AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 High above the smokestacks [PV Judith]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 2943
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: High above the smokestacks [PV Judith]   Lun 22 Juin - 12:58

High above the smokestacks

○ You got eyes so azure. You got blood orange skin. Are there's a spark in your centre that's piercing me in. I got a night-time shudder and a lion within. I got a brain-tricked hunger and you're pulling me in.  High above the smokestacks throwin' my soul, throwin' my soul. Quiet in jet black. Hoping I will carry you above the smokestacks. Throwin' my soul, throwin' my soul. Takin' our minds back. Hopin' I will carry you, could carry you home.


La pluie s’écrase contre le bitume, autant de poignards pour les dalles qu’il martèle lui-même de sa semelle. A cogner aussi fort contre le goudron, l’ondée semble prête à tout pour fracasser ce sol crasseux, négligé par la masse humaine qui le comprime jour après jour. Depuis ses hauteurs, l’averse le méprise. Le plancher du Monde n’est qu’un réceptacle de plus pour les chutes, ils contrecarrent des avancées prodigieuses en rappelant aux plus beaux rêveurs qu’ils sont eux-mêmes soumis à la loi immuable de la gravité. Invités à mordre la poussière perpétuellement, les ailes coupées par les circonstances. Comment ne pas détester la matière qui racle et achève l’idéalisme de millier d’êtres alors qu’on poursuit soi-même sa course dans les nuages ? Bastien n’a jamais été en guerre contre la bruine. Terrain de jeu pour l’oiseau, défis répétés quand le vent se joint au déluge pour l’animal libéré dans l’océan cotonneux. Là-haut, les choses semblent se simplifier. Toute l’agitation s’aplatit en contre-bas jusqu’à devenir dérisoire. Des points lumineux qu’il suffit d’ignorer. Sa solitude sublimée par le vol, par la brise. Le corbeau aspire à regagner sa place dans les torrents qui s’abattent contre la carcasse déplorée de l’homme. Le changeur soupire, balance de la fumée en ouvrant ses lippes repliées jusqu’alors sur le miséreux froid qui découle d’une humidité indésirable et fait craqueler les lèvres. Son regard éprouve la grisaille alors qu’il s’enfonce avec lassitude dans un dédale familier. Le crépuscule ne va plus tarder, il fait déjà décliner cette luminosité faiblarde qui lui permet encore de discerner les ombres étrangères du brouhaha provoqué par le flot continu de gouttelettes. Dans quelques instants, il vivra au centre d’une chaîne mal réglé, condamné aux interférences  visuelles, privé de couleurs, privé de netteté avec pour seul le son, les cliquetis entêtants d’une tristesse céleste.

Dans les allées les plus démunies,  au fond de ces rues que le gouvernement a décidé de rayer de son intérêt, s’abritent laborieusement les sans-abris. Sous un auvent abimé, il observe une famille se serrer, bras contre bras. Le spectacle lamine son cœur rendu récemment imperméable au malheur des autres. Sans doute peut-il exercer sa sensibilité dans les échos difformes de sa tragédie, revivant les clichés dramatiques de son enfance mais se rattachant plus vainement encore à une esquisse mémorielle douloureuse. Abigaëlle en sang, roulée en boule dans des cartons, les paumes se rassemblant contre sa poitrine en quête d’un semblant de chaleur. Et tous ces passants qui ne se sont jamais arrêtés pour lui tendre la main. La nausée reprend, le fait tanguer à nouveau. Sa veste élimée prend l’eau, ses yeux se noient dans le chagrin alors qu’il détaille avec plus d’insistance les silhouettes qui gisent près d'entrées d’échoppes closes et sèment leurs forces en cherchant à conserver un semblant de dignité. Le voleur détourne son attention, incapable de gérer la férocité de leur détresse, de la sienne et de celle de la rouquine qui le rejoint sans cesse en souvenirs. Ses doigts se déplient pour se presser contre son thorax. Il se scinde semble-t-il pour accueillir de nouvelles vagues de désespoir. Il vacille jusqu’à quitter les quartiers appauvris.

