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 Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
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↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Jeu 28 Mai - 0:06


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


~


Un amer goût de pourriture. Mes doigts égrènent des notes silencieuses sur le cadavre à mes pieds, l’air glacé de New-York effleurent mon épiderme pour mieux y laisser sa marque. Je contemple le visage de la Daybreaker, avec une impassibilité qui signifie tout en ne laissant rien paraître. Il n’y a ni de bien, ni de mal, ni quoique ce soit de moral ou d’immoral dans ce que je viens de faire, dans ce cadavre que je vais laisser derrière moi. Il n’y a, à mes yeux fatigués, à mes yeux d’un clair obscur, qu’une justice que j’applique à la lettre sans me soucier outre mesure de ses fondements ou de son ancienneté.

Un amer goût de pourriture. Mes doigts glissent sur la plaie qui barre la gorge de la jeune femme d’une trentaine d’année. Sa peau pâle fait ressortir ses yeux noirs écarquillés sur une mort douloureuse, subite, inattendue. Et le loup gronde au fond de moi d’une sauvagerie calmée et d’une violence repue. Je ferme les yeux, accroupi, ma main maculé de ce sang qui commence déjà à se craqueler sur ma peau, à se morceler en fragments sombres qui tireront bientôt dans une rigidité poisseuse. Je n’ai eu aucune difficulté à la tuer. Homme, je l’ai traquée, homme, je l’ai regardée droit dans les yeux en lui ôtant le droit de vivre, homme j’ai tiré dans ses rotules pour mieux l’immobiliser de douleur, et homme, toujours homme, je l’ai égorgée sans sourciller en éclaboussant de tâches pourpres une chemise aussi pure que la neige. En éclaboussant mon âme un peu plus, maculant sa noirceur de tâches plus sombres encore, comme s’il restait quelque part de la blancheur à masquer. Le loup n’a eu qu’à regarder, puisque c’est pleinement humain que j’ai renoué avec mon ancienne identité de bourreau. Je n’ai eu aucune difficulté à la tuer, alors que je sais pertinemment qu’il y a quelque part une famille qui guettait son retour. Je n’ai eu aucune mal à tuer une femme, à tuer une mère, à tuer un être humain maudit sans le vouloir, alors pourquoi ai-je donc été incapable de tuer un monstre solitaire ?

La question me taraude. C’est elle qui m’enchaîne à ce cadavre refroidi. Et un amer goût de pourriture se répand dans mes papilles, pour mieux flouer mes sens et se jouer de moi. Je me décompose, autant que ce cadavre à mes pieds. Je pourris de l’intérieur depuis plus de sept cent ans mais rien n’embraye le processus qui ne fait, bien au contraire, que s’accélérer ces derniers temps. La Daybreaker. Susanna. Lily. Non. Justement. Elle, je ne l’ai pas tuée. Alors que c’est celle qui avait le plus de raison de mourir. Cette balle, logée dans son épaule, aurait du finir dans son cœur. Et cette neige que je viens de saisir à mains nues et qui nettoie le sang craquelé, ce n’est que les larmes cristallisées de tous ceux que j’ai pus mener à la mort d’une main de fer, les larmes cristallisées d’Azzura qui doit regretter de me savoir encore en vie, où qu’elle soit, quoiqu’elle fasse. Je ferme les yeux en me relevant, frottant toujours mes mains dans une neige fondue et andrinople, me concentrant sur mon ouïe et mon odorat pour oublier ce goût de terre qui me débecte. Si je regrette mon meurtre ? Je l’ai déjà oublié. Les seules traces qui restent, lorsque je m’efface dans les arbres sentinelles, ce sont ces gouttes qui parsèment ma chemise, lui offrent un petit éclairage carnassier. D’une main ferme, je réajuste même mon col, insensible à ce tissu tâché, aveugle à la silhouette déjà obscure et insipide qui traîne dans la neige, tournant le dos à ce qui n’est ni plus, ni moins qu’un cadavre en décomposition. Comme moi. Comme elle.

Je suis mort. De l’intérieur. Et ce meurtre que je viens de commettre sans sourciller n’en est que la preuve supplémentaire. C’était une Daybreaker : la mort l’avait vue naître, elle était sa destinée. Mais je sais que quelque part, il y a quelques mois, j’aurai gardé sa voix et son visage quelque part dans mon âme pour lui souhaiter un bon voyage en enfer et la préserver de ma haine. C’était une Daybreaker : la mort était une part d’elle, bien plus que la vie. Et pourtant, elle ne laisse qu’une trace effacée par le vent qui masque mes pas comme il masquerait ceux du loup. Comme il masquerait ceux d’un fantôme. Je suis mort, et la seule personne qui puisse me faire revivre est, assez ironiquement, celle qui porte la mort elle aussi.

La température a beau augmenter de manière brutale dès que la Nouvelle-Orléans fait son apparition devant moi, je réchauffe encore mes mains lorsque l’hélicoptère se rapproche du sol pour mieux me déposer au Nord de la ville, à quelque pas de Storyville. Dès que mes pieds se posent sur le goudron, d’ailleurs, je ressens le poids de la crasse et de la misère. Mon foulard de soie se plaque instantanément devant ma bouche, pour filtrer autant que possible l’air insalubre. Ce que je fais là, à quelques heures d’une nuit morbide ? C’est une excellente question, et lorsque je me glisse dans la nuit pour mieux me fondre dans l’obscurité, je me force à la garder éloignée de moi, autant que ces murs et ces êtres répugnants qui rampent dans les caniveaux. Habite-t-elle réellement dans ce quartier ou quelqu’un s’est il moqué de moi en me confiant cette adresse, la dernière connue du monstre que je cherche ? Je commence à craindre le guet-apens, lorsque je m’enfonce de plus en plus dans ce quartier de débauches et de meurtres, si proche de ce que je suis et si loin en même temps de ce que je veux être. Le dégoût augmente d’un cran encore lorsque je fais face à une ruine sale et putride, si représentative de la gangrène qu’elle héberge que je ne parviens à ne voir là qu’une métaphore d’un genre nouveau. Mes doigts peinent à effleurer la porte pour l’ouvrir, la grimace de dégoût qui déséquilibre mes traits s’accentuant encore. Dans un grincement, finalement, j’entre dans cette carcasse en décomposition, refusant de lâcher le foulard plaqué sur ma bouche.

Mes yeux clairs partent aussitôt à la recherche d’une trace de vie. Une ombre, un mouvement. Je n’ose parler, lorsque je m’arrête au milieu de la pièce principale pour faire un tour sur moi-même et considérer d’un regard hautain les décombres qui servent de mobilier. Je n’aurai pu concevoir de contraste plus grand avec ma propre demeure, et l’incongruité de la situation laisse percer sur mes lèvres une ébauche de sourire. Un frôlement à ma gauche, mes muscles se crispent et ma main glisse à ma ceinture trouver le contact rassurant de mon revolver. Ma voix se fait bien moins nonchalante qu’escompté, et bien plus anxieuse, lorsque j’interroge les ombres. « Lily ? Est-ce toi, perdue dans les déchets qui te sont frères ? »

Que suis-je venu faire ici ? Que suis-je venu chercher ici ? Qui ? Les questions sont toujours en suspens, telles des épées de Damoclès, et je doute de plus en plus trouver ici des réponses satisfaisantes.




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Dernière édition par Rafael A. Morienval le Dim 19 Juil - 10:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Ven 29 Mai - 1:09



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


~

La crasse, la puanteur, le vice, la décomposition, le meurtre. La mort. Tout autour de toi, qui glisse dans les ruelles, roule dans les égouts et agrippe les cœurs putrides du pire quartier de la Nouvelle-Orléans. Tant de choses se déroulent en une seule nuit, tant de cadavres sont laissés aux charognards, tant d'âmes abandonnées à leur pitoyable sort. Ombre parmi les ombres, morte parmi les morts, assassin parmi les criminels. Tu n'es pas mieux à ta place qu'ici bas, ma jolie, à traîner ta carcasse le long des murs, dans les bâtisses en ruines, à chasser tes proies avec joie et sadisme. Tu balances tes cheveux dans la nuit, promènent tes yeux dans l'obscurité. Tu es dans ton élément, le néant au milieu du néant, l'ébène d'un monstre au milieu de la noirceur de la pourriture. Tu t'épanouis dans ta vie nocturne comme la plus belle des fleurs de lune. Et ni les macs ni les prostituées ne pourront te sortir de cet enfer qui te va si bien. Continue, ma sœur, continue de pourrir dans ton repaire en ruines, plus misérable qu'un vampire, plus détestée qu'un tueur en série, plus oubliée que le plus insignifiant ennemi du gouvernement.

Mouvement dans les ombres de ton existence, tu ouvres les yeux et avances d'un pas, séparant ton dos d'un mur qu'il n'a que trop longtemps occupé. Enfin, tu entends la respiration, les halètements, les battements excités d'un cœur apeuré. Enfin, tu vois un corps recroquevillé dans l'obscurité, un bras qui en trouve un autre et tremblent ensemble. Enfin, tu as cessé d'attendre que l'idiotie pousse la proie jusqu'au piège, que l'espoir pousse l'homme dans les rues inconnues. Enfin, la fatalité va pousser un soupir hors de son cadavre et faire briller ses pupilles de peur et de compréhension. Quand tu avances à lui, les cheveux détachés, un sourire chaleureux aux lèvres, il voit ce qu'il a loupé, ce qu'il a oublié de regarder. Il comprend que la danseuse est un monstre, que ses iris ne sont que trop sombres. Il entend les cris qu'il ne poussera jamais, les coups qu'il ne donnera pas. Il sait qu'il n'y a plus rien à faire, que ce n'est qu'une trop belle main qui caresse sa joue et lui donne la mort. Comme j'aurais aimé que tu enlaces ma mort, que tu embrasses mon front pour me rassurer, que tu murmures à mon oreille qu'aucune douleur ne m'emportera. Comme ce doit être bien de crever entre tes doigts, monstre, plonger une dernière fois mon regard dans le tien, effleurer ton sourire et ne jamais polluer ton âme, ton cœur, de regret, de culpabilité.
Que tu sembles grande et forte lorsque tu reposes le corps sans vie contre le mur, presque avec douceur, tendresse.
Mais il faut une ombre à la lumière, une épine à la rose, un défaut à la perfection. Tu es faible, Lili, si faible que j'en pleurs, j'en cries de désespoir, de honte. Tu tues volontiers un idiot de plus, un homme qui ne manquera à personne, tu le perds dans les rues les plus déprimantes de ton vilain quartier, et tu te sers sur son corps en silence, sans témoin. Tu es capable de cette lâcheté, de cette simple petite chose qui ne demande rien qu'un peu de folie. Et tu en as tellement, ma sœur, que tu pourrais faire de grandes choses, de grands meurtres. Tu pourrais servir au monde ou le détruire, devenir un monstre comme tu ne pourrais jamais l'imaginer. Pourtant, tu es faible, et tu es incapable de tuer, de devenir pleinement celle que tu es, que tu dois être. Il t'en empêche, tu sais ? Il est un rempart à ta force, un obstacle avant ton heure. Un fou de plus qui a su te promettre la mort sans jamais te la donner. Un loup que tu devrais écraser, égorger avant qu'il ne trahisse cette… chose qui se lie à vous, vous lie entre vous. Pas plus qu'un chien qui a failli rayer ton nom de la liste des indésirables de ce monde. Un homme qui n'a pas osé, t'a déchirée, poignardée, qui a tant joué avec toi, ma sœur, qu'il est temps que les rôles s'inversent. L'heure de la vengeance a sonné.

Les murs t'étouffent et laissent tes sens en alerte. Cette ruine que tu habites, ma Lili, ne tardera pas à recevoir de vilains visiteurs, prêts à exercer sur toi quelques nouvelles inventions, prêts à te réduire à la douleur, à te laisser comme morte sur les pavés. Ils savent à quelle porte sonner, à quelles fenêtres se cacher. Ils entreront tôt ou tard et prouveront à ton corps tremblant que ta paranoïa n'aura pas suffi. Tu ne pourras pas te sauver.
Un grincement et ton souffle se bloque dans ta gorge. Le temps s'allonge, se stoppe sur le tambour qui bat à tes oreilles. Tu les attendais, oui, mais pas si tôt, pas alors que la peur immobilise ton corps. Si tu avais su, si tu avais pu deviner, jamais ils ne t'auraient trouvée vivante. Tu aurais certainement pu t'arranger pour qu'enfin la mort te prenne. Peut-être même qu'un loup aurait pu t'y aider sans flancher au dernier instant.
Adossée au mur de ta chambre, tu glisses une main jusqu'au pied de table cassé qui attend son heure au coin de la porte. Ninja de pacotille, ta discrétion s'entend et éveille l'intrus, le pousse à parler d'une voix que tu aurais aimé ne pas entendre ici, que tu n'aurais jamais cru entendre ici. Tu pourrais exploser de rire, en l'instant, de l'imaginer au milieu de ton salon, petit seigneur cherchant un cadavre jeté aux égouts.

Qui a su où me trouver ?

Ta voix claque comme une menace, chargée d'une profonde haine pour celui qui en sait trop. Tu profites des mots qui résonnent encore entre les murs pour te faufiler dans son dos et appuyer ton arme de fortune sur sa nuque, la main prête à envoyer le loup sous terre. Et, l'espace d'un instant, d'un murmure, tes yeux sombres tombent sur son oreille, glissent sur sa mâchoire et ramènent à ta mémoire des choses qui n'auraient jamais dû avoir lieu et qui, pourtant, n'ont été que trop réelles.

