AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 2658
↳ Points : 488
↳ Date d'inscription : 19/04/2015
↳ Age : 20
↳ Avatar : Giza Lagarce
↳ Age du Personnage : vingt et un ans.
↳ Métier : croupière au Bones.
↳ Opinion Politique : résistante extrêmiste.
↳ Niveau de Compétences : niveau deux.
↳ Playlist : ocean avenue - yellowcard | cruel - the veronicas | paralyzed - against the current | reckless - you me at six | haunting - halsey | before the worst - the script | doubt - twenty one pilots | anything - hedley | nicotine - panic! at the disco | robbers - the 1975 | just the way i'm not - all time low
↳ Citation : « There's a piece of you that's here with me, it's everywhere I go, it's everything I see »
↳ Multicomptes : Mackenzie Caulfield & Nataliya Clarke.
↳ Couleur RP : #BD5737



Feuille de perso
↳ Copyright: empty gold. & endlesslove & jump-again
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Ven 22 Mai 2015 - 12:00




Vittoria & Charisma
I woke up this morning with a grudge the size of a short story, oh, I feel, I feel so low. Let me start at the end, the part I haven't figured out yet. Yes, I am, I'm moving slow. You are playing the lead. The headache that my actions feed. Oh I've only got myself to blame. This is another test which I would fail when at my best, Oh, always ending the same. If I were an honest guy. I'd give this role another try. What do I do when I am so in love with you? I forgot what I wanted to say. What do I do when you won't change your ways? It's time, it's time. If I just saved you, you could save me too. If I just saved you, then you could save me too. I woke up the next morning and I didn't see it coming. Oh, your bags were packed and gone. Called all your friends, they said they hadn’t seen you yet. Oh, my head's going to explode. If I were an honest guy. I'd give this role another try. What do I do when I am so in love with you? I forgot what I wanted to say. What do I do when you won't change your ways? It's time, it's time. If I just saved you, you could save me too. If I just saved you, you could save, you could save me too down +
« I've only got myself to blame »


L'angoisse. La peur, paralysante, de se donner en spectacle devant une salle comble. Devant des dizaines de gens prêts à vous applaudir ou à vous rire au nez à la moindre erreur. Certains appellent ça le trac dans le jargon des artistes. Le sang qui bouillonne dans vos veines jusqu'à vous faire perdre tout vos moyens, jusqu'à vous faire tout oublier, à quelques secondes du levé de rideau. Il paraît que c'est normal. Que c'est même bon signe. Certains disent même qu'un artiste qui ne ressent plus rien avant d'entrer en scène n'est plus un artiste. Qu'il est fini. Que la passion s'est éteinte. Et pourtant. Malgré tout ce qu'on a pu lui dire, cette boule au ventre, si pesante, elle s'en passerait volontiers. Même après des semaines à chanter sur la scène du Masquerade, la pression reste inchangée, identique au premier jour. Au premier soir. Dans les loges, elle se répète son texte en boucle, battant le rythme de la musique du bout des doigts. Les yeux fermés, concentrée, elle a peur d'oublier. La pire chose qui pourrait lui arriver, se retrouver sur scène et ne pas savoir quoi dire, quoi chanter. Le trou noir. Elle le redoute toujours, bien qu'elle n'ai jamais eu à lui faire face. Une dernière fois, juste une dernière fois. Les paroles de la chanson défilent dans son esprit, occupant la moindre de ses pensées, totalement dévouées au spectacle. Assise devant son miroir, elle se refait le film de sa prestation, image par image, seconde par seconde. Comme une poésie qu'on récite. Elle connaît tout ses déplacements, chacun de ses gestes est placé sur la musique, une chorégraphie qu'elle ne connaît que trop bien. Mais qu'elle appréhende toujours.

« Vittoria, c'est bientôt à toi », la prévient un assistant après avoir frappé à la porte. Elle hoche machinalement la tête, le cours de ses pensées interrompu, mais refusant de répondre par des mots, trop effrayée de perturber sa mémoire. Elle souffle, longuement, comme pour se débarrasser de tout ce stress, en vain. Une dernière retouche maquillage, un coup de pinceau sur son visage, un peu de rose sur ses joues, un trait noir pour souligner ses yeux déjà sombres. Elle se lève, se contemple une dernière fois, raccorde ses cheveux d'ébène pour qu'ils tombent joliment sur ses frêles épaules et sort de la loge, gagnant les coulisses.

Camouflée derrière l'épais rideau de velours, elle fait les cents pas. Perchée sur ses talons aiguilles, noirs à la semelle rouge - pour s'accorder à l'ambiance du cabaret - la chanteuse peine à se détendre. Le vacarme dans la salle parvient jusqu'à elle et confirme qu'une fois de plus, très peu de sièges resteront vides ce soir. Tant mieux. Elle aura certainement plus de pourboires. De ce côté de la scène, tout est sombre. Des câbles électriques traînent un peu partout sur le sol, des accessoires sont rangés ça et là. L'envers du décor est aussi palpitant, voire plus, que ce à quoi le public assiste. Après quelques minutes d'allers et retours sur place, l'assistant revient vers elle. Plus que quelques secondes. Plus que quelques secondes et elle sera de nouveau seule, devant cet auditoire qui ne manquera pas de lui faire savoir si sa prestation fut à son goût, ou pas. Plus que quelques secondes, pour quelques minutes de plaisir. Elle lève les yeux pour voir son micro installé. Il ne manque plus qu'elle.

Sur les planches, ses talons claquent. Comme un compte à rebours. Son cœur palpite, de plus en plus vite, augmentant sa température corporelle considérablement. La chaleur se fait ressentir. Et les projecteurs, braqués sur elle, n'arrangent rien. Sa peau tiraille, agressée par l'intensité des lumières. La chanteuse se concentre, tentant d'oublier ces petits désagréments. Le rideau s'ouvre, le silence gagne l'audience, la musique démarre. Quelques notes de piano, un prélude, pendant lequel elle aime à contempler la salle. Quelques fois, un visage connu se glisse dans la foule et elle sourit. Visiblement pas ce soir. Le prélude se termine. Sa voix résonne contre les murs, les notes s'échappent de sa gorge, comme un automatisme. Ses mouvements sont contrôlés. Ses regards aussi. Pour ne pas se plonger complètement dans les prunelles de quelqu'un, elle a prit l'habitude de poser ses yeux dans le fond de la salle. Les gens ont l'impression qu'elle les regarde, il n'en est rien. Pourtant, ce soir, dans le fond de la salle, s'est immiscé une ombre. Dans le fond de la salle, un mirage, une illusion lui apparaît. Et son regard, neurasthénique et caverneux, la chanteuse le croise, bien malgré elle.  