Il erre dans cet état précaire, à l’orée de sa démence. A l’angle d’une rue, il déniche un refuge sommaire. Ses mains attrapent cigarettes et briquet. En une étincelle, la nicotine étend son règne sur son organisme alors que la fatigue accroche ses traits défaits par sa course dans cette maussade météo. C’est là que la houle sape l’apathie. Quand il aperçoit l’abondance de lueurs, de rires et de splendeur à l’heure où d’autres gens doivent lutter pour survivre, pour ne pas tomber sous le joug d’une pneumonie ou d'une autre maladie mortelle. Ils sont cinq, peut-être six à emprunter la même voie. Des atours de qualité, de grossiers bijoux accolés à du parfum de luxe qui laisse derrière lui une trainée significative. Mélange nauséabond de fierté, d’égocentrisme et d’arrogance. Excédé par cet étalage de richesse incroyablement intolérable, il jette son mégot dans l’abime suggéré par la rigole et s’avance avec culot vers le lieu de la cérémonie à laquelle ils vont de toute évidence assister.

La tiédeur le cueille à l’entrée de ce qui ressemble à une galerie, bondée alors que minuit va tonner. Dans un souci d’appartenance, le français ôte son blouson imbibé et le dépose sur le premier crochet qu’il rencontre. Il réajuste le premier bouton de sa chemise et s’avance sans plus d’embarras, plaquant en arrière sa tignasse emmêlée. Ses chaussures couinent contre la surface froide et immaculée du lieu mais personne ne peut l'entendre, ils sont tous occupés à époumoner en débats futiles sur de l'art abstrait. La blancheur des murs embarrasse sa vision, calcine sa rétine et froisse sa seule conception. Toute cette pureté colorimétrique met en déroute  l’acceptation de ses tares. Il jure de toutes les façons possibles avec ce décor. Mais peu importe, il joue sa comédie comme il peut, s’appuie sur l’expérience pour se fondre dans la masse compacte, balaie des yeux les convives avec écœurement. Le champagne coule, les discussions alimentent l’illusoire utopie que cette classe a pu bâtir en écrasant les moins fortunés. La racine du mal qui le ronge bouscule sa moelle épinière, injecte le poison dans le système nerveux. La vengeance s’organise sans grand mal. En passant parmi les plus éméchés, il dérobe les premiers articles de valeur. Colliers principalement à sa portée, montres, boucles d’oreille. Tout ce qui peut être revendu. Il cale son lot dans ses poches très tranquillement, revient même en silence à son manteau pour placer son butin dans de nouveaux emplacements et continuer son petit marché avant de se faire surprendre.

Sauf qu’à son retour sur le terrain, prétendant admirer une œuvre  afin de dérober une bague conséquente à une femme frivole, il surprend une lutte. Ou du moins, il la devine. Des cris se glissent dans l’atmosphère fait d’amusement et d’insolence. Assez bas pour n’alerter personne excepté le métamorphe, habitué à laisser son intuition et sa perception animale conquérir un terrain inconnu. Naturellement, il s’oriente vers la source des éclats, titillé par un ressentiment primaire. Plus il l'approche, plus il croit reconnaître l’une des voix. Son pouls se détraque davantage. Il ignore s’il a vraiment envie de savoir mais si c’est bien Judith qui est mêlée à ce conflit, il ne peut feindre l’oubli. Et ça pour diverses raisons. Sa sœur, sa sollicitude, son rejet lors de leur dernière rencontre et puis, surtout parce qu’elle compte. D’une drôle de façon, d’une manière tordue. Mais elle compte.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: High above the smokestacks [PV Judith]   Lun 22 Juin - 22:59

