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 La Haine [Alvin]

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MessageSujet: La Haine [Alvin]   Dim 21 Juin - 19:24

L'important, c'est pas la chute,
c'est l’atterrissage.

La Haine - Mathieu Kassovitz


Tu t'avances contre son corps rendu brûlant par le soleil – où est-ce toi qui lui apporte cette chaleur ? - et cherche ses lèvres pour les embrasser tendrement. Tu sens sa main se glisser entre vous, chercher quelque chose entre tes jambes et s'en saisir. Tu serres les lèvres et les humidifie sous la caresse qu'il te procure. Cette initiative te surprend et te plaît. Tu lui adresses un sourire pervers et te dresse légèrement sur tes genoux afin de laisser vos mains respectives s'activer l'une à côté de l'autre. Tes dents mordillent ses lèvres et tu pousses tes premiers soupirs.

L'air te manque. Ta tête perce brutalement la surface de l'eau chlorée et tu secoues la tête par réflexe pour essorer tes cheveux. Tes mains s’agrippent au bord du bassin et tu reprends calmement ta respiration, le front appuyé contre le bord. Les gouttes d'eau glissent sur ta beau bronzée, certaines même te rentrent désagréablement dans les yeux comme des larmes empoisonnées. Un mois. Un, mois que cette histoire a eu lieu, et tu n'arrives pas à la sortir de ton fichu esprit. Tu te mords rageusement les lèvres et tente de maîtriser ta respiration. Tu es venu ici pour te calmer, alors tu ferais mieux d'y retourner.

Replongeant dans l'eau, les jambes les premières, tu repars sur le dos, les yeux fixés sur le haut plafond de la piscine couverte. Tes yeux se perdent dans le ballet des poutres qui soutiennent le toit, et tes gestes deviennent mécaniques, tant tu connais si bien cette nage. Ton souffle se fait plus régulier et tu te calmes, ou plutôt, tu t'énerves en silence, expiant l'énergie négative qui charge tes muscles en force pour braver la force de l'eau qui se fracasse contre tes muscles. Tu songes. Tu te rappelles de cette époque où tu as tenté une approche désastreuse envers un Alvin trop étroit d'esprit. Ensuite vient Sorn et cette partie de baise torride qui ne s'est jamais répétée. Et puis Beth, qui t'a ouvert les yeux, l'esprit, et tout ce qu'on peut ouvrir sur un corps humain. Et enfin lui, lui que tu n'arrives pas à oublier. Lui qui te complétait si bien. Lui qui a disparu. Lui a qui tu as maladroitement superposé un visage trop familier, un soir.

Non. Il ne faut pas y penser.
Tu atteins le bord du bassin sans t'en rendre compte et te redresse, haletant, avant de t'asseoir au bord, les mollets dans l'eau, le temps de reprendre ta respiration. Tu regardes autour de toi. La population a clairement diminué depuis tout à l'heure. Le bruit ambiant s'est amoindri. Tes yeux glissent sur les murs carrelés blancs et bleus pour regarder l'horloge dont les aiguilles indiquent vingt-et-une heure trente. La piscine fait des nocturnes certains soirs comme celui-ci, ce qui n'empêche pas la majorité de la clientèle d'aller manger à un moment donné. Nous sommes en plein milieu de la semaine et la plupart des gens travaillent le lendemain. Tu fais partie de ceux-ci. La piscine ferme dans quarante-cinq minutes. Tu as encore largement le temps d'expulser ta rage.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 22 Juin - 9:16

La journée vient de se terminer et Alvin sent ses muscles tendus. Il se sent fatigué physiquement, mais prêt à courir un marathon si on ne s'occupe que de son esprit. Son boulot l'a anéanti aujourd'hui. Peu de clients, mais des chiants. Une chambre comme ci et pas comme ça, une douche et pas une baignoire … Il a bien eu envie de leur dire à plusieurs reprises qu'ils prendraient ce qu'on leur donnerait mais il s'est tu et il leur a tendu les clés avec un porte-clés indiquant le numéro de la chambre dans un joli sourire hypocrite. L'autre réceptionniste a essayé de détendre l'atmosphère avec difficulté.

Finalement, l'heure arrive, doucereuse, et Alvin quitte son poste en détalant. Il fait un petit signe à sa collègue et il s'en va, rejoignant un métro déjà bondé. Il se laisse bercer par le flot et les arrêts jusqu'à descendre à celui près de la piscine municipale. Il n'a pas de sac avec son maillot, simplement les clés du casier qu'il loue à l'année. Le brun fait un petit sourire à la femme de l'accueil qui le salut en rougissant et il s'engage dans les couloirs sentant le sel et le chlore pour aller se changer. Il dépose ses affaires dans la boite métallique, attrapant une serviette et le maillot sec qu'il a laissé la fois d'avant. Cette fois, il devra en ramener un le jour où il reviendra. Il faudra surtout qu'il n'oublie pas.

Alvin entre dans une petite cabine pour se changer et ressort, la serviette coincée autour de la taille. Il attache ses cheveux avec un élastique et fourre ses affaires dans le casier avant d'attacher la clé à son poignet avec les autres breloques. Il y a des bracelets qu'il n'enlève jamais et par chance, cela lui permet toujours de garder sa clé sans la perdre.

Il passe par les douches et le pédiluve puis jette sa serviette sur les gradins avant de plonger dans l'eau. Il garde les yeux fermés. Jamais il ne les ouvre sous l'eau. Directement, il se sent mieux. Il se détend et commence à nager calmement. Il n'observe pas le monde qui l'entoure, il nage, il s'évade. Une grande horloge murale surplombe les gradins et il y jette un œil rapidement. Cinquante minutes avant la fermeture à l'accès aux bassins. Le brun replonge la tête sous l'eau pour rejeter ses cheveux en arrière. Il a largement le temps. Il entame alors quelques longueurs sur le dos, puis du crawl et du papillon. Il n'aime pas la brasse alors il n'en fait pratiquement jamais. Seul le papillon lui permet de faire travailler ses muscles au mieux et de faire expulser la fatigue de ses muscles.

