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 Lead the way to your darkest sin [PV Enya]

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MessageSujet: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Mer 3 Juin - 23:36

Lead the way
to your darkest sin


○ I'll return from darkness and will save your precious skin. I will end your suffering and let the healing light come in. Sent by forces beyond salvation. There can be not one sensation. World on fire with a smoking sun stops everything and everyone. Brace yourself for all will pay. Help is on the way.  



L’encre se décompose dans les miroitements imprécis de ses pupilles. Les heures se métamorphosent en siècles. Chaque seconde se fragmente en décennie, soudoie les filaments encore maculés de dorures écaillées, les corrompt dans l’absence d’oubli. Chaque nouveau battement le distance des morcellements stellaires qu’elle a provoqués. Elle ne s’est même pas encombrée des débris le matin venu, elle lui a tout laissé du grimage contre la mémoire à la dissolution de l'euphorie. Il a donc fallu chuter, se buter à l’orgueil, se heurter à l’indifférence et s’embarrasser du silence depuis cette seule nuit. Un point, un noyau autour duquel il faut graviter, une brèche dans la galaxie et un millier d’étoiles pour témoigner de ces prédictions. A quoi s’attendre ? Un sursaut de conscience et la voilà plus lointaine que jamais. A l’autre bout des couloirs, de l’autre côté du monde. Ellie s’abrite des ombres qu’il ne hante pas. Elle a choisi ses recoins et il se plie à cette décision, se refusant à déserter les siens, les leurs avant qu’ils ne se perdent, pour la retrouver dans ce cercle qu'elle a tracé à la craie. Cet incendie fertilise les braises dissimulées par la civilité et dans le feu-follet de contrariétés, la créature surgit. Ezra égare sa vigilance depuis son retour aux urgences. Dans la confusion des derniers jours, personne n’a eu l’audace ou le bon sens d’attraper les indices qu’il cultive de sa maladresse. La monstruosité du norvégien s’élance dans toutes ses formes d’expression et face à ce manque de réserve, il s’efforce de nier son appétit et se contente des dernières forces dont il dispose, puisant dans la rage que la situation exige. Résultat peu reluisant. La faim le renvoie à l’orée de cette impulsivité qu’il combat depuis déjà des années. Son irascibilité est traitée comme un changement compréhensif pour ses collègues qui lui ont affublés d'un terme encombrant. Survivant depuis l’assaut mené au complexe médical. Ils ne savent pas, ils ne se doutent pas qu’en leur sein, il est leur premier ennemi. Non, ils ignorent ce fait. Tous sauf elles. La brune qui l’a éconduit d’une misérable façon. Et puis, celle qui l'a malencontreusement tiré du rivage.

Enya, sa victime d’infortune. Celle qu’il dépèce impunément de son énergie dès qu’il se refuse à consommer plus tacitement des mourants sur son lieu de travail. Aucun contrôle sur ce pan de cette nature qu’il abjure, aucune piste pour la préserver de ses dérives nocturnes. La culpabilité s’alimente toujours plus de ces intrusions fortuites au cœur de ses rêves. Il n’en retire aucun réconfort, aucune satisfaction. Juste la désagréable impression de la pousser vers cette seule conclusion. Devoir raconter pour le faire enfermer, tuer. Cette terreur le poursuit depuis le jour où elle l’a repêché, depuis l’instant où elle a posé ses mains sur sa carcasse brimée par la maladie afin de lui porter assistance. Où elle l’a vu devenir cette abomination après la morsure. Parfois, il aime croire que c’est sa faute à elle. Qu’il aurait pu succomber. Ne pas mener une lutte vaine et insensée contre une existence maudite qui n’a même plus lieu d’être si elle ne l'avait jamais ramassé. Quand la fièvre noire le cloue au sol, il espère qu’elle osera parachever ce qu’elle a empêché ce jour-là, en lui envoyant les shadowhunters aux talons. Son foutu instinct de survie supplante les divagations du damné à chaque fois pourtant. Mais qu’elle conserve son silence, dérange ses conceptions, ses convictions. Par bien des aspects, elle semble irrationnelle, incohérente. Un autre mystère que sa perception ne parvient à déjouer et avec lequel il faut compiler. Alors il s'adapte. De la même façon qu’il a pu chercher à approcher Ellie, il s’efforce de fuir Enya. Un code tacite depuis le départ qu’il a appliqué dans les règles de l’art - consciemment pour se protéger.