High above the smokestacks
Bastien & Judith

Toi et moi. Bien plus qu’une histoire… ✻✻✻ Les jours passaient et se ressemblaient. La belle blonde se noyait sous le travail, s’obligeant à ne penser qu’à l’organisation du vernissage de feu Morgan Thorne. La jeune femme avait dormis à la galerie dans l’espoir de ne pas avoir à supporter la présence de son époux. Le lendemain du jour où Bastien l’avait jetée, elle était retournée à l’appartement de sa chère petite sœur pour nettoyer les lieux, ne laissant plus trace de ce passage dans ce lieu. Elle avait frotté de manière si énergique, qu’elle s’était mise à pleurer comme une enfant dans la salle d’eau. Pourquoi les souvenirs ne s’effaçaient-ils pas comme lorsqu’on faisait un ménage ? Elle était restée prostrée une partie de l’après-midi avant d’arriver à délier ses muscles, à calmer ses hoquets et à se relever avec toute la dignité qui lui restait. Puis, elle avait tout rangé avec sa minutie habituelle, voulant que si Abby revenait, elle ne trouve rien de changer.

Rien que de repenser à cet appartement, à ce qui avait pu s’y passer… Judith ne pouvait retenir un élan mélancolique. Alors, à chaque instant, elle s’était forcée à ne penser qu’à sa galerie, que tout soit la perfection même. Mais c’était irrémédiablement faux. C’était douloureusement faux… Elle ne cessait de se mentir, de se dire que ça passerait. Que ça devait passer… Mais ses mots… Son regard. Elle se rappelait de tout, dans les moindres détails. La blonde aurait dû lui en vouloir mais elle n’y arrivait pas. Comment aurait-elle pu ? Alors, elle pensait aux petits fours, aux toiles à accrocher, aux photos à mettre en avant. A la musique qui devait doucement murmurer aux invités et puis, à sa tenue également. Il fallait faire illusion, toujours. Et le jour J était arrivé bien vite. Elle s’était vêtue d’une robe noire cintrée dévoilant la naissance de sa poitrine, couvrant son corps sans rien amocher de ses formes. Elle avait pour l’occasion, rechaussée son alliance. Sa crinière d’or s’était vue laissée libre, tombant comme une cascade sur ses frêles épaules. Puis, les invités étaient arrivés, un à un. Il était à peine sept heures du soir. La valse du paraître commença alors. Cette danse qui dégoûtait de plus en plus Judith.

Tout se passait à merveille, les invités achetaient, admiraient et complimentaient. Puis… Puis il était arrivé dans son costume impeccable mais qui sentait déjà les volutes d’alcool qui venait d’être avalé. Judith s’était précipitée pour empêcher un esclandre. Tout capotait. Elle avait le sentiment qu’un simple geste de travers la ferait basculer dans un autre enfer. Lentement, elle prit son époux par le bras, le laissant saluer diverses personnalités avant de le conduire d’une main ferme vers l’arrière-boutique uniquement séparée de la galerie par un rideau bordeaux. A l’abri des regards mais pas des oreilles, son mari commença directement à lancer les hostilités. La pièce était bien trop exigüe au goût de Judith qui ne se retrouvait séparée de cet homme que de quelques pas insignifiants. Mais, la belle blonde ne se laissa pas démonter, répondant du tac au tac à son cher et tendre visiblement fort alcoolisé. Puis, ses mots se firent plus blessants encore, il titillait là où il savait que la jeune femme ne pouvait répondre. Là où il avait le plus de chance de lui faire mal, de remuer le couteau dans une plaie qui avait déjà du mal à cicatriser. « De toute façon, pas étonnant que ton idiote de sœur se soit enfuie ! Elle devait avoir honte d’être de lignée avec toi ! Tu es tellement impotante et idiote que tu arrives à me déshonorer rien que par ta présence ! Tu n’es qu’une putain qui a besoin de mon fric pour vivre son train-train de majesté ! Et en plus, je dois supporter le fait de ne même plus être récompensé en nature… »

