AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Always want to play. But you never want to lose. [Loon]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mer 24 Juin - 21:11

Le « Amy » que tu as parié se transforme en « Aimée ». C'est étrange, tu fronces les yeux, réfléchis, cherche l'accent. Puis tu plonges dans tes racines lointaines, celles qui se rapportent à ton enfance. Avalant la grande bouchée de la pomme que tu viens de croquer, tu finis par redresser la tête vers elle.

« Aimée, c'est français ? » demandes-tu très exactement dans cette langue.

Comme avec l'allemand ou l'anglais, tu n'as pas le moindre accent, parce que ces deux langues sont, avec celle que tu viens d'utiliser, les langages utilisés par tes deux mères pour t'apprendre la vie. Tu les as parlées tour à tour, incité par tes parentes qui te faisaient souffrir en changeant parfois de langue en plein milieu de la journée, avant de finalement les maîtriser toutes les trois. Malgré tout ta plus grande facilité réside dans l'anglais New Yorkais. Si tu n'as aucun mal à comprendre le français et l'allemand, tu as davantage de difficultés à les parler. Mais il semblerait que la phrase que tu viens de prononcer soit grammaticalement juste.

« Disons que c'est la seule manière qui m'est venue à l'esprit pour te remettre les idées en place. Tu es pleine de violence, Aim'. »

Et tu supposes que tu ne lui apprends pas. Tu recommences à croquer dans ta pomme, attaquant son tronc, le truc que personne ne mange et jette dans une poubelle proche alors qu'il est parfaitement comestible. Petit à petit les pépins te viennent alors qu'Aimée se décide à se lever pour aller taper dans le saladier qui se trouve sur la table. Tu la vois planter la fourchette dedans et en croquer une bouchée. La bouche pleine, tu ne peux t'empêcher de sourire. Tu te soucies vraiment d'elle comme si elle figurait cette petite sœur que tu n'as jamais eue. Ou que tu n'as jamais été, puisque tout le monde croyait, avant ta naissance, que tu serais une fille.
Tu te rappelles de sa question et préfères finir ta pomme. Elle a fait un gros effort en te confiant des états particuliers de sa vie, autant que tu en fasses de même. Tu avales les derniers morceaux de pomme, suces les résidus de jus sur la pulpe de tes doigts avant de les joindre dans le triangle de vide que forment tes jambes croisées.

« Je m'appelle Warren. Je ne l'utilise jamais car il rappelle les origines allemandes que je n'ai pas connues et qui à mon sens, ne me ressemblent pas. C'est cependant celui de mon état civil. J'utilise Loon pour tout le reste, y compris pour des trucs pas forcément nets. »

Tu alignes distraitement les pépins de la pomme en face de toi, sur la table basse, avant de reporter ton attention sur elle.

« Je fais partie d'un groupe de Résistance contre le gouvernement, c'est pour ça que j'en connais un rayon sur les activités illégales, et que je sais que celle à laquelle tu t'attachais risquait à coup sûr de te faire tuer un de ces quatre. J'anime une radio pirate, quelque part dans le Bayou, beaucoup plus sûr et tout aussi efficace. J'ai un nom de code. Si jamais le Gouvernement vient à s'intéresser à moi, c'est ce nom de code qu'il va chercher, ou dans le pire des cas, ce sera Loon, pas Warren. C'est pour ça que je ne donne jamais mon prénom à personne, tu es l'une des rares qui le connaît. Ainsi, si quelqu'un a l'idée de me dénoncer...il ne pourra jamais le faire en totalité. »

Voilà pour ta petite histoire. Tu décroises de nouveau tes jambes avant de rassembler les pépins dans ta main.

« Qu'est-ce que tu allais dire ? Tu as commencé une phrase, finis la. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mer 24 Juin - 22:36



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

Je lui avais donc dit mon nom. Je ne m’attendais à rien, ce n’était pas quelque chose de mal à proprement parler, juste que je préférais ne pas le faire, c’était mieux comme ça. Je lui avais aussi demandé son prénom, parce qu’il savait maintenant le miens. Pourtant, il me répliqua en français, ce qui me fit sourire, parce que le peu que j’avais appris remontait à ma mère et sa passion des langues. J’avais 8 ans à l’époque, mais j’avais tenté de le garder en vie et en prison, j’avais le temps d’apprendre quand même. Alors c’est en français, avec un légère accent tout de même que je lui répondit :

-Oui, ma mère aimait les langues, mais…

Je cherchais à continuer ma phrase, aligner la syntaxe difficile. Me la rappeler à mon bon souvenir. Le plus dur, c’était de mettre les mots dans le bon ordre, au bon temps et avec le bon féminin ou masculin.

-…après sa mort, j’ai appris seule.

Parce que ce n’était pas avec mes deux frères que j’allais vraiment apprendre quoique ce soit hein, autre que de voler des voitures, entrés par infractions, manipuler une armes, me battre, courir et tout, ça ils avaient su m’apprendre, pour le reste c’était une autre histoire. On voyait bien quand même que l’anglais était ancré en moi, que j’étais plus à l’aise, mais j’arrivais à formuler de bonnes phrases, alors ça allait. Je lui avais aussi répliqué que j’avais mérité la baffe, parce que c’était le cas. Surtout quand on savait comment il était au final. C’était la seule manière qu’il avait trouvé pour me remettre les idées en place, mentionnant que j’étais pleine de violence. Il était retourné à mon surnom, c’était bien comme ça. Pourtant, il avait raison, j’étais violente, j’en étais consciente, violente et brutale et avec moi aveu de tout à l’heure… il allait me prendre pour une dingue et retirer tous les couteaux de l’appartement. Non, je rigole, je savais qu’il me faisait minimum confiance quand même, il était sincère.

-Je sais.

Mais je n’y pouvais rien, j’étais comme ça. J’avais cette rage de vivre et je ne pouvais rien faire contre. Du moins, pas dans l’immédiat, j’aurais peut-être pu la travailler, l’atténuer, mais j’avais peur que sans cette flamme de violence en moi, la vie ne me bouffe toute crue. Donc, je préférais lutter de toutes mes forces, tout le temps. Même si après, je ruinais ma vie en passant de mauvaise décision en mauvaise décision. Je le regardais continuer de manger sa pomme, il s’attaquait au cœur, chose que je ne faisais jamais. Pas que ce n’était pas comestible, juste que je n’aimais pas la texture différente du centre. J’avais commencé une phrase que je n’avais pas terminée, cherchant à passer à autre chose, j’avais été cherché à manger. Il avait tendance à s’inquiéter, aussi bien lui montrer que j’étais douée pour combler mes besoins primaires toute seule, genre manger et musique. Quoi? C’était tout non? Oh, il y en avait d’autre? On s’en fiche. J’avais donc commencé à piger dans le saladier. Espérant juste changer de sujet. Un truc léger genre, film ou autre, je sais pas. Ça m’avait pris un instant avant de réaliser qu’il répondait maintenant à la question posé un peu plus tôt. Il s’appelait donc Warren. Il m’expliquait aussi pourquoi il n’aimait pas son nom. Il continuait en disant que Loon lui servait aussi pour les trucs moins nets. Il m’en avait vaguement parlé durant notre dispute, mais je n’avais pas pris le temps de relever. J’avais arrêté de manger un instant, pour voir s’il poursuivait son idée ou si je devais demander, mais il poursuivit, alors je pouvais manger. Parce que ouais, maintenant que je mangeais, j’avais faim bon. Il expliqua donc qu’il faisait partie d’un groupe de résistance. Je savais que ça existait, juste que je ne connaissais pas vraiment. J’étais paumée je vous dis et moi, je n’avais pas eu accès à énormément d’information en prison. Donc ouais, Loon, résistance, nom de code, radio pirate, bayou, beaucoup d’information. Comme ça, s’il lui arrivait un truc, il ne serait jamais dénoncé en totalement, ce qui était bien pour lui. J’assimilais donc tranquillement la matière donnée, parce que je n’avais pas vraiment toutes les cartes en main.