Même dans de pareilles circonstances, dans une aile délaissée de tous ses employés, n’abritant plus que leurs deux silhouettes, il ne lui adresse pas la parole et se contente de grognements indistincts pour répondre à ses ordres. Minuit a déjà crayonné ses cernes sous ses prunelles asséchées quand il file entre les différentes pièces pour constater une corvée non effectuée qui ne lui est pas assignée pourtant. Par simple professionnalisme, il s’oriente vers sa coéquipière pour lui délier de son ténor sec et sans appel. «  Je reviens, charge-toi des prochains arrivants. » Sans prendre le temps de justifier son retrait des urgences, il s’aventure dans les locaux réservés au stockage du matériel chirurgical, comblant le peu d’affluence par un réapprovisionnement des salles d’examen. Ses doigts attrapent des cartons, ses yeux fouillent les environs distraitement. Il les empile contre ses bras avant de franchir les portes, se rendant dans le dédale d'allées avec un champ de vision réduit de moitié. Il observe plusieurs voyages entre ici et là avec plusieurs boîtes sans même réaliser qu’au fond des empilements, un gémissement survient. Il ne l’entend pas et lui offre même un accès rêvé au reste du bâtiment. Le scandinave ne s’octroie aucune pause entre ses trajets et s’immerge dans le flot continu de sa rancœur pour cette idyllique aventure avortée au retour de la rosée. Sa concentration pâlit davantage sous le poids de la cargaison qu’il transporte inlassablement et sous la conclusion à toute son imprudence. La famine lui ôte toute endurance.

C’est à son énième retour en arrière, qu’il le perçoit. Ce râle décharné par une gorge qui pourrit. L’idée d’un nouveau massacre le pétrifie mais très vite, il en cherche sa provenance, remonte à la source en suivant les sons faméliques du mort-vivant. Rien dans les mains pourtant. Il se replie dans les culs de sac de couloirs exigus pour le dénicher enfin. Il n’a pas l’occasion d’entrevoir une tactique, de réfléchir à la meilleure façon de le vaincre. Arrogant par habitude, conditionné par sa fonction passée au sein des Peacekeepers, il ne calcule pas les risques et les chances. Il se retrouve très rapidement acculé en ayant que pour seule défense, les semelles élimées de ses chaussures afin de le repousser. Le zombie se tourne déjà vers lui quand d’autres pas semblent raisonner. L’adrénaline poursuit son chemin. Bientôt il devra décider. Fuir ou tout tenter pour l'éliminer.

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MessageSujet: Re: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Dim 14 Juin - 15:02

Ezra & Enya - Lead the way to your Darkest Sin

Parfois, les personnes que l’on voudrait fuir le plus loin sont celles auxquelles on s’accroche le plus. Cela fait partie des nombreuses ironies que la vie met sur notre route. Et on a beau dire, on a beau faire, on a beau tout tenter, ces personnes sont comme des aimants, et l’on revient inlassablement vers elles. Ezra était un aimant ; et plus ma conscience me disait que je devais m’en éloigner, plus mon cœur m’incitait à m’accrocher. J’ignore dans quoi je m’engouffre, mais je sais que la marche arrière est impossible. Comme avec Noah, j’ai franchi un point de non-retour. Peut-être qu’au fond, j’aurais dû passer mon chemin quand j’ai découvert Ezra mourant. C’aurait sûrement été mieux, pour moi. Peut-être n’aurais-je pas du l’inspecter à la recherche d’une plaie ouverte pour la soigner. Peut-être n’aurais-je pas dû poser la question sur cette marque qu’il a. Mais j’ai vu la plaie, j’ai posé la question, et je me doute bien de ce qu’il s’est passé. De ce qu’il est. Et au fond, malgré moi, peu m’importe, tout ce dont je suis sûre, c’est qu’il me fascine.

