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 La Haine [Alvin]

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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Ven 3 Juil - 12:49

Alvin n'y voit rien mais il soupire bruyamment et à plusieurs reprises pour montrer son mécontentement. Loon s'engage à le faire sortir de là et le brun y compte bien. Hors de question qu'il passe la nuit à l'intérieur de ce truc en métal. Et alors qu'il rumine dans son coin, il entend son ami s'activer à côté de lui. Des bruits de cliquetis, de métal là aussi. Qu'est-ce qu'il fait, encore ? Il écoute du mieux qu'il peut, cherchant à percer l'obscurité mais il ne voit rien. Alvin comprend toutefois rapidement que le mécanisme ne s'ouvrira pas si facilement, malgré les tentatives de Loon. D'ailleurs, pourquoi a-t-il un tel instrument autour de son poignet ? C'est légal au moins ?

Il lève les yeux au plafond et se renfrogne dans ses ballons en voyant son ami perdre l'air et tenter d'en obtenir depuis l'extérieur. Il a encore eu une foutue idée. Chaque fois qu'il y avait un souci, c'était toujours sa faute. Visiblement, ça n'a pas changé. Alvin est de mauvais poil et il voit tout en noir. Il rejette entièrement la faute sur Loon au lieu d'essayer de l'aider.

Et soudain, il l'entend élever la voix et ne s'attend absolument pas à cette déclaration. Il le laisse parler, jusqu'à la fin. Jusqu'à sa dernière petite question. La colère qu'il était en train d'accumuler disparait progressivement pour laisser place à un grand vide. Il sait que tout a changé. Dix ans, cela peut changer un homme. Pas de secret, en est-il si certain ? Alvin ne sait rien de ses convictions politiques, par exemple, et il ne sait pas que son ami fait partie de la résistance. C'est un secret, non ?

Toutefois, il soupire une nouvelle fois. Il ne sait pas quoi lui dire.

- Et que voudrais-tu dire clairement ?

Il accentue sur le clairement de sa phrase. Loon n'a jamais été présent une seule en dix ans. Sans doute les dix années les plus difficiles de sa vie. Il a perdu ses parents, il a perdu Liam. Le gouvernement a changé tant de fois qu'il a perdu son job pour finir à travailler dans un vieil hôtel. Il a perdu sa fortune et en échange il n'a jamais rien gagné en dix ans.

- Tu as vu ce qu'il s'est passé en dix ans ? Tu as vu tous les changements, les adaptations de nos modes de vie ? L'impossibilité de rentrer chez nous et tout ce bordel qu'on ne connaitra jamais ? Comment veux-tu que les gens ne changent pas, avec tout ça ?

Alvin parle d'un ton calme tout en gesticulant dans le noir. Son débit de parole s'est augmenté, il a parlé plus rapidement mais il reste posé. Après tout, il n'est pas énervé. Il est forcé de constater que son ami a raison. Quoiqu'il ait pu se passer ses dix dernières années, il a été affecté et c'est aujourd'hui qu'il le constate véritablement.

- Je ne suis pas renfermé ou autre connerie dans le genre. Je suis toujours le même. J'ai simplement grandi … et muri.

Il ne cherche pas à montrer à son ami que lui n'a pas grandi. Certes, il a toujours quelques comportements gamins mais cela fait partie de sa nature et de son tempérament. Pourtant, Alvin sait très bien que ce n'est pas de ça que Loon cherche à discuter. Peut-être qu'au final, c'est lui qui cherche à éviter les discussions fâcheuses.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Ven 3 Juil - 23:59

Le ton orné de reproches d'Alvin t'amène à te remettre en question, toi aussi. As-tu seulement pris de ses nouvelles en dix ans ? Oui, peut-être une ou deux fois. En a-t-il pris, lui ? Peut-être autant. Du reste, chacun de vous a fait sa vie sans vraiment se soucier de l'autre. Comme si c'était une évidence. Au final, c'est bizarre, pour deux amis d'enfance. C'en est même triste. Comment pouviez-vous affirmer la ténacité de votre amitié et sa vieillesse, sa durée, alors qu'en vérité elle ne s'étalait que sur les belles années de votre adolescence pour laisser les plus noires dans l'ombre. Vous n'avez en vérité strictement rien vécu ensemble, si ce n'était l'innocence de vos jeunes années.
Tu y songes avec mélancolie, tandis que le mécanisme commence à céder, ainsi que, tu l'espères, les barrières de la fierté machiste d'Alvin.

