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 Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa

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MessageSujet: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Lun 11 Mai - 0:03

Les pensées de Declan étaient chaotiques, tourbillonnantes dans un ouragan de sensations contradictoires. Ce job avait pris trop de temps, le gars n’était pas pressé de mourir mais, les gamins l’attendaient à la maison et même si sa voisine, exceptionnellement, avaient accepté de rester chez lui pour les mettre au lit et puis repartir, ça ne suffisait pas à le tranquilliser. Vu le temps que tout ça lui avait pris, elle était sans doute rentrée chez elle. Ses nerfs, déjà bien éprouvé par la traque, étaient encore plus tendus. Ses responsabilités étaient toujours le nœud du problème, pour tout. Aussi, il ne fut pas étonnant pour l’homme qui l’accompagnait de voir le nettoyeur s’en prendre violemment à leur cible. Préférant le laisser passer ses nerfs, son compagnon patienta alors qu’il n’y allait pas de mains mortes. S’il recevait des coups, il en distribuait plus encore et bien plus franchement. En sueur, les phalanges maculées de sang et de terre, les poings toujours fermés et prêts à frapper, il se redressa après plusieurs minutes de ce traitement, essoufflé mais, plus calme. Il détestait quand ce genre de crises lui arrivait. Il préférait faire le boulot rapidement et proprement, pas comme ça. Il sentait poindre le mal de crâne, ses oreilles bourdonnaient encore.
Prêt à en terminer avec sa cible, il n’eut pourtant pas le temps de sortir son arme. Avec rapidité et silence, une flèche vint se ficher dans le crâne du pauvre bougre. Ni lui, ni son accompagnateur n’eurent le temps de voir ce qui était arrivé et qui était responsable de ça. Sa tension monta d’un cran. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? Comment n’avaient-ils rien pu remarquer qui avait engendré ça ? Évidemment, il était ravi de ne pas avoir eu à l’exécuter lui-même mais, au fond, ça ne changeait pas grand-chose. Pire, quelqu’un les avait forcément vu. Il n’avait pas besoin d’une merde supplémentaire, il en cumulait déjà bien assez. Pendant un long moment, il s’engueula avec son comparse avant de finalement se calmer, forcé d’admettre qu’aucun d’eux n’avait fait une erreur.

Ce soir-là, quand il rentra, il ne dormit que très mal, même la douche brûlante qu’il prit ne le détendit pas. Entre ses doigts, un jeton de poker sans aucune valeur dansait. Dehors, quelqu’un l’avait vu frapper un homme avec une violence rare et, dès lors qu’il fermait les yeux, il se réveillait.

* *
*

Cela faisait presque deux semaines que cette affaire avait eu lieue et personne n’était venu frapper à sa porte. La tension était retombée, la vie avait repris son cours. Les mômes, le boulot régulier, le poker et quelques bagarres étaient redevenus son lot quotidien. Aussi, lorsque la société pour laquelle il travaillait l’envoya dans le sud de la Nouvelle-Orléans, en pleine brousse, il s’exécuta. Ça n’était pas franchement un coin dans lequel il intervenait souvent, il devait le reconnaître.
Après quelques difficultés à trouver les lieux, il frappa à la porte. Le lieu était reculé, perdu au milieu des arbres. Il n’aurait jamais pensé quelqu’un capable de réussir à vivre comme ça. Les gens étaient devenus anxieux et à raison, depuis que les portes avaient été ouvertes. Ils préféraient généralement vivre dans des endroits plus fréquentés. Lorsque la porte s’ouvrit, il se présenta en donnant le nom de la société et le sien. Bleu de travail et cheveux attachés, il n’avait encore rien sorti de la voiture. L’ennui, c’était que cette femme n’avait pas réellement précisé les problèmes qu’elle rencontrait.

- « Vous avez appelé pour un problème de plomberie mais, vous n’avez rien précisé d’autres. Où pensez-vous que ça se situe ? »

Pas le moins du monde Declan n’aurait pu imaginer qu’il était en réalité en face de la personne qui lui avait fait passé une nuit affreuse deux semaines plus tôt. Pas le moins du monde, en réalité, il n’aurait pu croire que la femme qu’il avait en face de lui soit aussi dangereuse. Dans l’absolu, il avait toujours du mal à voir les femmes comme des menaces. Une erreur qu’il savait grossière puisqu’elle lui avait déjà joué des tours.

- « Vous savez si votre plomberie passe sous l’habitation ? »

Il n’avait pas vraiment envie de ramper dans les soubassements mais, s’il le fallait il n’aurait pas vraiment le choix.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Lun 11 Mai - 20:37

Silencieuse, le chasseur observait sa proie, volée par une autre. En elle, le félin ne pouvait que s’agiter, gronder sourdement face à la livre de chair fraîche appartenant désormais à un autre type de prédateur. Il y avait un petit moment désormais qu’elle attendait, tapie dans l’ombre, un genou à terre, l’œil scrutant la scène se déroulant sous ses prunelles de jade. Il y avait une rare violence chez l’assaillant de la cible désignée, cette même violence retrouvée parfois sur d’autres cadavres, ceux-là même sur lesquels on lui avait expressément demandé d’enquêter. Une mission digne d’un traqueur. À force de fourrer son nez un peu partout, et surtout de repérer l’odeur que pouvait laisser l’assassin sur ses victimes, elle avait finit par se retrouver là, attendant sagement qu’il daigne partir, délaisser sa cible, celle qu’on lui avait assigné en plus de cette mission. Elle n’avait pas encore tout à fait la confirmation que l’homme qu’elle recherchait était celui-là, trop d’odeurs autour d’elle, trop de distance de même. Et si elle n’intervenait pas, c’est parce qu’elle savait que sa propre cible finirait par être achevée, lui évitant peut-être de se salir les mains, déjà bien rouges. Elle n’avait plus qu’à attendre et observer, attendre et comprendre… Ou juste s’en aller. Et puis finalement, tout son corps vint se tendre, alors qu’un arrêt de la scène se mettait en place, changement d’attitude. L’assaillant venait de s’arrêter, laissant une ouverture à la féline qui y vit l’occasion parfaite de récupérer ce qui lui appartenait. Toute aussi rapide et silencieuse, elle extirpa une flèche de son carquois, avant de bander son arc et de viser. Rapide et précise, l’arme vint se figer dans le crâne défoncé de la victime, achevant sa vie pour toujours. La satisfaction marqua rapidement ses traits, apaisa le félin alors qu’elle prit de nouveau l’ombre pour manteau, continuant d’observer la scène sous les traits de la curiosité. Il lui fallait désormais savoir si l’homme qui s’était sali les poings était l’homme qu’elle recherchait. Attendre et écouter avec amusement les reproches de l’un à l’autre, jusqu’à ce qu’enfin, ils partent. Enfin ! Elle n’attendit que quelques minutes de plus avant de finalement descendre de sa cachette, quitter son toit et terminer devant le cadavre de ce qui fut autrefois un homme. L’odeur du sang fut le nectar le plus envoûtant de la scène, l’incitant presque à ronronner d’un plaisir qu’aucun être humain banal n’aurait put comprendre. La faute de ses gènes, la faute de ce qu’elle était devenue. Mangeuse d’hommes. Mais sous cette fragrance ferreuse, une toute autre odeur, un parfum déjà senti auparavant, et un sourire venant éclaircir son visage. Elle avait trouvé sa cible, le tueur laissant ses proies derrière lui. Elle finit par attraper son portable, photographia le visage assassiné avant de l’envoyer à son employeur. Cette cible-ci n’était désormais plus un problème. Puis un appel, où elle ne prononça que la phrase fatidique, celle-là venant prédire la venue d’un nettoyeur efficace. Dans quelques heures, il n’y aurait plus aucune trace de ce qui s’était passé ici. Récupérant finalement sa flèche, elle en nettoya la pointe en l’essuyant sur les vêtements du cadavre, avant de finalement déserter les lieux. Il n’y avait plus rien pour elle ici, et traquer son tueur n’était guère utile pour ce soir. Elle savait qu’il dormirait mal ce soir. Car ce tueur… n’était pas tout à fait un tueur.

