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 Kingsman [Calypso]

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MessageSujet: Kingsman [Calypso]   Sam 13 Juin - 11:24

Je suis un piètre catholique, qui, actuellement,
apprécie grandement sa relation hors-mariage
avec son petit ami noir de confession juive,
ce dernier travaillant dans une clinique d'avortement.

Vive Satan, et passez un très bon après-midi.

Kingsman - Matthew Vaughn


« Callipyge ! » t'exclames-tu en guise de bonsoir.

« Monsieur, voyons, un peu de tenue ! » te rétorque une cliente effarouchée qui fait claquer violemment sa tasse de thé contre la soucoupe.

Plus loin, deux messieurs d'un certain âge, une pipe entre les dents, s'esclaffent et t'adressent un signe de la main. Tu leur envoies un sourire colgate plein de cette jeune fraîcheur dont ils ne peuvent plus se targuer. Il n'y a qu'au OAH que tu peux te faire reprendre sur un vocabulaire pareil, très peu de monde connaissant la réelle signification de ce genre de mots. Tu opères un tirage de langue discret en bonne et due forme ainsi qu'un clin d’œil pétillant envers cette femme qui ferait mieux de retirer le balai qu'elle a dans le cul avant d'onduler entre les tables pour te glisser jusqu'au comptoir. Derrière celui-ci, une jeune femme d'une vingtaine d'années s'affaire dos à toi, sa longue chevelure cuivrée dégringolant en dessous de ses omoplates. Tu t'accoudes et observe les ondulations d’acajou, le regard songeur, jusqu'à ce que la jeune femme se retourne et que vos regards se croisent.

« Coucou ! Ca fait longtemps que je t'ai pas vue, tu te caches, hein ? »

Penchant la tête sur le côté, tu dessines les contours du visage fin de ta meilleure amie dont le reflet des iris te transperce jusqu'au plus profond de ton âme. Elle a des feux d'artifice dans les yeux, des soleils dans les cheveux, des étoiles sur les joues, c'est un véritable brin de poésie monté sur ressorts dès qu'elle se trouve en dehors de ses responsabilités. Tu l'adores, c'est un peu ton âme sœur de folie, avec laquelle tu fais des étincelles.
L'un de tes poings ancrés dans la peau de ta joue se détache, laissant une petite tâche rouge après son passage, et atterrit avec la douceur d'une plume sur le comptoir de bois. Le regard songeur, tu laisses ta main se dresser sur la pulpe de tes doigts et ces derniers glisser sur le plateau ciré pour y dessiner des formes abstraites, suivant les traces de ce tronc qu'on a coupé.

« Dis-moi, je me languis de toi. Tu fais quelque chose ce soir ? On pourrait aller se promener ! Je serais bien allé à la baie des alligators mais j'ai pas envie de mourir tout de suite, alors je me suis dis qu'on aurait pu flâner en refaisant le monde. En plus il fait beau, il fera nuit tard. J'ai même entendu parler d'un bal folk dans le quartier de Tulane, on pourrait aller s'y amuser. »

Tu lui adresses un sourire charmeur, celui qui mêle subtilement la tendresse de la supplication à la sensualité d'une technique de drague trop naïve. Tu te mords la lèvre par réflexe, dans l'expectative, sans doute pour augmenter ton potentiel sex appeal devant cette femme que tu as de toute façon conquise. Et pourtant, aucun désir, si ce n'est cette dépendance étrange envers ce rayon de soleil que tu ne veux plus quitter depuis que tu l'as rencontré.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Dim 14 Juin - 22:29



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Ta main glisse, renverse l'alcool sur le plan de travail et redresse la bouteille dans un bien piètre réflexe. Le liquide coule entre tes doigts, attire ton idiotie dans les limites de sa lucidité. Tu ne peux pas, reprends-toi ou l'on dira du mal de toi, Mère. Mais tu t'en cognes, tu te cognes le pied contre le bar, achevant de ramener sur terre ton esprit embrouillé. Dois-tu être si bête, si pitoyable ? Réveillée de ta somnolence par un cri que tu as déjà oublié, tu entreprends de nettoyer tes étourderies de gestes plus lents qu'ils ne devraient l'être.
Il faut croire que ce n'est pas un jour pour travailler.

Ton cerveau est trop occupé pour assimiler l'odeur qui vient de s'asseoir au bar, ainsi te retournes-tu en pensant devoir accueillir un nouveau client, les lèvres entrouvertes pour réclamer une commande. Mais lorsque tes yeux tombent sur les siens, tes sourcils se froncent légèrement et tu fermes la bouche, concentrant ton attention sur les mots qui sortent de la sienne.
C'est d'un sourire idiot que tu lui réponds, les mots se montrant bien trop près de la réalité qu'ils ne le devraient. Et si tu ne te caches pas vraiment, si telle n'était pas ton intention, elle pourrait bien le devenir.
Tu y penses parfois, dans un rêve ou un autre, à t'échapper de cet endroit, à te cacher là où il ne faut pas. Tu pourrais passer quelques jours seule, loin de tout, avec rien d'autre que le vent pour siffler à ton oreille. Tu pourrais ? Ne mens pas, Mère. Jamais tu ne pourrais passer plus d'un jour loin d'ici sans lui. Père ne s'est déjà montré que trop distant pour que tu le laisses filer une nouvelle fois entre tes doigts.
Te cacher avec lui ? Loin d'une ville polluée par le vice, le sang et la sueur. Est-ce vraiment se cacher si tu n'es plus seule ? Si tu n'es pas le cerveau de ta fuite ? Et quelle belle fuite ça ferait, à l'image d'une cervelle... hors-norme.

Le geste attire ton regard qui glisse sur sa joue rougie pour tomber sur sa main. Soudain captivée par les dessins tracés sur le bois verni, tu en oublies de répondre aux fausses questions. Tu en oublierais presque que ce n'est pas ta main qui trace les lignes, que tu n'es pas seule dans ce bar à maudire le passé qui a fui.
Du moins jusqu'à ce qu'il reprenne la parole et que tes sourcils se froncent sincèrement, assombrissant ton regard clair. Tu n'es pas sûre d'apprécier les mots, l'importance du vocabulaire, la puissance du verbe. Tu te languis de ton sorcier, de ses absences comme des tiennes. Mais peut-on se languir d'un ami ? Ton petit cerveau ne peut pas réfléchir jusque là, en tout cas.
Mais le temps passe rapidement à ses lèvres et déjà dois-tu te concentrer sur les mots suivants, pour être sûre de ne pas en perdre le sens. Au mot « alligators », tu manques de perdre le fil, les yeux soudain brillants et un sourire dissimulé derrière tes lèvres pincées. Tu connais la baie et tu aimes t'y perdre, humaine ou animale, fascinée par les dents meurtrières.
Comme tirée d'une transe étrange, tu relèves ton grand corps lorsqu'il cesse de parler pour te dévisager, attendant les réponses à ses questions. Tu fais donc la plus idiote des mimiques, le visage fermé, les yeux fuyants et la bouche tordue d'un côté, laissant croire que tu cherches une façon de le rejeter, alors qu'en réalité, tu n'as juste pas tout compris.