Frères ? Un rire nerveux suivi d'un sourire, tu n'es pas prête de reprendre où vous en étiez. Trop de temps s'est écoulé sans que le loup ne daigne montrer le bout de son nez. Je n'ai eu qu'un frère, Rafael… tu appuies un peu plus la pointe du pied de table sur sa peau… et je l'ai tué. Que veux-tu ? Sors d'ici.

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Ven 29 Mai - 18:15


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


~


L’atmosphère est lourde de crasse, saturé de putréfaction. J’ai l’impression à chaque respiration de sentir sur ma peau se déposer de multiples fragments de cadavres et de mensonges aussi poisseux que le sang qui maculait, un peu plus tôt encore, les mains d’un meurtrier. Aussitôt franchi le pas de la porte dans un grincement, mes yeux clairs n’ont besoin que de quelques secondes pour s’adapter à la luminosité restreinte de la pièce. Seules quelques raies de lumière parviennent à s’infiltrer à l’intérieur de la bâtisse, comme de trop rares survivants au ghetto, comme étranglés par la monstruosité de la principale habitante. Le loup est calme, étrangement. Je le sens plus intrigué que sanguinaire, plus attentif qu’anxieux, repus comme il est par mon récent écart. Ses sens aux aguets, un froissement me surprend et aiguise aussitôt autant mon intérêt qu’une légère angoisse que je juge aussi malvenue que naturelle. Lily, est ce toi que j’entends, perdue dans les décombres de ton âme ? Une ombre s’étire, un nouveau frôlement et déjà elle est là, une voix répercutée dans les angles et fissures qui lézardent les murs. « Qui a su où me trouver ? Ma main glisse à mon côté pour mieux se saisir de mon revolver, je me contente d’arquer un sourcil. Qui a su où te trouver ? Le grand méchant loup, ma foi, celui des contes, celui de la forêt, celui qui vient de chasser suffisamment pour ne plus être un danger pour le moment. Ma bouche reste muette, dans un léger sourire amusé. J’ignore comme elle s’y prend à chaque fois, mais elle parvient à m’arracher des rictus intrigués par sa simple présence, des éclats de joie par ses simples paroles mesquines qui sont pourtant teintées de menace.

Je suis peut être agonisant, voire déjà mort, au fond de moi, il n’y a guère qu’elle qui parvienne à attiser la haine que j’héberge, mon envie de vivre et tous le dégoût accumulé par les siècles. Je fronce les sourcils, toutefois, puisqu’elle a beau avoir parlé, elle ne sort toujours pas de sa cachette. Craint-elle de ma part une nouvelle sentence de mort ? N’aie crainte, petit monstre, n’aie crainte, le bourreau a déjà accompli sa vengeance. Il cherche désormais quelque chose qui lui échappe, et quelque part il a cru trouver la réponse à son interrogation informulée dans ce cercueil qu’est ta demeure. J’inspire posément, en tâchant de décrisper mes épaules tendues par l’atmosphère pesante qu’elle accentue par son absence. Et concentré comme je suis à afficher cette nonchalance qui me caractérise, je manque presque d’apercevoir cette ombre qui se faufile dans mon dos.

La voilà. Dans mon dos. Elle tient la mort dans le creux de sa main, comme une fleur précieuse tout juste arrachée de la terre. Elle tient la mort dans le creux de sa main, qu’elle applique sur ma nuque comme un onguent salvateur. Je suis immobile, sourire disparu au profit d’une attention aiguisée par le loup réveillé. Dans mon oreille, son murmure résonne comme en écho de nos multiples rencontres. « Frères ?  Je n'ai eu qu'un frère, Rafael… La pression dans ma nuque s’accentue, je me maintiens dans cette immobilité réceptrice. Et pourtant un frisson parcourt le moindre de mes muscles à l’entente de mon prénom prononcé par ses lèvres et sa colère. Inconsciemment, je l’enveloppe même d’un accent italien. et je l'ai tué. Que veux-tu ? Sors d'ici. » Je respire. Je n’ai eu qu’un frère, Rafael, et je l’ai tué. Je laisse ses mots pénétrer mes pensées, s’associer à leurs frères, s’associer à ma mémoire et à mon être. Cette phrase, je pourrais parfaitement la prononcer, même si Orfeo foule à nouveau cette terre. Je n’ai eu qu’un frère, que j’ai tué. Et s’il est à présent à nouveau en vie, mon frère est mort pour moi, il me l’a fait trop bien comprendre pour que je m’obstine à l’ignorer. Lentement, ma main monte à ma nuque et chasse du bout des doigts l’arme de la Daybreaker. Et toujours aussi lentement, je me retourne, levant des mains pacifiques et reculant d’un pas. « Fort heureusement, nous ne partageons aucun lien du sang si ce n’est celui de nos victimes. J’imagine que dans ce cas nous ne risquons pas de succomber aux tendances fratricides de l’autre. » Je fronce les sourcils. Un nouveau pas en arrière. Je prends le temps d’observer un peu plus la pièce dans laquelle nous nous situons et qui pourrait s’apparenter, j’imagine, à un salon. Avec un peu plus de lumière, un peu moins de poussière. Davantage de vie et d’humanité. Puis mon regard revient sur sa silhouette, sur sa poitrine, sur son menton et dans ses yeux. « Ce que je veux ? Je l’ignore. » Ma sincérité n’est pas feinte ni forcée. Elle vient avec ce naturel qui est mieux, dans cette énonciation des évidences qui compose l’être que je suis. Le mensonge est comme le meurtre à mes yeux : je n’en use que lorsque c’est nécessaire mais lorsque c’est le cas, je ne vacille ni ne titube.

« Ce que je veux ? Te voir, j’imagine. Tu n’as pas répondu à mon invitation, lorsque je t’ai tuée. J’en ai été vexé un temps, mais comme tu peux t’en douter, je ne t’en tiens plus rigueur. » Je lui offre un petit sourire taquin. Me recoiffe, réajuste ma veste et mes manches. Et contemple les lézardes grandissantes et le toit parsemé de fêlures. « Sortir ? Pourquoi donc ? Ne suis-je pas déjà à l’extérieur vue l’étanchéité de ce que je suppose être ta demeure ? » Je fais lentement un tour sur moi-même, un sourire sarcastique et moqueur aux lèvres. Hautain, peut être aussi. Comment fait-elle, comment supporte-t-elle une misère pareille ? Je redeviens grave lorsque je contemple à nouveau ses traits. « Dis moi, Lily. Comment une telle rose peut émerger d’une telle crasse ? C’est répugnant par ici. »


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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Ven 29 Mai - 19:49



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Les yeux fixés sur le bois menaçant appuyé contre sa peau, tu retiens ton envie de le réduire en bouillie, d'arracher cette langue arrogante et de percer ces pupilles qui osent te regarder. Vous en étiez arrivés à un point étrange de vos existences, à une convergence de vos chemins, un enlacement de toute la haine que vous avez éprouvée l'un pour l'autre. Vous en étiez arrivés à des gestes idiots, regrettables et pourtant pas regrettés. Vous en étiez arrivés à embrasser vos ressemblances, vos différences. Vous aviez enfin compris que, si la mort s'échappe de vos mains, elle ne coulera jamais sur vos corps. Vous aviez avancé, évolué. Vous aviez dépassé la haine, la solitude, pour vous plonger dans l'idiotie. Mais, regarde-toi, Lili, à menacer un loup que tu ne veux pas tuer. Te voilà revenue aux premiers instants, aux arbres témoins d'envie de sang, à l'ombre tremblant à tes pieds, à la femme qui n'a pas su devenir un monstre. Te voilà à votre première rencontre, les crocs visant la gorge, la branche percutant le crâne. Tout ça, dis-moi, explique-moi, à quoi ça a servi ? Toutes ces fois où il t'a blessée, brisée, touchée pour mieux te repousser. Où tu n'as pas eu le courage d'en finir, ni de ta vie, ni de la sienne. Pourquoi as-tu ennuyé le monde jusqu'à la dernière fois, jusqu'à la balle déchirant ton épaule, jusqu'aux mots de trop, si tu reviens sans cesse au début de ton histoire ? Cesse donc de piétiner, danseuse, et ouvre les bras à un nouvel horizon. Et, ne t'inquiète pas, je jure de te détester encore plus pour ça.

Ses doigts dans ton champ de vision te font frissonner et inventent une douleur à ton épaule. Les mains toujours serrées sur le pied de table, tu baisses ton arme ridicule et te permets un sourire en réponse à ses paroles. Il a le don de t'énerver comme d'arracher des expressions à ton visage autrefois si figé. Mais, voir ses yeux frôler les murs, caresser le maigre mobilier, te donne envie de rire, de te moquer du riche traîné dans la boue des pauvres. Le provoquer un petit peu plus encore… ça t'est si facile, ma jolie, plus facile qu'aucune autre chose car tu es de ces gens détestables qui se perdent dans les mensonges, apeurés par la vérité.
Il ne sait pas. Il ose. Tu veux protester, frapper le loup pour qu'il avoue, lui crier de sortir de cette maison s'il n'a aucune raison d'y être. Mais ta bouche s'ouvre et se referme sans un bruit, les sourcils froncés, les dents serrées. Tu acceptes les mots car ils sont plus vrais que tous ceux que tu pourrais lui donner.
Doit-il, pourtant, en rajouter ? Ne pouvait-il se contenter de l'ignorance au lieu de se lancer dans des suppositions idiotes ? Ce ne sont pas les mots que tu voudrais entendre, que tu es prête à entendre. Et, dans cette bêtise qui gangrène ton cerveau, tu baisses les yeux sur ton arme improvisée. Tu pourrais, oui, tu pourrais raffermir ta prise sur le bois brisé et planter le pieu improvisé dans son cœur vicié. Il paraît que les plus vilaines créatures du monde meurent de cette façon. Tu doutes, pourtant, d'arriver à t'en débarrasser. Il serait capable de trouver un moyen de te hanter à sa mort, de continuer de polluer ta survie de son existence, de susurrer à tes oreilles la folie qui gagne ton corps. Tu n'y résisterais pas, Lili, tu finirais pas te sauver de la vie, te jeter dans la mort. Mais comprends-le, ma sœur, nous serons tous les deux de l'autre côté à t'attendre sagement. Et s'il te fait tant de mal, je crois bien que je pourrais le laisser te tourmenter. Après tout, tu n'as pas encore été pardonnée.

Un sourcil haussé, tu contemples l'arrogance d'un homme qui se sent mal au milieu de la crasse et de l'abandon. Croit-il pouvoir te cacher son malaise avec quelques insultes à ta demeure. Ou devrais-je dire « la demeure » ? Tu n'en es pas touchée un seul instant, ce n'est qu'une ruine que tu squattes comme l'indésirable qui s'invite chez les autres sans honte. Peut-être même que tu as tué son propriétaire pour t'en emparer, qu'est-ce que ça change ? Au final, il n'en a plus eu besoin et tu as gentiment décidé de t'en occuper à sa place. Mais s'il le savait, tu ne doutes pas un instant qu'il oserait te faire remarquer que les riches sont de tout aussi bonnes proies. Certes, mais personne ne remarque un pauvre mort, personne ne s'intéresse au voisin en sachant les monstres qui se cachent dans ce quartier. Les riches ne sont que trop égoïstes pour comprendre qu'il est bon de ne pas être trop curieux parfois.
Tout comme les chiens du gouvernement n'ont que trop de questions au bord des lèvres et si peu de réponses.

Quelle autre demeure pour un monstre ? Tu aurais été déçu… blessé, de me voir habituer un palace plus beau que le tien. J'étais étonnée, d'ailleurs, de ne pas trouver le loup endormi dans sa grotte. Quoiqu'y entrer fut tout aussi facile.

Tu passes devant lui avec un regard méprisant tout aussi joué que le moindre de tes autres mouvements. Ta vérité, en cet instant, te pousserait à fuir ta propre maison le plus loin possible de lui. Tu pourrais même te jeter dans les bras de tes ennemis si ça pouvait te séparer de lui et t'assurer qu'il ne revienne jamais t'embêter. Mais les mensonges te sont si faciles, Lili, que tu les perds dans ta réalité pour mieux t'en préserver.

Je te proposerais bien de t’asseoir, Rafael, tes doigts courent sur le dossier du fauteuil miteux au milieu de ton salon, mais j'ai peur de te voir fondre.

Un large sourire aux lèvres, tu t'amuses de son dégoût, du luxe qu'il vit chaque jour pour tomber aussi bas que sur le seuil de ta ruine. Il n'y était certainement pas préparé et tu en es plus satisfaite que tu ne pourrais l'avouer. Tu te félicites, même, d'habiter un quartier aussi minable que le sien est beau. Il ne pouvait y avoir, sur cette terre, de meilleur endroit pour toi et son ego.

Les plus belles perles se cachent dans les endroits les plus hideux. Là où personne ne voudrait les y trouver. Tu redeviens sérieuse, les doigts crispés sur le fauteuil et le pied de table que tu n'as pas lâché. En arrivant, tu t'es demandé si c'était ici que j'étais mais tu es quand même entré sans y être invité. Alors, peut-être que les prochains intrus passeront leur chemin.