_________________
    I've been looking all night watching them empty hours. Invisible to these crowds, always double vision. I've been losing my mind listening to broken speech. Stacking up broken seats, it's a lonely picture. And I hear your voice as it echoes 'round my head. Always that same thing that you said. Get out, get out, while you still can.


Dernière édition par Vittoria K. Bathory le Mer 3 Juin 2015 - 13:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2372-vkb-you-were-my- En ligne

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Ven 22 Mai 2015 - 23:20




In your head
they're still fighting

On raconte qu'un zombie peut vous arracher la jugulaire d'un coup de dents rapide, cherchant en premier lieu les plus gros afflux sanguins de votre système. On raconte aussi qu'une fois mordu, votre corps se couvre de spasmes, longs, violents, d'une douleur inouïe, que de la bave se forme aux coins de vos lèvres comme si vous aviez la rage tandis que vos yeux ne cessent de rouler dans leurs orbites ; puis, vous devenez comme eux. Mais ce qu'on raconte au sujet de ces morts, Charisma comprend désormais que ce ne sont qu'absurdités et non-sens. De pauvres poules effrayées, apeurées à l'idée même d'apercevoir l'un de ces monstres. Si lents, si bêtes ; et pourtant si dangereux. Assise en tailleur sur son lit, la brune touche instinctivement sa cheville. La peau est comme neuve, comme si rien ni personne ne l'avait touchée. Or elle sait bien que c'est faux. Elle le sait, depuis que Faith s'est enfuie, regard outré, claquant la porte derrière elle. Elle le sait, depuis l'instant où ce fruit toucha ses lèvres, devenant aussi insipide que son reflet dans le miroir. Neal n'était toujours pas revenu. Il était parti tôt ce matin, la laissant seule dans l'appartement vide. Se levant doucement, elle se posta devant la petite fenêtre éclairant d'une lueur pâle ses traits tirés. On lui avait demandé ce dont elle se souvenait, comment elle était arrivée là. Mais des souvenirs, elle n'en avait aucun. Pas depuis l'attaque, pas depuis cette balle qu'elle faillit s'injecter dans la tête. Elle avait survécu à la morsure. Qu'était-elle devenu donc? Une mutante? Y en avait-il d'autres dans le même cas? Mais surtout, pourquoi ne se rappelait-elle de rien après son évanouissement? C'était comme si sa mémoire avait fait barrage, blocage sur ces évènements. Mais que lui était-il donc arrivé? Soupirant, la faim lui tordait le ventre sans qu'elle parvienne à trouver quoi que ce soit pouvant la rassasier. Perdue, se sentant extrêmement seule, elle ne savait que faire. C'est alors que l'image d'un petit visage, souriant et chaleureux, lui apparut. Non, elle n'était pas perdue. Elle savait exactement ce qui lui restait à faire.

La nuit tombait sur les quartiers de Treme, endroit bien peu fréquentable pour une jeune femme non accompagnée. Si autrefois elle avait sa magie pour se défendre, sa nouvelle condition lui laissait un abominable sentiment d'insécurité. Elle, la célèbre Charisma, ex-archéologue et nécromancienne de renom, gestionnaire de la trésorerie du gouvernement, tremblait à l'idée de parcourir les ruelles de son propre quartier. Couarde? Pas le moins du monde. Elle était simplement lucide. Vêtue d'un tailleur noir, jupe crayon et chemisier blanc assortis, elle avait fait attention à son apparence. Comme l'ancienne Charisma l'aurait fait. C'était sa première sortie en ville depuis son retour, et elle ne voulait pas que la rumeur de sa réapparition s'accompagne de remarques peu gratifiantes à son égard. Son image était primordiale, surtout si elle voulait continuer cette lutte acharnée contre le pouvoir. Elle avait besoin de montrer fière allure. Marchant droit, menton relevé, yeux scrutant l'obscurité, elle avait tout de même opté pour des chaussures à talons plats, sandales romaines lacées lui remontant jusqu'au genou. Elle était de retour, mais ne souhaitait pas faire état de présence plus que de mesure. Pas ici, pas à cette heure. Elle souhaitait rejoindre le quartier ouest saine et sauve. Surtout qu'immédiatement, en y pensant bien, elle n'était rien. Fini la trésorière gouvernementale, finis les privilèges et chuchotements sur son passage ; elle était considérée comme disparue. Car trois mois sans donner signe de vie n'est pas exactement la meilleure façon de se faire bien voir du patron. Ni même d'éteindre les rumeurs à son sujet, bien au contraire. Et des congés payés, dans ce système-ci, n'étaient pas exactement chose envisageable. Avisant la faible lumière brillant au loin, ses craintes s'apaisèrent quelque peu. Elle était presque arrivée. Mais, comme une marque laissée au fer rouge, son effroi monta en flèche. C'est quand on croit le but atteint, quand notre attention décroît que l'on devient proie facile. Charisma en avait payé le prix deux jours plus tôt, et elle ne se portait pas volontaire pour retenter l'expérience. Regardant frénétiquement sur les côtés, elle entama même de retenir sa respiration durant les derniers mètres la séparant de la bâtisse. Son cœur tambourinait contre sa poitrine tandis que ses doigts effleurèrent la poignée, son esprit torturé n'ayant de cesse de lui hurler qu'une mort imminente se préparait. Mais alors qu'elle ouvrit grand la porte du Masquerade, seul un bruit assourdissant lui éclata au visage. Relâchant la pression, inspirant un grand coup, son cœur entama sa descente, retrouvant un rythme plus sain. Affichant de nouveau ce visage impassible qui lui allait si bien, elle passa donc le pas de porte, tentant d'oublier que le même trajet l'attendait au retour.