-Donc, si je te demande un jour un récapitulatif sur tous les trucs importants qui se sont passés ses cinq dernières années, je vais pouvoir?

C’était peut-être à quel point elle en avait à rattraper. Elle n’avait même pas eu droit à tous les changements politiques, les sorciers, les créatures et tout. Elle était dans sa cellule, loin de toute information pertinente pendant trop longtemps. J’avais continué de manger, j’avais finalement presque atteins la fin du bol quand il revint à l’attaque avec ma phrase incomplète dites plus tôt.

-Je sais pas trop ce que j’allais dire.

Bon en fait non, ce n’est pas vrai. Je savais, mais je n’avais pas envie de revenir de nouveau sur le sujet. Bon en même temps… si c’était dit maintenant, on n’en reparlait plus. Tandis que si j’étirais la sauce… j’allais en reparler souvent. Ouais bon.

-En fait… Je… je sais que je m’énerve rapidement, que j’en suis violente et tout, mais… j’ai pas envie que tu ne saches pas le pourquoi du comment…

Parce que je lui avais balancé que j’avais tué et que finalement, je trouvais l’idée qu’il ait une fausse image de moi pire que de dire la vérité. Alors sur le coup, j’avais eu envie de lui dire et je m’étais défilée. Pourtant, j’allais le faire là… non? Ouais.

-J’avais tout juste 16 ans, j’habitais avec mes frères parce que je n’avais qu’eux après la mort de ma mère et la dépression de mon père. Un des amis de mon frère cadet est entré dans ma chambre pour… bref, je me suis défendu et mon frère, le plus vieux, a débarqué. Ils se sont battus et mon frère est mort. L’autre l’avait tué sous mes yeux et sous les yeux de mon second frère qui n’avait rien fait pour aider. Après… je sais plus trop, mais on m’a expliqué que j’avais tué le mec et mon frère aussi, celui qui regardait. Bref, je préfère que tu l’apprennes par moi que par n’importe quoi d’autre.

Parce que dans la vie, on ne savait jamais sur ce qu’on pouvait tomber. Je n’allais pas non plus le regarder, j’étais vachement concentrée à grappiller les derniers grains de maïs dans le plat.

-Maintenant tu sais, on n’en parle plus. Je voulais juste, je sais pas trop.

Je voulais juste me sentir proche de lui, de me dire qu’une personne au monde savait la vérité. Parce que ouais, je n’étais pas du genre à en parler souvent, jamais en fait et les gens qui disaient que ça faisait un bien fou de se confier, bah il avait tort. Ça ne me faisait pas de bien. Loin de là. Ça me rappelait juste de très mauvais souvenir. Donc, aussi bien terminer de manger, manger c’était la vie… Du moins, c’est ce que certain disait.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mer 24 Juin - 23:15

Elle ne semble pas davantage choquée par ton histoire que tu l'as été par la sienne et c'est un bon point. Triste, mais bon. Il est malheureux de constater que la violence devient quotidienne et qu'elle n'étonne plus personne désormais : Aim' elle-même arrive à admettre qu'elle en est gorgée et qu'elle ne demande qu'à la sortir. Il faudra que tu l'emmènes faire du sport à l'occasion, qu'elle pique une tête dans cette piscine d'eau salée par exemple. Qu'elle sorte un peu, qu'elle se socialise. Ca lui ferait du bien, tu tâcheras d'y veiller.
Maintenant qu'elle est tombée dans le saladier de crudités elle ne peut paradoxalement plus en sortir en en dévore la plus grande quantité, avant de repêcher les derniers grains de maïs restés au fond.

« Sans problème, et je te répondrai. Mais on fera ça avec des bières et de la musique, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup à dire. »

Tu te lèves avant d'aller mettre les pépins de pomme à la poubelle. Tu plonges tes mains sous l'eau du robinet pour les nettoyer du jus de fruits alors qu'Aimée décide de terminer sa...sa petite phrase qui en est une grande. Tu coupes l'eau pour pouvoir l'écouter et t'essuies les mains sur un torchon. Tout d'un coup, lorsque l'histoire s'assombrit, tu t'immobilises, les mains piégées dans le tissu, attendant la suite, comme si cela pouvait permettre de focaliser toute ton attention sur les paroles d'Aimée qui, dos à toi, poursuit sa tirade. Tes entrailles se serrent et lorsque le récit s'achève, tu comprends. Tu comprends une foule de choses.

« Ca vient de là ta peur du contact masculin, c'est ça ? »

Lâchant le torchon, tu viens te poser à ses côtés, de profil, les reins contre la table, vos épaules se touchant presque.

« Quand j'étais tout jeune, je jouais beaucoup avec mon ami d'enfance, Alvin. C'était, et c'est toujours d'ailleurs, un excellent illusionniste. J'étais souvent son cobaye pour ses petits tours de magie. Un jour, il a voulu tester une illusion violente qui s'est révélée particulièrement réaliste. Elle a provoqué un mélange de ce que j'aimais chez lui et ce que je détestais. Je me suis vu mourir lentement, me vidant de mon sang par tous les orifices, sur le son de cette fameuse chanson que j'entendais de sa propre voix, que je t'ai citée autrefois. Depuis ce jour, je suis terrorisé par la vue et l'évocation du sang. »

A ces simples phrases, ton cœur s'emballe, ta vision se trouble. Tu serres si fort la table que tes jointures en deviennent blanches. Tu fermes les yeux, respire calmement, avant de reprendre contenance, pensant à autre chose.

« Donc si tu veux, tu peux venir habiter ici. On sera obligés de dormir dans le même lit, mais comme tu l'as bien compris, je ne te ferai rien. Tu t'y installeras comme chez toi, il y a bien assez de place pour deux ici. Tu ne paieras rien, je gère très bien seul. Je sais pas si ça peut durer dans le temps, mais au moins, on peut essayer. Tu verras quelqu'un régulièrement et tu te sentiras moins seule. Et puis on pourra passer plus de soirées à refaire le monde sur des morceaux de musique. Qu'en penses-tu ? »

Saisissant une pomme dans la corbeille, tu la lui tends, un sourire aux lèvres.

« Tu manges ça sur la route et on va chercher tes affaires ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Jeu 25 Juin - 1:55



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

Je n’avais pas été dérangé par son histoire et il n’avait rien eu en redire sur une partiie de la mienne. Parce que je savais que je ne lui avais pas tout dit, je ne lui avais, techniquement, rien dit. Juste que j’avais tué, ni le comment, ni le pourquoi, ni le sordide de la chose. Je lui avais quand même demandé s’il pourrait m’expliquer ce que j’avais manqué, ce qui c’était passé. Je m’étais dit qu’il pourrait m’aider avec les blancs et j’étais ravis qu’il accepte, mais une autre fois, avec des bières et de la musique, parce qu’il en avait long à raconter. C’était bien comme planif.

-Ça me va très bien.

Parce que ouais, j’aimais discuter de tout et de rien avec lui, c’était agréable et puisqu’on aimait la même chose niveau musique… C’est ensuite que ça s’était compliqué. Parce que j’avais commencé une phrase que je n’avais pas fini. Pourtant, il voulait savoir. Il c’était rendu au lavabo pour se laver les mains et j’en avais un peu profité pour déballer mon sac, comme ça, de dos, sans le regarder. C’était franchement plus facile, c’était un peu comme si je me le racontais à moi. Il n’avait rien dit et j’appréciais surement ça comme ça en fait. C’était mieux. Pourtant, sa question était légitime. La première fois qu’on c’était rencontré, j’avais été froide avec lui niveau contact. La confiance avait mis un temps avant d’arriver et je n’aurais surement jamais eu confiance s’il n’avait pas préféré les hommes en fait. Il était maintenant près de moi, sa présence était rassurante.

-Je préfère mettre les choses aux clairs avec les gens, avant que ça ne dégénère. Et si ça va trop loin… ça me rappelle tout ça et je panique et je deviens agressive, ce n’est pas génial. En prime, j’ai passé 5 ans avec que des filles, du coup… je suis rouillée niveau comportement masculin.