Folk ? Un bal ? Je n'ai jamais fait ça. Mais je n'ai rien de prévu ce soir et je finis dans cinq minutes ! Allons... Boire un coup ! Tu es si pitoyable... faire quelque chose, oui. Une promenade, si tu veux.



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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Dim 14 Juin - 23:27

Elle se retourne, danseuse étoile, les lèvres entr'ouvertes dans un chant silencieux, pause de cristal. Vos visages se rencontrent et les chaleurs s'échangent. Tu plonges ton regard dans le sien, lui proposant de sortir, et tu t'abreuves des vibrations de ses lèvres s'étirant en un sourire. Ses yeux vagabondent en permanence, ne cessant de découvrir de nouvelles choses, les analysant sans toujours les comprendre, comme deux papillons cherchant des sources de lumière. Elle te répond finalement par cette adorable petite mimique de celle qui n'a pas tout saisi mais qui nourrit de bonnes attentions. Elle te fait fondre, elle est vraiment adorable.

« Tu verras, c'est cool ! On danse ! Bon, eh bien je t'attends dehors, ne salis pas un verre pour moi ! »

Tu la sais distraite, particulièrement lorsque quelqu'un qu'elle apprécie est dans les parages et tu ne veux pas la retarder davantage. Lui adressant un signe de la main, tu sillonnes les tables d'un pas léger avant de t'extirper du bâtiment sous le regard tantôt amusé, tantôt circonspect des clients qui doivent te voir comme un oiseau effrayé cherchant à s'échapper pour retrouver le grand air. Sans plus attendre, tu prends une position confortable contre le mur du Old Absinthe House et sors une nouvelle cigarette que tu allumes.
Le temps file comme la cendre gagne le rouleau de tabac se consumant entre tes doigts. Tu finis par rouler le filtre entre ton pouce et ton majeur pour en émietter les dernières fibres de tabac et jeter le mégot dans une poubelle proche. Peu de temps après, une cascade rousse s'échappe de l'entrée. Un sourire aux lèvres, le cœur soudain gonflé d'allégresse, tu te décolles du mur et la saisis par la main.

« Allez, viens, marchons un peu. »

Même si le terme employé est bien « marcher », tu sautilles plus qu'autre chose. Ton pas se fait plus léger, et si tu avais des ailes dans le dos, tu t'envolerais, Calypso dans les bras comme une princesse, dans un moins plus joyeux, plus mieux bien. La gravité te retient sur terre mais cela ne te prive pas de ton humeur singulièrement meilleure depuis que tu as retrouvé l'une de tes meilleures amies. Au delà d'une amie, Calypso est un reflet de toi-même : un rayon de soleil en perpétuelle découverte, plus naïf sans doute, mais pas moins attachante. Il se dégage d'elle cette innocence pure qui annihile toute éventuelle violence en vous, et sublime la moindre tendresse.

« Quoi de neuf ? » demandes-tu alors que tu la diriges de ta poigne aérienne vers le quartier Tulane.

Les effluves du quartier précédent s'éteignent derrière vous. Vos ombres tremblotent sur le pavé frappé du soleil encore brûlant, et déjà, les murs sont plus familiers, l'air est plus accueillant, plus chaleureux. Il te semble même entendre les quelques notes d'un accordéon et d'une flûte traversière, célèbres instruments de ces bals dansants. Tu te sens rarement si bien. C'est une des rares fois où tu n'as pas à être heureux pour deux. Et franchement, c'est assez rare pour être signalé.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Jeu 18 Juin - 22:57



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

« Ne salis pas un verre pour toi ! » Ton regard se stoppe sur lui, quelque peu choqué par ce qu'il entend. Non, pour moi, idiote. Et tes yeux fuient devant ta bêtise, un léger hochement de tête pour toute réponse.
Danser ? Toi ? Tu ne danses pas, tu bouges, bercée par une musique que tu ne comprends pas, l'alcool enflammant tes veines. Ou tu glisses, te faufiles entre des tables invisibles, embrasses du regard une salle qui n'existe pas. Tu te perds dans un monde ou un autre, Mère, sans réussir à choisir.

Une dernière table à débarrasser, deux, trois verres à nettoyer et tu files en coulisses, soufflant un grand coup en détachant ton tablier. Ne devrais-tu pas rentrer, reposer ton grand corps sur le lit et pleurer sur ta vie ? Mais un homme attend devant le bar, prêt à t'emmener dans des lieux qui te porteront à la limite de ta raison, assoiffant ta gorge hydratée, réveillant ton cœur douloureux pour mieux mélanger les peines du présent à celles du passé.
Un rire étouffé te tire de tes réflexions et il te faut quelques secondes pour comprendre qu'il vient de toi, tes longs doigts plaqués contre ta bouche. L'idiotie n'a pas de limites et se fait de joie, n'est-ce pas ? Ainsi éclates-tu de rire en rangeant tes affaires, avant de sortir des vestiaires en chassant les perles aux coins de tes yeux.

La mélancolie passée, tu te concentres sur le présent, traversant la salle d'un pas rapide, sans manquer de saluer une dernière fois clients et collègues d'une main amicale et d'un grand sourire. A peine as-tu le temps de sortir que l'odeur vient piquer ton nez et ramener à tes yeux une humidité exacerbée. Pourquoi les hommes doivent-ils tous fumer autour de toi ? Mais déjà tu concentres ton attention sur sa main attrapant la tienne, oubliant presque totalement le parfum désagréable de la cigarette. Ton cerveau s'égare sur ce simple geste et tu jettes des coups d’œil autour de toi, cherchant ce regard suspect qui rapportera à ton sorcier tes rapprochements tactiles avec un autre homme. Tu pourrais presque rire d'avance de la rougeur de son front en l'apprenant si tu ne devais garder ton attention sur tes petits pas de chat à côté de ses sautillements.
Tes réflexions ne s'éloignent pourtant que peu, revenant inlassablement sur la fumée de tabac et ses méfaits sur ton organisme. Tu as cru entendre des choses, mal comprendre d'autres, certainement. Tu t'inquiètes qu'une odeur puisse à ce point repousser ton être, révulser ton cœur. Tu t'inquiètes de ce qu'un parfum aussi mauvais puisse cacher un mal encore plus grand. Qu'une simple cigarette puisse voler sa vie.

C'est ainsi qu'à la question qu'il pose innocemment, tu réfléchis des plus gravement, pensant sérieusement aux mots que tu souhaites prononcer. As-tu toujours été aussi bête, Mère ? Je crois que tu as été une grande dame, un autre temps, une de ces femmes qui réfléchissent aux gestes qui leur offriront de l'or. Une de ces robes voluptueuses qui ne fléchissent devant rien et ont toujours les mots pour rappeler au monde qu'elle l'ont au creux de la main. Mais... tu es une idiote qui tire sur un bras trop rapide pour attirer son attention.

Tu ne devrais pas fumer. Je n'aime pas la cigarette. Quel enchaînement. J'ai entendu que la fumée tue ceux qui l'avalent, fumeur ou non. Est-ce que c'est vrai ? Tu grattes ta gorge, l'air dégoûté. Je ne veux pas. Pourquoi vous devez tous fumer ?