« Non Al', justement. Je n'ai strictement rien vu, rien vécu, rien compris. Tout s'est déchiré autour de moi sans que je ne comprenne rien. Je ne sais rien de ta vie, elle m'est passée au dessus de la tête pendant dix longues années. »

La vérité s'échappe de tes lèvres, trop vite, mal fagotée, presque nue. Comme d'habitude. Dix années de trop, dix années qui n'auraient jamais du exister, dix années que vous auriez du passer ensemble. Tu aurais du être là pour le soutenir quand son mentor s'est évaporé dans d'autres cieux, tu aurais du être dans l'arène lorsqu'il s'occupait des Hunter Seasons, il aurait du être dans cette foutue putain de cabane lors de ta première émission, il aurait du être là quand tu as encaissé le divorce de tes mères, quand tu as encaissé Sa mort. Tu aurais du être là pour toutes les belles et les moins belles choses, pour tous les joyeux et tristes événements.

« Alors grandir t'a rendu foutrement vieux jeu. C'est pas dix ans que j'ai loupé là, j'ai l'impression, c'est quarante. Tu es fermé comme une huître et plus étroit d'esprit, on peut crever. »

Le reproche se teinte de déception. Les règlements de compte prennent place entre vous, comme au bon vieux temps. C'est triste de se dire que les dernières racines qui demeurent sont celles qui font le plus mal : les disputes, ta peur du sang. Le mécanisme pivote entre tes doigts experts qui commencent à trembler sous l'effet des émotions qui t'assaillent.

« J'ai manqué trop de choses. Tu m'as trop manqué. Et tout me semble irrattrapable. »

Tes lèvres se pincent et tu comprends qu'il ne se produira rien tant qu'il ne sera pas vraiment poussé à bout. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, tu n'as pas envie de le faire, parce que tu sais pertinemment que cela ne mènera à rien sinon agrandir le fossé déjà immense qui désormais vous sépare. Le mécanisme de la serrure se bloque et tu changes d'instrument, cherchant la fente dans le noir avec la pulpe de tes doigts, tandis que l'air commence à te manquer.

« Alors dire quoi, clairement. Je ne sais pas. Peut-être que c'est ton visage qui se superpose à celui de toutes les personnes que j'encule, par exemple. »

Un cliquetis retentit et soudain, d'un violent coup de poing, tu envoies valser la porte qui se recourbe en accordéon dans une vibration stridente qui se poursuit longtemps dans le silence. L'air frais s'engouffre dans le placard comme une force nouvelle et c'est toi qui en sors le premier, délaissant ta serviette inutile.

« Dire que je t'aime ? Non, tu as raison, ça ne changerait rien. »

Un soupir t'échappe, à peine perceptible dans la lueur orangée du crépuscule qui s'éteint devant la nuit qui vous avale.
Et dans laquelle tu finis par disparaître sans un au revoir.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Sam 4 Juil - 11:32

Il n'a pas réussi à rester calme et le ton de reproche de son ami le met hors de lui. Pour qui il se prend ? S'il n'a rien vécu durant dix ans, ce n'est certainement pas son problème. Chacun a une vie et chacun a ses propres problèmes. Alvin se fiche totalement des états d'âme des autres. Il a déjà les siens à gérer et il se fiche de ce que peuvent penser les autres. Mais là, que Loon rentre à nouveau dans sa vie, comme ça, pour en plus lui faire une scène, s'en est trop.

- Mais va te faire foutre un peu, tu sais quoi ? Si t'as rien vécu ce n'est absolument pas mon problème. Si t'es resté à l'âge de tes quinze ans, c'est pas mon problème non plus. Tu ne sais rien de moi Loon, malgré le fait que tu te bornes à vouloir penser le contraire. Tu ne me connais pas. Dix ans ça te change un homme. En dix ans on peut en prendre des chemins différents et en vivre des choses.

A son tour il s'énerve et il ne maitrise plus ses mots. Il crache ce qui lui vient, le venin qu'il contient la plupart du temps mais qu'il lâche dès que quelque chose lui tape sur le système. Dès que quelque chose échappe à son contrôle.

- J'en ai rien à faire d'être étroit d'esprit comme tu dis. Je m'en fous de ce que pense les autres et de ce que tu penses toi. Je m'en fous que tu te fasses prendre par derrière entre quatre murs si c'est ça qui te plait.

Il est méchant, mauvais. Il cherche à blesser volontairement parce que son ego en prend un coup et qu'il refuse de l'admettre. Maintenant il est énervé et il serait prêt à taper dans la porte jusqu'à ce qu'elle cède sous la force qu'il peut y mettre. Mais il lui laisse une chance de rattraper l'imbécilité qui les a conduis là dedans.

- Tu n'as rien remarqué ? Depuis le début je ne sais pas ce que tu cherches, à toujours me parler de ton penchant pour les mecs. Mais au lieu de toujours parler de toi et de me dire que tu ne me reconnais plus, remets toi en question et demande toi où ça a foiré pour qu'on en arrive ici.

Il ne sait même pas pourquoi il l'accuse comme ça. Il veut simplement le rabaisser, le mettre plus bas que terre pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le seul à faire des erreurs, dans ce cas. Il lui a manqué, quelle belle blague. Quand quelqu'un te manque et que tu peux encore le joindre, tu le fais dans ce cas et tu ne viens pas te plaindre après. Du moins, c'est ce qu'Alvin pense.