Judith serrait les poings à s’en faire mal aux articulations, ses jointures se teintant d’un blanc qui en disait long sur son envie de meurtre. Mais elle ne bougeait pas, incapable de le frapper, de lui cracher au visage ce qu’elle ressentait… Mais, sa voix restait bloquée dans sa gorge, devenant aphone une nouvelle fois. Ses yeux commençaient à se teinter de larme à mesure du fait qu’elle prenait conscience de son état, de la folie dans laquelle elle s’était vue entraînée uniquement parce que ses parents avaient dit qu’il fallait épouser un bon parti. « Tu n’es pas le bienvenu ici. Va-t-en… » Finalement, ses prunelles revinrent se poser sur son mari qui marqua une pause, visiblement surpris. Elle se redressa, essayant de montrer plus d’assurance qu’elle n’en avait. Il ne fallait pas faire d’esclandre dans sa galerie sinon elle pouvait dire adieu à son chiffre d’affaire. Puis, comme il fallait s’y attendre, son cher et tendre explosa de rage. Il devint rouge, ivre de colère en plus d’alcool et en un éclair, il avait séparé la distance salutaire qui était présente entre les deux époux. Pointant son doigt vers le doux visage de Judith, il continua sur le même ton.

« Tu n’es qu’une trainée, une putain que même un marin ivre ne voudrait pas sauter gratuitement. Tu n’es rien sans moi, pas plus qu’une vulgaire araignée qu’on chasse d’un claquement de doigt. Tu ne peux pas me quitter ni me chasser. » Judith ne bougea pas sa tête, laissant ses pupilles fixées courageusement sa moitié. « Tu n’es plus rien si je pars. Adieu les apparences. Adieu l’avancement que je peux t’apporter. » La jeune femme eut juste le temps de finir sa phrase qu’elle sentit une douleur cuisante sur son œil. Elle recula, butant contre le mur en se tenant la partie gauche de son visage entre ses mains tremblantes. Le souffle coupé, la belle blonde n’osait pas bouger, prostrée contre le crépit froid alors que la souffrance était bien présente et qu’elle ne pouvait ouvrir son œil meurtrit. Le coup avait dû faire un bruit sourd pour qui avait tendu l’oreille suite à leur haussement de voix. Mais, Judith priait pour qu’aucuns clients ne n’aient entendus. Malgré la douleur, il le fallait…
✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2943
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: High above the smokestacks [PV Judith]   Mar 30 Juin - 3:13

La marée capricieuse lui glisse des mots à l’oreille qu’il rate, qu’il attrape et qu’il délaisse quand la sémantique revancharde abolit ses réserves d’hardiesse. Les raisons se déchirent, tissu à démembrer pour les faits qui se juxtaposent interminablement au lieu. L’heure s’absente dans cette course contre le cœur, elle se réinvente dans les pas qui soutiennent le squelette en perte d’ossement. Dès que l’étranger appose son ténor aux tympans, la bête s’élève là quelque part. Elle perfore l’estomac, s’attaque aux poumons. Respirer arrache du sang au larynx. L’homme s’abime quand il remonte sa piste. Il se détruit dans l’intention et s’achève dans les sensations qui éclosent des lettres irrévocablement associées à la seconde intonation. Le prénom tranche sa révulsion à la curiosité mal placée. Détonation pour les veines qui pulsent, qui le propulsent toujours plus en avant. Droit face à la tentation du danger. A croire qu’il se plait à parcourir chaque mètre pour éprouver cet organisme en perte évidente de vitesse. C’est une chute libre sans aucun filet et il s’y jette sans le moindre soupçon, s’enlisant dans les coulisses d’une existence à laquelle il n’aurait dû pouvoir prétendre, ne pouvant se permettre la seule connaissance en premier lieu. Le mensonge pourrait le faire reculer, scinder les entrailles, lui morceler cette loyauté indéfectible qui s’est transféré de la rouquine à sa plus proche parente. Le lien brisé se reconstitue, béquille pour l’insoluble qui taraude faiblement l’atmosphère mais suffit à équiper le suicidaire d’un objectif d’ordinaire mis en défaut par son mental fragmenté. Dessein compulsif d’un sauvetage incertain, trajectoire exacte pourtant. Le plancher accueille l’âpreté de ses semelles toujours trop humides, insultant cet espace à l’esthétique quasiment chirurgicale, déversant ses couinements inconvenants aux observateurs avisés. Les derniers colliers dérobés roulent au fond de ses poches, mélodie inconstante qui se poursuit dans l’ivresse clandestine. Personne pour le contempler dans ce pèlerinage, pour l’écouter jurer avec le lieu et pour s’apercevoir de l’odieuse scène qu’il interrompt.