Et alors, comme une gamine qui boude, tu fronces les sourcils, gonfles les joues et lâches sa main pour avancer plus rapidement d'un pas lourd. Les caprices des gens simples ne ressemblent pas à grand-chose et tu traces comme si tu savais où aller, cachant à Loon toute l'attention que tu accordes au bruit de ses pas et à l'odeur derrière toi. Tu pourrais te perdre, passer devant ce bal où il veut te traîner sans même t'en rendre compte. Et ton malheur veut que tu finisses par te lasser d'écouter les ombres pour te concentrer sur une idiotie plus grande et te perdre dans l'espace et le temps.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Ven 19 Juin - 9:37

Tu as tout juste jeté le mégot dans une poubelle propre par respect qu'elle trouve encore quelque chose à redire. Pour qui elle se prend ? Demande ton esprit rebelle. Ta gueule, Loon, lui crie sa raison, elle est déjà en train de se barrer, rattrape la.
Effectivement, malgré le fait que tu aies essayé de passer à autre chose, renvoyant derrière toi cette journée maussade de travail en même temps que la fumée de la cigarette dans l'autre rue, Calypso, passablement éconduite, s'avance dans une direction aléatoire, la tête basse. L'ambiance chaleureuse s'étire et se charge de tension. Irréfutablement étonné par l'attitude de la jeune femme, tu t'arrêtes net et la regarde partir comme s'il s'agissait d'un rêve.
Aussi longtemps que tes souvenirs remontent, tu ne l'as jamais vue se mettre en colère. Et même si sa colère n'est qu'une moue lourde et boudeuse, elle te frappe en plein cœur.

« Lyly, attends ! »

Il ne te faut que quelques enjambées énergiques pour la rattraper et la saisir par les hanches comme un prince rattraperait sa princesse effarouchée. Tes doigts se referment sur sa taille, suppliants et désespérés. Elle heurte en douceur ton torse.

« La fumée ne tue que les gens qui doivent mourir. »

La phrase s'échappe dans l'air, comme un papillon, comme la dernière page d'un livre que tes lèvres referment. Il serait trop bête de se froisser pour si peu. Ta main droite saisit en son homologue les doigts frais de la princesse et les porte à tes lèvres souillées. Il est temps de se comporter en parfait gentleman, ma Loonette, si tu veux la garder sans qu'elle ne te file des mains. Elle pourrait se perdre et se briser contre le monde, et tu t'en voudrais à en crever.

« Je ne fumerai plus en ta présence, je te le promets. Oublions ça, veux-tu ? Allons danser. »

Et dans une chorégraphie timide, ta main droite transmet à ta main gauche la main opaline de la dulcinée, et tes doigts se referment une fois de plus contre les siens. Ta chaleur vagabonde dans sa paume, transmet la tendresse des excuses sincères. Tu effaces cette bêtise d'un nouveau pas en avant, la marche plus tranquille, cette fois-ci. Un sourire aux lèvres tu recommences à la guider en direction de la place Tulane.

« Tu n'as pas répondu à ma question. » fais-tu alors remarquer. « Quoi de neuf depuis le temps ? »

Ta langue fourmille encore de l'amertume du tabac mêlée à celle de la situation fâcheuse qui vient d'avoir lieu. Ce n'est qu'une histoire de cigarette, bon sang, et tu as l'habitude de relativiser. Mais malheureusement tu es aussi pourvu d'une empathie que tu traînes à ta suite comme un boulet et qui te transmet la tristesse, la souffrance, et la mauvaise humeur de ceux qui t'accompagnent comme un sale virus incurable. Tant que Calypso sera mal, tu le seras. Alors tu mets en place tous les stratagèmes possibles pour qu'elle ne le soit plus.
Ta maladresse de tuera, Zwitter. Elle te tuera.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Lun 22 Juin - 10:54



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Les paroles en italiques sont dites en français.


Les bruits s'étirent dans le temps, se stoppent, te perdent dans une fraîcheur que tu n'avais pas remarquée. Alors tu ralentis, tu frissonnes et guettes les mouvements à la recherche des siens. Tu es assez idiote pour foutre en l'air une soirée qui aurait pu être amusante. Tu es assez con pour bouder un ami et le laisser t'en vouloir pour ta gaminerie.
Une cigarette ? Et alors, Mère ? Tu devrais t'y habituer, les hommes de ce siècle y trouvent plus de charme que tu ne pourrais l'imaginer. Peut-être se disent-ils que c'est cool, classe, élégant, est-ce que ça importe vraiment ? Tu crèveras, de toute façon. Et certainement pas d'une fumée trop lente à t'achever.

Enfin la tempête accoure, le monde tremble sous ton corps pour te crier de renoncer à ton stress inutile. Tu pousses un soupir, ralentis encore la cadence pour le laisser te rejoindre. Peut-être croyais-tu qu'il nierait les ragots, les rumeurs que tu captes au vol et dont tu ne saisis pas toujours le sens. Peut-être voulais-tu qu'il te rassure de plus de mots qu'il ne devrait.
Mais la vérité t'écrase de sa lourdeur, réduisant tes mensonges en une cendre si volatile que tu ne peux les rattraper, t'en vêtir de nouveau et tout oublier. L'eau s'échappe de ton corps et tu perds tout sens de vie, laissant des mains inconnues toucher ce qui ne leur appartient pas.
Tu as peur, Mère, purement et simplement. A en crever, à en tuer. Tu as peur des autres, de toi. Tu as peur de perdre le seul homme que tu aies jamais aimé, le seul que tu t'entêtes à détester. Tu as peur de la mort qui nous sépare des vivants.

Tes yeux se relèvent vers les siens, papillonnant un instant d'incrédulité.
Tu pourrais pleurer, dans la seconde, de quelques mots dits à la mauvaise personne. Les gens qui doivent mourir ? N'en fais-tu pas partie ? Tu es plongée dans le vice et le mensonge, dans l'idiotie et la jalousie. Tu es pourrie jusqu'à la moelle de tes os. Ta propre naissance a été le fruit d'une mauvaise union, d'un diable et d'une diablesse. Fidèle fille de ton père, tu as tué encore et… encore. Tu pues le crime à plein nez.
Tu pourrais rire, pourtant, de l'insouciance, de la naïveté, du crédit que l'on accorde à ta médiocrité. Tu es plus idiote qu'aucune autre, prête à te jeter dans les bras de ton ennemi pour l'embrasser. Ta joie tente de masquer une peine deux fois centenaires. Ta peine tente de masquer ta profonde culpabilité. Et ton alcool tente de masquer la mort au fond de ton regard. Tu es brisée et pourtant plus entière que jamais. Perdue dans ton propre monde pour l'éternité.

Ta main dans la sienne te ramène sur terre et tu suis son pas sans vraiment réfléchir. Tes yeux fixent ses doigts qui serrent les tiens sans retenue, comme deux amants dans la rue. Et tu comprends alors qu'un simple geste de cette sorte, un simple regard un peu trop curieux et il pourrait crever dans quelques jours, d'une main plus grande, plus puissante, plus autoritaire.
Détachant tes doigts des siens, tu sautilles en avant, ouvrant les bras pour garder ton équilibre sur le bord du trottoir. Volte-face et te voilà à reculons, regardant un homme comme s'il t'était inférieur du haut de ta supériorité… géographique, dirons-nous. Il y aurait presque du faux mépris dans tes pupilles si ton sourire ne leur donnait pas l'impression de briller.