Puis Loon continue. Comme s'il cherchait à s'enfoncer d'avantage. Pourquoi lui parler de ses sentiments maintenant ? Il ne sait pas que ça ne changera rien à la colère de son ami ? Qu'Alvin va simplement s'énerver d'avantage ?

- Ah parce que tu me vois aussi faible que ça ? Aussi con pour me laisser prendre comme ça ? Mais bon sang réveille toi un peu !

L'air s'engouffre soudain. Loon sort et Alvin fait de même. Il ne prend même pas le temps de s'étirer ni de réfléchir à la phrase sans aucun sens qu'il vient de sortir et commence à prendre la direction des vestiaires. Il entend alors Loon dire une autre phrase. Un je t'aime s'y glisse. Alvin se stoppe et le regarde partir dans le sens inverse.

- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise de toute façon ? Je ne suis pas gay et tes déclarations ne me feront pas virer de bord !

Il est méchant, arrogant, blessant. Dire de telles choses à quelqu'un qui vous aime … c'est n'avoir que peu de considération. S'énerver au lieu de tenter de parler calmement .. Alvin n'est pas près de savoir le faire.
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MessageSujet: Re: La Haine [Alvin]   Sam 4 Juil - 12:16

Tu te retournes et te prend en pleine face les fragments d'une adolescence qui explose en morceaux autour de vous. Tout se déchire et se ruine à vos pieds, Alvin écrasant ce qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd'hui comme un rouleau compresseur, brisant tout sur son passage. Il se révèle au grand jour dans toute sa noirceur, de cette manière que tu n'as vue qu'une fois dans ta vie, lorsque vous étiez jeunes et qu'il a utilisé cette illusion sur toi. Le cœur battant, tu le regardes perdre tout contrôle, devenir un monstre, comprendre qu'il a souffert en même temps qu'il a menti. Signe que tout cela l'a touché en plein cœur et provoque en lui des émotions qu'il est incapable de gérer. A travers l'amertume de ton regard qui s'assombrit de larmes naissantes, tu trouves la force de lui adresser un sourire moqueur.

« C'est pas facile d'admettre qu'on ne contrôle pas tout, pas vrai ? »

Tes paupières se rabattent sur tes yeux verts et les larmes dévalent la rondeur de tes joues sans que tu ne puisses les retenir. Les sanglots acides se bloquent cependant dans ta gorge et ta poitrine se serre d'une force innommable tandis qu'en face de toi, vingt ans de ton existence se remettent en question. C'est d'une douleur que tu n'aurais jamais imaginée. Tu encaisses les obus qu'il te balance à la gueule comme autant de coups qu'il aurait voulu te porter physiquement et qui n'ont qu'un seul but : expulser toute la haine qu'il ressent sous forme d'une méchanceté sans bornes. Tes poings se serrent, tu te mords les lèvres et malgré ton impulsivité tu n'as pas la force de t'insurger réellement contre lui. Parce que les liens et les racines demeurent, et contrairement à lui, tu ne les oublieras jamais.

« Termine ta crise d'adolescence et prends tes couilles à deux mains Alvin, ce n'est pas en hurlant qu'on règle ses soucis. »

Ta voix froide tremble pourtant gorgée de ces larmes que tu ne retiens pas, sillons d'un sang translucide qui affiche à la réalité les plaies que celui qui était sensé être ton meilleur ami ouvre dans ton cœur. Tu saignes de tes sanglots silencieux, saigne de ces blessures qu'il taille les unes après les autres dans toutes tes certitudes.

« Dégage avant que je commette une erreur irréparable. Dégage de ma vie, et n'y reviens jamais. »

Et en fait, c'est toi qui te détournes définitivement de lui. Cette fois-ci, tu préfères prendre les choses en main plutôt que de les subir, de te laisser soumettre et contrôler par cet homme avide de trop de pouvoir qui perd les pédales quand il en est séparé. Sans un seul regard, tu prends le chemin des vestiaires, saisissant la poignée de la porte vitrée qui heureusement, elle, n'est pas encore verrouillée, le temps que l'agent d'entretien passe faire son travail.
La main sur la barre de fer permettant de tirer le panneau vers toi, le cœur au bord des lèvres, les sanglots roulant sur ta langue, tu prends conscience d'une douloureuse réalité, celle d'une fissure qui ne s'est jamais véritablement refermée.

« J'aurais déjà du t'oublier, il y a vingt ans, quand t'as failli me tuer. Tu m'es nocif depuis le début. Je n'aurais jamais du te pardonner. »

Tu tires rageusement la porte vers toi avant de disparaître derrière elle. Alors qu'elle se rabat sur le chambranle ton visage se crispe et les sanglots jaillissent entre tes dents, secouant ton dos de spasmes violents et douloureux.
Sans vraiment le savoir, il t'a tué une seconde fois.

FIN
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