AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 It's your fuckin' Nightmare [Aimée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Dim 14 Juin - 20:51

Can't wake up and sweat
'Cause it ain't over yet
Still dancin' with your demons
Victim of your own creation

Nightmare- A7X


Serrant les dents, tu lèves la tête en arrière, terrassé par la sensation qui te traverse de parts en parts. Derrière tes paupières scintillent des lumières blanches. Un véritable feu d'artifice explose dans ton crâne et te déchire aux quatre coins de la cabine. Tes jambes vacillent mais tiennent bon, ce qui ne t'empêche pas de basculer légèrement en avant, ton crâne heurtant la paroi de contre-plaqué séparant les différentes cuvettes. Le souffle court, tu reprends tes esprits, soupirant à travers tes lèvres sèches. Tu halètes aussi discrètement que possible, les sens en alerte et les poumons serrés de ne pouvoir te lâcher complètement. L'une de tes mains se lève et vient s'appuyer contre la paroi comme pour te soutenir ; pourtant tu ne pourras te raccrocher à rien si tes genoux venaient à fléchir. L'oreille tendue, tu analyses ton environnement sonore. Apparemment, personne ne se manifeste. Redescendant de ton nuage, tu retires ta seconde main et te rhabilles.

Tu déverrouilles la porte de ta cabine et traverse les toilettes jusqu'aux lavabos où tu te rinces les mains, la tête dans le brouillard. D'un air distrait, tu lèves les yeux sur ton reflet dans le miroir mural et considère ta condition stupide. Réduit à se branler les toilettes, putain, ton existence est vraiment craignos, mon gars, songes-tu avec dépit.
L'eau s'arrête automatiquement. Tu balances tes poignets en avant, doigts écartés, comme si tu jetais un sort au lavabo, pour essorer sommairement tes mains que tu essuies finalement sur la pièce de jean qui recouvre tes cuisses. Au dessus de toi, la musique s'est arrêtée. Il est tard, le Little Darlings ne vas pas tarder à fermer ; il est temps de rentrer.

C'est tout naturellement que tu sors des toilettes, les mains dans les poches, et que tu t'extirpes finalement du bâtiment qui s'endort. Aucune brise pour te fouetter le visage, ce soir, c'est la lourdeur de la nuit recouverte de nuages épais qui t'accueille. Rentrant machinalement ton menton entre tes épaules comme s'il faisait froid, tu te diriges d'un pas rapide jusqu'à la station de métro dont le dernier ne pas certainement pas tarder à passer. Une promenade nocturne ne te ferait certainement pas de mal – rien n'est jamais bien loin quand on a de la musique dans les oreilles – mais c'est un des rares soirs où tu n'es strictement pas d'humeur.

La luminosité descend progressivement. Des effluves d'urine, d'alcool et de tabac froid agressent tes narines et te font plisser le nez. Le plus surprenant est que tu t'y habitues très vite et atteins finalement le quai. Tu sors enfin ta tête de tes épaules malgré l'ambiance froide qui règne dans le lieu pour observer l'écran numérique indiquant le prochain passage du métro. Tu soupires intérieurement : une demie heure. A quoi tu t'attendais de toute façon à cette heure là... ?

Sortant ton petit baladeur, tu démêles les écouteurs avant de les enfoncer dans tes oreilles. Tu allumes l'appareil et poses tes fesses sur le premier banc venu. La tête de nouveau appuyée contre le mur, tu fermes les yeux, divaguant dans ton univers.
Jusqu'à ce qu'une main se pose sur ton épaule.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Dim 14 Juin - 22:31



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

Une journée de merdre, comme les autres. Je les enfilais depuis un moment déjà. Toujours la même histoire, la même routine, j’avais du mal à fournir assez d’argent pour vivre, j’avais du mal à trouver comment m’adapter et au final, j’y arrivais de peine, sans savoir comment. Ensuite, quand j’étais certaine de m’en sortir – et même si je ne l’étais pas- je sortais m’éclater. Ce soir, c’était ce genre de soir. Je m’étais levé tard, comme à mon habitude. Je m’étais surprise à apprécier le fait de dormir, c’était reposant et en prime, pas besoin de réfléchir pendant ce temps. Le sommeil, c’était récréatif et ça ne coutait rien.

Une fois levé, j’avais chassé à manger, l’endroit était vide, comme d’habitude, du coup, j’avais grignoté des céréales sans lait. Moi et les courses, ça faisait trois de toute évidence. Ensuite, avec la musique à fond, j’avais pris le temps de me doucher, m’habiller, me préparer. J’avais besoin de ce moment pour me sentir revivre. Pouvoir, à la fin de tout ça, me regarder dans la glace froide de ma salle de bain et me rappeler que je n’étais pas moche, que j’étais même plutôt bien quand on en oubliait ma personnalité de merde. Ouais, je m’assume, c’est déjà ça de gagné.

J’avais marché un moment avant de viser un endroit au hasard, le… little darling? Ça sonnait bien. Alors j’y étais entrée. La musique me faisait vibré comme à mon habitude, alors j’avais dansé, j’adorais le faire, je le ferais surement tant que mes jambes me soutiendrais. L’alcool  fit un bien fou, j’adorais le premier verre de la soirée. Les autres aussi, je ne faisais pas de jaloux, mais le premier était toujours particulièrement agréable. J’aimais bien le principe de mes soirées, j’entrais, je dansais, je flirtais, je me faisais payer un verre et je passais au suivant. Pas de nom, pas d’attache, rien. Parfois, pour ceux qui vivait d’espoir, un regard noir, un simple «  ça va pas marcher » et puis plus rien. Il n’existait plus dans mon monde, j’espérais ne plus exister dans le sien. Ensuite, je retournais danser, je n’allais pas perdre mon temps avec des gens. Ensuite, encore un verre, un autre et plus je m’en enfilais, plus la soirée en devenait agréable.

C’est avec la tête dans le brouillard que j’étais sortie de l’endroit. L’air extérieur me fit du bien. Elle n’était pas aussi fraiche que je l’aurais espérée, mais c’était déjà moins étouffant qu’à l’intérieur. Un pied devant l’autre, j’avais commencé à marcher doucement. Pour ce soir, mes talons hauts semblaient franchement trop hauts pour la marche qui m’attendait, alors j’avais simplement décidé de prendre le métro. Du moins, métro c’était vite dit, c’était plus un tramway nouveau genre ou un truc du genre. C’était plus près comme ça et j’avais l’argent, du moins… je l’avais limite, au pire j’allais m’arranger. Je m’arrangeais toujours. Je m’étais donc rendue sur le quai et après un bref regard, j’avais vu un banc presque vide. Ouais, presque parce qu’il y avait une personne, donc ce n’était pas totalement vide, mais il ne comptait pas pour beaucoup, non? Bref, j’avais replacé cette vilaine robe qui avait tendance à remonter quand je marchais trop pour finalement me diriger vers le banc. Avant de m’assoir, j’avais quand même eu la présence d’esprit de regarder combien de temps et les 26 minutes d’attente me déprimait. Je m’étais finalement arrêtée pour retirer mes talons, ouais, pour 26 minutes d’attente je n’allais pas m’en priver. Une fois mes talons près de moi et moi assise sur le banc, je pouvais me reposer un peu. La tête appuyer contre le mur, les yeux fermées et la… musique légèrement agaçante qui provenait de monsieur. Non mais, elle n’était pas mauvaise, loin de là. Juste qu’elle était trop forte pour que je ne l’entende pas et pas assez forte pour que je sache ce que c’était. Du coup, mon cerveau cherchait tout seul comme un con, même s’il n’avait pas toutes ses chances. La question était maintenant… est-ce que j’osais? Ouais, pourquoi pas. Alors j’avais déposé ma main sur son épaule pour attirer son attention. Ouais, lui tirer les écouteurs n’aurait pas été poli, je m’améliorais avec le temps.

-Ça va te paraitre bizarre, mais… tu crois que tu peux augmenter le volume ou le diminuer? Parce que là, je joue à chercher la chanson sans assez entendre pour que ce soit productif.

J’avais conclu ma phrase avec un léger sourire joueur qui disait clairement : non, non, je ne suis pas chiante, je suis juste… moi. Bon d’accord, en vrai je l’étais surement, mais pour le moment, je tentais que ça ne paraisse pas. C’était le minimum quand on avait près d’une demi-heure à attendre le dernier tram quand même. Donc ouais, espérons qu’il était gentil celui-là, même si je doutais un peu quand même.

 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Dim 14 Juin - 23:04

La froideur et la finesse de la main transperce le tissu de ton tee-shirt comme s'il s'était agi d'un monstre. Ton cœur fait un bon dans ta poitrine et tu t'arraches avec vigueur de tes rêveries pour replonger brutalement dans la réalité pesante de la nuit. Tu ouvres les yeux, sorti d'un cauchemar, et inspire rapidement, à la limite du cri de stupeur. Le cœur battant la chamade, secouant ta cage thoracique, tu tournes la tête dans la direction que tu supposes être celle du propriétaire de cette main. Les mains moites, tu te cramponnes au banc. L'un de tes écouteurs s'échappe de ton oreille et glisse sur ton torse, où il pend mollement en hurlant son métal ultra-rythmé.