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Dim 7 Juin - 9:49


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


~


La mort. Je sens sa présence dans l’air irrespirable, je frissonne de son toucher léger qui m’effleure l’épaule, comme le contact d’une amante délaissée qui chercherait à me reconquérir. Elle est là, autour de nous, autour de moi, autour de Lily. Elle est là, et je l’embrasse sans réfléchir, les mains couvertes d’un sang qui n’est pas le mien. Brusquement, les taches vermillons qui parsèment ma chemise deviennent acides et ronges le tissu pour s’éprendre de ma chair. Et mon frisson s’intensifie. Depuis combien de temps n’avons-nous pas dansé ensemble, le monstre et moi, moi et la mort, dans un trio malsain et pourtant bien plus logique que le reste de ce monde dont je contemple chaque matin la déchéance ?

Le bout de mes doigts se heurtent à l’arme improvisée plantée dans ma nuque, je me retourne dans une lenteur exagérée comme face à un animal sauvage. Ce que nous sommes. Cette lenteur, contrairement à ce que pourrait croire le loup, n’est pas une reddition mais bel et bien une menace implicite : j’ai beau lever les mains dans un geste pacifique, j’ai beau afficher une nonchalance feinte qui me pousse à contempler ce qu’elle ose appeler habitat, je reste sur mes gardes et ma vulnérabilité frémie sur mon épiderme comme une brûlure croissante. Mes yeux clairs parcourent la pièce, les vestiges de charpente, se blessent sur la crasse. Ce que je veux ? Tout me dégoûte, me répugne. Te voir. Sa misère, sa pourriture, a le malheur de me réfléchir ma propre gangrène. Et mes mains deviennent sanguinolentes à mes yeux, comme pour mieux me rappeler ce corps que j’ai laissé dans la désolation new-yorkaise. Un corps déchiqueté par l’homme, égorgé par le monstre. Elle m’écoute, me laisse parler, hausse un sourcil circonspect sans pour autant m’interrompre. Et si mon sourire taquin fait certainement davantage ressortir le dégoût que tout cela m’inspire, je le laisse s’étendre sur mon visage lorsque je réajuste mes vêtements dans ce geste automatique conditionné par des années de maintien et de noblesse.

Les us et coutumes ont certes changé, les modes et les codes se sont certes transformés, je reste celui que j’étais et la noblesse fourmille autour de moi comme un parasite opportuniste attiré par les rois. « Quelle autre demeure pour un monstre ? Tu aurais été déçu… blessé, de me voir habituer un palace plus beau que le tien. J'étais étonnée, d'ailleurs, de ne pas trouver le loup endormi dans sa grotte. Quoiqu'y entrer fut tout aussi facile. » Ses mots m’effleurent, me caressent plus qu’ils ne me blessent : je n’en prends pas ombrage, les recevant comme il se doit, avec ce désintérêt qui me caractérise. Son regard, en revanche, me heurte davantage et mes traits se durcissent en réponse. La moquerie et le sarcasme, dûment mérité, je les accepte sans broncher. Le mépris en revanche… J’arque un sourcil en la suivant du regard, comme dans l’attente d’une suite à ses propos. Que pourrais-je lui répondre, par ailleurs ? Que le loup, loin de se contenter de la fange, a au moins le mérite de se bâtir une tanière à son image ? Que trouver le monstre dans un palace n’aurait que renforcé l’estime que j’avais pour elle ? Qu’elle a tout à fait raison en supputant de ma part un sursaut de colère si elle avait habité un refuge plus luxueux que le mien ? Mon silence est bien plus éloquent.

« Je te proposerais bien de t’asseoir, Rafael. Mais j'ai peur de te voir fondre. » Son sourire, resplendissant de moquerie même si c’est vers moi qu’elle est dirigée, me convient bien plus que son mépris. Mais cette fois, ce sont belles et bien ses paroles qui heurtent ma sensibilité. Suis-je si orgueilleux, si susceptible, qu’un rien de sa part n’aiguise ma colère ? Non. Elle a juste ce talent inné de planter sa dague et ses ongles manucurés dans mes faiblesses et dans ma chair à vif. Et cette fois, c’est mon ridicule qu’elle expose au soleil, indifférente aux plaies qu’elle cause, riant de caresser mon point faible et de me mettre à sa totale merci. Je sais pertinemment que je suis ridicule. De cela, nul besoin de m’en informer. Si j’ai toujours été soigneux et eu ce côté maniaque, des siècles de loup et de solitude l’ont renforcé au point qu’il en soit devenu pathologique. Je le sais. Mais ça ne m’empêche pas d’être tétanisé à l’idée de maculer mes habits d’une crasse dont je ne veux pas. Le sang, je le supporte sans sourciller. Mais le reste… Elle n’a pas tort : j’ai peur aussi de fondre, rongé par l’acide de la pourriture. Je suis ridicule, je le sais. Elle s’en amuse : j’en suis conscient. Mais malgré tous mes efforts, je ne peux pas aller contre mon instinct misérable. Et j’ai beau chercher quelque chose à lui répondre, les seuls mots que je lui offre sont verrouillés derrière mes lèvres pincées de colère et mes épaules tendues de frustration. Mon sourire, pénible, se transforme en grimace, en rictus, lorsque je l’oblige à se tirer sur mes lèvres.

« Les plus belles perles se cachent dans les endroits les plus hideux. Là où personne ne voudrait les y trouver. En arrivant, tu t'es demandé si c'était ici que j'étais mais tu es quand même entré sans y être invité. Alors, peut-être que les prochains intrus passeront leur chemin. » Je la fixe. Et compte dix battements de cœur. Un. Elle a une faiblesse, elle aussi. Une faiblesse transpercée par une lance, une faiblesse qu’elle m’expose. Deux, trois, quatre. Ne puis-je pas à mon tour faire sonner le glas, frapper cette fracture pour la mettre à terre ? Cinq, six. Je fais un pas en avant. Mes muscles tétanisés brûlent de me désobéir lorsque je frôle du bout des doigts le fauteuil. Escalade sa main. Sept Viens au contact. Huit, neuf. Mes doigts attrapent le morceau de bois. Dix. J’ai trouvé. « Tu as peur ? » Ma voix est douce, dénuée de moquerie. J’ai l’impression d’être face à ma fille, prêt à la prendre dans mes bras pour la consoler et la mettre hors de portée du cauchemar qui l’a tirée de son sommeil. Non. J’ai l’impression d’être face à Azzura, perplexe quant à ses émotions, voulant essayer de comprendre ce qu’elle me reproche dans un calme maîtrisé. « Tu as peur, Lili. De ton ombre, de fantômes... » Je fronce les sourcils, mes doigts viennent redessiner ce menton qu’ils cherchent, je m’en suis aperçu, toujours à atteindre à un moment donner. Le contact. Il a toujours revêtu chez moi une signification particulière et c’est pour cela que je le fuis, que je le recherche, que je danse avec lui comme je danse avec elle. Mes doigts s’éloignent de sa peau dans une interrogation. « Tu as peur… de moi ? » Il n’y a toujours aucune malice dans mes propos. Juste une surprise, une sincérité non feintes, qui éclosent contre ma volonté. Je fronce à nouveau les sourcils. Je recule d’un pas, laissant ma réflexion dépasser mes pensées et bâillonner mon orgueil.

« Je ne pensais pas que tu étais si fragile, si peu à même de survivre, de t’adapter, de te remettre de la mort. Je pensais que tu étais comme moi, infatigable dans ta décadence, inépuisable dans ta colère. Je pensais que ton seul ennemi était ta lassitude. Mais non. Tu es craintive, tu te caches, tu fuis les chasseurs et ton ombre. » Je ne le dis pas mais mes yeux retranscrivent sans qu’il n’y ait besoin de traducteur l’ampleur de ma déception. J’espère faire fausse route. Je ne veux pas ouvrir les yeux sur sa misère. Parce que même si elle brille de cette rage qui la caractérise, même si elle joue avec moi et s’amuse à mes dépends de mes faiblesses, elle s’est terrée dans la boue pour lécher ses blessures. Chose que je ne conçois pas. L’ai-je à ce point laissée vulnérable ? Ai-je à ce point eu l’ascendant sur elle ? Je recule d’un pas encore. « Je t’ai surestimée, j’en suis désolé. La prochaine fois, je te promets, je viserai le cœur. »



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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Lun 8 Juin - 11:00



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


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Un battement de cœur et ton monde s'écroule, s'effondre, roule dans ta main et se brise en mille éclats de peur. Tu pinces les lèvres, n'oses détacher tes yeux des siens et tu déglutis péniblement, la gorge soudain aussi sèche que le désert de Gobi. Tu vois les murs exploser, la terre se déchirer et le soleil disparaître dans le néant. L'obscurité t'envahit, dissimule le reste à ton regard perdu dans le sien. Tu t'y accroches et espères que l'illusion disparaîtra au plus vite, maudissant intérieurement la folie qui croit en toi et ronge ton âme plus sûrement que ta monstruosité. Mais rien ne va, tout s'en va, ne laissant que ton corps et le sien, si proches que tu en oublies de respirer.
Il n'est pourtant pas si près, à quelques pas, plus loin de toi qu'il ne l'a déjà été par le passé, plus éloigné qu'il ne pourrait l'oser. Mais ses doigts touchent les tiens, caressent ta peau et la quittent, glissent sur le pied de table et s'y arrêtent. Tu sais, ton cœur sait avant d'imploser. Tu sais que ta vérité va éclater, que tu ne pourras plus te cacher, que les mensonges ne sont plus aussi simples, que tu vas craquer. Tu ne veux pas, pourtant, fondre en larmes comme une adolescente, crier au loup le mal que l'on veut te faire. Tu ne veux pas qu'il voit quelle misérable personne tu es, si pitoyable, vulnérable, indésirable. Tu ne veux pas qu'il se détourne, qu'il te méprise, te haïsse plus qu'il ne le peut déjà. Tu ne veux pas qu'il te laisse seule en ce monde hostile. Mais tu sais, c'est inévitable, il trouvera les mots, les gestes. Il a la fourberie, la force de te faire basculer, de te bousculer sans remord. Il a tiré sur ton corps, ne crois-tu pas qu'il puisse percer ton esprit pour te laisser plus morte que vivante, plus inutile que jamais ? Là est tout le problème : tu sais qu'il en est capable et qu'il le fera, comme tu l'aurais fait.

Tes lèvres se séparent bêtement, sans qu'aucun son ne sorte tandis que l'eau te monte aux yeux. Tes iris brillent d'obscurité sans que les larmes ne tombent, fièrement accrochées à tes paupières, irritant l'idiote qui ne sait plus quoi faire. Trois mots et tu as senti ton cœur se serrer, se presser contre les côtes qui le protègent. Trois mots et il a détruit ta maigre protection, brisé ta défense si inutile face au loup. Trois mots qui ont compris tes mensonges, percé ta vérité et font suinter ta vulnérabilité à travers tes pores. Trois mots, pourtant, qui se perdent au milieu d'autres, qui se noient à contre courant et perdent tout leur sens. Trois mots qui avaient été justes mais qui se sont laissés bercer par une très ancienne réalité.
Tu pourrais sourire, éclater de rire, essayer d'oublier les doigts qui ont glissé sur ta peau colorée et attaquer le loup pour sa stupidité. Il ne comprend pas, il patauge dans un marais infranchissable, s'enfonce dans des sables trop mouvants pour sa carcasse. Il ne saisit pas l'ampleur des dégâts sur ton corps, sur ton âme. Il ne sait pas, ne réfléchit pas à tout ce qui a déjà été dit. Comment pourrais-tu avoir peur de lui ? Du loup qui n'a su claquer des dents au bon moment ? Ne lui as-tu pas dit, de la plus… je n'ai même pas de mot pour critiquer ton idiotie, Lili. Ne lui as-tu pas dit, purement et simplement, les yeux dans les yeux, que tu ne voulais pas le tuer ? Croit-il que la peur de son être retient tes doigts meurtriers ? L'intelligence ne me semble pas briller dans ses pupilles, mais je te laisse croire que tes mensonges l'ont berné, lui, le seul qui pourrait peut-être t'aider.

Tes yeux s'abaissent à admirer tes doigts sur le fauteuil et je perds une admirable sœur, un adorable monstre, pour une femme détruite de l'intérieur. Ses mots t'attaquent, te mettent à terre en quelques secondes et tu pinces les lèvres, serres la mâchoire un peu plus fort. Tu n'aimes pas que l'on s'approche de ta vérité, que l'on s'insinue sous tes mensonges. Et, par dessus tout, tu détestes cette déception que tu sens en lui sans avoir besoin de le regarder. A quoi s'attendait-il de ta part ? Pourquoi avait-il tant d'espérance en ta piètre personne ? Tu as toujours prouvé à quel point tu es inutile, à quel point il lui est facile de te déchirer. N'a-t-il rien compris, retenu, de toutes ces fois où il t'a blessée ? Croyait-il vraiment que tu te terrerais dans un endroit pareil si la mort n'était pas sur le pas de ta porte, effrayant ta féminité et ta monstruosité ? Mais ses derniers mots sonnent à tes oreilles comme une fausse menace, comme le plus gros des mensonges.