**********


« Nan nan nan nan nan ! » Des jurons dans une langue oubliée, et bientôt, ce sont deux pieds qui pataugent dans une flaque d’eau qui s’étend, encore et encore. Une flopée de tissu sur le sol pour éponger, un espoir peut-être de boire l’eau plus rapidement, de s’en débarrasser. La sauvage suit le courant d’eau, jusqu’à la salle de bain où un geyser se déverse à torrent. « Et merde ! » Jure t’elle cette fois dans la langue des environs, cherchant par le regard affolé l’origine de cette catastrophe. Hélas, l’art de la plomberie lui est inconnu, seule l’information capitale s’inscrit dans son esprit angoissée : couper l’arrivée d’eau. C’était l’unique chose qu’elle ait estimée indispensable de retenir. Voilà qu’elle repart en sens inverse, cherche la petite poignée indispensable pour tout couper. Enfer ! Cette époque est compliquée, absurde… Bien qu’elle ait reconnu le côté indispensable d’avoir de l’eau arrivant chez soi instantanément. De son époque, il fallait aller chercher l’eau à la rivière, prier pour qu’aucun papoose ne vienne chahuter autour et ne renverse les seaux, au risque de tout recommencer. Et l’eau pouvait revenir chaude dès lors que l’on poussait le levier dans un sens ou dans un autre. Comment ? Elle s’en moquait véritablement. Il lui suffisait seulement de s’adapter à ce monde et d’y survivre. Elle avait déjà réussi à le faire lorsqu’elle avait été enlevée par la tribu de son père, pourquoi l’évolution serait différente ? Elle se contenta de repartir au travers de sa maison, attrapant bientôt le portable qui était devenu l’outil indispensable de son existence, de son travail. Portable, et annuaire, à la recherche de ce que l’on appelait plus communément : plombier.

Ne lui restait plus qu’à attendre que celui-ci arrive, ou tout du moins, trouve sa maison, celle qui était la plus reculée en cet étrange endroit. Elle ne l’avait pas choisie par hasard, refusant de vivre une fois de plus en compagnie de son sorcier : trop de différents les opposant, et ce besoin irrépressible de solitude. Ici, au milieu de la forêt, elle pouvait s’estimer heureuse. Il n’y avait que le calme, quelques animaux sauvages pour compagnons, un petit cours d’eau un peu plus bas, un territoire à elle seule. Les arbres étaient marquant pour cela : des traces de griffures en barraient chaque tronc, les siennes. Aucun autre félin ne viendrait s’attarder en ces lieux sous peine de rencontrer le jaguar qui en était maître. Ce fut sur le tronc d’arbre coupé en face de son habitat qu’elle s’installa, attendant patiemment son sauveur, méditant finalement, à la recherche de sa seconde peau, celle qui se voulait boudeuse, et pour laquelle pourtant, elle avait choisi aussi cet endroit pour se percher et observer le monde. Mais rien, rien d’autre que le bruit du vent qui chuchote, des oiseaux qui s’agitent, des arbres qui parlent entre eux. Puis un autre bruit, totalement étranger à cette nature, engin vibrant et qui força l’Amérindienne à ouvrir les yeux pour observer la voiture s’approcher, puis se garer. Il avait été rapide. Bien plus que ce à quoi elle pouvait s’attendre.

La bête laissa son regard de jade s’attarder sur la voiture avant de finalement daigner quitter son tronc, époussetant son short avant d’aller à la rencontre de son visiteur. A peine un arrêt, alors qu’une brise lui apporte l’effluve connu, délicieux, chatouilleux. Une esquisse de sourire à ses lèvres roses, alors qu’elle avance vers l’homme qu’elle recherche depuis des semaines, des mois, mais qu’elle n’a pas encore daigné achever. Curiosité malsaine. « Vous avez appelé pour un problème de plomberie mais, vous n’avez rien précisé d’autres. Où pensez-vous que ça se situe ? » Une voix digne, l’esquisse d’un frisson délicieux alors que son félin s’apprête déjà à ronronner, ondule sous sa peau pratiquement nue. Vil animal qui oscille entre l’idée de la chasse et la perspective de doigts venant se perdre dans sa fourrure. « La salle de bain. » Répond-t’elle enfin, léger accent sur la langue, souvenir impérieux d’un passé décédé. « Je n’ai pas la moindre idée de ce qui a put se passer, il y avait juste de l’eau partout, mais les robinets étaient fermés. » La voilà plus proche qu’il ne faudrait, indienne tactile qui pourtant, n’esquisse aucun geste à l’encontre de l’homme, se contente de l’observer de ses prunelles indécentes. Le faciès est plaisant. Elle a toujours aimé les cheveux longs, habitude du passé : rares étaient les guerriers aux cheveux très courts, comme une honte. Une barbe. Celle-ci ne lui est pas inconnue, mais jamais jusqu’à présent, n’a daigné s’y intéresser, coutume jugée étrange. Puis les yeux. Un regard qui suffit à l’envoûter, lui faire perdre le nord, comme si le Grand Esprit avait décidé de mettre le ciel et la mer dans deux billes humaines. La voilà qui hausse un sourcil, surprise par la beauté, avant de se re-concentrer brutalement, émotion balayée par un coup de griffe. « Vous savez si votre plomberie passe sous l’habitation ? » Le nez qui se plisse cette fois, alors qu’elle réfléchit à la question. Elle n’en sait rien. N’a jamais vu cela utile de connaître cette information. Aurait-elle dû ? « Je ne sais pas. Je vous laisse découvrir. Entrez. » Glisse t’elle, reconnaît son ignorance tandis qu’elle grimpe les marches du perron, son homme sur les talons. « Faites comme chez vous, et si vous avez besoin… » S’interrompt. N’hésitez pas ? Elle se rendrait bien inutile, enfant du passé. « Je ne vais pas vous mentir, je ne vous serai d’aucune utilité. » Sous-entendu : inutile même de lui demander de passer des outils sous risque de se retrouver avec le mauvais.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Mer 13 Mai - 0:39

Declan ne pouvait pas dire qu’il manquait de travail dans son secteur. Le problème, c’était qu’après toutes les charges salariales qui leur étaient retirées sans compter les assurances, il ne restait plus qu’un salaire plutôt maigre. Pour lui du moins. Un homme lambda aurait très bien pu subvenir aux besoins de deux enfants et les siens. Le véritable problème, c’était le jeu, toujours le jeu. De fait, il ne disait jamais non à aucune heure sup’, de même qu’à un extra.
En vérité, personne n’avait accepté de venir dans ce coin de la ville à part lui. Il y avait toujours cette paranoïa de tomber sur un zombie ou il ne savait quoi d’autre. Il se surestimait peut-être un peu mais, il était persuadé pouvoir se débarrasser de l’un de ces monstres s’il en croisait un. Avec de la chance, il y aurait de quoi bien bosser et il aurait une belle prime à la fin du mois. Non pas qu’il souhaitait le malheur des gens mais, les ennuis de plomberies et d’électricité, c’était son gagne pain.

Ayant l’habitude de trouver souvent porte close qui s’ouvrait sur un propriétaire ou un locataire furieux ou embarrassé parce qu’il avait fait pire que mieux, il s’attendait à tout. Surtout dans un coin perdu comme celui-ci. Il devait l’admettre, il n’était pas particulièrement pressé de voir l’étendue des dégâts dans une maison comme celle-ci. La plomberie devait dater de mathusalem et être dans un état pitoyable.

Disposant d’un instinct qui était tout, sauf sûr, il ne sentit même la propriétaire des lieux arriver, il ne se rendit même pas compte que sa nature n’était pas celle d’un être humain lambda. De ce côté, Declan avait encore de nombreux progrès à faire. Écoutant ce qu’avait à lui dire sa cliente sur son problème, il fronça les sourcils. Joins bousillés ou canalisations sur la fin, il ne savait pas trop à quoi s’attendre mais, ça ne lui disait rien de bon. Il aurait pu en rester à ses spéculations si la demoiselle ne s’était pas rapprochée, un peu trop près. Peu habitué à ce que l’on empiète ainsi sur son espace personnel, il ne bougea pas. Bien forcé, quelque part, de détailler la femme en face de lui, il ne lui fut pas possible de rater qu’elle le détaillait allègrement. Il ne savait si c’était le fantasme du type manuel doué de ses mains ou bien une curiosité un peu trop marquée mais, il eut bien du mal à se détacher de l’impression qu’elle l’aurait bien dégusté sur place. Ce genre de choses ne lui étaient jamais arrivé, c’était une première. Pas tout à fait désagréable. Cela faisait un petit moment qu’il n’avait pas partagé un peu de temps avec une femme. Cette vie...
Fort heureusement, pour lui, pour sa tranquillité, il eut la brillante idée de mettre cet étrange échange muet en pièce d’une seule question. Bénie soit son incapacité notoire à choisir le pire moment pour l’ouvrir. La suivant à l’intérieur, toujours inconscient de la personne qui se cachait réellement sous ces charmants traits, il observa le carnage en provenance de la salle de bain. Facile à trouver vu l’étendue du désastre.