« Vous...m'avez fait peur... » bredouilles-tu.

Tu ne perds pas ton temps en explications de ton état complètement étrange par rapport à ton sourire ravageur et ton attitude solaire du quotidien. Tu n'arriverais pas à poser des mots sur l'état pesant, presque léthargique qui a régi toute ta journée et que tu espères voir disparaître avec les derniers rayons de lumière.
Les mots de la jeune femme traversent les différentes neurones, les différentes couches de ton cerveau, pour parvenir à l'hémisphère qui les interprète. Tu te sens comme un vieux windows qui freeze parce qu'il a deux fenêtres ouvertes. Cela semble mettre un temps si long que tu es à la limite de lui faire répéter. Quand soudainement, tout s'éclaire.

« Ah, euh. Oui. Tenez. Ca va peut-être pas vous plaire. » préviens-tu.

Ne voulant pas exploser vos tympans, tu choisis simplement de saisir l'écouteur fugueur pour le tendre à la jeune femme. L'écart entre les deux oreillettes demeurant étroit, tu te rapproches naturellement d'elle. Vos épaules se touchent. Tu sens son parfum, les mèches volages de ses longs cheveux d'un brun ondulé de princesse ténébreuse. Elle est belle, incontestablement. Sa robe remontée tutoie le cliché de la travailleuse du soir et ses pieds nus frôlant le sol crade la rendent soudainement plus fragile. Tu as soudain bizarrement peur de la briser avec ta musique de malade.
Vos peaux se touchent, s'effleurent rapidement tandis que tu lui laisses saisir l'instrument qui mettra faim à son supplice. Comme tu peux comprendre sa réaction, toi qui ne peut pas vivre sans musique et qui en associe une à la moindre parole entendue.

Entre tes lèvres se faufile le murmure qui porte les notes dissonante de cette chanson trop entendue. Tu connais chaque coup de cymbale, chaque inspiration du chanteur, chaque variation du solo. La durée même de la musique ne t'es pas inconnu, et les battements de ton cœur se synchronisent aussitôt à la musique qui bien que plus rapide que l’essoufflement provoquée par la surprise de tout à l'heure, semble te rasséréner. C'est comme si, malgré ses paroles sordides et la voix rauque du chanteur, la chanson rendait ce lieu moins effrayant. La faible chaleur dégagée par l'inconnue et sa simple présence à tes côtés te rassérènent. Toi qui déteste la solitude. Celle qui te rend de si mauvaise humeur.

« Vous aimez ? » demandes-tu alors que les derniers échos de la voix retentissent dans les méandres des vibrations des cymbales.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Dim 14 Juin - 23:59



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

J’avais donc fini par poser ma main sur l’épaule de l’inconnu, voulant lui demander un petit service si on veut. Je voulais sois entendre, sois ne plus entendre la musique, rien de plus et rien de moins. Pourtant, je n’avais pas déposé ma main bien fort sur son épaule, mais il avait sursauté comme jamais, disant finalement que je lui avais fait peur. Moi? Faire peur? C’était une première quand même. Genre, je ne croyais pas être bien effrayante de mon 1 mètre 68 et sans talon en prime, bref. Il avait réussi à me faire sourire, alors à sa remarque j’avais juste rajouté un :

-Merci, je vais le prendre comme un compliment.

Parce que valait mieux en rire qu’en pleurer et qu’au final… c’était marrant d’effrayer les gens. Surtout que je n’étais pas du genre très imposante. Je savais me défendre, mais en général ça surprenait. Je lui avais quand même demandé pour la musique et il avait mis un temps de dingue à capter. Genre, j’étais en train de me demander si je n’aurais pas eu plus d’effet en langage des signes ou en pictogrammes, pourtant je gardais mon petit sourire léger. J’avais fait une demande, le minimum c’était de rester sage et gentille. Pourtant, au bout d’un siècle et demi, il répondit finalement. C’est là que je réalisais un truc important, en plus de dire que je faisais peur, il me traitait de vieille. Parce que bon, il me vouvoyait. Genre, non? Pitié? Les gens trop polis ça fait peur. Bon d’accord, je sortais de prison, les gens polis je ne connaissais pas vraiment. Ouais, bon point. Il m’avait tendu l’écouteur, disant que je n’allais peut-être pas aimer. Ça, il n’y avait que moi pour le décidé.

-On verra bien.

Et j’avais mis l’écouteur. Je l’avais senti se rapprocher naturellement, mais c’était à cause du fil, pas la peine de le taper avec ma chaussure pour ça. Parce que ouais, un talon aiguille, ça pouvait faire des dommages, bref. L’écouteur mit, la musique déferlait dans mon oreille pour mon plus grand plaisir. Surtout qu’en fait, je la connaissais déjà cette chanson. Mes doigts, déposé sur le banc, pianotait au rythme de la chanson sans que je ne m’en rende vraiment compte. Je laissais mes pieds effleurer doucement le sol, sans trop les appuyer, les pauvres, il avait besoin de repos. Finalement, la chanson continua, je profitais jusqu’à ce qu’elle se termine d’elle-même. C’est là qu’il me parla pour me demander si j’aimais. Alors, je tournai mon regard clair vers lui, sourire aux lèvres.

-J’adore ça et je connaissais déjà. Alors ça va.

Je n’avais pas vraiment envie de lui rendre son écouteur, il n’avait pas fait encore de mouvement pour me le reprendre… alors tant que je pouvais profiter de sa musique, j’allais le faire. Pas que j’avais encore mille ans et ¼ à attendre. Ouais, même mes exagérations changeaient avec le temps. C’était génial la vie.

-Tu veux récupérer ton écouteur ou je peux le garder jusqu’à ce qu’on embarque?

Ça impliquerait ma présence pendant genre… près de 25 minutes, aussi bien ne pas le mentionner de peur de lui faire peur, encore. Parce que je savais très bien que ça pourrait lui faire peur! Il continuait de me vouvoyer. Bon d’accord, on allait régler ça maintenant.

-Oh et je te jure que je ne suis pas si vieille hein et je ne suis pas plusieurs, donc pas besoin de me vouvoyer comme ça.

Toujours avec ce sourire de la fille agréable qui veut garder l’écouteur pour ne pas mourir d’ennuie. Parce que oui, la nuit, à attendre, on pouvait clairement mourir d’ennui. Si ce n’était pas d’ennui, c’était d’une peur panique que quelqu’un  vous agresse a pas d’heure et sans témoin. Bon, en ce moment, il y avait des témoins, alors ça allait. En prime, ce n’était surement pas monsieur je te vouvoie même à pas d’heure qui allait m’agresser. En fait, au vu de nos personnalités, l’inverse serait surement plus vrai, mais… ça va, j’étais sage ce soir. Du moins, j’espère.  

 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Lun 15 Juin - 0:22

Haussement de sourcils. Rarissime de trouver quelqu'un dans ton entourage qui apprécie la même musique que toi et qui connaît ce que tu écoutes. Un sourire étire tes lèvres, le premier de la journée. La demoiselle vient de te procurer la chaleur d'un infime rayon de soleil dans cette nuit noire et pesante. Elle te demande même si elle peut garder l'écouteur.

« Oui, bien sûr, garde-le. Je ne te garantis pas que tu aimeras tout, mais au moins ça fait une occupation. »

Et vous demeurez ainsi serrés comme un couple de naufragés qui se tient chaud. La fatigue sort des ombres immobiles et grimpe sur tes genoux pour commencer à grignoter tes bras, peser sur tes épaules afin de les sentir s’affaisser doucement. Tes grandes mains fermes relâchent le banc alors que tu te détends. La musique reprend son cours, comme le temps, et continue à beugler dans les oreillettes, rappelant qui c'est le patron.
La demoiselle te fait remarquer que tu l'as vouvoyée. Nouveau haussement de sourcils. Tu n'as pas percuté. Il est particulièrement rare que tu vouvoies les gens.

« La mauvaise humeur et la fatigue m'ont rendu distant mais à te regarder, j'ai l'air plus vieux que toi, c'était pas méchant, t'inquiète pas. J'ai du mal à tutoyer les gens dont je ne connais pas le nom, comment tu t'appelles ? »

Tu te glisses dans les sillons de la conversation fraîchement lancée et en profites pour la détailler. Oui, elle a effectivement quelques années de moins que toi, même si les ombres émacient son visage déjà tiré par les rides des événements sans doute fâcheux qu'elle a vécus. Sa voix perce la pesanteur de la situation d'une clarté cristalline, contrastant avec la tension de sa peau et la finesse presque maladive de ses membres. Mais le plus impressionnant réside dans la lueur grise de ses yeux à l'éclat pourtant jeune. Comme si elle portait des décennies de vie sur les épaules.