Dans un brouhaha monstre, hommes et femmes - bien que celles-ci soient en minorité - s'évertuaient à rire et hurler plus fort que leur voisin, comme s'il eût un prix décerné à la fin. Ignorant bavardages, évitant les zones dangereuses où quelques bagarres semblaient sur le point d'éclater, Charisma alla s'installer au fond de la pièce. S'appuyant contre le mur, les yeux rivés sur la scène, elle attendit alors. Mais son impatience n'eût pas occasion de grandir, les lumières commençant tout juste à baisser, le rideau à se lever. C'est alors qu'elle la vit. Vittoria. Debout sur l'estrade, la frêle silhouette s'imposa au milieu de tous, intimant sans un mot le silence, qui ne tarda pas à suivre. La musique entama sa frénétique danse, faisant se balancer quelques têtes sur son rythme entêtant. Puis vint la voix. Sa voix. Vittoria avait un timbre magnifique, coulant ; magique. Et Chris un instant, ne put s'empêcher de baisser les armes, fermant paupières, se laissant bercer par la musique. Elle pourrait presque en oublier tous ses soucis. Mais l'image vive de cette tête avide de sang lui revint en mémoire, dans ce noir obscur et paisible qu'avait tenté de recréer son esprit. En vain. Rouvrant les yeux, déglutissant avec peine, elle se concentra à nouveau sur ce visage si familier. Mais alors que les yeux de la chanteuse finirent enfin par rencontrer les siens, un doute plana, la frappant mortellement au ventre. Et si Vittoria ne lui avait pas pardonné son départ? Et si elle avait changé? S'assurant que l'autre l'avait bien vue, elle entama de bouger, se déplaçant en silence au fond de cette salle muette de souffles. Seul celui de la jeune fille s'évertuait à être contrôlé, maîtrisé, résonnant dans l'air. Chris savait que cela lui demandait beaucoup de courage pour monter sur scène de nouveau. Chris savait tout ça, parce que Vitt, elle la considérait comme sa petite sœur. Elles se disaient tout, presque. Du moins Vittoria lui disait-elle tout, avant. Mais alors que ce regard ébène suivait son déplacement fantomatique, elle n'était plus sûre de rien. Beaucoup de choses peuvent changer en trois mois. Et sur cette pensée, elle ouvrit discrètement la porte, retrouvant ainsi le calme de la nuit. Mais avant de refermer celle-ci, elle lança un dernier regard à sa cadette, lui faisant bien comprendre le message. « Je t'attends. » miment ses lèvres dans un dernier appel, avant de disparaître derrière la porte de fer. Et soudain, le silence l'enveloppa de nouveau, la nuit l'enserra de son étau de ténèbres. Les rues sont pleines de danger elle le sait, elle le sent. Et pourtant, elle trouve une certaine quiétude à ce noir envoûtant, une certaine...clarté. Le fait est qu'elle arriver à discerner chaque ombre, chaque forme avec une netteté impressionnante. Levant les yeux, la lune pointait pourtant le bout de son nez dans le ciel pollué. Mais si cette nouvelle vision lui paraissait étrange, la mettant sur le compte de la lune sans doute plus brillante, elle n'en oubliait pas la jeune brune qui, elle l'espérait, allait rapidement la retrouver. Ou même la retrouver tout court. Car elle sait au fond d'elle que les bêtes et les morts ne sont qu'absurdités face au doute de voir sa seule petite sœur s'envoler.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2658
↳ Points : 488
↳ Date d'inscription : 19/04/2015
↳ Age : 20
↳ Avatar : Giza Lagarce
↳ Age du Personnage : vingt et un ans.
↳ Métier : croupière au Bones.
↳ Opinion Politique : résistante extrêmiste.
↳ Niveau de Compétences : niveau deux.
↳ Playlist : ocean avenue - yellowcard | cruel - the veronicas | paralyzed - against the current | reckless - you me at six | haunting - halsey | before the worst - the script | doubt - twenty one pilots | anything - hedley | nicotine - panic! at the disco | robbers - the 1975 | just the way i'm not - all time low
↳ Citation : « There's a piece of you that's here with me, it's everywhere I go, it's everything I see »
↳ Multicomptes : Mackenzie Caulfield & Nataliya Clarke.
↳ Couleur RP : #BD5737



Feuille de perso
↳ Copyright: empty gold. & endlesslove & jump-again
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Jeu 28 Mai 2015 - 17:17




Bien que perchée sur l'estrade, elle n'est plus vraiment là. Son esprit divague, s'éloigne, de plus en plus. Sa prestation - pourtant des plus importantes - se voit reléguée au second plan. Ses prunelles sombres vissées dans celles de la revenante, elle s'exécute sans même y penser, sans même réfléchir. Des automatismes qui lui sauvent la mise, ce soir. Les clients n'y voient que du feu mais dans sa tête, elle s'imagine les pires scénarios. De la fumée qu'elle cherche désespérément à attraper à mains nues, mais qui lui file entre les doigts, encore et encore. Des espoirs vains qui viennent la hanter. Une hésitation qui l'envahit, toujours un peu plus. Des doutes ancrés de plus en plus profondément dans les limbes de son âme. Et si elle rêvait en fin de compte ? Et si cette ombre n'était que le fruit de son imagination ? Là, tout de suite, elle n'a que faire de sa chanson, du public qui la regarde intensément. Elle s'en fiche. Elle n'a d'yeux que pour ce mirage, cette vision impossible qui lui retourne l'esprit. Elle voudrait couper court, descendre de la scène et quitter les planches pour aller palper la chaire et sentir à nouveau sous ses doigts fins l'épiderme de cet être indicible, à qui la chanteuse tient si fort. La brune peine tellement à y croire, croire qu'elle est bien là, qu'elle voudrait tout abandonner pour avoir l'occasion de rattraper tout ce temps mis de côté. Comme une pause dans leurs existences pendant laquelle elles ont pourtant continué de vivre. Intensément.

