AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 A all new sister. We meet again [Charisma]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: A all new sister. We meet again [Charisma]   Jeu 21 Mai - 15:49


A all new sister
We meet again






Selon les traces, c'était dans les parages.
L'excitation le transcendait, l'appréhension tétanisait son esprit. Et pourtant, il pressentait qu'il le devait, il devait il y allait. Décidé, même la chaleur mordante de l'après-midi ne réussit à le ralentir dans sa quête. Il avait été mis sur la voix, par des indices d'anonyme. Et il avait été curieux. Au début il avait cru à une farce, il avait imaginé qu'on lui jouait un mauvais tour. Mais qui se donnerait la peine de faire ce genre de chose ? Et qui serait assez fou pour tendre un piège, à un Draper ? Puis il avait pensé. Et si ... et si jamais c'était vrai ? Bien que Neal n'était plus familier au mot espoir depuis des années, cette nouvelle lui avait donné un regain d'énergie. Il avait entrevu une pâle lumière au bout de son tunnel d'ombres. Il avait quitté son vieux canapé, avait posé son verre de scotch et il était parti à sa recherche.

Une lueur de conviction dans la pupille, il slalomait désormais entre les murs écroulés. Il n'y avait pas de temps à perdre. Elle était seule, peut-être blessée, peut-être en danger. Il avançait d'un pas rapide et sûr, habitué à une ascension parsemée d’embûches. La frontière de la ville approchait et bientôt, les ruines se firent plus nombreuses. De vieux bâtiments défraîchis, des semblant de murs, des pierres éparpillées où se tenaient anciennement une jolie habitation. Il inspecta le premier taudis, rapidement mais avec précision. Il poursuivit sa recherche dans les ruines voisines. La détermination se fit plus grande, l'envie de la trouver devint plus essentielle, il eut même une once d'espérance qu'il chassa aussitôt. Et si, finalement, tout cela n'était qu'une illusion ? Un jeu ? Si quelqu'un s'était joué de lui, il allait amèrement le regretter... Il devait la trouver. Neal, l’œil alerte, un goût âcre de trahison dans la bouche, pénétra dans une vieille bâtisse grise... et il s'arrêta net, les yeux ronds, le cœur battant.

Le petit corps était là. Frêle et fragile. Étalée de tout son long, un bras sur le ventre, l'autre plié au dessus de sa tête, elle semblait déposée là, tel un ange déchu. Neal ne respirait plus, les yeux rivés sur elle, le regard déchiré, les traits tirés. Il resta quelques instant sur le pas de la porte. Il hésitait. Était-ce vraiment elle ? Sa Charisma ? Il s'approcha doucement, prudemment comme si il avait peur de la réveiller, comme si il redoutait qu'en réalité, ce ne soit pas elle. Mais les traits de la belle étaient si familiers qu'il déglutit péniblement. Elle avait le visage fermé, la bouche légèrement ouverte, les sourcils froncés. Toujours aussi délicate, encore plus belle que dans son souvenir. Il s'accroupit près du corps et osa glisser les doigts vers sa joue pâle. Ce contact lui arracha un sourire douloureux. Elle était revenue.

Il l'avait prise dans ses bras, une main sous ses genoux, l'autre dans son dos. La tête de la belle avait roulé contre son torse et elle était lovée contre lui. Légère comme une plume, il lui sembla qu'elle était encore plus maigre qu'avant. Trois long mois. Et elle était là, maintenant, dans ses bras. Il avait le visage grave, déterminé à la protéger. Il avait déjà quitté les ruines et s'enfonçait dans la ville. Il tourna dans le quartier de Treme et grimpa dans un vieux bâtiment, la douce toujours endormie contre lui. Elle semblait plongée dans un sommeil agité. Elle avait le front et les joues sales, les cheveux en bataille et de grosses cernes sous les yeux. Elle paraissait si fragile en cet instant, alors que c'était elle le pilier de leur duo. Les rôles étaient inversés, cette fois, c'était lui qui prenait soin d'elle. Il arriva devant la porte délabrée de son piteux appartement et l'ouvrit d'un cou d'épaule. Il alla installer Charisma sur son lit et remonta la couverte à son menton. Il la regarda d'un air protecteur, avec un fin sourire sur les lèvres. Elle était si belle. Elle lui avait tant manqué.

