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 "Scars are juste another kind of memory" - Lawrence&Zampa

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MessageSujet: "Scars are juste another kind of memory" - Lawrence&Zampa   Sam 30 Mai - 18:07

J'ouvre un œil, le visage à demi enfoui dans mon oreiller, et aperçoit l'heure qui clignote sur mon réveil: 16h48.
Je gémis. Encore une journée de perdue, bravo Zampa.
Je tente de me redresser, mais ma couette semble peser une tonne, et je ne parviens qu'à rouler sur le côté avant d'atterrir mollement sur le sol, emprisonnée dans mes draps. Alors que j'envisage d'abandonner tout effort et de me laisser dépérir là, Le Chat, qui n'est autre que le matou de gouttière que j'ai recueilli dans un élan de trop grande compassion, vient me renifler le sommet du crâne et se met à me lécher l'oreille.

"Bordel de meeeeerde ! Bouge de là !"

Mes jurons n'ayant aucun effet sur lui, je me redresse et tente de l'attraper. Il se dégage en bondissant et s'arrête dans l'encadrement de la porte, agitant sa queue comme pour me narguer.

"Viens ici espèce de petite pédale!"

Je me lance à sa poursuite, slalomant dans le couloir, sautant par dessus les montagnes de linge sale et autres obstacles éparpillés dans l'appartement, jusqu'à ce que je glisse sur un torchon de cuisine et me cogne un doigt de pied dans le coin du frigo. Je me laisse tomber sur le carrelage en lançant une ribambelle de mots plus disgracieux les uns que les autres pour exprimer ma douleur, tenant mon pied entre mes deux mains, alors que la plupart des magnets, post-it et notes aimantés sur la porte du réfrigérateur s'éparpillent un peu partout. L'un deux vient se coller sur mon front, et c'est en louchant que je parviens à déchiffrer ce que j'ai écrit dessus quelques jours plus tôt: 16h30 RDV Lawrence Blain

"Et meeeeeerde !"

Oui, merde.
Non, détrompez-vous. Pas merde parce que j'avais rencard avec un type incroyablement sexy et charmant dans un joli petit café du centre ville afin de nous découvrir pour de bon après avoir passé plusieurs semaines à nous échanger des mots doux via un de ces sites de rencontres pour célibataires désespérés. Merde parce que j'avais rendez-vous avec un parfait inconnu dans le but de commencer une nouvelle forme de thérapie mise en place par le médecin qui me suit depuis ma sortie du coma.
Non pas que je sois absolument emballée à l'idée d'être confrontée à quelqu'un qui, comme moi, vit avec un cerveau passoire et une mémoire gruyère. Cependant, le Dr. Jourdes ne m'a proposé que deux alternatives: celle que je viens d'énoncer, ou bien les interminables séances de thérapie de groupe que j'ai toujours pris soin de fuir. Autant dire que s'il apprend que j'ai manqué mon rendez-vous d'aujourd'hui, ce qui est déjà probablement le cas étant donné qu'il est cinq heures passé, je suis bonne pour un abonnement aux thérapies communes.

C'est donc avec un orteil en feu et une migraine aiguë que je me jette sous la douche puis enfile les premières fringues qui me tombent sous la main. J'attrape mon sac et ma veste à la volée et ne tarde pas à claquer la porte de mon chez-moi avant de sauter dans ma voiture. Quelques minutes plus tard, et après avoir grillé deux ou trois feux rouges, je me gare en trombe devant l'hôpital et déboule à l'accueil.

"Excusez-moi, j'avais rendez-vous avec..." Je jette un oeil au post-it "...Lawrence Blain et le Dr. Jourdes il y a un petit moment déjà. Vous savez s'ils sont encore dans les parages?
- Mlle Marshall, n'est ce pas ? Vous venez de les rater. Ils vous ont attendu à la cafétéria pendant plus d'une demi heure et viennent tout juste de partir."
Je me mords la lèvre et laisse ma tête tomber sur le comptoir avant de me redresser après quelques secondes.
"Merci quand même."