Un cauchemar à la brume entêtante. Il frémit avant même de s’être arrêté sur le seuil. L’angle qui lui soumet la vision, dévoile la trentenaire sans la moindre pudeur. Les dernières syllabes s’allongent et la main se balance. La violence écartèle la cage thoracique jusqu’à la convulsion inquiétante. La créature cherche à se défaire de cette enveloppe. Dans  cette envolée de pulsions primaires, elle se constate fictivement sur le faciès du bourreau, le bec planté dans la rétine. Mais l’humain demeure dans l’embrasure de la porte malgré les coups répétés pour le corps qui le force à l'immobilité avant d'oser soumettre l'idée d'emporter la victime. La rationalité se consume dans l’émotion. La voix devient captive de ses propres geôles, s'émiettant dans le trouble. Sans craindre l’inconfort, sans même songer à l’embarras ou à l’indiscrétion, il dépasse son rang pour devenir rempart entre lui et elle. Protection ou offensive ? Il l’ignore. La dualité ne s’ajourne toujours pas. Qui de l’oiseau, qui de l’homme remportera cet énième dilemme ? Bastien corrompt le regard de l’inconnu de sa propre hargne. Deux animaux qui se défient, se testent dans une seconde qui contient l’infini. Pendant un instant, il se croit même capable de tout. Et durant ce trait d’audace, il s’entend ordonner. « Reculez et ne vous approchez plus d'elle. » Sa paume part en quête de sa peau, il tourne les talons pour faire face à sa protégée. L’orge s’allie à l’opale et rend à l’hématome naissant une dramatique emphase colorimétrique. Tout se bouscule, la colère s’écaille quand il saisit sa vulnérabilité. Ses doigts écartent les siens pour jauger l’impact du coup et en retirer l’amère impuissance. Ils frôlent la marque, atterrissent sur sa mâchoire avant de s'éloigner. La rage revient alors. Mais l’incompréhension lui succède aussi vite quand ses prunelles trébuchent sur l’alliance qu’elle porte.

L’a-t-elle seulement déjà exhibé avant ce jour ? Les interdits resserrent leur poigne autour de sa gorge et quand il franchit les quelques barrières visuelles pour atteindre l’annulaire de l’assaillant, il succombe à une vérité dérobée. Il est le seul étranger ici, le seul à ne pas être à sa place. Et pourtant, il se refuse au repli, il s’abstient de faire marche arrière. Le corbeau n’en finit pas de vouloir prendre pour cible le mari présumé de la propriétaire des lieux. Il s’ébroue dans ses entrailles et l’oblige à crisper chaque muscle pour ne pas succomber à une transformation malvenue. Se concentrer sur la révélation potentielle ne le préserve nullement d’une action inopportune, au contraire. Elle échaude des hypothèses qu’il ne peut mener à terme, rendu fou par les circonstances. S’agiter dans l’espace exigüe est hors de propos, il peine à contenir tout ce qui ravage son apathie. Sans doute parce qu’il grappille à nouveau les échos qu’Abigaëlle sème encore. Entre deux inspirations précipitées par l’instabilité,  il s’arme de sa férocité pour interloquer son rival. Sentiment confus pour un idéaliste en fuite. « Je crois que vous devriez partir. » Amer, pratiquement insolent. Et seulement, pragmatique pourtant. Dans quelques minutes, dans quelques mots, il ne sait pas où il en sera avec cette maîtrise partielle de ce qu’il est et l’impulsivité incontrôlée peut s’avérer néfaste. Brisé par des aléas inattendus, transcendé par son essence même et pourchassé par ce qu’il ne reconnait pas encore, il s’attend à se trahir. Il s’attend à pousser le vice jusqu’à revendiquer cette paix idyllique en instaurant d’abord la guerre.

