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 The Only Shrine I've Seen - Aurnia - Loterie

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MessageSujet: The Only Shrine I've Seen - Aurnia - Loterie   Mar 26 Mai - 17:17



The Only Shrine I've Seen

Long et ennuyeux repas d'affaire. Sur le chemin du retour, enfin je pouvais desserrer le nœud de ma cravate. Si serrée, corde en soie autour du cou, elle m'étouffait et me rappelait à chaque respiration à l'ordre, qui j'étais. Un larbin haut-gradé, une créature dont on a peur, que l'on garde proche de soit en laisse et muselière. Entré chez moi, mon esprit me salua, m'offrit un sourire apaisant et réconfortant, m'aidant à supporter les jérémiades des riches gouverneurs alors que d'autres crevaient la faim quelques mètres plus loin. J'ôtai enfin ma cravate et contemplai la croix trônant au dessus de la cheminée.
Depuis mon retour à la vie, je ne croyais définitivement plus en Dieu, en toute forme de religion, mais la symétrie de la croix, la beauté du bois, la constance de son grain, m'apaisaient. Je ne savais vraiment prier, plutôt méditer, et l'équilibre de ce symbole m'y aidait. Plonger mon regard dans cet instrument de torture, étrangement, vidait mon esprit. Cependant, j'avais en horreur les représentations du Christ crucifiés, son visage dégoulinant de sang, sa funeste couronne et, pour autant, son visage serein, vide de vie, livide, presque souriant. Il m'angoissait. Je me disais, je me posais la question, peut-être que, mort sur la croix, il s'en était allé à Darkness Falls puis, trois jours plus tard, en avait échappé. Comme moi. Comme nous tous.

L'espoir de rédemption.

Je quittai le havre de paix de ce rythme symétrique de bois pour prendre une douche et me coucher.
Des rêves étranges hantèrent ma nuit, par deux fois je me réveillai, en sueur et me demandant si mon cauchemar s'était arrêté enfin. Par deux fois je me rendormi en sueur, tremblant, ne comprenant pas d'où venaient ces angoisses. Peut-être le climat, si chaud, si moite, qu'il m'étouffait littéralement.

Au matin, mon estomac demeurait toujours serré, entouré de puissantes mains angoissantes, et je ne pus rien avaler si ce n'est un thé bien chaud. Je tentai de me calmer par une énième douche mais les démons de la nuit continuaient à me suivre dans l'ombre.
Qu'importait au final. Nous étions Dimanche et mon rituel dominical m'amenait vers l'église. Il s'agissait du seul jour où mon corps se reposait, sans sport, sans intense réflexion, sans pression de la part du travail.
Une fois propre et bien habillé, je me dirigeai tranquillement vers le lieu de culte. Je n'y allais pour la religion, comme expliqué plus tôt je ne voyais en Jésus qu'un sorcier ayant réussi à s'échapper de Darkness Falls, au mieux, ou un homme victime de nécromancie barbare et clownesque. Non, la foi en la rédemption m'apaisait, littéralement. Le froid des pierres dans cette ville humide, la sérénité de l'architecture, le silence des statues, les froides couleurs des vitraux pseudo anciens, me permettaient d'entrer en phase proche de la méditation, du vide intérieur. Quant au rituel, à la messe, j'étais un des seuls blancs à écouter le Gospel. La joie de vivre, l'innocence des vies sans doute, sans crainte du lendemain, sans anxiété sourde, ou la feinte par ce chant, me lavaient de mes erreurs passées. Même s'ils savaient qui j'étais aujourd'hui, les gens que je rencontrais à l'église ne me jugeaient, m'appréciaient seulement pour ce que j'étais, pour ce que je leur apportais, rien de plus.

Dès le parvis de l'église, je reconnus des gens que je pourrais presque appeler amis. Je les saluai, nous parlâmes quelque peu. Des potins, du temps, des enfants des voisins. Une vie presque normale. Puis j'entrai dans l'église, le froid s'empara de moi aussitôt et un sourire de plaisir, de confort, orna mes lèvres alors. Je posai ma veste et mon sac sur un banc, réservant ma place, et je me mis à errer dans la pierre fraîche. Une promenade entre les yeux clos des saints et les visages effarés des martyrs. De temps à autre, je croisais un habitué et quelques mots étaient échangés entre nous. Toujours aimable, peut-être un tantinet hypocrite en vrai.
Qu'importe, la messe commença.

Après les chants, je me baladai encore un moment parmi la foule qui, elle, se dissipa bien vite.
Quand j'eus bu mon soûl des mots inutiles d'autrui, je m'éclipsai vers un jour meilleur, vers ce quoi mon instinct m'appelait : de la nourriture. Je n'avais déjeuné, juste bu un thé, et mon estomac désormais grondait.
Je m'éloignai alors des grandes artères du quartier à la recherche d'un petit coin plus atypique, plus authentique. Je me perdis presque dans les petites rues quand je tombai face à un endroit qui servait ce que mon cœur désirait : un bon vieux brunch dominical à l'ancienne. Je fis grincer la porte d'entrée. Le sol venait d'être lavé, un odeur de savon et de mouillé emplissait la pièce ; au milieu du bar trônaient les pompes à bière et, derrière, une petite cuisine ouverte s'ornaient de casserole où les œufs et le bacon grillaient joyeusement.