Neal était un autre homme, soudain consciencieux, soigneux. Il vida un vieux bol de plastique, le frotta avec énergie et le remplit d'eau. Il installa la belle confortablement, passa une serviette fraîche sur sa nuque, ses épaules, ses bras. Et il veilla.
En l'observant, toute rancune accumulée depuis des mois et tout sentiment d'abandon le quitta. Il était juste heureux qu'elle soit de retour. Qui savait ce qu'elle avait vécu, où elle était allée ? Neal attendit des heures à son chevet et pour une fois, son esprit s'accordait un voyage dans le passé. Il se remémorait de beaux souvenirs d'enfance, une complicité, un amour si fort qu'il en avait mal. Il se rappelait son sourire et ses yeux rieurs, ses fossettes et ses adorables manipulations de gamine heureuse. Il se souvenait d'une étreinte, d'un regard, d'un après-midi en particulier. Le temps avait été ravageur. Et pourtant, tant qu'il la contemplait, c'était comme si rien n'avait changé.

Il soupirait de soulagement en quittant la pièce. Tout allait redevenir comme avant.

© design et code by malbe



Dernière édition par Neal Draper le Mar 26 Mai - 19:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: A all new sister. We meet again [Charisma]   Jeu 21 Mai - 22:59




Couldn't stop caring
We are our best defense

Son ventre se tordait, ses jambes se croisaient, la faisant trébucher. Cela faisait presque trois jours qu'elle marchait, sans rien manger. Son long périple pour retourner en Louisiane avait commencé il y a plus d'une semaine. Si elle avait eu la chance de trouver un véhicule pour faire une majeure partie de la route, le niveau d'essence lui, n'avait pas fait long feu. Tout comme son corps, à elle. Elle n'avait jamais autant marché, jamais autant tenu sans avaler quoi que ce soit. De l'eau, elle en avait économisé, ayant pris de quoi dans les ruelles de New York. Elle pensait tomber sur une ou deux maisons en ruines, mais malheureusement rien de tout ça ne croisa sa route, ou quand cela fut le cas, un petit groupe de zombies trônait fièrement sur le pas de porte, postés comme des gardes. Deux balles, c'était ce qui lui restait. On ne pille pas une maison de zombies avec deux balles, pas quand on déboule au préalable devant chez eux avec un 4x4. Ce n'est pas possible. Alors, Charisma continua son chemin, roulant, marchant, se traînant jusqu'aux portes de cette ville qu'elle espérait tant revoir. Pourquoi avait-elle du partir si loin? Elle se le demandait bien. Fatiguée, éreintée et affamée par ce voyage qui n'en finissait plus, elle aperçut alors au loin un amas de pierres, puis un autre, et encore un. L'espoir regagnant son cœur, elle comprit que son périple touchait à son terme. Loin, très loin à l'horizon, la ville se dessina sous ses yeux. « Putain... » murmura-t-elle. « Putain Chris tu l'as fait!! » cria-t-elle, ne pouvant contenir sa joie. Au bord des larmes, elle pétait les plombs, purement et simplement après ce voyage monstrueux, ces mois passés seule. Revoir la tête d'un homme n'étant ni zombifié, ni en état de décomposition lui ferait du bien, pour sûr. Sa souffrance avait trop duré. Amorçant sa course à travers les ruines de ces abords de la Nouvelle-Orléans, elle manqua trébucher à chaque fois, ses jambes la supportant à peine. Elle avait tant envie de toucher ces portes, ces murs de béton et blocs de pierre, caresser cet immense rempart de prison. Elle craignait qu'il ne soit que mirage. Alors elle courut, courut à n'en plus pouvoir, à en perdre son souffle ; à en perdre la raison. Car dans chaque ancien village se cache des êtres de chair pourrie, animés par une demie-vie, assoiffés de sang et alertés par les cris. Or, tout en discrétion, elle venait d'alerter les potentiels morts-vivants zonant par ici de sa présence. Mais elle n'y pensait pas, et puis, elle était si proche du but. Les patrouilles éliminaient bien les monstres aux abords de la ville, n'est-ce pas? Frôlant les murs des bâtisses détruites, son attention était seule portée sur cette ville qui grandissait à vue d’œil.

