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 Freeze you out (blake)

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MessageSujet: Freeze you out (blake)   Sam 20 Juin - 21:57


Blake N. Elms & Calyxte Breckenridge
I've been saving parts of my heart. You can't break me, unbreakable. I've been keeping you on my thoughts. Right now I'm not available. This time I'm the fighter. Instead of the hurted. I keep up these parts of me to remind you. You can touch my iron heart if you try to

La découverte du morceau de papier déposé sur son bureau l’a laissé de marbre. Quelques secondes d’infime flottement avant que le dit papier ne vienne s’échouer entre ses doigts. L’hésitation a figé ses traits. L’assurance qui est sienne, s’est alors retrouvée mise à mal face à simple mot. Une simple écriture. Un seul nom. Calyxte a alors laissé le temps glisser, s’efforçant d’ignorer cette misérable phrase. Tu as oublié de me rappeler. Si simple, et pourtant emplie d’une ironie qui lui détruit les nerfs. La petite journaliste à la chevelure de feu se joue de lui, il en a la certitude maintenant. Et les règles qu’elle impose ne font pas partie de celles qui dictent l’existence de l’ancien soldat. L’affront reste marqué sur sa peau, entrave son cœur dans un entrelacs de rancœur. Qui se partage d’un irrépressible besoin de continuer cette partie inachevée. Blake parvient à ébranler ses convictions. Insuffle un vent de chaos dans l’ordre frôlant l’obsession de sa vie. Le seul fait de se tenir dans la même pièce que la jeune femme le met au supplice. L’oblige à flirter avec le vide de son cœur. Il marche sur un fil, proche de la chute au moindre faux pas. Et aussi dangereuse soit cette situation, l’adrénaline qui lui incendie les veines prend le pas sur la prudence. Il a laissé filer le temps, deux jours, trois peut être, avant de se décider à décrocher son téléphone et enfin rappeler la journaliste. La conversation a été courte, se limitant au strict nécessaire. Une présentation rapide, un lieu de rendez-vous et une date. Il ne s’est pas embarrassé de politesse ronronnante, se délestant de toute fioriture pour bien faire comprendre à son interlocutrice qu’il n’avait aucunement l’intention de jouer. Pas cette fois. Pas après qu'elle ait eu l’audace de le prendre pour un imbécile en le plantant là.

Il s’apprête à quitter son appartement, mais le geste se fait happer par le reflet qui le frôle dans le miroir de l’entrée. C’est un besoin viscéral, une inquiétude qui frôle la paranoïa qui le pousse à revenir sur ses pas et à fixer l’homme qui le détaille dans la glace. Les pupilles se font inquisitrices et le sorcier s’absorbe dans la contemplation de ses traits. La vanité n’a pas sa place dans cette œillade minutieuse, seulement la crainte que les cicatrices ornant son visage ne soient que trop visibles. Il les voit encore, malgré le maquillage qui les recouvre. C’est la connaissance de ces marques qui les rend si distinctes à ses yeux. Pour les autres, elles n’existent pas. Calyste joue des épaules, penche légèrement la tête sur le côté et dans un froncement de sourcils insatisfait, le politicien défait sa cravate d’un geste abrupt et ouvre les premiers boutons de chemise. Une dernière vérification, les doigts qui passent dans les cheveux et dans une inspiration, l’homme brisé quitte son antre, la porte claquant sur le soupir de sa présence.

Il n’a pas besoin de s’expliquer lorsqu’il se présente à la réception de l’hôtel. Ses habitudes sont connues de tous, et alors qu’il s’accoude contre le comptoir de la réception, le petit bonhomme perché derrière se presse déjà de lui tendre les clés de la suite qu’il a réservée. Calyxte s’en empare, et sans plus d’intérêt que cela, il laisse ses chaussures claquer contre le sol de marbre de l’hôtel. L’homme s’astreint à la droiture, ajoute à sa taille imposante quelques centimètres supplémentaires alors que la clé ronronne dans la serrure. Le luxe du lieu le prend à la gorge, rétracte ses pupilles alors qu’il prend possession de la suite, foulant avec assurance le parquet et les tapis hors de prix. C’est une part de son quotidien à laquelle il ne parvient pas à s’habituer. Il donne l’impression que ce luxe débordant lui est familier. Qu’il y est né et que toute sa vie durant, il a eu cette attitude supérieure, et ce goût immodéré pour les belles choses. Lui, le gamin qui a vécu une moitié de sa vie dans un préfabriqué du quartier sud de Nashville. Et l’autre moitié, dans une chambre de caserne militaire où le mobilier se limitait au minimum vital. Le constat appose sur ses lèvres fines l’ébauche d’un sourire nostalgique, alors que ses phalanges effleurent le tissu soyeux du sofa. L’avance qu’il s’est permis de prendre lui offre l’occasion de prendre ses repères bien que l’endroit lui soit affreusement familier. Le silence se brise dans un raclement de gorge et l’exploration fait un détour en direction de la terrasse. Les bruits régnant en contre bas l’apaisent. Seul au milieu du calme, Calyxte sent ses nerfs qui se contractent et se distendent. Alors en compagnie de la journaliste. Cette seule pensée appose de légers frissons contre sa peau. Impassible, aussi immobile qu’une statue forgée dans le marbre, l’ancien soldat ferme lentement les paupières. Quelques battements de cœur avant que l’on ne vienne frapper à la porte. La permission d’entrer claque dans l’air, son ton renouant avec les notes autoritaires d’une époque révolue. Une nouvelle inspiration accompagne son repli vers l’intérieur. Il fait volte-face alors que le groom introduit la journaliste dans la pièce.