- « Je vois. Ne vous inquiétez pas. Je m’en sortirai. Les gens sont rarement calés dans ce domaine. Je vais inspecter votre salle de bain avant d’aller chercher mes outils. Vous avez coupé l’arrivée d’eau ? »

Il posa sa question avant de rentrer dans la salle de bain pour chercher l’origine du problème. Il pariait déjà sur le pommeau entartré mais, ça ne pouvait pas suffire à créer un bassin pareil, surtout pas après avoir été en partie épongé. Il fronça le nez et entra carrément dans la douche pour vérifier l’installation puis, il jeta un œil à l’évier et au WC.

- « Je peux déjà vous dire que si vous ne détartrez pas de temps en temps le pommeau de douche et les arrivées d’eau, vous allez finir par avoir des soucis. Pareil pour le siphon des éviers. »

Un conseil de base ne faisait jamais de mal. Les gens n’imaginez pas que tout ce qu’ils pouvaient balancer dans l’évier risquait fort de ressortir à un moment ou un autre s’ils ne faisaient pas attention. Alors qu’il ressortait, pataugeant allègrement, il s’arrêta en apercevant des armes aux allures antiques ou du moins tribales. Sa mâchoire se crispa alors qu’il se remémorait sans le vouloir le dernier de ses contrats. Ces objets étaient réellement magnifiques et sans doute décoratifs mais, il ne put pas s’empêcher de réagir malgré lui. Il sortit en y pensant pour prendre ses outils, à tel point qu’il dut retourner à la camionnette à mi-chemin après avoir oublié une partie de son matériel. Quand il revint, la question lui brûlait tant les lèvres qu’il ne put s’empêcher de la poser.

- « Ces objets sont de vrais merveilles. Ce sont des vrais ? »

Décidemment, cette nuit-là ne semblait pas vouloir le laisser en paix. Savoir qu’il y avait quelqu’un, dehors, qui sache sans doute, c’était quelque chose qu’il supportait difficilement même s’il avait plutôt bien réussi à en faire abstraction grâce à une certaine routine. Son... patron, savait et pourtant, il n’avait pas l’air inquiet. Il ne savait pas trop pourquoi et ça aurait dû lui suffire sauf que ça n’était pas le cas.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Mer 13 Mai - 19:24

L’Amérindienne se fait de velours, alors que ses pieds nus flirtent avec le plancher de la maison autrefois désertée. Elle sait qu’elle n’a pas besoin de montrer le passage à son invité, employé de l’instant, les nombreux chiffons et autres tissus du genre jonchent le sol, tracent une promenade peu pratique pour arriver jusqu’à la scène du crime. Plus tard, lorsque l’homme sera occupé à retrouver le problème, peut-être daignera t’elle ramasser le tout pour le faire sécher au dehors, entre deux arbres et sur la corde raide, mais pour l’heure, ses pensées sont occupées, tiraillées entre le devoir et cette curiosité qui s’invite. Depuis qu’elle s’est rapprochée de l’homme, la sauvage féline peut savourer la fragrance qui émane de lui, la faire rouler sur sa langue et la respirer, encore et encore. Trop de temps qu’elle coure après lui, qu’elle cherche à le piéger dans son propre jeu, mais trop peu de temps à observer les raisons qui animent la violence meurtrière dont il fait preuve sur les scènes qu’elle retrouve. Certains le feraient pour voler, d’autres pour faire taire à tout jamais. Certains y auraient vu la preuve d’une supériorité face à l’autre. Mais lui… son instinct semble penser qu’aucune de ces raisons n’est réellement la bonne. Serait-ce alors le bon moment pour lui poser la question ? Assurément non, alors qu’elle continue d’avancer, roule des hanches tel l’animal qu’elle est. Maintenant qu’il est entré dans son humble demeure, Oshaÿa sait qu’elle va pouvoir l’observer à souhait, s’imprégner de son odeur et apprendre ses mimiques par cœur.

Et sa voix de nouveau de s’élever, naïve dans l’ignorance de qui est la créature qui lui fait dos, et pourtant tentatrice dans le pouvoir qu’elle possède de faire ronronner la bête insouciante. N’est-ce pas d’ailleurs ce même ronronnement qui s’échappe involontairement de la gorge de la cannibale, tandis qu’elle s’échappe et lui laisse le passage vers la salle de bain ? Si elle s’en rend compte, aucune émotion pourtant ne vient colorer ses joues dorées par le soleil, pas plus que son œil de jade ne s’abaisse. N’esquisse qu’un simple acquiescement de la tête à la question posée. N’est-ce pas la première chose à laquelle elle ait pensé finalement ? Et toujours à pas de velours, le suit, tel le prédateur guette sa proie. Ah que ne donnerait-elle pour passer ses mains dans la chevelure attachée et s’approprier plus encore la fragrance envoûtante ? Elle a faim. Faim d’émotions inconnues, affamée plus que jamais. La bête elle, rêve de tout autre chose, de se laisser habilement dompter et de sentir les doigts s’attarder sur sa peau de nuit. Émotions instables qui la poussent à reculer d’un pas, comme la conscience d’une perte de contrôle imminente. Il parle, mais elle n’écoute pas, se concentre pour ne pas réclamer, pour ne pas chasser, pour ne pas commettre d’impair. Si le sorcier était là, sa présence suffirait sans aucun doute à apaiser la conscience animale, ou au moins suffisamment la contrarier pour qu’elle demeure à sa juste place. Elle finit par esquisser un signe de tête entendu, quand bien même il n’en est rien, alors qu’elle se retire et s’affaire à jeter le linge au sol dans une corbeille. Quant à lui, il déserte, emporte avec lui ce parfum qui l’achève, la ronge et l’incite à perdre intérêt pour tout le reste.

La belle s’affaire, récupère le tout et s’arrête pourtant en chemin, tandis que son hôte s’exprime de nouveau. La fierté luit dans son regard vert d’eau, alors qu’elle tourne le regard vers les quelques armes qui ornent le mur. Chacune d’elle est unique, fabriquée de ses propres mains selon les rites ancestrales, le savoir-faire d’autrefois. Toutes sont mortelles et ont déjà servi à tuer. Pour beaucoup, lui notamment, ce sont des objets de décoration, une mise en avant des origines de l’amérindienne. Pour elle, ce ne sont que des instruments de mort. « Ils sont aussi vrais que vous et moi. » laisse t’elle couler hors de ses lèvres rosées. « L’arc est idéal pour chasser le lapin ou tout autre animal de plus gros calibre. Mais la hachette est bien meilleure pour achever toute forme de vie. » Murmure-t’elle finalement, tandis qu’elle se rapproche de ses confections, laisse un doigt glisser dessus avant de se reculer. « Vous avez l’air troublé. » invoque t’elle enfin, s’éloignant du mur. Il est vrai que jusqu’à ce jour, personne n’était jamais entré chez elle, personne n’avait jamais eu l’occasion de voir l’antre de la bête, ce mélange d’antan et de présent, l’ancestral se mêlant à la décoration contemporaine. Passé et présent pouvaient faire bon ménage. Ci et là, quelques pots qu’elle avait elle-même confectionné. Dans le salon toutefois, tout se voulait moderne, jusqu’à la télévision qui ne lui servait qu’à regarder les dessins animés dont elle était amoureuse, bien plus que tout type de film. Quant à l’étage, encore fallait-il s’y rendre pour découvrir. Elle récupéra finalement sa corbeille de linge trempé, inspira une nouvelle fois avant de franchir le seuil. « Si vous avez besoin de moi, n’hésitez pas à m’appeler. Je m’appelle Oshaÿa. » Une information fort peu confidentielle.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Jeu 18 Juin - 17:05