« Moi c'est Loon. »

Bizarrement, tu sors tu surnom avant de présenter ton prénom d'usage. Peut-être parce que ton inconscient a pigé que les syllabes allemandes allaient te rendre d'une humeur bien pire. Une musique du même groupe succède à la précédente et même si tu la connais par cœur, elle aussi, tu restes silencieux. Une fois de plus, les battements de ton cœur se synchronisent à ce rythme nouveau et malgré la brutalité de la musique, agissent comme une berceuse. Un soupir s'échappe de tes lèvres et la fatigue s'assoit sur ton crâne qu'elle tente de faire basculer en avant.

« J'espère que t'as pas beaucoup de route à faire, avec une telle attente. » commentes-tu en jetant un nouveau regard vers le panneau numérique qui semble ralentir le temps.

Les bâtons rouges qui tracent les numéros se mélangent. Ta tête vacille et vient rencontrer l'épaule de la jeune femme tandis que vos épaules s'épousent comme des ventouses. Le sang pulse régulièrement du côté de ton oreille vide, boum-boum, boum-boum, les demi-secondes s'égrènent, lentement, et le temps se traîne, interminablement.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Lun 15 Juin - 2:26



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

Il avait l’air surprit de mes goûts musicaux et bien tant mieux, j’aimais bien surprendre. Surtout pour ce genre de chose. En prime, il avait souri, ça devait valoir des points supplémentaires ça. On n’allait quand même pas expliquer que souvent, en milieu carcéral, la meilleure façon de s’endormir était avec de la musique plein la tête et plus sa criait, moins on entendait les gens autour. J’en avais donc prit tranquillement l’habitude et c’était devenu une seconde nature pour moi. J’avais fait le tour de tout ce qui pouvait s’écouter et j’avais choisi mes préférés. Fallait avouer que j’avais du temps à revendre là-bas. Donc, l’inconnu, je lui avais finalement demandé si je pouvais garder l’écouteur et cette fois, la réaction se fit beaucoup plus rapidement. Donc, une fois qu’il était allumé, ça allait, il ne prenait plus trop de temps de réaction. En prime, je pouvais garder l’écouter, il n’était toujours pas certain que je puisse tout aimer, mais au moins ça me ferait un truc à faire.

-C’est gentil et faudrait que tu tombes dans de la musique de vieux pour que je n’aime pas. Non en fait… de vieille, parce que j’écoute aussi du vieux.

Non mais pour le coup, je le pensais vraiment que c’était gentil, alors le sourire qui venait avec la réplique, c’était un presque vrai. Oui bon, je faisais encore attention d’être gentille pour pouvoir garder l’écouteur, mais au final… un peu de socialisation ne me faisait pas de tort. Dit comme ça, c’est joli, jusqu’à ce qu’on se souvienne que sociabiliser est un terme qu’on utilise pour habituer les chiens à savoir en fréquenter d’autre. Bon d’accord, je m’assume, je savais mordre moi aussi. J’avais donc appuyer de nouveau ma tête contre le mur, en attendant de la musique revienne, me faisant légèrement sourire au passage. Il était près de moi, ou moi de lui, c’était du pareil au même au final et il sembla se détendre. Fallait juste pas qu’il s’endorme, mais si c’était le cas… j’avais juste à le réveiller quand le tram arrive. Faut voir comme je suis sage là, je n’ai même pas pensé lui voler un truc ou deux au passage. Bon d’accord, je viens de le faire, mais c’est pour dire que je ne le ferais pas! De toute façon… je n’avais pas vraiment de place dans cette robe pour cacher des objets dérobés. Oui bon d’accord, jeter le naturel et il revient au galop… ou un truc du genre. C’est plus ou moins là que j’avais décidé de lui mentionner que je n’étais ni vieille, ni plusieurs, donc le vouvoiement, c’était bizarre. Il était surprit. Non je reprends, il était encore surprit, parce que depuis le début de la rencontre, il n’était que ça hein! J’étais une pro de la surprise hein, triste que ça ne rapporte pas de l’argent pour payer mon loyer. Il c’était finalement excuser, mentionnant que la mauvaise humeur et la fatigue le rendait distant. Non mais, la distance, j’aimais bien hein, on était déjà assez proche comme ça. Juste que ça me donnait l’impression d’être une mémé pour de vrai. Donc, il en profitait même pour me demander mon nom. Oh, là sa posait problème, je n’aimais pas mon nom. Aimée, mais genre sérieusement? Je savais que ma mère m’aimait, mais pas besoin de l’écrire dans mon nom. En fait, mon nom voulait clairement dire : aimée loup, mais fallait être bilingue pour ça. Donc, aimée le loup bilingue, ça vous tente à vous? D’accord, je pardonne à ma mère, elle était sous l’adrénaline d’un accouchement, mais mon père n’avait aucune excuse de cautionné ça, voilà. Donc ouais, lui répondre.

-Je crois en effet que t’es plus vieux que moi, mais ça… ce n’est pas bien difficile. Et si c’est ça ta tête quand tu es de mauvaise humeur, je te jure que tu ne veux pas voir la mienne. Oh et pour mon nom, je l’aime pas trop, alors tu peux m’appeler Aim’ tout simplement.

C’était un peu con quand on pensait que Aim, ça voulait dire viser, viser un but, un objectif, des trucs dans le genre. Tandis que moi, je n’avais absolument aucun but à moyen ou à long terme. C’était triste la vie, ou pas. Je n’étais pas du genre à m’en plaindre. J’étais sorti de prison à cause d’une attaque de zombie, rendu à ce point… la vie m’avait assez aidé pour un moment.

-Et toi?

Parce que lui rendre la question était un minimum et que « l’inconnu » ça lui allait bien, mais ça prenait beaucoup plus de lettre que son nom, nom qu’il me donna finalement. Loon, c’était bien, c’était original.

-Loon? C’est ton prénom complet ou un surnom comme moi?

Parce que je me demandais bien de quelle origine sa pouvait provenir si c’était le prénom au complet. Il avait l’air fatigué le pauvre, pourtant il relançait la conversation. Il me souhaitait d’avoir peut à faire niveau route vu l’attente. Parce que c’est vrai que ça pouvait être long, mais ça m’allait.

-Non ça va, j’ai fait le chemin à pied à l’aller, juste que là… mes pieds se meurent. Alors j’ai laissé tomber l’idée de marcher et toi? T’en a pour longtemps?

Parce que bon, si oui et puisqu’il y avait des chances qu’on parte dans la même direction… je pouvais peut-être me glaner un peu plus de musique. Oui, oui, profiteuse un jour, profiteuse toujours, j’étais comme ça. On était toujours aussi près l’un de l’autre, comme si nos corps c’étaient habitués à la présence de l’autre. C’était agréable, même normal. J’aimais bien ne pas me sentir seule pendant ce moment d’attente, toujours de la musique plein la tête en prime. Il avait l’air d’être sur le point de s’endormir, la tête lourde. Sa me faisait sourire. Est-ce que je tentais de faire la conversation ou… je le laissais faire voir s’il était vraiment capable de s’endormir comme ça? Je ne savais pas trop. La question était surtout de savoir si j’avais envie d’être seule ou pas. Ce qui n’était encore pas très clair pour moi. Bon d’accord, on allait faire les deux, on allait voir et s’il s’endormait… j’allais le réveiller, ça me ferait un jeu amusant. J’espère du moins.
 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Lun 15 Juin - 12:32

« Tu es ouverte d'esprit, fais-tu remarquer avec un sourire. C'est agréable. »

Comment ça c'est pas bien difficile ? Parce que y'a moyen de sauter des années pour être soudainement plus vieux que les autres ? Tu l'observes, détaille sa morphologie. Son regard a quarante ans, son corps moitié moins. Elle pourrait être une petite sœur.

« J'ai vingt-huit ans, informes-tu. Et je n'aime pas les gens de mauvaise humeur, parce que très souvent ceux qui le sont essaient de trouver une manière virile de cacher leur tristesse. Alors j'essaie de l'être le moins possible. C'est fatiguant d'être en colère. Quand on est de bonne humeur, on rêve même éveillé, alors c'est un peu comme si on ne dormait jamais. »

La nouvelle chanson s'évanouit dans le volume agonisant, modifié au mixage. Tu ne supportes pas quand les chansons finissent ainsi, en plein milieu d'un refrain, ça donne l'impression qu'elles ne sont pas terminées et que les musiciens ont eu la flemme de trouver une fin décente : lorsqu'ils jouent en concert, ils terminent, non ? Ils ne s'arrêtent pas en plein milieu ? Alors pourquoi ne pas le faire d'ores et déjà en studio ? Une autre chanson lui succède, aléatoirement comme le veut la programmation de ton minuscule Ipod accroché au côté gauche de ton débardeur, comme une puce au cœur. C'est Mercy, de Muse, dont le riff principal commence à s'y méprendre à celui de Starlight, composée pourtant des années en arrière. Les powerchords qui se baladent évoquent des airs de punk, des airs d'adolescence. Les accords majeurs titillent le paradoxe des paroles, mélancoliques et plaintives. Ces paroles, tu ne les murmures pas non plus, elles ne te correspondent pas.