Je m’expliquais, tout simplement. Comme ça, il savait et si un jour je frappais un crétin parce qu’il m’avait touché, Loon comprendrait. Il comprendrait que c’était dans ma nature, mais il comprendrait pourquoi. Il comprendrait peut-être aussi pourquoi le cannibalisme, c’est mieux que le sexe, que le viol. Parce qu’au final, mes deux frères étaient morts pour une histoire de cul qui avait mal tournée. J’avais perdu le peu de famille qui me restait pour protéger ce petit bout de vertu que j’aurais dû offrir à quelqu’un y a bien longtemps. Pourtant… je ne comptais pas m’en débarrasser. Frapper les gens, c’étaient mieux. C’est ensuite qu’il m’expliqua un truc de lui. C’était un donnant-donnant entre nous finalement. Une information, contre une autre, mais ça m’allait. Je n’étais pas du genre à donner s’en recevoir, j’étais égoïste, mais je m’assumais. Il me parla donc de son meilleur ami, Alvin. Un bon illusionniste. Oh que je n’aimais pas l’idée qu’on puisse jouer dans ma tête. Il c’était finalement vu mourir lentement, au bout de son sang et depuis, il avait peur du sang. Il détestait maintenant cette chanson en prime. Donc, avec Loon, le sang c’était non. C’était bon à savoir, parce que j’étais du genre bagarreuse et combien de fois où j’étais rentrée chez moi en sang. Donc ouais, aussi bien s’en rappeler si ça arrivait. C’était un souvenir douloureux pour lui, ça se sentait. Pourtant, il changea de sujet, rajoutant que si je voulais habiter avec lui, je pouvais. Faudrait dormir ensemble, mais on l’avait déjà fait et que je n’étais pas son genre. Que je pouvais m’installer comme je voulais, qu’il y avait de la place pour deux et que je ne paierais rien. Il était capable de payer avant, il serait capable de payer après. Il ne savait pas si on arriverait à cohabiter bien longtemps, mais qu’on pouvait essayer. Il rajoutait que je me sentirais moins seul et que passé des soirées complètes à refaire le monde sur de la bonne musique serait au planning. Ça me demanderait de sortir moins, de boire moins, mais aussi… fallait l’avouer, de me reprendre en main. Est-ce que j’allais vraiment réussir? Ça je n’en avais aucune idée. Il me demandait ce que j’en pensais et comme toute réponse j’avais laissé tomber doucement ma tête sur son épaule pour m’appuyer sur lui, doucement. Les contacts physiques avec moi, c’était tellement rare, que c’était une meilleure réponse que des mots. Je savais que sa proposition était meilleure pour moi, alors j’allais accepter. Pourtant, je savais aussi que ce n’était peut-être pas pour le mieux pour lui. Pourtant… je m’en fichais un peu, je n’étais pas du genre à voir aussi loin, même si je tenais beaucoup à Loon. Il m’avait offert une pomme, me proposant de la manger en route pendant qu’on irait chercher mes choses.

-Ça sera vite fait, j’ai pas grand-chose.

Vrai, j’avais la base et quelques vêtements. Sa impliquait quand même qu’il voit l’endroit où je vivais et ça, c’était bizarre. Tout simplement parce que personne n’y avait jamais mis les pieds sauf moi. En même temps, s’il acceptait que je vive chez lui… aussi bien que je m’y fasse. Son appartement n’avait d’une chambre, l’intimité ça serait compliqué. J’allais devoir prendre mes douches avant lui… ça pourrait être long pour monsieur. Quoi? Pas parce que moi ça me terrorisait que c’était la même chose pour lui, loin de là. Donc ouais, valait mieux penser à autre chose. J’avais donc prit la pomme pour apporter et j’avais cherché son regard.

-On y va.

Parce que bon, fallait y aller un jour où l’autre. Donc, j’avais enfilé mes chaussures et sortie de chez lui. Déjà, je mordais dans la pomme tranquillement, j’aimais les pommes, moins que les cerises, mais quand même. Je ne vivais pas dans le même quartier que lui, j’avais visé l’appartement le moins cher et je me fichais bien de l’endroit où il était situé en ville. Surtout que je ne connaissais pas la ville à ce moment-là. J’essayais de me rappeler l’état dans lequel j’avais laissé mon appartement et j’étais assez confiante parce qu’en fait, il était trop vides pour qu’on se plaigne du ménage. Ce que j’appelais mon lit n’était pas fait, le frigo était quasiment vide et j’avais surement du linge qui trainait, mais sinon… C’était plus ou moins tout ce que j’avais. Ouais, ma vie et moi, on était en froid, que voulez- vous.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Jeu 25 Juin - 20:44

Aimée ment quelque peu ; elle ne dit pas tout, tout de suite. Ce serait trop facile, sinon. Il a fallu attendre quelque temps avant qu'elle t'accorde sa confiance et te confie les zones d'ombre les plus sombres de son histoire. Néanmoins, tu peux te vanter du fait que ses confessions ont été faites plutôt rapidement. Ce courant qui passe entre vous avec un naturel et une évidence désarmants, doit y être pour beaucoup. Tu la regardes saisir la pomme sans aucun commentaire contre tes mises en garde, et accepter simplement ta proposition. Un sourire aux lèvres, tu lâches le fruit dans sa main avant de reprendre les clés déposées dans le vide poche et de fermer l’appartement.

« Tu pourras garder le double durablement, du coup. » fais-tu remarquer tandis que la clé tourne dans la serrure.

Vous redescendez au bas de l'immeuble dans l'air nocturne de l'été.

« Je te suis. » indiques-tu. « Tu habites où ? »

C'est à ce moment que tu te rends compte que tu n'as jamais su où elle créchait. Tu sais qu'il faut prendre le même tramway que pour arriver chez toi, celui qui va jusqu'au nord, mais c'est tout. Tu essaies d'imaginer le cocon qu'elle s'est construit. Si elle vit illégalement, il y a de très grandes chances qu'elle habite dans le quartier de Storyville, ou celui de Treme, les plus enfoncés, les plus sombres et les plus mal famés. C'est aussi le meilleur endroit pour se cacher, quoique les peacekeepers ont apparemment tendance à y faire des descentes en ce moment. Le Gouvernement est capable d'aller chercher dans les coins les plus reculés justement car il pense y pêcher les révoltés les plus violents.
Hors de question que tu ailles te perdre là bas ; aussi réfractaire sois-tu, tu es surtout Résistant pour faire chier le monde.

« C'est drôle, on va reprendre ce même tramway que la dernière fois. »

Vous parvenez sur le quai et attendez le véhicule dont les passages ne se font pas trop rares encore à cette heure-ci. Oui, cette scène a un curieux goût de déjà vu, on dirait. Les choses peuvent tellement évoluer d'une fois à l'autre ! Tes yeux suivent les bâtons rouges de l'écran numérique qui forment le délai de cinq petites minutes avant que tu ne pousses la sensation beaucoup plus loin. Dénichant ton baladeur dans la poche de ta veste, tu l'accroches au col de celle-ci, saisis un écouteur avant de tendre le sien à Aimée. Ca va devenir une habitude, semble-t-il.
Aléatoirement, c'est une chanson de Avenged Sevenfold qui se lance et qui t'envoie en pleine figure l'inconscience de l'adolescence. Cette belle période où tu prends des libertés sans les responsabilités qui vont avec, le pied quoi.

Le tramway finit par arriver en grinçant, ses deux grands yeux jaunes brillant dans la semi-obscurité et freine son long corps métallique en face de vous. Les portes clignotent avant de s'ouvrir. Vous pénétrez dans le véhicule, qui se referme et s'ébranle vers le quartier nord.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Ven 26 Juin - 6:01



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

Moi et la confiance, ça faisait trois. Au moins, j’en étais consciente et je ne m’en étais jamais plaint. Pourtant, avec Loon, c’était quelque chose que je tentais d’appliquer. J’allais surement m’en mordre les doigts un jour ou le regretter, mais j’aimais bien me dire que non. Donc, je m’étais jetée à l’eau et j’avais expliqué ma situation plus en détail. Il m’avait tendu une pomme pour apporter et je l’avais prise. Parce que plus tôt ça serait fait… plus tôt on reviendrait et qu’il serait content. Parce que ouais, j’avais conscience qu’il avait peut-être un peu tendance à s’inquiéter pour moi en fait. Je l’avais ensuite suivit pour quitter son appartement… et un peu le mien bientôt. Il me mentionnait que je pourrais garder la clé qu’il m’avait donnée plus tôt et ça me rappelait que l’attacher à un trousseau pourrait être une solution, parce que j’avais tendance à perdre mes trucs.