Je regagne ma voiture en traînant des pieds et me laisse tomber sur le siège avant, dépitée à l'idée de devoir rejoindre le groupe des comateux dépressifs dans les jours à venir.
Après quelques minutes passées à taper sur le volant et à éteindre et allumer l'autoradio, une idée me traverse l'esprit et je m'empresse de fouiller dans mon sac pour en extraire mon téléphone. Je consulte un annuaire en ligne et ne tarde pas à trouver l'adresse de mon fameux rendez-vous manqué. J'hésite un instant puis, fidèle à moi-même, mets la clé sur le contact.

"Bourbon Street alors."

Et un petit quart d'heure plus tard...

"Vous avez atteint votre destination.", m'assure mon GPS avant que je ne descende de ma petite Deux Chevaux -je raffole des vieilles bagnoles-, de moins en moins convaincue par ce que je suis en train de faire.

Après avoir croisé un voisin de l'immeuble qui m'a aimablement ouvert la porte, monté quelques marches -pourquoi prendre l’ascenseur quand on peut faire de l'exercice ?-, je me retrouve enfin face à la porte de Lawrence Blain. Je me racle la gorge et passe une main dans mes cheveux, réfléchissant à ce que je pourrais bien dire pour justifier mon absence à l'hôpital, et ma présence ici, quand mon regard est attiré par un petit morceau de papier jaune qui est resté collé sur la poignée de la porte. Je m'en empare et souris lorsque mon regard glisse sur les lettres finement inscrites dessus: 16h30 RDV DR. JOURDES + ZAMPA MARSHALL, HOPITAL

Je me décide finalement à toquer et attends sagement que Lawrence décide de se montrer, brandissant fièrement son post-it égaré.
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rirat bien qui rirat le dernier

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MessageSujet: Re: "Scars are juste another kind of memory" - Lawrence&Zampa   Sam 13 Juin - 21:08



Il avait l’air immanquablement malin, allongé comme il l’était au milieu de son salon, à regarder le plafond sans bouger, sans sourciller, les mains posées sur son torse qu’il sentait se gonfler et se vider à chaque respiration. Inspiration. Samuel. Expiration. Mickaël. Inspiration. Julian. Expiration. Lawrence. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait pas plus qu’il ne parvenait à ignorer, justement, tout cela. Il s’était fait porté pâle au travail, et on lui avait accordé trois jours de congés. Qui n’allaient à coup sûr pas être suffisant pour qu’il parvienne à dormir, à penser, à survivre. Inspiration. Samuel. Expiration. Mickaël. Inspiration. Julian. Expiration. Lawrence. Il n’était personne, au final. Pendant des mois il s’était évertué à devenir Lawrence, pleinement. Son psychologue était formel : il fallait qu’il aille de l’avant, il fallait qu’il arrête de tourner le dos au futur pour scruter dans les ténèbres de son passé quelques éclats d’une lumière illusoire. Pendant des mois il était donc Lawrence. Et récemment, on lui avait affirmé être Samuel, Mickaël, Julian. Comment pouvait-il trouver réellement un équilibre ? Comment pouvait-il enfin recommencer réellement une nouvelle vie ? Ce n’était pas possible. Et pour être franc, Lawrence luttait depuis bien une semaine pour ne pas fondre en larmes, pour ne pas s’écrouler, pour ne pas trébucher et tomber à genoux dans une dépression dont il ne pourrait se relever seul. C’était trop pour lui. Bien trop. S’il défaillait même une seule seconde, il était perdu.