Tout est vieux dans cette ville, que pourrait-il y avoir de neuf ? Travail, travail, travail, travail… tu fixes un instant ton cinquième doigt, prêt à se déplier comme les autres devant un cinquième mot : sorcier… fête ! Aah… on n'a plus le temps pour rien, pas vrai ?

Tu reprends ta marche enfantine, sautant finalement le trottoir comme un gouffre sans fond, avant de te stopper net, les pieds joints et les oreilles bien ouvertes sur les bruits qu'elles captent. Ta tête pivote dans la direction du son, détaillant ses variations comme aucune oreille humaine ne saurait le faire. Et ton cœur se gonfle de joie lorsque tu comprends.

Musique ? Le Français t'échappe pour les mots les plus simples, hein ? Nous sommes bientôt arrivés ?



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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Mar 23 Juin - 20:09

Italique : Français

Le français tinte étrangement à tes oreilles, comme quelque chose qui ne serait pas à sa place. Mais tu as bien entendu et ce sont tes racines qui te prennent à la gorge. Plus encore que l'allemand, la langue française t'a suivi toute ton enfance étant donné que l'une de tes mamans, celle dans le ventre de laquelle tu as grandi, est née là bas. Mais tu as tellement l'habitude de parler l'anglais tous les jours que soudainement, le temps semble s'arrêter. Ton cerveau traduit, puis tu lui adresses un signe de tête accompagné d'un sourire. Oui, Calypso, c'est de la musique. C'est cette drogue infernale qui règle tous les soucis, ou du moins les relègue au second plan le temps d'une danse. Tu t'approches d'elle et la saisis par la main. Il est temps de vous amuser.

« On est arrivés, suis moi ! »

Des sonorités venues du pays Breton se diffusent dans la place pavée où vous vous engagez. Des dizaines de personnes sont déjà présentes en forment une ronde. Tout autour de la place, les terrasses et les bars des restaurants sont remplis, gavés à ras bord. L'ambiance est chaleureuse et vivante. Serrant la main de Calypso, tu montres un groupe de musiciens. Pour l'instant, seul l'un d'entre eux, équipé d'un Biniou Koz, instrument traditionnel de cet endroit de la France, souffle la musique à huit temps que suivent les différents membres de la ronde.

« C'est une danse traditionnelle Bretonne, ça s'appelle un Laridé, expliques-tu. On utilise quasiment que les bras, c'est facile tu vas voir. »

Tu l'entraînes sur le pavé, les jambes déjà dansantes, avant de te joindre à la ronde avec elle. Deux danseurs brisent la ronde pour vous donner la main, ou plutôt, le petit doigt. Tu donnes l'un à celui d'une jeune femme, l'autre à Calypso. Un, puis deux pas chassés sur les quatre premiers temps, une pause sur les quatre derniers, les coudes se balançant. Et vous tournoyez, ainsi pendant de longues minutes. Les sourires se peignent sur le visages, les rires retentissent, les danseurs discutent, et l'énergie circule avec une incroyable facilité. Tu regardes ton amie, espérant qu'elle comprenne, mais les étoiles qui brillent dans ses yeux signifient certainement qu'elle adore. La musique la guide et la transporte. Cessant de t'inquiéter pour elle, tu poursuis cette danse que tu connais par cœur, et qui de toute façon n'est pas difficile à apprendre.

La ronde se casse et les participants se réunissent deux par deux tandis que différents instruments, tels la guitare ou l'accordéon, rejoignent l'instrument traditionnel. Tu saisis les deux mains de Calypso puis te place à ses côtés, vos bras se croisent, et vous sautillez tous dans le même sens. Au bout de la mesure, tu fais tournoyer la jeune femme sur elle même en la faisant passer sous ton bras, et la cadence repart dans l'autre sens. Le longs cheveux cuivrés de ton amie virevoltent et dansent sur ses épaules en mouvement. Le soleil jette son éclat crépusculaire sur ses longues mèches, leur donnant les allures d'une crinière enflammée.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Ven 26 Juin - 15:48



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Les paroles en italiques sont dites en français.


La musique titille tes oreilles depuis quelques mètres déjà, profitant de ta malédiction pour te guider jusqu'à elle. Et si les sons te semblent étranges, tu n'y prêtes que peu d'attention, habituée aux musiques d'un siècle différent du tien qui grondent dans les bars et discothèques. Il y a néanmoins dans les notes une vieille connaissance, un souvenir diffus de ton temps révolu. Peut-être est-ce loin de ces danses inconnues du nouveau monde, de ces pas serrés et enfiévrés par l'alcool que tu exécutes avec toute la maladresse de ta folie contre des hommes que tu ne revois plus.
La réjouissance n'est pourtant que de courte durée car, s'il te semble reconnaître les sonorités de l'instrument, la danse te laisse parfaitement perplexe. Une ronde pour une danse en groupe, n'est-il pas un concept étrange et étranger ? Tu as eu l'habitude de danses un peu plus… privées, dirons-nous. Et tu préfères largement tes duos dansés pour lesquels un pas de travers est plus facilement excusé.

Le regard fixé sur les danseurs, tu écoutes d'une oreille distraite les explications de Loon, qui amènent pourtant à ton cerveau une réponse à tes interrogations. Bretagne. Sûrement as-tu entendu ce genre de mélodie lors de tes promenades parisiennes, bien que la musique semble avoir quelque peu changée entre temps. Mais tu n'as pas la plus remarquable des mémoires non plus, Mère.
Le français, quant à lui, sonne à tes oreilles comme la plus normale des langues ouest-atlantiques. Tu devrais pourtant réagir, comprendre que tu es la seule étrangère, que Loon ne devrait pas savoir te répondre de la sorte. Tu devrais même, comme tu le fais si souvent, papillonner des yeux et accueillir les mots comme un saint Graal, t'enthousiasmer comme une idiote rien qu'à l'idée de savoir que tu n'as pas besoin de t'épuiser en anglais.

Ils sont tous bretons ?
C'est la seule question qui pourrait vouloir se frayer un chemin à travers tes lèvres. Tu te le demandes réellement, les yeux dérivant de l'un à l'autre danseur, cherchant à déterminer s'ils le sont ou font juste semblant. Tu pourrais cracher ton français et tester les réactions, mais les langues s'apprennent et les origines s'oublient. Peut-être sont-ils encore moins français que tu ne l'es.
Ce constat te ramène deux cents ans en arrière. Tu y as longtemps songé, encore et encore, sans trouver de question à poser, de compromis à ton souci. Tu n'es pas française. Peu importe combien tu as voulu y croire, forcer les gens à y croire. Tu n'es pas française. Et tu ne comprends pas, en réalité, où est le problème. Tu n'es pas française, au final, ça change quoi ? Eh bien, Mère, il faut vraiment être idiote pour ne pas comprendre que ça a tout changé à ta vie.