-D’accord.

J’étais descendu, l’air de l’extérieur était chaude, mais puisqu’il faisait nuit, ça allait. Pour avoir connu le froid de New York, je préférais la chaleur de la Nouvelle-Orléans. Il me suivait, me demandant où j’habitais.

-Dans le nord de la ville.

J’avais évité de donner des détails sur le style du quartier, parce qu’en fait… c’était dangereux et paumés comme coin. Je n’allais quand même pas me payer un luxueux appartement en ville non plus, je n’avais pas les fonds pour ça. Je n’avais jamais pu dire clairement dans quel quartier j’habitais pour la seule et unique raison que je n’avais jamais demandée. C’était un quartier dangereux, malfamé, c’est tout ce que j’avais besoin de savoir pour pouvoir me défendre. Je croisais bon nombre de prostitués, mais ça… c’était partout et au moins, ce n’était pas directement près de chez moi qu’elles se trouvaient. Il fit remarquer qu’on allait prendre le même tramway que la dernière fois, ce qui me fit sourire, parce que c’était vrai.

-Mais cette fois, on va chez moi, ce qui me fait un peu bizarre.

Parce que bon, je n’avais pas l’habitude d’y amener des gens. Bah en fait… pas des gens importants pour moi, c’était une nuance importante à faire. Parce que bon, Loon était important. Tandis que si j’avais envie de faire une fête et que j’invitais n’importe qui ou quoi… bah on s’en fichait complètement. Une fois sur le quai, la scène était assez familière et c’était amusant comme situation, surtout quand il sorti son baladeur, me tendant un écouteur. Mon sourire n’avait rien de forcé, je l’avoue et une fois l’écouteur mit, mon sourire resta, parce que j’adorais Avenged, vraiment. On n’avait que quelques minutes à attendre, puis le tram arriva. Encore là, scène très familière, mais on n’était pas aussi tendu que la dernière fois qu’on était entré. Parce que ouais, la dernière fois, je venais de passé un commentaire que monsieur n’avait pas aimé. Maintenant que j’y repensais, je me demandais bien si avec tout ce qu’il savait de moi, il aurait réagi de la même façon. Surement. Je restais debout près de Loon pour pouvoir profiter de la musique et là, comme ça, debout je m’entrainais à lutter contre mon envie de danser. J’adorais danser, mais vu l’endroit… non merci. Je murmurais doucement les paroles, preuves que je les connaissais parcoeur et j’étais bien. Mes grandes révélations étaient loin derrière moi et je voyais défiler des images que je connaissais toujours aussi bien. Le voyage se fit sans embuche aucune, toujours avec de la musique.

-C’est là.

Et quand le train s’arrêta, je l’entrainai avec moi vers mon appartement à moi. Je m’étais rapprochée instinctivement de lui quand on commença à marcher. Si on me demandait pourquoi. Je parlerais de l’écouteur, mais en fait… mon quartier n’avait rien de rassurant, même de jour. Donc ouais, un peu de proximité ne me faisait pas de mal. Je l’amenais doucement vers chez moi, trouvant rapidement mon immeuble légèrement délabré. Ce n’était pas le pire, mais ce n’était pas le mieux. Au moins, dans cet endroit, j’étais invisible, ce qui avait du bon dans ma situation. Un peu avant de monter les étages, j’avais abandonné sa proximité pour commencer l’ascension. J’aimais bien les hauteurs et les quatre étages gardaient en forme et puis on était haut… moins c’était risquer. Donc ouais, j’avais farfouillé dans ma poche à la recherche de mon trousseau et ouvert ma porte pour donner sur mon chez moi… assez vide en soit, mais bon, je n’étais pas très douée pour vivre, mais survivre par contre… j’y arrivais bien.

-Voilà, c’est chez moi.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Ven 26 Juin - 19:42

Tu connais le quartier, disons, industriel et commercial du Nord de NO, parce que c'est notamment là que se situe le Little Darlings, l'endroit où tu passes peut-être le plus grand nombre de tes soirées, et où tu as indirectement rencontré Aimée, d'ailleurs. Cependant, tu n'as jamais eu l'occasion de visiter le quartier résidentiel.
Alors que vous y pénétrez dans la lumière tombante du jour, tu estimes qu'on ne peut décemment pas appeler ça des résidences. D'immenses immeubles s'entassent les uns contre les autres, certains dans un délabrement complet. Les rues, étroites et sombres, abritent certainement les pires choses qui puissent exister. L'ambiance change, s'alourdit considérablement, malgré le fait que les veines soient quasiment désertes. Pas étonnant qu'elle aie peur du contact masculin si en plus elle crèche dans un quartier à tous les coins duquel elle peut se faire piéger. Tu passes instinctivement ton bras sous celui d'Aimée, raffermissant le lien des écouteurs qui vous unit déjà. Dans vos oreilles, l'album Nightmare de A7X s'écoule au son des basses puissantes.

« Je crois que j'ai bien fait de te proposer d'habiter chez moi. »

Tu n'ajoutes rien de plus, ni jugement de valeur, ni avis sur le quartier médiocre dans lequel elle crèche. Vous gagnez son immeuble, aussi pourri que les autres, tellement crade et branlant que tu te demandes comment il peut encore tenir debout. Vous vous traînez dans la puanteur jusqu'au quatrième étage. Seulement à ce moment là, tu libères Aimée de son écouteur pour qu'elle puisse ouvrir la porte de son appartement.
Ce dernier est à l'image du reste, à l'image d'Aimée : sobre et impersonnel. Des affaires se baladent, ci ou là. Les meubles se tiennent difficilement chaud si bien que l'appartement a l'air énorme alors qu'en fait elle doit tout juste y tenir seule. Aucune chaleur, aucune sérénité n'émane du lieu effrayant au possible.

« Je t'attends dehors, prend tout ce qui te semble utile, absolument tout s'il le faut. Je t'aiderai s'il faut porter quelque chose. »

Revenant dans le couloir, tu t'appuies contre le mur décrépi, les yeux fixés sur le néon orangé qui agonise et grésille d'un son étrange, presque malsain, comme dans les films d'horreur. Les mains dans les poches, tu te dis que si elle a beaucoup de choses, tu vas regretter d'être venu en tramway...sachant que ta voiture a un phare pété que tu n'as toujours pas réparé depuis ton escapade dans la forêt avec Seraphina, et qu'il n'est semble-t-il pas une bonne idée de laisser un véhicule traîner dans un tel endroit. Vous allez vous débrouiller. Si elle a l'habitude de fuir, elle ne doit pas avoir grand chose chez elle, même si le cliché sexiste veut que les femmes emportent davantage d'affaires que les hommes. Tu appuis un pied sur le mur et l'attend patiemment, lui laissant dire au revoir ou adieu à cet appartement qu'elle ne semble pas si malaisée de quitter et qui en même temps, va certainement lui manquer. Quitter son refuge est toujours extrêmement délicat.
La moitié des habitants de NO en savent quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Lun 29 Juin - 4:24



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

Je n’aimais pas trop ramener des gens chez moi. Je ne savais pas trop pourquoi j’avais accepté qu’il vienne en fait. J’aurais dû lui emprunter une t-shirt pour dormir cette nuit et venir chercher mes trucs pendant qu’il était au boulot. Ouais, j’aurais dû, mais sur le coup… je ni avais pas vraiment pensé alors on y était maintenant. Il ne semblait pas apprécier mon quartier et avec sa musique, c’était supportable comme quartier, non? J’avais senti son bras se glisser sous le mien et c’était rassurant. J’avais resserré le contact doucement, comme si c’était ma façon maladroite de dire que j’appréciais le geste, parce que moi et les mots, c’était deux. Le quartier était désert, mais tout le monde désertait à cette heure, le quartier devenait franchement moins sûr la nuit. J’entendis Loon mentionner qu’il avait bien fait de me proposer d’habiter chez lui. Je n’allais pas dire oui, ni dire non. J’étais du genre à me débrouiller dans la vie, je saisissais les opportunités, mais… pas vraiment plus.