Tu ne sais pas. Le murmure s'échappe à tes lèvres et tu relèves enfin ton regard jusqu'au sien. Ne peux-tu essayer de me comprendre ? Mes fantômes ? Mon ombre ? Je leur fais face depuis le premier jour. Oui, j'ai peur, je l'ai déjà dit et je le dirai encore. Mais cette peur-là s'est effacée avec le temps. Ce n'est pas ce qui est mort qui me fait peur. Les as-tu vus ? As-tu vu ceux qu'ils jettent dans la rue ? As-tu vu ce qu'ils nous font ? Ils viendront me chercher et je ne pourrai pas fuir. J'ai peur des vivants, Rafael.

Mais je n'ai pas peur de toi. Tu ne dis rien, pourtant, laissant tes yeux brillants crier au monde qu'il peut bien te poignarder, tu partiras le sourire aux lèvres. Laissant tomber le pied de table au sol, tu contournes le fauteuil pour te planter devant lui. Ta main attrape la sienne, ouvre ses doigts et la pose sur le revolver à sa ceinture, ton autre main se glissant à sa joue, un faible sourire aux lèvres.

Oui, tu m'as surestimée. Je suis faible et lâche. Mais peut-être n'est-il pas trop tard. Une balle et tu ne seras plus déçu. Une balle et tu n'auras plus à mettre les pieds ici-bas. Fais-le, Rafael, appuie et libère-nous.

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Dim 14 Juin - 11:46


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


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Acide qui se répand dans mes veines, la déception dépose sur son chemin une traînée d’amertume alors que je crois comprendre ce qu’elle cache derrière son agressivité et la fange dans laquelle elle se complaît. A-t-elle réellement peur, peur des autres, peur de moi ? Ma voix est d’une douceur anormale. Mes yeux se froncent, mes doigts viennent au contact, effleurent son épiderme. Ma déception s’intensifie. Même si je m’égare, même si je me leurre, le résultat sera le même : elle semble brisée, cette dame de fer qui méritait mon respect. Je recule d’un pas. Explicite ma pensée, dévoile ma déception, l’étale sous ses yeux sans la moindre gêne ou le moindre respect pour elle. Je recule d’un pas encore, mais ce n’est pas par anticipation d’une quelconque réaction. C’est de dégoût, d’amertume. Suis-je un monstre, pour faire face avec autant de facilité à la mort et à la pourriture, pour survivre à la mort d’Azzura, pour survivre à la décadence de la société, pour survivre au rejet, au meurtre, au sang, à l’ensemble de ce qui fait de moi un monstre et de mes pairs des abominations ? Suis-je parce que je suis un monstre que j’en suis réellement un ou parce que j’accepte d’en être un que mon humanité agonise dans mes doigts ensanglantés ? Ma main moite se pose sur ma cuisse, comme pour mieux faire disparaître le souvenir d’un sang craquelé. Tu ne sais pas. Je ne l’attendais pas, je ne l’attendais plus, ce murmure. Je relève la tête, fixant mon regard dans le sien puisqu’elle a fait de même. Je ne sais pas ? Que ne sais-je donc pas qui puisse lui pardonner sa défaite et sa trahison ? Nous étions supposés être semblables dans notre acceptation de la pourriture que nous cachons. Nous étions supposés être semblables, des reflets dans un miroir, des alliés. « Ne peux-tu essayer de me comprendre ? Mes fantômes ? Mon ombre ? Je leur fais face depuis le premier jour. Oui, j'ai peur, je l'ai déjà dit et je le dirai encore. Mais cette peur-là s'est effacée avec le temps. Ce n'est pas ce qui est mort qui me fait peur. Les as-tu vus ? As-tu vu ceux qu'ils jettent dans la rue ? As-tu vu ce qu'ils nous font ? Ils viendront me chercher et je ne pourrai pas fuir. J'ai peur des vivants, Rafael. » Je fronce les sourcils, imperceptiblement.

J’ai peur des vivants, Rafael. Je me rends compte d’une chose : j’ai sous-estimé quelqu’un et j’ignore encore qui. Puis, un deuxième constat se fraye un chemin dans mes pensées. J’ai vu ce qu’ils faisaient, je participe même à une moindre échelle à ces rafles successives, à ces enlèvements, à ces expérimentations. Si je les tolère, les soutiens, les abhorre ? Je n’ai pas cherché à y réfléchir. Les choses sont comme elles sont, je n’ai pas encore le pouvoir de modeler le monde à ma convenance. Et si les propos de mon bras-droit résonnent et se teintent de pertinence dans mes pensées, je doute être totalement prêt à prendre les choses en main. Totalement. Je fronce les sourcils, encore. Mon silence est éloquent : il lui concède cette victoire. La voilà qui laisse définitivement tomber son arme dérisoire, s’approche de moi, vient au contact. Je me crispe, comme toujours, mais je constate aussi avec un étonnement certain que je m’y [i)habitue[/i]. Car sa main qui effleure mon revolver ne m’angoisse plus autant que des mois plus tôt. Quelque chose s’est brisé entre nous, une part de cette agressivité lucide qui nous caractérisait, cette balance entre la mort et la vie avec laquelle nous jouions à chacune de nos rencontres. Quelque part, je sais qu’elle ne me tuera pas et de ce fait, je la laisse aller plus loin que quiconque. Le sourire sur ses lèvres en revanche, n’éveille pas son confrère sur les miennes. Je me contente de tourner légèrement la tête pour continuer à fixer ses yeux aussi sombres que les miens peuvent être clairs. « Oui, tu m'as surestimée. Je suis faible et lâche. Mais peut-être n'est-il pas trop tard. Une balle et tu ne seras plus déçu. Une balle et tu n'auras plus à mettre les pieds ici-bas. Fais-le, Rafael, appuie et libère-nous. »

Libère nous. Je la repousse sans ménagement avant de remettre de la distance entre nous. Libère-nous ? J’éclate d’un rire sans joie qui s’estompe d’ailleurs dans les secondes qui suivent son éclosion. « Libère-nous… Ce que tu peux être égoïste, Lili. Faible, lâche, égoïste, voilà le visage que tu as décidé de me montrer. Mais non. Je ne te ferai pas ce plaisir parce que vois tu, je suis aussi faible lâche et égoïste que toi. Te libérer serait me condamner. Te libérer serait me perdre. Et je ne t’aime pas assez pour t’offrir ce qui me condamnera à la solitude et à la damnation. » Mes traits sont graves. Est-ce parce que je ne l’aime pas assez ou parce que je l’apprécie un peu trop que je refuse de mettre ma menace à exécution ? Cette pensée me guide sur un chemin glissant sur lequel je refuse de m’aventurer. Au lieu de cela, je me contente de la toiser du regard. Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi faire. Trop de possibilités, trop d’envie, pas assez de courage j’imagine pour suivre mes pulsions. « Tu m’as demandé pourquoi j’étais venu te voir. Juste avant, j’ai tué. Une femme. Semblable à toi en tous points. Je l’ai tuée sans aucune émotion, juste parce qu’elle était un monstre, parce qu’elle était ma proie, parce qu’elle n’avait rien à faire en vie. Et je suis venu ici dans l’espoir que tu m’expliquerai ce que je deviens. Tu as peur des vivants, Lily. Moi, j’ai peur de ce que je deviens. Et si je suis aussi déçu de te voir différente de moi, c’est parce que je ne vois pas dans tes yeux cette crainte qui m’héberge. Tu as peur, tu es faible, tu es lâche, tu es égoïste. Mais tu n’as pas peur de toi-même. »

Je recule, déambule dans la pièce. J’ignore ce qui me pousse à lui parler ainsi. Ce sang, sur mes mains, que rien ne parvient à ôter, peut être. Cette culpabilité que je n’arrive plus à étouffer, lorsque je suis obligé de me regarder dans un miroir, avec le fantôme accusateur de Cora dans mon dos. Ou encore ce cadavre que j’ai abandonné dans la forêt. « Malgré mes meurtres, je pense que j’étais un homme bon, avant, forcé de choisir entre deux horreurs sans aucune possiblité de rédemption. J’étais un homme bien, qui croyait en l’homme, à la justice, à l’impartialité. Je me suis perdu, Lily, et je pensais que puisque tu étais aussi égarée que moi, on pourrait s’entraider pour retrouver notre chemin. Sommes-nous condamnés à errer, terrifiés par nos démons, sans agir autrement qu’en se cachant derrière nos faux-semblants et notre pourriture ? »



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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Mer 17 Juin - 23:32



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(pv) Rafael A. Morienval


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Une grimace accompagne la distance qu'il remet entre vous pour mieux rire, t'humilier et te regarder souffrir. Tu y étais presque, à deux doigts de la mort comme à chaque fois. Il aurait pu sortir son flingue, armer le chien et tirer une balle droit sur ton cœur. Il aurait pu. Est-ce vraiment comme il le dit, Lili ? T'aime-t-il trop peu pour abréger tes misérables souffrances ? Réfléchis, souviens-toi, ma sœur, de l'affront, du contact trop intime que vous avez eu entre les carcasses des voitures. Ne se voile-t-il pas autant la face que tu ne le fais toi-même ? Ne te prend-il pas pour la plus finie des idiotes ? Tu n'es pas la seule à vouloir prendre l'autre pour un con avec de vulgaires mensonges. Vous vous butez contre le même mur sans rien comprendre, sans même essayer, en vérité. Tout ce que vous avez fait jusque là, tous ces mots, ces gestes, ces idioties que vous avez faits à deux, à quoi ça vous a servi au final ? Vous en restez toujours au même point. Vous n'avancez pas. Brisez donc la glace qui vous retient, entretuez-vous une bonne fois pour toute, pas la peine de réfléchir, vous en aurez tout le temps en enfers.

D'un regard noir, tu lui réponds, n'osant poser des mots sur des pensées trop sombres, attendant simplement une suite que tu n'avais pas prévue, des mots plus étranges qu'aucun autre. Il aurait pu t'insulter encore et encore, provoquer la méchanceté de ton cœur, la monstruosité au fond de tes pupilles. Il aurait pu continuer comme vous l'avez toujours fait, vous perdre dans les mensonges et la haine. Il aurait pu. Une fois encore.
Mais tes sourcils se froncent et tu t'accroches aux paroles du loup, essayant de comprendre ce qui a changé, comment tout a pu finir ainsi. Qu'avez-vous fait pour que les rôles soient échangés ? Te voilà à mépriser le monde, à jouer les égoïstes, à avoir peur de plus que du mal que tu peux faire. Et le seigneur arrogant s'inquiète enfin de ce qu'il est. Il se perd dans ce qu'il a été pour essayer de trouver ce qu'il va devenir.
Il se pense si supérieur à toi, ma jolie. Regarde-le, à crier sur les toits que personne ne peut lui faire plus peur que lui-même. Regarde ses yeux qui te méprisent. Comprends ce qu'il est vraiment, quelles mains il traîne avec son corps. Vois le sang, la pourriture et le vice, ma chérie. Il est plus mauvais que tu ne le seras jamais et il se sert de toi, encore et toujours. Ne t'a-t-il pas demandé de fouiller sa mémoire pour lui avant de te jeter du haut du phare ? Et, aujourd'hui, alors qu'il te demande de l'aider, de le guider sur un chemin que tu ne connais pas, que va-t-il faire de toi ?

Peur de moi ? Ton rire s'élève difficilement, lourd et glacé, les flammes dansant dans tes yeux. Tu sais que tu mens. J'ai toujours eu peur du monstre, tu le sais plus que quiconque. Ta voix se brise au souvenir des mots d'une autre fièvre. Me donnent-ils le temps de m'inquiéter de ce que je suis ? Oui, j'ai peur de mon manque de contrôle, de ce que je fais parfois, mais j'ai encore plus peur de ceux que le mot monstre attire. Tu ne peux pas comprendre ça, toi, tu peux avoir peur de toi-même, tu as tout le temps de ta putain de vie devant toi. Ils ne viendront pas te chercher, toi, tu trav-...

L'illumination t'arrête en plein discours, laissant tes yeux écarquillés soudain perdus dans ta propre maison, et ta bouche bée trembler légèrement. Tu comprends enfin que vous n'avez jamais été plus différents, qu'il pourrait bien avoir été envoyé à ton chevet pour tirer de ton sang sa monstruosité. Il travaille pour eux, eh oui, Lili. Et tu n'as pas le temps de te rattraper au fauteuil que tes jambes cèdent, ramenant ton cadavre au sol, tandis que la pluie inonde ton regard et roule silencieusement sur tes joues. Dois-tu souffrir autant, ma mie ? Je me demande parfois si tes péchés méritent ton malheureux destin. Tu pourrais bien crever dans l'instant, recevoir ce que tu as tant réclamé, que ça ne te ferait rien. Tu es détruite de l'intérieur, tout simplement.

Tu es avec eux, hein ? Tu participes à ce jeu, toi aussi ? Alors, oui, Rafael, j'ai peur de toi. D'une main, tu chasses les perles sur tes joues et t'agrippes au fauteuil pour te relever. Tu aimes me voir pleurer, hein ? Aah... tu es si maléfique, loup, et je suis tellement bête. Mais, tu sais... je crois que tu devrais avoir peur de moi. Je suis un monstre, qui sait de quoi je suis capable ?

Tes pupilles semblent plus sombres, brillantes mais graves, plantées dans ses yeux clairs. Un sourire étire tes lèvres, ce sourire un peu fou qui appelle à la prudence, qui indique un danger. Tu es folle, ma sœur, si joliment folle, prête à tout pour détruire ta vie, la sienne. Tu as perdu la tête et tu veux lui faire perdre la sienne. Il te tue à petits feux, se régalant de ton agonie. Laisse-le regretter de ne pas t'avoir tuée.
De nouveau debout, tu t'approches de lui rapidement pour lui voler son arme et le repousser d'une main puissante plaquée sur son torse. Tu recules ensuite, armant le pistolet d'un geste un peu trop expert avant de viser sa tête. Mais ton sourire s'élargit et j'ai peur de ta profonde connerie.