Perdue dans des pensées inutiles, tu ne te rends compte que trop tard des doigts qui ont agrippé les tiens et de tes jambes qui suivent les mouvements. Tu te forces à ne pas regarder, à laisser tes yeux vagabonder, dans une lucidité que l'on te connaît pas. Tu sais qu'à trop t'y concentrer, tu ne feras que des faux pas et que la ronde sera brisée avec toi.
C'est ainsi que tes pupilles stoppent leur course sur les musiciens qui attendent patiemment leur tour de jouer. Un instrument, plus que les autres, attire ton attention et éveille en toi de vieux souvenirs. Depuis combien de temps n'as-tu plus joué ? Depuis combien de temps n'as-tu plus essayé d'énerver ton paternel de sonorités irlandaises ? Le bon vieux temps… ou presque.

Fiddle ?

Peut-être le seul mot anglais qui semble naturel en sortant de ta gorge. Tu pourrais trépigner de joie à l'envie étrange qui s'empare de toi, si tes jambes n'étaient pas déjà occupées par la danse. Tu veux, tu désires, tu vas lui prendre son violon des mains pour commencer ta nostalgie maladive.
Les souvenirs semblent du moins trop nombreux pour que tu daignes faire le moindre mouvement, concentrée sur l'instrument tout en continuant de suivre la ronde. Et si la musique bourdonne à tes oreilles, tes yeux ne sont humides que par la joie et la peur de ne plus savoir être un bon fiddler.
C'est ainsi que la danse change sans que tu ne t'y intéresses vraiment. Tu as toujours préféré faire danser le monde que danser comme tout le monde. Tu as toujours rêvé d'une scène rien qu'à toi pour laisser la musique toucher les esprits et soulever les cœurs. Tu as toujours eu une grande imagination, de toute façon.
Et, si peu concentrée que tu l'es, bien que tu oses dire que c'est pour le mieux, il fallait que tes pieds se mêlent, se tordent et te fassent trébucher en avant de deux pas alors que tes mains échappent à celles de Loon. Ta maladresse est compensée par l'habitude qui empêche ton corps de basculer en avant et de s'étaler sur les pavés. Un peu moins d'attention dans ton crâne de mouette, Mère, et tu en ressortais écorchée une fois de plus. Tu en profites donc pour rire et cesser de fixer le petit violon.

Aah, je fais n'importe quoi, je ne suis pas très douée, héhé… Ton œil revient finalement à l'instrument… Oh ! Ferme les yeux, Loon, surprise

Le clin d’œil que tu lui offres ne laisse aucune place à une réponse et tu te précipites sans attendre vers les musiciens, sans même t'inquiéter qu'il obéisse à tes ordres. Tu es trop pressée de réclamer le violon, de le serrer au creux de ton bras et d'oser les rythmes irlandais. Tu frissonnes de plaisir au souvenir du rouge qui montait aux joues de ton paternel lorsque la mélodie embrasait les murs de sa maison. Il a toujours détesté tes origines et ta joie de lui en faire baver au quotidien.
Insistante, le violoniste ne tarde pas à te passer l'instrument, non sans une pointe d'inquiétude au fond du regard. Il a sûrement remarqué ta presque chute et redoute l'avenir de son bijou. Mais à peine le bois glisse-t-il entre tes doigts que ton dos se redresse et ta posture se fait professionnelle autour du violon. Si ce n'était que tu le poses sur ta poitrine, et non sous ton menton.
Tu vois la compréhension qui se répand sur les quelques musiciens à la simple vue du violon contre ton cœur. Tu sais, alors, que la France n'a pas traversé l'Atlantique en solitaire et qu'ils sauront, s'ils le veulent, suivre ta folie. La musique s'arrête finalement et tu ne saurais plus attendre, laissant donc glisser l'archet sur les cordes et les notes s’égrener sur les rythmes dansants de l'île d'Irlande.



Dernière édition par Calypso de Rosenbourg le Jeu 9 Juil - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Sam 27 Juin - 9:04

Soudain la poupée trébuche et bascule en avant, sortant de tes filets. Ses frêles mains t'échappent et tu as peur durant une seconde que son crâne fragile n'éclate en morceaux sur le pavé chaud. Malgré tout ses réflexes la dominent et elle parvient à se redresser sans dommages, et même à te regarder avec ce sourire mutin et cette lumière dans les l'air de dire « Je t'ai eu ! ». Tu sors de la ronde pour ne pas empêcher vos partenaires de danser et la musique s'achève. Certains danseurs sortent du petit groupe pour aller se désaltérer dans l'un des nombreux bar-restaurants qui entourent la place. La chaleur t'anime ; tu retires ta veste que tu déposes sur un muret comme des dizaines d'autres avant toi et pince le tissu de ton tee-shirt au niveau de ta poitrine avant de le secouer contre ta peau pour faire passer un peu d'air sur ton corps en sueur.

« Si au contraire ! C'est pas facile au début mais il suffit de prendre l'habitude. Je suis contente que ça te plaise. Tu veux aller boire quelque chose ? »

Elle ne te répond pas. Quelque chose semble avoir attiré son attention au niveau du groupe de musiciens qui semble-t-il prend une petite pause avant de repartir sur une nouvelle musique. L'écoutant malgré tout, tu fermes les yeux, un peu déstabilisé par cette surprise et cet accent français qui lui vient si facilement. Le silence s'égrène pendant si longtemps que tu songes à les ouvrir de nouveau pour lui demander ce qu'elle veut. Et tout d'un coup, les notes vibrantes d'un violon traversent la place. Intrigué, tu ouvres réellement les yeux...pour voir Calypso, un violon contre la poitrine, tirer des sonorités à la fois Bretonnes et Anglaises, quelque chose qui flotte comme une incantation Celtique.

Tu ignorais jusqu'à présent que l'une de tes plus grandes amies était musicienne. Hormis Alvin à ta connaissance c'est d'ailleurs la seule, et encore, tu ne sais même pas s'il a continué la guitare où si sa conversion professionnelle l'en a éloignée. Toi-même tu ne touches plus beaucoup à ta basse depuis que tu travailles. Les autres danseurs sont aussi étonnés que toi, toute la place centrale se fige instantanément, comme frappée par un charme.
Car du charme, elle en a. Elle semble en transe. Le violon contre la poitrine comme s'il s'agissait de son propre enfant, elle fait danser son bras au bout duquel se dandine l'archet, et ses doigts glissent sur le manche avec une dextérité que tu ne lui aurais jamais crue. Elle, la perdue, la maladroite, l'égarée, la veule gamine, a semble-t-il toujours su jouer de cette instrument. Tout ce que tu sais d'elle éclate en milliers de morceaux qui sont autant d'harmoniques. Elle, si hésitante d'ordinaire et si timide, semble soudain plongée dans son élément, en parfaite union avec ce violon qui ne lui appartient même pas.

Passée la surprise, les danseurs commencent à se réveiller. Les danses traditionnelles irlandaises demeurant particulièrement techniques, certains s'écartent et regardent les plus doués se rapprocher les uns des autres. Ils se tiennent droits et fiers, seules leurs jambes bougent, et ils bondissent en parfaite harmonie.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Ven 10 Juil - 11:02



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Les paroles en italiques sont dites en français.