Le voilà arrivé de l'autre côté, il se prend une petite pause tout en restant dans l'eau et en se maintenant à la surface grâce aux mouvements de ses jambes. C'est alors qui lui semble apercevoir une silhouette familière. Ne serait-ce pas Loon ? Il se rappelle l'avoir vu quelques semaines plus tôt dans une soirée quelque peu folklorique entre les déclarations et leur belle buverie … Finalement, il ne sait pas trop comment on peut qualifier leur retrouvaille. Toujours est-il qu'il reprend sa nage pour le rejoindre. En sortant la tête de l'eau, il s'essuie les yeux et les lève jusqu'à tomber sur Loon qui observe l'horloge. Il ne l'a pas vu.

- Alors, tu fais la sieste ?

Alvin lâcha ça suivi d'un rire, et remonte sur le bord pour lui taper dans la main. Il ne sait toutefois pas exactement comme son ami va réagir en le voyant ..
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 22 Juin - 10:48

Sursautant, tu te tournes vers la source de la voix mutine. Les visages de Sorn, Masis et Beth se superposent successivement à celui de la personne qui t'a adressé la parole avant que la fiction ne s'efface devant la réalité. Tu rencontres brutalement le regard chocolat-miel de ton meilleur ami et son sourire ravageur. Il se maintient à la surface à l'aide de ses jambes, ses bras aux poignets recouverts de breloques caressant l'eau qui l'attire vers le fond. Ses cheveux s'emmêlent dans un chignon que l'activité physique à relâché, laissant chuter des mèches éparses sur son front, ses épaules et dans son cou. Les gouttes d'eau ruissellent sur sa clavicule et son torse qui disparaît quasi entièrement dans l'eau. Celle-ci lèche son corps qui bondit hors de la piscine en prenant appuis sur ses bras, et il s’assoit avec toi, amenant avec lui une odeur de chlore et de sel. Sa main rencontre la tienne dans un claquement suivit d'une étreinte chaleureuse entre vos doigts.

« J'en aurais bien besoin, avoues-tu. Comment vas-tu ? Je pensais pas que tu savais nager. »

Tu lui tires la langue entre tes lèvres étirées d'un sourire sincère. Bien sûr que si, tu le sais très bien. Alvin sait nager depuis son plus jeune âge, beaucoup mieux que toi d'ailleurs. Il est comme un poisson dans l'eau et tu te souviens sans peine de toutes les sorties que vous avez pu faire à la piscine ou à la mer, avec votre bande de potes, quand vous habitiez tous les deux à New York. C'étaient les premières sorties « de grands », où avec quelques pièces données par les parents, vous vous sentiez libre de faire ce qu'il vous chantait, un peu comme les acteurs de ces films hollywoodiens qui ont tout pour les rendre heureux. C'a été aussi l'occasion de mater de la viande fraîche et de vous exposer comme des trophées, tout en oubliant le temps d'une baignade au soleil les soucis quotidiens.

Ton regard sur Alvin se fait moins insistant qu'autrefois. Tes dernières expériences t'ont rendu discret à ce sujet, maussade même lorsque quelqu'un l'évoque. Il te rappelle des bons comme des mauvais souvenirs, surtout des mauvais, en fait. Et si, contrairement à il y a deux mois, tu es parfaitement calé sur ton orientation sexuelle, les conversations qui la concernent sont totalement passées à la trappe, avec qui que ce soit. C'est mieux pour ta santé mentale qui part dans tous les sens depuis deux mois. Toi, si allègre et solaire, a enfin trouvé un inconvénient à la vie, et c'est assez rare pour être signalé.
Cependant ce n'est pas dans ta nature alors tu relègues ces histoires et ces sentiments dans un coin sombre de ta tête. Celui qui contient aussi ta peur viscérale du sang et ton goût immodéré pour les pratiques sexuelles les plus extrêmes, dont même Alvin ne connaît pas l'existence, à moins qu'il ne pose un curieux regard sur tes poignets qui portent encore les marques des menottes de Beth.

« Alors, quoi de neuf ? Tu as réussi à décuver la grande quantité de la dernière fois ? »

Tu fais allusion à tous ces shooters que vous avez avalés et qui t'ont complètement rendu malade. A cette étrange soirée qui, si elle ne contenait pas vos retrouvailles, n'aurait jamais du avoir lieu.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 22 Juin - 20:34

Quel humour ! Lorsque Loon le taquine sur le fait qu'il sache ou non nager, Alvin ne le prend pas mal et sourit à la remarque, se remémorant sans peine les après midi passés à la piscine, tous les deux. A l'époque, ce n'étaient pas des flèches, à s'exhiber  comme s'ils pouvaient rivaliser  avec Daniel Craig ou Leonardo DiCaprio. Aujourd'hui, ils ne sont plus là pour les mêmes raisons. Ils ont grandi et ils se développés. Chacun a pris du muscle et s'est embelli, et nul ne peut dire le contraire. A présent, ils sont là pour s'entretenir, se vider l'esprit et oublier les soucis de la vie d'adulte. Ils n'ont plus l'idée de mater toutes les femmes qui passent dans le coin, même si Alvin ne se gêne pas pour en reluquer certaines. La différence, aujourd'hui, c'est qu'elles se sentent flattées de se faire observer ainsi. Et Alvin le sait. C'est pour ça qu'il a toujours la même arme, celle qui a toujours fait craquer tout le monde : son petit sourire en coin et son haussement de sourcil.

- Figures toi quand même que j'aurai pu être champion olympique si je n'avais pas tant de sport à faire à côté.

A son tour, il lui fait un clin d'œil pour appuyer sa réplique pleine de sous-entendus. Avec toutes les femmes qu'il a fait entrer dans ses draps, Alvin doit être celui qui connait au mieux leur point sensible et la façon dont il faut s'y prendre pour qu'elles hurlent votre nom comme jamais. Il est le seul à avoir expérimenté un tas de choses dans ce domaine, même des pratiques qu'il avait toujours réfuté. Mais il faut tester avant de râler. Alors il s'était laissé convaincre. Mais pas pour tout.

