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 C'est aussi un art que d'être fou, de temps en temps

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MessageSujet: C'est aussi un art que d'être fou, de temps en temps    Mer 27 Mai - 18:35



« C'est aussi un art, que d'être Fou de temps en temps. »

Livio Laécino & Svenja Gärdener
featuring

La soirée s’annonçait sous des hospices on ne pouvait plus favorables. Le ciel déployait son firmament étoilé sans l’once d’un cumulus orageux pour voiler sa robe bleutée.  Une brise délicieuse venait agrémenter la tiédeur de la nuit, faisant doucement gondoler les pans du chapiteau blanc dressé pour l’occasion à son passage. Dans l’allée menant sous le pavillon de fortune les pas de couples à la mise élégante se mêlaient à la clameur des conversations mondaines amorcées avant même le début des festivités. Arpentant l’envers du décor d’une démarche nerveuse, Svenja ne s’émouvait absolument pas de cette faveur accordée par une divinité bienveillante. Comme à l’époque révolue de ses périlleuses prestations circassiennes, solliciter les lumières de la Fortune sur ses performances à venir faisait partie de son rituel.

Quelques heures plus tôt, alors assise face à son miroir, ses yeux s’étaient détournés des poudres et des fards pour s’intéresser à un jeu de tarot. Son profil écorné et les couleurs défraichies de ses illustrations détonnaient au milieu des flaconnages précieux et colorés, pourtant les longues mains de la sorcière l’avaient manipulé avec précaution. Avec une agilité que seule confère l’habitude, les cartes avaient rapidement été mélangées, battues puis coupées et s’étalaient maintenant sur le bois tendre de la coiffeuse au dessus de laquelle la blonde allemande s’était penchée. Bien que ses talents divinatoires correspondent plutôt aux superstitions d’une vie bohème passée, les circonstances particulièrement propices de l’instant faisaient parfaitement écho à la soirée promise par les cartes. Il ne manquait qu’une seule chose pour parfaire le tableau esquissé par le tirage de ce soir-ci. L’ombre de la dernière carte tirée planait sur les préparatifs de dernières minutes, assombrissant subtilement l’humeur de la maîtresse de cérémonie. Sans être particulièrement menaçante, l’ultime arcane dévoilé possédait un trait allant à l’encontre de l’organisation quasi-militaire régissant l’événement sous l’impulsion de Svenja : l’inattendu.

Les invités emplissaient peu à peu l’espace, organisés en cercles se refermant sur leurs affinités ou leurs ambitions de la soirée. De temps à temps, en un élan parfaitement humain, des regards s’échappaient au dessus d’une épaule et venait épier les nappes blanches du buffet recouvertes de mets sophistiqués bien qu’intactes. Cette fébrilité n’échappa pas au commanditaire de « cette petite sauterie » - comme il qualifiait avec légèreté l’opulente réception – qui prit ainsi le parti de donner le coup d’envoi aux festivités à l’aide d’un discours transpirant la condescendance et l’autosatisfaction malgré sa paradoxale brièveté. La fin du soliloque fut accueillie par une salve d’applaudissement polie bien vite interrompue par le piétinement caractéristique que provoquaient immanquablement les buffets. En coulisse, une moue narquoise vint se loger sur les lèvres pleines de l’allemande. Lorsqu’il s’agissait de nourriture, les statuts sociaux finissaient par s’effacer. Même les grands de ce monde finissaient par céder à cet instinct grégaire les poussant à se presser leur assiette en direction des victuailles de peur de manquer de quelque chose. L’arrivée d’une nuée de serveurs chargés de plateaux où trônait l’exacte réplique des vivres proposés sur les tables, rasséréna les convives au point de les convaincre à reformer leurs petites danses sociales. Les épaules de l’Hôte s’affaissèrent légèrement en signe de défaite lorsque son regard rencontra celui de Svenja. Le débat sur l’intérêt du buffet était clos. D’une certaine manière, chacun avait obtenu satisfaction. Service et buffet cohabitaient, le désir d’efficacité sophistiqué  de l’un ne contredisant pas celui de modernité clinquante  de l’autre.