« - Miss Elms… » Le détachement qu’il instaure dans cette misérable entrée en matière lui donne l’impression d’avoir de l’acide sur la langue. Il aimerait pouvoir faire preuve du détachement avec lequel il considère la race humaine face à elle. Mais plus il s’y efforce, plus il constate que la douleur dans sa poitrine se fait plus forte. Elle n’est pas mécanique, l’aorte mal-formée n’est pas en cause. C’est une autre origine, une de celle dont il préférerait ne plus connaître la présence. Alors pour continuer de jouer son rôle, Calyxte appose ce sourire de politicien, charmeur et froid, sur sa bouche, désignant de la main les sièges régnant dans la pièce. « - C‘est un plaisir. Je vous en prie. » A peine les mots eurent-ils franchit ses lèvres, qu’il s’en mord la langue. Le vouvoiement est de rigueur, pour affliger la rousse de toute la rancœur qu’il a à son égard. Elle et tant d’autres choses dont il n’est pas lui-même certain.

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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Dim 21 Juin - 21:30

Le coup de téléphone que Blake avait reçu au journal avait été on ne peut plus polaire. Il s’était voulu professionnel et informatif. Une simple prise de rendez-vous et quelques instructions données sur un ton quasiment militaire. Derrière son téléphone, la rousse avait eu un sourire en coin, presque carnassier, le grand monsieur était contrarié. Evidemment, elle avait parfaitement conscience de la raison de cette contrariété. Ignorer un homme tel que lui engendrait forcément l’ouverture d’une bataille rangée. Elle avait joué avec lui, il avait cru pouvoir dicter les règles et il s’était trompé. Elle n’avait fait que remettre les pendules à l’heure mais, visiblement, il ne l’entendait pas de cette oreille. Bien. S’il croyait qu’elle allait se laisser impressionner. Des comme lui, elle en mangeait tous les jours au petit déjeuner !
Se levant et se saisissant de son sac, elle avait averti de son rendez-vous, du lieu, de l’heure et de la personne. Quelques uns l’avaient regardé avec des yeux ronds comme des soucoupes alors que son patron ne lui avait fait qu’un vague geste de la main en lui demandant de lui ramener une bonne dose d’informations. Cet homme-là plaisait visiblement à bon nombres de femmes de la Nouvelle-Orléans. Dédaigneuse, elle fronça le nez. Depuis quand le journal était-il devenu une mine d’information pour les célibataires éplorées ? Non pas qu’elle ne comprenait pas la démarche pour redorer le blason de leurs dirigeants mais tout de même. Ils n’étaient pas un vulgaire torchon.

Qu’à cela ne tienne, elle tournerait la situation à son avantage, comme toujours. Elle en avait l’habitude à présent. Le tout était de ne jamais se laisser intimider par ces messieurs et lorsque cela s’avérer nécessaire... il n’y avait qu’à les frotter dans le sens du poil. L’ego des hommes avait cela de formidable qu’il était manipulable à loisir lorsqu’on savait s’y prendre.
Attendant son taxi, elle s’assura que tout était parfait. Ses atours faisaient parties de ses armes de prédilection, aussi, il fallait qu’elle soit certaine que son apparence était en tout point ce qu’elle souhaitait dégager. Sa réputation n’était plus à faire et parfois, elle était haïe pour ça. Cependant, elle ne s’en offusquait pas. Elle espérait juste que tout cela ne retomberait jamais sur June même si elle se faisait des illusions. Quand bien même, de nombreuses personnes la protégeaient bien que ce ne soient pas toujours les bonnes. Elle grimpa dans le taxi lorsqu’il arriva, rangeant son miroir avant de donner sa destination et paya une fois sur place, quittant l’homme sans un regard alors que le sien était chargé d’un jugement limpide. Si elle avait eu du temps à perdre, elle lui aurait bien enfoncé ses préjugés dans le fond de la gorge ou ailleurs.

Finalement, elle se dirigea droit vers le lieu de rendez-vous mais, on l’empêcha de poursuivre. D’une œillade glaciale, elle déclina son identité et les informa de son rendez-vous. L’un de ceux qui l’avait arrêté était tout proche de se ratatiner de honte ou alors était-ce les ongles de la rouquine qui s’étaient enfoncée dans sa main alors qu’il l’avait posée sur son épaule sans la prévenir au préalable. S’il y avait une chose qu’elle ne supportait pas, c’était qu’on la touche sans son consentement, même pour ce genre de chose. Elle était de ces femmes implacables et l’assumait. Ses choix, quels qu’ils soient, elle y faisait pas jusqu’au bout. Elle en avait trop vu que pour se laisser intimider si facilement.

Sans escorte, elle rejoint donc sa destination même si un larbin lui ouvrit la porte. Elle avait un grand respect pour la plupart des emplois mais, la plupart des gens qui étaient employés ici était un ramassis de lèche-botte.

- « Monsieur Breckenridge. Ou devrais-je dire Major ? » C’est sur son titre militaire qu’elle choisit d’appuyer, signifiant ainsi mine de rien qu’elle n’en avait que faire mais, qu’elle s’était renseignée.

S’il pensait pouvoir mener la danse, elle n’allait pas se priver de lui faire comprendre qu’il n’en serait rien. Ironie du sort lorsqu’on savait qu’ils avaient fait connaissance dans une boîte de nuit des années plus tôt. L’ennui, quand on joue avec un adversaire de cette trempe c’est qu’il n’est pas aisé d’oublier certaines choses. Et elle n’avait pas oublié, pas oublié qu’il était plaisant de discuter avec lui, d’échanger et de jouer, justement. C’était presque trop facile de se laisser happer et elle ne pouvait pas se le permettre.