Les notes s'envolent et t'enveloppent, t'emportant dans un pays lointain, dans une époque oubliée de ta douce France. Les murs s'élèvent autour de toi, détruisent la place américaine et t'enferment dans tes plus lointains souvenirs. Les yeux clos, tu vois les tentures, les meubles anciens, les grandes fenêtres et les lourds rideaux. Tant de choses qui ont pris feu si rapidement entre tes doigts malsains.
La porte se ferme et te voilà seule avec ton instrument, adossée au grand piano, les paupières fermées pour mieux imaginer les danses enfiévrées, la chaleur et la sueur d'un sang qui n'aurait pas dû être tien. Un sourire vient éclairer ta folie tandis que les notes irlandaises s'échappent par delà la pièce et résonnent contre les murs de la grande maison. Tu sais, oh oui ! tu sais qu'il viendra, fulminant de rage, que le bruit se logera à l'intérieur de ses oreilles et qu'il te punira pour ton insolence. Tu le sais parce que c'est ce que tu souhaites, voir la rouge lui monter à la tête, ses yeux s'injecter de sang et sa gorge le brûler de trop crier. Il va te frapper, oui, comme toujours, mais il s'agit d'un moindre mal face à la jubilation de sentir son sang bouillir à l'intérieur de son crâne. Il te déteste, certes. Il semble, pourtant, qu'il ne te haïra jamais plus que tu ne le hais déjà. Et tu jouis de cette victoire sur lui.

Tu entends les pas dans le couloir et tu calques ta musique sur le rythme de ses enjambées furieuses. Il se stoppe et tu sais qu'il est plus furieux qu'en arrivant, prêt à détruire ta petite vie de ses grandes mains. Alors tu continues, fière, ce sourire toujours aux lèvres, tu attends ton châtiment.
La porte claque contre le mur, faisant vibrer la pièce et ton cœur qui saute et sursaute, au bord de l'implosion. Tes yeux s'ouvrent sur le visage sévère de ton paternel et tu retiens un rire en te mordant la lèvre. S'il savait comme tu aimes le tourmenter, comme tu as envie de le détruire. S'il savait qu'il a nourri cette haine et l'a laissé grandir jusqu'à son heure de gloire. Tu le tueras, oui, et tu crois qu'il l'a toujours su, au fond de lui.
Sa main se lève, les doigts bien serrés, le bras prêt à mettre dans son geste toute la force nécessaire pour que tu comprennes enfin. Tu connais ce coup, les flammes qui dansent au fond de ses pupilles. Il a agi pareil le jour où tu as osé lui demander s'il avait un jour aimé ta mère. C'est donc les sourcils froncés, prête à supporter la douleur, que tu fais face à sa colère. Et déjà la main s'abat sur ta joue dans un cri assourdissant.

Calypso !

Tu sursautes, ton bras tombant lourdement sur les cordes qui hurlent une affreuse note. Tu vois le propriétaire du violon qui se dresse d'un bond, la bouche entrouverte sur une plainte qu'il retient au fond de ta gorge. Dans ta maladresse, une corde s'est brisée, pendant inutilement au bout du manche.
Tu ne t'en inquiètes pas, pourtant, perdue dans la vision trop réelle, dans ce rêve éveillé qui a ranimé une affreuse douleur à l'intérieur de ton crâne. Ce n'est pas la gifle qui te perturbe, ni même le cri désespéré. C'est le feu qui a suivi, qui a transformé la violence en brûlure, le corps en cendres. Et le murmure, l'accusation qui a suivi. Catin.
Une main sur ta joue, tu sens la larme qui glisse entre tes doigts et se cache des regards indiscrets. Je l'ai tué. Certes, mais il n'est pas temps d'y penser. Déjà tu te réveilles, battant des paupières pour te concentrer sur la main qui agrippe ton poignet et réclame son instrument. Tu vois, cependant, dans les yeux du musicien des questions que tu voudrais fuir. Tu agis toujours sans penser aux conséquences, comme la plus idiote des mères.
Mais alors que tu pensais lui échapper en vaines excuses, il referme plus fort ses doigts sur ta peau et demande, le regard brillant, où tu as appris à jouer ainsi. Est-ce si suspect de porter un violon contre son cœur, comme le plus agréable rire d'enfant ?
Il te semble pourtant avoir été mise en garde sur le temps qui a coulé sans t'atteindre, aussi plaques-tu un doigt sur tes lèvres pour garder ton « secret » derrière ce petit mot français.

Tu entends le soupir du musicien quand tu t'éloignes, heureuse de disparaître de cette place et des instruments. Tu ne veux plus faire face aux souvenirs, aux cauchemars du passé. L'alcool devrait t'aider à oublier, non ?
Bondissant devant Loon, tu souris à pleines dents et attrapes ses doigts pour tirer sur son bras avec impatience. Les questions fuseront aussi de ce côté-là, n'est-ce pas ? C'est presque inévitable. Tu n'as pas touché un seul violon, ni même un piano, devant ton ami. Comment pourrait-il rester silencieux ? Toi-même, dans cette situation, tu ne saurais pas retenir ta langue, n'est-ce pas ?

Tu veux boire, non ? Allons-y ! Tu tournes la tête de droite à gauche, dans l'espoir de voir un bar à l'abri du regard des musiciens. Par là !

Raffermissant ta prise sur sa main, tu attrapes la veste que Loon a retiré plus tôt et n'attends pas son accord pour t'élancer dans une rue jusqu'à l'endroit tant désiré : une terrasse calme et discrète. A peine arrivée, déjà assise, tu t'éventes le cou avec ta main, les yeux fermés sur tes prochains mots. Tant qu'à en venir à ce sujet, autant le lancer toi-même, non ?

Aaah… j'ai cru qu'il ne me laisserait jamais partir et qu'il me ferait payer. Les lèvres pincées et les sourcils froncés, tu feins de bouder. Ce n'est qu'une corde, pourtant. Si radin… Les yeux soudain lumineux, tu te penches au dessus de la petite table pour mieux entendre la réponse qu'il aura à te donner. Hé ! Les gens ont dansé ? Ils étaient contents ?

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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Ven 10 Juil - 13:17

Appuyé sur le petit muret où s'étalent toutes les vestes laissées par les danseurs et les spectateurs, tu regardes, émerveillé, le spectacle des danseurs qui serpentent comme des esprits en transe au son de la musique de la nymphe. C'est une scène surréaliste qui se déroule devant tes yeux ébahis, une scène de conte, une scène hors du temps. Tes paumes appuyées sur la pierre fraîche, tu laisses des doigts battre la mesure comme le veut ton inconscient musicien. Ta tête se balance légèrement au rythme des ondulations de l'archet. Autour de toi, des murmures s'élèvent en ovations respectueuses. Lorsque quelqu'un remarque ton regard lumineux dans sa direction ; il te demande si tu la connais, ce à quoi tu réponds par la positive emplie de fierté. Vient alors la question inévitable de savoir si tu sors avec elle.

« Qui sait. » déclares-tu d'un ton énigmatique.