Tu es condamné à errer, alors laisse-moi... Le canon vient se plaquer contre ta tempe, l'index dangereusement posé sur la gâchette... me libérer. Je veux te condamner, te perdre, t'offrir la solitude et la damnation. Je suis peut-être moins lâche que toi, finalement. Tu as tué une femme aujourd'hui ? Bravo, en voici une deuxième. L'homme bon devient mauvais, quel malheur... Ton regard se fait plus dur, il paraît qu'une balle dans la tempe n'assure pas la mort. Et maintenant, que vois-tu dans mes yeux, Rafael ?

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Lun 22 Juin - 20:49


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(pv) Li Mei


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Nous jouons tous les deux un jeu dangereux. Et si nous en connaissions les règles au tout début, j’ai l’impression qu’il a changé, nous aussi, et que chaque pion que j’avance peut causer ma perte sans que je ne le sache à l’avance. Je la repousse sans ménagement. J’éclate d’un rire sans joie, je crache de l’acide, je laisse transparaître l’étendue de ma déception. Et de mon mensonge. Je me suis perdu et j’ignore à quel moment. Depuis quand suis-je capable de tuer pour le simple plaisir de tuer, pour le simple besoin de faire couler un sang que j’ai jugé coupable par pur intérêt personnel ? Depuis quand, aussi, suis-je capable de me confier à elle dans un débit de phrases et d’inepties qui me débectent en temps normal ? Je m’entends parler, comme un écho lointain. Je recule, je marche, je déambule et elle, elle m’écoute. Son regard noir, je le chasse d’un rictus et je continue sans oser m’interrompre alors que tout mon orgueil me supplie de lui mettre une balle dans la tête et de quitter ce cercueil poussiéreux et cette fange emplie de miasmes. Ce sang, sur mes mains, voilà ce qui me retient. Cette folie qui me prend, cet homme que je deviens, voilà ce qui m’empêche de me taire et de partir. Ses sourcils se froncent, m’encouragent à poursuivre mon monologue interrogatif et étrangement sincère. Je pense que j’étais un homme bon. Mes propos sonnent faux, mais je persiste à y croire. J’ai toujours œuvré du mieux que je pouvais, oscillant entre ce que j’étais et ce que mon grand-père voulait que je sois. Et je vivais très bien ainsi, rejetant loin de moi toute culpabilité pour mieux accepter l’horreur de mon existence et la présence d’Azzura dans mes bras. Mais même elle, on me l’a enlevée. Même elle, je ne la mérite plus. Et j’ai définitivement réussi à faire une croix sur son existence, sur sa mort, sur son fantôme qui me poursuit de ses malédictions. Elle me haïrait pour ce que je suis devenu. Elle me haïrait pour ce que je deviens. Il n’y a guère que la monstre face à moi qui puisse comprendre cette noirceur qui étrangle mon âme et la pervertit sans lui laisser la moindre chance de survie. Peur de moi ? Tu sais que tu mens. J'ai toujours eu peur du monstre, tu le sais plus que quiconque. Je frissonne. A-t-elle réellement peur du monstre ? Je n’ose imaginer dans ce cas ce qui resterait de moi si jamais lui et elle se mettait un jour d’accord. Et je n’ose imaginer non plus la nature de cette femme qui se trouver face à moi, à rire de ce même rire qui m’agitait un peu plus tôt. Sa voix se brise, je fronce les sourcils. Inspire. Continue à la regarder sans ciller. Me donnent-ils le temps de m'inquiéter de ce que je suis ? Oui, j'ai peur de mon manque de contrôle, de ce que je fais parfois, mais j'ai encore plus peur de ceux que le mot monstre attire. Tu ne peux pas comprendre ça, toi, tu peux avoir peur de toi-même, tu as tout le temps de ta putain de vie devant toi. Ils ne viendront pas te chercher, toi, tu trav-... J’arque un sourcil lorsqu’elle s’arrête, yeux écarquillés. Je termine sa phrase sans qu’elle n’ait besoin d’en dire davantage. Je peux d’ailleurs lire dans ses yeux le fil de sa pensée et retiens de justesse un soupir exaspéré.

« Oui, je travaille pour le Gouvernement, mais je pensais que c’était maintenant suffisamment clair pour que je n’aie pas à te le redire. Et en quoi cela te pose-t-il problème, puisque… » Hum. Je m’interromps à mon tour lorsqu’elle s’effondre, me prenant brutalement au dépourvu. Ce que je déteste. Surtout que par un réflexe inélégant et ô combien suranné, mon genou a fléchi à son tour pour la réceptionner, avec un temps de retard malgré toute la vivacité de l’animal. Mon pantalon traîne sur le sol, j’ai la jambe qui brûle de crasse mais je n’y prête guère attention. Parce qu’une nouvelle fois encore, des larmes dégringolent de ses joues. Je ne la comprends pas. Comment peut-elle ignorer cette humanité qu’elle me dévoile, comme si le monstre se dénudait devant moi pour mettre en avant le peu de blancheur qui subsiste en son être. Ma main se tend, caresse cette joue et récolte une perle que je contemple avant de la faire mourir sur ma jambe dans un geste agacé. « Tu es avec eux, hein ? Tu participes à ce jeu, toi aussi ? Alors, oui, Rafael, j'ai peur de toi » Elle chasse à son tour les perles de rosée, et je me relève une fraction de seconde avant qu’elle ne fasse de même. Je lutte contre l’envie de regarder l’état de mon vêtement et me contente de l’écouter, concentré. Dérouté. « Tu aimes me voir pleurer, hein ? Aah... tu es si maléfique, loup, et je suis tellement bête. Mais, tu sais... je crois que tu devrais avoir peur de moi. Je suis un monstre, qui sait de quoi je suis capable ? Je cligne des yeux, incertain. Comment fait-elle pour être aussi vulnérable et dangereux, aussi imprévisible que diablement compréhensible. Je parviens à lire dans ses yeux un peu de folie, mais lorsqu’elle s’approche suffisamment de moi pour saisir mon arme, je reste tétanisé de stupeur. Et lorsqu’elle me repousse, je lui concède un pas en arrière, les yeux plissés comme ceux du loup qui ne comprend pas l’enchaînement de paroles, de pensées et d’actes.

Elle arme mon revolver, je contemple la mort droit dans les yeux. Trop hébété pour réagir, trop crispé pour respirer, trop dérouté pour dire autre chose qu’un inadéquat « Mais que fais-tu donc ? » qui n’attend fort heureusement aucune réponse. « Tu es condamné à errer, alors laisse-moi me libérer. Je veux te condamner, te perdre, t'offrir la solitude et la damnation. Je suis peut-être moins lâche que toi, finalement. Tu as tué une femme aujourd'hui ? Bravo, en voici une deuxième. L'homme bon devient mauvais, quel malheur... Et maintenant, que vois-tu dans mes yeux, Rafael ? Je ne vois rien. Je ne vois que des larmes qui perlent à mes pupilles desséchées. Des larmes de détresse. Des larmes de déception. Des larmes traitresses. Le loup hurle à la mort. Ma respiration semble durer des heures. Je ne vois rien, Lily. Je n’entends que la sentence que tu viens d’énoncer, je ne sens que la poudre dans cette arme, qui va s’embraser et te liquéfier. Je ne perçois que la crasse qui nous environne, les battements de ton cœur, ta détermination et tout ton être devenu fou. Qu’attends-tu réellement Lily ? Il n’est guère difficile d’être moins lâche d’un homme qui a voulu attenter à sa vie et qui n’y est pas parvenu. Il n’est guère difficile d’être moins lâche qu’un homme qui se complait dans la facilité du meurtre plutôt que de vivre en opposition avec son sang et sa violence. Je ne vois rien, Lily, je ne vois rien d’autre dans tes yeux que le reflet de ce que je suis voué à être. Nous sommes perdus, Lily. Nous nous sommes perdus en chemin, nous nous sommes perdus dans un rythme lent et assassin, nous nous sommes perdus dans une danse dont nous ne connaissons plus les pas. « Ne fais pas ça, Lily. » Ne fais pas ça je t’en conjure. « Ne me fais pas ça, Lily. » Mes doigts glissent à son poignet, tout en douceur. Mes doigts ne détachent pas les siens, bien au contraire. Ils plient son coude, ramènent sa main pour me mettre en joue. Je guide son index vers la gâchette. Mon bras tremble, fait trembler l’arme. Ma deuxième main vient en renfort. « Ne fais pas ça, Lily. Laisse moi faire, plutôt. » Mon pouce presse son index. Je ne suis guère adroit lorsqu’il s’agit de me tuer, le coup résonne, explose au milieu de mon abdomen, légèrement sur le côté puisque mon bras a tremblé, la balle transperce mon corps de part en part et je m’écroule sur Lily dans un hurlement muet. « Je crois que nous sommes quitte, à présent. » Je sais déjà que je vais survivre. Je le sens dans mes tripes durement malmenées. Je sais que je vais survivre, mais je m’écroule, mes jambes ne répondant plus, mes yeux se vrillant de douleur. « Pardonne moi » Je crache du sang : je me suis mordu la langue par inadvertance.



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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Mer 24 Juin - 9:58



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Haha, ma sœur ! Tu es définitivement la plus idiote des femmes que j'ai jamais eu l'occasion de rencontrer, et le plus pitoyable monstre de tous les mondes. Regarde-toi. Tu as entre tes mains le moyen de te débarrasser à jamais de la plus grande erreur de ta vie, d'enfin clouer le bec du loup arrogant. Que fais-tu, pourtant ? Tu pointes le canon meurtrier contre ta propre tempe, imaginant ce que deviendra ta survie si la balle se trouve une place au fond de ton crâne sans te tuer. Tu es ridicule. Tu as la vengeance au bout des doigts et tu préfères te faire sauter la cervelle. Quelle raison étrange t'y pousse ? Tu crois vraiment ce qu'il te dit ? Il crache autant de mensonges que ta misérable personne. Voyons, Lili… reprends-toi un peu, tu as été plus intelligente que ça, non ? Ne crois-tu pas qu'il joue avec toi, qu'il veut te faire croire que ta mort a une quelconque importance ? Il rira lorsque le sang éclaboussera la crasse des murs. Il avouera, alors, qu'il n'attendait que ça, le jour où il serait enfin débarrassé de toi. Un suicide, c'est tellement plus simple à gérer : aucune explication, aucun rangement. Il n'a qu'à disparaître de cette incroyable maison et laisser ton cadavre pourrir jusqu'à ce qu'un autre le trouve et le rapporte aux autorités qui n'en ont rien à cirer. N'est-ce pas le plan parfait, Lili ?

De nouveau tes sourcils se froncent tandis que ton index s'éloigne un peu de la gâchette. Est-ce… Non… Oh, quelle merveille vois-tu là, ma chérie ? Serait-ce une larme au coin de son œil, la mer au creux de ses paupières ? Tu n'arrives pas à y croire. Les rôles sont-ils inversés à ce point ? Tu es le prédateur qui sourit, calibre en main, devant la proie qui se fane et se froisse, se disperse en mille éclats d'ombre. Et alors que tu voudrais ta prise plus ferme sur le revolver, tes doigts ne répondent plus, tes yeux ne bougent plus et ton cerveau se bloque sur le futur qui s'écrira de vos mains. Tu sais, tu le sens au plus profond de toi. Tu sais que, s'il est devenu toi, la folie poussera son corps vers la mort. Tu ne sais, pourtant, qui de vous deux elle viendra chercher, qui de vous deux elle accueillera de ses doigts glacés. Et, pour la première fois de ta vie, de ta remarquable et atroce survie, tu te surprends enfin à prier qu'elle te prenne toi et qu'elle écarte ses caresses du loup vaniteux.

Mais la mort n'est jamais prévisible et toujours elle s'amuse des humains et de leurs misérables prières. Elle rit devant tes yeux écarquillés et ta main tremblante. Elle s'inquiète lorsque tu approches de nouveau ton index de la gâchette. La mort n'aime pas que l'on déjoue ses plans, ma Lili, et tu n'en fais pas partie.
Comme une décharge électrique, ses mots te ramènent sur terre et tu clignes des yeux pour le fixer à nouveau. Un fin sourire vient étirer tes lèvres qu'il avait quittées. Juste pour le voir souffrir, pour le voir pourrir comme tu as pourri, pour le voir crever de sa putain de solitude, tu as envie d'appuyer, de libérer la balle à l'intérieur de ton crâne, de la sentir tout déchirer sur son passage.
Le pronom qu'il ajoute, pourtant, fait trembler ta lèvre un instant et tu déglutis péniblement. Tu dois le faire, te tuer, avant qu'il ne tente de donner son corps à sa propre folie, avant qu'il n'essaie de t'en empêcher de la plus inutile des manières. Tu sais de quoi tu serais capable à sa place, à le voir se viser comme tu l'as fait, comme il ne pourrait jamais le faire, impulsivement.
Tu ne fais rien, tu n'y arrives pas. Tu restes coincée entre un monstre amusé et une femme apeurée. Tu ne sais plus ce qui doit être fait, ce qui doit être évité. Tu ne veux pas mourir. Tu ne veux pas le tuer.