Pourtant, à nous voir comme ça, on n’aurait pas su dire le paradoxe qui m’envahissait. Nous étions là, côte à côte, à faire notre ronde des chambres des patients, et nous ne nous adressions même pas un regard. C’est comme ça depuis que j’avais posé la question sur sa plaie et qu’il m’avait violemment rembarré. Nous nous côtoyons, parce que nous n’avons pas le choix, parce que nous travaillons ensemble, lui l’infirmier, moi l’interne en médecine. Mais nous ne faisons que cohabiter, coopérer dans les limites de l’obligatoire. A part ça, nous nous ignorons royalement ; enfin, c’est surtout Ezra qui m’ignore. Et dès qu’on s’adresse la parole, ça se transforme vite en joute verbale, c’est à celui qui aura le dernier mot, celui qui sera le plus cynique et grinçant envers l’autre. Peu importe que je lui aie sauvé la vie, peu importe les jours et les nuits passées à m’occuper de lui, Ezra semble me détester. Et ma fierté mal placée me pousse à jouer à le détester moi aussi. Jeu destructeur, mais qu’aucun de nous n’est prêt à perdre.

Alors nous marchons là, deux silhouettes silencieuses aux visages fermés, inspectant les couloirs et les chambres à l’affût du moindre souci. Souci que semble trouver tout à coup Ezra, lorsqu’il s’arrête brusquement, et me plante là en me disant de m’occuper des prochains arrivants. Je lui ferais bien remarquer qu’il n’a pas à me donner d’ordre, mais il est déjà parti, et c’est en soufflant que je retourne à mon poste d’accueil. Et j’attends, une minute, deux, trois. Pas d’Ezra à l’horizon. C’aurait pu être normal, mais au bout d’un moment mon instinct me souffle que non. Et puis, avouons-le, la petite fille cachée au fond de moi est effrayée à l’idée de rester seule dans ce hall vide. Il y a eu trop de tragédies pour qu’une série de couloirs vides ne se transforme vite en cauchemar vivant à mes yeux. Alors, écoutant mon inconscient, une fois de plus, je quitte mon poste et me met à la recherche d’Ezra. Chaque tournant de couloir est un battement de cœur loupé, une peur de tomber nez à nez avec Dieu sait quoi. Mais j’avance, cherchant la petite tête blonde qui me rassurera.

Ce sont les bruits de pas qui m’alertent en premier lieu. Rapides, trop rapides. J’accélère le pas en direction du bruit. Puis me fige ; j’ai senti le râle avant de l’entendre réellement. Mon sang ne fait qu’un tour, parce que je sais ce qui rôde dans les couloirs. En une seconde, mes jambes se sont remises en route alors que je crie le nom d’Ezra. Je tourne à gauche, puis à droite, et au détour d’un couloir, à l’entrée d’un cul de sac, il est là. Ou plutôt, ils sont là : Ezra, et le zombie. Comment est-il arrivé là, depuis combien de temps se cache-t-il dans l’hôpital sans que personne n’ait rien remarqué, bonne question, qu’il sera temps de se poser plus tard. Pour l’instant, tout ce que je vois, c’est une créature d’horreur et l’urgence de fuir.

« Ezra !

La créature se retourne vers moi. Je me sens blêmir malgré moi, consciente que je suis sans défense et pas formée à me protéger contre quoi que ce soit. Je recule d’un pas inconsciemment, me sens partir en arrière, retrouve mon équilibre de justesse. Le zombie, lui, n’a pas bougé d’un pouce, son visage horrifique tourné vers moi. Je retrouve juste assez de courage pour vriller mon regard à celui d’Ezra, cherchant dans ses yeux la solution que je n’ai pas.

« Je propose que l’on prenne nos jambes à nos cous. »

Et dans cette tentative d’humour lamentable, je tends ma main dans sa direction. Il y a cette chose entre nous deux, mais je sais qu’elle me regarde, moi, ce qui laisse l’occasion à Ezra de me rejoindre sans se faire attaquer. Ensuite, ce sera une autre histoire. On réfléchira en courant. Ou on ne fera que courir.