L’esprit pleinement tourné vers son travail, Declan avait oublié cette fameuse nuit qui lui avait donné des insomnies. Ici et maintenant, l’homme était plombier, électricien mais, certainement pas nettoyeur pour le compte d’un homme douteux. Normal, il l’était. Sa vie était d’une banalité sans nom. Oui, il était un homme tout ce qu’il y avait de plus normal au fond. Il voulait juste sortir la tête de l’eau, vivre un peu mieux et cesser de s’enfoncer. Une chose bien difficile à faire avec une addiction telle que la sienne, avec une famille telle que la sienne, l’angoissant jusque dans son sommeil lorsque les jours étaient mauvais.
Se demandant comment il allait accéder aux tuyaux s’ils n’étaient pas visibles, il lui fut aisé de trouver le lieu source du problème mais pas la source première du problème. Il savait qu’il allait devoir prospecter, une habitude dans toutes les bicoques, cabanes, maisons, demeures de la Nouvelle-Orléans. Ce qu’il conseilla à la propriétaire ou locataire des lieux sembla lui passer au-dessus de la tête ou alors, elle cachait bien son jeu. Il avait déjà mis de côté ce qui était arrivé un peu plus tôt, ne sachant pas vraiment quoi en faire. Declan était un homme bourru, pas forcément très observateur. D’intuition, il n’en possédait que lorsqu’il lui fallait se battre. Homme de poings mais, pas de tête, il n’était pas stupide pour autant. Son intelligence revêtait une autre forme, tout simplement.

Les yeux irrémédiablement attirés par des armes d’un autre âge, il était fasciné. Fascination dérangeant pour les armes alors qu’il n’en usait pas vraiment, ce genre d’objets était, pour lui, de fort belles décorations, pas des engins de mort. Entre le paraître et l’être, il avait quelques problèmes. Quelque part coincé dans une vision étriquée des choses, il était victime de sa propre vision du monde. Le beau n’était pas dangereux, les femmes - sans être sans défense - méritaient respect et déférence ainsi que défense. De fait, les ornements n’étaient pas destinés à être mortels. Et pourtant, le projectile qui avait hanté ses nuits avaient été bien trop joli à son goût, d’où son intérêt et sa distraction soudaine en ayant aperçu ces objets.
Écoutant la réponse à une question qu’il n’aurait probablement jamais dû poser, il était perplexe. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le fait que ce soit une femme qui lui apporte autant de détails sur le type de proies favorisées suivant l’arme. Ensuite, l’esthétisme de ces pièces. Mais, surtout, cette façon d’en parler, trop à l’aise, décontractée. La chose était dérangeante et tranchait nettement avec sa vision du monde. Il savait pourtant, par expérience, qu’une femme pouvait se montrer mortelle. Sa sœur lui en avait fait une parfaite démonstration des années plus tôt. Il n’arrivait pas à y croire réellement et malgré tout, il savait. C’était une réaction paradoxale qui le poussait quand même à réfléchir.
Troublé, il l’était donc, sans aucun doute. Ce qu’il aurait pu répondre, il n’en savait rien. Il ne se voyait pas dire que quelque chose de ce genre avait pris la vie d’un homme qu’il comptait de toute façon tuer même s’il ne l’avait pas souhaité. Il n’était tout simplement pas en mesure de donner des détails et le voulait encore moins. Ses extras le soulageaient d’une tension certaine mais, il était loin de le reconnaître. De plus, il n’avait aucunement l’intention de mettre qui que ce soit au courant de ses activités nocturnes, étroitement liées à son incapacité à s’arrêter de jouer. Ce qu’il ne reconnaîtrait pas plus puisque c’aurait été reconnaître qu’il y avait un problème.

- « Non... Non. Tout va bien. Je n’avais juste jamais vu ce genre d’armes de près. » Ce qui était on ne peut plus véridique s’il excluait le projectile des armes à part entière.

Machinalement, lorsqu’elle lui dit que s’il avait besoin d’elle, il n’avait qu’à l’appeler, il hocha la tête tout en enregistrant le prénom. Une habitude prise avec le temps. Il était capable de retenir un prénom rapidement et d’y associer un visage. Une capacité utile pour ses deux emplois ce qui ne le ravissait pas toujours.

- « Declan. Si vous en avez besoin. »

S’en retournant dans la salle de bain, il inspecta consciencieusement les lieux une nouvelle fois avant de soupirer. Comme il l’avait envisagé à cause de l’emplacement de la maison et de son âge, il allait devoir passer sous le plancher. Il reprit le chemin de l’extérieur se forçant à ne pas jeter un nouveau regard vers les ornements et se mit en quête du passage qui lui permettrait d’accéder à la base de la plomberie. Une fois fait, il fut bien forcé d’y entrer en rampant, traînant ses outils avec lui. De la boue, il allait en être couvert, pas de quoi le ravir.
Les minutes passèrent, longues, avant qu’il ne ressurgisse de dessous le bâtiment. Crasseux, de la boue plein les coudes et le dos, les cheveux en pagaille et poussiéreux dans un état douteux.

- « Oshaÿa ? » Cherchant un moment avant de la trouver, il soupira. « J’ai trouvé l’origine de votre problème. La réparation est provisoire et je vous conseille de couper l’eau dès que vous n’en avez plus l’utilité. Votre plomberie date d’un autre âge, plusieurs joints sont désormais inexistants et certains tuyaux s’effritent purement et simplement. Je vous ai remplacé quelques tuyaux principaux en attendant histoire de limiter les dégâts. Je peux me charger de remplacer le reste aujourd’hui et demain à moins que vous ne souhaitiez faire appel à une firme plus connue. »

Obligé de demander, il préférait clairement s’en charger. Il avait besoin de cet argent mais, n’allait certainement pas supplier.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Jeu 18 Juin - 21:47

Distraite par sa fragrance captivante, la jaguar n’écoutait qu’à moitié les paroles de sa proie humaine, n’en relevant que les mots les plus importants. Avaient-ils une signification particulière à ses oreilles ? Pas la moindre. Cette nouveauté ne voulait rien dire pour une enfant sauvage comme elle. En vérité, si elle s’était voulue élève plus attentive, il aurait lut la peur dans son regard de jade : celle associée à l’incompréhension, la honte de ne rien connaître, ni même savoir comment associer l’image au mot. Et d’autre part, était-il vraiment essentiel qu’elle sache tout cela ? La Nouvelle-Orléans différait de New-York par son aspect sauvage : ici, elle pouvait errer dehors comme si 1705 n’était jamais partie. Elle dormait à la belle étoile, “cuisinait“ à l’ancienne dehors, et pouvait se permettre de se baigner dans la rivière, à moins d’être au bord de l’épuisement. L’animale qu’elle était se moquait éperdument des joints, des problèmes de tuyauterie et autres banalités de cette époque moderne… tout du moins jusqu’à ce qu’elle en rencontre. Lorsqu’ils vivaient à New-York, Oshaÿa et son sorcier avaient eu un médiateur pour les aider à s’habituer à cette ère, pour les aider à la comprendre, mais pas ici, alors qu’elle avait fait le choix de vivre seule. Peut-être aurait-elle du mieux se renseigner sur la maison avant de l’acheter ? De toute manière, ce qui était fait, était fait, inutile même de songer à retourner en arrière. Et malgré tout, l’amérindienne aimait ce petit coin de paradis. Oui, peut-être devait-elle prêter plus d’attention aux dires de l’homme plutôt que de ronronner intérieurement à l’idée d’en faire un plat de résistance ou une pelote de laine. Hélas, son insouciance n’avait aucun autre égal, l’obligeant à pencher la tête sur le côté, se noter mentalement de demander à son plombier barbu de le faire à sa place. N’était-il pas là pour ça de toute évidence ?