C'est alors qu'un grognement la surprit. Surgissant sur sa gauche, un mort la prit de cours, lui faisant faire un bond sur le côté, les doigts venus instinctivement décrocher l'arme à sa ceinture. Ses jambes ayant déjà du mal à ne pas s'emmêler en ligne de droite, l'écart de route la fit trébucher, chuter à terre. Se cognant le crâne, elle gémit. L'arme lui avait échappée, tombée à deux mètres de là tout au plus. Elle tourna les yeux vers le danger, la distance les séparant lui paraissant courte. L'autre grommelait, reniflait à un pas de là, s'accroupissant déjà dans sa direction. Son cœur bondit dans sa poitrine à la vision du visage en décomposition. Elle n'avait jamais été si proche de l'un d'entre eux. Son odeur pestilentielle la saisit à la gorge tandis qu'elle tenta de reculer. Il ne le savait pas, mais il venait de se mettre malgré lui entre son arme et elle. Rampant lui aussi vers elle, à genoux, elle en profita pour lui mettre un grand coup de botte lorsque sa tête se fit trop proche de ses mollets, ses doigts longs et verdâtres tendus vers sa cuisse. « Ne me touches pas!! » lui cria-t-elle. La tête pivote, elle entendit un craquement lui faisant froid dans le dos. Elle se releva en vitesse, tentant de garder son équilibre et tenta de contourner l'autre, allant chercher son arme. Se baissant, elle attrapa le pistolet, se retournant automatiquement...mais le monstre était bien meilleur rampant qu'elle ne le croyait - ou bien était-ce sa fatigue qui lui faisait perdre la notion du temps - et déjà ses crocs se plantèrent dans sa cheville, lui arrachant un cri de douleur. Furieuse, elle pointa l'arme dans sa direction, visa la tête. Et tira. Le coup partit, déchirant les airs. S'il y avait d'autres énergumènes dans les parages, elle venait de leur donner sa position sur plus d'un kilomètre à la ronde. La cervelle en bouillie, les dents du mort restaient cependant plantées dans sa chair. Se dégageant de l'emprise grâce à un énième coup de botte, elle se retira du baiser mortel. Faisant quelques pas, elle baissa le regard, avisant la blessure. « Saloperie... » maugréa-t-elle. Elle savait ce qui l'attendait. Elle savait qu'elle ne passerait pas les portes ; jamais. Pourtant, elles étaient là, devant elle, si près. Comme si le destin la narguait, il lui avait envoyé une dernière provocation, une énième bataille à livrer avant sa mort: elle ne reverrait jamais son frère, elle était condamnée à rester éloignée pour parfaire cette sécurité entre lui et elle. Pourtant, elle ne voulait pas. C'était injuste, terriblement injuste. Pourquoi devoir abandonner aux portes même de la victoire?

Doucement, elle sentit un chaud liquide dévaler ses joues, inonder son cœur. Lentement, le poison se répandait dans son organisme, sa cheville la brûlant. Pourtant ce n'était pas le sang qui la meurtrissait le plus, mais bien tous ces visages qu'elle avait laissé derrière, abandonnés pour quoi? Une sécurité illusoire. Comment être sûr que les gens qu'elle aime se portent bien sans être à leurs côtés et en attester? « Idiote! » sanglota-t-elle. Elle savait ce qui lui restait à faire: s'éloigner. Et pourtant, ses jambes refusaient de bouger. Pire même, son pied avança, traversant cette ligne invisible que son cerveau avait érigé, cette mesure de sécurité. Égoïste, elle le devenait par peur de mourir. Elle ne voulait pas mourir, pas comme ça ; pas maintenant. Alors, corps éreinté, haché par les épreuves et difficultés, elle avança encore. Et bientôt ses pas se firent plus rapides, plus grands. Elle courut de nouveau en direction de ces murs qu'elle savait lui seront fatal. Mais dans sa tête, elle se berçait d'une douce illusion, projet chimérique la poussant à accélérer malgré la fatigue et le mal qui la gagnait. Peut-être. Peut-être qu'il était là, aujourd'hui, à veiller sur les portes. Peut-être qu'elle le verrait, une dernière fois, avant de tomber en proie à ce mal, dans les bras de la nuit. Mais elle espérait, avant que ce bourreau ne l'emporte, qu'elle verrait une ultime fois ce visage qu'elle avait tant cherché. Peut-être. Et cela lui suffisait. Mais alors qu'il lui restait moins d'un kilomètre pour atteindre les portes de la ville, son pied buta contre une pierre. Encore. Son corps frêle s'écroula, s'étalant de tout son long. Ses bras déchirés par du verre brisé siégeant sur le sol, elle contempla un instant son corps en sang, les larmes s'y mêlant en une danse mélancolique. C'était fini, terminé. Elle le savait, elle savait que jamais elle n'aurait la force de se relever encore une fois. Ramper sur un kilomètre? Cela était non seulement impensable, mais lui vaudrait juste une balle dans la tête. Laissant échapper un gémissement, elle se sentait pathétique. Voilà ce qu'était devenue l'implacable Charisma: une misérable ensanglantée, affamée, aux yeux creusés par la fatigue, rongés par la peur. Au corps se changeant douloureusement en mortel prédateur ; rien qu'une ombre d'elle-même. Elle sentait le feu de la maladie envahir ses veines, flots de flammes la brûlant de l'intérieur. Alors, ses doigts longèrent ce corps en désuétude. Si elle devait mourir, elle ne le ferait pas en chien. Le cliquetis de l'arme se posant sur sa tempe la calma, calma cette peine et ce dégoût. Elle sentait qu'elle allait bientôt tomber, qu'elle allait bientôt chuter. Alors, elle ferma les yeux un instant et vida son esprit. La dernière image qui lui vint pourtant, ne fut pas celle de Neal. Ce fut celle d'Anger. Et elle appuya sur la gâchette. Le déclic retentit, mais rien ne se passa. Sentant son corps s'engourdir, elle rouvrit les yeux, fronça légèrement les sourcils. Il ne lui restait plus qu'une balle en fin de compte. L'arme lui échappa alors des mains tandis que sa tête rejoignit son corps meurtri parmi ces bouts de verre. Elle s'évanouit.