- « Il en va de même pour moi. »

Son ton est professionnel, presque protocolaire, aussi détaché que celui de l’homme face à elle. Ainsi, Blake s’installa de sa démarche féline et haut perché dans, l’un des fauteuils, choisissant avec soin celui possédant la meilleure lumière. Bien consciente qu’il était de sa charge de lui indiquer sa place, elle avait pris les devants. Lui faire comprendre qu’il ne maîtrisait pas la situation était... ne sorte de jeu pour elle. Non, c’était un jeu parfaitement délibéré. Elle ne pouvait réellement pas s’en empêcher. Pas après la façon dont leurs rapides retrouvailles s’étaient passées.

L’entretien étant de son fait, elle devait malgré tout se plier à quelques impératifs.

- « Que peut donc faire le Weekly Unit pour vous ou que puis-je faire pour vous ? »

Elle avait mis le journal en avant et pas elle pour des raisons évidentes mais, elle n’avait pu se retenir d’appuyer sur sa personne puisqu’il l’avait demandée elle. Oui, ils seraient deux à jouer et ce, selon des règles parfaitement personnelles.
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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Mer 24 Juin - 21:30


Le grade résonne dans la pièce. Trouve son écho contre les parois de son crâne. Il pense, pendant un bref laps de temps, qu’il vient d’imaginer le mot. La suite de la phrase n’est que le pur reflet d’un cerveau en pleine perdition, à l’image de celui qu’il contrôle. Calyxte reste droit. Il continue de dominer la scène quand le sol sous ses pieds est en train de se fissurer. A moins que ce ne soit lui qui se fissure. C’est une brèche par laquelle la rousse incendiaire vient de s'engouffrer. Dès la première phrase, elle appose ses cartes, dicte ses règles et lui fait bien comprendre qu’il n’est rien. Qu’il n’est plus rien. Que ce titre de politicien implacable à l’élocution aussi charmeuse qu’assassine n’est qu’une pâle plaisanterie en comparaison du reste. De toutes ces petites choses qui formaient son tout il y a quatre ans en arrière. L’armée lui manque. Aussi ridicule cela soit-il, et après ce qu’elle lui a fait subir, le frisson qu’elle provoquait en lui laisse un vide sous sa peau. Il était peut être vraiment fait pour cela au fond. Une douce ironie quand on ne lui donnait que quelques années à vivre. A peine le temps de souffler les bougies de son quatrième anniversaire avant que la mécanique dans sa poitrine ne s’enraille et abandonne sa course pour de bon. Les lippes de l’ancien soldat se retroussent en une ébauche de sourire. Lentement ses paupières s’abaissent et il croise les bras contre sa poitrine. « - L’appel aurait-il été trop autoritaire à ton goût ? » La moquerie se pare des éclats d’un cynisme à fleur de peau. Il en a conscience, d’avoir été plus abrupt qu’il ne l’aurait voulu. Que sa voix s’était emprisonnée dans des glaces dont elle n’était pas parvenue à s’échapper. Le nœud dans sa gorge l’avait rendu austère. Plus que d’ordinaire. Et face à la journaliste, cette attitude lui paraissait affreuse. Détestable, comme lui. C’est un rôle qu’il joue, à la perfection tant il est devenu sa seconde peau. Mais qui en certaine occasion parvient à le dégoûter de sa propre personne.

« - Le grade n’existe plus quand son titulaire a déserté ses fonctions. Il y a quelque lacune dans tes recherches. » Un profond regret, de la nostalgie viennent briller dans ses pupilles alors qu’il reporte son regard bleuté sur la jeune femme. Il est si facile de retourner la cendre d’une vie humaine. D’en extraire toutes les beautés comme les peines. Ses employeurs n’ont pas cherché à en savoir plus à son sujet, ce qu’il leur a présenté fut suffisant. Aucune question. Aucune indiscrétion. Ce qu’il a été pour le précédent Gouvernement, pour la nation, ce n’est plus que du vent. Une bourrasque à laquelle son cœur et sa mémoire s’accrochent par crainte de perdre totalement pied. Le sorcier s’est défait de ce vouvoiement de façade sans même s’en rendre compte. Et lorsque Blake prend place dans le fauteuil face à lui, c’est sa raison qui se meurt. Elle vacille et abdique sous la force de sa déraison. Le regard de glace se mue en braises ardents qui caressent le moindre de Ses mouvements. Elle l’attire. C’est un fait aussi détestable que plaisant. Exerce sur lui une attraction qui le rendrait capable de se mettre à genoux devant Elle si elle venait à lui demander. Elle exacerbe ses passions, éveille ses faiblesses, et sous la peau brûlante l’armure de glace semble fondre. C’est un fait troublant, presque autant que ces prunelles aux nuances singulières dans lesquelles il finit par se perdre. Erreur qu’il regrette presque aussitôt. Dans un raclement de gorge hésitant, Calyxte se coule dans le sofa face à Blake. Apposant la table basse entre eux comme un rempart infranchissable. Pour quoi ? Elle ou lui ? La réponse reste perdue dans le néant de ses pensées.