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MessageSujet: Re: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Lun 29 Juin - 1:36

La chair s’effiloche contre l’os, le regard hagard sillonne cette vie entêtante qui court pour ne jamais lui revenir. Il y a surtout ces dents souillées qui indiquent une attaque antérieure. Quel nouveau nom pour adosser l’ardoise ? Des comptes décomposés à la craie qu’on se devra d’effacer quand le prochain combat se présentera. Une statistique qu’on oubliera dans l’urgence d’un autre drame. Celui qui se pressera le plus rapidement contre la rétine gagnera. La mémoire s’endommage dans l’émotion. Elle tire des traits sur des anecdotes, griffe les perceptions et invite la chimère parfois même pour corrompre la racine d’une réminiscence impartiale. Des détours pour fragmenter un vécu, le changer en fiction ou en faire un roman fantasque. Créer le vide pour insister sur l’importance des pleins subjectivement et sans réel alibi. Instable, incomplète, impétueuse. Sans doute que sa propre mort se perdra également dans le flot d’informations quotidiennes. Une consonance bâclée, rangée dans un des nombreux tiroirs. Une archive qui pourrit, prend l’eau et succombe à sa décomposition. Rien d’accompli, rien d’achevé. Mais ça restera un événement positif pour ce Monde et pour l’humanité dans son ensemble. Il se renie par le sang, par la nature et par ses actes disparates à forger son insalubre caractère dans le vent contraire afin de se croire invincible. Supérieur à la malédiction. L’ironie pimente le ricanement qu’il contient à peine alors que la bête l’analyse de son avidité certaine. Que peut-il craindre ? Il est déjà devenu la pire et abjecte créature au contact de gencives érodées par l’affliction pathologique dont souffre cet homme qu’il ne reconnait nullement. Alors que devrait-il redouter ? L’adrénaline déserte ses veines, la glace remplace ses globes oculaires. Il ne sait plus s’il éprouve encore le besoin ou même l’envie de lutter. De toute manière, ici ou ailleurs, maintenant ou plus tard ?

Son égoïsme se prend les pieds dans ces intonations qui le pourchassent jusqu’aux plus insidieux replis d’une plaie infectée. La voix déroule l’existence aux pieds de l’égaré et le système sanguin repart, se répare à l’ombre de l’abandon. Dans un sursaut, il s’écarte de sa cloison pour toiser l’intruse. Le cœur s’arrache au thorax. Le danger proche s’annonce en de nouveaux râles évidents et la brune se tient toujours là. Elle prend le temps de gaspiller plusieurs secondes, de reprendre plusieurs décennies à sa trop courte mortalité pour invoquer leur fuite. A la voir si prête à ne pas préserver ses chances, à la regarder humaine de toute sa composition, la rage coule dans sa gorge. La jalousie talonne cette sensation d’injustice et fait trancher le sarcasme. « Merci pour l’idée, tu viens de me sauver la vie. Je n’y aurais jamais pensé. » En répétant cette erreur, il s’assure à son tour de perdre davantage du précieux temps encore accordé pour réussir à s'échapper. « Cours ! Et ne te retourne pas ! » Le norvégien bondit juste assez pour se laisser retomber afin d’esquiver les bras qui cherchent déjà sa nuque. Il roule au sol avant de se relever précipitamment pour agripper l’épaule de sa collègue. « Il faut qu’on bloque le périmètre le temps de … » Mais ses yeux relèvent la progression du macchabée derrière son épaule. Son regard s’étend sur leurs deux options. Ou plutôt sur la seule qui se profile. La porte du fond le toise, close, définie par son système électronique complexe. Présentation de badge, attente du signal. Et pour l’instant c’est tout ce qui sépare de façon sûre le mort-vivant du reste de l’établissement. L’ouvrir reviendrait à risquer de nouveaux dommages. Et à tuer de nouveaux innocents.