Evidemment que ce n'est pas le cas. Si tu étais attiré par les femmes, nul doute que tu serais tombé sous le charme fragile et délicat de cette poupée de porcelaine transportée d'une musique poétique. Mais toute idylle est impossible avec un Skinchanger ; tu n'oses pas t'approcher trop près d'elle de peur que son sorcier, dans un accès de possessivité, ne te tombe dessus. Soudain, la musique s'arrête, le sortilège est rompu. Tu fronces les sourcils quand tu vois l'un des musiciens saisir le poignet de la demoiselle...qui finalement lui rend l'instrument. Les yeux brillants d'une énergie nouvelle, Calypso te cherche dans la foule et s'approche de toi en acceptant ta demande de prendre un verre. C'est alors que sa timidité maladive reprend le dessus et que, saisissant d'une main ta veste, de l'autre ton bras, elle t'entraîne hors de la place.

Vous gagnez une ruelle adjacente, à l'ombre et au calme, à la terrasse de laquelle Calypso s'installe. Prenant place en face d'elle, tu éprouves l'irrésistible envie de fumer, ma sa réaction de tout à l'heure te bloque et tu te contentes de plonger tes mains dans tes poches, les yeux encore lumineux de sa prestation.

« C'était génial, tout le monde a adoré ! Tu devrais jouer plus souvent ! Je ne savais pas que tu étais si douée en musique, peut-être que tu pourrais faire une petite démonstration au Old Absinthe ? C'est comme si toute ta timidité s'envolait, c'est magnifique. »

Ta main se déplace pour saisir la sienne et en caresser le dos de la pulpe de tes doigts. Le charme de sa musique fait encore trembler tes membres de la même manière qu'une drogue aux vertus euphorisantes. Peut-être même que lorsque tu regagneras ton appartement, tu ressortiras ta basse de sa housse poussiéreuse pour en gratter les cordes détendues par l'inactivité. Un serveur sort sur la terrasse, un tablier autour des hanches, un plateau dans la main, prêt à prendre votre commande. Ta pression se raffermit légèrement sur les doigts de la jeune femme.

« Qu'est-ce que tu veux boire ? Je te l'offre. »

Tu lui dois bien ça.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Mar 14 Juil - 9:53



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Les paroles en italiques sont dites en français.


A peine les mots ont-ils échappé à tes lèvres que tu les regrettes déjà, reprenant calmement ta place au fond du siège, l'air pensif. Tu ne dois pas t'y intéresser. Tu voudrais t'en convaincre, en tout cas. Tu as passé tant d'années à espérer qu'un jour une scène s'ouvrirait sous tes pieds, qu'un public serait là pour t'écouter. Puis tu as cessé de rêver et tu as tout quitté, tu as tout brûlé. Tu as juré de ne plus jamais jouer, de ne plus te laisser tenter par les souvenirs d'une famille dépouillée, dépravée, détestée. Tu as juré, Mère, mais tu n'as rien respecté, tu t'es laissée emporter, oubliant quelle folle tu as toujours été. Jusqu'à ce que la réalité te rattrape et te plaque au sol.
Tu pourrais essayer de te convaincre qu'il n'y a rien de grave, que ta vie n'était pas si étrange, au final. Tu pourrais essayer de croire que tu as simplement oublié les bonnes choses du passé. Tu pourrais, oui, comme tu pourrais faire croire à un sourd qu'il est aveugle. Ca n'a de sens que dans l'impossible. Tu sais ce qu'il en est, ce qui s'est passé toutes ces années. Tu sais que tu n'as rien oublié, que ça n'a simplement jamais existé. Il n'y a eu que du mal dans cette prison de luxe et, pourtant, tu ne leur en veux presque plus. Ils ont payé, certes, mais tu te tentes à croire que rien ne serait arrivé si tu n'avais pas agi. Alors tu ne sais plus que penser.
Tu t'es enfuie et tu as vécu ta misérable vie entre les bras de tant d'hommes différents que ça en serait presque indécent, même pour une putain. Puis tu as rencontré le Diable, tu as enfanté un ange, et alors que tout aurait pu être si parfait, ils t'ont laissée tomber. Tu t'es perdue et l'on t'a jetée dans les bras du monde, plus égarée et vulnérable que jamais. En l'espace de quelques années, tu as réussi à tuer les seules personnes que tu as jamais aimées, au même titre que celles que tu as toujours détestées.
Et si tu étais restée ? Si tu avais joué les gentilles filles, cessé d'importuner un père, d'affronter les frères et les sœurs. Si tu avais ri avec les serviteurs plutôt que d'en faire pleurer. Que se serait-il passé ? Un mariage forcé, avec un mari moyen, des gosses aux creux de tes bras jusqu'à ce que tu en sois épuisée. Une vie de rêve, dit-on, pour une fille née d'une seule bonne moitié. Une vie sans péripétie, sans mort donnée volontairement, une vie qui suit les ravages du temps sans les contrer.
Une vie de merde, aurais-tu dit.

Timidité ? Tu reprends tes esprits sur les derniers mots de ton ami. Tu papillonnes des yeux un instant, prête à exploser de rire si tu n'étais pas à ce point troublée. Elle ne doit pas mettre longtemps à s'envoler... si elle ne vole pas déjà.

Tu choisis d'ignorer, purement et simplement, l'invitation à jouer. Tu ne dois plus toucher de violon comme les Irlandais caressent les leurs. Tu ne dois plus admirer de piano. Et, surtout, tu ne veux pas comprendre que plus de deux cents années t'ont rouillée. Tu n'es déjà que trop perdue entre les mondes pour te laisser tenter. Une note de plus et les morts finiront bien par te hanter.
Sa main sur la tienne finit de te réveiller totalement et tu poses tes yeux dans les siens, comme pour sonder l'intérieur de son crâne alors que tu t'échappes exactement dans le sens inverse. Dans le tien, tu revois les lanternes rouges au-dessus des portes, les serveuses à l'agréable décolleté et les travailleuses au sourire figé. Ce simple geste, ces doigts sur le dos de ta main, est bien plus innocent que le moindre mouvement de ton corps à l'époque. Tu te ferais presque vomir si tu ne te souvenais pas à quel point le monde était amusant du haut du balcon… et à quel point ton sorcier aurait pu s'énerver du moindre regard échangé avec un autre que le sien.

Tu sursautes lorsque les doigts de Loon serre plus fort les tiens, quittant tes pensées sous le regard étrange du serveur. Je crois, Mère, qu'il est temps pour toi de t'éclipser. Tu n'es bonne à rien, qu'à penser au passé, aux malheurs et aux joies que tu as endurés. Tu te perds et tu n'es pas de bonne compagnie. Retourne donc te terrer dans la maison de Père. Vous vous reverrez quand tu seras plus apte à parler.

Désolée Loon, je crois que je n'ai pas soif finalement. Tu lances un regard noir au serveur qui voulait s'interposer. Pourquoi faut-il que le monde parle français ? Je n'ai pas joué depuis très longtemps et ça m'a un peu… remuée. Je crois que je ferais mieux de rentrer. Sans crier gare, tu attrapes le poignet du serveur pour amener sa monstre à tes yeux.  Il est déjà cette heure ! Si je ne me dépêche pas, je vais me faire taper sur les doigts, haha !