Elle se voit finalement tirée de sa réflexion, brutalement, quand l'ancienne trésorière se lève et semble se diriger vers la sortie. Non, pas déjà. Elle ne peut pas partir comme ça, sans rien dire, sans même lui avoir parlé, sans lui avoir tout expliqué. Un froncement de sourcils vient déformer le visage de la chanteuse qui en vient déjà à penser à tout ce qu'elle pourrait jeter au visage de Charisma pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas le droit de faire ça. Qu'elle n'a pas le droit d'apparaître, de faire naître cette lueur d'espoir en elle avant de l'éteindre en disparaissant subitement, encore une fois. Elle lui en voudrait, beaucoup, beaucoup trop. Mais dans un dernier regard, avant de refermer la porte en fer noir derrière elle, l'aînée lui souffle un « Je t'attends » qui arrache un large sourire à la brunette, pourtant encore sur scène. Elle n'attend qu'une chose désormais, que la musique s'arrête, saluer brièvement la salle avant de s'engouffrer dans les coulisses. Pour enfin, enfin, retrouver Chris. Sa Chris. Et c'est chose faite, plus tôt qu'elle ne le pensait. Les notes s’essoufflent et s'estompent dans l'atmosphère, laissant derrière elles un silence lourd mais très vite comblé par des applaudissements. Les gens n'ont pas l'air d'avoir remarqué les absences de la chanteuse, du moins n'en ont-ils pas tenu compte. Tant mieux. Et au pire, tant pis. La jeune femme lâche son micro, s'avance d'un pas, accroche un sourire sur le haut de ses joues et salue. Une courbette rapide, qu'elle fait en sorte de ne pas éterniser. Elle retrouve ainsi la faible luminosité des coulisses mais ne prête même pas attention à l'assistant qui, comme chaque soir, tient à la féliciter. Son esprit est déjà loin. Dehors. Avec celle qui l'attend. Elle longe le bar et se glisse furtivement à l'extérieur. Quittant le brouhaha ambiant du cabaret pour le calme du quartier.

« Chris ? ». Évidemment que c'est elle. Qui d'autre ? La cadette s'avance vers celle pour qui elle avait imaginé le pire. Le pire, qu'elle n'aurait certainement pas supporté d'ailleurs. Après l'épreuve qu'Ange l'avait contrainte de subir, cette mort orchestrée de toutes pièces mais à laquelle elle avait cru, comme tout le monde, perdre Charisma aurait été de trop. Pourtant, devant la façade illuminée de rouge, le rêve semble devenir des plus réels - pour le plus grand bonheur de la rebelle. « Dis-moi que tu as une bonne raison d'avoir disparu pendant si longtemps, s'il te plaît... ». Comme désespérée, la rebelle plonge ses yeux compatissants et sincères dans ceux de son aînée, refusant de baisser la tête, de peur qu'elle ne s'évapore. « J'étais tellement inquiète, où t'étais passée ? ». Des milliers de questions l'assaillent mais c'est pourtant celle-ci qui échappe à ses lèvres en premier. Le besoin viscéral de connaître la vérité, d'avoir des réponses et de les avoir vite se fait de plus en plus présent. Oppressant. Elle bouillonne de l'intérieur ; et comme pour s'assurer de la véracité de ce qu'elle croit voir, la chanteuse prend la main de sa consœur et la serre fort entre ses doigts. La chaire ne s'y dérobe pas, elle est bien là. Chris est bien là. Mais c'est autre chose qui lui fait secouer la tête. Cette impression, ce sentiment qui l'a envahie quand leurs deux épidermes sont entrés en contact. Quelque chose a changé chez Charisma. Elle n'est plus la même, elle n'est plus sorcière. Mais qu'est-elle devenue ? Que s'est-il passé ? Les capacités de la jeune femme ne sont pas assez développées pour qu'elle soit capable de mettre un nom sur la nouvelle condition de l'ancienne trésorière. Mais elle sait, elle sait que quelque chose de fondamental en elle s'est métamorphosé. « C'est pas prudent d'être venue ici ce soir, on pourrait nous voir ensemble et... ». Elle s'interrompt. Comme rattrapée par la réalité. Une réalité qu'elle avait volontairement suspendue. Mais qui, au moindre signe de faiblesse, se réveille. « Peu importe, dis-moi ce qui t'es arrivé d'accord ? ». On avisera après, pense-t-elle aussi mais se refuse à prononcer ces mots pour ne pas inquiéter Charisma. Pour ne pas la faire fuir. La seule chose qui l'inquiète, elle, pour l'instant, c'est de tout savoir du mauvais plan dans lequel sa grande sœur s'est embarquée trois mois plus tôt. Une inquiétude immédiatement traduite dans les mains de la brunette, serrant plus fort que jamais les doigts de sa chère Chris entre les siens.

_________________
    I've been looking all night watching them empty hours. Invisible to these crowds, always double vision. I've been losing my mind listening to broken speech. Stacking up broken seats, it's a lonely picture. And I hear your voice as it echoes 'round my head. Always that same thing that you said. Get out, get out, while you still can.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2372-vkb-you-were-my- En ligne

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Dim 14 Juin 2015 - 10:32




In your head
they're still fighting

Alors que la musique s'élance, que la voix cristalline emplit l'air de sa nostalgie, pureté infinie, la brune entrouvre la porte, faisant sa sortie. Le regard braqué sur elle, la chanteuse ne la quitte pas des yeux, et les lèvres de la belle miment une silencieuse promesse avant de disparaître: « Je t'attends. » L'ombre se fane alors, traversant pour de bon l’encadrure de la bâtisse. Arrivée au dehors, Charisma inspire profondément l'air frais, yeux clos. Elle n'était plus habituée au vacarme de la ville, ayant vécu près de trois mois en solitaire, là où le bruit était synonyme de mort. Si elle avait craint ces rues, espéré entrer dans l'établissement le plus vite possible, son jugement se ravisa quelque peu. A bien y regarder, les rues n'étaient pas si sombres, la nuit pas si noire. Elle dirait même qu'elle n'avait jamais aussi bien vu. Jetant la tête en arrière, les iris rivés sur ce ciel parsemé de nuages, elle ne mit pas longtemps à discerner la lune, se cachant paresseusement derrière un voile grisé. Réduite de moitié, la brune comprit que ce n'était pas sa clarté qui éveillait les ombres, lui permettant de mieux les discerner. Mais si la lune n'était pas la fautive, qui l'était? Un grincement de porte la coupa alors net dans sa réflexion. S'inscrivant dans l'encadrure, refermant la porte d'acier derrière elle, elle la vit enfin. Vittoria. « Chris ? » demande-t-elle, hésitante. Le cœur de la brune se serre malgré elle tandis que sa gorge a peine à déglutir. Lui pardonnera-t-elle? « Elle-même. » souffle la brune, esquissant un timide sourire pour accompagner ses mots. Pour dire vrai, elle ne sait pas à quoi s'attendre. La jeune femme pourrait tout aussi bien la gifler que lui sauter dans les bras. Elle-même ne sait pas comment elle aurait réagi si la brunette la laissait tomber.

