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 The sun will be guiding you ☄ Sorvio

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MessageSujet: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Dim 21 Juin - 15:30

Il y avait plusieurs choses que Sorn refusaient de reconnaître dans ce monde et il y avait celles qu’il avait fini par admettre, accepter, avec fatalité. De ces choses qu’il admettait, il en était une qui primait sur toutes les autres, l’abandon. Constante de ce monde, il en connaissait un sacré rayon sur le sujet. Généralement, il prenait les devants en gardant une distance conséquente avec ses contemporains, une attitude qui le préservait et qui dissuadait. Il pensait avoir trouvé la parade parfaite mais, Il était arrivé. Têtu. Il avait déboulé dans sa vie sans crier gare. Livio, ce charmant gitan qu’il avait un soir trouvé dans son placard, sans chaussures et doté d’une présence hors norme. L’homme l’avait marqué. Et même s’il s’était échiné à ne pas le laisser prendre trop de place, ce drôle d’oiseau avait fait son nid, apparaissant à des moments étranges avec cette absence de gêne qui le caractérisait. Sorn avait fini par s’avouer vaincu et l’avait laissé s’incruster, allant même jusqu’à le ramasser après une situation désastreuse alors qu’il ne l’aurait jamais fait avec un autre. Malgré lui, lentement, il s’y attachait à ce gitan exubérant et ça, ça faisait partie de ce qu’il refusait de reconnaître.
Sans même qu’il s’en rende compte, cette pie voleuse avait fait son nid et commencé à squatter sa vie. Bien entendu, Sorn n’y avait jamais vraiment cru, l’habitude de l’abandon aidant. Y croire sans y croire, un éternel problème. Alors, quand l’homme avait disparu pendant une semaine, puis deux sans nouvelle, il avait compris. Il ne s’en était pas offusqué. Il avait sans doute fini de jouer avec lui, même si cela l’attristait quelque part parce qu’il l’appréciait. Sorn avait donc cessé de l’attendre, il avait repris sa vie comme autrefois.

De sortie ce soir, dans l’un de ces éternels bars qu’il affectionnait, il avait un peu joué, il avait un peu bu, un peu fumé, comme d’habitude. La soirée promettait de ressembler à tant d’autres... Mais il l’avait vu. Lui. Il était là, assis à regarder dans le vide, son éternelle expression envolée. Une femme à côté de toi tenta d’attirer ton attention mais, Livio semblait abattu. Totalement ailleurs. Et il avait un aspect qui ne laissait pas vraiment de place au doute quant à son état d’esprit. Sorn connaissait bien les états d’esprit, même s’il était incapable de composer avec les siens.
Vexée, la femme qui tentait d’attirer son regard, mit les voiles. Il ne le comprit que trop tard. Son ego s’en remettrait. Elle trouverait un autre jeune homme charmant avec qui passer la soirée et la nuit peut-être. À aucun moment, Livio ne le regarda. Non pas qu’il était imbu de lui-même au point de vouloir qu’il le regarde. Peut-être avait-il simplement envie de passer à quelqu’un d’autre. Il le faisait assez souvent pour pouvoir comprendre ça. Ce qui le préoccupait, c’était ce visage, cette expression de perte, de douleur, d’il ne savait quoi.
Il ne lui fallut pas plus d’une minute pour se décider. Il devait savoir, il devait l’aider. Son cœur d’artichaut avait encore frappé. Ami invisible qu’on oubliait vite, il avait le cœur sur la main et ne pouvait pas s’en empêcher. Alors, quand le gitan se leva et prit la route, il le suivit à bonne distance. Sa veste légère sur le dos, guitare sur les épaules, il tenta de se faire discret. Pas doué pour deux sous, il ne fut jamais repéré. À tout moment, il aurait pu faire demi-tour quand ils entrèrent dans l’un des quartiers les moins fréquentables de la Nouvelle-Orléans mais, il persista. Livio n’avait pas l’air dans son assiette du tout. Sa démarche semblait traînante, lourde, certainement pas son genre.

Loin d’être à l’aise dans ces rues, il était clair qu’il était stressé au plus haut point mais, surtout, inquiet. Est-ce ici que vivait son étrange ami ? A nouveau, sa propre richesse lui sauta aux yeux. Inutile, extravagante, elle était presque grotesque.
Le regardant entrer dans une bâtisse proche de la chute, mal éclairée, aux allures de masure. Non, pas aux allures, c’était exactement ça ! Il comprenait pourquoi Livio apparaissait si souvent chez lui. Comme il le lui avait souvent dit, son appartement était impersonnel, ne lui ressemblait pas mais, peut-être que le gitan y trouvait un luxe qu’il n’avait pas et dont il voulait profiter un peu. Il ne lui en voulait même pas de se servir de lui. Probablement l’aurait-il fait aussi. Il le suivit, passant devant une porte d’où provenait le hurlement distordu d’un poste de télévision qui devait dater de mathusalem avec un son pareil. Il se mordit la lèvre. Qui était-il pour critiquer, peu de gens possédait encore un poste de télé, un téléphone ou même un micro-onde. Comme si le gouvernement ne pouvait rien faire pour ça... Il serra les dents et grimpa les marches rapidement, il venait d’entendre une porte claquer. Mais... comment trouver la bonne porte ? S’arrêtant au milieu de son ascension, il redescendit et ressortit. Peut-être y avait-il un nom quelque part, une sonnette, quelque chose, n’importe quoi. C’est là que quelqu’un sortit de l’immeuble, une vieille femme chargée de poubelles. C’était très opportuniste mais, il n’avait pas des milliers d’options.

- « Bonsoir, je peux vous aidez peut-être ? »

La femme le regarde comme s’il avait possédé une deuxième tête et lui tendit les sacs, tous, en fronçant les sourcils. Sans broncher, il les prit. C’était lourd mais, il les emmena jusqu’aux poubelles. Avec un accent marqué, elle lui demanda abruptement ce qu’il voulait. Mal à l’aise, il avait rendu service pour avoir quelque chose. La vieille femme savait.