Les cheminements sont bousculés par l’urgence alors que leur issue éventre la paroi la plus proche brusquement. La seule pièce de ce couloir qui ne soit pas un sasse entre ici et là-bas. Le seul local où se réfugier. Il balance son pied pour leur garantir l’entrée et pousse sans ménagement son alliée d’infortune à l’intérieur. Il referme précipitamment derrière lui et retient la poignée d’une prise inflexible, rendue féroce par l'action. « Fais pas de bruit. » Il tend l’oreille, sait, sent que le zombie s’apprête à gratter la seule chose qui les sépare de ses ongles. Isolé pourtant. Il serait tellement simple de l’éliminer. Avec un équipement adapté. Avant de fouiller, de prendre conscience de la nature de cette cachette, il ne peut retenir ses reproches. Ils pleuvent dans une averse de murmures courroucés. « Tu peux me dire comment tu t’es retrouvée là ? T’essayais de me suivre ? Je t’avais dit de rester là où tu étais ! Et si un patient débarquait maintenant, hein ? Tu veux qu’on se fasse virer ? » La paume qui ne tient pas la clenche glisse contre le mur, cherche un interrupteur frénétiquement. La pénombre sublime le chaos interne et réarrange les perspectives. La menace est multiple et l'oblige à considérer ses maigres options de salut précaire. « Reste pas planter là, aide-moi. On y voit rien bordel ! » Son coude la cogne à deux reprises. Insupportable. D’être là avec celle qu'il s’applique à distancer. Et chaque contact fortuit alimente cette panique qui naît de ses appréhensions les plus morbides. Une victime parmi d’autre. Sa victime suspendue par l’obscurité. Il peut presque se pencher pour lui subtiliser ce qu’il lui arrache nuit après nuit. Des rêves mais surtout de l’énergie. Mouton naïf et loup imposant. A quel moment va-t-elle se rendre compte qu’elle est autant en sécurité ici avec lui que de l’autre côté avec le monstre déclaré ?

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MessageSujet: Re: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Dim 26 Juil - 20:29

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris. J'aurais dû rester l'attendre sagement là où il m'avait dit de l'attendre. Au lieu de ça, je me retrouve nez à nez avec un zombie. Ces créatures sont terrifiantes, la simple vue vous glace le sang. C'est comme s'ils irradiaient cette peur, comme si elle servait leur but. Peut-être qu'un humain a meilleur goût s'il a peur, qu'en sais-je. En tous les cas, me voilà, pétrifiée, mais malgré tout debout face à la créature. J'ai une raison de rester debout, après tout, une raison de ne pas m'enfuir. Et cette raison semble ne pas apprécier mon intervention à sa juste valeur. Ezra me ressort une de ces phrases sarcastiques dont il a le secret. J'ignore comment il fait, vu les circonstances, pour m'asséner des propos si tranchants. Il mériterait une baffe, mais ça attendra un peu. Pour seule réponse, je lui envoie un regard assassin, piètre réplique.

Puis tout va très vite. L'instant d'après, il me happe par le bras et je le suis, tant bien que mal, dans les couloirs de l'hôpital. Je cours comme je n'ai jamais couru, je crois. Derrière moi, je sais que le zombie nous suit. Je le sens, et plus je cours, plus je sais qu'il nous talonne. Mon cœur s'emballe, peu habitué à ce genre de stimulation. Mon souffle se fait court, mais mon esprit est déconnecté. Je cours, je suis Ezra, et puis c'est tout. Nous fuyons une dizaine de mètres, quand Ezra me parle, avant de s'arrêter. Je ne sais pas où il trouve la force de parler en courant à cette allure. Je n'espère qu'une chose, c'est que l'on atteigne la sortie. Elle est là, à quelques mètres devant nous. Mais mon acolyte en décide autrement, il change de cap, et presque malgré moi je le suis, m'éloignant du salut. Il cherche quelque chose, et je cherche mon souffle.

Nous atterrissons dans une petite remise. Un placard, une voie sans issue. J'entre, m'arrête de courir. J'ai la tête qui tourne, alors qu'Ezra m'intime de ne pas faire de bruit. Je tente de respirer le plus discrètement possible alors que mes poumons me font mal, priant pour de l'air. On attend, silencieusement, quelques secondes, avec l'angoisse que le zombie nous sente et vienne nous débusquer. Rien. Et au bout de ces quelques secondes, interminables, Ezra se tourne vers moi, et les reproches tombent. Ses mots me laissent bouche bée. Je suis venue à son secours, j'ai affronté le visage de la mort pour le sortir du pétrin, et je me fais accuser. Après l'hébétude vient la colère, et je lui répond, sur le même ton.