S'avançant doucement, sans un mot, elle la fixe, accentuant ce malaise terrible qui ronge son aînée. « Dis-moi que tu as une bonne raison d'avoir disparu pendant si longtemps, s'il te plaît... » finit-elle par articuler, les yeux à la fois perdu et suppliants. Charisma a alors l'impression que la cadette tient son cœur en main, serrant un peu plus fort à chaque pas, l'empêchant de respirer. Une bonne raison? Non. Y avait-il seulement une bonne raison pour abandonner les siens? Charisma ne le pensait pas. Si elle était partie, c'était pas pur égoïsme. Alors que répondre à l'adolescente? Lui compter cette fois où son frère manqua de se faire abattre sous ses yeux? Lui souffler à quel point elle a pris plaisir à ôter la vie de son cœur, à la voir s'envoler? Ou peut-être devrait-elle lui narrer ses péripéties, sa fin qui aurait dû s'annoncer tragique alors qu'elle rampait jusque ce chez elle qu'elle avait rejeté? Triste ironie qu'était sa vie, jonchée d'obstacles, parsemée d'erreurs. Non. Charisma n'avait rien à dire sur tout ça ; ou bien trop. Le temps lui manquait, le souffle aussi, et comme une évidence, ne sachant formuler d'autre mot, elle murmura: « Désolée. » Demander son pardon? Elle sait qu'elle n'y avait pas droit. Elle n'osait pas même le formuler. Pourtant, comme une rédemption accordée, la brune se laissa submerger par cette amitié profonde qu'elle éprouvait à son égard, laissant de côté les doutes, les regrets ; pas les questions. « J'étais tellement inquiète, où t'étais passée ? » Tant de questions sans réponses, d'interrogations auxquelles l'aînée ne souhaitait pas répondre. Vittoria n'a pas vu ce qui rôde à l'extérieur des murs, n'en a eu qu'un très bref aperçu. Elle ignore tout de la folie meurtrière qui s'empare de chacun, incite les rares humains à en capturer d'autres pour mieux les dévorer, ou pire, les offrir en pâture aux morts. Vittoria n'a pas vu cette ville en décombre, ces murs en lambeaux et ces entrailles immondes d'une ville autrefois animée. Chaque rue, chaque ruelle peut se transformer en impasse à tout moment. Respirer en est devenu interdit, ne soufflant que de brèves secondes, retenant majoritairement son souffle dans le risque d'être découvert. Magasins pillés, jardins dévastés, corps en décomposition, tout est fait pour parfaire ce tableau apocalyptique.

Hochant un instant la tête, la faisant pivoter de droite à gauche dans un signe négatif, sourcils froncés, elle détourna un instant les yeux, tentant d'effacer les images emplissant ses yeux. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce qu'elle avait vu, qualifier les places où elle était allée. Elle sait juste qu'elle avait parcouru bien trop de chemin depuis la Nouvelle-Orléans, qu'elle n'aurait jamais du la quitter. N'osant plus la regarder, elle se contente de répondre de manière vague, esquivant toutes les questions que se posaient la brune, les balayant d'un revers de main pour ne laisser que poussière. « Dehors... » Un silence. Seule la brise du soir leur répond, s'immisçant entre elles. « C'est pas prudent d'être venue ici ce soir, on pourrait nous voir ensemble et... » souffle alors son amie. Mais sa phrase reste alors en suspens, comme si les mots n'arrivaient pas à sortir, comme si elle ne voulait pas qu'ils sortent. Charisma avait l'impression d'avoir fait une erreur en venant ici ce soir. Non seulement elle mettait cette petite sœur en danger, mais en prime elle ne lui apportait que mensonges, vérité à demi dévoilée. Qu'était-elle venu chercher ici? Elle se le demande. Mais alors qu'elle s'apprêtait à lui donner raison, s'évaporant dans la nuit, l'autre insista. « Peu importe, dis-moi ce qui t'es arrivé d'accord ? » Son regard se pose sur elle de nouveau, parcourant ces traits si familiers, ces traits enfantins qui lui avaient tant manqué. Malgré elle, la brune sourit doucement, un sourire triste, un sourire vrai. Charisma a peur. Au fond, elle est morte de trouille quand à ce qu'il va se passer. Ne pouvant pas même enlacer ce frère à qui elle a menti, la conscience lourde, de peur d'en aspirer la vie. Elle n'est plus elle, elle a changé. Changé en monstre. Ouvrant la bouche, elle la referme aussitôt. Que dire? Que répondre? La vérité, lui souffle une voix. La vérité...la connaît-elle seulement? Alors, se laissant guider par son instinct, par cette confiance aveugle en la brunette, elle murmure: « J'en suis une. » Son cœur tambourine dans sa poitrine, le sang battant dans ses tempes. Une quoi? Dis-le! Non. « J'en suis une. » répète-t-elle, comme pour mieux s'encourager à cracher le morceau. Dis-le. Dis-le. Dis-le. Sous le regard dubitatif posé sur elle, Charisma finit par avouer. « Je suis morte. »

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2658
↳ Points : 488
↳ Date d'inscription : 19/04/2015
↳ Age : 20
↳ Avatar : Giza Lagarce
↳ Age du Personnage : vingt et un ans.
↳ Métier : croupière au Bones.
↳ Opinion Politique : résistante extrêmiste.
↳ Niveau de Compétences : niveau deux.
↳ Playlist : ocean avenue - yellowcard | cruel - the veronicas | paralyzed - against the current | reckless - you me at six | haunting - halsey | before the worst - the script | doubt - twenty one pilots | anything - hedley | nicotine - panic! at the disco | robbers - the 1975 | just the way i'm not - all time low
↳ Citation : « There's a piece of you that's here with me, it's everywhere I go, it's everything I see »
↳ Multicomptes : Mackenzie Caulfield & Nataliya Clarke.
↳ Couleur RP : #BD5737



Feuille de perso
↳ Copyright: empty gold. & endlesslove & jump-again
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Sam 27 Juin 2015 - 13:01