Alors tu laisses ses doigts glisser sur ta peau, influencer ton bras sans réagir. Tu es perdue dans des pensées trop vastes, dans des possibilités trop importantes, pour prendre conscience de ce qui se passe ici-bas, pire qu'aux enfers. Il te suffirait, pourtant, d'un bon coup de poing entre les yeux, sur la joue, d'une jambe relevée assez vite pour qu'il en souffre quelques instants. Tu pourrais l'en empêcher, l'empêcher de se tuer comme il veut t'empêcher de le faire. Mais ton monde ne s'ouvre que lorsqu'il est déjà trop tard, lorsque les derniers mots s'échappent à ses lèvres. Le « non » presque crié qui se faufile entre les tiennes ne change rien à la détonation, à la balle, déviée par un geste de ta main, qui se fraie un passage à travers son corps.
Et tandis qu'il s'écroule dans tes bras, une infime part de toi explose d'un rire sans joie, chante à la mort qui tombe, à la mort qui se plaît aux creux de tes mains. Tu ne ressens pas, pourtant, cet enthousiasme du monstre, comme s'il n'existait pas, comme s'il n'avait jamais existé. Une pure invention, une illusion d'un esprit qui ne sait pas quoi faire d'un homme blessé, d'un loup sur le point de crever. Et les mots qu'il t'offre ne te rassurent pas, finissent de te réveiller, d'amener le sel sur tes joues colorées. Tu pleures, encore. Toi, la grande dame de fer glacé, l'asiatique qui n'a plus versé une larme depuis ses seize ans. Oui, je sais que je mens, que tu étais soi-disant bouleversée par la fièvre qui m'a emporté. Mais je ne t'ai pas vue pleurer avant d'être passé de l'autre côté, avant de revenir pour te tuer. Et lui… lui, tu l'allonges à terre, tu donnes de petits coups de poings sur ses épaules, comme pour l'accuser. Tu verses ta pluie sur son visage sans jamais oser regarder le sang sur son abdomen. Puis l'écarlate sort de sa bouche, se répand sur sa peau blanche et tu sursautes, comme la plus idiote des femmes, le plus pitoyable des monstres. Tu sursautes et tes mains se referment sur son visage, y cherchent son regard, n'y voient rien.

Tu ne peux pas. Tu n'as pas le droit, Rafael. Si tu meurs, je meurs. Tu l'as dit, non ? Je ne dois pas te laisser seul. Que feras-tu sans moi, parmi les monstres ? Que serai-je sans toi, parmi les hommes ? Tu retires ton maillot pour le presser contre la blessure. Tu es venu seul ? Pourquoi t'es venu seul ?! Parle à l'un des siens, Lili, et les rares cicatrices sur ton ventre ressembleront à des éraflures à côté de ce qu'ils vont t'aider à devenir. Je… je vais trouver quelqu'un… Explique sa blessure au gouvernement, ma mie, et il devra te retrouver dans les égouts de la Nouvelle-Orléans, plus cassée que jamais… un collègue ! Tu es prête à te sacrifier pour lui ? Putain d'idiote. Ne meurs pas avant moi, Rafael, c'est un ordre, tu entends ?

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Dim 28 Juin - 12:22


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


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Chercher dans mes actes et mes choix une certaine logique serait poursuivre un rêve trop idyllique et naïf pour être pris un seul instant au sérieux par toute personne sensée. Et cherche à comprendre mes réactions face à sa folie… mes yeux s’humidifient sans que je n’ai pu l’envisager une seule seconde. Ne fais pas ça, Lily. Ne fais pas ça, s’il te plait. Je t’en conjure, ne piétine pas mes ruines, ne me détruis pas davantage. Je t’en supplie, Lily, ne fais pas ça, écarte ce canon de ta tempe, pointe moi, tue moi, réduis moi en poussière mais pas de cette manière. Je peine à déglutir. Une perle salée s’échappe de mes paupières, dégringole ma joue, mes doigts caressent les siens pour prendre possession de l’arme. Ne fais pas ça, Lily. Je déteste la seule idée de ployer le genou devant quelqu’un et pourtant je n’hésite pas l’ombre d’une seconde à la supplier par ces quelques mots. Ne me laisse pas, ne fais pas ça. Je préfère saisir mon arme, la guider vers mon torse, vers mon abdomen. Je n’ai guère de connaissance sur la morphologie humaine mais un tir à bout portant ne peut que causer des dommages irréversibles. Et lorsque dans un hurlement muet je m’effondre sur elle, la douleur est si forte qu’elle sature l’ensemble de mon système nerveux. Ma voix n’est qu’un murmure confié à sa nuque, un soupir presque inaudible. Je crois que nous sommes quitte, à présent. Le son du coup de feu fait écho à son épaule déchiquetée. Je n’ai pas hurlé de douleur, le cri c’est étranglé dans ma gorge de stupéfaction, le loup s’agite dans sa cage, me supplie de cesser d’être stupide et de lui laisser la place pour qu’il soigne le tout. Je refuse. Je n’ai rien à gagner à rester en vie, je n’ai rien à perdre à indiquer à la Mort où me trouver.

Mais une larme rejoint celle égarée dans ma barbe. Une larme, suivie de ses consœurs. Elle m’allonge par terre, me laboure l’épaule de petits coups comme pour se venger et un sourire s’étire sur mes lèvres, guidé autant par la fatigue qu’une certaine satisfaction à la voir se briser à son tour. Telle est prise qui croyait prendre, Lily. N’est-ce pas ironique comme situation ? Je souris alors que mes yeux souhaitent se fermer et ma fatigue s’abat sur moi comme une chape de plomb. Dors, repose toi, laisse toi aller Rafael. Mes doigts se précipitent à mon côté, se maculent d’un sang poisseux, brûlant, dense. Un goût métallique me surprend, je rejette un peu de sang de ma langue mordue sous la surprise. Et déjà réparée. Mes yeux s’écarquillent. Tu ne peux pas. Tu n'as pas le droit, Rafael. Si tu meurs, je meurs. Tu l'as dit, non ? Je ne dois pas te laisser seul. Que feras-tu sans moi, parmi les monstres ? Que serai-je sans toi, parmi les hommes ? Elle retire son haut pour chasser ma main et l’appliquer sur ma chair en lambeaux. J’essaye de l’en empêcher mais mon bras affaibli se contente de retomber mollement. Tu es venu seul ? Pourquoi t'es venu seul ?! Pourquoi cette question ? « Je suis désolé, je… » Mes mots deviennent murmures puis articulation informulée. J’ai du mal à respirer alors même que je sens ma chair se régénérer dans un fourmillement détestable. Je… je vais trouver quelqu'un… un collègue ! J’écarquille les yeux en comprenant ce qu’elle sous-entend dans ses propos. « Non, non… » Je suis essoufflé, alors que je lutte pour rester lucide malgré la perte brutale de sang. Ne meurs pas avant moi, Rafael, c'est un ordre, tu entends ? Le loup tente sa chance, sans transformer mon corps. Ma main se précipite à son poignet qu’elle retient d’une force que je ne m’imaginais pas encore posséder. « Reste, Lily. Tu ne peux pas, ils vont te tuer si… » Je me tais. Je ferme les yeux. M’appuie pour me redresser dans une grimace fatiguée. Je me traîne sur ce sol poussiéreux, sens ce liquide carmin qui marque et qui s’écoule dans mon dos alors que je m’adosse au fauteuil. Je souris. Amusé. Je doute qu’elle partage mon point de vue mais il y a quelque chose d’insensé et d’ironique dans la situation. De nous deux, je suis certainement le plus agressif et le plus pitoyable. « Je ne suis pas très doué, n’est-ce pas. » Je ne sais pas ce que je raconte. Je suis fatigué, j’ai mal. Chaque phrase, chaque inspiration tire sur mon côté. C’est comme si on me plantait un couteau dans la peau et qu’on s’amusait à me lacérer le côté. Je n’aurai peut être pas du bouge, réveiller la plaie qui peine à coaguler malgré toute la monstruosité de ma nature poussée à l’extrême. « Je ne suis pas très doué ni pour vivre, ni pour mourir. Je suis désolé. » Ma main tremblante lui faire signe d’avancer mais n’attend aucune réponse pour m’aider à me redresser davantage encore. Je me mords la lèvre pour contenir un gémissement de douleur, une main plaquée à mon côté pour endiguer le sang qui ralentit, une main qui atteint l’épaule de Lily pour l’attirer à moi et l’embrasser. C’est amusant de voir à quel point la frayeur, la douleur, la perte de sang peut conduire à des actes stupides. Ce n’est certes pas la première fois que je goûte à ses lèvres, mais c’est la première fois que je le fais parce que je le désire, sans autre arrière pensée, sans préméditation, sans objectif autre que de céder à ma volonté. « Reste avec moi et promis, je ne meurs pas. »



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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Sam 11 Juil - 10:45



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


~

La douleur draine ton sang maudit jusqu'à ton cerveau, les battements de ton cœur putride frappant tes tempes avec la force de mille tambours de guerre. Tu ne sais plus que faire, que penser, perdue dans un sentiment que tu n'as plus éprouvé depuis de longs, longs mois. Tu ne saurais même pas le nommer et je ne le ferai pas à ta place, ma sœur. Il y a une limite à ce que je peux faire pour ta détestable personne. La tristesse, certes, tu la sens qui broie tes entrailles. La souffrance, elle est bien là, qui écrase ta poitrine et serre ta gorge de ses mains glacées. La joie, tu ne la sens pas, perdue dans les sourires effacés de ton monstre. Ne te reste que la peur et cet autre inconnu. La peur de voir son dernier souffle glisser entre tes doigts, de devoir survivre à son sang qui hantera toujours ta maison. Tu veux plus mourir que le voir mourir, c'est dire à quel point sa mort anéantira ta vie. Tu as crié au monde ton envie de disparaître, tu as tendu la main au moindre meurtrier en mal de victime mais, toujours, tu as reculé, tu as refusé de partir, tu as hurlé et tu as tué avant d'être tuée. Maintenant que tu t'accroches à ta pitoyable vie, maintenant que tu t'emmêles dans tes peurs, tes contradictions. Maintenant, il choisit de venir frapper à ta porte, tirer une balle dans son propre corps, montrer au monstre qu'il est plus maudit qu'aucun autre. C'est maintenant que tout a changé qu'il te donne le droit de tout laisser. Alors tu pleures, tu rages, tu cries, tu ne fais rien, immobile, les yeux piquants de la mer qui s'en échappe, la fatigue refermant ses bras sur ton ventre dénudé. Tu ne peux rien en restant à ses côtés mais tu ne peux décemment pas l'abandonner.

Ils vont te tuer.
La vérité fuse, mortelle, de la bouche d'un autre que moi, jusqu'à ton cerveau paniqué qui ne réagit pas. Les mots sonnent comme une évidence, une prophétie, un destin dicté par les dieux. Tu ne peux pas y échapper, ils vont te tuer. N'est-ce pas, pourtant, ce que tu as toujours cherché ? La mort t'est enfin donnée, sur un plateau d'argent, dans une promesse de souffrance épouvantable. Mais tu restes immobile, un fin sourire aux lèvres, tandis que ta main glisse de sa joue dans une plainte silencieuse. Je sais. C'est ce que crie ton corps sans parler, donnant à tes gestes une tout autre dimension : une tristesse palpable et, surtout, une grande humanité. Si le monstre est assez bête pour se sacrifier de son propre gré, n'est-il pas plus humain qu'il ne l'a jamais été ? Ce n'est pas une victoire, pourtant, ma sœur. Ce n'est pas quelque chose dont tu peux tirer fierté. C'est une putain d'inconscience qui ne te convient pas et que tu n'as jamais eue, sinon tu ne serais déjà plus.

Alors tu le laisses bouger, se redresser, glisser un peu plus loin, parce qu'il est le héros de cette histoire, celui qui renaîtra de ses cendres plus fort qu'il ne l'a déjà été. Toi, tu n'es qu'un personnage lambda, un second rôle, un figurant. Cette petite idiote qui entraîne la perte du personnage principal et se rachète en crevant. Ces personnages que personne n'aime, qui ne servent qu'à montrer à quel point le héros est puissant en réveillant en lui, dans le désespoir, sa rage de vaincre les méchants. Tu crèveras, ma chérie, dans le plus détestable des scénarios, dans le plus misérable film de notre époque. Dis-moi ce qu'il fera une fois que tu ne seras plus là ? Il te court après depuis si longtemps déjà que son monde a fini par tourner autour de toi, et le tien autour de lui. Il reviendra à ses premières envies, aux sorciers qu'il veut exterminer ? Le crois-tu, idiote ? Pourquoi, alors, ne pas allier ton pouvoir au sien ? Tu sais que ton monstre réclame leur sang autant que le loup qui couine entre tes mains. Mais, non, tu ne veux pas, tu préfères te jeter dans les bras du gouvernement, perdre ton sourire devant le sien et penser fort à la mort qui vient.