Les visions d'horreurs se suivent, se sèment. Elle se débat, en prise à la plus grande folie. Elle a faim, soif, et est fatiguée. Elle gît à terre, sans pouvoir bouger, une horde de zombies rampant vers elle. Ils l'ont vu. Ils vont la tuer. Non. Non! Ouvrant les yeux, bondissant dans le lit, elle se réveille. Le cœur battant la chamade, elle regarde autour d'elle. Elle ne reconnaît pas les lieux. Elle pourrait, si elle y faisait plus attention, mais pourquoi devrait-elle le faire? Se touchant, elle regarde, pince pour être sûre d'être bien vivante. Elle palpe son visage aussi ; nulle trace de décomposition. Avisant sa cheville, rien ne semble lui être arrivée non plus. Si étrange... Percutant finalement qu'elle se trouve dans un lit, elle hésite, méfiante. Elle cherche son arme du regard sans la trouver. Se glissant hors du matelas, elle prend garde à ne pas faire de bruit. Un villageois l'a-t-il sauvé? Sait-il qui elle est? Ne voulant pas de problèmes, ne sachant pas à qui elle avait affaire, elle constata alors qu'elle avait changé de vêtements, ses vieux habits sales troqués contre une nuisette blanche. Et la pensée lui traverse l'esprit, fusant à toute vitesse. L'avait-on droguée, attouchée? Attrapant instinctivement ses bras dans ses mains, érigeant un rempart puéril, elle déglutit. Elle retrouverait ses habits, volerait un peu de nourriture et s'en irait aussitôt. Se déplaçant à raz du sol, accroupie, elle prend bien garde à ne pas faire de bruit. Approchant de la porte, elle l'entrouvre. Heureusement pour elle, celle-ci n'émet aucun grincement. Risquant un œil au dehors, Chris comprend au bruit que son ravisseur doit se trouver non loin. La pièce lui semble vaguement familière bien que son cerveau relègue cette information au second plan, trop occupé à suivre son propre projet. Sans un bruit, elle se déplace jusqu'à l'ouverture la plus proche, porte en face de la sienne, n'ayant qu'à traverser le mince couloir. Bingo! Car ce n'est pas une énième chambre qu'elle découvre là, mais bien la cuisine. Avisant une pomme sur la table, elle se redresse de tout son long, l’attrape et croque avidement dedans. Mais à l'instant même où ses lèvres touchent le fruit, elle sait qu'il ne comblera pas son appétit. Plantant les canines dans l'objet devenu indésirable, obsolète, elle le regarde un instant, mâche avant de s'arrêter. Si fade. C'est alors qu'une voix la surprend. Faisant volte-face, elle lance sans réfléchir la pomme dans la direction du son....et frappe Neal à la tête. Ouvrant de grands yeux, elle peine à y croire.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: A all new sister. We meet again [Charisma]   Lun 25 Mai - 2:20