Loon s'engage ensuite sur le terrain de leur dernière soirée ensemble, après un petit blanc. De leur beuverie plus précisément. Le jeune homme semble se rappeler fortement de l'état dans lequel Alvin avait fini. Il était complètement torché et lui-même ne se rappelle pas de tous les détails.

- Je peux te dire que j'ai pas remis ça ! Et sinon rien de bien nouveau mis à part une proposition de mon boss. Et toi ?

Il évite soigneusement de mentionner le Gouvernement et son poste à reprendre. Il se rappelle que Loon et lui n'avaient pas exactement les mêmes idées en matière de politique et le brun ne veut pas perdre leur amitié à cause d'une opinion. Surtout qu'aujourd'hui, il n'y a plus de juste milieu. Soit on le soutient, soit on le contre. Plus de choix politique, une idée unique qui plait ou qui ne plait pas. Certains jouent les je m'en foutiste, qui se fichent bien du gouvernement, mais tout le monde a bien une petite idée de la place qu'il occupe dans la société.

- Dis moi, t'es toujours aussi lent sur le dos crawlé ?

Alvin le taquine histoire qu'ils reprennent tous les deux la nage au lieu de glander sur le bord, comme deux larves. Pas forcément pour une course, simplement pour ne pas rester à se dorer la pilule.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 22 Juin - 21:28

Un simple sourire répond à sa remarque sur ce sujet que tu n'évoques plus. C'est terminé Alvin. Plus de jeu de ce genre si c'est pour se prendre un jugement en pleine tronche et voir ses espoirs brisés. L'ouverture d'esprit n'est pas son fort et tu ne veux plus la taquiner. Un léger rire t'échappe, et ça s'arrête là. Tu le laisses partir dans ses souvenirs avant qu'il ne réponde à ta question. Une proposition de son boss ? Attends, lequel ?

« Oh, tu vas avoir une promotion ? »

Le sujet va arriver sur la table, vous allez vous monter dessus pendant cinq minutes et la vie va reprendre son cours. C'est ainsi que tu fonctionnes, c'est ainsi que vous avez toujours fonctionné, lui évitant les sujets délicats pour ne froisser personne, toi posant tes couilles à la vue de tout le monde pour que tout soit clair et net dans toute l'audience, sinon tu te connais, tu n'en dors pas la nuit. Alvin ne s'en est peut-être pas rendu compte, mais il a évoqué deux sujets particulièrement fâcheux en moins de cinq minutes. Ces nouvelles retrouvailles ne vont décidément pas être de tout repos.

« Rien de particulier. »

Si, connard, tu t'es fait troncher par trois personnes différentes en pensant à lui à chaque fois. Et tu as potentiellement recruté quelqu'un d'autre dans ton camp. Deux choses qui ne se disent pas si vous ne voulez pas en venir aux mains, là, tout de suite. Et là, Alvin a l'idée du siècle. Il te provoque. Il te défie, comme lorsque vous étiez plus jeune et surtout, il te propose d’expulser toute l'énergie négative qui fait la fiesta dans tes entrailles et qui va finir par te coller une sacré diarrhée. Tu lui envoies un sourire ravageur dans une imitation quasi parfaite du sien. Tu en as besoin, lui aussi, et la compétition a toujours été présente entre vous, sous toutes ses formes. Tu t'appuies sur le bord et fais redescendre tes jambes dans l'eau avant de te mettre en position.

« Chiche. Aller retour. Le gagnant donne un gage à l'autre. Quand la grande aiguille atteint le 12, on démarre. Prêt ? »

Tu attends qu'il redescendes à son tour. L'eau d'abord désagréablement froide commence à se réchauffer autour de vous. La piscine commence à se vider, les deux lignes dans lesquelles vous vous élancez sont vides. Deux mètres vingt de flotte tiède et salée s'étendent sous vous, prête à vous avaler. Tu te tournes vers Alvin et lui lances un regard mutin, celui qui dit « Je vais t'avoir » alors qu'en fait tu nages aussi bien qu'un chat dans ce type d'exercice. Il est vraiment pas cool, sur le coup, Alvin. Néanmoins tu saisis l'occasion qui te permet de renouer avec le passé pour forger un avenir. Tu tournes la tête en direction de la pendule. La grande aiguille lance son chronomètre. Tu t'élances aussitôt, le souffle régulier, le regard rivé sur le plafond.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Mar 23 Juin - 10:39

Loon semble s'intéresser à ce qu'Alvin dit. Une promotion oui, en quelque sorte. Il s'était promis de ne pas en parler avant que tout soit officiel mais c'est plus fort que lui. Et il se dit que, de toute façon, il peut faire confiance à son vieil ami, non ? Toutefois, sans qu'il ne s'en rende compte, il avait évoqué deux sujets sensibles pour Loon. Ce dernier avait fait une grimace qu'Alvin ne vit pas.

- Ouais il veut prendre sa retraite et me faire hériter de l'hôtel, en quelque sorte. Me filer le titre de propriétaire, en gros.

S'il le dit de façon neutre, calme, voire je m'en foutiste, il n'en ait rien. Alvin est très content de cela, ses entrées d'argent seront bien supérieures et il aura quelque chose de fixe. Il pourrait remanier tout ça à son goût, rendre l'endroit plus personnel, moderne et chaleureux à la fois. Il a hâte que tout se concrétise.

Quand le brun demande si, de son côté, Loon a de nouvelles choses à lui apprendre depuis leur retrouvaille ce fameux soir, il lui dit que non, ce qui ne l'étonne pas. Son ami n'a jamais été très bavard sur son cas, et Alvin sait qu'il y a des choses qui ne le regarde pas et qu'il ne veut même pas savoir. Il se rappelle très bien du coming out du plus âgé. Il a certainement du avoir quelques aventures depuis, non ? Sauf que tout ça, le barbu ne veut pas le savoir. Ces sujets le stressent et il veut à tout prix éviter d'y arriver.

Il propose alors une petite course et Loon accepte directement. Il se met en position, Alvin aussi. La grande aiguille sur le douze. Ok.

- Je vais t'en donner un de gage tu vas voir !