-C’est sûr que ton quartier est mieux que le miens.

Parce que le miens, il était nul. En fait, il était surement le plus nul de tout NO. Pour m’avoir promené un peu, je pouvais confirmer en fait. En même temps, il n’y avait que là que je pouvais décemment habiter, sinon c’était la rue, mais maintenant… ça serait surement différent. On avait finalement marché jusqu’à chez moi. Toujours avec A7X dans les oreilles, j’étais presque triste de devoir m’en séparer. Il avait finalement décidé de rester à l’extérieur, de m’attendre et c’était surement mieux comme ça en fait. Il allait m’aider si j’avais un truc à transporter, mais j’étais du genre nomade. Du coup, j’étais rentrée et je m’étais trouvée rapidement un sac de transport, un grand, mais pas trop. J’avais commencé par les trucs de bases, hygiènes et compagnie. Ensuite, j’avais terminé avec le peu de vêtements de j’avais, mes chaussures, mais encore là, je n’avais pas grand-chose. J’achetais quand je pouvais, petit à petit peu. Il y avait des façons de gagner de l’argent rapidement, je le savais, mais non. Pourtant, des crétins me l’avaient proposé plusieurs fois. Bref, des vêtements, mes souliers, brosse à dents, mais sinon… rien. Je n’avais rien. Pas de photos, pas de souvenirs, que mon passé à trainer. Ensuite, j’enfile le sac à dos et je sors avant de verrouiller derrière moi. Petit sourire discret aux lèvres :

-Voilà, je pense bien avoir tout.

Je n’avais pas abandonné grand-chose, rien qui me tenait à cœur. En fait, ça faisait des années que je n’avais rien qui me tenait vraiment à cœur, parce qu’avoir quelque chose auquel je tiens, c’est risquer qu’on me le brise.

-Ça n’a pas été trop long?

Parce que ouais, ça ne devait pas être génial d’être dans mon immeuble quand on était habituée à quelque chose de mieux. En même temps, il n’allait pas y rester bien longtemps, on allait déjà partir, donc ouais, je n’étais pas du genre émotive, m’attacher à un lieu… ce n’était pas pour moi non plus. D’accord, j’étais une handicapée des sentiments, mais en même temps, je n’étais même pas certaine de ce que j’allais faire avec le logement en question, je verrais bien. Ça aurait quand même pu être triste de se dire que ma vie tenait dans ca sac, mais ensuite… je me rappelais qu’il n’y avait rien de vraiment à moi dans ce sac, que des trucs achetés sur le vif parce que nécessaire, j’aurais pu ne pas l’avoir que ça n’aurait rien changé. Finalement… ouais, ma vie était un vrai bordel, mais il était propre au moins.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Lun 29 Juin - 11:44

Bizarrement, tu n'es pas réellement surpris lorsque tu la vois sortir simplement munie d'un sac. Elle a du tout perdre en sortant de prison et éprouver de grandes difficultés à regagner quoi que ce soit. Elle n'a aucune attache, aucun souvenir, aucun appui. Tu espères pouvoir tenir lieu des trois et l'aider à retrouver une vie à peu près normale. Lorsqu'elle fait mine de s'excuser du temps qu'elle a mis, tu secoues la tête avec un sourire, lui indiquant que non, et lui redonnes cet écouteur dont tu l'as privée le temps qu'elle fasse ses bagages.
Vous reprenez doucement le sens inverse du voyage, descendant les escaliers au rythme de la musique, retrouvant l'aura chaude et puante des quartiers Nord que tu as hâte de quitter. Ton bras se glisse naturellement sous le sien pour la rapprocher de toi et vous oublier dans la bulle musicale créée par les deux petites oreillettes qui crachent leur musique agressive.

Le tramway met peu de temps à arriver, encore une fois. Tu t'assures que ta  sœur de cœur salue d'un adieu visuel ce quartier miteux dont tu l'arraches, comme à cette existence vacillante faite de fuites et de peurs. Vous pénétrez dans le véhicule qui s'ébranle dans un crissement et vous éloigne définitivement de Storyville. La musique parle pour vous durant le trajet silencieux. Elle semble crier sa libération et sa joie des nouvelles choses. Tu appuies ta tête contre la paroi du wagon et te laisses porter tantôt par les vibrations de la musique, tantôt par celles de l'habitacle, en comptant mentalement les arrêts au fur et à mesure que vous les passez. Finalement, le tien – le vôtre – se manifeste et vous descendez.

« Bon ben je pense que tu peux commencer à mémoriser l'arrêt et le trajet jusqu'à chez nous. »

Tu l'inclues immédiatement dans la propriété de la chose aussi facilement que tu l'as adoptée la dernière fois. Tu veux qu'elle se sente chez elle, même si c'est certainement provisoire, et surtout qu'elle n'ait pas l'impression d'être de trop.
Dans la nuit tombante, cinq minutes plus tard, vous parvenez à l'immeuble qui à partir de cette heure là, se bloque à l'aide d'un code que tu lui indiques avant de le composer. La porte se déverrouille et vous revenez au point de départ, dans cet appartement où tu te détends immédiatement.

« Bienv'nue chez toi ! »

Les clés atterrissent dans le vide poche, ta veste au porte manteau, tes chaussures à côté du placard. Tu déambules à travers l'appartement avant d'ouvrir la fenêtre pour t'allumer une cigarette.

« A partir de maintenant tout ce qui est ici est à toi, sens toi libre d'utiliser ce que tu veux. Tu as mes horaires de boulot sur le frigo, tu verras que je suis rarement là, en vérité, donc la majorité du temps tu seras tranquille. »

La cigarette crépite entre tes lèvres et tu tires une large bouffée avant de poursuivre, la crachant au dehors.

« J'amène rarement du monde à la maison, c'est un privilège que tu as eu la dernière fois, mais si tu veux faire venir des amis, pas de soucis, préviens-moi juste avant, que tu déboules pas alors que je suis à poil dans la cuisine, par exemple. »

L'intimité s'en voit fortement réduite, bien entendu et certaines habitudes, comme celle justement de se promener en tenue d'Adam dans son appartement, devront se noyer jusqu'à ce que la confiance mutuelle se développe au dépit de la pudeur.

« Tu sais...Si tu veux, tu peux te rapprocher du mouvement, avec moi. Tu conserverais ta liberté et si jamais tu te fais prendre, tu auras quelqu'un sur qui compter. Nous avons les possibilités de falsifier l'identité des gens. Tu pourrais, à l'inverse de moi, utiliser ta notoriété judiciaire au niveau de la résistance, et devenir quelqu'un d'autre au quotidien. »

Reportant la cigarette à tes lèvres, tu cherches son regard.

« Je ne te force à rien, je t'informe juste que c'est possible. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mar 30 Juin - 2:47



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

J’étais finalement sortie avec mon unique sac, même pas plein, mais c’est tout ce que j’avais. En sortant de prison, je n’avais pas vraiment prit la peine de trouver mes effets, ni de les ramener et même là, je n’avais pas grand-chose. Donc ouais, c’était pratique quand on était nomade et je l’étais. Je ne pouvais même pas dire si habiter chez Loon allait être permanent ou juste temporaire. Je n’y connaissais rien, mais j’allais bien voir ce que la vie me réservait. On était finalement sortie de mon immeuble, pour retourner vers son appartement. Ouais, le sien, parce que je ne pouvais pas le considérer comme à moi. Disons que je l’empruntais pour le moment, on verrait bien un jour. Je préférais y aller doucement, parce que sérieusement, je doutais qu’on puisse me tolérer plusieurs jours de suite sans rien dire. Donc, je n’allais pas vraiment me débarrasser de mon appartement, juste au cas. J’allais quand même tenter! Pourquoi pas? On était finalement retourné au tramway, quittant la zone crade de storyville pour un quartier franchement mieux. Si je passais une semaine dans un lieu plus sûr, pourquoi pas hein? Lorsque j’étais descendu avec lui, il me mentionna qu’il était temps pour moi de mémoriser l’arrêt et le trajet jusqu’à chez nous. La fin de sa phrase me fit quand même bizarre, fallait l’avouer. Genre, ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de « nous » donc bon, je ne savais pas trop comment répondre.