« Se faire virer ? Il y a un zombie dans l'hôpital, et tu penses au boulot ? J'étais inquiète, ok ? Je t'ai pas vu revenir, je suis venue voir si tout allait bien. Et franchement, tu n'avais pas l'air d'en mener large avec ce truc ! Merde, Ezra, je me suis inquiétée pour toi, je suis en train de risquer mes fesses pour toi ! Donc ne viens pas me faire ta morale à deux balles ! »

Mais il ne m'écoute déjà plus, cherchant quelque chose. Il me cogne, une fois, deux fois, m'engueule une fois de plus pour que je l'aide. Il paraît frénétique, nerveux. Je peux le comprendre, je ressens la même chose, je ne l'exprime simplement pas encore comme lui. A tâtons, je vais chercher l'interrupteur et on y voit enfin. Il y a beaucoup de fournitures médicales. Rien qui ressemble à une arme, à première vue. Mon cœur se soulève ; aussi loin que je puisse observer, on est foutus.

« Pourquoi tu nous a enfermés ici ? Pourquoi on est pas sortis ? Personne ne sait qu'on est là, ni qu'il y a un zombie en liberté. On sort comment ?»

Ca y est, mon angoisse commence à se faire sentir alors que ma voix tremble au fur et à mesure de mes mots. Je vais lui paraître ridicule. Ca ne changera pas beaucoup de l'habitude, ceci dit. Pour autant qu'il soit fascinant, Ezra est ingrat. Mais pour autant qu'il soit ingrat, il est mon seul espoir de survie.
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MessageSujet: Re: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Mar 11 Aoû - 23:25

C’est une boîte sans la moindre aération. Issue bloquée par un empilement d’objets, quatre parois, quatre raisons de s’y jeter pour fracasser le crâne avant que la tentation ne fasse craquer la jugulaire et trahisse la suie qui perce les veines, qui s’accole à la pupille. Aisé de s’employer à la terroriser, de lui dérober jusqu’à la vie pour satisfaire l’insatiable faim qui ronge sa stabilité. Il se soumet à cette épreuve d’anticipation pour mieux s’employer à la contrer plus férocement. Combien de repas loupés ? Combien de chances aussi inespérées ? Il ne comprend pas ce qu’elle représente. La parfaite erreur à ne pas commettre peut-être. A croire qu’elle a tracé elle-même ses traits dans l’argile pour mieux lui insuffler une esquisse d’humanité sur fond de monstruosité. Elle l’a tiré du Styx, reconstruit à partir de rien. Créatrice des derniers instants, mère de tous ses vices. Qu’a-t-elle seulement réussi à engendrer ? La rancune semble plus simple à manifester, au détriment d’une gratitude qu’il ne parvient pas à saisir. Qui souhaiterait devenir une abomination ? Qui est-elle pour décider à sa place de sa survie ? Le mépris invoqué, qui peut réussir à arrêter la créature ? Décidément, il ne sait plus à quelle émotion se dédier pour la sauvegarder. Elle ne l’aide pas à corrompre la traque en s’agitant nerveusement à ses côtés sans le surprendre par une efficacité qu’elle a sûrement semée dans la terreur manifeste qu’elle expulse à coup d’air mâché. Ezra succombe peu à peu à l’aridité de ses songes meurtriers. Il s’écarte comme il peut, se plaque contre la paroi la plus éloignée cherchant toujours plus frénétiquement une source de clarté afin de dissiper les ombres mortelles qui éclosent au creux de l’estomac pour s’ajourner en fourmillements contre ses doigts. Il lui suffit juste d’un geste, d’un contact.