Le moment était venu de lancer les hostilités. Sur l’estrade au fond du pavillon, des musiciens amorçaient les premières notes dans une version harmonique d’un air populaire tandis que des danseurs faisaient leur entrée, étalant leurs talents au milieu de la foule conquise. La sorcière roula imperceptiblement des yeux devant l’allure d’ostentation assumée que revêtait la réception. Bien que chef d’orchestre de toutes ces réjouissances, elle n’en goûtait pas pour autant tous les aspects. Dans son commerce comme dans beaucoup d’autres, les désirs du client primaient sur ses propres principes. Profitant de l’engouement provoqué par les différentes sources de distractions proposées, sa svelte silhouette s’infiltra dans la réception d’une démarche sinueuse. Le large sourire plaqué sur son visage n’était qu’une façade conçue pour détourner l’attention d’un invité curieux ou d’une connaissance trop empressée. Derrière l’expression chaleureuse, chaque recoin de la pièce, chaque employé se retrouvait passé au crible avec la rigueur martiale digne d’un général passant en revue ses troupes. Un éclat de rire tapageur perça le voile épais dont la concentration avait enveloppé ses sens. Détournée de sa mission première elle observa le couple responsable de ce chahut, captant au passage les contours d’un profil étrangement familier. Le mat. Tout à coup, le message résidant dans la mystérieuse prédiction prenait tout son sens, s’humanisait même en prenant possession des traits délicats du jeune homme lui tournant le dos. Il était ce personnage haut en couleur, malicieux, versatile dont l’apparition venait détonner au milieu de sa réception parfaite comme de son tirage favorable. Elargissant encore son sourire, elle se glissa dans le dos de l’élément perturbateur apposant prestement une main en apparence amicale sur l’épaule de ce dernier. Les jointures de ses phalanges blanchirent cependant sous la pression exercées. « Oh voilà exactement la personne que je cherchais, quelle incroyable coïncidence. » Son sourire s’élargit encore, se faisant carnassier le temps que leurs regards se rencontrent avant de reprendre sa forme habituelle, relançant la comédie.

 

 
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MessageSujet: Re: C'est aussi un art que d'être fou, de temps en temps    Mer 1 Juil - 16:56



«  V-votre Costume Mr. Rivas »
La pauvrette affiche un air contrit, face à l’homme qui lui fait face. Il tape des doigts sur le comptoir, ses lunettes posées sur le bout de son nez. Visiblement, il a l’air pressé. C’est son premier jour la pauvre, mais elle doit se douter qu’un costume d’aussi bonne facture ne peut appartenir qu’a un homme occupé, ce genre d’hommes pressés qu’elle a justement en face d’elle.
Le Tic, tic, tic, tic de ses ongles contre le contreplaqué ne fait que renforcer le malaise de la jeune femme, surtout que de derrière les épaisses lunettes aux verres tinté elle ne peut pas voir, mais imaginer les yeux perçants qui devaient la regarder avec pitié, médisance, condescendance… Ou tout autre sentiment que ces classes supérieurs, les jeunesses dorée pouvaient avoir envers les petits gens.
Elle attend quelque chose, mais l’autre reste silencieux. Elle danse sur ses pieds, mal à l’aise ne sachant vraiment que faire tant ce silence seulement troublé par les doigts du clients l’oppresse.
« J-je.. euh… Désolée pour l’attente. » lance-t-elle malhabile. Se mordant les lèvres et triturant ses mains moites.
L’homme qui lui fait face, ricane en silence et laisse un sourire fendre les traits de son visage, Il attrape le costume bien plié dans son cocon de papier plastique et le passe sous son bras.
« Allons mademoiselle, c’n’est pas bien grave. Je peux bien me faire désirer. » Il hausse les sourcils, soupirant, et lâches deux billets abîmés sur le comptoir «  Allons, faites-vous plaisir et achetez-vous quelque chose. Mais ne gardez pas cet air contrit. » Lance-t-il avant de tourner les talons, et de faire tinter la cloche de la porte pour sortir du pressing. La fille sursaute et ramasse les billets, quand elle se tourne pour les ranger dans la boite de Tip’s elle fronce les sourcils : Elles était certaine qu’il y avait plus de billets que cela dedans …