Celui-ci pourtant, était occupé à admirer ses armes. Aurait-elle du se montrer plus prudente en les cachant ? Assurément non. Elle ignorait alors que celui qui viendrait résoudre son problème d’eau serait sa proie, celui qu’elle avait mit malgré elle en garde contre elle. Et s’il en arrivait à reconnaître la flèche qui avait assassiné sa victime de cette nuit ? Après tout, le carquois n’était guère éloigné de l’arme fatale, et aucune flèche n’était innocente, bien que les preuves soient désormais inexistantes. Devait-elle avoir peur ? Pas une seule fois. La seule personne qui arrivait encore à lui tirer un frisson de frayeur n’était autre que son sorcier. Si l’homme à ses côtés parvenait à faire le rapprochement, alors nul doute qu’il comprendrait que la jeune femme pouvait être aussi dangereuse que lui, incapable de prier un dieu pour qu’il la laisse en vie. S’en suivraient diverses possibilités, dont une qui la mettrait certainement dans l’embarras… Si elle devait le tuer, son problème de plomberie ne serait jamais résolu. Autant peser le pour et le contre et favoriser l’ignorance de l’homme. Moins il en savait, mieux il se porterait, plus particulièrement dans cette phase où l’amérindienne n’avait pas envie d’achever sa vie, trop captivée, trop intéressée par sa carrure et surtout, trop curieuse de comprendre les motivations de son occupation nocturne. Une carte Joker utilisée, à lui d’en faire un bon usage. Quant à elle, elle s’était déjà détournée de son mur, désertant l’arme du crime commit à l’encontre du plombier. « Elles peuvent paraître rudimentaires, mais elles sont efficaces et moins bruyantes que toutes vos… armes à feu. » laissa t’elle entendre, non sans grimacer. Car bien qu’elle ait apprit à se servir autant d’un simple pistolet que d’un fusil, elle tentait d’utiliser le moins possibles ces armes récentes, qu’elle jugeait indigne d’un défi lancé contre la vie. « Mon peuple n’aime pas montrer ses atouts au vôtre, cela gâche notre avantage. Mais je crois bien être la seule indienne aux alentours… Si vous le souhaitez, je peux vous faire essayer l’arc après votre travail ? Il est adapté à ma carrure, mais si vous êtes novice, vous ne sentirez pas la différence. » Une proposition ? Pas lancée à n’importe qui, mais un homme qui pouvait reconnaître la beauté d’une telle arme méritait bien un essai.

« Enchantée, Declan. » glissa t’elle non sans s’échapper dehors. Elle ne désirait pas déranger l’homme plus que nécessaire, pouvant aisément se contenter de l’observer de loin. Son lige lui, n’attendait que d’être essoré pour mieux sécher, l’occupant d’une façon qu’elle détestait depuis son enfance. Jamais elle n’avait apprécié les tâches ménagères, préférant l’art de la chasse et du combat à la cuisine et la couture. Le Grand Esprit seul comprenait les raisons pour lesquelles l’enfant qu’elle était ressemblait à un garçon manqué. Avait-il entrevu l’avenir et prédit qu’elle survivrait bien mieux si elle était capable de se battre et tuer ? Oshaÿa ne pouvait en douter, il n’y avait nulle autre explication. Autour d’elle, le calme plat, sans qu’elle n’ait besoin de tendre l’oreille pour situer l’étranger dans sa maison. Il faisait suffisamment de bruit à lui tout seul, pas guerrier dans l’âme pour un sou. Elle ne doutait nullement de ses talents pour se battre, elle l’avait vu à l’œuvre quelques nuits plus tôt, toutefois, si elle avait désiré l’achever ce jour, nul doute qu’elle aurait put le faire une quinzaine de fois sans qu’il ne s’en rende compte. Une chance pour lui finalement que la jaguar le trouve à son goût, désirant bien plus goûter ses lèvres que d’en faire son casse-croûte. Étrange pensée venant l’interrompre dans son occupation, laissant l’eau goutter le long de son épiderme. Jusqu’alors, jamais elle n’avait ressenti un besoin vorace comme celui-ci. Aucun de ses compagnons d’armes ne lui faisait autant d’effet, quand bien même ils flirtaient outrageusement avec elle. Il s’agissait là d’une attitude néfaste, incompatible avec ses propres occupations et son mode de vie. Du haut de ses vingt-deux printemps de vie, elle n’avait pas trouvé l’intérêt de se lier à qui que ce soit, jusqu’à aujourd’hui. Foutaises.

Et pourtant, quel frisson ne vint pas chatouiller sa colonne vertébrale lorsqu’elle entendit son prénom glisser jusqu’à ses oreilles ? Laissant tomber son linge encore trempé dans la panière, elle tourna son visage vers l’origine de l’appel, écarquillant les yeux avant d’éclater d’un rire franc et riche en notes. Pour sa défense, il fallait reconnaître que la vision de l’homme couvert de boue était une image amusante et contrastant avec le côté impeccable de l’instant d’avant. « Pardon, excusez-moi. Tenez, vous êtes à faire peur. » glissa t’elle avec l’amusement dans la gorge, attrapant le linge précédemment abandonné avant de l’offrir à son vis-à-vis. Elle se moquait éperdument de l’état dans lequel finirait le vêtement. N’avait-elle pas vécu avec une hygiène douteuse lors de ses premières années de vie ? Le nettoyage du linge n’était certainement pas primordial autrefois. Et tandis qu’elle l’écoutait rapporter ce qui n’allait visiblement pas dans sa maison, elle reprit son occupation, plissant finalement le nez. L’argent n’était pas un problème. Elle ignorait quoi faire de ce salaire qu’on lui donnait tous les mois. Certes, elle savait qu’elle devait payer des factures et des impôts, qu’il lui permettait d’acheter certaines choses essentielles, mais pour le reste, elle se satisfaisait aisément d’une vie simple pour ne pas avoir à s’inquiéter de coups durs. Elle étudia vaguement la proposition, partagée entre l’idée de le revoir et s’approprier un peu plus son odeur, ou le laisser en paix et juger de sa destinée plus tard. Après avoir finalement essoré un nouveau tee-shirt et l’avoir étendu, elle planta son regard dans le sien. « Si vous ne me trouvez pas chez moi, la clé est sous le pot de fleur contenant le basilic. La zone est nettoyée de sorte à ce qu’il n’y ait pas de cadavres ambulants. Et si vous croisez un jaguar noir non loin de la maison, ne paniquez surtout pas, il n’est pas offensif, mais la peur excite tous les prédateurs. » Ou comment signifier clairement qu’elle lui donnait tout son accord pour qu’il se charge des travaux. Elle doutait de se retrouver sous son autre forme si elle savait qu’il venait, toutefois, rien n’était impossible. « Est-ce qu’il y d’autres choses dont il faut s’occuper ? » Glissa t’elle finalement, incertaine. Il y avait bien ce problème de lumière à l’étage, mais en bonne sauvage, elle n’y avait jamais vu aucun inconvénient. Si en revanche celui lui permettait d’avoir l’œil sur sa proie, alors tout prenait un autre sens.

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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Ven 19 Juin - 14:48

Declan ne pouvait pas savoir à quoi penser sa cliente. Quand bien même, il avait du travail et ne pouvait pas se permettre de spéculer sur ce genre de choses. Tout le monde avait ses préoccupations, lui le premier. S’il commençait à s’interroger sur celle des autres, il n’avait pas fini de se torturer l’esprit. De plus, il ne pouvait pas plus se permettre d’apprendre à connaître sa clientèle. Plus que jamais, les gens voulaient rester anonymes. Lui compris. Les raisons étaient très terre-à-terre de prime abord mais, il y avait aussi cet autre job. Moins on en savait sur lui, mieux c’était. Heureusement, il parvenait relativement bien à rester le type lambda qu’on croise dans la rue. Il était pourtant conscient que son physique relativement imposant et ses yeux d’un bleu trop clair pouvaient attirer le regard sur lui. Une chose dont il se passerait bien volontiers.
De toute évidence, ce qu’il venait de dire n’avait pas vraiment été écouté et il devrait sans doute refaire un point là-dessus plus tard. Il le faisait de toute manière, pour s’assurer ne pas devoir revenir parce qu’un joint avait péter bêtement. Il aimait travailler mais, se déplacer pour des conneries couvraient moyennement les frais. Et vu que son professionnalisme lui interdisait de faire payer d’autres frais pour des travaux qui n’avaient pas été effectués, il aimait autant ne pas devoir se justifier auprès de son patron.

