petite innocente qui veut me protéger après un coup d’un soir foireux ? » Lui aussi s’avance jusqu’à la dominer de son ombre. « Et quelle menace, tu représentes ! Regarde donc j’en suis effrayé et terriblement convaincu par ta pauvre plaidoirie. Mériter mieux que toi ? Arrête de te foutre de ma gueule ! Si ça ne t’a pas plu, tu n’as pas besoin d’entretenir ta pitoyable comédie. Je savais déjà à quoi m’en tenir quand je me suis réveillé et que j’ai constaté que tu t’étais tirée. Y a plus rien à dire, je crois mais sois rassurée, je  suis bien plus familiarisé au concept de haine qu’à tout autre chose. Contente ?»  

La hargne se consume dans la honte. Les lèvres tremblent quand la rétine frôle la teinte blafarde de la victime. La noyade avortée gonfle ses poumons d’encre, il recrache la suie en suffoquant. « T’as failli crever. Tu crois que j’ai que ça à foutre que de t’écouter me raconter des salades après ce qu’il vient de se passer ? On est trempés en plus. Je t’ai pas tirée de cette merde pour que tu succombes à une pneumonie. Alors arrête tout de suite de me dire ce que je dois faire et rentre chez toi. »  Inflexible jusque dans le contact qu’il lui impose d’une main sur l’épaule. Il la force à basculer vers lui afin de planter son regard martyrisé par l’anxiété, dans le sien. Plus sévère et plus intransigeant encore, il se permet d’ajouter « Et je te préviens, je t’accompagne de grès ou de force. Elle risque de… »  La fiabilité vocale se brise. Kitty. Sa seule ancre arrimée au rivage le plus esseulé. « … Revenir. » Mâché, soufflé et avalé, un mot incolore qui ronge la moelle épinière pour vider son porteur de toute raison. La main dévie brutalement sur la gorge de la miraculée pour témoigner religieusement, en cueillant le pouls dépassé de la blessée. « Elle aurait pu vraiment te tuer. » Sa désolation brime son expression, la  transcende en douleur alors qu’il s’écarte et contient pudiquement la déchirure de cet avant, de ce présent. Mais surtout de cet après, dans lequel aucune d’elles deux ne subsisterait. Depuis le début, il ne s’agit que d’abandons répétés.  

- Sujet terminé -

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne
 

Watching stars collide [PV Ellie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» WRITTEN IN THE STARS
» readanim.jar ?
» blackjack ♠
» Widgets en HTML
» Pointeur de la souris Effet Glitter: Des Glitters qui suivent la sourie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-