L’aiguille brille dans la lumière tamisée de la pièce, elle passe et repasse entre les tissus de bonne facture, les soude, les lie pour les former de nouveau. Livio, lunette sur le nez s’applique à son ouvrage. Comment se faire passer pour autre, comment se fondre dans une soirée mondaine : Première étape il faut que le costume tombe juste. Il n’y a pas plus bête que celui qui pour passer inaperçu ne sais pas se fondre dans son propres déguisement. Ainsi quelques retouches se faisaient nécessaires dans l’ouvrage. Dans le calme de sa piaule minable, il n’y a que le son des imperturbables telenovelas qui traversent le sol, venant de l’appartement de sa logeuse. Ayant fini son ouvrage, il écrase sa cigarette et verse le reste de sa théière de café dans sa tasse. Il se suspend dans son geste tandis qu’un sourire viens étirer ses lèvres. Ses yeux se perdent dans le marc de café un instant et il se relève prêt à aller se changer. Sont-ce là les bons augures de sa soirée ? A moins qu’on ne lui annonce quelque chose d’imprévu. Très bien, dans ces soirées il a horreur de l’ennui. Et c’est bien pour cela qu’il choisit précisément ces soirées. Parce qu’elle est là.
Et que tout comme lui, elle se fond dans la foule, mais une foule qui n’est pas son monde. Elle se joue de tous avec aisance, elle joue les grandes dames ( après tout ses origines ne font pas d’elle une moins grande dame.), elle joue un rôle dans ces soirées étriquées, ergotées.
Elle joue un rôle tout comme lui, songe-t-il en passant le tissus de bonne facture sur ses épaules pâles. Songe-t-il alors qu’il s’apprête à endosser son rôle.


« Oh, vous savez avec toutes ces histoires les affaires ne sont plus ce qu’elles sont.. oh, ce que je fais… ? ça mademoiselle c’est un secret » Mime-t-il l’air charmeur, un doigt devant ses lèvres.
La soirée l’amuse.
Oh, oui qu’il se plait à observer les vieux bedonnant ou les pseudo aristocrate enserrés dans leurs costumes. A les regarder s’empiffrer de petit fours sur des airs de musique populaire. Il s’amuse de la facilité avec laquelle il rentre ici, suivant un groupe d’homme, plaisantant avec eux, leur faisant croire qu’ils s’étaient déjà vu a une soirée antérieure. Il est tellement dans un élément qui semble sien, que personne non, personne ne semble penser le contraire. Il s’amuse de mener en bateau les quelques dames qui se pressent autour de lui. Il aime a s’inventer une vie, à cultiver un mystère il s’amuse à charmer car sans qu’elles ne le voient, il les dépossède.
Une jeune dame, peut-être plus vieille que lui, pouffe et rougit quand il lui prend la main. Elle est engoncée dans sa robe la pauvrette effarouchée, tandis que la couleur lui monte au joues, rajoutant du sang sur le teint pâle de la richesse. Et pendant qu’il lui parle, pendant qu’il la regarde sa main est toujours dans la sienne, mais les chapardeuses sont déjà à l’œuvre, car subtilement, elle font glisser les anneaux dorés et parés de pierre au creux de sa paume brulante. Il fait attention à son image, mais au fond de lui il est fébrile, peine à se contrôler tellement tout brille et scintille autour de lui. Tellement il est ravagé par ses pulsions de vol. Pour les bagues, les bijoux qui pendent et parent le cou des dames, comme pour l’argenterie qui a le malheur de scintiller sous les lumières.

Mais il sursaute quand une main s’appose sur son épaule. Il se raidit un instant, ses yeux courent sur la salle cherchant une possible fuite, au cas où cela tournerai mal pour lui.
Mais la voix qui bientôt s’élève derrière lui détend les muscles de son corps. Douce voix, Douce voix. Beaucoup plus douce que la poigne qui se raffermit sur son épaule. Douce voix qu’il avait été surpris de ne pas entendre depuis le début de la soirée. Un sourire vient étirer ses lèvres pales alors qu’il se retourne et saisi cette serre de harpies qui s’enfonce dans sa chaire.