Quelques mots balancés dans le vent. C'est tout ce qu'elle perçoit de la voix de son aînée. Un son, à peine audible, un murmure difficilement porté par l'air jusqu'à ses tympans. L'autre ne la regarde même pas, fuyant son regard inquiet. Comme si elle craignant d'être jugée. Elle, ne la quitte pourtant pas des yeux. Ses prunelles sombres suivent inlassablement les hochements de tête de l'ancienne trésorière. Cherchant à la rassurer, un regard doux, débordant d'empathie sculptant douloureusement ses traits fins. Dehors. C'était donc ça. Elle aurait pu parier. La brune n'imagine même pas toutes les horreurs que sa grande sœur d'adoption a pu affronter pendant son long séjour en dehors des murs de la ville. Toutes les créatures, les monstruosités qui n'attendent que de vous sauter à la gorge. Vous réduire à l'état de poussière, vulgaire pièce de viande déchiquetée sans ménagement. Ou pire. Elle même n'en a eu qu'un très bref aperçu. La morsure qu'elle arbore encore aujourd'hui lui ayant été infligée il n'y a pas si longtemps. Mais ce dont elle a été témoin malgré elle, n'était rien à côté de ce qu'à pu vivre Charisma. Trois mois qu'elle survit, quelque part, ailleurs. Elle l'imagine toujours à l'affut du moindre crissement, du moindre coup de vent ou de chaque froissement dans l'épais manteau neigeux new-yorkais. C'est alors un film abominable, à la limite du supportable qui défile devant ses iris troublées. Le soulagement de revoir cet être cher, de constater son retour, n'en est que plus grand. Plus intense. Un frisson désagréable lui parcoure l'échine. Résultat inévitable d'une opération à laquelle elle ne croyait plus. Retrouver Chris. Sa très chère Chris. Oui, elle est bien là. Mais différente. Quelque chose en elle à changé. Elle l'a ressenti au premier regard. Son odeur n'est plus la même et son état de panique ne lui ressemble pas. L'aînée a l'air apeurée, effrayée. Quelque chose cloche mais Charisma ne semble pas vouloir se livrer. Craintive, elle esquive toutes ses questions, l'une après l'autre. Ne prenant même pas la peine de donner une explication à son comportement étrange, balayant ses interrogations d'un revers de la main. Un silence, lourd, pesant, s'installe entre elles. Ne laissant de place qu'à la brise légère du soir. Jusqu'à ce que le couperet tombe.

Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre. L'ayant vécu elle-même, elle sait ce que ces quelques mots, choisis et alignés ensemble signifient. Et puisque l'ancienne trésorière n'a en rien l'air d'un zombie, ça ne lui laisse qu'une seule possibilité. Lourde de sens, cette phrase - lancée comme une bombe - la trouble. De nouvelles questions se bousculent dans sa tête. Comment ? Depuis quand ? Où ? Autant d'interrogations qu'elle réserve pour plus tard. Ou jamais. La décision de les poser se prendra en fonction de l'état physique et psychologique de son aînée. Un état qui, pour le moment, ne semble pas être assez solide. Elle en est une. Elle en fait partie désormais. Mais ne semble pas être capable de le prononcer pour autant. « Tu as été mordue ? ». Une confirmation qu'elle juge nécessaire. Malgré tout. Le front plissé, elle plonge ses prunelles obscures dans celles de Charisma. La forçant à la regarder d'un geste doux de la main sur son menton. Elle comprend maintenant la crainte qui transpire chez sa grande sœur, la peur qui transparaît par tous les pores de sa peau blafarde et qu'elle ne peut plus lui cacher. « Ça va aller, Chris. Je te le promets... », souffle-t-elle en ne quittant pas son interlocutrice des yeux. Un engagement, un serment envers elle-même mais pour celle qu'elle affectionne tellement. La rebelle ne peut que la comprendre. Elle doit se sentir seule, complètement changée. Elle va se prendre pour un monstre, abandonnée par ceux qui ne comprennent pas. Elle va aussi vouloir éviter ceux qu'elle aime, pour ne pas leur infliger sa nouvelle nature. Ne pas risquer de les vider de leur énergie. Tout ça, elle le sait. Elle l'a vécu. Comme une gifle en plein visage, impuissante. Incapable de refouler sa faim insatiable. Jusqu'à ce qu'Ange la retrouve et lui vienne en aide. Elle en fera de même pour Chris. Elle sera là pour elle pendant cette période si compliquée à tous les niveaux. Elle fera ce qui est nécessaire pour qu'elle ne soit pas un danger pour les autres ou pour elle-même. Choquée, elle ne dévoile pourtant rien de son étonnement. « Je vais t'aider, ça va aller ». Elle murmure. Répète sa promesse comme pour en assurer son aînée, l'attirant contre elle doucement. Une étreinte, forte et désirée, intimant à la nouvelle transformée qu'elle ne doit pas craindre le contact. Pas avec elle. Un étau autour de son cou qu'elle espère réconfortant, rassurant. Propice aux confidences. La brune enfoui son visage dans la nuque tremblante de l'ancienne sorcière, aussi apaisée que bouleversée. Lui soufflant sans cesse des « Tu m'as manquée » et « Ça va aller » au creux de l'oreille.

_________________
    I've been looking all night watching them empty hours. Invisible to these crowds, always double vision. I've been losing my mind listening to broken speech. Stacking up broken seats, it's a lonely picture. And I hear your voice as it echoes 'round my head. Always that same thing that you said. Get out, get out, while you still can.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2372-vkb-you-were-my- En ligne