La lumière le surprend en rechute évidente et honteux, il ne peut que détourner le regard pour aspirer sa perplexité. Il se raccroche à la première excuse qu’il se trouve, au premier accro qu’elle lui tend afin de tirer sur la maille. Découdre les filaments, prétendre à ce chaos pour assouplir les pensées et délivrer la dynamique conventionnelle, réconfortante. « Est-ce que je t’ai demandée de t’inquiéter hein ? De venir poser tes fesses dans cette partie de l’hôpital ? Est-ce que je t’ai dit de me suivre comme un petit toutou en mal de son maître ? Non. Tu sais ce que je t’ai demandée ? Je t’ai demandée de rester à ton poste. A ton putain de poste, c’était pas compliqué, même pour toi, de le comprendre, non ? A l’entrée là où y a des gens qui auraient vraiment besoin de toi. Ce qui n’est pas mon cas, bordel ! T’es vraiment … » Ses dents raclent la langue pour empêcher la fugue sonore. L’insulte s’avorte contre le bon sens qu’il émet subitement. Mais ça ne s’arrête pas là parce qu’elle n’en a pas fini avec les reproches elle non plus. « De toute évidence, je dois réfléchir pour deux. Le temps d’ouvrir le sas et de le refermer, il aurait réussi à se faufiler. L’autre porte, c’est tout ce qui le sépare des patients. Tu sais ceux que tu as abandonnés parce que je ne revenais pas assez vite à ton goût ? » Le norvégien souffle l’air pour abjurer la hargne. L’urgence ne se situe pas dans l’incendie qu’il faut absoudre à coup de haine déplacée. Un grognement supplémentaire et il se détourne d’elle définitivement pour bondir sur tous les cartons qui croisent sa route. Il déballe chaque outil soigneusement, réfléchit aux potentielles armes à se construire voyant dans cette tâche, sa seule distraction.

Le scandinave s’accroupit, tire une boîte d’une étagère pesamment. « Au moins, t'as du temps à gaspiller à ce que je vois. Le papier peint est sympathique à regarder ? Je te signale qu'on a besoin de personne. C’est qu’un zombie isolé, je te rappelle. On est deux, si tu daignes remuer, et il n’est pas doué d’intelligence. Ne me dis pas que tu n'en avais jamais vu avant ? » Il redresse le regard brièvement. Parfois, il oublie que certains ont été épargnés par les affres du surnaturel. Ancien métamorphe, ancien peacekeeper et surtout nouveau monstre, il n’est plus à même de comprendre la normalité et l’humanité dans sa plus simple composition. C’est sans doute ce qui le tient aussi éloigné d’Enya et ce qui l’a étrangement rapproché d’Ellie. La brune brouille le fil de ses cheminements, le cœur plus lourd, il peine à se relever pour atteindre l’autre côté de la pièce toujours habité par cette frénésie à trouver la violente issue à ce souci. « Y a forcément des scalpels. Y en a forcément. » Il marmonne plus qu’il ne s’adresse à sa comparse d’infortune. Il renverse littéralement des rangées de carton pour répandre au sol leur contenu dans un désordre qui ne le caractérise en rien. Les nerfs à vif, il se métamorphose dans la nervosité en un personnage qu’il exerce et qui a du mal de se supporter dans cet espace exiguë. La bête gratte toujours les nervures du bois qui les protège encore. Par moment, il ne sait plus différencier les cris de l’extérieur et de l’intérieur. Et là, le danger semble alors absolu.

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MessageSujet: Re: Lead the way to your darkest sin [PV Enya]   Ven 28 Aoû - 22:00

Ezra peut être si cruel parfois. Peut-être considère-t-il cela comme du franc parler, toujours est-il que ses mots peuvent être autant de couteaux qu’il me lance sans aucune pitié. Il est clair que nous sommes tous les deux sur les nerfs, et en même temps, on ne pourrait pas nous blâmer pour ça. Un danger véritable, un danger de mort se trouve de l’autre côté de cette porte, nous sommes pris au piège, tels deux souris au bout du labyrinthe créé par un savant fou. Est-ce une justification à son comportement envers moi pour autant ? J’eus envie de lui répondre sur le même temps, de l’agresser comme il m’agressait. De le frapper même, ça m’aurais fait du bien. Mais je restai juste là, silencieuse, alors qu’il ravalait de justesse l’insulte qu’il allait dire pour me qualifier. Répliquer n’aurait servi à rien, de toute façon, si ce n’est à le mettre davantage en colère et à lui fournir de nouveaux couteaux à lancer. Il me donnait envie de pleurer de rage. Je ne comprenais pas, je ne pouvais pas comprendre son comportement. Je lui avais sauvé la vie, je lui avais donné des jours entiers de la mienne pour qu’il aille mieux. Mais il s’en fichait, de toute évidence. J’aurais dû laisser tomber depuis longtemps ; les gens imbus d’eux-mêmes comme Ezra, d’habitude, je me disais qu’ils ne valaient pas le coup. Mais lui, il était différent. Et puis, on travaillait ensemble de toute façon. J’essayais juste d’arranger les choses, mon penchant optimiste me soufflait qu’il y avait sûrement un moyen d’arranger les choses. Mais jusqu’ici, mes efforts avaient été vains et douloureux. Alors une fois de plus, je me taisai.