Ses mots éloignent ton regard du sien, cachant tant bien que mal le rictus qui naît au coin de tes lèvres. Non, tu es le plus doué des petits diables, le premier à pousser le monstre au suicide avec succès. Presque. Je te signale, danseuse, que tu n'as pas bougé depuis que tu as dit que tu le ferais. Tu n'es pas aussi prête que tu voudrais le faire croire, tu tiens encore misérablement à la vie, et tes lèvres pincées me poussent vers la vérité. Tu fais pitié.
L'excuse ramène tes yeux vers les siens et tu t'approches quand il le demande, comme une vulgaire servante aux ordres de son seigneur. Putain que ça fait mal à avouer, hein ? Mais tu n'y penses pas, tu regardes ton maillot imbibé de sang, la douleur qu'il retient derrière ses lèvres à chacun de ses mouvements. Tu regardes cette main qui t'atteint, se pose sur ton épaule avec la chaleur des vivants et teinte ta peau d'un peu de son sang, si clair comparé au tien.

Le contact de ses lèvres sur les tiennes fait tressaillir ton corps, comme une décharge qui dégringole le long de ton dos et stoppe les larmes au creux de tes paupières. Le murmure, quant à lui, bloque ta respiration et t'écrase dans toute ton infériorité. Tu es méprisable, oui, et si bête. Es-tu morte de la balle qui t'a atteinte, de ses doigts qui l'ont extirpée de ton épaule ? Non. Comment pourrait-il mourir, alors ? Tu y as cru, pourtant, tu l'as voulu pendant si longtemps que tu as eu peur d'être exaucée. Tu aurais dû t'en réjouir ! Mais il n'y a rien de normal dans ton crâne qui vient reposer son front sur son épaule, une main agrippée à sa chemise. Il t'a vaincue tant de fois déjà, il ne s'en lasse pas, hein ? Vois la vérité en face, Lili, il va te détruire plus rapidement qu'aucun autre fou du gouvernement. Et tu ne lui en portes pas préjudice, tu maudis simplement ta faiblesse et ton idiotie. T'es vraiment trop con…

Promis… Le murmure s'échappe contre son épaule et tu te redresses, glissant une main sur sa joue pour le forcer à te regarder… je reste, mais… tu dois guérir, Rafael.

Son nom s'étrangle dans ta gorge comme une plainte devant la peur qu'il ne réussisse pas, que le loup ne soit pas assez fort pour sauver sa vie. Mais dis-moi, débile, que peut le loup s'il n'en est pas un ?
Ton regard se fait plus dur sous tes propres mots, comme pour le mettre au défi de te désobéir, de se laisser aller dans les bras d'un autre que toi, plus grande, plus froide, plus puissante, pour une mort douce et lente à la fois. Mais ces yeux obscurs, je les connais, je les ai toujours connus. Ils n'ont plus eu leur place sur ton visage depuis bien trop longtemps. La gravité, la douleur de ton cœur, te rendent plus forte, te poussent à redevenir la femme d'autrefois. Alors tu t'écartes de son corps, tu déboutonnes tranquillement le bas de sa chemise, et tu poses tes pupilles glacées sur la blessure, sur l'évidence. Il ne mourra pas, certes, mais il ne guérit pas pour autant. Tu pourrais, te lever, chercher l'eau pour nettoyer, le tissu pour couvrir, tu pourrais. Si tu voulais qu'il trépasse dans les prochains temps. L'eau d'ici est viciée et tu l'utilises trop peu pour qu'elle redevienne potable. Il n'y a plus qu'une solution.
Déjà l'indifférence te quitte - tu ne redeviendras jamais celle que tu as été - et tu glisses tes bras dans son cou pour approcher tes lèvres de son oreille et murmurer ce qui n'aurait pas dû être ordonné, conseillé.

Transforme-toi, Rafael.

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Mar 14 Juil - 0:46


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


~


La douleur a toujours été un stimulant sans égal dans ma vie. Stimulant pour apprendre, stimulant pour comprendre, stimulant pour grandir. Je me souviens des coups qui rythmaient mes leçons d’escrime avec mon grand-père et nos maîtres d’arme. Je me souviens des lanières ensanglantées qui tombaient sur mon dos en conséquence d’erreurs de protocole ou tout simplement d’un peu trop de temps passé en compagnie d’Azzura. Je me souviens de la chaleur d’un brasier heurtant mes rétines, brûlant mon épiderme alors que, raide et droit, j’écoutais attentivement les hurlements de mon frère asphyxié dans sur le bûcher. Je me souviens du sang en travers de la gorge de ma fille, de la douleur si psychologique qu’elle en était devenue physique qui pulsait à mes tempes comme de la lave déversée dans mes veines. La douleur. Elle se répand actuellement sur mon côté, porteuse de vie bien malgré moi. Les chairs se reconstituent à une telle vitesse que je crains, si je baisse les yeux sur la chair déchiquetée, de la voir se lier et fusionner dans une monstruosité sans égale.

Mais tout cela n’a rien à voir avec l’angoisse que je ressens soudain lorsqu’elle parle de sortir, d’aller chercher de l’aide. Ma main saisit son poignet, indifférent à sa peau dénudée à quelques centimètres de mon épiderme. Ils vont te tuer si… Si ? Si quoi, Rafaele, que crains-tu ? Qu’en cherchant à te sauver elle ne te condamne à errer à nouveau comme une ombre de la mort ne trouvant plus son chemin vers les enfers ? S’il te plait, Lily, ne fais pas cela. Mes mots restent coincés dans ma gorge, étouffés, étranglés, asphyxiés par la douleur et l’hémorragie déjà endiguée par son haut, par le loup, par ma nature même. Sa main glisse sur ma joue, me vole un frisson à l’origine indéfinie. Mes réactions sont à l’image de mes pensées : chaotiques. Je perds le contrôle, je perds pied entre la réalité, mes désirs et mes désespoirs. Reste, Lily, reste auprès de moi, ne m’abandonne pas de quelque manière que ce soit. Je ne suis pas très doué pour vivre, mourir. Je me contente de survivre et de jouer avec la vie des autres sans le moindre scrupule. Je suis né pour gouverner, je suis né pour diriger et pourtant, je me suis perdu. Je me redresse, je m’adosse au fauteuil dans une traînée écarlate. Je ne vais pas mourir, je le sens. Et j’ignore encore si je dois m’en satisfaire ou m’en désoler. Ma main tremblante l’appelle, va la chercher, se glisse derrière son épaule pour attirer vers moi ses lèvres que je capture sans arrière pensée. Je goûte à son odeur, à son contact, à sa présence abominablement humaine. Il y a une femme derrière le monstre tout comme il y a un homme derrière le loup. Un frisson me rappelle la proximité de sa poitrine offerte, mon murmure se réfugie dans sa nuque, dans une supplique mêlée de ce ton autoritaire dont je ne sais ni ne veux me défaire. Je ne veux rompre le contact, je ne veux perdre ce pouvoir sur elle ni me libérer du pouvoir qu’elle a sur moi et pourtant il le faut bien. Son crâne repose sur mon épaule, sa main agrippe ma chemise, mes doigts ne trouvent que ses omoplates pour s’accrocher et la maintenir à côté de moi. Ne t’éloigne pas, ne m’abandonne pas, ne me quitte pas, tu es à moi par la force des choses et je suis à toi sans l’avoir prémédité une seule seconde : j’ai conscience plus que jamais d’avoir besoin d’elle. Et il y a immanquablement quelque chose de malsain dans cette relation qui tisse sa toile autour de nous, dans cette danse mortuaire et mortifère dont nous ne nous lassons pas. Promis… J’esquisse un sourire satisfaire. Fatigué, aussi. Elle me force sans peine à la regarder. Je me laisse faire, guidé par mes soupirs et cette chape de plomb qui veut me faire fermer les yeux. je reste, mais… tu dois guérir, Rafael. Mon sourire se transforme en petit rire. « J’y compte bien. Je m’y essaye, tu sais ? » Il n’y a rien de drôle, rien d’amusant à mourir. Et pourtant, mon sourire refuse de me quitter. Dans la douleur, je grandis. Et cette douleur m’aura appris une chose : je guéris de tout, même de la mort. Que ce soit de la mort d’Azzura, de la mort de ce lien qui nous liait Orfeo et moi, ou la mort même qui s’approche et souffle dans ma nuque. Je guéris de tout et ce prénom étranglé dans sa gorge accélère davantage encore cette guérison. Et si son regard se fait dur, le mien se radoucit devant sa colère. Je me redresse davantage lorsqu’elle s’éloigne, s’attirant de ma part un froncement de sourcil interrogateur. J’aimerais la retenir, mon orgueil m’intime de ne rien en faire. Elle reboutonne son chemise, les yeux clairs du loup suivent attentivement le moindre de ses mouvements. Je pose la tête sur le côté, inspire lentement, les muscles ankylosés, l’esprit engourdi. Et jette un premier regard sur la plaie sale et massive de sang coagulé. Transforme-toi, Rafael. Ses mots se frayent avec difficulté un chemin dans mes pensées humaines obnubilées par sa présence. Me transformer ? Je frissonne. Et chuchote, comme si je risquais de réveiller le monstre aussi bien que le loup. « Je préfère être un homme qu’une bête, Lily. Je préfère risquer de mourir en homme que d’assurer ma survie en animal. » Ma voix s’est infléchie de sincérité brûlante. Je lui ai promis de guérir mais je refuse d’accélérer le processus, il n’y a aucune logique autre que le comportement erratique de mes pensées et mes frêles convictions que le loup malmène de plus en plus. J’inspire lentement en me redressant davantage pour mieux déboutonner ma chemise et extraire de la plaie en reconstruction les lambeaux de tissus qui risquent d’être mal perçus par mon organisme. Tout en ouvrant ma chemise, je fixe Lily de mes yeux clairs. « Je crois que nous avons atteint un point de non retour, Lil…» Je prends mon inspiration. Laissons tomber ces surnoms. « Li Mei. » Nous sommes au bord d’une falaise. « Je ne sais pas exactement ce que j’attends de toi. Il faut que je te le dise, que tu ne te fasses pas d’illusion. J’ignore même ce qui me pousse vers toi. J’avance à l’aveuglette, à tâtons dans le noir complet où tu me guides du creux de ta main, dans des ténèbres faites d’imprévus et d’actes incompréhensibles. Dans une obscurité de haine, de meurtre, de sang et de violence. Je… aurais-tu quelque chose à boire ? »



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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Jeu 16 Juil - 13:22



Hopeless Murderer.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Tes lèvres se pincent sur tes propres mots et tu te maudits intérieurement. As-tu envie qu'il t'écoute, qu'il se laisse aller à sa forme animale, à ses instincts carnivores ? Tu ne sais pas et c'est ce qui te met hors de toi, ce qui te pousse à frapper ton ombre dans un duel intérieur. Tu n'as pas affronté le loup depuis la forêt de votre première rencontre, depuis le coup que tu as porté, resplendissante de monstruosité. Tu aurais presque peur, d'un côté, de te retrouver en face de la bête, les yeux plantés dans les siens, à attendre qu'elle referme ses crocs sur ta gorge. A-t-il appris à se contrôler ? Veut-il se contrôler ? Et tu sais, aussi, que l'alpha pourrait réveiller le monstre, débuter un nouveau duel de pouvoir, de force. Tu ne veux pas, non, parce que tu ne sais pas te contrôler, tu n'as jamais appris. As-tu seulement voulu, Lili ? Mais tu souffres également de la présence de l'homme, du mal que tu saurais lui faire sans réussir à retenir ta monstruosité. Avoue, plutôt, que tu as peur du bien qu'il réveille en toi, que tu redoutes l'assaut du monstre sur la femme. L'ombre va finir par détester ça, tu sais, de se retrouver acculée, bloquée au fond de ton cœur, alors que tu fais tant pitié. Elle va se rebeller, ma sœur, et ce sera si beau à regarder.

Tu le vois qui se dresse devant toi, grand, droit, et si sombre. Plongé dans le vice et le crime, il noircit de jour en jour et devient presque méconnaissable. Ton putain de reflet dans le miroir. Tu pourrais vomir de te voir si laide, quand je ris de te voir si jolie. Le voilà qui sourit, de ces dents blanches, de ces lèvres éclatées sur son sadisme, sa joie de voir l'homme souffrir, d'entendre le loup couiner. Il n'y a pourtant aucun souffle, aucun bruit, même ton cœur n'ose pleurer. Tu es là, devant toi, devant ce parfait toi, et tu as peur ? Tu es perdue, idiote. Regarde comme ton maintien est gracieux, comme ton regard est majestueux. Tu pues le charisme, la domination, la force et la folie. Tu es royale, prête à monter sur le trône de feu et de sang, prête à épouser le Diable… ou le tuer. La femme fait un pas, pourtant, chétive, recourbée, écrasée, misérable. Tu sens le loup qui te pousse à l'humanité, à la crainte perpétuelle et à la souffrance infinie. Tu vois, derrière l'autre toi, le Diable rouge et moi qui te murmurent de tuer, simplement tuer, toujours tuer. La balance penche étrangement du bon côté. Je vais te détruire, ma mie.

Li Mei.
L'air se bloque dans ta gorge, marquant la fin du combat. Il t'est si difficile de gagner contre nous, ma jolie. Si douloureux. Tu n'as jamais aimé la souffrance ? Tu baignes dedans, pourtant, depuis tes premiers pas chancelants, tes premiers cris silencieux. Tu as regardé la mort avec indifférence, tu as surmonté tes peines avec intransigeance. Tu es devenue la plus grande des femmes dans ta quotidienne souffrance. Tu n'as jamais cessé d'avoir mal, ma sœur, et c'est ce qui te rendait plus grande. Avant que tu n'oublies ta propre vie, que tu ne laisses ton monde se briser dans mes mains. Le monstre comprend, lui, il te montre la voie à suivre, il tue pour que tu aies mal, pour que tu redeviennes celle d'avant. A la place de quoi tu te terres dans une cave quand tu mériterais un château, tu pleures sur des blessures quand tu devrais rire, tu prends soin d'un mourant quand tu ferais mieux d'admirer la mort qui vient lentement. Tu es perdue et les combats te ramènent sur le bon chemin, notre chemin.