Alvin dit ça sur le ton de la plaisanterie, mais il a déjà une idée derrière la tête. Rien qu'y penser, ça le fait rire. L'aiguille arrive, rapidement et une fois sur le bon chiffre, Alvin s'élance. Il tape fort des pieds contre le mur pour se projeter et commence un crawl dans lequel il reste tous les quatre temps. Il gagne du terrain et surtout de la vitesse, il connait son souffle, il sait qu'il peut tenir. Vers le milieu du bassin, il reprend à deux temps puis arrive contre le mur, plonge et tourne sous l'eau pour repartir en tapant des pieds comme il sait si bien le faire. Il repart sur un deux temps. Il avance, il glisse sur l'eau. Maintenant, ce n'est plus une question de temps. Il respire quand il en ressent le besoin. Avec un dernier effort, il écrase sa main contre le mur, puis s'essuie les yeux et observe son ami arriver.

- Alooooors j'ai gagné on dirait !

Le brun fait le fanfaron et s'assoie à nouveau sur le rebord, l'eau coulant de son torse vers le sol. Il sourit comme un enfant, les yeux animés d'une folle idée.

- Donc tu as un gage mon ami ! Tu dois faire le tour de la piscine, tout nu ! Et tu me fais l'hélicoptère en même temps.

Loon comprendra. Alvin, lui, explose de rire à s'en rouler par terre rien qu'en imaginant la scène.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Mar 23 Juin - 11:45

« J'attends que ça ! »

Vous vous élancez en même temps comme si votre vie en dépendait. Tes poumons te brûlent et une saveur âcre se répandant dans ta bouche, celle de la respiration en feu qui n'a que la seule envie de vous faire vomir vos tripes. Tes mouvements sont réguliers et l’excitation grandissante. La joie des instants d'adolescence, l'excitation du défi, les retrouvailles, tout explose en toi. Puis les pensées s'amenuisent. Tout s'efface. Seuls comptent ce plafond qui défile, tes poumons qui t'échappent, tes bras et tes jambes qui battent l'eau.
Arrivée au premier tour, cabriole dans l'eau et tu repars, sans regarder Alvin, sans ne rien voir d'autre que ces lignes qui défilent, sans rien sentir d'autre que tes poumons qui crachent cet air qui diminue progressivement. Ta vue se brouille, l'eau gicle de tous côtés.
Tout se joue à peut-être deux secondes, mais ce n'est pas comme si c'était une surprise. Tu t'accroches au bord et t'y accoudes, le souffle court. Alvin, le regard triomphant, t'annonce que bien évidemment tu as perdu et te donne ta sentence.

Ca va. La piscine aurait pu être bourrée de monde.
Et bizarrement c'est moins l'idée de courir à poil autour d'une piscine de cinquante sur vingt-cinq qui t'embête, mais le fait de courir simplement alors que tes poumons ont envie de cracher leurs alvéoles sur le carrelage blanc et bleu.

Tu te laisses tomber dans l'eau, retire le boxer qui cache la partie inférieure de ton corps et, remontant, l'envoie au visage d'Alvin. Sans pudeur, tu appuies tes mains sur le bord de la piscine et te projette en dehors. L'eau lèche ton corps nu, les perles salées dégringolent de ton dos, se perdent dans la raie de tes fesses bronzées, s'égrènent sur ton sexe frileux. Tes muscles se tendent, l'espace d'une second et offrent à Alvin le plus beau spectacle masculin qui lui ait été donné de voir. Tes jambes rejoignent tes mains et tu te tiens debout sur le bord de la piscine, dans le plus simple appareil. Le cœur battant, tu lui jettes ce regard profond qui veut tout dire.
L'hélicoptère, vraiment, espèce de gay refoulé.

Sans rien attendre d'autre que son regard, tu t'élances. L'air glacial de la piscine pourtant couverte fouette ton corps. Ton arsenal se balance de tous côtés, te rendant plus ridicule que jamais, et pourtant tu parcours la première largeur de la piscine, la tête haute, comme si tout était normal. Et même, tu le défies davantage, avec cette chanson venue tout droit de leur enfance.

« Love is a game for everyone
But this is you and me
We had a thousand lifes in one
We had hurricanes and suns
Hey, don't you know we just begun. ♫
 »

La seconde longueur s'écoule, tes cheveux collant à ton visage, ton sexe se balançant au rythme de ta course. Arrivée à la troisième, donc face à Alvin, tu t'arrêtes, dans ta nudité totale, avant de faire rouler tes hanches, une lueur de défi dans les yeux.

« Come pain, come heart
See the halo, ha-ha-halo
Hey, hey, hey !
 »

Ton sexe tournoie comme une fleur dans un tournesol charnel et tu reprends ta course, comme si tu étais seul au monde, manquant à grand peine de glisser. La dernière longueur est plus compliquée. Alors que tu regardes Alvin dans les yeux, quelque chose se serre dans ton bas ventre. Tu penses rapidement à autre chose, mais ton corps te trahit. Tu as essayé d'oublier, tu as vraiment essayé. Et malgré ton impudeur totale, la ruine est proche. Tu regagnes le point de départ, essoufflé, le corps tremblant et une trique montreuse entre les jambes. Et vous savez tout deux à qui elle se destine.

« Tu vois, tu m'as jamais cru : c'est moi qui ait la plus grosse. »

Un sourire aux lèvres, le cœur battant n'en pensant pas moins, tu te glisses à nouveau dans l'eau.

« Allez-rends-moi ça. »
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Mer 24 Juin - 11:04

Alvin regarde son ami effectuer le gage qu'il lui a donné, complètement avachi sur le sol humide. Il est mort de rire. Il l'écoute chanter -faux- et se roule encore plus en boule tellement il rigole de le voir effectuer l'ultime défi lancé. Le brun regarde aussi les quelques personnes restées dans la piscine observer son ami d'un air quelque peu sceptiques. Certaines rigolent, elles aussi.

Puis il s'arrête à côté d'Alvin qui relève la tête, un sourire toujours sur les lèvres. Ce dernier s'efface lorsqu'il remarque l'érection bien présente entre les jambes de son ami. Il n'avait définitivement pas prévu que cela se finisse ainsi. Loon cherche à faire de l'humour, une fois encore, mais Alvin ne semble plus enclin à rire. Il lâche cependant un petit mot étranger avant de se laisser glisser dans l'eau.