- « Je... un ami habite ici mais, je ne sais pas où, exactement. » Voyant son regard inquisiteur, il s’empressa d’ajouter : « Je suis inquiet pour lui. Vraiment inquiet. »

- « Toi, viens avec moi. » Perplexe et surprit, il la suivit jusqu’à la porte d’où provenait il ne savait quelle émission. « Tu as une guitare, joue quelque chose et je te dis où il vit. Quelque chose de chez moi. »

Ce n’était vraiment pas son style de jeu mais, il jouait de tout, dansait même sur tout alors pourquoi ne pourrait-il pas jouer pour elle ? Si ça pouvait lui permettre d’atteindre la porte de Livio, ce serait une bonne chose. Sans indice du « chez moi », il scruta l’appartement et fort de son éducation, put déduire ses origines et finalement le pays. D’accord, repérer un drapeau mexicain n’avait rien de difficile. Il repasserait quand il s’agissait de jouer les Sherlock Holmes.
Sortant sa guitare, il commença à jouer quelque chose mais, devant son air revêche, ça ne convenait pas. Dieu qu’il remerciait son éclectisme en cet instant. Jamais il ne se vanterait d’avoir joué une chose aussi démodée en revanche. Le second morceau passa parfaitement. Un peu plus... amicale, si seulement c’était possible, elle lui indiqua enfin ce qu’il cherchait.

- « La porte avec le machin qui pend, le grigri, pour le mauvais œil. »

Se forçant à ne pas lever les yeux au ciel tant c’était évident, il la remercia alors qu’elle l’obligeait à revenir lui jouer quelque chose. Il fut obligé d’accepter et puis, il pouvait difficilement refuser ça à une vieille femme, même aigrie.
Enfin devant la porte après ses péripéties, il frappa doucement à la porte. Pourvu qu’elle ne se soit pas payée sa tête, même si ça ressemblait bien à du Livio, de mettre un grigri sur sa porte.
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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Sam 27 Juin - 20:06


“I've been seeing all, I've been seeing your soul
Give me things that I wanted to know
Tell me thing that you've done
I've been feeling old, I've been feeling cold
You're the heat that I know
See, you are my sun.”Δ Chet Faker ft Flume | Drop the game.

Il n’a même plus la force de jeter des regard méfiants autour de lui. Il se contente de fixer le fond de son verre, il ne sait même plus au combientième il en est. Il a un gout âpre dans la bouche qui se mélange mal avec celui de l’alcool. Il sent ses entrailles se tordre, il sent sa peau le bruler dessous sa chemise, il sent à chaque mouvement se tirer les cicatrices qui toujours, encore et toujours lui rappellent quelque chose dont il ne se souvient pas.
Depuis combien de temps n’était-il pas sortit de chez lui ? Aucunes idées. Une semaine ? Deux ? il lui aurait été impossible de dire, mais la seule idée de mettre un pied dehors le bloquait complètement, le faisait paniquer. Il n’avait pas vu Niko, il n’avait pas vu Sorn, ni personne d’autre. Peut-être que le contacts de gens aimés lui aurait permis de se sentir mieux ? Mais dans de tels états de détresse ne laissaient place qu’à l’irrationnel. Et puis, il ne voulait pas les inquiéter, leur raconter… Leur raconter quoi d’ailleurs ?
Ses doigts se serrent autour de son verre tandis que son regard se durcit. Il n’avait rien à raconter car les souvenirs de ce qu’il s’était passé restaient bloqués au fond de sa tête, ne ressortant que parfois pour le hanter dans des crises de paniques terrifiantes. Les seuls choses qui lui rappelaient qu’il n’étaient pas fou étaient les cicatrices encore fraiche un peu partout sur son corps. Se rappelant a lui a chaque mouvement.
Pourquoi était-il sortit ce soir ? Lui-même ne savait pas trop. Peut-être parce qu’au fond Livio était un être sociable, qu’il n’avait jamais été habitué à vivre dans une habitation, que s’enfermer au lieu d’être dehors était contraire à ce qu’on lui avait inculqué dans son enfance. Il pensait peut être que se noyer dans la foule comme dans des verres de rhums aurait été la solution à son problème, mais que nenni. Il se sentait mal, vide, creux comme quand parfois il n’y avait personne pour le regarder et qu’il se rendait pleinement compte qu’il n’était qu’un masque de plus sur une farce humaine.
Sur ces pensées moroses qui lui pourrissaient l’esprit il laissa son verre et se leva. Le bar se mit à tanguer autour de lui, peut-être avait-il trop bu mais qu’importe ? Même l’alcool n’arrivait pas à endiguer son état.

Le calme de la rue fit contraste avec la cohue qui agitait l’intérieur du bar, et dans cette ambiance noire, il mit ses mains dans ses poches et tenta de marcher assez droit pour rentre jusqu’à chez lui. Pas assez conscient pour se rendre compte qu’un espion pas très doué le suivait, mais juste assez pour se souvenir du chemin. Il hésita un instant à passer à la nouvelle adresse de Nikolaas, il s’en voulait de laisser son ainé sans aucune nouvelles, sachant que celui-ci qui le connaissait si bien saurait peut être le réconforter. Mais il s’en aurait voulu d’autant plus de lui causer de la peine.
Peut-être Sorn alors ?( Ou alors les deux ensembles… )
Sorn… Il fallait avouer que ce type restait accroché à ses pensées comme une moule têtue à un rocher. O combien il aurait désiré le voir et.. et… Et il ne savait pas. Peut être juste le voir de loin. Mais il avait peur, ou il était mort de peur. Il avait peur que s’il se présentait a lui ainsi il le repousse, le rejette. La plus grande peur de Livio aurait été de ne voir que du dégouts dans son regard. Alors couard qu’il était-il n’avait rien fait.
Il quitta les quartiers lumineux de la ville, l’exubérances de leurs bars pour se plonger dans ce qui était son milieu, sa provenance : les bassesses et la crasse de ce monde. Le Tsigane sillonnait dans les rues, évitant les coins chaud et ce qu’il connaissait êtes des passages désagréables.