Si tu te taisais, loup, tu n'aurais pas besoin de boire.

Tu te lèves, soudain distante, pivotant sur tes talons sans prévenir. Tu me fais rire, vraiment. Regarde-toi, ton faux sérieux, ta sévérité factice, ton regard sombre, à chercher un verre dans les placards miteux de cette poubelle en forme de maison. Je sais que tu as gagné le combat, que le monstre gronde au fond de ton cœur sans rien pouvoir contrôler. Alors pourquoi, explique-moi à quoi tu joues. Pourquoi essayer de tromper le loup, de mimer le monstre sans le laisser te guider ? Tu es tellement bête, Lili.
Une main sur le robinet, tu laisses ses mots tourner et se retourner à l'intérieur de ton esprit. Tu pèses la responsabilité qu'il pose sur tes épaules et tu comprends que rien ne va, que rien n'ira jamais. Tu ne peux pas vous guider dans l'obscurité de ton être, de tes instinct et envies. La folie est trop accrochée à ton esprit pour que tu continues de jouer avec lui. Ton poing vient s'écraser contre le mur, déchirant la peau de tes articulations qui commencent déjà à se refermer tandis que tu lui fais face de nouveau.

Moi non plus, je ne sais pas, je ne comprends pas. Que veux-tu à la fin ? Me blesser ? Tu l'as déjà assez fait. M'humilier ? Egalement. M'aimer ? Laisse-moi rire. Il ne te reste plus qu'à me tuer et tu t'y refuses. Tu joues avec moi, Rafael. Mais tu ne peux plus me suivre ! Le dernier verre de ce trou à rats vole jusqu'au mur du fond et explose à quelques mètres du loup. Je suis au bord du gouffre. Et tu sais le pire avec la folie ? C'est de la voir venir sans pouvoir s'y soustraire. Tu reviens devant lui, attrapant sans ménagement son visage entre tes doigts. Je vais finir par te tuer et, crois-moi, le moi qui le fera l'aura voulu. Tu tournes les talons et t'arrêtes à l'entrée de la pièce, à deux doigts de fuir. Mais tu es chez toi, Lili – ou peu s'en faut. Tu n'aurais jamais dû venir, Antonio. Pars… et ne reviens pas, je ne veux plus te voir, tu as assez détruit ma vie comme ça. Appelle donc tes collègues, qu'on en finisse tous les deux, on n'a plus rien à se dire. Sois sûr que la prochaine fois je ne te laisserai pas le temps de m'en empêcher, je ne te raterai pas.

Et tu fuis sans demander ton reste, te réfugiant sur ton lit, les mains plaquées sur les oreilles pour ne pas entendre ses protestations… ou son silence. Et c'est sous les battements de tambour aux creux de tes mains que tu revois tout ce que vous avez partagés et que la réalité se coince en travers de ta gorge, comme un cri désespéré : je ne veux pas te tuer.

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MessageSujet: Re: Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)   Dim 19 Juil - 9:40


Hopeless Murderer.

(pv) Li Mei


~


Je crois que nous avons atteint un point de non retour Li Mei. Son prénom, son vrai prénom, m’écorche ses lèvres par la réalité qu’il porte. Cessons donc les faux-semblants, regardons nous dans les yeux, mettons de côté les simulacres de surnoms. Nous avons effectivement atteint un point de non retour et l’autre côté de la pente me laisse aussi perplexe qu’effrayé. Vers quoi suis-je en train de m’engager, dans quelle folie suis-je en train de sombrer ? Je parle de guide, je parle de ténèbres mais la vérité c’est que j’ignore certainement autant qu’elle où nos pas et nos échanges violents et incohérents nous guident. Nous voilà en équilibre sur le bord d’une falaise, déstabilisés par le vent, maintenus au sol par des roches friables et nos mains liées dans la perdition. Transforme-toi, m’a-t-elle demandé. Je dois bien dire que malgré toutes mes affirmations, la proposition reste tentante. Plus que tentante : attrayante, attirante. Le chant de la sirène s’infiltre dans mes oreilles, noircit mon sang, le densifie pour qu’il devienne l’écho putréfié de celui qui coule dans les veines du monstre, s’immisce dans mon cerveau pour le neutraliser. Me transformer reviendrait à assumer ma nature, me transformer maintenant alors même que ma vie s’échappe, danse en équilibre sur un fil que les Parques tiennent entre leurs doigts fripés et tremblants de vieillesse serait me trahir ; et se trahir, même lorsque l’on survit, c’est mourir, je ne le sais que trop bien. Pendant un instant, je ferme les yeux, écoutant les murmures de la succube, sa respiration, les battements de son cœur qui résonnent bien trop prêts de moi. Si je cède maintenant, Lily, ne comprends tu pas que je risque de me perdre définitivement ? Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, je ne sais même pas si ça en vaut la peine mais tu me tires étrangement vers mon humanité en stimulant mon orgueil qui ne veut pas supporter être pire que toi. Nous sommes des monstres et c’est en te regardant que je vois tout ce que je perds et tout ce que je peux gagner en luttant contre ma monstruosité. Et la tienne. Si je cède maintenant et que je me transforme, Lily, si je cède maintenant et que j’accepte le monstre, ne vois-tu pas que l’on se perdra définitivement ? Je parle de vérité, je parle de ténèbres, je parle de guide, pourquoi à ton avis ? Parce que  j’ai soif. Je ne supporte pas d’être vulnérable. Ma demande vient se briser sur les falaises de ma franchise, mon orgueil se heurte contre ma douleur pour mieux la supplanter et l’écraser. J’ai rompu un équilibre, ça se sent, mais je n’ai pas pu lutter contre, ma nature elle-même me l’interdisant. Et je ne parle pas de nature humaine ou inhumaine, seulement tout ce qui fait de moi un Seigneur, un dictateur, un homme de pouvoir qui ne supporte pas, tout simplement, d’être piétiné par la douleur et la fatigue, par ses émotions et une absence de contrôle qui le déroute autant qu’elle le détruit. Que fais tu, Rafael, dans cette obscurité de haine, de meurtre, de sang et de violence ? Que fais-tu Rafael ? Tu restes un homme, tu restes un monstre, tu restes celui que ton grand-père a élevé, tu restes celui que ton grand-père a fait chuter, tu restes l’homme arrogant qu’Azzura n’aimait guère, tu restes le peintre égocentrique qui se contente de survivre. Ma voix s’éteint. Je redresse le buste, insensible à la douleur, par pur orgueil. Si tu te taisais, loup, tu n'aurais pas besoin de boire. Elle se lève, la voilà distante, s’éloignant de moi. Mes yeux clairs la suivent, comme s’ils avaient prémédité ce revirement alors que rien ne le laissait prévoir. Dans un sens, j’ai suivi mon raisonnement comme elle a du suivre le sien. Et cette simple demande que j’ai osé émettre nous a remis sur la voie, nous a éloigné de la falaise pour nous reconduire prudemment vers un centre de haine et de colère. Pourtant, elle s’exécute. Je me redresse encore, m’assoie avec douleur dans le fauteuil où tous mes muscles se relâchent, éreintés par l’effort, brisés par la douleur et l’incohérence de la situation. Mes chairs se reconstituent mais sans ma forme de loup, cela prendra des jours. Suis-je prêt à endurer cette souffrance, en aurai-je le courage ? J’en suis encore à me poser cette question lorsque les oreilles plus que mes yeux perçoivent son poing se fracassant sur le mur dans une folie et une colère qui se reflètent quelque part en moi. Moi non plus, je ne sais pas, je ne comprends pas. Que veux-tu à la fin ? Me blesser ? Tu l'as déjà assez fait. M'humilier ? Egalement. M'aimer ? Laisse-moi rire. Il ne te reste plus qu'à me tuer et tu t'y refuses. Tu joues avec moi, Rafael. Mais tu ne peux plus me suivre ! Le verre se fracasse au dessus de moi, j’esquisse un sourire fatigué. « Te blesse, t’humilier, t’aimer ou te tuer ? Sont-ce là les seules solutions que tu voies ? Ne pouvons nous juste pas nous… » Le terme me dépasse. Enfle. Explose en lambeaux d’illusion. Non Rafaele, ne sois pas stupide. Elle ne te sauvera pas. Personne ne peut te sauver, Rafaele, tu es rongé jusqu’à la moelle de rancœur, de violence et de perversion. J’entends d’ici les voix confuses d’Azzura et de Susanna. Je suis au bord du gouffre. Et tu sais le pire avec la folie ? C'est de la voir venir sans pouvoir s'y soustraire. Je vais finir par te tuer et, crois-moi, le moi qui le fera l'aura voulu. Elle tourne les talons, je suis sa silhouette sans pouvoir m’en détacher. Elle finira par me tuer ? Vraiment ? J’attends ce moment avec impatience, Lily, ne te fais pas d’illusions. Et cette folie que tu crains… « Tu n’es pas la seule au bord du gouffre, Lily. » Je la regarde droit dans les yeux lorsqu’elle s’esquive, fuit vers la porte de la pièce. « Alors c’est vers la fuite et la lâcheté que te guide ta folie ? » Mon ton est devenu amer avant même que je ne le retienne. Tu n'aurais jamais dû venir, Antonio. Pars… et ne reviens pas, je ne veux plus te voir, tu as assez détruit ma vie comme ça. Appelle donc tes collègues, qu'on en finisse tous les deux, on n'a plus rien à se dire. Sois sûr que la prochaine fois je ne te laisserai pas le temps de m'en empêcher, je ne te raterai pas. Je fronce les sourcils. « Alors c’est ainsi que tu restes et que tu tiens tes promesses ? » Je m’appuie sur l’accoudoir, une main pressée sur mon côté pour endiguer le sang coagulé qui va céder sous la pression, je le sens. Les jambes flageolantes, je tremble un instant, me maintenant debout par la seule force de mon bras appuyé sur le dossier du fauteuil. « Tu es lâche, Lily. » Nul besoin d’hausser le ton, je sais qu’elle m’entendra aussi bien que j’entends sa respiration sifflante. Je fais un pas, lourd de douleur que je ne cache pas. « Si tu le souhaites, je pars, mais crois moi si je quitte maintenant cet amas de moisissure, j’y reviendrai pour te tuer, définitivement, moi aussi. Et j’ajusterai mon tir afin de détruire ta vie le plus complètement possible. J’ajusterai mon tir dans la tête de la moindre personne ayant croisé ton regard, j’ajusterai mon tir dans tes genoux, dans ton thorax, dans tes coudes et les moindres de tes articulations pour te détruire avant de t’offrir la mort en t’arrachant le cœur. Tu te crois folle mais ce n’est rien comparé à ce qui nous attend. » Je suis vexé, cela doit s’entendre. Le loup n’a pas l’habitude d’être traité avec un tel mépris, il n’a pas l’habitude d’être rejeté aussi brutalement, pas lorsqu’il a accepté de baisser les oreilles et de s’aplatir devant un autre. « Tu n’as pas tort, finalement, Lily. » Ma voix s’étrangle dans ma gorge, suffoquée par les battements rapides de mon cœur. Je m’écroule sur un mur, à quelques pas du fauteuil, à quelques centimètres de la porte. « Je pensais que l’on pouvait s’aider, de toute évidence tu préfères que je te blesse, que je t’humilie, que je t’aime et que je te tue. » Je blêmis à vue d’œil : je n’aurai jamais du me lever. « Et bien je vais faire les choses dans l’ordre, dans ce cas. Je t’ai déjà blessée, est ce donc le tour de l’humiliation ? » Je suis vexé. Je suis susceptible. Je suis en colère. Parce qu’elle m’a fui, parce qu’elle m’a rejeté, parce qu’elle m’a blessé, humilié mais sans me tuer. « Il ne fallait pas me rejeter, Lily. Tu n’as pas tort : nous n’avons plus rien à nous dire tant que tu ne comprendras pas que sans moi, tu te perdras, que sans toi, je suis déjà perdu. TU n’es rien qu’une coquille vide, je ne suis rien qu’un être sans âme. Il n’y a qu’ensemble que nous retrouvons un semblant d’humanité mais même cela, tu le rejettes. » Je fais un pas supplémentaire. J’ai l’impression de porter le poids du monde sur mes épaules, j’ai l’impression de traîner le monde enchaîné à la cheville tant le moindre geste réclame de ma part un effort surhumain. Transforme-toi, Rafael, transforme-toi. Je titube. Porte la main à ma veste en lambeaux, poisseuse. Il faisait nuit lorsque je suis arrivé, le quartier s’est assombri lorsque le soleil s’est levé : certaines choses ne devraient jamais apparaître à la lumière telles qu’elles sont, elles n’ont de beauté que masquées par les ombres, que cachées par la lune. Mes doigts glissent dans ma poche, se réfugient sur mon téléphone. Hésitent sur le clavier.

RP TERMINE


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Hopeless murderer [pv Li Mei] (terminé)

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