- Tu parles ! Mais t'es incorruptible, toujours à comparer !

Il se met à rire, évitant toutefois de le regarder. Loon cherche à récupérer son maillot et Alvin se pousse pour lui laisser la possibilité de récupérer le morceau de tissu baignant dans une flaque.

- Mais dis moi alors, je te fais tant d'effet que ça ?

Alvin dit ça sur le ton de la plaisanterie mais en vérité, il se sent gêné. Tout s'assemble doucement dans son esprit. Car malgré tout, le brun n'est pas bête. D'abord un coming out, maintenant son corps qui le trahit … Loon éprouverait-il quelque chose pour lui ? A moins que ce ne soit une simple coïncidence mais la façon dont il le regardait dans les yeux, la façon dont il a reluqué son corps … C'est un peu trop. Alvin ne sait pas quoi en penser mais … il n'est pas gay lui ! Ou du moins … il n'en a pas forcément connaissance.

Il se rappelle toutefois d'un gars qui l'avait marqué. Liam. Ses cheveux noirs parsemés de mèches blondes, ses traits fins, sa voix roque, sa façon de bouger quand il dansait … Il se souvient de ne pas avoir été indifférent à son charme, même s'il n'a jamais voulu se l'avouer. Il lui plaisait, clairement, mais ça, personne ne l'a jamais su. C'était peut-être la seule personne qu'il aurait voulu garder à ses côtés … Avant que le bordel de 2012 ne l'arrache à lui, lui aussi.

- En tout cas, très belle performance.

Il sourit plus franchement. En fait, il n'est même pas vexé comme il l'avait pensé au départ. Il se sent flatté de plaire même aux hommes. Et Loon a toujours été son ami. Ce n'est pas lui qui souffre de ne pas pouvoir l'avoir, c'est bien Loon. Alors il n'a pas, en plus, le droit de lui en vouloir pour tout ça. Ce genre de chose n'est pas censé se laisser contrôler.

- Tu crois qu'ils vont nous foutre dehors si on reste là trop longtemps ?

Il demande ça car les autres personnes sont sur le bord, à se sécher afin de repartir vers les douches ou les vestiaires.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Mer 24 Juin - 12:21

« Tant que je ne vois pas la tienne, tu n'as rien à dire. »

Tu saisis le morceau de machin chose noir qui flotte dans l'eau. Visiblement personne ne t'a vu, hormis les quelques nageurs qui ont du bien se fendre la poire ; ça leur fera quelque chose à raconter au dîner. Te laissant de nouveau tomber dans l'eau, tu enfiles de nouveau le vêtement qui te colle aux cuisses, avant de remonter, secouant la tête. Le spectacle est fini, l'auditoire se sèche tranquillement, emporte ses affaires et les gens disparaissent un par un de la grande salle contenant le bassin, les pieds dans le pédiluve, puis dans les couloirs.

« Oui. » réponds-tu simplement à sa question, regardant les clients disparaître.

Tu aurais préféré éviter la question mais quoiqu'il en soit, tu ne peux pas mentir. On peut omettre, mais pas mentir, pas à son meilleur ami. C'est lui qui t'a mis dans cette situation, il n'a qu'à assumer. Après l'intérêt que tu lui as prouvé pour la gente masculine autrefois, il aurait du se douter qu'une telle chose finirait ainsi. N'est-ce pas d'ailleurs parce qu'il s'en doutait qu'il t'a donné ce gage ? Tu ne le sauras jamais puisque tu sais qu'il déteste parler de ça.
Et que tu le rejoins, depuis ces sombres expériences.

Toujours dans l'eau, accoudé au bord, tu reportes ton regard dans sa direction. Il semble à la fois gêné et songeur. Son rire sonne faux. Bien fait pour toi, qu'est-ce que tu veux que je te dise, mon vieux. Tu m'as dit, j'ai fait. Et estime-toi heureux que je te chauffe pas comme une chienne en chaleur simplement pour voir ta réaction.
Oui, enfin, y'a des limites à ne pas foutre en l'air une amitié vieille de vingt ans.

« Merci ! »

Ton sourire se joint au sien, s'engageant dans la brèche du changement de sujet avec la vigueur d'un chat qui s'éloigne de la source du danger. Tu ne t'es pas regardé, mais l'expérience a été plaisante. De toute façon, même si tu ne t'en souviens peut-être pas, tu as du en faire des belles en étant bourré, durant les soirées.
Et Alvin aussi.

« Ils ferment les bassins dans cinq minutes, on a bien le temps. Mais après, ils vont nous fiche dehors ; ils prennent de la marge pour que les gens coquets comme toi aient le temps de prendre leur douche et de se refaire une beauté. »

Tu lui tires la langue. Tu sais qu'Alvin a toujours pris grand soin de lui et de son apparence, qu'il aime se faire beau et voir le regard de gratitude dans les yeux des filles qui remercient certainement le ciel d'avoir fait un si bel homme. Cela doit être d'autant plus valable aujourd'hui étant donné qu'il travaille dans un hôtel, et cela le sera encore davantage s'il reprend réellement les affaires. Alvin, patron d'un hôtel. Pff, vu l'acabit du gars, il prendrait davantage de plaisir à tenir une maison close.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Ven 26 Juin - 9:35

Loon le met au défi de lui prouver qui a la plus grosse, se targuant d'être vainqueur. Alvin secoue la tête et sourit dans sa barbe. Ses cheveux se collent à son visage, il déteste ça et repasse alors quelques secondes sous l'eau le temps de remettre tout ça en place. Puis il sort et s'accoude contre le bord en observant son ami.

- Je crois me souvenir quand même qu'on a déjà comparé quand on était gosse. Et je gagnais. Donc aujourd'hui c'est encore la même chose !

Il ne compte après entrer dans le jeu. Se dessaper devant tout le monde et faire une stupide comparaison, non merci. Il a grandi depuis, et ces jeux ne l'amuse plus. En revanche, il reçoit comme un petit choc quand son ami lui avoue que, oui, il lui plait. Alvin avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, même s'il avait quelques doutes. Mais le savoir maintenant, l'avoir entendu de vive voix … c'est autre chose. Ce n'est plus une simple affabulation ou des conclusions trop hâtives.