Il ouvrit la porte de la pension et se laissa envahir par l’odeur de l’endroit, par le bruit des télénovelas hurlant des « ¡ Cabron! » ou des « ¡ Mi alma ! » a tous va. Un atmosphère familiarise en somme songeât-il alors qu’il se retrouvait face aux escaliers en colimaçon, qu’il tenta de grimper, non sans bien sur tomber plus d’une fois sous les effets de l’alcool.

Il rentra chez lui, et a peine eu-t-il passé la porte qu’il enleva ses chaussures pour les déposer dans un coin, vieilles superstition toujours, et qu’il déboutonna sa chemise pour laisser transparaitre sur son corps plusieurs bandages plus ou moins bien fait et cicatrices en attente de se refermer.
Il se laissa tomber sur une chaise prêt d’une table au milieu de la pièce, sur laquelle se battaient en duels des cartes de tarots, des objets en tous genres, quelques tissus et une petite pharmacie qui avait semblé être utilisée maintes et maintes fois, en témoignait la bouteille de désinfectant à moitié vide.
Soupira d’un air las et passant sa main sur son front, Livio entreprit d’ôter sa chemise et de défaire les quelques bandages qu’il avait sur lui. Défait de ses carcans de gaze il passa ses doigts en frissonnant dessus ces eschares qui se refermaient petit à petit. Bientôt il ne les verrait peut être plus, elles ne laisseraient peut être que quelques fins traits blanc sur sa peau, mais pour l’instant encore fraiche et rouges par endroit, accompagnées de contusions elles le dégoutaient. Il avait chaud, brulait de l’intérieur ne serait qu’à cause de l’alcool dans son sang et de certaines petites cicatrices mal soignées qui s’étaient infectées. Notamment celles dans son dos songeât-il alors qu’il se contorsionnait pour essayer de les atteindre avec un coton imbibé de désinfectant, sans succès malheureusement.
Soudain, on frappa à la porte, tant et si bien que Livio sursauta, lâchant son ouvrage a peine commencé. Ses pensée se mirent à défiler très vite, beaucoup trop vite. Qui ? Qui pouvait bien savoir qu’il vivait ici ? Niko était au courant mais ça ne pouvait pas être lui, c’était pas son genre que de frapper ainsi à la porte.
Il chercha à qui il avait pu faire du tort récemment, mais la liste était bien trop longue pour qu’il puisse y trouver un coupable. Ou alors… Peut-être que celui qui avait fait ça était venu terminer le travail ?
Il se leva d’un coup, brutalement, passa sa chemise sur ses épaule tremblantes et chancela vers l’arrière sa tête lui tournant beaucoup. Sans trop réfléchir, il attrapa un couteau qu’il serra dans ses mains, à tel point que les jointures ses doigts se blanchirent à l’extrême, que ses veines saillirent prête à exploser. Il fit trois pas et, manqua de tomber il se rattrapa à la table, la respiration erratique. Sous ses paupières closes la panique faisait naitre des flashs de lumière blanche, laissant des trainées obscures devant ses yeux. Il sera un peu plus, si c’était possible, le couteau dans ses mains, et d’un pas raide s’approcha de la porte. Tous ses muscles étaient raidis, tendu par la peur, par la panique qui rendait l’air corrosif pour ses poumons. Couteau en main il ouvrit la porte, prêt à se défendre, persuadé que ce qui frappait a une porte n’était jamais rien de bon.
Et là. Le choc.
Il ne s’attendait absolument pas à ce que LUI soit LA. Devant sa porte. Il s’était attendu a tout, avait imaginé les pires scénarios, mais voir Sorn en chair et en os devant sa porte c’était… C’était trop pour lui. Trop d’un coup. Il ouvrit la porte en un peu plus grand, il devait faire peur à voir, en nage, les yeux hagards voilés par l’alcool, la chemise à peine rejetée sur ses épaules laissant voir les traces rougeâtres, les coups qui lui barraient le corps, la respiration saccadée, un couteau à la main.
Ses lèvre s’entrouvrirent, se fermèrent, s’entrouvrirent à nouveau dans une interrogation muette, tandis qu’il tremblait, clignait des yeux pour voir si ce n’était pas là un mirage de son esprit malade, si l’homme qui était à deux pas de lui était bien réel. Il avança sa main libre, brulante et toucha du bout des doigts le buste de Sorn et celle-ci rencontrant une surface solide du bien se rendre à l’évidence. Oui c’était bien Sorn en face de lui. Aussitôt il laissa tomber le couteau qu’il avait dans les mains, celui-ci s’échouant dans un bruit métallique, tandis que la tension qui avait animé le corps de Livio jusqu’ici retombait d’un coup, se yeux se révulsèrent et sans plus de cérémonie il tomba dans les pommes, ou plutôt sur l’homme en face de lui.



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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Lun 29 Juin - 14:56

Si les circonstances avaient été différentes, Sorn ne se serait probablement pas mêlé de ce qui ne le regardait pas. Il se plaisait dans le rôle de l’ami qui se tenait à distance et qui ne réclamait jamais rien tout en donnant tout ce qu’il pouvait dans la mesure du raisonnable. Il n’aurait même pas approché Livio si seulement il n’avait pas eu l’air si perdu, si hagard. Trop bon ami pour son propre bien, et inquiet, il ne pouvait pas faire autrement. Le suivre lui avait semblé la meilleure solution même s’il devait improviser au fur et à mesure. Ça n’était pas tellement son genre d’aller vers les autres sauf que le gitan semblait avoir besoin de quelqu’un. Après tout, si Livio n’avait pas envie de le voir et bien il le lui dirait. Il n’était pas du genre à garder sa langue dans sa poche.