A all new sister
We meet again






Neal était lourdement tombé dans son canapé, dans un nuage de coton. Le fauteuil partait en miettes. Mais il n'en avait rien à faire. Tout ce à quoi il pouvait penser était que Charisma était enfin à la maison. Elle était avec lui maintenant, elle était saine et sauve. Il souriait doucement en fixant son mur de béton troué. Peut-être qu'il allait faire quelque chose de plus intéressant de sa vie. Peut-être qu'elle allait pouvoir faire pression pour qu'on lui rende son boulot de compositeur. Il n'osait l'avouer mais il était en manque... Son salon était immense mais extrêmement vide, comme dévoré par le temps, dépeuplé, abandonné, pillé. Seulement son canapé qui partait en décomposition était posé au centre de la pièce. Et dans les recoins, on pouvait voir entassé tout un tas d'instruments poussiéreux et désuets. Seul le piano était encore en ... relativement, bon état. Il se leva et s'en approcha. Il passa ses doigts d'un geste nostalgique sur les touches. Silencieusement. Il n'émit aucune note. L'artiste pensa qu'il avait certainement perdu de son talent après tout ce temps. Depuis quand n'avait-il pas posé les mains sur le piano ? Enfin, depuis quand n'avait-il pas réellement joué ? Des mois ... Bien avant la disparition de Charisma. Et cet événement n'avait rien arrangé. Il avait perdu le goût de la musique. Peut-être qu'avec le retour de sa soeur, cela changerait. Il effleurait les touches d'ivoires comme si elles étaient précieuses et mystiques. Il regrettait le temps où la musique sortait de ses doigts, où il créait simplement en posant les mains sur le clavier. A cette époque, il créait à tout moment, en abondance. Neal louchait sur le grand instrument avec une lueur de mélancolie dans ses prunelles et une étincelle d'envie de goûter de nouveau à cet art si transcendant.

Un bruit de porte le tira de ses rêveries. La princesse en nuisette était affamée, elle avait trouvé une des seules choses mangeables de l'appartement et croquait déjà à pleines dents le fruit. Neal rayonna à son apparition. Elle avait l'air plus en forme et semblait déjà avoir recouvré de l'appétit. C'était une bonne chose. Il s'approcha en souriant. Sa tentative fut reçue par une Charisma méfiante et impulsive. La pomme vola en sa direction. Il ne s'y attendait pas. Elle faisait les yeux ronds, la main sur sa bouche, réalisant son erreur. « Chare c'est moi ! » Il avait les paumes en avant pour la rassurer. Ils s'examinaient, se contemplaient. Le visage familier de la jeune femme lui écorcha doucement le cœur. Ces yeux noisette, cette bouche tordue par la surprise, ces épaisses mèches ébènes, cette silhouette maigrelette. Il les connaissait par coeur. Il fit un pas vers elle. « C'est bon, tu ne crains plus rien. » Elle se décontracta. Lui aussi. L'homme baissa les mains pour les coller le long de ses flancs. Ils se fixèrent un moment en souriant. Les coins de ses yeux se plissèrent, sa bouffe fit la moue, il pouffa. « On dirait que t'as vu un fantôme Moustique ! » Un sourire espiègle, un regard bienveillant et il réduisit aussitôt la distance les séparant. Il avait ouvert les bras pour l'y accueillir. Aussi improbable soient leurs retrouvailles, elles étaient bien réelles. Neal l'enlaça d'abord doucement, de peur que cela ne soit qu'une fragile illusion. Puis il la serra plus fort, par crainte qu'elle ne lui échappe.

© design et code by malbe



Dernière édition par Neal Draper le Mar 26 Mai - 19:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: A all new sister. We meet again [Charisma]   Lun 25 Mai - 13:01