D'un côté il se dit qu'il devrait répondre quelque chose, n'importe quoi. Mais d'un autre, se taire est peut-être mieux s'il veut éviter de ruiner leur amitié définitivement. Déjà que c'est assez tendu depuis qu'ils se sont revus … il vaut mieux faire profil bas.

- Mais tu n'es pas casé ?

La phrase sort toute seule, alors qu'il s'est promis de ne rien dire. Mentalement, il a envie de se foutre une gifle énorme. Qui lui a dit ça déjà ? Et pourquoi dire ça ? Est-il jaloux ? Possessif ? Amusé ? Même lui ne saurait pas dit dans quel état il se trouve. Il regarde Loon et murmure deux rapides petits mots. Son ami les a-t-il seulement entendu ?

- Excuse moi

Pourquoi s'excuse t-il ? Parce qu'il ne veut pas mettre Loon dans l'embarras. Il connait sa franchise, il sait très bien qu'il va lui répondre, même si ça lui en coûte. Il n'aurait jamais du l'engager sur ce terrain pentu et glissant.

Alors il tente de se rattraper en parlant de la piscine. Il voit les gens sortir et partir vers les douches. Quand Loon lui répond et qu'il fait une petite plaisanterie, Alvin le pousse du coude.

- Il faut bien se rendre présentable, t'as vu l'allure qu'on a en sortant de là ? Et imagine un peu toutes les saletés qu'on attrape en partageant la piscine avec .. des gens .. des gamins qui pissent dedans !

Sur ces mots, Alvin fait mine de régurgiter son repas et sort en essorant ses cheveux et sa barbe.

- J'aurai jamais du dire ça, je peux plus rentrer maintenant !

Il regarde son ami et s'assoie sur le plot de départ. Non vraiment, il ne peut plus rentrer dans l'eau là, c'est fini. Il observe l'heure sur la pendule, puis regarde les surveillants de baignade qui ferment leurs locaux. Pourtant nous ne sommes pas les seuls. Ceux qui nagent à l'extérieur car ils sont membres du club de natation, on va les virer, eux aussi ?
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Ven 26 Juin - 11:46

Haussement de sourcils.

« C'était il y a quinze ans, les temps changent. »

Les temps changent. Les relations changent. Les pensées changent, et surtout, les sentiments changent. Ton regard se fait plus profond tandis qu'il sonde celui de ton ami où se peint la surprise de celui qui semblait savoir mais qui a été tout de même désarçonné. Tu es décidément un homme gorgée d'une spontanéité à laquelle même ton ami d'enfance, la personne la plus proche de toi en dehors de tes génitrices, ne saura un jour s'habituer.

« Non. Je te l'ai dit la dernière fois, et ça n'a pas changé. Tu écoutes quand j'parle ? »

Tu sais bien qu'il imagine que la situation a pu changer. Et elle a effectivement changé, il ne sait pas à quel point. Tu as été pour ainsi dire casé, oui, avant que cet amour ne s'envole vers d'autres horizons et te brise comme personne ne l'a jamais fait avant lui, et te dégoûte de ce sentiment que tu n'avais jusqu'alors pas connu. Il suffit d'un seul acte d'une personne proche pour fiche toute votre vie en l'air, c'est dingue hein ? Une clé dans la plus belle faille de votre existence, un bon tour de poignet et on vous brise durablement. Comme lui. Même si ça n'a pas été intentionnel. C'est son départ, c'est son absence qui te pèse encore.

« Ne t'excuse pas, je suis lucide. »

Bien entendu. Alvin aime les femmes et même si ce n'était pas le cas, tu ne prendrais jamais le risque de mettre le bordel dans votre amitié si forte, si fusionnelle, pour une histoire de cul, même s'il s'agissait juste de jouer, d'essayer, comme vous l'avez si souvent fait durant tout le temps que vous avez passé ensemble. Vous vous êtes observés grandir jusqu'à l'université et là, la rupture a emporté avec elles des habitudes qui ne parviennent que difficilement à reprendre leur place.
Soudain, Alvin change de sujet, exprimant par ce revirement de situation son malaise irréfutable devant cette idée. Tu le regardes avec étonnement sortir de l'eau, dégoûté, et s'asseoir sur le bord de la piscine en essorant son chignon défait.

« T'es vraiment une gonzesse quand tu t'y mets. »

C'est à ton tour d'éclater de rire. Un coup d’œil vers la pendule, puis dehors, et une nouvelle idée machiavélique prend place dans ton esprit. Vous allez bientôt vous faire jeter par le personnel. Tu as quatorze ans de nouveau lorsque tu te tires brusquement de l'eau. Tu y plonges ta main et envoie une gerbe de ce liquide si dégueulasse en direction d'Alvin qui s'en prend plein la tête.

« Viens avec moi ! »

Tu cours saisir ta serviette avant de pousser la porte vitrée des bassins extérieurs et disparais dehors.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Sam 27 Juin - 13:51

Alvin n’aime pas particulièrement le ton que prend son ami. La dernière fois, il était bourré, il ne se rappelle pas forcément, de longs jours après, ce qu’on a pu lui dire. Et en plus, il s’en fiche. Il dit ça pour être poli, faire la conversation et essayer simplement d’enlever la tension qui commence à s’intensifier entre eux, mais visiblement, Loon jette de l’huile sur le feu. C’est pareil avec son histoire de qui a la plus grosse. Justement, c’était il y a quinze ans, qu’est-ce qu’on s’en fout de remettre ce sujet sur la table et de vouloir à tout prix avec raison ? Le barbu replonge une nouvelle fois sous l’eau. Ses cheveux étaient bien et voilà qu’ils vont repartir mais qu’importe. Il soupire, reste plusieurs longues secondes sous l’eau, puis sort. Il s’excuse et Loon ressort encore un petit mot qui le met dans l’embarras.