« - Ce que le Weekly Unit peut faire pour moi ? Redorer le blason de l’Assemblée et du Gouvernement auprès des habitants ? Je doute qu’un autre nouvel article puisse être suffisant. » La réponse se perd sur des accents mécaniques. S’enrobe de la courtoisie que tous les politiciens de cette ville possèdent. Il s’accoude contre l’accoudoir et laisse ses phalanges venir se glisser sous son menton. La droiture s’étiole et semble laisser apparaître ce qui ressemble à une infime décontraction. Au-delà de cette attraction fauve, Blake le met mal à l’aise. Elle joue avec les morceaux étiolés de sa mémoire. Et plus la sensation devient gênante, plus l’ancien soldat en arrive à se dire qu’ils se connaissent depuis bien plus longtemps qu’il ne le pense. Qu’elle appartient peut être aux lambeaux nébuleux de sa mémoire en perdition. « - C’est toi la journaliste qui a souhaité cette entrevue. C’est à toi de me dire ce que tu attends de moi, Blake. » Le murmure ronronne sur sa langue. Le ténor se fait charmeur bien que les pupilles accablent la rouquine. Un énigmatique sourire s’appose sur les lèvres du sorcier, les secondes s’égrainent dans une immobilité parfaite avant qu’il ne vienne s’adosser, étendant son bras sur le dossier du sofa. « - D’ailleurs que me vaut un tel revirement ? Après ton absence à notre dernier ‘rendez-vous’. » Il insiste sur le mot, dévoile ses canines en une esquisse de sourire qui se perd dans les branches d’une malignité contrôlée. C’est de l’amertume qui s’échappe de sa langue. Les mots s’en extirpent avec une certaine difficulté. La rancœur est toujours présente, quelque part sous la couche de malaise qu’elle appose sous sa peau. Un tel traitement à son égard ne fait pas partit de ses habitudes. Calyxte s’en renfrogne légèrement, imperceptibles, les sourcils se froncent et le pli marquant son front revient s’y glisser. L’entretien se veut cordial, comme le serait celui de tout journaliste avec un de ses collègues. Et pourtant, les mauvaises habitudes continuent de s’agripper fermement à ses épaules.

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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Dim 28 Juin - 21:23

Il fallait qu’elle affirme sa présence, qu’il se rende compte qu’il n’aurait pas les pleins pouvoirs sur cette partie. Elle refusait qu’il puisse, ne serait-ce qu’un instant, se sentir maître de la situation. Evidemment loin de se douter de l’impact de sa phrase, elle était néanmoins ravie de poser ses cartes une à une.

Blake était certainement rancunière à l’extrême mais, pas pour une raison aussi ridicule qu’un appel qui n’a jamais été passé. En l’ignorant superbement et en laissant cette carte, elle n’avait fait que remettre les pendules à l’heure. Juste une pique, une petite remise à niveau de la situation. Mais, cette pique s’était muée en jeu, en bataille rangée entre eux. Un jeu qu’elle appréciait bien plus qu’elle ne voudrait l’admettre. Un tel adversaire ne s’était pas dévoilé à elle depuis trop longtemps.
Aussi, il ne lui échappa pas qu’il la tutoie. Il comptait donc laisser le protocole de côté ? Bien, ça n’en serait que plus amusant, quoi que plus dangereux aussi, plus personnel. Elle esquissa un sourire et balaya ses paroles d’un geste désinvolte de la main.

- « J’ai eu des interlocuteurs bien plus autoritaires que toi au téléphone. »

Son ton ne lui a pas échappé et intérieurement, il la fait bouillir. Pour qui se prend -il au juste ? Se croit-il meilleur qu’elle ? Probablement. C’est l’apanage des gens comme lui, elle devrait le savoir. Non, elle le savait. Mais, s’il voulait jouer son jeu de cette manière, il n’allait pas être déçu du voyage. Elle refusait de s’écraser et comptait bien le lui signifier. Vicieuse, elle l’observa sans un mot quelques secondes avant de lui répondre.

- « Qu’est-ce qui peut bien te faire croire que mes informations sont lacunaires ? Tu sautes bien rapidement aux conclusions pour un homme de pouvoir qui a été si loin en si peu de temps. »

Elle s’avançait un peu mais, il fallait bien qu’elle le fasse si elle voulait égratigner la carcasse de cet homme-là. Elle avait appris avec le temps qu’aucun risque n’était vain et que ces risques en valaient la peine. Elle apprenait ainsi des choses qu’elle n’aurait pas dû apprendre et pouvoir s’en servir au besoin. Plus d’une fois, elle avait été rappelée à l’ordre parce qu’elle en avait appris plus que nécessaire. Elle avait aussi été menacée à demi-mots ou plus franchement plus d’une fois à cause de ses connaissances, justement. L’information semblait être devenue une arme de destruction massive et elle la maniait visiblement de façon menaçante. Assez du moins, pour que l’on s’en méfie comme de la peste.
Un nouveau sourire étira ses lèvres cette fois mais, de façon bien plus professionnelle. Elle posa un doigt sur son menton et fit mine de réfléchir alors qu’elle savait plus ou moins où elle allait. Encore fallait-il qu’il la suive sur ce chemin.