Obligé de faire abstraction de ce qu’il avait vu, de ce à quoi il pensait sans réellement chercher à le faire. Il fallait qu’il se sorte cette décoration de la tête. Ça n’était rien de plus, même si ces armes étaient utilisables. Quand bien même il aurait pu faire le rapprochement entre ces pièces et son dernier contrat, il n’y aurait pas vraiment cru. L’éternel problème de Declan étant qu’il était quasiment incapable de voir une femme comme une menace.
En toute franchise, il n’était pas un grand fan des armes à feu. Il en possédait une, non déclarée, au cas où mais, il préférait bien souvent ses poings ou un filin pour terminer le travail. Il aurait pu rendre ça moins personnel mais, il en était incapable. Il n’aimait pas cet autre job tout en ne pouvant s’empêcher d’y trouver une certaine échappatoire. Il ne prenait aucun plaisir à tuer, il y trouvait une sorte de soulagement qui amenait irrémédiablement à la culpabilité. Un paradoxe qu’il haïssait. Sa famille aurait sans doute dit de lui qu’il était un homme mauvais et que c’est l’Enfer qui l’attendait. Le Diable vivait dans ses poings. Sans y croire, il y pensait pourtant parfois, bien malgré lui. On n’échappe jamais totalement à pareille éducation.

- « Je ne suis pas vraiment adepte des armes en règle générale. Les accidents sont trop fréquents. » Il s’en méfiait, autant qu’il se méfiait de leur porteur, y compris de lui-même. Avec un sourire, il haussa les épaules. « J’aime autant éviter. Je suis de ces hommes qui préfèrent les poings aux armes et si je peux me passer de les faire parler à ma place, j’aime autant. Il est trop facile de se laisser emporter. »

Et Dieu seul savait à quel point Declan était sincère. L’emportement, il le connaissait bien, il était fréquent, presque frénétique et cette frénésie était plaisante, presque salvatrice. Mais, pire que tout, elle était extrêmement dangereuse. De nouveau, il sourit, oubliant ses tourments et s’occupa de ce qu’il avait à faire avec une concentration extrême. Il ne pouvait pas se douter que la femme au dehors avait un tas de considérations à son égard qui lui auraient plus ou moins plu si elles n’étaient pas accompagnées de sang ou de mort.

Le travail fait, crasseux à un point qui aurait pu être ridicule s’il n’était pas habitué, il ne s’offusqua pas du fou rire de l’indienne et attrapa le linge sans y faire vraiment attention. Une fois encore, l’habitude de s’essuyer le visage avec ce qui traîne, chez lui compris.

- « Je n’en doute pas un seul instant. Et encore, j’ai dû avoir l’air bien pire. »

La force de l’habitude. Il ne s’offusquait pas le moins du monde. La crasse, il en avait l’habitude. Il ne fallait pas faire la fine bouche dans le métier. C’était un peu comme si un mécano refusait de mettre les mains dans la graisse. Et bien lui, il devait accepter de ramper sous une maison et dans la boue ou d’entrer dans un grenier poussiéreux et humide qui puait le moisi. Il y avait des impératifs et l’argent... était une bonne motivation. Les gamins aussi d’ailleurs.

- « Je retirerai le linge de la note. Vous ne le récupérerez jamais vraiment propre. J’espère que vous n’y teniez pas trop. »

D’après ce qu’elle était en train de lui dire, il avait le job. Et elle tentait même de le rassurer sur les environs. Il s’en fichait à peu près mais, il serait sans doute moins attentif au bruit à l’avenir. C’est l’histoire du jaguar qui lui fait hausser un sourcil.

- « Un jaguar ? Vous vous moquez de moi ? On a ça à la Nouvelle-Orléans ? Ne me dites pas qu’il est à vous ? »

À moins que... à moins que ce soit elle. Declan n’était pas encore habitué. Il savait que le monde n’était pas peuplé que d’êtres humains et pourtant, il l’oubliait parfois. Autant il s’était fait aux zombies, autant le reste restait pour lui quelque chose de chimérique. Il avait encore du mal à ne plus se classer totalement dans la catégorie humaine. En tout cas, soit c’était elle, ce jaguar, soit quelqu’un qu’elle connaissait. Ou alors... la bête était à elle et c’était peut-être plus dérangeant encore.

Un jaguar... Bon sang.

- « Je serai prudent dans ce cas. Je n’ai pas particulièrement envie de finir dans l’estomac d’un grand félin. »

Y réfléchissant un moment, il avait constaté quelques horreurs électriques. Bien dissimulées mais pas assez pour un homme de métier. Il valait mieux qu’il en parle faute de quoi, un jour, elle pourrait bien se retrouver dans le noir à cause d’un appareil branché en trop.

- « Je n’en suis pas bien sûr vu que je ne me suis pas intéressé à votre système électrique mais, j’ai vu quelques petites choses qui méritent un peu d’attention. Si je ne me trompe pas... » et c’était rarement le cas - à chacun son métier « Vous pourriez bien avoir un court-circuit un jour. Je peux regarder à ça si vous le désirez. »
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Sam 20 Juin - 17:30

Misérable Oshaÿa, trop fière pour expliquer que la langue qu’il parlait était un véritable mystère pour elle, malgré les simplifications du langage. La jeune femme ne souhaitait pas être catégorisée comme ignorante, pas plus qu’elle ne désirait admettre sa propre défaite face à l’inconnu. Elle estimait pouvoir survivre dans ce monde, malgré toute cette technologie qui lui était inconnue de A à Z, malgré cette évolution des mœurs et des métiers. Admettre sa défaite revenait surtout à accompagner l’aveu de sa condition ancestrale, un fait qu’elle souhaitait garder secret tant qu’il demeurait des ignorants. La normalité, voilà ce à quoi elle aspirait en l’instant. Difficile pourtant lorsque l’on savait qu’elle était la seule amérindienne aux alentours, la plupart préférant demeurer dans leurs communautés, avec les leurs. Les interrogations fusaient, et nombreux étaient ceux qui la dévisageaient, à la recherche d’un indice quelconque. Raison pour laquelle la créature était bien plus nocturne que diurne : il était difficile d’observer quelqu’un dans la nuit lorsque l’on ne possédait pas la vision adéquat. Tôt ou tard pourtant, la jeune femme comprit qu’elle devrait passer outre sa fierté pour expliquer au travailleur qu’elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu’il tentait de lui expliquer. À chacun son époque.

Elle l’écouta admettre son manque d’intérêt pour les armes, savourant le timbre de sa voix. Le seul qui avait un jour réussi à la faire vibrer par sa voix était un souvenir on ne peut plus mort, enterré dans les plaines du passé. Un guerrier oublié, comme tous les autres. Elle n’avait osé faire de recherches sur le destin de sa tribu, tout du moins, de ses tribus, encore incapable de faire face à cette vérité. Elle avait été arraché par deux fois aux siens, incertaine de les revoir un jour. Aujourd’hui, elle savait que jamais plus elle ne croiserait le visage d’un membre de ces deux tribus. Au mieux, leurs petits-enfants, sans être capable de deviner qui était l’ancêtre qu’elle avait put côtoyer. Elle se recentra sur son guerrier des temps modernes, le dévisageant non sans acquiescer. Elle pouvait comprendre son point de vue, bien qu’elle ait baigné toute sa vie dans la confection des armes et l’importante tâche de savoir s’en servir. Ses poings, elle avait apprit à s’en servir principalement dans cette époque, tenue de s’entrainer trois fois par semaines avec les autres shadowhunter afin d’être capable de se défendre dans le cas où le corps à corps s’avérait être inévitable. « Êtes-vous du genre à vous emporter facilement ? » Laissa t’elle finalement entendre, bien que connaissant déjà la réponse. Elle l’avait constaté, s’était délecté de ce spectacle autant que la jaguar avait grondé de voir sa proie être ravie par un autre. Mais plus encore, ce furent ses mains qui parlèrent pour lui, alors qu’elle attrapait déjà la gauche, caressant du pouce les phalanges détériorées par la répétition de coups. Même lorsque l’on tentait de cacher un crime, des preuves demeuraient sur l’assaillant. « Vos mains sont abîmées. » Lâcha t’elle avec une constatation naturelle, affirmant finalement la réponse à sa question. Elle n’était pas idiote, bien que son visage de poupée devait laisser à penser qu’elle ne côtoyait nullement le monde de la violence. Relâchant finalement son otage, désertant l’endroit, un ronronnement sur le bord de la lippe, jaloux, envieux.