C’est fou, comme les choses peuvent changer quand les gens ne se voient pas pendant des années. Ils ne savent plus rien l’un de l’autre, ils n’ont que des souvenirs et ils ne se comprennent pas. Lucide de quoi ? Loon a peut-être des vues sur lui. Il sait que rien ne sera jamais possible. Alvin aime trop les femmes pour ça. Il aime leur peau chaude et douce, la caresse de leurs baisers, les petits cris qu’elles poussent, le maquillage sur leurs yeux. Il a tellement de choses à dire pour vanter les femmes. Les hommes ne peuvent pas l’attirer. Sauf Liam. Mais Liam ne sera plus jamais là pour le savoir.

Il commence à faire tard et Alvin sort alors de la piscine, en changeant radicalement de sujet. Et en parlant de ça, il arrive à se dégouter lui même de mettre un pied dans l’eau à nouveau. Il trouve ça répugnant et il compte bien prendre un bain de javel en rentrant chez lui ! Loon éclate de rire et il ne peut alors s’empêcher de sourire. Peut-être que la tension va s’amenuiser.

C’est alors que son ami le regarde. Alvin ne connaît que trop bien ce regard et il n’a pas le temps de se reculer qu’il reçoit des gouttelettes d’eau.

- Loon putain !

Il ne s’empêche pas non plus de crier et de gesticuler de dégout. Comme une femme peut-être. Comme Liam sans doute. Pourquoi faut-il maintenant qu’il y pense tout le temps ? Comment Loon a t-il réussi à le réintégrer dans l’esprit du brun sans que les souvenirs ne puissent s’estomper ? Alvin est en colère contre lui même et contre le monde entier. Alors, quand il voit son ami attraper sa serviette et courir vers l’extérieur, il hausse les épaules, sourit d’un air mauvais et va chercher sa propre serviette pour rejoindre Loon.

Il ne fait pas très froid mais il y a un peu de vent. En journée, cela aurait été très agréable mais là, clairement pas !

- T’es où bouffon ?

Ce n’est pas très gentil de parler ainsi à ses amis, mais Alvin a toujours été ainsi. Il s’enroule dans le tissu éponge et se met à la recherche de Loon, se demandant encore une fois ce qu’il lui prépare.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Sam 27 Juin - 15:37

Des dizaines d'épines glacées s'enfoncent dans ta peau tandis que tu fais irruption dehors. La nuit tombe enfin. Les lampadaires s'allument peu à peu et la lumière du jour décline. Le soleil se meurt derrière les immeubles, se délavant en tons jaunes, rouges et roses dans le ciel bleu dont l'aquarelle impressionniste se reflète dans l'eau des bassins extérieurs qui deviennent soudain particulièrement inquiétants. Dans la plus grande des piscines, les membres du club de natation terminent leur entraînement. Certains quittent déjà l'eau pour se sécher. Tu laisses tomber ta serviette sur le sol et prends l'air qui fouette ton corps humide. Les frissons naissent sur ta peau bronzée, tes muscles s'ankylosent, mais tu respires. Ca pue le chlore à l'intérieur.

Tu ris intérieurement lorsque tu entends Alvin pester contre toi. On dirait qu'il est définitivement bloqué à l'âge adulte, il n'y a plus rien à faire de lui. Il est stressé celui-là, il va falloir qu'il se détende. Il ne sait plus rire, il ne sait plus plaisanter. Qui t'a pris ton ami ? Et surtout, qu'est-ce qu'on lui a fait ?

« J'suis là, arrête de râler espèce de diva ! »

Vous savez tous les deux qui Alvin vous rappelle à cet instant, avec ses mèches dans ton les sens et son attitude de gonzesse, mais aucun de vous ne dira quoi que ce soit. Ce n'est pas le moment d'envenimer les choses vu que tu as déjà pu constater les ravages de l'évocation du passé sur l'humeur de ton ami d'enfance. Heureusement, tu ne laisses pas l'agacement t'envahir de nouveau, tu peux bien être de bonne humeur pour deux.

« Oh-oh. » chuchotes-tu quand tu vois les membres du club de natation se diriger vers vous.

Reprenant ta serviette, tu repars vers Alvin en sens inverse, les cheveux volant au vent qui frappe ton dos d'une claque glaciale.

« Vite, cache-toi ! »

Tu lui saisis le bras avant de l'entraîner avec toi dans la première cachette venue, une grande armoire de métal dans laquelle s'entassent des balles, des bouées et des frites en mousse de toutes les couleurs. Vous rebondissez dans leur contenu et tu fermes brutalement les portes grises sur vos corps. Le noir envahit l'espace, la seule source de lumière venant des découpes horizontales permettant d'évacuer l'humidité des équipements. Tu y glisses ton regard, haletant, et vois les différents membres du club et leurs maîtres nageurs passer devant vous en discutant gaiement. Ils disparaissent ensuite derrière la porte de verre que tu as poussé il n'y a pas cinq minutes, et c'est le silence.

« C'est bizarre ce calme, chuchotes-tu. On a l'impression d'être les maîtres du monde. »

En dehors de vous, l'extérieur du lieu est effectivement totalement vide. Le silence est seulement troublé par le clapotis de l'eau sans cesse renouvelée dans les immenses bassins grâce aux multiples pompes. Les cigales et les grillons entament leur chant nocturne, le soleil achève de disparaître, l'obscurité s'installe. Les derniers clients de la piscine doivent être en train de se doucher avant d'évacuer. Les agents d'entretien vont passer et toutes les portes seront fermées jusqu'au lendemain matin. C'est apaisant, ce calme aquatique.

« Bon, on va peut-être y aller. » dis-tu enfin.

Tes mains tâtonnent au niveau de l'ouverture sans trouver la moindre poignée.
Eh merde. Y'a moyen que cette saloperie ne s'ouvre que de l'extérieur.