- « Un article ne suffira en effet jamais. C’est une campagne qu’il lui faut et vous avez ce qu’il faut pour ça. Non, je ne suis pas là pour ramener la confiance. »

Ce qu’elle faisait était dangereux, après tout, elle aurait pu exposer les failles au lieu de tenter de les limiter, les colmater. Mais, l’ordre était nécessaire et les résistants n’étaient qu’une bande de cinglés armés se foutant des conséquences de leurs actes. Ce gouvernement faisait du bon boulot étant donné les circonstances.
Elle répugnait à faire ce que son patron lui réclamait mais, son patron avait lui-même un patron et ce patron était multiple. Calyxte Breckenridge en était un élément. La façon dont il s’adressa finalement à elle manqua de la faire frissonner. Indéniablement, cet homme avait changé mais, était resté le même. Il jouait outrageusement de sa personne et de son pouvoir de séduction, tout comme elle. Un adversaire de taille que ce parlementaire.
Avant de pouvoir lui répondre, il enchaîne. Visiblement, il n’avait vraiment pas digéré cette absence on dirait. Se levant, féline, elle posa son bloc note. Ils avaient bien le temps de réaliser l’article pour l’opération séduction. Elle s’approcha et passa derrière son fauteuil, s’y appuyant et penchant légèrement la tête.

- « Revirement ? Non. J’ai juste remis le compteur à zéro. Je te l’ai dit, sur ma petite carte. J’attends toujours que tu m’appelles. » Elle repassa à côté de lui mais, de l’autre côté du fauteuil cette fois, en ayant ainsi fait le tour. « À ce propos, la sécurité de ton bureau est déplorable. »

Sa voix n’avait été qu’un murmure lorsqu’elle s’était adressée à lui derrière son siège, elle aurait tout aussi bien pu lui caresser la joue. Blake ne l’avait pas fait pour plusieurs raisons et surtout, elle avait rapidement dispersé les éclats de ce moment quand elle s’était éloignée pour assener sa petite phrase.
La rouquine savait parfaitement qu’elle y était entrée car plusieurs facteurs avaient été réunis. Le fait qu’elle soit journaliste pour commencer mais, pas seulement. Avoir un physique comme le sien aidait sans aucun doute. Elle en avait assez souvent joué que pour le savoir.

- « Pour en revenir à ce qui nous occupe, ... » Elle se réinstalla. « ...nos patrons, donc, le gouvernement, semble croire qu’une opération séduction semble nécessaire et que la chose lui facilitera la tâche pour reconquérir ses citoyens. Je doute que cela suffise mais, ce n’est pas à moi d’en juger. Tu as un visage qui semble beaucoup plaire et même si le mystère plait, il va falloir dévoiler quelques petites choses. »

Elle avait horreur de devoir se plier à ce genre de journalisme. À ses yeux, ça n’était que du racolage, du potin people, certainement pas du journalisme.

- « Nous pourrions peut-être... aborder le sujet du précédent rendez-vous et ceci. »

Elle avait appuyé sur le mot d’une tout autre façon que lui mais, clairement, elle s’amusait autant de la situation qu’elle lui déplaisait. De plus, lentement, la situation lui devenait plus personnelle que professionnelle. Les deux semblaient intrinsèquement liées aujourd’hui et elle ne faisait rien contre.
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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Mer 1 Juil - 20:40


Les lippes s’étirent en une ébauche de sourire et les paupières se closent à moitié. Il y a de la sincérité dans cette expression. Une chaleur puisée dans les méandres d’une vie passée qui gratte la surface pour tenter de retrouver sa place. C’est un accroc dans le tableau de son flegme glacial. Une ombre qui jure avec tout ce que renvoi cette stature imposante faite de marbre et d’acier. Et pourtant, elle est bien là. Présente sur son visage. Une décontraction étrange que la journaliste peut se targuer d’avoir réussi à apercevoir à l’aide d’une simple réplique. Il n’en doute pas. Que d’autres ont usé d’un ton similaire au sien pour s’adresser à la jeune femme. L’aisance avec laquelle le monde oublie que les journalistes tiennent le monde sous leurs plumes est un vil défaut. Une erreur de parcours que beaucoup commettent en usant d’une supériorité détestable avec eux. Lui-même fautif, il se mord légèrement la lèvre pour ravaler les mots qui viennent se cogner contre ses dents. Un simulacre d’excuses. Une étrange chose qui le fait ciller de surprise avant qu’il ne reporte ses prunelles de glace sur Blake. La langue claque dans un hochement de tête qui s’accompagne d’un geste évasif de la main. Visant à éloigner les paroles qu’elle vient de lui lancer. L’attitude change et se fige dans ce qui semble être une pointe d’agacement. Les conclusions. C’est la réflexion qui l’a poussé là où il est. Ca et ce besoin viscérale d’en avoir toujours plus. L’horreur de l’échec en cheval de bataille, et l’absence totale de morale. Une qualité et un défaut qui lui aura permis de franchir bien des portes. Résolument closes pour d’autres à l’éthique plus fragile que la sienne. « - Une simple intuition. Ce ne sont pas les conclusions qui m’ont amenés ici. Ce serait une véritable perte de temps que de s’encombrer de ce genre de chose dans une entreprise comme la mienne. » Souffle-t-il, un sourcil légèrement levé. Le regard se fait plus inquisiteur, se pare de braises incendiaires. Il acquiesce d’un mince hochement de tête. Tout aussi convaincu que la demoiselle qu’il faudra bien plus que des sourires et des belles paroles pour parvenir à bout de tous les obstacles que leur Gouvernement rencontre. Trop de faiblesses dans les rangs. Et d’incapables qui ralentissent l’entreprise. Des frissons viennent lui courir sur les bras et un pli de contrariété vient s’apposer sur son front.