Couldn't stop caring
We are our best defense

Le fruit touche ses lèvres qui y goûtent avec délice, avec envie ; infect produit. Aussitôt croqué, elle en semble rebutée. Si fade. La pomme n'a ni goût, ni saveur, elle en perd même de sa couleur. Elle est mûre, n'a aucune trace de pourriture et pourtant, Charisma la trouve impropre à la consommation. Mais son questionnement chavire bien vite quand c'est une voix qui tinte dans son dos. Faisant volte-face, elle fait voler l'objet dans sa direction, celui-ci percutant la tête de son frère. Surpris, passant l'encadrement de cette porte, il lève alors les mains en signe de paix. « Chare c'est moi ! » lui dit-il, presque suppliant. Elle la voit, cette flamme outrée, ce regard meurtri, elle le voit se poser sur elle, chercher cette sœur qui s'est enfuie. Est-elle revenue? Elle hésite, se mure dans un silence qui fait écho à sa poitrine, à ce cœur semblant si vide. N'osant bouger, elle le regarde avancer. Et elle, elle a presque envie de reculer. Se faisant violence pour ne pas bouger, les visions de ces derniers mois lui reviennent. Les seuls êtres à s'approcher de vous sont ceux qui quémandent votre sang, avides de goûter à votre chair, de dérober cette vie qui vous anime. Au fond, Charisma a peur. Elle n'arrive pas à chasser ces atrocités de son esprit. Ses démons la hantent encore au jour d'aujourd'hui. « C'est bon, tu ne crains plus rien. » souffle Neal. Mais elle bute sur ses mots, rechigne à les croire. On n'est jamais vraiment en sécurité. Acceptant cependant cette étreinte, elle tente de se détendre, de dénouer ce corps qui lui semble si dur, bloc de pierre, visage de marbre aux prunelles emplies d'amertume. Elle a faim sans pouvoir se repaître. Elle a mal sans arriver à se refaire. Elle le voit, le sent la serrer, un peu plus fort à chaque instant. Ne devrait-il pas être en colère contre elle? Ne voudrait-il pas l'égorger pour l'avoir laissé, abandonné ; trahi? Mais Neal ignore tout. Il ignore que Charisma a tué pour lui avant de s'enfuir loin des murs tout comme il ne sait qu'elle a menti cette nuit-là au sujet d'Anger. Alors, elle le laisse faire, le laisse l'enserrer dans cet étau familial qui lui non plus, n'a plus autant d'impact sur son cœur. Charisma, elle se sent vide ; elle se sent seule. Rongée par ses mensonges, par son malheur, elle pleure en silence sa douleur, sa rancœur envers sa personne. Elle se déteste.

« On dirait que t'as vu un fantôme Moustique ! » lui avait-il dit avant de la serrer. Et elle, après quelques secondes, daigne finalement à lui donner une réponse. « J'en ai vu... » murmure-t-elle doucement. Femme brisée, poupée désenchantée, elle peine à respirer. Pourtant elle est heureuse. Elle est heureuse de le retrouver, de revoir son visage. Heureuse d'être revenue, rentrée ; d'être à la maison. Ses doigts finissent par accrocher cette chemise, doucement, ses mains s'agrippant peu à peu, se mêlant à cette étreinte. Chris ne réalise pas encore, pas vraiment ce qu'il se passe. Mais alors que son esprit entame son éveil, se plonge dans ce retour à la réalité, son visage se pose sur cette épaule, s'enfouit dans son cou. Et lentement, une larme roule sur sa joue, dévalant la peau pour venir s'écraser plus bas. Elle est de retour. Elle a réussi. Mais quelque chose en elle lui souffle qu'elle n'a pas entièrement réussi, pas vraiment. Car Chris, elle n'a plus rien d'humain. Elle ne se sent pas vivante. Et le visage de la chose lui revint en mémoire, mordant sa cheville et blessant son orgueil. Alors que ses lèvres sont en contact avec cette frêle peau du cou, chaud nid dans lequel son visage a trouvé refuge, elle se sent affamée, comme attirée par les douces effluves qui émanent du brun, la joie qui se dégage. Elle veut la dévorer. Le cœur battant, les yeux fous, elle comprend que quelque chose cloche, que quelque chose ne va pas. Alors, elle repousse cet être qu'elle ne veut pas blesser. D'un geste brusque, spontané, elle met fin à leur étreinte, repousse ce frère si heureux de la retrouver. Elle le regarde, légèrement apeurée et souffle: « Ne m'approche pas... » L'autre n'a pas l'air de comprendre, fait un pas en avant et elle crie de plus belle. « NE M'APPROCHES PAS!! » Elle le voit, ce lien qui les unissait alors, elle le voit et le coupe, sans attendre. La lueur dans ses yeux s'éteint tandis que celle, presque folle, dans les ébènes de la belle s'allume, se vivifie. Tremblante, elle a un mouvement de recul, fais un pas en arrière. Le vois-tu? Oh dis, le vois-tu Neal, ce démon que j'abrite?, pense-t-elle. Le vois-tu, ce monstre? Me vois-tu?
Revenir en haut Aller en bas
 

A all new sister. We meet again [Charisma]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Welcome. I'm Ranim. Nice to meet you. :)
» Charisma ; «Montre-moi, que la vie est belle...»
» Meet me The.Equinox
» Deborah + I'm a social vegan... I avoid meet
» Une petite Rêveuse parmi vous !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-