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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 29 Juin - 8:58

Une fois dehors, il constate qu’il commence à faire nuit. Alvin aime ses moments là. Il aime quand le soleil n’est plus à son zénith. Il se sent comme revivre. Il râle en ne retrouvant pas son ami. Ce dernier était parti en courant, comme un véritable enfant. Comme il le faisait, lui aussi, après les cours de natation qu’il prenait. Direction la douche, les vestiaires. Tout le monde s’amusait. Ils étaient enfants …

Lorsqu’il le trouve, il vient se poser à côté de lui. Loon semble toujours de bonne humeur, ce qui semble l’agacer un moment mais il ne laisse rien paraître. « Diva » Il lui en collerait, des divas ! Alvin se rappelle très bien qui écoper de ce surnom à chaque fois. Qui s’en amusait et qui remuait les fesses avec un sourire coquin. Sans être gay, il trouvait ça sexy sur Liam. Liam, encore et toujours. Décidemment, cette soirée ne le détend pas.

Loon lui attrape soudain le bras pour l’entrainer il ne sait où, car les maitres nageurs arrivent dans leur direction. Alvin n’a pas le temps de comprendre exactement ce que veut faire son ami mais il se laisse entrainer dans une espèce de placard en métal. La réserve. Alvin ne dit rien jusqu’à ce que les entraineurs soient passés. Il ne bouge même pas. C’est bien l’idée d’un adulte n’ayant pas grandi ça, de s’enfermer ici ! Un Peter Pan bis ! Alvin s’énerve.

- T’es con ou quoi ? On va rester coincés !

Alvin n’ajoute rien. Il sait très bien que les portes ne s’ouvrent que de l’extérieur. Et Loon qui philosophe sur le calme.

- Quitte à être les rois du monde, j’aurai préféré un endroit plus espacé. Tu sais très bien que je n’aime pas les espaces clos.

L’homme n’est pas vraiment claustrophobe. Les cabines de douche ne lui posent pas de problème, par exemple. Mais dans les endroits comme celui-ci, il a toujours l’impression de manquer d’air, d’étouffer, et il peut rapidement paniquer. Surtout quand il se retrouve enfermé contre son gré, comme dans le cas présent.

- Je t’avais prévenu.

Il lève les yeux au ciel. Il lui avait bien dit, que les portes ne s’ouvraient que de l’extérieur. Alvin se dit qu’il aurait du crier quand les maitres nageurs sont passés. Il serait peut-être passé pour quelqu’un qu’il n’est pas mais, au moins, il ne serait pas coincé.

Les ballons et les frites ne sont pas mouillés et Alvin s’y laisse glisser. Il est presque sec et, même s’il fait plus frais, être là dedans lui donne chaud. Il a soif qui plus est. Il y a vraiment moyen qu’il s’énerve à la prochaine remarque de son ami. Alvin perd rapidement son self control et s’énerve en gueulant. Il n’est jamais très plaisant de le voir dans cet état, car il peut dire des choses qu’il ne pense pas. Alors, là, pour ne pas gâcher une amitié vieille de vingt ans, il va prendre sur lui. Il ferme les yeux un petit moment, et se concentre sur sa respiration.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Lun 29 Juin - 12:01

Bien entendu, qu'il t'a prévenu, c'est lui qui prévient toujours, même si avant, c'était aussi le premier à faire des conneries. Les temps ont décidément bien changé. Le placard vibre sous le coup de ses sautes d'humeur, avant qu'il ne s'affale contre les frites et les bouées dans un soupir râleur. Tu ne l'as pas vu de si mauvaise humeur depuis un moment. Lâchant un soupir, tu lèves les yeux au ciel ; dans le pire des cas, vous restez coincés toute la nuit, et alors ? La piscine ouvre à dix heures le lendemain, il suffit de dormir jusque là en attendant que quelqu'un ait besoin d'ouvrir ce placard. Il y a tellement pire dans la vie !

« Je suis désolé. Ne t'inquiète pas, je vais nous faire sortir. Ca va être la merde vu le peu de lumière, mais je vais y arriver. »

L'une de tes mains glisse au niveau de ton poignet et y saisit un bracelet d'une forme étrange, constitué de fils de fer où s'entrelacent différentes breloques au profil coupant et contondant. C'est un objet dont tu ne te sépares jamais et qui contient tout le nécessaire quand tu mènes des actions pour le mouvement ou simplement lorsque tu pars en excursion dans le bayou pour animer ton émission de radio pirate, perché dans ta cabane, dans l'un des endroits les plus hostiles que la surface habitable puisse compter.

En tordant et tordant les breloques, tu dégages un petit crochet que tu tiens bien en main tandis que la pulpe de tes doigts effleure le mécanisme des deux poignées qui vous bloquent la sortie. Bon, ce ne sera pas une mince affaire, mais le principe est simple : il suffit de dévisser le mécanisme de l'une des poignées pour déverrouiller les deux verrous qui ferment en haut comme en bas ce placard de malheur. La chaleur te gagne et le manque d'oxygène te fait rapidement tourner la tête. Te redressant, tu fermes les yeux, colle ta bouche à l'ouverture en aspirant l'air au dehors. Il va visiblement falloir que tu sois calme pour deux car toi seul peut vous faire sortir.
Te baissant, tu cherches l'engrenage à l'aide du crochet que tu tiens dans la main ; tu as fait cela des dizaines de fois pour aller chopper un truc illégal pour le mouvement, ce n'est pas un fichu mécanisme de piscine qui va te résister.

« Tu as beaucoup changé mon ami. Je sais que cette impression vient du fait que l'on considère différemment les gens au fil du temps, mais je ne pensais pas que la mienne se modifierait autant en seulement dix années de séparation. »

Ta voix a perdu de sa bonne humeur, mais pas de sa légèreté. Elle est calme et posée, sans reproche. Tu constates simplement, avec difficulté, que quelque chose s'est brisé entre vous, et que la vérité dévoilée y est certainement pour quelque chose. Le crochet se glisse dans la poignée et tu commences avec difficulté à amorcer le mouvement qui va le dévisser.

« On se connaît par cœur. On s'est vu grandir. On lit dans le regard de l'autre et on y décèle les moindres détails. Il n'y a jamais eu de secrets, entre nous, jamais de pudeur. Et j'ai l'impression que tu t'es refermé comme une huître depuis qu'on s'est retrouvés. »

Depuis que tu as été sincère, en somme.

« Il est temps de se dire les choses clairement, tu ne crois pas ? »
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La Haine [Alvin]

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