« - Ce n’est pas prévu. Pas tout de suite. Mais après tout, je ne suis pas celui qui prend de telles décisions. Et ce que comptent faire les puissants n’est connu des subalternes qu’au dernier instant. » C’est une semi-vérité qui lui broie le cœur. Posséder de l’influence sans que cette dernière soit totale, une sombre injure pour un homme comme lui. Pour cet être dont le contrôle est devenue une véritable obsession. Il remplace la peur, l’efface et la bride pour éviter de laisser paraître toutes les faiblesses qui le dévore. Ses plus belles failles. Les sourcils se froncent dans un battement de cœur, avant que l’un d’eux n’en vienne à se relever quand la rouquine se lève. C’est tout son corps qui se fige, se crispe lorsqu’Elle se glisse derrière son fauteuil. C’est tout son être qui se délecte de la proximité et frissonne. Il s’enivre de Son parfum et se surprend à fermer les paupières, le temps de quelque crispation aortique. Le souffle se suspend dans les poumons et s’en expulse une fois les mots glissés contre son oreille. Mâchoire et phalanges se crispent et les dents s’entrechoquent. « - Chose que j’ai fait, d’où ta présence ici… » Le ténor reste agrippé dans sa trachée. S’en extirpe avec difficulté tant le trouble le submerge. Et rend sa voix plus fragile. Plus froide qu’il ne le voudrait. « - Je suis au courant. Un comble pour un bâtiment tel que celui-là. Ce sera un sujet à aborder lors de la prochaine Assemblée. » Lâche-t-il enfin après s’être muré dans le silence jusqu’à ce qu’Elle revienne prendre place face à lui. Il a beau se dire qu’elle n’est rien. Une tentation comme les autres, ce qui se déverse sous sa peau est bien différent. Trop brûlant pour qu’il l’ignore.

« - Une opération séduction ?… » Le murmure lui effleure les lèvres et le politicien se perd dans ses pensées. Tu as un visage qui semble beaucoup plaire… Ce qui pourrait être un compliment pour d’autres, le met au supplice. Les traits se figent un instant et dans un battement de cils, ils s’affaissent. Se brisent et se défont au rythme d’un cœur qui pleure dans sa poitrine. D’un geste machinal, frôlant l’automatisme, ses doigts s’élèvent, prêts à venir effleurer les pourtours des cicatrices sur son visage. Ils s’immobilisent en plein vol, soudain conscient qu’il n’est pas seul et qu’un tel geste serait considéré comme suspect. Alors sa main vient se reposer contre sa cuisse, et la décontraction revient envelopper sa silhouette. « - Le mystère protège. C’est un besoin, une nécessité quand on se retrouve contraint d’être mêlé à la foule. Que ce soit pour prendre la parole devant des oreilles sourdes ou pour tenter de leur soutirer des informations en vue d’un article. » Il énonce les faits sans sourciller. Il suffit alors d’un battement de cils et un croisement de jambes pour que l’attitude change. L’ancien soldat se referme, appose à nouveau une distance entre eux. « - Que devrais-je dévoiler ? Le nom de mon premier animal de compagnie ? A quelle heure je me lève le matin ? Blake enfin, on s’en fiche de tout ça. » Il balaye la futilité de la chose d’un battement de main, et détourne un instant le regard. La curiosité mal placée de la journaliste vient de toucher la corde sensible. Mettre en danger le prédateur qui commence à se sentir menacé dans son propre territoire.

« - Il n’y a rien à dire concernant le précédent rendez-vous. Tu m’as pris un imbécile et fait perdre mon temps. Le sujet est clos. » Le ton n’appelle pas à la discussion. Le pli qui froisse son orgueil refuse de disparaître et relancer le débat ne ferait qu’envenimer la situation. Ses phalanges viennent effleurer son menton alors que son regard se perd dans la contemplation de la porte donnant sur la terrasse. Et l’ébauche d’un sourire sarcastique s’appose lentement sur ses lippes. « - Un visage qui semble plaire… C’est ce qui se raconte durant vos pauses café au bureau ? Depuis quand le si prestigieux Weekly Unit joue le rôle du journal torchon avide d’abrutir ses lecteurs de potins ? » Il y a de la moquerie dans ses paroles. Et quelque chose de plus personnel aussi peut être. Une question anodine visant à tester Sa réaction. Lentement, Calyxte tourne la tête et laisse à nouveau ses prunelles se perdre dans les Siennes. Singulières et charmantes. Tout comme Elle.

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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Ven 3 Juil - 18:20

Si elle voulait mener la danse, elle n’en oubliait pas moins qu’elle était là pour travailler. La rouquine ne pouvait se permettre de perdre de vue l’objectif de ce rendez-vous, même s’il semblait vouloir s’étioler de lui-même. Toujours moins protocolaire, moins distancier, moins professionnel... Dire qu’elle venait d’entrer dans la pièce. Pour ainsi dire. À ce rythme, ils en viendraient à... à quoi exactement ? C’était une question juste à laquelle elle n’avait aucune réponse et ne pas en avoir l’agaçait. Qu’avait-il de si différent des autres pour la mettre ainsi dans le brouillard par rapport à ses propres plans ? Elle en aurait sifflé entre ses dents si elle avait été seule. Toujours si sûre de ce qu’elle voulait qu’elle en avait oublié quasiment toute spontanéité dans ses relations, quelles qu’elles soient.
La réponse, glaciale, la fait sourire, un sourire qui se veut légèrement moqueur sans l’être. Elle comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire mais, n’en dit rien. Cette discussion était close, du moins lui semblait-il. Il y avait bien d’autres choses à aborder, plus embarrassantes pour les dirigeants, pour eux aussi du reste.