«  Quel homme comblé je suis, me voilà l’objet de la quête de la plus belle femme de la soirée » Sans lâcher sa main, ou juste quelques instant, et d’un geste doux il tourne autour d’elle pour pouvoir l’admirer, il ont leur petite danse, leurs petits secret qu’eux seuls connaissent. Il la trouve belle bien sûr, après tout elle l’est toujours. Mais de toute les femmes de cette soirée, de toutes les parures les plus riche, Svenja restera la plus belle d’entre elle. Parce que Livio l’admire. Il se désintéresse complètement des femmes derrière lui ( S’y est-il intéressé d’ailleurs ? lui qui préfère les hommes, voir un homme en particulier), à qui il lance un sourire avant de se retourner vers Svenja
« Que me vaut cet honneur madame ? » Son accent qui dénote de l’anglais parfait souvent pratiqué ici, roule sur sa langue, fait siffler les voyelles et donne aux consones un autre air. Il approche ses lèvres de la main qu’il tient toujours, s’essayant à un révérencieux baisemain. Mais alors qu’il s’arrête dans son geste, il relève les yeux, deux iris engloutit par des pupilles dilatée a l’extrême, pour capturer ceux de Svenja. Dans un geste doux de son autre main, il fait passer un des anneaux précédemment volés aux doigts de la Valkyrie, anneau encore brulant de la chaleur de ses mains voleuses, alors que ses lèvres s’étirent dans un sourire fou sans toucher le derme de la main. Et que ses yeux brillent d’une certaine malice, observant celle qui lui fait fasse, qui semble avoir éclipsé toutes autres choses dans la pièce.
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MessageSujet: Re: C'est aussi un art que d'être fou, de temps en temps    Dim 26 Juil - 11:13



« C'est aussi un art, que d'être Fou de temps en temps. »

Livio Laécino & Svenja Gärdener
featuring



Un séjour d’une quarantaine d’années dans l’univers incolore des limbes propres aux sorciers damnés plus tard, les mêmes passions régnaient sur la vie de la blonde bohémienne. Les mésaventures d’une vie précédente étaient parvenues  à refroidir son amour des feux de la rampe mais pas à la tenir éloignée du monde du spectacle. Le chapiteau sous lequel les événements se déroulaient paraissait certes moins miteux et le statut de régisseur s’était substitué à celui d’artiste, pourtant au fond, l’univers circassien ne se tenait jamais bien loin. Quelques indices subtils subsistaient. Bien qu’opulente cette réception contenait un soupçon d’irrévérence et d’inédit. Une part d’exotisme et de mystère, qui tenait aux artistiques drapés  masquant les poutres métalliques de l’installation tout autant qu’aux distractions proposées : un cracheur de feu exerçait son art, dans une nuée d’applaudissement et d’exclamations ravies.

Pour que la réussite soit totale, il fallait se fondre dans la foule mieux que n’importe lequel des badauds la composant. L’excentricité était un luxe que seul le plus légitime des invités pouvait se permettre. Or, à la lumière de ses origines même son statut d’organisatrice ne parvenait à préserver sa légitimité, comme le savait pertinemment Livio. A la manière de l’astucieux gitan, elle était depuis longtemps passée maître dans l’art de la dissimulation et de l’illusion. Faute d’y exceller en tant que sorcière, au moins s’illustrait-elle comme faussaire. Tout son art résidait dans une subtilité ténue, si ténue que la simple présence du jeune homme pouvait tout faire basculer : ce n’était pas réellement une supercherie, simplement une immense omission. Svenja occultait volontairement une part entière de sa vie, de sa personnalité, de ses gouts et sa nature, par ambition, par opportunisme. Peut être par goût du jeu également. Car c’était bien la même passion de artifices et faux-semblants qui coulaient dans leurs veines à Livio et elle. Faute de partager un ancêtre commun, ils appartenaient au même monde, obéissaient aux mêmes lois coutumières à des années-lumières de celles régnant sur l’existence du commun des mortels. Leur code à eux était fait d’un complexe mélange d’honneur et de duperie, la société et sa hiérarchie telle qu’on leur imposait s’effaçait face à des concepts millénaires tels que la famille et les dettes de sang.