« C'est un surnom, mais ce n'est pas un diminutif. C'est une déformation d'un mot français qu'utilisait souvent ma mère pour me qualifier. J'aime bien mon prénom, mais ses sonorités allemandes sont trop brutales et ne représentent pas vraiment ce que je suis. Alors au travail, j'utilise l'identité qu'on m'a donnée, et avec les gens, j'utilise celle que j'ai choisi. »

Rares sont ceux qui connaissent les deux, et donc qui te connaissent en totalité. Car pour comprendre les deux prénoms, il faut comprendre toute ton histoire.

« Aim', d'accord. C'est joli, et c'est facile à prononcer. C'est comme si on était deux potes. »

En général donner un surnom à quelqu'un est synonyme d'intimité. Partager un écouteur et se serrer dans la nuit pesante sont d'autres exemples. Se rapprocher si rapidement des gens est dans tes habitudes, cela n'a rien d'étrange mais peut-être que tu vas rapidement faire flipper Aim', qui pour l'instant est bien docile. Tes yeux glissent sur les chaussures abandonnées à terre tandis qu'elle te confie être arrivée à pied jusqu'ici.

« Ah, tu sors de soirée ? Non, je n'en ai pas pour longtemps. J'habite dans le quartier Est, je dois avoir à tout casser cinq minutes de marche à partir de la station. Je pourrais tout aussi bien finir à pied, comme j'en ai l'habitude, après tout il n'y a que quarante minutes de marche, ça n'est rien quand on a de la musique dans les oreilles. Mais j'ai la flemme. »

Tu étouffes un bâillement, avant de porter machinalement la main à ta poche ; voilà ce qui va te réveiller.

« Ca te dérange si je fume ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Lun 15 Juin - 23:28



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

-L’ouverture d’esprit, c’est quelque chose qui s’apprend facilement quand on prend le temps.

C’est pas bien difficile d’être plus vieux que moi, parce que je me tenais toujours dans des endroits pas toujours de mon âge. Genre, j’avais à peine 21 ans et je sortais toujours. Bon d’accord, en même temps… j’en avais 15 et je suivais mes frères partout avec de très jolies fausses cartes et beaucoup de persuasion. Du coup, j’étais habituée de toujours être la plus jeune. En même temps, prison pour mineure, assassinat à 16 ans… je faisais aussi dans le fort en fait et j’étais dans les plus jeunes à ce niveau aussi. Parce que ouais, même si le premier avait été de la légitime défense… le deuxième pas vraiment. Ouais, on change de sujet, c’était vachement déprimant et j’étais sortie pour ne pas y penser en fait. Il rajoutait qu’il avait 28 ans, ah bah, ce n’était pas si mal finalement. Continuant et disant qu’il n’aimait pas les gens de mauvaises humeurs, parce que sa cherchait des manières viriles de cacher leur tristesse. Une manière virile hein? Y a des tonnes de façons de cacher de la tristesse, la colère c’est le mieux, mais… je ne suis pas plus virile quand je le fais. Est-ce que ça voulait dire que j’étais une femme vraiment virile? Peut-être. Bah, ça m’allait au fond. Donc lui, il essayait le moins possible d’être viril, ou en colère? J’avais du mal à suivre là, accuser la fatigue. Il trouvait ça fatiguant d’être en colère, il préférait être de bonne humeur, le rêve éveillé, tout ça. Donc, le mec, il était du genre positivisme et optimiste… c’était… troublant un peu quand même. Je ne l’aurais pas imaginé comme ça. Malgré qu’il avait quand même un peu la tête de l’emploi, quand on fermait les yeux… ou qu’on regardait ailleurs.

-Je sais pas, je suis rarement en colère, mais je suis rarement de très bonne humeur. C’est pas simple.

J’avais haussé vaguement les épaules, regardant devant moi. Un peu de sincérité ne faisait peut-être pas de mal, mais c’était bizarre au fond. Je n’avais qu’à pas recommencer et puis voilà. Bon en même temps… c’était un inconnu, je n’allais pas le revoir donc… pourquoi pas? Je sais pas trop, on verra bien. La musique continuait, encore et toujours. C’était bien, je reconnaissais ou découvrais chaque morceau, mais rien ne me dégoutait. En même temps, il en aurait fallu beaucoup pour me dégouter. Je connaissais bien la prochaine chanson, Mercy de Muse, mes lèvres formaient les paroles de je pouvais chanter à tue-tête dans le confort de mon appartement, au grand désagrément de mes voisins. Pourtant, assise sur ce banc, j’étais sage. Je pianotais avec mes doigts au rythme de la musique et mes lèvres formaient les paroles sans bruit, sans plus. Ensuite, il se présenta et je demandais plus d’information, j’étais comme ça parfois, quand les gens m’intéressaient et Loon était intéressant. Donc, c’était une déformation d’un mot français. J’avais beau chercher ce que pouvait être le mot, mon français n’était pas assez top pour que je trouve. Du moins, je croyais. Rien ne m’empêchait de chercher quand même! Pour son prénom, il était allemand, donc les sonorités ne lui plaisaient pas. Donc, au boulot, il était son prénom et hors du boulot il était Loon? Ça pouvait être une façon de faire. Mais c’était quoi le mot! Pourquoi je le savais pas. Non, je n’allais pas lui demander. Un jour, peut-être. Bref!

-J’aime bien l’allemand pourtant, le français aussi. Mon prénom est français, donc tout le monde l’écorche, c’est pour ça que je donne un diminutif. C’est moins compliqué.

Il ne m’avait pas donné plus d’explication, alors je n’allais pas lui en donner non plus, le flou… c’était du donnant-donnant. Pourtant, j’aimais plus l’Allemand que le français. C’était bien l’Allemand, j’aimais les sonorités, même si c’était vrai que ça donnait une espèce de brutalité sauvage au mot, mais… ça n’avait jamais été pour me déplaire. Donc, je lui avais donné mon diminutif, il trouvait que c’était comme si on était deux potes. Déjà, on y était avec les surnoms. C’était pas si mal. J’avais la capacité de sociabilisé! C’était bien, je n’avais pas trop perdu la main. Ensuite, je lui avais dit que non, je n’habitais pas bien loin, que j’étais venue à pied, mais que j’allais repartir en Tram, parce que la vie et aussi parce que mes pieds souffraient. Voilà, être une femme c’était pratique… jusqu’à un certain point. Il me demandait donc si je sortais de soirée, que lui n’en avait pas pour longtemps. Qu’il habitait dans le quartier Est et qu’il était à 5 minutes de la station, mais la flemme. Attendre 30 minutes au lieu d’en marcher 40, c’était mieux. Bon d’accord, en temps ça revenait au même à 5 minutes près.

-Je te comprends. Attendre, c’est pas plus mal et oui, j’étais en soirée pas trop loin d’ici. Au little je sais plus quoi. C’était bien.

Parce que s’il attendait, j’avais de la musique. Donc… ce n’était pas plus mal pour moi. Pour lui… il devait m’endurer, mais j’étais sage! Alors, ce n’était pas plus mal pour lui. Je jouais doucement sur le sol avec le bout de mes orteils, j’aimais bien la fraicheur et j’aimais surtout avoir un truc à faire. Rester en place, ce n’était pas trop mon fort, pas depuis ma nouvelle liberté. Il avait bougé, mais pas assez pour mettre de la distance entre nous, ni de tirer l’écouteur par le fait même. Il était agréable Loon. Il me demandait même si ça me dérangeait qu’il fume.

-Pas de problème, vas-y.

Je n’étais pas la bonne personne pour interdire quoique ce soit. En général, j’étais clean, je n’avais pas l’argent requis pour ne pas l’être, mais… je ne me privais de rien quand c’était gratuit. J’aimais bien les trucs gratuits en fait. La musique dans mes oreilles me plaisait, c’était bien. Le temps passait tranquillement, mais pour une fois… ça ne me dérangeait pas. Il était bien Loon.

-Si tu pouvais écouter qu’une seule chanson en boucle, toute ta vie, ça serait laquelle?

J’avais tourné mon regard joueur vers lui. Je les avais les questions moi quand même, mais on s’en fichait, ça meublait la conversation et je ne savais peut-être rien de lui, mais j’allais savoir au minimum ses goût musicaux et peut-être même sa chanson préférée.
 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Mar 16 Juin - 8:36

La philosophie d'Aim' laisse penser qu'elle traîne derrière elle un vécu, sinon douloureux, d'un certain poids. Une philosophie bien mature pour une femme de vingt-et-un ans. Pour avoir fait des études de génétique tu sais que l'identité d'une personne ne se détermine pas à ses chromosomes. L'identité ne se définit pas : elle se forge de chaque année que nous vivons, de chaque expérience que nous traversons, de chaque personne que nous rencontrons. L'ouverture d'esprit croit comme une petite sœur, comme une ombre, il suffit juste de lui donner assez de soleil pour la faire grandir.
L'être humain est un assemblage d'éléments complexes dont il n'utilise pourtant pas la totalité, c'est ce qui le rend facilement discernable, mais c'est aussi dans l'instabilité qu'on trouve l'équilibre, et si Aim' est heureuse en étant ni de bonne, ni de mauvaise humeur, et que ça lui convient, tant mieux pour elle, ma foi.