Pacifiste en déroute, il souhaite tout aussi viscéralement tirer Judith par le bras aussi sèchement pour l’éloigner de cet endroit et des menaces qui en découlent. Il veut lui construire un sanctuaire à elle aussi pour qu’elle puisse panser ses maux, pourvu qu’elle en taise la source. Mais revivre par procuration le passé, l’effraie tout autant. L’égoïsme et l’empathie se mêlent une fois de plus dans ce schéma incongru qui les lie désormais. Peut-être que comprendre ne l’intéresse pas.  Peut-être que c’est plus facile de ne pas réfléchir. Peut-être qu’il en est juste incapable pour l’instant parce qu’il a à portée de main, une allégorie à l’ombre qui l’étreint et qu’il possède tout autant les raisons légitimes d’une telle épopée. L’un dans l’autre, elle a besoin de lui. Bien plus qu’il n’a besoin d’elle. C’est inédit, c’est impensable. Mais c'est encore plus inquiétant.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with

Invité
Invité






MessageSujet: Re: High above the smokestacks [PV Judith]   Mer 1 Juil - 17:25

High above the smokestacks
Bastien & Judith

Toi et moi. Bien plus qu’une histoire… ✻✻✻
La tension était tellement palpable dans cette pièce si exigüe qu’elle en devenait insupportable, étouffante. Elle avait la poitrine oppressée avant même de recevoir les coups portés sur sa peau pâle et qui semblait si fragile. La belle blonde ne s’était pas attendue à un tel revirement de situation. Elle pensait dominer la colère de son époux mais il n’était rien, rien du tout… Elle remarqua à peine la silhouette intrusive dans son intimité avant de sentir cette douleur cuisante, rendant cotonneuses ses jambes, la faisant s’affaler au sol. Elle voyait des étoiles filantes qui ne lui apporteraient aucuns vœux. Entendant à peine ce qui se passait, Judith ne reconnut qu’une voix salvatrice et qu’elle affectionnait particulièrement. La blonde avait du mal à réaliser suite au choc que son Bastien était devant elle, cherchant à la défendre de son corps pourtant déjà si meurtris.  Elle ne pleurait pas, restant là, interdite en essayant de répliquer quelque chose quoi que ce soit mais rien ne venait, elle ne voulait pas mêler son tendre ami à ses soucis de couples, soucis qui régissaient cependant presque toute sa vie.

Son époux fixa avec intensité le nouveau venu, ne masquant pas du tout son dégoût pour cet homme qui semblait tenir un peu trop à sa chère épouse. « Alors, c’est lui ton amant ? Tu n’es vraiment qu’une petite pute, Judith. Non contant que je ne peux plus te toucher depuis des mois, tu oses le faire venir ici ? Dans ta pseudo galerie qui fait plutôt pitié qu’autre chose. » Malgré la douleur sourde à ses oreilles, elle entendait bien les paroles blessantes de son mari. Elle pâlit d’avantage en réalisant qu’il était bien là, que Bastien essayait de la protéger comme la pauvre chose inférieur qu’elle était. Retirant finalement sa main, Judith dévoila l’étendue des dégâts. Son magnifique œil bleu commençait à enfler dangereusement, se teintant d’un noir qui n’indiquait rien de bon. Quelques gouttes de sang vermeilles perlaient également de la lèvre inférieure fendue de la belle. Cela ne semblait pas du tout déranger son époux qui se contentait de continuer à insulter le couple qui n’en était pas un au grand damne de la galeriste d’ailleurs. Sa peau si fragile prenait déjà une couleur étrange dès qu’elle se cognait, alors, un coup de poing faisait des ravages sur la pauvre femme. Elle restait interdite, choquée de s’être fait ainsi humiliée. Le mari, toujours ivre de colère, continuait de vociférer des insultes à tout va sur Bastien et sur sa femme. Puis Judith se releva de toute sa hauteur, lançant un regard réellement terrifié à son ami. Dans un nouvel excès de colère, son époux attrapa la main de sa femme qui tendait le bras pour toucher le copain de sa sœur, espérant qu’il soit réel, puis il prit son alliance présente exceptionnellement autours de son annulaire fin. Il tira sèchement dessus, faisant craquer sinistrement les pauvres os de la blonde.