-Je sais déjà pas mal, faut juste que je retrouve mon chemin la nuit, là ça va être plus complexe.

Parce que comme ça, je lui glissais subtilement que j’étais du genre à sortir la nuit. Malgré que je ne savais pas trop à quel point j’allais me faire juger si je rentrais sur les genoux. Bon en même temps, si je n’essayais pas une fois, je ne saurais jamais. Malgré que l’idée de ne pas rentrer, de lui expliquer pourquoi et de voir s’il accepterait que je rentre malgré tout était une option, bref. Je verrais bien. Finalement, nous étions montés à l’appartement et le « bienvenue chez toi » donc chez moi, encore là, était étrange, mais il me fit sourire quand même.

-Je t’avoue que ça me fait un peu bizarre quand même.

Parce que je préférais être franche avec lui, il savait que j’étais brisée, alors à quoi bon faire l’effort de lui cacher? Je n’avais jamais eu de réel chez moi depuis des années, je n’allais pas avoir l’impression d’avoir un truc à moi de sitôt non plus. Donc ouais, maintenant il savait, maintenant je pouvais gérer la situation à ma façon. Lui rentrait comme de rien, mais moi j’étais légèrement plus timide, retirant que mes chaussures, déposant le sac à côté, comme à mon habitude. Parce que quand on doit partir rapidement, le mieux c’est d’avoir son sac de prêt. C’était étrange la vie parfois. Il avait ouvert une fenêtre pour fumer, me mentionnant que je pouvais faire ce que je voulais. Il parla de ses horaires de boulot sur le frigo qui mentionnait qu’il n’était pas là bien souvent. Donc, je pourrais fixer son plafond à lui, tranquille, presque joie?

-D’accord.

Avec petit sourire à l’appui. Parce que là, maintenant je doutais de me servir de quoique ce soit, sauf son pc pour de la musique, mais il ne fallait jamais dire jamais. Je ne pouvais pas vraiment passer ma vie à fixer un plafond, même si j’étais relativement douée dans ce domaine. En fait, c’est un domaine qu’on développait en prison, j’en avais conscience.

-Hm, pour les amis, je n’ai pas vraiment ce problème, j’en ai pas vraiment en fait. Et je dois te prévenir que si je rentre avec quelqu’un… où à chaque fois que je rentre moi?

Parce que bon, je pourrais prendre l’habitude de dire quand je ne rentre pas, mais peut-être pas quand j’allais rentrer. En fait… je n’avais toujours pas de téléphone, donc…

-Mais en fait… j’ai pas de téléphone, donc du coup… te prévenir va être compliqué.

Parce que c’était vrai, je n’avais pas de téléphone et même si j’en avais un… je n’avais personne à rejoindre, donc ouais, légèrement inutile parfois. Malgré que là, j’avais Loon. Ouais, faudrait que je m’en cherche un. Je m’étais installée dans le canapé, le regardant. J’avais ramené mes genoux vers moi pour appuyer mon menton dessus. Ouais, parfois j’avais l’air d’une dure à cuire, mais d’autre fois… j’étais une gamine de 21 ans complètement paumée dans un monde que j’avais du mal à suivre, j’étais brisée, c’est tout. Il rajouta ensuite que si je voulais, je pouvais me rapprocher du mouvement avec lui. Que je serais libre, mais qu’en cas de besoin… il y aurait quelqu’un. Ils pourraient me faire une nouvelle identité, que je pourrais utiliser mon vrai nom pour les trucs en lien avec la Résistance et mon faux nom dans la vie de tous les jours. J’avais relevé les yeux pour plonger mon regard dans le sien, il voulait savoir, mais moi je ne savais pas. Il ne me forçait pas, mais il me montrait une option envisageable. Je ne retins pas mon soupire naissant, j’étais assez lasse en fait, juste que personne ne pouvait le voir en général, mais avec Loon, j’avais fini par cesser de me braquer.

-Je dirais pas non pour une identité, je l’avoue. Mais… je peux pas, pas maintenant. En ce moment, je détruis absolument tout ce que je touche et si je me rapproche du mouvement, si je le fais un jour, je veux le faire bien tu comprends?

Pour le moment, j’étais douée qu’à une seule chose, me mettre dans la merde et fixer un plafond. Oh, j’étais aussi douée pour faire la fête et boire, mais de là à m’impliquer dans un truc plus grand que moi… non. Je ne pouvais pas, je n’y arriverais pas, je ferais tout foirée et je le savais.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mar 30 Juin - 10:15

« Oh t'en fais pas, on va sortir assez souvent la nuit pour que tu le mémorises vite. »

Tu lui adresses un clin d’œil. Sachant que tu es absent toute la journée, ton seul espoir de voir Aimée de temps en temps réside dans les potentielles soirées que vous allez partager. Tu songes au fait que cela va être l'occasion de vous voir mutuellement complètement déchirés, dans la pire condition de votre existence, rampant jusqu'aux toilettes une fois la porte passée pour y déverser vos tripes avant de vous endormir lamentablement sur la lunette. C'est bien ton genre et sans la connaître, tu saurais affirmer que c'est pas loin d'être le sien.
Bien évidemment que se faire souhaiter la bienvenue dans l'appartement de quelqu'un que l'on connaît depuis peu de temps relève de l'inquiétante étrangeté. Vous savez peu de choses l'un sur l'autre et vous allez apprendre à découvrir les facettes les plus intimes de l'autre. Tu n'as peur de rien, mais tu ne sais pas si elle serait capable d'encaisser la vision de tes côtés les plus sombres.

« Je suis ton coloc', pas ton père. Tu rentres bien si tu veux, tu fais ta vie, quoi. »

Parce que les plans à trois, ç'a beau être ton truc, c'est quand même moyen vu la présence du seul lit que vous allez devoir partager. Tu veux bien reconnaître que votre relation se conduit de manière particulièrement ambiguë. Et le pire, c'est que cette ambiguïté évidente vous convient. A toi, en tout cas. Sans paraître vieux jeu, Aimée va mettre de la lumière dans ta vie plus que tu n'en mets déjà toi-même.

« Ah ! Ça, c'est un détail. On ira en acheter un demain. »

Tu tires une large bouffée de ta cigarette que tu relâches calmement entre tes lèvres entr'ouvertes. Ton relativisme à toute éprouve place sensiblement chaque épreuve de la vie au rang des choses les plus simples, car il y a toujours pire que soi et que rien n'est perdu tant qu'on peut encore changer les choses. Et il y a une foule de choses possiblement modifiables pour rendre la vie de ce petit bout de femme plus joyeuse.

« Si tu prends la décision de me suivre dans le mouvement, il faudra que tu te procures deux cartes sim histoire que tu sois moins facile à tracer. J'émets à la radio avec une et je vis ma vie avec une autre. »

Ta tête s'incline doucement vers l'avant, lui adressant ton regard chaleureux. Tu lui fais ainsi signe qu'elle n'a rien à craindre, que tout va bien se passer désormais. Qu'elle peut s'allonger calmement sans penser de quoi demain sera fait, si elle arrivera à mettre quelque chose dans son assiette, si elle ne se fera pas expulser de son appartement parce qu'elle n'a pas payé son loyer. Pour toi rien ne change, hormis la lueur de ses yeux qui vaut tout l'or du monde. Tu acquiesces silencieusement lorsqu'elle te donne son avis sur la chose.