« Ah, je connais ça pour le prénom. Le mien se prononce différemment en anglais de l'allemand. Ajoute à ça l'accent de ceux qui s'essaient à l'accent étranger par curiosité, et tu as un gloubi boulga qui ne ressemble plus du tout à un prénom. »

Comme tu l'as supposé, elle rentre de soirée. Ah, quelle idée de mettre des talons quand on va danser et qu'on sait qu'il y a quatre-vingt-dix pour cent de chances qu'on sorte après le passage du dernier tramway, donc qu'il va falloir faire de la route à pied. Tu les trouves belles, les femmes, quand elles portent des talons. Mais surtout, tu ne les trouves pas pratiques.
Néanmoins, Aim' te donne l'autorisation de fumer, et vu la proximité que vous entretenez – elle fumerait elle aussi une cigarette que ça serait pareil – c'est plutôt un point qui la fait monter dans ton estime. Tapotant ta poche de jean, tu en sors un paquet de cigarettes dont tu tires un rouleau de tabac avant de proposer l'étui de carton à Aim' afin qu'elle se serve. Tu enflammes le bout de la cigarette et presse la petite bille qui se trouve dans le filtre et qui dégage, quand on la casse, une légère saveur mentholée.

« Little Darlings, complètes-tu dans une expiration. J'y étais aussi. Super soirée, l'ambiance était vraiment bonne ce soir. »

La fumée s'échappe de tes narines comme de celles d'un dragon en colère, alors que la nicotine s'infiltrant déjà dans tes veines te rassérène. Tu te sens légèrement plus réveillé, plus par l'occupation que par toutes les joyeusetés dont tu encrasses tes poumons. Par respect pour Aim', tu essaies de ne pas l'enfumer et craches les débris de saveur tantôt sur le côté opposé, tantôt au dessus de ta tête. Les volutes de fumée s'élèvent dans une danse macabre à la lueur des lampadaires agonisant, se tortillent quelques instants, avant de se disperser dans la nuit noire. Tu regardes les derniers rubans blancs aux nuances de gris s'échapper comme des morceaux d'âme de tes lèvres et tes yeux divaguent machinalement vers le panneau numérique. Le rythme de votre conversation et de la musique a fait diminuer l'attente de dix minutes. Il ne reste plus qu'un quart d'heure. Le temps passe toujours plus vite avec de la musique. Mercy s'évapore dans les méandres de l'écouteur sur les vibrations des guitares que le montage n'a pas coupées.

« Très bonne question. » remarques-tu en fronçant les sourcils. « Je pense que c'est une vieille chanson d'un groupe allemand du début des années 2000. Elle doit bien avoir sept ans maintenant. C'est une chanson que je chantais beaucoup avec mon ami d'enfance, c'est un peu devenu notre petit rituel tu vois. Au début je la trouvais triste et je ne l'aimais pas beaucoup, et puis...tu sais il se passe parfois ce truc bizarre quand tu tombes sur une chanson en compagnie de quelqu'un et que tu délires dessus. Tout d'un coup, alors qu'elle ne te touchait pas, tu la trouves sympa, tu l'aimes, même, et tu finis par l'écouter en boucle non à cause des notes et des paroles, mais parce qu'elle te rappelle cette personne et ces moments que tu as vécus avec elle. Je vais te la faire écouter. »

Tu coupes le grésillement d'une pression sur un des boutons du baladeur pour vagabonder à l'aveuglette dans les données de ce petit objet qui ne possède pas d'écran.

« Tiens la voilà, elle s'appelle Ich Bin Da. Ca veut dire « Je suis là ». »

Toute ton adolescence se répercute en écho dans ta cage thoracique alors que les premiers accords de guitare retentissent. Les paroles s'y joignent rapidement, ainsi que la basse. Les sonorités rythmées et tranchantes de l'allemand dansent sur les notes.

« C'est l'histoire d'une personne qui n'est pas bien dans sa vie, qui est incomprise et retirée de la société, et qui est rassurée par une autre personne. Cette autre personne lui promet qu'elle ne la brusquera pas, qu'elle saura attendre le moment propice, et que jusque là, elle sera là, dans l'ombre, à veiller sur elle, partout où elle ira, à ses côtés. Quand nous avons du quitter New York j'ai perdu le contact avec cet ami d'enfance mais je n'ai jamais cessé de penser à lui. Et naturellement, il y a quelques semaines, nos vies se sont croisées de nouveau. Ca donne du courage, parce qu'il y a dans cette chanson la lucidité sur les choses qui ne vont pas toujours comme on le souhaite, et l'espoir que quelqu'un vienne allumer la lumière. »

Tu tires une bouffée de ta cigarette qui ne t'attend pas pour se consumer.

« Et toi ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Mer 17 Juin - 5:20



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

Avoir l’esprit ouvert, au fond, ça permettait d’éviter des coups, beaucoup. Bon d’accord, je n’étais pas encore parfaite à ce niveau. Je perdais vite patience et finalement, les coups… ça ne me faisait pas si peur au fond, j’avais pris l’habitude. L’important, c’était de donner le dernier et d’avoir une preuve qu’on n’avait pas donné le premier ou… pas de preuve qu’on ait donné le premier. Ouais, la vie laissait beaucoup d'option finalement. Donc bon, surtout niveau musical, fallait apprendre à s’accommoder de beaucoup vu les choix divers de tout le monde et sérieusement, même si certains aiment de la merde… mieux vaut ne pas leur dire, pas toujours. Il rajoutait qu’il comprenait pour le prénom, son nom aussi était écorché part un peu tout le monde, alors il pouvait comprendre.

-Alors on se comprend. Les surnoms c’est parfait dans c’est cas là.

Je lui avais légèrement sourit. La musique, ça adoucissait les mœurs non? Il était tard et j’étais heureuse de ne pas être tombé sur un imbécile fini. Parce qu’on va l’avouer toute suite, il y avait beaucoup plus d’imbécile fini et de crétin dans ce monde que de personnes tolérables, mais ça… c’était la sélection naturelle qui faisait ça. Les bonnes personnes finissaient toujours par mourir en essayant d’aider, regarder mon frère… Mon autre frère, ça c’était la loi du plus fort. Ouais, valait mieux ne pas y penser. On avait continué de parler sagement, il m’avait demandé s’il pouvait fumer. Comme si j’avais mon mot à dire là-dessus. Je lui donnais tout de même mon accord parce que je n’avais rien contre la cigarette, je n’étais pas du genre très… santé comme personne.  Oui, non, oui, non, non. Je n’avais pas envie. Donc, léger sourire, hochement négatif de la tête et je le laissais fumé en paix. Je n’aimais pas devoir quelque chose à quelqu’un. Déjà, je lui avais emprunté un écouteur, je n’allais pas demander plus. Il me corrigea ensuite ou du moins… il me donna l’information qu’il me manquait, rajoutant que c’était le little darlings et qu’il y était aussi. Que ça avait été une super soirée et que l’ambiance y avait été bonne.

-C’est vrai, j’ai bien aimé, je risque de revenir.

Parce que je n’avais pas de vie, que je sortais quasi tous les soirs et que j’aimais danser et m’éclater. En prime, changer d’endroit ça faisait toujours du bien, parce que je m’ennuyais rapidement. Il c’était mis à fumer poliment. Non mais sérieux, le mec qui me vouvoie d’abord était maintenant super poli à tenter d’en mettre partout, sauf directement sous mon nez. C’était bizarre, mais pas mal en fait. Je n’étais pas tout à fait habituée, fallait l’avouer. Alors, j’avais décidé de faire un peu la conversation, il restait encore une quinzaine de minutes à attendre. Alors aussi bien s’occuper et peut-être même s’amuser. Est-ce qu’il était un jouet? En quelque sorte, limite un passe-temps, mais ça allait, c’était un job très acceptable vous savez. Je profitais tout autant de la chanson, je l’aimais beaucoup, je connaissais aussi les paroles par cœur ce qui démontrait que je n’étais pas une sale menteuse qui n’aimait pas vraiment sa musique. Parce que bon, j’aurais pu faire semblant, mais pour une fois, ce n’était pas nécessaire, alors c’était bien. Il trouvait ma question bonne, réfléchissant à la réponse à donner. Finalement, il expliqua plus la chanson que de lui dire. Expliquant qu’au début, il ne l’aimait pas et ensuite, il avait appris à l’aimer. C’était bien comme façon de faire. Il proposa même de me la faire écouter, la cherchant dans son Ipod. Finalement, il l’a trouva, mentionnant le titre. Je suis là. Ça me disait vaguement quelque chose de voix, mais pas la chanson en elle-même.