Elle ne pouvait se permettre de laisser quelqu’un manipuler ses envies avec tant de facilité. De tous les hommes qu’elle voyait, il fallait celui dont elle avait la charge d’achever la vie qui lui donne frissons et besoin irrépressible de goûter ses lèvres. Et pourtant ! Quelles images étaient en train de se former dans son esprit, imagination autrefois stérile, associées à ce qu’elle avait vu au cours de sa vie, dans les tipis et les films fictifs ? La tâche dont elle était en train de s’acquitter était un bon moyen d’oublier les pensées salaces et de retrouver un certain self contrôle. Hélas, le temps n’était jamais assez long pour épargner son esprit. Elle laissa le rire s’emparer de sa gorge. Depuis combien de temps n’avait-elle pas rit ainsi ? Les fous rires étaient rares dans son histoire, volés par les années. Elle l’observa se rendre à peine plus présentable, gardant finalement une mimique amusée sur le faciès. La boue ne l’effrayait pas, tout ce qui était salissant n’était pas synonyme de dégoût pour elle, contrairement aux autres femmes qu’elle pouvait aisément juger comme petite nature. « Ce n’est qu’un tee-shirt, et j’en ai d’autres. » Affirma t’elle face à la remarque de son vis-à-vis, peu intéressée par le sort de son vêtement. Elle vivait la plupart du temps sous une autre forme, l’autre moitié dans la tenue officielle du Shadowhunter. Rares étaient les occasions où elle s’habillait vraiment.

Et tandis qu’elle énonçait finalement les quelques choses à savoir sur l’endroit, elle put voir le visage du plombier se décomposer à l’entente de la dernière information. Mordillant sa lèvre comme si elle en avait trop dit, elle haussa les épaules, continuant d’étendre les derniers tissus trempés. Elle ignorait les pensées de l’homme, et la question fatidique ne tomba pas. Elle n’aimait pas mentir, mais lorsque la question lui était posée frontalement, elle ne déguisait pas non plus la vérité. Il ne lui avait pas demandé si elle était une changeuse de peau, elle pouvait donc encore garder l’information pour elle. Souffler cette vérité aurait pourtant résolu plus d’un problème, comme celui des fameux joints dont elle devait s’occuper. S’il n’était pas idiot, il aurait alors tôt fait de faire le rapprochement entre sa condition et son incapacité à comprendre des choses qui lui paraissaient simples. « Il n’est pas vraiment à moi. » Laissa t’elle finalement entendre, gardant pour elle un sourire suffisamment mystérieux pour indiquer qu’elle possédait un secret. « Je doute sincèrement qu’il vous mangerait, vous êtes bien trop appréciable pour la vue. » Laissa t’elle entendre de nouveau, ramassant son panier à linge en repartant en direction de la maison, écoutant attentivement les nouvelles indications de Declan. Elle hocha finalement la tête, ravie peut-être de le garder un peu plus longtemps pour elle, mais aussi de constater que sa maison avait finalement besoin d’un coup de neuf. « Voilà pourquoi la maison était si peu chère. » signala t’elle pour elle-même, avant de finalement tourner son visage vers l’homme. « Je ne sais pas comment vous remercier, hormis la note je veux dire. Est-ce que tout le monde est aussi consciencieux que vous ? »
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Dim 21 Juin - 18:43

Declan ne pouvait certainement pas savoir que sa cliente ne faisait pas partie de cette époque. Il avait des pistes, c’est vrai mais, il n’était vraiment pas le meilleur observateur qui soit. À chacun ses talents. Les tiens étaient bien plus manuels, c’était une évidence. Aussi, il faudrait qu’elle lui demande de lui expliquer s’il fallait le faire car il ne pouvait pas le deviner. De plus, il avait d’autres préoccupations et plus urgente à ses yeux. Ces fameuses armes, bien loin d’imaginer qu’il était en train de donner des informations précieuses à une personne qui pouvait bien le tuer si elle le désirait.
La question qu’elle lui posa le prit totalement au dépourvu. L’était-il ? Sans aucun doute même s’il se mettait à réfléchir rapidement avant de frapper pour évaluer ses chances et les risques. Il devait reconnaître que son cerveau semblait plus à même d’établir des stratégies de combat que de retenir des choses bien plus utiles pour la culture d’un homme.
Sans avoir le temps d’ôter sa main de la sienne, elle observe ses phalanges, ses mains, effectivement très abîmées. Cherchant les mots, une explication qu’il pourrait lui faire entendre en dehors du travail manuel qui était une bonne excuse en soi, elle était déjà dehors, le laissant là avec la drôle d’impression de s’être fait disséquer. Inutile de dire que la chose ne lui plaisait pas du tout.

Pouvant enfin se concentrer totalement sur le travail, en en relégua ces étranges conversations au second plan. Mais, les choses normales de la vie ayant toutes une fin, il dû aller informer Oshaÿa que son habitation n’était pas dans le meilleur état qui soit niveau plomberie. C’était un problème récurent, peu étaient ceux qui avaient de la chance en la matière. Se rendant un rien plus présentable pour l’impression... mais, avec de la saleté collée sur chaque centimètre carré de peau visible, ça n’avait rien d’évident.
Il y avait du travail à fournir et pas que. Le problème, c’est qu’entendre un jaguar se baladait dans les parages n’avaient pas grand-chose de rassurant. Declan était loin d’être froussard mais, entre se battre contre des hommes ou se battre contre un félin, ça n’était pas comparable. Le compliment, si c’en était un, le fit sourire.

- « Je vous remercie, je crois. J’espère qu’il me trouvera tout aussi agréable à regarder mais, qu’il ne me trouvera pas trop bon à goût. Quoi qu’avec de la chance, si je me recouvre de boue, je serai moins appétissant. »

Il plaisantait mais, il ne comptait pas essayer de jouer à cache-cache avec l’animal. S’empressant de lui parler de l’état de la plomberie et de l’électricité pour changer de sujet, il acquiesça à sa constatation.

- « C’est probablement un des raisons. Nous ne sommes pas si nombreux que ça dans le métier et personne n’apprécie venir dans les parages. Je suppose que l’ancien propriétaire a voulu rapidement s’en défaire. Ou qu’il est mort. »

Ça n’était pas impossible vu le monde dans lequel ils vivaient. Il haussa les épaules, sans savoir quoi répondre réellement.

- « J’aime le travail bien fait et j’ai besoin d’argent, comme tout le monde... Vous avez des soucis que je peux réparer et qui, une fois réglés, ne vous causeront plus d’ennuis. Autant le faire bien, ça me rapportera peut-être quelques recommandations en plus. »

Là-dessus, il était très franc. La vie était dure pour tout le monde et l’argent était un problème permanent pour lui. Plus il se rendait irremplaçable, plus son patron serait obligé de passer par dessus ses quelques écarts et son caractère abrupte. Il fallait qu’il fasse tout pour les gamins, leur épargner une mauvaise vie et c’était sa façon de le faire.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Lun 22 Juin - 14:52

Elle se plaisait à l’observer, autant à la dérobée que franchement, sans se cacher de lui. On aurait put passer cela pour de l’impolitesse, ou un côté tactile un peu trop intense… L’amérindienne se moquait manifestement de ce que l’on pourrait penser de cette entrevue, il n’y avait qu’eux et si l’homme s’en trouvait gêné, il n’en manifestait rien toutefois. Pour autant, la créature n’allait pas se montrer plus entreprenante, disparaissant déjà pour le laisser faire son travail, tout comme elle devait se préoccuper de sa propre activité. Il était inutile de troubler d’avantage l’homme, plus qu’il ne l’était déjà tout du moins. Elle pouvait d’ores et déjà commencer à réfléchir sur ce qu’elle allait envisager pour lui. Ses ordres étaient simples pourtant : trouver et éliminer l’homme qui laissait des cadavres derrière lui. Elle avait achevé la première partie de son contrat, et répugnait toutefois à lancer la seconde. Declan lui paraissait trop… doux pour exécuter par plaisir ses propres cibles. Elle voulait comprendre les raisons qui le poussaient à agir de la sorte avant de lui planter une flèche dans le cœur si nécessaire. Agir sans réfléchir n’était pas dans ses traits de caractère. Ou tout du moins, pas dans ce cas-ci. Ôter la vie de quelqu’un était bien plus compliqué qu’il n’y paraissait, laissait des traces sur l’âme et n’apaisait nullement le courroux intérieur qui naissait. Elle l’avait comprit lors de ses premiers assassinats pour le compte de son sorcier. Hélas, il s’était avéré qu’elle était douée pour tuer, et qu’à l’époque actuelle, c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour subsister dans cette nouvelle vie. Défendre la ville payait assez bien, tuer pour le compte du gouvernement rapportait bien plus et lui permettait de vivre sans trop d’encombres son statut de changeuse de peau.