- « Nous sommes tous les subalternes de quelqu’un, y compris les plus hauts placés. Ainsi va le monde. Le pouvoir est une dépendance, de fait, il faut quelqu’un pour susciter cette addiction. »

Blake était loin d’avoir des pensées révolutionnaires, elle estimait simplement que le gouvernement prenait parfois les gens pour des idiots. On ne pouvait pas éternellement agir de la sorte, faute de quoi, un jour, l’arroseur s’en retrouvé arrosé et la douche n’aurait rien de plaisante. Pas avec le doute qui régnait, pas avec les morts, les disparitions, les changements forcés, les corps mutilés et les bombes. Le gouvernement marchait sur des œufs et il en était probablement plus que conscient.

Son petit tour de fauteuil effectué, elle aurait pu en rester là mais, il se fourvoyait. Quel culot. Il ne se souvenait vraiment de rien. S’en serait-elle seulement souvenue s’il n’avait pas égratigné son orgueil ? Certainement pas. Mais, ça n’était pas le souci.

- « Tu as quatre ans de retard. J’espère que tu es plus rapide que ça en affaire. Même les plus patients enrageraient. »

Elle n’aurait pas dû s’étonner de voir que ce qui retenait son attention était la question de sécurité. L’un comme l’autre, avaient la fâcheuse tendance à vouloir tout contrôler, tout anticiper. Hélas, ils s’empêchaient mutuellement de le faire. Ou alors, la chose était heureuse. Elle ouvrait un monde de possibilités pour cet entretien. Ainsi, même s’il avait arrêté son geste, elle ne l’avait pas manqué. Elle ne savait pas ce qu’il signifiait mais des mystères, il y en avait plus d’un chez Calyxte Breckenridge. Certains dont elle ne soupçonnait rien. Pour l’instant.
C’est un autre sourire qui vint naître sur ses lèvres. Le mystère, elle aimait effectivement s’en entourer mais, son arme favorite était l’espoir. Du moins concernant les hommes qui lui étaient utiles. L’espoir de pouvoir atteindre cette façade hautaine construite de toute part. Tous persuadés qu’elle n’était qu’une faible femme perchée sur ses talons outrageusement hauts. Parfois, il lui arrivait de les haïr pour tant de stupidité. Enfermé dans leurs clichés. Bande d’imbéciles. Dire que certaines femmes ne valaient pas mieux. Désolant.

Ce qu’il avait ensuite ajouté visait trop juste à son goût. Oui, on s’en fichait. Elle se fichait elle aussi de ce genre de choses. Elle se moquait de savoir comment il prenait son café, si seulement il en buvait. Elle se moquait de l’absurdité et de la futilité d’un tel article. Elle n’était absolument pas attachée à ce genre de détail et elle enrageait. Le fait qu’il lui tienne toujours rigueur du précédent rendez-vous manqué était un signal clair. Il ne l’avait pas digéré. Ce qui suivit l’en persuada, convaincue qu’il attaquait très nettement son orgueil de journaliste. Salaud. Elle en aurait presque grincé des dents, faute de se laisser aller à une telle attitude, elle resserra les doigts sur son stylo au point d’en faire blanchir ses phalanges. Se crispant malgré tous ses efforts, elle ne put retenir un regard noir. La franchise, la pire de ses armes prit la première place dans son arsenal. Un sourire mauvais plaqué sur le visage, elle se pencha en avant.

- « À ce stade, ça n’a même plus la valeur d’un torchon. C’est du potin de tabloïde, pas du journalisme. N’importe quelle midinette armée d’un stylo pourrait écrire ces absurdités, le genre à se charger des courriers du cœur de pauvre ménagère célibataire éplorée. Ridicule. »

Elle en referma d’ailleurs son carnet et le posa sur la table avec son stylo, faisant claquer l’arrière cartonné sur bloc contre le bois traité. Croisant les jambes, le regard acéré, elle le fixa dans les yeux. Le défiant de remettre ça sur le tapis. Cinglante, elle s’adressa de nouveau à lui, armée d’un sourire d’un nouveau genre. Mélange de professionnalisme et de prédatrice.

- « Et si nous parlions plutôt de toi ? De ton absence de présence dans les archives ? De cette étrange place qui est la tienne alors quand tu étais major ? De ta fonction à l’assemblée ? De tes activités dans l’armement et des décisions qui en découlent ? Tu es un militaire dans l’âme, pas un gratte-papier de bas étages. Ton ambition actuelle n’a d’égale que ta capacité à tenter de mettre les gens mal à l’aise. Tu es un prédateur, pas un charognard. »

Tout en parlant, elle s’était levée pour contourner la table et lentement lui faire face, posant ses mains sur les accoudoirs et se penchant vers lui, toujours armée de ce sourire affable mais obstinément faux. Elle attaquait, plus tôt qu’elle ne l’avait voulu. Elle détestait cette situation, de savoir que ni l’un, ni l’autre ne pouvait maîtriser cette entretien l’avait presque obligée à établir une relation de force et d’opposition. Il la déstabilisait, adversaire redoutable mais, pas redouté. Elle savait que les attaques ne s’arrêteraient pas là. Pas alors qu’elle avait mis de côté pour de bon la pseudo raison de sa présence ici. Elle savait qu’elle n’écrirait jamais ce ramassis de bêtises. Elle était journaliste et n’était pas payée pour écrire un tissu de banalités d’une inutilité flagrante. Elle méritait mieux que ça, infiniment mieux.
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MessageSujet: Re: Freeze you out (blake)   Mar 7 Juil - 19:50