-La voix me dit quelque chose, mais… c’est de qui?

Parce que bon, je n’avais pas la science infuse non plus. Je ne pouvais pas connaitre tous les groupes de musique sur terre, même si j’aurais bien aimé. Non, je reformule… j’aurais aimé connaitre tous les BON groupes de musique sur terre, parce que les mauvais, je m’en passe hein. Il prit même la peine de m’expliquer les paroles, parce que c’était un peu de l’allemand et que je n’avais pas cette langue à mon dictionnaire perso. En fait, je n’avais pas énormément de langue étrangère à mon dictionnaire, si ce n’est pas… aucune en fait, sauf l’anglais. Le problème, c’est qu’après une bouffée, il me retourne la question. Merde… ça ce n’était pas prévue. Bon d’accord, fallait réfléchir sérieusement.

-J’en ai des tas en fait. Je ne suis pas du genre à avoir marre d’une chanson.

C’est vrai, en 5 ans, changer d’album n’était pas quelques choses de simple, ni trouver de la nouveauté, donc… on faisait avec ce qu’on avait et je n’avais pas grand-chose. Faut comprendre que sans famille, sans vraiment personne, les visites étaient inexistantes, donc… il fallait trouver des façons d’innover, mais ce n’était pas simple non plus. Donc :

-Mai j'’en ai au moins deux. Une c’est un peu comme toi. C’est question, de system of a down, parce que j’ai écouté cette album en boucle presque tous les soirs pour m’endormir pendant près de 5 ans. Donc, c'est pas tant les paroles, mais que le tout que je vis quand je l'écoute.

Dit comme ça, sa semblait faire une éternité de cela, mais ce n’était pas si loin que ça. Encore aujourd’hui, j’écoutais de la musique pour dormir, mais… j’arrivais à innover maintenant. Les magasins c'était pratique. Donc ouais, la deuxième :

-Je dirais I want my innocence back d’Emilie autumn, parce que... j’avais arrêté ma phrase là avant de simplement rajouter -Parce que j’adore la chanteuse.

Merde, c’était quoi l’idée de lui parler de cette foutu chanson. Oui, je l’écoutais en boucle, oui je la connaissais par cœur, mais non, je n’étais pas obligée de la nommée. C'était trop... personnelle non? La fatigue me faisait dire n’importe quoi, s’en était ridicule. Bon d’accord, maintenant on change de sujet, parce que même si je faisais la tête de la fille détacher de tout… en mode « I don’t care », s’il connaissait j’étais dans la merde, mais… personne ne connaissait du Emilie Autumn de toute façon. En plus, je n’étais pas vraiment dans la merde, juste que s’il posait des questions, ça serait chiant. En même temps, il n’allait pas poser de question, il était vachement poli.

-Ton groupe préféré?

Parce que la musique était une valeur sur quand on savait bien choisir ses réponses, chose que je n’avais pas vraiment réussit à faire en ce moment, mais on s’en fiche, c’est un inconnu, on ne se reverra jamais et puis basta. Ce n’était pas la fin du monde non plus. Juste que bon, parler de moi… ce n’était pas quelque chose de courant, mais au travers de chanson, j’y arrivais. C’était bon à savoir ça  quand même. C’est le psy de la prison qui aurait dû deviner le truc… mais il était con, que voulez-vous.  
 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Mer 17 Juin - 19:40

Oui, visiblement, vous vous comprenez. Vous vous comprenez très bien, même. Vous écoutez la même musique, faites preuve des mêmes habitudes en société et de la même maladresse. On dit que l'on croise ceux qui se rapportent à notre énergie du moment ; ton énergie est pourtant pire que négative ce soir, et cette jeune femme semble si charmante.
Semble.
Apparemment ta chanson préférée lui dit quelque chose. Pas très étonnant pour un groupe de rock qui s'est élevé au rang de phénomène mondial au bout de quelques années et seulement deux albums studio. Tu hausses un sourcil, étonné cependant que quelque chose d'aussi lointain géographiquement et temporellement, ait pu faire son chemin jusqu'aux oreilles américaines.

« Tokio Hotel ; t'es sérieuse, ça te dit vraiment quelque chose ? »

Un sourire point sur tes lèvres. Rattacher ton ami d'enfance aux paroles de cette chanson te rassérène. La musique jusqu'ici très calme voit son volume et son rythme augmenter pendant le couplet ultime. Toi, si renfrogné et fatigué en arrivant sur le banc, éprouves soudain l'envie trépidante de danser sous les étoiles, de faire n'importe quoi, d'être toi. Tu songes à Alvin. Cela fait trop de temps que tu ne l'as pas vu ; il faudrait que tu songes à l'appeler, à lui demander de sortir, et lui faire écouter de nouveau cette chanson pour lui remémorer à lui aussi, ces doux souvenirs d'adolescence.
Aim' en vient enfin à te confier ses goûts. Du métal en passant par le style si particulier d'Emilie Autumn que tu connais bien. Le ton de sa voix laisse clairement penser qu'elle ne veut pas en dire davantage, ce que tu peux comprends ; tout le monde ne se confie pas aussi facilement que toi. Donner ses goûts musicaux, sa chanson préférée, c'est un peu donner une partie de soi-même.

« C'est une très belle et talentueuse jeune femme. » confirmes-tu.

Tu ne t'étends pas sur le sujet. Il faudrait être stupide pour voir qu'elle ne souhaite pas s'étaler dessus. Tokio Hotel se termine, disparaît dans les méandres des données, et laisse place à une chanson d'abord toute timide, aux petites notes de piano...que des guitares viennent brutalement chasser d'un riff accrocheur. La voix d'outre-tombe de Till Lindemann s'y joint, et les enfers se déversent dans les oreillettes au moment où Aim' te demande ton groupe préféré. Tu tapotes le petit lecteur pour baisser le son de moins bonne qualité qui grésille dans vos oreilles.

« Eh bien tu es en train de l'entendre, c'est Rammstein, un groupe qui vient d’Allemagne également. Disons que c'est le seul groupe que je peux écouter à tout moment de la journée, selon n'importe quelle humeur. C'est le genre d'artiste dont tu achètes les CD simplement parce que leur nom est écrit sur la pochette, parce que tu sais que tu vas aimer, parce que c'est une valeur sûre. Sinon...j'ai des goûts très divers, mais j'écoute...beaucoup de ''bruit''. » ajoutes-tu dans un éclat de rire.

C'est comme ça que tu qualifies la musique métal domine le répertoire musical inscrit dans les données du baladeur. Tu jettes un regard au panneau numérique, qui n'affiche plus que dix minutes d'attente. La fumée s'échappe de tes lèvres à la bouffée suivante.

« Et toi, ton groupe préféré ? Et sinon, qu'est-ce que tu fais dans la vie, tu es étudiante ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Jeu 18 Juin - 5:03



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

Finalement, on n’était pas si différent. En fait, je croyais qu’on n’était pas si différent, mais la réalité risquait d’être différente. On parlait encore et toujours de musique. On ne changeait pas un sujet gagnant non plus. Il avait quand même l’air surprit que je connaisse son truc, genre j’avais fait de la prison, mais je n’étais pas inculte non plus. Bon d’accord, il ne savait même pas que j’en avais fait, donc j’avais le droit d’avoir de la culture générale un minimum. Je devrais peut-être me trouver un job dans la vente de cd, ça pourrait le faire… ou pas. Personne ne voulait d’une ex tolarde. Surtout que j’ai terminé ma peine d’avance à cause d’une horde de zombie et non parce que j’avais été sage ou un truc du genre. Donc ouais, c’était Tokio Hotel et il doutait vraiment que je connaisse hein! Alors donc, fallait se creuser un peu la tête, se souvenir des titres et…

-C’est pas dans ça que le chanteur avait trop de cheveux pour son propre bien? Genre… monsoon, ready, set, go? Dans ce genre-là du moins. En allemand je suis plus rammstein et oomph!, même si je connais aussi equilibrium et Faun, mais ça… c’est pas dans le même répertoire disons.