Cet endroit devait être tenu par un couple, un homme et une femme d'un peu plus de quarante ans. Naturellement, la femme au service et l'homme à la cuisine. Quand j'entrai, la femme s'approcha de moi et me posa l'habituelle question : boire ou manger. Je me demandai intérieurement qui buvait à cette heure-ci une pinte si précoce quand je vis sur une petite table, à côté du comptoir, un vieil homme la moustache pleine de mousse de bière. Mon tact me réserva d'une gaffe sur un pilier de comptoir, un client habituel.
Alors, la dame m'indiqua une grande table en contrebas de la salle. Et par grande, je voulais dire unique table ; il devait y avoir une quinzaine de siège de chaque côté de cette table en bois, seulement quatre ou cinq clients actuellement. Tout le monde à la même enseigne, tout le monde à la même table, le concept était en effet attrayant mais n'avait l'air de fonctionner. Quoi que, il était encore tôt, surtout pour un Dimanche. Après tout, midi allait sonner et je venais pour un brunch.

Elle m'apporta la carte que je survolai, savant par avance ce que je voulais dans les maigres choix qu'ils proposaient, elle revint aussitôt prendre ma commande. Je m'exécutai en parfait élève.
Enfin, je sorti de mon sac mon agenda afin de mieux préparer mes rendez-vous du lendemain.

Cependant, le discours du couple m'interpella et m'ôta de ma torpeur organisatrice. Ils parlaient de la sœur de la femme qui ne venait pas depuis quelques jours, qui ne donnait plus de nouvelles. La femme était allée voir ses amants réguliers, ses amis (dans cet ordre-là), ses connaissances, ses planques éventuelles. Elle avait disparu, littéralement. Le mari disait qu'il ne fallait pas s'inquiéter, qu'il lui arrivait de partir, comme ça, sur un coup de tête.
Ils baissèrent d'un ton, comme j'étais concentré sur leurs mots (trop curieux) j'arrivais pourtant à en distinguer quelques uns. Ils parlèrent de changement, il y a quelques mois, d'étrangère désormais. Puis de griffure, de il aurait fallu l'amputer, de elle a vraiment changé. Je souri intérieurement, sauf quand elle émit un sanglot étouffé qui apparu plutôt comme un gloussement. Elle se servit un verre de Bourbon et continua ses jérémiades, peut-être un peu plus fort. Ils auraient en parler il y a quelqu'un, disaient-ils, de son changement. Et puis ses amis s'avéraient étranges, ils ne pouvaient les voir. Ils en avaient peur. Mais elle aimait sa sœur, qu'importe ce qu'elle soit devenue.

Parfois, de la friture m'empêchait de comprendre la conversation, parfois elle apportait un plat, coupant court à ses mots. Je mis donc un peu de temps avant de réunir parfaitement le puzzle pourtant bien simple. Sa soeur, contaminée, venait d'être enlevée par le gouvernement pour l'étudier. Tout simplement.

Mais j'avais faim, donc peu de compassion. Et il s'agissait d'un mal nécessaire.

Enfin, je la vis sortir du comptoir avec une assiette à la main, à l'intérieur ce que j'avais commandé. Cette vieille rousse tremblotante comme un pudding peu frais s'approchait enfin de la table. Elle glissa cependant, je ne sais pas, fit tomber l'assiette sur une jeune fille. De la sauce sur ses cheveux, son visage, elle devait brûler. Et le jaune d’œuf, oh non, se perça sur l'angle de la table, coulant sur ses cuisses.
La réaction de la serveuse fut des plus étranges. Elle se mit à pleurer, fondre à larmes. Ses bajoues frémirent, ses doigts boudinés cachèrent son visage, elle étouffa des excuses entre ses mains.
Peut-être un peu calmée par le beuglement offusqué de son mari derrière, elle se redressa, montra ses yeux boursouflés et son maigre maquillage dégoulinant.

"Désolée, ma sœur est disparue, je suis totalement à cran et épuisée, je vais vous chercher de quoi vous nettoyer."

Les quelques clients s'étaient tous retournés vers le bruit du fracas de l'assiette, des pleurs stridents et de la voix gutturale du mari. Lui, était venu avec une serviette, déjà, et la tendait vers la jeune fille souillée. Attiré par l'odeur de la nourriture, mon estomac grondait vraiment, et voulant moi aussi des excuses pour cet odieux retard, je vins vers le mari et mis les pieds dans le plat. (Peut-être métaphoriquement, je vous laisse le mystère de mes chaussures et des haricots en sauce.)

"J'ai entendu des rumeurs tout à l'heure à l'église, beaucoup de disparition, vous êtes allés voir les forces de l'ordre ? Si la rumeur est vraie, ils doivent remuer ciel et terre pour ne pas que l'histoire s'ébruite."

Je me baissai ramasser les restes de mon assiette éparse. Ce petit incident, j'allais faire en sorte de le transformer en parfait sondage sur la plèbe. Parfait pour préparer mon rendez-vous de demain en somme.


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