Tout en grimpant les marches après avoir obtenu ses informations, il se demanda bien comment la vieille femme avait pu savoir qui il voulait aller voir. Tellement inquiet, il ne se souvenait même pas s’il avait éprouvé quelque chose de différent face à elle. Inattentif complet.
Il s’était amusé de voir qu’il y avait un grigri sur sa porte. Il avait même souri après l’avoir regardé sous toutes les coutures avant de frapper. Il se serait presque attendu à trouver du sel devant la porte. Certaines personnes faisaient ça pour empêcher les gens qui leur voulaient du mal de la passer et d’être à l’aise. Un indicateur qu’ils disaient. Il n’avait jamais testé lui-même mais, oui, il était vraiment presque étonné de ne pas en voir ou en entendre crisser sous ses pieds.
Quand la porte s’ouvrit sur un Livio totalement débraillé, le torse recouvert de marques et un couteau à la main, il ne sut quoi faire. Sorn cavait toujours vu le gitan joyeux, démonstratif, excessif, s’amusant de tout et plaisantant avec tout. Et là, il l’avait, face à lui, dans un état de panique total. Que lui était-il arrivé bon sang ?

Visiblement, Livio ne s’attendait pas à le voir, pas plus qu’il s’attendait à le voir dans cet état. La porte s’ouvrit plus grande alors qu’il ne semblait pas savoir quoi dire. Lui non plus à vrai dire. Que pouvait-il dire devant une situation pareille. Il en aurait presque froncé les sourcils s’il n’avait pas eu peur que cela fasse mal réagir le gitan. Il était réellement à l’opposé de l’impression qu’il lui avait faite en sortant de son placard le premier soir.
Sans bouger, le lièvre se laissa toucher, comme s’il se doutait qu’il valait mieux le laisse s’assurer qu’il était bien là. Enfin, le couteau tomba mais, il ne fut pas le seul. De justesse, Sorn pu rattraper son ami. Il n’était pas le type le plus fort du monde mais, vu qu’il n’était pas bien lourd, l’emmener jusqu’au canapé ne se révéla pas être une tâche des plus ardues. Une fois cela fait, il alla refermer la porte, à clef, ramassa le couteau et le posa sur la table où était exposé un tas de matériel plus ou moins vaseux. Lui qui avait fait des études de médecine allait devoir s’y remettre rien qu’à voir tout le matériel. Livio étant hors service, il se délesta de sa guitare, qu’il posa dans un coin, de sa veste aussi et... de ses chaussures. La vieille femme en bas lui avait fait une remarque sibylline à ce sujet. Remarque qui ne l’avait pas touché jusqu’à entrer dans l’appartement. Le pourquoi du comment, il l’ignorait mais, cela devait sans doute faire partie d’une superstition.

Sorn retira donc la chemise et découvrit le désastre mal soigné. Pas étonnant quand on ne pouvait pas réellement atteindre son dos avec facilité. Il s’occupa donc de chaque plaie, petite ou grande, avec douceur et précision. Il ignorait ce qui avait pu causer ça mais il n’appréciait pas de le voir. Pourquoi est-ce qu’il n’était pas venu le trouver ? Il savait plus ou moins qu’il avait été toubib ou presque. Il soupira et fouina à la recherche de bandage propre pour terminer son travail. Il aurait pu faire un meilleur travail mais, il n’osait vraiment pas sortir alors qu’il était dans cet état. Il s’installa finalement à côté de lui, assis du cul part terre et attendit qu’il se réveille.

- « Pourquoi tu n’es pas venu me voir Livio ? Hein ? »

Il lui caressa la main et patienta, c’était tout ce qu’il pouvait faire. Il s’alluma une cigarette pour tuer le temps, tendant l’oreille pour écouter les rares vieux postes de télévision cracher de l’espagnol. Il n’aurait pas l’image mais, au moins, il ne baignait pas dans le silence, lui qui avait une sainte horreur de ça.
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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Ven 3 Juil - 23:09


“I've been seeing all, I've been seeing your soul
Give me things that I wanted to know
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I've been feeling old, I've been feeling cold
You're the heat that I know
See, you are my sun.”Δ Chet Faker ft Flume | Drop the game.

La dernière chose qu’il avait en tête avant de sombrer était la chaleur de Sorn au bout de ses doigts. Sa dernière sensation, son odeur lorsqu’il tomba entre ses bras. Si cette présence lui avait coupé tous les fils, toute la tension qui le retenait jusqu’alors, cela ne l’avait pas empêché de sombrer, de tomber en lui-même et de se noyer dans la mêlasse noire de sa tête.
Il sentait brièvement, ou plutôt par reflexe les mains fraiches sur son derme, entendait les voix par intermittence alors que comme Alice, il avait l’impression de tomber dans un puit sans fin, ou se mélangeait folie et irréel. S’il savait ô douce ironie, qu’il venait de tomber dans les bras du lapin blanc.

C’est noir, tout est noir autour de lui. Il ne sent plus rien, ou plutôt la douleur semble tant étendu a tout son corps qu’au final il se prend à l’imaginer comme une chimère de son esprit. Il a froid, très froid. Ou plutôt trop chaud, si chaud qu’il en devient froid. En fait il ne sait pas. Il est complètement désorienté. Il a beau supplier, hurler de terreur, il a beau sentir les alarmes venir piquer ses yeux et rouler le long de ses joues, comme un gamin en plein milieu d’un cauchemar. Sauf qu’il n’est plus un gamin, malgré son apparence quelque peu juvénile. Sauf que pire que tout cela, le cauchemar est réel et il le sait.