« Il n'y a pas de soucis, je t'indique juste ce que tu as la possibilité de faire. Ca fait beaucoup de changements d'un coup, je ne veux pas te brusquer. Quand tu auras pris ta décision, n'hésite pas à me le dire, je ferai le nécessaire. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mer 1 Juil - 4:12



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

-Ça me va.

Parce que j’adorais sortir, que j’aimais l’idée de le faire avec lui. Que j’avais envie de le faire avec des gens et avec Loon, c’était encore mieux en fait. Parce que bon, on c’était rapprochée rapidement, mais on ne connaissait rien de l’autre en même temps. Donc, de voir un peu de tout, ça allait me faire du bien. Il était trop… trop, j’avais peur de le décevoir. C’était con! Je sais, mais je décevais relativement tout le monde. Donc, fallait si attendre venant de moi. On avait continué de parler, je cherchais à connaitre les limites de l’endroit, les limites de notre nouvelle relation relativement complexe quand on y pensait. Parce que bon, je n’avais pas l’impression que les choses changeraient, je l’appréciais beaucoup, il comblait un vide et ça me plaisait en fait. Du coup, j’en profitais. Il mentionnait donc qu’on était coloc, qu’il n’était pas mon père. Heureusement pour moi en fait. Donc, je faisais bien ce que je voulais. C’était agréable comme façon de penser.

-Ça je peux faire.

Si j’avais le droit de faire ce que je voulais… c’est qu’il n’était pas trop protecteur, ce qui pouvait être vraiment bien. J’aimais bien avoir mon libre-arbitre et faire ce que je voulais. En fait, c’était peut-être pour ça que je l’appréciais autant. Avec lui, j’avais l’impression d’être épaulée, mais qu’il fasse tout à ma place, sans qu’il me pousse dans une direction. Je lui avais souris. En même temps, j’avais mentionné ne pas pouvoir le contacter, parce que je n’avais pas de téléphone. J’allais finir par en avoir un, vraiment! Mais pour le moment, ce n’était pas le cas. Pourtant, Loon ne s’arrêtait jamais à ce genre de problème, mentionnant qu’on allait m’en acheter un le lendemain. Genre… facile comme ça, bam, je veux, donc j’obtiens? Je passe de gamine des rues à enfant roi? … Il m’a adopté et je ne suis pas au courant? C’était tellement bizarre.

-Ça me fait bizarre que ce soit aussi… simple maintenant. J’ai perdu l’habitude.

Parce que dans mon monde à moi, quand on offrait quelque chose, on s’attendait à quelque chose en retour. Je savais que ce n’était pas le cas de Loon, je vous jure! Mais en même temps, mon cerveau cherchait quand même à savoir ce qu’il voulait, comme si c’était impossible. Pourtant, je le savais. Déjà, j’allais m’habituer à vivre avec lui. Ensuite, on verrait bien. On avait ensuite parlé du mouvement, de son rôle dedans, du fait que je pourrais y participer aussi en fait, mais je ne pouvais pas. Je n’y arriverais pas. J’étais incapable d’obéir, de suivre un ordre simple, de ne pas faire à ma tête. J’avais toujours été un électron libre, toujours agit comme je l’entendais et me joindre à un tout… je n’étais même pas certaine d’y arriver. En ce moment, je gâchais tout ce que j’entreprenais, du coup… je préférais de loin refuser et reprendre pied. Si j’étais sur le point de faire partie de quelque chose de grands…je voulais m’assurer de le faire bien. Donc, ça impliquait de faire quelque chose de moi, tout simplement. Ouais, plus facile à dire qu’à faire. En même temps, si j’avais un téléphone, je devrais avoir deux cartes sins, faire la différence entre la moi et la seconde moi. La moi civile et la moi rebelle, mais je n’en étais pas là. Je n’avais même pas l’impression d’être une entité à part entière, alors deux… on allait oublier ça tout de suite.

-On verra.

Parce que je ne savais pas ce que je voulais, je ne savais pas ce que j’allais faire demain. Parce que je ne connaissais pas ce que l’avenir me réservait. Finalement, il accepta mon choix, comme à chaque fois maintenant, soulignant que c’était une possibilité. En même temps, il comprenait que ça faisait beaucoup de changement pour moi, qu’il ne voulait pas me brusquer et que quand j’aurai pris une décision, on avisera. Je ne pus m’empêcher de lui sourire, resserrant un peu l’étreinte que j’avais autour de mes genoux, j’étais bien comme ça en fait.

-Merci, mais pour le moment, on va tenter d’exister d’abord. Je ne vais pas brûler des étapes.

Parce qu’avant je m’effaçais et que là, je devais tenter d’être quelqu’un un minimum. Ce qui n’était pas chose facile, maintenant que ceci était dit, j’avais envie de changer de sujet. J’avais envie de m’amuser.

-Donc, toi, tu t’amuses comment dans la vie?

Parce que c’était son appartement, c’était à lui de m’expliquer ce qu’il y avait d’amusant! C’était logique quand même! Non?

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Mer 1 Juil - 20:33

Avec le temps, Aimée s'apaise. Tes paroles la rassurent, lui donnent un espoir que tu vois miroiter dans ses yeux jeunes. Un espoir qui te donne le sourire et te donne l'envie de croire que tout n'est pas perdu, que des liens peuvent encore se créer dans ce bas monde, et qu'il y a toujours moyen d'arriver à quelque chose quand on se serre les coudes. Au delà d'une protection tu veux pouvoir sentir la satisfaction selon laquelle quelqu'un que tu aimes peut être heureux grâce à toi. Qu'il se sent en sécurité et qu'il peut profiter pleinement des moments que vous passez ensemble sans trop songer à ses soucis. Il est horrible d'interrompre son attention sur des festivités amicales pour penser avec angoisse à ce que l'on mangera le lendemain, si l'on mange. A travers la fumée trouble de ta cigarette, Aimée, dont tu ne connais pourtant rien, ne t'a jamais paru aussi nette.

« Beaucoup de choses deviennent très simples lorsqu'on les considère avec détachement. »

Avoir une identité n'est pas simple, la tenir encore moins. Fuir n'est pas simple. Vivre n'est pas simple. Aimer n'est pas simple ; Aimée n'est pas simple.
Il suffit parfois juste d'ouvrir les yeux et d'accepter malgré tout notre fierté, l'aide que l'on nous tend. D'avaler petit à petit les étapes qui nous conduisent à une vie pas forcément stable, mais une vie qui nous convient, dans laquelle on se sent bien. Et de se rendre compte que la liberté n'est pas forcément une absence d'attaches et de contraintes, bien au contraire. C'est un cadre dans lequel on prend place pour s'épanouir comme une fleur.

« Je sors, surtout. Je passe mes journées à la Pharmacie, de huit à huit le plus souvent ; j'ai deux trois pauses, je mange en deux-deux. Pas facile de s'amuser, et bien souvent quand je rentre le soir je suis crevé. Alors parfois je me botte un peu les fesses et je sors, principalement au Little Darlings et au Old Absinthe House. J'ai des amis qui y travaillent, de longue date pour certains d'entre eux, ça permet de se retrouver dans un terrain neutre et de ne pas parler boulot. »

Tu te penches dans une position de confidence, le regard brillant de malice. Ta voix se mue alors en chuchotement.

« ...et surtout on boit pour oublier le lendemain les conneries qu'on aura faites la veille. »

Et là, tu penses à Nine qui se torche comme une malpropre pour oublier ces morts qu'elle voit toute la journée, à Alvin et ses shooters de vodka derrière lesquels il se cache pour oublier tes avances, à Zampa, qui avale un tas de bières considérable pour oublier cette identité à qui elle a dit adieu, à Seraphina, qui cherche à oublier sa famille, à Calypso qui est bourrée de base, à Loukas qui boit sans raison mais avec le sourire, et un peu plus loin dans ta tête, le visage de ce hibou taciturne qui ne boit pas tant, qui ne parle pas tant, et qui pourtant t'apaise et gagne une importance dans ton cœur beaucoup plus élevée que la plupart de tes autres amis, à qui tu songes en tirant une nouvelle bouffée de ta cigarette.