Je n’avais pas pensé au sas, et aux patients de l’autre côté. Sur ce point, il avait raison, il fallait l’avouer. Mais on aurait pu le faire sortir de l’hôpital, aller chercher quelqu’un de plus compétent pour gérer la créature. On aurait eu plus de chances de le battre qu’ici, dans cette réserve. Je me gardai bien d’argumenter cependant, et le regardai s’activer, me sentant tout à coup inutile. Il avait l’air de savoir ce qu’il faisait, alors que moi j’étais juste perdue et apeurée.

"Le papier peint est sympathique à regarder ?"

Je relevai la tête et m’arrachai à mes réflexions. Il semblait bien sûr de lui, comme toujours. Nous deux, contre un zombie, ça avait l’air facile quand il en parlait. Je haussai les épaules et croisai les bras en le défiant du regard.

« Non, je n’ai jamais vu de zombie. Pas en vrai. Et même tout seul, ça reste un zombie, OK ? Ces trucs-là tuent des gens, ce sont des monstres. Tu as peut-être dézingué du monstre toute ta vie, moi on m’a appris à les fuir. Je suis décidément une acolyte merdique de bout en bout. »

J’avais lancé cette dernière phrase en levant les yeux au ciel. Le mépris d’Ezra envers moi ne serait peut-être que plus grand après cette révélation, mais au point où on en était, tant pis, autant être honnête. S’il décidait d’affronter la créature dehors, je ne pourrai pas être d’une grande aide.

Mais déjà il s’était remis à fouiller la réserve à la recherche de scalpels. Je m’affairai à mon tour, cherchant n’importe quoi pouvant constituer une arme de fortune. Autant faire quelque chose d’utile, au lieu de se disputer bêtement. Je jetai de temps en temps des regards en coin à Ezra, qui semblait de plus en plus nerveux. Frénétique, même. Je ne l’avais jamais vu dans un état pareil. Il pouvait être colérique, parfois, mais jamais frénétique. Il en était presque inquiétant. Le médecin en moi avait envie de le faire s’asseoir deux minutes pour respirer longuement et se calmer. Mais il ne m’aurait jamais laissé faire, et on n’avait de toute façon pas le temps. La créature était de l’autre côté de la porte, cherchant un moyen de la franchir pour atteindre son repas – nous.

Au bout de deux minutes, on n’avait toujours rien trouvé. Je commençai à désespérer de trouver quelque chose d’utile dans cette réserve, qui semblait remplie de compresses et de pansements. Aucun pseudo-moyen de défense en vue.

« Tu en as déjà tué, des zombies, pas vrai ? Tu sais comment faire ? »

La question était sortie toute seule, mon inquiétude grandissante se matérialisant enfin. Je levai les yeux vers Ezra. J’espérais de tout cœur que la réponse était oui aux deux questions. Qu’il saurait comment nous sortir de là, parce que je n’en avais aucune idée, et l’idée de mourir sous les dents d’un zombie ne m’enchantait pas. Je continuai sur ma lancée.

« J’ai réussi à te garder en vie la première fois que je t’ai vu. J’aimerais bien que tu ne meures pas à cause de moi. »

Sur ces mots, je me reconcentrai sur les boîtes que je recommencai à vider de leur contenu à la recherche d’un salut quelconque. Je regrettai déjà d’avoir ouvert la bouche.
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