Dans la réalité sa respiration se fait haletante, il remue sur le canapé, menaçant de défaire ses bandages, marmonne quelque chose pour retombe dans cette inertie, cette immobilité mortuaire. Un goutte de sueur roule sur sa peau brulante, la lèche malignement lui faisant croire qu’elle peut la refroidir.
Puis dans un coup de panique, il se met à serrer la main qui caresse la sienne, entremêle par reflexe ses doigts brulants, palpitant de tout le sang affluant nerveusement dans ses veines, contre celle plus calme qui le rassurait par son touché.

Dans le rêve le décor change. Il fait toujours noir, mais il entrevois quelques lueurs à travers le tissus qu’il a sur la tête. Une silhouette se détache et danse devant lui, s’affaire, rit. Mais il ne saurait dire si elle est mâle ou femelle, si même… Elle est humaine.
Mais bientôt elle s’approche, elle s’approche de son pas lourd. Livio panique et tire sur les liens qui lui entaillent les mains, il voudrait fuir mais ne peut pas. Il voudrait crier mais avant qu’il n’ait pu faire quoique ce soit, une main attrape son nez et le pince pour le boucher, tandis que l’autre elle fait ruisseler de l’eau sur son visage. Celle-ci s’infiltre dans sa bouche, il tente de cracher, de respirer tout de même , mais elle lui coule dans les poumons, l’empêche de respirer, et quand il croit tourner de l’œil à cause du manque d’air, l’autre le laisse reprendre son souffle à grand renfort de toux qui lui usent la trachée. Et il recommence inlassablement, chaque fois Livio tremble, prie pour que cela arrête avant qu’il ne se noie pour de bon.
L’eau bloque son visage bloque son souffle. Et il ne peut plus respirer.

Il se raidit sur le canapé, et sa prise sur la main se fait plus forte, il tremble : depuis déjà près d’une minute il a arrêté de respirer, ne laissant échapper qu’un gémissement horrifié. Puis d’un coup, il se réveille, un hurlement de terreur bloqué au fond de sa gorge. Et ses poumons de se remettre à travailler, à faire regagner l’air a son cerveau, a son corps entier. Et l’oxygène de rentrer à grand bruit, de lui bruler la gorge comme de l’acide. Sa respiration est erratique, ses yeux dans le vague, encore à moitié dans son rêve. Il ramène ses genou contre lui, les yeux humides et presse la main dans la sienne contre son torse. Il reste comme ça, prostré quelques instant, tentant de calmer sa respiration furieuse qui lui tourne la tête, l’alcool dans son sang qui soulève son estomac.

Mais petit à petit ses pensées semblent se reconnecter et Livio redescend sur terre. Il sursaute, et lentement desserre ses doigts, regardant interloqué la main qu’il tient. Il fronce les sourcils, il suit du regard les lignes de cette main, redescend le long du bras pour rencontrer le visage Sorn. Plusieurs expression passent tour à tour sur son visage, et puis d’un coup il se lève, chancelant et l’attrape par le col. Sa poigne est forte, plus que sa force habituelle , encore à moitié encore dans sa panique.

« Q-Qu’est-ce que tu fais là ? Tu devrais pas être là. P-Personne ne devrait être là. J-je… Personne doit savoir où J-j’hab… S’ils savaient j-… Je.. Ils me.. Et puis ils te.. qu..» Il regarde paniqué le visage de Sorn ses yeux le parcourent de long en large, mais ses mots ne sont qu’une litanie sans queue ni tête. « Q-Qu’est-ce –que tu fais là, c’est dangereux p-pour toi. » Lâche-t-il plus doucement, desserrant sa poigne sur son col lentement. «  c’est pas un coin pour toi ici, c’est dangereux pour toi. T-t’es pas d’ici, ils savent. J’veux pas que.. que tu.. qu’il t’arrive un.. J’veux pas q-». Il se tait.
Il se laisse tomber à genou, sans aucune manière pour son corps malmené et pose sa tête au creux du cou du blond. Il déglutit, agité par un sanglot qu’il essaie d’étouffer contre l’épaule de son vis-à-vis tandis qu’iI passe ses mains dans son dos, s’agrippant a sa chemise et pressant plus son corps contre le sien. Sa peau brulante contre celle de Sorn, plus fraiche, lui arrache un soupire. Son odeur aussi le rassure. Il sent les agrumes, la fumée et le whiskey. Il ferme ses yeux rougis.
Et puis là, il se rend compte qu’il lui avait vraiment manqué.

«  J’veux pas que tu partes » Souffle-t-il la voix brisée.

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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Sam 4 Juil - 2:21

En suivant Livio, il ne pensait pas être confronté à quelque chose de ce genre. Il s’était inquiété mais, il était loin de se douter du véritable état de son ami. Il l’avait suivi parce qu’il avait l’air mal mais ça... ça, c’était largement plus gros que ce qu’il avait imaginé. Personne n’ouvrait la porte avec un couteau à la main, personne ne s’évanouissait comme ça sur son perron. Mais, surtout, personne ne restait dans des états comme celui-là pendant ce qu’il soupçonnait être une période déjà bien trop longue à son goût. Pas alors qu’on connaissait quelqu’un qui pouvait vous soigner.
Avec douceur, il traita chaque plaie, chaque entaille, chaque coupure, les désinfectants, faisant du mieux qu’il le pouvait avec ce qu’il avait sous la main. Une tâche facile quand le patient restait dans les vapes quoi qu’il fasse. Il l’avait pensé du mieux possible avec ce qu’il avait même si ça n’était pas génial et puis, il n’avait pu qu’attendre, attendre et le voir passer par toutes les étapes de ce qui semblait être un cauchemar particulièrement atroce. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était attendre, laissant sa main sur la sienne pour tenter de le tranquilliser, lui murmurant quelques mots pour l’apaiser, sans grand succès. Une telle impuissance n’était pas pour lui plaire. Ressemblait-il à ça, lui aussi, quand les cauchemars l’étreignaient la nuit au point de parfois ne pas vouloir se laisser sombrer ou de vouloir goûter à nouveau à cette sensation de vide ?
Abandonnant sa main à l’emprise de Livio, il oublia d’écouter les environs, incapable de se focaliser sur autre chose que le gitan agité dans le canapé. Le silence, il n’en avait plus vraiment cure. Il était plus inquiet que jamais lorsqu’il cessa de respirer. Ecoutant son cœur en pleine course alors qu’il refusait de prendre de l’air, il chercha son pouls, pourtant parfaitement au fait qu’il en avait un. En quelques secondes, il avait oublié les bases les plus élémentaires, il perdait ses moyens. Le pire fut peut-être sa réaction au réveil. Il se laissa entraîner sans dire un mot, préférant qu’il reprenne à nouveau conscience de sa présence. Tout ça était trop violent pour être anodin et pour qu’il ne se soit rien passé pendant ce silence radio et son absence.