L’orgueil a été malmené. Il le voit dans les yeux de la rouquine. Et c’est un sourire de satisfaction malsaine qui s’appose sur les lippes de l’ancien soldat. L’attaque était d’une bassesse indigne pour un homme comme lui, mais peu importe. Le résultat est là. Un juste retour de flamme quand elle n’a pas hésité un seul instant à meurtrir son propre égo. Jetant impunément de l’huile sur le brasier pour mieux le voir s’enflammer. Il accueille le regard noir qu’elle lui lance d’un haussement de sourcil qui fait briller dans le bleu de ses pupilles l’éclat de la malice. Elle pourrait être menaçante c’est un fait et une part de lui se surprend à redouter ses possibles colères. Elle pourrait. « - Une excellente description, et portrait d’une réalité criante du genre de personne capable d’écrire de telles choses. Bien loin de la journaliste que tu sembles être. » Lâche-t-il au bout d’un court instant. Les sourcils de l’ancien soldant se froncent alors que son regard dérive le long de la silhouette assise face à lui. « - Reléguer l’affaire aurais pu t’éviter l’embarras de te retrouver aussi bas de l’échelle, non ? » Il désigne du bout des doigts la rouquine et penche légèrement la tête sur le côté. D’autres auraient sauté sur l’occasion, écrire un article empli d’une fausse légèreté pour briser la morne réalité du monde d’aujourd’hui. C’est un fait qui lui a toujours échappé. Que des gens puissent trouver un quelconque plaisir à s’immiscer dans la vie d’autrui par l’intermédiaire d’informations souvent fausses ou arrangées. Si Blake était vraiment venue pour cela, elle n’obtiendrait rien de lui. Les pupilles effleurent le croisement de jambes. Le trouble se niche contre les parois fatiguées de son cœur, incendie ses reins et pousse le sorcier à s’installer autrement sur son fauteuil, soudain inconfortable. Le changement a lieu en un battement de cils. S’appose sur les lippes carmin de la rousse incendiaire sous la forme d’un sourire aussi énigmatique que ceux dont il se pare d’ordinaire.

Les mots qu’Elle distille à son adresse ne font qu’accroitre le trouble ne fait que s’accroitre. Les pupilles se rétractent et c’est de la perplexité qui vient s’apposer sur les traits de fer. Calyxte perd pied. S’enlise dans un immobilisme qui le ronge et qui se prolonge lorsqu’Elle se lève pour mieux venir le dominer. Reculer ne servirait à rien. L’étau se resserre contre sa gorge et le regard azuré s’obstine à éviter les émeraudes inquisitrices le temps de trouver comment se sortir de cette mauvaise passe. C’est une attaque, vile et basse qui fige ses traits dans une expression de profond mécontentement. Qui jure affreusement avec la faiblesse évidente venue briller dans ses pupilles. « - De l’argent glissée dans les bonnes poches, les bonnes paroles distillées contre les bonnes oreilles et les dossiers disparaissent. J’existe dans ces archives, sous les traits d’un commercial aux techniques de vente peu communes. » Il se reprend dans un raclement de gorge et laisse la sécheresse de sa voix distiller des informations qu’il a lui-même érigé de toutes pièces. Le militaire n’existe pas dans les archives. Peut-être dans celles qui dorment quelque part dans des sous-sols poussiéreux et qui recèlent les trésors de l’ancien monde. « - Je suis un militaire tu l’as dit toi-même. L’armement était un de mes talents, un hobby qui me poursuit, rien de bien méchant. » La désinvolture s’échoue contre son épaule. Fuyant encore un instant la menace, le regard du sorcier finit par venir s’ancrer à celui de la journaliste. Il se redresse légèrement sur son siège, réduit la distance entre eux. Il ne suffirait que d’un frôlement, un simple effleurement pour que ses lippes viennent caresser les tentatrices. Une envie sourde qui le prend aux tripes et le met au supplice. Sa seule présence est une odieuse tentation. Une attraction qui le ronge tout entier et qu’il ne parvient pas à apaiser. « - Je retire ce que j’ai dit... Tes recherches frôlent l’excellence. » Il lui accorde ce mérite dans un maigre soupir, sa voix glissant dans les graves pour frôler des notes suaves et entêtantes. La tactique change et l’ancien soldat s’apprête à user de ses charmes pour la détourner de cette conversation qui le dérange.

La prochaine attaque se retrouve pourtant avortée avant d’avoir eu le temps de germer dans son esprit. Détruite par des paroles prononcées plus tôt et qui ne lui revienne en mémoire qu’à l’instant. Quatre ans de retard… Le rempart se brise encore un peu plus, Calyxte cille, à plusieurs reprise. Tente d’effacer le doute, faire taire la folie de l’organe prisonnier contre sa poitrine. Mais surtout, il cherche en vain à se souvenir. Parcourir sa mémoire pour croiser le feu de Ses cheveux. « - Comment as-tu… Quatre ans de retard ? » C’est une évidence qui ébranle son petit monde. Qu’elle le connaisse d’avant sa chute. Deux êtres si différents l’un de l’autre. « - Tu sais tant de choses sur cette époque parce que tu m’as connu à ce moment-là… Quand exactement ? » Ce n’est qu’un murmure qui s’échappe de ses lippes. Le début de sa tirade ne Lui était pas vraiment adressé. Une part de son raisonnement énoncé à voix haute comme pour éviter de s’y perdre totalement. L’assurance glaciale du ténor se dissipe dans un vibrato qui fragilise encore plus l’acier des remparts érigés autour de son cœur. Les pupilles bleutées sondent celles de la journaliste. Elles s’y accrochent, et c’est tout son être qui se suspend à Ses lèvres. La respiration ralentit sa course et les mains du soldat viennent se poser avec une étrange douceur contre les avant-bras de la jeune femme.

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