N’était-ce pas d’ailleurs pour cette seconde nature qu’elle avait choisi de vivre ici, au beau milieu de nul part ? À New-York, il n’y avait pas de place pour un animal sauvage comme elle. Aucun endroit pour courir, pour chasser, pour être complètement prédateur. Rien qui ne la rattache à sa vie d’autrefois. Si son sorcier s’était tout de suite plu dans l’antre de la grande pomme, en bon pionnier, elle, n’avait jamais pu s’habituer au bruit permanent, aux odeurs étouffantes et à la population déferlante. Ici, elle avait la forêt pour se cacher, pour jouir d’une liberté sans limite, le langage de mère nature pour compagnie, la plénitude idéale pour son animal et sa condition d’amérindienne. Pour rien au monde elle ne changerait d’habitat, pas même sous la contrainte. Elle aurait put se contenter de vivre à l’ancienne, comme elle le faisait lorsque l’époque s’y prêtait, hélas, l’ère nouvelle avait toutefois réussi à séduire la jeune femme par sa technologie merveilleuse. Elle était tombée amoureuse des dessins animés, l’émerveillant par les couleurs et les étranges scénarios fantasques, le transport s’était trouvé facilité, et elle s’était mise en quête d’apprendre à conduire une moto, ce qu’elle avait réussi non sans mal et acharnement. Au moins connaissait-elle le code de la route. Pour le reste hélas, c’était de l’accoutumance et de l’obligation, dont elle avait réussi à se débarrasser dès lors qu’elle avait décidé d’emménager dans ce coin perdu. Exit la cuisine étrange, rien n’était meilleur qu’un lapin grillé au feu de bois. Tout le reste avait un goût étrange, loin d’être naturel. À moins que son sorcier ne soit réellement un mauvais cuisinier, ce qu’il était déjà autrefois.

Puis la réplique de son vis-à-vis vint l’amuser de nouveau, l’incitant à imaginer la scène. Comment réagirait-elle face à l’homme recouvert de boue ? Nul doute qu’elle se laisserait lâchement tomber au sol, à admirer les efforts fournis pour lui échapper. La jaguar ne saurait se laisser berner, bien que la boue pourrait momentanément masquer son odorat. « Je serai très curieuse de voir ça. » glissa t’elle avec un sourire mystérieux. Manifestement, la boue ne la gênait pas. Ne l’employait-on pas autrefois pour chasser ou simplement se cacher de l’ennemi ? Ce que toute femme de cette époque trouverait répugnant, elle pouvait aisément l’envisager. Elle vint finalement hausser les épaules à la suite de ses paroles. Quoi qu’il soit arrivé à l’ancien propriétaire, elle s’en moquait éperdument. L’endroit était sien désormais, et elle comptait bien le garder et le rendre un peu plus vivable. Lorsqu’elle était arrivée pourtant, elle pouvait reconnaître qu’il n’y avait rien d’enviable à demeurer, pas avec les morts marchant sans but entre les arbres. Elle s’était pourtant rapidement chargée de ceux-là, nettoyant la zone de sorte à ce que n’en reste aucun. Un bon zombie est un zombie écartelé et brûlé. Elle l’écouta de nouveau parler, marquant dans un coin de son esprit le mot argent. Depuis que l’homme blanc était arrivé dans les plaines, il n’avait jamais eu que ce mot à la bouche. « Je vois. Vous êtes donc la perle qu’il faut absolument que je garde si je veux avoir une propriété décente. » Glissa t’elle cette fois avec une touche d’humour, entrant de nouveau dans la maison. « Alors, dites-moi, vous avez d’autres talents cachés ou vous vous occupez seulement de tout ce qui touche aux tuyaux et à l’électricité ? » Glissa t’elle pour la conversation, avant de finalement se débarrasser de son panier pour mieux se diriger vers la cuisine et offrir une petite bouteille d'eau à son vis-à-vis, il faisait suffisamment chaud pour avoir envie de se laisser glisser dans la rivière, boire n’était qu’un maigre geste en comparaison.
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MessageSujet: Re: Enter the shadow zone ♟ Oshaÿa   Mar 23 Juin - 14:08

Declan, aussi peu doué soit-il trouvait l’intérêt de sa cliente insistant, presque dérangeant. Ses questions étaient tout de même relativement ciblées mais, il n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le dérangeait. Cela dit, la chose ne l’empêchait pas de faire son travail, pas même de continuer à se focaliser sur d’autres choses. Son instinct n’avait rien de sûr ou plutôt, sa façon de l’écouter. Le fait qu’elle n’insistait pas vraiment sur ses esquives ou ses interventions malhabiles l’incitait à ne pas réellement s’en faire sur le sujet si bien qu’il l’oublia assez rapidement.
Même après son travail bien avancé en matière de rafistolage provisoire, il ne s’en préoccupa plus vraiment. Après tout, elle lui avait clairement annoncé qu’il y avait un jaguar dans les parages. Un jaguar. De ça, il n’en revenait toujours pas. Très sincèrement, il espérait ne jamais tomber nez-à-nez avec l’animal. Il n’était pas d’un naturel froussard mais, se battre contre un animal de cette taille n’était pour sa peau n’était pas vraiment dans ses projets. Ne pas montrer sa peur serait encore autre chose. En attendant, il avait besoin de cet argent et qu’importe, il prendrait garde, vérifierait les environs avant de ramper sous la maison ou d’entrer dans la bâtisse.

- « Je vous avoue ne pas être pressé d’avoir une bête pareil devant le nez. Ça doit être quelque chose à voir mais, j’aime autant le voir de loin et sans risquer ma peau de préférence. »

Il n’aurait pas apprécié voir l’animal dans une cage mais ne tenait par particulièrement à le voir en face à face. Sa vie n’était par parfaite mais, l’écourter n’était pas dans ses projets. Les questions de travail revenant sur le tapis, ce qui l’arrangeait, il haussa les sourcils.

- « Je ne sais pas si je suis l’homme de toutes les situations mais je peux arranger votre plomberie et votre électricité si vous avez des soucis. »

Réfléchissant quelques instants, il fit le tour de ses connaissances. Comme tout bon célibataire fauché, il touchait un peu à toute histoire d’éviter de se ruiner mais ça n’avait rien d’exceptionnel. Il se débrouillait nettement mieux en plomberie et en électricité.

- « Je peux décoincer une porte, remplacer une serrure, plafonner un peu ou arranger une porte mais mes connaissances sont assez limitées en la matière. Je peux juste dépanner en attendant de trouver un professionnel. »

Declan n’avait pas vraiment de problème à reconnaître qu’il ne pouvait pas tout faire. En ça, son ego ne souffrait pas. En réalité, son ego souffrait de peu de choses. Quoi qu’il aurait sûrement souffert de perdre dans une bagarre où serait mêlée une femme. Cela dit, il n’oserait certainement pas frapper jusqu’à se prendre un sale coup. Ça n’était fort heureusement jamais arrivé et au fond, il pensait que ça ne pouvait pas arriver.

- « Je peux peut-être vous aider à dénicher de bons ouvriers si vous avez d’autres soucis. On se connaît à peu près tous à force de se croiser. Je ferais aussi peut-être mieux de vous faire un devis correct pour votre plomberie et votre électricité, que vous sachiez à quoi vous attendre. Vous aurez aussi une idée du temps que ça me prendra. »

Réellement, il était en train de faire abstraction du fait qu’il y avait un jaguar dans les parages... c’était surréaliste.

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