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Dim 12 Juil 2015 - 11:01




In your head
they're still fighting

« Je suis morte. » finit-elle par cracher. La vérité éclate, et avec elle, toutes ses craintes. Qui est-elle finalement? Elle l'ignore. Elle est cette espèce de chose infâme, ni vraiment elle, ni vraiment un autre. Mais une chose est sûre, elle n'est pas elle. Pas entièrement. Charisma n'est plus. Chris non plus. Et toutes les douceurs liées à son passé volent soudainement en éclat. Elle a envie de fondre en larmes, elle qui n'a plus rien à quoi se raccrocher. Quand tout va mal, que tous vous tournent le dos, alors vous pouvez encore avoir la satisfaction d'être vous, d'être vivant et bien portant. Elle? Elle n'a plus ce droit, on le lui a arraché de ses mains pour lui souiller la chair, le sang. Qui est-elle? Une question dont elle n'est pas certaine de vouloir connaître la réponse. Car celle qui lui vient, là tout de suite, n'est pas des plus glorieuses. Un monstre. Voilà ce qu'elle est. Elle est comme eux. Elle finira comme eux. Or elle ne veut pas. Elle lutte intérieurement contre cette soif qui ne fait que grandir, l'appelle au meurtre, lui susurre de s'abreuver. Ce n'est même pas de chair dont elle a besoin, ni de sang. Non, elle s'abreuve de bonheur, volant celui des autres pour compenser la perte des siens. Ignoble créature. Monstruosité. Comment se fait-elle qu'elle soit encore debout? « Tu as été mordue ? » demande la brune. Et à ces mots, son regard se charge d'une étincelle nouvelle, ses prunelles s'ancrant encore dans les siennes. A la fois courroucée et blessée, Charisma ne savait quoi lui répondre. Ne le comprenait-elle pas? Ne voyait-elle pas qu'elle n'était plus la même? Alors, dans un souffle, la brune confirme ces craintes, appelle à la rédemption. « Comment fais-tu... » Son ton est presque suppliant, ses mots prononcés si bas qu'ils en sont presque inaudibles. Comment fait-elle? Mais l'autre ne semble pas comprendre l'agitation qui l'habite, les questions qui l'assaillent. Comme si les rôles s'étaient inversés, elle tente de la rassurer, l'apaiser. « Ça va aller, Chris. Je te le promets... » Mais la brune sait que ce ne sont que mensonges. Mensonges et balivernes. Depuis quand a-t-elle besoin de conseils? Depuis quand Vittoria la prend-elle de haut, la voyant comme plus faible qu'elle n'est? La colère bout en elle, ses yeux s'assombrissent. « Je vais t'aider, ça va aller » Et sur ces mots, la jeune fille enserre le cou de son aînée, l'entourant de ses bras, l’enlaçant contre son gré. En d'autres circonstances, Charisma lui aurait sans aucun doute rendu cette étreinte. Mais désormais, elle ne savait plus vraiment que penser. Elle ne pensait plus à vrai dire ; elle suffoquait. Et chacun des soupirs encourageants, consolateurs murmurés à son oreille attisait un peu plus cette rage sans qu'elle puisse bien la comprendre. Et soudain, sans prévenir, Charisma craqua. Repoussant l'autre d'un seul coup, geste violent l'envoyant à terre, elle la foudroie du regard. « Arrête. » Un mot. Deux syllabes. Et mille intonations de colère. Plus encore d'incertitude, d'incrédulité. Vient-elle réellement de repousser sa jeune sœur? Oui. Et elle en est aussi fière qu'affligée. Charisma, elle ne se reconnaît plus.

Détournant les yeux de l'adolescente au sol, elle secoue la tête frénétiquement. « Je n'ai pas besoin de tes jérémiades. Pas besoin de conseils. Je n'ai pas non plus envie de fausses illusions. » Se retournant, lui faisant de nouveau face, ses yeux brûlent d'une lueur qu'elle-même ne saurait identifier. Une lumière qui ne l'avait pas habitée depuis longtemps. Une lumière qui remontait à la guerre et ses affres, cicatrice immonde que ses années d'engagement dans l'armée avait laissé à son cœur. Cicatrisant peu à peu, lentement, la blessure avait fini par guérir. Un peu. Et tout à coup, voilà qu'elle éclatait de nouveau, la faisant frémir d'horreur, la noyant dans une tristesse sans fin, un déluge de honte et de colère, de mépris et de solitude. Cette fois-ci, elle avait à affronter une autre mort ; la sienne. « Je ne suis plus moi. » souffle-t-elle sans être certaine d'être comprise. Elle sait que Vittoria est passée par là aussi, dans le temps. Elle sait qu'Ange l'a aidée. Mais elle, elle ne pouvait pas aider Chris. Elle n'en avait pas la force. La volonté peut-être, mais cela ne faisait pas tout. Charisma rampait à sa porte, voulant revoir son visage, cherchant un soutien d'une des personnes comptant le plus pour elle ; quêtant une quelconque explication. Et pourtant, elle n'avait pas envie de l'entendre. Grondant en elle, le son de la colère, le dégoût pour cet être siégeant en son corps se manifestait. Ce dont elle avait envie, là tout de suite? Repartir. S'en aller. Fuir loin de tout. « Je ne suis plus rien. » murmure-t-elle, comme une évidence. Rien d'humain. Seule l'enveloppe charnelle donnait cette illusion. Mais la brune savait. Si elle arrachait cette peau, si elle écorchait cette chair et s'ouvrait le ventre, elle ne verrait plus d'organes, elle ne verrait plus de cœur. Elle verrait de la pourriture, la rongeant de l'intérieur. C'était l'impression qu'elle avait, l'assaillant de visions toutes plus affreuses les unes que les autres. Finalement, ne serait-il pas mieux pour elle de disparaître? Pour eux également. S'éteindre définitivement. Laissant échapper un soupire affligé, complètement perdue, ses doigts viennent masser un instant ses tempes, paupières closes. Elle n'aurait pas du venir là. Elle n'aurait pas du revenir. Mais alors qu'elle se martèle ces mots, elle se demande. Comment est-elle revenue d'ailleurs? Car tout ce dont elle se souvient, est de cette affreusité la contaminant, lui ôtant tout espoir de salvation. Elle n'aurait jamais du passer les portes, n'aurait jamais pu les franchir. C'est alors qu'elle se rappelle, qu'elle se souvient. Neal. Ce doit être lui qui l'a sauvé. Pourtant s'il l'a fait, il aurait du voir et comprendre sa nature. On ne se transforme pas en quelques minutes. Non, ça ne collait pas. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle n'arrivait pas même à se rappeler de ce qui lui est arrivé. Qu'a-t-elle fait? Elle a besoin de savoir. Mais il semblait que nul n'ai la réponse ce soir. Encore moins sa mémoire. Se recroquevillant à terre, s'accroupissant, elle se sent faible. Elle a besoin de nourrir cette chose. Si elle ne le fait pas, elle sait qu'elle va mourir. Qu'importe. Cela n'arrivera pas aujourd'hui. Cela ne se produira pas tant qu'elle ne sait pas ce qu'elle est. « J'ai besoin de réponses... » gémit-elle doucement, le regard empli de tristesse ; femme brisée.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2658
↳ Points : 488
↳ Date d'inscription : 19/04/2015
↳ Age : 20
↳ Avatar : Giza Lagarce
↳ Age du Personnage : vingt et un ans.
↳ Métier : croupière au Bones.
↳ Opinion Politique : résistante extrêmiste.
↳ Niveau de Compétences : niveau deux.
↳ Playlist : ocean avenue - yellowcard | cruel - the veronicas | paralyzed - against the current | reckless - you me at six | haunting - halsey | before the worst - the script | doubt - twenty one pilots | anything - hedley | nicotine - panic! at the disco | robbers - the 1975 | just the way i'm not - all time low
↳ Citation : « There's a piece of you that's here with me, it's everywhere I go, it's everything I see »
↳ Multicomptes : Mackenzie Caulfield & Nataliya Clarke.
↳ Couleur RP : #BD5737