Je souriais, parce que ce n’était franchement pas dans le même répertoire, mais j’aimais bien quand même. Bon d’accord, j’aimais la musique, c’était surement une addiction à ce point de ma vie. Faute avoué à moitié pardonner non? J’écoutais tellement de truc aussi, il ne fallait pas trop m’en demander. Au moins, il avait l’air de meilleure humeur qu’à mon arrivée. Ce qui était étrange quand même, parce qu’en général… je prenais un malin plaisir à faire chier mon entourage, mais là… il était comme… trop gentil pour que je le fasse. J’avais finalement balancé mes deux chansons préférés avec le moins d’information possible, parce que déjà juste les chansons en elles-mêmes en disaient beaucoup. Il appréciait Emilie en prime, donc il connaissait, il allait falloir creuser dans ce qu’il ne connaissait pas. Ce n’était pas simple non plus! Bon, qu’est-ce qu’il pouvait ne pas connaitre au juste? Bonne question. Bon en même temps, je lui demandais son groupe préféré pour être fixée. Il y avait du Rammstein qui avait débuté et c’était ça, son groupe préféré. C’était bien donc, que son groupe préféré soit un truc que je connaissais et que j’appréciais en prime. Donc, Loon avait du goût, c’était déjà ça. Ce groupe, c’était le genre qu’il achetait parce qu’il y avait leur nom sur l’album tout simplement. Pour finalement dire qu’il écoutait beaucoup de bruit, ce qui me fit sourire un peu plus. C’est ce qu’on m’avait répété si souvent, que j’écoutais du bruit, mais… c’était ça que j’aimais.

-Alors ça va, on est deux à aimer le bruit. Toujours sourire aux lèvres, parce que c’était bien le bruit. -Mais Rammstein, c’est du bruit tout particulièrement plaisant, même si je dois travailler plus fort pour savoir les paroles.

Sourire aux lèvres et ouais, j’avais bien dit savoir et non comprendre, parce que même si je voulais très fort… google était mon ami bien plus que mon oreille. Parce qu’au final, même si j’apprenais les sonorités, ça pouvait me faire dire n’importe quoi et je détestais ça. C’était comme les gamines de 11 ans qui se croient sexy à chanter des trucs horribles à la candy shop dans la rue pour paraitre « adulte ». Moi, j’écoutais du bruit et c’était surement mieux comme ça. Il me retournait finalement la question, savoir mon groupe préféré. Mon Dieu, il y en avait tellement et il fallait que j’en choisisse un seul? En prime, il me demandait ce que je faisais dans la vie. Fuck, je hais cette question, elle est nulle. Non, en fait, la question est bien en soi, c’est ma réponse qui était nulle.

- Hm, pour mon groupe préféré… je sais pas. Je suis ambivalente entre Avenged Sevenfold ou system of a down je pense. Mais SoaD me tien compagnie depuis plus longtemps, alors je pense que j’irais pour lui, malgré que j’abuse du Emilie Autumn… mais Soad. Ouais.

Moi? Ne pas savoir faire de choix? Meuh non voyons. Au moins ça me faisait sourire. En même temps… j’adorais la musique, la musique était ma meilleure amie contre le monde, ma seule alliée. Maintenant que j’avais abordée la question facile… on allait abordée la question chiante.

-Et je viens d’arriver en ville, alors… je ne fais absolument rien de ma vie pour le moment. On va dire que je me cherche.

Parce que je n’étais absolument bonne à rien. Sauf peut-être me sauver d’une horde de zombie et lutter pour ma survie le temps de trouver des gens vivants. Bon, d’accord, j’avais un excellent instinct de préservation, mais… je n’avais pas encore trouvé une façon que ça me paie mon loyer, on allait voir ça comme ça. J’étais une bonne voleuse, mais ça… on n’allait pas en parler, ça pourrait jeter un froid. Non, j’allais rester sage. J’en étais capable! Être sage, être normal… c’était faisable!

-Et toi? Tu fais quoi dans la vie?

Bam! Pour une fois que je pouvais me servir de la technique de triche de base du « et toi » j’allais me gâter hein! Parce que bon, j’avais bien envie de savoir aussi. Pas que ça pouvait toujours servir, mais… sait-on jamais. Il y avait des gens dans la vie avec qui sa valait la peine de demander un numéro de téléphone et d’autre… non, voilà. Parlant de téléphone, faudrait que je prenne la peine de m’en payer un… mais avec quelle argent? C’était une bonne question non? Ouais, ma vie était un vrai foutoir, j’assumais. Je tournai finalement mon regard joueur vers lui, j’avais eu une idée stupide, mais il était tard, j’avais le droit. Mon sourire se fit joueur aussi avant que je demande :

-Si tu pouvais te résumer en une seule chanson, se serait laquelle?

Et savait qu’il allait me faire le coup de la traitrise et me demander « et toi? » alors j’allais commencer à y réfléchir maintenant. S’il me répondait un truc genre « Happy » de Pharrell Williams, j’éclate de rire. Parce qu’on serait vraiment hors de toute notre discussion du moment, même si on restait dans le thème « musique ». Donc ouais, si on retournait à la musique, on ne parlait de rien de bien personnel. Bon d’accord, se définir était techniquement personnel, mais… pas trop non plus. C’était un truc que se gérait beaucoup mieux qu’une question directe du genre : que fais-tu dans la vie.  
 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Jeu 18 Juin - 11:39

« Deutsch Qualitat » déclares-tu avec un sourire.

C'est la première fois depuis des lustres que tu prononces de l'allemand qui ne provient pas d'une chanson. La dernière occurrence remonte à...certainement deux bonnes années. Lorsque tu as déménagé et que tes deux mères se sont séparées, chacune a cessé de parler la langue de son enfance, l'une le Français, l'autre l'Allemand. Depuis, tu ne communiques plus qu'en anglais quand tu vas rendre visite à chacune. Oomph !, Rammstein, Equilibrium et Faun demeurent tout de même des groupes que tu apprécies grandement malgré leur différence de répertoire. La musique traverse toutes les frontières du monde et il n'y a aucune raison pour que tu renies tes origines allemandes.

« Parfois, il ne vaut mieux pas savoir ce qui se dit. » assures-tu. « C'est un registre particulièrement violent et ironique, et on ne peut pas rire de tout avec tout le monde. »

Les paroles engagées de Rammstein ont un goût de violence, de sang et de sexe. Tu les comprends instantanément et tu les aimes malgré tout. Nous avons tout un peu de brutalité en nous, et la chanter est un exutoire qui t'empêche de montrer les facettes les plus sombres de ton être. Personne, sauf peut-être Alvin, ne les connaît. Et c'est mieux ainsi, parce qu'elles ne sont pas belles à voir. Tu imagines bien que Aim' a les siennes et qu'elle est assez intelligente pour ne pas les montrer tout de suite. De toute façon, on en voit des choses, de nos jours.

« C'est le premier groupe de métal que j'ai écouté. » avoues-tu alors qu'elle évoque SOAD.

Et cette réflexion te ramène loin, mais loin, dans le passé, au tout début de ton adolescence, alors que tu faisais tes premiers pas dans le « bruit ». Tu tires une bouffée en l'honneur de ce passé que tu voudrais bien retrouver. La cigarette s'effrite ; tu fais rouler le tube de tabac entre tes doigts pour en extraire les dernières miettes avant de le jeter dans une poubelle proche. Une lueur dans les yeux tu apprends que Aim' vient d'arriver en ville.

« Oh, tu es toute nouvelle, je pourrais te faire visiter des coins sympas alors ! Enfin, tu as découvert l'un des plus sympas de NO pour l'instant. »

Tu fais bien sûr référence au Little Darlings et non pas à ce quai miteux et complètement désert sur lequel vous attendez depuis désormais plus de vingt minutes. Le panneau numérique s'est séparé de son second chiffre et c'est désormais neuf minutes qui vous séparent de la délivrance. Quoique, vu comme la conversation est engagée, tu aurais presque voulu que l'attente s'éternise.

« J'ai pas pu finir mon doctorat de génétique comme les universités se vident alors je travaille dans une petite pharmacie du quartier Tulane. C'est un peu routinier mais ça me plaît et ça me permet de voir plein de monde chaque jour. Ca m'a même permis de retrouver cet ami d'enfance dont je te parlais tout à l'heure. »

Même si devenir interne à l'hôpital aurait été plus trépidant, et beaucoup plus stressant sachant que tu as une peur panique du sang ; dur dur pour faire des prélèvements. Tu repenses à l'anecdote de ta retrouvaille avec Alvin, qui a débuté sur un « Eh ben alors, tu fais que tu M en préservatif ? ». Un sourire éclaire ton visage à cette pensée. Lentement, tes angoisses et mauvaise humeur s'échappent en fumée.
Ta réponse à sa question ne se fait pas attendre.

« Celle-ci. »

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Ven 19 Juin - 0:16



« Hate to twist your mind, but... »

Loon & Aimée
featuring

Je répondis à son sourire, tout simplement. J’aimais les accents, c’était agréable à l’oreille, du coup, j’aimais bien l’entendre parler allemand, sans savoir qu’il ne le faisait pas souvent. Il pourrait bien le faire plus, ça m’amuserait, mais en même temps… il faudrait qu’il traduise au fur et à mesure, parce que je n’arriverais pas à suivre sinon, ce qui était un peu triste quand même. Le but de parler, c’était de me divertir d’abord et ensuite d’avoir une conversation non? Donc, savoir ce qui se disait, c’était pratique. Je rajoutais que j’aimais bien savoir ce qui se disait dans une chanson et monsieur rajoutait que parfois, on était mieux de ne pas savoir, c’est souvent violent et ironique, que ce n’était pas tout le monde qui pouvait en rire, mais moi, j’allais simplement répondre la vérité à ça.