« Il faut voir des gens, plein de gens, ça change les idées ! »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Jeu 2 Juil - 0:49



« We're one in the river, And one again after the fall »

Loon & Aimée
featuring

Il était bien Loon avec moi. C’était parfois bizarre, mais j’allais m’habituer, je le savais. J’avais un caractère de merde, j’avais du mal à faire confiance aux autres, mais je n’avais pas non plus un trouble de persécution constant. J’étais apte à dire que Loon était quelqu’un de bien et qu’il ne me ferait surement pas un coup-bas au détour. Moi j’étais ce genre de personne, lui… je doutais et même s’il le faisait, pour le moment, je gagnais plus au bout du compte. J’étais du genre intuitive, alors aussi bien faire confiance à Loon. Pour lui, beaucoup de chose devenait simple si on se détachait. Ouais bon, y a simple, mais pas magique. Pas de boulot, pas d’argent et sans argent… pas d’appartement, pas de nourriture et pas de téléphone. Parce que ouais, même si j’étais détachée de ma situation, ce n’était pas magique. Bien sûr, trouver une nouvelle personne avec un boulot, maintenant que Bastien se la jouait absent, c’était pratique et il était gentil Loon. Bon d’accord, Bastien aussi, mais… bref.

-J’aime ta philosophie, mais elle n’est pas simple à appliquer à chaque fois.

Genre, je lui donnais le point, mais sans tout à fait adhérer à la technique. Parce que j’étais réaliste un minimum, même avec le plus de détachement possible, une situation de merde, restait une situation de merde. Pour ce qui était de l’identité, j’allais commencer par me trouver moi d’abord. J’allais juste tenter de vivre et de profiter. Je voulais rattraper les cinq dernières années, c’est tout. Je ne savais pas ce que la vie allait m’offrir ou que j’allais lui soutirer, mais au final… aussi bien en profiter pendant que ça passait. Finalement, je voulais savoir ce qu’il faisait pour s’amuser, parce que c’était un truc important dans la vie! C’était surement ce que je faisais le plus souvent en fait. Donc, puisqu’il travaillait trop, il aimait se botter les fesses pour sortir s’amuser. Voilà, ça c’était dans mes cordes! Je pouvais très bien l’aider à sortir s’amuser, avec de beaux grands yeux et tout, ça pouvait le faire! Il parlait du Little Darlings que je connaissais déjà et du Old Absinthe House que je ne connaissais pas encore. Il y connaissait des gens, c’était toujours bien de connaitre les proprio ou autres. Il avait réussi à me tirer un sourire franc et rieur quand je lui rajouter en échange :

-Mais moi, je ne fais jamais de conneries! C’est prouvé.

Avant de rire, parce qu’au final… c’était tellement faux que ça en devenait drôle pour moi. Je ne faisais que ça des conneries en fait. Du coup, c’était marrant d’affirmer le contraire.

-Je vais devoir commencer à boire plus alors, parce qu’en général, je n’oublie pas.

Ouais, l’alcool avait ses effets sur tout le monde, mais moi je devenais sociable, mais parfois agressive. Pourtant, je n’oubliais pas. Le plus intéressant, c’était que je ne ressentais pas autant la douleur, alors je pouvais frapper plus fort, c’était bien la vie. En fait… je n’étais déjà cassé une phalange comme ça. Je n’ai aucune idée de comment je mis suis pris, mais je me souviens encore du mec avec la bouche en sang. Tristement fait la vie parfois, ou pas, c’était un connard et il le méritait amplement. Il rajoutait qu’il fallait voir des gens que ça changeait les idées.

-Ça va, sur ce point on va très bien s’entendre! J’adore sortir. Ton défi sera de le faire aussi souvent que moi maintenant.

Parce que moi… je sortais quasiment tous les soirs en fait. Le pauvre Loon, j’allais l’épuiser, mais on s’en fichait, j’avais envie d’apprendre à le connaitre et le voir dans un milieu neutre c’était parfait pour ça! Aussi bien en profiter. J’avais envie de passer du temps avec lui, on s’amusait bien en général non?

-C’est quand qu’on commence?

Avec le plus beau sourire du monde, parce que je pouvais être adorable quand je voulais quelques choses, c’était un talent innée. Maintenant, aller savoir s’il voulait dormir ce soir et sortir demain ou sortir directement ou je ne sais quoi. Au final… tant que je pouvais rentrer dormir… ça m’allait.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Always want to play. But you never want to lose. [Loon]   Jeu 2 Juil - 20:53

Elle, elle ne fait jamais de conneries ? Oui, si on considérait qu'un meurtre remplissait un quota pour les vingt années suivantes, tu préfères qu'elle en fasse plein, plein, plein, des conneries. C'est l'hôpital qui se fiche de la charité décidément. Tu secoues la tête, un sourire blasé sur les lèvres ; et tu la vois rire. C'est vrai que la situation relève d'une flagrante ironie. Une nouvelle ère vient de commencer, celle où tu peux t'appuyer sur elle et elle, s'appuyer sur toi. Elle ne le sait pas encore mais elle vient mettre dans ta vie une lumière que tu mettais jusqu'à présent tout seul. Elle te soulage d'un flambeau parfois bien lourd à porter, par sa simple présence, par son sourire et sa simplicité adolescente.

« C'est que tu ne bois pas les bonnes choses. »

Un clin d’œil ponctue cette phrase malicieuse et tu imagines déjà les fins de soirées chaotiques, les arrêts de tramway ravagés par vos conneries, l'attente interminable du véhicule de transport parce que vous ne saurez plus tenir sur vos jambes, les détours dans les ruelles parce que vous ne vous souviendrez plus de la rue. Tu imagines la galère pour trouver le code de la porte, les engueulades contre le tableau de bord de l'ascenseur, la voltige des quelques étages. Tu imagines chercher vos clés pendant des heures, à vous accuser mutuellement de les oublier trop souvent. Tu imagines les états déplorables dans lesquels vous allez vous voir et vous refléter dans un reflet mutuel pitoyable, toi te traînant à quatre pattes, elle disparaissant dans la cuvette des toilettes. Mais surtout, tu vois déjà les lendemains de soirée, les gueules de bois, la quête du doliprane ultime, la tête dans les nuages avant d'aller au boulot.
Et cela te plaît, autant qu'à elle. Si bien que lorsqu'elle demande quand vous commencez, tu n'hésites pas une seconde.

« Maintenant. »

Tu tires une dernière taffe sur ta cigarette que tu écrases contre le rebord de la fenêtre avant d'en descendre et de fermer cette dernière. Traversant le salon, tu gagnes le hall d'entrée avant de remettre tes chaussures et de passer ta veste en cuir. Vérifiant que tous tes papiers sont dans tes poches, tu te penches dans l'encadrement de la pièce à vivre pour chercher le regard d'Aimée.

« On part à pied ; Apéro au Old Absinthe, et on prend le tramway et on se finit au Little'. Tu vas kiffer ma grande. »

Toutes tes affaires présentes, tu attends qu'elle soit prête à te rejoindre avant de quitter l'appartement en fermant la porte derrière vous. La porte sur un passé trop morne, trop sombre peut-être pour Aimée. Les soucis de l'avenir attendront. L'identité, le portable, tout ça est accessoire. Le passé n'existe plus, demain sera peut-être fait de gueules de bois, mais ce qui compte ce soir, c'est de s'amuser. De se découvrir, dans les bons comme les mauvais états, à la surface comme dans l'intimité, et d'oublier tout ce qui nous entoure pour profiter de l'instant.
Entre frère et sœur.

FIN
Revenir en haut Aller en bas
 

Always want to play. But you never want to lose. [Loon]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» Play Doh, t'es plus malin avec tes mains :D
» One Piece Role Play !
» Google Play bannit Ad Blocker et AdBlock Plus
» [Resolu]Bouton play qui ne se transforme pas en bouton stop.
» Play with Paris.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-