Feuille de perso
↳ Copyright: empty gold. & endlesslove & jump-again
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)   Jeu 30 Juil 2015 - 11:13



« Comment fais-tu... »

Le souffle suppliant de son aînée lui laisse un goût amer dans la gorge. Elle peine à déglutir, retrouvant dans les yeux de la brune cet air de dégoût qui habitait ses propres prunelles incertaines il n'y pas si longtemps de cela. Elle retrouve des bribes de ce passé lamentable dans le regard de sa grande sœur, ses attitudes faisant douloureusement écho à celles de la plus jeune. Les souvenirs refont surface, assaillant sans cesse son esprit tourmenté. Engloutie sous la vague de ses mémoires, elle se retrouve muette, incapable d'articuler la moindre parole censée. Mais c'est surtout l'ombre flottant devant les iris sombres de Charisma qui la laisse sans voix. L'aînée n'ose même pas lui faire face. N'ose même pas la regarder dans les yeux. Comme si le fait de partager la même nature lui faisait soudainement comprendre ce qu'elle est, ce qu'elle était déjà au moment de leur rencontre. Et l'en dégoûtait. Profondément. Ce sentiment qu'elle ne connaît que trop bien, la rebelle l'exècre. Bien qu'elle soit consciente que ceux par qui il est éprouvé n'ont peut être pas tout à fait tort, au final. Mais de voir sa grande sœur d'adoption écœurée à ce point par ce qu'elles sont désormais toutes les deux achève de lui fendre le palpitant en miettes. L'aînée la rejette, jusqu'à lui renvoyer son étreinte à la figure sans le moindre ménagement. Son épiderme tendre vient heurter violemment l'asphalte, lui arrachant une plainte sourde. Sonnée, elle se demande quelques secondes durant si la scène s'est bel et bien passée où s'il ne s'agissait que d'une ruse de son esprit malmené. Mais les quelques gouttes de liquide sombre qui viennent perler sur ses paumes meurtries viennent confirmer ses craintes. Elle secoue la tête mais ne prend pas la peine de se relever. À quoi bon ? La rebelle préfère trouver refuge contre le mur froid et grisâtre de la façade du cabaret, s'y adossant avec soulagement le temps que ses blessures légères cicatrisent. Elle grimace en se mouvant sur le bitume. La volonté de Charisma à l'envoyer valser par terre devait être des plus grandes au vue des hématomes qu'elle peut déjà sentir se former contre sa peau éraflée.

« Très bien. J'ai compris, t'as pas besoin de moi ». Elle lui retourne ce regard d'une froideur exemplaire, légèrement agacée par l'attitude d'enfant gâtée de l'ancienne trésorière. « Mais puisque tu as l'air si sûre de toi, dis-moi clairement de quoi tu as besoin ». La rebelle ne lâche pas son aînée des yeux, prête à la provoquer si cela se révèle nécessaire. « Et surtout, dis-moi pourquoi tu es venue me voir ». Son ton se veut tranchant, presque agressif. Une mesure inévitable prise pour pallier au débordement de colère de l'autre qui semble de plus en plus perdue. Elle crève d'envie de la voir se contredire en répondant à ses questions. Car au fond, l'aînée à terriblement tort. À tout point de vue. Et la cadette est prête à lui prouver, pour l'avoir expérimenté elle-même. Elle sait que dans de pareilles circonstances, seule la force peut venir à bout de ses démons. De leurs démons. Après tout, Ange avait du la capturer et l'enfermer dans une cage pendant des semaines pour la sevrer de cette soif d'énergie insatiable qui était parvenue à la transformer en véritable bête. Et bien qu'elle espère ne pas en arriver là avec Charisma, elle est prête à tout pour lui venir en aide. Qui mieux qu'elle pour comprendre ses états d'âme, ses peurs et ses regrets ? Inconsciemment, la brune le sait. Mais elle n'est sûrement pas prête à l'admettre. Les murmures s'enchaînent, faisant vibrer l'atmosphère lourde du quartier jusqu'à venir frapper contre ses tympans aiguisés. Toute la contrition dont la plus âgée fait preuve la laisse sans voix. Elle ne la comprend que trop bien et pourtant, ne sais pas quoi lui dire pour la réconforter. Ou peut être que si. Peut être n'a-t-elle juste plus envie de s'épuiser à essayer de rassurer Charisma pour se retrouver une fois de plus à terre à regretter son geste ou ses paroles. Ce sentiment de rejet qu'elle lui fait endurer la consterne. L'afflige jusqu'à lui faire perdre patience. Pourtant, elle est consciente qu'elle ne devrait pas abandonner si vite. Ne pas sonner la défaite avant même de s'être battue. Elle se masse les tempes, ses doigts fins s'emmêlent dans ses cheveux de jais alors qu'elle gamberge sur ce cas de figure en particulier. Ça lui en donnerait presque mal au crâne de penser comme ça. De penser comme elle, comme Charisma. Repoussant la migraine avec force, elle suit l'aînée du regard, la voyant s'accroupir pas très loin d'elle. La trésorière à l'air faible - affamée. Il faudrait qu'elle se nourrisse mais le déni qu'elle alimente n'aide en rien à l'acceptation.

« Je sais », répond-elle sèchement au gémissement de son alliée. « Et je les détiens sûrement, tes réponses ». Ses rotules se plient et craquent, ramenant ses genoux un peu plus en hauteur. Elle se redresse contre le mur, grimace une fois de plus. Elle aussi devrait se nourrir, elle peine à cicatriser et ça l'agace. Une œillade avertie examine le quartier, calme à cette heure. Tant mieux. « Alors, je t'en prie ». Elle articule en soufflant, ne parvenant pas à camoufler sa contrariété. « Sers-toi ». Une invitation, insinuée maladroitement. Elle regrette presque le choix de ses mots mais d'un autre côté, elle sait très bien que la douceur ne la mènera nulle part. Pas avec elle. Pas avec Chris.

_________________
    I've been looking all night watching them empty hours. Invisible to these crowds, always double vision. I've been losing my mind listening to broken speech. Stacking up broken seats, it's a lonely picture. And I hear your voice as it echoes 'round my head. Always that same thing that you said. Get out, get out, while you still can.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2372-vkb-you-were-my- En ligne
 

« I've only got myself to blame » - (pv. Charisma)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Charisma ; «Montre-moi, que la vie est belle...»
» Afterschool Charisma RPG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-