Avec le goût des artifices venait celui du risque et la peur parfois. Une espiègle satisfaction la saisit lorsqu’elle sentit l’épaule du jeune homme se contracta sous sa ferme emprise. Elle l’imaginait aisément calculer ses chances de fuite le temps que l’accent familier de sa propre voix ne vienne lui percuter les tympans, le rassurant au passage sur son sort. Coupé dans son badinage mondain, il se désintéressa de sa proie pour se concentrer sur l’importune arrivante. Aussitôt commença le petit jeu familier qui était le leur. « Quel homme comblé je suis, me voilà l’objet de la quête de la plus belle femme de la soirée» Svenja accueillit la cajolerie avec une moue amusée. Les élans d’admiration du jeune homme, feints ou non, flattaient son égo plus qu’elle n’acceptait de l’admettre en sa présence. Il avait ce don unique de donner à l’objet de son attention l’impression vivace d’être le centre du monde coloré et merveilleux qu’était celui du gitan. Ce sentiment là la tenait en haleine tandis qu’il tournait autour d’elle pour mieux l’admirer, sa main délicate abandonnée dans l’habile poigne de son compagnon. D’ailleurs, ce ressenti semblait universel puisque vexée de se retrouver soudainement laissée pour compte, sa précédente interlocutrice s’éclipsait dignement non sans un haussement de sourcil contrarié.

Pris dans sa charmante comédie de mœurs, Livio s’enquérait des raisons de son intervention, comme s’il s’agissait d’une autre mondanité. La frivolité avec laquelle le gitan traitait la menace qu’elle représentait réveillait en elle des instincts insoupçonnés, à mi-chemin entre le prédateur implacable et la protectrice inquiète. En semant la confusion sur son lieu même de travail, il lui lançait une invitation à le châtier alors-même que leurs origines communes la poussait à le préserver. Loin de l’agacer cette énième effronterie attisait encore un amusement qu’elle se gardait bien de trop dévoiler. « Je viens vérifier qui ose venir mettre la pagaille dans MA réception. J’aurais du savoir que ce serait toi, les cartes m’avaient pourtant prévenues… »

Tentative de l’attendrir davantage ou au contraire d’exciter encore son courroux, Livio reprenait son manège mondain dans une ultime pirouette qui venait dévoiler son larcin dans un délicieux sursaut de théâtralité. Aucun sursaut de surprise ne vint secouer les épaules de Svenja lorsque le contact froid du métal précieux vint caresser sa peau sous la houlette du jeune voleur. Un léger pli de contrariété de se creusa au dessus de son sourcil droit tandis qu’elle contemplait la magnifique pièce de joaillerie brillant à son annulaire. «  Tu sais quel sort je réserve aux invités inopportuns dans ton genre ? » le gourmanda t’elle, les yeux toujours fixés sur l’anneau richement ouvragé. Elle redressa la tête pour rencontrer le regard empli de dévotion de son jeune ami.

A lui seul, Livio formait cette communauté perdue une vie plus tôt. Il était le dernier lien la rattachant à ses racines, le fil conducteur de son enfance et son adolescence. L’essence même de ce qu’abhorrait une population telle que celle frayant autour d’eux et dont Svenja foulait impunément le sol sur une base quotidienne. Armé de son charme et de son extravagance le bel hispanique agissait comme une ancre sur la blonde sorcière ; il l’arrimait fermement à sa véritable nature, l’empêchait de s’en détacher et de partir à la dérive, au risque de se noyer dans celle-ci parfois. Il savait pertinemment que malgré son affection, Svenja était capable de le châtier. Et il savait également que grâce à cette même affection, le châtiment ne serait jamais à la mesure de celui réservé à un délinquant lambda, pris sur le fait de la même manière.

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