Coupant court à ton rire, tu te lèves déjà, sans oublier de récupérer ta main. Peut-être que ta fausse joie le trompera, peut-être pas. Qu'est-ce que ça change, au final ?

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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Mar 14 Juil - 11:16

Interloqué, tu regardes successivement le serveur, puis Calypso, puis le serveur.

« Comme tu voudras, c'est vrai que pour toi il se fait tard. »

Tu t'excuses auprès du serveur avant de te laisser emporter par la jeune femme qui s'est levée comme un courant d'air avant de battre le pavé de ses pieds agiles. On dirait qu'elle vole, comme une nymphe, comme un rêve qui doucement s'éteint, comme Cendrillon, entourée de ses charmes qui doit rentrer avant minuit sous peine de se retrouver à écraser une citrouille plutôt que de reposer dans un carrosse. Au dessus de vous, le jour s'éteint, le vitrail du soleil s'est fracassé contre les collines et se saigne à l'horizon dans des teintes roses et oranges. C'est presque irréel. Les étoiles ne tardent pas à poindre : Calypso va-t-elle se défaire de son apparence charmante à la tombée de la nuit ? Va-t-elle devenir un monstre et te dévorer ?
Non, vous savez tous deux qui va vous dévorer si elle ne rentre pas tout de suite.

Le rire de la jeune femme s'évanouit dans les airs en même temps que ton sourire, car cette luminosité défaillante qui disparaît en petites lueurs dans les lampadaires qui s'allument progressivement appelle à la terreur et à la mélancolie. Comme les adolescents, cette jeune femme sans âge a droit au couvre feu de celui qui l'a créée et qui la couve comme si elle était un œuf précieux qu'il ne fallait pas briser. Elle semble pourtant si forte, t’entraînant par le bras avant de battre les pavés en direction du quartier est, vers ce café que vous avez quitté, comme si elle referme doucement le livre de votre escapade, qu'elle cache d'un voile souriant ce que vous venez de vivre, revenant au point de départ, fermant la brèche du temps, comme si tout cela n'avait jamais existé.

Tu finis par la lâcher, incapable de soutenir la cadence qui met à terre tous les préjugés sur les femmes. Elle qui paraît si fragile semble soudain si légère qu'un chat aux longues et jeunes foulées. C'est complètement essoufflé que tu parviens au Old Absinthe, le cœur battant, les mains sur les genoux.

« J'avais oublié comme tu étais sportive ! »

Pantelant, tu te redresses, désignant la rue adjacente qui mène chez toi et qui s'assombrit dans le jour déclinant.

« Je t'abandonne ici alors. Bonne soirée Calypso. »

Tu aimerais lui serrer la main, la serrer dans tes bras, l'embrasser. Mais les murs ont des oreilles, le pavé a des yeux et dans le noir on vous observe. Alors tu te contentes d'un signe de la main, qui rabat sur vos yeux les paupières de cet instant hors du temps.
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MessageSujet: Re: Kingsman [Calypso]   Sam 18 Juil - 9:26



Kingsman.

(pv) Loon W. Zwitter


~

Les paroles en italiques sont dites en français.


C'est vrai que pour toi il se fait tard. Tes yeux trouvent les siens sans y déceler ce qui pourra t'aider à comprendre le sous-entendu. Pour toi ? Pourquoi se ferait-il plus tard pour toi que pour lui ? Tu as bafoué le temps une fois, Mère, mais tu es maintenant en phase avec le monde et tu vis au même rythme que chacun. Alors tu ne cernes pas la notion, le sens de la phrase, et tu butes dessus comme une idiote. N'est-ce pas tard pour nous deux ? Réfléchis bien.
L'ombre de ton sorcier envahit soudain ton esprit et tu sembles comprendre une partie de l'incompris. Tu dois rentrer parce que l'on t'attend, parce qu'il enragera de te savoir en retard, de te savoir sortie sans l'avoir prévenu, de te savoir avec un autre que lui. Peut-être, alors, n'est-ce pas si mal de rentrer au plus vite, sans avoir bu. Il sera plus clément et toi moins têtue. Peut-être que vous vous pardonnerez votre débilité, cette fois-ci.

Et c'est perdue dans tes pensées, dans des possibilités d'avenir, des suppositions de mots, que tu avances rapidement, tirant Loon derrière toi sans ménagement. Vous allez vous disputer, encore, comme toujours. S'il n'engage pas cette confrontation, alors tu feras le dernier pas, tu le provoqueras, jusqu'à ce qu'il craque. Puis vous vous aimerez, oui, parce que vous ne savez faire que ça. Parce que vous êtes perdus si ce n'est pas le cas. Parce que toi sans lui et lui sans toi, vous n'êtes rien, seuls, incapables de survivre. Ou du moins veux-tu le croire car tu sais que la solitude te tuera. Lui… il a toujours été plus fort que toi.
Sa main glisse de la sienne et tu pivotes, remarquant d'un œil critique le souffle court de Loon. Es-tu allée trop vite ? Tu ne t'en es pas rendue compte. Ou est-ce la cigarette qui a déjà détruit ses poumons ? Tu ne sais pas mais tu ne comprends pas qu'on puisse détériorer son corps volontairement, aussi concentres-tu ton attention sur les bâtiments.
Le Old Absinthe House se dresse tout à côté de toi, te défiant d'y entrer pour vider des bouteilles que tu auras payées, pour y passer la nuit loin de ton sorcier. Tu ne peux pas, pourtant, tu as besoin de rentrer, et tu sais que si Loon ne t'avait pas arrêtée, tu l'aurais mené droit où il ne faut pas. Directement dans la gueule du loup.

Je suis désolée, Loon.

D'être allée trop vite, de t'avoir presque tué. Hm… d'avoir gâché sa soirée ? Avoue-le, Mère, tu as complètement pété l'ambiance avec tes pensées obscurs et ton passé inutile. S'il n'y avait pas eu ce violon, tu aurais simplement bu, dansé comme un ver hors de terre et ri comme une damnée pour oublier de réfléchir. Tu en aurais mis Père de côté, pour quelques heures, pour t'amuser. N'est-ce pas ce que tu fais tous les soirs ? Boire, danser, rire, crier, oublier. Tu es si misérable, Calypso.

Promis, la prochaine fois, je ne gênerai pas, on s'amusera. Prends soin de toi.

Et la prochaine fois, tu resteras loin de la France, de l'Irlande, des violons et des pianos de ton enfance. Tu resteras confinée dans tes bars bourrins, à remuer sur une musique incompréhensible. Tu resteras sur l'alcool, à contempler ses reflets, ses bienfaits. Tu te perdras dans les mondes, les temps, dans tes vies différentes. Et que dira-t-il, ce petit oiseau, lorsqu'il comprendra quelle femme tu as été ? Une putain, rien de moins, car il n'y a pas moins.
Frissonnant sous la lune qui menace de se remplir dans les prochains jours, tu contemples un instant les derniers rayons de soleil qui embrasent le ciel et te décides finalement à partir. Un signe de la main et un sourire, c'est tout ce que tu oses lui offrir avant de détaler au plus vite, loin des rues menaçantes de la Nouvelle-Orléans. Il finira par comprendre, oui, et alors il te fuira, lui aussi.

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