-Dire de la merde ne me dérange pas, mais je trouve important de savoir que ce que je dis en est. Donc, j’apprécie savoir les paroles pour chanter en connaissance de cause.

Parce que bon, dire n’importe quoi ça allait, mais je préférais toujours dire n’importe quoi, mais le savoir. Genre, si j’ordonnais à tout le monde de s’entre-tuer ou de faire une orgie, ça serait bien que je sois au courant, tout simplement. Encore plus si la chanson est invitante à des trucs bizarres, bref, on comprend le principe. Donc, finalement, j’avais choisis SoaD comme groupe préféré, même si Emilie et moi, on était beaucoup plus sur la même longueur d’onde. Pourtant, SoaD semblait la meilleure option, parce que je « feelsais » moins avec SoaD, donc je l’écoutais relativement plus souvent. En prime, c’était le premier groupe de métal qu’il avait écouté.

-Je pense que moi aussi. Avant ça, c’était du vieux rock que j’écoutais il me semble.

Mais là, ça commençait à remonter à loin. On parlait de musique que j’écoutais avec mon père et sérieusement, ça faisait longtemps de ça. Donc ouais, System, ça me convenait comme choix. Finalement, il me demandait ce que je faisais dans la vie et j’avais embelli mon rien avec le fait que je venais d’arriver. Ce n’était pas tout à fait vrai, mais pas tout à fait faux non plus. C’était le genre de fausse vérité que j’assumais bien quand même. Et puis, lui, dans toute sa gentillesse, il me proposait de me faire visiter des coins sympas, même si j’en avais déjà découvert un. Je n’aurais pas eu de problème avec l’idée si… il n’était pas aussi tard, qu’on n’était pas la nuit et que sa phrase n’impliquait pas autant l’envie de me revoir. Non mon beau, moi, je n’étais pas le genre de fille qu’on avait envie de revoir. Bon en fait, oui, tu pouvais en avoir envie, parce qu’il avait des yeux, mais c’était une mauvaise idée. Au moins, moi, j’étais au courant et j’étais responsable.

-Au moins, je connais déjà un endroit ou deux pour m’amuser, c’est surement le plus important.

Parce que ma vie sans plaisir, non merci. En prime, c’était tout ce que je savais faire m’amuser, puisque je ne travaillais pas. En même temps, qui pouvait vouloir d’une ex tolarde même pas sortie de prison encore techniquement hein. Il avait déjà terminé sa cigarette, le temps passait vite, c’était agréable. Ne restait que 9 minutes en prime, ça allait, j’allais pouvoir dormir un jour. Je lui avais aussi retourné la question, parce que c’était facile pour continuer la conversation! Monsieur disait tout bonnement qu’il n’avait pas pu finir son doctorat en génétique… … … sérieux? Non mais… vraiment? Il travaillait finalement dans une pharmacie, que c’était routinier, mais il aimait. Une pharmacie du quartier Tulane, maintenant je savais où je devais aller… ou ne pas aller. Je n’étais pas certaine encore. J’étais un peu déçu quand même, j’aurais été plus satisfaite s’il avait été paumé comme moi. Bon d’accord ce n’était pas gentil, mais c’était la réalité et puis voilà. Je n’allais pas vraiment lui demander pourquoi les universités se vidaient. Il allait peut-être se demander de qu’elle planète de venait et lui présenter mon pénitencier n’était pas la meilleure des idées du monde non plus.

-C’est bien! J’aurais pas eu le courage de faire autant d’étude. Et c’est cool retrouver des gens.

Parce que vu d’où je venais… je n’étais pas du genre à vouloir faire l ‘université et tant mieux si ça se vidait. Comme ça, personne ne me ferait un «  Aller, retourne à l’école, t’es jeune, tu peux » Parce que non, je ne survivrais pas à des cours. Pour ce qui était de retrouver des gens, ça ne serait surement pas mon cas, ça impliquait de remonter à trop loin. Ensuite, je pose sagement la question, demandant la question qui le défini le mieux ou un truc du genre, parce que j’aimais bien parler musique, c’était mieux. Il l’a fit donc jouer, mais… c’était de l’allemand non? Et d’un groupe que je ne connaissais pas. C’est donc avec le sourire que je rajoutai simplement :

-C’est complètement pas juste! Je la connais pas et je ne comprends pas l’allemand. Faut me traduire.

Parce que ouais, je voulais savoir hein! C’était dans mon droit et je ne pensais pas que ça lui dérangerait. En même temps, au pire… il disait n’importe quoi, ce n’était pas bien grave non? On n’allait pas se revoir non? Alors, on s’en fichait au pire, c’était comme se confier à un inconnu. On ne le revoit jamais après.
 

 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's your fuckin' Nightmare [Aimée]   Ven 19 Juin - 10:07

« Tu as bien raison. » approuves-tu. « Chanter du Rammstein à tue-tête n'est pas forcément une bonne chose si l'on ne s'aperçoit pas que l'on chante quelque chose sur le viol, l'avortement ou... » tu songes à ton propre nom de famille qui est aussi une chanson du groupe « l'hermaphrodisme ».

Vous avez été soumis au monstre métal par le même groupe. Tu lui envoies un sourire sincère, constatant que ça commence à faire plein de points communs et qu'il serait franchement dommage de ne pas vous revoir un de ses quatre pour faire la fête ensemble, ou simplement boire un verre en refaisant le monde sur ton canapé.

« Ah ! Le rock a façonné toute mon enfance, j'ai eu des parents très ouverts d'esprit qui m'ont fait découvrir plein de styles de musiques différents en me laissant choisir ma voie. »

Ca, pour avoir des parents compréhensifs, t'as eu des parents compréhensifs, gars. Déjà pour être élevé par deux femmes, ta famille a très vite été synonyme de différence, d'originalité et de tolérance. Tu as eu la meilleure famille du monde et pour rien au monde tu ne lui tournerait le dos, même si elle se massacre un peu trop vite à ton goût pour des broutilles qui en ont tué d'autres. Quand tu vois toutes tes connaissances qui ne savent pas ce que sont devenus leurs parents, comme Alvin, qui ont perdu leur sœur dans des circonstances inexpliquées, comme Seraphina, ou qui ont tout détruit sur leur passage par manque de stabilité, comme Zampa, tu peux sincèrement t'estimer heureuse de ta situation, même si elle peut sembler banale et sans intérêt.

Molotov, une très courte chanson de moins de trois minutes qui selon toi te décrit, se termine et lui succède une chanson sans paroles d'Apocalyptica, dont les quatre violoncelles commencent à gémir une reprise de Metallica. Tu choisis ce moment de calme sombre pour lui expliquer cette chanson qui n'a rien de sérieux, et donc tout de drôle, même si elle dépend d'un certain humour. Au dessus de vous, les toutes dernières minutes d'attente s'égrènent.

« C'est une chanson qui parle d'une fête vécue plus ou moins sous le joug des stupéfiants. Elle commence en disant que le soleil se couche et que les couleurs commencent à changer, nous poussant vers les boîtes de nuit comme un aimant qui nous attire. Tout le monde dans ensemble, se fait des câlins, bouffe ensemble, bref, profite. Et ça se termine dans une divagation au niveau spatial, comme si notre esprit partait loiiiin, et y'a une histoire de partouze sous entendue, mais ça, chacun l’interprète comme il veut. »

La phrase traduite en anglais donnant « Our asses get wide, dut we are still very, very tight. », peut effectivement porter à confusion. Tu éclates de rire.

« Donc vois-moi comme quelqu'un qui bouge tout le temps, qui sourit tout le temps, qui vit sous LSD et qui fait des plaisanteries foireuses comme il respire. »

Oui, c'était une bonne manière de te décrire, effectivement. Tes yeux divaguent sur le visage de la jeune femme et croisent la lueur de ses iris étranges et secrets. Sans plus attendre, tu profites de la proximité avec Aim' pour lui coller un petit bisou sur la joue.

« Tu es vraiment très belle, tu sais. »

Et une pensée sortie de ta bouche sans passer par la case cerveau, une ! Ton regard se déplace, attiré par deux lumières au loin. En te penchant légèrement sur le côté, tu remarques qu'il s'agit des phares de l'immense tramway de métal qui grince sur les rails en s'approchant de vous. Cette demie-heure est décidément passée bien vite.

« Tu es fatiguée ? Si tu veux tu peux venir boire un verre à la maison, on pourrait continuer à causer musique. »

Ton horreur de la solitude te perdra.
Revenir en haut Aller en bas
 

It's your fuckin' Nightmare [Aimée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» Beautiful Nightmare*
» CV de Nightmare.
» Beyblade Metal Masters : Nightmare Rex, soluces et astuces
» The Legend Of Zelda : Nightmare Edition
» Ruka [Nightmare] ~ Terminée

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-