Sa réaction soudaine quand il réalisa à nouveau qu’il était là le surprit totalement mais, il ne fit rien, ne sachant pas si Livio était en train de délirer ou non ou s’il y avait une raison à cela. Il avait conservé en mémoire de nombreuses choses de ses années de médecine, y compris comment réagir à ce genre de situation même si l’idée de devoir agir ainsi le mettait mal à l’aise.
Ses propos incohérents, son incapacité à terminer les phrases, tout ça n’était dû qu’à une chose, la peur qu’il lisait dans son regard. Habituellement, cette expression, il aurait pu la voir dans un miroir. Sentir enfin sa poigne se relâcher était bon signe, le calme allait revenir, du moins pour le moment. Enfin, Sorn comprenait un peu mieux les raisons de sa panique mais, ça ne pouvait pas suffire.

- « Il ne va rien m’arriver. Ça va aller. Je cours vite et je peux me planquer facilement s’il le faut. Ne t’inquiète pas pour moi. J’en ai vu d’autres. D’accord ? Et puis tu as un chien de garde très efficace. »

Bien qu’il n’avait pas vraiment le cœur à plaisanter, il s’était senti obligé d’essayer de le faire sourire. Lorsque Livio se laissa tomber devant lui pour cacher son visage dans son cou, il eut réellement mal au cœur et à l’âme. Comment avait-on pu faire du mal à quelqu’un comme lui ? Alors, une fois les mains du gitan fermement agrippé à lui, il le prit dans ses bras.

- « Je ne vais aller nulle part si ce n’est à la pharmacie pour pouvoir te soigner correctement. Mais pas maintenant. Allez viens. »

La demande lui faisait mal. Mal parce qu’une fois qu’il irait mieux, le gitan voudrait sûrement laisser tout ça derrière lui, lui compris. Il en avait l’habitude mais, cette fois, cette constation était plus douloureuse que d’habitude.
Lentement, il l’aida à se relever pour qu’ils puissent s’asseoir dans le canapé, se rendant à peine compte qu’une des babioles de Livio avait probablement contenu de l’argent et l’avait légèrement brûlé.

- « Est-ce que tu veux quelque chose ? »

Il aurait dû lui demander de lui raconte, insister pour qu’il se repose mais, il doutait que ce soit une bonne idée. Son réveil mouvementé était trop récent, ça n’était pas le moment. Lui-même aurait refusé de se rendormir après ça, trop effrayé, trop agité. Il était déjà passé par là ou du moins, à quelque chose qui ressemblait un peu à ça, il savait donc plus ou moins comment réagir.
Demain, il prendrait très certainement congé pour quelque jours, veiller sur Livio, s’occuper de lui jusqu’à ce qu’il ne lui ouvre plus sa porte ou le mette dehors. Mais, ce soir, il le gardait contre lui, pour le rassure, pour lui offrir une présence qu’il connaissait ne fut-ce qu’un peu. Il était tenté de contacter Nikolaas mais, il ne savait pas comment et encore moins où le trouver. La chose aurait parue très étrange alors qu’il ne l’avait pas revu depuis la nuit qu’ils avaient passée ensemble. Cela dit, il était fort peu probable que le gitan veuille une présence de plus, ce qui était salutaire pour lui qui n’avait aucune envie de s’interroger sur ses relations pour le moment. Surtout pas sur son attitude présente et sa présence ici, dans cet appartement qu’il n’avait jamais vu avant.
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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Lun 6 Juil - 19:43


“I've been seeing all, I've been seeing your soul
Give me things that I wanted to know
Tell me thing that you've done
I've been feeling old, I've been feeling cold
You're the heat that I know
See, you are my sun.”Δ Chet Faker ft Flume | Drop the game.