Elle hurla littéralement de douleur en attrapant le bras de Bastien, cherchant à s’agripper à quelque chose de sécurisant. Elle se recula vivement, tenant sa main contre sa poitrine en hoquetant, des larmes coulant sur ses joues alors que son dos rencontrait le mur. Elle se laissa glisser contre la paroi et tomba au sol sans un mot. La pauvre femme était choquée, elle serrait contre son torse son doigt qui bleuissait à vue d’œil, semblant méchamment cassé. Pauvre Judith. Elle se sentait tellement idiote de ne pas pouvoir répliquer les coups que l’homme venait de lui porter, des insultes qu’il ne cessait de vociférer en la pointant du doigt, jetant son alliance au sol. Tout devenait flou devant les yeux de la gérante de la galerie. Elle sentait son cœur devenir de glace et son corps lentement sombrer dans un abîme sans fond qui l’attirait comme un aimant avec du métal. Elle tentait de luter, de tout faire pour rester encore dans la pièce, pour que Bastien soit là et lui murmure des paroles réconfortantes. Judith avait si mal qu’elle semblait ne plus ressentir autre chose. Elle était perdue comme un chiot qu’on abandonnait dans un carton après lui avoir donné un coup de pied aux fesses. Sa lèvre enflait, elle faisait peine à voir dans cet état mais elle n’avait pas la force de faire face, de donner le change.
✻✻✻
CODES © LITTLE WOLF.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 2943
↳ Points : 867
↳ Date d'inscription : 14/04/2014
↳ Age : 27
↳ Avatar : Milo Ventimiglia
↳ Age du Personnage : 35 ans
↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 / 2 en détection de mensonge
↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing PLAYLIST YOUTUBE
↳ Citation : "They may torture my body, break my bones, even kill me. Then, they will have my dead body. Not my obedience."
↳ Multicomptes : Ezra S. Reilly & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : White



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: High above the smokestacks [PV Judith]   Jeu 9 Juil - 0:27

La noirceur gagne ses gammes dans l’opacité qu’elle concède à cet esprit jusqu’alors hermétique. Distillation lente, goutte après goutte, venin pour les veines, poison pour le souffle. Arsenic dilatant chaque cavité afin que l’obscurité puisse s’y insérer, s’y ranger et y pourrir. Les vagues successives de détresse déclenchent les pièges dans cette cage thoracique infestée par le Mal depuis déjà une éternité. Chaque croc se resserre sur l’aorte. Les émotions se succèdent, trop violentes pour un corps déshabitué de sa seule existence. Le cadavre rafle le carrelage, décharge après décharge. Le coma s’absente et ce qu’il reste se déteint sur tout ce qu'il y a de plus proche et de plus lointain, du mur au plafond. La chair à vif, la douleur sans la moindre frontière, le chaos sans la moindre réserve. La rage le secoue. Il en titube pratiquement mais il est rattrapé par l’animal. Ce dernier occupe tout l’espace vacant, il ne se libère pas des entrailles de l’homme mais il règne avec facilité sur cet empire, assoit sa vérité sur cette forme faible et incompétente. Bastien lutte encore, uniquement pour préserver la vue de la victime. Mais c’est un de ces combats déjà perdus, de ces longues courses à perdre haleine et à crever d’asphyxie. Sa spécialité. Le français veille à contenir l’action dans ses poings serrés, rentrant l’ongle dans la paume pour amener la réalité à côtoyer sa folie. Souffrance pour souffrance. Mais les paroles pleuvent, cristallines, elles perforent le tympan de leur limpidité. Première pluie après la sécheresse, celle qui lave l’innocence et trompe l’œil hagard. Celle qui réveille les morts et en fait des combattants du dernier instant. L’opposant déplace seulement l’air et réarrange les sonorités pour se vautrer dans sa suffisance, dans son autorité imméritée et dans cette malveillance qui assouvit des reproches envenimés. Peut-être que le voleur aurait aimé parler pour contrer l’acidité de l’assaillant. Mais s’il bouge, s’il remue le moindre muscle, même la langue, il sait exactement ce qu’il fera. Les images se pressent déjà à l’intérieur pour créer une mosaïque étrangère à sa personnalité.