Lawrence ferma les yeux. Les rouvrit sur son plafond. Se releva prudemment avant de regarder d’un air dubitatif l’ensemble hétéroclite de vis, d’écrous, de plaques de métal, bref, l’ensemble hétéroclite de ce qui avait été son réveil dans un temps ancien et qui n’était à présent plus qu’un cadavre disséqué qu’il comptait transformer en monstre de Frankenstein. Soudain, le faisant si brutalement sursauter qu’il trébucha – vraiment, cette fois, non en simple métaphore vaseuse – sur un tournevis, une sonnerie stridente retentit dans la pièce adjacente à son capharnaüm qui lui servait de salon. Lorsque Lawrence s’y précipita, ce fut pour trouver son portable récemment acquis en train de hurler à la mort. Téléphone qu’il éteignit violemment, avant de se souvenir que s’il sonnait, ce n’était certainement pas pour le seul plaisir de lui faire peur. C’était un rendez-vous, c’était forcément pour un rendez-vous. Lawrence fronça les sourcils, se dirigeant par automatisme vers la porte de son appartement pour y trouver effectivement accroché un post-it lui rappelant la situation. 16h30 RDV DR. JOURDES + ZAMPA MARSHALL, HOPITAL. Mince. Mince de mince. Il n’était pas loin d’approcher l’heure du rendez-vous. Et il l’avait totalement oublié. Ce n’était pas que c’était exceptionnel de sa part, c’était qu’au contraire, une telle situation était bien trop habituelle pour que Lawrence ne ressentie autre chose que de l’exaspération en se jetant dans la cage d’escalier pour partir en courant – oubliant au passage de fermer portes et fenêtres de son appartement – vers l’hôpital.

Il arriva une dizaine de minutes plus tard, haletant, au secrétariat. En retard. Pour ne pas changer. Et une demi-heure après, il repartait de l’hôpital, bredouille. C’était bien la peine de courir, c’était bien la peine de s’inquiéter : de son rendez-vous à trois, il n’en sortait qu’avec un mal de crâne exceptionnellement équivalent à sa fatigue. Et une demi-heure en tête à tête avec son psychologue, ce n’était guère dans ses habitudes ni les choses qu’il préférait faire. Cet homme, même si Lawrence avait toute confiance en lui, avait la désagréable habitude de le forcer à se regarder dans la glace. Et à ne pas ignorer l’ensemble des travers qu’il avait pu rassembler depuis sa sortie du coma. Agacé, donc, Lawrence revint à son appartement. Plus agacé encore, il s’aperçut de son oubli lors de son départ précipité et claqua la porte. Bruyamment. Avant de se laisser tomber sur son canapé, de se relever aller chercher une bière, d’enlever sa chemise poisseuse de transpiration, de se laisser à nouveau tomber sur le canapé. Et de décapsuler sa bière qu’il posa face à lui, jouant avec la capsule à la faire tourner entre ses doigts. Il somnolait, perdu dans ses pensées, lorsqu’un bruit à sa porte attira son attention.

« Hein ? » Lawrence fronça les sourcils en se levant péniblement et en se trainant, poussant du bout de ses pieds nus, les morceaux de mécanique éparpillés sur son passage. Ses mains agrippèrent en passant sa chemise, qu’il passa sans la boutonner, avant d’ouvrir la porte. Encore légèrement endormi – il devait proposer une bien piètre apparence, avec sa chemise froissée et ouverte, ses cheveux en pagaille, ses pieds nus et le bordel qu’était son salon derrière lui – il fronça les sourcils en considérant l’arrivante et le post-it qu’elle tenait dans sa main. « Hein ? Désolé, je ne suis pas intéressé, au revoir. » Il était en train de refermer machinalement la porte lorsqu’il se rendit compte d’une chose. Elle tenait un post-it. Et pas n’importe lequel de toute évidence : celui de son rendez-vous. Lawrence rouvrit la porte qu’il n’avait pas encore totalement refermée et attrapa le petit morceau de papier jaune. Totalement perdu et épuisé, il regarda la femme qui était face à lui. « Excusez moi… Vous… on… on est supposé se connaître ? »

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