Il se sent dans ses bras comme de retour en enfance. Il se sent comme un gamin réveillé d’un cauchemar, poursuivit par les ombres tapies dans les coins de sa chambre. Il se sent misérable, vide, et ce constat ne le fait qu’appuyer un peu plus sa poigne sur le vêtement de son ami.
Sa respiration est difficile tant il sent qu’à chaque goulée d’air inégale qui réinsuffle vie a ses poumons, il peut craquer. Il sent que contenir ses larmes, ou même son mal être devient plus dur. Seul, peut être que seul il aurait complètement craqué, mais la présence à ses côtés, cette présence inespérée, semble être le seule rempart, la seule digue à la tempête qui s’abat sur lui.
Il repense à ces mots sans queue ni tête qu’il vient de lui servir, a cette litanie de rêveur et qui pourtant trahissent bien ses premières pensées à son égard.  Ici ce n’est pas un endroit pour Sorn, ce n’est pas un endroit semblable aux quartier qu’il fréquente, les quartiers qui sont les siens.
Ici c’est sale, c’est une jungle, on ne trouve que la fange et les recoins sombre dans lesquels se terrent les ordures de son genre. Oui, voilà.  Après tout c’est bien la vie de Livio, et il n’est qu’ordure parmi les ordures. Plus putride et immonde encore que ses pairs puisqu’en se pavanant dans les quartiers qui ne sont pas les siens, il se fait passer pour autre. Une ordure qui se fait passer pour un diamant. Qui trompe, qui ment, qui se joue du monde.
Et qui par la même occasion, se joue de Sorn aussi ? après tout il ne lui a jamais rien dis de sa condition, voilà qu’il se sent coupable d’un mensonge par omission.
Le seul constat qui lui reste en tête, c’est qu’ici n’est pas un endroit pour Sorn. Lui qui brille, qui rayonne comme un soleil peut être dans la naïveté de sa classe, mais aussi par sa personne. Et il la sens cette chaleur, qui traverse son corps meurtrit au contact de cette autre qui n’est pas lui. Il sent ce rayonnement le calmer, s’immiscer avec douceur sous son derme, le faire frissonner comme redevenu vierge.
Mais voilà. Ici dans les bas-fonds, mieux vaut être terne, mieux vaut être ordure comme toutes autres choses, car vient toujours le moment où dans l’obscurité cette lumière vous trahis. Vient toujours le moment où les autre se chargent de vous éteindre, de l’intérieur.
C’est comme ça que sont les gens ici, éteint. C’est comme ça que sont les gens comme lui, comme Nikolaas : ternes quand ils ne portent pas leurs masques. Vides et flasque, sans consistance, sans essence quand personne ne les regarde. Ils sont des ordures de la pire espèce : des ordures qui se voilent la face.
Et voilà une chose dont il avait peur, au fond de lui, au-delà du fait qu’il désirait Sorn, au-delà du fait qu’il ne pouvait pas se le sortir de la tête, au-delà du fait qu’il l’avait dans la peau.
Il avait peur du jour où il ferait tomber le masque devant lui, du jour où il découvrirait l’être terne qu’il était, l’ordure maquillée. Et plus que toutes autres choses, il avait peur de l’éteindre.

Il se laissa faire comme un enfant, et sursauta quand il senti ses bras se refermer autour de son dos dénudé, s’y laissant aller une fois de plus, savourant se contact qui apaise la course folle de son cœur en berne. Comme s’il était protégé entre ses bras, de toutes ses peurs tapies dans le noirs et le silence. A la réflexion sur sa logeuse, le gitan ne peut s’empêcher de sourire contre la peau de Sorn, un petit sourire éphémère, pâle comme les premières lueurs du jour et fin comme du papier à bible, mais un sourire tout de même.
Et puis il promet. Il lui promet de rester. Et cette promesse, petite promesse égoïste car il ne faudrait pas qu’il reste ici pour son propre bien, devient son pilier. Il suit les mouvements du blond comme un pantin triste, se laissant guider, se laissant faire sans rechigner.

Assis sur le canapé, il regarde dans le vide, sa tête pique de temps à autre vers l’avant et il ne peut garder un équilibre. Il lutte, il ne veut pas replonger, il ne veut pas se rendormir car il sait que cachées dans un recoin de sa tête il y a ces choses dont jamais il ne peut se souvenir, comme une épée de Damoclès prête à lui tomber dessus.
La chaleur de son corps lui est insupportable, il brûle de fièvre pauvre idiot, mais ses plaies lui font moins mal elles ont été soignée par des mains expertes. Il ramène une nouvelle fois ses genoux contre son torse et passe une main dans ses cheveux. Ils sont humides, désordonnés, quelques mèches ébènes collée à son front. Il se mord la lèvre.

« J-… Je suis désolé » Commence t’il, éludant totalement la question de Sorn. « j’aurais pas dû te laisser sans nouvelles mais je… » il déglutit fuyant le regard de celui qui est assis à ses côtés.  «  J’avais peur. » Le ton de sa voix est sans appel et il n’a pas besoin de terminer sa phrase. Il avait peur.
Il avait peur de sa réaction.
Il avait peur qu’il le juge.
Il avait peur de le décevoir.
Il avait peur de l’inquiéter.
Pire que tout, il avait peur de le dégoutter.
Voilà pourquoi il fuyait totalement son regard.

Il laisse le silence se réinstaller entre eux, doucement. Livio avait peur du silence. C’est l’une de ses angoisses les plus viscérales depuis cette nuit-là, il y a quelques années. Mais fort heureusement pour lui, la bâtisse et le quartier ne sont jamais de repos, jamais en silence, et toujours ruisselant de voix, des rires comme des cris, de hurlements comme de musique. Et toujours. Toujours l’immarcescible télévision de la señora qui résonne dans la piaule de Livio. Comme maintenant, meublant l’absence de paroles, des dialogues résonant de langues latines ponctué de « Cabron » pour les mots les plus dur, ou les niaiseries et autres mot doux perchés au bouches des amants les « Cariño », « mi vida », « mi suerte ».

Livio écoute, focalisant son attention sur les dialogues, et un rire un peu fade agite ses épaules, traversant ses lèvres.
« J’ai déjà entendu cet épisodes. Roberto rentre tout juste de Buenos Aires, et Pilar sait qu’il l’a trompé là-bas. Il essai de sauver son mariage à cause de la pression de sa famille, mais Pilar menace de le quitter. C’est le dilemme. Jusqu’à ce qu’elle lui avoue qu’elle est enceinte… »  Récite-t-il comme un petit automate, un sourire absent aux lèvres.
Mais parler lui fait mal et il a la gorge sèche, il est pris d’une quinte de toux qui semble comme une grande goulée d’acide dans sa gorge abimée. Il essai un instant de se lever, tentant d’aller se chercher de l’eau, poussant sur ses bras pour se décoller du canapé, mais y retombe lamentablement, ses jambes refusant pour l’heure de le porter.
Il passe une main sur son visage, ses traits son tirés, et ses yeux se reposent timidement sur Sorn.