A croire que l’inconnu cherche à saccager chaque effort dépensé. Le changeur laisse chaque insulte nourrir l’éveil de sa conscience exilée, cherchant d’une main hasardeuse celle de son alliée. Il a besoin qu’elle lui rappelle qu’il n’est pas qu’une bête sans meute, qu’il n’est qu’un mortel parmi les autres. Ses cris ne percent pas la nuit qui s’installe là-haut, entre ses méninges écartelées et avant d’avoir pu l’effleurer, elle se fait dépecer de l’alliance. Les doigts brisent l’os. Ils fracassent les barrières, le métamorphe ne fait alors plus que franchir les débris. La vision troublée par toute cette impuissance que le temps n’a pas réussi à chasser mais à amplifier. Elle lui saute aux yeux si vivement, brûlure qui grignote la rétine jusqu’à la cécité. La créature reprend le dessus, elle le bouscule vers l’avant. Sans même réfléchir aux gestes qu'il porte, ses mains attrapent le col du bourreau et le tirent aussi loin que sa force amoindri lui permette. Il siffle avec férocité d’une voix qu’il ne reconnaît pas. « Dégage. Va-t’en. » Il veut le chasser de là, il n'y arrive pas et ça ne suffit pas. Rien ne peut satisfaire cet oppressant sentiment d’injustice qui se prolonge dans des extensions dissonantes à cette seule situation. Dans l’urgence, avant qu’il ne se laisse consumer par ses enfers, ses phalanges perdent le contrôle. Elles se retrouvent contre le visage de cet autre méconnu, de ce mari dont il n’avait connaissance. Elles partent et reviennent dans une frénésie qui ne lui ressemble en rien. Le corbeau s’agite, le corbeau insiste. Puis le lien s’insinue sournoisement. Il est en train de cogner le beau-frère d’Abigaëlle. Comme si ça avait une quelconque valeur sacrée, comme s’il venait d’attenter à la mémoire de la rouquine. L’ignorant retrouve la lucidité partielle, suffisamment pour relâcher sa proie dans un sursaut, pour reculer jusqu’à ce que ses talons rencontrent accidentellement la blessée échouée et lui fasse reprendre le sens des priorités.

Epuisé par cette transe, abimé par cette démonstration de violence, il se rattrape à la paroi avant de se laisser glisser à côté de la trentenaire, un genou à terre. Essoufflé, confus, il tend une paume vers le membre fracturé de son amie mais s’arrête à mi-chemin pour constater les tâches écarlates qui  corrompent son épiderme. A qui appartient cette hémoglobine ? Il ne se retourne pas pour analyser son œuvre. A la place, il soudoie le silence d'un fait. « Si tu la touches encore une seule fois… » Mais la menace retombe aussi vite, ses intonations ont perdu leur crédibilité dans la faiblesse accusée par l’organisme anéanti dans la perte. Ses doigts remontent jusqu’à la joue de Judith à la place, recouvrent doucement l’hématome. « Je ne le laisserai plus te faire de mal. » Ne l’a-t’il pas déjà promis à sa sœur avant elle ? Et a-t’il seulement réussi à la sauver ? Il se recroqueville et égare les derniers filaments de fureur pour mieux suffoquer.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2879-i-m-nothing-with
 

High above the smokestacks [PV Judith]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Fullerton High School
» Ouran High School Host Club Rpg
» Ouran High School Host Club Rpg
» Projet : Hope High School [RPG.SCHOOL]
» Dream High (K-DRAMA)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-