« a-ah… Il y a de l’eau dans la cuisine, un robinet, tu peux… tu peux m’en rapporter s’il te plait ? » demande-t-il, murmurant presque.

Peut-être devrait-il manger aussi,  pour reprendre des forces ? Mais il sait pertinemment que dans les tiroirs de la cuisine miteuse il n’y a que de la poussière et peut être un attrape souris, perdu au milieu de la vaisselle ébréchée. Il a depuis longtemps appris a tromper la fin, a ne manger que quand c’est nécessaire, a oublier de manger parfois, n’ayant pas toujours les moyens pour, préfèrant voler de quoi se sustenter a l’étalage.
Drôle de vie que la sienne.


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MessageSujet: Re: The sun will be guiding you ☄ Sorvio   Mar 21 Juil - 23:33

Que lui était-il donc arrivé pour qu’ainsi, il ait besoin de s’agripper à lui ? Sorn ne voulait pas imaginer bien sûr. Son esprit était trop fertile, trop prompt à imaginer le pire. Pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter, de vouloir apprendre ce qui s’était passé. Mais, au fond, que pouvait-il faire face à ses terreurs et ses cauchemars ? Rien... Rien, car rien n’éloignait jamais bien longtemps les siens. Ça ne l’empêcherait pas pour autant de l’aider à lutter. S’il avait l’occasion de l’aider un peu à éloigner ses propres nuages noirs, il le ferait. Il était ainsi, il voulait veiller sur les gens même s’ils ne seraient que de passage dans sa vie. Alors, malgré ce que Livio lui avait dit sur le fait que c’était dangereux d’être là, il resterait. N’avait-il pas assisté à ses cauchemars ? N’étaient-ils pas restés quand même, le prenant dans ses bras lui aussi ? Oh, il s’était toujours dit que ça n’était que de la pitié. Que le gitan haut en couleur qu’il était l’avait réconforté par obligation, par gêne. Ils n’en avaient pas parlé, Sorn avait fait tout son possible pour éviter ça et il y était arrivé.
L’un et l’autre omettaient, aucun n’avait jamais rien raconté. Jusqu’à présent, ils n’avaient fait que passer du bon temps ensemble au fond. Rien d’autre. Vraiment rien d’autre. Et ces quelques moments l’incitaient à rester là, pour aider, parce qu’il était inquiet pour cet homme d’ordinaire démonstratif et extravagant.

Le couvant de ses bras, le laissant s’accrocher à lui, il préférait rester silencieux, attendant qu’à nouveau, le gitan parle de lui-même. Il ne voulait pas imposer la discussion, il ne pouvait pas savoir comment il réagirait après tout.

- « T’inquiète pas pour ça. Ça n’a pas d’importance. » Peut-être que si. Peut-être que non. En fait, il ne savait pas si ça en avait. Il ne pouvait pas lui dire qu’il avait l’habitude, que c’était fréquent. Livio avait besoin de réconfort, pas de se sentir coupable de quoi que ce soit. « L’important maintenant, c’est que tu ailles mieux et on va s’occuper de ça. »

Le son des télévisions, les émissions qu’elles crachaient emplirent rapidement la pièce. Immeuble fait de murs si fins qu’on pouvait aisément savoir ce qui se passait chez son voisin. Sorn aurait apprécié, sans aucun doute. Lui qui haïssait les véritables silences pouvait parfois devenir fou entre les murs de son propre appartement. Sauf qu’il ne pouvait pas s’y soustraire... Charmante cage à lapin pour riche fils perturbé.

- « Tout le monde sait que dans ce genre de série, ça ne finit jamais bien. Le spectateur aime trop voir ses chouchous se déchirer. Même s’ils reviennent souvent l’un vers l’autre. C’est couru. »

Parfois, ça marchait comme ça aussi dans la vraie vie... mais, c’était rare. La vie, la vraie, était une emmerdeuse, un enfant capricieux. Certains souffraient plus que d’autres et d’autres pas assez ou alors trop. Rien n’était juste. Jamais. Et puis parfois, c’était les mauvais qui avaient la paix et les bons qui payaient. Lui ? Et bien il était au milieu, payant tout en restant sans être le pire ni le meilleur.
La quinte de toux le sortit de sa contemplation morbide du monde. Il avait du mal, ces derniers temps, à éloigner l’horreur et le noir. Tendant les bras par réflexe, il empêcha Livio de retomber trop durement. Il était vraiment épuisé.

- « Je m’en charge. Allonge-toi un peu, ça te fera du bien. »

Il se leva pour aller lui chercher un verre d’eau, découvrant le capharnaüm sans s’en offusquer. Il avait toujours bien imaginé que c’était le genre du gitan. Lui-même n’était pas un fervent défenseur de la vaisselle propre. Explorant un peu les placards pour lui faire grignoter un truc, il déclara forfait. Il devrait se contenter du verre d’eau, ce qui le contrariait. Manger lui aurait sans doute fait du bien aussi même s’il ne l’avait pas réclamé. Faire livrer dans le coin, personne ne le voudrait, pas même pour une grosse rallonge de pourboire.
Revenant avec un grand verre d’eau fraîche, il se réinstalla. Il pensait toujours à la nourriture. À cette heure-ci, il aurait tout juste la chance de trouver un vendeur de cochonnerie quelconque et il avait promis qu’il ne bougerait pas, pas même pour aller chercher du meilleur matos à la pharmacie. Finalement, il trancha.

- « Je pourrais peut-être sortir en vitesse, aller nous chercher un truc à manger et passer par une pharmacie de garde encore ouverte. Ça te ferait du bien. »

Il mettrait en pratique sa super endurance de gibier. Un petit footing vite fait pour éviter de se faire repérer dans le quartier trop vite, puisqu’apparemment, Livio avait peur pour lui dans le coin, ou pour il ne savait quoi.
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The sun will be guiding you ☄ Sorvio

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